Vous êtes sur la page 1sur 22

LEGISLATION et NORMES MIER 1 & MASTER GC1 2020/2021 Mr SECK Ibrahima, juriste

Chapitre 2) Eléments de Droit de LA FONCTION PUBLIQUE


En vue de satisfaire l’intérêt général, l’Etat emploie un ensemble de services publics dont le
personnel constitue les agents de la fonction publique. Et suivant le système adopté, les
règles applicables à ce personnel sont des règles générales applicables à tous ou bien des
règles spécifiques.
Il y a deux systèmes de fonction publique : le système de l’emploi (dans les pays anglo-
saxons et USA) et le système de la carrière (au Sénégal et en France). Alors que dans le
système de l’emploi le fonctionnaire est soumis au droit commun du travail, comme tout
travailleur suivant les règles du code du travail, dans le système de la carrière l’Etat et son
agent sont liés par des règles particulières préétablies appelées statuts.

I°) Le système de l’emploi


La fonction publique est considérée comme tous les autres métiers, il n’y a pas de Droit de la
fonction publique. Un contrat de travail régi par le code du travail précise les droits et les
devoirs de chaque partie. Les éventuels litiges sont soumis aux juridictions qui règlent les
conflits entre travailleur et employeur, telles que le tribunal du travail. Il s’agit d’un véritable
contrat de gré à gré, et chacune des parties peut mettre fin au contrat quand elle le veut, pas
de sujétion particulière qui pèse sur le dos du fonctionnaire.
Au Sénégal ce système s’applique aux agents non-fonctionnaires de l’Etat qui relèvent du
code du travail. Mais il y a beaucoup d’aménagements substantiels pour déroger à certaines
règles du droit commun du travail.

II°) Le système de la carrière


L’agent de la fonction publique peut être considéré comme étant au service de la
collectivité. L’administration dont il est membre a une mission de service public et ses
agents doivent avoir un état d’esprit et des obligations qui dépassent celles des autres
citoyens. L’agent bénéficie, après formation d’une garantie de la stabilité de l’emploi. On dit
qu’il va faire carrière durant sa vie professionnelle, d’où le vocable système de la carrière. Le
fonctionnaire n’est pas lié à l’Etat par un contrat mais par un statut, un ensemble de lois et
de règlements qui s’appliquent à son activité, le Droit administratif. Il y a un statut général
de la fonction publique, source principale du Droit de la fonction publique, et des statuts
particuliers et des statuts spéciaux.

III°) Le statut général de la fonction publique  : loi 61-33 du 15 juin


1961
Ses règles s’appliquent à l’ensemble des fonctionnaires à l’exception des
magistrats, des forces de l’ordre, de l’Administration pénitentiaire, des
personnels communaux, de l’inspection générale de l’Etat, et de l’Université.
LEGISLATION et NORMES MIER 1 & MASTER GC1 2020/2021 Mr SECK Ibrahima, juriste

Ce statut général, parce qu’il s’agit d’une loi, détermine les principes
fondamentaux et les règles les plus importantes applicables à l’ensemble des
fonctionnaires, surtout leurs obligations.

Il fixe : - Les conditions générales d’accès à la fonction publique


- Les principes de la notation et de l’avancement
Il précise : - Les sanctions applicables aux fonctionnaires
- La procédure disciplinaire
- Les modalités de cessation définitive des fonctions
Mais il s’agit, là de règles générales devant être adaptées par des décrets à chaque catégorie
de fonctionnaires, de corps ou de cadres. Ces décrets constituent les statuts particuliers.

A) Le Corps : c’est « l’ensemble des emplois qui sont réservés par les
textes en réglementant l’accès à des agents qui sont soumis aux mêmes
conditions d’accès et qui ont vocation aux mêmes grades ». Exemples
corps des instituteurs, corps des …

Selon leur niveau, les corps sont classés en cinq hiérarchies qui déterminent les
échelles indiciaires

1. Hiérarchie A (niveau licence, Bac+3 et plus)


2. Hiérarchie B (niveau Bac ou équivalent)
3. Hiérarchie C '(niveau BFEM ou équivalent)
4. Hiérarchie D (CEPE ou équivalent)
5. Hiérarchie E (sans exigence de diplôme). Il n’existe actuellement
aucun corps dans cette hiérarchie. Cf. tableau

B) Le Cadre : c’est l’ensemble des corps chargés d’un même service


administratif ou d’une même discipline administrative. Exemple : cadre
de la santé, de l’enseignement, des impôts, de l’administration générale,
etc. Les cadres se subdivisent en corps.

La carrière d’un fonctionnaire se déroule normalement à l’intérieur d’un corps.


S’il veut changer de corps ou de cadre il faut une nouvelle nomination après
une nouvelle procédure de recrutement.
LEGISLATION et NORMES MIER 1 & MASTER GC1 2020/2021 Mr SECK Ibrahima, juriste

Grille des Hiérarchies indiciaires de la Fonction publique au Sénégal

Grades/classes /échelons Hiérarchies /valeurs indiciaires


A A1 A2 A3 B1 B2
spécial
Classe Principal classe 4064 3837 3600 3317 3124 2921
exceptionnelle exceptionnelle
Première classe Principal 1ère classe
2ème échelon 2ème échelon 3828 3600 3451 3104 2921 2736
1er échelon 1er échelon 3566 3338 3317 2899 2712 2528
Deuxième classe Principal 2ème classe
2ème échelon 2ème échelon 3319 3124 3040 2674 2491 2358
1er échelon 1er échelon 3157 2921 2801 2491 2356 2215
Troisième classe Première classe
2ème échelon 2ème échelon 2947 2712 2667 2352 2200 2047
1er échelon 1er échelon 2725 2491 2406 2143 2010 1881
Quatrième classe Deuxième classe
2ème échelon 2ème échelon 2452 2296 2097 1928 1825 1728

