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Intitule du cours

Etude de cas : Projet d’étude FTTH


Chapitre 1 : Introduction aux réseaux d’accès optiques FTTH

I. Pourquoi déployer des réseaux d’accès optiques ?


1. La montée en débit des technologies xDSL

Débit théorique en fonction de la portée

Les technologiques xDSL reposent sur l'utilisation des réseaux téléphoniques. Avec l'ADSL,
on peut atteindre des débits de 10 Mb/s, jusqu'à quatre kilomètres du central téléphonique.
Avec la VDSL2, on peut atteindre un débit de 100 Mb/s, à condition d'être à 100-150 mètres
du central téléphonique. La fibre optique permet d'étendre ce rayon de couverture avec des
débits beaucoup plus importants.

2. Définition du très haut débit


Evolution du débit en fonction des technologies xDSL et FTTH

La notion de débit correspond à la quantité d'informations échangées entre deux terminaux


pendant un temps donné. Tant que ce débit est inférieur à 30 Mb/s, on parle d'offres bas débit
ou haut débit. Ces offres haut débit HD sont dispensées essentiellement par les technologies
XDSL. Dès lors qu'on dépasse 30 Mb/s, on parle, en France, d'offres très haut débit, c'est ce
que pourra nous offrir la fibre optique et les réseaux FTTH.

3. Les réseaux d’accès FTTx

Réseaux d’accès FTTx


Les différentes technologies FTTx constituent l'offre de déploiement des réseaux d'accès.
On déploie de la fibre optique monomode jusqu'au trottoir, jusqu'au bâtiment, jusqu'à la
maison, jusqu'au bureau. Les derniers mètres sont réalisés avec d'autres supports, qui peuvent
être de la paire cuivrée, de la fibre optique plastique, une solution sans fil, de la fibre optique
multimode. Seule la solution FTTH, fibre jusqu'à la maison, utilise la fibre optique
monomode jusqu'au domicile de l'utilisateur.

4. Hiérarchie des réseaux optiques

Segments de réseaux optiques

Les réseaux optiques sont hiérarchisés suivant leur débit et leur distance de couverture. Les
réseaux cœur relient les différents continents sur quelques dizaines de milliers de kilomètres.
Ils transportent des informations au débit de 100, voire 400 Gb/s. Les réseaux métropolitains
relient les villes entre elles sur quelques centaines de kilomètres, à des débits de 10, voire
40, voire 100 Gb/s. Le réseau métropolitain (métro) réalise l'interface avec le réseau cœur et
collecte l'ensemble des informations venant des réseaux d'accès filaire (accès fixe) et mobile.

5. Les débits des différents services


Services HD et THD

Parmi les nouveaux services très haut débit, on peut citer :


 Le Cloud, qui permet de stocker des données dans le réseau, de les partager et de les
consulter à distance
 La vidéoconférence qui, grâce au très haut débit, sera plus fluide, de meilleure qualité,
et pour le son et pour l'image, ainsi que les nouveaux formats de télévision tels que la
télévision 3D ou l'ultra haute définition
 Le développement de la domotique permettant de contrôler à distance l'ensemble des
équipements électriques de la maison, et de participer au maintien à domicile des
personnes dépendantes, en les rendant plus autonomes, en contrôlant des instruments
professionnels.

6. Temps de téléchargement d’une vidéo de 800 Moctets


Temps de téléchargement d’une vidéo de 800 Moctets

Avec l’apparition du très haut débit, le téléchargement de contenus de grande capacité est
également facilité. Ainsi, par exemple, le temps de téléchargement d'une vidéo de 800
Moctets prenait quasiment deux jours avec un modem téléphonique à 56 kb/s et prend
désormais 1,42 minute avec la technologie FTTH à 100 Mb/s.

II. La liaison à fibre optique


1. Schéma d’une liaison à fibre optique
Schéma d’une liaison à fibre optique

Une liaison à fibre optique est constituée d'un émetteur optique et d'un récepteur optique reliés
par une fibre optique. Les données du client modulent la lumière issue de l'émetteur optique,
sont transmises dans la fibre optique reçues par le récepteur optique. À l'intérieur de
l'émetteur optique, le principal composant d’émission de la lumière est une diode laser. À
l'intérieur du récepteur optique, le principal composant de réception de la lumière est une
photodiode.

2. La fibre optique

La fibre optique présente de nombreux avantages, en particulier des faibles pertes, une large
bande passante, des faibles dimensions, un faible poids, aucune interférence
électromagnétique et une grande résistance aux attaques chimiques et aux variations en
température.
La fibre optique

La fibre optique est composée de deux cylindres concentriques de verre de silice. Le cœur de
la fibre est le premier cylindre de plus petit diamètre, il a un indice de réfraction n1 et il assure
le confinement de la lumière. Le deuxième cylindre, appelé gaine, a un indice de réfraction
n2. Pour assurer le guidage de la lumière, il faut respecter la condition de guidage de la
lumière dans la fibre à savoir : n2 <n1.
Le revêtement en polymère permet de protéger l'ensemble « cœur + gaine » et n'a aucun rôle
optique.
Fibres optiques multimode et monomode

Il existe deux sortes de fibres optiques : la fibre optique multimode et la fibre optique
monomode. La fibre optique multimode a un diamètre de cœur de 50 m ou 62,5 m et un
diamètre de gaine de 125 m. La fibre optique monomode a un diamètre de cœur beaucoup
plus petit de 9 m et un diamètre de gaine de 125 m. Dans les réseaux FTTH, les opérateurs
installent de la fibre optique monomode.

3. La propagation de la lumière dans la fibre optique

Propagation de la lumière dans la fibre

La fibre optique est un guide d'ondes qui exploite les propriétés réfractrices de la lumière.
Comme vu précédemment, elle est constituée d'un cœur entouré d'une gaine. Le cœur de la
fibre a un indice de réfraction légèrement plus élevé que celui de la gaine. Sous certaines
conditions d'injection de la lumière dans le cœur, la lumière est entièrement réfléchie de
multiples fois à l'interface cœur-gaine et il est alors possible de confiner totalement la lumière
à l’intérieur du cœur de la fibre : c'est le phénomène de réflexion interne totale.

Dans une fibre multimode, il existe plusieurs modes de propagation de la lumière


correspondant à différents trajets optiques des rayons lumineux (illustration d’une propagation
de la lumière dans une fibre multimode à saut d’indice).
Dans une fibre optique monomode, il n'existe qu'un mode de propagation de la lumière
correspondant à un seul trajet des rayons lumineux.

4. Le spectre des longueurs d’onde


Le spectre des longueurs d’onde

Le spectre des longueurs d'onde est décomposé en trois parties : le spectre invisible
correspondant au rayonnement UV, le spectre visible correspondant aux couleurs visibles de
l'arc-en-ciel et à la décomposition en longueurs d'onde de la lumière blanche et le spectre
invisible correspondant aux infrarouges qui se trouve donc au-delà du rouge. Ce spectre
invisible concernera les réseaux optiques et les données seront transmises grâce aux longueurs
d'onde 1310 nm et 1490 nm de ce spectre infrarouge.

5. Les causes d’atténuation de la lumière dans la fibre optique

Il existe deux causes d'atténuation de la lumière dans la fibre optique : l’atténuation


intrinsèque et l'atténuation extrinsèque.

A. Atténuation intrinsèque

L’atténuation intrinsèque dans la fibre dépend du matériau et de la longueur d'onde. On


considère les pertes par absorption de la silice au-delà de 1,6 m et les pertes par diffusion
avant 1,6 m. Dans les pertes par diffusion, il y a la diffusion due aux hétérogénéités d'indice
de réfraction du cœur ou diffusion Rayleigh et il y a la diffusion due aux irrégularités de
l'interface cœur-gaine.

