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e résumé détaillé du livre chapitre par chapitre qui suit en révèle les

moments clés.
 
Partie 1
 
Chapitre 1
 
Par une journée d’avril froide et claire, Winston Smith renonce à la cantine
du Ministère de la Vérité où il travaille, pour regagner son domicile
pendant la pause déjeuner. Un peu partout dans Londres, dominent les
affiches géantes d’un homme d’environ 45 ans, à l’épaisse moustache
noire, aux traits accentués et beaux. Une légende sous le portrait
déclare : « Big Brother vous regarde ». L’ascenseur fonctionne rarement
en raison des coupures de courant. A l’intérieur de l’appartement, une
voix provient d’une plaque de métal incrustée dans le mur : le télécran. Le
son peu être assourdi, mais le télécran ne peut être éteint complètement.
L’appareil reçoit et transmet simultanément : à travers lui, Winston peut
être aussi bien vu qu’entendu par la Police de la Pensée. Au loin derrière
la fenêtre, à un kilomètre environ, s’élève le ministère de la Vérité,
gigantesque immeuble pyramidal en béton blanc avec sur la façade, les
trois slogans du parti : « La guerre c’est la paix », « La liberté c’est
l’esclavage », « L’ignorance c’est la force ». En plus du ministère de la
Vérité qui s’occupe des divertissements, de l’information, de l’éducation et
des beaux-arts, trois autres bâtiments similaires sont répartis dans
Londres. Le ministère de la Paix qui s’occupe de la guerre, le ministère de
l’Amour qui veille au respect de la loi et de l’ordre et le ministère de
l’Abondance chargé des affaires économiques. Leurs noms en novlangue :
Miniver, Minipax, Miniamour et Miniplein. Une singularité de son
appartement permet à Winston, en s’asseyant dans une alcôve,
d’échapper au regard du télécran. Cette opportunité lui permet de
commencer à rédiger son journal sur un livre ancien acheté dans une
boutique du marché libre. Il note une date : 4 avril 1984. Après avoir
commencé à écrire, Winston se remémore un événement intervenu le
matin même pendant les Deux minutes de la Haine, l’exercice quotidien
pendant lequel le visage d’Emmanuel Goldstein, ennemi juré de l’angsoc
(le socialisme anglais) et du parti est diffusé sur les écrans pour être livré
à la vindicte populaire. Winston a croisé Julia, une jeune femme membre
de la ligue anti-sexe qu’il prend pour une espionne et O’Brien un membre
élevé du parti qu’il soupçonne d’appartenir à la Fraternité, un réseau
clandestin de conspirateurs.
 
Chapitre 2
 
Winston Smith est dérangé dans l’écriture de son journal par Madame
Parsons, la femme d’un voisin de palier. Elle lui demande s’il peut réparer
son évier qui est bouché. Winston s’exécute. Tom Parsons est un collègue
de Winston au Ministère de la Vérité, un homme dévoué au parti qui
occupe un poste subalterne où l’intelligence n’est pas nécessaire. Ses
deux enfants, un fils et une fille, sont déjà endoctrinés, dans un an ou
deux, ils surveilleront les symptômes de non orthodoxie de leurs parents.
Chaque semaine, la presse relate comment un petit mouchard quelconque
appelé « enfant héros », a dénoncé ses parents après avoir entendu une
remarque compromettante. Les enfants crient pour que leur mère les
emmène à la pendaison de prisonniers eurasiens accusés de crimes de
guerre. Après avoir regagné son appartement, Winston apprend par le
télécran que son pays, l’Océania, vient de remporter une victoire
importante contre l’Eurasia, laissant planer l’hypothétique fin de cette
guerre qui n’en finit pas. Retournant à la rédaction de son journal,
Winston songe que le simple fait de formuler des idées le condamne tôt ou
tard à mort : « le crime de penser n’entraîne pas la mort. Le crime de
penser est la mort ». Il range son journal dans un tiroir et pose un grain
de poussière blanchâtre sur un coin de la couverture : le grain serait ainsi
rejeté si le livre était déplacé.
 
