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Royaume du Maroc

Université Mohammed V de Rabat


Faculté des Sciences de l’Education
Matière : Lire, analyser, échanger

Master : Gouvernance, Gestion des Ressources Humaines et Ingénierie des


Compétences

« La mémoire de l'Autre: portrait d'Abraham Serfaty »

Sous la direction de :

Réalisé par : - Mme Moufida EL BEJAOUI


- Ayoub BOURHCHOUCH

Année Universitaire : 2016/2017


Plan :

Introduction :

I. Bibliographie des auteurs :


1. L’écriture autobiographique
2. Biographie d’Abraham Serfaty 
3. Biographie de Christine Daure
II. Analyse du roman La Mémoire de l’autre :
1. Fiche de lecture
2. Résumé de l’œuvre
3. Résumé des chapitres
4. Les personnes citées dans l’œuvre
5. Présentation de quelques extraits
6. Les thèmes principaux de l’œuvre

Conclusion
Bibliographie
Webographie

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Introduction :

La «littérature carcérale», récits de celles et ceux qui témoignent sur leurs années de
prison, n’est pas fille de ce siècle. Du fond de leurs cellules, là où la liberté, l’amour et la
joie de vivre ne sont plus que rêves et nostalgie, les prisonniers politiques écrivaient et
créaient : peinture, poésie, dessins, récits, romans. Un acte de résistance contre
l’avilissement de l’homme, un témoignage de la volonté de survie.

Ce genre littéraire est d'abord apparu au Maroc en arabe surtout, vers la fin des années
quatre vingts avec " Kana wa akhawatouha " de Abdelkader Chaoui. Pendant les
années 90, d'autres écrivains entrent sur scène avec leurs récits de prisons. Il s'agit en
effet des bagnards de Tazmamart, en particulier et de Kallaat Magouna, pour rendre
publiques les atrocités qu'ils avaient dû subir durant des années de détention. On cite,
Ahmed Al Marzouki avec " la cellule 10". Abdel Aziz Bin Bin avec "Tazmamort",
Mohamed Rais, Salah Hachad avec "Kabazal" et Abdelaziz Mourid  "On affame bien les
rats" » fait de caricatures comme d'ailleurs, Mohamed Nebrani, un ex détenu de Kalaat
Magouna, qui a publié un livre de caricature intitulé "Les sarcophages du Complexe"

Abraham Serfaty l’un des légendes des années de plomb et victime de ces années
noires nous raconte avec sa femme Christine Daure dans son autobiographie leurs
combats communs pour les droits de l’homme

Abraham se veut « arabe juif », juif du monde arabe, unissant tous les points cardinaux,
homme du Sud et du Nord, occidental et oriental. De culture protestante, formée aux
idéaux de la Résistance, Christine retrouve dans l’aventure marocaine une exigence
éthique que la France lui semble avoir parfois désertée. Tous deux sont en dissidence,
dehors et dedans. Et tous deux seront transformés par la lutte collective et la singulière
aventure humaine qu’ils ont choisie.

Dans ce travail nous allons traiter dans une première partie un aperçu sur l’écriture
autobiographique et la biographie des auteurs, ensuite nous essayerons d’analyser
l’œuvre sur plusieurs axes et en dernière lieu nous allons présenter quelques
ouvrages dans le même champ de l’œuvre.

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I- Bibliographie des auteurs :
1. L’écriture autobiographique

Le terme « autobiographie » provient des trois mots grecs suivants : « autos » (soi-
même) ; « bios » (la vie) et « grafein » (écrire). Une autobiographie est donc un récit
dans lequel une personne raconte sa propre vie.

Toute autobiographie prend pour « héro » l'auteur lui-même de l'œuvre, et lui seul. Tous
les événements n'existent que par rapport à lui. Tout est rapporté selon son propre
point de vue. Une autobiographie est toujours un récit rétrospectif, c'est-à-dire le récit
d'événements passés de la propre vie de l'auteur. Il arrive que l'auteur se réfugie
derrière un pseudonyme (prénom ou nom imaginaire) : le récit reste autobiographique si
les événements sont ceux qu'a vécus l'auteur.

Une autobiographie passe nécessairement par le récit de l'enfance de l'auteur, de


manière plus ou moins brève, car l'enfance constitue un moment essentiel de la vie,
celui où se forge la personnalité du futur adulte. Par la suite, l'auteur choisit d'insister
sur certains épisodes ou d'en passer au contraire d'autres sous silence. Ces choix sont
significatifs de la personnalité de l'auteur et de son projet autobiographique.

