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El Watan

LE QUOTIDIEN INDÉPENDANT - Dimanche 20 mars 2011

■ DÉCÈS DE HAMID SKIF Un poète pleinement algérien LIRE EN PAGE 21

DÉCÈS DE HAMID SKIF

Un poète pleinement algérien

LIRE EN PAGE 21

N° 6204 - Vingt et unième année - Prix : Algérie : 10 DA. France : 1 . USA : 2,15 $. ISSN : 1111-0333 - http://www.elwatan.com

POUR EMPÊCHER LE MASSACRE DES CIVILS

FrappesFrappes dede l’ONUl’ONU contrecontre lala LibyeLibye

La France, avec ses avions de chasse, ouvre les hostilités contre un véhicule des forces pro-El Gueddafi Le secrétaire américain à la Défense retarde son voyage à Moscou, alors que la Russie exprime son regret à la suite de ces

frappes.

Lire l’article de Amnay Idir en page 11

DES ACTIONS DE PROTESTATION SONT PRÉVUES

L’INFORMEL MENACE 150 000

COMMERÇANTS À ALGER

D es sit-in et des marches sont pré- vus par les commerçants d’Alger

affiliés à l’UGCAA pour protester contre l’envahissement de l’informel,

notamment après le retrait des mesu- res décidées par les pouvoirs publics pour lutter contre ce fléau. Lire l’article de FatimaArab en page 9

LES DESSOUS DE L’AFFAIRE DGSN-ABM

Antri Bouzar Mohamed, un bouc émissaire ?

Le PDG d’ABM s’est vu refuser la liberté provisoire, en dépit des faits qui plaident pleinement en sa

faveur.

Lire l’article de Ali Titouche en page 8

LES DÉBATS D’EL WATAN

LESDROITSDESFEMMESOCCULTÉS

LIRE LES ARTICLES DE ZINE CHERFAOUI ET NABILA AMIR EN PAGES 6 ET 7

ARTICLES DE ZINE CHERFAOUI ET NABILA AMIR EN PAGES 6 ET 7 IMPRESSIONNANT DISPOSITIF DE SÉCURITÉ

IMPRESSIONNANT DISPOSITIF DE SÉCURITÉ

LALA MARCHEMARCHE DESDES JEUNESJEUNES EMPÊCHÉEEMPÊCHÉE

La révolution facebook aura-t-elle lieu ?

LIRE EN PAGES 2, 3 ET ÉGALEMENT LE DOSSIER EN PAGES 4 ET 5

EMPÊCHÉE ● La révolution facebook aura-t-elle lieu ? LIRE EN PAGES 2, 3 ET ÉGALEMENT LE

El Watan - Dimanche 20 mars 2011 - 2

L’ACTUALITÉ

MOUVEMENT DES JEUNES POUR LE CHANGEMENT À BORDJ BOU ARRÉRIDJ

«Le système ne nous fera jamais reculer»

Le 27 février dernier, le jeune Lachehab Abderrazak, âgé de 25 ans, originaire de Medjana, a décidé de se donner la mort en s’immolant par le feu.

Bordj Bou Arréridj De notre envoyé spécial

U n vent glacial souffle sur la

ville de Bordj Bou Arréridj,

soulevant des nuages de

poussière. Loin des rues cahoteuses des quartiers populaires, les artères

larges et spacieuses du centre-ville mènent toutes vers le siège de la wilaya. Les Bordjiens ne passent pas près du bâtiment à l’architec- ture imposante, sans se rappeler le drame du 27 février dernier, où le jeune Lachehab Abderrazak, âgé de 25 ans, originaire de Medjana,

a décidé de se donner la mort en

s’immolant par le feu, un mois

jour pour jour après celui survenu

à

Arréridj. Abdelhafid Boudechicha,

Medjana, à 12 km de Bordj Bou

26 ans, brûlait vif en criant : «Kra- ht, Kraht» (J’en ai marre, J’en ai marre !), sous les yeux d’une foule choquée et bouleversée. En l’espace de deux mois, la ville de Bordj Bou Arréridj, pourtant connue pour être une cité paisible,

a

fait l’actualité. Un peu partout,

on ne parle que de ces actes d’im- molation par le feu commis par des jeunes à bout de désespoir. Dans une ville qui a connu quatre autres tentatives de suicide par

immolation, le marasme des jeu- nes a atteint son pic. «La wilaya semble payer les frais du boom économique qu’elle a connu durant

mouvement citoyen, des étudiants et des lycées autour des idéaux de justice sociale et politique», a annoncé Azzedine Boutabba. Pour

les deux dernières décennies avec l’émergence d’un pôle en industrie électronique, mais il s’avère que les choses ne vont pas durer avec

ce dernier, le marasme qui perdure à Bordj Bou Arréridj n’est qu’une facette de ce qui se passe à l’échelle nationale où le pouvoir ne cesse de

la

saturation du marché», a déclaré

recourir aux calmants pour apaiser

un observateur averti. Avec cette crise, la contestation

les esprits survoltés. «Des mesures à l’instar des dispositifs d’emploi

populaire, qui remonte à plusieurs années, n’a fait que s’amplifier. «C’est honteux pour le pouvoir

de jeunes qu’on ne cesse d’injecter aux gens pour les tuer à petites doses. A ce rythme, le pouvoir

de

vouloir ramener les problèmes

nous mènera tout droit vers la dé-

des jeunes à un sachet de sucre et

bandade, et on craint fort que ne

un

bidon d’huile, l’Etat doit avoir

survienne quelque chose de plus

une vision lointaine des choses»,

que ce qui se passe en Libye et au

affirme Azzedine Boutabba, res-

Yémen, à ce moment-là, il sera trop

ponsable régional du RCD à Bordj Bou Arréridj, en rappelant les vio- lentes émeutes de janvier dernier. «Le soulèvement que nous sommes

tard de vouloir rattraper les cho- ses», dira-t-il. Le mouvement des jeunes pour le changement semble déjà avoir tracé sa voie.

en

train de vivre n’est que l’abou-

«Nous avons opté pour les solu-

tissement d’une situation devenue intolérable pour des citoyens qui veulent vivre dignement», dira-t-il. C’est dans ces circonstances qu’est

tions pacifiques et nous continuons à exprimer notre opinion quoi qu’il arrive, en dépit de toutes les inti- midations et autres pratiques d’un

né à Bordj Bou Arréridj le mouve- ment des jeunes pour le change-

autre âge, car nous avons choisi de militer pour un avenir meilleur

ment, au lendemain de la marche du 22 janvier dernier. «L’initiative lancée par 23 membres fondateurs

pour l’Algérie des futures géné- rations, et le système ne nous fera jamais reculer», a conclu Azzedine

a

regroupé de jeunes militants du

Boutabba. S.Arslan

AZZEDINE BOUTABBA. Responsable du RCD

«Il est temps pour le pouvoir de partir»

Militant convaincu jusqu’à la moelle, responsable du RCD à Bordj Bou Arréridj et membre fondateur du mouvement des jeunes pour le changement, Azzedine Boutabba réitère les revendications pour lesquelles des démocrates continuent de se battre pour un meilleur avenir pour l’Algérie et les futures générations.

Propos recueillis par S. Arslan

 

eu toujours cette volonté d’exprimer leur colère. Cependant l’Etat use de tous les moyens pour se- mer la discorde en inci- tant à la haine et au régio- nalisme, et en suivant la fameuse devise «diviser pour régner». Ce pou- voir qui continue de tirer des archives les mêmes

Quelles sont les prin- cipales revendications de votre mouvement ?

Nous avons toujours ré- clamé la levée de l’état d’urgence, mais pas d’une manière factice, car nous remarquons que les vrais

partis d’opposition n’ac-

slogans doit comprendre qu’il est temps pour lui de partir, car il a perdu

tivent pas en toute liberté. Actuellement, on ne donne

 

la

parole qu’aux partis qui donnent la légi-

toute légitimité. La question n’est guère partisane, mais elle concerne tous les Al-

gériens, car il va de leur avenir et de celui de leurs enfants.

timité au pouvoir, dont ceux de l’alliance présidentielle, qui n’ont rien apporté au pays. Avec ces pratiques politiques, il n’y

a

plus de confiance entre le peuple et le

Quelles sont les mesures que vous préconisez pour sortir de cette crise ? Nous demandons avant tout une ré- vision totale de la Constitution, avec

pouvoir. Nous réclamons, par ailleurs, la

libération des détenus des évènements de

janvier, l’ouverture des champs politique

et

médiatique, le changement radical de

l’ouverture d’un débat général sur tous les articles. Si on veut bâtir un véritable Etat démo- cratique, il faut faire adopter cette Consti- tution article par article. Nous avons tant souffert durant dix ans de terrorisme, puis dix autres années de bureaucratie et de corruption, nous ne voulons pas vivre encore une autre forme de terrorisme de

toutes les composantes du système, ainsi que la dissolution du Sénat et de l’APN, deux institutions issues d’élections illéga- les et truffées de fraude massive. Comment expliquez-vous ce manque d’adhésion des gens lors des marches à Alger ?

 

C’est ce que le pouvoir veut faire

croire aux citoyens, car ces derniers ont

la dictature.

S.A.

MARCHE DE LA CNCD À BÉJAÏA

«Libérez radio Soummam !»

D es centaines de personnes ont répondu hier à l’appel de la Coordination nationale pour

le changement et la démocratie (CNCD), aile

des partis politiques, pour battre le pavé dans

la ville de Béjaïa. La marche s’est ébranlée de

l’esplanade de la maison de la culture pour se terminer devant le siège de radio Soummam où

un dispositif policier a été mis en place. Tout

au long de la manifestation, les marcheurs ont

brandi l’emblème national et des dizaines de pancartes et de banderoles écrites en arabe, en français, en tamazight et en anglais. «Ni harga,

ni immolation, l’Algérie est aux jeunes» est-il

écrit sur une pancarte. «On veut un changement

du système et non un changement dans le sys-

tème», revendique-t-on sur une autre. Sur une

autre, «Sûr we can» est repris pour paraphraser

le fameux «Yes we can» d’Obama, le président

américain, à côté d’un «Boutef dégage» ou

encore d’un «Djazaïr houra démocratiya» (Al-

gérie, libre et démocratique).

A plusieurs points de la marche, les manifes-

tants ont crié à pleine gorge «Chaâb yourid

isqat ennidham» (le peuple veut la chute du

régime), «Tounès, Masser, Libya, Djazaïer rahi djaya», (Tunisie, Egypte, Libye, c’est le tour de

l’Algérie)… Arrivés à hauteur du siège de la mouhafadha du FLN, des jeunes ont laissé quel-

ques graffitis sur le mur de la bâtisse demandant

«FLN Berra» et ont accroché une pancarte à l’inscription de «Pouvoir dégage». Ce qui a provoqué une brève sortie de la responsable de

la mouhafadha, M me Fourar en l’occurrence,

qui s’en est plainte avant de regagner aussitôt l’intérieur du siège. Quelques mètres plus loin, la foule est devant le siège de la radio locale dont

l’entrée est fortement gardée par des policiers. Les slogans sont repris de plus belle et la foule demande «Libérez la radio». «La CNCD, sec- tion Béjaïa, tient à dénoncer la manipulation de ces médias à la solde du pouvoir qui font honte à l’éthique de la profession et à l’héritage de Djaout, Mekbel et Ouartilane» est-il écrit dans une déclaration lue, devant le siège de la radio locale, par un représentant du RCD. Un instant plus tôt, un exemplaire du journal arabophone Echourouk et un autre d’Ennahar ont été brûlés par des marcheurs. K. Medjdoub

Ennahar ont été brûlés par des marcheurs. K. Medjdoub El Watan - Dimanche 20 mars 2011

El Watan - Dimanche 20 mars 2011 - 3

L’ACTUALITÉ

IMPRESSIONNANT DISPOSITIF DE SÉCURITÉ À ALGER

La marche de la jeunesse empêchée

Les policiers occupaient les trottoirs et bloquaient toutes les issues.

L a marche de la jeunesse vers la Présidence n’a pas eu lieu. Les policiers

étaient présents en grand nom- bre pour empêcher toute tenta- tive de rassemblement. La Grande-Poste, point de dé- part prévu pour la marche du 19 mars, a été encerclée dès la matinée d’hier. A 9h déjà, les jeunes affluant par petits groupes vers les marches de la Grande-Poste étaient systéma- tiquement dispersés. Au même moment, un groupe d’une vingtaine de jeunes tentait de se diriger vers la rue Larbi Ben M’hidi, en scandant : «Barakat el hagra, massira selmya (stop à l’injustice, marche pacifique)». Les policiers les ont neutrali- sés. Les curieux sont chassés, les jeunes méchamment invités à quitter les lieux, les têtes reconnues pour être les initia- teurs du mouvement sont vite pourchassées. Au bout d’une heure d’agitation, un calme précaire revient. Les jeunes dispersés d’un côté et les po- liciers occupant les trottoirs et bloquant toutes les issues de l’autre. «Pour nous, cette présence disproportionnée des forces en bleu est déjà une vic-

PHOTO : H. LYÈS
PHOTO : H. LYÈS

Les jeunes ont été vite contenus par les froces de sécurité qui affluaient de partout

toire, même si elle paraît plus ridicule qu’autre chose, elle met à nu tout ce qu’on com- bat», explique Hassan, un des initiateurs de la marche. A 11h, la police redouble d’in- timidations. Au moment où les dizaines de jeunes dispersés tentent de déjouer les stratégies de dispersion, un jeune homme brandit une pancarte qui cap- tive tous les regards : «Ré- gime infréquentable». Il barre

la route et crie de toutes ses forces : «Y’en a marre, laissez- moi m’exprimer, il faut que ce régime dégage. Dégagez tous.» Une trentaine de policiers se ruent sur lui et le malmènent. Il leur résiste et entame sa marche vers le grand carrefour de Ta- fourah. Quelques manifestants rejoignent le mouvement qui se déplace de quelques mètres, donnant l’impression qu’une marche de la police s’entamait.

Un jeune ironise : «Ils nous empêchent de marcher pour pouvoir le faire eux-mêmes.» A midi, le découragement ga- gne la place, les policiers refu- sent de lâcher du lest. Yasmine, 27 ans, qui a rejoint spontané- ment le mouvement de ces jeu- nes contestataires sur facebook précise : «Il ne faut pas croire pour autant que ces jeunes ont dit leur dernier mot.» Fella Bouredji

LES ANIMATEURS DE LA CNCD ENCERCLÉS PAR LA POLICE

L a Coordination nationale pour le chan- gement et la démocratie (tendance par-

tis politiques) a été empêchée de marcher une nouvelle fois àAlger.Ayant voulu mar- quer, à leur manière, la date historique du 19 Mars (date de cessez-le-feu en 1962), les manifestants qui se sont présentés, hier, à la place du 1 er Mai, d’où devait s’ébranler la marche de la CNCD en direction de la place des Martyrs, se sont heurtés, comme d’habitude, à un important dispositif poli- cier déployé dès les premières heures de la matinée. En effet, environ 50 personnes, à leur tête l’infatigable Ali Yahia Abdennour (90 ans), se sont rassemblées au niveau de la placette mitoyenne de l’hôpital Musta- pha Pacha. Ils ont vite été encerclés par les

policiers présents en force sur les lieux. Du coup, la marche a été transformée en mini rassemblement auquel ont participé la ma- jorité des membres de la CNCD, à l’excep- tion du président du RCD, Saïd Sadi. Mais ce rassemblement n’a duré qu’une vingtai- ne de minutes, avant que les policiers n’in- terviennent pour disperser les manifestants en les bousculant violemment. Suite à cette charge des agents de l’ordre, trois militants du RCD ont été blessés et transférés à l’hôpital Mustapha pour des soins d’ur- gence. Malgré l’avortement de sa sixième tentative de marche à Alger, la CNCD se dit déterminée à poursuivre son combat pour le changement. «La Coordination est toujours déterminée à marcher chaque

samedi jusqu’à la satisfaction de sa re- vendication principale, un changement de système politique en Algérie», affirme Ali Yahia Abdennour. Pour le député du RCD, Tahar Besbes, «la CNCD est consciente de la difficulté de sa tâche». «Mais nous sommes mobilisés pour le changement en Algérie. Le vent de la démocratie souffle sur l’Afrique du Nord et le Moyen-Orient et l’Algérie ne peut pas faire exception», souligne-t-il. De son côté, Yacine Teguia, responsable du MDS, dénonce le double discours du pouvoir qui, «tout en levant l’état d’urgence, a mis en place d’autres mécanismes pour empêcher l’expression démocratique dans le pays». Madjid Makedhi

TIZI OUZOU

«Rendez-nous l’Algérie»

Des milliers de personnes ont participé, hier, à la marche pacifique à laquelle a appelé la Coordination nationale pour le changement et la démocratie (CNCD), aile partis politiques, au niveau du chef-lieu de wilaya de Tizi Ouzou pour revendiquer «le changement du régime politique algérien». La marche a eu lieu dans le calme, sans incident, et aucun dispositif de sécurité n’a été déployé pour l’empêcher. Les manifestants se sont rassemblés au niveau du carrefour du 20 Avril, avant de défiler vers le siège de l’ancienne mairie de Tizi Ouzou, en scandant les mots d’ordre : «A vous le pétrole, à nous l’histoire», «L’Algérie est riche, le peuple est pauvre», «Rendez-nous l’Algérie», «Système dégage, le peuple s’engage». Sur les banderoles et pancartes, on pouvait lire ces slogans : «Pour une Algérie démocratique et sociale», «Pour un Etat de droit et de justice», «Halte à l’antikabylisme». Pour Mohand Ikherbane, sénateur du RCD, «Il faudrait rappeler que nous sommes en pleine période de vacances scolaires et universitaires, mais cela n’a pas empêché une mobilisation rarement égalée». «Nous demandons le départ du système et ses collaborateurs. Nous leur disons : partez dans le calme ou

dans le chaos !» dira par ailleurs Hadj Arab Lila, député du RCD. L’équipe de l’ENTV, venue couvrir la marche, a été chassée par

des manifestants.

Djemaâ Timzouert

BOUIRA

Aucun incident

Près de 1000 personnes, venues des quatre coins de la wilaya de Bouira, ont répondu hier à l’appel d’une marche pacifique, organisée par la Coordination nationale pour le changement et la démocratie (CNCD), tendance RCD. «Pour le changement et la démocratie», «Liberté. Justice. Dignité», pouvait-on lire sur les quelques banderoles brandies par les manifestants. Ils scandaient les traditionnels slogans hostiles au régime, tels «Bouteflika, Ouyahia houkouma irhabia, gouvernement terroriste, y en a marre de ce pouvoir, le peuple veut la chute

du régime…». La marche s’est déroulée dans le calme et sans aucun incident, sous le regard des policiers, surtout en civil, qui étaient sur place avant même l’entame de la manifestation. Notons qu’une équipe de l’ENTV, conduite par l’attaché de presse du wali de Bouira, a été empêchée par les manifestants de filmer la marche. Le cameraman a été même poursuivi par des jeunes jusqu’à l’intérieur du siège de la wilaya. «ENTV

dégage !», scandaient-ils.

Amar Fedjkhi

BOUMERDÈS

Déploiement policier

La marche pacifique à laquelle a appelé, hier, la CNCD de Boumerdès a été interdite par les forces antiémeutes qui ont érigé, dès le début de la matinée, un mur infranchissable sur le pont de la ville de Beni Amrane, empêchant ainsi la procession vers le siège de l’APC. Des dizaines de personnes parmi lesquelles se trouvent des élus et des membres du conseil national du RCD et des représentants d’association ont répondu à l’appel. Mais les policiers dépêchés en grand nombre n’ont laissé aucune chance aux initiateurs de cette

action, pourtant pacifique, d’avancer. Les services de l’ordre se sont montrés intraitables et ont repoussé les manifestants qui tentaient de forcer l’escadron de sécurité dressé à quelques mètres du pont de la RN5. La tension est montée à maintes reprises. Les policiers ont même usé de leurs matraques et ont blessé légèrement au visage un membre du conseil national du RCD, en l’occurrence Ahmed Belkacemi. Un

caméraman ayant filmé la scène a vu son appareil subtilisé par

un policier en civil .

H. Dahmani

Ahmed Belkacemi. Un caméraman ayant filmé la scène a vu son appareil subtilisé par un policier

El Watan - Dimanche 20 mars 2011 - 4

DOSSIER

LES RÉSEAUX SOCIAUX COMME ARME DE MOBILISATION MASSIVE

La révolution facebook aura-t-elle lieu ?

Les appels aux marches, grèves et rassemblements se multiplient sur les réseaux sociaux Avec ses 1,2 million d’inscrits, facebook est le réseau social le plus utilisé en Algérie La Toile algérienne est devenue un véritable sénat de la Rome antique.

groupe, une page, un profil et

révolution est en marche…

La fronde citoyenne prend de

nouvelles formes en Algérie. Et si les débuts étaient quelque peu timides, les réseaux sociaux se sont transfor- més, depuis quelques semaines, en véritables réseaux de contestation et

de mobilisation. Très inspirés par les

«cyber-révolutions», les internautes locaux se prennent au jeu –virtuelle- ment du moins. Résultat ? Les langues

se délient, les critiques les plus acerbes

fusent, les plus frileux se découvrent des fibres de farouches opposants et les actions de contestation s’organi- sent. Le premier lieu de rencontre de

la cyber-dissidence algérienne est bien

évidemment «the» réseau par excel- lence, facebook.

Il a récemment été établi que, contrai-

rement aux utilisateurs occidentaux qui publient en grande majorité des statuts personnels, les facebookis- tes maghrébins utilisent leurs murs pour faire… de la politique. La Toile algérienne est de ce fait devenue un véritable sénat où chacun y va de son opinion, de sa critique, de son coup de gueule ou de sa louange. Mais, plus important encore, l’on débat. L’on

partage. L’on est pour la liberté d’ex- pression et on le prouve.

Il n’est d’ailleurs pas rare de croiser

des altercations numérisées entre pro

et anti-pouvoir, entre pro et anti-parti

politique, entre pro et anti-marche ou entre simples observateurs. Et s’il y

a encore quelques mois, l’internaute

lambda se contentait de relayer di-

U n

la

l’internaute lambda se contentait de relayer di- U n la verses informations politiques et de clamer

verses informations politiques et de clamer haut et fort son indignation, aujourd’hui, la résistance s’y organise. Pour preuves le comité pour la libéra- tion de Mohamed Gharbi ou encore les

quelques sit-in organisés via facebook

par des collectifs de jeunes.

L’on peut donc aisément imaginer que,

actualité oblige, la révolution est au bout de tous les doigts. Mille et une

pétitions circulent, demandant, par

exemple, le gel des avoirs algériens en Suisse. Les groupes et autres pages

exigeant «un changement du système» ou scandant un très tunisien «système dégage !» pullulent. Les appels à ras- semblement et à manifestation vont bon train. Les invitations à prendre

part à de tels rendez-vous sont lancées

et relancées à des milliers d’utilisa-

teurs.

Quelques jours avant la marche du 12 février dernier, facebook n’en avait

que pour ça. «Même après, d’ailleurs.

Les fils d’actualité étaient inondés des photos, des vidéos, des commentaires,

des liens, concernant le déroulement de la manifestation avortée», raconte Sofiane, 23 ans, qui a répondu pré- sent à «l’événement» via sa boîte blanche et bleue. Et c’est d’ailleurs simple : la plupart des manifestants, les plus jeunes s’entend, ont eu vent des rassemblements prévus par le biais des appels lancés sur facebook. Ils sont les principaux animateurs de la vague de contestation qui agite la Toile algérienne. Ils ont la vingtaine, de l’ambition et de la créativité plein le

clavier. On les décrit superficiels, apo- litiques, inconscients, désintéressés de la chose publique… pourtant, les jeu- nes Algériens montrent un tout autre visage dès lors qu’ils sont derrière un clavier. S’ils n’activent pas forcément dans la vraie vie, ils ne ménagent pas leurs efforts sur la Toile pour tenter de mobiliser, discuter et entreprendre.

