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Magazine

R
EQUIEM pour le Code de la route dans la Tunisie
de l’après-14 janvier 2011 ? Pas le moins du monde
! Le pauvre code, déjà transformé en Code de la
jungle avant ce même 14, était à l’époque agonisant. Notre
dossier.

TELEVISION
A nos annonceurs
Les programmes complets
de la semaine . . . . . . . . . . . . . .pp.16-33 Nous informons nos chers clients
annonceurs que, désormais, le der-
nier délai de dépôt de leurs annonces
DETENTE dans La Presse-Magazine est fixé au
mardi à 13h00.
Deux pages jeux . . . . . . . . .pp.37-38
Avec les remerciements
de La Presse-Magazine
Horoscope…………………………...…P.40

Directeur responsable : Hmida Ben ROMDHANE


Rédaction : Salem TRABELSI
Edité par la SNIPE - 6, rue Ali Bach Hamba - Tunis - Tél.: 71 341 066 - Fax: 71 349 720
Supplément distribué gratuitement avec le journal La Presse
EN COUVERTURE
Zéro de conduite

Ignorance, inconscience,
insouciance, incompétence…
délinquance
• Je bafoue le Code de la route, donc je suis
«Stop ! Affaire en or. La
Tunisie innove ! Le tourisme de
conduite : obtenir son permis…
tourisme en une heure sans aucun
souci, chicha et thé à la menthe
inclus. Venez nombreux goûter
aux délices de ce nouveau pro-
duit haut de gamme en formu-
le 1… euh, en formule «All inclu-
sive» avec succès garanti.
Attention ! L’apprentissage s’ef-
fectue selon la méthode imbat-
table du contre-exemple.
Comme ça au lieu de vous
laisser triturer les méninges pour
imaginer les situations les plus
dangereuses, les plus tragiques,
les plus abracadabrantes, …
vous les vivrez en direct, gran-
deur nature. Grâce aux sueurs
froides qui vous prendront à
chaque croisement, à chaque
tournant et à chaque coin de
rue, tous les détails du Code de
la route s’incrustreront à jamais
dans votre inconscient. Vous
conduirez désormais les yeux avant de réserver. Merci.» ge», il n’avait pas réussi à com-
fermés. Vos oreilles, par contre, prendre pourquoi la Tunisie,
impossibles à fermer (sauf grâce Il n’a rien compris qui collectionnait les satisfecit
aux fameuses boules Quiès) dans pas mal de domaines, se
auront le privilège d’apprendre distinguait sous sa conduite
toute l’étendue du lexique le plus Requiem pour le Code de la
route dans la Tunisie de l’après- éclairée par une position très
ordurier et le plus fleuri de la avancée en tant que leader dans
planète. 14 janvier 2011 ? Pas le moins
Ce qui constitue le cadeau de du monde ! Le pauvre code, déjà l’hémorragie routière. Car mal-
la maison. transformé en Code de la jungle gré les encouragements du pré-
Stop ! Après le 14 janvier avant ce même 14, était à sident de l’Association mon-
2011, les cours sont devenus plus l’époque agonisant. Amer constat diale de la sécurité routière deve-
accélérés, certes mais nettement qui triturait les méninges du nu un habitué du palais de
plus efficaces. D’où une majo- locataire du palais de Carthage. Carthage, l’apprenti (san’aa)
ration à payer d’avance. Nos Si ce triste policier avait fini du changement n’a pas réussi
clients sont par contre tenus de après 23 ans par comprendre à changer d’un iota le triste
rédiger chacun son testament ce que voulait dire le mot «déga- record détenu par «le pays de

Contacts, points de vue, courriel…vous êtes les bienvenus…


Par ici les mails : lapressemag@yahoo.fr

P. 2 La Presse Magazine - N° 1224 — 3 avril 2011


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la sécurité et de la paix». Soit liale, scolaire, dans la rue, dans conséquences tragiques. Risque
quatre décès par jour en moyen- les transports, dans l’entrepri- mineur, horrible enchevêtre-
ne. se, dans l’administration, dans ment des voitures à chaque croi-
Ainsi, il est venu un certain les marchés… la guerre civile… sement.
juillet 2007 sur l’autoroute A1 à peine voilée. Incivisme? Sous-développe-
avouer devant l’opinion publique ment? Inconscience?… Tout sim-
via la chaîne nationale son Transgresser… plement délinquance. Oui, délin-
impuissance face à ce défi. Et en toute âme quance, car tous les ingrédients
surtout avouer qu’il n’a pas com- donnant naissance à ce phéno-
pris pourquoi, malgré tous les et conscience mène sont là. Honteuse réali-
efforts qu’il fournit, à partir de té, on transgresse à longueur
son bureau à Carthage, la situa- Aujourd’hui, la situation empi- de journée ce code en toute âme
tion ne fait qu’empirer. re. Personne ou presque ne res- et conscience, avec application
Rares moments de sincérité, pecte ce pauvre code, dont le et dévouement, avec la préci-
il avait dit au mot près. «Nous principal objectif est pourtant sion d’une montre suisse.
sommes l’un des premiers pays d’organiser la circulation et de Pas étranger à notre peuple
à détenir ce triste record». Posant participer à éviter les accidents qui traîne derrière lui un lourd
la question à l’officier de servi- dus à cette activité. Donc, de contentieux avec toute forme
ce à propos des causes de ce phé- garantir la sécurité de tous, pié- de pouvoir et qui a ainsi une
nomène, ce dernier répondit : tons compris. Détail, qui n’en aversion innée des règles et des
«Les gens sont devenus plus témé- n’est pas un et que l’on a ten- lois fussent-elles établies pour
raires», (ijezfou akthar). dance à oublier. son bien.
Ainsi et faute de pouvoir orien- Prenons le cas de l’arrêt au A cette propension à la rébel-
ter sa violence vers ceux qui feu rouge, partie apparente de lion, il faudrait ajouter un
l’oppressaient, le peuple s’en- ce noir et brûlant iceberg. Plus ensemble de facteurs allant de
tretuait à «autos tirées». aucun conducteur ne le respec- l’ignorance quasi totale des dis-
C’était, avec la violence fami- te. Risque majeur, collisions aux positions de ce texte-clé de notre