Lorsqu'il publie son autobiographie, l'auteur passe une sorte de pacte avec son lecteur,
appelé « pacte autobiographique » : il s'engage à dire le vrai, à être sincère. Il se pose
à la fois comme auteur, narrateur, personnage principal du récit, respectant la règle de
la vérité. Le lecteur, de son côté, devient témoin, juge, confident, voire complice de
l'auteur dont il lit la vie.

Toutefois, il est évident que ce souci avoué de sincérité comporte des limites : le
souvenir est toujours sélectif et subjectif ; il y a toujours interprétation et mélange entre
souvenir et imaginaire. Consciemment ou non, l'auteur omet certains détails, en enjolive
d'autres, les invente même, parfois... Certes, l'auteur rend compte de sa vie, mais il la
reconstruit en même temps. On peut donc toujours s'interroger sur la sincérité de
l'auteur, car une autobiographie n'est pas seulement un inventaire neutre, objectif, des
événements de la vie de l'auteur.

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2. Bibliographie d’Abraham Serfaty 

Abraham Serfaty né le 16 janvier 1926 à Casablanca , est un indépendantiste et militant


politique marocain. Opposant au régime du roi Hassan II, il passe plus de 17 ans en
prison et témoigne de ce qu'il y a vécu. Il a été parfois surnommé « le Mandela
marocain ».

Issu d'une famille juive tangéroise, militant communiste marocain dès 1944 et lors de


son séjour en métropole dans les rangs du Parti communiste français (PCF)
de 1945 à 1949, il s'engage ardemment pour l'indépendance de son pays, ce qui lui
vaut d'être emprisonné en 1950, et placé en résidence surveillée en 1956.

Ingénieur des mines de formation, il participe ensuite à la mise en place des institutions
de l'État marocain, à des postes plus techniques que politiques, dont celle de
l'enseignement à l'École Mohammadia d'Ingénieurs. En 1970, il rompt avec un Parti
communiste marocain (actuel PPS Parti du progrès et du socialisme) qu'il considère
comme trop sclérosé et contribue à la fondation de l'organisation d'extrême gauche Ila
Al Amame (En avant, actuellement La Voie démocratique, An-nahj Ad-dimoukrati).
Arrêté et torturé par le régime de Hassan II en 1972, il entre ensuite dans la
clandestinité. Arrêté de nouveau en 1974, il restera emprisonné dix-sept ans, jusqu'en
septembre 1991. Il est alors privé de sa nationalité marocaine à cause de sa position à
l'égard de la « marocanité » du Sahara occidental et son soutien à l'autodétermination
du peuple sahraoui lui vaut d'être expulsé du territoire marocain. En septembre 1999, il
est autorisé par le nouveau roi Mohammed VI à rentrer au pays, et sa nationalité
marocaine est reconnue officiellement et sans contestation possible.

Abraham Serfaty, comme d'autres juifs séfarades, par exemple Ilan Halévy ou Henri


Curiel, se veut antisioniste. Dans Écrits de prison sur la Palestine, il écrit « Le sionisme
est avant tout une idéologie raciste. Elle est l'envers juif de l'hitlérisme [...] Elle proclame
l'État d'Israël "État juif avant tout", tout comme Hitler proclamait une Allemagne
aryenne. »

Il meurt le 18 novembre 2010, à l'âge de 84 ans dans une clinique de Marrakech.

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3. Bibliographie de Christine Daure :

Écrivaine et militante des droits de l’homme Née le 12 novembre 1926, à Montpellier


en particulier au Maroc où Christine Daure-Serfaty a embrassé la cause des victimes de
la dictature d’Hassan II et, à distance, a joué un rôle déterminant dans l’évolution du
régime. Elle est aussi l’épouse d’Abraham Serfaty le célèbre militant de gauche
marocain qu’elle a contribué à sauver du bagne.

Christine Daure est arrivée au Maroc en 1962 comme enseignante d’histoire-


géographie au titre de la coopération. En 1972, à Casablanca, elle a caché deux
militants maoïstes recherchés par la police marocaine. En 1974, l’un d’eux, Abraham
Serfaty, est condamné à la prison à vie. L’autre, Abdellatif Zeroual, meurt sous la
torture. Durant des années, elle s’est battue pour sauver Abraham Serfaty du même
sort. Elle finira par obtenir de l’épouser en prison en 1986, grâce à l'intervention de
Danielle Mitterrand. De 1986 à 1991, elle séjourne à Rabat est sa vie est rythmée par
les visites au parloir de la prison de Kenitra. 

