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Chapitre VI :

Systèmes photovoltaïques

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COMPOSANTES D’UN SYSTÈME PHOTOVOLTAÏQUE

Le système photovoltaïque :
1. Générateur photovoltaïque ,
2. Equipements de consommation (charge),
3. Autres éléments afin d’assurer le couplage entre une production
électrique discontinue (le cycle solaire et les fluctuations de la
météo) et les besoins en énergie de l’utilisateur,
o Batteries au plomb pour le stockage,
o Régulateurs,
o Convertisseurs,
o Onduleurs.

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Les accessoires électriques et mécaniques (supports mécaniques, câblage,
régulateurs…) pèsent de leur coté, fortement sur le coût des systèmes. C’est ainsi que
dans un système photovoltaïque complet de petite puissance, le coût des modules ne
représente souvent qu’entre le tiers et la moitié du coût total du système PV.

Il existe différents types de systèmes PV incorporant tout ou partie des différents


composants :
• Système autonome avec stockage électrochimique et distribution du courant en
continu,
• Système avec stockage électrochimique et distribution du courant en alternatif

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•Système sans stockage électrochimique fonctionnant au fil du soleil et distribution du
courant en continu ou en alternatif,

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•Systèmes hybrides : Aérogénérateur-PV, PV secouru par diesel, diesel
secouru par PV, PV avec charge secourue par réseau,

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•PV connecté au réseau, PV compact, modulaire transportable, PV à concentration ou
à suivi du soleil.

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Le plus important d’un module PV est sa puissance crête (Wc) ou puissance (STC) qui
représente la puissance mesurée dans les conditions STC.
Le Wc (ou Wp: watt peak en anglais) est une unité conventionnelle utilisée dans le
commerce international des modules PV. Les prix de module PV sont ainsi en $/Wc, ou
Dh/Wc .
Le rendement STC ou rendement absolu d’un module PV est donné par la relation:
Pstc
stc  avec   1000 W / m².

Les valeurs de ηSTC dépendent de la nature des matériaux utilisés :

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Valeurs typiques des rendements des modules PV
La température ambiante joue un rôle important sur les performances d’un panneau PV.
la puissance passe de 10 W à 25 °C à seulement 8,4 W à 60°C.
Les fabricants affichent les caractéristiques de leurs produits avec une certaine tolérance de
fabrication (norme internationale CEI 61215).

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Dans le commerce, une fiche est fournie avec le module où tous les renseignements sont
consignés. La figure suivante montre une fiche typique fournie par un grand constructeur
européen:

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Fiche technique typique contenant les performances d’un module PV.
Le point de fonctionnement (I, V) d’un module est obtenu par l’intersection des
caractéristiques I(V) du panneau PV et celle de la charge. Ce point dépend évidement de
• L’ensoleillement
• La température

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Il est essentiel d’adapter la charge aux conditions d’utilisation pour une exploitation efficiente
(bon rendement) de l’énergie solaire produite.

Comme décrit précédemment plusieurs couplages sont possibles :

•Couplage à travers un convertisseur :

i) Le courant continue produit par le panneau PV alimente une charge à courant continu à
travers un convertisseur à courant continu. Le rôle de convertisseur est d’améliorer le
transfert de la puissance entre le générateur PV et la charge par adaptation d’impédance ou
par poursuite de points de puissance maximum MPPT (Maximum Power Point Tracking ). La
puissance maximum fournie par le panneau PV est modulée par le rendement de
conversion du convertisseur à courant continu.
ii) Pour les utilisations en courant alternatif, on fait appel à un convertisseur CC/AC
(onduleur). Ce dernier devra fournir une fréquence variable pour que le moteur (cas du
pompage par exemple) tourne proportionnellement à l’ensoleillement reçu. Si ce n’est pas
le cas, le moteur risque de fonctionner en OUI ou NON. La puissance maximum fournie par
le générateur est limitée par le rendement de conversion de l’onduleur

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Stockage de l’énergie PV

La production d’énergie photovoltaïque n’implique pas sa consommation immédiate.


