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PROGRAMME DE FORMATION

FISCALITE DES ENTREPRISES


Licence professionnelle 3ème année
IFSM 2020/2021
Formateur : ZAHI innocent

Chapitre 0 : droits d’enregistrement (révision)


Chapitre 0 : taxes sur le chiffre d’affaires (révision)
Chapitre 1 : contribution des patentes
Chapitre 2 : contribution des licences
Chapitre 3 : impôts fonciers
Chapitre 4 : imposition des bénéfices non commerciaux

DOSSIER 1 : DROITS D’ENREGISTREMENT (REVISION GENERALE)

Le 1er/03/N, DIGBEU, KONE, KLA en collaboration avec divers autres actionnaires, décident
de créer une SA dénommée SIFCAO.
L’on vous sollicite pour régler les problèmes de fiscalité liés à la création d’entreprise. Les
éléments à votre disposition sont les suivants :

 M. DIGBEU apporte un bâtiment à usage commercial d’une valeur de 180.000.000 F avec


une hypothèque de 20% de cette valeur, un camion de 60.000.000 F et du matériel de
bureau d’une valeur de 8.000.000 F ; sur ces deux derniers, l’ensemble des dettes est de
15.000.000 F.

 M. KONE apporte son patrimoine personnel qu’il exploitait il y a 4 années. Les éléments
de ce patrimoine sont les suivants :

Eléments Montant Eléments Montant


Capital 60.000.000 Banque (SIB) 20.000.000
Réserves 6.000.000 Caisse 8.000.000
Emprunts 8.000.000 Créances 8.500.000
Dettes fournisseurs 4.000.000 Matériels 15.000.000
Dettes état 3.500.000 Mobiliers 12000.000
Découvert bancaire 2.000000 Licence d’exploitation 6.000.000
Bâtiment industriel ?

Les experts en apport de la D.G.I. consulté ont estimé les immobilisations à 120%, une
dépréciation sur les créances de 5.000.000 F.

 M. KLA apporte un brevet d’invention estimé à 120.000.000 F et des ordinateurs d’une


valeur de 60.000.000 F.

 Divers actionnaires apportent le reste du capital en numéraire d’une valeur de


3.500.000.000 F dont 500.000.000 F constituent un prêt fait à SIFCAO.

TRAVAIL A FAIRE
1. Quel est le montant des impôts liés à cette opération ?
2. SIFCAO peut-elle bénéficier des faveurs de la D.G.I. par rapport au paiement de son
impôt ? Justifier votre réponse.
NB : La valeur nominale de ces actions est de 20.000 F.

Dix(10) ans après sa création, le bilan de SIFCAO se présente comme suit :

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Bilan partiel au 30/04/N+10
Actif Montant Passif Montant
Bâtiment 2.615.000.000 Capital dont 27.000.000
Matériels industriels 1.333.900.000 F d’incorporation 4.027.000.000
Mobiliers 60.000.000 Réserves 60.000.000
Matériels de bureau 40.000000 Emprunt 40.000.000
Créances 5.000000 Dettes fournisseurs 50.000.000
Stock de marchandises 90.000.000
Banque 30.000000
Caisse 700.000
Ecart de conversion 1.500.000
Total 4.177.000.000 Total 4.177.000.000

Dans le cadre d’accroître ses activités, cette entreprise décide d’augmenter son capital à
6.500.000.000 F au moyen des éléments suivants :
 Incorporation de la totalité des réserves
 Emission d’actions en numéraire : 60.000 actions
 Capitalisation du passif exigible
 Le reste est en nature composé d’éléments suivants :
o Bâtiment industriel : 450.000.000 F
o Matériels industriels : ?
o Hypothèque sur bâtiment : 50.000.000 F
o Camion de livraison : 150.000.000 F

NB : Les actions nouvelles sont émises pour l’ensemble des apports nouveaux à 30.000 F.

TRAVAIL A FAIRE :
1. Liquider l’impôt dû lors de cette opération d’augmentation.
2. Quelle serait la conséquence fiscale, si SIFCAO cède 5 ans après le bâtiment de
l’augmentation de capital à un usage d’habitation du personnel ?

DOSSIER 2 : TAXES SUR LE CHIFFRE D’AFFAIRES

La société anonyme Mitsui au capital de 300.000.000 F sise à YOPOUGON, zone industrielle 6


BP 2300 Abidjan 6, téléphone : 20 23 45 60 18, Numéro du CC 98 169 30 M, lot n°182, Rue
PT01, parcelle K511 a pour objet la fabrication et le vente de bicyclettes et de matériels
agricoles. Les matériels agricoles sont exonérés de TVA tandis que les bicyclettes sont
taxables à la TVA.

Au titre de l’année N-1, la SA Mitsui a réalisé un chiffre d’affaires total dont les données sont :

 Vente de produits taxables en Côte d’ivoire 3.000.000.000 HT


 Vente de produits taxables à l’exportation 1500.000.000 HT dont 500.000.000 F de
produits exonérés.
 Ventes aux titulaires d’attestation d’exportation 1.000.000.000 HT.
 Ventes aux titulaires d’attestation d’exonération 600.000.000 HT.
 Ventes locales exonérées 400.000.000 HT.
 Cession de véhicule de tourisme 6.000.000 HT.
 Dommages et intérêts perçus 5.000.000 HT.
 Services après ventes de produits exonérés 8.000.000 HT.
 Livraison à soi-même d’une machine-outil 20.000.000 HT.
 Remboursement de frais réels 10.000.000 HT.
 Achat d’un micro-ordinateur 11.000.000 HT.