Chapitre 3
 
Winston rêve de ses parents et de sa sœur qui ont disparu quand il avait
dix ou onze ans, probablement au cours d’une des premières grandes
épurations des années 50. Le télécran émet un coup de sifflet
assourdissant pour marquer sept heures un quart, heure de lever des
employés de bureau. Une femme apparue sur le télécran prodigue un
cours de gymnastique obligatoire et éreintant. Pendant qu’il effectue les
exercices, Winston se remémore son enfance, au-delà des dernières
années 50. Durand son enfance, la guerre avait commencé et elle n’avait
par la suite jamais cessé. Il lui était impossible de se remémorer la
succession des événements, l’histoire étant continuellement modifiée par
le parti. Ce dernier prétendait que l’Eurasia avait toujours été l’ennemie
jurée de l’Océania elle-même alliée à l’Estasia. . Mais Winston savait que
l’Océania avait été l’alliée de l’Eurasia contre l’Estasia il n’y avait de cela
que quatre ans. Le mensonge passait dans l’histoire et devenait vérité. A
tel point que personne ne pouvait dire si Big Brother était réel ou avait été
inventé.
 
Chapitre 4
 
Sur son lieu de travail, sous le contrôle d’un télécran, Winston a pour
mission de corriger d’anciens articles du Times. Les numéros modifiés sont
ensuite réimprimés et archivés. L’histoire est continuellement réécrite
pour accréditer la propagande du parti : les discours de Big Brother
prédisent toujours ce qui va arriver, les projections de la production sont
toujours exactes, les promesse non tenues comme celle de ne pas
rationner le chocolat au cours de l’année disparaissent. Un numéro du
Times peut être réécrit une douzaine de fois selon les circonstances. Les
plus grosses modifications concernent les personnes non existantes,
autrefois glorifiées par le parti, puis tombées en disgrâce et disparues
discrètement pendant une épuration. Toute trace de leur existence est
rayée comme si elles n’avaient jamais existé. A l’inverse, Winston invente
des personnages, tel que le camarade Ogilvy, mort victorieusement au
front à 23 ans après une vie entièrement consacrée au parti. Les vieux
papiers sont introduits dans des fentes reliées à d’immenses fournaises
pour être détruits. On les surnomme « trous de mémoire ».
 
Chapitre 5
 
Winston retrouve son ami Syme à la cantine. Ce dernier travaille au
Service des Recherches à compiler la onzième édition du dictionnaire
novlangue. Les deux hommes parlent des sujets de prédilection de Syme :
la pénurie de rasoirs et la pendaison de la veille. Winston pousse son
collègue à parler de la technicité du novlangue, conversation plus agréable
à son sens. La novlangue vise à réduire les limites de la pensée : les mots
sont détruits par centaines, jour après jour, pour rendre littéralement
impossible le crime par la pensée en supprimant les mots pouvant
l’exprimer. Syme pense qu’en 2050 au plus tard, le novlangue aura
supplanté la langue courante. Winston se dit que Syme est trop
intelligent, trop zélé et que tôt ou tard il sera éliminé car il en sait trop.
Parsons se joint à eux pour solliciter leur cotisation à l’occasion de la
Semaine de la Haine, un quart du salaire de chaque individu étant réservé
aux innombrables souscriptions volontaires. Le télécran relaie une
annonce enthousiaste du Ministère de l’Abondance qui affirme que la
production a augmenté de vingt pour cent en un an. Tout le monde
semble adhérer à ce discours, alors que les maisons sont délabrées et que
les pénuries sont permanentes. Tout est laid. Winston croise le regard de
Julia, la fille aux cheveux noirs : il est persuadé qu’elle l’espionne. La
délation est généralisée, Winston se méfie de tout le monde.
 
Chapitre 6
 
Winston poursuit son journal, tandis qu’il repense à Catherine, sa femme
et se remémore son premier écart avec une prostituée. Les mariages
entre membres du parti devaient être autorisés par un comité. La
permission était toujours refusée quand les membres du couple en
question donnaient l’impression d’être physiquement attirés l’un vers
l’autre. La seule fin du mariage admise était de faire naître des enfants
pour le service du parti. A défaut de tuer l’instinct sexuel, le parti essayait
de le dénaturer et de le salir. Le mariage de Winston avait duré quinze
mois, ils avaient pu se séparer faute d’enfant. Dévouée corps et âme au
parti, Catherine n’avait aucune intelligence. En outre, elle n’avait pas la
moindre sensualité.
 