Dans la courbe d'évolution de l'atténuation intrinsèque de la fibre en dB/km en fonction de la


longueur d'onde, on observe ci-dessous la diffusion de Rayleigh due à l'interaction de la
lumière avec le verre avec une décroissance de la courbe en 1/ λ4.
Diffusion Rayleigh

On observe également ci-dessous la remontée de ces pertes au-delà de 1,6 m due à


l'absorption de la silice dans l'infrarouge. On note également la présence de pics d'absorption
à 1,24 m et 1,39 m dus à la présence de molécules d'eau dans le process de fabrication de la
fibre. Les pertes de la fibre sont minimales et égales à 0,2 dB/km pour une longueur d'onde de
1,5 m : la fenêtre autour de 1,5 m où l’atténuation de la fibre est minimale, sera considérée
comme la troisième fenêtre de transmission des données dans le domaine des
télécommunications.
Absorption de la silice dans l’infrarouge

B. Atténuation extrinsèque

Les pertes d'atténuation extrinsèque concernent les pertes par rayonnement dues aux
courbures de la fibre, les pertes de raccordement (épissures (ou soudures) de fibres et
connecteurs) et les pertes par couplage de la lumière en entrée et en sortie de fibre.

6. Tableau d’équivalences pertes (valeurs relatives en dB)


Les pertes sont évaluées en calculant le rapport entre la puissance en sortie Ps du composant
(fibre, épissure, connecteur, atténuateur,) et la puissance en entrée Pe du composant. Ce
rapport sera souvent exprimé en dB (tableau d’équivalences ci-dessous).

Equivalences pertes

Exemple : Considérons une fibre optique d’atténuation 0,2 dB/km à 1,5 m :

 A 10 kms, la puissance Pe du signal lumineux introduit dans la fibre sera atténuée de 2


dB.
 A 15 kilomètres, la même puissance Pe sera atténuée de 3 dB, ce qui correspond,
d'après le tableau d'équivalences pertes, à une puissance du signal lumineux de sortie
Ps égale à la moitié de la puissance du signal lumineux d'entrée Pe, soit Ps / Pe = 50
%, ou Ps / Pe = - 3 dB.

III. Les différentes architectures de réseaux d’accès optiques


1. Longueurs d’ondes des réseaux d’accès optique

Les opérateurs de télécommunication ont choisi les longueurs d'ondes suivantes dans les
réseaux d'accès optique :

 La longueur d'onde 1,49 m a été choisie dans la voie descendante de la tête de réseau
vers les utilisateurs. À cette longueur d'onde, l'atténuation est de 0,2 dB/km.
 La longueur d'onde 1,31 m dans la voie montante des utilisateurs vers la tête de
réseau. À cette longueur d'onde, l'atténuation de la fibre est de 0,5 dB/km.

2. L’architecture point à point


Dans l'architecture point à point, l'utilisateur final est relié à la tête de réseau par un lien
optique. Lorsque ce lien optique est constitué de deux fibres, les données de la voie montante
et de la voie descendante empruntent ces deux fibres. Dans ce cas, il n'y a aucun problème de
collision entre les données descendantes et les données montantes.

Architecture point à point

Exemple de calcul du bilan d’une liaison point à point :

Considérons une liaison constituée d'un émetteur optique situé dans l'OLT (Optical Line
Terminal) de puissance d'émission Pe en dBm et de longueur d'onde 1,49 m, de deux
connecteurs d'atténuation 0,5 dB chacun, d'une fibre optique de longueur L.

A cette longueur d’onde, l'atténuation de la fibre est de 0,2 dB/km. Nous prenons en compte
également, à la mise en service, d’une marge de vieillissement de la liaison de 3 dB pour tenir
compte du vieillissement de l'émetteur optique.
Calcul d’un bilan de puissance

Dans ces conditions, la puissance reçue en dBm est égale à :

Prec(dBm)= Pe(dBm) - 0,2 x L(dB) - 2 x 0,5(dB) – 3(dB)

3. Tableau d’équivalences mW / dBm


Equivalences mW/dBm

Supposons une puissance d'émission Pe = 0 dBm. Suivant le tableau d'équivalence, cela


signifie que la puissance linéaire Pe lin est égale à 1 mW. En résumé, les dBm sont des dB
rapportés à 1 mW.

4. L’architecture point multipoint

Le coupleur optique du nœud de l'architecture point multipoint peut être réalisé en optique
guidée.
Architecture point multipoint

Avec ces technologies, lorsqu’on rapproche deux fibres optiques sur une longueur z, la
puissance lumineuse injectée dans la branche 1 du coupleur se couple dans les branches 3 et 4
de sortie du coupleur (Fig.4). Suivant cette longueur z, on peut réaliser un coupleur 1 vers 2
avec 50 % de la puissance émise dans les branches 3 et 4 de sortie du coupleur, soit une perte
de puissance de 3 dB sur chaque branche de sortie du coupleur. En cascadant plusieurs
coupleurs 1 vers 2, on réalise par exemple un coupleur 1 vers 8.

Le coupleur
Il existe donc deux architectures de réseau d'accès optique principales, l’architecture point à
point et l'architecture point multipoint. L'architecture point multipoint sera mise en œuvre
dans le réseau PON, Passive Optical Network, ou réseau optique passif.

IV. Le réseau GPON


1. Technologie GPON : solution point multipoint

La solution point multipoint est mise en œuvre avec la technologie GPON (Gigabit PON).

Dans la voie montante, on utilise la longueur d'onde 1,31 m, dans la voie descendante, la
longueur d'onde 1,49 m. Le taux de partage du coupleur est de 1 vers 64, voire 128,
utilisateurs. La solution a comme portée, ou rayon de couverture, 20 kms.

2. Transmission des données (Gigabit PON)

Dans la voie descendante de l'OLT vers les ONU (Optical Network Unit) du réseau GPON,
les données sont au débit de 2,5 Gbits/s, elles sont cryptées et encapsulées dans différents
slots ou intervalles temporels, c'est ce qu'on appelle le multiplexage temporel des
informations. Ces informations sont diffusées en mode diffusion, ou mode broadcast, vers
l'ensemble des ONU. Chaque ONU va récupérer les informations qui lui sont destinées grâce
à son adresse MAC, Medium Access Control.

Voie descendante dans un réseau GPON


Les données de la voie montante dans le réseau GPON sont transmises au débit de 1,25
Gbits/s. Elles sont encapsulées dans des slots temporels en mode TDM, Time Division
Multiplexing, comme dans la voie descendante.

Voie montante dans un réseau GPON

Comme le montre la figure 2, le récepteur de l'OLT reçoit des données provenant des
ONU1,2,3. (enregistrement à l’oscilloscope en orange). Les données de l'ONU1 ont une
amplitude différente, car elles proviennent d'un ONU plus éloigné du récepteur. Ceci est
typique d'un mode Burst, ou mode Rafale. Le récepteur de l'OLT devra adapter son seuil de
décision à chaque réception de nouvelles données pour décider s'il reçoit des informations à 1
ou à 0.

3. Choix des longueurs d’onde

Dans la voie descendante, on choisit une diode laser DFB (Distributed Feedback) qui émet à
1,49 m, ceci pour desservir l'ensemble des utilisateurs. Cette diode laser est stabilisée en
température. Dans la voie montante, on choisit une diode laser Fabry-Perot (FP) qui émet à
1,31 m. Cette diode laser n'est pas stabilisée en température et se trouve dans chaque box
utilisateur (ONU).
Longueurs d’onde dans un réseau GPON

4. La norme du GPON

La norme ITU-T G. 984 du réseau GPON comprend quatre parties :

 La G984. 1 est dédiée à l'architecture, aux débits, à la portée, au taux de partage et au


mécanisme de protection
 La G984. 2 est consacrée au budget optique et aux puissances mises en œuvre dans le
réseau GPON.
 La G984. 3 explique les mécanismes de transmission entre l'OLT et l'ONU.
 La G984. 4 explicite les échanges entre l’OLT et l’ONU et les différents services.

V. Les composants actifs et budget d’un réseau GPON


1. Le module optique de l’OLT
Le module optique de l’OLT dans un réseau GPON

Le module SFP (Small Form Pluggable) utilisé dans l'OLT est un transceiver. Il comprend
trois composants principaux : un laser DFB à 1,49 micromètre, un filtre WDM et une
photodiode. Son principe de fonctionnement est le suivant : la lumière issue du laser DFB à
un 1,49 m est injectée dans la fibre optique monomode dans le sens descendant, en passant
en transparence dans le filtre WDM. La lumière à 1,31 m provenant des différents ONUs est
réfléchie par le filtre WDM et reçue par le récepteur de l'OLT.