1er échelon 1er échelon 2215 2020 1715 1715 1568 1484
Stagiaire Stagiaire 2215 2020 1715 1715 1568 1484

Grades/classes/échelon Hiérarchie B Hiérarchie C Hiérarchie D Hiérar


Niveaux 3- 4 Niveaux 1-2-3 Niveaux1-2-3 chie E
B3 B4 C1 C2 C3 D1 D2 D3 E

Principal classe 2467 2092 1816 1566 1331 1204 1142 1092 825
exceptionnelle
Principal 3ème échelon 2358 2047 1768 1548 1274 1162 1115 1049 795
2ème échelon 2278 1939 1675 1497 1218 1132 1060 1035 780
1er échelon 2157 1856 1600 1426 1181 1069 1039 983 778
Première classe 2020 1774 1564 1369 1141 1047 1021 957 766
3èmeéchelon
2ème échelon 1886 1645 1514 1284 1103 1029 965 927 734
1er échelon 1753 1560 1403 1210 1047 968 933 879 691
Deuxième cl 4èmeéch 1629 1470 1298 1156 1037 938 902 849 675
3ème échelon 1550 1357 1214 1098 979 894 849 825 648
2ème échelon 1441 1223 1138 1041 940 849 825 784 618
1er échelon 1298 1140 1053 983 894 825 784 776 586
Stagiaire 1298 1140 1053 983 894 825 784 776 586
LEGISLATION et NORMES MIER 1 & MASTER GC1 2020/2021 Mr SECK Ibrahima, juriste

IV°) Les statuts particuliers et les statuts spéciaux:

Il s’agit de décrets appelés statuts particuliers qui complètent pour chaque


cadre les règles du statut général, en fixant les modalités d’application.
Exemple : statut particulier du cadre des fonctionnaires de l’enseignement
(décret 77-987 du14 novembre1977).
Sous réserve de la spécificité et des nécessités propres de chaque corps, ces
statuts particuliers doivent être conformes au statut général. Certaines
dérogations peuvent exister sur autorisation expresse du législateur. Par
exemple les enseignants jouissent de trois mois de congé (vacances) alors que
les fonctionnaires ont droit à trente jours de congé par an.
Aux autres fonctionnaires non soumis au statut général, s’appliquent d’autres
lois appelées statuts spéciaux. C’est le cas avec les magistrats, les policiers, les
militaires.

V°) Le fonctionnaire :

Est fonctionnaire «  la personne nommée dans un emploi permanent et


titularisée dans un grade de la hiérarchie des corps de l’administration du
Sénégal.  » c’est ce que dit en substance l’article 1 er de la loi 61-33 pour définir
le champ d’application du statut général des fonctionnaires.

A) La nomination : il s’agit de l’acte administratif (décret ou arrêté) qui


attribue à l’agent un emploi permanent (c.-à-d. à occuper jusqu’à la
retraite). Mais pour acquérir véritablement la qualité de fonctionnaire,
l’agent doit en plus être titularisé.
B) La titularisation : c’est l’acte administratif qui confère à l’agent un
grade dans la hiérarchie des corps. Pour être titularisé, il faut en général
subir d’abord un stage. Un stagiaire n’a pas encore pleinement la qualité
de fonctionnaire, il doit faire ses preuves. Mais il, ne fait pas partie des
agents non-fonctionnaires car il a vocation à être titularisé.
Il faut noter que la situation du fonctionnaire est entièrement et
unilatéralement définie par des lois et règlements qui se modifient souvent au
gré du pouvoir en place sans que le fonctionnaire puisse invoquer un droit
acquis au maintien de son statut. En revanche, sans qu’ils n’y soient
juridiquement tenus, les pouvoirs publics ménagent la situation des
fonctionnaires quand il y a changement de régime.
LEGISLATION et NORMES MIER 1 & MASTER GC1 2020/2021 Mr SECK Ibrahima, juriste

IVème Partie : ELEMENTS DE DROIT DES AFFAIRES


CHAPITRE 1)L’ENVIRONNEMENT JURIDIQUE ET FISCAL DE
L’ENTREPRISE

Introduction : L’environnement juridique et fiscal en constante mutation


influence fortement l’univers quotidien de l’entreprise. Un dirigeant
d’entreprise ou cadre décideur doit connaître les principes et mécanismes
régissant les rapports entre les partenaires directs et indirects du marché.
Quelques éléments de connaissance sont nécessaires à la compréhension du
cadre légal d’exercice de toute activité professionnelle.

 Le cadre législatif et réglementaire du secteur privé


1°) Les diverses formes de sociétés commerciales et du GIE prévues par l’Acte
Uniforme de l’UEMOA (OHADA) sont : (suivre les explications détaillées en
cours présentiels)
- La Société en Nom Collectif
- Société en Commandite Simple
- Société à Responsabilité Limitée (SARL)
- Société Anonyme (SA)
- Société en Participation
- Société de fait
- Groupement d’Intérêt Economique

NB : La Succursale appartenant à une personne physique ou morale étrangère,


a une durée de vie de deux ans à l’expiration de laquelle elle doit être apportée
à une Société nationale, sauf dispense ministérielle.

