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LA VRAIE

RELIGION CHRETIENNE

COl'lTIlNAl\"f

TOUTE LA TlIEOLOGIE
DE LA NOUVELLE EGLlSE
Predite par le Sei~neur dans Daniel, VII, 1.3, U; et dans l'Apocalypse, XXI, 1.,2.

PAR

EltIltI4.ftlIJEL SWEDENDOUG
Serviteur du Seigneur "e.u• .()hrl••
TRADUIT DU LATIN

PAR I. F. E. LE BOYS DES GUAYS.


Sur "Edition princeps (AlRsl,:rdam. 1774).

SECONDE EDITION

TOME PREMIER

Paris
A la Librairie, 19, rue du Sommerard.
J..ondrt'.
SWEDllNBORG SOCIBTY, 36, Bloomsbury Street, V. C.
New.York
NEW CHURCH BOOK-RoOII, 20, Cooper Union.

1878
LA VRAIE

RELIGION CHRETIENNE

CON'fENANT

TOUTE LA THEOLOGIE
DE LA NOUVELLE EGLISE
Predite par le Seip;neur dans Daniel, VII, i3, i4.; et dans I'Apocalypse, XXI, i, 2.

PAR
"
ElJIltIAl'lIJEL SWEDENBOUG
Serviteur du Seigneur .JesDs-Chrlst
TRADUIT DU LATIN

PAR J. F. E. LE BOYS DES GUAYS.


Sur l'Edilion princeps (AlIlsl,:rdam, 1771). .I

SECONDE EDITION

TOME PREMIER

Paris
A la Librairie, 19, rIle c1u Sommerard.
Londrt's
SWEDI!NBORG SOCIBTY, 36, Bloomsbury Street, V. C.
New-Work
NEW CnuRcH BOOK-RoOM, 20, Cooper Union.

1878
DANIEL, VII, t3, H.

a Voyant je fus en visions tie nuit, et voici avec les nuees des Cieux comme
un FILS DE L'HoMME qui venait; et il Lui fut donne Domination, et Gloire et
Royaume; et tous les peuples, nations et langues Le serviront: sa Domination
(sera) une Domination du siecle, laquelle ne passera point, et S<3n Royaume
(un Royaume) qui ne perira point. »

APOCALYPSE, XXI, t, 2, 5, 9, 10.

.. Moi, Jean, je vis un Ciel Nonveau et une Terre Nouvelle; e~ je vis la Ville;
la Sainte Jerusalem nouvelle, descendant de Dieu par le Ciel, pllree, comme
une Fiancee ornee par son Mari. Et un Ange me parla, disant : Viens, je te
montrerai la FIANCEE, DE L' AGNEAU L'EpoUSE; et ,il m'enleva en esprit sur une
montagne grande et elevee, et il me monlra la Ville gran de, la Sainte Jerusa­
lem, 'descendant du Ciel d'aupres de Dieu. ,.
a Celui qui etait assis sur le Tr6ne, dit : Voici, NOUVELLES TOUTES CHaSES lE
HIS ;, et il me dit : Ecris,. car ces paroles sont veritables et certaines. "
LA VRAIE

I.
RELIGION CHRETIENNE
CONTENANT

TOUTE LA THEOLOGlE

DU NOUVEAU CIEL ET DE LA NOUVELLE EGLISE

LA FOI DU NOUVEAU CIEL ET DE LA NOIJVELLE EGLISE.

t. La Foi dans la forme universelle el dans la forme singuliere

est d'abord presentee, afin qu'elle SOil comme la Face devant l'Ou­

vrage, qui suit; afin aussi qu'elle soit comme la Porte par laquelle

it y a enlr~e dans le Temple, et qu'elle soil le Sommaire dans 'Iequel

cbacunedes choses qui suivent est conlenue 11 sa manil~re. 11 est dit:

La Foi du Nouveau Ciel et de la NouveJle Eglise, parce que le Ciel

oil sont les Anges, ell'Eglise dans laqllelle sont les Hommes, font

UU, comme l'Interne et l'Externe chez I'homme; c'est de III que

l'homme de l'Eglise, qui est dans le bien de l'amour d'apl'1~s les vrais

, de la roi et dans les vrais de la foi d'apres le hien de ramour, est un


Ange du ciel Clllanl aux inhjrieurs de son mental; c'est meme pour
cela qu'apres la mort it vient 9ans le Ciel, et y jouit de la fclicite
selon l'elal de conjonclion de ce hien et de ces vrais. 11 faul qU'OD
sache que dans le Nouveau Ciel, qui est' aujourd'h~i inslaure par le
Seigneur, cette Foi en est la ~acel, la parte et le sommaire.
2. LA FOI DU NOUVEAU CIEL ET DE LA NOUVELLE EGLISE DANS LA

I. i
2 LA VRAIE
!,'ORME UNIVERSELLE est celle,·ci: Que le Seigneur de toute eternile
(ab cetemo) , Qui est JEHOVAH, est venu dans le Monde pour subju-
guer les Enfers et glorifier son Humain; que sans cela aucun mortel
n'aurait 'pu etre sauve ; et que ceux qui croient en Lui sont sauvts.
Il estdit: DaTls la forme Universelle, car c'est la l'Universel de la
foi, el l'Universel de la foi est ce qui doit etre dans toutes eL cha-
cune des choses de la toL C'est un Universel de la foi, que Dieu est
Un en Essence et en Person ne, dans Lequel est la Divine Trinite, et
que le Seigneur Dieu SallveurJesus-C"hrist est ce Dieu. C'est un Uni-
versel de la foi, que nul mortel n'aurait IlU etre sauve, si le Seigneur
ne flit venu dans le }Ionde. ~'est un Uni\lersel de la foi, qu'il est
venu dall~ le Monde pour eloigner de J'homme l'Enfer, et qll'il l'a
eloigne par des combaLs contre lui et par des victoires remportecs
.
sur lui; ainsi it l'a subjugue et I'a remis dans I'ordre et sous son
'

obeissance. C'est un Universel de la foi, qu'it eSl venu dans le l\Jonde.


pour glorifier son Humain, qu'il a pris d:UlS le Monde, c'esl-il-dire,
pOUI' 1'liiJir au Divin a Quo (dont iI procCdail) ; ainsi it tient pour
l'elernile l'Enfer dans .l'ordre et sous son obeissance. Comme cela
ne pouvaiL se fail'e que par les Tentalions admises dans sop Humain '
jusqu'il la derniere de loutcs, eL que celte derniere fut la Passion de
la C\'oix, c'est pour cela qu'il I'a subie. Ce sO!!llil les Universaux de
a foi en cc qui concerne le Seigneur.
De la p:ut de l'homme, l'Universel de la foi est qu'H croie all Sei-
gneur, car par croire en Lui, il se fait avec Lui une conjonclion pal."
laquelle il ya Salvation: croire en Lui, c'est avoir la confiance q'u'fl
sauve; el comme il n'y a que celui qui vit bien qui puisse avoil"
cetle confiance, it en resulle que par croire en Lui il est enlendu
aussi vivre dans le bien. Le Seigneur le dit aussi dans Jean: « C'est
la volonte du PC1'e, que qUlconqlle croit au Fils ail la vie ete-r-
nelle. » . - VI, 40. - Et ailleurs: « eelui qui cl'oit au Fils d la
vie clemelle; mais celui qui ne croit pas au Fils ne vel'ra pas
la vie, mais la colere de Dieu demeure sw' lui. » -Ill, 36.
3. LA FOI DU NOUVEAU CIEL ET DE LA NOUVELLE EGLISE DANS LA FORME:
SINGULI ERE est celle-ci :Que Jehovah ,Dieu esll'Amour Meme et la
Sagesse Meme, ou qll'il 'est le Bien l\Jeme et le V,rai Meme; et que
Lui-Meme quant au Dihn 'Vrai, qui est la Parole, et qui a ele Die1.t
chez Dieu, est descendu et a pris'I'Humain, dans le'but de remeHr
RELIGION CHRETIENNE. ?
-dans I' ordre toules les choses qui elaienl dans le Ciel, toutes
'C~Hes qui elaienl dans l'e~fer, et toutes celles qui elaient .dans
l'Eglise, parce q1,l':llors la puissance de I'Enfer I'emportait
foiur la. puissance du Ciel, cl que dans les Terrcs, la puissance
du mal l'emportait sur la puissance du bien, et qu'en conse-
quence une damnation generale etait it la porte et imminenle. Jeho-
vah Dieu, par son Humain qui etait le Divin Vrai, a enlevecette
-Damnation qlli all:lil arriver, el iI a ainsi rachele les Anges et les
Hommes; ensuite dans son Humain il a uni le Divin Vrai au Divin
Dien, Oll la Divine Sagesse au Divin Amour, el ainsi il esl relourne .
dans son Divin, dans Lequel il a eie de toule eternile, en meme
temps avec et' pans l'Humain glol'ifie. C'es! ce qui est entendu par
--ce passage dans Jean: La Parole <!tait chez Dieu,et Dieu hait
la Parole,. et la Pm'ole Chair Cl et£! jaite. » - I, 1, 14. - Et
<Ians le l\feme: «le suis issu du Pere etje suis venu dans le
],fonde; de nouveau je laisse le Monde, et je m'en vais au
pere. " - XVI, 28.-- El en outre par ce passage: « Nous sa-
mons que le Fils de Dieu est venu, et qu'il nous a donne l'intel-
igence pour que nous connaissions le Vrai, et nous sommes
dans le Vl'ai, dans son Fils I esus-Christ: Celui-ci est le vrai
Dieu et la Vie eternetle. " - Jean, I Epit. V, 20, ':ilL - D'apres
<oela, iI esl evident que sans l'avenement du Seigneur dans le Monde 7
,nlll n'alirait P[, etre sauve. II en est de meme aujourd'lmi; si done
le Seigneur' ne vienl de Ilouveau dans le Divin Vrai qui est la Parole.
personne non plus ne peut etre sauve.
Dc la part de l'hoITJme les Singllliers dela foi sont: 1.0 Qu'il ya
lJll seul Dieu en qui est la Divine Trimte, et que ce Dieu est le Sei-
gneur Dieu Sauveur Jesus-Christ. 2° Que la Foi salyifique est de.
.croit'e en Lui. 3° Que les maux ne doivent pas elre faits, parce qu'iIs
sonl du diable et viennent du diable. 4° Que les biens doivent elrc
faits, parce qu'ils sont de Dieu et viennent de Dieu. o· Et que les
biens doivent etre faits par l'homme eomme par lui-meme, m~is
qU'il doit eroire que c'est d'apres le Seigneur qu'iIs sont chez lui et.
faits par lui. Les deux premiers appartiennent a la foi, les deux sui-
van ts it la charite, et le cinquieme appartient it la conjonetion de la.
(lharite et de la foi, ainsi ala conjonction du Seigneur et de I'homme.
I LA VRAIE

CHAPITRE PREMIER.

DE DIEU cnf:ATRUn.

4. L'Eglise Chretienne, depuis le temps du Seigneur, avail par­


couru ses ages, de l'Enfance 11 l'extreme Vieillesse; son enfanee fut
a l'epoque oilles ApOtres vivaient et prechaient dans tout le l\fond~
la Repentance et la Foi au Seigneur Dieu Sauveur ; qu'ils aient pre­
cbe ces deux points, on le voit d'apres ces paroles dans les Aetes.
des Apotres: (( Paul attestait et aux Jui(s et aux G1'ecs la Re­
pentance envers Dieu et la Foi en Noire Seif/nem' JeSUS-Ch1'ist. )~
- XX, 2t. - Il est un fait memorable, e'est. que le Seigneur a
convoque, it y a quelques mois, ses douze Disciples, qui sont main­
tenant des Anges, et les a envoyes dans tout le Monde Spirituel,.
avee ordre d'y precher de nouveau l'Evangile. par..c.lL<L~:!~e:
le Seigneur avail instal,l!ee Rar eux, est aujourd'J1Ui ~ellement eon­
~'!1e~,Jl..t.La ~peine en subsiste-t· it quelques restes; et que eela es&.
arrive, paree qu'oTl a divise la Divine Trinite en trois Personnes,.
dont ehacune est Dieu et Seigneur; et que de la, it est deeoule,
comme une frenesie dans toute la Theologie, et ainsi dans I'EgHs61
qui du nom du Seigneur est appelee Chr~tienIle; iI est dit fl·enesie,.
paree que les mentalshumains ont ele par l'l pousses 11 un tel delire.
qu'on ne sait pas s'il y a un seul Dieu, ou s'il y en a trois; il n'y·eD
a qu'un dans le langage de la' bouche, mais iI y en a trois dans la
pellsee du mental; le mental est done en opposition avec la bouche.
I - ou la pensee avec le langage; de celle opposi tion il resulte qu'on ne­

I' reconnait aucun Dieu; le.Naturalisme qui regne 3ujonrd'hui n'a p~s
\ d'autre origine. Fais-en, si tu veux, l'examen: Quand la bouche dit.
un, et que le mental pense tl'ois, est-ce qu'en dedans all milieu du
chemin I'un ne chasse pas I'autre; et cela reciproquement? de liI, a
veine l'hor;lme pense.l.t-il 3'Utrementsur Dieu, s'il y pense, que·d'a­
pres le mot tout nu de'Dieu, sans aucun sens qui enveloppeune
connaissance deDJei.i:l'uisque l'iMe sur Dieu, a-vec toute notion
qu'on en peut avoir, a ele ainsi dissiree, je vais dans lenr ordre trai­
ter de Dieu Createur, du Seigneur Redempteur, et de l'Esprit~Saint
.

RELIGION CHRETlENNE. ~ ~

1}a,ns 'son Op~ralion, et enfin de la Divine Trinile; et cela, afio que


ce qui a ete dissipe soit retabli, ce qui arrive lorsque la Raison hu­
maine, d'apres la Paroiaet la lumiere qui en provient, est convailJ­
cue qu'j} ya une Divine Trjnit~, et que ceLLe Trinile est dans le Sei­
:~n~u~ Dieu Sauveur Jesus-Christ, comme l'Ame, le Corps etla Pro- '
( cedanl sonl dans l'homme; et qu'ainsi resle en vigueur ca passage
dans le Symbole d'ALhanase, que dans le Chl'ist, Dieu et I'Homme.
ou le Divin et l'Humain, ne sont pas deux, mais so'ntdans une
.settle Personne; et que, comme l'Ame rationnelte et la Chair
.:sO'2t 'un settl homme, de meme Dieu et l'Homme sont un seul
.christ. ' ' .