L’AUTRE VISAGE DES JEUNES

Les pages regroupant des mouve- ments de jeunes aspirant et activant pour un changement se comptent par dizaines. «Les commentaires et autres publications reflètent parfaitement l’opinion des internautes. Ils s’ex- priment librement, confortablement installés devant leur ordinateur, sans aucune peur de censure ou de re- présailles. Donc, à mon sens, ce qui est dit et écrit reflète sincèrement la réalité citoyenne, sans tabou et sans complexe. Les jeunes sont de plus en plus conscients des réalités qui les entourent. Ils aspirent réellement à un changement», affirme l’administra- teur de la page de journalisme citoyen Envoyés spéciaux algériens (ESA). Et si les créateurs d’ESA sont soulagés de constater qu’ils regroupent «heu- reusement» toutes les catégories so- ciales, la part belle est faite aux jeunes. La majorité écrasante des adhérents – 75% des membres d’ESA – ont entre 18 et 34 ans, selon les statistiques de fréquentation de la page.

● ● ●

les statistiques de fréquentation de la page. ● ● ● El Watan - Dimanche 20 mars

El Watan - Dimanche 20 mars 2011 - 5

DOSSIER

ENVOYÉS SPÉCIAUX ALGÉRIENS OU LE JOURNALISME CITOYEN DZ

«Envoyés spéciaux algériens». Assurément, le buzz de la Toile algérienne, l’avènement du journalisme citoyen en Algérie. Alors, késako ? Une page facebook qui compte plus de 30 000 internautes qui en suivent le fil d’actualité. Si au lancement de la page, il était surtout question pour les adhérents, peu nombreux, de parler des problèmes rencontrés dans leur rue, les échanges se sont fait plus intenses lors des émeutes de janvier dernier. Et depuis, la page est devenue incontournable tant pour le citoyen lambda que pour la presse nationale ou internationale. «Nous avons même été cités plusieurs fois dans diverses publications», s’enorgueillit Younes Sabeur Chérif, 22 ans, étudiant en sciences politiques et en relations internationales. Il est le créateur et l’administrateur principal du groupe. Et la force de Envoyés spéciaux algériens, c’est la large couverture que lui assure son réseau de milliers de «citoyens-reporters» à travers tout le territoire national. Ce qui fait un tantinet défaut à la presse traditionnelle. De même pour la

réactivité et la rapidité de transmission de l’information. Chaque jour, ce sont des dizaines de liens, d’informations concernant telle ou telle localité, de vidéos ou de photos amateurs qui sont publiés sur le mur facebook du groupe. La gestion de cette page demande du temps et beaucoup d’énergie. Ils sont quatre, tous étudiants, âgés de 22 et 23 ans, à s’y coller régulièrement. Et les jeunes administrateurs mettent un point d’honneur à toujours vérifier les informations relayées. «Quand l’un des membres nous fait part d’un événement, nous en confirmons la véracité avant publication. Nous essayons toujours de recouper l’information, de sorte à avoir plus de trois sources concomitantes», assure Younes. «D’autant plus que la prudence est de mise», ajoute le jeune homme. Les jeunes administrateurs avouent avoir parfois quelques craintes. Mais le jeu en vaut la chandelle. Car les jeunes sont convaincus qu’informer librement les citoyens et leur donner voix au chapitre, tout

aussi librement, est primordial.

G. L.

YOUNÈS SABEUR CHERIF. Fondateur du groupe Envoyés spéciaux algériens

«Une alternative au verrouillage»

Propos recueillis par Ghania Lassal

L’on a pu constater, au fil de la naissance du mouve- ment de contestation actuel, que le ton du groupe s’est af- firmé, reprenant à son comp- te des idées de l’opposition et autres mouvements citoyens. Est-ce une prise de position ? Non, loin de là. La page n’a pas pour but de prendre position. Les administrateurs ne font que répercuter les pro- pos tenus et envoyés par les fans eux-mêmes. Mais il est toutefois vrai que nous avons constaté que la tendance de pensée générale des adhérents s’oppose au régime, la majorité ne soutient pas les politiques du pouvoir. En tant que modéra- teur, je suis dans l’obligation de respecter cela, et en tant que mo- dérateur je dois respecter cela et le transmettre via les publica- tions officielles de la page. Les 30 000 adhérents se sont abon- nés à la page parce qu’ils sont tous convaincus, sans excep- tion, par la justesse de notre initiative : l’échange d’infor- mation. Je ne peux donc pas me permettre de manipuler les

mation. Je ne peux donc pas me permettre de manipuler les gens ou encore les inciter

gens ou encore les inciter à faire quoi que ce soit ou à prendre position. Pourquoi facebook ? A la base, l’intérêt des réseaux sociaux est qu’un en- semble d’identités sociales, soient reliées entre elles par des liens créés lors des interactions sociales. De ce fait, il est plus que naturel et logique que les gens se servent de facebook ou de Twitter afin de se rassembler autour d’une cause. Et ce, sur- tout dans les pays où les médias sont contrôlés par l’Etat. Les réseaux sociaux sont un refuge afin de propager des réalités

et des idées qu’on ne peut voir circuler nulle part ailleurs. Certains critiquent ce «militantisme» made in face- book. Ils disent que ce n’est que virtuel mais que dans la réalité, les internautes ne participent pas à toutes les manifestations prévues. Vrai ou faux ? Je pense que ceux qui minimisent le rôle des réseaux sociaux dans le changement ne se rendent pas compte que grâce à facebook, le règne des deux plus grands dictateurs arabes a chuté ! Personne ne fait exception et cela peut arriver à n’importe qui n’importe quand. Les réseaux sociaux sont une alternative aux médias classiques face au verrouillage médiatique et politique en cours depuis des décennies dans les pays sous-développés et totali- taires, y compris en Algérie. Je suis convaincu que cette chape de plomb dans notre pays ainsi que l’absence de vrais canaux d’informa- tion audiovisuelle ont poussé les gens à chercher d’autres moyens d’expression et des alternatives à cette scène mori- bonde et quasi-inefficace. G. L.

● ● ●

Les 25% restants des facebookeurs qui la visitent régulièrement ont, tout de même, entre 34 et 55 ans. Alors, si l’on s’en tient à ces chiffres, les jeunes internautes algériens sont des opposants et des révolutionnaires dans l’âme. Ou tout du moins à leur clavier…

«C’EST DU VENT !» Alors, la révolution se fera-t-elle sur Internet ? Pas forcément. Car sur le terrain, les plus virulents ne suivent pas systématique- ment. «La contestation sur facebook, la plu- part du temps, c’est du vent», juge, implacable, Hamza. «Si 3000 personnes assurent qu’elles participeront à un événement organisé via facebook, vous pouvez être sûr que seulement une poignée y prendront effectivement part. C’est d’ailleurs ce qui s’est passé lors des deux précédentes marches», argue-t-il. Yacine Zaïd partage d’ailleurs cet avis : «Il faut le dire. Tout cela ne sert à rien si on ne descend pas sur le terrain. Si l’on lance un appel à évènement, un sit-in par exemple, et que l’on reste derrière son écran, ça ne changera rien à rien.» «Je passe parfois plus de 14 heures connecté,

et mes activités virtuelles m’ont beaucoup aidé. Mais seul le terrain est le vrai traduc- teur du message adressé au pouvoir ou aux responsables, ou encore aux citoyens que nous voulons mobiliser», ajoute Yacine. D’autant plus que, contrairement aux pays voisins, le taux de pénétration d’internet en Algérie reste encore trop marginal ; il n’est que de 13,6%. Le pays fait ainsi figure de petit joueur avec ses 4,7 millions d’utilisateurs pour une population de près de 35 millions d’habitants. Quant aux inscrits sur facebook, ils ne sont estimés qu’à près de 1,2 million. A titre de comparaison, ils sont près de 4 millions en Egypte. Toutefois, même balbutiantes, les nouvelles technologies, qui ont pu en déloger des coria- ces, font peur au pouvoir. «Depuis quelque temps, les autorités font face à ce mouvement avec tout un arsenal matériel et des ingénieurs spécialisés», affirme Yacine. Ou encore, plus pernicieux, les «trolls». Ce sont des profils, des personnes ou autres, qui s’incrustent dans les conversations et forums et qui «polluent». Ils créent ainsi la diversion en se faisant passer pour de «vrais» citoyens, semant la zizanie ou insultant un tel ou un tel. Des baltaguias high-

Ghania Lassal

tech…

Hamza, un groupe et de la suite dans les idées…

A lgérie pacifique, Ras-

semblement de jeunes

Algériens, Front populai-

re de la jeunesse… Ces grou- pes, bien plus qu’une simple page facebook, se veulent de véritables communautés qui, du virtuel, veulent déborder dans la «vraie vie». Hamza, 23 ans, est l’un des initiateurs du Front populaire de la jeunesse. Engagé, ce jeune étudiant en marketing l’est bien. Il avait 17 ans quand il a commencé à s’initier au militantisme et aux révolutions qui ont changé la face du monde. Depuis, il est de toutes les «causes nobles» et est même gratifié du glorieux surnom de «Che». «Mes vraies activités contestataires sur fa- cebook ont commencé à la mi- 2010. J’ai créé un groupe : Ap- pel aux sans-voix algériens», se souvient-il. Mais les esprits n’étant pas encore à la révolu- tion, l’adhésion a fait défaut. Puis l’emballement. Mais pour lui, les réseaux sociaux ne sont qu’un moyen comme un autre de communiquer. «Facebook n’est représentatif que d’une partie infime des citoyens. Le travail de mobilisation doit être fait en profondeur. C’est une lutte au quotidien et de longue haleine, qui a duré des années chez nos voisins tunisiens ou égyptiens», lance Hamza. Et pour ce faire, il a un plan. Un vrai programme qui, en partant d’un groupe facebook, tissera ses réseaux sur le terrain. «Le Front populaire de la jeunesse

sur le terrain. «Le Front populaire de la jeunesse est un groupe qui se veut fédé-

est un groupe qui se veut fédé- rateur de tous les jeunes qui veulent faire bouger les choses, mais qui ne croient plus au sys- tème et aux rouages éculés de la politique», expose le «Che». «L’organisation est simple», entame-t-il. «Une réunion sera tenue dans les jours à venir, à l’issue de laquelle les adhé- rents, qui auront fait connais- sance pour de vrai, voteront pour quelques représentants du Front», poursuit-il, enthou- siaste. Ces «porte-parole» du mouvement devront à leur tour choisir des représentants dans leur entourage, camarades, co- pains ou autres, dans la «vraie vie» évidemment. «Ces der- niers devront alors expliquer aux jeunes de leur quartiers respectifs les démarches et les objectifs du Front», enchaîne Hamza. Puis, après avoir repris son souffle, il ajoute : «Le but étant de regrouper le maximum de personnes afin de pouvoir

peser non pas sur le gouver- nement, mais sur les autorités locales. Puis, petit à petit, rue par rue, recensement par re- censement, nous connaîtrons la réelle situation dans laquelle se trouve la jeunesse algérienne.»

«Et de là, nous pourrons for- muler de vraies revendications, lutter contre les lois ou l’injus- tice», conclut-il. Un parti politique donc ? Dans un rire, le jeune homme s’en défend : «Nous allons deman- der le statut d’association et créer, à partir de ce groupe facebook, un mouvement de jeunes qui sera des plus repré- sentatifs. Ou alors, comme un parti mais illégal et démocrati- que !», s’amuse-t-il. D’un coup plus sérieux, Hamza explique:

«J’ai grandi dans et avec la rue. Et c’est de la rue que le changement doit être opéré.» Car selon lui, autrement, les risques de manipulation et de récupération sont inévitables. «D’ailleurs, contrairement à ce que l’on pourrait penser, nous sommes conscients des tentati- ves d’infiltration ou encore de la division régionaliste qu’en- tretient à dessein le pouvoir», objecte le jeune marketeur. Mais les jeunes générations, assure Hamza, grandissent en intégrant comme composante de leur personnalité leur mul-

ticulturalisme, la tolérance et le respect. «Que l’on nous donne le temps et la latitude d’être prêts et nous le ferons…», pro-

met-il.

G. L.

…Yacine Zaïd, de toutes les luttes

L a nouvelle génération n’est pas la seule à être passionnée

par les nouvelles technologies. Car facebook et consorts ne sont pas forcément synonymes de futiles. Certains ont même fait de l’outil informatique une arme. «C’est tout aussi effi- cace que les moyens classiques, tracts et autres. Cela donne une meilleure visibilité aux ac- tions», explique le syndicaliste Yacine Zaïd. Son parcours et ses déboires sont, d’ailleurs, l’illustration même d’internet mis à la disposition de la défense des causes justes. L’on se rappelle ainsi comment le trentenaire, agent de sécurité au sein de la mul- tinationale Compass, a fait connaître sa cause grâce à la Toile. «J’étais l’objet d’un véritable harcèlement judiciaire par des multinationales et engagé dans de nombreuses actions devant les tribunaux. J’ai frappé à toutes les portes, en vain. J’ai donc commencé à créer des blogs, à envoyer des e-mails à des ONG et autres syndicats et fé- dérations dans le monde entier. De même,YouTu- be a joué un très grand rôle pour moi», raconte-t- il. Puis, vint l’avènement de facebook, le réseau

social le plus populaire et le plus utilisé par les Algériens. «Avec facebook, les choses ont été encore plus faciles. J’ai pris contact avec de nombreux journalistes et autres personnalités publiques. Ma liste d’amis s’est donc élargie et les messages ont atteint de plus en plus de monde», se remémoreYacine. Sa démarche a porté ses fruits. Ses procès à répétition ont connu une large couverture médiatique, lui valant une notoriété dans le monde des travailleurs et des laissés-pour- compte. «J’ai commencé à créer des groupes

compte. «J’ai commencé à créer des groupes et des pages, et ainsi réussir à alerter un

et des pages, et ainsi réussir à alerter un nombre de plus en plus important de citoyens sur telle ou telle situation», ajoute- t-il. Comme ce fut le cas l’année dernière, lorsqu’une campagne de solidarité fut organisée afin de venir en aide à El Hadja Ra- hma, une veille femme vivant dans la misère la plus complète. Ou encore les fréquentes alertes lancées via internet quant à telle ou telle grève de la faim initiée par de jeunes chômeurs ou une employée licenciée abu- sivement. Alors, bien plus qu’un moyen de mobilisation, c’est aussi et surtout un vecteur indéniable permettant de faire circuler les informations et sensibiliser l’opinion publi- que et les citoyens. Et l’on en a conscience en haut lieu. «D’où les attaques contre ma personne, qu’elles soient physiques ou informatiques. Tout ce qui dérange ce pouvoir illégitime est ciblé», affirme Yacine. Mais le combat continue et ne doit pas cesser de continuer. Le leitmotiv de Yacine ? «Le seul résultat de la peur, c’est l’humiliation.» G. L.

doit pas cesser de continuer. Le leitmotiv de Yacine ? «Le seul résultat de la peur,

El Watan - Dimanche 20 mars 2011 - 6

L’ACTUALITÉ

LES DÉBATS D’EL WATAN

Les droits des femmes occultés

L’évolution du statut de la femme est l’une des raisons des soulèvements dans le monde arabe.

l’une des raisons des soulèvements dans le monde arabe. L a salle Hamma de l’hôtel Sofitel

L a salle Hamma de l’hôtel Sofitel d’Alger s’est avérée très exiguë pour contenir la foule nombreuse venue assister aux débats

d’El Watan. Un débat consacré, cette fois-ci, à

un thème des plus intéressants : «La révolution

démocratique et les droits des femmes». Ce sujet

a suscité une vive émotion et une tension dans la

salle. Attitude qualifiée de positive par les anima- teurs de cet espace d’expression. Deux interve- nants, et pas des moindres, ont développé deux approches différentes sur la question des droits des femmes en Algérie à l’heure où les sociétés traversent de profonds bouleversements. L’un optimiste, l’autre pessimiste. Nourredine Saâdi, professeur à l’université d’Alger et à l’université d’Artois en France, s’est dit optimiste par rapport

à l’évolution de la situation dans notre pays. De

son avis, l’une des raisons qui a fait que le monde arabe bouge aujourd’hui, c’est l’évolution du statut de la femme. Pour sa part, M me Fadhila

Boumandjel-Chitour, membre du réseau Wassila

d’aide aux femmes et enfants victimes de violen- ces, a tenu un discours rigoureux. Elle a appelé à

la vigilance car, selon elle, il n’y a pas de révolu-

tion démocratique. M me Chitour estime qu’il faut rester extrêmement prudent dans nos évaluations

et paris sur l’avenir, et ce, même si l’espoir de

voir s’installer des régimes démocratiques dans

nos pays en remplacement des régimes policiers

et dictatures actuels donne un nouvel élan à nos

luttes et alimente notre optimise. La prudence, note-t-elle, s’impose encore da- vantage quand il s’agit des femmes. Des femmes algériennes notamment qui ont fait déjà l’expé- rience de désillusions au lendemain de la guerre d’Indépendance censée être une révolution qui

apporterait l’égalité des droits entre les hommes

et les femmes. En remontant un peu plus loin

dans l’histoire, l’intervenante rappelle ce qu’il est advenu des revendications des féministes de l’époque et à leur tête les anciennes moudjahida- te. Prenons le code de la famille, s’est-elle excla- mée ! Un code, en vigueur depuis 1984, un code anticonstitutionnel et qui consacre, de fait, la

discrimination à l’égard des femmes, même s’il

a fait l’objet, en 2005, d’un toilettage de façade par le biais de quelques amendements dérisoires.

M me Chitour réitère ses inquiétudes : «Attention

qu’une fois de plus le combat des femmes pour une modification réelle de leur statut ne passe

à la trappe dans cette période de changement annoncée !», a-t-elle averti en avançant des argu- ments palpables.

AUCUN PARTI POLITIQUE N’A ÉVOQUÉ LA QUESTION DE LA FEMME

De ce fait, elle n’exclut pas que, dans les pro- grammes proposés par les différents courants dits démocratiques, la question des droits des femmes ne soit diluée dans la défense des droits

humains en général, que cette question ne soit es- camotée, sinon occultée. Des exemples existent. Elle rappelle à l’assistance que dans les réunions de la Coordination nationale pour la démocratie

et le changement (CNDC), fraîchement créée, à

l’exception d’un ou deux étudiants et d’un mem- bre d’un parti politique, aucune autre personne

n’a évoqué la question de la femme, de même

qu’il n’y avait pas de slogans ciblés sur les droits des femmes ni dans les rues, lors des marches

interdites, ni dans les salles de conférence.

M me Chitour n’a pas également ménagé le FFS

qui, dans son meeting organisé le 4 mars, a pro-

grammé une intervention relative aux violences

à l’encontre des enfants, mais pas un mot sur les

droits des femmes. «La violence faite aux enfants est un thème important et son traitement est très utile. Néanmoins, on peut se demander pourquoi dans une telle tribune, une deuxième commu- nication sur les droits des femmes n’a pas été prévue. Cette omission est inexplicable», déplore

l’intervenante qui pense que les femmes doivent rester vigilantes, ce qui suppose qu’elles doivent s’efforcer d’être visibles et de faire entendre leur voix dans cette phase incertaine, mais peut- être importante pour l’avenir politique du pays. Saisissant cette opportunité, et dans un souci de visibilité, l’intervenante a voulu partager l’expé-

de visibilité, l’intervenante a voulu partager l’expé- rience du réseau Wassila accumulée pendant plus de dix

rience du réseau Wassila accumulée pendant plus

de dix ans, dans l’accompagnement des femmes et des enfants victimes de violences. M me Chitour

est persuadée qu’à travers la violence faite aux femmes, l’on peut mesurer l’ampleur et la gravité de la violation de leurs droits. «Ceci nous amène à conclure qu’il y a une double faillite : celle des institutions et celle de la société à défendre les droits des femmes, mais comme nous apparte- nons à cette société, nous sommes donc respon- sables de ces victimes.

ABSENCE DE VOLONTÉ POLITIQUE

Et il est de notre devoir de réparer les aberrations de cette société avec nos faibles moyens», ob- serve M me Chitour, qui regrette cette digression et évoque par là même le livre noire publiée ré- cemment par le réseau Wassila et dans lequel l’on peut lire le cri douloureux des femmes victimes de toutes formes de violences. Les conséquences

sont dramatiques pour la plupart des femmes victimes de violences conjugales ; pas d’emploi, pas de ressources financières, pas de soutien fa- milial, une famille éclatée, pas de logement, une santé physique et psychologique fragilisée, des

enfants traumatisés

seau Wassila avait pour but d’alerter les pouvoirs

publics sur les insuffisances ou les silences de la loi et de susciter de la part des institutions une vo- lonté réelle d’intervention. En vain. «Les auteurs

de violences bénéficient de l’impunité ou des sanctions symboliques, il en est de même pour les agresseurs dans les affaires de harcèlement sexuel au travail et dans les universités. Est-ce normal ?», s’est interrogée l’oratrice. Revenant sur l’interdiction, le 25 novembre 2010, Journée mondiale de lutte contre la violen- ce à l’encontre des femmes, d’un colloque inter-

national organisé par des associations féministes qui devaient proposer des solutions chacune

dans son domaine, M me Chitour s’interroge sur

cette attitude de mépris et de hogra vis-à-vis des femmes en général. «Cette interdiction porte un mauvais coup aux possibilités de collaboration entre les institutions et les associations de défen- se des droits des femmes», fera-t-elle remarquer.

Pour M me Chitour, qui prend acte de l’absence de volonté politique de reconnaître les droits des femmes en général et donc d’améliorer le sort des femmes victimes de violences en particulier, toutes ces anomalies ne sont pas de simples dysfonctionnements susceptibles d’être corrigés. Elles découlent de la structure même du système de gouvernance et de la nature du régime. «De grâce inutile de lancer des accusations et nous récusons l’anathème jeté par un parti politique sur les revendications à caractère politique», a conclu M me Chitour. De son côté, Noureddine Saâdi demeure opti- miste, il croit dur comme fer qu’il y aura des ré- volutions qui apporteront des changements dans

Ce travail effectué par le ré-

Les conférenciers qui ont développé le thème «La révolution démocratique et les droits des femmes», lors des Débats d’El Watan

PHOTOS : M. SALIM

le bon sens. L’évolution du statut de la femme est pour lui l’une des raisons des soulèvements dans le monde arabe. Le monde arabe, explique- t-il, est en train de bouger parce que les sociétés qu’on a souvent présentées comme immuables, clôturées par «les traditions» et la «charia», sont en train de secouer les certitudes. «Qui de nous n’a pas remarqué l’ahurissement des Occiden- taux devant l’évolution de ce monde arabe qu’il croyait immuable et soumis à jamais ?» s’est interrogé Saâdi, qui pense qu’aujourd’hui aucun pays arabe n’est épargné, du Yémen jusqu’à l’Arabie Saoudite, en passant par le Bahreïn, la Syrie ou l’Algérie, ces changements sont inéluc- tables. C’est une question de temps. «Quels que soient les revers que peuvent subir les Libyens aujourd’hui, quelles que soient les difficultés que vivra encore le Bahreïn et quelles que soient les évolutions très lentes qu’il y a en Algérie, je crois qu’incontestablement le monde arabe va changer et qu’il y aura la fin des dictatures», lance Saâdi. Pour lui, il ne s’agit pas là de simples mots, mais c’est une analyse qui découle de la réalité du ter- rain. «Les pouvoirs ont toujours considéré leurs peuples comme étant des tubes digestifs, c’est-à- dire des consommateurs. Ces peuples ont prouvé le contraire puisqu’ils posent, aujourd’hui, le problème de la démocratie et réclament des libertés démocratiques et des changements pro- fonds pour une nouvelle répartition des riches- ses, posant la question d’une justice sociale. Ils veulent conduire leur destinée», affirme Saâdi.

