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“A une passante”, Les Fleurs du mal, Baudelaire.

Eléments introductifs
● Epoque: XIXème siècle : l’âge d’or de la poésie française
● Mouvement littéraire: Deuxième génération du romantisme. Baudelaire fait partie des “poètes maudits” (A. Rimbaud, Paul Verlaine,
Stéphane Mallarmé, Tristan Corbière…). Ces derniers souffrent du mal du siècle” (Sentiment d’inadéquation par rapport à son siècle. Il
est défini par Musset comme étant le fait d’être né trop tard dans un monde trop vieux.)
● Genre littéraire: Sonnet
● Auteur: Charles Baudelaire → Poète éclectique parce que son écriture est au carrefour de plusieurs mouvements littéraires
(romantisme, parnasse, symbolisme, décadentisme)
● Oeuvre: Les Fleurs du mal → Titre métaphorique, antithétique. → le recueil se compose de six sections. → Le titre est représentatif de
l’alchimie poétique.
● Extrait: Cet extrait nous raconte le coup de foudre entre le poète et une inconnue, où il y aura passage du spleen vers l’idéal, et puis le
retour du spleen.
● Pb: Comment le poète arrive-t-il à passer de l’idéal vers le spleen ?
En quoi ce poème est-il représentatif de la dialectique du spleen et de l’idéal ?

Mvt 1: Le spleen(v.1) Mvt 2: Le passage à l’idéal(v.2 → v.8) Mvt 3: Le retour au spleen(v.9 → v.14)

- Le vers s’ouvre sur un vacarme, d’où - Il y a une énumération d’adjectifs - Le mot “éclair” n’est pas choisi au
l’emploi de l’adjectif épithète postposé qualificatifs cataphoriques et qui hasard, mais il insinue que le
“assourdissante”, et aussi l'allitération renvoient à la passante qui n’est pas passage de la femme était
en “r”. encore citée tellement rapide qu’il est assimilé
à un élément très rapide.
- Le chiasme sonore renvoie à l’idée de - “grand deuil, douleur majesteuse”, ces D’ailleurs cet élément rappelle le
l’opposition et renforce aussi l’idée du termes renvoient à une couleur noir, et coup de foudre.
spleen puisque syntaxiquement le aussi l’oxymore “Douleur /
pronom tonique est entouré “autour” Majestueuse” v.2 renvoie à l’idée - Il y a présence au v.9 d’une
de la métonymie “la rue d’une femme fatale. On peut donc faire aposiopèse qui renvoie à la
assourdissante” et la personnification référence au pétrarquisme. déception du poète par rapport à
“hurlait”. cette situation, car après nous
- L’usage du passé simple “passa” avons “la nuit” et qui renvoie à
- L’usage de la 3ème personne du montre que le passage de la femme l’obscurité et le vide. Et cette idée
singulier “La rue” montre l’exclusion du ne durera pas longtemps, une action est renforcée par l’apostrophe qui
poète par rapport à la société qui est brève et rapide dans le temps. est suivie par une métonymie.
“Fugitive beauté”
- L’adjectif “fastueuse” montre que la
passante appartient à une classe - L’emploi de l’adverbe
sociale élevée, et dans un autre sens soudainement montre non
nous pouvons l’assimiler à un modèle seulement que le passage était
féminin. rapide mais aussi les
conséquences sur le poète
- Le v.4 est considéré comme un vers étaient immédiates, il y a aussi
parfait, symétrique, il se nomme un l’idée de la renaissance donc le
alexandrin tétramètre, c’est-à -dire mythe de l’Androgyne.
avec un rythme de 3 syllabes.
- Le poète exprime, par
- Les rimes dans cette strophe sont l'interrogation négative "Ne te
embrassées, les rimes masculines verrai-je plus que dans l'éternité
entourent les rimes féminines ce qui ?" L'espoir de retrouver cette
renvoie à l'étreinte amoureuse et au femme dans la vie après la vie,
désir du poète de connaître cette mais par là, il laisse apparaître
femme. l'impossibilité de la rencontrer à
nouveau dans l'ici-bàs.
- Au v.5, l’emploi de l'antithèse “agile” /
“statue”, qui s’ajoute à l’oxymore - Le désespoir du poète est
“jambe de statue”, renvoie à la l’idéal progressif ( v.12) il est d'abord
féminin, la statue qui fait le lien avec la géographique, ensuite temporel.
beauté divine. Donc dans ce vers le
poète déifie la passante.

- Le pronom tonique au v.6 “moi” + le


verbe “buvais” conjugué à l’imparfait,
permet de créer un contraste entre la
passante et le poète, c'est-à-dire qu'il
la met sur un piédestal. Il y a aussi le
côté du poème dionysiaque.

- L’auteur se concentre sur l'œil de la


passante, miroir de son âme. Elle
apparaît alors comme dangereuse,
d'où la métaphore "ciel livide où germe
l'ouragan".

- Le parallélisme de construction au v.8


avec l’antithèse “fascine” et “tue”,
renvoie à l’idée de la femme fatale, la
femme déesse mais en même temps
une femme dangereuse. Ainsi que le
verbe “fascine” montre le coup de
foudre.

- Cette fois-ci, les rimes sont


essentiellement masculines, ce qui
renvoie à la solitude du poète et à la
disparition de la femme.

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