2. Signaux reçus à l’OLT

Signaux reçus à l’OLT

On observe ici le signal optique en mode Burst reçu par la photodiode. Le signal provenant
d'un ONU proche d’un OLT a une puissance optique moyenne de -13 dBm. Le signal plus
éloigné à une puissance optique moyenne très faible de - 28 dBm. Cette puissance moyenne
optique très faible est très proche du seuil de sensibilité du récepteur, à savoir la puissance
minimale que le récepteur est capable de recevoir. Entre les deux signaux, on a un intervalle
de garde de 25 ns pendant lequel l'OLT adapte son seuil de décision en fonction de la
puissance moyenne du signal à venir. En sortie du récepteur optique, la puissance optique a
été convertie en un signal électrique Vout. On observe également que le taux d'erreur de la
transmission ou Bit Error Rate (BER) est très bon car inférieur à 10-10.

3. Le module optique de l’ONU

Le module optique de l’ONU dans un réseau GPON

Le module SFP de l'ONU fonctionne de la même manière que le module SFP de l'OLT, la
lumière à 1,31 m issue du laser Fabry-Perrot est injectée dans la fibre monomode en passant
en transparence dans le filtre WDM. La lumière à 1,49 m provenant de l'OLT est réfléchie
par le filtre WDM et reçue par la photodiode PIN du récepteur de l'ONU.

Le budget optique d’un réseau GPON dépend du rayon de couverture du réseau dont la
longueur est notée L et du nombre de branches de sortie du coupleur correspondant au nombre
d'ONUs 2ᵏ. On considère ici l'atténuation de la fibre à 1,31 m dans le sens montant, à savoir
0,5 dB/km car l’atténuation est plus défavorable dans le sens montant que dans le sens
descendant.

Dans ces conditions, l'atténuation entre les ONUs et l’OLT sera égale à :

Att ONU-OLT = 0,5 (dB/km) x L (km) + 3 x k (dB) où 3 x k correspond aux pertes du


coupleur de taux de partage 1 vers 2ᵏ en dB.
4. Evolution de L en fonction du nombre d’ONUs

Portée OLT-ONU en fonction du nombre d’ONUs

Pour tracer l'évolution du rayon de couverture ou distance OLT-ONU appelée L en fonction


du nombre d'ONUs 2ᵏ, on considère un laser Fabry-Perrot de puissance optique 0 dBm, une
photodiode de sensibilité -25 dBm et une photodiode de puissance de saturation -10 dBm.

La puissance de saturation correspond à la puissance maximale que la photodiode est capable


de détecter sans saturer. Ces données sont définies dans la norme du réseau GPON class B.

On utilise la formule précédente pour déterminer l'évolution du rayon de couverture


maximum appelé Lmax correspondant à une atténuation de 0-(-25 dBm) = 25 dB et du rayon
minimum Lmin avec 0-(-10) = 10 dB. Ceci permet de déterminer qu’un réseau GPON peut
desservir 32 utilisateurs pour un rayon de couverture de 20 kms et 64 utilisateurs pour un
rayon de couverture de 14 kms. À noter que dans cette étude, nous n'avons pas tenu compte
des marges de vieillissement du système.

VI. Les futures générations de PON


1. Les réseaux NGPON1 : XGPON1 et XGPON2
Dans le réseau GPON, la longueur d'onde dans le sens descendant est de 1,49 m. Elle est de
1,31 m dans le sens montant. Les données des différents ONUs sont multiplexées dans des
slots temporels suivant la technique de multiplexage TDM (Time Division Multiplexing).

Dans la future génération de réseaux GPON, NGPON1, les réseaux XGPON1 ont un
fonctionnement identique à celui du réseau GPON avec un débit dans la voie descendante
égale à 10 Gbits/s et un débit dans la voie montante égale à 2,5 Gbits/s. Les réseaux XGPON2
ont un débit montant de 10 Gbits/s.

Caractéristiques des réseaux XGPON1 et XGPON2

2. Le réseau NGPON2 : le multiplexage TWDM

Dans le réseau NGPON2, on introduit la technique de multiplexage WDM tout en gardant la


technique TDM. Cette technique hybride est appelée Time Wavelength Division Multiplexing
(TWDM). On a un fonctionnement identique au réseau XGPON sur 4 ou 8 longueurs d'onde
λ. cela permet d'augmenter le débit et la flexibilité du réseau. Dans la voie descendante, les
informations sont multiplexées temporellement sur chaque longueur d'onde issue des 4, voire
8 émetteurs de l'OLT, et diffusées vers les N récepteurs des différents ONUs. Dans la voie
montante, les informations remontent en mode Burst au récepteur de l'OLT sur différentes
longueurs d'onde affectées aux ONUs.
Réseau NGPON2

Dans le réseau NGPON2, on peut superposer des liaisons point à point WDM en plus du
TWDM. Par exemple, on peut superposer une liaison à 10 Gbits/s et par longueur d'onde
symétrique pour relier des antennes mobiles aux centraux BBU (Base Band Unit). Cette
liaison est appelée (Fronthaul). Cette solution entre dans le cadre de la convergence
fixe/mobile des réseaux.

3. Spécifications du NGPON2 à 4ƛ

Dans le tableau suivant sont résumées les différentes spécifications du réseau NGPON2

Tableau du NGPON2 à 4 longueurs d’onde


Chapitre 2 : Technologies et composants optiques

I. La fibre optique

1. Structure de la fibre optique

La fibre optique est en fait un mince fil de verre protégé par deux couches de revêtement
thermoplastique. Le diamètre du verre est de 125 micromètres, le diamètre extérieur du
revêtement est de 250 micromètres.
Le verre est constitué de deux parties : le cœur optique d'un diamètre 9 micromètres sur les
structures monomodes et une gaine optique de diamètre 125 micromètres. L'ensemble verre,
plus revêtement thermoplastique constitue ce qu'on appelle la fibre nue. Le revêtement est
appliqué lors de la fabrication de la fibre, il est conservé tout au long de la vie de la fibre. Il
n'est retiré que pour des opérations très spécifiques, des opérations d'épissurage ou
connectorisation. Immédiatement après ces opérations, la fibre est reprotégée, soit par des
manchons, soit par le corps même du connecteur.

2. Identification de la fibre

Dans un câble, les fibres sont identifiées par leur couleur, cette couleur est soit un mince film
coloré rajouté sur la fibre, soit directement la couleur du revêtement secondaire teintée dans sa
masse. Ce deuxième procédé dit Colorlock présente une bien meilleure résistance dans le
temps.
Un code couleur spécifique est utilisé en France. Par convention, la fibre rouge est dite fibre
numéro 1, la fibre bleu numéro 2, vert numéro 3, etc. La fibre rose est la fibre numéro 12.

3. Pureté de la fibre

Une fibre optique est certes un fil de verre, mais d'un verre d'une extrême pureté. Le tableau
compare différents types de verres et donne les absorptions en dB par kilomètres. Si l'on
compare un verre de vitre avec un verre de fibre optique, on voit que pour le verre de vitre
l'absorption est de 200 000 dB par kilomètre, pour la fibre optique, il est de l'ordre de 0,2 dB
par kilomètre. Une fibre optique est donc 1 million de fois plus transparente qu'un verre de
vitre.
4. Fabrication de la fibre

Cette extrême pureté est obtenue grâce à des procédés de fabrication très spécifiques. On peut
distinguer trois étapes dans la fabrication de la fibre optique, la première étape est la
fabrication de la préforme qui est un objet en verre de diamètre 100 à 150 millimètres. Cet
objet en verre est ensuite étiré jusqu'à obtenir l'objet de diamètre de 125 micromètres, c'est
l'étape de fibrage. La dernière étape, c'est celle de la caractérisation qui permet de valider les
propriétés de la fibre.

Pour obtenir cette extrême pureté, il est nécessaire d'utiliser des procédés de dépôt en phase
vapeur. Les procédés les plus utilisés en Europe sont les procédés dits internes, ils consistent à
déposer des couches à l'intérieur d'un tube de dépôt.

Lorsque le nombre de couches voulu est réalisé, le tube est ensuite fermé, c'est l'étape de
rétreint, on obtient le barreau de cœur. Ensuite, des couches de verre sont rajoutées à
l'extérieur pour obtenir l'objet souhaité aux dimensions voulues, c'est la préforme.
La deuxième étape de fabrication est l'étape de fibrage, la préforme est amenée au sommet
d'une tour de fibrage, elle est introduite dans un four chauffé aux environs de 2000 degrés.