2°) Sénégal : La LOI D’ORIENTATION relative à la promotion et au


développement des PME (loi 49-2007) a défini les PME et PMI :

1. Définition de la PME (articles 2, 3 et 4): C’est toute entité physique ou


morale, productrice de biens et/ou de services marchands, avec les
critères distinctifs ci-dessous.
Les Petites Entreprises (PE) sont les micro entreprises et les très petites
entreprises répondant aux critères et seuils suivants :
- Effectif  compris entre un et vingt employés (1 à 20 employés)
LEGISLATION et NORMES MIER 1 & MASTER GC1 2020/2021 Mr SECK Ibrahima, juriste

- Tenue d’une Comptabilité allégée ou de trésorerie en interne ou par un


Centre de Gestion Agréé (CGA) ou toute autre structure similaire
légalement reconnue, selon le système comptable en vigueur au Sénégal
- Chiffre d’affaires annuel ne dépassant pas les limites prévues pour être
imposable à la Contribution Globale Unique (CGU) fixée par le code
Général des Impôts.
Dans ces PE, on pourra retenir les formes juridiques suivantes : SARL, SNC, la
SUARL, SCS, GIE.

Les Moyennes Entreprises (ME) sont celles qui répondent aux critères et seuils
ci-après :
- Effectif compris entre vingt et un et deux cent cinquante (21 à 250
employés)
- Tenue d’une comptabilité selon le système normal en vigueur au
Sénégal et certifiée par un membre inscrit à l’Ordre National des
Experts-Comptables et Comptables Agréés (ONECCA)
- Chiffre d’Affaires hors taxe annuel compris entre la limite supérieure à
l’article 3 et 5 milliards FCFA.

Remarques: au sens de cette loi,


a) le terme « employés » désigne les personnes employées à temps plein
durant une année ; le travail saisonnier, temporaire ou journalier
représente une fraction d’unité de travail année.
b) L’année à prendre en considération pour la détermination du chiffre
d’affaires est celle du dernier exercice clos au moment de la demande de
reconnaissance.
Les autres parties de cette loi sont ainsi titrées : (Suivre en cours présentiel
l’explication des points qui ne sont pas développés ici.)

2. Dispositions relatives au financement des PME


3. Fonds d’aménagements régionaux
4. Accès aux marchés publics
5. Rôle des collectivités locales
6. Allégement et dispositions d’ordre fiscal
7. Rôle des organisations patronales
8. Plan de formation des effectifs des PME
9. Obligations des bénéficiaires des mesures d’aide
10. Obligations légales et fiscales
LEGISLATION et NORMES MIER 1 & MASTER GC1 2020/2021 Mr SECK Ibrahima, juriste

 Les actes juridiques de l’entreprise :


1. Rédiger les statuts initiaux et les modifications en cours d’existence
2. Etablir le Règlement intérieur
3. Rédiger les PV des assemblées
4. Rédiger et contrôler les conditions générales de vente et les contrats liés
5. Vérifier les contrats d’assurance
6. Assurer la veille juridique.
 Les procédures de passation des marchés publics : cf.
Codedes marchés publics (décret 2014/1212 du 22/09/2014) ; Code des
Obligations de l’Administration (loi 2006-16 du 30 juin 2006).(Suivre en
cours présentiel l’explication de ces principes et règles.)
 Les obligations juridiques et fiscales de l’entreprise
- Maîtriser les principaux éléments de la fiscalité des entreprises
- Elaborer et /ou vérifier les déclarations fiscales et sociales
- Etablir le calendrier de toutes ces déclarations
 La couverture des risques de l’entreprise
- Maîtriser les risques aléatoires dans l’entreprise
- Analyser les contrats d’assurance
- Connaître les principaux cas de mise en responsabilité
 La gestion du risque juridique en entreprise  : Le risque juridique
c’estcomme un aléa ou l’éventualité d’un événement qui est lié au Droit, à son
éventuelle mauvaise conception, à la difficulté de son interprétation, à l’instabilité
législative et à l’insécurité judiciaire . Cf. réflexion de Maître Joachim BILE-AKA, avocat, Côte
d’Ivoire.
1) Une approche préventive de la gestion des risques
- Dans la gouvernance de l’entreprise

- Dans l’activité quotidienne de l’entreprise


2) Une approche curative de la gestion des risques juridiques
- Des méthodes de gestion

- Quelques modes de traitement : notions d’audit juridique, et de veille juridique.


D’où l’apparition éventuelle d’un nouveau métier chez les juristes : le veilleur
juridique.
 L’audit juridique : devra assumer les tâches suivantes :
LEGISLATION et NORMES MIER 1 & MASTER GC1 2020/2021 Mr SECK Ibrahima, juriste

- Vérifier les contrats et les délégations de signatures

- Définir et surveiller les différents niveaux de responsabilité

- Contrôler le respect des délais.

CHAPITRE 2)QUELQUES NORMES :

Cf.Travail de recherche à faire exposer par les étudiants


répartis en groupes lors de séances de TD sur des normes ISO
et NS choisies. Exemples de normes visées :
- Norme ISO 9001:
- Norme ISO 140001:
- Norme ISO 26000:
- Norme NS 05060:
- Norme NS 05061:
- Norme NS 02035  : Fer à béton
- Norme NF A 35-015  : Ronds Lisses Pour Béton Armé
- Norme NF A 35-019  : Fils à haute adhérence
- Norme NF A 35-002  : Treillis soudés
LEGISLATION et NORMES MIER 1 & MASTER GC1 2020/2021 Mr SECK Ibrahima, juriste

CHAPITRE 3) LA RESONSABILITE SOCIETALE DE L’ENTREPRISE :

I. Définitions et historique de la RSE :


DEFINITIONS de la RSE :

La responsabilité sociétale des entreprises (RSE) est la prise en compte par


celles-ci, sur une base volontaire, des préoccupations sociales et
environnementales dans leurs activités et dans leurs interactions avec les
autres acteurs, appelés "parties prenantes".

Il s'agit d'intégrer les préoccupations sociales et environnementales dans les


stratégies des entreprises et dans leurs activités opérationnelles.