L’OPTIMISME DE NOUREDDINE SAÂDI Pour lui, ces bouleversements ne sont pas nés d’une mondialisation occidentale, mais d’une évolution profonde d’une société dans laquelle la question féminine a joué un rôle. Saâdi rappelle que dans cette vague de soulèvements, beaucoup ont été étonnés par la présence massive des fem- mes, que ce soit dans la rue ou au sein des asso- ciations : «La présence visible de la femme dans la rue tunisienne, à la place Tahrir, en Egypte, et aussi au Yémen n’est pas fortuit, ceci est dû à un travail de longue haleine», note l’orateur. S’agis- sant particulièrement de l’Algérie et partant de certains constats et observations, l’on remarque, de l’avis de Saâdi, que la société et la condition des femmes ont changé, et ce, dans le sens posi- tif. L’exemple le plus édifiant est la démographie; il y a 50 ans, la fécondité était de 8,1 enfants, elle est aujourd’hui estimée à 2,3 enfants. Les causes sont multiples : recul de l’âge du premier ma- riage des femmes, la scolarisation D’après l’intervenant, l’Algérie est en train d’ac- complir sa révolution démographique. L’orateur reconnaît que les espaces publics sont masculins, mais explique cela par l’emprise des normes culturelle et idéologique. Il avoue également que les femmes sont des boucs émissaires dans tous les pays arabes et la question du droit des fem- mes passe inévitablement par le politique. «Les revendications des femmes dans le monde arabe ne relèvent pas du pessimisme fondamental, mais plutôt d’un optimisme historique. C’est autour de la femme que va se jouer la question de la démocratie.» NabilaAmir

El Watan - Dimanche 20 mars 2011 - 7

L’ACTUALITÉ

LES DÉBATS D’EL WATAN

Condition de la femme en Tunisie :

les enjeux d’une révolution

L a vague de contestation que vivent actuellement un certain nombre de pays arabes entraî-

nera-t-elle nécessairement une amé- lioration de la condition de la femme ? C’est à cette question, à la fois com- plexe et cruciale, que le quotidien El Watan a tenté de répondre vendredi à travers l’organisation, à l’hôtel Sofitel d’Alger, d’une conférence-débat à la- quelle ont été conviés Belhaj Hmida, avocate auprès de la Cour de cassation de Tunis et cofondatrice de la section tunisienne d’Amnesty international, Nourredine Saâdi, professeur de droit public et de science politique à l’uni- versité d’Artois en France, Fadhila Boumendjel-Chitour, ancien chef de service d’endocrinologie du CHU de Bab El Oued et membre du réseau Wacyla d’aide aux femmes et enfants victimes de violences, et Sihem Ha- bchi, présidente de l’Association fran- çaise Ni putes ni soumises. Evoquant le cas de la Tunisie, Belhaj Hmida a d’emblée regretté le fait qu’au-delà d’avoir dénoncé le régime en place, condamné la corruption et prôné la fin des discriminations et des inéga- lités, la révolution, qui a actuellement cours dans son pays (la révolution du Jasmin, ndlr), ne porte pas de projet de société. Cela l’amènera d’ailleurs à parler de «révolution muette». Pour l’interve- nante, le constat n’est pas fait pour rassurer dans la mesure où «chacun confère aujourd’hui à cette révolution muette les objectifs qu’il veut». La situation, ajoute-t-elle, est inquiétante d’autant plus que les islamistes tuni- siens structurés notamment autour du mouvement Ennahda cherchent, en catimini, à remettre en cause le code de statut personnel adopté en 1956 et les lois promulguées sous Ben Ali qui concèdent à la femme tunisienne un certain nombre de droits. «Les islamistes ont été victimes de toutes les formes de répression pendant des

victimes de toutes les formes de répression pendant des Les débats d’ El Watan, vendredi dernier,

Les débats d’El Watan, vendredi dernier, à l’hôtel Sofitel d’Alger

années. Maintenant, ils bénéficient

tous leurs droits et ont une liberté

d’action. Cela est valable aussi pour ceux qui étaient en exil ou en pri- son. Pour le moment, ils tiennent un discours modéré. Ils se sont mêmes

engagés à respecter le code de statut personnel. D’ailleurs, leur direction

a

droits des femmes. Ça c’est un fait», mentionne M me Belhaj Hmida. Mais celle-ci a tout de même tenu à préciser tout de suite après que «ce que dit Ennahda publiquement est tout à fait

différent du discours qui est tenu dans

les

A ce propos, l’invitée des Débats d’El Watan – qui est aussi l’une des fon- datrices de l’Association tunisienne des femmes démocrates (ATFD) – a fait savoir que «le mouvement En-

promis de ne pas toucher aux

de

réunions restreintes».

nahda prend de l’ampleur tous les

jours et qu’il contrôle déjà toutes les mosquées du pays». «Le mouvement Ennahda a des moyens financiers dont ne dispose aucun autre parti. Je puis vous assurer que le discours tenu par son porte-parole n’est pas du tout celui que nous lisons tous les

jours dans les journaux. Il y a là un double langage. La presse qui lui est proche ne cesse d’ailleurs d’appeler à ouvrir un débat sur cette ‘’vache sacrée’’ qu’est le code portant statut personnel», a-t-elle révélé. La conférencière s’est ainsi fait un de-

voir d’énumérer les acquis importants que ces lois ont permis d’engranger et les risques qu’il y aurait à les annuler. Elle rappellera, entre autres, que le code portant statut personnel, qui a été voté avant même la promulgation

de

la

les hommes et les femmes en matière

de divorce et octroyé au couple avec

ou sans enfant le droit à l’adoption. «Ce code a donné aux femmes une certaine citoyenneté et une certaine liberté dont elles ont pu jouir au fil

des années. Mais il s’est avéré que

cela était insuffisant. C’est pour cela que les Tunisiennes ont continué à batailler pour obtenir plus de droits», a-t-elle mentionné.

M me Belhaj Hmida a ajouté que «même

sous Ben Ali, les Tunisiennes ont ob-

tenu des acquis en matière de divorce et de nationalité». C’est aussi sous Ben Ali, a-t-elle poursuivi, que les violences conjugales sont devenues une infraction passible de sanctions. Mais dans tous les cas, elle a dit ne

la Constitution tunisienne, a aboli

polygamie, instauré l’égalité entre

pas être dupe et ne pas ignorer aussi que les droits des femmes ont été ins- trumentalisés et utilisés par le pouvoir de Ben Ali comme un rempart contre l’islamisme politique qui risquait de le concurrencer. Aussi, Belhaj Hmida a invité à consi- dérer le cas tunisien sans euphorie surtout que parmi les acteurs de la révolution du Jasmin, certains se sont montrés allergiques au débat sur les droits de la femme. Dans ce contexte, la conférencière – tout en se refusant à faire dans l’alarmisme – n’a pas man- qué d’appeler à la vigilance. «Je ne pense que nous n’ayons pas le droit de ne pas être vigilants et nous n’avons pas le droit de banaliser la réalité tunisienne», a-t-elle soutenu, tout en regrettant le fait que l’opposition démocratique reste sourde aux reven- dications des femmes. «Pour l’op- position démocratique aujourd’hui, l’enjeu des droits des femmes est considéré comme quelque chose de très secondaire. Le problème, c’est qu’il n’y a pas de parti politique en Tunisie porteur d’un projet différent de celui d’Ennahda. Certes, il y a

bien des groupuscules (progressiste,

ndlr). Mais ceux-ci sont plus occupés par la prise de pouvoir que par la

construction d’un véritable projet de société», a-t-elle martelé. Compte tenu de l’évolution de la situation, Belhaj Hmida a prévenu aussi que «la bataille pour l’égalité entre les hom- mes et les femmes ne sera pas facile». «Si nous perdons cette bataille, cela ne sera pas la faute d’Ennahda. Nous n’aurons pas pris en considération toutes ces données. Nous aurons né-

gligé la réalité», a-t-elle insisté, avant d’appeler «les forces progressistes et démocratiques à unir leurs forces et à mettre de côté leurs ambitions person- nelles pour que cette Tunisie et cette Algérie se construisent sur la base de la citoyenneté, de l’égalité et de la justice sociale». Zine Cherfaoui

SIHEM HABCHI. Présidente de Ni putes ni soumises

«Il faut participer à l’émergence d’un nouvel humanisme»

L a présidente de l’association française Ni putes ni soumises, Sihem Habchi, s’est pour

sa part attelée, au cours de son intervention, à rendre compte des nombreuses discriminations que subissent les Françaises d’origine étrangère, particulièrement celles d’origine maghrébine, en Europe. L’intervenante a, à ce propos, fait savoir que contrairement aux idées reçues, les «beures» ne sont pas mieux loties en France en matière de droits et que son organisation œuvre justement à «rendre visibles les souffrances cachées». M me Habchi a ainsi expliqué qu’en plus d’être régulièrement agressées et prises pour cibles dans leurs quartiers, les Maghrébines sont victi- mes du racisme latent qui gangrène les sociétés européennes. «On nous refuse des emplois à cause de nos têtes et on nous brûle comme on brûle des voitures. Les autorités sont insensibles aux douleurs des femmes. Il n’y a pas d’Etat de droit. Nous voulons juste être respectées. Je ne vois pas pourquoi j’aurai honte de mon corps et de ce que je suis. Nous voulons avoir la possibi-

lité de revendiquer nos droits à tout moment», s’est-elle indignée. La présidente de Ni putes ni soumises – dont

l’intervention a suscité par moment des réactions assez vives au sein de l’assistance – a dénoncé en outre avec véhémence l’instrumentalisation

à des fins électoralistes la question de la «di-

versité» et des «minorités». «On nous a muselé. On nous a acheté à droite et à gauche. Mais le combat ne doit pas s’arrêter. Nous avons besoin d’un changement et d’être visibles», a-t-elle lancé. Comment et par quel moyen faire avancer le combat des femmes issues des «minorités» en

Europe ? Pour Sihem Habchi, la solution réside dans la capacité des concernées à «mettre en place une dynamique devant permettre l’émer-

gence d’un nouvel humanisme mobilisateur et libéré du joug des archaïsmes et des traditions». Dans ce contexte, elle a tenu particulièrement

à remercier les Algériennes, les Marocaines et

les Tunisiennes qui ont été les «seules» à les soutenir dans leur combat contre tous ceux et toutes celles, en Europe, qui essayent encore de

ceux et toutes celles, en Europe, qui essayent encore de les confiner dans le statut réducteur

les confiner dans le statut réducteur de citoyen- nes de seconde zone. A l’occasion, M me Habchi n’a pas manqué aussi de rendre hommage aux Tunisiens et Tunisiennes qui ont eu le courage d’ouvrir le débat sur la démocratie, la laïcité, la religion et la place des jeunes dans la société.

«Ce n’est pas évident. Ce débat est extrêmement

difficile. Il y aura certainement des conflits. Ceci dit, il faudra rester unis et aller jusqu’au bout»,

Z. C.

a-t-elle conseillé.

aura certainement des conflits. Ceci dit, il faudra rester unis et aller jusqu’au bout», Z. C.

PHOTO : DR

El Watan - Dimanche 20 mars 2011 - 8

L’ACTUALITÉ

LES DESSOUS DE L’AFFAIRE DGSN-ABM

Antri Bouzar Mohamed, un bouc émissaire ?

L a première plaidoirie de la dé- fense de Antri Bouzar Mohamed, patron de la société Algeria Busi-

ness Multimedia (ABM), dans l’affaire qui l’oppose à la Direction générale de la Sûreté nationale (DGSN), a eu lieu, mercredi dernier, à la chambre d’accu- sation de la cour d’Alger. Antri Bouzar Mohamed a été mis sous mandat de dépôt ainsi que deux de ses collabora- teurs, Toufik Sator et Zerrouk Djaidir en l’occurrence, suite à une affaire de passation de marchés, conclus du temps du défunt Ali Tounsi, ex-patron de la DGSN. La plaidoirie de mercredi portait sur l’obtention de la liberté pro- visoire de Antri Bouzar Mohamed et de Zerrouk Djaidir. La cour a rejeté catégoriquement la demande de la dé- fense, avons-nous appris d’une source proche de la juridiction en question. Flash-back sur une affaire qui a surpris plus d’un, des connaisseurs notamment des détails du dossier. Dans les faits, le Président directeur général de ABM est poursuivi pour «viol de la législation régissant les marchés publics», d’après une source proche de la défense. Les mis en cause sont poursuivis aussi pour «malversations présumées ayant causé un préjudice à une institution d’Etat». Globalement, les deux mar- chés conclus par la DGSN et ABM, sujet de la polémique, portent essen- tiellement sur la fourniture aux services de la police d’un matériel informatique composé d’imprimantes, stations de travail, d’onduleurs et de consomma- bles de marque Epson. Dans les détails, le premier marché remonte à 2007, lorsque la DGSN avait diffusé un appel d’offre public pour l’acquisition d’im- primantes, d’onduleurs, de stations de travail et de PC portables ABM, distri- buteur officiel agréé par Epson, avait soumissionné alors pour le lot composé d’imprimantes et d’onduleurs, déclaré infructueux quelques semaines après.

déclaré infructueux quelques semaines après. Le PDG de Algeria Business Multimedia Un second appel

Le PDG de Algeria Business Multimedia

Un second appel d’offre a été lancé et ABM avait été retenue pour le lot ondu- leurs, dont le marché est estimé à 115 millions de dinars, mais écartée pour le lot des imprimantes (un marché de 200 millions dinars). Le marché portant sur la livraison de 10 300 onduleurs à la DGSN a été paraphé le 24 février 2008 par, d’une part,Antri Bouzar Mohamed en sa qualité de P-DG de ABM et, de l’autre, par Youcef Daimi le directeur de l’administration générale de la Sû- reté nationale, lit-on sur une copie de la convention. Le contrat, dont nous nous sommes procurés un exemplaire, a été approuvé aussi, faut-il le souligner, par le défunt Ali Tounsi, ex-patron de la DGSN, et validé par la Commission des marchés (CM) et les services du contrôle financier de l’Etat (CFE).

LE CONTRÔLEUR FINANCIER DE L’ÉTAT VALIDE Le texte de la convention a été rédigé comme suit : «Les deux parties contrac- tantes s’engagent conformément aux dispositions du décret présidentiel n°02-250 du 24/07/2002, portant régle- mentation des marchés publics modifié et complété, à s’acquitter chacune en ce

qui la concerne des obligations décou- lant du présent marché régi par le ca- hier des Prescriptions Spéciales». Ab- derrahmane Lakehal, directeur général par intérim, rencontré dans les locaux d’ABM, précise que «l’ensemble du matériel a été livré sans réserve de la DGSN, accompagné d’une garantie de deux ans et une caution de bonne exé- cution». Antri Bouzar Mohamed a-t-il donc pu violer la législation régissant les marchés publics, puisque le cachet de la CM et du CFE est apposé sur le contrat, signé, rappelons-le, par Ali Tounsi en personne ? Autrement dit, peut-on remettre en cause un contrat validé par toutes les instances de l’Etat en charge du contrôle financier et de la conformité des transactions engageant les deniers publics ? Manifestement, il y a quelque chose qui ne tourne pas rond dans cette affaire. Le second marché, conclu suivant la formule de passation de gré à gré simple, porte sur la fourniture à la DGSN de consom- mables d’origine pour imprimantes de marque Epson. D’après une correspon- dance de Epson France, adressée le 11 novembre 2008 à ABM, son distribu- teur en Algérie, nous comprendrons

que des responsables de la DGSN et de EPSON se sont réunis le 4 novembre 2008 dans les locaux de la direction de la Sûreté nationale afin d’arrêter une liste de consommables correspondant aux besoins de la DGSN. «Notre poli- tique de vente indirecte nous amène à mandater la société ABM d’Alger pour signer la convention de prix et service sur ce dossier en local», lit-on sur la convention de Epson, signée le 11 no- vembre 2008 par Jean-Pierre Lafargue, responsable export à Epson France. C’est ainsi que la société de Antri Bou- zar Mohamed a été autorisée à fournir du consommable d’origine Epson pour le compte de la DGSN. C’est-à-dire que le marché de gré à gré a été négocié en- tre les services de la DGSN (éventuel- lement la Commission des marchés) et Epson France. Quant à la société de Antri Bouzar Mohamed, celle-ci n’a joué que le rôle d’intermédiaire dans la fourniture du matériel. En d’autres termes, ABM n’a fait qu’assumer son rôle de distributeur agréé, mandaté par la maison-mère. La convention portant sur ce marché de gré à gré a été signée le 27 juin 2009 par le directeur de l’administration générale de la Sûreté nationale,Youcef Daimi.

DES QUESTIONNEMENTS ET DES ZONES D’OMBRE Le marché a été validé également par la Commission des marchés (visa n° 69/2009) ainsi que par le contrôleur financier de l’Etat, dont le visa est immatriculé 4648 du 01/07/2009). Le contrat a été approuvé également par le défunt Ali Tounsi le 6 juillet 2009. «La commande a été donc livrée. Le premier bon de commande qui a été émis par la DGSN pour 16 millions de dinars a été honoré et une caution de bonne exécution de 3 millions de dinars a été déposée», dira Abderrahmane Lakehal pour qui, le marché de gré

à gré est justifié par le fait que ABM est le distributeur principal d’EPSON, présentant les meilleures garanties sur le marché algérien. «ABM a été manda- tée officiellement par EPSON afin de livrer les consommables à la DGSN», poursuit le directeur général par intérim de ABM. Second questionnement : y a-t-il réellement eu préjudice causé à la DGSN, puisque la marchandise a été livrée à temps et suivant les conditions préalablement fixées par les deux parties contractantes. A première vue, il semble que cette affaire s’entoure de zones d’ombre qui suscitent moult questionnements. Le 15 mars dernier, nous avons adressé une demande d’in- formations à la DGSN dans laquelle nous demandons une interview avec l’un des responsables de l’institution que dirige Abdelghani Hamel, capable de nous éclairer davantage sur cette affaire. Alors que nous nous affairons à rédiger les premiers éléments de l’enquête, nous recevons un appel du responsable de la communication à la DGSN, M. Boudalia. «Cette affaire est au niveau de la justice et nous n’avons aucun commentaire à faire. L’affaire est en instruction et nous n’avons pas le droit de divulguer des informations à ce sujet», nous a-t-il répondu au té- léphone. Mais il semblerait que toute l’affaire repose sur un seul élément ; Toufik Sator, un des collaborateurs de Antri Bouzar Mohamed, présenté com- me étant le gendre de Choueib Oulta- che, assassin présumé de Ali Tounsi, serait le véritable propriétaire d’ABM. «C’est faux», répliqua Abderrahmane Lakehal, précisant que Toufik Sator ne détient que 0,12% des actions dans Algeria Business Multimedia. Mani- festement, il y a une espèce d’injustice dans l’incarcération de Antri Bouzar Mohamed. Quoi qu’il en soit, il y a bel et bien vrai besoin d’ élucider tous les recoins de cette affaire. Ali Titouche

AIR ALGÉRIE

Histoire de cachets humides ?

C ommuniqué et contre-communiqué. Dans notre édition du jeudi 17 mars, nous avons publié,

en page 6, un article sous le titre «Air Algérie :

douze sections syndicales pour le départ du PDG». Le contenu de l’article porte sur le cri de détresse des représentants desdites sections syndicales lancé à l’adresse des hautes autorités du pays. Ils leur demandent, dans un long communiqué portant leurs cachets humides (voir fac-similé), d’intervenir «pour mettre fin aux fonctions du PDG d’Air Algérie et sauver la compagnie». En l’espace d’une journée, tout a changé. Un contre- communiqué, portant les mêmes signatures et les mêmes cachets humides, a été adressé jeudi à notre rédaction, pour démentir l’information et

dénoncer «un faux et usage de faux». Il y est dit en substance : «En notre qualité de représentants élus des travailleurs d’Air Algérie, nous dénonçons la lâcheté de l’auteur du communiqué paru sur les colonnes de votre journal, faisant état d’un cri de détresse de douze sections syndicales que nous

sommes à l’endroit de la presse, pour précipiter le départ inconditionnel du PDG d’Air Algérie.» Que s’est-il passé en 24 heures ? Des pressions ont-elles été exercées sur les douze sections syndicales pour qu’elles fassent marche arrière ? Des cachets humides, devant être détenus seulement par les secrétaires généraux de ces sections syndicales, ont-ils été utilisés

frauduleusement ?

M. N.

Fac similé du document adressé à la rédaction le 16 mars dernier
Fac similé du document adressé à la rédaction le 16 mars dernier

Fac similé du document adressé à la rédaction le 16 mars dernier

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PHOTO : B. SOUHIL

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El Watan - Dimanche 20 mars 2011 - 9

L’ACTUALITÉ

DES SIT-IN ET DES MARCHES SONT PRÉVUS POUR DÉNONCER LE LAXISME DE L’ÉTAT

L’informel menace 150 000 commerçants à Alger

Selon l’UGCAA, dans la wilaya d’Alger, 150 000 commerçants sont directement menacés par cette activité informelle.