Chapitre 7
 
Winston estime que l’espoir ne peut venir que des prolétaires, les quatre-
vingt-cinq pour cent de la population d’Océania dédaignés par le parti. Ce
dernier ne peut être renversé de l’intérieur. Contrairement aux membres
du parti, les prolétaires jouissent d’une relative liberté comme en atteste
le slogan du parti : « les prolétaires et les animaux sont libres ». Il leur
est seulement demandé de travailler et d’engendrer. Malheureusement,
Winston estime qu’ils ne se révolteront que lorsqu’ils seront devenus
conscients, mais qu’ils ne pourront devenir conscients qu’après s’être
révoltés. La révolution prétend avoir aboli le capitalisme, mais les
conditions de travail des prolétaires n’ont guère été améliorées. D’ailleurs,
les falsifications de l’histoire sont telles, qu’il est impossible de savoir à
quoi ressemblait réellement Londres avant la Révolution. Winston se
demande même si le capitalisme a réellement existé. Un jour, il a eu en
mains une coupure du Times qui prouvait une falsification : trois membres
du parti accusés de trahison étaient présents à une réunion du parti à New
York alors qu’à la même date ils avaient confessé s’être rendus à
l’étranger pour comploter.
 
Chapitre 8
 
Winston préfère déambuler dans les rues populaires de Londres plutôt que
de participer à une soirée au Centre communautaire. Ce goût pour la
solitude constitue une grave imprudence, les membres du parti devant
toujours prendre part à quelque distraction collective. Une bombe fusée
tombe sur un groupe de maisons qu’elle détruit complètement. Après
s’être jeté au sol, Winston poursuit sa route. Les bistrots fréquentés par
les prolétaires sont combles. Les masses laborieuses de l’Océania se
passionnent également pour la loterie et ses lots faramineux, mais
Winston sait, tout comme la plupart des membres du parti, que les
gagnants des gros prix sont des gens qui n’existent pas. Winston entre
dans un bistrot à la suite d’un octogénaire : il décide d’interroger le vieil
homme sur sa jeunesse pour connaître la vérité sur le monde
prérévolutionnaire. Il lui offre des bières et l’écoute parler de bribes de
souvenirs sans importance. Winston poursuit son chemin et arrive devant
la boutique dans laquelle il a acheté le livre qui lui sert de journal. Il y
achète un vieux presse-papier en verre contenant du corail, puis visite une
chambre remplie de vieilleries appartenant au propriétaire de la boutique
nommé Charrington. Il envisage de louer la pièce pour s’y aménager un
refuge. En regagnant son domicile, il croise la fille aux cheveux noirs qui
fait mine de ne pas le voir : il est de plus en plus persuadé qu’elle le suit
pour l’espionner.
 
Partie 2
 
Chapitre 1
 
Quatre jours plus tard, au Ministère de la Vérité, Winston croise la fille aux
cheveux noirs qui lui fait passer discrètement trois mots griffonnés sur un
bout de papier : « je vous aime ». Il est agité après cette révélation et se
demande comment il va pouvoir arranger une rencontre. Il décide
finalement que l’endroit le plus sûr pour cela est la cantine. Jour après
jour, il attend le moment idéal, quand elle sera seule et assez loin d’un
télécran. L’occasion ne se présente qu’au bout d’une semaine, ils se
donnent rendez-vous au square de la Victoire. Là, pendant le passage d’un
convoi de prisonniers Eurasiens, elle lui donne rendez-vous le dimanche
suivant à l’extérieur de Londres.
 
Chapitre 2
 
Après un trajet en chemin de fer d’une demi heure, Winston retrouve la
fille aux cheveux noirs dans la campagne. Ils se cachent dans une
clairière. Julia exècre le parti, mais présente un zèle dévoué pour se
préserver. A l’abri des microphones cachés un peu partout, ils font
l’amour, un acte politique fort, un coup porté au parti qui condamne la
moindre pulsion sexuelle.
 
