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Tératologie

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La tératologie est la science des anomalies de l'organisation anatomique, congénitale et héréditaire, des êtres vivants . La discipline a longtemps été assimilée à
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l'étude des « monstres » humains et animaux, c'est-à-dire des anomalies les plus spectaculaires, mais elle concerne tout écart anatomique significatif présenté par un
individu par rapport au type spécifique, au-delà des variations individuelles qui différencient normalement un sujet d'un autre dans la même espèce. Source d'intérêt et
d'études dès l'Antiquité, la tératologie se constitue en tant que discipline scientifique au milieu du XVIIIe siècle et c'est Étienne Geoffroy Saint-Hilaire et son fils Isidore
qui lui confèrent, au siècle suivant, une méthode et une nomenclature. Associant les observations et les recherches des médecins et des vétérinaires la tératologie
participe alors aux progrès de l'embryologie jusqu'à devenir progressivement un chapitre de la pathologie de l'embryon.

Sommaire
Historique
Tératologie, mythologie, théologie
Le « désenchantement des monstres »
Naissance de la tératologie moderne
Classification
Classification des créatures unitaires
Classification des créatures composées
Créatures doubles autositaires
Créatures doubles parasitaires
Tératologie végétale
Notes et références
Voir aussi
Articles connexes
Liens externes

Historique
Le mot est construit à partir de deux termes issus du grec ancien, τέρας téras, « monstre » et λογία logía, « étude de ».
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En français, le terme est attesté pour la première fois en 1832 .

Tératologie, mythologie, théologie

L'histoire de la tératologie est intimement liée à celles des mythes et des légendes produites par les civilisations humaines : la
plupart des dieux égyptiens sont des créatures zoo-anthropomorphes ; les Chaldéens attribuaient une signification prophétique
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aux nombreuses malformations humaines dont ils avaient connaissance ; la mythologie grecque abonde en satyres, sirènes,
faunes, centaures et cyclopes ; Platon, dans Le banquet, décrit des êtres parfaits, hermaphrodites, coupés en deux par punition
divine. L'iconographie médiévale regorge de représentations monstrueuses.

En Occident, la naissance de sujets hors du commun est longtemps considérée - à l'instar des phénomènes célestes
inexpliqués, également qualifiés de monstrueux - comme une expression de la colère des dieux ou comme un avertissement
qu'ils délivrent aux hommes. Elle provoque, chez le commun des mortels comme chez les esprits les plus avancés, une
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stupéfaction et une curiosité mêlées de crainte. Elle pose également aux premiers philosophes la question de l'ordre naturel ,
et aux Pères de l'Église celle de la volonté divine. Dans la Grèce antique, les enfants malformés sont systématiquement
éliminés à Sparte (et très probablement à Athènes). Ils subissent généralement le même sort à Rome, même si la pratique y est Gravure extraite de The birth of
plus encadrée. Plus tard, l'Église catholique s'interrogera sur le sort à leur réserver, notamment en matière de baptême. En mankinde, otherwise named The
Orient, où les divinités monstrueuses abondent, il semble qu'ils suscitent plutôt une dévotion particulière. womans booke, d'après Eucharius
Rösslin, vers 1550.
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Quand bien même, dès le premier siècle de notre ère, Lucrèce ait réfuté l'existence des centaures , la « période fabuleuse »,
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comme la nomme Isidore Geoffroy Saint-Hilaire va perdurer, en Occident, jusqu'au milieu du XVIIe siècle et, pour certains,
jusqu'à l’avènement des Lumières.
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À la Renaissance, pour ce qui concerne l'histoire naturelle, Pline l'Ancien reste en effet la référence. Il parle en détail des monstres les plus étranges et ses
descriptions alimentent l'imaginaire des humanistes qui redécouvrent ses travaux. La notion de monstruosité englobe alors les créatures terrestres, y compris certains
animaux exotiques à l'anatomie ou au comportement étonnants (autruche, caméléon, hippopotame), mais également les monstres marins et les phénomènes célestes
inexpliqués (comètes, éclipses, météores, etc.).

Progressivement, cependant, les malformations des nouveau-nés, animaux ou humains, revêtent une signification moins prophétique pour être interprétées comme
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l'intervention du démon ou le signe d'accouplements contre nature ; les femmes qui mettent au monde des enfants imparfaits sont alors souvent accusées de
sorcellerie et leur progéniture éliminée.

Avant de devenir l'objet d'études scientifiques, le discours tératologique est donc profondément marqué par la légende, la superstition et la théologie. Quand il
commence à s'y intéresser, le corps médical n'échappe d'ailleurs pas au contexte général. Médecins et chirurgiens visitent d'abord le sujet comme un cabinet de
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curiosités, en se fondant sur les observations souvent fantaisistes des Anciens et sans - le plus souvent - les amender par des observations personnelles .
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Ambroise Paré, qui aborde le sujet avec une certaine crainte métaphysique , publie, en 1573, Des monstres tant terrestres que marins . Tout chirurgien et
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anatomiste qu'il soit, Paré accorde la première place à l'intervention divine . Mais, dans le même temps, il réfute par la dissection le caractère monstrueux de
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l'autruche . Pierre Belon, qui a, dans son Histoire de la nature des oiseaux attiré l'attention sur les similitudes entre le squelette des volatiles et celui de l'homme,
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s'autorise lui aussi à corriger les erreurs alors couramment colportées sur l'hippopotame, après en avoir observé un de visu à Constantinople et sur le caméléon .
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Ses observations seront complétées en 1669 par les dissections documentées du médecin et architecte Claude Perrault , qui mettront définitivement à bas les
légendes entourant depuis des siècles cet animal.