C’est elle, en 1989, qui transmet à l’écrivain Gilles Perrault toutes les informations sur
les « disparus » et sur le bagne de Tazmamart dont on ignorait alors jusqu’à l’existence.
C’est ainsi qu’en 1990, paraît Notre ami le roi, le livre-choc qui transforma radicalement
l’image du régime d’Hassan II en Occident et contribua à son évolution dans les années
qui suivent. De nombreux prisonniers sont, les uns après les autres, sauvés d’une mort
certaine. Parmi eux, Abraham Serfaty qui est libéré en 1991, mais banni du Maroc en
même temps que son épouse.

Ce n’est qu’après la mort de despote que le couple est autorisé à rentrer au Maroc. En
septembre1999, un accueil triomphal leur est fait. Les deux époux habitent
Mohammedia dans une villa mise à leur disposition.

Décédée en 2014 à l’hôpital Tenon, à Paris, en France, à l’âge de 88 ans

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II. Analyse de l’œuvre
1. Fiche de lecture

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2. Résumé de l’œuvre :

Dans ce livre à deux voix, Abraham Serfaty et Christine Daure, nous racontent deux
histoires, l’un était en prison et l’autre dehors.

Dans cette autobiographie, Abraham est un Marocain juif né en 1926 d’une famille de
bourgeoisie moyenne de Tanger, il habite à Casablanca et travaille à l’office
chérifienne de phosphate comme directeur technique, Christine Daure est une
enseignante française de culture protestante, mariée et mère de trois enfants venu au
Maroc à titre de la coopération pour travailler dans un lycée à la ville de Tanger.

Lors d’une grève des ouvriers mineurs de l’OCP à la ville de khouribga, Serfaty s’est
solidarisé avec les ouvriers mineur en publiant une lettre sur ce qui s’est passé et il a
été licencié par la direction, il va travailler après à l’Ecole Mohammedia des ingénieurs
jusqu’à 1972.

Abraham quitte le parti communiste marocain et il a fondé avec ses camarades le


mouvement Ila Al Amam en 1970, Janvier 1972 il a été arrêté pour la 1ére fois mais
relâcher après les manifestations des étudiants.

Christine rencontre Abraham Serfaty et accepte de le cacher chez elle alors qu’il entre
dans la clandestinité, au début des années soixante-six. Lors de sa clandestinité il a
été condamné à l’emprisonnement à vie par contumace.

Deux ans et demi plus tard, il est arrêté torturé, condamné à perpétuité. Elle est arrêtée
aussi ; interrogée, expulsée. Séparés pendant douze ans, ils vont alors mener un
combat commun pour la liberté, elle en France, lui en prison.

Puis en 1986, Christine obtient le droit de lui rendre visite au parloir de la prison
centrale de Kenitra, à condition de l’épouser.

Abraham a été Libéré en 1991 par le roi Hassan II après 17 ans de prison, mais banni
en France Abraham, réfugié politique, se retrouve exilé en France pendant huit ans.

Fin 1999, le nouveaux roi Mohammed VI donne son accord pour qu’il soit enfin
possible de rentrer chez lui au Maroc, avec Christine.

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3. Résumé des chapitres :

Chapitre I : Déchirures

Abraham : Nuit de juin Christine : Magie de Tanger


Dans ce chapitre Abraham raconte ces Christine Daure parle de ces souvenirs à
souvenirs durant les nuits de juin 1967 et la ville de Tanger autant que enseignante
il pose des questions devant lui, il a parlé coopérante au lycée Ibn-el-Khatib
de la dégradation de son travail après la Elle a parlé de la guerre des six jours, à
nomination d’un nouveau directeur Tanger et la déroute des pays arabe
général à l’OCP. contre Israël.
Il a abordé la question des marocains Elle décrit la ville de Tanger en deux
juifs, et il dit que le sionisme et le contraire façades, elle a été adoré par sa beauté,
du judaïsme. ses deux mers, mais de l'autre côté une
ville qui souffre de la misère, les
bidonvilles, les élèves venait de très loin
au lycée, ils avaient la soif de savoir.
Apres elle a su qu’elle quittait Tanger
pour travailler à Casablanca.