L es commerçants observeront des

sit-in et des marches devant les

sièges des APC concernées par

l’informel. La date est soumise à débat par les membres de l’Union générale des commerçants et arti- sans algériens (UGCAA), initiatrice de ce mouvement de protestation. Les commerçants des communes de Ba- chdjarrah, Réghaïa, Rouiba, Sidi M’hamed, Alger-Centre El Harrach et d’autres, ont adhéré à cet appel. «C’est l’ultime moyen pour dénoncer l’atti- tude des autorités publiques qui ont reculé devant les barons de l’informel. La décision officielle du gouvernement algérien, en décrétant des mesures po- litiques pour calmer une protestation populaire, est une reconnaissance sans équivoque de l’échec de la politique de lutte contre l’économie informelle», explique M.Boulenouar, porte-parole de l’UGCAA. Désespérés de se voir quotidiennement menacés dans leur activité par une concurrence déloyale et une mise à mort économique cer- taine, les 150 000 commerçants affiliés à cette organisation à Alger ont décidé ainsi de «mettre les autorités publiques devant leurs responsabilités». «Des efforts ont été faits, après une forte mobilisation, par toutes les parties

faits, après une forte mobilisation, par toutes les parties Les étals de marchandises dans les rues

Les étals de marchandises dans les rues se multiplient partout à Alger

concernées. Les services de sécurité ont réussi à débarrasser plusieurs villes du fléau des marchands informels, et voilà qu’un simple recul du Premier ministre efface toutes ces réalisations», s’indigne-t-on à l’UGCAA. «Ceci est visible puisqu’aucune ville n’échappe aujourd’hui à cette gangrène qui me- nace l’économie nationale», précisent les représentants des commerçants en colère. Les mesures d’apaisement

décrétées au lendemain des manifesta- tions de colère au début de l’année en cours après la hausse vertigineuse des prix des produits alimentaires de pre- mière nécessité ont favorisé, selon nos interlocuteurs, chez les commerçants, «le retour de l’informel, qui, aux yeux de ses barons et ses vecteurs a obtenu gain de cause». Les commerçants se réfèrent à l’annu- lation momentanée de l’obligation de

procéder au paiement par facture dans toute transaction commerciale et le paiement par chèque pour les montants dépassant 500 000 dinars. L’UGCAA qui a mené une enquête depuis l’intro- duction de ces mesures, a conclu que plus de 20 000 commerçants ont baissé rideau après le gel de leur registre du commerce et ont continué à exercer leur activité commerciale sur la voie publique, échappant ainsi aux obliga-

tions fiscales. «Nous craignons que ce procédé soit généralisé. Une vraie menace», s’alarme un représentant de l’UGCAA. Les APC sont fustigées par les représentants de l’UGCAA, pour laquelle, «ces assemblées n’ont rien fait pour atténuer de ce fléaux. Il y a une mauvaise gestion des sur- faces commerciales. Des locaux sont restés fermés, des marchés couverts dé- saffectés et les 100 locaux du Président sont entourés de points d’interrogation. Puisque les responsables élus se di- sent impuissants, sans prérogatives, nous demandons la dissolution de ces assemblées», revendique également l’UGCAA. «L’informel qui se couvre sous une misère sociale s’est toujours appuyé sur les failles des politiques qui veulent éviter toute protestation socia- le. Nous ne voulons pas être les seules victimes à payer toutes ces défaillan- ces», résument les protestataires. Selon l’UGCAA, dans la wilaya d’Alger, 50 000 commerçants sont directement menacés par cette activité informelle.A souligner que l’action de protesta- tion de l’UGCAA touchera toutes les communes concernées par ce fléau à travers le territoire national. FatimaArab

COMME AU TEMPS DU FIS

Les trabendistes réinvestissent les espaces publics

F ort de la résolution du Conseil des ministres prise dans le sillage des émeutes de février

dernier, les jeunes trabendistes n’ont pas tardé à réinvestir les rues et les places publiques d’où les forces de l’ordre avaient mis de longues et labo- rieuses années à les déloger. La plus haute instan- ce de décision politique du pays ayant légalisé, voire même, conforté l’exercice du commerce informel, ce sont toutes les communes d’Alger sans exception qui se sont subitement remises au commerce à la sauvette. Certaines placettes et artères de la capitale, à l’instar de Ketchaoua, du boulevard Belouizdad et autres rues de Birkha- dem, Bir Mourad Rais, Bachdjarrah, El Harrach, Bab Ezzouar, rappellent à bien des égards l’épo- que où l’ex-Front islamique du salut (FIS) gérait, de manière franchement populiste, l’écrasante majorité des communes algéroises. Au regard des informations qui parviennent de l’intérieur du pays, ce constat de retour en force des traben- distes serait le même dans pratiquement toutes nos agglomérations urbaines. Confortés par cette subite mansuétude du chef de l’Etat à leur égard, certains jeunes désœuvrés n’ont pas tardé à occu- per des espaces publics pour implanter à même le sol ou sur des tables improvisées des commerces de pacotilles allant jusqu’à obstruer les entrées des magasins légaux. Des marchandises impor- tées de Chine, Turquie, Syrie et de certains pays

du Golfe sont, comme par enchantement, subi- tement déversées en quantité sur les marchés de non-droit, que de gros «magnats du conteneur», bénéficiant de la complicité de certains cercles du pouvoir, orchestrent ce retour massif à l’éco- nomie de bazar. Ce retour spectaculaire à l’anarchie commerciale est également perceptible à d’autres niveaux de la vie économique et sociale. La presse relate, en effet, pratiquement chaque jour, des cas de jeunes accaparant des parcelles de terrain à bâtir (cas de la plaine ouest de Annaba) pour y ins- taller des baraques qui leur ouvriront, au moyen d’émeutes préméditées, l’accès à des logements sociaux. A Bir Mourad Raïs (Les Vergers), le propriétaire d’une boutique Quatre saisons a occupé son week-end, au vu et au su de tous ses riverains, à élargir son espace vital en empiétant largement sur la chaussée avec l’intention d’ins- taller un étal. Devant ces dépassements constatés, les autorités locales, voire les services de sécu- rité sont vraiment mal à l’aise. Intervenir, comme nous l’a affirmé un vice-président d’APC, c’est courir le risque de provoquer une émeute qu’on sera seuls à assumer du fait, qu’officiellement l’ordre, venu du plus haut sommet de l’Etat, est de laisser faire, voire de faciliter les initiatives de cette nature prises par les jeunes avec l’espoir que le président Bouteflika soit gratifié d’un sur-

croît de popularité chez cette importante frange de la société. Et, il est bien vrai que la décision du Conseil des ministres en question a beaucoup contribué à populariser le chef de l’Etat auprès des jeunes désœuvrés qui considèrent que ce der- nier veut leur bien mais que ce sont les autorités locales «corrompues et antijeunes» qui s’y oppo- sent. Une opinion qui convient parfaitement aux autorités politiques en place qui espèrent, comme ce fut le cas pour l’ex-FIS, faire de cette impor- tante masse de jeunes sans emploi, sans toit et sans espoir, une de leur principale base sociale. On comptera sur elle pour contenir le phéno- mène de l’abstention électorale, voter en faveur des candidats de l’Alliance présidentielle, voire même, pour soutenir le pouvoir en place au cas où une éventuelle révolte venait à lui contester sa légitimité. C’est dans les rangs de trabendistes que sont généralement recrutés les «baltaguia» et autres casseurs, comme nous avions eu à le constater lors des marches organisées dans la capitale. C’est sans doute ce qui explique cette subite générosité du gouvernement à l’égard des jeunes, qu’ils soient chômeurs ou étudiants, pour qu’ils ne soient pas tentés par la révolte et l’obsession de l’ordre au moyen de la répression, quand il s’agit des partis politiques, syndicats autonomes et autres organisations de la société civile qui viendraient à lui contester le monopole

du pouvoir. C’est ce cap que le gouvernement compte maintenir quel qu’en soit le prix (et l’argent du pétrole existe pour cela !!), au mini- mum, jusqu’aux élections législatives de 2012, à la faveur desquelles il compte bien reconduire l’Alliance présidentielle dans sa forme actuelle, même si pour la galerie, on pourrait tolérer quel- ques députés et sénateurs de plus, dans le camp de l’opposition. Le système ainsi sauvegardé pour au moins un quinquennat de plus permettra, au cas où le président Bouteflika ne briguerait pas un quatrième mandat, de présenter «un nouveau candidat du consensus» qui sauvera le système en présidant avec l’appui de l’Alliance et, bien entendu, celle des forces de sécurité, aux destinées du pays. Nordine Grim

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PHOTO : D. R.

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El Watan - Dimanche 20 mars 2011 - 10

L’ACTUALITÉ

COLÈRE DES CORPS COMMUNS

Un sit-in le 2 avril devant l’APN

L a Coordination nationale des corps communs et des travailleurs profes-

sionnels affiliée au Syndicat nationale des travailleurs de l’Education a appelé pour tenir un sit-in devant l’Assemblée populaire nationale (APN) le 2 avril prochain. Par cette ac- tion, cette coordination vise «la réforme équitable du régime des salaires». Le reclassement des corps communs et des tra- vailleurs professionnels a été exigé, et ce, en promulguant un texte qui permet de protéger ces travailleurs des comporte- ments arbitraires de certains responsables. L’intégration des contractuels à travers l’ouver- ture de nouveaux postes bud- gétaires est aussi à l’ordre du

jour. Ainsi, ces travailleurs ré-

la prime de documentation.

a

été exigée à 25%. Comme

clament la détermination de la tâche des corps communs et des travailleurs professionnels et leur intégration dans le sec- teur de l’Education. Cette in- tégration leur permettra de bé- néficier de la prime de risque,

Ils ont demandé également la généralisation de la prime de rendement. Les travailleurs des corps communs demandent à ce que l’on fixe la prime de rendement à 40% avec effet rétroactif à partir de 2008. L’in-

tous les travailleurs de l’Edu- cation, les corps communs de- mandent le droit à la formation et la promotion durant leur carrière professionnelle ainsi que la diminution du volume horaire.

de la prime pédagogique et de

demnisation de la permanence

Djedjiga Rahmani

LES ENSEIGNANTS CONTRACTUELS AUJOURD’HUI DEVANT LA PRÉSIDENCE

Après plusieurs rassemblements sans résultat devant le ministère de l’Education, les enseignants contractuels organisent un sit-in aujourd’hui devant la présidence de la République. Le choix de la Présidence n’est pas fortuit. Un lieu très sensible mais aussi très significatif. Le mur de la peur s’est effondré. Les étudiants ont déjà réussi

à organiser un sit-in la semaine dernière au même endroit. Lors de ce sit-in, la

détermination des étudiants l’avait emporté sur le renfort de la police. Depuis, les sit-in se succèdent. Que signifie le recours à la Présidence ? Les ministères sont-ils vacants ? C’est en tout cas l’impression que donnent les

différentes actions sur le terrain.

D. R.

HOMMAGE À ENRICO MATTEI

L’ami de l’Algérie honoré par la fondation Amirat

U nhommageaétérendu, hier, lorsd’une cérémonie qui s’est déroulée à l’am-

bassade d’Italie à Alger, à Enrico Mattei, résistant italien, président de l’ENI, mais aussi défenseur de la cause indépendantiste

algérienne. Et c’est d’ailleurs l’Algérie, par

le biais de la fondation Slimane Amirat, qui

a tenu à décerner, à titre posthume, une dis-

tinction à cet ami de l’Algérie. C’est devant une pléiade de personnalités diplomatiques mais aussi culturelles que la cérémonie a eu lieu. «Il est tout à fait émouvant que ce prix soit décerné à la mémoire de ce grand homme qu’était Enrico Mattei», s’est en- thousiasmé, dans son allocution d’ouver- ture, Giampaolo Cantini, ambassadeur d’Italie à Alger. Démocrate convaincu, M. Mattei était un farouche opposant au fascisme qui faisait rage en Italie dans les années 1940. «Il a surtout contribué, de par sa nomination à la tête de l’ENI, à la reconstruction économique d’une Italie la- minée par la Seconde Guerre mondiale», a ajouté l’ambassadeur. La distinction hono- rifique a été remise à Giuseppe Accorinti, président de la grande école Enrico Mattei, des mains de Zoubida Amirat, présidente

Enrico Mattei, des mains de Zoubida Amirat, présidente de la fondation éponyme. «Il n’a pas hésité

de la fondation éponyme. «Il n’a pas hésité à s’indigner de la situation d’injustice qui avait cours en Algérie. Il a d’ailleurs offert une tribune au FLN dans les colonnes d’un journal milanais. Il était l’une des personnalités publiques les plus critiques envers le système et la politique du colo- nisateur français», a souligné M me Amirat. M. Mattei n’a ménagé aucun effort afin de sensibiliser l’opinion publique inter- nationale sur les atrocités commises par la force coloniale française en Algérie. Il

faisait partie des signataires d’un plaidoyer pour l’indépendance des colonies adressé au secrétaire général de l’ONU. Mais, avant cela, il se distingua en refusant toute exploitation dans le Sahara algérien tant que l’Algérie n’était pas indépendante. Par la suite, il entretint d’étroits contacts avec le Gouvernement provisoire algérien (GPRA). «Il a même été soupçonné d’avoir fourni des carburants à l’ALN et des armes au GPRA», précise M me Amirat. D’anecdotes en boutades, M. Accorinti narre, quant à lui, un Mattei humain, cha- leureux, collaborateur consciencieux et adulé qui, malheureusement, s’en est allé trop tôt. Enrico Mattei, porteur de «l’hu- manité réconciliée», est mort dans un acci- dent d’avion le 27 octobre 1962, quelques semaines après la proclamation de cette Algérie libre à laquelle il aspirait tant. Et la requête commune à tous les intervenants est la baptisation d’une rue d’Algérie à son nom. «Il est temps que les autorités nomment un lieu du nom de cet ami de l’Algérie», ont plaidé l’ambassadeur ainsi que M me Amirat.

Ghania Lassal

19 MARS 1962

La mémoire mutilée

L e 19 mars 1962, le cessez-le-

feu entre en vigueur sur tout

du flambeau et de toute cette

les travers de ce système et exi-

le monde paraît bien trop petit

mémoire entre générations a

ger des changements.» Wassila,

à la génération d’aujourd’hui,

le

territoire algérien, dans le ca-

été complètement altérée par un

une enseignante universitaire,

car elle reste amputée dans son

aliénation mémorielle construi-

dre des accords signés la veille entre le gouvernement français

Après huit années de guerre po-

nationalisme étriqué, poussif, folklorisé par un pouvoir aveu-

nous dira qu’«il est temps pour l’Algérie d’aller vers une rup-

fondement identitaire. Cette

et le Gouvernement provisoire

gle dans ses prolongements,

ture radicale avec ce système

te

politiquement et insidieuse-

de la République algérienne (GPRA) à Evian-les-Bains, en Haute-Savoie (France). Cette date décrète la fin de la guer- re d’Algérie et enclenche le processus de l’indépendance.

litico-militaire et le référendum d’autodétermination organisé le

sourd aux réalités sociopoliti- ques du pays et aux aspirations du peuple. Pour Hicham, étu- diant à l’université de Constan- tine, cette date ne lui rappelle rien de spécial, il reste dubitatif face à la question et répond éva- sivement : «En 1962, c’est l’In- dépendance, oui, mais de qui,

et tout ce qu’il charrie comme archaïsmes. La réappropria- tion de notre identité véritable et de notre histoire n’adviendra qu’une fois ce processus de rup- ture enclenché». Aujourd’hui, l’indifférence-ignorance affi- chée par la génération actuelle, témoigne, s’il en est, du fossé

ment, à travers l’école notam- ment, a marqué de son pesant machiavélique l’évolution de la société. Elle explique en partie les retards accumulés par la faute d’un système autocratique qui, pour perdurer, continue de naviguer à vue et sans pro- jet de société démocratique et

er juillet 1962, l’indépendance est officiellement proclamée le

1

de quoi ? Apparemment, nous ne sommes pas concernés.»

profondément creusé entre générations par ceux-là mê-

moderne. Un système rentier, bureaucratique et mafieux, de-

5

juillet.

Un autre étudiant et «face-

mes censés restituer intact ce

venu un étouffoir pour les li-

Mais que reste-t-il de cette date et de toute l’histoire de l’Algérie contemporaine ? Il est édifiant de constater, 49 ans après, que la transmission

bookiste» invétéré, convaincu par le vent du changement qui souffle sur les pays arabes, déclare : «Aujourd’hui, il faut s’impliquer, marcher, dénoncer

pan fondateur de l’histoire de l’Algérie. Par rapport à cette mémoire, par trop manipulée et finalement mutilée sur cette période glorieuse de la nation,

bertés et un terreau propice à la corruption, à la déliquescence des institutions qu’il asservit pour sa survie. Dj. Belkadi

INHUMÉ AVANT-HIER DANS SON VILLAGE NATAL À ILMATHEN

«Ali Younsi, vivant

dans nos cœurs»

I ls sont venus nombreux, avant- hier au village Ilmathen - une colline dominant la vallée de

au village Ilmathen - une colline dominant la vallée de la Soummam- pour rendre un der-

la Soummam- pour rendre un der- nier hommage au journaliste Ali Younsi. Sa famille, des villageois ainsi que de nombreux amis et journalistes très affectés par cette perte cruelle d’un des meilleurs journalistes de la nouvelle généra- tion, n’en revenaient pas. Personne ne voulait se faire à l’idée que Ali est parti pour ne plus revenir. La tristesse et la douleur se sont emparées de ce beau et paisible village d’Ilmathen. La mort, sans avertir, est venue lui arracher un de ses meilleurs enfants en cette malheureuse nuit de mercredi 16 mars. «Je n’arrive pas à admettre qu’il est définitivement parti, il était mon frère», a témoigné Réda Chenouf, journaliste d’El Khabar avec qui le défunt partageait l’appartement à Alger. Au retour de l’enterrement, Réda a eu du mal à rentrer chez lui, en sachant que Ali n’allait plus franchir la porte de cet appartement. Le petit frère du défunt, Makhlouf, était inconsolable. «Je ne veux pas croire que mon frère soit mort, non je ne veux pas y croire. Non ce n’est pas lui», a-t-il lâché en fondant en larmes. Son père, ammi Mostafa, assis dans un coin, digne, était sans voix. Il vient d’enterrer son fils adoré. Sa mère Na Wrida, courageuse, consolait ses autres fils et filles. L’épreuve est extrêmement dure pour sa femme. Ils étaient mariés depuis cinq mois. La presse, ta deuxième famille est également en deuil. Vendredi, à l’enterrement, tous ont pleuré un fils, un frère, un ami, un confrère, mais tout le monde gardera en mémoire l’image d’un homme dont le sourire ne quittait jamais le visage. On l’a vu rarement énervé. Il sait toujours «dissimuler» ses soucis pour aller à la rencontre des autres avec un visage affable. Brillant journaliste, AliYounsi (35 ans) a, à son actif, treize ans d’expérien- ce. Il était prédestiné à une grande carrière journalistique n’était-

ce ce terrible accident de la circulation qui lui a ôté la vie à la fleur d’âge. Avant d’atterrir au quotidien El Massa, notre confrère, feu Ali Younsi, avait fait un passage à El Alem Essiassi, puis Es Safir. Il se spécialisera dans le dossier du Sahara occidental, qu’il maîtri- sait parfaitement. Les journalistes, Rabah, Hamid, Tarek, Lemçane, Hafida, Réda, Titouche et tous les autres qui avaient l’habitude de se rendre dans les camps des réfugiés sahraouis connaissent mieux ce journaliste sérieux, professionnel et rigoureux. Dans la longue traversée, Tin- douf-Tifariti, l’ambiance, avec lui, est assurée. Ses éclats de rire et de joie sont tels que le vaste désert ne pourrait les contenir. On se rappellera à jamais de ces moments de bonheur vécus aussi avec les réfugiés sahraouis. Les derniers mots de notre confrère étaient d’ailleurs pour le Sahara occidental. Je l’ai croisé, mercredi, aux environs de 19h30, à la rue Didouche Mourad, une heure avant de prendre le chemin fatal. Il était en compagnie de Mehrez Lamari, président du Comité algérien de solidarité avec le peuple sahraoui. On a parlé du conflit sahraoui à l’ombre des évènements qui agi- tent le monde arabe. On s’est séparé sur un «au revoir». On ne te dira jamais adieu, car tu resteras à jamais vivant dans nos cœurs et

dans nos mémoires.

Hacen Ouali

CONDOLÉANCES DU S N J

C’est avec une profonde tristesse que nous avons appris le décès de notre confrère et ami, Ali Younsi, journaliste au quo-

tidien El Massa, survenu dans la nuit de mercredi 16 au jeudi

17 mars 2011 à la suite d’un accident de voiture. Ali est parti

à la fleur de l’age, 35 ans à peine, mais laissera un immense

vide dans la corporation, parmi ses amis et tous ceux qui l’ont connu. Aimé et estimé de tous, Ali laissera le souvenir d’un

professionnel chevillé, doublé d’un sens de l’humanisme peu

commun. En cette douloureuse circonstance, le Syndicat na- tional des journalistes présente à la famille du défunt ainsi qu’à l’ensemble de ses collègues au quotidien El Massa, ses plus sincères condoléances. Que Dieu le Tout-Puissant accueille le défunt dans SonVaste Paradis. Le secrétaire général

CONDOLÉANCES

KamelAmarni

A

la suite du décès brutal de AliYounsi, journaliste à El Massa,

le

directeur et le personnel du quotidien El Watan présentent à

sa

famille ainsi qu’à ses collègues leurs plus sincères condo-

léances et les assurent de leur profonde sympathie en cette douloureuse circonstance. «A Dieu nous appartenons et à Lui nous retournons.»

El Watan - Dimanche 20 mars 2011 - 11

L’ÉVÉNEMENT

POUR EMPÊCHER LE MASSACRE DES CIVILS

Frappes de l’ONU contre la Libye

L a France a engagé hier une ving- taine d’avions de chasse au- dessus de la Libye, début d’une

opération militaire internationale plus large et ouvert le feu contre un véhicule des forces de Mouammar El Gueddafi, selon l’AFP. Ces pre- mières attaques interviennent quel- ques heures après la fin d’un sommet international sur la Libye à Paris. Le président français, Nicolas Sarkozy, a averti, après avoir réuni des di- rigeants arabes, européens et nord- américains à Paris, que les troupes de Mouammar El Gueddafi pouvaient être bombardées à tout moment. Alors que de violents combats font rage dans le même temps dans le bas- tion anti-El Gueddafi de Benghazi. «En accord avec nos partenaires, nos forces aériennes s’opposeront à toute agression des avions du colonel El Gueddafi contre la population de Benghazi. D’ores et déjà, nos avions empêchent les attaques aériennes sur la ville», a assuré Nicolas Sarkozy, à l’issue du sommet. «D’autres avi- ons, français, sont prêts à intervenir contre des blindés qui menaceraient des civils désarmés», a-t-il ajouté. Selon des sources militaires, ce sont des avions de chasse Rafale qui ont survolé la Libye. Le premier tir a eu lieu à 16h45 GMT contre «un

véhicule libyen clairement identifié comme appartenant aux forces pro- El Gueddafi », selon l’état-major français. Le porte-avions Charles de Gaulle devait également appareiller aujourd’hui de Toulon au sud, en direction de la Libye, a précisé hier l’état-major des armées. «Il est clair que la France assure le leadership de l’action militaire dans l’espace aérien libyen», a déclaré le Premier ministre belge,Yves Leterme. «Notre coalition est prête à agir», a affirmé de son côté le président américain, Barack Obama, sans préciser le de- gré de participation des Etats-Unis. La secrétaire d’Etat américaine, Hillary Clinton, présente à Paris, a promis de fournir des «capacités uniques», celles dont ne disposent pas leurs alliés. Selon des experts, il pourrait s’agir de missiles anti-radar. Dans un nouvel appel au colonel Mouammar El Gueddafi, Nicolas

Sarkozy a déclaré qu’il est «encore temps» pour le dictateur de Tripoli d’«éviter le pire», à condition de respecter «sans délai et sans réserve» toutes les exigences de la commu- nauté internationale. Ce sommet intervenait 48 heures après le vote de la résolution 1973 du Conseil de sécurité de l’ONU. Laquelle autorise le recours à la force pour protéger les civils de l’offensive du régime contre les insurgés. «Le colonel El Gueddafi a méprisé cet avertissement. Au cours des dernières heures, ses forces ont intensifié leurs offensives meurtriè- res», a relevé Nicolas Sarkozy, ce qu’a démenti le régime libyen. «Il est d’une importance vitale de passer à l’action de manière urgente», a es- timé le Premier ministre britannique, David Cameron, dont le pays est avec la France aux avant-postes de la coalition. Le Qatar et plusieurs pays

EL GUEDDAFI «A PERDU TOUTE LÉGITIMITÉ», SELON BAN KI-MOON

Le secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon, a estimé que le dirigeant libyen Mouammar El Gueddafi avait «perdu toute légitimité» et devait abandonner le pouvoir, dans une interview au quotidien espagnol El Mundo publié hier et repris par l’AFP. «El Gueddafi a perdu toute légitimité. Il ne peut rester au pouvoir en Libye. Quoiqu’il arrive, il doit partir», a-t-il déclaré.

européens, comme la Belgique, les Pays-Bas, le Danemark, la Norvège, et l’Espagne, ainsi que le Canada, ont confirmé à Paris leur volonté de participer aux opérations militaires, en fournissant des avions, ignorant les mises en garde du régime d’El Gueddafi. Le chef du gouvernement espagnol, José Luis Zapatero, a indiqué que son pays enverrait 4 avions de chasse F18 et un ravitailleur pour faire respecter une zone d’exclusion aérienne en Li- bye. L’Italie offre «pour le moment» ses bases militaires sans exclure une participation future plus importante, a déclaré Silvio Berlusconi. Reste le rôle de l’OTAN, lequel reste jusque-là une inconnue. Il est possi- ble que l’Organisation intervienne dans des opérations prévues par la résolution de l’ONU. Opérations qui nécessitent du temps et de gros moyens pour être mises en œuvre. Exemple de ces opérations, l’imposi- tion d’une zone d’exclusion aérienne et le contrôle maritime de l’embargo sur les armes. Le but du sommet est de montrer l’unité d’une bonne partie de la communauté internationale face à Mouammar El Gueddafi. Outre des chefs de gouvernement européens, ont pris part à cette rencontre les

ministres des Affaires étrangères du Qatar, des Emirats arabes unis, du Maroc et de la Jordanie et La Ligue arabe. La Russie a réagi suite à ces premières attaques en exprimant son regret quant à l’intervention armée «étrangère» en Libye. «A Moscou, nous regrettons cette intervention armée, effectuée dans le cadre de la résolution 1973 de l’ONU, adoptée à la hâte», a déclaré dans un communi- qué le porte-parole du ministère des Affaires étrangères russe, Alexandre Loukachevitch. Le diplomate russe appelle à un cessez-le-feu le plus ra- pidement possible en Libye. «Nous restons convaincus que pour régler de manière stable le conflit interne» en Libye, «il faut rapidement arrêter les effusions de sang et que les Li- byens entament le dialogue». De son

côté, le secrétaire américain à la Dé- fense, Robert Gates, a repoussé hier

à la dernière minute un voyage qu’il

devait effectuer en Russie, afin de

pouvoir suivre la situation en Libye,

a annoncé le Pentagone. «Il retarde

son voyage d’au moins 24 heures afin de pouvoir suivre la situation en Libye depuis Washington», a déclaré le porte-parole du ministre, Geoff Morrell, à la base militaire aérienne d’Andrews, près de Washington. Amnay I.

