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Recherche Selentifique ‘Université Sidi Mohamed Ben Abdellah Paculté des Sciences Juridigues Economiques et Socios is eee laFormation CS \\) e Bysihl 2La) a ent Supérieur et dle gta aabay abl Say 2s Ry Filiére: Sciences Economiques et Gestion Semestre 4 Sections "A" et "B" Professeur: Amina HAOUDI Année universitaire 2019-2020 La théorie monétaire. La théorie monétaire repose su un certain nombre d’hypothéses et de réflexions attenant au réle économique de la monnaie en tant qu’instrument capital dans les transactions et I'épargne des agents économiques dans leur ensemble et & sa place dans l'arsenal des outils régaliens destinés a gérer et & contréler l’activité économique au sens large du terme. Cette théorie reste en fait un important volet de la théorie économique. Aussi les spécialistes de V'analyse monétaire sont ils avant tout des économistes. Si leurs travaux portent essentiellement sur la monnaie, ils ne sont pas indifférents & Vévolution de la pensée économique, ils prennent position la plupart du temps pour l'une ou l'autre des écoles qui occupent le terrain de cette pensée et alimentent souvent par leurs écrits les controverses qui les opposent. 1) Les grandes théories monétaires contemporaines. Concernant les problémes monétaires, les divergences s’accentuent essentiellement autour de la nature de la monnaie, est-elle un simple voile, neutre par rapport la production, ou est-elle au contraire un instrument actif qui a un impact sur l’activité économique et les prix relatifs ? Les désaccords entre les écoles portent également sur le réle de l’Etat sur la scéne Sconomique. Doit-il chercher seulement a préserver les équilibres économiques et monétaires ou a-t-il pour tache surtout de relancer l'emploi et la croissance ? Trois grandes écoles se sont attelées 4 l’examen de ces questions, avec des visions opposées mais parfois complémentaires. I s’agit de l'école classique avec ses différentes composantes, de |’école keynésienne et de I’école monétariste. 1) L’école classique Elle repose sur les principes établit par les grands auteurs fondateurs de «PEconomie Politique ». On peut citer parmi eux les britanniques David Ricardo, Adam Smith et Jean Baptiste Say. Mais il y a également les continuateurs comme Léon Walras, Alfred Marshall ou Irving Fisher. Les principaux axes d’analyse autour desquels se retrouvent avec des nuances la plupart des auteurs de ce courant sont : La théorie classique se positionne dans un cadre libéral caractérisé par « une parfaite rationalité des agents et d’une information parfaite sur la situation présente et future »(Brémond 1987). La loi des débouchés de Say selon laquelle l'offre crée sa propre demande, en est la meilleure illustration clest-3- dire que dans une économie libérale, les marchés retrouvent toujours la position d’équilibre grace 4 des mécanismes autorégulateurs, appelés aussi par Smith la main invisible qui permettent d’atteindre le « bien @tre collectif » sans Vintervention de I'Etat. Selon les auteurs classiques le rétablissement automatique de I'équilibre est le fruit de la flexibilité des prix et des salaires qui s‘adaptent aux conditions de l'offre et de la demande. Aussi remarquent-ils que le chémage qui peut apparaitre dans une économie ne peut étre qu’un chémage volontaire s’expliquant par le refus des sans emplois de travailler au taux de salaire courant, résultant des lois du marché, qu’ils peuvent estimer insuffisant. Uanalyse dichotomique sépare la sphére réelle de la sphére monétaire de sorte que les phénoménes monétaires n’ont aucun impact sur les phénoménes réels. Selon cette approche |’ offre de monnaie est exogéne et reléve du pouvoir régalien. La monnaie n’est qu’un voile, elle est neutre car elle n’a d’incidences que sur les autres phénoménes monétaires comme les prix monétaires ou absolus, c'est-3-dire les prix constatés sur les marchés. La production et les prix relatifs sont quant 4 eux déterminés par d’autres variables réelles comme les facteurs de production qui sont le capital et le travail. La monnaie n’est demandée que pour effectuer des achats dans le présent, elle n’est conservée que d’une maniére provisoire. Raisonnant dans le long terme les classiques estiment que toute thésaurisation est suivie d’une déthésaurisation dans le futur. Ils écartent son impact sur les équilibres. Selon |’analyse quantitative de la monnaie toute augmentation de la circulation monétaire aboutit & une hausse du niveau général des prix. Cette hypothése a été développée par Irving Fisher dans son équation des transactions. Mais elle est partagée par tous les « quantitativistes » depuis Jean Baudin jusqu’a Alfred Marshall, en passant par David Ricardo et Léon Walras. ll est & remarquer que ces postulats de base établis par les fondateurs de V'école* classique, recueillent l’adhésion des continuateurs, partisans de la pensée marginaliste, 4 quelques différences prés, comme le fondement de la valeur qui repose sur le travail selon les premiers, alors que pour les seconds il dépend de I'utilité. En outre ‘le mérite revient a ces derniers d’avoir actualisé ’école classique en y introduisant de nouvelles approches comme le principe marginal et la formalisation de l'analyse économique. 2) ’école keynésienne Elle se démarque de la précédant au sujet de la plupart des postulats au poirit que certains auteurs qualifient son apport de « révolution keynésienne » John Maynard Keynes a vécu une période charniére de l'histoire de I’humanité s’étalant sur toute la premiére moitié du XXe, avec tous les grands événements marquant cette période. Il est un pur produit de I’école Classique de Cambridge mais également un homme de terrain qui a su analyser les faits au-dela de tout dogmatisme. Sans jamais rompre ni avec l'économie de marché, ni avec le capitalisme, il a surtout cherché a dépasser certaines hypothéses devenues désuétes, clamées par ses prédécesseurs et certains de ses contemporains, restés fidéles aux préceptes des fondateurs. Ses principaux apports se situent autour des axes suivants : La vision de la: monnaie chez Keynes constitue une grande rupture par rapport aux courants orthodoxes. Tout d’abord il rejette Manalyse dichotomique séparant la sphére réelle de la sphére monétaire ol la monnaie apparait comme un simple voile, neutre par rapport a la