Impuissance de la communication,
communication de l’impuissance
Communication, parent pauvre de la stratégie nationale de sécurité routière qui était en vigueur.
A côté d’une analyse erronée, à notre humble avis, des causes des accidents (chose que nous
n’avons jamais cessé de rappeler sur ces mêmes colonnes et ailleurs) et qui participait à rejeter
l’entière responsabilité de ce fléau sur les seuls conducteurs, la communication pour la sécurité
routière brillait par son indigence, son impuissance. Pire! Alors que la décision a été prise à très
haut niveau depuis avril 2004 pour l’élaboration d’une stratégie nationale en la matière, rien n’a
été fait pour concrétiser cette décision et l’idée était mort-née.
Nous avons pourtant attiré l’attention sur cette défaillance ici et ailleurs. Rien n’a été fait afin
d’y remédier. Chaque partie concernée se contentait de faire de son mieux avec les moyens du
bord et surtout avec des conceptions surannées et des méthodes dépassées. D’où ces lamenta-
tions quasi quotidiennes : «Malgré spots, flashes, affiches, programmes et conférences, rien ne
laisse supposer une amélioration, fût-elle infime». Seuls les déploiements spectaculaires des forces
de l’ordre sur nos routes pourraient limiter les dégâts. C’est-à-dire que seul le fameux effet de la
peur du gendarme agissait.
Donc, pas de stratégie nationale de communication, mais aussi triomphe de la communication
sur notre échec. Bonjour le cercle vicieux.
Les spécialistes de la communication le savent très bien, eux que l’on écoute rarement car tout
le monde prétend maîtriser la subtilité de cette discipline au carrefour des sciences et des arts :
il ne s’agit pas de penser en premier lieu aux supports ni aux messages, mais aux causes du pro-
blème et, surtout, comment aboutir à un changement durable du comportement aboutissant au
comportement souhaité. Sensibiliser, mot magique de tous ces plans inefficaces ne veut rien dire
en matière de com. Sauf pour donner suite à des allergies. Bref, on faisait tous de la com sans le
savoir et surtout sans le vrai savoir que nécessite cette discipline. Résultat, il fallait une straté-
gie efficace de communication pour convaincre ceux qui pratiquaient la com à tort et à travers,
de cesser leurs pitreries et surtout leur acharnement. Car acharnement, il y avait. Or, il ne faut
pas être un as de la psycho pour comprendre que cela avait pour effet de provoquer le compor-
tement contraire.
F.A.

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vie quotidienne surtout de la
part de la majorité des citoyens,
ceux qui n’ont jamais conduit
de voitures (piétons et assimi-
lés) et jusqu’à l’insouciance.
C’est-à-dire ne pas donner trop
d’importance au problème, en
passant par l’inconscience qui
caractérise le positionnement
du problème hors du champ de
la conscience, donc de l’enten-
dement en tant qu’opération
intellectuelle se fondant sur les
sens en vue de leur donner un
sens.

La circulation
doit rétablir sa
Constitution
Au concret, c’est la jungle sur
nos routes. Avec comme exemple
frappant ces semi-remorques Car chez nous, le Code de la et tous ces comportements réunis
qui dribblent, qui roulent avec route est hélas bâclé et l’exa- auxquels vient s’ajouter l’im-
fracas, qui dépassent… bref, qui men avec le système QCM (ques- punité font que nos conducteurs
font régner la terreur. Et ce sont tion à choix multiples) est sté- persistent dans l’erreur qui se
les 4x4 dans nos villes qui illus- rile donc inefficace sur toute la transforme ainsi en faute, donc
trent à merveille le banditisme ligne. volontaire, et vont trouver un
flagrant qui s’incruste dans nos • Inconscience : de tous et réel plaisir doublé d’une gloire
de chacun. Très peu de gens s’in- à transgresser les dispositions
cervelles. Plus faible que moi, quiètent de cette ignorance. du Code de la route.
tu meurs ! Cela sans oublier, Revoir toute la communication Comportement qui devient
vélomoteurs, taxis, louages, trac- pour ce volet bien précis. Car le addictif pour se transformer
teurs et autres dangers publics. Tunisien est vraiment incons- rapidement en drogue. Je bafoue
Au départ, ce mépris pour les cient des risques qu’il court et le Code de la route donc je suis.
lois. Cette fausse gloire qu’on fait courir aux autres à cause Voilà un pilier de l’identité
en titre. Cette perversion (donc de ses attitudes et ses com- individuelle et collective qui
pathologique) qui fait que l’on portements sur la route. prend forme et prend de l’am-
devienne gentil gentil en voyant • Insouciance : le problè- pleur. Grâce à lui s’expriment
«M’sieur l’agent» et un vrai guer- me ne constitue pas une prio- toutes sortes de frustrations et
rier cannibale dès que ce der- rité pour tous et pour chacun. surtout de rébellions.
nier tourne le dos. Or, il constitue chez nous une Alors que sous d’autres cieux,
Aujourd'hui, la victoire contre véritable urgence. Pire, la plu- ce sont les policiers eux-mêmes
la peur du gendarme aidant, part d’entre nous se targue d’être qui donnent l’exemple sur les
plus rien n’arrête nos conduc- imbattable au volant et chacun routes. Chez nous, ils perpé-
teurs. Priorité des priorités : est champion dès qu’il s’agit de tuaient cette délinquance lors-
tout en rédigeant le projet de donner des leçons aux autres. qu’ils prenaient le volant. Contre-
la nouvelle Constitution, il fau- • Incompétence : la plu- modèle qui ne faisait qu’aggra-
drait penser aussi à la part des conducteurs ne savent ver et ancrer cette délinquan-
Constitution première de la cir- pas conduire. Pire, ils n’ont aucu- ce.
culation. ne notion de gestion de l’espa- Situation qui, en fait, préva-
• Ignorance : très peu de ce. Ils entrent et sortent dans lait à tous les niveaux. Et l’an-
gens connaissent comme il le et de la circulation quand ils cien locataire du palais de
faut le Code de la route. Un cer- veulent et comme il leur semble. Carthage qui passait son temps
tificat obligatoire est à instau- Ils ne savent pas respecter un à bafouer les lois et en premier
rer avec le brevet de la neuviè- couloir de circulation, ne savent lieu la Constitution, n’avait pas
me. Un recyclage annuel avec pas négocier un tournant, pra- compris que lorsqu’on gouver-
examen pour chaque conduc- tiquent le louvoiement à outran- ne un pays en porte-à-faux avec
teur quel que soit son âge. Des ce, savent mal calculer la dis- ses lois, il n’est pas curieux de
concours avec prix intéressant tance par rapport à un obstacle voir ses habitants se venger en
permettant aux citoyens de (utilisation exagérée de la vites- trangressant au moins le Code
mieux connaître ce texte. Une se puis du freinage). de la route.
émission télé en prime time avec • Délinquance : cerise sur
analyse de cas réels, etc. le gâteau. Toutes ces attitudes Foued ALLANI

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Pour qui roulent les grues ?