LES FORCES DE LA COALITION

La France, le Royaume-Uni, les Etats-Unis ainsi que plusieurs autres pays européens et arabes ont promis de participer aux opérations aériennes en Libye, avalisées par l’ONU. Voici le détail des forces qui pourraient être utilisées.

FRANCE La France dispose d’une centaine d’avions de chasse, notamment des Rafales et des Mirages 2000, ainsi que des avions-radars Awacs. Un porte-hélicoptères de type Mistral était de plus récemment sur zone. Les bases aériennes de Solenzara en Corse et de N’Djamena au Tchad sont en alerte et pourraient servir de point de ralliement. Le porte-avions Charles de Gaulle, actuellement à Toulon (sud de la France), pourrait être rapproché des côtes libyennes.

ROYAUME-UNI Le Royaume-Uni a déployé des avions de

combat Tornado et Eurofighter (appelé Typhoon en Grande-Bretagne) vers des bases proches de la Libye. Il pourrait s’agir de Chypre, où étaient récemment stationnés trois avions-radars Awacs. Londres dispose également de bases à Malte mais La Valette a refusé qu’elles servent aux opérations. Deux frégates britanniques sont actuellement en Méditerranée, le Westminster et le Cumberland.

ÉTATS-UNIS Des F15 et F16 américains sont déjà sur la base de Sigonella (Sicile). Le porte-hélicoptères Bataan et deux navires de soutien doivent être dépêchés à partir de mercredi vers la Méditerranée pour relever d’autres navires. Les Etats-Unis disposent également de deux destroyers lance-missiles en Méditerranée orientale, le Barry et le Stout. Tous deux sont équipés de missiles de croisière Tomahawks.

CANADA Les Canadiens ont promis six chasseurs- bombardiers CF-18. Le navire de combat Charlottetown se trouve déjà dans la région.

ITALIE L’Italie a demandé que la coordination des

actions militaires soit transférée de Stuttgart (Allemagne) à Capodichino, près de Naples, et

a proposé l’utilisation de sept bases aériennes notamment à Sigonella, en Sicile.

OTAN

L’OTAN reste en retrait, se bornant à «accélérer sa planification». Elle semble appelée à ne jouer qu’un rôle d’appoint. Les avions-radars Awacs de l’Alliance sont déjà présents en Méditerranée et volent 24 heures sur 24, 7 jours sur 7, depuis une semaine. L’OTAN a par ailleurs déployé récemment trois navires dans

la même zone et sa force de chasseurs de mines

n’est pas loin.

DANEMARK Copenhague a proposé l’engagement d’un maximum de six avions de chasse F16 et d’un avion de transport.

NORVÈGE La Norvège a promis une contribution, sans en

préciser la nature: il devrait s’agir d’avions de transport Hercule et de chasseurs F16.

BELGIQUE

La Belgique s’est dite prête à participer,

évoquant la possibilité de redéployer quatre des six chasseurs F16 actuellement engagés au sein de l’OTAN, ainsi qu’un navire chasseur de mines.

PAYS ARABES Le Qatar a assuré de sa participation mais sans la préciser. Un diplomate de l’ONU a également promis l’engagement des Emirats arabes unis, mais cela n’a pas été confirmé.

ESPAGNE L’Espagne a promis des «moyens navals et aériens» et a autorisé l’utilisation de la base aéronavale de Rota, qui sert d’appui aux forces américaines et de l’OTAN, située près du détroit de Gibraltar, ainsi que celle de Moron, au sud de Séville, partagée par les armées de l’air espagnole et américaine.

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El Watan - Dimanche 20 mars 2011 - 12

L’ÉVÉNEMENT

APRÈS LES TROUBLES DE DERAA EN SYRIE

Création d’une commission d’enquête

Quatre manifestants ont été tués par les forces de l’ordre et des centaines d’autres blessés au cours d’une manifestation à Deraa.

L es autorités syriennes ont créé une commission d’enquête sur les violences qui ont fait au

moins quatre morts lors d’une mani- festation contre le pouvoir, vendredi à Deraa, dans le sud du pays, a indiqué hier l’AFP, citant l’agence officielle Sana. «Le ministère de l’Intérieur a formé une commission d’enquête sur les évènements regrettables qui ont eu lieu à Deraa», a indiqué Sana. «Des mesures adéquates vont être prises pour en sanctionner les responsa- bles.» Selon un militant des droits de l’homme qui était sur place, quatre manifestants ont été tués par les forces de l’ordre et des centaines d’autres blessés au cours d’une manifestation à Deraa. «Les forces de l’ordre ont ouvert le feu à balles réelles sur les manifestants», a-t-il déclaré. Selon lui, «des centaines de manifestants ont été blessés. Beaucoup d’entre eux ont été enlevés par les services de sécurité de l’hôpital et emmenés vers une destina- tion inconnue». Depuis 1946, date de l’indépendance, le pays vit des luttes intestines pour le pouvoir et la répression de tou- te contestation au régime en place. Le premier coup d’Etat remonte au 30 mars 1949 provoquant la chute du régime parlementaire. Pendant cinq ans, les dictatures militaires se succèdent. En 1954, les élections. Ap- paraissent alors des forces nouvelles, à savoir, les baathistes, les commu- nistes et les nationalistes. Le nouveau

pouvoir se rapproche de l’URSS et de l’Egypte nassérienne. Face au bloc pro-occidental Amman-Baghdad, Da- mas se prononce en faveur de l’unité avec l’Egypte. En 1958 est créée la Répubique arabe unie (RAU) dont Gamal Abdel Nasser est le président. Mais ce rêve finit par se volatiliser. L’armée syrienne y met fin le 28 sep- tembre 1961. Le 8 mars 1963, un nouveau coup d’Etat porte le Baas au pouvoir. Sont entamées alors les politiques de na- tionalisations et de réformes agraires. Politiques qui suscitent l’hostilité des strates possédantes. Ainsi, la classe dirigeante d’obédience baathite suc- cède, le 23 février 1966, à l’ancienne équipe d’une même courant mais plus radicale. Dirigée par le docteur Jamal Attassi et Salah Jedid, cette nouvelle classe dirigeante prône un socialisme pur et dur et une position intransi- geante envers Israël. Après sa partici- pation à la guerre de juin 1967 contre l’Etat hébreu, Damas perd le plateau du Golan. Après une longue lutte à l’intérieur du pouvoir, le ministre de la Défense, Hafez Al Assad, pilote de chasse de formation, s’empare du pouvoir par un coup d’Etat le 13 no- vembre 1970.

LE RÈGNE DE LA FAMILLE ASSAD ET DE LA MINORITÉ ALAOUITE Au pouvoir, Hafez Al Assad consacre la domination de la minorité alaouite (chiite) et de l’armée au pouvoir. Le

7 mars 1972 est créé le Front national progressiste regroupant le parti Baas, le Parti communiste (PC) et trois groupes nassériens. Mais ce sont les éléments baathistes qui y dominent. En 1977 disparaît l’opposition du Par- lement. Mais le régime reste menacé par la contestation dont le paroxysme se traduit par l’insurrection de la ville de Hama réprimée dans le sang en février 1982. Depuis cette date, l’opposition n’arrive pas à reprendre le souffle.

RETOUR AVEC L’UPM Allié de l’Iran et de l’Arabie Saoudite, hostile à Baghdad, Damas a pris part à la coalition anti-irakienne durant la guerre du Golfe de 1990-1991. En contrepartie, la Syrie garde son in- fluence sur le Liban. Par une telle politique étrangère, la Syrie veut s’imposer comme ac- teur inéluctable dans les conflits que connaît la région.Sur le plan interne, la guerre de succession redouble de férocité depuis 1983 après la crise cardiaque qui frappe Al Assad. Le pré- sident met à l’écart son frère Rifaât, qui nourrit l’ambition de lui succéder et propulse sur le devant de la scène son fils aîné, Bassel, mais ce dernier meurt le 21 janvier 1994. Il lance alors son fils cadet, Bachar, qu’il nomme en 1995 commandant de la Garde présidentielle et auquel il confie plusieurs missions au Liban. Hafez Al Assad meurt en 2000. Pour

que son fils Bachar lui succède, le Par- lement syrien amende la Constitution pour revoir à la baisse l’âge minimum du candidat à la présidentielle qui passe ainsi de 40 à 34 ans. Deux jours plus tard, Bachar Al Assad est promu général en chef des forces armées. Il est élu président de la République par référendum le 10 juillet 2000. Il demande la reprise des négociations avec Israël pour récupérer le Golan. Entretemps, Washington et Tel-Aviv l’accusent de soutenir le Hezbollah et le Hamas. Il s’oppose à l’invasion de l’Irak par les forces américaines en 2003. En 2001, sous la pression de la com- munauté internationale, les forces syriennes quittent en partie importante le Liban. L’assassinat de l’ancien Pre- mier ministre libanais, Rafic Hariri, en février 2005, suscite l’hostilité des populations libanaises à l’égard de Damas. Les Occidentaux, de leur côté, soup- çonnent les services secrets syriens d’être derrière l’élimination physique de Hariri. Fin avril 2005 est bouclé le retrait définitif des troupes syriennes

du Liban. La Syrie tente alors de sortir de l’isolement diplomatique où elle se retrouve. Outre ses relations avec l’Iran, Da- mas réussit, en 2008, à revenir sur la scène internationale en devenant partenaire de l’Union pour la Méditer- ranée (UPM), un projet cher à Nicolas

Sarkozy.

Amnay I.

ÉGYPTE

Votehiersur

la réforme

constitutionnelle

Les Egyptiens se sont massivement rendus aux urnes, hier, pour un référendum constitutionnel, premier vote depuis la chute du président Moubarak au cours duquel l’opposant Mohamed El Baradei a été attaqué à coups de pierres, rapporte l’AFP. Les résultats du scrutin, dont pourraient dépendre le rythme et les modalités du retour à un pouvoir civil élu promis par l’armée qui dirige le pays, doivent être annoncés demain. L’opposant Mohamed El Baradei, partisan d’un rejet des réformes proposées, a été attaqué par des centaines de personnes qui ont jeté des pierres et des chaussures dans sa direction alors qu’il allait voter. Les principales modifications concernent la durée d’une présidence, qui pourrait être limitée à deux mandats maximum de quatre ans chacun – contre des mandats de six ans illimités jusqu’à présent – et l’assouplissement des conditions de candidature à la magistrature suprême. Les amendements ont été préparés par une commission de juristes nommée par l’armée. En cas de rejet de cette réforme, les militaires ont fait savoir qu’ils feraient une «déclaration constitutionnelle limitée» pour organiser la suite de la transition promise vers un système démocratique, sans donner plus de détails.

SALAM KAWAKIBI. Directeur de recherche à Arab Reform Initiative (ARI) de Paris

«Les Syriens veulent en finir avec l’état d’urgence et les lois d’exception»

Tout comme les autres peuples arabes, les Syriens se soulèvent contre la tyrannie. Pour Salam Kawakibi, chercheur à Arab Reform Initiative, un centre de recherche basé à Paris, «une ligne vient d’être franchie» en Syrie. Même s’il reste pru- dent quant à l’accélération des événe- ments dans son pays, il estime que le peuple de Syrie est «mature et il est temps pour lui d’en finir avec l’état d’ur- gence et les lois exceptionnelles». Il a jugé nécessaire d’en finir avec «l’approche sé- curitaire» dans le traitement des revendi- cations politiques auxquelles fait face le régime de Bachar Al Assad. «La gestion sé- curitaire doit cesser dans ce pays qui a les ressources politiques suffisantes pour enta- mer un dialogue et éviter des scénarios vio- lents», a-t-il préconisé.

Propos recueillis par Hacen Ouali

La Syrie est-elle gagnée par la contagion des révoltes populaires qui secouent le monde arabe ? Il est prématuré de se prononcer sur une éven- tuelle imitation et pas une contagion, car la dé- mocratie n’est pas un virus, de la révolte arabe en Syrie. Par ailleurs, les manifestations spontanées des jeunes prouvent que la peur n’est plus mon-

naie courante dans leur attitude. Une ligne a été franchie. Les slogans que nous avons pu en- tendre représentent la première phase d’un processus qui doit être compris par toutes les parties concernées. La liberté était mise en valeur dans toutes les ma- nifestations ainsi que la guerre contre la corruption. Les espoirs qui perdurent depuis des années sur les réformes politiques com- mencent à s’essouffler. C’était un message à bon entendeur, car la Syrie possède encore les moyens sociétaux et gouvernementaux pour trouver d’autres issues, s’il y a une volonté du pouvoir politique. Cependant, il est très important d’être vigilant sur toutes les tentatives de récupé- ration des vieux symboles de la corruption et la répression, comme l’ancien vice-président Khad- dam qui se présente comme étant l’instigateur ou l’inspirateur de ces revendications. Quel commentaire faites-vous sur la réaction du pouvoir de Bachar Al Assad ? Les réactions des autorités ont été violentes, donnant la mort à plusieurs jeunes manifes- tants et blessant des dizaines avec nombreuses arrestations. Cette attitude déplorable pourra paradoxalement réveiller les esprits politiques chez les dirigeants pour faire reculer la vision sécuritaire dominante sur tous les dossiers, même

vision sécuritaire dominante sur tous les dossiers, même les plus anodins. Avant les ma- nifestations de

les plus anodins. Avant les ma- nifestations de vendredi, un rassemblement des familles des prisonniers politiques a essayé de déposer un recours auprès du ministère de l’Intérieur afin de demander la libération de leurs proches. La réaction des autorités était très brutale avec l’arrestation de 34 participants, dont un intellectuel syrien de renommée arabe et internatio- nale. Tayeb Tizini a été violenté et humilié avant d’être remis en liberté quelques heures plus tard. La gestion sécuritaire doit cesser dans ce pays, qui a les ressources politiques suffisantes pour entamer un dialogue et éviter des scénarios violents que personne ne souhaite. Comment voyez-vous l’évolution de la si- tuation dans le pays ? Les événements vont-ils s’accélérer ? Cela dépendra du degré de conscience et de l’ha- bileté politique. Il est encore temps pour renouer le dialogue national et reconnaître la présence de la pluralité des idées et des visions sur l’avenir du système politique. Combattre la corruption ne peut pas rester dans le registre des discours et quelques opérations es- thétiques qui ne touchent pas l’essentiel. La liberté d’expression n’est pas un don quelconque, c’est un droit. Les Syriens sont aptes à vivre en paix dans

leurs différences ethniques et confessionnelles. Ils sont matures et il est temps pour eux d’en finir avec l’état d’urgence et les lois exceptionnelles. L’actuel Président est-il sérieusement contes- té par de larges franges de la société syrienne ? En l’absence de possibilité de réaliser des son- dages d’opinion crédibles, il m’est difficile de ré- pondre à cette question dans l’absolu. Cependant, les années 2000 ont connu une euphorie populaire relativement avantageuse pour le Président avec un sentiment national renforcé suite à la pression po- litique extérieure. Les réussites diplomatiques de la Syrie ont occulté, pour un moment, la nécessité d’entamer de réelles réformes politiques et écono- miques sur la scène intérieure. Dans cette atmosphère, des formations de l’opposition syrienne désorganisée ainsi que des intellectuels indépendants ont essayé de tendre la main et de proposer l’ouverture d’une plateforme nationale afin de débattre sur tous les dossiers es- sentiels qui touchent à la vie des Syriens. Leur requête a été rejetée et certains parmi eux ont été emprisonnés. La société syrienne a des re- vendications «réalisables ; elles nécessitent un en- gagement politique et patriotique en neutralisant la gestion sécuritaire. Elle est consciente de la situa-

tion géopolitique et des dossiers extérieurs épineux et elle l’a démontré à plusieurs reprises en réitérant ses revendications. Elle considère qu’il est temps de la prendre au sérieux, de reconnaître sa maturité et de répondre efficacement à ses besoins réels et

urgents.

H. O.

PHOTO : EL WATAN

El Watan - Dimanche 20 mars 2011 - 13

REPORTAGE

SITUATION AU POSTE FRONTALIER TUNISO-LIBYEN

Insalubrité et anarchie sur fond de bombardements libyens

L’insalubrité gagne du terrain au camp de réfugiés, alors que les communautés africaine et Bengalie ont été séparées Ces derniers jours ont été marqués par l’arrivée massive de Ghanéens, de Maliens et de Nigérians…

Ras Jdir (frontière tuniso-libyenne) De notre envoyée spéciale

U n flux massif d’Africains a ca- ractérisé la journée de diman- che dernier, avec 3020 entrées,

parmi lesquels 1149 Maliens, 1472 Ghanéens, 323 Nigérians, 321 Ben- galis, 79 Somaliens, 5 Equatoriens, 1 Palestinien, 2 Burkinabés, 98 Souda- nais et 14 Ivoiriens. En fait, ce sont leurs ambassades respectives à Tripoli qui ont organisé leur départ avec l’aide des autorités libyennes. Sept bus ont été loués et sont arri- vés en même temps. Pour ce qui est des départs, seuls 2000 Bengalis ont quitté la Tunisie. L’espoir de rapatrier les 9932 qui restent est aujourd’hui permis. Le ministre des Affaires étran- gères du Bengladesh a promis de les rapatrier à partir d’hier. Dans le camp de Choucha, de nou- velles tentes sont encore dressées, souvent dans l’anarchie, alors que l’insalubrité envahit les espaces. Les odeurs asphyxiantes se dégagent des sanitaires installés un peu partout. De- venus de plus en plus nombreux, les Africains sont séparés des Bengalis, alors que les Soudanais continuent de refuser de faire la chaîne pour manger ou boire, «par respect à notre dignité», disent-ils. Beaucoup ont refusé de se mettre dans le camp, et ont préféré installer leurs tentes loin des regards, mais en dehors du dispo- sitif de sécurité. Les militaires en ont arraché quelques-unes, mais elles ont vite été dressées un peu plus loin. Ils veulent tous partir chez eux et le plus vite possible. «Nous ne pouvons pas permettre à l’anarchie de s’installer. Ils doivent intégrer le périmètre de sécurité. Il va de leur bien-être, sinon ils ne recevront rien», déclare le colonel

sinon ils ne recevront rien» , déclare le colonel Des réfugiés en attente de recevoir une

Des réfugiés en attente de recevoir une ration alimentaire

Fethi Bayoudh, chargé de la gestion du camp. Il peine à organiser les lieux où ont passé la nuit, du dimanche à lundi, 16 776 réfugiés, parmi lesquels 9932 Bengalis, 2634 Ghanéens, 2045 Ma- liens, 680 Soudanais, 592 Somaliens, 115 Erythréens et 40 Nigérians. La chaleur torride complique davantage la situation sanitaire, et il n’est pas exclu que des foyers d’épidémie ap- paraissent.

DES FOYERS D’ÉPIDÉMIE NE SONT PAS À EXCLURE ? Pour l’instant, les moyens mis en place par les équipes médicales de Méde- cins sans frontières, Médecins du monde, la Protection civile tunisienne et les équipes médicales de l’Armée marocaine sont en alerte. Des problèmes de sécurité sont éga- lement signalés. Des agressions sans

gravité, pour l’instant, ont eu lieu et l’incident le plus grave est cet incen- die qui a détruit une tente militaire, blessant grièvement deux soldats. Personne ne croit à un accident ou à un court-circuit. La thèse d’un acte crimi- nel est sur la bouche de tout le monde. La tente, disent-ils, «ne peut pas être brûlée avec une bougie, d’autant que cette nuit-là il y a eu une pluie dilu- vienne». Les militaires ont renforcé leur présence dans le camp, mais le périmètre est tellement grand qu’il est quasiment impossible de le contrôler, surtout que l’éclairage n’existe que de- vant le QG de l’armée, et les tentes des ONG onusiennes. D’ailleurs, les rixes éclatent dans la majorité des cas lors des interminables files d’attente pour les repas qui durent au moins trois heures. Un pénible exercice qui épuise les réfugiés, les stresse et les rend très

vulnérables. «Je suis fatigué de faire la chaîne pour manger, pour boire, pour me laver et pour téléphoner. Jamais je n’aurais pensé me retrouver dans une telle situation», déclare un Malien. «Cela fait trois jours qu’il est dans le camp et ne demande qu’à partir». Il est revenu de Tripoli après avoir perdu toutes ses économies, ses papiers et son travail. La même situation est vécue par cet Ivoirien, arrivé jeudi dernier, sauf que lui précise n’avoir pas voulu partir de Libye. «Depuis quelque temps, il y a trop d’agressions dans les rues. Je me suis caché pendant une semaine avant que les militaires ne m’emmènent en pri- son. J’y suis resté durant deux jours, puis ils m’ont mis dans un bus avec plein d’autres étrangers africains, pour être transférés à la frontière. Il y avait sept bus ce soir-là, qui ont

transporté les Africains vers la Tuni- sie. Mais moi, je n’ai plus de papiers et je ne veux pas retourner en Côte d’Ivoire à cause de la guerre…», dit- il, les larmes aux yeux, ajoutant : «Je ne veux que du travail, loin de la guer- re et de la violence…». Un Nigérian confirme le témoignage et précise que dans chaque bus, il y avait au moins une cinquantaine de personnes. «Il y a encore des centaines qui vont arriver. Ils sont bloqués et n’attendent que l’occasion pour quitter la ville. Les gens sont traumatisés par les tirs d’artillerie et les échanges de coups de feu. A Tripoli, c’est vrai que la si- tuation diffère, mais la population vit un cauchemar. Elle a très peur mais ne peut rien faire», raconte le Nigérian, avant d’être interrompu par un Libyen qui vient de franchir la frontière. «La situation est très grave. J’ai dû passer au moins une trentaine de barrages. Les militaires ont des listes de personnes qu’ils cherchent dans les bus, les taxis et les camions. La

population libyenne de Tripoli est terrorisée. Elle ne sait plus quoi faire. Elle ne peut même pas partir, parce que les militaires l’en empêchent. Si je n’avais pas l’excuse de mes contrôles médicaux, jamais ils ne m’auraient laissé sortir…», nous dit-il, avant de prier pour le départ d’El Gueddafi. Pourtant, plus de 3000 Libyens ren- trent quotidiennement en Tunisie. «Ce sont des trabendistes. Ils habitent non loin de la frontière. Ils viennent dé- charger le carburant à Benguerdane et ils retournent chez eux. Le nombre qui rentre est le même que celui qui

sort

explique un officier de la po-

lice des frontières. En cette journée, tous craignent un retour massif de réfugiés les prochains jours, du fait des bombardements de plus en plus proches du poste de Ras Jdir. Salima Tlemçani

»,

MOHAMED BENALI NADJEH. Porte-parole du comité populaire de Benguerdane

«Nous couperons l’accès aux réfugiés si l’exclusion de nos jeunes continue»

Porte-parole de la population de Benguerdane, Mohamed Benali Nadjeh a créé la surprise en malmenant le secrétaire général du Croissant-Rouge tunisien au camp des réfugiés. Il a dénoncé «les pratiques d’exclusion» de l’organisation et menacé de couper aux ONG l’accès au camp.