Chapitre 3
 
Julia et Winston retournent à Londres en empruntant des chemins
différents. Pendant le mois de mai, ils continuent à se retrouver en
cachette. Julia travaille aux machines du Commissariat aux Romans, mais
les livres produits ne l’intéressent pas. Elle bénéficie d’une excellente
réputation à tel point qu’elle a pu travailler pendant un an au Pornosec,
sous-section du Commissariat aux Romans chargée de la production de
pornographie à bon marché destinée aux prolétaires. Julia déteste le parti,
elle n’a jamais entendu parler de la Fraternité et refuse de croire à son
existence. Winston dévoile à Julia de sombres pensées concernant sa
femme et le parti. Il considère qu’ils sont des morts en sursis, car tôt ou
tard, il seront démasqué et exécutés.
 
Chapitre 4
 
Winston attend Julia dans la chambre qu’il loue au-dessus du magasin de
monsieur Charrington. Son sentiment pour elle a évolué tout au long du
premier mois de leur rencontre : il ressent à présent de la tendresse à son
égard. Julia le rejoint en apportant des mets savoureux destinés aux
membres du parti intérieur : du sucre, du pain, un peu de confiture et du
vrai café, pas du café de la victoire. Julia se maquille et se parfume, ils
s’enlacent puis s’endorment l’un contre l’autre. A leur réveil, Julia chasse
un rat de la chambre : Winston devint pâle, il lui avoue sa phobie des rats.
 
Chapitre 5
 
Un matin Syme a disparu sans laisser la moindre trace : il a cessé
d’exister, il n’a jamais existé. Les préparatifs pour la Semaine de la haine
battent leur plein : les symboles de l’Eurasia sont livrés à la vindicte
populaire. Winston et Julia savourent leurs rendez-vous secrets dans la
chambre de Charrington qui, en dépit de sa vétusté, est pour eux un
véritable paradis. Leur existence leur semble moins pénible. Ils savent
pourtant que cette situation ne peut pas durer indéfiniment. Winston croit
en l’existence de la fraternité, Julia pense qu’il s’agit tout au plus d’une
des innombrables balivernes du parti.
 
Chapitre 6
 
Le moment que Winston attend depuis des années vient enfin d’arriver :
O’Brien s’adresse à lui en lui parlant de la dixième édition du dictionnaire
novlangue et lui communique son adresse personnelle.
 
Chapitre 7
 
Winston se réveille après avoir rêvé de sa mère. Il se remémore son père
qui a disparu très tôt sans lasser de trace, de son enfance miséreuse avec
sa mère et sa petite sœur malade. Un jour, il se sauve après avoir volé un
morceau de chocolat destiné à sa sœur. Lorsqu’il revient, un peu plus
tard, sa mère et sa sœur ont disparu. Il culpabilise encore d’avoir été dur
avec sa mère. Il en parle à Julia qui s’endort. Winston se dit que le plus
important n’est pas de rester vivant, mais de rester humain. Il pense que
le parti peut lui faire dire n’importe quoi, mais qu’il ne peut pas lire ses
pensées et lui faire croire n’importe quoi.
 
Chapitre 8
 
Winston et Julia se rendent chez O’Brien. L’appartement est luxueux et
confortable, ce qui impressionne Winston qui a rarement eu l’occasion de
voir une telle opulence. A la surprise de ses visiteurs, O’Brien décide
d’éteindre le télécran, un privilège réservé uniquement aux membres du
parti intérieur. Après avoir hésité un moment, Winston annonce à O’Brien
que Julia et lui sont des ennemis du parti et qu’ils viennent le voir car ils le
soupçonnent de faire partie de la fraternité. O’Brien leur confirme que son
domestique et lui sont des conspirateurs, qu’ils appartiennent à la
fraternité et que leur chef s’appelle bien Emmanuel Goldstein. Il leur
propose un verre de vin. Winston et Julia confessent qu’ils sont prêts à
tout pour déstabiliser le parti, sauf à être séparés à jamais. O’Brien
promet à Winston de lui faire parvenir le livre de Goldstein. Ils se
séparent, Julia part la première suivie peu après de Winston.
 