production et aux prix relatifs. Il congoit & l’opposé l’approche d’une monnaie active et non neutre dans un cadre intégrationniste ot elle est un facteur clé qui impacte l’offre, la demande et l'ensemble des phénoménes réels. C’est elle qui permet la relance économique & travers la politique monétaire et surtout la politique budgétaire qui a un effet multiplicateur sur le revenu et la dépense. L’analyse keynésienne préserve de surcroit 8 la monnaie sa fonction de réserve des valeurs, négligée par les classiques qui sous estimaient la thésaurisation. Pour cet auteur la monnaie est demandée pour elle-méme et non pas parce quielle permet Vachat de biens et de services. II ajoute que la monnaie est un lien entre le présent et le futur car elle peut étre conservée pour une utilisation ultérieure. C'est la notion de la préférence pour la liquidité qui explique la demande de monnaie comme étant principalement une fonction du taux d’intérét et des anticipations des agents économiques concernant I’évolution des cours des titres sur le marché. En plus des différents motifs transactionnels la monnaie est conservée pour des raisons spéculatives. Les agents économiques font un arbitrage permanent entre la monnaie et les titres en fonction des mouvements du taux d’intérét du marché monétaire. Le taux de référence chez Keynes est le taux monétaire, dégagé au niveau de ce dernier marché, contrairement aux classiques qui privilégiaient le taux d'intérét réel qui égalise épargne et l'investissement. Keynes remet en question la loi des débouchés de Say, estimant que le libre jeu des marchés et de la concurrence est insuffisant pour permettre a l'économie de retrouver I’équilibre. L’offre ne crée donc pas sa propre demande comme le stipulent les conclusions de Say, car le comportement des agents économique est souvent non rationnel, l'information étant plutét imparfaite. Les prix et les salaires ont tendance 4 étre rigides, contrairement a Vidée répandue chez les classiques. Tout a lopposé c'est incertitude concernant I’évolution future de la conjoncture qui prédomine, affectant par la les anticipations des entrepreneurs. En outre la sous consommation due & la faiblesse des salaires fait que la demande effective, c'est-a-dire Vinvestissement et la consommation qui sont le moteur de [activité économique est déficiente, Ainsi I'autorégulation reste purement théorique, ce qui signifie que les marchés sont sujets a des perturbations qui ne permettent pas le retour automatique a l’équilibre. Keynes estime qu'il ne peut y avoir qu’un équilibre de sous emploi. En d’autres termes, méme si tous les autres marchés sont en équilibre, le marché du travail connaitra toujours un chémage élevé tant que la demande effective est insuffisante. Pour Keynes le chGmage en question est un chémage involontaire car les sans emploi n’arrivent pas a trouver du travail méme a un bas salaire. Partant de cette constatation, Keynes rejette l’idée classique de l’Etat gendarme réduit a exercer uniquement les fonctions liées au respect de l’ordre public. Il préne au contraire un interventionnisme économique du gouvernement &. travers l'augmentation des dépenses publiques, pour rehausser le niveau de la demande effective et réduire le chémage. L’Etat se doit de corriger les carences du marché qui est incapable a lui seul d’assurer Vallocation optimale des ressources. |I est de ce fait le seul acteur politique et économique capable de favoriser I'activité économique et de relancer la croissance, en vue de lutter contre le sous emploi. Mais au-dela de "économique les fonctions de |I'Etat doivent étre élargies a la protection sociale au bénéfice des citoyens. II s’agit la de Etat Providence ( Welfare State). Ainsi pour permettre 4 un pays de sortir-de la crise, il faut non seulement encourager les entreprises 4 investir par différentes incitations économiques et financiéres, mais également favoriser une hausse des salaires pour stimuler la consommation des ménages. L’accroissement de Vinvestissement et de la consommation aboutissent au relévement de la demande effective qui est 'objectif primordial que poursuivent les politiques publiques. Dans le cadre de cette vision keynésienne, nous remarquons qu'il n y a pas de contradictions entre la poursuite des objectifs liés 8 la croissance économique et ceux relatifs l’amélioration des conditions sociales. Ils sont ‘tout au contraire complémentaires. Ce sont bien ces orientations qui ont été & la base des politiques économiques qui ont été mené aprés la deuxiéme guerre en Europe. Elles ont permis aux pays qui les ont mises en chantier de connaitre 8 la fois une croissance a des niveaux sans précédent et un Etat providence qui veille au bien étre de la population. Cette situation a duré une ‘trentaine d’années, appelées communément les « trente glorieuses ». Cependant, les crises qui ont secoué le monde & partir des années 70 ont remis en question Vinterventionnisme keynésien qui s'est trouvé a I’époque dépassé pour faire face a.des retournements de cycle d’un genre nouveau (inflation et chémage). Ce qui a laissé la porte grande ouverte vers Je retour des politiques d’inspiration classique et le triomphe des courants ultra libéraux. 3) Le retour a la prédominance des enseignements de I’école classique Keynes a eu beaucoup de contradicteurs parmi les différents courants libéraux comme F.Von Hayek, A. Cecil Pigou ou encore plu tard Milton Friedman le fondateur de I’école de Chicago et du Monétarisme. Tout en admettant les hypotheses avancées par la théorie quantitative relative a la relation entre la circulation monétaire et le niveau général des prix Friedman considére la demande de monnaie comme étant une fonction stable. Cette stabilité résulte d’abord a la stabilité méme de la vitesse de circulation de la monnaie, contrairement a Keynes qui la considére comme étant une donnée instable, La demande de monnaie de surcroit n'est pas fonction d’éléments courants avec une évolution imprévisible, mais de paramétres stables dans le temps. Friedman se détache ainsi de ses prédécesseurs classiques en relevant que la monnaie est plus liée au patrimoine qu’aux transactions. I axe son analyse sur le comportement des agents économiques face aux contraintes qui les entourent, qui sont relatives a leurs revenus, a leur patrimoine et a Vévolution de leurs encaisses. L’élément le