Propos recueillis par Salima Tlemçani

Les habitants de Benguerdane ont exprimé leur colère contre les ONG onusiennes et humanitaires qui in- terviennent dans la prise en charge des réfugiés. Quels sont les motifs de cette réaction ? Lorsque les premiers contingents de refugiés ont franchi le poste de Ras Jdir, c’est la population de Benguerda- ne qui leur a assuré la prise en charge, avec l’Armée, bien sûr. Elle a organisé la collecte des dons et des aides finan- cières, ouvert les salles des fêtes et

tous les espaces privés et publics pour héberger et nourrir un flux de 12 000 à 12 500 personnes par jour. Nuit et jour, durant deux semaines, nous ne dormions pas et personne parmi les membres du Croissant-Rouge tunisien, la Croix Rouge, l’ONU, etc., ne nous a soutenus. N’y a-t-il pas eu d’aide de la part de ces ONG ? Pas du tout. Nous étions seuls sur le terrain. Le HCR a balancé les tentes et il est parti. Ce sont nos jeunes qui les ont installées. De la région de Kef jusqu’à Ras Jdir, tous les citoyens ont participé à la collecte des aides qui por-

taient le drapeau tunisien seulement. Ces efforts sont devenus aujourd’hui le monopole de certaines associations et ONG, qui également ont fait main basse sur les opérations de recrutement. Nous avons même vu une association, appelée Rahma, créée en l’espace de quelques jours par des gens reliés au parti dissous, RCD, avec la compli- cité du maire. Nous refusons que la solidarité soit utilisée à d’autres fins, ou qu’il y ait une exploitation de nos jeunes. Notre commune compte 80 000 habitants, parmi lesquels 35 000 sont des chômeurs. Nous avons fait la prison pour que nos enfants puissent trouver du travail et non pas être exploités… Certains véhicules des ONG onu- siennes ont été caillassés par les jeu- nes de la ville. Que revendiquent-ils selon vous ? C’est leur manière d’exprimer leur colère. Ils protestaient contre ces or- ganismes qui recrutent leurs ouvriers de Zarziz (80 km), de Mednine (110 km) et de Tunis (650 km), alors que nos

jeunes sont là à ne rien faire. Même les véhicules de location et les chauffeurs sont ramenés d’ailleurs. Le nettoyage des ordures, le gardiennage, toutes les tâches sont données à des gens exté- rieurs à Benguerdane. C’est vraiment injuste. Une associa- tion de bienfaisance et de solidarité avec Benguerdane est venue travailler quelques jours, puis elle est repartie en emportant une partie des aides collectées au profit des réfugiés. Nous voulons que ces pratiques cessent. Benguerdane vit l’enfer depuis le mois d’août dernier. C’est ici que la révolu- tion a commencé, après que des jeunes aient brûlé des véhicules de police. La ville a été assiégée par des milliers de policiers, mais personne n’en a fait état. Il y a des gens qui attisent les animo- sités entre les arch (tribus) de Ouled Kbir, Zarzis et Benguerdane, pour retomber dans les violences intercom- munautaires de 1990. Nous refusons de tomber dans ce piège. Nous voulons juste attirer l’attention des responsables

sur la gravité de la situation, qui dans le cas où elle persiste, va engendrer une explosion populaire. La ville vivait du pâturage et des échanges avec la Libye. Aujourd’hui, les terres sont occupées par les réfugiés, et le trafic avec la Libye est totalement à l’arrêt. De quoi vont vivre nos enfants ? Nous aurions aimé que les postes de travail fournis par les ONG soient donnés aux locaux. Cela n’est pas le cas. Ils ont été totalement exclus par le maire et son entourage. Notre commune est celle qui donne le plus d’impôts au pays, mais reste la plus pauvre. Si les choses n’évoluent pas, nous allons couper carrément la route à toutes les ONG et associations. Trouvez-vous normal que je n’ai pas pu trouver un emploi depuis 15 jours, alors que des ONG comme les Croissants-Rouges qatari, émirati, la Croix-Rouge, le Comité international de la Croix-Rouge, l’OMI, l’Unicef, l’Unifem et les autres ont recruté des dizaines de jeunes venus d’ailleurs ? C’est injuste et inacceptable. S. T.

El Watan -Dimanche 20 mars 2011 - 14

ALGER INFO LE FORUM DES MAIRES RÉCLAME L’IMMUNITÉ MUNICIPALE CITÉ DES 158 LOGEMENTS APPREVAL (KOUBA)
ALGER INFO LE FORUM DES MAIRES RÉCLAME L’IMMUNITÉ MUNICIPALE CITÉ DES 158 LOGEMENTS APPREVAL (KOUBA)
ALGER INFO LE FORUM DES MAIRES RÉCLAME L’IMMUNITÉ MUNICIPALE CITÉ DES 158 LOGEMENTS APPREVAL (KOUBA)

ALGER INFO

ALGER INFO LE FORUM DES MAIRES RÉCLAME L’IMMUNITÉ MUNICIPALE CITÉ DES 158 LOGEMENTS APPREVAL (KOUBA) 90%
ALGER INFO LE FORUM DES MAIRES RÉCLAME L’IMMUNITÉ MUNICIPALE CITÉ DES 158 LOGEMENTS APPREVAL (KOUBA) 90%
ALGER INFO LE FORUM DES MAIRES RÉCLAME L’IMMUNITÉ MUNICIPALE CITÉ DES 158 LOGEMENTS APPREVAL (KOUBA) 90%
LE FORUM DES MAIRES RÉCLAME L’IMMUNITÉ MUNICIPALE CITÉ DES 158 LOGEMENTS APPREVAL (KOUBA) 90% des
LE FORUM DES MAIRES
RÉCLAME L’IMMUNITÉ MUNICIPALE
CITÉ DES 158 LOGEMENTS
APPREVAL (KOUBA)
90% des P/APC
poursuivis en justice
LES IMMEUBLES
SE DÉGRADENT
L a cité des 158 Logements située à Appreval, dans la commune
de Kouba, inaugurée en 2001, manque paradoxalement de
quelques commodités devant hisser le cadre de vie de ces
● Les élus menacent de démissionner si leur revendication liée à l’immunité
n’est pas satisfaite.
P lusieurs élus de la capi-
tale ont des ennuis avec
la justice. Organisés en
un Forum des maires, ces
élus dénoncent l’acharnement
contre les assemblées com-
munales. «90% des présidents
des APC de la capitale ont des
affaires en justice. Ces élus
sont poursuivis, souvent sans
fondement, pour deux chefs
d’inculpation : dilapidation
de deniers publics et négli-
gence», signale le P/APC de
Zéralda, Mouhib Khatir, qui
préside également le Forum
des maires. L’élu dénonce une
«cabale» menée contre ses
pairs : «Les élus qui sont
installés dans leurs fonctions
avec un casier judiciaire vier-
ge se retrouvent, à la faveur
d’une lettre anonyme, sur le
banc des accusés. Et ils ne
s’en sortent pas toujours. Si
la condamnation n’intervient
pas durant la durée du mandat
des élus, ceux-ci risquent de se
retrouver sur la sellette juste
résidants à un rang acceptable. Les concierges qui étaient dans
un passé récent opérationnels, et qui effectuaient l’entretien des
immeubles sont absents depuis plus de deux mois. «Les charges
sont payées par les habitants, mais l’OPGI de Hussein Dey n’a pas
rémunéré les concierges qui refusent de s’acquitter des tâches»,
affirment les habitants. Résultat : l’insalubrité dans les immeubles
altère considérablement le cadre de vie de la cité, cette situation
oblige les résidants à effectuer eux-mêmes le travail de nettoyage
des escaliers. Outre ce problème de taille, les habitants de la cité
doivent également faire face à un problème récurrent, celui des pan-
nes d’électricité. Ces derniers affirment que les lampes des cages
d’escalier se grillent quotidiennement.
Cela est dû, selon eux, à des malfaçons dans la réalisation du réseau
électrique au niveau des immeubles. Ils déplorent également l’ab-
sence de l’éclairage dans les espaces adjacents aux immeubles, car
il est carrément impossible de se déplacer sans se munir de torche
pour éclairer son chemin. Les habitants de la cité assurent que lors
de l’inauguration de ces bâtiments par le président de la République
en 2001, les responsables ont fait en sorte de faire visiter au prési-
dent uniquement les appartements du rez-de-chaussée qui avait été
réalisés avec soin. Les appartements des niveaux supérieurs ont été,
selon les habitants de la cité, réalisés dans la précipitation et les fini-
tions des travaux ont été réalisées de manière médiocre. K. Saci
Siège de l’APC de Bab Ezzouar
après la fin de leurs fonctions.
Ces poursuites judiciaires ne
favorisent pas un travail se-
rein dans les instances élues.»
MouhibKhatir, qui revendique
l’adhésion au Forum de 80%
des P/APC d’Alger, affirme
que ses collègues déposeront
leur démission si leurs reven-
dications liées, entre autres,
à l’immunité municipale, ne
sont pas prises en charge par
la tutelle. «Nous revendiquons
une revalorisation des indem-
nités et le cumul des fonc-
tions. Mais pas seulement.
L’immunité municipale, dont
nous souhaitons la concréti-
BENI MESSOUS
UN CIMETIÈRE DÉLABRÉ
L e cimetière de Beni Messous se trouve dans un état de délais-
sement total, au grand désarroi des nombreux visiteurs qui y
LE P/APC D’EL MADANIA A-T-IL
DÉMISSIONNÉ ?
L e président de l’APC d’El Madania, M. Mouffok, aurait déposé sa démission en fin de
semaine dernière. La raison : les pressions qu’auraient exercé sur lui l’administration de
wilaya et les citoyens qui l’accusent de ne pas tenir la promesse de les reloger dans les plus brefs
délais. Contacté hier, l’élu réfute cette version. «Je n’ai jamais démissionné de mes fonctions. Les
gens qui colportent ce genre d’information ne veulent pas du bien à l’APC et à ma personne», as-
sure-t-il. Les habitants d’El Madania, agacés par des promesses jamais tenues, dénoncent la mau-
vaise gestion dans cette APC, «abandonnée par ses élus et par l’administration de wilaya». «Les
autorités privilégient leurs bas intérêts. Les habitants des cités de Salembier sont abandonnés et
personne ne s’intéresse à eux, sauf quand il s’agit de les utiliser pour casser des revendications
légitimes portées par d’autres citoyens», souligne un habitant de Diar El Mahçoul, qui affirme
que les résidants comptent mener des actions de rue pour obtenir leurs quotas de logements. N. I.
sation, permettra de protéger
les élus contre des poursuites
engagées sur la base de lettres
anonymes envoyées par des
personnes malveillantes. Nous
démissionnerons de nos postes
sans tarder si les revendica-
tions ne sont pas satisfaites»,
menace le président de l’APC
de Zéralda.
La discussion du nouveau
code de projet communal par
l’APN suscite des remous
dans plusieurs assemblées
dont les élus se voient comme
des «moins que rien» alors que
leurs administrés les rendent
responsables de tous leurs pro-
blèmes. Des élus affirment,
sous couvert de l’anonymat,
que les prérogatives ne sont
guère importantes, alors que le
risque de se retrouver à la bar-
re, lui, est réel. «Moi, je suis un
simple ramasseur d’ordures»,
s’indigne l’élu d’une com-
mune pourtant «enviée» pour
l’importance de son budget.
Les élus revendiquent la reva-
lorisation de leurs indemni-
tés, qui sont dérisoires. «Nous
sommes mal payés, moi-même
je touche 14 500 DA, c’est
insignifiant», nous informe
Mouhib Khatir. Les élus re-
vendiquent-ils une fourchette
précise ? «Nous ne revendi-
quons pas une somme précise.
Mais la logique voudrait que
la tutelle décide des augmen-
tations nécessaires en tenant
compte des indemnités des
élus du Sénat ou de l’APN»,
souligne l’élu. Nadir Iddir
affluent toute la semaine, surtout les week-ends. L’eau ne coule plus
dans les robinets de ce cimetière, incitant les quelques fossoyeurs à
abandonner les sépultures. Outre ce problème de taille que l’APC de
Beni Messous tarde à prendre en charge, le cimetière est dépourvu
d’allées devant faciliter les déplacements des visiteurs. Les simples
chemins de terre étroits et sinueux s’apparentent à de véritables
sentiers forestiers.
Aussi, la route menant au cimetière n’est pas bitumée. Une couche
de gravier a été posée, mais avec les grandes pluies, la route se dé-
grade et l’emprunter devient difficile. Les morts ont un droit sacré
sur les vivants «celui du respect». Mais, les autorités communales
de Beni Messous, chargées de prendre en charge le cimetière, l’un
des plus importants de la capitale, ne semblent pas décidées à le
doter de toutes les commodités nécessaires. Même les deux agents
chargés de l’entretien et du nettoyage à l’intérieur du cimetière ne
font pas leur travail, et quand les visiteurs s’adressent à eux et leur
font la remarque, ils leur disent que s’ils ne sont pas contents qu’ils
aillent se plaindre à la mairie.
K. S.
SUR LE VIF
24 HEURES
ÉTOUFFEMENT
PLACE AUDIN : LE SOUS-
SOL PLONGÉ DANS LE NOIR
articles, ce qui a empêché les
commerçants de poursuivre
leurs activités. Ce centre
commercial, l’un des plus
fréquentés et des plus connus
du centre de la capitale,
devrait pourtant disposer d’un
groupe électrogène pour
pallier ce genre de situation.
D’autant que le sous-sol ne
sert pas seulement d’espace
commercial, mais il est
également emprunté par des
étudiants et des citoyens
voulant aller vers le carrefour
du Maurétania.
Le centre commercial du
«sous-sol» de la place Audin à
Alger-Centre a été plongé
dans le noir durant une bonne
partie de la journée de mardi
dernier, suite à une coupure
d’électricité. Lescommerçants
ont dû allumer des bougies
pour éclairer leslieux. Nombre
de personnes de passage et
de clients ont trouvé tout le
mal du monde pour y circuler.
L’obscurité était tellement
contraignante qu’il était très
difficile de distinguer les
SIDI MOUSSA : NOUVEAU
SIÈGE D’APC
et wilaya d’Alger. Ce projet
permettra, selon M. Ben
Mohamed, P/APC, d’améliorer
les conditions d’accueil des
citoyens qui sont
présentement accueillis dans
un immeuble exigu construit
en 1975, mais aussi pour
améliorer les conditions de
travail des dizaines
d’employés qui s’entassent
dans 15 bureaux. La future
structure municipale,
composée d’un R+3, sera
dotée de plusieurs
commodités et abritera plus
de 40 bureaux, afin d’offrir
une ambiance de travail plus
adéquate.
Des travaux de réalisation du
nouveau siège de l’APC de
Sidi Moussa, prévu sur la
route de Larbaâ, seront lancés
incessamment, croit-on savoir
au niveau de l’assemblée
communale. Le montant
alloué à cette opération est
estimé initialement à 10
milliards de centimes à titre
de montage mixte, entre APC
HORAIRES DES
PRIERES
Fedjr
05h22
Dohr
12h56
Asser
16h22
Maghreb
19h02
Icha
20h21
Après la disparition des espaces verts, les lieux publics
sont à leur tour fermés devant les citoyens.
PHOTO : M. SALIM
PHOTO : H. LYÈS

El El Watan - Dimanche 20 mars 2011 - 14

CONSTANTINE INFO
CONSTANTINE INFO
CONSTANTINE INFO

CONSTANTINE INFO

CONSTANTINE INFO
CONSTANTINE INFO

ANARCHIE AUX SERVICES DE L’ÉTAT CIVIL

Le leurre de l’informatisation

Après plusieurs jours d’attente, le citoyen, dont les déboires ne sont pas terminés, se retrouve avec un acte de naissance truffé d’erreurs.

L ’informatisation des services de l’état civil de la commune de Constantine ne semble pas avoir réglé les problèmes

des citoyens en quête d’un acte de naissance. Plus de deux mois après la décentralisation

des services de l’état civil au niveau des dix secteurs urbains de la ville, la qualité des prestations ne s’est guère améliorée. Une vive tension règne ces derniers jours avec

le rush sans précédent enregistré devant les

guichets où la demande est de plus en plus importante, surtout de la part des deman- deurs d’emploi et de logements, en plus des citoyens désireux de renouveler leurs passeports et cartes d’identité. «Cela fait une semaine que j’attends qu’on me remette mon acte de naissance extrait du registre; à cha- que fois que je me présente devant le guichet, on me demande de revenir plus tard », s’est écrié un citoyen rencontré au secteur de Sidi Rached. Ce dernier est submergé chaque jour par une foule compacte. Certains affirment accomplir un véritable parcours du combat- tant pour obtenir le fameux document. «Il faut d’abord exprimer la demande et attendre deux à trois jours pour l’obtenir», dira un quinquagénaire. Un autre affirme qu’on la renvoyé de l’autre côté du service pour y recevoir sa pièce, mais sans résultat. «On vous dira à chaque fois de patienter, mais la patience a des limites; je viens tous les jours faire la chaîne devant le fameux guichet 8 et je reviens à chaque fois bredouille, pourtant on m’a informé que l’acte devrait être délivré en 48 heures », dira-t-il. Un autre jeune, en colère, déclare qu’après une longue attente, il

en colère, déclare qu’après une longue attente, il s’est retrouvé avec un acte erroné. « Je

s’est retrouvé avec un acte erroné. «Je n’en ai fait le constaté qu’une fois rentré à la maison, j’y ai découvert une erreur dans la transcrip- tion de mon prénom ; quand je suis retourné le lendemain au service, on m’a demandé de formuler une réclamation», dénonce-t- il. Devant le guichet des réclamations, une longue file se forme tous les jours. «Tous ces gens sont venus pour une erreur dans leurs actes de naissance ; vous voyez avec tous le temps qu’on a perdu, on se retrouve à la case départ», regrette un homme, qui note qu’il risque de ne pas déposer son dossier de demande d’emploi après l’expiration

des délais. De l’autre côté des guichets, les agents sont complètement débordés. Certains tentent de calmer des citoyens enragés. «Cer- tains travailleurs ne font que nous leurrer en nous affirmant que nos documents ne sont pas prêts», s’indigne une dame. En voulant comprendre le pourquoi de cette anarchie, nous nous sommes rapprochés d’un respon- sable au niveau des services de la rue du 20 Août 1955. Ce dernier nous indiquera que les erreurs commises sur les actes de naissance incombent aux services du secteur urbain. Une façon de rejeter la balle aux autres. Et le citoyen dans tout ce cirque ? S. Arslan

ELLE DEMANDE UN LOCAL POUR FAIRE VIVRE SA FAMILLE

La fille du chahid Ahmed Boudraâ malmenée

T riste sort que celui réservé à Naânaâ Boudraâ, épouse Serrab. Elle court depuis des mois, malmenée, ballottée d’une administration

à l’autre, dans l’espoir d’obtenir un local ou un kiosque afin de faire

vivre sa famille. La fille du chahid Ahmed Boudraâ, non moins cé- lèbre frère du martyr de la Révolution, Salah Boudraâ, issue d’une famille de révolutionnaires, affirme qu’elle a frappé à toutes les portes, en vain. «Je suis mère d’une famille nombreuse, avec un mari très âgé qui perçoit une faible retraite, et des enfants au chômage; je suis malade et je ne parviens même pas à payer mon traitement; je suis dans le besoin le plus absolu et je n’ai trouvé aucune aide», affirme-t-elle. Et d’ajouter: «Etant fille de chahid, je n’ai jamais réclamé des avantages, mais les temps ont changé et les conditions de vie sont

devenues trop dures ; je n’ai fait que demander ne serait-ce un petit local ou même un kiosque pour nourrir ma famille et m’occuper de mon mari.» Naânaâ, la soixantaine entamée, parle avec amertume

et regret du mauvais accueil qui lui est réservé chaque fois qu’elle

s’adresse aux services de l’APC. «On m’a traitée de manière indigne

en me faisant attendre pendant des heures, alors qu’un responsable de la municipalité n’a pas hésité à me chasser dehors, à mon âge », dénonce-t-elle. Dans un dernier recours, Naânaâ Boudraâ s’adresse au wali de Constantine avec l’espoir d’avoir enfin une oreille atten- tive. Grande a été sa surprise lorsqu’elle reçoit la réponse à travers une correspondance datée du 24 février dernier. «Alors que je m’attendais à être reçue, on m’adresse un lettre dans laquelle on me demande de me rapprocher des services de l’OPGI et postuler pour l’obtention d’un local, laquelle démarche ne sera possible qu’à la condition de passer par une vente aux enchères », déplore-t-elle. Une réponse qui l’a profondément déçue. «Comment pourrai-je réclamer un droit dans ce pays, alors qu’on ne cesse de me malmener de cette manière, sachant que je suis dans le besoin total et que je parviens difficilement à acheter mes médica- ments ? Alors pourquoi on me demande d’aller acheter un local qui coûte des dizaines de millions ?» s’indigne-t-elle. Malgré tous ses déboires, Naânaâ Boudraâ nourrit toujours l’espoir d’être rétablie dans ses droits par les autorités de la wilaya. S. A.

LES ENSEIGNANTS CONVENTIONNÉS EN COLÈRE

L es enseignants conventionnés ont décidé, hier, d’observer un sit-in ouvert, faisant suite à ceux organisés chaque same-

di devant la direction de l’éducation. Cette décision a été prise

après que les promesses qui leur ont été faites par la wilaya et

la tutelle n’ont pas été tenues, estiment les protestataires. Ils

revendiquent toujours la confirmation dans leurs postes sans

le concours. «Nous avons de l’expérience, pourquoi sommes-

nous obligés de participer au concours de recrutement ?» s’in- terroge leur représentent. Ce dernier a annoncé qu’un sit-in sera organisé, à l’échelle nationale, le 27 du mois en cours devant le ministère de tutelle. «Nous somme marginalisés à tous les ni- veaux ; nous voulons la vérité parce que le ministre a bien parlé d’un concours, alors que la direction de l’éducation nous a as-

suré qu’il n’y aura aucun concours cette année», ont déclaré les contestataires. D’autre part, la direction a rendu public le délai

de dépôt des dossiers pour le concours, à savoir du 5 au 25 mars

courant. Face à cette confusion, ces enseignants ont décidé de se

déplacer à Alger, à la tutelle, pour trouver une solution officielle

à ce problème.

R. B.

DES MANIFESTANTS EXIGENT LE DÉPART DU MAIRE

Vive tension à Hamma Bouziane

D es dizaines d’habitants de la ville Hamma Bouziane, une localité située à une quinzaine de kilomètres à l’est de Constantine, sont rassemblés

depuis jeudi devant le siège de l’APC dont ils ont interdit l’accès à tout le per- sonnel, exigeant le départ du maire et de tous ses collaborateurs. Ils bloquent, depuis trois jours, à l’aide de troncs d’arbres et de pierres, le boulevard de l’ALN, principal axe routier du centre-ville. Ils sont allés jusqu’à installer plu- sieurs tentes à l’entrée du siège de la mairie pour y passer la nuit du vendredi à samedi. Ils réclament des postes d’emploi, en plus d’une enquête indépendan- te sur la gestion des affaires de cette commune, brandissant des banderoles sur lesquelles on peut lire: «Halte à la gabegie, halte à la hogra, Filali dégage» (le

P/APC ndlr.) «Nous resterons sur place, jusqu’à ce que toutes nos revendica- tions soient prises en charge. L’actuel maire et toute son équipe, par leur ges- tion désastreuse des affaires de la commune, ont perdu toute crédibilité. Nous

voulons qu’ils partent », martèlent les manifestants. F. Raoui

BIDONVILLE DE OUED EL HAD

14 FAMILLES ATTENDENT LEUR RELOGEMENT

L a pluie est devenue une véritable hantise pour les ha- bitants du bidonville de Oued El Had, situé près de

la rivière. Après les inondations enregistrées le 2 février dernier, où le niveau de l’eau avait atteint deux mètres à l’intérieur des maisons, quatorze familles se sont re- trouvées dehors. «Nous avons reçu des promesses pour nous reloger, mais il s’avère que rien n’a été fait de la part des autorités, alors que nous sommes sans domi- cile depuis plus d’un mois», s’est exclamée la mère d’une famille sinistrée. A l’APC, les solutions ne sem- blent pas avoir été trouvées pour recaser ces familles, alors qu’au niveau de la daïra, on ne fait que calmer les esprits. «Nous ne pouvons revenir à nos gourbis pour vivre sous la menace des eaux; nous voulons être relo- gés dans les meilleurs délais», crie une fille en colère. Alors que le programme des logements sociaux est en cours de réalisation, l’on affirme du côté de la wilaya, qu’aucune solution n’est envisageable pour le moment. Plusieurs familles ne cessent d’interpeller le wali sur leur cas depuis plusieurs jours en organisant des sit-in quotidiens devant le siège du cabinet, et tout en gardant l’espoir de voir, un jour, le bout du tunnel. S. A.