Au cours d mois de juillet N, l’entreprise Mitsui a effectué les opérations suivantes :

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1er/07 : Importation de pièces détachées pour les bicyclettes 12.000.000 CAF, droits de
douane et taxes annexes : 4.500.000 F (documents douaniers n°3).
03/07 : Facture n°21 au client TOURE à ABIDJAN : 50 bicyclettes.
04/07 : Facture n°22 à la coopérative des planteurs de GAGNOA :
 50 bicyclettes
 Matériels agricoles 11.500.000 F.
06/07 : Achat chez AMOBLA n° CC 56 123 89 T de bureaux secrétaire : 800.000 F (facture
n°60)
08/07 : Achat de micro-ordinateurs chez BUROTIC n° CC 23 900 11 G (facture n°900) :
1.500.000 F.
12/07 : Facture n°23 au client KAMBOU au BURKINA FASO :
 60 bicyclettes
 Matériels agricoles : 18.500.000 F
15/07 : Le client TOURE nous retourne 8 bicyclettes (facture AV.5)
20/07 : Construction d’un bâtiment de 45.000.000 F par les services de l’entreprise dont les ¾
sont destinés à la salle des fêtes et le reste au gymnase.
22/07 : Un matériel industriel acquis le 1er/07/N-4 pour une valeur de 140.000.000 F est
devenu inutilisable et donc mis au rebut. Il est amortissable en accéléré sur huit ans.
24/07 : Facture n°13 CIE n° CC 90 049 96 S pour 2.000.000 F.
25/07 : Facture n°32 du cabinet CIAM n° CC 78 087 62 T (Assistance technique) pour
1.000.000 F.
27/07 : Importations « Douanes ivoiriennes » de pièces détachées pour :
 Bicyclettes 12.000.000 F
 Matériels agricoles 16.000.000 F
Les droits de douanes et taxes sont de 6.000.000 F dont 60% pour les bicyclettes (document
douanier n°4).
28/07 : Facture n°24 à ONUCI pour 50 bicyclettes.
29/07 : Cession d’un camion de livraison de 10 tonnes au prix de 25.000.000 F. Le camion
avait été acheté le 12/01/N-5 à 25.000.000 F amortissable linéairement sur 5 ans
(Facture n°25).
Les montants des opérations du mois de juillet N sont hors taxes.
Mitsui utilise un prorata de 25% en N-4. Le crédit de TVA du mois de juin N est de 5.000.000 F.
Le prix de vente HT d’une bicyclette est de 90.000 F. La société utilise un prorata de
déduction à calculer.

TRAVAIL A FAIRE : Procéder à la déclaration de la TVA et de la TSE à l’aide de l’imprimé (voir


annexe)

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SUPPORT DE COURS
LICENCE PROFESSIONNEL 3
IFSM 2020 / 2021

CHAPITRE 1 : LA CONTRIBUTION DES PATENTES

La contribution des patentes est un impôt professionnel qui tient compte :


 Du chiffre d’affaires ou des recettes brutes HT de l’année précédente.
 De la valeur locative des locaux professionnels.

I. CHAMP D’APPLICATION (CGI, art. 264)

Est assujettie à la patente, toute personne physique ou morale exerçant en Côte d’ivoire un
commerce, une industrie, une profession non exemptée selon l’article 264 du CGI.
Ne sont pas assujetties à la patente (CGI, art 280) :
 L’état, les départements, les communes et les établissements publics pour les
services publics d’utilité générale.
 Les établissements d’enseignement scolaires et universitaires.
 Les édifices religieux……

II. LIQUIDATION DES DROITS

La contribution des patentes se compose (CGI, article 265) du :


 Droit sur le chiffre d’affaires
 Droit sur la valeur locative.

2.1. Le droit sur le chiffre d’affaires (DCA)

La chiffre d’affaires s’entend l’ensemble des recettes et produits acquis dans le cadre de
l’exercice de l’activité, y compris toutes les sommes provenant des activités annexes et
accessoires ou de la gestion de l’actif commercial, quelle que soit leur situation fiscale au
regard des taxes sur le chiffre d’affaires (CGI, art 270).
Le taux de droit commun est de 0,5%, calculé sur le chiffre d’affaires ou des recettes hors
taxes de l’année précédente. Un minimum de perception fixé à 300.000 FCFA.

Il y a fixation du seuil de maximum de perception du droit sur le chiffre d’affaires comme suit
(LFP 2002) :

 Inférieur à 200.000.000 …………………… 350.000 f


 De 200.000.000 à 500.000.000 ………………… 750.000 f
 De 500.000.000 à 1.000.000.000 ……………… 1.300.000 f
 Supérieur à 1.000.000.000 ………………....... 3.000.000 f.

Ce taux est porté à 0,7% pour :


 Les entrepreneurs de télégraphie et téléphone par câble ou sans fils
 Les ports ivoiriens
 Les concessionnaires de la distribution de l’eau
 Les entreprises d’enlèvement des ordures ménagères
 La poste de Côte d’ivoire (LFP 2003)
 Les hôtels.

NB : Les entreprises et organismes qui acquittent le droit sur le chiffre d’affaires au taux de
0,7% sont exemptées du droit sur la valeur locative.

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Il convient de noter que la limite maximum de perception du droit sur le chiffre d’affaires n’est
pas applicable aux entreprises passibles du taux de 0,7% ainsi qu’aux entreprises de
transport.

2.2. Le droit sur la valeur location (DVL)

a. Règle générale d’assiette

Le DVL est établi sur la valeur locative annuelle (VLA) des bureaux, magasins, boutiques,
usines, ateliers, hangars, chantiers, garages, terrains de dépôt, autres locaux et
emplacement professionnels à l’exclusion des matériels et outillages, des mobiliers,
agencement et installation visés à l’alinéa 5 de l’article 153 du CGI. Le plancher du DVL est :

Minimum de DVL = 1/3 DCA.

b. Assiette du DVL des établissements industriels

Le DVL est assis sur la valeur locative des établissements pris dans leur ensemble. La VLA
des établissements industriels est déterminée comme suit (idem pour l’impôt foncier) :
 Terrains, bâtiments industriels, usines : 5,6% Valeur brute au bilan.
 Bureaux (immeuble à usage administratif) : 15% Valeur brute au bilan
 Magasins (immeuble à usage commercial) : 15% Valeur brute au bilan.
Les matériels et outillages, les matériels de transport, les matériels et mobiliers, les
agencements et installations sont à exclure de l’assiette de la valeur locative.
La méthode de calcul de la VLA à partir du bilan n’est utilisée qu’à défaut d’une valeur
locative réelle.