DE L'UNITE DE DIEU

, 5. Puisque la reconnaissance de Dieu d'apres la connaissance


1I,u;,on a de Lui est l'essence m~ma et I'ame de loutes choses dans
toute la TheoIogie, il est necessairede prendre pour exorde l' Unite de
,Dieu; elle sera demontree en ordre par les Articles suiv:J.nls:
1. Toute l'Ecriture-Sainte, et par suite les Doctrines des Eglises
.qans le Mon<f,c Chdtien, enseiqnent que Dieu est un.
U. L'influx universel dans les dmes des hommes est qu'il y a
.ttn IJieu, et qu'il est Utl r
111. De Id vient que dans le Monde entier, il n'y a pas une
,Nation, ayant une l'eliqion et une raison saineJ qui ne recon­
naisse Dieu et que Dieu est un.
IV. Quel est ce Dieu un: les nations et les peuples ont eU
~t ont, d'apres plusieurs causes des opinions dilferentes sur ce
point.
V. La raison, humaine, 'd'apres un grand nombre de choses
dans le Monde, peut percevoir ou conclw'e, si elle le veut, qu'it
'!J a Ul'l Dieu, et qu'il est un.
, VI. S'il n'y avait pas un seul Dieu, l'Univers n'aurait pu ni
~tr:e cr-ee, ni eere conserve. ' ­
VU. L'homme qui ne reconnait pas Dieu est excommunie de
~ EgliseJ et damne.
tt,~~

6 LA VRAIE
VIII. Rien de I'Eglise n'est en coherence chez l'homme qui
reconnazt non un seul Diezl, mais plusieurs dieux.
J

Chacun de ces Articles va etrc developpe separement.


6. I. TOUTE L'ECRlTURE SAINTE, ET PAR SUITE TOUTES LES Doc­
TRINES DES EGLISES DA~S LE MONDE CURETIIl:N, ENSEIGNEN~ QU'IL Y,
A UN DIEU, ET QU'IL EST UN.
Si toute l'Ecriture Sainte enseigne qu'il y a un Dieu, 'c'est que­
dans les intimes de celle Ecritur~ il n'y a absolument que Diiu,.
c'esl-a-dire, le Divin qui procede de Dieu, car eUe a ete dictee pal"
Dieul et d'e Dieu il ne peu t proceder que ce qui estLui-Meme', et
est appeJe Divin; ce Divin est dans les intimes de I'Ecriture Sainte~
Mais dans les derives, qui sonl au-dessous des inlimes et qui en pro­
viennenl, cetle Sainte Ecriture a ele accomodee il la perception des
Angesel des Hommes; dans ces derives il y a pareillemenlle Divin,.
mais dans une autre forme, eL dans celte forme il est appele Divin
Celeste, Divin Spirituel et Divin Nalurel, Divins qui ne sont que des.
enveloppes de Dieu, pllisque Dieu LUi-Meme, tel qu'il est dans les
inti,mes de la Parole, ne peut etre vu par aucun titre cree; car it aJ
(lit a MOlse, qni demandait avec instance de 'voir la gloire de Jeho J
vah, que personne ne 'peut voir Dieu et.vivre, il en esL de meme des'
intimes de la Parole, ou Dieu est dans son Etre et dans son Essence:
mai-s neanmoins le Divin, qui y est intimement, et est enveloppe pal'
des Divins ajustes aux perceptions des Anges et des Hommes, bril1e
comme la Lumiere 11 travel'S des formes cristallines, mais avec va-'
riete, selon l'elat du mental, etat que l'homme s'est forme ou d'apres
Dieu ou d'apres lui-meme; devant qlliconqlle a-forme d'apres Hiel}
l'ctat de son mental, l'Ecriture Sainte est comme un Miroir, dans
lequel il voit .Qieu, mais chacun le voil a sa maniere; les Verites
qu'on apprend par la Parole, et dont on s'est imbuen y conformanC
sa vie, composent ce Miroir: d'apres cela, iI est d'abord evident"
que l'Ecritul'e Saillte est la plenitude de Dieu. Que cene l£criture
enseigne non-seulemeIlt qll'il y a un Dieu, mais aussi que Dieu est
un, onpeut le voir par les Vel:ite~, qui, ainsi qu'il a ete dit, forment
ce }fi,roir, en ce qu'elles sont coherentes en IIn seul enchainement,
et font que I'homme ne peut penser de Dieu que comme etant un; de
III vient que tout homme, dont la raison a ete imbue de quelque
saintete d'apres la Parole, sait comme de lui-memeque Dieu est HI);
RELIGION CHRETIENNE. 7
et percoit qu'il y a une sorte de folie a dire qu'il y a plusieurs dieux;
les anges ne peuvent pas ouvrir la bouche pour prononcer le mot
dieux, car l'aure celeste dans laquelle ils vivent s'oppose avec effort
a celle prononcialion. Que Dieu soit un, J'Ecrilure Sainte l'enseigne
non-seulemenL universellement, comme il vient d'etre dil, mais aussi
ell parLiculier dans un grand nombre de passages, par e~emple, d:ms
ceux-ci: « Ecoute Israel: Jelzovah not?'e Dieu, J elzovalz est un, )
- Deutel'. VI, 4. - Pareillemenl dans Marc, XII, 29. - (( Seu-
lement en Toi est Dieu, et excepte ll'foi, il n'y a point de Dieu. »
Esaie, XLV, f4, HL - « Ne suis-je pas Jelzovalz? Et ya-t-it
d'autre Dieu quP. Moi?)) - ES3ie XLV, 20, 21.. ;- « Je suis
Jelwvah ton Dieu, et de Dieu outre Moi tu nereconnaitraspoint.))
- Osee. XIII, 4. - « Ainsi a dit Jelwv«h, le Roi d'Israel: le
(suis) le Premier et le Dernier, et excepte Moi point de Dieu. »
- Esafe, XLIV, 6. - « En ce jour-la, J elwvah sera pour Roi
sw' toute la ten'e; en ce jour-Id, Jelzovah sew, un, et son Nom
un. » -.Zach. XIV, 9.
7. Que les doctrines des Eglises dans le Monde Chretien ensei-
gnent que Dieu est un, cela estnotoire; elles l'enseignent parce que
de la ,Parole sont tin~es toutes les doctrines de ces Eglises ; ces doc-
trines onl de la consislance en lant qu'on y reconnail un seul Dieu
non-seulement de bouche, mais aussi de ereur: quant 11 ceux qui de
bouche seulement confessent un seul Dieu, et de creur trois, comme
cela arrive aujourd'hui chez un grand nombre dans le Christianisme,
Dieu n'esl pour eux qu'un simple mol prononce par la bouche, et
tout dogme Theologique n'est que comme une Idole d'or renfermee
dans une casselte, dont les Prelats ont seuls la clef, eL quand ceux-
ei lisenL la Parole, ils n'y apercoivenL nulle part aucune lumiere, ni
meme que Dieu est UII ; la Parole pour eux est comme c~uverle de
ratures, et entiererne'nt voilee quanl it l'unite de Dieu; ce sont
eux que le SeigneUl' a depeinLs dans MatLhieu: « D'ouie vous
entendrez, et vous ne comprendrez point; et en voyant vous
verl'ez, et vous ne discernerez point. lIs ont fe?'me leurs yeux,
de peur qu'il n'an'ive qu'ils voient des yeux, et que des oreilles
ils entendent, et que du CffiW' ils comprennent, et qu'ils se con-:
vertissent, et que je les guerisse. » - XII(, 14, i 5. - Tous ceux-
la sont comme ceux qui fuient la lumiere, et qui entrent dans des
8 LA VRAIE
cllambres sans fenetres, L310nnent autour des murailles et chercheTJt'
ou sont les v,ivres et ou sont les ecus, et qui se font une vue comme
ceBes des hiboul(, et voient dans les tenebrcs; ils l>ont semblables it
une femme qui, ayant plusieurs maris, est une lascive courtisane
non une apouse; ils sont semblables encore a une jeune fille,qui re­
~oit des anneaux de plusieurs amants, ~t qui, apres le mariage, 10lle
ses nuits a run et aussi aux autres.
8. n. L'I:'I'FLUX UNIVERSE'., PROCEOANT DE DIEU OANS LES AMES
DES lIOi\{lIIES, EST QU'IL Y A \iN DIEU, ET QU'H, EST UN.
Qu'il y ail ,un influx procedant de Dieu dans l'homme, cela est
vl'ai d'apres cet aveu general, que tout hien qui en soi e"l le bien.
et qui est dans l'homme et est fait par lui, vieot de Dieu, et pa­
f.eillemenL tout ce qui appartient a la charite ellout 'ce qui appar··
tient a la foi; car on lit: 11 Un homme ne peut prendre rien, a
moins qu'il ne lui all ele donne du Ciel. )) ..,- Jean, 1[[, 27: El
J.esus a dit: (( Sans Moi VOltS ne pouvez faire rim. ) - Jean,
XV, D; - c'est-a-dire, rien de ce qui appartienL a la charite et .de
ee' qui appartient a la foi. Si cet influx est dans les ~lmes des hommes,
(f'est parce que I'ameestl'intime et le supr~me de l'homme, et que l'in­
flux proce~ant de Dieu se fait la, et descend de la dans !es choses qui
Bunt au-dessous et les vivifie selon la reception: les Vrais qui appar­
t~endrol1t a la foi in'fluent, il la verite, par l'oui'e, et de ce'tte'ma­
Il'iere sont implantes dans le meAlal, ainsi all dessous de I'ame, mais
l',bomme par ces Vrais est seulement dispose a recevoir l',intlu:< pro­
cedant de Dieu par I'ame, et telle est la disposition, lene eslla re­
oel~tion, et telle a<ussi la transformation de la foi natureBe en foi spi­
rituelle. Si l'intlux, procedant de Dieu dans les times des hommes,
est que .Dieu esllln, c'est parce que tout di\'in,pris tant universelle­
ment que .singulierement, est Dieu; et comme tout Divin est cohe­
rent comme une unite, il ne peut pas ne pas ins'pirer al'homme l'idee
d'lIn seul Dieu; et cette idee est corroboree de jOllr en jour, selon
que l'homme est eleve par Dieu dans la lumiere du Ciel; -Ies Anges,
~n -effeL, ne peuvent dans Ieur lumiere se conLraindre a prononeer
le mat dieux; c'est pourquoi aussi leur langage ala fin de chaque
sens est, quant a I'accent, termine en unite, ee qui ne vient d'autre
part que de l'influx dans leurs ames, que Dieu est un. Si, quoiqu'i(
influe ~l.1nsles Ames de tous les hommes que Dieu est UD, il Yen ll\
----- -- - -- \,l!"";"

RELIGION CIllfrJ:1'IENNE. 9
neaJllnoins un grand nornbre qUI peusent que sa Diviflile a ete divise&
cn Plusieurs de m~me Essence, c'est parce que cet Influx, quand il
descend, tombe daDS des formes non correspondantes, et que la
forme elle-meme le diversifie, comme cela arrive dans tous les sujets
-des trois regnes de la natUl'e; le Dieu qui vivif\e loule bete eSl le
'1b~me Dieu qui \'ivifie tout homme, mais la forme recipienle fait que
la bete est bete et que l'homme est homme; de meme il arri\;e 1
t·'homme, quand celui-ci introduit dans son menlal la forme d'une
bete: l'intlux qui procMe du solei! dans tons les arbres est semblable,
mais i! est dhersifie selon la forme de chaque arbre; il est sembb....
,.1 1
ble pour le cep comme ponr I'epine, mais si l'epine est greffee sur
le cell, cet influx est relourne et procede selon la forme de I'epine.
11 en eSl de meme dans les sujets du Regne mineral; la lumiere qui
influe dans une pierre calcaire et dans un diamant est la rn~me,
mais elle brille dans celui-ci, et elle devient opaque dans celle-HI.
Quant 11 ce qui concerne les ITItlnlals Humains 115 sont diversifies
'Suivanl leurs formes, qui au dedans sont spirituellcs selon la foi en
Dieu el en m~me temps selon que 1'on vit d'apres Dieu, et ces formes
deviimnenl brillantes el Angeliques par la foi en un seul Dieu, tandis
qu'au conlraire elles deviennent opaques et bestiales par la foi en
plusieursDieux, laquelIe differe peu de la foi en aucun Dieu.
9. m. DE LA VIENT QUE DANil LE MONDE ENTlER IT- N'Y A PAS UNE
NATION, AYANT UNE RELIGION ET UNE RAISON Sj,INE, QUI NE RECON­
NAISSE DIED, ET QUE DIEU EST UN.
De l'Intlux Divin dans les ~mes des hommes, duquel ~I vient d'ctre .
parle, il resulte qu'i1 existe chez chaque homme un dictamen, interne
qu'i1 y a un Dieu, et qu'i1 est un: si cependant iI en est qui nie~t
Dieu el qui reconnaissent la Nature pour Dieu, et d'autres qui re­
.connaissenl plusieurs Dieux, et d';\utres aussi qui adoren~ des Simll-"
lacres comme dieux, c'est parce qu'i!s ont bouche les iri'teriewrs de
leur raisoli ou deleur entendement par les choses mondaines,el co....
porelles, et que par la i1s ont efface la primitive idee de Dieu ou I'i­
dee de l'enfance, et rejele alors en meme lemps de la poilrine SUd0
.dos la R.eligion. Que les Chretiens reconnaissent unselll Dieu, rnais
de quelle maniere, c'est ce qu:on voil clairemeut d'apres leur C@n..,
fession Symbolique, qui est celle~ci : ( La Foi catholique consiste
,en ce que nous ad01'ions un seul Dieu dans la Tl'inite et la.'
,"

w LA VRAIE
Trinite dans l'Unite. 11 y a trois Personnes Divines, le Pere r
le Fils et l'Esprit Saint, et cependant ils ne sont pas trois­
dieux, mals il y a un seul Dieu: autre est la Personne
du Pere, autre celle du HIs, et autre celle de l'Esprit
Saint, et leur Divinite est une, la Gloi!'e egale et la Majeste
Co-~ternelle; ainsi le Pere est Dieu, le Fils est Dieu, et l'Esprit
Saint est Dieu; mais parce que nous sommes forces d'apres la
verite Chdtienne de reconnaltre que ehaque personne en pm'­
lieulier est Dieu et Stigneur, it nous est cependant interdit pat'
ia: Religion Cathotique de dire qu'it y a trois DietlX et trois Sei­
gneurs. »'Telle esl la foi Chretienne wr rUnite de Oieu; mais on )1,