DES FUITES D’EAU QUI PERDURENT À SARKINA

L es fuites d’eau sont devenues, depuis plusieurs semaines, une partie du décor à la cité Sarkina. Les

habitants affirment que cette situation dure déjà depuis des années. Des milliers de mètres cubes d’eau se per-

dent chaque jour dans la nature, alors que l’alimentation des ménages connaît de sérieuses perturbations dans tout le secteur de Ziadia. «Nous avons pourtant alerté les services de la Seaco à maintes reprises», assurent

les riverains.

Ratiba B.

CAMPAGNE DE SENSIBILISATION DE SONELGAZ

T oujours dans le cadre de la campagne de sensibili- sation aux risques du gaz, entamée au début de l’an-

née 2010, la Sonelgaz continue sur sa lancée en ciblant les localités rurales nouvellement raccordées à cette énergie. Ce travail a été initié en février écoulé via les établissements scolaires des cinq zones rurales relevant d’El Khroub, Aïn Abid, Aïn Smara, Didouche Mourad et Zighoud Youcef. «Ce sont les élèves qui véhiculeront le message au sein de leurs familles, c’est une très bonne méthode pour toucher les foyers; nous insistons bien sur le fait que cette énergie est un bienfait, mais si elle est utilisée de manière anarchique, elle peut être à l’origine de véritables drames», explique la chargée de communication de Sonelgaz. Une équipe technique a poursuivi son travail, ce jeudi, atteignant, avec le CEM Boukerzaza Ali et l’école primaire Zeghbib Mohamed, à Aïn Smara, le nombre de 7 établissements. Le travail de sensibilisation se fait par l’image, -data show-, et autres commentaires et dépliants. En parallèle, l’équipe fait du porte-à-porte, visant des centaines de foyers afin de vérifier la confor- mité des installations intérieures. La Sonelgaz compte reprendre son programme juste après les vacances de printemps. A l’issue de cette activité, une journée de sensibilisation sera organisée à l’université Mentouri à l’attention des résidents universitaires. Des femmes au foyer, cinq par localité, seront également récompensées pour «la meilleure installation de gaz». Farida Hamadou

FÉLICITATIONS

Notre collègue Lydia Rahmani a donné naissance, hier, à un joli poupon prénommé Kenzi Racim En cette heureuse occasion, le collectif du bureau d’El Watan de Constantine félicite Samir et Lydia et souhaite longue vie au bébé et prompt rétablissement à la maman.

El Watan - Dimanche 20 mars 2011 - 14

L a brigade de recherche relevant du groupement de la gendarmerie a mis fin à
L a brigade de recherche relevant du groupement de la gendarmerie a mis fin à

L a brigade de recherche relevant du groupement de la gendarmerie a mis fin à un réseau de trafic de stu-

péfiants qui avait pour chefs deux barons de kif recherchés au niveau national. Les

gendarmes ont saisi, lors du traitement de cette affaire, 8 kg de kif traité dans le quar- tier Dhaya ex-Petit Lac. La marchandise prohibée se trouvait dans un véhicule. Le chauffeur de ce véhicule et un baron de kif résidents du quartier ont été arrêtés. S’en est suivie l’arrestation de deux autres per- sonnes dont un autre baron de kif résidant

à Sidi Chahmi. Ce dernier est, selon le

commandant de la brigade de recherche, condamné par contumace à 20 ans de prison ferme pour trafic de stupéfiants. Il fait aussi l’objet de cinq mandats d’arrêt pour différentes affaires. Les quatre mis en

A près avoir purgé la peine

noncée contre lui, l’ex-SG de

véhicule volé doté d’une carte

d’emprisonnement pro-

grise établie par la daïra d’Es- Senia et portant la signature du

la

daïra d’Es-Senia a fini par

mis en cause. Lors de cette en-

prouver son innocence qu’il

quête, aucune trace du dossier

a

clamée depuis sa première

de ce véhicule n’a été trouvée.

audition dans l’affaire de la fal- sification de cartes grises pour

en a été déduit alors que le S.G a frauduleusement établi

Il

laquelle il a été condamné.

la carte grise. Sauf que, lui,

Rappelons que l’ex-SG de la

a

déclaré avoir vérifié la pré-

daïra d’Es-Senia a été mis en

sence du dossier au niveau du

cause dans une affaire de trafic

fichier de la wilaya. L’ex-SG

de véhicule et de la falsifica-

a

été condamné à une année et

tion de documents suite à la découverte par les gendarmes de la wilaya de Tlemecn d’un

demie de prison ferme, pour faux et usage de faux. Le mis en cause n’a pas perdu espoir.

O rganisée cette année sous le thème «Pour la promotion du tourisme réceptif», la troisième édition du Salon interna-

tional du tourisme, de voyages et des transports Siaha verra la participation de quatre-vingts (80) exposants, représentants des d’opérateurs touristiques nationaux et étrangers, les profes- sionnels du secteur du tourisme, des voyages et des transports (Agences de voyages, Offices de tourisme, hôtels, complexes touristiques, compagnies aériennes, compagnies maritimes, compagnies ferroviaires, écoles de formation de tourisme, cen- tres de loisirs. Cette manifestation se tiendra du 12 au 15 avril

prochain au Palais des expositions de M’dina J’ida. Le but initial

de cet évènement est de promouvoir la destination Algérie et le

CULTURE : PROGRAMME SPÉCIAL- VACANCES DE PRINTEMPS La Direction de la culture vient d’élaborer des activités culturelles qui sont programmées dans le cadre des vacances scolaires du printemps à partir du 21 mars prochain. Ce programme,

intitulé «Journées de l’Arc en Ciel», aura lieu à la médiathèque jusqu’au 23 mars prochain et comportera des animations théâtrales, des expositions de dessins,

des jeux de magie et des clowns.

T. K.

TOURISME : VERS L’ACTUALISATION DU FICHIER DES ÉTABLISSEMENTS Une opération d’actualisation du fichier des différents établissements relevant du secteur local du tourisme vient d’être

relevant du secteur local du tourisme vient d’être ORAN INFO née 2009. En 2010, 212 affaires

ORAN INFO

du secteur local du tourisme vient d’être ORAN INFO née 2009. En 2010, 212 affaires de

née 2009. En 2010, 212 affaires de trafic de stupéfiants ayant permis la saisie de 63,77 kg de kif, 21 grammes de cocaïne et 7835 comprimés psychotropes, ont été enregistrées par les gendarmes alors qu’en 2009, l’on compte 355 affaires suivies de la saisie de 408 kg de kif, 733 grains d’opium et 331 comprimés de psychotropes. Si- gnalons, que dans les affaires de trafic de stupéfiants, l’inculpation d’association de malfaiteurs est prononcée également contre les mis en cause. «L’association de malfaiteurs est un crime en soi qui aggrave l’accusation liée au trafic», a expliqué le commandant de la brigade de recherche qui a relevé une hausse dans le nombre des affaires d’association de malfaiteurs. 90 ont été enregistrées en 2010 selon le bilan présenté par ce dernier. R. K.

A

sa sortie de prison, après

la gendarmerie de la wilaya

d’accès. Il s’agit une femme

une année d’incarcération, il a introduit une requête pour re-

d’Oran a pu identifier l’auteur de la suppression, en déter-

lancer l’affaire. L’enquête a été prise en charge par la brigade

minant son numéro de code

de

recherche du groupement

agent dans le service des cartes

de

la gendarmerie d’Oran qui

grises de la wilaya d’Oran. Elle

a usé des moyens techniques

a

été arrêtée et a déclaré avoir

dont elle dispose. Il a ainsi

exécuté l’ordre de son supé-

été découvert que le dossier

rieur, l’ex-chef de ce service.

du

véhicule volé était inscrit

Ces deux derniers mis en cause

sur

le fichier informatique de

ont été présentés à la justice. Ils

wilaya mais qu’il a été sup-

primé lorsque l’enquête sur cette affaire a été enclenchée.

la

sont, selon nos sources, sous contrôle judiciaire. Quant à l’ex S.G de la daïra d’Es-Senia,

La brigade de recherche de

il

sera réhabilité. R. K.

tourisme réceptif, de promouvoir le tourisme et la culture tou-

ristique, de mettre en avant les potentialités et les atouts touris- tiques algériens et de tracer les perspectives de développement

du tourisme de la région, entre autres. Il s’agit également d’un

espace d’échanges d’expériences et de savoir-faire dans les dif-

férents créneaux. Plusieurs animations sont prévues en marge du SIAHA 2011 : conférences, rencontres one to one, workshops, L’occasion sera également là pour débattre des nouvelles mesu-

res

instaurées par le gouvernement pour promouvoir le secteur

du

tourisme. Le salon Siaha 2010, qui a vu la participation de

plus de 60 exposants nationaux et internationaux, a attiré plus de

6000 visiteurs.

Cherifa K.

du 9 heures à l’hôtel Phoenix, verra la

participation des médecins et praticiens

T. K.

de la santé publique.

T. K.

DÉSAGRÉMENTS DU TRANSPORT CLANDESTIN Les habitants de l’immeuble situé à

l’angle du Boulevard Adda Benaouda et de la rue «Tenazet Tahar» de Haï Sidi El Bachir font part aux autorités locales des désagréments causés au quotidien par les transporteurs clandestins ainsi que de l’anarchie qui règne dans le stationnement qui met en danger leurs enfants et les passants. Le stationnement de ces véhicules cause d’énormes bouchons pour accéder au

T. K.

CHUO.

TRAFIC DE STUPÉFIANTS

Deux barons appréhendés par la gendarmerie

L’un des barons a été condamné par contumace à 20 ans de prison ferme pour trafic de stupéfiants. Il fait aussi l’objet de cinq mandats d’arrêt pour différentes affaires.

cause seront présentés à la justice demain pour association de malfaiteurs et trafic de stupéfiants. La même brigade a enregistré, depuis le début de l’année en cours, la saisie de près de 19 kg de kif. Durant le mois de janvier, 10 kg de kif ont été saisis par cette brigade qui a alors démantelé un réseau composé de 8 individus qui ont tous été incarcérés.

ACCUSATION AGGRAVÉE Pour la quantité restante, elle a été saisie à l’issue de plusieurs affaires de détention

et de consommation de stupéfiants traités par la même brigade. Lors d’un point de presse, le comandant de la brigade de recherche du groupement d’Oran a relevé une baisse de 40,28% des affaires de trafic de stupéfiants en 2010 par apport à l’an-

TRAFIC DE CARTES GRISES

Non-lieu pour l’ex-SG de la daïra d’Es-Senia

SALON SIAHA

80 exposants à la 3 e édition

EN BREF

lancée par l’Office du Tourisme de la Wilaya. Selon son président, M. Akbi Kheiredine, cette opération a pour but de redynamiser les activités de l’Office gelées depuis 1977 et de répertorier sur ce fichier les nouveaux établissements de la wilaya d’Oran

depuis les dix dernières années.

DIABÉTIQUE : RENCONTRE RÉGIONALE LE 24 MARS PROCHAIN À L’HÔTEL PHOENIX La célébration de la Journée Nationale du Diabète prévue le 24 mars prochain donnera lieu à une rencontre nationale qui regroupe les 48 associations de la Fédération Algérienne des Diabétiques (FAAD). Cette rencontre, prévue à partir

des Diabétiques (FAAD). Cette rencontre, prévue à partir TRAIN ORAN-MOHGOUN LA LIGNE NE RÉPOND PAS ENCORE
des Diabétiques (FAAD). Cette rencontre, prévue à partir TRAIN ORAN-MOHGOUN LA LIGNE NE RÉPOND PAS ENCORE

TRAIN ORAN-MOHGOUN

LA LIGNE NE RÉPOND PAS ENCORE AUX ATTENTES DES USAGERS

nouvelle desserte ferroviaire Oran-Mohgoun n’a pas eu

l’engouement attendu. «Les horaires arrêtés par cette der-

nière ne sont nullement conformes avec les attentes du grand public qui a patienté vingt six longues années dans l’espoir de voir ce train arriver et le transporter vers son point de chute au moins durant les heures de pointe», dira un usager de cette ligne. «Le départ d’El Mohgoun vers Oran à 6 h 30 et le retour vers Oran à 15 h 30 n’arrange en aucun cas les habitants des villages que traverse ce train avec cet horaire ne prenant pas en compte les entrées et les sorties du travail des usagers potentiels empruntant cette ligne», fait remarquer un usager. Dépité, il enchaîne : Les habitants de Gdyel, Hassi Bounif, Hassi Ameur et Hassi Ben Okba, travaillant à Oran, continueront à souffrir comme par le passé pour regagner leur poste de travail ou leur domicile tant que ces horaires seront maintenus. L’arrivée de ce train n’a été accueillie favorablement que par les habitants de Hai Es-Sabah et Sidi Maarouf qui peuvent désormais l’emprun- ter avec la modique somme de 20 dinars. L’autre inconvénient que rencontrent les voyageurs est celui de l’inexistence d’infras- tructures d’accueil au niveau des haltes. Pas un abri, ni même un banc n’a été installé au bord des haltes. A. Belkedrouci

L a

JOURNÉE MONDIALE DE L’EAU

VISITES GUIDÉES ET CAMPAGNES DE SENSIBILISATION AU PROGRAMME

À l’occasion de la journée mondiale de l’eau, prévue le 22 mars, tout un tas d’activités sont au menu. C’est par une

activité sportive, vendredi dernier, que le coup d’envoi a été

donné, où une course de cyclistes, comprenant plus de 80

coureurs, a été donnée à Haï Es-Seddikia. Des récompenses ont alors été remises aux champions des différentes catégories. Pour ce qui est de la matinée d’hier, une visite guidée à la sta- tion de traitement «Chérif», dans la wilaya de Mostaganem, a été organisée. Ont pris part à cette visite bons nombres d’élèves d’écoles primaires, d’étudiants, ou encore de simples citoyens,

désireux d’en savoir plus sur le traitement de l’eau, avant sa

distribution dans les réservoirs de la ville d’Oran. Par ailleurs,

à partir de mardi prochain, bon nombre de campagnes de sensi-

bilisations sont prévues au musée El Moujahid, dont des confé-

rences ainsi que des expositions, qui auront pour thème : «l’eau pour les villes : un défi urbai». Cette campagne est organisée par la S.E.O.R, et cela en collaboration avec la direction de l’hydraulique de la wilaya d’Oran. Des visites guidées seront assurées par l’Agence du Bassin Hydrographique Oranie Chott Chergui, au profit des élèves des cycles moyen et secondaire ainsi que des étudiants de la formation professionnelle. Une ac- tion qui entre dans le cadre d’un programme de sensibilisation

à la préservation quantitative et qualitative de l’eau, organisé

par cette Agence, à l’occasion de la journée mondiale de l’eau. Ces sorties pédagogiques permettent, selon le communiqué de l’Agence, de visiter les différentes infrastructures hydrauliques situées dans la région hydrographique Oranie Chott Chergui. Ainsi, en cette journée commémorative, les organisateurs ont prévu des communications sur la qualité de l’eau dans les wilayas d’Oran, Mascara, Tlemcen, Sidi Bel Abbès, Ain Témouchent, Mostaganem et Tiaret. Le planning des visites

guidées sur plusieurs stations et barrages, s’étalera pour sa part

jusqu’au 5 avril.

A. E. K. et H. S.

CNAS / PERSONNES IMPOTENTES

ACHEMINEMENT DESCARTES «CHIFFA»

L services de la Caisse nationale d’assurance sociale (CNAS) vont procéder à l’acheminement au profit des bénéficiaires

impotents ou âgés de 1300 cartes à puce «Chiffa», avons-nous appris de source proche de l’institution sociale de la wilaya d’Oran. Les agents de la CNAS se sont déjà attelés à cette tâche

à l’effet de faire parvenir prioritairement les cartes à puce à leurs

propriétaires infirmes ou incapables de se déplacer au niveau des services compétents. Il est à noter qu’une autre opération de distribution sera lancée au bénéfice des prestataires qui n’ont pas encore retiré leurs cartes à puce. B. Alami

es

El Watan - Dimanche 20 mars 2011 - 19

AUTOMOBILE

CITROËN

Les nouvelles C4 et DS4 débarquent

19 AUTOMOBILE CITROËN Les nouvelles C4 et DS4 débarquent S aida Citroën (groupe GBH) vient d’in-

S aida Citroën (groupe GBH) vient d’in- troduire de nouveaux modèles sur notre marché, à l’occasion du Salon de l’auto-

mobile d’Alger. Il s’agit, pour cette année, de la nouvelle C4 et la DS4, devenue une véritable attraction du stand des deux chevrons. Après

sa première apparition au Mondial de Paris en 2010, la nouvelle Citroën C4 débarque dans les show-rooms Saida Citroën. Patrick Coutellier, directeur général de Saida Citroën, n’a pas ca- ché sa joie quant à l’avenir de ce modèle-là qui devra concurrencer les Peugeot 308, Renault

Mégane et autre Golf 6. Plus statutaire que jamais, la nouvelle berline de Citroën arrive sur notre marché avec des niveaux de finition supérieurs à ce qui existe actuellement. On peut citer par exemple les sièges massant et la prise 130 volts ont été introduits dans les fi- nitions supérieures. Plusieurs mécaniques sont annoncées chez Saida Citroën pour répondre à toutes les sollicitations de la clientèle. Dans la catégorie des moteurs diesel, on retrouvera le 90 Ch, le 110 Ch ainsi que le 150 Ch qui arri- vera au cours du deuxième semestre. Il est aussi annoncé l’arrivée prochaine du 120 Ch essen- ce Vti couplé à une boîte automatique. Si les commandes sont ouvertes pour la C4, la clientèle de Citroën devra patienter jusqu’à la fin de l’année pour voir la DS4 inscrite au catalogue du concessionnaire. Concernant la nouvelle C5, la berline haut de gamme, elle est, quant à elle, dotée d’une motorisation de 2.0l HDi FAP de160ch qui vient renforcer le modèle en motorisation essence déjà existant dans le catalogue de la marque. S’agissant des résultats des deux premiers mois de l’année en cours, elles sont 70% plus importants que ceux réalisées durant la même période de 2010, selon le DG de Saida qui vise comme objectif la commercialisation de 6000 véhicules pour 2011. N. K.

HYUNDAI

Accent RB et Nouvelle Sonata

pour 2011. N. K. HYUNDAI Accent RB et Nouvelle Sonata H yundai Algérie a procédé, ven-

H yundai Algérie a procédé, ven- dredi soir, au lancement de deux

nouveaux modèles de la marque sud-coréenne. Il s’agit de l’Accent RB et Nouvelle Sonata. HMA a dévoilé, comme surprise du Salon le concept car HND5, véritable at- traction pour son stand. Selon Omar Rebrab, directeur général de HMA, l’Accent RB arrive en version 4 et 5 portes deux finitions (Style et Prestige). Elle sera proposée avec une seule motorisation en essence, 1.4 litre de 107 CV, en attendant le lancement d’un bloc diesel au début du second semestre. Côté équipements, l’accent RB sera dotée de série, de la direction assistée, du verrouillage centralisé, de la climatisation, du double airbag, du lève-vitre électrique avant et d’an- tibrouillards. Son tarif sera entre 1

115 000 DA à 1 280 000 DA pour la seconde finition. Dans son interven- tion, la directrice de communication

a indiqué que la montée en gamme

de Hyundai se précise d’année en année. Le constructeur compte se classer numéro un mondial en 2015. «HMA compte bien capitaliser les atouts de cette marque qui sont la

diversité, le style, l’élégance, la sé- rénité et le prix, ceci pour renforcer notre image de marque en Algérie

et offrir à nos clients des voitures au

design attractif avec un maximum d’équipements et le meilleur posi-

tionnement tarifaire du marché.» La Sonata, quant à elle, est cette grande routière équipée d’un moteur 2 li- tres. Elle est proposée avec une boîte

à vitesses automatique au tarif de

2 600 000 DA à 3 600 000 Da pour

la version haut de gamme. N. K.

CHANA

Alsvin, la berline séduisante

V edis automobile, représentant de Chana enAlgérie, vient d’in-

troduire, pour le Salon de l’auto- mobile d’Alger, la berline Chana Alsvin. Et c’est sous le slogan de «Laissez-la vous surprendre» que l’Alsvin compte séduire un nombre important de clientèle. Alsvin est la nouvelle géné- ration de véhi- cule made by Chana. Il est pro- pulsé par

un moteur 1,5 litre de technologie Suzuki. Il développe 72 CV et consomme 6 litres au 100 km, selon Mme Kahoul, chargée de l’événe- mentiel et des relations extérieures chez Vedis automobile. Fiable et

confortable, ce véhicule est pro- posé avec un tarif de 945 000 DA pour les 50 premières unités soit une remise de 70 000 DA. «Nous avons programmé pour le Salon, trois autres nouveautés, à savoir Benni Mini,Alsvin Hatchback ainsi

que le CX 20, malheureusement, nous n’avons pas pu les introduire

à temps», dira notre interlocutrice

qui ajoutera que ces modèles seront disponibles dans les show-rooms Vedis dans les prochains jours. Notre interlocutrice nous décla- rera que les modèles Alsvin ont été introduits pour essai depuis deux années en Algérie. «Nous les avons utilisés comme véhicules de service et je peux vous assurer qu’ils sont d’une fiabilité remarquable.» La nouvelle berline est dotée de tous les équipements de confort et de sécu- rité comme la clima- t i s a t i o n , un lecteur CD, du double airbag, les quatre vitres électriques, la di- rection assistée, l’ABS, EBD, EPS, jantes en alluminum, ainsi que 27 espaces de rangement. Elle possède un coffre de 499 litres. Des essais presse seront programmés dans les prochaines semaines afin de permettre aux journalistes de découvrir ce mo- dèle mais surtout de l’essayer dans toutes les situations, conclut notre vis-à-vis.

N. K.

dans toutes les situations, conclut notre vis-à-vis. N. K. RENAULT Renault location longue durée Renault Algérie

RENAULT

Renault location longue durée

Renault location longue durée Renault Algérie vient d’innover en cette 14 e édition du Salon d’Alger.

Renault Algérie vient d’innover en cette 14 e édition du Salon d’Alger. Il vient de lancer la location longue durée de ses véhicules au profit des PME. Cette formule, selon le patron de la concession algérienne, intervient dans le but de permettre aux PME d’acquérir des véhicules Renault. Après le «leasing», voilà que le représentant du constructeur français met à la disposition des PME et même des grandes entreprises la formule «location longue durée». Celle-ci permet aux clients intéressés de bénéficier de la location longue durée

des véhicules de la marque Renault et Dacia pour une période allant entre 36 et 48 mois. A l’issue du contrat de location, le client devra impérativement remettre le véhicule à Renault Algérie. Selon Stéphane Galoustian, «le loyer est fixé pour une durée de quatre années. Il comprendra aussi l’assurance et l’entretien du véhicule que choisira le client». Notons que Renault Algérie offre, pour les acquéreurs de véhicules Renault ou Dacia équipés de kit GPL, une réduction de 35 000 DA, pour les particuliers, et de 17 500 DA pour les entreprises. Les modèles concernés sont la Renault Symbol et les Dacia Logan, Logan MCV, Sandero et Sandero

Stepway.

N. K.

Le Ballon d’or ou la fièvre du foot

Stepway. N. K. Le Ballon d’or ou la fièvre du foot Une des animations de cette

Une des animations de cette 14 e édition du Salon de l’automobile d’Alger est la présence, au niveau des stands des concessionnaires, du Ballon d’or 2011 remporté par le footballeur international Madjid Bougherra. Les visiteurs peuvent immortaliser des clichés avec le Ballon d’or, mais aussi et surtout, remporter un maillot de l’équipe nationale de football signé par les joueurs suite à un tirage au

sort toutes les deux heures. Cette opération est organisée par nos confrères El Heddaf et le Buteur en collaboration avec DZautos- Magazine. Aujourd’hui, le Ballon d’or sera

au niveau du stand de Sovac.

R. A.

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PHOTO : D. R.