N.B. : Entreprises commerciales et entreprises prestataires de services.


Les éléments imposables des entreprises commerciales et des prestataires de services se
limitent aux locaux professionnels :
Les immeubles (terrains et bâtiments) sont pris en compte, par l’administration fiscale, dans
le calcul de la valeur locative de l’entreprise pour 10% de leur valeur brute au bilan.

2.3. Les taux usités

Il existe deux taux :


 Le taux de 18,5% s’applique au niveau des communes
 Le taux de 16% s’applique hors communes.

2.4. Les obligations des redevables

a. L’obligation de déclaration

La contribution des patentes est due pour l’année entière par toutes les personnes physiques
ou morales exerçant au 1er janvier un commerce, une industrie ou une profession. La patente
des nouvelles entreprises est acquittée au prorata du nombre de jours restant à courir
jusqu’au 31/12 de l’année.

b. L’obligation de paiement

La contribution des patentes peut être recouvrée en un seul terme. Toutefois, des paiements
fractionnés sont effectués selon la LFP 2005 en deux échéances :
 1er versement : la moitié de la charge au plus tard le 30/4/N+1.
 2è versement : la moitié de la charge au plus tard le 30/7/N+1.

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Cas d’application n°2

La société KING CASH (Entreprise commerciale) a 3 établissements à Korhogo, Gagnoa et


Abidjan. Elle loue les locaux de Gagnoa et Korhogo, mais au niveau d’Abidjan, KING CASH
est dans ses propres locaux. Les autres informations suffisantes sont dans le tableau ci-
dessous :

Etablissements Nature Location Propriétés de KING CA HT N - 1


mensuelle CASH. Mt brut au bilan
Korhogo Hall d’expo. 400 000 1 000 000 000
Gagnoa Magasins 45 000 55 000 000
Abidjan Bureaux …………… 500 000 000 15 000 000 000
Bât. indus. …………… 1 200 000 000
Magasins …………… 2 000 000 000
Mat. et out. …………… 400 000 000

TAF :
1. Calculer la patente due par KING CASH.
2. Calculer la patente due si KING CASH était UNILEVER (Entreprise industrielle)

2.5. Les patentes spéciales des hôteliers

Les établissements hôteliers étaient exonérés du DVL pour les exercices de 2003 à 2010.
Symétriquement, ils étaient :
 Taxés au DCA de 0,7%,
 Soumis à la cotisation minimum du DCA de 300.000 F,
 Exclus du bénéfice du plafonnement de cotisation prévu à l’art 269 du CGI.

Depuis 2011, les établissements hôteliers sont redevenus des patentables ordinaires et
bénéficient du plafonnement de cotisation du DCA.

L’assiette de cette patente est la valeur locative des établissements hôteliers. Cette valeur
locative (VLA) est déterminée à partir du revenu locatif annuel « RLA » liquidé comme suit :

 RLA = Total du prix cumulé de toutes les chambres de l’hôtel pour 1 journée × 360
jours.
 Valeur Locative = Revenu Locatif Annuel × 10% (pour les hôtels de 1 et 2 étoiles).
 Valeur Locative = Revenu Locatif Annuel × 20% (pour les hôtels de 3 étoiles et plus).

 Droit sur chiffre d’affaires = 0,5% × CA HT (à comparer au max. de DCA)


 Droit sur valeur locative = 18,5% × VLA (dans les communes)
 Droit sur valeur locative = 16% × VLA (hors communes)

Cas d’application n°3

L’étoile akwaba est un réceptif à « 2 étoiles » qui dispose de 40 chambres classées en 3


catégories.
 Catégorie 1 : 20 chambres à 10.000 f la nuitée.
 Catégorie 2 : 15 chambres à 30.000 f la nuitée.
 Catégorie 3 : 5 chambres à 70.000 f la nuitée.

TAF : Calculer le revenu locatif annuel et la valeur locative

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CHAPITRE 2 : LA CONTRIBUTION DES LICENCES

I. CHAMP D’APPLICATION

Est assujettie à la contribution des licences, toute personne physique ou toute société se
livrant à la vente en gros ou en détail des boissons alcooliques ou fermentées ; soit à
consommer sur place (night-club, maquis, bar etc. …), soit à emporter (cave, supermarché,
etc. …) Art 300 du CGI.
La licence est due pour chaque établissement de vente.

Ex : M. YAO est exploitant d’un night - club à Treichville.


M. YAO exerce une activité soumise à la contribution des licences.

Est exonéré de la contribution des licences, le commerçant qui se borne à vendre


exclusivement de l’alcool de menthe pharmaceutique et tous autres produits médicamenteux
alcoolisés (CGI, Art. 300).

II. LIQUIDATION DES DROITS

La contribution de licence ne comprend qu’un droit fixe. Il n’y a pas de droit proportionnel.

1. Nomenclature des droits

La contribution des licences, constituée du seul DF, figure au tableau C divisé en 3 classes.
Ce DF est établi suivant la nature des opérations et de la zone géographique d’implantation
de l’établissement.

2. Tableau C

La contribution des licences est constituée par un seul droit fixe déterminée suivant la nature
des opérations qui sont réparties en trois classes suivant la situation géographique de
l’activité (voir tableau C).