plus déterminant dans cette fonction de demande de monnaie est ce qu’il appelle le revenu permanent qui est représentatif des revenus passés, présents et anticipés pour le futur, a la différence du revenu courant percu réguliérement. Un individu aura tendance & augmenter ses dépenses s'il estime qu’il va gagner plus dans le futur, il dépensera moins dan le cas contraire. Un tel comportement aboutit a V'uniformisation des dépenses dans le temps, la fonction de demande de monnaie repose bien selon les monétaristes sur des processus économique d’équilibrage, ce qui explique sa stabilité. Mais !’apport fondamental des monétaristes se situe au niveau des politiques quills préconisent. Lorsque les thérapeutiques keynésiennes ont été mises a genoux apres trente années de succés ce sont les recettes classiques adaptées au nouveau contexte de la deuxiéme moitié du XXe siécle qui se sont imposées comme remade a la crise qui rongeait les pays industrialisés au lendemain des chocs pétroliers de 1973 et de 1979. Les chantres du néo libéralisme sont arrivés a faire admettre leurs propositions ultras libérales comme seules alternatives pour permettre aux gouvernements en place et aux Banques Centrales de sortir de Vengrenage de I'inflation et du chomage, et ouvrir la voie vers la stabilité des prix en dehors de tout interventionnisme discrétionnaire. Dans ce sillage Milton Friedman préconise la politique monétaire automatique (voir le chapitre sur la politique monétaire) qui est une politique qui décide d’un taux de croissance fixe de la masse monétaire, ce qui signifie, qu’une fois ce taux établi, les autorités sont condamnées a uniquement observer I’évolution des paramétres économiques, sans étre en mesure d'agir sur la conjoncture par l'augmentation ou la diminution dé l’offre de monnaie. Cest un vrai retour vers le « laisser faire » cher a J.B.Say . Friedman explique le sens de cette proposition par le fait que c’est la meilleure politique pour stabiliser les anticipations inflationnistes des agents économiques et faciliter ainsi le retour a |'équilibre, alors que les politiques fondées sur le « réglage fin »(intervention répétitive des autorités pour réguler la conjoncture) ne font que perturber le comportement des agents, ce qui accentue inflation et le 6 déséquilibre. I existe dans toute économie un chémage naturel qu’il est vain de chercher a faire baisser comme le font sans succ®s les politiques interventionnistes. En: outre Vendettement du Trésor pour financer les investissements publics produit un effet d’éviction qui limite les fonds dont peuvent disposer les entrepreneurs sur les marchés de capitaux. Ce qui porte préjudice aux investissements privés et ne permet pas de réduire le sous emploi. Les courants ultras libéraux ont une vision & la fois keynésienne et classique du réle de la monnaie, Selon les préceptes classiques ils estiment qu’elle est neutre mais seulement a long terme. S’agissant du court terme ils reconnaissent qu’elle est active, comme le précisent les keynésiens, cependant les politiques discrétionnaires des autorités et I’instabilité de l’offre de monnaie ne font qu’alimenter les incertitudes des agents et les rendent sceptiques quant a leurs effets. Ce qui limite considérablement leurs portées. Pour Friedman la monnaie peut perturber les équilibres a court terme, aussi faut-il priver les autorités de toute possibilité pour faconner son offre selon leurs calendriers politique ou économique. C'est l'objet méme de la politique monétaire automatique. Uécole de Chicago a permis I’éclosion de plusieurs courants néo libéraux se réclamant proches des préceptes du monétarisme ou méme critiques a ’égard de certaines de ses analyses. C’est le cas par exemple des partisans du courant de la Nouvelle Economie Classique qui rejette I’hypothése monétariste des anticipations adaptatives. Celle-ci suppose qu’un agent « en contexte d'information imparfaite, effectue une anticipation adaptative lorsqu’il adapte ses prévisions en fonction de |'information dont il dispose ». Les politiques de relance peuvent avoir des effets positifs a court terme, mais lorsque les agents anticipent bien leur portée, 8 moyen terme elles sont néfastes. Pour les tenants de la nouvelle économie classique, les agents qui sont parfaitement bien informés « anticipent correctement les conséquences des politiques discrétionnaires qui peuvent devenir inefficaces ». Cette inefficacité pousse ces économistes a affirmer que les politiques économiques bien anticipées n’ont pas d’impact sur le produit global et les cycles économiques (voir la courbe de Phillips). Pou eux les avantages d’une politique non interventionniste sont beaucoup plus importants. F.Von Hayek un grand penseur du libéralisme va encore plus loin dans ses revendications en militant pour la dénationalisation de la monnaie. II propose la suppression du monopole étatique de I’émission monétaire et son remplacement par un systéme oli les banques privées auraient la possibilité d’émettre des monnaies privées sans l'intervention de la Banque Centrale. Le but ultime de cette proposition utopique est d’éloigner 'Etat de cette opération capitale pour la régulation de l'activité économique. Ainsi, 'ensemble de ces courants dits néolibéraux peuvent @tre en désaccord a propos de certaines affirmations relevant du comportement des agents économiques ou de l’évolution des marchés en général, mais ils ont une position commune concernant la réduction des pouvoirs économiques de VEtat. lls militent tous pour linstitution d’un Etat minimal. Cependant la crise de 2007 2008 qui est la conséquence entre autre de la réduction au minimum de la régulation étatique des marchés ne leur a pas donné raison. L’ultra libéralisme ne semble pas adapté au contexte économique de la mondialisation et de la-frénésie de la financiarisation. Beaucoup d’opérateurs économiques et politiques regrettent déja_ 'interventionnisme keynésien, mais un keynésianisme en conformité avec l'environnement économique et financier actuel et non pas celui des années 30. Nous allons voir d’abord les analyses des partisans de la neutralité de la monnaie avant de présenter les points saillants des adeptes de la monnaie non neutre. li) Les analyses qui appuient la neutralité de la monnaie. On retrouve la relation entre la monnaie et les prix décrite par plusieurs penseurs et