Chapitre 9
 
Winston est épuisé par les innombrables manifestations émaillant les cinq
premiers jours de la Semaine de la Haine. Au sixième jour, coup de
théâtre, la vindicte populaire change de cible : l’Estasia est à présent
l’ennemi juré, l’Eurasia devient un allié. Les affiches incitant à la haine
contre l’Eurasia sont immédiatement changées. Winston regagne le
Ministère de la Vérité, sachant que des journées de dix-huit heures
l’attendent, puisqu’une grande partie de la littérature des cinq dernières
années va devoir être réécrite : à compter de ce jour, l’Estasia a toujours
été l’ennemi et l’Océania n’a jamais été en guerre avec l’Eurasia. Winston
ainsi que les autres employés dorment sur des matelas dans les couloirs.
Après six jours de travail intensif, ils obtiennent un après-midi de repos.
Winston en profite pour attendre Julia à la chambre de Charrington. Il
commence à lire le livre de Goldstein que O’Brien lui a fait parvenir dans
une serviette. Le chapitre 1 se nomme « l’ignorance c’est la force » et
suggère que toute société humaine est divisée depuis l’origine en trois
classes : la classe supérieure, la classe moyenne et la classe inférieure.
Winston passe directement au chapitre 3 qui est intitulé « la guerre c’est
la paix ». Il y est expliqué que le monde est divisé en trois super états en
guerre permanente depuis vingt cinq ans. L’Océania comprend l’Amérique,
les îles Britanniques, l’Australie et le sud de l’Afrique. L’Eurasia s’étend du
Portugal eu détroit de Behring. L’Estasia comprend essentiellement la
Chine et le Japon. De puissance égale, aucune de ces trois nations n’est
en mesure de l’emporter sur les autres. Elles se disputent les territoires
allant de Tanger à Hong-Kong, riches en matières premières et en main
d’œuvre bon marché. La guerre perpétuelle absorbe toutes les richesses
sans élever le niveau de vie. Les trois classes sociales (parti intérieur,
parti extérieur, et prolétaires) sont ainsi préservées de toute remise en
cause par l’élévation du niveau de vie des classes inférieures. La guerre
maintient la structure de la société. Le parti poursuit deux buts : conquérir
toute la surface de la terre et éteindre toute possibilité de pensée
indépendante. Les trois puissances produisent des bombes atomiques,
mais ne s’en servent pas, craignant une destruction mutuelle assurée. De
même, aucune des trois puissances n’essaye d’envahir la moindre parcelle
du territoire de son voisin : les échanges entre les citoyens des différents
états pourraient faire tomber la haine de l’étranger. Les trois états ont la
même idéologie avec la même structure pyramidale et avec le même culte
de la personnalité d’un chef quasi divin. Julia arrive au moment où
Winston revient au chapitre 1. Winston reprend la lecture, cette fois-ci à
haute voix pour Julia. Les trois classes sociales sont irréconciliables : le
groupe supérieur veut rester en place, le groupe moyen veut prendre la
place du groupe supérieur et la classe inférieure prône une société
égalitaire. Au travers de l’histoire, la lutte entre ces classes voit la classe
moyenne supplanter la classe supérieure, avant d’être elle-même
supplantée par une nouvelle classe moyenne. Au vingtième siècle des
mouvements nouveaux prétendirent fixer une fois pour toute la
domination de la classe supérieure qu’ils avaient décidé d’incarner : ces
mouvements se caractérisent par la même idéologie inégalitaire et
tyrannique s’appellent Angsoc en Océania, Néo-Bolchevisme en Eurasia et
Culte de la Mort en Estasia. Après la période révolutionnaire qui se place
entre 1950 et 1969, le nouveau groupe supérieur agira en sachant
parfaitement ce qui est nécessaire pour maintenir sa position. L’abolition
de la propriété privée signifiait en fait la concentration de la propriété
entre beaucoup moins de mains qu’avant, mais avec cette différence que
les nouveaux propriétaires formaient un groupe (le Parti) au lieu d’être
une masse d’individus : l’inégalité économique devient ainsi permanente.
Big Brother est une figure allégorique, infaillible et toute puissante. En
dessous, vient le parti intérieur, la classe supérieure représentant deux
pour cent de la population. Ses membres sont admis à l’âge de seize ans
sans aucune discrimination (pas d’hérédité, pas de critères raciaux, etc.).
Le parti ne s’occupe pas de perpétuer son sang, mais de se perpétuer lui-
même. Il n’est pas important de savoir qui détient le pouvoir, pourvu que
la structure hiérarchique soit toujours la même. De sa naissance à sa
mort, un membre du parti est sous l’œil de la police de la pensée. Le
premier devoir d’un membre du parti est d’avoir la faculté de s’arrêter net
au seuil d’une pensée dangereuse (« arrêtducrime » en novlangue). Mais
cela ne suffit pas. Il faut aussi croire tout et son contraire (« noirblanc »
en novlangue). Le changement continuel du passé n’est possible que
grâce à la « doublepensée » qui est le pouvoir de garder à l’esprit
simultanément deux croyances contradictoires et de les accepter toutes
deux. Julia s’est endormie : Winston arrête sa lecture au moment où il
allait savoir pourquoi le parti veille farouchement à empêcher l’égalité
humaine.
 