Exemples : la qualité globale des filières d'approvisionnement et de sous-


traitance, le bien-être des salariés, leur santé, l'empreinte écologique de
l'entreprise, etc.

C’est dans ce sens que l’ISO (International Organisation for Standardisation),


organisation chargée de définir les standards internationaux qui régissent le
commerce des entreprises, s’est également penchée sur la définition de laRSE
dans un document publié par le groupe de travail sur la Norme ISO 26000 sur la
Responsabilité Sociale des Entreprises. Dans ces lignes directrices, l’ISO donne
la définition de la RSE suivante : « la responsabilité d’une organisation vis-à-
vis des impacts de ses décisions et activités sur la société et sur
l’environnement , se traduisant par un comportement éthique et transparent
qui – contribue au développement durable , y compris à la santé et au bien-
être de la société ;prend en compte les attentes des parties prenantes ;
respecte les lois en vigueur et qui est en accord avec les normes
internationales de meilleure comportement ; et qui est intégré dans
l’ensemble de l’organisation et mis en œuvre dans ses relations »

HISTORIQUE de la RSE :

La notion de responsabilité sociétale des entreprises est apparue dans les


années 1960 dans la littérature anglo-américaine consacrée aux entreprises.
Elle est la conséquence des demandes émanant d'associations écologiques et
humanitaires de mieux prendre en compte les impacts sociaux et
LEGISLATION et NORMES MIER 1 & MASTER GC1 2020/2021 Mr SECK Ibrahima, juriste

environnementaux des activités des entreprises. Elle est la déclinaison à


l'entreprise des concepts de développement durable.

Mais tout débute vraiment aux années 70 avec le Club de Rome, une
assemblée de savants, de penseurs, de dirigeants, et d’économistes en charge
du développement industriel invente la notion de développement durable.
Dans un contexte de raréfaction des ressources et de croissance
démographique fulgurante, L’enjeu devient alors de trouver des solutions de
croissance économique les plus pérennes possibles pour un développement
durable

En 1972, lors du 1er sommet de la terre de Stockholm, cette préoccupation eut


un écho favorable et un vaste plan d’action international contre la pollution
articulé sur trois priorités vit le jour. Et ce mouvement ne va plus s’interrompre

II. Les chartes de la RSE au Sénégal :


Les entreprises signataires de la charte doivent considérer que l’intégration de
la Responsabilité Sociétale d’Entreprise (RSE) dans la conduite de leurs activités
contribue à l’amélioration des conditions économiques, environnementales et
sociales du Sénégal et par voie de conséquence à la création d’emplois, à une
compétitivité des entreprises et au développement durable.

Ainsi les chartes ci-dessous ont été dégagées :

1. Promouvoir et partager les valeurs de l’entreprise et les principes


RSE, tant en interne que dans les relations avec les principales
parties prenantes aux activités ;
2. Mettre en œuvre les pratiques visant à atténuer, le cas échéant,
l’impact négatif des activités de l’entreprise sur l’environnement;
3. Adopter une bonne gouvernance dans nos processus d’achat et
les relations contractuelles avec les partenaires de service ; étudier
la possibilité de donner la préférence à des fournisseurs locaux de
produits et services, amener lesdits partenaires en affaires à
adhérer à la présente charte et à s’en approprier les principes ;
4. Privilégier le recrutement de la main d’œuvre locale et participer à
la montée en compétence des collaborateurs ;
LEGISLATION et NORMES MIER 1 & MASTER GC1 2020/2021 Mr SECK Ibrahima, juriste

5. Améliorer les conditions de travail et assurer aux collaborateurs


des conditions d’hygiène, de santé et de sécurité au moins
conformes aux lois et règlements en vigueur en la matière au
Sénégal ;
6. Concrétiser l’engagement sociétal de l’entreprise par son
implication dans des projets de développement durable ;
7. Soumettre dans le cadre du principe de « rendre compte en toute
transparence » au comité de suivi du respect des engagements de
la présente charte un rapport annuel décrivant les mesures prises
et activités réalisées conformément aux principes et engagements
de ladite charte.

III. Responsabilité des entreprises à l’égard des affaires internes


notamment les salariés :
C’est le dialogue social qui est source de performance. En effet, très
concrètement, si les entreprises veulent attirer les meilleurs, il faut leur donner
envie de travailler chez elles, d’une part, et d’autre part leur donner envie de
rester lorsqu’elles ont réussi à les recruter, sinon ils quitteront l’entreprise pour
aller ailleurs, tout simplement, et notamment en période de croissance.
D’autre part, les jeunes entrants sur le marché du travail ont des attentes
beaucoup plus qualitatives, d’accomplissement personnel plus que purement
financières.

Le rôle du chef d’entreprise moderne, c’est de maintenir un équilibre


permanent sur le curseur « Actionnaires/Salariés », afin que le partage de la
valeur soit ressenti comme équitable, ce qui devrait être une préoccupation
permanente, dialogue social d’un côté, explication et communication avec
l’actionnaire de l’autre pour préserver les équilibres. C’est à ce niveau que le
leadership du manager entre en ligne de compte. Il doit s’imposer de part et
d’autre. « Aujourd’hui, on constate que c’est l’État qui vient faire l’arbitre en
légiférant sur un sujet qui devrait ressortir uniquement de cet équilibre (prime
aux salariés pour « compenser » une augmentation des dividendes de
l’actionnaire).
LEGISLATION et NORMES MIER 1 & MASTER GC1 2020/2021 Mr SECK Ibrahima, juriste

Un salarié motivé et heureux d’aller travailler, c’est assurément une meilleure


productivité, une plus grande présence contre cette maladie chronique qu’est
l’absentéisme.