Chapitre II : Enfances

Abraham : Vivre la République Christine : La vraie vie


Abraham raconte ses souvenirs d’enfance Christine une femme protestante revient
à la ville de Casablanca, avec sa sœur à ces souvenirs d’enfances.
Evelyne et ses parents, son père un Elle a vécu des moments très difficiles
homme actif et dynamique lui apprend à avec sa famille, son père est résistant
monter à bicyclette à l’âge de huit ans, il était souvent absent, il était clandestin
se rappelle de la mort de son petit frère Ella se rappelle lorsqu’il a caché un soldat
Yahia. allemand dans un tonneau vide.
Il adhérait aux Jeunesses communistes Tous ses souvenirs rassemblent à des
marocaines (PCM), en 1944 il faisait des barrages rompus.
cours d’analphabétisme à Derb Ghalef En 1970 au Goethe Institut de
dans un petit local pour les personnes de Casablanca, il apprend l’allemand.
tous âges. En 1972 il a été arrêté avec
Abdellatif et libérés sous la pression des
manifestations.

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Chapitre III : Engagements

Abraham : Ila Al Amam Christine : Le lycée rouge


Juin 1967 avait été le mois d’une Christine est venu à Casablanca pour
renaissance au monde pour bien des enseigner au lycée Mohamed V, ils
intellectuels arabes, et cela était vrai aussi habitaient au quartier de l’Oasis avec
au Maroc. La revue Souffles ( Anfass) en son marie Henri et ses enfants
était l’illustration la plus éclatante fondé Quand Abraham Serfaty était en fuite à
par Abdelltif Laabi Rabat en 1972 et qu’ils cherchaient un
Deux plus tard, c’était la constitution de endroit pour le cacher, les SNES se sont
l’organisation Ila Al Amam. souvenus de Casablanca, de la petit
Après la grève des 7000 mineurs de blonde. C’est comme ça que c’est arrivé
khouribga il quitte son poste à l’office Elle a rencontré Tahar Ben Jelloun, il a dit
chérifien de phosphates et travaille à que Abraham est quelqu’un de très bien, il
l’école d’ingénieurs de Mohammedia. l’estime beaucoup.
Le 25 février 1972, Abraham et Abdellatif,
ainsi que tous les militants étudiants
arrétés avec eux , mais il étaient libérés
sous la pression des manifestations.

Chapitre IV : Clandestins

Abraham : La grâce Christine : La dette


Deux ans et huit mois de clandestinité, La police a arrêté laabi, serfaty n’était pas
dans les premiers temps, il a logé à Rabat chez lui, il est en fuite.
par des amis français pour de courtes Christine accepte de cacher Serfaty chez
périodes, il a fit connaissance de elle. Il a pris la chambre de Christophe le
Christine, elle manifesta la volonté de les fils de Christine qui a parti en France.
aider activement. A cette époque entre 1972 et 1974, les
En septembre 1972 il allait s’installer marxistes marocains étaient organisés en
dans un petit studio à boulevard Gandhi trois groupes, les frontistes, Ila Al Amam,
près de chez Christine louer en nom d’un le 23 Mars, et le groupe « servir le
camarade français d’Abraham. peuple »
Fin aout il s’installait pour un mois chez La mort du père d’Abraham qu’il n’avait
paul Mortureux. pas revu
Sa sœur Evelyne est arrêtée à Rabat et La sœur d’Abraham a été arrêtée par la
sauvagement torturée plusieurs jours de police et torturée pendant des jours, puis
suite, elle mourut subitement d’une relâchée, elle est décédée deux ans plus
hépatite virale foudroyante. tard.
La répression fut terrible dans tout le Abraham a été arrêté cinq semaines
pays, Ila Al Amam n’échappa pas à cette après cette mort.
répression. L’organisation 23 Mars qui en
subit le plus durement des coups.

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Chapitre V : Ténèbres

Abraham : L’honneur de ma vie Christine : Un nom sur une enveloppe


Quatre ans et deux mois de ténèbres, il La direction de 23 «  Mars » a été arrêtée,
parle de ces nuit à Derb Moulay Cherif, le Le jeudi 14 novembre vers 21 heures la
bonheur de revoir sa mère et son fils police venu pour arrêter Christine, elle a
Maurice qui voulait se suicider dans été apporté à Derb Moulay Chérif, ou elle
l’angoisse des grèves de faim d’Abraham. a vu un enveloppe, sur l’enveloppe écrit
Christine revue une seule, juste avant le nom Abdelatif Zeroual.
qu’elle soit contrainte de quitter le Maroc Il était mort le 14 novembre 1974
Son père et Evelyne morts lorsqu’il était Elle a été ramenée à la maison à la nuit.
clandestin, sa mère qui finissait sa vie. Elle a resté sous la censure de la police
pendant trois mois.