verra, dans I'e Chapilre sur LA DIVINE TRI~ITE, que dans ceLle Con­
fession la Trinile de Oieu et I'Unile de Dieu sont incompatibles.
Dans le l\fonde, loutes les autres Nations, qui ont une Religion et
une raison saine, s'accordent iJ. n:connaitre que Oieu est un; tous les
Mahometans dans Jeurs Empires; les Africains, dans plusieurs
Roy:wmes de Jeur Region; les Asiatiques aussi, dans la plupart des'
leurs; et en outre les Juifs d'aujourd'hui. Les Tres-Anciens, dans
]e siecle d'or, ceux chez qui exisLait la Religion, ont adore unseul
Dieu, qu'ils nommaient JEHovAH; il en a ete de meme des Anciens
dans le .Siecle suivilnt, avan Lla fondation des Empires rnonarchiques.
avcc lesquels les amours mondains et imsnite les amours corporels
commencerent a fermer les superieurs de l'entendemeuL, qui aUlJa­
ravant :naient ete ouverts, ct sCf\'aient alors de Temples et de
Sanctuaires pour le eulte d'un seul Dieu; toutefois, le Seigneur Dieu,
aft'n de les oUl'rir et de reslaurer ainsi le cullc d'un seul Dieu, insti­
tua une Eglise chez les descendants de Jacob, et a la ttle de tous les
preceptes de leur religion, il pla~a celuicci: « Il n'y aw'a point
d'autre Dieu devant ma lace,) - Exod. XX, 3. - Jehovah.
qui est aussi le nom qu'il $e donna de nouveau devant eux, signifie
¥Elre supreme el unique, de qui procede tout ce qui est etexiste
dans l'univers. Les anciens Genlils ont reconnu pour supreme Jupi­
\er (J ovem), ainsi nomme peut-elre de Jehovah, et ont aussi attri­
bue,la Divinite a' plusieul's autres qui composaient sa cour; mais.
dans l'age suivant, des Sages, tels que Pia ton el Aristote, ont de­
clare que cellx-lil etaient, non des Dieux, mais autant de pro­
prietl~s, de qualites et fatributs d'un seul Dieu, lesquels furellt
RELIGION CHRETIENNE.· H
''JPpeMs dieux, parce que dans chacun d'eux il y avait la di\"inite.
to. Toute Raison saine, quoique non religieuse, voit que toute
chose divisee, it moins qu'elle ne soit sous la dependance d'une unite,
se dissipe d'elle-meme; ainsi se dissiperait I'Homme, compose de
t:mt de membres, de visceres, d' organes de la sensibili te et du mou­
vemen t s'il n'etail sous la dependance d'une seule dme; et le Corps
lui-m'~me, s'il n:etait sous la dependance d'un seul coour. 11 en serait
de memc d'un Royaume s'il n'etait gouverne par un seul Roi; d'une
Maison, si elle n'avait un seul maitre, et de toutesles [onctions, qui
sont en grand nomhre. dans chaque Royaume, ~i elles n'etaient pas
sous la direction'd'un seul fonctionnaire. QueUe force aurait une
Armee contre les ennemis sans un General investi d'un pOllvoir su­
, preme et ayant sons ses ordres des officiers, dont chacun exerce son
droit sur les soldals? 11 en serait de meme de l'Eglise, si elle ne re­
connaissait un seul Dieu ; et aussi du Ciel Angelique, qui est comme
la tete de l'Eglise dans les terres, le Seigneur etant rame meme de
I'une et de l'autre, aussi le CieI et l'Egliie sont-ils appeles son Corps;
s'ils ne reconnaissaient un seuI Dieu, ils seraieDt I'un et I'autre
comme un corps inanime, qui, n'etant utile 11 rien, seraiL rejete et
enseveli.
it. IV. LES NATlONS ET LES PEUPLES ONT EU ET ONT, D'APRES
PLUSIEURS CAUSES, DES OPINIONS DIFFERENTES SUH LA QUALITE DE
CE DIEU UN.
Une premiere cause, c'est qu'il ne peut y avoir connaissance. de
Dieu, ni par consequent reconnaissance de Dieu sans Revelation, et
qu'il n~y a connaissance .<iu Seigneur, et par suite reconnaissance.
que dans le Seigneur habite corporellement toute la plenitude de la
Divinite, que d'apres la Parole, qui est la Couronne des Revelations;
car l'homme, quand une Revelation a ete donnce, peut aller au-de­
vant de Dieu et recevoir l'int1ux, et par eonseqiJent de naturel deve­
nir spirituel: or, une primitive RevelaLion a ete repandue sur tout
le globe, et l'homme naturel I'a pervertie de plusieurs manieres; de
la les ecarts, les dissentimen Ls, les heresies et les schismes des reli­
gions. Une seconde cause, c'esl que l'homme Naturel ne peut rien
percevoir ni rien s'appliquer de ce qui concerne Dieu, mais peut
scnlement percevoir et s'appliquer cc qui concerne le Monde ; aussi
est-il dit daDS les canons de l'Eglise Chretienne que l'homrne Nalu­
1'2 LA YRAlE
r.aleSl oppose a l'homme Spiriluel, et qll'ils eombal~ent l'an .con~r~:
l'autre; de la v~ent que ceux qui, d'apres une,Parole resultant d'une
~ulre Revelation, ont conOn qu'il y a un Dieu., onteu'et ont desopi-,
~ions ditferentes sur la Qualite de Dieu et sur l'Unite de Dieu. Ceux
donc de qui la vue du menIal clait sous la dependance des serisdu
-corps, et qui cepelldant voulaient voir' Dieu, se sont forme desSimu­
lacres d'or, d'argent, de pierre et de bois, afin que sous ces simuJa­
.cre&, comme Qbjets de la vue, ils adorassent Dieu ; et d'autres qui
par religion avaient rejete les simulacres, se sonl represenle Dieu
par les Images du Soleil el de la Lune, des Astres et de divers ob­
lets sur la terre; mais ceux qui s'etaient crus plus sages que le Vul­
g~re, et qui,cependant etaient restes hommes naturels, ont, d'apres
~'immensile de Dieu et sa tout~ prese,nce en creant le Monde, re­
,connu pour ,Dieu la Nalure, les up~ dans ses intimes, et les autres
-dans ses derniers, et quelques-uns, afiu de separer Dieu de la na­
lure, ont imagine quelque chose de tres-universel qu'ils ont nommh
I'Etre de l'univers; et comme ils ne savent rien de plus sur Dieu,
<iet Etre devient chez eux lIn elre de raison, c'est-a-dire, u,nechose
4e ne'ant. Qui ne pe,ut com,prendr~,que les connajssances sur Dieu
sont des miroirs de Dieu, et que ceux qui ne savent rien de Diea'
yoient Dieunon dans un miroi.r tourne vel'S lesyeux, mai~ da,ns'un
Jlliroir retGlUrne, OU par le dos qui est couvert de vifargent ou d'u~
noir gluten, et ne retlechit pas \'image, mais l'etouffe.1 La Foi de
pieu entre dans I'homme par le Chemin anterieur qui va de l'ame
dans les superieurs de l'entendement ; mais les connaissances su,
Dieu entrent par le' Che!nip p05tel'ieur, parce que l'Entendement
~l!S puise par les sens du corps dans la Par@le relllelee ; et la rencon
, des influx se fait au milieu de I'Entendement, et la la foi natu~relle,
lre
qui n'est qv'une persuasion" devient la foi spirituelle, qui est ta re­
connai:ssance ellll-meme; l'Entendement humain est; donc comme \:tn
hureau de change dans lequel se fait la permutation.
{,2. V. LA RAISON I1UMAINE, D'APRES UN GRAND NOMDRE DE CH~SES
DANS . LE I'fIoNlm, PEUT ~ERCEVOI:R OU CONCLURE, ,SI ELLE I.I!; VEUT,
QU'IL Y A UN DIEU, ET QU'IL EST UN.
Cette verite peut etre confirmee par d'innornbrables chQses dans
le I'fI(}nde visible. En effet, )'Univers est comme un Theatre sur l.e-.
·quel se presentent continuellement'des Temoi.gnages qu'i.l y a lIn pie~,
RELIGION CHRl!JTIENNE. 3
et qu'il cst un. M'ais pour iIluslrer ce sujel, je rapporterai ce MEMO­
RABLE du ~Ionde spirituel. Un jour, pendant que je m'entretenais
avec des Anges, j\,vint quelqucs N.ovices du Monde naturel ; des que
je IC8 vis, je leur sou:lailai une heureuse arrivec, et Icur raconta'i
sIn le iUonde Spirituel plllsieul's choses qu'ils ignoraicnt; et, apre's
la conversation, je leur demandai quel savoir ils appol'taient avec
eux du Montle sur lJieu et sur la Nature. lis me dirent : Void notre
savoir, c'est que la Nalure opere toutes les choses qui se font dans
l'Univers Cree, el que Dieu apres la Creation lui a donne et imprime
celle faculte et ceLle puissance, Dieu les soutenant seulement et les
conservant, atin qu'elles ne perissent point; c',est pourquoi toutcs
les choses qui existent, naissent el renaissent sur la Terre sont altri­
buees aujourd'hui a la Nature. Mais je repontlis que la Nature par
elle-meme o'opere rien, que c'est Dieu qui opere par la nature ~ et
comme ils demandaien,t un" demonstration, je leur dis : Ceux qui
croient a la Divine opera.tion: dans chaque chose d,e la nature, peu­
vent, par un tres-grand nombl"e de faits qu'ils voientldans lel~londe,
se confirm,er pour Diau beaucoup plus que jJour la Nature: ceux, en
elfet, qui se confirment pour la Div,ine Operation dans chaque chose
de la nature, font attention laux Merveilles qu'ils apercoivent tant
dans les Pr0ductions des Vegetaux que dans celles des Animau~ :
Dans les PRODUCTIONS DES VEGETAUX, en cc que d'une' trl~s-petite se­
mence jetee en terre i\ sort une l'acine, par la racine une tige, et
successivement des rameaux, des branches, des fellilles, des fleur's,
des fruiils jllsqu'a de nouvell'es semences, absolument comme si la
Semence savait l'o'l'dre de succession 'ou le procede par leqllel ella
doit se renoureler. Un homme ratronnel pellt-il penser que.)e Seleil,
qui est pur feu, sache cela, OU qu'i\ puiss~ insinuer a sa chaleut et
.a sa lumicre de faire cela, et puisse avoir en vue les usages? lorsque
l'homme, dontle rationnel a ere eleve, voit ces merveilles et les exu­
mine allenlivement, il ne peut'faire~autrement que de penser qU'eHes
, viennent de Celui dont la Sagesse est infinie, par consequenl'de Dieul ;
ceux' qui reconnaissent la Divine Operation dans chacune des choses
de la natllre,se ,confirment aussi en cela, quand ils les voient; cel1X
( au'contraire, qui ne la reconnaissent pas,'les vO'ient Mn paS' a¥ec Ms
yeux de la 'raison dans le front, rnais avec les yeux da,ns t'occipu-t;
I ce sont cellx qui tlren~ de5'sens du corps toutes les idees de le4r
u LA VRAIE
Pensee, et confirment les illusions des sens, en distlnt : Ne .vOit-OD
.pas le Soleit operer tout~s ces choses par sa chaleur et par sa lu­
micre? Ce qu'on ne voit pas, qU'est-ce que c'est? Est-ce quell{ue
chose? Ceux qui se confirment pour le Divin font attention aux MER­
VEILLES qu'ils voient dans les PRODUCTIONS DES ANIMAUX ; et pour par­
ler d'abord ici de celles qui sont dans les OEufs, ils y voient le .pelit
cache dans. son germe, avec lout ce qui est necessaire pour la for­
mation, el aussi avec tout ce qui concerne l'accroissemellt ap.I,es I'e­
-closion, jusqu'a ce qu'il devienne oiseau dans la forme de la mere.
De plus, si I'on fait allention :lUX Volatiles en general, it se presente
devant un mental, qui pense profondemenl, deschoses qui produi­
sent I'admiration, par exemple, en ce que dans les plus petits
. comme dans les ,plus grands, dans ceux qui sont invisibles comme
dans ceux qui sont visibles, c'est-i1-dire, dans les plus pelits insectes
comme dans.les oiseaux et les animaux les plus gr:.nds, il y ales or­
ganes des sens, qui sont la vue, I'onle, I'edoral, le gout elle tou­
eller. et les organes des mouvemenls, qui sont les muscles, car ils
volent et ils marchent; comma aussi les visceres adherents au creur
et a,u poulnon, qui sont mis en aClivile par les cerveaux. Ceux qui
attribuent tOUlt a la nature voient, il est vrai, de telles choses, mais
·ils lJensent seulemellt qu'elles sont, et disentque la Nature les pro­
duit; et ils disent cela, parqe qu'ils ont deloNrne leur mental de
tOllle pensee sur le Divin; et ceux qui se son,t detour,nes du Divin.
quand ils voient des lDerveilles dans la nature, ne peuvent y pense,r
raLio,l'U1ellement, ni a plus forte raison spiriluellement, mais ils y
pensent sensuellement et materiellement, et alors ils pensent dans Ia
nature d'apres la nature et non au-dessus de la nature, differant seu­
I~ment des beles en ce qu'i!s jouissent de le rationnalite, c'est-a-dire
qu'ils .pellvent compre,ndre, s'ils veulent. Cellx qui se sont detournes
de toute pensee ,~U1' leni vin, et son t par UI deven us sensuels-corporels.
ne pensent pas que la vue de I:reil est si grossiere et si materielle,
qu'elle considere plus,ieurs peli,ts insectes comme une seule chose
. obscure; et cependant chaque petit insecte a ete organise pour sentir
et pour se mouvoir ; ainsi ils ne retlechissent pas qu'il a ete doue de
fibres et de vaisseaux, de petits coours, de canaux pulmonaires. de
petits visceres et de cerveaux, et que ces organes ont ete tisslls des
plus pures substances qui soient dans la nature, et que ces tissus
RELIGION .CHRETIENNE. is
~orrespondent ala vie dans le dernier degre, laquelle met distincte-
ment en action leurs part:es les plus deliees. Puisque la vue de l'reil
est si grossiere, qu'un grand nombre d'insecles, avec les parties
innombrables que chacun renferme, apparaissent comme un petit
point obscur, et que cependanl ceux qui sont sensuels pensent et ju-
'genl d'apres cette vue, on voit clairement combien leur ~Iental est'
devenu epais, et par suile dans quelle obscurite ils sonl sur les
choses spil'ituelles.
Ch:wun par les choses visibles dans la Nature peut se conlirmev ,\
pour le Divin, s'il veut; et aussi se conlirme celui qui peuse 3 Dieu
et 3 sa Toute~Puissance encreant I'Univers, et 11 sa Toute-Presence
en le CORservant ; par exemple, ]orsqu'j[ voit les Volatiles du Ciel ;
chaque espece connait ses aliments et sait oil ils sont, cOllnait ses
'Pareils au SOil et 3 la vue; et parmi les oiseaux, ceux-ci connais!>ent
leurs amis et leurs ennemis; ils savent sous les plumes le lieu de
l'accouplement, ils forment des mariages, conslruisent avec art des
'nids, y dcposent leurs ceufs, les couvent, savent le temps de \'incu-
bation; est-ilecoule, Us funt eclore leurs petits, qu'ils aiment avec
tendresse ; jls les rechauff'ent sous [eurs ailes, leur preparent des
alimen ls, et leur donnent la becquee, et eela, jusqu'a ce qu'ils soient.
en etal d'agir par eux-memes et de faire comme eux. Quiconqu6
veut penser a I'influx Divin venant par le Monde spirituel dans le
Monde naturel, peut voir cet influx dans ces sciences; il peut aussi~
s'ille veut, dire en son eceur : Le SoleiI ne peut donner de telles
sciences aces volatiles par sa chaIeur et sa lumiere, car le Soleil..
d'oiI la Nature tire son origine et son essence, est un pur Feu, et paJ."
suite les efl1u~ de sa chaleur et de sa lumiere soot absolument morts!
et ainsi ron peut conclure que de telles choses viennent de l'influx:
de
Divin par le l\londe spiriluel dans les derniers la nature.
C.hacun par les .choses visibles daos la Nature peut se confirmel"
pour le Divin, quaod il voit les Vel's, qui, d'apres le plaisir d'un
'certain amour, soot portes et aspirent 11 changeI' leur tHat terrestre
en uo elat qui est l'analogue de l'eLat celeste, et pour cela se trat-
fneot dans des Iieux convenables, s'eoveloppent d'une \'
couverlure-..
, '
.et ainsi se mettent dans un uterus afin de renaitre, et la' deviennent
chrysalides, aurelies, nymphcs, et enfin papillons; et quand i1s ont
subi la Metamorphose et ont ate, seIon leur espece, decores d'ailes:
,16 LA. Vl\AIE
magnifiques, ils volent dans l'air comme dan!' leur ciel, ils y fol:1­
lrent joyeusement, et forment des mari~ges, depOSenL des rellfs, et
pourvoienl a leur posterile ; et alors ils se nourrissent d'un aliment
agreable et doux qu'j)s tirent des fleurs, Parmi ceux qui se confil1­
ment pour le Divin par les choses visibles dans la nature, est-it
quelqu'lIn qui ne voie dalls ces elres comme une sOl'te l1'image de
l'etat tel'restre de l'homllle, et dans ccs memes etres comme pa­
pillons une sorte d'image de l' elat celeste? Ceux qui se confirment
pour la Nature voient,. iI est vrai, ces mel'vcilles; mais, comme ils
ont rejete loin d'eux l'etat celeste de I'homme, ils les nomment de
,pures operations de la nature, ,
Chacun par les choses visibles dans la Nature peut se confirmer
pour le Divin, quand il fait attention il tout ce que I'on connait des.
Abeilles. Elles savent des roses et des fleurs recueil1ir la cire, en
sucer le miel, conslruire des cellules comme de petite:; maisons, et
les disposer en forme de ville, avec des places par lesquelles elles
entrent et par lesquelles elles sortent; elles odorent de loinles.
fleurs et les herbes, doni clles recueillent la cire pour la maison e,t
le miel pour la nourriture; et, quand, dies en sont chargees, revo­
lent selon la plage vel's leur ruche, et pourvoient ainsi aleur nOllr­
~ .
rilure pour l'hiver suivanl, comme si elles le prevoyaient: elles met­
tent aussi aleur Wte comme Reine une souveraine, par qui la pos,
terite doit etre propagee, et pour qui elle~ construisent une S(W~
de palajs au-dessus de leurs cellules, ep pla~,ant des se~,tinelles teHH
autour: quand le temps de la ponte ,arrive, la' Reinll, !lC~Ol~)pagnel,\
des satellites, qui sont nomlllcs Faux-bourdons, va de cellule e~
cellule et pond des reufs, que la troupe qui la suit entoure d'un en;­
duit, pour qu'ils ne soient point alteres par l'airj,de la pour elle~
tine race nouvelle : plus tard, quand celle generation est parvenue
,a l'age necessaire pOUl' pouvoir' faire les memes, travaux, ell~ est
chassee de la ruche; et d'abord I'essaimse r,cunit elll troupe, afinI
que la consociation ne soit pas,rompue, el ensuile il.... s'envo)e pour
(