philosophe dans les temps anciens. Au moyen age Al Makrizi signale le phénoméne. Mais on doit la premiere analyse de la question & I’école Mercantiliste qui a expliqué la hausse des prix enregistrée en Europe occidentale des XVle_ et XVile par I'abondance des métaux précieux parvenus des Amériques récemment découvertes par les « Ibériens (les habitants de la péninsule Ibérique, a savoir les espagnols et les portugais). Plu tard la theorie quantitative donnera forme a cette hypothése avant d’étre formalisée par Irving Fisher. Beaucoup d’auteurs de différentes obédiences théoriques se sont intéressés & cette question qui reste primordiale pour l’analyse monétaire. Le 8 point essentiel de divergence entre eux touche au réle de la monnaie, est-elle neutre par rapport aux phénoménes réels ou peut-elle avoir un impact sur ces mémes phénoménes ? Cest la théorie classique qui a été la premiére a présenter une conception globale de la monnaie sur la base de la théorie quantitatives et de ses démonstrations concernant la responsabilité de laugmentation de la circulation monétaire dans la hausse des prix. La théorie quantitative de la monnaie trouve sa formulation la plus pure dans les travaux d’Irving Fisher (1911). De nombreuses versions de cette théorie ont &té proposées avant Fisher, Léon Walras parle du parallélisme inconditionnel qui lie la hausse des prix d’une manigre proportionnelle a 'accroissement de la monnaie en circulation. Walras n‘introduit la monnaie que dans le but de monétiser les prix relatifs. Chez lui lencaisse désirée est l’'encaisse nécessaire pour acquérir les biens et les services dont on a besoin, car la monnaie n’est pas demandée pour elle-méme, elle est conservée uniquement en tant que numéraire qui facilite les transactions. David Ricardo a évoqué de son cété une équation quantitative reliant monnaie, transaction et niveau général des prix. Mais sa formulation parait incohérente car il ne tient compte que de la monnaie dépensée qui est différente de la monnaie en circulation. Celle-ci représente la monnaie & travers le nombre de transaction qu’une unité monétaire peut effectuer durant une période donnée. Elle s’exprime a travers la vitesse de circulation de la monnaie, donnée par le rapport suivant: V=PT/M avec: P= le niveau général des prix T= volume des transactions et M = la monnaie en circulation, Irving Fisher reformule ce rapport par son équation des échanges connue par la formule suivante: =MV = PT Ce rapport selon Fisher n'est pas une simple équation comptable, mais également une relation causale entre M et P. L’auteur pose trois hypothéses pour que cette égalité soit vérifiée : - La stabilité de V dans le court terme. - Le plein emploi des facteurs de production. - La parfaite maitrise par les autorités monétaires de l’offre de monnaie. M est exogéne. Il veut établir « que le niveau des prix est normalement I'unique élément passif dans 'équation des échanges », en d'autres termes le niveau des transactions T et la vitesse de circulation sont & la fois stables et autonomes par rapport a la masse monétaire. Dans ce contexte, toute variation de l’offre de monnaie ne peut affecter que le niveau général des prix qui évolue proportionnellement & cette variation. Le fait de considérer que T est stable et qu’elle ne répond a aucune variation de M indique clairement que Fisher se situe du coté des durs partisans de la neutralité de la monnaie. L’analyse dichotomique des classiques et La causalité entre M et P qui se dégage de cette identité signifie que selon cette conception inflation n’a pour origine que 'excés de offre de monnaie qui impacte les prix sans affecter les variables réelles, comme oh le constate chez les classiques. Fisher proposera par la suite une version plus large de l’équation des échanges en y introduisant la monnaie bancaire devenue plus tard la monnaie scripturale qui est mise en circulation uniquement par les banques, & la différence de la monnaie fiduciaire, La nouvelle formule s’écrit comme suit : MV + M’V’ PT avec: M = espéces métalliques et billets en circulation, M’ la monnaie bancaire V et V’ les vitesses respectives attachées a ces deux formes de monnaie. Mais Fisher soutient que l'introduction des dépéts bancaires ne modifie en rien les conclusions de la premiére formulation vu que le rapport entre M’/ M est lui-méme stable, ce qui veut dire que c’est I'évolution de offre de monnaie de la Banque centrale qui détermine le niveau général des prix. Toute augmentation de la monnaie fiduciaire se traduit par une augmentation proportionnelle de la monnaie bancaire. L’introduction de ce nouveau paramétre ne change rien a la premiére équation. 10 L’analyse par les encaisse: la théorie quantitative de la monnaie de I’école de Cambridge est formulée d'une maniare différente de celle de Fisher. Si les conclusions concernant Vimpact de la monnaie sur les prix sont les m&mes, l'argumentation est différentes. Dans cette version la monnaie est considérée comme un bien capital, une composante de la richesse des agents. Elle intervient dans les diverses opérations sur les biens, les services et les titres. L’encaisse réelle exprime la fraction de leur patrimoine que les agents souhaitent détenir sous forme d’encaisse monétaire, mais en termes de pouvoir d’achat. C’est ainsi que I’école de Cambridge exprime la demande de monnaie par la formule suivante M= PkY~ ou M représente le stock de monnaie circulant dans "économie, P le niveau général des prix Y le revenu en terme réel et _k le coefficient d’encaisse monétaire que les agents désirent conserver, c'est le taux de liquidité. On retrouve le lien de cette équation avec celle de Fisher par le fait que k=4/V. Si on privilégie approche en terme d’encaisses réelles, I’quation devient : M/P=kY M/P_ signi coefficient k) au revenu réel Y. En d'autres termes cette encaisse varie en fonction de l’évolution des prix. C’est ce que semble vouloir démontrer effet Pigou dont lauteur comme Keynes, est un disciple d’Alfred Marshall, le fondateur de I'école de Cambridge. Pigou part en effet du principe que les ie que le montant désiré d’encaisses réelles est proportionnel (le agents ont tendance a établir une relation stable entre leurs encaisses monétaires et leurs dépenses en biens et services, c'est ce qu’exprime le rapport M/P. Si, suite A une conjoncture incertaine due & une