Dans la plupart des situations le couplage direct panneau-charge n’est pas possible.
L’énergie produite durant les périodes d’ensoleillement (périodes diurnes), pourra être
utilisée ultérieurement grâce au stockage.
Excepté le cas du pompage de l’eau où il sera utilisé un réservoir pour stocker l’eau
(pompée pendant les périodes d’ensoleillement), le stockage se fera dans des batteries
(accumulateurs). Les critères de choix d’une batterie photovoltaïque seront :
Type d’application : grand public ou professionnel,
Caractéristiques électriques : autodécharge, rendement, maintenance, prix, cyclage
(charge/décharge),
Conditions d’utilisations : climat, type de cyclage, contraintes mécaniques…

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les accumulateurs.
Un accumulateur électrique est un dispositif destiné à stocker l'énergie électrique et à la
restituer ultérieurement.
On s’intéresse ici uniquement aux accumulateurs électrochimiques, fonctionnant grâce aux
réactions électrochimiques de leurs électrodes, qui assurent la conversion de l'énergie chimique
en énergie électrique.
Le principe d’un accumulateur électrochimique est décrit sur la figure suivante :

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Principe d’un accumulateur électrochimique.
-les batteries acide-plomb et les batteries alcalines Ni-Cd. Ces dernières sont plus chères
mais plus résistantes.
- Une caractéristique importante qui distingue les batteries est la profondeur de
décharge :
• Les batteries à faible profondeur de décharge peuvent être déchargées de 10 à 20% de
leur capacité en Ah. Une décharge de 50 à 80% réduit considérablement la durée de vie
de la batterie,
• Les batteries à profondeur de décharge importante atteignent une décharge de 50 à 80%
de leur capacité mais elles sont plus chères.

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Les caractéristiques d’une batterie :

Capacité nominale : C’est la quantité maximal d'énergie que contient une batterie
(sous température idéale de 25°). Elle s’exprime en Ampère heure (Ah).
Etat de charge : C’est le pourcentage de la quantité d'énergie disponible dans la
batterie à un instant t.
Profondeur de décharge (PDD) : C’est le pourcentage d’énergie maximum que l'on
peut retirer d’une batterie. Elle ne doit pas être déchargée au-delà de cette valeur, afin
de prolonger sa durée de vie.
Température : La variation de température influence le rendement de la batterie. Celle-
ci a un fonctionnement idéal à température ambiante de 25°C ; Il faut donc prévoir si
possible une régulation thermique pour maintenir sa durée de vie.

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Tension nominale : C’est la tension type de la batterie. Elle correspond aussi à la
tension de fonctionnement du système autonome. Ex : Tension 12V, 24V, 48V...
Taux de décharge : C’est le temps nécessaire pour décharger entièrement la
batterie. Supposons une batterie de capacité de 100Ah et de courant de décharge de
5 A : Le taux de décharge sera 100Ah / 5A soit 20 heures ; Il est noté C/20.
Taux de recharge : C’est la quantité de courant qu’il faut pour recharger une batterie
en un temps donné (temps du taux de décharge). Supposons une batterie de 100Ah
et de taux de décharge C/20 : Le taux de recharge sera 100Ah / 20h soit 5 A.
Cycle et durée de vie : C’est le nombre de séquences de charge/décharge, que peut
subir une batterie à sa profondeur de décharge. Il détermine les performances de la
batterie et sa durée de vie.
Nombres de jours d’autonomie : C’est la durée pendant laquelle la batterie peut
alimenter toute seule l’installation en courant, sans être rechargée ni endommagée.

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Avantages et inconvénients de quelques batteries utilisables
Type Pb/Sb Ni-Cd Pb-Ca Pb faible entretien Tractions

Auto-décharge 20% 20% 5% 3% 30%


Rendement 80% 65% 92% 92% 60%
(Ah sortie/Ah entrée)

Durée de vie 10 cycles à 2500 cycles 500 cycles à 60% 1000 cycles à 60% 2000 cycles
Nombre de cycles 60% de à 60% ou 1000 cycles à ou 2500 cycles à à 60%
profondeur 15% 15%
de décharge

Type d’utilisation Grand Applications Applications Tout système Aucune


publique (à particulières sans entretien classique
cause du à nombreux (bouées)
prix) peu cycles
utilisé profonds

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La plupart des systèmes photovoltaïques comportent des batteries spéciales (batteries
stationnaires à alliages de Plomb). Ces batteries sont conçues pour restituer un courant stable
pendant de longues périodes en conservant leurs aptitudes à la recharge, et ceci à un grand
nombre de reprises (cycles), on parle de batteries stationnaires ou à décharge profonde.

Il existe sur le marché différents types de batteries stationnaires en 2, 6 ou 12 Volts nominal,


qu’on distingue principalement par le nombre de cycles que celles-ci peuvent fournir à une
profondeur de décharge admissible déterminée, par la géométrie des plaques positives (planes
ou tubulaires) et enfin par la forme de l’électrolyte (liquide, gel).