La température fait qu'une partie de verre se détache, emmenant avec elle un mince fil de
verre. Ce fil de verre est le début de la fibre optique. Ensuite, on contrôle en tension, en
vitesse de descente de préforme, en température du four pour obtenir le bon diamètre de 125
micromètres. En bas de la tour de fibrage est appliqué le revêtement. D'abord, le revêtement
primaire, puis ensuite, le revêtement secondaire.
Après le fibrage, la fibre optique est soumise à un test d'épreuves, elle va être étirée de 1%
pendant une seconde sur toute sa longueur, cela permet d'éliminer les points faibles, cela
permet d'assurer une durée de vie de la fibre supérieure à 20 ans dans les conditions normales
d'utilisation.
5. Mesures et standards

La fibre optique est ensuite caractérisée, plusieurs dizaines de paramètres sont mesurées selon
les standards internationaux. Les standards internationaux définissent de nombreux types de
fibres optiques. Dans les réseaux longue distance, on utilise la fibre dite G.652.D. Pour les
réseaux FTTH, il est recommandé d'utiliser le type dit G.657.A2. Ce type de fibre est dit
insensible à la courbure.

6. Le choix pour la fibre FTTH

La fibre G. 657. A2 est dite insensible aux courbures, car elle limite la perte de puissance en
cas de courbure de la fibre. Dans les photos ci-après, on compare la fibre G. 652. D et la fibre
G. 657. A2. En cas de courbure autour d'un stylo, cas d'école, on constate une perte de 11 dB
avec la G. 652. D, soit la moitié du budget optique du réseau FTTH. Pour la fibre G. 657. A2,
la déperdition est uniquement de 0,2 dB, soit 1% du budget.

Le cas précédent était un cas d'école, ou correspond à des courbures accidentelles sur le
réseau. Les fibres insensibles aux courbures ont été développées pour principalement pouvoir
stocker les fibres sur de faibles rayons de courbure, 15 millimètres. Il a été défini différents
types de fibres, mais toutes n'ont pas les mêmes performances. Le tableau compare les fibres
de type G. 657. A1, G. 657. A2 et G. 657. B3.
La B3 est un cas particulier, elle n'est pas spécifiée pour ce rayon 15 millimètres. Si l'on
compare la fibre G.657.A1 et la fibre G.657.A2, on note de fortes différences de
performances, la fibre G.657.A1 qui est juste une extrapolation d'une fibre G.652.D à des
pertes 10 fois supérieures à la fibre G.657.A2. Cet écart est d'autant plus important que la
longueur d'onde d'opérations augmente. Alors, il faut savoir que les réseaux de future
génération qui viendront après le GPON utiliseront les plus grandes longueurs d'onde, il est
donc important pour la pérennité du réseau d'utiliser la fibre qui assure la plus faible perte de
courbure possible aux plus grandes longueurs d'onde.

La fibre optique est donc un mince fil de verre, elle fait l'objet de beaucoup d'attention lors de
sa fabrication et de sa caractérisation. Elle doit faire aussi l'objet d'attention lors de sa
manipulation, de son installation. Les rayons de courbure trop sévères doivent être évités, il ne
faut pas étirer la fibre, il faut éviter de heurter la fibre avec un outil.

II. Les câbles optiques

1. Généralités

La fibre optique est un mince fil de verre, il est nécessaire de la protéger : entre deux points de
jonction dans des câbles, aux points de jonction dans des boîtiers.
Il existe de différentes façons de classifier les câbles à fibre optique. L'IEC classe les câbles à
fibre optique en différentes sections correspondant à des environnements différents : les
câbles intérieurs, les câbles extérieurs, les câbles intérieurs et extérieurs. Dans un premier
temps, nous reprendrons cette classification.

2. Principaux critères de performance


Quels sont les principaux critères de performance_? On distingue les critères mécaniques et
les critères environnementaux. Au niveau mécanique, il y a la résistance à la traction, la
résistance à l'écrasement et la résistance au choc, par exemple pour simuler la chute d'un outil
sur un câble. En matière d'environnement, on a la résistance aux variations de température, la
résistance aux UVs, la résistance aux solvants, l'étanchéité, et très important pour les câbles
intérieurs, le comportement au feu.

3. Environnement d’utilisation et performances

Les câbles intérieurs : les câbles intérieurs ont une gaine sans halogène ignifugée, ils sont de
différentes couleurs, généralement de couleurs claires pour être le moins apparents possible à
l'intérieur. La plage de température est relativement réduite. Le paramètre le plus important
est le comportement au feu. Il s'agit de s'assurer que le câble ne propage pas le feu et n’émette
pas de substances qui peuvent être dangereuses en cas d'incendie. Depuis le premier juillet
2017, les câbles intérieurs doivent répondre au Règlement Produit de Construction, RPC.

Les câbles extérieurs conduite, ils ont une gaine polyéthylène chargée au noir de carbone pour
présenter une bonne résistance aux UVs, cela leur confère une couleur noire. Ils ont une plage
température d'opération plus étendue que les câbles intérieurs. Les propriétés
environnementales clés sont : l'étanchéité, la résistance aux UVs. En termes de propriétés
mécaniques, ils doivent présenter une bonne résistance à la traction et à l'écrasement pour
pouvoir être posés par tirage dans les conduites.

Les câbles extérieurs aériens sont très proches des câbles en conduite : ils ont une plage de
température d'opération plus étendue et ils représentent encore une meilleure résistance à la
traction parce qu'une fois posés, ils doivent pouvoir résister aux intempéries, vent, gel et le
cumul d'un poids de gel sur le câble et du vent.

Les câbles intérieurs-extérieurs, on peut distinguer deux types de câbles : les câbles simple
gaine et les câbles double gaine. Les câbles double gaine ont une gaine extérieure pelable en
polyéthylène. Cette gaine est retirée lorsque le câble circule en intérieur. La gaine interne est
en matériau ignifugé. Les câbles simple gaine ont une gaine sans halogène, ignifugé et
résistantes aux UVs. En termes d'aspect, ils peuvent avoir différentes couleurs, les propriétés
sont souvent des compromis entre celles d'un câble purement intérieur et celles d'un câble
purement extérieur.

4. Topologie du réseau FTTH et types de câble

Une autre possibilité de classer les câbles à fibre optique sont de les classer en fonction de
leur utilisation dans le réseau. Dans le réseau FTTH, on a le transport optique et la distribution
optique. On peut distinguer dans le transport optique : les câbles de transport optique, dans la
distribution optique, les câbles de distribution et les câbles de branchement.
Les câbles de transport sont des câbles extérieurs. En France a été fait le choix d'une part de
câble (tout diélectrique), c'est-à-dire de câbles sans aucune partie métallique et d'autre part de
câbles dont les modules sont des micromodules flexibles, dits aussi Flextubes.

Le câble est donc composé de fibre optique, les fibres optiques sont rassemblées dans des
micromodules ou Flextubes. Les micromodules sont assemblés avec des renforts et des
éléments d'étanchéité, le tout est contenu dans une gaine. Cette gaine comporte également
deux renforts périphériques. Il faut savoir qu'il existe d'autres technologies. Par exemple pour
les câbles aériens, il existe les câbles aériens dits fig8 : ils se singularisent par la présence d'un
porteur excentré. L'avantage c'est qu'ils sont faciles à fixer sur des poteaux, ils ont une bonne
résistance à la traction. Leur inconvénient c'est une forte prise au vent. Le porteur étant
souvent métallique, il exige aussi la gestion de la mise à la terre du câble, ce qui est une très
forte complication.
Il existe aussi des alternatives à la technologie micromodules. Par exemple, les loose tubes.

Leur avantage, c'est qu'ils protègent relativement mieux la fibre et notamment permettent de
faire des câbles aériens de plus longue portée, supérieure à 100 mètres, mais présentent
beaucoup d'inconvénients, notamment dans le réseau de distribution. Le temps d'accès aux
fibres est beaucoup plus long et d'autre part, ils ne sont pas compatibles avec des boîtiers
compacts, car ils présentent une très mauvaise souplesse. Les modules de type loose tubes
sont en effet sujet à l'effet de paille : lorsqu'on cherche à les plier, ils peuvent casser, bien
entendu les fibres à l'intérieur sont alors cassées. Les modules de type Flextubes peuvent être
réduits à de bien plus faible diamètre, sans risque de casser.