Mais Ambroise Paré se fonde également, sans pouvoir les vérifier, sur les écrits de ses prédécesseurs : il rapporte ainsi le cas
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d'une fille à deux têtes en faisant confiance à Ludovicus Coelius Richerius (ou Rhodiginus) . Il emprunte à Conrad
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Lycosthenes et à Pierre Boaistuau le cas d'un enfant de sexe masculin avec une tête, quatre bras et quatre jambes, né en
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Allemagne en 1529, ainsi qu'un autre cas, semblable, signalé en Italie. Il recopie aussi de l'obstétricien zurichois Jacob Rüff
la description un enfant possédant quatre bras, quatre jambes et un double sexe féminin.

La littérature tératologique n'est ainsi, au départ, qu'une suite de compilations hasardeuses toujours assorties de commentaires
théologiques et philosophiques. Il s'agit en effet d'expliquer les intentions divines cachées derrière ces naissances hors du
commun. La création de monstruosités ne pouvant être que délibérée de la part du Créateur, elle constitue donc soit un
avertissement d'en-haut, soit un châtiment divin. Tout en participant à ces débats, le corps médical va progressivement ajouter
aux causes divines toute une série de causes physiques, puis réfuter les premières pour ne retenir que les secondes. En
Europe, c'est à partir de la fin du XVIe siècle qu'une poignée de médecins, de chirurgiens et de penseurs commencent à
distinguer les causes naturelles des causes surnaturelles et s'autorise ainsi une analyse factuelle des monstruosités. Illustration extraites des Œuvres
23 24 d'Ambroise Paré.
En 1595, Martin Weinrich publie un De ortu monstrorum commentarius dans lequel il rattache l'étude des monstres à la
physiologie, c'est-à-dire à l'étude de la nature par la raison, distinguant les « théologiens » des « physiciens », les premiers
fondant leur savoir « sur la parole révélée de Dieu et l'élevant vers les hauteurs », les seconds « sur la seule raison et traitant des causes prochaines des choses ».

La même année, dans ses Essais, Montaigne témoigne et raisonne :

« Je vis avant-hier un enfant […] âgé de quatorze mois tout juste. Au-dessous de ses tétins, il était attaché et collé à un autre enfant sans tête […] ils
étaient joints face à face, comme si un plus petit enfant voulait en embrasser un second. Les êtres que nous appelons monstres ne le sont pas pour
Dieu, qui voit dans l’immensité de son ouvrage l’infinité des formes qu’il y a englobées ; et il est à croire que cette forme qui nous frappe
d’étonnement se rapporte et se rattache à quelque autre forme d’un même genre, inconnu de l’homme. De sa parfaite sagesse, il ne vient rien que de
bon et d’ordinaire et de régulier ; mais nous n’en voyons pas l’arrangement et les rapports. […] Nous appelons « contre nature » ce qui arrive
contrairement à l’habitude : il n’y a rien quoi que ce puisse être, qui ne soit pas selon la nature. Que cette raison universelle et naturelle chasse de nous
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l’erreur et l’étonnement que la nouveauté nous apporte . »
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Caspar Bauhin , qui s'attaque, en 1614, au sujet des hermaphrodites , distingue lui aussi les « causes supérieures » des « causes inférieures », qu'il divise en
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causes « internes » et « externes » .
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En 1616, Fortunio Liceti , dans son De monstrorum causis, natura et differentiis retient « quatre causes principales » de
monstruosités : « la matière, la forme, la cause efficiente et la cause finale ». Il concède encore que « la force du démon »
puisse être mise en cause, mais il la place au quatorzième rang et précise : « Nous n'entreprendrons pas d'examiner ici
l'origine miraculeuse des monstres, ni de celle que le diable procure par ses illusions. Nous parlerons seulement de la
naturelle.[…] Il faut donc poser que les monstres se font selon les lois d'un second ordre de la nature, par quelque
empêchement qui ne lui permettant pas de produire un animal beau et parfait, elle fait, plutôt que de ne rien faire, un monstre
difforme qui, s'il ne lui ressemble pas dans la disposition des membres, du moins lui ressemble-t-il quant à l'essence, et quant
à la forme substantielle. »
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En 1642, l'ouvrage d'Ulysse Aldrovandi mèle encore considérations théologiques et symboliques. Les emprunts y sont
34 Illustrations extraites du De monstris
toujours nombreux, à Rüff, à Liceti, à Johannes Georg Schenck et à Lycosthenes.
de Fortunio Liceti.
Parallèlement, l'étude des monstres bénéficie des progrès de l'anatomie, marqués par la parution, en 1543, du premier traité
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d'André Vésale sur la « Fabrique du corps humain » . L'intérieur de la matrice et le fœtus qu'elle abrite, jusqu'alors cachés
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au regard, sont exposés par la dissection et peu à peu dépouillés de leurs mystères. En 1604, la publication du traité d'embryologie de Fabrice d'Acquapendente finit
de dévoiler les « secrets de nature ». Mais l'évolution des mentalités est lente, contrariée par l'extraordinaire attraction qu'exercent, sur le corps médical comme sur le
commun des mortels, les cas individuels, et, surtout, par la doctrine de la préexistence des germes, qui bride alors toute réflexion. D'après elle, tout être vivant est
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entièrement contenu dans un « germe » où chacune de ses parties (y compris sa descendance) figure, parfaitement formée, mais à une échelle minuscule .