La municipalité, le privé
et le citoyen
A
PRÈS plus de deux
m o i s d ’ é c lipse, les
grues refont surface au
grand dam des conduc-
teurs du centre-ville de Tunis.
Si elles s’avèrent indispensables
pour traquer les véhicules mal
garés qui gênent la circulation,
les amendes qu’elles infligent
à leurs conducteurs sont un peu
trop salées. Qui gère ces grues
et pour qui roulent-elles ?
Les grues sont un cauchemar
pour les conducteurs des grandes
villes, en particulier pour ceux
de la capitale, qui, en raison de
l’insuffisance des parkings, pei-
nent à trouver une place pour
garer leurs véhicules. Parfois,
pour un motif urgent, certains Le stationnement dans la comme par exemple l’interdic-
sont contraints de stationner à zone bleue, délimitée au nord tion de bâtir des commerces,
la va-vite n’importe où, d’autres par l’avenue du Ghana, au sud mais elle a vite lâché du lest face
prennent soin de chercher un par l’avenue Habib-Bourguiba, à la réticence des promoteurs»,
ticket de l’horodateur, mais le à l’est par l’avenue Mohamed- explique Saida Allagui, direc-
temps de revenir à leurs voi- V et à l’ouest par l’avenue Habib- trice de la voirie de la munici-
tures, ils les trouvent volatili- Thameur et qui est entrée en palité de Tunis. Ces parkings
sés comme par magie. vigueur en octobre 2005, fait sont gérés par les particuliers
Pour assurer une meilleure partie d’une stratégie de sta- en partenariat avec la munici-
fluidité du trafic routier dans tionnement qui tend à organi- palité. «Pour l’heure, on peut
la capitale, la municipalité de ser la ville de Tunis en fonction parler de recettes excédentaires.
Tunis a mis en place une stra- des commerces et des adminis- Il est clair qu’un pourcentage
tégie permettant la rotation des trations, c’est le stationnement revient à la municipalité pour
sabots qui a pris cessation en à courte et moyenne durée. servir à l’achat et à l’entretien
2005 lorsque l’un des membres Quant au stationnement à du matériel ainsi qu’aux salaires
de la famille de l’ex-président longue durée, il concerne la péri- des fonctionnaires», précise notre
Ben Ali a trouvé son bolide immo- phérie de la capitale. A ce titre, interlocutrice.
bilisé par un sabot. Les fameux des parkings à étages du quar- Plusieurs avantages ont été
sabots, acquis à coût de devises tier de Lafayette et celui de accordés aux promoteurs pour
pour désencombrer la voie Mokhtar-Attia et de la rue de la construction des parkings
publique, ont été remplacés par Turquie, réalisés par des pri- dont les coûts sont excessive-
des horodateurs afin de ren- vés conformément à des appels ment élevés allant de 17 à 24
forcer le confort des citoyens et d’offres lancés par la munici- milliards et nécessitent un
alléger l’embouteillage tout en palité de Tunis, ont contribué savoir-faire spécifique au niveau
assurant la sécurité de tous les à résorber le déficit en places de la gestion et du fonctionne-
usagers de la route. Mais qua- de stationnement dans la capi- ment. Parmi les avantages, la
rante-huit heures après la révo- tale. «En raison de leur coût zone bleue dont la gestion a une
lution, l’anarchie et l’occupa- excessif, la municipalité ne pou- grande influence sur les par-
tion sauvage des chaussées ont vait prendre en charge une telle kings. Toute voiture en sta-
pris le dessus et c’en était fini entreprise. Elle a donc cédé des tionnement irrégulier est enle-
du comportement civique dont terrains à des particuliers pour vée et déposée à la fourrière
se prévalaient les utilisateurs la construction de parkings mais municipale contre une somme
de la route. sous des conditions strictes de 34 dinars (29DT l’enlève-

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ment et 5DT par jour le sta-


tionnement à la fourrière), «ce
qui ne représente pas une somme
excessive compte tenu des
charges»., indique la directrice
de la voirie. Ce recours à l’im-
mobilisation temporaire d’un
véhicule en cas de dépassement
du délai autorisé du stationne-
ment est une manière répres-
sive et dissuasive de nature à
obliger les conducteurs à garer
leurs véhicules au parking.
C’est la municipalité qui déci-
de de l’enlèvement par le biais
d’agents de réglementation. En
cas de conflit, le citoyen a recours
à la municipalité. «Le gardien-
nage sauvage des clandestins
est le principal couac d’un sys-
tème qui prévoit une souplesse toutes les villes développées : soit
d’une demi-heure au profit des circulation dans le Grand-Tunis, le retour aux sabots, soit un sys-
usagers, qui, occupés à leur vaca- la municipalité a envisagé tème électronique fiable auquel
tion, peuvent arriver en retard d’autres solutions comme par on pense actuellement et qui
pour payer le stationnement de exemple inciter les automobi- consiste en un appareil per-
leur voiture», note, d’autre part, listes à stationner leurs véhi- mettant de noter le numéro d’im-
Saida Allagui. Autrement dit, cules au parking de Mohamed matriculation et l’heure du sta-
certains automobilistes préfè- V et d’emprunter une navette tionnement pour éviter toute
rent charger un gardien clan- de bus baptisés «Oiseaux bleus» lacune et surtout la perte de
destin à qui ils confient leur voi- assurant leur transfert au centre- temps. Le procédé doit être inté-
ture en contrepartie de la somme ville gratuitement. gré dans un système en concor-
de 500 millimes ou 1 dinar au Les contrevenants se plai- dance avec le ministère de
lieu de la garer dans un par- gnent de la flambée des prix des l’Intérieur qui permet au contre-
king sécurisé. Ils participent en amendes qu’ils doivent payer venant de payer son amende sur
quelque sorte à la gabegie. Ce en monnaie sonnante et trébu- place», propose la directrice de
sont ces voitures ventouses qui chante. La moyenne de mise en la voirie. «Mais c’est le respect
gênent la circulation. fourrière est estimée à une voi- des uns et des autres qui peut
Faire œuvre de civisme et de ture toutes les 30 minutes. remplacer la grue ou le sabot»,
civilité en respectant le Code L’enlèvement d’un véhicule occa- ajoute-t-elle.
de la route et du stationnement sionne outre l’embouteillage, Ce système occuperait une
est une obligation pour tous, et l’énervement et la perte de place importante et remplace-
ce, pour éviter tout désordre. temps. «Il nous faut un autre rait les dispositions rigides et
Pour juguler le problème de la système parallèle comme dans répressives par d’autres plus
souples comme le partage modal
entre transport public et privé.
Il faudrait 60% de transport en
commun pour alléger la satu-
ration au centre-ville. Mais
depuis 2007, la municipalité
attend les 1.000 bus qui pour-
raient désengorger la capitale
et assurer, par conséquent, la
protection de l’environnement
en limitant la pollution et le
gain d’énergie évalué à 30 mil-
liards par an. La construction
d’autres parkings dans les zones
périphériques de Tunis, à la
place Pasteur ou à Saint-Gobain
est de nature à participer au
désencombrement du centre-
ville.
N.G.