Les câbles de distribution intérieures ont une gaine en matériau ignifugé sans halogène. Ce
sont des câbles dits à modules extractibles. Leur structure est peu serrée, ce qui permet
d'extraire les modules sur plusieurs mètres.
En France sont beaucoup utilisés des câbles de branchement intérieurs-extérieurs à double
gaine : la gaine extérieure noire est pelable, elle doit être retirée lorsque le câble chemine en
intérieur. Il existe aussi des câbles purement intérieurs : ils sont simples gaines, cette gaine est
sans halogène et ignifugée.

III. Accessoires et connecteurs pour fibre optique


1. Généralités

La fibre optique est un mince fil de verre. Il convient de la protéger entre deux points dans des
câbles, et aux extrémités dans des boîtiers. Ces boîtiers permettent également d'organiser la
fibre optique en vue de son utilisation ultérieure. Généralement, les fibres dans les boîtiers
sont soudées entre elles. Cependant, lorsqu'il y a besoin de connecter et de déconnecter des
fibres souvent, on utilise de préférence des connecteurs optiques. Le principal type de
connecteurs utilisé dans le réseau FTTH, est le connecteur SC/APC.

2. Boîtes et boitiers

Les boîtiers doivent être adaptés à leur environnement d'utilisation. On distingue quatre
environnements principaux : catégories C, A, G et S. C correspond à un environnement
intérieur contrôlé, température de -10 ° à + 60 °. A correspond à un environnement extérieur
aérien, sans risque d'immersion, -40 ° à + 65 °. G correspond à un environnement au niveau
du sol, de -40 ° à + 65 °, avec possibilité d'immersion, notamment lors d'inondations. S
correspond à un environnement extérieur en sous-sol, ou en souterrain, avec immersion
fréquente. Les températures sont de -30 ° à + 60 °.
Les principaux critères de performance sont : les critères mécaniques et les critères
environnementaux,

Mécaniques, c'est la résistance aux chocs, c'est la résistance à l'arrachement, par exemple, du
boîtier sur son support.

Dans les critères environnementaux, on peut citer la résistance aux intrusions, l'étanchéité, la
résistance aux UV, la résistance aux solvants et le comportement au feu. La protection contre
les intrusions est un point très important. C'est ce qu'on appelle le niveau d'IP. Le niveau d'IP
est défini par deux chiffres. Le premier chiffre correspond à l'intrusion solide.

L'intrusion d'un outil au plus bas niveau, ou l'intrusion de fines poussières au niveau les plus
élevés.

Le deuxième chiffre correspond à l'intrusion d'eau, c'est donc l'étanchéité. Le niveau d'IP le
plus élevé est l'IP 68. Cependant, il faut avoir conscience que IP 68 seul ne veut rien dire. Il
faut définir la hauteur de colonne d'eau, par exemple IP 68 : 1 mètre ou IP 68 : 5 mètres, il
faut surtout préciser la performance attendue, par exemple aucune trace d'eau dans aucune
partie du boîtier.

Quelles sont les principaux boîtiers dans un réseau FTTH_ ? En extérieur, on trouve les
boîtiers de protection d'épissure. Ils servent de joint entre deux câbles ou dérivé des fibres
d'un gros câble vers plusieurs câbles de plus petite contenance.

On trouve également les points de branchements optiques. Ils permettent la connexion entre
les fibres des câbles de distribution et les fibres des câbles de branchement.

En intérieur, cette fois, on trouve les boîtiers de pied d'immeuble. Généralement, c'est
l'interface entre le câble extérieur et le câble de colonne montante.
En intérieur, dans les immeubles, on trouve aussi les points de branchements optiques, ou
boîtiers d'étages. Ils servent de connexion entre le câble de distribution et les câbles de
branchement.

En intérieur, on trouve enfin les prises clients. Soit de forme DTIo, pour intégration dans le
tableau de communication, soit de forme PTO, pour pose en apparent. Il est à signaler qu'il
existe des PTO mixtes, avec un connecteur optique et un connecteur cuivre.

3. Les connecteurs optiques

Un connecteur permet la connexion et la déconnexion fréquente, soit de deux câbles optiques,


soit d'un câble optique sur un appareil. Un connecteur est toujours composé de deux fiches et
d'un raccord (note : appelé aussi adaptateur).

Pour assurer une bonne liaison optique, le connecteur doit remplir quatre fonctions : le
verrouillage mécanique, le contact physique entre les cœurs des deux fibres, l'alignement des
cœurs et la protection contre les intrusions. Les principaux connecteurs optiques mono fibre
sont les connecteurs de type SC, LC, ST ou FC. Ils se distinguent par le diamètre de férule et
le principe de verrouillage mécanique. Le connecteur SC a un diamètre de férule de 2,5 mm, il
est encliquetable de type "Push/Pull". Le connecteur LC a un diamètre de férule réduit, 1,25
mm. Il est lui-même plus petit, il est aussi encliquetable, à languette élastique. Le connecteur
de type ST a un diamètre de férule de 2,5 mm, il est à baïonnette. Enfin, le connecteur FC a
aussi un diamètre de férule de 2,5 mm, il est de type à visser.
Les performances essentielles d'un connecteur optique sont ses pertes d'insertion et ses pertes
par réflexion. Ces deux pertes sont exprimées en dB. Il convient que la perte d'insertion soit la
plus faible possible, la proche possible de 0, et la valeur de RL doit être la plus grande
possible. Pour avoir une forte valeur de RL, il faut utiliser des connecteurs de type APC, avec
un polissage en angle. La France a choisi un angle de 8 °. Le choix a été fait sur les
connecteurs SC/APC, qui est donc un connecteur en angle. Par convention, le connecteur
SC/APC est de couleur verte. Les deux fiches et le raccord sont verts.
Chapitre 3 : La chaîne FTTH

I. La chaîne FTTH : du NRO au SRO


1. Architecture générique

La boucle locale optique s'identifie au réseau compris entre le Nœud de Raccordement


Optique (NRO), qui marque la frontière du réseau d'accès avec le réseau de collecte
(backbone) et la Prise Terminale Optique (PTO) au-delà de laquelle se trouve le réseau privé
du client.

Chaque opérateur dispose de ses propres NRO. Un NRO dessert quelques milliers de lignes,
sa zone géographique couvre un rayon d'une dizaine de kilomètres en zone peu dense,
quelques kilomètres voire quelques centaines de mètres en zone très dense.

La prise terminale optique, PTO, fait office de dispositif terminal intérieur optique (DTIO).
Elle matérialise la frontière entre le réseau d'accès et le réseau domestique.

La boucle locale optique

Afin d'assurer les fonctions d'exploitation - mise en service, reconfiguration, test et mesure –
le réseau dispose entre le NRO et les prises terminales optiques de nœuds de flexibilité : les
sous répartiteurs optiques (SRO), les points de branchements optiques (PBO).

Le sous-répartiteur optique est un nœud de flexibilité qui sépare le segment transport en


amont, du segment desserte en aval.
Le point de branchement optique, PBO, situé dans le réseau de desserte en aval du SRO est le
dernier nœud de flexibilité avant le branchement. C'est au niveau du PBO que s'effectue le
raccordement, au fil du temps, des nouveaux clients.

La boucle locale optique (vue détaillée)

2. Le Nœud de Raccordement Optique (NRO)

Le NRO est un bâtiment : Shelter, immeuble. Il est très souvent hébergé dans un Nœud de
Raccordement d'Abonnés (NRA) existant, ce qui permet la réutilisation d'infrastructures en
place, les fourreaux, l'énergie par exemple.

C'est au NRO que sont activées les lignes optiques du réseau d'accès. Le NRO héberge les
éléments actifs, les éléments passifs, répartiteur optique de collecte et d'accès, ainsi que les
coupleurs.

Les éléments de la zone active sont abrités dans différentes baies. Les baies télécom hébergent
les têtes de réseaux optiques appelés OLT (Optical Line Termination) en l'occurrence, les
lasers et les photodiodes qui activent le réseau d'accès. Ces équipements actifs sont connectés
aux switches et aux serveurs qui fournissent les services IP : voix sur IP, vidéo sur IP.