Chapitre 10
 
Lorsque Winston et Julia se réveillent, une voix de fer s’échappe de
derrière le tableau de la chambre. Le tableau tombe, découvrant un
télécran. Des hommes en uniforme s’emparent de Winston et Julia.
Monsieur Charrington apparaît sans déguisement, ce n’est pas un vieux
prolétaire, mais un membre de la police de la pensée âgé d’environ
trente-cinq ans.
 
Partie 3
 
Chapitre 1
 
Winston suppose qu’il est détenu au Ministère de l’amour, mais il n’en a
aucune certitude. La cellule ne comporte aucune fenêtre, seuls quatre
télécrans sont disposés sur chacun des murs blancs. Il a faim. Les
prisonniers défilent dans la cellule, passent un moment avec Winston puis
sont emmenés en salle 101. Parmi eux, le poète Ampleforth arrêté pour
avoir laissé le mot « God » à la fin d’un ver dans une nouvelle édition de
Kipling et Parsons dénoncé par sa fille après avoir dit « à bas Big
Brother » dans son sommeil. Un homme décharné entre à son tour. Un
autre est violemment frappé pour avoir voulu lui proposer un vieux
morceau de pain. O’Brien fait son entrée : il n’appartient pas à la
Fraternité, bien au contraire, il est chargé de traquer les crimes par la
pensée. Le garde assène un violent coup de matraque à Winston.
 
Chapitre 2
 
Les passages à tabac se succèdent puis se font moins fréquents. Ce sont
ensuite des intellectuels du parti qui interrogent Winston en lui imposant
des brimades pour annihiler son pouvoir de résistance. Winston confesse
une multitude de crimes imaginaires, mais cela n’a aucune importance car
aux yeux du parti, il n’y a aucune distinction entre la pensée et l’acte.
Winston est finalement emmené dans une salle et attaché sur un lit de
camp. O’Brien se tient à côté de lui. A coup de décharges électriques,
O’Brien fait comprendre à Winston qu’il n’existe qu’une vérité, celle du
parti. Si Winston a des souvenirs différents de la version officielle du parti,
c’est qu’il est sujet à des troubles mentaux, à des hallucinations. Le parti
ne veut pas de martyrs : il veut changer ses ennemis, les briser. O’Brien
apprend à Winston que Julia l’a dénoncé et qu’elle s’est convertie.
 
Chapitre 3
 
La réintégration comporte trois stades : étudier, comprendre, accepter.
Winston entre dans le deuxième stade. O’Brien lui explique pourquoi le
parti s’accroche au pouvoir : le parti recherche le pouvoir pour le pouvoir,
rien d’autre ne l’intéresse. Le pouvoir est d’infliger des souffrances et des
humiliations. La société du parti est fondée sur la haine. O’Brien demande
à Winston de se déshabiller et de se regarder dans un miroir : ce dernier
n’avait pas remarqué combien il était mince et faible, brisé par la torture
et les humiliations. O’Brien explique à Winston qu’il est un cas difficile,
mais que tôt ou tard il sera guéri de sa déviance et qu’à la fin, il sera
fusillé.
 
Chapitre 4
 
Winston récupère lentement, jour après jour. Il a finalement capitulé, il le
reconnaît. Il a découvert que la police de la pensée le surveillait depuis
sept ans. O’Brien entre dans sa cellule et lui demande quels sont ses
véritables sentiments à l’égard de Big Brother : Winston reconnaît qu’il le
hait. Il est emmené salle 101.
 
Chapitre 5
 
Dans la salle 101, Winston est confronté à la pire de ses phobies : les
rats. La peur est telle qu’il trahi et renie Julia.
 