Chapitre VI : Prisons

Abraham : L’espace courbe Christine : L’irréel du passé


Le 7 mars 1977, Abraham est transféré à En Automne 1976 Christine était en
la prison centrale de Casablanca. France, elle se sent étrangère et ne
En novembre 1977 il commence un grève comprend rien au langage du jour.
de faim pour obtenir la fin de l’isolement Il a parlé du procès de Casablanca, de
et le droit de rejoindre ses camarades à janvier et février 1977.
la prison centrale de Kenitra. Son marie Henri est mort pendant ces
Il a été conduit en fourgonnette à la prison années d’expulsion
voisine d’Ain Borja. Dans le même temps Christine reçoit les
Le vendredi 5 janvier 1979, il a été premières lettres clandestines de
transféré à la prison centrale de kenitra Tazmamart par les visiteurs qui venaient
L’aggravation de ses problèmes de mains du Maroc.
depuis le printemps s’avait valu fin juin,
grâce à l’intervention d’Alexandre
Minkowski de bénéficier d’une lampe à
infra-rouge placée au-dessus de son lit
pour lui préserver du froid et de l’humidité.
Sa mère est morte le 21 avril 1982, puis il
y eut la mort de son petit frère

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Chapitre VII : Libertés

Abraham : Mille heures de bonheur Christine : Dedans et dehors


Dans ce chapitre Abraham parle des Janvier 1986 Christine reçoit une lettre
visites de Christine et leur rencontre au d’Abraham, son drome de Raynaud
parloir de la prison. s’aggrave. Elle rentre au Maroc et visite
L’asservissement lors de la célébration Abraham qu’elle n’ait pas revu depuis
du vingt-cinquième anniversaire de douze ans.
l’accession au trône d’Hassan II Elle a été obligé de se marié avec
Le 7 mai 1989 trente et un prisonniers Abraham pour avoir la possibilité de lui
étaient libérés. rendre visite dans la prison de Kenitra.
Notre ami le roi le livre de Gilles Perrault, Elle a noué dès 1986, des rapports avec
au dela de son succès en France, il eut l’ambassade américaine sur Tazmamart
dans tout le pays, aindi que dans l’armée Maurice n’est plus en prison mais n’avait
qui fut indignée par les révélations sur le toujours pas de passeport, pourtant sa
bagne de Tazmamart. mère, remariée à un français, vivait en
Vendred 13 septembre 1991 Christine est France.
autorisée à renter au Maroc. Le livre Notre ami le roi parut en
septembre 1990, il se plaça en tété des
meilleurs vente

Chapitre VIII: Retour

Abraham : Libre, enfin, au Maroc Christine : Comme une promesse


Durant les premiers mois de son exil Le 30 septembre 1999 Abraham et
Abraham avait deux combats : d’abord Christine sont rentrés, par la volonté du
faire libérer mes trois camarades encore à nouveau roi Mohammed VI.
la prison centrale de Kenitra, ensuite faire En 2000 le frère de Christine est mort en
connaitre davantage le manque de liberté France.
au Maroc Elle a demandé la nationalité marocaine
Durant les années d’exil il a appris à mais elle ne l’a pas eu.
mieux connaitre les peuples d’Europe. Elle parle de la monarchie et la liberté
Christine lui annonce que le roi était d’expression ainsi que la corruption au
disposé à faire cesser son exil, quelques Maroc.
semaines plus tard André Azoulay lui
confire qu’il pouvait rentrer sans condition
ni négociation.
Il a parlé de beaucoup de sujets tels que
la question du Sahara occidental, et le
problème de l’enseignement.