Tarification 1ère classe 2ème classe 3ème classe


Ets de service de boissons Autres éts servant des Entreprises de
alcooliques à consommer boissons alcooliques à fabrication, ventes
sur place (ouvert après 1 h consommer sur place (y en gros ou en détail
du matin, plus de 4 fois par compris wagon- à emporter des
semaine). restaurant passible des boissons
droits de la 1ère zone). alcooliques
1ère zone 320.000 96.000 50.000
2ème zone 220.000 66.000 36.000

N.B. : Dans le cas où plusieurs des professions comprises au tableau C sont exercées dans le
même établissement, le droit le plus élevé est seul dû (CGI, art. 303).
Le droit de la licence est dû pour l’année entière quelle que soit l’époque à laquelle l’assujetti
cesse ou entreprend ses opérations (CGI, Art. 304). Pas de droit calculé au prorata temporis.

3. Obligations de redevables de licence

Les obligations de déclaration, de paiement, de communication et les sanctions encourues


sont identiques à celles prévues en matière de patentes. Le paiement de la licence se fait en
deux (2) fractions égales :
 La 1ère moitié, au plus tard le 30 avril, date limite de la déclaration annuelle à souscrire
par les redevables.
 La 2ème moitié, au plus tard le 30 juillet.

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CHAPITRE 3 : LES IMPOTS FONCIERS

Les impôts fonciers proprement dits sont formés de l’impôt sur le revenu foncier (IRF) et de
l’impôt sur le patrimoine foncier (IPF).

I. IMPOT SUR LE REVENU FONCIER (IRF)

L’IRF est un impôt annuel établi sur le revenu foncier acquis de l’exploitation de nos
propriétés bâties ou assimilées.

1.1. Champ d’application

L’Impôt sur le revenu foncier (IRF) frappe les propriétés bâties, notamment :

 Les maisons, les fabriques, les manufactures, les usines et, en général, toutes les
constructions en maçonnerie, fer ou bois fixées au sol à demeure.
Par constructions, il faut entendre les installations telles que les réservoirs, les cuves
et les bacs utilisés pour des activités industrielles, commerciales ou de prestations de
services…Note n°0046/MEF/DGI-DLCD du 05/01/2011.

 Les terrains non cultivés employés à usage industriel ou commercial tels que
chantiers, lieux de dépôt de marchandises et autres emplacements de même nature,
soit que les propriétaires les occupent, soit qu’ils les fassent occuper par d’autres à
titre gratuit ou onéreux.
Le caractère de terrain non cultivé à usage industriel et commercial exclut, selon la
même note, du champ de l’IRF, les terrains non bâtis non affectés à un usage
industriel et commercial et les terrains cultivés…

 Les bateaux utilisés en un point fixe et aménagés pour l’habitation, le commerce,


l’industrie ou la prestation de services même s’ils sont seulement retenus par des
amarres.

Attention : Les propriétés non bâties productives de revenus fonciers sont passibles de
l’impôt sur le patrimoine des propriétés bâties.

Sont exemptés de l’IRF :


 Les immeubles, bâtiments ou constructions publics y compris ceux des collectivités
territoriales et des EPN improductifs de revenus ;
 Les ouvrages établis pour la distribution de l’eau potable ou de l’énergie appartenant
à l’état ou aux collectivités territoriales ;
 Les églises, les temples et les mosquées servant à l’exercice public des cultes;
 Les immeubles à usage scolaire non productifs de revenus fonciers ;
 Les cases en paille ;
 Les immeubles affectés à des œuvres d’assistance médicale ou d’assistance sociale ;
 Les bâtiments et installations des chemins de fer de l’état ;
 Les installations dans les ports et aéroports faisant l’objet de concessions d’outillage
public accordées par l’état à des chambres de commerce ou d’industrie ou
d’agriculture ou à des municipalités et exploitées conformément au cahier des
charges …..

1.2. Assiette de l’impôt

L’assiette est la valeur locative de l’année précédente de l’immeuble. La valeur locative est le
prix que le propriétaire retire de ses immeubles lorsqu’il les donne à bail, ou, s’il les occupe
lui-même, celui qu’il pourrait en tirer en cas de location (art 153 CGI).

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 Cas des usines
La valeur locative des usines et établissements industriels est calculée sur la valeur locative
de ces établissements pris dans leur ensemble et munis de tous leurs moyens matériels de
production.
Mais avec l’exclusion de la VL des matériels et outillage, des mobiliers, agencements
et installations (budget 2009, AF, art 24), cette VL ne comprend plus que :
 Les bureaux, magasins, usines, ateliers, hangars, chantiers, garages, terrains de
dépôt et tous locaux et emplacements servant à la profession ;
 Les canalisations et galeries souterraines ;
 Les chambres froides ;
 Les fosses en maçonnerie destinées à recevoir des réservoirs.
 Il est entendu que si les trois dernières citées sont qualifiées de matériel ou outillage,
elles seront exclues de la VL.

Les taux de calcul de la valeur locative des éléments des usines et des établissements
industriels sont :
 Terrains, bâtiments, usine : 5,6% de la valeur brute au bilan de l’immobilisation ;
 Bureaux (immeuble à usage administratif) : 15% de la valeur brute au bilan de
l’immobilisation.
 Magasins c.à.d. hangars (immeuble à usage commercial) : 15% de la valeur brute au
bilan de l’immobilisation.

NB : La base de calcul est la valeur brute au bilan des immobilisations concernées, c’est-à-
dire leur valeur d’origine, sans tenir compte de la date d’acquisition ni des amortissements
pratiqués.

 Cas des établissements hôteliers :


 Revenu locatif annuel = Total du prix cumulé de toutes les chambres de l’hôtel pour 1
journée × 360 jours
 Valeur locative :
 Revenu locatif annuel × 10% pour les hôtels de 1 et 2 étoiles ;
 Revenu locatif annuel × 20% pour les hôtels de 3 étoiles et plus.

Cas d’application n°1


L’hôtel Glamour de ZAPATA City est classé « hôtel 2** » par le ministère du tourisme. L’hôtel
Glamour dispose de 20 chambres et fait la nuitée à 7.000 f.
Taf : Liquider le revenu annuel et la valeur locative.