Le « désenchantement des monstres »

Progressivement, la période fabuleuse s'efface pour laisser place à la période positive (le « désenchantement des monstres », selon la formule de Jean-Jacques
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Courtine ), pendant laquelle des esprits éclairés se détachent peu à peu des superstitions pour collecter des informations, rédiger des descriptions et rechercher, avec
les moyens limités à leur disposition, les causes du phénomène. Comme l'écrit Ernest Martin dans son Histoire des monstres, « désormais va se dissiper cet
inextricable chaos où s'étaient si longtemps confondus les mythes, les fictions et les réalités : l'esprit mesure maintenant la distance qui sépare le merveilleux et le vrai,
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les êtres fantastiques et ceux que crée la nature. »

Au début du XVIIe siècle, l'anatomie devient de plus en plus présente dans les études, la théologie cède sa place pour laisser apparaître des analyses plus détaillées et
rationnelles. Les travaux de Fabrice d'Acquapendente (1533-1619) et ceux de William Harvey (1578 -1657) forment une base solide sur l'étude de l'embryon. Harvey
découvre que les jumeaux rattachés l'un à l'autre sont issus de la présence de deux œufs qui se soudent.Plusieurs médecins s'intéressent aux « monstruosités » : Martin
Weinrich (1595) ou encore André Dulaurens (1600). La tératologie avance alors à grands pas en écartant les mythes et en apportant des preuves issues de la
dissection.
Hémimélie. Polymélie. Bec-de-lièvre. Janicéphalie. Rhinodyme. Polydactylie.

Phocomélie.

Naissance de la tératologie moderne


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À la période positive succède enfin la période « scientifique », à partir du milieu du XVIIIe siècle, avec la publication du De Monstris de Albrecht von Haller , suivi
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par les travaux de Johann Friedrich Meckel (1781-1833) et des Geoffroy Saint-Hilaire père et fils, qui passent pour être les fondateurs de la tératologie . Après eux,
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viennent, en France, les travaux et les publications de Camille Dareste, inventeur de la tératogenèse expérimentale , Jules Guérin (1880) , Lannelongue et Ménard
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(1891) , Cruveilhier (1849) , Davaine (1875) , Matthias Duval , Giacomini (1893-1898) , Rabaud (1909) , Princeteau (1886) , Guinard (1892) , Blanc
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(1893) , Dubreuil-Chambardel (1925) et Chauvin (1920) .

Il faut attendre le milieu du XXe siècle pour comprendre que le fœtus peut être perturbé par des substances provenant de l'extérieur. Jusqu'alors, l'utérus apparaissait
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comme une barrière infranchissable . Avec la tératogenèse expérimentale, Étienne Wolff (1904-1996) établit les liens précis qui lient les stimuli (substances
chimiques, carences nutritionnelles, radiations, maladies, mutations) et les déformations qu'ils provoquent. Avec les progrès de la génétique et de l'imagerie médicale,
la tératologie descriptive a cédé le pas au diagnostic prénatal, à la médecine fœtale et à la chirurgie néo-natale. La tératogénie reste une discipline d'actualité, en raison
notamment de la nécessité d'évaluer le potentiel mutagène et/ou tératogène des molécules utilisées en pharmacie et dans l'industrie en général.

Classification
En Occident, de nombreuses nomenclatures ont été élaborées pour décrire la diversité des malformations observées dans le règne
animal. Elles ont évolué à mesure que s'améliorait la compréhension des phénomènes sous-jacents et se révèlent toujours utiles pour
catégoriser, en particulier, les sujets composites dont la complexité anatomique peut prêter à confusions. Dans les années 1930, Lesbre
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proposait ainsi une classification « simplifiée » qui rendait compte de la multiplicité des cas . Cette classification distinguait les
créatures unitaires et les créatures composées, « ces dernières comprenant des éléments de deux ou d'un plus grand nombre de
sujets ».

Les anomalies de développement ainsi listées apparaissent rarement isolées et plusieurs malformations sont souvent associées. Les
progrès de la médecine, de l'embryologie et de la génétique ont fait évoluer les classifications anciennes fondées sur l'apparence des
malformations pour procéder à des regroupements par syndrome (ex : syndrome de Char, syndrome de Coffin-Lowry, syndrome de
Cornelia de Lange, etc.) ou par origine génétique (ex : dysplasies osseuses en rapport avec le gène SOST, maladies en rapport avec
les mutations du gène IRF6, etc.). Les différentes composantes de ces syndromes continuent toutefois à être désignées selon la
terminologie consacrée (polydactylie, syndactylie, aniridie, microphtalmie, etc.). Seule la terminologie concernant les créatures
doubles autositaires et parasitaires reste encore largement utilisée pour décrire précisément le type d'anomalie. Un aspect de la collection
de tératologie au Musée
d'anatomie de Montpellier.
Classification des créatures unitaires

Dans la nomenclature proposée par Lesbre, reprenant en grande partie celle créée par Isidore Geoffroy Saint-Hilaire, les créatures unitaires se distinguent en autosites
(possédant une circulation sanguine propre), omphalosites (dépourvus de cœur fonctionnel et recevant le sang d'un jumeau par anastomose des vaisseaux ombilicaux,
ils décèdent à la naissance) ou parasites (le recevant de la mère sur laquelle ils sont « greffés » à la manière d'une tumeur).
ANOMALIES DES CRÉATURES AUTOSITES

Cyclopie.

Nanisme
Gigantisme
Anasarque Syndrome œdémateux généralisé (assez fréquent chez le veau).
Achondroplasie Défaut de croissance du squelette avec déformation osseuses.
Anomalies de la peau et des phanères
Anomalies de la peau
Anomalies de pigmentation Albinisme, hyperchromie, tache mongolique.
Anomalies de
Nævus hypertrophique, nævus vasculaire, ichtyose, sclérodermie.
développement
Anomalies des phanères
Productions cornées
Excès ou défaut
Cornes supplémentaires, absence de cornes, absence d'ongles (anonychie)
de production cornée

Hétérotopie Productions cornées hétérotopiques (corne au milieu du front, sur le cou, chevaux ou êtres humains cornus, etc.).
Anomalies de la pilosité
Excès Hypertrichose, hirsutisme (hommes-chiens, hommes-singes, femmes à barbe, etc.).
Défaut Atrichosis, alopécie congénitale.
Hétérotopie Dermoïdes oculaires, kystes dermoïdes, kystes pileux intracraniaux chez le cheval.
Anomalies dentaires
Anomalies numériques Surdents, formule dentaire incomplète.
Anomalies

de forme ou de Microdentisme, macrodentisme.