~e cherche~ un do,~icile :,.vers I'A,ulomre, ces faux.-bourdlf)qsj


n'~.yant,cqnlrjbue en rien a la re9.olte de la ,cire, et dl1 miel, SO'l)t\ 1I)irS
d~horset.prives d"e leurs·~i!e~, pour qu'il~ ne reviennent pa& e~ M,
consommentl'pas des alimenLs, a l'approvisionnement desquels ilfi
n'ont 'coopere ~n}ien ; sans parl~r 4e plusieurs aut res faits remar.­
RELIGION CHRETIENNE. i7
quables: d'apres eela on peutvoir qu~ c'est en raison de l'Usage
rendu par elles au Genre Humain, qu'elles re~oiv6nt d~ l'inflax
Divin par le Monde Spirituel une forme de gouvernement, leUe
qu'elle existe chez les hommes dans les terres, et meme chez les
Anges dans les Cieux. Quel est I'homme, pourvu d'une raison saine,
qui ne voie que de telles choses chez ces insectes ne viennent pas
du monde Naturel ? Qu'est-ce que le Soleil, d'ou provient la Nature,
a de commun avec un Gouvernement pareil et analogueau Gouver-
namen t celeste 1. D'apres ces observations et autres semblables chez
les Mtes bru tes, ceiui qlli reconnaiL et adore la Nature se confirme
pour la Nature, tandis que celui q11i reconnait et adore Dieu se con-
firme pour Dieu, car I'bomme Spirituel yvoit des chases spiriluelles,
et l'homme Naturel y voit des choses naturelles, ainsicllacull s~)on
ce qu'il est lui-meme. Quan t 11 ce qui me concerne, de telles obser-
vations ont ete pour moi des temoignages de l'Influx procedant de
Dieu par III Monde Spirituel dans le Monde Nature!. Qu'on examine
si, all sujetde queh(ue Forme de gouvernement, ou de Cjnelqne Lo~
civile,ou de quelqueVerlu morale, ou de quelliue Veri le spiriluell~,
il est possible de penser analytiquement, a moins que le Divin, d'aL
pressa Sagesse, n'influe par le l\Ionde Spirituel; quam it moi, cela
m'a e[(~ e.t m'est impossible; fai, en offet, I'emarque cet in'flux
d'une maniere perceptible et sensible depuis vingt-six annees
continuellement: j'en parle done d'apl'cs un ternoignage cel'-
tain.
La,NaLure peut-elle avoir pour fin I'Osage, el disposer les usages
dans des ordres et dans des formes?U n'y a quele Sage qui le puisse;
et il n'y a que i)ieu, QO .Qui la Sagesse est infinie, qui puisse ainsi
ordonner et former l'Univers; quel autre peut pl'evoil' poul'les
hommes ce qui est necessail'e a la nourrilllre et au vetcme:ll, et y
pOUf\'oir ; it la nourriture, par les moissons des champs etles fruils
de lalerre, et par les animaux, am. "elements, par ces productions
de la terre et parces memes auimaux? N'est-il pas au nombre des
.merveilles, que c~svils insecles, que l'on nomme Vel's it soie, foul'-
nissent. de vetements et decol'ent avec magnificence et les femmes
.et les hommes, depuis les Reines et les Rois jusqu'aux femmes de
.chambre et aux valets ;et que ces viIs Insectes' que I' OIl nohuhe
abeilles fournissent la cirepour la lumiere qui remplit de splendeur
J. 2
'<to (