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4. Les personnes citées dans l’œuvre
 Abdellatif Laâbi: fondateur de la revue les soufflés et ami de Serfaty
 Evelyne : la sœur d’Abraham Serfaty
 Maurice : le fils d’Abraham Serfaty
 Sophie : la compagne de Maurice, le fils de Serfaty
 Lise, Lucile, Christophe : sont les enfants de Christine Daure
 Henri :le marie de Christine
 Abdelatif Zeroual : membre de la direction de 23 Mars
 Rachid : pseudonyme d’Abraham Serfaty
 Nicole,Agnés,René : Amies de Christine
 Abderrahim Berrada : : est l’avocat de Abraham Serfaty
 Ali YATA : secrétaire général du Parti communiste
 Monique : ami très proche de Christine
 Omar Benjelloun : il est assassiné le 18 décembre 1975 à Casablanca par la
Chabiba Islamiya
 Fatima Oufkir : amie de Christine et épouse du général Mohamed Oufkir
 Malika Oufkir :  est fille biologique du général Mohamed Oufkir, adoptée par le
roi Mohammed V, emprisonnée par Hassan II de 1972 jusqu'aux années 1990
 Gilles Perrault : écrivain scénariste français c’est lui qui a écrit le livre de Notre
ami le roi en collaboration avec Christine Daure.
 Khali Henna ould Rachid : homme politique marocain, président en exercice du
conseil royal consultatif des affaires sahariennes nommé par le roi Med VI
 Abbés Bouderka : ami d’Abraham et de Christine il a intervenu auprès du roi
Med VI au sujet du retour de Serfaty.
 Ahmed reda Guedira : bras droit politique du roi Hassan II
 Danielle Mitterrand : l’épouse de François Mitterrand, président e la république
francaise de 1981 à 1995.
 Driss Basri : , est un homme politique marocain originaire de Taounate. Il était
ancien ministre de l'Intérieur1 sous le règne du roi Hassan II
 Alexandre Minkawski :pédiatre francais grace à son intervention serfaty à
bénéficier d’une lampe à infra-rouges placée au dessus de son lit pour lui
préserver du froit et d’humidité
 Abdelmajid Bouzoubaa : professeur qui signé une ordonnance d’hospitalisation
afin de soumettre serfaty à un bilan complet.

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5. Présentation de quelques extraits :

Extrait 1 :l’Incipit de l’œuvre.P15 (Abraham Serfaty)


Vingt-trois années de combat, vingt-trois années de ma vie s’effondraient. J’avais
encore gardé quelques illusions sur mes compagnons de lutte de ces années, mais
voici que, la veille de mon départ pour Paris, je recevais le coup de grâce. Un ami
m’apprenait que mon article était paru sans ma signature... Au cœur de ce mois de juin
1967, la signature d’un Juif n’était pas de bon ton dans un journal national marocain.
Dans ce journal-là comme dans les autres, bien qu’il se réclamât du marxisme et de
l’émancipation universelle. Les dés semblaient jetés. Sionisme et nationalisme arabe
semblaient s’être ligués pour séparer à jamais les deux communautés, musulmane et
juive. Quelques jours auparavant, mon vieil ami Mohamed m’avait reçu avec gêne chez
lui, lui que je prenais jusqu’alors pour mon frère !

En ce pays dont mon père m’avait enseigné, enfant, l’amitié millénaire entre musulmans
et juifs, en ce pays où j’avais grandi avec pour compagnons de jeu les gamins
marocains sortis des baraques de mon quartier sans que jamais nous nous interrogions
sur nos religions respectives, tandis qu’en face, de l’autre côté de la rue, les enfants
européens nous ignoraient, en ce pays, mon pays, comment nos deux communautés
en étaient-elles venues à s’affronter ainsi ?
Extrait 2 : la torture (Abraham Serfaty) p87
Toujours est-il qu’au petit matin du jeudi 27 janvier 1972,la police vint nous chercher à
nos domiciles respectifs, Abdellatif et moi, pour nous emmener au commissariat
centrale de rabat ou nus fumes, chacun de son coté, immédiatement soumis à la
torture. C’était la première fois. J’avais subi des tabassages et reçu des coups très
violents lors d’arrestations par la police coloniale, mais la torture est une autre épreuve.
Ce n’est même pas par la peur de la mort : en décembre 1952, j’avais subi des coups
qui pouvaient me fracasser le crane et je n’avais pas bronché. La torture est un
avilissement que tout notre être refuse, avec un raffinement dans la douleur qui affole
bien plus encore que le spectre nu de la mort. Si l’on n’est pas préparé à sacrifier sa
vie pour son idéal, on cède dès les premiers moments. Mais il y a pire : la torture rend
fou, et c’est dans ce gouffre de déraison que l’on risque de ne plus avoir le contrôle de
soi-même et dès lors, de se perdre en parlant.