Chapitre 6
 
Winston a été relâché, il est devenu une épave qui passe sa vie au bistrot.
Il rencontre Julia par hasard, mais ils n’ont plus aucun sentiment l’un pour
l’autre. Leur trahison mutuelle a brisé leur attachement. Un jour, le
télécran délivre la nouvelle d’une victoire capitale de l’Océania sur ses
ennemis : Winston va bien, il a remporté la victoire contre lui-même, il
aime Big Brother.

Résumé détaillé de 1984


Première partie de 1984
Chapitre I
Seul, dans son appartement, Winston Smith réfléchit. Après avoir quelque peu
hésité, il commence la rédaction d’un journal intime dans lequel il exprime sa
rébellion contre Big Brother. Conscient des ennuis qu’il pourrait s’attirer, il
prend garde de ne pas se trouver dans le champ de vision du télécran, un
appareil qui filme ses moindres faits et gestes.

Chapitre II
Winston est interrompu par sa voisine, Madame Parsons, venue lui demander
un service. En arrivant dans l’appartement de ses voisins, Winston est frappé
par la cruauté des enfants. De retour chez lui, il repense à sa rencontre avec
O’Brien, et se souvient d’un rêve qu’il avait fait. Dans ce rêve, O’Brien avait
prononcé une phrase étrange : “nous nous rencontrerons là où il n’y a pas de
ténèbres”.

Chapitre III
Winston est réveillé par le télécran. Tandis qu’il effectue sa gymnastique
quotidienne obligatoire, il pense à son enfance. Il essaie de rassembler ses
souvenirs d’avant le Parti, mais ceux-ci sont confus. La vérité est sans cesse
réécrite, si bien qu’il n’arrive pas à démêler le vrai du faux.

Chapitre IV
Employé au Ministère de la Vérité, Winston est chargé de rectifier les
prévisions, statistiques et documents en faveur de Big Brother. Les originaux
sont détruits, si bien que personne n’est en mesure de remarquer la
supercherie. Les opposants au Parti sont exécutés et leur nom effacé de toutes
les listes, comme s’ils n’avaient jamais eu d’existence.

Chapitre V
A la cantine, Winston discute avec Syme, son collègue de travail. Le déjeuner
est infect, comme à l’accoutumée. Avec le système de rationnement, sans
oublier les pénuries, les conditions de vie sont de plus en plus rudes. Syme
travaille à la rédaction du dictionnaire novlangue; en diminuant le nombre de
mots, le Parti a pour but d’empêcher toute pensée originale. Parsons, le voisin
de Winston, collecte des fonds pour la célébration d’une fête du Parti.

Chapitre VI
Winston repense à sa femme Catherine, dont il est séparé depuis dix ans. Il
évoque la façon dont le Parti arrange les mariages et encourage de façon
implicite, la prostitution. Le but est d’écarter l’amour et l’érotisme. La
procréation se fait par insémination artificielle, et les enfants étudient dans
une institution.

Chapitre VII
Winston continue la rédaction de son journal intime. Alors que le télécran
continue de débiter des statistiques, Winston semble être le seul à s’apercevoir
que tout n’est que mensonge. Ce qu’il ne comprend pas, c’est la finalité d’une
telle supercherie. Sans savoir pourquoi, il a l’intuition qu’O’Brien, qu’il avait
rencontré quelques temps auparavant, partage ses opinions. C’est un peu à son
attention qu’il écrit ce journal.

Chapitre VIII
Profitant d’un rare moment de répit, Winston se promène seul, au hasard.
Sans être vraiment interdite, il s’agit d’une activité désapprouvée par le Parti.
Tandis qu’il marche, Winston réfléchit. Il finit par arriver dans un magasin
d’antiquités. Nostalgique, Winston a une passion pour ce genre d’objets,
témoins d’une époque révolue. Alors qu’il rentre chez lui, il se rend compte
qu’il est suivi par une jeune femme inquiétante. Il prend peur car il croit que
cette dernière est membre de la Police de la Pensée, et qu’elle l’espionne.

Deuxième partie de 1984


Chapitre I
Winston croise de nouveau la route de la jeune fille aux cheveux noirs. Cette
fois, elle le bouscule accidentellement et trébuche. En réalité, elle a laissé
traîner un message écrit, adressé à Winston. Le contenu de ce message est
vraiment inattendu :“je vous aime”. Winston est perplexe. La jeune fille a pris
de très gros risques pour le contacter. Il s’arrange pour parler avec elle, le plus
discrètement possible. Ensemble, ils conviennent d’un rendez-vous secret.