;8 LA VRAIE
les 'Ie,mples etles Palais? Ces choses' et plusieufs autres sont des
preuv~s existantes que Dieu de Soi-m~me par le Monde Spiritual
o,pere tout ce qui se fait dans la Nature.
A cela je do is ajoJ.lter que dans le Monde Spiri tuel, j'ai vu ccux
.qui, par les chos{~svisibles dans le Monde, s'etaient confirmes pour
,1~ Nature jusqu'i!, devenir athees, et que leur Entendement dans la
,LI.lmiere spirituelle m'a apparu ouvert par le bas, mais ferme par
l!ll~~ul; et cela, parce que par la Pensee il.s ont· regarde en bas
vel's la terre, et non en hauL vel's le Ciel : au-dessus du sensuel, qU'i
e51l'infime de l'enlendement, ilapparaissait comme un voile brill­
Iant par le feu infernal, chei quelques-uns noir comme la suie, et
,ehez d'aulres livide comme un cadavre. Que chacun se garde
don<i( des confirmations pour la Nature, mais qll'i,l se lJOnfirme pour
.Diell; les moyens ne manquent pas.
,13. VI. S'IL N'y AVAIT PAS UN SEUL Dnm, L'UNlVEIIS N'AURAll"
PU [';1 I~TRE CIIEE, ~[ ~TRE CONSERVE.
. Si de la creation de I'Univers on peut conclure l'unite de Dieu,
,c'est parce que I'Univers est un Ouvrage coherent comme lIn depuis
les premiers jusqu'aux derniers, el qu'j( depend d'un seul Dieu.
comme le corps depend de son ame; l'Univers a ele crM ainsi,
afin que Dieu puisse dIre tout-present, tenir sous son au:;pice toules
et chacune des chases qui le composent, et le conlenir perpetueUe.l
,menL comme un, ce qui est conserver. C'est aussi de la que Jehovah
Dieu dit qu'Il est" le Premie1' et l~ Dernier, le Commencement
,et la Fin, l' Alpha et l'Omeqa. )) - Esaic XLIV, 6. Apoo. I, 8..
,1 i ; - et aillellrs " Qu'it fait tauies chases,. qu'il deptoie les
Cieux et etelld la Ten'e pal' Lui-meme. 11 - Esai'e, XLIV, 24.
- Ce grand Systeme, qu'on appelle l'Univers, est un ouvrage co­
herent comme un depuis les premiers jusqu'aux derniers, parce que
Dieu cllle cn~ant a ell en vue une seule Fin, qui a ete le Ciel an­
gelique forme du Genre humain, et les l\foyens pour celle fin sont
toules les choses dont le Monde est compose; car qui Yeut la fin
veut allssi les moyens ; celui donc qui contemple le Monde comme:
/In Ouvrage qu.i contient les moyens pour ceUe fin, peut 'con tem plel"
l'Univers cree comme un Ouvrage coherent comme un, et peut voir
que le l\londe est un Enchainement d'usages en ordre successif POUL"
le Genre HUlJ\a:in, dont se forme le Ciel Angelique ; le Divin Amour
RELIGION CIIRETIENNE. ft
)le pauL avoir en vue une autre fin que la Beatitude eternelle des
hommes d'apres son Divin, et sa Divine Sagesse ne peut produir4
autre chose que des usages qui soient des moyens pour cette fin ;
en examinant le l\fonde dans cette idee universelle, tout homme
sage peut comprendre que le Createur de l'Univers e'st un, et qUlt
son Essence est I' Amour et la Sagesse; c'est pour cela qu'il n'existo
pas dans le monpe un singulier dans lequel. il n'y ait de cache de
pres ou d'e loin un usage pour I'bomme, soit pour sa nourrituf8
par les fruits de la terre et aussi par les animaux, soit pour SOD
velement par ces memes choses. (Et, eomme iI a ele dit, ) it est an
nombre des meneillesl que ces viis insectes, que I'on nom me Vers
it soie, faurnissent de velements el decorent avec magnificence et
~es femmes et les hommes, dcpnig les Reines' et les R:ois jusqu'aux
femmes de chaulbre et aux valets; et que ces viis insecles, qlJe I'on
nomme Abeilles, foul'Dissent la cire pour la lumiere qui remplit de
splendeur les Temples et les Palais. Ceux qui examinent dans le
~onde quelques objels singulierement', et non le tout universelle-
ment dans la serie dans laquelle sont les fins, les causes moyennes
~\t les effets, et qui ne deduisent pas que la Cr6ation provi ent du
pi\'in Amour par la Divine Sagesse, ne peuvent pas voir que I'Uni-
(
vel's est l'Ouvrage d'un seul Dieu, ni que ce Dieu habite dans cha-
cun des u~ages, parce qu'il est dans la fin. En e1l'et, quiconque est
dans
<
la fin est aussi daDS les moyens ; car dans tous les moyens il
"Ha iptimemenlla fin, qui met en action et uirige les moyens. Ceux
·~,ui conlemp!,ent I'Univers non comme I'Ouvr~e de Dieu ni comme
l'Habitacle de son Amour et de sa Sagesse, mais comma I'Ouvrage
de la nature et comm,e I'Habitacle de la chaleur et de la lumiere du
Wleil, ferment les superieurs de leur menial pour Bieu et ou-
vreotles inferieurs de leur mental pour le diable,. et par suite de-
pouiHent I'Humain et revetent le bestial, et non-seulem~nt ils'se
croient semblables aux betes, mais ils le deviennent meme ; en effet.
ils deviennent des renards quant al',astuce, des 10ups quallt a la
ferocite, des leopards quant a la fourberie, des tigres quant it la
~rt.laute, des crocodiles" des serpents, des hiboux et des chouettes
quan! ala natur~de ces betes : ceux qui sout tels apparaissent aussi
de loin, l1ans)'e MQnde Spirituel, semblables a res animaux; l'a~
~our de leur mal prend ainsi celteforme.
~o LA VRAIE
t4. VII. 'L'HOMME QUI NE RECONNAlT PAS DIEU EST EXCOMMUNlt:
. DE L'EGLlSE, ET DAMNE.
Si -l'homrne qui ne reconnait pas Dieu est excommunie de l'Eglise,
c'est parce que Dieu est le Iou t de I'Eglise, et que les Divins, qui­
sont appeles Theologiques, fonll'Eglise, c'est pourquoi.la negation­
de Dieu est la negation de tQutes les choses de l'Eglise; et cetle nega­
tion elle-meme l'excommunie,ainsi l'homme lui-meme s'excommunie.,
et Dieu ne I'excommunie point. Si cet homme est damne, c'est paree
qu'etant excommunie de l'Eglise,il est aussi excommunie du Ciel ; cat'
I'Eglise dans les terJ;es et le Cielangelique font un, comme l'Intern&­
et I'Externe, et comme le Spirituel et le Naturel chez l'homme; et
l'homme~a ele cree pal' Dieu; afin qu'il soit quan't 11 son Interne da~s
le Monde spirituel et quant a son Externe dans le l\'Ionde naturel.
par consequen t il a e,te cree indigene de l'un et de l'aulre Monde.
atin que le spirituel quiapparlienL,au Ciel soit itnplante dans le natu­
rei qui appartient au Monde, comme it arrive pour une semence qui
~st mise en lerre, et qu'ainsi l'homme existe et dure elernellemenl.
L'homme qui, par la negation de Dieu, s'est excommunie de I'E­
glise, et flar consequent dll Ciel, ai, ferme I'hamme Inlerne' chez lui
quant illalvolonte, ainsi quanl it son amour natif, car la volanle
de I~homrne est le receptacle de son amour ct en devient la demeure ~
toutefois, il ne peut fermer son homme Interne quallt 11 l'Entende­
ment, car s'il le pouvail et le faisail, l'homme ne serail p~us homme;
mais l'amourlde sa volanle infatue par des faux les superieul's de
l'Entendeme,nt ; de la .1'Entehdemen l devien t comme ferme quanl£
aux vrais quiapp,artien'neut 11 la fQi et quant aux biens qui appar­
tiennent if la:1char.ile ; ainsi il'est de plus en plus contre Dieu et erl
meme lemps contre les spirituels de l'Eglise; et par consequent it
est exclu de la communion mec les Anges du Ciel ; des qu'it en a
ete exclu, il s'e met en communion avec les Salans de I'En'fer, et
sa pensee fait un avec la leur, or tOllS les SaLans nient meu,et pen­
. sent'follelllent de Dieu e,t des spirittfels de l'Eglise.; il en est de
meme de lihomme conjoint ~vec!le1jx ; lorsque celrJi-ci est dans sori
Esprit, ce qui arri,\~e qu1t>nlil 'dans sa. lmlais~n, livre a lui-meme, il
1aisse dirigErll ses{perfsees pa~)lesJt>'laisirs' du }inal 'et du faux 'qu'il
conyus et enrfanaes cnez ~u,r, lit pense'ral1lrs de :Dieu qu'il n'exisle pas,
mais que ce n'est qu'un motl'qui ')rel'en Lft {lans les chaires piour lier
RELIGION CHRETIENNE. 2·,
1e peuple a l~oMissance aux lois de' la justice. qui concernent la
Socie~e ; et eri outre il pense que la Parole, d'apres laquelle les mi!.
nistres parlent de Dieu, est un amas de reveries qu'on a, d'apr~s
I'Autorite, revetu de Saintete; que le Decalogue ou Gatechisme est
un petit livrequi, apres avoir ele use par les mains des enfants,
-doit etre mis de cote, car il prescrit d'honorer les parents,' de ne
'pointtuer, de, ne point commettre adullere, de ne point voleI', de
ne pointJaire de faux temoignage,et il n'est personne qui ne sache
·oola d'apres la loi civile: au sujet de l'Eglise 1 il pense que c'est
seulement une reunion de gens'simples, faciles it croir-e, et pusilla­
nimes, qui v,oient ce qll'ils ne voienL point: au sujet de l'homme et
,de lui-meme comme homme, i1 pense de la mame maniere qu'au
sujet de la bele'; et'sur la vie apres la mort, de la mame maniere·
que sur la vie de la .bete lorsqu'elle est morte. ,Ainsi pense SODl'
homme Interne, quelque different que soit le langa%e de son homme
Externe; car, ainsi qu'i! a tHe dit, chaque homme a un Interne et'
un' Externe, et son Interne conslitue I'bomme qui est appele Esprit
et qui vilt apres la mort, et son Externe, d'apres lequel par mora­
li'te'il a agi en hypocrite, est enseveli ; et alors it cause de la nega":
tion de Dieu il devient un.damne. Tout homme quant a son Espdt
est consocie a ses semMalJ'les dans le Monde Spirituel, et il est pour
3insi'dire.un avec ellX; et il' m'a eLe Lres-souvent donne d'y'voir
dans le~ Societes les EspriLs d'hommes encore vivallts, quelques-uns
, dans des Societ{~s angeliques, et quelques autres dans des Societesi
infernales, et if m'a aussi ete donne de parler pendant des jours
,entiers avec eux, et j'elais etonne que l'homme lui-meme vivant en­
cOfe dans son corps ''\l'en sutabsolllment rien : par HI jevis claire­
menl que celui qui nie Dieu est deja parmi,Jes damnes, et qu'apres
la morl i1 est reeueilli vel's les siens.
15. VIII. RlEN DE L'EGLISE N'EST· EN COHERENCE CHEZ J:IiOMME
'QUI RECONNAIT, NON UN SEUL DIEU, MArs PLUSIEURS DIElJX
Celui qui reconnait de foi et adore'de creudm se'1I1 Diell\ est danS'
la comnlunion des Sain,ts dans le5 terres et dans la c'Ommunion de~
Anges dansles deux; ces assemblees sont diles, communions, et.
,elles le sont, parce que ceux qui les composent sont en un seul
Dieu, et qu'un seul Dieu eS1t en eux ; ,ils SOllt meme 'en conjonclion
a\lec le Ciel Angeliq1le tout enlier, et j'oserai dire, avec lous el cba­
1\2 LA VRAIE
elln la, ear ils sont ta.ns comma les tils1e.t les descendants d'uD senl
P~re; leurs men tals. ~animi), le.iJrs mreurs et leurs' faces sGnt' si~
mHaires. ce qui fait qiJ'i,ls se connaissent mutuellemenL. Le Cial Ain­
lelique a ete coordonne en Societas oolon loutes ies varietes de Fa
mOUF do bien, varietes qUii tendent a ,un seul Amour tres·,universoo.,
l'amQurpour Dieu ; par eet Amour ont ete propages tous ceux qui
J1lJconn;lissent de foi et ado'ren:t de COOllr un seul ;Dieu, Createur del
l'univel's, et e.n meme temps Reaempteur et MgeneratmJr. Maill it
en est aulrement de ceux qUoi :cberchent et ad'orent non un seu:l'
Di~u mais plusieurs Dietix.s\lit que cala arrive en celqu'i1s e.n ado...
rent' un Mbouche 'et trojs par la pe'nsee, CO.lllme font dans ,1'EgLise:
d:aujourd'hui ,Ceux qui diskinguen,t Dieu,en ' trois P,ersonnes, et de-'
• clarent, chaqueJPetsotme Dieu par elle-rnen'le, et attrlbuerll a chil'­
cune des qua,lite~ separees, .'ou des proprieHYs qui n"ap:partienneDll\
ppintril'une:atMe; ce qui fa,it que non-seu.Jement I'lmite l"de:/lnieu
est en actnaiite ,divisee, inais palleillement an'sst la 'Tijeologie elle';"
m~rne et le Mental hurnai.n dans' lequel elle doit ~tre. Qu,e nejaillit
i1 de la dans les c~oses. de \,'Eglise; sinon la ,perple:x!ite e,t l~illcoqe;"
r.enc~? pans I'A,ppendice 'qui sulvra cet Om,rage, it s8llaidemontr"
qlue tel est !'etat de l'Eglise d'aujourd'hUi. C'ast 'une 'verite q'ue la'
division de Dieu'ou de i'Essence Divine eh': frbis Personiles, dant,l
cll~c.lill\e par elle-meme 011 ~eparellient est'Dieu, conduit it la nega::
tion d.e Diet! ; c'est comme quelqu'lIo qui entredans un Temple pour
ad9'Ter, et qui voit sur 1;10' Autel un Tableau representant lin Diew
comme l' Ancien des joJJrs, Uf) Second Dieu comme Sbuv,erain.Poli-,
tire, et un Troisiem.e 'oomme UlYl Eole volan't, et a4-dessous celt~,
inspription : Ces trois solit un Seul Dieu: ou peut-etra comme si
l'op y voyait l'Unite' et J'aTrinite represeritees comma Ull homme
avec trois Teles sur un seul corps, du avec ~rdis corps, s@us UJ;le
saule Tete, ce qui est une forme "rn0nstrueuse '; si quelqu'un entrait
avec ceUe idee dans,le Ciel, il en serail certainement precipite, lors,
roeme qu:'il dirait 'que la T,ete,du les Tlele6 signinent l'E'sserice,"et
]e Cp~ps ou les Co~ps'lesl PropFitHes dislincLes.
.. ...
'" ,
.. ...
C!fJA cequi lIient'd'e~,e dit jlajouterai un MiiIORABLE: Je"vis quel...
qQes E!!prits, nouvelJem~Qt a,rtjv6s du llonde naturel dans le Mond~
RELIGION ·CHRETIENNE. 2~

Spirituel, qui parlaient entre ellx des Trois Personnes Divines d~


tOllte eTernite; i1s avaient ete Chanoines, et I'un d'eux Eveque; f1~
JJa'ab orderent, et apres les avoir entretenus un inMant du Monde'
Spirituel, dont auparavant i1s n'avaient eu aucune connaissance, je
leur dis: Se vous ai enlendus parler des lrois Personnes Divines de
(oule eternite : je VOIlS prie de developper ce grand Mystere selon
les idees que vous en avez prises Jans le Monde naturel d'ou vousH
~les nOllvellement venus: et alors le Primal, me regardant, medit~
Je v6is que lu es laic; j'ouvrirai donc les idees de ma pellsce sur ce
gtand Mystere, et je l' enMignerai. Mes idees ont ete et son t encore
que Dieu le Pere, Dieu leFils et Dieu I'Esprit Saint son\:assis' dans
le Milieu du aiel sur trois Sieges au Trones magnifiques el eleves;
Dieu le Pere, sur un Trone d'or fin avec un Sce·plre dans la main ;'
Dieu le Fils, a la droile du Pere sur un Trone d'aq;ent lres~pur
avec une Couronne sur la lele ; el Dieu l'Esprit Saint pres d'eux sur
un TI'orle de cri~tal respl'endiasant, lenant une Colombe dans la'
main; que touL aulour d'eux" en triple rang, brillent par l'~cla't,des
pierres precieuses des lamp'es suspendues; et que loin de ce Cercle
se tientune quantitc'innombrable d'Anges qui tous adorent et glo~
riflent; qll'en outre Dieu le Pere et son Fils s'enlretiennent conti­
nuellement de ceux qui doivenl etre justi-fies, eL qu'entre ettxils
determinent et decident quels sont dans les tel'res celiX qui seraient
dignes d'etre reClIs p'armi,les Anges et d'Mre couronnes die la vie
eternelle; que Dieu I'Esprit Saint, aussitot qu'il a entendu pronon­
cer leurs noms, se diri'ge pl'omptement sUT]e globe de la terre vel's
eux, pOl'lant avec lui les dons .de la jusLice, tout aulant d'asswrances
de salut pour ceux qu i doivent etre justifies, et des qu'i\ arrive et'
qu'i1 souffle, iI dissipe les peches. comme un ven'Lilateur chasse la
fiJm~~ d'une ro'u-rnaise et la olanchit ; il enleve aussi de leurs creur
les duretes de la pierre et y porte les mollesses de la chair, el en
IMme temps iI renouveJ'le leurs Esprits ou leurs mehtals, il les en
gendre,de noU\'eau et leur d~nne des physionomies enfanlines; en­
fin, il marque leuFs fronts du signe de la croix, et' les nomme tHus
et fils de Dieu. Ce. discours 'termin'e, ce Primat me di'l; C'est ainsi
que rat developpe ce grand m)'sLere dans le Monde; et conll~e' l:t
p:lupart des'membres de notre Ol'dr'e y ont applaudi mes paroles.
je' S'tis'persua~ que' ~oi aussi, qui' es' laie, tu y aioules foi. '\:l'rM
2:4 LA VRAIE
que le'Primal eut prononce ces mOIS, je le regardai attentivement
et 'en mem~ temps les ~banoines, qui etaient av.ec lui, et je 'emar­
q.uai qu'ils I,uidonnaient tous un plein assentiment, je commen~ai
donc it repondre, etje dis: J'ai bien examine l'enonce de ta foi, 'et
j',eD ai c~mclu q'le tu Ces forme et que tu retiens avec plaisir sur
DieM Trium une idee absolument nalurelle et sensuclle, et meme
ma,terielle, de laquelle decoule inevitablement l'idee de trois Dieux ;
n;e~t-ce pas penser sensuellement de Dieu ,le Pere que de l'asseoir
sur un Trone avec un Sceptre dans la main; et du Fils, que de l'as­
seoir sur son Trone avec une Couronne sur la ,Wte; et de I'Esprit
&aint, que:,~fe le placer sur le sien avec une Colombe dans la main,
e~,~~ lui faire parcourir leglobe de laterre selon ce qu'jJ a entendu?
~tiPllisqu'lIne lelle idee resulte de la, je ne puis ajollter foi 11 tes'
p~roles : en etr~t, dans mon enfance, je n'ai pu admeUre dans mon
merltal do'autre idee que celle O'UN SEUL DlEuhe,t comme je rai seule
admise et que je la retiens, tout ce que tu as, dit s'evanouit cheli
l'\loi,; et alorsj'ai vu que pal'le Trone sur lequel, selon I'Ecriture,
Jehovah est dit s'asseoir; est entendu le Royal)me ; par le Sceptre
et,la Couronne, le Gouvernement e,l la Domination ; par ,s'asseoir
a. la d~oite, la TOlJte-Puissance ,de Dieu par son Humain ; et par,
t,ou'tes les choses qui sont diles de I'Esprit Saint, lIes Operations de
l,a Dirille Toute-P~esence: prends, s'i1, le p'\aH, I'idee I)'UN SEUL
~1EU,: ron,le-la bien dans ton Raisonnement, et tu saisiras entin avec
clarle que cela est ainsi. Vous, it est vr~i" vous dites ainsi floe Dieu,
~st ~Jn, et cela, parceque"vo,us failes une, et aus~i indivisible l'Es­
(~ence de ces Trois PersRnnes; ma,is vOJ!L.D.~J~~rmett~ pa~_~e
) que)qu,'pn disc que ce Die].1lJ~jq~e ~sl u~e seu,I~ r..~e, VOll~-
\e~!!_u ...Q.o,nlraire~i...Y ,"ep!,~it tr\ois; eL vOl,Isllfaites eela aE.~ Cl!!
1 ti,d~e de,l,!'.,g!s .Q.iellx, teJ!e. ql!~~ la \:~~re, ~. p~isse, ~oi-"-t ;' et vous
altribue~ anssi 11 chacun une propriete separee de I la proprieL~i de
rautre,~ l1'est-ce p~sde celle maniere divise,r votre Essence Divine!
) Ppisqu'il en est ajnsi, comment pouNez~vous dire ,et e,n meme temps
1 penser que Dieu est 'lIln? J,e vqus le pardonner,ais, si vous disiez que
le Divin es~ un. Go_~en~ q~q~un".q!!!!!<!. il !n~end ~ire~, Le
~he.....ft.§.tPieltt.!.(0!J~tDif!u, (~§.sprif:t..S~nt est Die~t, e~~ha-.