Le répartiteur est un équipement passif. Il permet l'affectation flexible des éléments actifs sur
les fibres du réseau d'accès. Ce brassage est réalisé au moyen de jarretières optiques. Une
jarretière est constituée d'un cordon mono-fibre terminé par un connecteur à chaque extrémité.
3. Le réseau de transport

Le réseau de transport est le segment de réseau compris entre le noeud de raccordement


optique, le NRO, et le point de mutualisation, le PM. Il s'agit généralement d'un réseau
souterrain.

Chaque opérateur déploie son propre réseau de transport et le dimensionne en fonction de ses
choix technologiques - point à point ou PON - et du taux de pénétration envisagé dans la zone
arrière du NRO.

Les câbles optiques sont posés dans des fourreaux enterrés en polyéthylène haute densité
(PEHD), ou polychlorure des vinyle (PVC). Ces fourreaux peuvent être sous-tubés.

Des chambres intermédiaires sont utilisées pour les opérations de tirage, de piquage et
d'épissurage des fibres. Les épissures soudées sont placées dans des boîtes de protection
d'épissures étanches

4. Le Sous Répartiteur Optique (SRO)

La fonction de point de mutualisation est assurée dans les Sous-Répartiteurs Optiques, les
SRO.
Les points de mutualisation seront situés le plus bas possible dans le réseau afin d'économiser
les fibres de desserte.

Le point de mutualisation est matérialisé par une armoire de rue située sur le domaine public
ou dans certaines configurations des zones très denses par un boîtier de pied d'immeuble qui
sera localisé dans le domaine privé.
Cette armoire est constituée de trois parties : la partie droite correspond à la distribution vers
les clients, la partie gauche est dédiée aux opérateurs, la partie centrale est réservée au
brassage.

Des jarretières optiques permettent d'affecter les fibres des clients aux fibres de transport des
opérateurs. Dans la partie distribution, chaque client peut être identifié précisément. La partie
gauche accueille donc les câbles de transport des différents opérateurs. Ces fibres de transport
sont ensuite reliées au bloc des opérateurs via des jarretières optiques.

II. La chaîne FTTH : du SRO à la PBO


1. Le réseau de desserte (distribution et branchement)

Le réseau de desserte est le segment de réseau situé entre le point de mutualisation et la prise
terminale optique. Il peut s'agir d'un réseau aérien ou d'un réseau souterrain. Nous voyons ici
une infrastructure aérienne correspondant à une zone moins dense.

Des points de branchement optique, appelés PBO, sont placés sur ce segment. Ils séparent le
réseau de distribution du réseau de branchement. Le PBO peut être un coffret fixé sur un
poteau en borne ou en façade d'immeuble dans le cas des zones moins denses ou dans les
poches de basse densité des zones très denses. Ce peut être aussi un boîtier d'étage (BE),
localisé sur le domaine privé dans certaines configurations de zones très denses.

C'est au PBO que sont réalisées les opérations de raccordement des nouveaux clients. Une
fibre de distribution sera soudée à une fibre de branchement. Les connexions fibre à fibre qui
sont réalisées en ce point sont préférentiellement des épissures soudées
III. La chaîne FTTH : du PBO à la PTO
1. Le réseau de desserte branchement
Le câble utilisé dans cette partie du réseau est de la norme G657 A 2, elle se fait par contre
goute selon l’expression de la demande des clients

2. Le réseau domestique
Les fibres des câbles de branchement provenant des points de branchement optique
aboutissent sur les Prises Terminales Optiques (PTO) qui font office de Dispositif de
Terminaison

Intérieure Optique (DTIO).

De la prise terminale optique, une fibre rejoint l'ONU (Optical Network Unit) qui réalise la
conversion optique électrique.

À partir de là, des câbles, généralement de type Ethernet, partent vers les différentes
applications, téléphone, ordinateur, télévision.
3. Les différentes étapes du déploiement

Résumons à présent les différentes étapes du déploiement. La première étape consistera en la


création du NRO, puis la mise en place des différents points de mutualisation situés dans la
zone arrière du NRO. Ensuite sera réalisé le réseau de transport qui relie le NRO au point de
mutualisation. Ce segment de réseau est propre à chaque opérateur. Le réseau de distribution
situé entre le point de mutualisation et les points de branchement optique sera réalisé de
manière mutualisée. La dernière étape correspond au raccordement et à l'installation client qui
elle se fait au fil de l'eau.
Quelques éléments de vocabulaire à présent :

Un logement est dit « raccordable » lorsque le lien SRO ou PM/PBO existe. Il reste à
construire le raccordement PBO/PTO.

Lorsque ce lien est construit, le logement est dit « raccordé ».

Un logement sera dit « éligible » lorsque le lien NRO/PBO existe et qu'au moins un opérateur
commercial est susceptible de faire une offre.

Pour disposer du service, il faudra être « raccordé et éligible ».

Lorsque la fibre est en attente dans la rue, en amont du PM ou SRO, le logement est
quelquefois qualifié de « couvert » ou « adressable ».

Dans le cas numéro 1, le point de mutualisation doit être accessible, Il se trouve dans les
parties communes de l'immeuble. Le réseau de distribution situé entre le point de
mutualisation et le boîtier d’étage correspond à la colonne montante de l'immeuble.

En ce qui concerne les cas 2, 3 et 4, le point de mutualisation est situé sur le domaine public.

La partie comprise entre le point de mutualisation et le point de branchement optique situé en


façade ou sur un poteau prend le nom de colonne rampante. La partie branchement, elle, se
situe dans le domaine privé.
IV. Perspectives d’évolution

Les réseaux PON qui sont actuellement déployés répondent à la norme G. 984 de l'UIT,
l'Union internationale des Télécoms. Ces réseaux PON sont des GPON (Gigabit Passive
Optical Networks). Au-delà, de nouvelles générations de PON sont en cours de déploiement
ou en étude, c'est ce qu'on appelle des NG-PON, des PON de nouvelle génération.
Immédiatement après le GPON vient le XG-PON, PON à 10 gigabits par seconde qui répond
à la norme G. 987 de l'UIT. Au-delà, en préparation, répondant à la norme G. 989, nous avons
le TWDM-PON (Time Wavelength Division Multiplexing PON) qui combine à la fois la
dimension temporelle et longueur d'onde. Au-delà, de manière plus prospective, nous aurons
des PON qui seront basés quasiment exclusivement sur le WDM.
1. Le XG- PON

La première étape de l'évolution des systèmes d'accès optique point-multipoint concerne le


XGPON.

Rappelons que le GPON utilise la longueur d'onde de 1490 nm dans le sens descendant et
1310 nm dans le sens montant. Le XG-PON utilisera la longueur d'onde de 1577 nm dans le
sens descendant et 1270 nm dans le sens montant. Sur ce schéma, nous voyons que la
cohabitation entre les deux systèmes, GPON et XG-PON, est tout à fait envisageable. Les
longueurs d'onde sont différentes. Il suffira d'utiliser d'une part des coupleurs côté OLT, 2
vers 2 ou 2 vers 1, permettant cette cohabitation et d'utiliser par ailleurs les filtres adéquats
pour pouvoir séparer les différents flux de trafic.

2. Le TWDM- PON
Dans ce PON, quatre longueurs d'onde sont utilisées dans le sens descendant et quatre
longueurs d'onde dans le sens montant.

Dans le sens descendant, ces quatre longueurs d'onde sont situées dans la bande 1595-1605
nm.

Dans le sens montant, les quatre longueurs d'onde occupent la bande 1525-1545 nm. Ces

TWDM-PON permettent aujourd'hui d'envisager des débits partagés de 40 Gbit/s dans le sens
descendant.
3. Le WDM-PON
4. L’open access
5. La convergence fixe-mobile

Chapitre 4 : Tests et mesures

I. Test de continuité

Nous allons parler des classes laser des appareils de mesure, puis présenter un outil très
présent sur le terrain, à savoir le crayon optique. Nous terminerons par la sonde d'inspection
des connecteurs pour mettre en évidence l'importance de nettoyer connecteurs et raccords.

1. Classe laser

Nous allons manipuler des sources laser dont les longueurs d'onde d'émission font de 600 à
1650 nm. Parmi les appareils de mesure présentés dans ce cours, certains utilisent des
longueurs d'onde visibles, comme le crayon optique, et d'autres utilisent des longueurs d'onde
non visibles, comme les sources optiques qui émettent à 1310, à 1490, à 1550 nm et à
1625nm, longueurs d'onde utilisées dans le réseau FTTH.