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Code de la route

Plus jamais ça…


C’est le comble de staff de la police de la
l’anarchie à grande circulation fait le for-
échelle dans la circu- cing depuis plus d’une
lation urbaine, après semaine pour que cet-
la révolution du 14 jan- te situation se règle au
vier, et c’est la capita- plus vite. Les automo-
le et ses alentours qui bilistes devront encore
vivent ce calvaire avec prendre leur mal en
des rues où le passage patience et respecter le
des voitures est auto- Code de la route pour
risé sur plusieurs voies, éviter toutes sortes d’in-
tout comme le station- fractions.»
nement laissant un bout La citoyenne Hajer
de ruelle minuscule où Jemaï ajoutera : «C’est
vient s’entasser tout le le moment de prendre
reste. C’est vraiment toutes les précautions
le monde à l’envers dans nécessaires, pour remettre
l’univers de la circula- les choses en place et
tion urbaine dans les réorganiser la circula-
grandes artères «où tout tion, sachant que la rue
le monde semble faire est devenue à un moment
n’importe quoi», les donné comme une ruche
conducteurs piétinant Conséquence direc- dem avec les respon- qui grouille où règne le
le Code de la route et te : la circulation tout sables pour la mise en désordre total. La fonc-
les piétons «circulent» au long de la journée application «stricte» des tion de la police de la
sur les chaussées en est anarchique, les prio- dispositions régissant circulation est devenue
délaissant les trottoirs, rités ne sont plus res- la circulation dans le assez chargéee, voire
ou encore les énergu- pectées, des embou- Grand-Tunis, devenue impérative pour assu-
mènes motorisés qui teillages monstres, des «étouffante». «On est rer la sécurité routière
s’engagent à l’aveu- bouchons liés au sta- certes pointé du doigt et faire respecter le
glette en sens interdit tionnement anarchique pour le manque d’or- fameux Code. La pré-
. Motif ? Défaut de des véhicules, et c’est ganisation et ce désordre, sence massive des agents
plaques de signalisa- l’accrochage quasi assu- mais on a été tous orien- de la circulation aujour-
tion, démolis lors de la ré. té vers d’autres tâches d’hui dans tous les ronds-
révolution. Quel gâchis pour des plus importantes, voi- points et les grandes
Trois mois après la irresponsables qui n’ont re prioritaires, afin de artères de la capitale et
révolution, l’anarchie pas bougé le doigt pour garantir la sécurité et ses environs est rassu-
de la circulation s’éclip- répondre à une pagaille la stabilité dans le pays. rante et assure une
se. Il semble que les indescriptible. Il semble Après ces trois mois, meilleure organisation
autorités concernées que la police chargée c’est le retour à la vie de la circulation». Dans
par la gestion du tra- de veiller au respect normale, et c’est notre le même contexte, le
fic routier et de la cir- des lois sur la circula- devoir de veiller à l’at- conducteur Lassaâd
culation régulière ont tion n’a pas pu faire son titude et au comporte- Chikhaoui insiste sur
mis les bouchées doubles travail après la révo- ment du citoyen et du la sensibilisation des
pour rappeler à l’ordre lution. Sécurité, paix conducteur sur la rou- usagers de la route appe-
tous les usagers de la et stabilité obligent. te, au respect du Code lés à éradiquer cette
route. Il s’agit de reve- Peut-on donc mettre de la route et aux dis- anarchie et s’engager
nir au fur et à mesure ces défaillances sur le positions réglemen- ensemble pour amélio-
aux dispositions régis- dos des responsables taires…». rer les conditions de vie
sant la circulation pour de la police ? Noureddine Un peu plus loin, son quotidienne du citoyen
qu’elles soient stricte- Fathallah, l’un des poli- collègue, Lotfi Boukari, sur le plan de la sécu-
ment appliquées essen- ciers de la circulation, reconnaît : «Le centre- rité. Il s’agit, en effet,
tiellement dans la capi- de retour enfin sur l’un ville est la première vic- d’une responsabilité
tale qui, après la révo- des ronds-points dans time de cette situation commune à l’égard d’au-
lution, a vécu un vrai la banlieue sud de la où le citoyen est le pre- trui….
débordement. capitale, forme un tan- mier responsable. Le N. KHEMIRI

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Côté Chiffres
Statistiques de l’Observatoire
national de la circulation
Décembre 2010 -325 accidents (45,84%), - 19 2011 et s’explique d’une maniè-
tués (18, 25%) et -453 blessés re générale par la période de
714 accidents, 97 tués et 1.113 (- 47, 78%) couvre-feu qui a suivi la révo-
blessés par comparaison à lution et durant laquelle la den-
décembre 2009, le nombre d’ac- Février 2011 sité de la circulation était faible.Il
cidents étaient de 742 dont 109 y a aussi le facteur psycholo-
tués et 1.079 blessés. Ce qui 420 accidents, 89 tués, 595 gique qui rentre en ligne de
nous donne un taux de -28 acci- blessés par rapport à février compte. Les usagers pratiquent
dents (-3,77%), - 12 tués (-11,01%) 2010, le nombres d’accidents l’auto-contrôle lorsqu’ils emprun-
étaient de 711, 99 tués et 1.032 tent leurs voitures ou alors aban-
Janvier 2011 blessés, soit -291 accidents (- donnent leurs véhicules et uti-
40,93%), -10 tués (- 10,01%) et lisent le transport en commun.
384 accidents, 85 tués et 495 -437 blessés (- 42, 34%). Cette interaction des causes a
blessés par rapport à janvier ralenti de manière considérable
2010, il y a eu 709 accidents, Cette tendance à la baisse le nombre d’accients de la route.
104 tués et 9.848 blessés, soit s’étend jusqu’au mois de mars
N.G.

Sixième cause de décès en Tunisie


Eu égard au nombre accidents de la route représenté environ 2% métaboliques liés au
sans cesse croissant ne figurent pas parmi des causes de décès diabète et les mortali-
des véhicules, les acci- les trois premières enregistrés en Tunisie tés pré-natales. Les
dents de la route aug- causes de décès ou de en 2009. Les accidents accidents de la route
mentent pour atteindre handicap, ils suscitent de la route sont la 6e touchent des victimes
un nombre impres- quelques inquiétudes. cause de mortalité hommes, femmes et
sionnant. Malgré le dis- Selon la dernière après, par ordre d’im- enfants occasionnant
positif mis en place, la enquête en date menée portance, les maladies des pertes humaines
sécurité routière prend par l’Institut national cardio vasculaires, les et des dégâts matériels
une place importante de la santé publique cancers, les maladies inestimables.
dans le domaine de la (INSP), les accidents respiratoires, les mala-
santé publique. Si les de la voie publique ont dies endocriniennes et N.G.