)
que Persori'!:.een parliculier est pieu,
peut[ICp,enserqu'il u'ya
ql~~~ se~1 Dieu ?N'est-~e pas ~ne co.nlradfcLion ~ laqueile il'U'esl
RELIGION CiHRltTIENNE. 25
jaUlais possible d' ajouter foi? Qu' on puisse dire, non pas un seul
Qieu, mais un sernblable Divin, ceb, peut elre- illuslre ainsi: De
ph.lsieurs hommes qui formeu,t ensemble un Scnat, un Consistoire
,~uun Concile, on ne peut pas dire q,u'ils sont un seul homme ; mais,
.quand sur touLes choses en general et en particulier il y a. une seule
opinion, on peul dire qu'ils ont un seul sentiment: on ne peut pas
('dire non plus de lrois diamanls d'une meme substance qu'its sont
I un seul Diamant, mais on peut dire qu'i\s sonl un quant il. la subs­
tance, et aussi que cbaque Diamanl differe de l'autre par leprix se­
\Ion le poids propre ; toutefois, iI n'en est pas de meme, s'il y en a
( un seul et non trois~ lIais je percois pourquoi vous dites que leSl
, trois Pe~sonnes Divines, dont chacune par elle-meme 011 en parti­
culier est Dieu, sonl un seul Dieu, et pourquoi vous enjoignez a
.chaque membre de l'Eglise de parler ainsi ;;;'CSI p~'une Rai­
~
1;,;; eclairee etsaine reconnatt' danSiOliti'Univers qu'il n'y a qu'un

) seul Dieu,' el qu'en consequence vous seriez couverls de,bonle, si

vous ne teniez pas aussi le meme langage;\mais neanmoins quand

) vous prononcei un seul Dieu, quoique vo~ensiez !!:Qis, cette honte

I .cependant ne retient pas ces deux mols dans la bouche, mais vous

lIes enoncez\L'Eveque, aprcs avoir entendu ce que je venais de dire,

( se relira avec ses Chanoines, et en se relirant il se relourna, et vou­

) 1ut s'ecrier: Il n'y a qu'un seul Dieu; mais il ne put, pa~qu~a

, p<e!!-~eti~::.I_~g!!.e, eL~lors ill!.~nca~~~_~e :1.1

l J l!lrois Dieux. En \'oyaIlLc.et~tf~pro~Jgieux, les assistants ecla­


leren~ de ;rire et s'en allerent.
~ Ensuite je demandai OU je trouverais, parn1i les Erudits, ceux
,qui ont le plus de penetration, et qui liennenl pour la Divine Tri­
njte divMe en trois Personnes: et, it s'en pl'esenla trois auxquels
je dis: Comment pouvez-vons diviser la Divine Trinite, en Trois
~ersonnes, et sou.lenir que chaque Personne par elle-meme au en
Pilrliculier est Dieu et Seig·neur? Est-ce qu'ainsi la confession de
,boucbe, que Die!!-est DJ), n'est pas aussi eloignee de la pensee, que.,
leUidi est loin. du Sel'ten.Lri,on? A cela ils repondirent ~ Elle n'en
,est nullement eloigpee, paree que 'les trois Personnes onfUne Seule
'} -" " . . - ­
~enee, et que la Divine ,E~senQ~.est Di~ll; nous avons ele dans le
.Monde les Tuleurs de la .'rrinite .des Personnes, elle Pupille dont
.n.ous avons g~re la tutelle etait notre foi, dans Iaquelle ehaque Per­
26 LA. VRAIE
so nne Divine a oblenu sa part; Dieu le Pere a eu' en partage d'im­
puter et de donner'; Dieu le Fils, d'intercedel' et d'.elre mediateul"p
et Dieu I'Esprit Saint, d'efl'ectuer les us:lges de .J'Jmputalion et de
]a mediation, Mais, ai-je demande, qu'enten,dez-vous par Divine'
E.!~e? lis repond'irent: Nous entendons la Toute:Pllissance, la
T oUle-Science, la TOII;le· Presence, I'Immensite, l'Eternile, l'Ega­
lite de Majestc. Alor:; je leur dis : Si ~elte Essen~fait de plusieufS!
Dieux Un Seul, vous pouvez encore en ajouter plusieurs, par exem­
,pIe, un qualrieme dont iI est parle dans MOlse, dans Ezcchiel et
dans Job, et qui est appele Dieu Schaddat; c'esl alOsi que, dans la
Grece et dans )'Italie, ont agi les Anciens, qui ont departi de pare~hj;
atlribuls et par consequent un!! se...mblabl~ce a lellrs dieux,
comme a Salurne, a JUI)iter, a Neptune, aPluton, a Apollon, aJu- '
non, a Diane, a MineI've, et m~me aussi 11 Mercure et a Venus, maiS)
toujours est-il qu'jls n'ont pH dil'e que tOllS ces dieux etaient un
seul Dieu ~t vous'aussi, qui eles'tl'ois, et,co7nmeJeTeper~ois ..
)d'une semblable erudition, et ainsi d'une sen~blable ~ssence qu..!!!·"
'I a,l.erudition, vous ne pouvez cependant vous combineI', en un seul.'
I bomme erudil. i\Jais a ces mats, ils se mirent a rire, eri disant ~i
C'est une plaisanterie: il en est tout autrement d'el'Essenc..eJ1i.YJ.!le ;1'
celle-ci est une et Don lriparlie, et cUe est indivisible et ainsi non
divisee; le partage et la division' ne lombent point en elle, Lorsqll
feus elil.endu ces paroles, je repliquai : Deseendonsdans cette arene,
et con/ballons ; et je leur demandai : Qu'el]l.llILd~~o~ paue !!lot
Pe!~ne, el que signitie celle expression? Ell ilsdirent: Le nom,
de Persorme signifi'e, non pas tine' partie ou tine qualiti dam
un aul1'e, mais'Ce qui suhsiste proprement '; ain~i est defini I(l'
Ul..Q!.Personne par tous les Chefs de I'Eglise, et par nous avec eux,
Et je dis: Est·celil la definition du mot Personne? Et ils repondi­
rent: Oui. Ains;, leur dis-je, il n'y a aucune partie clll Pere dan's­
le Fils, ni aucune parlie ite I'ull cl de I'autre dans I'Esprit Saint;
d'oil il resulte que chacun est mail re. de son arbilre, de son droit"
c't de SOD !luuvoir, et ainsi il n'Yja rien qU:i 'conjoigne, sinon la vo
lonle qui est ,propre 11 chacun, e\ par con,sequen't colnoHinieable
selon l'e ban plaisir: Jes _trois_ PersQ,~!!~ ne sont-~!l~Lpas _Mns)
tr9i.s ~i~~_x disti~.ls? Ecoutez enco~ : ~VoUS1\'ez aussi donn~ pour;/
. definition de la Personne, qUtJ c'est Cl~_A!!!,~bsiste proprem~tl;
RELIGIQN CHREtIENNE. 21
par consequent il y a tr~ substances ~!~_1esquel~s V~~_B partagez
t rEssence Divine, et~p~~~ue Essence, .:-~~us le diles:
. ll.ussi, ,estimparlageable, parce qU'elle est une et indi,viSffile; et d&
plus ~. cbaquesubStance, c'est-it-dire, a chaque Persollne, VOUSl
attribuez d'es proprietes qui ne sont point dans une autre, et qui ne
peuvent point non plus ·~tre communiquees a une autre, savoir,
I'Imputation, la MMiation et l'Opera-tion; alors que resJUte-t-il de
la, sin.Qn qu~_les .!!oi~~ersonnes sonl trois Dieux ~ A ce~mols, ils
se retirerent, en disant: Nous agiterons ces questions; et ap'res
l'examen nous repondrons. Un sage, qui etait present, ayanl en­
tendu celle discussion, leur dit : Je ne veux pas considerer ce 8ujef
sublime it travers des treillis si subtils, ma.is· en debors de ces sub­
0{ { tilites je vois dans une lumiere claire q~ l!a~les _idees de vOI~e
p~n~~jl l'a troi's pieux ; mais comme iI y a pudeur a exposer ces
( idees devantle Monde entier, car 'si vous les pubJiiez, VOUi) seriez
:2 ~ appeles insens.es el fous, il-i~yort~ donc, pour evi~l'ig~ominie,
1 que vous con(essiez de bonche un seul Dieu. Neanmoins cell trois
erudils ~'t~~~ient a,vel" opl1\i,atre~-~ leur opinion, ne firent au­
cune attention aux ~aroles du sage, et en s'en allant ils pronoH­
~aieflit en murmurant quelques termes empruntes ala metaphysique;
ce qui me fit remarquer que celle science etait le brepied d'oit ils,
vo~draient donner des reponses.

DU blVIN tTRE, QUI EST JEHOVAH.

is'. Il s'agit d'abord dli Divin EIre, et ensuite il sera traite de I


Divine Essence: il sembl'e qu'il y ait r entre Jes deux une identite
parfaile, mais loujours est-'il que l'Etre est plus Univers,el. que I'Es­
sence, car I'Eissence 'suppose l'Elre, et c'estd'apres rElre 'qu'il ya
l'Essence: l'Elre de 'Dieu ou l'Etre Divin ne peut etre decrit, parce
qu'il est au-dessu's de 10\.lte idee de la pensee hilmaine ; il n'y a que
le crM et Ie'fini qui'tomblmt dans celle p,ensee, mais l'Incree et
l'iJnfinin'y lambent point', oi par consequent l'Etre Divin: I'Elt-e,
Divin est l'Elre meme d'apl'es lequel toutes choses SOOl, el qui dait.·
titre dans toulesch-oses pour qu 'eltes so.ient. ,Une union plus com­
plt~le sur l'Etre Divin p'e~t decouler des Arlicl.es suivanls :
~8 LA VRA.IE
I. Ce Die" Un est appete.JChovah d'apres l'~tre, par cons'!,
quent parce que Selll il Est, il a Ete et il Sera, et parce qu'il
~st le Premier et le Demier; le Commencement et la Fin, l'AI­
pha e~ l' Omega.
n. Ce Di~u Un est la Substance m~me et la Forme m~me,
lft; les Anges et les Hommes sont des substances et des forme~
4'apres 4Y..i; et autant its sont en Lui et Lui en eux, autant its.
.~qnt ses 'images et ses ressemblances.
Ill. Le Divin Etre est l' Etre en soi, et en meme temps l' Exis­
ter en soi.
IV. Le Divil1 Etre et Exister en .soi ne pe'u,t produire un auer ~
Divin qui soi.t l' Etre et l' Exister ' en soi, par consequent un
autre Diete de mhne Essence n'est pas admissible.
V. La Plumlitd des dieu.x dans les,Siecfes anciens et aussi
'4e nos jours n'a existe qt;e pal'ce qu~on n'a pas compris le Di~
v,in Etre.
I 'Chacun de ces Articles va etre explique separernent.
,19. I. CE DIEU UN EST APPELE JEHOVAH D'APRES r:ETRE, PAR CON..'
SEQUENT, UJ\CE QUE SEUJ, lJ"EST,. IL A En!: ET XL SERA, ET PAltCE
~U'IL 'EST LE PREMlER ET LE 'DERN-IER, LE Comn:NCEMEN! ET LA .
E~~, r:ALPHA, ET r:OMEGA ..
Que Jehovah signifie Je suis et I' Etre, cela est connn; et que
Dieu des les temps tres-anciens ait ete ainsi appele, cela est cons­
tant d'apres le Livre de la Creation, ou d'apres la Genese, oudans
le Premier Chapitre ihest nomrne DielJ, et dans le Second Chapitre
e.t dans Jes suivants, Jehovah Dieu : et plus tard, quand les descen­
dants\d'Abraham issus de Jacob. eurent oublie le nom de Dieu .pen­
dant leur residence en Egypte, il le,ur 'fut rappele 11 la mernoire; il
en est ainsi parle: «I Mo'ise dit aDieu: Quel (estj ton Nom?
Dieu.dit: JE 8ms QUI (est) JE SUIS. Ainsi tu diras aux Fils d'Is,­
rael: JI!: 8ms m'a envoye ve1:S vous; et .tu diras: JEROVAH, LE'
HIED de vos, lP eres, nz' a envoye 'lYers vaus : 'Geei est mon 'nom
pour NtemitfJ, et ,eeci mon Memorial de generation en '!lene
ration. )~ - Exod. Ill, 14, i5. - Puisque,Dieu Seull est Je .suis
et .l'Etre, ou Jehovah, it u'y a donc rien ,dans l'Univers Icree'fjlli n~
tire son etre de Lui ;rmais comment? c'est ce qu'on verra ci-de~.:;ous :
la m€me chose est. aussi enlendue pal' ces paroles: « Jesuis le PI'e~
RELIGION CHRETIENNE. 29
mieret le Dernier, le Commencement et la Fin, l'Alpha et 1'0-
meqa. ) - Esai"e. XLIV, 16. Apoe" I. 8, i1, XXII, 13; - ce qui
signifie Celui qui depuis les premiers jusqu'aux derniers est le
Memeet I'Unique, de Qui, toutes choses procedent. Si Dieu est ap-
'fete l' Alpha et l'Omega, le Commencement et la Fin, c'est parce
que l' Alpha est la Premiere et l'Omega la Derniere Letlre dans
l' Alphabet Grec, etI par suite signitient tontes choses dans le com-
plexe; cela vient de" ce que chaque Letlre Alphabetique,L11 dans le
Monde Spirituel, signifie quelque chose, et que les Voyelles, paree
~u'elles servent au son, signifient quelque chose de I'alfection ou de
'l'amour ; de cette 'origine procede le langage Spirituel ou AngeIi-
que, et aussi l'Ecrilllre dans le Monde Spirituel. Mais cela est un
Arcane jusqu'i!. presellf inconim; it y a, en effet, une Langue Uni~
verselle, dont se servent tous les Anges et tous les Esprits, et qui
n'a rien de commun avec aucune Lang-ue des hommes dans le
Monde; tout homme apres la mort po&sMe cette Langue, car elIe
est innee dans chaque homme d'apres la creation; c'est pourquqi
da~ns tout le Monde Spirituel chaeun peut comprendre ce que dit un
autre: iI 'llI'a tres~souvent He donne d'entendreparler cette Langue,
et j' ai reconnu qu'elIe n.'a pas meme de conformite dalls la plus p~-
tite chose avec aucune Langue naturelle de la terre; elle en diffe,'e
d'apres son premier principe, qui eonsiste en ce que chaque letlr~
de chaque mot signifie quelque chose. C'est done de Ja que Dieu es:t
appele I' Alpha et !'Omega, ce qui signifie que depuis les, premiers
jusqu'aux derniers it est le Soi-nieme et l'Unique; de Qui toute~
, '11' ~