volume

Anomalies de situation et
Diastème, transposition canine-prémolaire, malalignement.
de direction
Anomalies d'éruption Dentition de lait précoce (nouveau-né humain), dentition définitive tardive, dents incluses.
Hétérotopie Dents palatines, kystes dentifères de la région auriculo-temporale.
Anomalies de la tête
Disproportion Microcéphalie, macrocéphalie, prognathisme, brachygnathisme.
Schistocéphalie : division de la tête d'ampleur variable, allant de la simple encoche labiale ou nasale à une division profonde de la
Division
mandibule, du maxillaire et des cornets nasaux.
Déformations De la face, du bec chez les oiseaux.
Anomalies du tronc
Anomalies numériques par excès ou par défaut : absence du coccyx, de la queue, ou présence d'une queue (réduite) dans l'espèce humaine.
Présence d'une queue dépourvue de vertèbres (veau).

Vertèbres incomplètes.
Colonne vertébrale
Déviations : cyphose, lordose.

Ankylose : fusion des cervicales, fusion cervicales-dorsales

Arrêt de développement Spina bifida.


Étymologiquement : tumeur du corps. Exomphale (hernie - souvent ombilicale - plus ou moins étendue pouvant aller jusqu'à l'éventration)
toujours compliqué d'autres malformations. Célosomie abdominale, abdomino-pectorale, médiane, latérale, couverte (hernie) ou découverte
(éventration).

Célosomie Cas particulier : strophosome (corps retourné).

Selon l'étendue et la localisation : localisée à l'abdomen : aspalasome, agénosome, cyllosome, schistosome ;


atteinte du thorax : pleurosome, célosome.

Anomalies des membres


Anomalies de dimensions Brachymélie (bassettisme), micromélie.
sans malformations Dolichomélie, acromégalie, macromélie.

Malformations Phocomélie thoracique, pelvienne, uni ou bilatérale (agénésie du péroné ou du cubitus).


Anomalies de la main et du pied
Pied bot, main bote.
Déviations
Camptodactylie (doigts crochus), clinodactylie (doigts inclinés latéralement).

Volume des doigts Microdactylie, brachydactilie.


Adactylie, hypodactylie (mono, di, tri, tétradactylie).

Polydactylie atavique, polydactylie par dédoublement des doigts, polydactylie hétérogénique, polydactylie par
Nombre des doigts duplicité de la main ou du pied.

Syndactylie (réunion des doigts).

Duplicité ou triplicité d'un


Mélomélie (duplication ou triplication d'un membre)
ou plusieurs membres
Inversion des membres
Membres inférieurs dirigés vers l'arrière.
pelviens
Réunion des membres Selon le degré : palmure périnéo-crurale (réunion des cuisses par un pli de peau), symélie (union des membres inférieurs), uromélie,
pelviens sirénomélie (fusion complète avec disparition des pieds).
Défaut de formation d'un ou Hémimélie (un membre atrophié), schistomélie (membre qui se dédouble à son extrémité), ectromélie (absence d'une partie du membre plus
plusieurs membres ou moins étendue).
Ectrosomie Absence du train arrière.
Défauts des articulations Ankylose, déviation articulaires, luxation congénitale, excès de mobilité.
Défaut des muscles Arrêt de développement du diaphragme, absence de grand pectoral.
Anomalies de l'appareil digestif
Fissure médiane de la lèvre inférieure, bec-de-lièvre médian, bec-de-lièvre latéral, simple ou double, avec ou sans fissure lacrymale.

Fissure palatine, macrostoma (ou bec de lièvre génien uni ou bilatéral : fissure de la joue).

Bouche Mictostoma (atrésie buccale).

Aglossie, bifidité de la langue, ankyloglossie (soudure de la langue au plancher de la bouche), macroglossie,


atrésie de l'isthme du gosier.

Absence, imperforation cloisonnement, communication ou fusion avec la trachée, rétrécissement, dilatation, diverticule, cul-de-sac,
Œsophage
déplacement, dédoublement, division en deux segments discontinus.
Estomac Inversion gauche-droite.
Rétrécissements (sténose), interruptions, imperforation de l'anus, absence de rectum.

Abouchement vicieux du rectum (cloaque), bifurcation ou trifurcation du colon, diverticule de Meckel.


Intestin
Ectopie thoracique, ombilicale ou inguinale.

Atrophie de la rate, hypertrophie, rate double, triple, absente.

Pancréas : absence de canal azygos, de canal de Santorini.


Annexes
Foie : absence de vésicule biliaire, vésicule double.

Anomalies de l'appareil respiratoire


Larynx
Trachée
Bronches
Poumons
Annexes
Anomalies liées
Persistance de la première fente branchiale fœtale, évolution vers une pseudo-bouche ou une fistule (« soyons » ou « pendants » du porc),
aux fentes brachiales kystes dermoïdes, odontomes.