RSE = engagements réciproques

La RSE pourrait donc consister en des engagements réciproques, des


concessions réciproques entre l’entreprise et les salariés, entre l’entreprise et
les partenaires sociaux où le respect des droits du salarié pourrait être
contrebalancé par un respect des devoirs vis-à-vis de l’entreprise, dont le
premier est d’être présent.

La RSE pourrait concrètement prendre la forme d’un engagement tripartite


entre l’entreprise (RSE), les salariés (RSS) et les pouvoirs publics (RSPP).

Donc la RSE ne peut se passer d'une communication interne parfois négligée ou


en retard par rapport à la communication externe ou institutionnelle. Elle est la
condition d'une mobilisation effective et concrète des acteurs internes
(dirigeants mais aussi salariés et en particulier cadres intermédiaires) sur les
démarches de RSE proclamées et médiatisées.

L’attention portée à la qualité de vie au travail influe directement sur la


motivation et l’engagement des collaborateurs, gages d’une meilleure
productivité / créativité. Plus généralement, une mobilisation sur le plan RSE
permet de fédérer les salariés autour de valeurs communes et de renforcer leur
attachement au projet d’entreprise. La RSE joue également un rôle
déterminant sur la réputation et l’attractivité de la « marque employeur » de
l’entreprise, jusqu’à devenir un argument clé en matière de recrutement, face
à des talents potentiels en quête de « sens » et de « responsabilité »,
notamment parmi les jeunes générations.

IV. La responsabilité des entreprises à l’égard des affaires


externes, notamment la société :
Une première approche pourrait considérer qu’il n’y a aucun intérêt
économique pour l’entreprise d’améliorer la société, le social, cela irait même à
l’encontre du but recherché par l’augmentation des charges non directement
productives.
LEGISLATION et NORMES MIER 1 & MASTER GC1 2020/2021 Mr SECK Ibrahima, juriste

C’est d’ailleurs l’une des réponses du sondage du magazine l’Entreprise daté de


Mai 2011 sur le sujet : « 8 dirigeants sur 10 s’avouent motivés d’abord par des
considérations commerciales lorsqu’ils mettent en place des mesures
environnementales ou sociétales. Viennent ensuite des motivations liées à
l’image de l’entreprise ou à sa performance économique.

En fait, si l’entreprise n’a pas directement intérêt à améliorer la société, il faut


bien convenir que ce n’est pas non plus celui du salarié (sauf à titre privé) En
tant que salarié, son premier objectif c’est l’amélioration de la rémunération et
des conditions de travail…

En réalité, depuis quelques années ; on s’aperçoit que les notions de


développement durable, d’écologie, d’éthique, de préservation des ressources
naturelles, de respect des droits, de bien-être au travail font leur apparition
dans le domaine de l’entreprise.

Les chefs d’entreprise ont compris que le management traditionnel est dans
leur propre intérêt et celui de ses salariés.

C’est dans cette lancée que les protagonistes du concept de la RSE partagent
l’idée que ce qui est bon pour l’entreprise est bon pour la société. Archie B.
Carroll, qui est l'un des auteurs les plus connus de ce courant, a classé la
responsabilité selon sa nature. Il a construit le modèle pyramidal de la RSE en
quatre niveaux :
1er niveau : la responsabilité économique ;

2ème niveau : la responsabilité légale ;

3ème niveau : la responsabilité éthique ;

4ème niveau : la responsabilité philanthropique ou discrétionnaire.

Le modèle de Carroll a été affiné par Wood en 1991. Chacune des formes de
responsabilité proposée par Carroll peut être déclinée selon trois niveaux
définis par Wood.
LEGISLATION et NORMES MIER 1 & MASTER GC1 2020/2021 Mr SECK Ibrahima, juriste

•Pour assumer cette responsabilité, il faut respecter législation et


conventions collectives.

•Pour s’en acquitter pleinement, il faut avoir engagé en collaboration


étroite avec les parties prenantes, un processus destiné à intégrer les
préoccupations en matière sociale, environnementale, éthique, de
droits de l’homme et de consommateurs dans les activités
commerciales et la stratégie de base.

Conclusion :

Très présente dans la vie des entreprises, et faisant l’objet de


nouveaux outils développés par les sciences de la gestion et du
management, la RSE est donc un concept en pleine évolution.

Loin de renvoyer à un cahier de charges figé et identique pour toutes


les entreprises, la RSE tend plutôt à inciter les entreprises à
s’intéresser davantage aux impacts de leurs activés et à développer
des standards communs.
LEGISLATION et NORMES MIER 1 & MASTER GC1 2020/2021 Mr SECK Ibrahima, juriste

Elle contribue alors à faire des entreprises des acteurs sociaux à part
entière, soutenus par les parties prenantes, et dont la responsabilité
et le rôle actif sont reconnus au-delà de la seule performance
économique.

Nous retenons aussi que la RSE est un outil qui sait évoluer. Elle ne
doit pas être vue comme un concept occidental qui doit s’imposer
maintenant à tous ; mais comme un outil certes crée et existant
depuis longtemps dans le monde occidental qui peut être approprié
par les autres pays ou cultures.