récession on assiste 4 une baisse des prix, ce rapport serait perturbée et les agents bénéficieraient d’un excédent en encaisses par rapport a la relation stable établie auparavant entre la monnaie et les dépenses( dans cette relation si P diminue M/P augmente.) Ils dépenseraient alors une partie de cet excédent en achats de biens et services désirés et consacreraient le reste pour acquérir des titres sur le marché financier. L’accroissement des fonds prétables qui en résulterait aurait pour conséquence la baisse du taux d’intérét et la relance de Vinvestissement. En situation de plein emploi il se produirait un gap inflationniste (la hausse de P) qui raménerait les encaisses réelles & leur niveau 11 initial et qui rétablirait I’équilibre sans le besoin de recourir & intervention du gouvernement. Tout en aboutissant aux mémes conclusions concernant la relation entre la monnaie et les prix et le retour automatique a l’équilibre chers aux économistes classique, Pigou sen détache lorsqu’ll lie le marché de la monnaie ‘aux autres marchés. On est la on face d’une ébauche de ['analyse intégrationniste. En effet la monnaie chez lui est active & court terme car elle influence le taux d’intérét, l'investissement et l'emploi qui en résulte. Cependant le retour présumé de l’équilibre nous indique que la monnaie est neutre dans le long terme. Cette idée sera reprise par les monétaristes qui ont toujours mis I’accent sur la différence entre le réle de la monnaie & court terme et & long terme. Lintérét. également de leffet d'encaisse réelle est d’avoir analysé les mécanismes d’impulsion de la masse monétaire, bien avant effet de richesse (voir chapitre sur la politique monétaire). Cet effet explique comment la monnaie affecte les différentes variables économiques avant d’aboutir a la hausse des prix. En dépit de ces innovations l'effet Pigou reste encré dans économie classique par sa condamnation des politiques économiques publiques. Ce qui I'a farouchement opposé & Keynes, un fervent partisan de Vinterventionnisme. II!) La remise en question de la neutralité de la monnaie. La remise en question de la neutralité de la monnaie est considérée comme une hétérodoxie par les tenants de V’orthodoxie des fondateurs de l'économie classique. Ce schisme théorique porte également sur le rejet des préceptes sacro saints de cette économie, comme la loi des débouchés de J.B.Say. Keynes rest pas le premier auteur hétérodoxe. D’autres penseurs non moins illustres que lui Pont précédé comme Malthus, Sismondi et surtout Marx dont la critique & Végard de la théorie classique et de l'économie politique a été la plus radicale. On peut citer aussi John Maurice Clarck qui n’a pas caché ses doutes concernant la lol des débouchés en affirmant «on peut raisonnablement considérer comme établi qu'il existe une marge trés substantielle de capacité de production inemployée ». En d'autres termes l’offre ne crée pas sa propre demande car il existe une tendance conséquente a épargner, idée qui sera 2 reprise par Keynes. Elle s’explique par le fait que lorsque le revenu national augmente les dépenses de consommation augmentent moins rapidement que I'épargne, Cette tendance & épargner est pour Clarck la source profonde du déséquilibre entre offre globale et la demande globale. Quelques années auparavant Knut Wicksell, économiste suédois de l’école de Stockholm, analysant les fluctuations incessantes du niveau général des prix aboutit la conclusion que les produits ne s'échangent pas contre les produits & cause de la circulation monétaire et de la thésaurisation qui limite la demande par rapport & l’offre. Wicksell apporte une explication originale & Vinstabilité constatée des prix dans la distinction qu’il fait entre le taux d'intérét réel et le taux d’intérét monétaire. Le premier est le rendement escompté du capital investi, le second est le taux qui rémunére sur le marché les fonds destinés a financer |'investissement. Les mouvements des prix qu’on observe résultent des variations de ces deux taux. Ainsi lorsque le taux naturel est supérieur au taux monétaire, il se produit un mouvement cumulatif des investissements, de la hausse des prix et de l’expansion économique. Si a V'opposé le taux monétaire est plus élevé que le taux naturel il y a une tendance a la baisse des investissements, on assiste alors 8 un mouvement de contraction des prix et.au retournement du cycle. L’équilibre se rétablit lorsque les deux taux s'égalisent. Cependant Wicksell constate qu'il existe au contraire un processus cumulatif, car les déséquilibres monétaires de hausse et de baisse des prix, ne se résorbent pas automatiquement et tendent plutét a s'aggraver. Seul l'Institut d’Emission & travers la mise en place d’une politique bancaire adéquate peut permettre a l'économie de retrouver l’équilibre. Wicksell écarte par cette suggestion l'idée de la régulation automatique des marchés. On estime généralement que la théorie keynésienne est largement redevable aux différents auteurs hétérodoxes et aux analyses de Wicksell en particulier. Keynes se démarque des classiques & propos des questions fondamentales suivantes : Il rejette la loi des débouchés et lui substitue de nouvelles notions telles que Véquilibre de sous emploi (qui provient de la difficulté d’obtenir le plein emploi sur le marché du travail) et le chémage involontaire. A ses yeux, seul I’/Etat est en mesure de rétablir I’équilibre. 