Invisible ne veut pas dire sans danger, il ne faut pas mélanger puissance et visibilité. Des
longueurs d'onde non visibles et de puissances élevées peuvent être dangereuses pour l’œil en
direct ou en réflexion. Il faut donc toujours vérifier les indications de classes laser affichées
sur les appareils de mesure avant toute manipulation.

Dans notre cas, les appareils de mesure utilisés sur le terrain sont de classe 1, 1M, 2 ou 2M.
En classe 1 et 1M, il n'y a pas de danger dans des conditions d'utilisation raisonnablement
prévisibles et à condition de ne pas utiliser d'optique qui concentre la puissance, comme un
microscope. En classe 2 et 2M, le danger est limité car ce sont des lasers de longueur d'onde
visible pour lesquels nous avons le réflexe de fermer les paupières en moins d'un quart de
seconde, cela toujours à condition de ne pas utiliser d'optique.

NB : Avant toute manipulation, nous vérifierons que la source laser est éteinte, ou du moins,
nous ne regarderons pas directement la fibre optique, et surtout nous n'utiliserons pas de focal
ou d'amplificateur visuel.

2. Crayon optique

Le crayon optique est un outil de test de longueur d'onde autour de 650 nm, donc visible,
appelé également crayon de laser rouge.

C'est un appareil de classe 2M. Ce crayon optique, de puissance moins d'un milliwatt, a une
portée de trois à quatre kilomètres dans une liaison point-à-point (sans coupleur).
Nous avons ici une maquette immeuble représentant le réseau FTTH en zone très dense haute
densité. Chez l'abonné, nous avons la prise PTO avec, dans l'exemple de cette maquette, deux
fibres chez l'abonné. Le câble ici relie le PTO à la partie PB de l'étage, c'est la partie
raccordement qu'on appelle également D3. Le PB de l'étage a une épissure. Un câble repart
dans la colonne montante, c'est la partie D2, qui arrive au PM en bas de l'immeuble. Les
différents opérateurs arrivent sur ce PMI et les différentes prises des abonnés arrivent au
niveau de ce PBI.

Nous allons faire un test de continuité entre la prise PTO de l'abonné et le PM en bas de
l'immeuble.

Pour cela, nous plaçons une jarretière au niveau du PTO, nous allumons le crayon et nous
plaçons le crayon au niveau de la jarretière. Nous allons ensuite au PM en bas de l'immeuble
pour observer la lumière qui arrive sur une des prises du boîtier. Pour les besoins de la vidéo,
je vais placer une jarretière sur le raccord qui s'allume et pouvoir observer la lumière qui
arrive en discontinu. Sur le terrain aujourd'hui, les différents raccords et prises du boîtier sont
transparents. Il est donc inutile d'enlever les capuchons, on peut voir arriver la lumière
directement sur une des prises. Le crayon optique peut transmettre la lumière visible en
discontinu ou en continu.

Avec ce test, il est également possible de repérer visuellement des défauts, on parle de
mesures VFL, Visual Fault Location. On peut repérer un connecteur défectueux, une courbure
appelée contrainte, une mauvaise épissure, une cassure, ou des erreurs de couleur de fibres
suite à des épissures inversées au niveau du PBO, par exemple.

Cette mesure de crayon optique est une première mesure d'observation facile à mettre en
place, mais limitée. Nous n'avons pas de valeur d'atténuation ou d'information sur la longueur.

3. Sonde d’inspection des connecteurs


Ici, nous allons visualiser l'état des connecteurs et vérifier l'absence de salissures et rayures.
Ce que nous appelons salissures sont des poussières, de l'humilité, de la graisse des doigts ou
des vêtements, des produits nettoyants. Elles peuvent contaminer les raccords, les
connecteurs, et donc l'ensemble de la liaison.

Connecteur sans capuchon. Quelqu'un a touché le connecteur

Les salissures, et également, les rayures sur des connecteurs ou raccords, entraînent des
atténuations qui peuvent être importantes et qui risquent un non-respect du budget optique de
la liaison, c'est-à-dire un dépassement de l'atténuation max autorisée sur la liaison optique,
alors que le test de continuité avec le crayon optique est jugé correct. Les salissures et rayures
diminuent également le rapport signal à bruit, et donc limite le débit de transmission possible
dans une liaison optique.

Pour vérifier l'état des connecteurs ou raccords, l'outil sonde d'inspection des connecteurs
utilise un microscope vidéo associé à un logiciel. Dans notre exemple, nous allons analyser
l'état d'un connecteur de type SC/APC d'une fibre monomode (connecteur vert). Pour cela, il
faut choisir l'embout correspondant pour le microscope et paramétrer correctement le logiciel.

Pour nettoyer ce connecteur défectueux, il est possible d'utiliser un stylo de nettoyage, ou une
cassette de nettoyage. Dans les 2 cas, un ruban défile à chaque action.
Le stylo de nettoyage permet de nettoyer des connecteurs ou des raccords. Il est préférable
d'actionner 2 fois pour un nettoyage efficace

II. Mesures Photométrie

Nous allons nous intéresser à une mesure appelée mesure d'atténuation ou d'affaiblissement
ou de perte d'insertion entre deux points afin de vérifier le respect du budget optique de la
liaison. Pour faire cette mesure, nous pouvons le faire soit sur un réseau actif avec un
wattmètre optique d'insertion, soit sur un réseau non actif avec une source optique et un
wattmètre optique.

1. Avec une source optique et un wattmètre optique

Ici, le réseau est non actif. Pour mesurer l'atténuation entre deux points, nous avons besoin
d'une source optique qui émet une puissance émise à une longueur d'onde et d'un récepteur
optique qui mesure la puissance reçue à cette même longueur d'onde. Ce récepteur s'appelle
un wattmètre optique, ou photomètre ou radiomètre. L'écart entre la puissance émise et la
puissance reçue, on va mesurer directement l'atténuation en dB. La source laser est de classe
1M.
Avant de faire la mesure, on doit vérifier le type de connecteur de la liaison (ici connecteur
vert monomode SC/APC), vérifier le type de fibre optique (ici c'est de la monomode
G657A2) et connaître la ou les longueurs d'onde de l'application (en réseau FFTH, c'est 1310
nm et 1490 nm. On va faire les mesures à 1310 nm et 1550 nm qui est une longueur d'onde
proche de 1490 nm). Nous pouvons ainsi choisir les jarretières, donc les cordons optiques de
même type de fibres et même type de connecteurs que la liaison à étudier, choisir la source
optique et le wattmètre optique qui dispose des embouts adaptés, et nettoyer les connecteurs et
les embouts avant utilisation.

Nous allons d'abord faire une étape de calibration. La source est éteinte, nous avons connecté
les jarretières à la source optique et au wattmètre optique. Nous choisissons unité dB sur le
wattmètre.

Nous activons la source à la longueur d'onde 1310 nm. Nous vérifions que le wattmètre
optique est à la même longueur d'onde, 1310 nm, et nous faisons la référence à zéro, c'est-à-
dire la calibration, en appuyant quelques secondes sur le bouton REF.
Nous atteignons la source. Nous avons placé la liaison à étudier entre les jarretières. Ici, nous
voulons mesurer l'atténuation entre la prise PTO de l'abonné et le PM en bas de l'immeuble.
Nous avons donc relié la jarretière de la source optique au niveau de la prise PTO et nous
avons relié la jarretière du wattmètre optique au niveau du PM. Nous allumons la source,
1310 nm, et l'atténuation en dB de la liaison PTO/PM s'affiche directement à l'écran du
wattmètre optique.
On peut voir 0,75 dB d'atténuation, cette valeur est correcte puisqu'elle ne doit pas dépasser 2
dB en zone très dense. En zone moins dense, la valeur d'atténuation entre le PTO et PM ne
doit pas dépasser 3 dB.

En remarque, la propagation n'est pas tout à fait la même dans les deux sens, c'est pourquoi il
est préférable, quand cela est possible, de faire la mesure dans les deux sens. Nous avons déjà
l'atténuation PTO vers PM. Pour obtenir l'atténuation PM vers PTO, il faut inverser la place
des appareils.