Anomalies de l'appareil circulatoire


Inversion du cœur Cavités et orifices inversés.
Ectopies cardiaques Ectopie cervicale, sternale, cervico-thoracique
Anomalies internes Cœur à deux ou trois cavités. Vices de cloisonnement.
Anomalies péricardiques Communication péricarde-cavité abdominale, communication péricarde-extérieur (ectocardie découverte).
Anomalies circulatoires Fusion aorte-artère pulmonaire, persistance d'arcs aortiques surnuméraires.
Anomalies de l'appareil uro-génital
Anomalies rénales Anomalies numériques par excès ou par défaut, lobulation, soudure, ectopie.
Anomalies des uretères Anomalies numériques, atrésie, interruption.
Anomalies vésicales Oblitération, communication avec l'ombilic, cloisonnement, bifurcation, vessie double, extrophie (célosomie limitée)
Anomalies des organes génitaux femelles
Ovaires - Absence d'ovaire, un seul ovaire, atrophie des ovaires, ovaires surnuméraires (polyovarie), soudure des ovaires, ectopie.
Ovaires
Oviductes - Absence, imperforation, pavillons multiples.
Oviductes
Utérus - Absence, atrophie uni ou bilatérale, atrésie. Utérus double, cloisonnement.
Utérus
Vagin - Absence, atrophie, atrésie. Vagin double. Discontinuité avec la matrice. Embouchure rectale. Imperforation.
Vagin
Vulve - Rétrécissement, soudure des lèvres, absence de clitoris, hypertrophie, clitoris bifide. Embouchure rectale.
Vulve
Mamelles - Absence de mamelles, polythélie (tétines surnuméraires), polymastie (mamelles surnuméraires).
Mamelles Ectopie.

Annexes du fœtus Annexes - Cordon très court ou absent, trop long, cordon commun à plusieurs fœtus. Placenta atypique, hydropisie
des enveloppes.

Anomalies des organes génitaux mâles


Testicules
Testicules - Monorchidie, anorchidie, polyorchidie, synorchidie (soudure). Ectopies.
Épididyme, canaux
Épididyme - Absence, bifurcation.
déférents, etc.
Urètre pelvien - Abouchement rectal.
Urètre pelvien
Pénis - Absence, difformité, absence de prépuce, phimosis, paraphimosis. Bifurcation, hypospadias, épispadias.
Pénis

Hermaphrodisme
Anomalies du système nerveux
Moelle épinière Spina bifida, amyélie totale ou partielle.
Porencéphalie : cavité non accidentelle à la surface des hémisphères cérébraux.

Hydrocéphalie : accumulation de liquide dans les ventricules cérébraux.

Exencéphalie : ectopie de l'encéphale (gradation en fonction de l'importance depuis l'encéphalocèle jusqu'à


Anomalies encéphaliques l'exencéphalie).

Pseudencéphalie : absence partielle de voûte crânienne, cerveau replacé par un tissu vasculaire et caverneux.

Anencéphalie : absence totale de la voûte crânienne et de l'encéphale.

Olfaction : rhinoschisis (partition), atrésie d'une ou des deux fosses nasales, imperforation, malformation de la cloison, absence de nerf
olfactif.

Audition : absence des conques, atrophie, hypertrophie, oreille surnuméraire (oreillon ou auricules), agénésie de
Anomalies
l'oreille moyenne et/ou interne.
des organes des sens Vision : anophtalmie, microphtalmie, strabisme, aniridie, colobome oculaire, polycorie, corectopie, synizézis,
aphakie, ectopie du cristallin.

Plusieurs sens : cyclocéphalie, otocéphalie.

CRÉATURES OMPHALOSITES
Paracéphaliens Tête encore distincte (bouche, ébauche de nez, d’œil, d'oreille).
Vestige ou absence de tête, parfois thorax et membres rudimentaires. Parfois réduit au train arrière, ou à une masse sphérique (acéphale-
Acéphaliens
môle ou mylacéphale).
Céphalidiens Masse sphéroïde pourvue d'un orifice buccal, avec mâchoire et dentition. Le reste des organes est concentré dans la masse ou hernié.
Acormiens Pas de corps reconnaissable, ébauche de tête et partie coccygienne seules reconnaissables.
Anidiens Masse globuleuse revêtue de peau et de poils.
CRÉATURES PARASITES
Amas amorphe de poils, dents, os, cartilage, tissu musculaire, etc.

Embryomes

Embryome (amorphus globosus).

Classification des créatures composées


Les créatures composées offrent un très grand nombre de variantes. Dans les cas les plus bénins, il s'agit de deux individus presque autonomes, seulement reliés par
un pont anatomique qui peut être réduit chirurgicalement pour donner à chacun son indépendance fonctionnelle. Dans les configurations les plus extrêmes, le sujet
peut présenter deux têtes sur un seul corps, deux corps sous une seule tête, ou porter en inclusion son jumeau avorté. Comme pour les créatures unitaires, la
nomenclature les distingue en créatures doubles autositaires et en créature doubles parasitaires.

Créatures doubles autositaires

Les créatures doubles autositaires se distinguent en quatre variétés : tératopages (deux sujets à peu près complets, unis par un pont anatomique pouvant de situer de la
tête au bassin), tératodymes, ou ypsiloïdes (en forme de Y), lambdoïdes (en forme de λ) et xioïdes (en forme de X). Chacune de ces variétés présente de nombreuses
variations anatomiques.

Créatures doubles autositaires

Cephalothoracopag

Tératopages
Céphalopages Union par la tête.
Ischiopages Union sous-ombilicale.
Pygopages Union dos à dos par la croupe.
Omphalopages
Xiphopages
Thoracopages
Sternopages Union sus-ombilicale.
Ectopages
Selon le niveau anatomique de la jonction.
Déropages
Stomopages
Prosopopages
Craniopages
Ischiopagie ascendante Union sus et sous-ombilicale.
Tératodymes (ypsiloïdes)
Psodymes Double à partir des lombes.
Xyphodymes Séparés au-dessus du sternum.
Thoracodymes Séparés au-dessus de l'aisselle.
Sternodymes Séparés à partir de la base du cou.
Dérodymes Séparés à partir de la base du cou, avec deux membres supérieurs (au lieu de quatre) pour les deux individus.
Atlodymes Cou unique portant deux têtes.
Iniodymes Deux têtes réunies par l'occipital.
Opodymes Têtes soudées dans la région oculaire (trois yeux au lieu de quatre)
Rhinodymes Deux nez, deux yeux, avec un œil commun résiduel au milieu de la double face.
Stomodymes Deux bouches.
Splanchnodymes Individu en apparence normal, mais ayant des viscères dédoublés.
Lambdoïdes

Janiceps : Janus parfait (un visage vers l'arrière, un visage vers l'avant).
Sycéphaliens (janicéphales) Iniopes (un des deux visages est incomplet).
Synotes (ou iniotes), sans face: les deux visages sont fusionnés face contre face, ne restent que les oreilles.