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Dans le cas des systèmes photovoltaïques, on opte généralement pour des
batteries à profondeur de décharge de l’ordre de 60 à 80% pendant au moins 400
cycles. On choisit les batteries à électrolyte liquide si la maintenance du système
est aisée, tandis que les batteries à électrolyte gélifié sont adaptées aux situations
où le confort de l’utilisateur est souhaité et aux systèmes à maintenance réduite.
Signalons enfin qu’on peut associer les batteries de manière à obtenir la tension
d’utilisation et/ou la capacité désirées.

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Association parallèle et série de batteries de type 12V 100 Ah.

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Régulation :
Les fonctions du régulateur de charge des batteries sont :
•Limitation de la charge de la batterie, évitant la surcharge et donc réduisant la consommation
de l’électrolyte,
•Protection par coupure de l’utilisation contre les décharges profondes préjudiciables à la durée
de vie de la batterie,
•Charge rapide de la batterie pour mise en service après une période déficitaire,
•Alarme indiquant une éventuelle défaillance du régulateur ou une décharge importante des
accumulateurs,
•Possibilité de visualisation de mesure de l’intensité fournie par chaque panneau solaire, de
l’énergie produite et consommée, de la tension des batteries, de l’ensoleillement…

Un bon régulateur doit pouvoir effectuer une charge maximum de la batterie avec une
consommation minimum de l’électrolyte, être fiable, avoir une faible consommation électrique,
permettre une mise en service et une maintenance du système aisée et résister à la corrosion.
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Les principales caractéristiques d’un régulateur sont :
Tension nominale : Elle doit pouvoir supporter la tension en circuit ouvert du module PV soit
environ deux fois sa propre tension nominale.
Courant d’entrée : C’est le courant de charge maximum provenant des modules et que le
régulateur peut contrôler sous une tension donnée. Choisir 1.5 fois le courant de court-circuit
des modules PV pour un régulateur shunt et 1.5 fois le courant nominal des modules PV pour un
régulateur série.
Courant de sortie : C’est le courant maximum que tirent les appareils branchés simultanément.
Courant de pointe : c'est le courant transitoire de certains appareils (Ex : Les réfrigérateurs) que
doit supporter le régulateur. Généralement il est égal à 3 fois le courant transitoire.
Protection : Les conducteurs arrivant au régulateur doivent être protégés contre les surcharges,
l’inversion de polarité et l'augmentation de température.

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Quelques caractéristiques de régulateurs.

Type de régulateur Avantages Inconvénients


Composants
Coût, consommation électromécaniques,
Série électromécanique électrique, fiabilité, chute finesse de régulation, coût
de tension négligeable pour haute tension
continue
Composants de puissance, Chute de tension,
Composants classiques fiabilité, coût, finesse de consommation électrique
Série statique régulation
Faible chute de tension, Sensibilité aux surtension,
Composant CMOS faible consommation, coût importants
finesse de régulation
finesse de régulation, Encombrement pour forte
Shunt dissipation fiabilité, pas de chute de puissance, dissipation
tension
Faible dissipation, pas de Régulation nécessitant de
Shunt court circuit chute de tension bonnes protection des
modules, fiabilité.

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Vue d’un régulateur solaire. 25
•Conversion DC-AC et DC-DC
Le courant délivré par les modules PV est de type continu. Dans le cas où l’utilisation nécessite
un courant alternatif, il y a lieu de prévoir un convertisseur DC/AC.
Les paramètres principaux caractérisant les onduleurs sont le rendement, les pertes à vide et les
prix. Il existe trois principaux types d’onduleurs :
a.Type pseudo-sinusoïdal ferro-résonant : simple et robuste et doté d’un rendement
supérieur à 80% et des pertes à vide faibles (<2%). Il produit un courant à sinusoïde
imparfaite (carrée), il convient aux utilisations ne nécessitant pas un courant de sinusoïde
parfaite (éclairage, moteurs,…).
b.Type pseudo-sinusoïdal ferro-résonant filtré : plus complexe que le précédent et doté
d’un rendement supérieur à 70% et les pertes à vides inférieures à 10%. Il produit un
courant à sinusoïde parfaite et est adaptée à toutes les utilisations notamment en
électronique.
c.Type à découpage ou hacheur : il utilise des composant électronique de puissance et
produit des courants à sinusoïde presque parfaite avec un rendement élevé et des pertes
faibles. Il est adapté aux utilisations de grandes puissances.
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Vue d’un convertisseur DC / AC, 3000 W

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Schéma de principe de l'onduleur

Entrée
= sortie
(DC)
~
Convertisseur(DC)-alternateur(AC)
(AC)

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Les paramètres principaux caractérisant les onduleurs sont le rendement, les pertes à
vide et les prix.
Les caractéristiques des onduleurs sont :
Puissance nominale : C'est la puissance que peut délivrer l'onduleur en fonctionnement
permanent. Techniquement la puissance nominale de l'onduleur doit couvrir la somme
des puissances de toutes les charges électriques que l'on souhaite utiliser en même
temps.
La puissance des onduleurs étant variable, il faut se fier à la puissance que l'onduleur
peut délivrer en continu sur une longue période : Par exemple 20% de la puissance
nominale pendant 30 min ou une heure.
Le problème c'est qu'en général sur le matériel informatique, la consommation est
exprimée en Watts Pour convertir rapidement des Watts en V.A. On peut utiliser cette
formule approximative : Nombre VA = Nombre de Watts /0.66.