1B Tout en rejetant [idée de la monnaie neutre il préconise le modéle intégrationniste ou la monnaie joue un réle actif. Les outils d’analyse keynésiens reposent sur les fonctions psychologiques suivantes : La fonction de consommation, c'est une fonction macroéconomique qui s'applique au comportement des ménages & I'égard de la consommation courante. C’est une fonction stable 8 court terme. Elle est déterminée par des facteurs subjectifs, comme les godts et les préférences, mais surtout par le facteur objectif clé qui est le revenu. Partant de cette constatation Keynes en déduit la premiére fonction psychologique & savoir que la part consommée du revenu diminue au fur et a mesure que celui-ci s’éléve. Cette hypothese s'exprime par la propension marginale & consommer selon le rapport suivant : AC/AR<1. La fonction d’investissement. Pour Keynes la demande d’investissement ne doit pas étre confondue avec I’épargne. Celle-ci est le résidu non consommé du revenu, qui peut étre soit investie directement, soit prétée a des investisseurs, soit conservée sous forme liquide. Vinvestissement quant a lui est déterminé par une autre fonction psychologique qui est Vefficacité marginale du capital (E.M.C.). Elle est & la base de la demande des biens d'investissement et de Vincitation a investir. Elle est définie comme étant «le taux qui égalise les valeurs actuelles des coat nécessaires et des bénéfices escomptés de Vinvestissement ». Remarquons que la distinction entre les « couts nécessaires » et les « bénéfices escomptés de |’investissement n’est pas sans rappeler la confrontation des taux naturel et monétaire Wickselliens. Keynes recommande ainsi aux autorités bancaires de veiller a ce que le taux d’intérét courant soit inférieur a I’ E.M.C. pour stimuler l'investissement et l'emploi. La fonction de demande de monnaie. Elle repose sur la troisitme fonction psychologique qui est la préférence pour la liquidité c'est-a-dire « le montant de ses ressources qu’un agent désire conserver sous forme de monnaie ». Elle repose sur les trois motifs de détention de la monnaie suivants : Le motif de transaction. Pour les ménages la monnaie est conservée dans le souci de combler V’intervalle entre la perception des revenus et les besoins d'achats. Pour les entrepreneurs ce motif devient un motif d'entreprise, il s'agit rv de détenir la monnaie pour faire face au décalage entre l'encaissement des recettes et les raglements des charges relatives 4 la bonne marche de Ventreprise. Cette encaisse est fonction du revenu dans les deux situations. Crest le seul motif de la demande de monnaie qu’on retrouve chez Walras. Le motif de précaution. C’est la détention de la monnaie soit pour bénéficier d’achats avantageux, soit pour se prémunir des aléas et des accidents de la vie. Il est également fonction du revenu. Le motif de spéculation. C’est le motif keynésien par excellence. Il résulte du désir des agents de conserver un « volant de liquidité », une encaisse supérieure & leurs besoins courants de transaction et de précaution, pour mieux tirer profit des fluctuations du marché, par la spéculation sur le cours des titres. C’est une opération d’arbitrage permanent que font les agents entre la monnaie et les titres. Elle se fait en fonction des anticipations qu’ils font de I’évolution future des taux d’intérét. Ces derniers fluctuant dans le sens inverse des. cours des titres. Dans I'analyse de Keynes il-s’agit d'actifs obligataires publics. Une hausse des taux correspond & une baisse des cours des titres et inversement. Le taux d’intérét représente ici la récompense de la renonciation & la liquidité. Ainsi si les agents anticipent une augmentation prochaine des taux d’intérét, qui se traduira parallélement par une diminution des cours des titres, ils préféreront vendre les actifs financiers en question et conserver les encaisses monétaires, en attendant que le marché leur offre de meilleures opportunités de gain. Il y a alors augmentation de la demande de monnaie. Tout a Vopposé, l'anticipation d’une future baisse des taux d’intérét indique que les cours des titres vont s’améliorer. II est alors préférable de les acheter et de se débarrasser des encaisses conservées précédemment. On assiste a la baisse de la demande de monnaie. La fonction de la demande de monnaie de Keynes s’exprime par la formule suivante : Md = 14 (Y) + 12 (i) ou L1_ représente les encaisses de transaction qui sont fonction du revenu et L 2 les encaisses de spéculation qui sont fonction du taux d’intérét. 15 Lorsque le taux d'intérét est 4 son niveau maximum, il y a une préférence absolue pour les titres. Si le taux atteint un niveau jugé trés bas, la demande de monnaie pour la spéculation devient infinie, la préférence pour la détention de la monnaie est a son niveau maximum. C’est le phénomeéne de la trappe de la liquidité. Dans ce contexte la monnaie injectée par les autorités monétaires en vue de relancer |’économie n’aura aucun impact, car elle se transformera en encaisses oisives conservées par les agents, en attendant que le taux d’intérét amorce un nouveau cycle de hausse. Seules en effet les encaisses actives, celles utilisées pour les transactions et les paiements peuvent agir sur les phénoménes économiques. Dans |’esprit de Keynes l’arbitrage entre les encaisses actives et les encaisses oisives se fait donc en fonction du taux d’intérét : lorsqu’il tend vers la baisse le choix des agents se fait en faveur des encaisses oisives, 4 opposé lorsqu’il penche du cdté de la hausse, les encaisses thésaurisées diminueront au profit des encaisses actives, celles qui boostent la dépense et le revenu. Keynes rejette les conclusions de la théorie quantitative car en situation de sous emploi, tout accroissement de la monnaie en circulation accroit le revenu et non pas les prix comme le veulent les quantitativistes. Ce n’est que lorsque le plein emploi est atteint que les injections monétaires auront une incidence sur les prix. Pour lui seuls les prix monétaires sont déterminés par l'offre de monnaie, les prix réels ne sont pas connus par les agents et particuligrement les salariés, dont les négociations avec les employeurs ne portent que sur les prix monétaires ou nominaux. La position des entrepreneurs est par conséquent plus confortable que celle des salariés parce que : les salariés sont sujets a illusion monétaire en ce sens qu’une hausse des prix a salaires nominaux donné ne conduit pas comme le veulent les classiques & une contraction de offre de travail. *les salaires réels dépendent en dernier ressort des entrepreneurs qui peuvent augmenter les prix des biens qu’ils fabriquent pour faire face a la rigidité des salaires nominaux vers la baisse. *V'économie est en état de sous emploi permanent. Ce qui favorise l’existence d’un chémage involontaire. Das lors, le relévement de la demande effective par~ Vintermédiaire des actions de la politique budgétaires, aboutissant a des 16 injections monétaires, devient ('élément moteur déterminant le niveau de Vemploi. Ainsi le modale keynésien est un modeéle intégrationniste oll la monnaie est un levier stratégique. Nous sommes loin des modéles classiques dichotomiques dans lesquels la monnaie est neutre. Dans « la théorie générale » la monnaie a une incidence certaine sur la production et les prix