Déradelphes : une seule tête, avec parfois deux trous occipitaux.


Monocéphaliens (tératadelphes) Thoradelphes : tête et cou uniques, colonne vertébrale bifurquée au niveau du thorax.
Psoadelphes : bifurcation au niveau des lombes.
Pelvadelphes : bifurcation au niveau du bassin.

Xioïdes En forme de X : doubles par en haut et par en bas.

Créatures doubles parasitaires

Les créatures doubles parasitaires sont constituées par l'union - au moins apparente - d'un autosite et d'un parasite. Isidore Geoffroy Saint-Hilaire les définit comme
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«une association de deux individus, l'un vivant activement et par lui-même (autosite), l'autre impanté sur son frère et vivant à ses dépens (parasite) » .
Créatures doubles parasitaires

Epicome.

Hétéropages Xiphophage dont l'un des sujets a arrêté de se développer.


Hétérodymes Parasite réduit à la tête, au cou et un tronçon de thorax, greffé sur l'épigastre de son jumeau.
Hétéradelphes Acéphale ou peracéphale fixé à la face ventrale du sujet porteur.
Épicomes Le parasite, réduit à une tête (et parfois un tronc atrophié) est fixé au crâne de son support.
Polygnathiens

Épignathes
Hypognathes Mâchoire en surnombre.
Augnathes
Hypotognathes

Polyméliens

Pygomèles
Gastromèles Membres en surnombre.
Notomèles
Mélomèles
Céphalomèles

Endocymiens

Dermocymes Fœtus in fœtu : un sujet rudimentaire enfermé dans le corps d'un autre sujet par ailleurs normal.
Endocymes