La RSE a donc des définitions différentes en fonctions des influences


culturelles et des différentes sociétés dans lesquelles elle se forge.
LEGISLATION et NORMES MIER 1 & MASTER GC1 2020/2021 Mr SECK Ibrahima, juriste

CHAPITRE 4)LE CONTRAT D’AFFAIRES :


SECTION 1) : Quelques contrats d’affaires :

1) La vente commerciale
2) La location –gérance
3) Le bail commercial
4) Le contrat de société
5) Le contrat de transport
SECTION 2) : Les Conditions de validité d’un contrat d’affaires

Paragraphe 1) : Les conditions de fond


A) Le consentement
1°) L’expression de l’accord de volonté

Du point de vue technique, c’est la rencontre entre une offre de contrat et une acceptation qui
permet d’apprécier le consentement. Le consentement est assimilable à assentiment. Il peut
s’exprimer le plus souvent oralement (entretien verbal direct ou téléphonique) ; ou gestuellement
(dans les ventes aux enchères per exemple). Mais c’est l’expression écrite qui est plus sécurisante
puisqu’elle permet de trancher les questions probatoires

La question s’est posée de savoir si le comportement passif d’une personne pouvait être considéré
comme étant l’expression de son consentement. C’est-à-dire si l’adage « Qui ne dit mot consent »
peut faire fortune en matière contractuelle. Le silence vaut-il acceptation ?

Pour cette question il y a un principe de refus et des hypothèses dérogatoires :

- Le silence ne vaut pas consentement : tel est le principe de refus posé par la Cour de
Cassation française dans une décision en 1810. Cette exclusion consacre en même temps
l’interdiction des ventes forcées. Retenons aussi que le silence est une absence totale de
manifestation de volonté même rudimentaire.
- Les exceptions :
Lorsqu’il y a des relations d’affaires antérieures de même nature
Lorsque les usages commerciaux ou une clause du contrat prévoient que le silence vaut
acceptation.
Lorsque l’offre a été faite dans l’intérêt exclusif de son destinataire

2°) Le problème de la rencontre de l’offre et de l’acceptation  :

 L’offre est une proposition ferme ayant vocation à emporter la conclusion du contrat par la
seule survenance d’une acceptation. L’offre doit être ferme, précise et non équivoque de
LEGISLATION et NORMES MIER 1 & MASTER GC1 2020/2021 Mr SECK Ibrahima, juriste

sorte qu’un simple « oui », un simple acquiescement devait suffire pour aboutir à la
conclusion du contrat. Des précisions doivent cependant être faites en effet, l’offre ne doit
pas être confondue avec un appel d’offre.

L’appel d’offre qui est une invitation faite à plusieurs de présenter une offre à l’auteur de l’appel
d’offre qui reste cependant libre de refuser ou d’accepter ladite ou lesdites offres.
Il y a en outre l’invitation à entrer en pourparlers : c’est la phase des négociations qui est jusqu’à
présent différente de la phase contractuelle.
On peut se demander quelle est la durée de l’offre. Autrement dit, à partir de quand une offre peut
être retirée ou non ?
L’offre, peut-elle être retirée ? La réponse est fonction de la nature de l’offre :
- Si l’offre est assortie de délai, l’offrant doit laisser demeurer son offre jusqu’à terme, du
moins, il peut la retirer tant qu’une acceptation n’est pas intervenue.
- En revanche si l’offre n’est pas assortie de délai, le retrait est possible à tout moment. Mais la
jurisprudence impose une obligation de maintenir l’offre dans un délai raisonnable.

Il faut enfin souligner que l’offre peut être caduquepar suite du décès de son auteur ou de son
incapacité.

 L’acceptation quant à elle, est la réponse positive donnée à l’offre. Il faut toutefois à ce
niveau éviter de faire une confusion entre acceptation et contre-proposition. Dans ce
dernier cas, la personne supposée donner son acceptation a fait une nouvelle offre.

3°) La détermination du lieu et moment de conclusion  : le contrat entre absents 

Il s’agit ici de l’absent au sens large, celui du langage courant, c’est-à-dire la personne qui n’est pas
présente. Rappelons que dans le sens strict du droit positif, l’absent est la personne réputée
décédée, c’est-à-dire qui, suite à un doute persistant sur son existence, est déclarée décédée.

Il est plutôt ici de déterminer le lieu et le moment de conclusion de contrat entre personnes
simplement géographiquement séparées. De la détermination du lieu dépendra en principe la
juridiction compétente ; de la détermination du moment dépendra la capacité des parties, les délais
de prescription, et surtout la date de prise d’effet du contrat.

En France le problème du contrat entre absents a soulevé une vive controverse doctrinale ayant
abouti à plusieurs théories ou systèmes de détermination. Au Sénégal, contrairement qu’en France, il
y a une solution légale dans l’article 82 du COCC 

a) Le système de la déclaration :
Le contrat est réputé être conclu au moment où l’acceptant, après avoir reçu l’offre fait une
déclaration d’acceptation, même si sa réponse n’est pas encore envoyée.
b) Le système de l’émission (ou de l’expédition):
Le contrat est réputé conclu à partir du moment où la réponse de l’acceptant a été envoyée,
même si elle n’est pas encore arrivée à destination. Concrètement, c’est lorsque la lettre
contenant la réponse a été simplement postée, expédiée.
c) Le système de la réception :
Le contrat est conclu au moment où la réponse de l’acceptant est arrivée chez l’offrant qui
doit être en mesure d’entrer en possession de la réponse quand bien même il n’aurait pas
LEGISLATION et NORMES MIER 1 & MASTER GC1 2020/2021 Mr SECK Ibrahima, juriste

encore pris connaissance effective du contenu de la lettre. Autrement dit, c’est lorsque la
réponse est dans sa boîte à lettre.
d) Le système de l’information :
La conclusion du contrat est subordonnée à la connaissance effective, par l’offrant, du
contenu de la réponse de l’acceptant. C’est-à-dire plus concrètement, lorsque le pollicitant
aura lu la réponse.

Il faut remarquer que le système de la déclaration et celui de l’information ont souvent été écartés
par la jurisprudence française du fait qu’ils subordonnent la conclusion du contrat à la volonté
exclusive de l’une seule des parties. Car, vaut-il le rappeler, le contrat est l’affaire en principe de
deux volontés au moins.