relatifs, c'est-d-dire sur la répartition. Tel est dans les grandes lignes l'apport de Keynes. Cependant cet apport ne résume pas l'ensemble de la théorie keynésienne contemporaine car la pensée du maitre a été enrichie par les courants appelés communément les post keynésiens comme Hicks et Hansen. IV)La synthase entre les classiques et Keynes. Les tiraillements entre les classiques et les keynésiens, surtout & propos des politiques économiques idoines ont poussé un certain nombre d’économistes & chercher a trouver des passerelles entre les deux courants pour aboutir a la conclusion qu’il existe en fait entre eux plus de complémentarité que de divergences. Parmi eux on trouve des auteurs qui ont marqué le Xxe siecle comme Modigliani et Samuelson. Mais la'synth&se entre les deux théaries est illustrée essentiellement par le modéle ISLM réalisé du vivant de Keynes en 1936,Ce modéle est considéré comme la version formalisée des idées de Keynes. Il a été proposé pour la premiére fois par J. Hicks en 1937, avant d’étre perfectionné et popularisé par A.H.Hansen. || est depuis connu sous appellation du modéle Hicks Hansen qui intagre les analyses classiques et keynésiennes dans une seule formulation. Comme le modéle de « léquilibre général » le modéle ISLM est un modéle qui analyse les conditions d’équilibre sur plusieurs marchés, le marché des biens et des services et le marché monétaire. Cependant un certains nombre d’hypothéses keynésiennes sont prises en compte par les deux auteurs, comme par exemple I’élasticité de la demande de monnaie et de l'investissement par rapport au taux d'intérét. wv Le modéle IS-LM 1)_L’équilibre réel: IS L’équilibre sur le marché des ions et services est déerit p par la relation = Yc! revent consommation investissement o Gparene (Y)-. Diong,¢ela suppose l’équilibre entre l'investissement a et ’Spargne (S) d’oit nomrdg la. courbe JS, Ici Pépargne est définie comme la partie dur reveriw qui in’est pas consommé elle est donc caractérisée comme une grarideir résidaelle qui est directement et uniquement fonction du revenu courant -+> ¢’ést'une fonction croissante du revenu, «+, Partant de l’équation qui realise Péquilibré!" (i) = 8 (Y) 12> elle indique clairement.qu’'il.etiste une relation entre i dont dépend Linvestissement et Y qui détenmine |’ épargne al’ équilibré ei "autres termes il existeamp:revenu.d’ équilibre -Y- pour, chaque’ valeur du tatix @initérét-i- a6 -L’investissement est autonome par rapport au revenu ¥ -L’épargne est indépendante du taux,d’ intéré Saehh piney «la condition d’équilibre signifie qu’a chaque taux d’intérét doit correspondre un niveat de revenu pour: lequel:l'épargne et l'investissement sont égaux, ce qui supposé des xiécanismes.diajustement qui mettent oe les fonctions" @investissement et opeoene 1 i ee sid $11 27-459 l'investissement quicest fonction, deg provoquer une “nerdu‘produit intérjeur. Y_ wet jnversemet >} Texiste uncirélation inverseentre i et ¥= La courbe'de 1S est déctoiss: Lu Géurbe'lS va:dewe.présenter toys les points, égalité vente P épargne S et~ Pinvestissement: --Graphique : ,la eourbe 1S Pour un taux d’intérét de A% , le niveau de revenu qui vérifie Véquilibeg IFS est de Biers te spe ats cueas, . Dons:l/une des Variables inconniles nécessairé’ pour définir le: marché des biens et services : le fan @ ‘intérét i, est ‘déterminé en deliors dé ce tiarché , Le i-estame variable. monétaire peo) sur le marché monétaire:' Quand au déplacement de la courbe IS, il peut provenir —_—— »Diune modification des ~~ d’uhe modificdtion'dés "de ['abtion-de [Etat Comportements des Comportemerit3 des) * atravers la politique Entrepreneurs en matiére’ —_ méhiages en'inatiérei\- ¥ économique: i; - D’investissement d’épargne. 45 1) L’équilibre monétaire : LM L’équilibre sur le marché monétaire s’effectue par la confrontation de la demande de monnaie et de l’offre de monnaie .Lorsque nous avons présenté la demande de monnaie , nous avons vu que cette demande prend deux formes : D. de monnaie transadtionnelle __‘D. dé monnaie spéculative Fonction de Y fonction de i i Le taux d’intérét est déterminé done par la demande spéculative d’une part, il varie donc en fonction de la demande des encaises des agents économiques, d’ autre part le deuxiéme facteur qui est susceptible de faire, varier le taux d’intérét est I offre de monnaie. Comme nous l’avons déja yu au/auparavant’ofifé ‘de monnaie est supposée exogéne.==> | ‘équilibre monétaire suppose |’ équilibre entre la demande de monnaie L( L1 et L2) et l’offre de monnaie M, d’oi le nom de la courbe qui le représente : LM. M =. Liy) + L2 (i; i l Offre de. demande de monnaie Monnaie: Vexistence.d’une relation entre Y et 1 a]’équilibre. Ainsi a chaque niveau d’offre. de monnaie,fixé de maniére exogéne (par les autorités monétaires), correspond une demande de monnaie L (L1+L2) =la courbe LM qui en résulte constitue le lieu de tous les revenus et taux d’intérét pour _ lesquels.I’offre de monnaie,= la demande de monnaie, pour un niveau général des ‘prix donné,, ==> La,courbe, LM représente donc I’ensemble des combinaisons des taux d’intérét «i» et.de revenu « Y » qui assurent l’équilibre du marché manétaire L=M ; Graphiquement on a la courbe suivante : La courbe LM La courbe LM Trappe de liquidité - La pente de LM est positive en phase'normale Dansicette-partie-Y augment simultanément avec i car si i 4=">L2(i) @et done L1—Tear M est donne et eM L2) ==Dune ~* du revenu global Y. - Lacourbe LM est horizontale siit'sa gauche, cette:rigidité s’explique par la trappe de liquidité ----> Il y a un seuil au dessous duquel une baisse du taux d’intérét n’aura pas d’effet sur le revenu, le taux @’intérét est a sor minimum: Ainsi'dans' vette partie dela courbe toute , mission supplémentaire de la monnaie serait affectée 4 des encaisses gisives .La demande de alsin est ppatfaitementiélastique au taux dinterét fer i + Lapartie vertidale de la courbe s’explique par Je placement entier de Vargent (il n’y a pds de théstiirisation) phase‘lassique: Yne varie pas quelque soit le niveau du taux d’intérét, le tauxid? intérét est a son maximum =" toute offre de monnaie supplémentaire serait consacrée 4 |’achat d’actifs financiers. Dans cette phase la demande de monnaie est parfaitement inélastique au taux d’intérét. 