Chapitre II
En secret, Winston prend le train pour se rendre à la campagne et retrouver
Julia, sa nouvelle amie. Ils deviennent amants. Winston prend conscience que
Julia l’aime car elle partage ses opinions sur Big Brother et le Parti, même si
elle n’en laisse rien paraître.

Chapitre III
Winston se sent revivre depuis qu’il est l’amant de Julia. Tous les deux
développent une réelle complicité. Pourtant, ils doivent s’entourer de
précautions pour ne pas être découverts.

Chapitre IV
Winston et Julia prennent un énorme risque; ils louent une chambre au-dessus
du magasin de M. Charrington, l’antiquaire, et s’y retrouvent pour partager un
peu d’intimité.

Chapitre V
La petite chambre est un véritable paradis pour Julia et Winston. Ils sont
conscients du fait qu’ils peuvent être arrêtés à tout moment, mais le caractère
éphémère de leur relation renforce leur complicité. Lorsqu’ils sont ensemble,
les deux amants se laissent aller à la rêverie. Ils caressent l’idée d’organiser un
mouvement de rébellion contre le Parti. Winston fait part à Julia de sa
rencontre avec O’Brien.

Chapitre VI
Winston rêve de sa rencontre avec O’Brien. Il est persuadé qu’O’Brien fait
partie d’un complot contre le Parti, et voudrait se rallier à sa cause.

Chapitre VII
Winston évoque ses souvenirs d’enfance devant Julia. Abattu et découragé, il
semble avoir perdu l’espoir d’un quelconque changement dans leurs vie. Mais
selon Julia, les membres du Parti ne peuvent rien contre leurs sentiments.

Chapitre VIII
Finalement, Julia et Winston se décident à franchir le pas. Ils se rendent dans
l’appartement d’O’Brien et lui expriment leur volonté de s’engager dans un
mouvement de rébellion. L’intuition de Winston était exacte. O’Brien fait
partie d’une organisation secrète, la Fraternité. Julia et Winston s’engagent à
servir sans discuter la cause d’O’Brien.

Chapitre IX
La première “mission” de Julia et Winston consiste à lire un livre écrit par
Goldstein. Ce livre interdit révèle la choquante vérité sur le parti et Big
Brother. En réalité, Winston n’apprend rien de bien nouveau.
Chapitre X
Alors qu’ils se trouvaient dans leur cachette, Julia et Winston sont finalement
arrêtés et emmenés par la Police de la Pensée. Résignés, ils savent que leur
destin est scellé.
Partie III

Chapitre I
Winston et Julia se retrouvent enfermés au Ministère de l’Amour, qui n’est
autre que l’endroit où les opposants
sont torturés puis exécutés. Winston attend son sort. Son seul espoir est d’être
sauvé par O’Brien. Enfermé dans une cellule sans fenêtres, ni eau ou
nourriture, l’attente est insoutenable, surtout lorsqu’il se retrouve seul.
Finalement, Winston retrouve O’Brien mais à sa grande surprise, c’est en fait
ce dernier qui est responsable de son arrestation. O’Brien lui a tendu un piège.

Chapitre II
Winston est torturé et perd la notion du temps.

Chapitre III
C’est O’Brien en personne qui interroge Winston. Le but de ces mauvais
traitements est de rectifier sa façon de penser, de l’amener à aimer Big Brother.
Winston est réfractaire; certes, il peut mentir, mais il ne peut changer son
ressenti.

Chapitre IV
La torture s’est arrêtée. Winston est désormais bien traité, et se remet petit à
petit. Mais il lui reste une dernière épreuve à affronter.

Chapitre V
Winston est emmené salle 101, la salle qui renferme le pire cauchemar de
chacun. Dans son cas, ce sont les rats. Au moment où il est encerclé par des
rats, Winston trahit Julia en demandant qu’elle prenne sa place. O’Brien
semble enfin satisfait.

Chapitre VI
Winston reprend le cours normal de sa vie, mais il a changé. Désormais il aime
Big Brother. Totalement satisfait de son existence, il n’a plus l’idée de se
révolter. Même au moment où il est fusillé, il est heureux et apaisé. Winston
meurt en fixant des yeux un portrait de Big Brother