1.3. Taux de l’impôt

Le taux de droit commun de l’IRF est de 4% et s’applique sur la valeur locative des immeubles
productifs de revenus fonciers tandis que le taux sur le patrimoine foncier des propriétés
bâties est de 11% ; soit le taux de l’impôt foncier actuellement en vigueur est de 4% + 11% =
15%.
Le taux de 4% s’applique également aux immeubles et bâtiments ci-après lorsqu’ils sont
donnés en location :
a. Les bâtiments et immeubles à l’état situés en zone portuaire et aéroportuaires et
affectés aux ports, aux aéroports ou à la SODEXAM pour la réalisation de leurs
missions et aux bâtiments et immeubles similaires appartenant en propre aux ports
ivoiriens ou à la SODEXAM ;
b. Les bâtiments et immeubles appartenant aux associations et fondations caritatives
reconnues d’utilité publique.

NB : Rappelons que ces bâtiments et immeubles ci-dessus sont exonérés d’IRF lorsqu’ils ne
sont pas donnés en location.

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1.4. Redevables de l’IRF

Le redevable est le propriétaire ou le possesseur au 1er janvier de l’année d’imposition ou


l’usufruitier. En cas de bail emphytéotique, le redevable est l’emphytéote. Si un loyer est
versé par l’emphytéote au propriétaire ou bailleur, l’IRF est dû par ce dernier sur la base du
loyer perçu.
Pour la note n°0046/MEF/DGI-DLCD du 5 janvier 2011 est :
 Propriétaire, celui qui détient un titre de propriété sur un terrain ou un bâtiment ;
 Possesseur, toute personne qui détient un droit partiel de propriété sur un bien
donné, c.-à-d. celui qui est en possession soit d’un arrêt de possession provisoire
« ACP », soit d’une lettre d’attribution ou encore d’une autorisation temporaire
d’occupation du domaine public ;
 L’usufruitier, toute personne bénéficiant d’un droit d’usage sur un bien donné ;
 L’emphytéote, le bénéficiaire d’un contrat de bail caractérisé par sa longue durée.
L’emphytéote se trouve dans une situation de quasi-propriété.

II. IMPOT SUR LE PATRIMOINE FONCIER

L’impôt sur le patrimoine foncier (IPF) est un impôt annuel qui frappe :
 Les propriétés bâties et
 Les propriétés non bâties.

2.1. Impôt sur le patrimoine foncier des propriétés bâties (IPFPB)

2.1.1. Champ d’application

Le champ d’application de l’IPFPB est identique à celui de l’IRF à la différence que les
bâtiments et immeubles soumis à l’IPFPB sont improductifs de revenus alors que ceux
passibles de l’IRF produisent un revenu foncier par le biais notamment de location.

Sont exonérés d’IPFPB, les entreprises ou opérations ci-après :


 Les entreprises créées pour la production, la conservation, le conditionnement ou la
transformation des produits agricoles alimentaires ;
 Les investissements dans la construction des grands centres commerciaux.

2.1.2. Assiette de l’IPFPB

L’assiette de l’IPFPB est la valeur locative de l’immeuble déterminée dans les mêmes
conditions que celles des immeubles soumis à l’IRF.

2.1.3. Taux de l’impôt

Le taux de droit commun est de 11%. Il existe deux taux dérogatoires de 4% et 15% prévus
dans les cas suivants :

Taux Champ d’application


4%  Habitation occupée par le propriétaire à titre d’habitation principale (une seule
habitation)
 Résidence secondaire à usage personnelle improductive de revenus (une seule
résidence)
 Immeubles bâtis vacant ou improductif de revenus.
15% Immeubles appartenant aux entreprises (personnes morales ou physiques) et
affectés à leurs activités.

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Remise et modération pour perte de revenu
Selon l’art 157 du CGI, en cas de vacances de maison ou de chômage d’établissements
commerciaux et industriels, les propriétaires peuvent obtenir un taux réduit prévu à l’art 156
du CGI, lorsqu’il est établi que la vacance ou le chômage, qu’ils soient totaux ou partiels, sont
indépendants de leur volonté et que la durée totale de l’inoccupation excède six (6) mois
c.à.d. tous les immeubles bâtis, restés vacants pendant une période de 6 mois consécutifs au
cours d’une même année. Le point de départ de ces périodes est le premier jour du mois
suivant l’ouverture de la vacance ou du chômage.

Application

Mr Touré, propriétaire d’un bâtiment le met en location à 100.000 F par mois. On vous
demande de calculer le montant de l’impôt foncier à payer dans les cas suivants :
a. Location normale sur les 12 mois
b. Le bâtiment vacant durant 3 mois
c. Le bâtiment vacant durant 8 mois
d. Le bâtiment est habité par le propriétaire lui-même.

Exercice (cas précédent)

La société KING CASH (Entreprise commerciale) a 3 établissements à Korhogo, Gagnoa et


Abidjan. Elle loue les locaux de Gagnoa et Korhogo, mais au niveau d’Abidjan, KING CASH
est dans ses propres locaux. Les autres informations suffisantes sont dans le tableau ci-
dessous :

Etablissements Nature Location Propriétés de KING CA HT N - 1


mensuelle CASH. Mt brut au bilan
Korhogo Hall d’expo. 400 000 1 000 000 000
Gagnoa Magasins 45 000 55 000 000
Abidjan Bureaux …………… 500 000 000 15 000 000 000
Bât. indus. …………… 1 200 000 000
Magasins …………… 2 000 000 000
Mat. et out. …………… 400 000 000

TAF :
1) Calculer le montant de l’impôt foncier dû par KING CASH.
2) Calculer le montant de l’impôt foncier dû si KING CASH était UNILEVER (Entreprise
industrielle).