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Extrait 3 :Tazmamart Christine Daure.p264,265

Ce fut un choc à vrai dire, et pour certains un moment difficile : beaucoup de


journalistes, d’intellectuels, de politiques vivaient littéralement de la monarchie
marocaine et en vivent encore : rente permanente, mensuelle et généreuse pour les
membres étrangers de l’Académie royale, cadeaux somptueux, commissions et pots-
de-vin du monde des affaires pour obtenir des marchés […] Bref, les chiffres de vente
de Notre ami le roi dépassaient toutes les prévisions. Gilles Perrault était demandé par
toutes les télévisions, toutes les radios, les organisations de gauche […] cela m’as
surtout donné un tribune pour parler de Tazmamart.

Au moins d’octobre 1990, donc peu après la parution du livre on me montra au Maroc
deux lettres nouvelles clandestines qui venaient de Tazmamart : elle donnaient le
compte exact des morts et des vivants, rappelaient la durée des peines prononcées par
les tribunaux et jamais respectées, dépassées depuis dix, douze, quinze ans appelaient
au secours, et disaient qu’ « ils avaient avec eux trois civils de nationalité française»

[…] le député de l’OADP, Mohamd Bensaid posa une question orale au Parlement,
dont le texte fut repris en janvier 1991 dans Anoual, le journal du partie.

C’était la première fois que le mot « Tazmamart » était prononcé et écrit publiquement
au Maroc, dix-sept ans et six mois après la disparition des cinquante-huit prisonniers.
Enfin, les choses bougeaient.

Extrait 4 : une femme étrangère Christine Daure.p294, 296

Certes je suis très bien reçue, je suis reconnue pour ce que j’ai pu faire pour les droits
de l’homme, pour Tazmamart, mais je suis étrangère : ici, la nationalité passe par le
sang , le sang du père, et rien ne vaut en dehors de cela. L’étranger à plus forte raison
l’étrangère n’a ni le droit de critiquer, ni le droit de parler de tout ce qui concerne le
Maroc : en fait on lui dénie même le droit de comprendre tout ce qui relève du « génie »
marocain. […] Et voilà, je viens d’écrire tout ce qui m’étouffe dans ce pays dont j’ai été
privée pendant des années, ce pays que j’aime tant, ce pays sans lequel je ne peux
vivre, dans lequel j’ai du mal à vivre, et les deux sont vrais : j’étouffe dans l’opacité des
prises de décision, dans la rigidité du protocole, dans la surabondance du sacré, dans
la terrible inégalité qui se vit au quotidien.

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6. Les thèmes de l’œuvre :

 Les années de plomb ;


 Persécution ;
 Mouvement Ila Al Amame (En avant!)
 l'incarcération ;
 Droit de l’Homme ;
 Démocratie ;
 La liberté
 La tyrannie ;
 Despotisme
 La solitude
 La répression ;
 La résistance ;
 Fanatisme ;
 La dissidence ;
 La censure ;
 L’isolement ;
 La prévention ;
 Détention ;
 L’affaire palestinienne ;
 Judaïsme ;
 Le sionisme ;
 Le bannissement ;
 L’insurrection ;
 La grève ;
 La clandestinité.
 L’affaire saharienne

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 Ila Al Amame (En avant!)
Fidèle au parti communiste marocain pendant près de 20 ans, Abraham n’est pas non
plus de ceux qui se complaisent dans le suivisme idéologique crétin et refusent
d’évoluer. Il a beau critiquer la sclérose et appeler à en sortir, on ne l’entend pas. En
1970 il décide de quitter le PCM avec d’autres camarades dissidents pour constituer Ila
Al Amame . C’est une organisation politique d’inspiration marxiste-léniniste, plus à
gauche et soutenant la cause sahraouie, mais clandestine. Avec des militants de la
stature de Abdellatif Laâbi, Abdellatif Zéroual, Raymond Benhaïm, entre autres, le
combat politique peut se radicaliser, envers et contre toutes les appréhensions, les
mises en garde, les risques somme toute plus ou moins calculés. La naissance, 4 ans
plus tôt, de la revue bilingue « Souffles », le ralliement d’une légion d’intellectuels
marocains et d’autres pays faisant de cette publication une référence tout autant que le
QG de la gauche militante de 66 à 72, vont permettre à Serfaty et ses camarades de
cristalliser autour de l’engagement les énergies créatrices de tous les domaines.
Poésie, art, cinéma, recherche scientifique seront pour 7 ans les armes indissociables
du combat politique.