choses procedent,; mais sur celte Langue et sur son' Ecdlure qui
decoulent de'la pensee Spiri'tu'elle deS ~Anges, voir dans le Trai!~
~' 11

de l' AMOUR CON'JUGAL N°S 326 it· 329, et aussi dans ce qui suit.
2'0. H. CE DIEU UN EST LA SUBSTANCE MEME ET LA FORME lII1hIE,
ET LES ANGES 'E~'LES HomfEs so'NT DES SUBSTANCES ET DES FORMES
D'APRES LU!; 'L ' .
ET AUTANT lLS SQNT EN lH ET LUI EN EUX, AUTANT
.1
, , ,I~ , , ~ .l 11

lLS SONT SES IMAGES ET SES RE5SElIIBJ,ANCES.


Puisque Dieu' est I'Etre, il est ~ussi la Subs'tance; en 'effet, I'E.~re,
it moins qu)l n'y' ait substance, est u'n elre de raison; car la sub~
stance est l'etre subsistant (ens subsistens) ; et celtii qui est la sub f
'~l~nc'e est I :\ussi 'la !fo'rm~, car'J l~ "substance, a moins'qu'il n'y ai~
lorme, est un etre de' raison; I'tine el I'alltre peuvent done se dire
~o LA VRA.JE
de· Dieu, mais en ce $ens qu'i! est la Substance unique, la Sustance
meme, la Substance prl~miere, et la Forme unique, la Forme me~~.
la Forme premiere. Que cette Forme soit la Forme humaine meure.
c'est-a-dire que Dieu soit l'Homme Meme, dont tout est infini, c'est
ce qui a He demon~re dans LA SAGESSE ANGELlQUE SUR LE DIVIN AMOUR.
ET LA DIVINE SAGESSE, publiee a Amsterdam en 1763; il Y est de
meme demolllre que les Anges et les Hommes sont des substances
,et des formes creees et organisees pour rr.c6voi'r les Divins qui in­
fluent ell eux par le Cie\'; c'est pourquoi, dans le Livre de la crea­
tion, 'ils sont appeles Images et RessemOlances de Dieu, - Gen'. I.
26, 27; - r et ailleurs il est dit CfU'ils sont fib de Dieuel nes de
Dieu ; nJais, dans le cours de cet Ouvrage, iI sera demontre en plu­
s·i.eurs endroils, qu'autant I'homme vit SOilS I'auspice Divin, c'esl-3­
dire, se laisse conduire par Dieu, autant il d~vienl de plus en plus
,inlerieurement l'image de Dieu. Si l'on ne se forme pas de Dieu l'ir­
Me qu'it est la premiere Substance et la pr,emiere Forme,' et qu~ sa
Forme est la Forme Humaine meme, les i\fentals humains peu\ent
facilement inlroquire en eux des fantaisies comme des spectres sur
pi ell Lui-Meme l SUI' l'origine des hommes, et. Sill' la,'Cre,aLio!n du
Monde ; s~r, Dieu, n'avoiT d'aulre nOlion qu.e comme de la N1\ture
de l'univers dans ses premiers, ainsi comme de I'Etendue de la na,­
(tur.e, ou comme du vide ou dJljneant ; Sill' l'origin y des hommes.
D'en avoir que comme du concours forfuit des elements dans la
'forme humaine; sur la Creation du Monde, s'ima.giner que I'origine
de ses substances et de sesformes vient de points et ensuite delignes
geometr.iques, qui, n'ayant aucupe attribution, ne sont par con~er
quent r,ien en eu)(.-memes ; chez de tels hommes tout, ce qui appar­
tient' a I'Eglise est' commele Styx, OU comll,le I'obscurite'dans le
Tarlare. ., .
24. Ill. LE DIVIN ETRE EST L'ETRE EN SOl, ET EN Mlhm TEMP~
L'ExISTER EN 501.
Si Jehovah Dieu est I'Etre en soi, c'est parce qu'il est Je Suis, le
a
Soi..,meme, l'Unique, eUe premier, de toute eternile toule ete~nite.
par qui est tout ce qui est· pour etre quelque chose ;, c'est ainsi" e.t
non' autrement, qu'il e,sl le Commencement et la Fin, le Premier et
ne
le Dernier. l'Alpha 'et l'Omega : on peut dire"qu'il est SOn Etre
'desoi, parce que ce DE 501 suppose un ariterieur ~t ains~ le tem'ps, c;
RELIGION CHRETIENNE. 31
-qui n'est pas admissible dansl'lnfini qu'on nomme DE TOUTE ETERNITE
(ab ceterno), et sup,pose aussi un autre Dieu, qui Est Dieu en wi,
ainsi suppose Dieu de Dieu (Deus a Deo), ou que Dieu s'est forme
Lui-merne, et, ainsi ne serait Di lncree, ,Ili Infini, parce qu'ainsi il
s'est fini de lui-meme ou d'apres un autre. De ce que Dieu est I'Etre
en soi, it s'ensuit qu..'jJ est l'J\mour en soi, la Sagesseen soi, et la
Vie en soi, et qU'it est le Soi-meme 'de quoi toutes choses sont, et a
quoi toutes choses se referent, pour etre quelque chose; que Dieu
soit la vie en soi, et ainsi Dieu, on le voit par les paroles du Sei~
gneur dans Jean, ch. V, 26; et dans Esaie: « M'oi Jehovah, je
fais toutes choses, deployant seul les Cieux, et etendant la
Terre par Moi-meme. - XLIV, 24. - Et it est dit qu'it est Seul
Dieu et qu'exceptd Lui' il n'y, a point de Dieu.--:- Esaie, XLN,
14, i5, 2\, 22; Hosee, XIII, 4. - Si Diell est,non-seulelpent I'Etre
en soi, mais aussi I'Exister en so,i, c'esl parce que l'Etre. a moins
qU'il n'Exisle, n'est pas qllelque chose; et de mcme l'Exister, a
moin's qu'il ne soit d'apres l'Etre ; c'est pourquoi, I'un etant donne,
. l'autre doit clre donne; pareillement, si la suhslance aussi n'a pas.
'une forme; de la Substancc, s'il n'y a pas form~, rien ne peut etr6J
dit, et cela n'ayanl point de qualite, n'est rien en soi. S'i1 est
dit ici I'ELre el l'Exister, et non I'Essence et I'Existellce, c'est
parce qu'il faut dislinguer entre l'Elre et l'Essence, et par suite en­
tre I'E:l.istpr et l'Existence, comme entre l'anterieuret le poste­
rieur; au Divio Et,'e s'appliquent l'Infinile et I'Eternite, tandis 'qu'a
la. Divine Essence et a la' Divine Existence s'appliquent le Divin
Amour et la Div,ine Sagesse, et par ces deux-ci hi Toute-Puissance et.
la Toute-Presence,donrpar consequent'il sera traite dans leur ordre.
22. Que Dieu soit le Soi-rtJeme, l'Unique et le Premier, qui est
'Domme I'Etre en soi et l'Existel' en soi, de qui procMent toutes les.
choses qui sout et existent, c'est ce que l'homme Naturel ne peut
nullement decouvrir d'apres sa raison, car l'homme Naturel d'apres
sa raison ne peut saisir que ce qui apparlient a la nature; en effet,
,ce qui appartient it la nature cadre avec son. essence, parce qu'H n'y
est entre rien autre chose depuis son enfance et sa jeunesse ; mais
cdinme I'homme a ete.cree pour etre Spirituel aussi, parce qU'it doit
vivre apres la'mort et etre alors parmi les Spirituels dans Ieur Monde,
c'est pour cela que Dieu dans sa Providence a donne une Parole.
32 LA. VRAlE
dans laquelle non-seulement il s'esl rcvele Lui-Meme, mais dans la­
. quelle il a aussi rcvele qu'il y a un Ciel el un Enfer, et que tout
homme doit vivre eternellcment dans run ou dans l'autre, chacufl .
selon sa vie et en meme temps selon sa foi. Dieu a aussi revcle dans
la Parole qu'il est Je Suis ou rElre, et le Soi-meme et rUnique qui
en soi est, et ainsi le Premierou le Principe. d'ou procedent toutes
chases. C'est par celle Revelation que I'homme Naturel peut s'cle­
vel' au-dessus de la nature, ainsi au-dessus de lui-meme, et voir­
les chases qui sont de Dieu; mais toujours cependant comme de
I
loin, quoique Dieu soit proc'le chez cbaque homme, car il est en lut.
avec SO/l Essence; et cela etant ainsi,il.est proche chez ceux qui
L'aiment, et ceux-lil L'aiment, qui vivent scIon ses precepteset qui
eroient en Lui ; eux Le voient pour ainsi dire Lui-~feme ; qu'est-ce
que la foi, siooo la vue spirituelle que Dieu est? Et qu'€st-ce que la
vie selon les preceptes de Dieu, sinoo la reconnaissanoe acluelle que·
le salut et la vie eterI)elle viennent de Diell ?Ceux, au conlraire, qui
sont non dans la foi spirituelle, mais dans la foi naturelle, laqllelle.
est seulemenl une science, et par suite dans une vie sernblable,voient:
Dieu, il est vrai, mais de loin, el cela seulemenl quand ils parlent
de Lui ; entre les premiers el ceux-ci i1 ya une difference, comme
entre ceux qui sont dans la c1arle de la lumiere et qui voient les
hommespres d1 eux elles louchent, el ceux qu i sont dans un brouillard
epais, el qui par sui le ne peuvent· voir si ce sont des hommes, ou'si
ce sont des arbres 011 des rOGlrers ; ou bien enC0J'.c,comme enUre
eeux qui sont sur une halite Monlagntl ou est situee une Villa et qui
vont c;a et la et s'entreLieilnent a"ec leurs concitoyens("et ceux qui
,de celle IIIonlagne re(ardent en bas et ne distinguent pas si les o~­
jets qu'ils voient sont des hommcs, ou si ce sont des beles oU'des
statues; ou Lien encore comme entre ceux qui sont sur un globe
planetaire et y voient leurs semblables, et ceux/qui sont sur un aw..
Ire globe planetaire un telescope a la main, et regardent'une planete,
,.et qui uisent y voi,r des hommes, lorsque cependant its' n'CINoienUen
genler,,1 que des terres lelles quien presente le brillant,del']a'tune,
et des eaux telles qu'en presenten! les taches de 'ce satelJ,ile.JII.&"a
une 4ipareille difference enlre vloir.Dieu'et les D1vins qui procedent
de Dieu dansJeur'mental" chez ceux,qui son't dans la foi 'et,~n menre
,.temps dans la vie de la'chal'itc, ctchez ceuX' qui sont seulement a
RELIGION CHRETIENNE. 3'3
eel egard dans la science, par consequent entre les homilies Naturels
et les hommes Spirituels. Quant it ceux qui nient la Divine Saintete
de la Parole, et qui cependanl portent comme dans un sac sur le
dos les choses qui apparliennent ~ la Religion, its ne yoient point
Dieu, mais ils font seule;nent reter,tir le nom de Dieu, diffel'anl peu
en cela des perroquets.
23. IV. LE DIVIN ETRE ET EXISTEIl EN ~OI NE PEGT PRODUlRE UN
AUTRE DIVIN QUI SOIT L'ETRE ET L'ExISTER EN sal; PAR CONSEQUENT
11N AUTRE DIEU DE M"EME ESSRNCE N'EST PAS AmnSSIBLE.
Que le Dreu un, qui est le Createlir de J'Univers, soitl'Etre et
l;Exisler en soi, ainsi Dieu en soi, c'est ce qui a ele monlrejus­
qU'ici; il suit de la qu'un Oieude Dieu (DellS a Deo) n'est pas ad­
missible, parce qu'en iui il n'y aurait pas I'Essentiel Divin meme,
qui est l'Elre et l'Exister en soi ; peu importe que ron dise elre en­
gendre de Dieu, ou procCdel' de Dieu, c'est loujours neanmoins etre
produit par Diell, el ceb differe peu d'ctre crM; en consequence,
inlroduire dans J'Eglise la foi qu'ily a lrois Personnes Divines, dont
cbacune en parliclllier est Dieu, el de meme Essence, el que l'un est
ne de toute eternile, et qlleletroisiemeestprocCdantdelouteeternite,
c'est absolumentabolirl'idee de I'UnitedeDieu etavecelle toule notion
de la Divinile, et ainsi faire que toulleSpiritueldelaraisonsoitexile;
par suite, !'homme n'esl plus un homme, mais il eslloul enlier Na­
'lurel ; il ne dilfel'e plus de la bete qu'en ce qu'il peul parler, et iI
est oppose it tous les Spirituels de l'Eglise, car I'homl11e naturelles
nomme des reveries; c'est de HI et non d'autre part que sont sorties
lant d'enormes heresies sur Dieu : la Divine Trinile divisee en Per­
, sonnes a donc porle da~s l'Eglise non-seulement la nuit, mais aussi
la mort. Que l'idenlile des trois Essence~ Divines soit le scandale de
la raison, c'esl ce qui m'a ete prouve par les Anges; ils m'ont dil
qu'i!s ne peuvent pas meme prononcer qu'il y a 'trois Divinites
egales, et que si quelqu'un venait it eux, el voiJlait le prononcer, il
ne le pourrait pas sans se detourner, et qu'apres I'avoir prononce,
it deviendrait comme un tronc humain, et serail precipitc en bas,
pour, aller ensuite dans I'Enfer vel's ceux qui ne reconnaissent all­
cun Dieu. C'est une verite, que graver daps l'enfant et dans le jellne
homme I'idee de trois Personlies Divines, a laquelle s'attache inevi­
lablement l'idee de trois dieux, c'est leur enlever lout lailage spiri.
I. '-- . 3
34. LA VRAIE
tuel, et ensuile tOllt aliment spirilUel, et en6n lout raisonnement
spirituel, et chez ceux qui s'y sont eontlrmes, introduire la mort spi­
rituelle. 11 en est tOllt autrement chez ceux qui de roi et de crellr
adOi'ent un seul Dieu Createur de l'Univers, e,t cn meme temps Re­
dempteur et Regenerateur; leur situation resscmble a celle de la
Ville de Sion du temps de David, et tl celle de la Ville de Jerusalem
Idu temps de Salomon apres que le Templeeut ete b:iti, tandis que
l'Eglise qui croit en trois Personnes, et en chacune comme en un
Dieu particulier, ressemble aux villes de Sion et de Jerusalem de­
truites par Vespasien, et au Temple qui y rut incentlie. De plus,
1'homme qui adore un seul Dieu flans Leqllel est la Divine Trinitc7
• I '