2) L’équilibre globale IS-LM Jusqu’A présent on a vu que aussi bien sur le marché des biens et services que sur celui de la monnaie , il existe une infinités de points d’équilibre , en autres termes une infinité de couples ( Y, i) assurant |’équilibre sur chatun des marché --> |'équilibre sur chaque marché dépend de I’équilibre de l’autre marché. Mais une seule combinaison de Y et de i permettra de réaliser tf _ ~P équiilibie générale de économie ; elle correspond aintersection des dewx © courbés!"IS ef LM.Cela revient a dire que 1’équilibre, de l’économie dans son ensemble est‘atteint lorsque I’équilibre sur le marché des biens et services coincide avec I’équilibre monétaire. Graphique : L’équilibre globale LE Point E &st le point qui réalise I’équilibre globale,=="> la combinaison (Y*, i*) est celle qui,téalise c¢t équilibre. Notons que toutefbis le niveau d’investissement découlant dé ce taux n’assure pas forcément le plein emploi en d’autres termes le couple (y, i) pourrait correspondre a un équilibre de sous emploi Mais ce qui est important ici c’es} que l’investissement est indifectément dépendant du niveau de production ==> de l’activité = une forte” de la demande de monnaie pour motif de transaction Dg de la demande de monnaie pour motif de spéculation => une ~ du taux d’intérét et partant une —~* de la demande @investissement ; vu que la masse monétaire et les prix ne bougent pas, c’est le taux d°intérét qui permet l’ajustement de l’investissement et du niveau de l’activité déplacement de IS . déplacement de LM a) Déplacement de IS : Il est du A la politique budgétaire : une politique buidgétaire expansionniste déplace la courbe IS vers la droite. En effet en injectant des revenus supplémentaires dans l’économie-+> cela va exercer un effet multiplicateur sur la production =="Dle revenu.global va augmenter 4+) une hausse des encaisses de transactiory, Si la masse monétaire reste 3) Le déplacement de Péquilibre Le déplacement de l’équilibre global peut étre du soit Ze , inchangée, les encaisses dé transaction ne peuveni—™ qiie si les encaisses de spéculation diminuent , ce Qiii SUpposé'uné augmentation'des taux d’iritérét => La courbe IS se déplace vers la droite = le nouveau point d*équilibre correspondra a: Re os : = Une hausse du taux dintérét - Une hausse du revenu ue Done une politique budgétaire de relance (non accompagnée d’ une politique monétaire accommodante) => -Une augmentation du taux d’intérét -Une diminution de l'investissement privé > résulte un effet d’éviction (1) | Ce raisonnement n’est vérifié que quand IS coupe LM dans sazone ftormale = quand la pente de la courbe LM est positive. Les conditions ne sont pas les mémes quand IS coupe LM dans sa partie verticale ou horizontale, ~> Quand IS coupe LM dans sa partie horizontale le déplacement de IS vers la droite n’a aucun effet sur le taux d’intérét (puisqu’on est dans la partie ott le taux dintérét est a son minimum = trappe de liquidité ), par-contre cela provoquera une augmentation sensible du revenu global. “>. Quand IS-coupe LM dans sa partie verticale le déplacement de IS vers la droite se traduit uniquement par une hausse des taux d’intérét, Y reste inchangé => la“ des taux d’intérét va inciter les agents surtout 4 placer leurargent. - Graphique du.déplacement de IS eo dhe ' ie CED : eee ee cee eee " Pete Saya Y¥®, a Dans'te-cas d'une politique restrigtive ==> déplacement de IS Vers la gaudhe c'est le raisonnement inverse qui s’effectue ini (D effet eviction = Ie progrés de ’investissement public évince l'investissement privé. 2) b)Déplacementde LM: ‘ i ILest du a la politique monétaire. Une politique monétairé expansionniste se traduit par une augthentation de l’offre de monnaie , déplace la courbe LM vers la droite. En effet une offre de monnaie supplémentaire fait baisser'lé taux d’intérét => stimule Pinvestissement privé = ce qui aura un effet multiplicateur sur le revenu le. > on atteint un-revenu plus élevé et un taux d’intérét plus faibl Graphique du déplacement de LM ae at EMO EM _ Dans la pantie de trappe de liquidité touf® "de la monnaie est absorbée dans la trappe de liquidité = pas de variation ni du tqux d’intér6t ni du revenu Y. ~ Dans la partie normale (pente >0) toute ‘de la masse monétaire = > un taux @intérét plus bas et un niveau de revenii plus élevé, ce qui tend & accroitre Vemploi. = ~~ de la monnai des encaisses des agents transaction = “de la consommation et done de Pinvestissement qui sera stimulé des titres done > des taux en outre par la \ades taux d’intérét et par voie dV intérét de i2 A i2 de conséquence une “du niveau de production (et done du revenu). 2. i -, Litivestissement doit étre trés élastique ay tary, di - Dans la partie classique (verticale) on assiste aussi 4 un nouveau équilibre avec un taux d?intérét plus bas et un niveau de revenu plus glevé. Mais l’efficacité de la politique monétaire est tributaire de deux ‘conditions ': L’A de Vofire de momndie doit provoquer une\gdu taux Aintérét, ‘intgrét, r Thee oh Sh inal chaces' Sain elipatetnnenita eassionln- etnies Pimtérat g ‘peut j influencer Pinvestissement et partant est donc en mesure d’ engendrer des modifications de comportéments réels '- °, igi? Une 7" do Mite de motzate “Ghione “dei Pde =f y=> A emploi Le modéle est donc utilisé pour représenter les effets de la politique économique qui vise a rapprocher !’équilibre de sous emploi de celui de plein emploi. On peut aussi envisager une combinaison des deux politiques (policy mix). Dans ce cas la une politique budgétaire déplagant IS vers la droite peut étre accompagnée une politique monétaire déplacant LM vers la droite-Li effet « pervers » de la politique budgétaire sur je taux d’intérét et sur I’invéstissement sera totalement neutralisé par la politiqué monétaire ---> on dit dans ce cas IA que:la politique monétaire est « accommodante ». Pour Keynes il existe done un équilibre'de sous emploi qui peut étre atténué grace a des politiques de relance par la demande =="} le chémage n'est pas expliqué par le seul marché du travail L’idée qu'une augmentation de la masse monétaire agit sur le niveau d’emploi est purement Keynésienne. Keynes attribue done un réle particuliet'd la politique monétaire;sur Je court.terme qui constitue pour Lui un outil de régulatioti conjoncturélle lors des phases passagéres de raléntissement ou de surchauffe ponetuels de l'économie

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