2.2. Impôt sur le patrimoine foncier des propriétés non bâties


(IPFPNB) (CGI art 159 et 165)

2.2.1. Champ d’application (CGI, ART 160 ET 162)

2.2.1.1. Les terrains urbains

L’impôt sur le patrimoine foncier des propriétés non bâties (IPFPNB) frappe les terrains
urbains. Ce sont :
 Les terrains lotis situés dans le périmètre d’une agglomération existante ou en voie de
création et compris dans les limites des plans de lotissement régulièrement
approuvés ;
 Les terrains situés dans une agglomération lorsqu’ils destinés à l’établissement de
maisons d’habitation, de factories ou de comptoirs avec leurs aisances et
dépendances, lorsque lesdites ne se rattachent pas à une exploitation agricole.

2.2.1.2. Les exploitations agricoles des personnes morales ou des entreprises

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agro-industrielles (CGI, art 160-2° nouveau issu budget 2012, AF, art 15
et LFp. 2013, AF, art 11-1°)

Sont soumises à l’IPFPNB, les exploitations d’hévéa, de palmier à huile, de coco, de café, de
cacao, d’anacarde, de banane, d’ananas, de mangue, de canne à sucre, de citron ou de
papaye appartenant ou exploitées par les personnes morales ‘additif LF p 2013, AF, art 11-1°)
ou les entreprises agro-industrielles.
La DGI entend par entreprises agro-industrielles, celles dont l’activité principale
consiste d’une part, en l’exploitation agricole et d’autre part, en la transformation, la
conservation ou le conditionnement de produits agricoles.
Les exploitations agricoles visées sont celles en production exploitées par les
personnes morales ou par les entreprises agro-industrielles en pleine propriété ou en
location (bail emphytéotique, bail à durée limitée ou illimitée) ou sous tout autre contrat
portant mutation de jouissance des terrains concernés.

Sont exclues des exploitations agricoles imposables :


 Les terrains en jachère et les terrains affectés aux périmètres ou à la recherche
exploités par les entreprises agro-industrielles ;
 Les exploitations agricoles ne disposant pas d’unités industrielles demeurent
exonérées d’impôt foncier.

2.2.1.3. Les exemptions

 Les terrains inconstructibles ;


 Les terrains dont le propriétaire se trouve privé temporairement de la jouissance par
suite d’une situation de fait indépendante de sa volonté ;
 Les terrains appartenant à l’état, aux collectivités territoriales improductifs de
revenus ;
 Les terrains à usage du culte, à usage scolaire ou utilisés par des établissements
d’assistance médicale ou d’assistance sociale ou éducative ;
 Les terrains et installations de sport non productifs de revenus appartenant ou mis
gratuitement à la disposition des associations reconnues par le ministère des sports ;
 Les terrains appartenant au CNRA et affectés à des activités de recherche ou de
plantations expérimentales ;
 Les terrains remis en échange de terrains ou immeubles réquisitionnés durant les 5
années suivant celle de leur attribution ;
 Les terrains bornés concédés ou attribués durant l’année d’acquisition et les 2
années suivantes ;
 Les lotisseurs sont affranchis de l’IPFPNB pendant les 3 années suivant l’expiration
du délai de lotir autorisé.

2.2.2. Assiette de l’IPFPNB (CGI, art 161)

L’assiette est la valeur vénale du terrain au 1er janvier de l’année d’imposition. Cette valeur
vénale est déterminée comme suit :
 Pour les terrains urbains situés dans une commune, la valeur vénale est fixée par une
commission communale nommée par le ministre des finances ;
 Pour les autres terrains imposables, la valeur vénale est déterminée au moyen des
actes translatifs ou à défaut par voie d’estimation directe ;
 Pour les exploitations agricoles exploitées par les personnes morales ou les
entreprises agro-industrielles, l’assiette est formée par la superficie des exploitations
(exploitations destinées à la transformation industrielle et celles affectées à la vente
en l’état).
 Il faut entendre par superficie des exploitations, la superficie de terrain planté
(parcelles comportant des plants en production des cultures) déterminé par hectare

12
sans arrondi, à l’exclusion des superficies des espaces non plantés (routes,
constructions, barrages, …)

2.2.3. Taux de l’impôt IPFPNB

Le taux de droit commun de l’IPFPNB est de 1,5%. Ce taux s’applique à la valeur vénale.
L’IPFPNB est exigible à partir de la fin de la 2 ème année suivant celle de l’acquisition du
terrain.
Pour les terrains agricoles exploités par les entreprises agro-industrielles, le tarif est fixé à
l’hectare planté :

Nature Tarif à l’hectare Nature Tarif à l’hectare


Hévéa 7.500 Palmier à huile 5.000
Cacao Canne à sucre
Café Mangue
Banane 5.000 Anacarde 2.500
Ananas Citron
Coco Papaye

CAS D’APPLICATION N°1

La SA Produits industriels de la palme « SA PIPA » sise à l’ILE-BOULAY, commune de


SONGON, est une entreprise agro-industrielle exploitant d’importantes superficies d’espèces
agricoles. Ses exploitations alimentent ses usines mais elle vend aussi des pépinières aux
planteurs. Les caractéristiques de ses exploitations sont les suivantes pour l’année N :

Superficies occupées (en hectares)


Espèces Plants en Jachères Pépinières Pépinières Infra- Totales
agricoles production vendues propres et structures exploitées
aux recherche
planteurs
Palmier 80.500 75,50 25,80 15,00 20,00 80.636,30
Coco 67.000 50,75 10,40 06,00 12,00 67.079,15

Travail à faire : Liquider l’impôt sur le patrimoine foncier dû par la « SA PIPA » au titre de ses
exploitations agricoles de l’année N.

2.2.4. Redevables de l’impôt (CGI, art 164)

L’IPFPNB est dû pour l’année entière par le propriétaire, le concessionnaire ou le détenteur


du droit de superficie au 1er janvier de l’année d’imposition ou l’usufruitier. En cas de bail
emphytéotique, le redevable est l’emphytéote.