Tératologie végétale

Notes et références
1. La tératogénie, quant à elle, étudie la genèse de ces anomalies. 11. « Il y a choses divines, cachées et admirables aux monstres. »
2. Le mot proviendrait, selon les sources, du latin « monstrare » (que 12. Devenu par la suite Des monstres et des prodiges, puis inclus dans
l'on montre, comme un phénomène) ou « monere » (qui avertit, l'édition des Œuvres parue en 1575, augmentée en 1579, puis en
comme un présage). 1585. En 1582 une traduction latine paraît à Paris, qui assure le
3. «Tératologie», in Définition de l'Atilf (http://atilf.atilf.fr/dendien/scripts/tl rayonnement international de l'œuvre de Paré.
fiv5/advanced.exe?8;s=3225366225;), en ligne. 13. « Il est certain que le plus souvent ces créatures monstrueuses et
4. « S'il naît un hermaphrodite, le fils du Palais gouvernera le pays ; si prodigieuses procèdent du jugement de Dieu, lequel permet que les
une femme met au monde un enfant qui porte des oreilles comme pères et mères produisent telles abominations au désordre qu'ils font
celles d'un lion, il y aura un roi puissant dans le pays ; s'il a un bec en la copulation comme bêtes brutes, où leurs appétits les guide,
d'oiseau, la paix régnera sur la contrée ; s'il n'a pas de bouche, la sans respecter le temps, ou autres lois ordonnées de Dieu et de
maîtresse de maison mourra ; s'il n'a pas de pied, les canaux du pays Nature... comme il est écrit en Esdras le Prophète, que les femmes
seront coupés et la maison ruinée ; s'il n'a pas de nez, les désastres souillées de sang menstruel engendreront des monstres. »
s'abattront sur le pays et le maître de maison mourra ; si son anus est 14. « monstre volatile » et « miracle de nature (qui) digère indifféremment
fermé, la contrée souffrira de disette. » Cité par Fernand Leroy, toutes choses et donne des œufs de merveilleuse grandeur ».
Histoire de naître : de l'enfantement primitif à l'accouchement 15. Publiée en 1555.
médicalisé, De Boeck Supérieur, 2001, p. 147. 16. Hérodote lui donnait la taille d'un âne et la queue d'un cheval, et
5. Aristote : « La monstruosité n'est pas contre nature, mais contre ce Aristote des pieds de bœuf et une crinière.
qui se passe le plus ordinairement dans la nature. Rien ne se produit
17. Cet animal extraordinaire était alors réputé vivre de l'air et ne jamais
contrairement à la nature, en tant qu'elle est éternelle et nécessaire ; s'alimenter.
cela n'arrive que dans les choses qui se produisent ordinairement
d'une certaine manière, mais qui pourraient se produire autrement.». 18. Mémoires pour servir à l'étude des animaux (https://books.google.fr/b
Cité par Lesbre, p. 10. ooks?id=yRUOAAAAQAAJ&pg=PA8&dq=Claude+perrault+M%C3%
A9moires+pour+servir+%C3%A0+l%27%C3%A9tude+des+animaux
6. "Les centaures n'ont jamais existé. En aucun temps n'a pu vivre un &hl=fr&sa=X&ved=0CCkQ6AEwAGoVChMIju3n34nBxwIVgrsUCh0L
être à double nature, combinaison de deux corps, fait de membres
4QCo#v=onepage&q=Claude%20perrault%20M%C3%A9moires%20
hétérogènes, sans harmonie possible dans les facultés. L'esprit le pour%20servir%20%C3%A0%20l'%C3%A9tude%20des%20animau
plus obtus en sera convaincu aisément (...). Ne va donc pas croire x&f=false).
que du croisement de l'homme avec la race des bêtes puissent se
former et vivre les centaures, non plus que ces monstres marins à 19. Auteur d'un Lectionum antiquarum (https://books.google.fr/books?id=
ceintures de chiens furieux, les scylles au corps demi-marin, ni enfin qPJIAAAAcAAJ&pg=PT123&dq=Lectionum+Antiquarum&hl=fr&sa=
tous ces monstrueux assemblages de membres discordants qui X&ved=0CCAQ6AEwAGoVChMI8KWGzuy_xwIVA8MUCh24BAEg#
n'atteignent pas en même temps dans toutes leurs parties la fleur de v=onepage&q=Lectionum%20Antiquarum&f=false), publié à Venise
l'âge, l'épanouissement des forces, le déclin de la vieillesse, et qui en 1516, puis à Bâle en 1542.
tout entiers ne peuvent brûler du même feu d'amour, ni s'accorder 20. Né Conrad Wolffhart (1518-1561), érudit alsacien, auteur d’un
dans leurs mœurs ni se plaire aux mêmes aliments".Lucrèce, De Prodigiorum ac ostentorum chronicon (https://books.google.fr/books?i
rerum natura (De la nature des choses). d=TUFTAAAAcAAJ&printsec=frontcover&dq=prodigiorum+ac+ostent
7. Histoire générale et particulière des anomalies de l'organisation chez orum+chronicon+pdf&hl=fr&sa=X&ved=0CCAQ6AEwAGoVChMIvIjL
l'homme et les animaux. xva-xwIVwbMUCh0jHAXE#v=onepage&q&f=false) publié à Bâle en
1557.
8. Histoire naturelle, Ier siècle après J.C.
21. Histoires prodigieuses extraictes de plusieurs fameux autheurs, grecs
9. Il peut glisser dans la matrice un « principe monstrueux » ou
& latins, sacrez & prophanes, divisées en cinq livres (https://books.go
remplacer l'enfant par un monstre. ogle.fr/books?id=i_sTAAAAQAAJ&printsec=frontcover&hl=fr&source
10. Il est vrai que "les monstres sont rares", comme l'écrit Ambroise Paré, =gbs_ge_summary_r&cad=0#v=onepage&q&f=false), publié en
et qu'"ordinairement, (ils) ne vivent guère". français en 1560.
22. Auteur d’un Traité sur la génération et la conception publié en 36. De formato fœtu (https://books.google.fr/books?id=uIVEAAAAcAAJ&
allemand en 1553. pg=PA34&dq=De+formato+f%C5%93tu&hl=fr&sa=X&ved=0CD0Q6A
23. Weinrichius, professeur de « physique » entendre « médecine ») à EwBGoVChMIr66jnti_xwIVwtQaCh1kKAFi#v=onepage&q=De%20for
Breslau. mato%20f%C5%93tu&f=false).
24. De ortu monstrorum commentarius, in quo essentia, differentiae, 37. Cette doctrine est, à l'époque, universellement acceptée en Europe,
causae et affectiones mirabilium animalium explicantur (https://books. et les divergences ne portent que sur l'emplacement des
google.fr/books?id=B_QehC4uM98C&printsec=frontcover&dq=De+or « homoncules » : pour les spermistes, ces minuscules créatures
tu+monstrorum+commentarius,+in+quo+essentia,+differentiae,+caus préformées se trouvent dans le sperme, pour les ovistes, dans l'ovule.
ae+et+affectiones+mirabilium+animalium+explicantur&hl=fr&sa=X&v Elle perdure jusqu'au début du XIXe siècle et sera défendue par Cuvier
ed=0CCEQ6AEwAGoVChMI68unrO6_xwIVxW8UCh3gOgPi#v=one lui-même.
page&q=De%20ortu%20monstrorum%20commentarius%2C%20in% 38. Préface à la réédition de l'Histoire des monstres d'Ernest Martin,
20quo%20essentia%2C%20differentiae%2C%20causae%20et%20af éditions Jérôme Millon, 2002. 322 p.