 Les années de plomb


De 1960 à 1980, le Maroc vit une période sombre marquée de vagues successives de
répression: les années de plomb. Autant ces années furent le creuset d’une véritable
épopée révolutionnaire dont les protagonistes sont des opposants et des mouvements
de gauche, autant elles inscrivirent dans l’histoire de l’arbitraire et la terreur de la
monarchie les plus tristes pages. Entre personnes tuées, blessées, emprisonnées,
disparues et exilées, à ce jour le bilan exact des victimes reste inconnu. Mais ce sont
plusieurs dizaines de milliers selon de nombreux témoignages. Dont les rapports de
l’Association marocaine des droits humains (AMDH).

Si Abraham Serfaty est sorti vivant de cette longue et rude épreuve, ni lui ni les siens
(membres de famille et camarades) n’ont été épargnés par ses douloureuses séquelles.

En 1965, au lendemain des émeutes de Casablanca, on l’arrête et torture une première


fois. C’est l’année même où est kidnappé à Paris, puis tué on ne sait où, Mehdi Ben
Barka. C’est aussi l’année qui marque les dissensions puis la dislocation conjugales
chez les Serfaty. Joséphine, sa première femme, ne partage plus la foi révolutionnaire.
Elle la trouve trop coûteuse, l’Insoumis n’étant pas près de tempérer son zèle politique.
Elle le quitte et part en France pour s’y remarier quelque temps plus tard.
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C’est un moment difficile dans la vie d’Abraham. Joséphine lui laisse leur fils tout jeune
encore; il doit lui donner un peu de son temps même si ses parents sont là pour alléger
un tel souci. Mais il n’en varie pas d’un iota sa ligne politique, ne baisse pas d’un cran la
force de son engagement.

Deux ans plus tard, avant, durant et après la guerre des six jours, beaucoup de proches
et d’amis s’éloignent à leur tour. Les uns émigrant directement en Israël, les autres
allant s’installer en France. Le sachant damné antisionsite, on n’ose pas lui faire la
morale de ce côté-là. Néanmoins beaucoup lui conseillent de se réfugier
momentanément en France, alléguant de la présomption que la vie des juifs au Maroc
pouvant connaître des moments difficiles. L’Insoumis ricane; il est justement fait pour
ces moments-là et tous les moments difficiles! Il restera au Maroc, et debout, non
seulement pour infliger un démenti à ceux qui propagent le mensonge et la terreur en
vue d’inciter les juifs marocains à quitter le pays, mais pour enrayer aussi la fuite, autant
qu’il le peut, contrecarrer le mouvement de trahison qui le fait énormément souffrir (4).
Son père, à cette époque-là encore vivant, lui dit et redit que le sionisme est contraire à
la religion. Abraham se gausse de la religion. Mais des juifs, non. Le judaïsme
authentique, non perverti, n’a rien à voir avec le sionisme. Ce sont deux voies distinctes
et, pour lui comme pour beaucoup d’autres juifs, diamétralement opposées. Il restera au
Maroc avec quelques milliers d’indéracinables, répartis dans tout le pays, pour partager
avec leurs frères et compatriotes de la majorité musulmane le bon et le pire.

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Conclusion 

En guise de conclusion, la lecture de cette autobiographie d’Abraham Serfaty et


Christine Daure nous a permis de savoir ce qui s’est passé au Maroc durant une
époque appelée «  années de plomb »

Ce livre appartenant à la littérature carcérale était pour eux un moyen pour remparer
contre l’amnésie dominante et nous montrer un passé douloureux qu’a vécu le Maroc.

Mais après le règne du roi Mohammed VI le Maroc a pu tourner la page de cette phase
de crise par la libération des prisonniers politique et la signature de plusieurs traités et
conventions relatifs à la protection des droits de l’homme.
Malgré ces quelques avancées, le respect et la protection des droits de l’homme
demeurent fragiles.

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Bibliographie :

 Serfaty, Abraham et Daure Christie, La Mémoire de l’autre, Casablanca, Tarik,


2002.
 La torture au Maroc, rapport alternatif novembre 2011

 Ecritures carcérales dans les littératures maghrébines, Mounia Benalil, 2011

Webographie :
www.franceculture.fr

http://www.leconomiste.com/

www.wikipedia.org

http://amriahmed.blogspot.com/

http://www.bibliomonde.com/

www.franceculture.fr

www.histoireetsociete.wordpress.com

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