13
CHAPITRE 4 : IMPOSITION DES BENEFICES NON COMMERCIAUX

Les bénéfices réalisés par les professions libérales et assimilées sont imposables à
l’impôt sur les bénéfices non commerciaux lorsqu’elles n’exercent pas leur activité sous la
forme juridique d’une société de capitaux (SA, SARL).

Exemple : Un cabinet d’expert-comptable exerce son activité :


 Sous la forme d’une entité individuelle ; les bénéfices réalisés seront imposés dans la
catégorie des BNC.
 Sous la forme d’une société de capitaux (SA ; SARL) ; les bénéfices réalisés seront
imposés dans la catégorie des BIC.

1. / Champ d’application de l’impôt BNC

Entrent dans le champ de l’impôt BNC :

 Les bénéfices des professions libérales et des titulaires de charges et offices n’ayant
pas la qualité de commerçant ; la profession libérale étant définie comme celle où
l’activité intellectuelle est prépondérante et qui consiste en la pratique personnelle
d’une science ou d’un art en toute indépendance.

Exemple :
 Les professions médicales et paramédicales ;
 Les professions juridiques et comptables (experts comptables, comptables
agréés, avocats, huissiers, commissaires-priseurs…)
 Les professions techniques (agents généraux et agents d’assurance, architectes,
urbanistes, métreurs, géomètres, chimistes, experts ingénieurs…)
 Les professions artistiques et littéraires (artistes peintres, artistes plasticiens,
sculpteurs, écrivains, compositeurs, décorateurs…)

Attention : Les bénéfices des professions libérales ci-après sont soumis à l’I-BIC :

 Les professions libérales exercées dans le cadre d’une société de capitaux ;


 Les pharmaciens d’officine, profession à caractère libéral, mais se livrant à des
opérations d’achat-revente qui sont des actes de commerce par nature ;
 Les cabinets de formation professionnelle malgré le caractère prépondérant de
l’activité intellectuelle ;
 Les bénéfices ou revenus non commerciaux accessoires à une activité soumise à
l’I-BIC sont assimilés à des BIC par application de la théorie de l’accessoire suit le
principal. (ex : honoraires de consultation d’un pharmacien d’officine).

 Les revenus tirés d’occupations, d’exploitations lucratives et sources de profit ne se


rattachant pas à une autre catégorie de bénéfices ou de revenus :
 Les droits d’auteurs ;
 Les produits de la propriété intellectuelle ;
 Les revenus ou bénéfices réalisés ne se rattachant pas à une catégorie donnée
de revenus tels que les bénéfices réalisés par les non-résidents (entendre les
personnes et sociétés n’ayant pas d’installations professionnelles en CI).

Remarque : Lorsque le contribuable exerce concurremment au sein d’une entreprise, une


profession passible de l’I-BIC et une profession soumise à l’I-BNC, chaque catégorie de
revenu est imposable dans la cédule dont il relève.

2. / Territorialité et redevable de l’impôt BNC

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L’impôt BNC est dû, à raison des bénéfices réalisés en CI. Cette territorialité de
l’impôt distrait des bénéfices passibles dudit impôt ceux réalisés par une entité ivoirienne
établie à l’étranger.
L’impôt BNC est établi au nom des bénéficiaires des revenus imposables au lieu d’exercice
de la profession ou, le cas échéant, du principal établissement.
 Dans les SNC, chacun des associés est personnellement imposé pour sa part
respective de bénéfices.
 Dans les SCS, l’impôt est établi au nom de chacun des commandités pour sa part
respective de bénéfices et, pour le surplus, au nom de la société.

3. / Régimes d’imposition des bénéfices

L’imposition des bénéfices non commerciaux fait l’objet de deux régimes et non trois
comme dans les BIC. Le régime de l’impôt synthétique ne s’applique pas aux BNC, mais à
l’instar des BIC, l’une des caractéristiques principales de distinction des deux régimes est le
chiffre d’affaires annuel TTC réalisé :

 Le réel simplifié d’imposition s’applique aux professions réalisant un CA TTC


n’excédant pas 75.000.000 F ;
 Le réel normal d’imposition s’applique aux professions réalisant un CA TTC supérieur
à 75.000.000 F

3.1. / Réel normal d’imposition

En matière des BNC, il n’y a pas de distinction entre le RNI et RSI. Toutefois, les principes
de liquidation de l’I-BIC applicables à chacun des régimes réels d’imposition sont
globalement transposables aux entités non commerciales assujetties suivant leur chiffre
d’affaires au réel normal ou au réel simplifié.

A titre d’exemple, les charges sont déductibles suivant les règles applicables aux BIC
correspondant au régime d’imposition ; ces charges comprennent :
 le loyer des locaux professionnels ;
 les amortissements effectués suivant les règles applicables, selon le cas, aux BIC du
réel normal ;
 les rémunérations à titre de dépenses de personnel et de main d’œuvre ;
 les dons d’ouvrages d’utilité publique ou de versements d’espèces consentis par les
professionnels ; ils sont déductibles sous les mêmes conditions qu’en matière des
BIC ;

3.1.1. / Déclaration et paiement de l’impôt BNC

Le schéma est identique à celui de l’assiette des BIC :


Résultat comptable de l’exercice
- Réintégrations des charges non déductibles
- Déduction des produits non imposables
Résultat fiscal de l’exercice
- Déficits fiscaux antérieurs fiscalement reportables (3 ans)
- Amortissements réputés différés des exos antérieurs
Résultat fiscal avant déduction des inv. / art. 110
- Quotité déductible des inv. placés sous art. 110
Résultat fiscal avant déduction des + v exonérées
- Déduction des + value sous art 28,
- Déduction des + value sous art 32,
- Déduction des + value sous art 33.
Résultat fiscal imposable

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L’assiette de l’impôt est arrondie au millier de f inférieur pour les assujettis du réel normal

3.1.2. / Taux de l’impôt BNC

Régimes d’imposition Entité morale Entité physique


Réel normal 25% 20%
Réel simplifié 25% 20%

L’impôt sur les bénéfices non commerciaux exigible est payable spontanément, chaque
année, en trois fractions égales au plus tard :
 le 20 avril,
 le 20 juillet,
 le 20 octobre.