Troisième cause de décès dans le monde


Chaque année les accidents humaine, le coût estimatif des maire et de protection indivi-
de la route font 1,2 million de accidents de la route est entre duelle et collective doivent tenir
victimes. Aux décès s’ajoutent 1% et 2% du PNB annuel de ces compte de ces différences. L’OMS
des millions de blessés graves. pays, les pertes atteignant 65 (Organisation mondiale de la
Les victimes sont plus nom- milliards de dollars par an, soit santé) reconnaît l’urgent besoin
breuses dans les pays en déve- deux fois l’aide fournie aux pays d’affronter énergiquement ce
loppement et les chiffres conti- en développement. Dans ces problème dans les pays en déve-
nuent à augmenter. Il est esti- pays, les principales victimes loppement.
mé qu’en 2020, les accidents de de l’insécurité routière sont les Extrait d’un entretien avec
la route seront la 3e cause de piétons, les cyclistes, les pas- le Dr Etienne Krug,
décès due aux traumatismes. sagers des transports publics. directeur à l’OMS accordé à
En plus de la souffrance Les mesures de prévention pri- la revue sécurité routière

P. 8 La Presse Magazine - N° 1224 — 3 avril 2011


INTERVIEW
Mokhtar Rassaâ, PDG de l’établissement
de la télévision tunisienne

«Notre ambition est de jeter les bases


d’une télévision publique libre»
Avant le 14 janvier, les Tuni- des problèmes de divers ordres :
siens n’aimaient pas leur télévi- financier, équipement, formation
sion nationale, ils en avaient honte etc., de se réconcilier avec les spec-
tant les programmes d’informa- tateurs en leur proposant une
tion et de divertissement étaient matière proche de ses préoccu-
taillés sur mesure à hauteur des pations. Face à la concurrence
désirs du dictateur. Aujourd’hui, d’autres chaînes privées, la télé-
la télévision est devenue publique vision publique sera-t-elle à la hau-
et essaie, malgré l’accumulation teur des attentes des citoyens?

Quand on vous a donné les


clefs de la télévision tuni-
sienne, dans quel état avez-
vous trouvé l’établissement ?
Je l’ai trouvé à l’arrêt. Il fal-
lait la redémarrer, ce qui n’était
pas une tâche facile. En voyant
dans quelle situation elle était,
je n’avais pas le moral, le per-
sonnel de l’établissement non
plus. Mais une fois les premières
48 heures passées, je me suis res-
saisi et j’ai communiqué ma volon-
té de faire reprendre confiance
du citoyen en la télévision en
adoptant une série de mesures
pour produire des programmes
et redémarrer sur de nouvelles
bases.

Justement quels types de


mesures avez-vous entrepris ?
J’ai pensé à une télévision arti-
culée autour d’émissions qui com-
mencent avec une matinale, un attentes, en tenant compte tivés, d’autres pas. Donc, on ne
espace pour les enfants, un autre de la concurrence des autres peut pas satisfaire tous les goûts.
pour la famille, ensuite, la redif- chaînes ? Il y aura toujours des émissions
fusion des émissions de la veille, Nous n’en sommes pas enco- qui ne plairont pas à une caté-
les informations de 14h00 puis re là. Notre ambition de produi- gorie de personnes et d’autres
des enfantines. Nous sommes un re des programmes qui plaisent qui plairont à une autre catégo-
service public, nous devons tenir au plus grand nombre même si rie. On ne peut jamais atteindre
compte , entre autres, des familles on sait qu’on ne peut pas plaire la pleine satisfaction du public.
qui ont des enfants en bas âge. à tout le monde du fait que nous C’est une chose impossible. Il y
sommes une télévision généra- a des gens qui nous comparent
Quelle stratégie avez-vous liste. Nous nous adressons à un à des chaînes spécialisées dans
adopté pour offrir aux spec- spectre très large d’enfants, de les informations à l’instar d’El
tateurs des programmes qui jeunes, d’adultes et de personnes Jazira ou de France 24. C’est trop
soient à la hauteur de leurs agées, de gens instruits ou cul- facile de ne faire que de l’infor-

La Presse Magazine - N° 1224 — 3 avril 2011 P. 9


INTERVIEW

mation parce qu’il s’agit d’une tique choisir. Il y a des citoyens à la forme, elle coûte très chère
seule matière. Il faut juste avoir qui ne se retrouvent pas du tout, et exige du temps.
un bon staff, des équipements on essaie dans la mesure du pos-
puis le tour est joué. Tandis qu’une sible de leur fournir une infor- Disposez-vous des moyens qui
chaîne généraliste comme France mation utile pour qu’ils fassent vous permettent d’atteindre
2, TF1, la BBC ou la Rai, c’est leur choix. Pour cela, nous orga- vos objectifs ?
très difficile. Demander aux nisons des débats sereins et équi- Pour le moment, nous n’avons
Italiens ce qu’ils pensent de leur tables avec les partis politiques pas les moyens de nos ambitions
chaîne et ils vous diront que tous ainsi que des reportages sur la mais dans quelque temps nous
ne l’apprécient pas de la même situation du pays. les aurons. Nous allons pouvoir
manière. Il n’y a pas d’unanimi- Nous avons réalisé un nou- nous organiser pour atteindre
té car ça dépend de quel point de veau magazine d’information des objectifs qui sont à la mesu-
vue on se place. De même pour «Tahkikat» qui complète éven- re de coller à la réalité, pour que
les chaînes publiques françaises tuellement le journal télévisé. le citoyen se rende compte qu’il
ou anglaises. Un JT très bien suivi parce qu’il est en présence d’une télévision
Pour notre part, nous essayons tente d’être objectif et complet. généraliste mais de proximité et
dans la mesure du possible de ne Il y a des spectateurs qui atten- qui répond dans une large mesu-
pas être honni, au moins que nos dent leurs séries télévisées, re à l’écho de ses aspirations et
émissions de service servent à d’autres les émissions culturelles, de ses besoins.
Pour ce qui est du budget, il
n’est pas fixe. Il doit se dévelop-
per en fonction de la publicité.
Je peux vous affirmer que la presse est totale- Celle-ci ne peut évoluer qu’en
ment libre dans cette institution publique et non fonction de l’audience des spec-
pas officielle. Personne ne nous donne des ins- tateurs de la chaîne et cela n’est
tructions. Le fait d’être libre suppose des respon- possible que s’il y a de bons pro-
sabilités au niveau de la déontologie et du res- grammes. Tout d’abord, nous
devons assainir l’institution qui
pect de l’art de la presse est très malade en faisant des
économies et en axant les efforts
sur la qualité de la production.
quelque chose : à instruire ou à les variétés etc. Nous nous ache- C’est pourquoi, nous allons mettre
cultiver ou à donner des infor- minons vers une plénitude de la l’accent sur la formation dans
mations utiles sur le plan poli- chaîne. Avec la liberté qui nous tous les corps de métiers. Ainsi
tique pour éclairer le citoyen dans est offerte aujourd’hui, nous envi- arriverons-nous dans quelques
ce capharnaüm de partis : quel sageons une réconciliation du mois à faire une bonne télévi-
code électoral et quel régime poli- citoyen avec sa télévision. Quant sion.