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Puissance de pointe : Certains appareils comme les réfrigérateurs ou les moteurs tirent un
courant très important lors de leur démarrage (3 à 10 fois leur puissance nominale),
produisant ainsi une puissance très élevée, appelée puissance de pointe ou surcharge.
L’onduleur doit pouvoir supporter cette surcharge pendant un bref instant.
Rendement : C'est le critère principal dans le choix d'un onduleur, car on souhaite maintenir
élevé l'efficacité du système. Le rendement à pleine charge n'est pas un facteur pertinent de
choix ; c'est le rendement à charge partielle qui est important, car la puissance requise par la
charge est toujours inférieure à la puissance nominale de l'onduleur. Ainsi un onduleur
efficace est celui qui aura un rendement élevé (> 90%) sur une grande plage de puissances
possibles.
Consommation à vide ou en attente : Dans un système où l'onduleur est branché en
permanence sur toutes les charges, il arrive que la quasi-totalité de la charge ne soit pas en
fonction (par exemple la nuit). L'onduleur fonctionne donc à vide et consomme de la
puissance inutilement. Il est intéressant qu'il soit doté d'un dispositif de détection de seuil de
puissance pour arrêt et réenclenchement automatique ou détection de charge, afin que la
consommation dans ce mode soit la plus faible possible.
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Tension d’entrée : Dans le cas d'un système autonome, la tension d'entrée correspond à la
tension du système mis en place.
On peut aussi pour choisir cette tension utiliser la méthode suivante, en fonction de la demande
en électricité ca (D):
Si D < 2 kW alors Ue = 12 VCC
Si D compris entre 2 et 5 kW alors Ue = 24 ou 48 VCC
Si D > 5 kW alors Ue = 48 VCC et plus
Dans le cas d'un système connecté au réseau, la tension CC d'entrée doit être plus élevée (Par
exemple 120 VCC et plus), en respectant la mise en série des modules PV.
Tension de sortie : Elle doit correspondre à la tension d'alimentation CA des appareils, et être
réglée pour rester stable avec des écarts inférieurs à 5% quel que soit la tension à l'entrée et
quel que soit la charge électrique.

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Câblages

Pour les câblages dans les panneaux, les modules peuvent être branchés en série et/ou en
parallèles.
Le câblage en série seront effectués de module en module à l’intérieur de la boite de connexion
permettant ainsi une mise en série très propre des modules.
La mise en parallèle des modules sera effectuée à l’intérieur de la boite de jonction prévue.
A l’intérieur de cette boite pourront aussi prendre place une diode anti-retour et des blocs de
protection anti-foudre.
Pour les câblages modules-régulateurs, le problème principal concerne les chutes de tension. En
effet, les panneaux de modules sont dans la plupart des cas des systèmes utilisés pour charger
une batterie et ont un nombre de cellules optimisé pour la charge de cette batterie. A partir de ce
moment, il y a lieu d’éviter des chutes de tension prohibitives afin de conserver la bonne
adéquation entre tension des panneaux et tension des batteries.

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Les différentes chutes de tension à prendre en considération pour la détermination
des sections de câbles en fonction de la longueur de la liaison entre panneaux et
batteries sont :
• Chute de la tension dans la diode anti-retour <0.5V,
• Chute de tension dans les connexions <0.4 V
• Chute de tension dans le câble de liaison.
Dans la pratique, cette dernière chute sera limitée à 0.3 V pour un système 12 V, 0.9
V pour un système 24 V et 1.8 V pour un système 48 V. Ces valeurs permettront alors
le choix de la section du câble en fonction de la longueur de la liaison.
Pour les câblages des modules entre eux, il ne faut pas oublier les diodes de
protection parallèles contre les points chauds (hot spot). En pratique, on utilise, au
moins, une diode parallèle pour une série de 18 cellules maximum. Une protection
pour un nombre supérieur entraînera un échauffement local de la cellule et du module
pouvant entraîner une dégradation. Il faut finalement utiliser des diodes anti-retour
pour éviter la décharge de la batterie dans les modules durant la nuit.
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