Application
Le cabinet d’expertise comptable NKDA soumis au réel normal des BNC nous communique
les informations suivantes à la fin de l’exercice N :
 Résultat comptable avant impôt BNC - 15.000
 Charges non déductibles 10.000
 Produits non imposables 30.000
 Amortissements comptables déduits 5.000

Travail à faire
1. Calculer le déficit fiscal de l’exercice N.
2. Identifier les déficits ordinaires de l’ art 88 et leur traitement fiscal

3.2. / Réel simplifié d’imposition

De façon générale, le régime du réel simplifié d’imposition s’applique aux professionnels


réalisant un CA TTC n’excédant pas 75.000.000 f.
L’assujetti au réel simplifié peut opter pour le réel normal. L’option est à exercer avant le 1er
février de l’année. Elle prend effet rétroactivement au 1 er janvier de ladite année et n’est
révocable qu’après 3 exercices comptables et sur autorisation expresse de la DGI. Les
assujettis à l’I-BNC ne sont pas éligibles au régime de l’impôt synthétique.

3.2.1. / Détermination des résultats du réel simplifié

Le résultat fiscal est déterminé selon les règles applicables au régime du réel normal.
Toutefois, comme en matière des BIC, les contribuables soumis au réel simplifié sont interdits
de pratiquer :
 des amortissements dégressifs et accélérés ;
 des amortissements réputés différés ;
 des provisions.
Le bénéfice, assiette de l’I-BNC du réel simplifié, est arrondi à la centaine de francs
inférieure.

Résultat comptable de l’exercice


- Réintégrations des charges non déductibles
- Déduction des produits non imposables
Résultat fiscal de l’exercice
- Déficits fiscaux antérieurs fiscalement reportables (3 ans)
Résultat fiscal avant déduction des inv. / art. 110
- Quotité déductible des inv. placés sous art. 110
Résultat fiscal avant déduction des + v exonérées

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- Déduction des + value sous art 28,
- Déduction des + value sous art 32,
- Déduction des + value sous art 33.
Résultat fiscal imposable

3.2.2. / Paiement de l’impôt BNC ou de l’IMF du réel simplifié

L’impôt est payable spontanément en trois fractions égales. Le calendrier de paiement est
identique à celui du réel normal :
 le 20 avril,
 le 20 juillet,
 le 20 octobre.
L’impôt est payable obligatoirement par chèque pour les entités relevant du régime réel
d’imposition auprès de la recette des impôts du lieu d’exercice de l’activité au vu d’un
bordereau avis de versement établi en trois exemplaires.

SYNTHESE : IMPOT BIC

La SA SINAI est une société ivoirienne de fabrique de poudre de céréales. Elle est située à
Abidjan -commune de YOPOUGON, zone industrielle, Rue des Rêveurs. Tél : 46 – 22 – 50 – 26
– 45, n° CC 14 510 71 F, numéro du Registre 509 828.
La SA au capital de 60.000.000 F et un chiffre d’affaires hors taxe de 900.000.000 F, a réalisé
au cours de l’exercice N une augmentation de capital par émission de 20.000 actions de
numéraire de 10.000 F au pris de 15.000 F libérée pour les ¾.

Au titre de l’exercice clos au 31/12/N, la SA SINAI a dégagé un résultat avant impôt déficitaire
de 12.404.905 F. monsieur EXPERT, le comptable a pu identifier déjà des produits exonérés
de 4.112.640 F et des charges non déductibles de 9.660.800 F.

Cependant, il demeure perplexe devant certaines opérations pour lesquelles il sollicite votre
expertise.

1. Achat d’un ordinateur à 350.000 HT.


2. Salaires versés 10.000.000 F.
3. Dons versés à une veuve 2.000.000 HT.
4. Assurance versée 10.000.000 HT dont le 1/5 est à la tête du PCA.
5. Dépenses de prospection et d’étude versées 2.000.000 F, 3.000.000 F, 4.000.000 F et
5.000.000 F respectivement aux périodes N-4, N-3, N-1 et N.
6. Honoraires versées au notaire lors de l’acquisition d’un immeuble 2.000.000 HT.
7. Provision sur dépréciation de stock 4.000.000 F.
8. Reprise de provision sur congé payé en N-1 : 2.000.000 F.
9. Vente de produits finis 80.000.000 F dont le ¼ est exonéré.
10. Intérêts nets sur dépôt bancaire 30.000.000 F.
11. Intérêts sur bons de caisse ayant supportés l’IBNC à 35% : 10.000.000 F.
12. Une plus value sur cession d’immobilisation 4.000.000 HT.

TRAVAIL A FAIRE

Procéder à la déclaration de l’impôt sur le résultat de l’exercice N sachant que :

1) Un camion de livraison de VCN de 4.000.000 F a été cédé à 6.000.000 F à SOCOCE ; le


produit est placé sous l’article 32.
2) Un matériel et outillage acquis depuis 6 ans de valeur résiduelle de 3.000.000 F a été
cédé à 6.000.000 F. le produit est placé sous l’art 33.

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3) Un véhicule de tourisme (13 CV) acquis le 1er/04/N-1 à 6.000.000 HT a été cédé à
5.800.000 TTC le 1er/07/N de durée d’utilisation 3 ans. SINAI a placé ce produit sous
l’article 28.
4) Les déficits fiscaux et ARD sont :
N-6 : 10.000.000 N-4 : 3.000.000 d’ARD
N-2 : 1.500.000 N-1 : 4.000.000 dont 1.000.000 d’ARD
5) L’entité a bénéficié pour une immobilisation acquise le 1 er/07/N-1 à 120.000.00 F des
avantages de l’art 110.

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