P. 10 La Presse Magazine - N° 1224 — 3 avril 2011


INTERVIEW
Je suis heureux de contribuer, l’ancien régime et n’a pas d’ap- nales. Notre démarche est de
pour ma part, à jeter les bases partenance particulière. C’est nous acheminer sérieusement et
d’une télévision publique libre. quelqu’un de très professionnel. de manière déterminée vers la
C’est la seule satisfaction que Moi-même j’ai eu maille avec l’an- démocratie. La démocratie c’est
j’éprouve en prenant les rênes de cien régime qui ne m’a pas lais- la liberté responsable et si la
la télévision après ma retraite. sé travailler comme je le voulais. révolution ne nous conduit pas
à cela, elle aura été veine.
D’aucuns disent que les infor- La maison de la télévision, en
mations sont orientées pour tant qu’infrastructure, ne Comment envisagez-vous
ne pas dire qu’il y a un retour semble pas être adaptée à la l’avenir de la deuxième chaî-
à la censure... production de programmes, ne, la Watania 2 ?
C’est une calomnie, un men- qu’en pensez-vous ? La vocation de la Watania 2
songe et une accusation gratui- Effectivement, le lieu ressemble ou Tunis 2 est qu’elle se fait l’écho
te parce que ceux qui regardent un peu à Ford Boyard, mais on des régions et la voix des jeunes.
le JT de notre chaîne constatent s’y adapte. L’espace est très grand Ses programmes seront articu-
le cap important qui existe entre et offre beaucoup de possibiltés, lés dans ce sens. Nous allons ren-
le JT d’aujourd’hui et celui d’avant
le 14 janvier. Je peux vous affir-
mer que la presse est totalement Cactus est une expérience qui a ruiné
libre dans cette institution la télévision et l’a éprouvé surtout
publique et non pas officielle.
Personne ne nous donne des ins- sur le plan financier
tructions. Le fait d’être libre sup-
pose des responsabilités au niveau mais en ce moment il est sous- forcer son action pour qu’elle soit
de la déontologie et du respect équipé. Certaines spécialités poin- véritablement la voix des jeunes
de l’art de la presse. Nous avons tues dans le domaine du jour- et l’écho des régions en atten-
certes des journalistes jeunes qui nalisme manquent également. dant de lui trouver une meilleu-
n’ont pas suffisamment d’expé- Mais la télévision peut se faire re formule avec des moyens et
rience. Des stages sont prévus même dans un espace plus réduit. des équipements beaucoup plus
pour leur formation sur place adaptés.
dans le but de parfaire leur per- La relation entre les pro- Quelles genres d’émissions
formance. De nombreux Tunisiens ducteurs privés et la télévi- aimez-vous regarder ?
nous ont fait savoir qu’ils appré- sion a-t-elle changé après la Personnellement, je suis féru
cient plus le JT de notre chaîne main mise de Cactus ? de documentaires historiques et
que ceux d’El Jazira ou d’autres Il n’y a pas que Cactus. Cactus archéologiques intéressants.
télévisions. est une expérience qui a ruiné la J’aime aussi regarder les infor-
J’insiste sur le fait que nous télévision et l’a éprouvé surtout mations un peu comme tout le
sommes libres et nous diffusons sur le plan financier. Mais une monde. J’apprécie les belles fic-
les informations importantes car télévision ne peut pas rester enfer- tions mais ce que j’aime par-des-
sus tout sont les entretiens avec
les personnalités importantes
Il y aura une programmation adaptée au mois comme les philosophes, les his-
de Ramadan. Il ne faut pas mettre dans la tête toriens qui ajoutent à notre
des gens que Ramadan équivaut à feuilletons connaissance et à notre expé-
rience.
faute de moyens nous ne pou- mée sur elle-même. Pour l’heu- Vous avez été pendant de
vons pas tout aborder d’une part, re, nous devons compter sur ce longues années à la tête du
et ensuite nous ne sommes pas que nous avons. Plus tard, on festival de la Médina, vous
une chaîne d’information en pourra se tourner vers l’extérieur. manque-t-il aujourd’hui ?
boucle. Actuellement, le JT dure
50 minutes, voire 1 heure, chose Qu’envisagez-vous comme Il ne me manque pas. Le fes-
qui n’existait pas avant. Autrefois, production pour le mois de tival de la Médina est une expé-
on se contentait des activités du Ramadan? Sera-t-elle adap- rience originale et unique au
président qui passaient en pre- tée au changement que vit la monde d’après les déclarations
mier lieu, ensuite celles du pre- Tunisie après la révolution ? des artistes qui ont participé à
mier ministre. Mais actuelle- Il y aura une programmation ce festival. Ils nous ont toujours
ment, c’est le fait du jour natio- adaptée au mois de Ramadan. Il dit que la convivialité et la cha-
nal ou international qui prime. ne faut pas mettre dans la tête leur du public tunisien n’exitent
des gens que Ramadan équivaut pas ailleurs. Quant à moi, j’ai pu
Il y aurait un retour de pré- à feuilletons. La plupart des réaliser mes fantasmes musicaux
sentateurs retraités ou de feuilletons n’était pas réussie. et culturels durant 26 ans. Je
figures de l’ancien régime? On peut imaginer une program- pense que c’est suffisant et qu’il
C’est faux, d’ailleurs où sont- mation adaptée au changement faut laisser la place aux autres.
ils et puis à qui faites-vous allu- de régime dans la vie du citoyen
sion ? Il y a effectivement un en proposant des rubriques moins Entretien conduit
retraité qui n’a rien à voir avec longues et beaucoup plus origi- par N.G.

La Presse Magazine - N° 1224 — 3 avril 2011 P. 11


RETROVISION Par Samira DAMI

Cactus production, la fuite en avant Les émissions de téléréalité ont, elles, consacré le nivellement