Au niveau du PM, on place la source, et au niveau du PTO, on peut mesurer l'atténuation PM


vers PTO sur le wattmètre optique. L'atténuation finale de la liaison est alors obtenue par
moyenne des deux valeurs d'atténuation de chaque sens.

2. Avec un wattmètre optique d’insertion sur un réseau actif

Ici, le réseau est actif à la longueur d'onde 1490 nm dans le sens descendant PM vers PTO, et
1310 nm dans le sens montant PTO vers PM. La source laser en sortie du SFP est ici de classe
1M.

Pour rappel, l'OLT émet toujours. L’ONT, quant à lui, n'émet que s'il reçoit un signal de
l'OLT, c’est à dire si et seulement si l'ONT est installée avec jarretières connectées au PTO du
client.

L'objectif de cette mesure est de vérifier le budget optique entre le PM et le PTO, en mesurant
l'écart entre la puissance mesurée au niveau du PM et la puissance mesurée chez l'abonné au
niveau de la prise terminale PTO. Cette mesure permet également de vérifier les puissances
émises et reçues chez l'abonné au niveau du PTO.

3. Mesure au SRO

On se place d'abord au PM, ici c'est une armoire de rue. On place le wattmètre à l'aide de la
jarretière optique du PM. On choisit dBm, puisqu'on mesure une puissance. On mesure la
puissance à 1490 nm. Cette puissance mesurée au niveau du PM doit être supérieure ou égale
à moins 21 dBm.

Ici, on mesure -18 dBm. Une fois la mesure faite, on branche la jarretière côté client et on va
chez l'abonné pour faire la mesure au niveau du PTO.

4. Mesure au SRO en bas de l’immeuble

Ici, on est en zone très dense-haute densité, le PM est en bas de l'immeuble. Nous prenons le
même appareil que précédemment, l'OLP 88 et nous plaçons notre jarretière en sortie OLT, et
nous branchons la jarretière sur le PM. On mesure la puissance en dBm à 1490nm puisqu'on
est dans le sens OLT vers l'abonné. La valeur mesurée au niveau du PM à 1490nm doit être
supérieure ou égale à -21 dBm.
La valeur mesurée ici à -22dBm ne convient pas. Il aurait fallu trouver -21dBm, ou -20dBm,
ou -18 dBm. Une fois la mesure faite, on branche la jarretière côté client et on va au PTO
client.

5. Mesure au PTO chez l’abonné

Chez l'abonné, on va placer le wattmètre entre la prise PTO et l'ONT de l'abonné. Pour cela,
on prend la jarretière qui relie l'ONT et le PTO et on la place à la sortie OLT du wattmètre
optique. On prend une jarretière qu'on va placer à la sortie ONT du wattmètre et qu'on relie ici
à l'ONT.

La puissance reçue de l'OLT, donc à 1490nm, doit être supérieure ou égale à -23 dBm.

Nous pouvons mesurer l'atténuation entre le PM et le PTO en mesurant l'écart entre la


puissance mesurée précédemment au PM et la puissance mesurée ici au PTO client. L'écart
entre ces 2 puissances ne doit pas excéder 2 dB en zone très dense et 3 dB en zone moins
dense.

Nous pouvons également, chez l'abonné, mesurer la puissance émise par l'ONT. Cette
puissance est émise à 1310 nm et elle doit être comprise entre 0,5 dBm et 5 dBm.

III. Mesures de réflectométrie

Pour visualiser, localiser, caractériser une liaison optique, il faut paramétrer correctement
l'appareil de mesure, appelé réflectomètre ou OTDR. Et cela selon le type de liaison : la
liaison point à point ou la liaison PON avec coupleur. Les marques les plus connues sont
EXFO, VIAVI (ex JDSU), Fluke Networks)ou Anritsu.

Nous allons paramétrer l'OTDR pour étudier, dans un premier temps, une liaison point à point
ou une liaison du réseau FTTH PON uniquement dans la partie transport, c'est-à-dire dans la
partie sans coupleur.

Pour cela, nous allons d'abord choisir les longueurs d'onde 1310 et 1550 nanomètres.

Ensuite pour chacune de ces longueurs d'onde, nous allons configurer l'indice n ou IR, indice
de réfraction, et le coefficient de rétro diffusion, ceci pour 1550 nanomètres et 1310
nanomètres. Ensuite, nous allons paramétrer les seuils de détection afin que l'OTDR puisse
repérer par calcul les événements lors des mesures et définir ainsi leur nature : réfléchissant,
non réfléchissant, épissure, connecteur, courbure. Ce paramétrage est obligatoire. Pour les
pertes d'épissures, nous allons choisir 0,02 dB. Pour la réflectance, nous allons choisir -72 dB.
Pour la fin de fibre, nous pouvons laisser ici à 5 dB, dans le cas d'une liaison point à point.
Dans le cas d'une liaison PON ,il faut tenir compte de la présence des coupleurs et donc
mettre une valeur supérieure à l'atténuation du coupleur.

IV. Calculs de bilan optique

Le bilan optique, c’est-à-dire la résultante des atténuations des différents éléments de réseau
depuis le NRO jusqu’au DTIo chez l’abonné, est un élément déterminant pour le choix des
équipements d’activation (puissance de laser, taux de couplage) des opérateurs FAI ayant opté
pour une technologie point-à-multipoint. Afin d’assurer un déploiement harmonisé de la
reseau sur l’ensemble du territoire et de garantir la bonne exploitabilité des réseaux déployés
par l’ensemble des opérateurs point-à-multipoint, il est indispensable d’encadrer les
spécifications de la reseau en termes de bilan optique.

Pour apprécier le bilan optique, il convient de distinguer d’une part les atténuations induites
par les éléments constitutifs de la boucle locale optique mutualisée – c’est-à-dire ne dépendant
pas des choix de l’opérateur FAI – tels que les câbles de fibre optique, les soudures et les
connecteurs et, d’autre part, les atténuations induites par les équipements propres de
l’opérateur FAI, à savoir les coupleurs pouvant être installés soit au niveau du NRO, soit au
niveau du SRO.

Le schéma ci-dessous illustre les éléments retenus pour l’évaluation du bilan optique
intrinsèque de la boucle locale optique mutualisée.
Il convient de retenir les hypothèses suivantes :

 Affaiblissement de 0,35 dB par connecteur


 Affaiblissement de 0,1 dB par soudure
 Affaiblissement linéique de 0,5 dB/km (en intégrant les soudures)
 Affaiblissement de 1 dB pour tenir compte du vieillissement

Compte tenu de ces éléments, le bilan optique intrinsèque de la boucle locale optique
mutualisé pour raccorder un local donné est modélisé avec la formule suivante, avec « L » la
longueur de la ligne optique entre le NRO et le local.

Bilan optique (dB) = 3,8 + 0,5 * L

En combinant une puissance de laser et un taux de couplage, un opérateur point-à-multipoint


est en mesure d’activer un accès dans des conditions normales jusqu’à un niveau d’atténuation
donné.

Il convient de retenir les hypothèses suivantes, qui correspondent aux équipements


généralement utilisés par les opérateurs point-à-multipoint :

 Budget optique de 28 dB pour un laser B+ et de 32 dB pour un laser C+


 Affaiblissement de 16,2 dB pour un taux de couplage de 1:32 au SRO
 Affaiblissement de 19,7 dB pour un taux de couplage de 1:2 au NRO et de 1:32 au SRO

Le tableau ci-dessous présente ainsi le bilan optique restant qu’il est possible d’activer en
combinant une puissance de laser et un taux de couplage.
Ainsi un opérateur point-à-multipoint est en mesure, comme l’illustre le diagramme ci-
dessous, de retenir les combinaisons suivantes de puissance de laser et de taux de couplage
pour activer un accès donné sur la BLOM en fonction de la longueur de la ligne.

Il ressort de ce qui précède que plus une ligne optique est longue, moins l’opérateur point-à-
multipoint n’a de possibilités de combinaisons puissance de laser/taux de couplage pour
l’activer. Ainsi, afin de permettre de bénéficier du potentiel de la fibre optique par rapport aux
technologies existantes tout en évitant de limiter drastiquement les choix d’ingénierie à la
disposition des opérateurs pour activer les accès, il est préconisé dans le cadre du Plan France
Très Haut Débit de fixer à 16 km la longueur maximale d’une ligne optique (NRO->DTIo)
dans l’architecture cible 100 % FttH.