fectiones%20mirabilium%20animalium%20explicantur&f=false). 39. Ernest Martin, Histoire des monstres: depuis l'antiquité jusqu'à nos
25. Les Essais, Livre II, chap. 30, Au sujet d’un enfant monstrueux. jours, Grenoble, C. Reinwald, 1880, 423 p. (lire en ligne (https://gallic
26. 1560-1624. a.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k862776)), p. 380
27. De hermaphroditorum monstrosorumque partuum natura, ex 40. De Monstris (https://books.google.fr/books?id=e3BVAAAAcAAJ&print
theologum, jureconsultorum, medicorum, philosophorum et sec=frontcover&dq=De+Monstris%27%27+de++Albrecht+von+Haller
rabbinorum sententia (http://digital.bib-bvb.de/view/bvbmets/viewer.0. &hl=fr&sa=X&ved=0CD8Q6AEwBGoVChMIoPOKoKrQxwIVRc8UCh
5.jsp?folder_id=0&dvs=1441432087927~614&pid=7213335&locale= 0qIghP#v=onepage&q=De%20Monstris%20de%20%20Albrecht%20
fr&usePid1=true&usePid2=true). (http://digital.bib-bvb.de/view/bvbmet von%20Haller&f=false). « À l'idée d'êtres bizarres, irréguliers, elle
s/viewer.0.5.jsp?folder_id=0&dvs=1441432087927~614&pid=721333 substitue celle, plus vraie et plus philosophique, d'êtres entravés
5&locale=fr&usePid1=true&usePid2=true) dans leurs développements , et où des organes de l'âge
28. Elles viennent de Dieu (de sa colère, de son jugement, de sa embryonnaire, conservés jusqu'à la naissance, sont venus s'associer
malédiction), des astres, ou des vents. aux organes de l'âge fœtal. La monstruosité n'est plus un désordre
aveugle, mais un autre ordre également régulier, également soumis à
29. 1) la « matière » (semence) du père ou de la mère ; 2) le « lieu » des lois ; ou, si l'on veut, c'est le mélange d'un ordre ancien et d'un
(l’utérus) ; 3) « les causes efficientes » (faiblesse de la « faculté ordre nouveau, la présence simultanée de deux états qui,
formatrice »). ordinairement, se succèdent l'un à l'autre. » Isidore Geoffroy Saint-
30. 1) imputables aux parents (accouplements contre nature, pendant les Hilaire, p.xxiii.
règles, avec des démons, excès du désir, maladies héréditaires) ; 2) 41. « Étienne Geoffroy Saint-Hilaire a deviné l'embryon sous le monstre :
provenant uniquement de la mère (imagination, terreur, désirs, celui-ci n'est rien d'autre qu'un organisme dont le développement
alimentation, air). s'est interrompu à un stade donné. L'ancienne énigme est résolue : le
31. 1577-1657. monstre n'était donc qu'un homme inachevé. » Jean-Jacques
32. De monstrorum causis, natura et differentiis (https://books.google.fr/bo Courtine, en préface à l'édition de l'Histoire des monstres d'Ernest
oks?id=rKLbr_KN1LcC&printsec=frontcover&dq=fortunio+liceti&hl=fr Martin, éditions Jérôme Millon, 2002. 322 p.
&sa=X&ved=0CDMQ6AEwAWoVChMIwuXRn6bGxwIVyHAaCh1Sv 42. Recherches sur la production artificielle des monstruosités.
AEv#v=onepage&q=fortunio%20liceti&f=false). 43. Recherches sur les difformités congénitales chez les monstres, le
33. Monstrorum historia, cum paralipomenis historiae omnium animalium fœtus et l'enfant.
(https://books.google.fr/books?id=hOFCAAAAcAAJ&pg=PA716&dq= 44. Les affections congénitales.
Aldrovandi+monstris&hl=fr&sa=X&ved=0CC8Q6AEwAWoVChMIk-6j
4um-xwIVybcUCh2isAfP#v=onepage&q=Aldrovandi%20monstris&f=f 45. Traité d'anatomie pathologique.
alse). À sa mort, en 1605, Aldrovandi a laissé des notes rédigées en 46. Article « Tératologie » dans le dictionnaire encyclopédique des
latin. Elles sont reprises et enrichies par Bartolomeo Ambrosini, qui sciences médicales de Dechambre de 1875.
publie à Bologne, en 1642, une Histoire des monstres. 47. Chapitre « Tératogénie » du Traité de pathologie générale de
34. Monstrorum - Historia memorabilis, monstrosa humanorum partuum Bouchard.
miracula, stupendis conformationum formulis ab utero materno errata, 48. Série d'articles publiés dans les Archives italiennes de biologie.
vivis exemplis, observationibus et picturis referens (https://books.goo 49. Chapitre « Tératologie » de la Pratique de l'art des accouchements
gle.fr/books?id=qinHVbKWr-4C&printsec=frontcover&dq=Monstrorum de Bar, Brindeau et Chambrelent et Chapitre « Tératologie » du Traité
+Historia+memorabilis&hl=fr&sa=X&ved=0CCwQ6AEwAGoVChMIx de physiologie normale et pathologie publié sous la direction de G.H.
cquge-_xwIVwfEUCh3Geg58#v=onepage&q=Monstrorum%20Histori Roger (1927). Il est également l'auteur d'un ouvrage intitulé
a%20memorabilis&f=false), 1609, et Observationum medicarum, Tératogenèse (1914).
rararum, novarum, admirabilium, et monstrosarum (https://books.goog
50. Thèse d'agrégation sur les progrès de la tératologie depuis Isidore
le.fr/books?id=ZFVWAAAAcAAJ&pg=PA548&dq=Observationum+m Geoffroy Saint-Hilaire.
edicarum+rerum,+novarum,+admirabilium+et+monstrosarum&hl=fr&s
a=X&ved=0CCoQ6AEwAWoVChMIpMqF5NO_xwIVgrgaCh1vMAGx 51. Précis de tératologie.
#v=onepage&q=Observationum%20medicarum%20rerum%2C%20n 52. Les anomalies chez l'homme et les mammifères.
ovarum%2C%20admirabilium%20et%20monstrosarum&f=false). 53. Les variations du corps humain.
35. De humani corporis fabrica (https://books.google.fr/books?id=6BWPg 54. Précis de tératologie.
AA-MD0C&printsec=frontcover&dq=De+humani+corporis+fabrica&hl 55. À l'exception notable de l'hérédosyphilis.
=fr&sa=X&ved=0CDsQ6AEwA2oVChMIr-qi-da_xwIVC7gUCh02zAd
56. La Science des monstres, 1948.
d#v=onepage&q=De%20humani%20corporis%20fabrica&f=false).
57. F.X. Lesbre, Traité de tératologie de l'Homme et des animaux
domestiques, Paris, Vigot frères, 1927, 342 p.
58. Cité par Lesbre, p. 279.

Voir aussi

Articles connexes
Tératologie végétale Jumeaux fusionnés
Chimère (génétique) Jumeaux siamois
Tératogenèse Monstre humain
Malformation Cyclopie
Maladie congénitale Michel Foucault et ses études sur les hermaphrodites au XIXe siècle
Malformation congénitale La Mère aux monstres (Maupassant)
Gigantisme Tératologie (chanson et second album d'Eths)
Nanisme
Liens externes
Les Monstres de la Renaissance à l'Âge Classique (http://www.bium.univ-paris5.fr/monstres/)
Musée Testut Latarjet d'anatomie de Lyon (http://museetl.univ-lyon1.fr) et sa section de tératologie humaine
Le Musée d'anatomie de l'Université Montpellier 1
sur le site Mémoire vive patrimoine numérisé de Besançon : A la loupe : Monstres de foire (http://memoirevive.besancon.fr/?id=154)

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