A
près avoir longtemps boudé les médias, Sami Fehri , le patron
de Cactus production, qui faisait la pluie et le beau temps par le bas et érigé la télé poubelle en norme, le voyeurisme et le
sur la défunte Tunisie 7, court derrière les médias, entre déballage de linge sale, en imposant aux téléspectateurs des scènes
radios et presse écrite. Ces médias lui donnent l’occasion de se et des propos des plus vulgaires contre toutes les valeurs morales,
défendre, afin de se refaire une virginité. Il jure ses grands dieux et ce, notamment dans Andi Ma Nkollek, tandis que El Haq Maâk,
qu’il est innocent de toutes les accusations dont il est la cible. En expose, au cas par cas, affaires, litiges et injustices subies par
atteste l’argutie du producteur : l’association avec Belhassen certains citoyens, sans jamais bien sûr rendre compte de celles
Trabelsi, il l’a subie et non voulue, ce dernier non seulement l’a perpétrées par le clan des familles au pouvoir et leurs proches. Et
obligé, mais n’a mis aucun sou et s’est contenté d’être son associé qui étaient ô combien nombreuses ! Or, s’il y avait une vraie justice
à hauteur de 51%, a-t-il clamé sur tous les toits. Mais qui a alors indépendante du temps Ben Ali, pareille émission aurait-elle eu
payé les droits faramineux de Akhir Qarar exigés par Endemol ? sa place dans une télé publique ? Assurément non.
N’est-ce pas la société Karthago, du même Belhassen, montée grâce Jamais rassasiés, les associés de Cactus production voulaient
à l’argent volé au contribuable. Et la litanie de jérémiades et de encore plus. Ils n’ont pas hésité, pour accaparer davantage la
justifications du patron de Cactus production continue de plus cagnotte, à jeter leur dévolu sur le domaine de la fiction. Pour cela,
belle : le matériel du car-régie de la chaîne publique, il l’a loué, le Sami Fehri s’est autoproclamé réalisateur, puis scénariste (Casting),
personnel de la même télé, il l’a royalement payé, les recettes de alors qu’il était totalement étranger à ces métiers. Car il semble
la pub et des SMS ont été empochées en accord avec tous les qu’aux autres producteurs, animateurs et réalisateurs de la chaîne
directeurs qui ont défilé à la tête de la chaîne, la diffusion de toutes publique, il ne fallait laisser que des miettes. Ainsi, les meilleures
ses émissions en prime time, c’est toujours avec la bénédiction de plages d’audience étaient monopolisées, sur la défunte Tunisie 7,
la direction de la chaîne. Quant au fisc, la TVA et la Cnss, il est en par Cactus qui comptait même rafler la tranche du prime time du
règle jusqu’au dernier millime. Bref, le patron de Cactus nous peint samedi soir en produisant une émission de variétés dont le premier
une situation des plus légales. On croit rêver au point de se demander numéro, fin prêt, n’a jamais été, on ne sait trop pourquoi, diffusé.
qui en veut tant à S. Fehri, pauvre victime, pour l’accuser de tous Concernant la prétendue qualité des feuilletons made in Cactus
ces maux dont il est, selon lui-même, si innocent ? Qui lui en veut production, nous l’avons cherchée à la loupe, nous n’avons trouvé
tant au point de geler tous ses avoirs ? Mystère ! nulle trace, tant il s’agit d’un galimatias à la sauce mexicaine,
Pourtant, si nos souvenirs sont bons, les émissions de Cactus informe où tous les tabous sociaux, sauf ceux politiques bien sûr,
production ont accaparé la grille de la chaîne, à telle enseigne qu’on sont convoqués pour en mettre plein la vue au public qui, en plein
avait l’impression qu’on avait affaire à une télé dans la télé. Après mois de Ramadan, ne savait plus à quel saint se vouer face à toutes
les émissions de jeu et de divertissement entamées, il y a huit ans ces affaires de sexe, drogue, trafic, gangs, corruption et autres
avec Akhir Qarar, Dlilek Mlak, Seul contre 100, Ahna Hakka, dérives racontées de manière si peu cohérente et de surcroît mal
l’animateur et producteur devient réalisateur en passant à la ficelées, truffées de clichés, laborieusement filmées et jouées dans
fiction, produisant, ainsi, deux feuilletons à partir de 2008, Maktoub des décors au luxe artificiel et tapageur dans l’air du temps Ben
1 et 2 et enfin un troisième, Casting en 2010, qu’il a non seulement Ali-Trabelsi. Quelles valeurs prônent ces fictions qui montrent
réalisé mais aussi écrit (sic). La téléréalité ? Ça le connaît aussi sous un jour positif et sympathique un homme à femmes, un bandit,
puisqu’il a produit El Haq Maâk, Andi Ma Nkollek et même un un parrain, sans aucune velléité critique de ces personnages ?
divertissement pour les enfants, Sofiane-Show, sans compter Sinon encore une fois, et la boucle est bouclée, des valeurs qui ne
l’émission de sport Stade 7 programmée le lundi, dans la foulée sont pas les nôtres, la banalisation, sous prétexte de critique sociale,
de Dimanche-Sport en dépit des redondances. Certes, l’émission du délitement des mœurs, de la violence, du gain facile et illicite
conduite par un animateur de la trempe de Moez Ben Gharbia a et nous en passons et cela est d’autant plus voulu que ces feuilletons
de quoi séduire, mais, parlons franc : cette indigestion de programmes ont été diffusés en prime time au moment où tout le monde se
sportifs ne faisait-elle pas partie intégrante de la politique lénifiante trouve devant la télé, enfants compris.
de Ben Ali qui consistait à anesthésier les masses par le foot ? La En fait, ce qui distingue la majorité des productions de Cactus
réponse tombe sous le sens. c’est l’emballage, le clinquant, mais la coquille est vide, sans teneur,
Ainsi, Cactus production a raflé toute la mise à telle enseigne seul compte la quantité pour assurer un maximum de profit, ce
qu’en 2009-2010 elle se taillait la part du lion des prime times qui n’a pas manqué de vider de sa substance, de ses compètences
durant quatre à cinq soirées consécutives, engrangeant toute la et d’appauvrir matériellement et financièrement la télé publique
pub sur son passage. Pis, durant Ramadan 2005, les téléspectateurs qui s’est installée dans la routine, impuissante à réagir. Encore
ont été sidérés et estomaqués de voir Akhir Qarar diffusée juste une fois, le 13 janvier, jour du dernier discours du président déchu,
après l’appel à la prière et la rupture du jeûne, alors qu’ils étaient le réalisateur et producteur accourut précipitamment pour redevenir
habitués à suivre des émissions religieuses. De la pure provocation l’animateur d’un soir d’une émission qu’il croyait salvatrice, mais
! Mais qui se souciait, alors, des sentiments, attentes et traditions qui se révéla, bien au contraire, un linceul pour l’ancien régime.
du bon peuple ? Visiblement pas Sami Fehri fort du seul pouvoir Puisque c’était là, la dernière cartouche de Ben Ali, le peuple ayant
de son associé si méprisant envers nos valeurs religieuses, morales dit «son dernier mot» et ne voulant plus qu’une chose : qu’il dégage
et traditionnelles et préoccupé par un seul but : amasser de l’argent une fois pour toutes de leur vie et de leur horizon. L’animateur
à la pelle, encore et encore. Idem pour le feuilleton Maktoub qui non seulement n’avait rien compris, mais n’hésita pas à narguer
s’est également offert le prime time toujours pour une question de et provoquer les mères des martyrs en leur demandant de «pousser
pub (26 interminables minutes) de sous et de cupidité, au grand des you-yous de joie pour saluer le discours historique et progressiste
dam du public friand de la sitcom Choufli Hall. du président» (sic). On connaît la suite…mais à défaut de Carthage-
Le gérant de Cactus répète à l’envi et à tous ceux qui veulent TV dont il attendait l’autorisation, avec son associé, Sami Fehri
l’entendre que «ses programmes se distinguent par la qualité». se contentera de placer le lot de programmes, qui lui est resté sur
Mais de quelle qualité parle-t-il ? Certes, il est facile quand on les bras et qu’il a produit du temps de Ben Ali, sur la chaîne
dispose d’autant de moyens de soigner quelque peu la forme, mais Ettounissya (on se demandera, au passage, de quel droit un privé
voyons le contenu et les objectifs de ces émissions ? Détourner les s’approprie-t-il le nom du pays pour nommer sa chaîne ?) qui
téléspectateurs des vrais problèmes politiques économiques et émettra à partir de l’Arabie Saoudite, suivez mon regard…
sociaux n’étaient-ce pas là les buts latents et cachés de ces programmes Maintenant, l’on constate qu’il est facile de cracher dans la
? Tout porte à le croire. Et les valeurs véhiculées par la plupart de soupe, après avoir profité et joui du système, en long et en large,
ces émissions ? Parlons-en. Ne s’agit-il pas, au fait, de vendre des de jouer à la victime. Car ce que Sami Fehri a omis de nous dire
illusions et de faux rêves au public ? Cela en érigeant l’argent, la c’est que n’eût été le bras (hyper) long de son associé, jamais, au
cupidité, le profit et l’enrichissement sans effort, ni peine, ni labeur grand jamais, il n’aurait bénéficié d’autant de facilité de production,
en norme et en modèle. Les programmes de Cactus consacrent, de diffusion et de plages publicitaires obtenus, en deux temps trois
justement, le renversement des valeurs : le gain facile au détriment mouvements, par son associé. Faire son mea-culpa comme tant
de la connaissance, du savoir et de la compétence. Avec Sofiane- d’autres c’était le minimum attendu du patron de lui. Mais non.
show on a volé aux enfants candidats leur enfance en les travestissant Le patron de Cactus production persiste et signe, contre vents et
en adultes grossièrement maquillés pour une parodie de chant et marées, sa politique de fuite en avant.
de danse. S.D.