En revanche, les systèmes de l’émission et de la réception ont fait fortune dans la doctrine et la
jurisprudence même si on peut accorder une primeur au système de la réception.

e) La solution du COCC :

 « Entre absents, le contrat se forme comme entre personnes présentes au moment et au lieu de
conclusion du contrat. Cependant si le consentement a été donné tacitement le contrat est réputé
être conclu au moment où l’acceptation tacite est intervenue ». (Article 82)

Une telle disposition a suscité un débat doctrinal. Une partie de la doctrine sénégalaise estime que le
législateur a fait une fausse assimilation entre personnes présentes et personnes non présentes.
Cette doctrine considère que l’article embrouille plus qu’il n’éclaire. (Cf. Professeur Isaac Yankhoba
NDIAYE de l’UCAD.)

Considérant que l’article 82 semble bien adapté aux NTIC, d’autres voix ont rejeté cette première
critique, laquelle, dit-on, n’a approché la problématique du contrat entre absents que sous l’angle
des lettres postales pour discréditer le législateur. Or qu’il faut se placer au niveau de tous les
moyens de communication supposant une certaine instantanéité. Dans cette deuxième thèse on
donne souvent l’exemple du téléphone avec lequel le contrat est réputé être conclu au lieu où
l’acceptant a donné sa réponse positive. De même pour le contrat entre internautes. Et dans cet
ordre d’idées, l’on soutient que l’on pourra légitimement se demander s’il est possible ou facile
de comprendre qu’une distance sépare deux contractants. C’est comme si matériellement, disent-ils,
les deux contractants ne sont pas éloignés l’un de l’autre. D’où la conclusion que la disposition du
législateur est bien à jour à l’ère des NTIC.

4°) le problème de l’intégrité (l’étude des vices) du consentement :


La volonté de contracter doit être exprimée en toute liberté, en toute connaissance de cause, c’est-à-
dire sans influence aucune. On parle de consentement intègre. Le législateur l’exige sous peine
d’annulation pour protéger les personnes qui donneraient leur consentement après avoir été
influencées. Il y a trois vices du consentement :
a) L’erreur : est définie comme étant une mauvaise appréciation de la réalité. Elle suppose que
la victime ait mal jugé l’objet sur lequel port le contrat. Exemples : croyant avoir acheté un
bracelet en or, j’ai plutôt acquis un bracelet « plaqué » ; acheter un faux tableau de Picasso à
LEGISLATION et NORMES MIER 1 & MASTER GC1 2020/2021 Mr SECK Ibrahima, juriste

la place de l’authentique. L’erreur peut porter sur la substance, sur la valeur, sur l’identité de
la personne…
Pour pouvoir fonder l’annulation du contrat, l’erreur doit être déterminante. Qu’est-ce que
l’erreur déterminante ? Celle sans laquelle la victime n’aurait pas conclu le contrat. Mais il y a
des erreurs qui ne seront pas prises en compte : il s’agit d’erreurs qui n’entrent pas dans le
champ contractuel, c’est-à-dire qui ne sont pas dans les limites du contrat ; l’erreur
inexcusable c’est-à-dire celle qu’un minimum de vigilance aurait permis d’éviter ; l’erreur
basée sur des considérations subjectives d’ordre personnel ne serait pas prise en compte.
Notons que si l’on parle d’erreur tout simplement c’est lorsque en réalité le cocontractant
n’a absolument rien fait de nature à conduire l’autre à une appréciation erronée. S’il y a
manœuvre, on parle alors de dol, un autre vice du consentement.
b) Le dol : selon l’article 663 COCC, le dol est une tromperie orchestrée par l’une des parties à
l’encontre de l’autre pour l’amener à donner son accord. C’est donc une supercherie, une
manœuvre en vue d’amener son cocontractant à donner son accord de manière
inconsciente. Si dans l’erreur, la victime s’est trompée d’elle-même, dans le dol, on
l’a trompée. On distingue deux éléments :
- Elément objectif ou matériel : ce sont les manœuvres, les mises en scène, les artifices
qui ont été déployés pour tromper le décideur.
- Elément subjectif ou psychologique : c’est l’intention qu’on a d’induire en erreur son
cocontractant.
Dans cet ordre d’idée, le silence a d’abord été étendu au mensonge, et l’on parle de
mensonge dolosif. Par la suite la jurisprudence a retenu que le dol pouvait résulter
d’un comportement silencieux, et l’on parle de silence dolosif, ou réticence dolosive.
Mais retenons que le dol doit être déterminant, et que seul le malus dolus(mauvais
dol) est retenu ; le bonus dolus (bon dol) étant toléré par la pratique des affaires.
c) La violence : contrainte exercée sur une personne afin de la pousser à conclure un
contrat. Elle peut être physique ou morale. Alors que la violence physique est de plus
en plus rare, voire inexistante, la violence morale existe encore sous forme de
chantage.
Pour entrainer l’annulation du contrat, la violence, comme l’erreur ou le dol, doit être
déterminante.
B) La capacité :
La personnalité juridique, c’est-à-dire l’état de sujet de droits et d’obligations, implique
l’aptitude à avoir des droits et les exercer, à être soumis à des obligations et les supporter.
Cette aptitude à l’égard des droits et obligations est dénommée la capacité juridique qui
s’apprécie en deux approches : la capacité de jouissance alors que la capacité d’exercice
1°) Capacité de jouissance : C’est l’aptitude à être reconnu simplement titulaire de droits ;
en principe toutes les personnes mineures ou majeures, conscientes ou inconscientes ont la
capacité de jouissance dès lors qu’elles ont la personnalité juridique.
2°) Capacité d’exercice : C’est le pouvoir d’exercer effectivement ses droits. Cette condition
exclut les mineurs, les déments, les majeurs incapables en général c’est-à-dire les personnes
jugées inaptes juridiquement en raison de l’âge, de la santé mentale ou du casier judiciaire.
Ces personnes sont exclues du monde des affaires. Il s’agit d’une protection de
l’environnement juridique du monde contractuel : tout contrat qu’un incapable aura conclu
ne sera pas considéré comme valable.
LEGISLATION et NORMES MIER 1 & MASTER GC1 2020/2021 Mr SECK Ibrahima, juriste