PHOTO : D. R.

El Watan - Dimanche 20 mars 2011 - 21

CULTURE

DÉCÈS DU POÈTE ET ÉCRIVAIN ALGÉRIEN HAMID SKIF

Pleinement algérien

Avant-hier, à Hambourg, où il résidait depuis plusieurs années, Hamid Skif est décédé à 5 heures du matin.

A

années, Hamid Skif est décédé à 5 heures du matin. A quatre jours de ses soixante

quatre jours de ses soixante ans, la sale maladie qui ron- geait ses poumons a fait perdre ainsi à la littérature algé-

rienne l’un de ses écrivains les plus talentueux. A la fois poète, nouvel- liste, romancier et journaliste, il avait mis sa belle écriture au service de ses passions comme de ses idées et de l’information. Enfant du printemps, il a vu le jour à Oran le 21 mars 1951. Il aimait à dire qu’il était «pleinement algérien», étant né dans la capitale de l’Ouest, issu d’une famille originaire de Bou Saâda et ayant vécu un peu partout dans le pays, notamment à Alger, Ouargla et Tipasa. Gagné comme la plupart des jeunes de l’époque par la vague contestatrice mondiale de la fin des années 60, passionné de théâtre, il vient à Alger en 1968 pour suivre le Théâtre de la Mer, qui donnera l’ossature de la troupe de Kateb Yacine. Il fait partie de la génération des poètes rebelles, avec Youcef Sebti, Tahar Djaout, Djamel Imaziten, Nacer Khodja, etc. qui seront publiés dans l’anthologie de Jean Sénac de 1971. Mohamed Benmebkhout pour l’état-civil, c’est à ce moment que se fera connaître son pseudonyme littéraire : Hamid Skif.

UN POÈTE PAS DISPARU Sa carrière dans la presse fut mou- vementée. Journaliste à Révolution

Le défunt Hamid Skif
Le défunt Hamid Skif

Africaine, à Alger, il regagne Oran pour intégrer la fameuse équipe de La République dirigée par Bachir Rezzoug. Il est arrêté en 1973 pour un article jugé subversif et relâché aussitôt avant d’être muté à Alger. Il va travailler à l’ONCIC (office du cinéma), mais doit le quitter en 1975 pour le bureau APS de Ouargla, avant de devenir responsable de son bureau à Oran. Il participera activement à l’animation de la vie culturelle de la ville dont Abdelkader Djeghloul était le pivot durant les années quatre- vingts. En 1984, il est au bureau APS de Tipasa, crée l’hebdomadaire éco- nomique Perspectives qui ne survivra

pas longtemps. Il échappe à deux tentatives d’assassinat au début des années 90, et, vers leur milieu, après une résidence d’écriture en Allema- gne, il s’installe à Hambourg, soutenu par le Pen Club allemand. On lui doit trois recueils de poèmes : Poèmes d’El Asnam et d’autres lieux (1986), Poèmes de l’Adieu (1997), Les Exilés du matin paru en 2006 chez Apic, son éditeur algérien. Il est aussi l’auteur de plusieurs recueils de nouvelles. En 2006, il publie son premier roman, La Géographie du danger, œuvre racée sur le phénomène des harraga, qui lui vaut le prix de l’Association des écrivains de langue française. Edité

par les éditions Naïve à Paris, Epic à Alger, il est traduit en Italie par les éditions Barbera. Nous reviendrons sur sa vie et son œuvre, dans la prochaine édition d’El Watan Arts & Lettres où il avait publié plusieurs articles et contri- butions. Il n’était pas «pleinement algérien» que par ses origines et ses résidences, mais aussi par son attachement inquiet et passionné pour le pays, se déclarant en «transit temporaire» dans son exil. Sa grande distinction et sa gentillesse, son hu- mour so british dans une silhouette immense d’adolescent dégingandé nous manqueront aussi terriblement. Ameziane Ferhani

CONDOLÉANCES

Le directeur et tout le personnel du quotidien El Watan, très touchés par le décès de HAMID SKIF, journaliste et romancier, présentent à sa famille ainsi qu’à ses collègues leurs plus sincères condoléances et les assurent de leur profonde sympathie en cette douloureuse circonstance. «A Dieu nous appartenons et à Lui nous retournons.»

«A Dieu nous appartenons et à Lui nous retournons.» BIBLIOGRAPHIE • Jean Sénac, Anthologie de la

BIBLIOGRAPHIE

• Jean Sénac, Anthologie de la nouvelle poésie algérienne, Poésie 1, n° 14, Librairie Saint- Germain-des-Prés, Paris, 1971.

• Citrouille fêlée dit Amar fils de mulet, site internet des éditions «00h00.com» 1999 (136 p.) (ISBN

2-7454-0135-1)

Poèmes d’El Asnam et d’autres lieux, CDSH, Oran, 1982 ; ENAL, Alger, 1986 (133 p)

• La Princesse et le clown, site internet des éditions

«00h00.com», 1999 (122 p.) (ISBN 2-7454-0281-1) •Monsieur le président, site internet des éditions «00h00.com», 2002 (162 p.) (ISBN 2-77454- 0460-1) (Prix de la ville de Heidelberg); Dar El Hikma, Alger.

La Géographie du danger, Editions Naïve, Paris,

2006 (112 p.) (ISBN 2-3502-1033-2) (Prix de l’association des écrivains de langue française) ; traduction italienne, La Paura, Barbera editore.

Poèmes de l’Adieu, Editions Autres Temps,

Marseille, 1997 (88 p.) (ISBN 2-911873-30-0 ) • Les Exilés du matin suivis de Lettres d’absence, Editions Apic, Alger, 2006 ; trad. allemande

NOUVELLES ET ROMANS Nouvelles de la maison du silence, CDSH, Oran, 1984; ENAL, Alger, 1986 (103 p.)

USA

Programme de leadership pour Jeunes Algériens en été 2011

L e Programme de leadership pour jeunes (YLP) est un programme d’été de cinq semaines des-

tiné aux jeunes lycéens algériens. Il comprend une semaine, en Algérie, de cours intensifs en langue anglaise ainsi qu’un stage d’orientation, suivis d’un programme d’études de 4 semaines aux USA. Il a pour objectifs : la promotion de la compréhension entre les jeunes Algériens et Américains, le déve- loppement de l’esprit de leadership et la prise de responsabilité civique ainsi que l’engagement dans le développement communautaire chez les jeunes, le renforcement des connaissances en langue an- glaise parlée et l’encouragement de l’amitié entre les Algériens et les Américains en focalisant sur le respect de la diversité ethnique, socioéconomique et religieuse. Le programme est conçu pour les lycéennes et lycéens, âgés entre 15 et 17 ans, ayant un réel po- tentiel de leadership, font montre d’intérêt envers

le service communautaire, ayant une assez bonne maîtrise de la langue an- glaise, faisant preuve de maturité, de flexibilité, d’intégrité, d’ouverture d’esprit, de sociabilité et ayant la motivation néces- saire pour être des parti- cipants de qualité, devant accomplir au moins une année d’études au lycée après ce programme (ne seront pas à l’université en 2011-2012). La date

limite pour recevoir les for- mulaires d’inscription, disponibles sur le site

http://algiers.usembassy.gov/programs-2011/appli-

cation-form.2011.pdf est le 7 avril 2011. Pour toute

cation-form.2011.pdf est le 7 avril 2011. Pour toute Programme de leadership pour jeunes Algériens question

Programme de leadership pour jeunes Algériens

question veuillez nous contacter à l’adresse e-mail suivante : HYPERLINK «mailto:AmaroucheZ@ state.gov» AmaroucheZ@state.gov. R. C.

UNIVERSITÉ

DE TIZI OUZOU

Journée d’étude en hommage à Feraoun

A l’occasion du 49 e anniversaire de sa disparition tragique, des étudiants de la faculté
A l’occasion du
49 e anniversaire
de sa disparition
tragique, des
étudiants de la
faculté des
lettres de
l’université de
Tizi Ouzou,
encadrés par des
enseignants, ont
organisé une
journée d’étude,
L’auteur Mouloud Feraoun
PHOTO : D. R.

en hommage à l’écrivain algérien Mouloud Feraoun

(1913-1962)

Une halte commémorant la mémoire de l’écrivain Mouloud Feraoun, lâchement criblé de balles par une horde sanguinaire de l’effrayante Organisation de l’armée secrète (OAS) de Susini, le 15 mars 1962, à Ben Aknoun. L’assistance a suivi une lecture polyphonique (en français, arabe, anglais et amazigh), d’extraits des romans : Le Fils du pauvre, Lettres à ses amis, Journal de Feraoun, La Terre et le Sang, Les Chemins qui montent ainsi que L’Anniversaire et La Cité des roses. Selon les organisateurs, cette rencontre littéraire a pour but de revisiter la vie, l’œuvre et l’univers romanesque de «Fouroulou», mais aussi d’encourager la lecture et de stimuler l’action culturelle dans l’enceinte universitaire. Les passages lus par les étudiants sont en rapport surtout avec «la fraternité», «l’humanisme», «l’attachement à la terre», «la notion du groupe et du commun» ainsi que «les valeurs culturelles ancestrales», des thèmes suffisamment étendus dans l’œuvre de l’auteur de Jours de Kabylie. Des conférences-débat, qui traitent de

l’œuvre de l’enfant des Aït Chabane de

Tizi Hibel (Beni Douala), animées par des universitaires, étaient également au programme de cette journée

commémorative. La communication

intitulée «Pour une lecture post-coloniale des romans Le Fils du pauvre et La Terre et le Sang», présentée par M me Malika Boukhelou, enseignante au département de français, fait défaut aux différentes lectures faites pour les mêmes romans

pendant les années 1950. «Cet hommage

à Feraoun s’inscrit dans la volonté de

rappeler le mérite de cet homme humble, instituteur qui a réussi dans ses deux romans à rendre toute l’ampleur de la tragédie vécue par le peuple algérien sous l’oppression coloniale, mais qui a en même temps a réussi à dépeindre la grandeur de son pays, la dignité de son peuple, l’attachement de ce dernier à ses valeurs fondamentales. Feraoun n’a eu de cesse de lutter pour que le règne colonial

prenne fin, mais il a exhorté à la fraternité,

à l’ouverture vers l’autre, à l’acceptation

de la différence, de la diversité. Avec Le Fils du pauvre, il a surtout été le chantre du savoir, de la connaissance, qui, seuls, sont à même d’aider à l’émancipation de tous les individus et de toutes les sociétés», dira l’intervenante au début de sa communication. Dans son exposé portant sur «The Third Space in Feraoun’s Trilogy» (Le Thiard espace dans la trilogie

de Feraoun), M me Naâr, enseignante au département d’anglais, évoquera l’affirmation de l’identité, l’engagement de l’écrivain et l’esprit historique de la communauté kabyle. Par ailleurs, Feraoun, qui aurait prédit son triste sort la veille de son assassinat, notait sur son journal qu’il tenait au quotidien ces propos : «Si mon ordre de mission n’est pas annulé, je dois être avec vous le 20 mars».

Djemâa Timzouert

El Watan - Dimanche 20 mars 2011 - 23

IDÉES-DÉBAT

Algériens, indignez-vous ! (1)

Par D r Nazim Benhabib(*)

E n parcourant ce petit livre dans l’air du temps, écrit par Stephen Hessel, qui, dans notre conscient collectif, fut un

grand résistant contre l’oppression nazie, je me demandais en quoi la lecture de ce pam- phlet au succès phénoménal allait changer ma perception de la crise politique qui secoue notre pays ? Il m’a fallu alors un peu de temps pour comprendre qu’Indignez-vous ! nous mènerait inéluctablement à Engagez-vous ! Que les motifs de son indignation actuelle sont les mêmes pour des milliers de citoyens anonymes dans le monde et que la raison, nous Algériens, de notre profonde indignation, est le destin tragique que l’on réserve à notre pays.

Ce grand homme de 93 ans, juif d’origine po- lonaise, ancien déporté, militant de la première heure, ambassadeur de France aux Nations unies, ayant pris part à la rédaction de la Décla- ration universelle des droits de l’homme, pro- Palestinien, défenseur des sans-papiers, lance dans un petit opuscule, coûtant à peine 3 euros, une réflexion sur le sens de l’engagement ; les raisons de son engagement ; les luttes intermi- nables qu’il faut pourtant ne pas abandonner ; le combat nécessairement non-violent car plus juste et légitime ; la question palestinienne et d’autres questions. En sus de toutes ces réflexions, il nous gratifie d’un formidable hymne à l’espérance : «Il faut essayer d’expliquer pourquoi le monde mainte- nant qui est horrible n’est qu’un moment dans

le long développement historique. Que l’espoir

a toujours été une des forces dominantes des

révolutions et des insurrections et comment je ressens encore l’espoir comme ma conception

de l’avenir».

Si un homme tel que Stephan Hessel peut encore croire en l’espoir, pourquoi nous alors sommes autant résignés, dépités courbant l’échine à la fatalité, idolâtres d’une rémanence immanente ? Pourquoi accepter de taire une voix singulière même si délibérément mineure et non totalisante ? Pourquoi ne pas se dresser contre ces fausses fatalités ? Pourquoi ne pas

(re) poser la question cruciale et vitale pour le pays de réformes urgentes en des termes non conflictuels. En miroir, au crépuscule d’une vie de résistance et d’engagement, Stephen Hessel nous convie à se réapproprier nos luttes,

à réapprendre nos droits et surtout à croire en l’avenir.

L’URGENCE DU «DÉFIGEMENT» DU RÉGIME

L’Algérie souffre moins de la souffrance que de

la déchéance. Elle voit du haut de ces 50 années

d’indépendance son fatal affaissement. Ce pays

a un régime valétudinaire qui refuse d’être dans

le mouvement de l’histoire si ce n’est pour réé- crire l’Histoire (2) en permanence qui conjure la réforme, pourtant la réforme a un rôle critique, elle tranche dans le contemporain. Notre pays reste l’otage d’un équilibre fragile des clans au pouvoir perpétuellement actualisé en fonction de la redistribution de la rente, source d’une tension constante. Tout cela dure depuis plus de 20 ans, et on sait qu’il est incompatible avec une dynamique réelle de développement et de progrès. La pratique du pouvoir en Algérie est intuitive non discursive, tactique et non stratégique. Le peuple et toutes les catégories sociales qui le constituent (femmes, jeunes, in- tellectuels…) dans la conception de ce régime, occupent une place excentrée. Excentrée et

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donc nullement déterminante. Même l’Etat n’a de sens si ce n’est dans la servitude exclusive et totale au groupe qui détient les leviers du pouvoir. Incontestablement du fait de la nature du régime, sa première victime est bien et sera Abdelaziz Bouteflika que la Constitution a doté de pouvoir surabondant, surnuméraire. Son entourage, peut-être lui-même, en a usé et abusé à tout vent, renfermant le pays dans une austérité liberticide empêchant l’expression d’une contestation populaire en somme tout à fait naturelle dans une démocratie parlemen-

taire ; il ne fallait ni la renier par des démentis fallacieux ou des foucades politiques optimis- tes et saugrenues de surcroît dans ce contexte de révolte arabe ni encore moins s’y opposer par la force. En observant ce qui se passe dans notre pays, il y a quelque chose d’irréel. On est frappé par ce mutisme délétère. Pou- vons-nous être autant insensibles aux défis du monde actuel, aux multiples challenges qui nous font face ? Au fil des mauvais choix poli- tiques et des incertitudes qu’il a pris ; face aux nouvelles exigences de la globalisation, aux souverainetés diluées dans la mondialisation, aux enjeux énergétiques, environnementaux, économiques mondiaux ; notre pays, à ce ryth- me, est menacé de dislocation complète. Il n’y a pas de cécité plus profonde et de specta- cle plus désespérant que cette politique menée dans un pays nanti de grandes ressources. L’incurie générale de ce système n’est-elle pas dans le fait d’avoir un pays aussi riche avec un peuple pauvre ? Une flopée de statistiques du tout avenant

confirme l’échec massif de notre système

économique. La croissance déjà anémique est tributaire des moindres fluctuations du baril de pétrole.

Le secteur industriel est livide. Les services sont encore au stade fœtal pour ne pas dire em- bryonnaire. L’Algérie ne produit que du pétrole et ne produi-

ra pas autre chose. Tous

les patriotes au ton mal-

heureuse-

ment pathéti- que pourront faire ce constat com- bien amer de

la situation actuelle de notre pays. Aujourd’hui, on s’inquiète du mal-être des Algériens, on a peur que les Algériens se fassent tuer alors que les Algériens n’ont pas peur d’être tués. Ils se tuent eux-mêmes par vagues de harraga, en

s’immolant aux abords des mairies, des com-

missariat de police

à l’est comme au sud du

pays. Ils n’ont plus peur de la mort car ils sont

convaincus qu’ils ne sont même pas en vie. Ces Algériens consument leurs terrifiantes colères sur le bûcher de leur désespoir, et tout cela se passe dans la pire des attitudes, l’indifférence

de tous. René Char (3) dans Résistance n’est qu’espérance témoignait de ce sacrifice ultime : «J’aime ces êtres tellement épris de ce que leur cœur imagine la liberté qu’ils s’immolent pour éviter au peu de liberté de mourir, mer- veilleux mérite du peuple». Des Jan Palach (4) , héros emblématique du printemps de Prague, il en y maintenant des dizaines en Algérie. Nul ne sait pourquoi nous avons été impuissants à les écouter ? Pourquoi même l’illusion d’un avenir meilleur en Algérie se heurtait à la certitude d’un présent sans issue ? Pourquoi

cette Algérie ne leur inspire que peur, dégoût, colère ? Peuvent-ils nous expliquer leurs gestes ou faut-il que nous interrogions nos conscien- ces fuyardes ?

«UN TEMPS PROMETTEUR» Les Algériens que l’on croyait mithridatisés par 40 années de nationalisme factice, de patrio-

tisme pastiche ont su s’indigner, ont pu le faire et ont compris tous l’intérêt à le faire. Pour réveiller une Algérie endormie mais non défaite, il faut que cesse cette absence d’espé- rance autrefois meurtrie par un islamisme in- tégriste aujourd’hui en déclin et ensuite violée par la grande illusion d’un régime rentier qui ne se réforme pas. Que le pouvoir comprenne qu’aucun régime n’est éternel fut-il le meilleur et ce n’est pas le cas. «Il n’y a rien de plus constant que le changement», disait Confucius. Ce changement ne peut pas aboutir si l’on cher- che comme beaucoup de démocrates le font à remplacer des problèmes par des coupables. Alors, comment se placer dans la perspective d’un «temps prometteur» ? En mobilisant les énergies sincères et honnêtes qui existent au sein des services de renseignement DRS et de l’armée compris ; en les exhortant à s’INDIGNER de la situation actuelle ; à penser aux legs qu’ils vont remettre à leurs enfants, au sermon qu’ils ont fait à leurs pays. Stephan Hessel écrit dans son essai : «Ma longue vie m’a donné une succession de raisons de m’in- digner. Ces raisons sont nées moins d’une émotion que d’une volonté d’engagement. Le jeune normalien que j’étais a été très marqué par Sartre… la Nausée, le Mur pas l’Etre et le Néant ont été très importants dans la formation de ma pensée. Sartre nous a appris à nous dire ‘‘vous êtes responsables en tant qu’individus’’ c’était un message libertaire. La responsabilité de l’homme qui ne peut s’en remettre ni à un pouvoir ni à un dieu». On sait qu’il faut aux Algériens — d’où qu’ils

viennent — de grands mobiles pour se mouvoir, mais l’essentiel c’est que ceux qui réfléchissent et ceux qui ne se sont pas encore exprimés, au sein de ce pouvoir occulte, de cette société terrorisée,

le fassent mêlant leurs voix à l’émulsion des idées qui feront avancer notre pays vers plus de progrès et de modernité. Les mythes n’ont pas de vie par eux-mêmes, ils attendent que nous les incarnions. Et nous ne pourrons les incarner que si nous donnons de la force à nos idées, de l’obstination à nos engagements. L’initiative proposée par Abdelhamid Mehri peut être une amorce à cette révolution des esprits qui s’im- pose. Ce n’est pas un régime qu’il faut sauver mais toute une nation bâtie sur tant de sacrifi- ces, adorée, célébrée il n’y a pas si longtemps. Un pays jadis auréolé par son passé glorieux, groggy par sa puissance funeste et ivre d’espoir aride. Cette Algérie survit depuis des années dans le silence des siens. Ce changement sera possible à partir du moment où, ensemble, on accepterait de dépasser nos intérêts étroits. «Aucun problème ne peut être résolu sans changer l’état d’esprit qui l’a engendré», disait Albert Einstein. Il ne s’agit pas, à travers cela, de parler le langage du cœur mais seulement de penser clair, car c’est bien l’ensemble des événements historiques malheureux qui véhi- culeront un heureux changement en Algérie.

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Le vrai désespoir en Algérie, comme je l’ai signalé, ne vient pas du fait que les défis et enjeux auxquels fait face notre pays soient immenses, ni que les forces de l’inertie et du changement soient inégales ; il vient de ce qu’on connaît plus les raisons de lutter et s’il faut justement lutter. Certes, les luttes se nour- rissent des ombres où elles évoluent mais les raisons de lutter — elles — demeurent claires. L’exemple du peuple tunisien est à ce sujet élo- quent. Qui aurait cru il y a 6 mois que le régime despotique et prédateur de Ben Ali-Trabelsi s’effondrerait sur l’autel de la résistance paci- fique des Tunisiens ? Qui aurait cru — même si le parallèle ne peut être fait — que Moubarak et sa famille abandonneraient de cette manière le pouvoir. Cette révolte historique du monde ara- be nous rappelle à un souvenir pas si lointain, il n’y a pas si longtemps, l’Europe de l’Est se

débarrassait des ses tyrans rouges, l’Amérique latine se libérait de la dictature de ses généraux, inévitablement la contagion, après le monde arabe, touchera l’Afrique noire et permettra à tous les peuples de ce continent de vivre enfin dans la liberté et la dignité. De cette émulsion populaire, de multiples révoltes légitimes des peuples arabes, nous devons retenir la leçon que rien ne remplace les fondements d’un Etat juste où le droit est son assise et la justice sa seule voix. Seule cette notion peut mettre à l’abri une nation de toutes les crises possibles et imaginables. L’Algérie doit nous survivre. Nous ne devons pas la perdre. Nous sommes nés dans ce pays plein de lumière, mais où les hommes ont souvent accouché de l’obscurité. Nous sommes nés après l’indépendance dans une histoire dans laquelle on ressent un accord non une hostilité. Nous avons eu l’avantage de ne pas commencer par le déchirement mais par la plénitude. C’est pour cela que tout est encore possible. Je le pense, oui je le conçois et je ne sais par quelle loi obscure de la providence je le

crois!

N. B.

(*)Chirurgien

Notes de renvoi :

1- Indignez-vous ! Stephan Hessel, éditions Indigène octobre 2010 Traduit dans 22 langues Stephen Hessel a renoncé à tous ses droits, les bénéfices du pamphlet sont reversés à des organismes humanitaires. Plus d’un million d’exemplaires ont déjà été vendus 2- Si d’une certaine manière, à la façon de ce régime, on décide d’être en dehors de l’Histoire, c’est qu’invariablement on attend qu’elle ne soit que par nous. En fait, cette attitude dans le mouvement de l’Histoire est intenable, quand bien même le discours a posteriori et en apparence, laisserait des brèches à ceux qui tenteront immanquablement de «refaire» l’Histoire au nom de tout ce qu’ils pensent qu’il aurait été préférable de faire 50 années après ne pas l’avoir fait. 3- Poète et résistant français décédé en 1988, amis de Camus et Jean Sénac, signataire du Manifeste des 121 4- Né le 11 août 1948, mort le 19 janvier 1969, étudiant tchécoslovaque en philosophie qui s’est immolé place Venceslas à Prague le 16 janvier 1969 pour protester contre l’invasion de l’armée soviétique en représailles des reformes politiques lancées par Alexandre Dubcek (premier secrétaire du parti communiste tchécoslovaque, ministre)

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