P. 14 La Presse Magazine - N° 1224 — 3 avril 2011


B E L I E R B A L A N C E
(21 mars- 19 avril) (23 Septembre - 22 octobre)
Si vous avez su vous montrer à la hauteur de votre
tâche, de vos ambitions et de vos souhaits, vous devriez Toute démarche en relation avec l'étranger sera bien
H O R O S C O P E

obtenir ces jours-ci une augmentation de vos revenus. protégée. Un beau carré astral favorisera les amours et
Grâce à Mercure, vous aurez une rapide et intense per- les sentiments ces jours-ci. Vous vous retrouvez au sein
ception des événements. Enterrez la hache de guerre de personnes nouvelles, curieuses de vous connaître.
avec une personne que vous aimez, au fond de vous.

T A U R E A U S C O R P I O N
(20 avril- 20 mai) (23 octobre - 21 novembre)
Votre carrière sera une priorité pour vous, et vous Avec cet environnement planétaire, il y aura une conju-
cherchez par vous-même à prendre la place numéro un. gaison harmonieuse de l'esprit d'initiative et des oppor-
Bel épanouissement affectif, joies amoureuses, enthou- tunités, qu'il faudra bien entendu saisir au vol. Vénus
siasme et élan du cœur. Vous recevrez l'appui solide de soutiendra vos affaires de cœur. Mais le côté favorable de
relations amicales fidèles. Examinez soigneusement vos son influence sera un peu affaibli par d'autres configu-
projets avec eux. rations planétaires. Un petit cadeau vous boostera le
moral.

G E M E A U X S A G I T T A I R E
(21 mai- 21 juin) (22 novembre - 21 décembre)
C'est durant cette période que vous devrez faire le point, Le travail que vous accomplirez avec persévérance vous
et mettre sur pied tout ce qui peut apporter une expansion vaudra des succès mérités, et l'on n'hésitera pas à vous confier
à vos activités et à votre carrière. Avec un Ciel à si forte des responsabilités dans les domaines que vous maîtrisez.
coloration vénusienne, à vous, cette fois-ci, les exploits amou- Vous aborderez la période avec de bonnes résolutions : remettre
reux sans précédent, les découvertes sensuelles et les per- de l'ordre dans vos amours, arracher les mauvaises herbes
formances inédites ! Les planètes en mauvais aspect agi- du doute et de l'ennui, et dissiper une fois pour toutes les
ront de façon néfaste sur votre système nerveux. derniers malentendus.

C A N C E R C A P R I C O R N E
(22 juin - 22 juillet) (22 décembre - 19 janvier)

Vous aurez des décisions à prendre en Janvier, mais Dans votre métier, vous devrez vous contrôler, car vous
vos pensées seront ailleurs. Vous aurez cette fois le char- aurez tendance à ne pas étudier les choses assez en pro-
me des gagneurs à qui rien ni personne ne résiste. La fondeur. Sous l'impulsion de la planète Mars, vous sau-
conjoncture astrale favorisera vos rapports avec votre rez déployer tout le charme attractif de votre personna-
entourage. lité. Chaque nuage a un bon côté, et vous n'aurez pas à
chercher bien loin pour en voir la raison.

L I O N V E R S E A U
(23 juillet - 22 août) (20 janvier - 19 février)
Cette période, en raison des aspects astraux tortueux,
sera pleine d'embûches. Observez donc au moins un mini- Grâce à la foi que vous avez en ce que vous faites, vous
mum de prudence, avant de prendre une décision impor- saurez communiquer votre ardeur à votre entourage pro-
tante. En toutes choses, modérez vos réactions un peu fessionnel, ce qui vous permettra des réalisations construc-
brutales. Si vous n'avez pas fait preuve jusqu'ici de sages- tives. Les questions de cœur ne seront pas sous de très
se en matière d'argent, vous connaîtrez des contraintes bons auspices, cette fois-ci. Une approche négative ou
financières très pénibles. pessimiste ne vous mènera nulle part.

V I E R G E P O I S S O N S
(23 août - 22 Septembre) (20 février - 20 mars)
Dans le travail, laissez s'exprimer votre imagination Ne cultivez pas des ambitions exagérées. Attention !
et votre créativité, qui seront portées à leur paroxysme Vous aurez souvent du vague à l'âme en cette période, à
par la Lune. Ne vous laissez pas entraîner dans des aven- en juger par votre ciel astral. Il faudra plus que jamais
tures qui vous procureront plus de désagréments que de vous garder des illusions et des désirs naïfs, qui compli-
satisfactions. Après tant de foules et les manifestations quent votre existence, car vous risquez de prêter aux
publiques, vous aurez besoin d'un peu de solitude. autres vos propres rêveries, et de ne plus exister que par
les sentiments que l'on vous porte.