Mais cette exclusion est palliée par un système de représentation (tutelle, curatelle,
sauvegarde de justice etc.). la représentation est un mécanisme
C) L’objet : 
1°) Précisions terminologiques :
La notion d’objet est susceptible de plusieurs interprétations. Au plan juridique on
distingue :
- L’objet du contrat : l’opération juridique envisagée par les parties (prêt, vente, bail,
etc.) constitue l’objet du contrat.
- L’objet de l’obligation c’est ce à quoi on est tenu (obligation de faire, de donner, ou
de ne pas faire, etc.)
- L’objet de la prestation c’est la chose sur quoi porte le contrat. Par exemple
s’agissant de la vente c’est la chose vendue qui est l’objet de la prestation, voiture,
bijou, terrain, etc.
2°) Caractères de l’objet :
- L’objet doit exister, c’est-à-dire avoir une certaine consistance de sorte qu’un prix
insignifiant ne doit pas être considéré comme constitutif de l’objet du contrat (savoir
qu’en matière contractuelle c’est le prix qui est assimilé à l’objet du contrat).
- L’objet (de l’obligation) doit être possible et être dans le commerce juridique, être
licite : c’est dire par exemple qu’on ne peut pas s’engager par contrat à ressusciter un
mort, ni vendre ou acheter une personne ou une partie de ses organes.
- Le prix, objet en matière contractuelle, doit être déterminé et déterminable. C’est-à-
dire que le prix doit être connu ou fixé au moment de la conclusion du contrat. Mais
en jurisprudence on a toujours admis que le prix soit simplement déterminable c’est-
à-dire que les conditions objectives de sa détermination future soient établies.
3°) Valeur de l’objet :
Il ne doit pas y avoir de différence criante entre l’avantage reçu et le sacrifice consenti dans
le contrat, sinon il y a préjudice que l’on appelle lésion et résultant du déséquilibre des 
prestations au moment de la formation du contrat. (Si rapport à l’autre,) on retient en
principe que la lésion n’entraine pas annulation du contrat, sauf dans des cas exceptionnels :
en matière de partage si l’un des copartageants a subi un préjudice énorme ; c’est aussi le
cas du contrat conclu avec un mineur. On parle seulement de rescision pour lésion. C’est
enfin le cas dans la vente d’immeuble si le vendeur a subi une perte de 7/12 de la valeur
réelle du prix de l’immeuble.

Paragraphe 2)  Les conditions de forme du contrat d’affaires  :

A traiter en séance présentielle


LEGISLATION et NORMES MIER 1 & MASTER GC1 2020/2021 Mr SECK Ibrahima, juriste

Texte : Le conducteur de travaux : un homme à tout faire.1


Très diverses selon les entreprises, et même d’un contrat à l’autre, les
responsabilités d’un conducteur de travaux ont cependant un point commun :
les déplacements fréquents. Contrairement au chef de chantier (l’ « homme de
confiance ») qui reste sur place tant que le projet n’a pas été mené à son
terme, le conducteur de travaux, lui, est en effet amené à se déplacer
beaucoup : afin, par exemple, de rencontrer les clients pour le compte desquels
il réalise l’ouvrage, les professionnels avec qui il négocie la fourniture de divers
matériaux et outils, et les sous-traitants auxquels sont confiées certaines
tâches particulières…. Outre le rôle de « contrôleur en chef » de toutes les
étapes de la réalisation du projet, il remplit aussi celui de gestionnaire qui
s’assure à la fois que les frais sont compatibles avec le budget qui lui a été fixé
et que les paiements s’effectuent comme prévu : d’où la nécessité d’être
autonome et organisé ! Son intervention ne s’arrête donc pas avec la fin des
travaux – d’autant qu’il peut également être chargé de préparer la
reconversion du personnel embauché par lui pour l’occasion. Une tâche qui
prend tout son sens sur des chantiers comme celui d’Eurotunnel… . A cela peut
s’ajouter dans le cas de chantier de réhabilitation de logements ou « réha »
comme l’appellent entre eux les professionnels, l’exigence de travailler en effet
vite et bien, en réduisant au minimum, la gêne occasionnée par le chantier :
coupures de courant ou d’eau, gravats, poussière, etc. car ce type de travaux
s’effectue la plupart du temps en site occupé. D’où la nécessité pour le
conducteur de travaux, de posséder d’évidentes qualités de diplomate et
également de coordonnateur puisque ce genre d’opération fait intervenir
plusieurs corps de métier (jusqu’à une cinquantaine dans certains cas), dans un
temps relativement court : trois par logement en général.
Extrait de Science et vie, n°901

1
A l’attention des étudiants en génie civil.
LEGISLATION et NORMES MIER 1 & MASTER GC1 2020/2021 Mr SECK Ibrahima, juriste

1°) A la lecture de ce texte recensez les différentes responsabilités au plan


juridique et comptable du conducteur de travaux
2°) En plus du conducteur de travaux, quels sont les autres professionnels ou
intervenants qui sont concernés par des responsabilités dans un chantier?
3°) Que suggérez-vous pour le respect des normes HSSE dans le chantier ?

Vous aimerez peut-être aussi