et qui e~t par c'onsequent une ,seule Personne, ,devient de plus en


plus vivant et homme ange, tandis que celllr qui se con6rme dans la
pluralite des Dieux d'apres la pluralilc fles Per'sonnes, devient.suc­
cessivement comme une Statue composee <le membres mobiles, au
milieu de laquelle est Satan, qui parle par la houche articulee de la
statue.
24. V. LA PLURALlT~: DES DTEUX DANS LES SIl~CLES Ai'iCIEN~, ET
AlISSl DE NOS JOURS, N'A EXISTE QUE PAReE QU'O:-i N',\. PAS COMPBIS
LE DIVIN ItTR!':.
Qne I'Unite de Dieu ait ele intirnement gravee dans le mental de,
chaque homme,. parce qu'el!e est dans le miiieu de toutesles choses
qui influent de Dieu dans rame de I'homme, c'e~t ce qui aete mon- '
tre ci-dessus N° 8 : mais si neanmoins elle n'est pas descendue de
lil (lans l'Entendement humain, cela vient de ce que les connais­
sance~" pal']esquelles it faut que l'homme monte au-C1evant de DieD,
onl u:anque ; chacun, en effet, doit prepareI'll Dieu le chemin, c'est­
a-dir'e, doil se prepareI' :\ la reception, et cela doit se faire par les
connaissances. Les connaissances qui ont manqlle, de sorte que ren­
tendernent ll'a pu penetrer jllsqu'il voir que Dieu est un, qll'il n'y a
pas de Diyin ]<~tre possible s'il n'esl Unique, et que tout ce qui ap­
partient il la::Nature vienl de ee Divin EIre Unique, sont les sui­
vallles : to Jusqu'a present personne n';lva.it rien su du Monde Spi­
rituel, oil: sont les Esprit:; et les Anges, et dans lequellout hOI!lm6
vie,nt 'apres ~la mort. 2° On avait pareillement ignore que dans eel
Monde il y a un Soleil, lequel e~t le pur Amour lirocedant de Jeho-'
vah Dieu, qui est au milieu de ce Soleil; 3°, Qu'il procMe de ce So­
RELIGION CHRETIENNE 35
leil une Chalellr qui daJjs son essence est rAmour, et une Lumiere
qui. dans son essence est' la Sagesse; 4° Que par suite lootes les
choses qui sont dans ce Monde sont Spiriluelies, affeclent l'hom
Interne, et constituent sa Volonle et sonl Entendemeut; 5° Que lit­
hovah DiCl! pal' SOil Solei! a non-seulement produit le :&1onde Spi­
rituel, et loules les choses spirituellcs de ce monde, qui sont inoom­
brables et substantielles, mais allssi le l\Ionde nalurel et loutes les
.choses naturelles de ce monde, qui sont de meme innombrables,
mais malerielles, 6° Pel'sonne jusqll'il present n'a su la difference
.qu'il y a entre le Spirituel et le Naturel, ni m~me ce que c'esl que
Je Spiriluel dan~ son essence; 7° Ni qu'il y a trois Degres de I'A­
mour et de la Sa~esse, scion lesqllels lesCieux angeliqiJes ont ete
.mis en ordre ; 8° Ni que le l\Iental humain a ete dislillguc en aulant
-de degres, c,t cela, pour qu'il puisse apres la mOl'l Nre clevc dans
I'lln des trois Cieux, ce qui se fail selon sa vie el en mcme lemps
~elon sa foi ; go Ni enlin, que toutes ces choses n'onl pu, quanl it un
.scul point, exislcr que pal' le Divin Ell'e, qui eSllc Soi-l\Icme en soi~
.et ai:Jsi le Premier et le Principe cl'ou procedent. toutcs choses. Ces
conllaissances par le~.qllclles cependallt I'homme doit montel' et con...
llaill'e le Divin EIre, OflL manque jusqu'il present. 11 est dit que
J'homme monte, mais il est enlendu qu'it est elel'l~ pal' Dieu ; car
l'holl)llJe a le Libre arbitl'e de s'acquerir des Connaissances, etselon
illl'd s'el! acquiel'l d'apres la Parole, au moyen de I'Entendernent, il
aplanit le chemil) pal' leqllel Dieu descend ell'eleve. Les connais­
sances par lesquelles se fait l'ascension pour l'Entendemenl humain.
Dieu tenant l'homme paf' la main el le conduisant, peuvent elre
.compar6es aux dcgres de l'echelle que Jacob vit appuyee SUI' la
terre, et dont le sommet alteignait le Ciel, par laquelle des Anges
montaient, et au dessus ae laqueILe se tenait Jehovah. - Gen.
XXVIII,. 1~, 13. - 11 en est tout aulrement quand ces Connaissances
manqucnl, ou quand l'homme les rneprise; alors l'Elevation de
felllendement peut ell'e compal'ee it une echelle dressee de terre
vel's une fenell'e du premier clage d'un Palais magnifique, ou de­
meurent des hommes, et non vel's les fenetres du second 6tage oil
demellren t des Esprils, et moins encore vel's les fenetres du troisiem6
elage Oil demeurent des Anges; it arrive de 111 que l'homme n'ha­
.
bile que l1an~. l~s a-tmosplleres
.
et dans les chos~s materielles de la
'3'6 LA VRAIE
'nature, d'ans resqllelles it tient ses yeux, ses oreilles et ses.narines,.
et de!>quelles il ne pllise sur le Ciel et'suI' I'Etre et I'Essenee de Die~
~.'autres idees que des idees atmospheriques et matericlles; et
l'homllle qui pense d'apres ces id'ces ne peut en rien juger de Dieu,
s'i'liexiste ou s'il n'existe paF, s'il est un ou. s'ils sont plllsieurs, ni, a,
plus forte raison, quel il est quant a son Etre et quant iJ. son Es­
sence. C'est de la qll'est proven lie la Pluralite des dieux dans les sie­
"Cles anciens, et aussi de nos jours.
~ ~ ~ ~ ~

25, A Ice qui vieot d'elre dit, j'ajouterai cc MEMORABLE. Un jour..


a mon reveil, je tombai dans une profonde meditation sur Dieu ; et..
comme je regardais en haut, je vis au-dessus de moi dans le Giel
'Une Lumiere d'un blanc tres-cclatant de forme ovale; et comme je­
"fixais la vue sur celte Lumiere, la Lumiere se retirait vel's les cotes.
et entl'ait dans les peripheries; et alors, Yoici, le Ciel me fut ouvert,.
f et je vis des choses lllagl1ifiques, et des Anges qui se tellaient en
'forme de Cirque du cote meridional de l'ouverlure, et qui conver­
saient entre eux; et comlllC je brulais tiu desir dentendrc ce qu'ils.
------ ----
~disaient, il me fut d'abord donne d'el1tendre le Son de ~r voix.
ql!ietaitplein de ramour celeste, et ensuite leur J.angage, -
qui etait
plein de la sagesse procedant de cet amour; ils parlaient entre eule.
de DlEu UN, de la CONJONCTJON AVEC LVI, et de la SALVATION qui re­
suIte de celte conjonclion : ils disaient des chl:lses ineffables, dont la.
plupart ne peuven t lombcl' dans les mots d' 3ucune Lallgu6 naturelle;
'rnais comme j'avais ete quelqucfuis en societe avec les Anges dans.
le Ciel meme, et alol's parlant le meme langage qu' ellX, parce que
Tetais dans un meme etat, je pus en cOlls~quence les comprendre.
'et til'el' de leurs discours quelqucs notions qui peuvent etre expri­
rnees ra'tionnellemenl par les mols (I' une langue naturelle. lis disaient
que le DlvrN ETIIE EST UN, LE:ME~IE, LE SO'I-}IEME, ET INOIVISIBLE. lis i!lus­
'traient cela pal' des idees spiriluelles, en disant que le Divin Etre ne
peut tomber dans plusieul's, dont chaclln allrait le I>ivin Eire, et con­
tinuerit etre Un, le Meme, le Soi-Mell1e, et lndiv'isible ; en effet,chll­
leun d'eux d'apres son Etre' penserail d'apres soi et en pal'ticuliel' par
50i; si meme alors c'elait av~c unanl!!!..ite d'apres les autres el par leg.
-autres, il y aurait plusieur:- Dieux un:inimes, et non un SellI Dieu ;
~ar l'!!!!ani'!!ite, elant le consenlement de plusieurs et en meme
RELIG~(i)N CHHETJENNE ,3,7,
temps de chacun d'apras sDi et par sDi, cojncorde non pas,avecl'u,:"
'nite de Dieu, mais avec u.ne pluralile, Us ne dirent pas de Dieux.
parce qu'ils ne le purent point, car la Lumiere du Ciel de iaquel!
provenait leur pensee, et l'aLmosphere dans laqueJle se repandai~
)leur discours, s'y ollposaient; Us disaient meme que quand ils veu i
lent prononccr des Dieux, et run de ces Dieux comme Personne par
'$oi (per se), l'etfort pour prononcer tomhe aussilol sur Un S~ul. e~
meme sur Un Dieu Unique. Aces explications ils ajoutaient, que l~
Divin Etl'e est .le DIVIN ETHE EN SOl, et non de Soi (a Se), parce qu~.
de Soi sunpose I'Etre en soi proeedanl d'un autreanterieur, ainsi
$ul'pose Dieu de Dieu (Deus a Deo), ce qui n'est pas admissible;
(ce qui est de Diell n'est pas appele Dieu, mais est appe.le Divin ; car
) qll'est-ce que Dieu de Dieu? ainsi, qu'est-ce que Dieune de toute
eternite de Dieu; et qU'esl-ceque Dieu procedant de Dieu par Dieu
\ l1e de toute elernite, sinon des mots dans lesquels il n'y:a rien,de
Lb lumiere qui procMe du Ciel ~De plus, ils disaient que le Divin
Etre, qui en Soi est Dieu, est LE ME~I~ (IDEM), non le l\'Iemesim­
;pIe, mais infini, c'est-a-dire, le Meme de toute elernite i.I toute e'~er;­
1 t1ite ; il est le Meme partout, et le !\feme chez chacun et dans cha­
-;cun, mais -- tout est varie et variable dans _._
le ...recipieuL;
-- ­ c'est l'etat
~u recipient qui faiL cela. Voici comment ils illustraient que le Di­
'vin Etre, qui est Dieu en sDi, est LE SOI-MEME (IPSU1lf) : Dieu est
,le Soi'-Meme, parce qu'il est I' Amour meme et la Sagesse meme, ou
Iparcc qu'il est I~ Bien meme et le V~ai meme, et par consequentG Vie
me me ; si ces choses n'ctaient point le Soi-M~me en Dieu, elles ne
:seraient rien dans le Ciel ni dans le Monde, parce qu'elles n'auraient
.allCllne relation avec le Soi-Meme; to~_t~~lile tJ.!!.-~~ 1ualile de
,c~g!l'il_ y a un_..§.oj:-M~me, d'aJ!.'1?J~.'l~1 eBe est, et auquereTIeSe
refere pour qU',elIe soit tcl!e, Ce Soi-:l\'Ierne, qui est l'Etre Divin"
;,n'est pas oans un lieu, maisil est selon la re~ep!!Qn chez ceux et eJl
"ceux qui ~ont dans un lieu, puisque le lieu et la progression d'unI
lieu dans un lieu ne peuvent pas se dire de l' Amour et de la Sagesse"
:011 du Rien et du Vrai, ni par consequent de la Vie, qui sont le Soi­
Meme en Dieu, DU plutOt Diel! Lui-Meme, de la la Toute-Presence ,;
"c'est pour cela que le Seigneur dit, qu'il est au ,milieu d'eux>'
;qu'il est Lui-meme en eux, et qu'eux sont en Lui.' Mais cornm\6
:iJ 11e peut dtre reell par ~ucune creatur,e tel qU'I1,est en Soi, il ilP'­
\'

38 LA'VRAIE
parait lel qU'j} est dans son Essence comme Solei! au-dessrrs des
Cieux Angelique~, ce qui procede de. ce Solei! comme Lumiere est
Lui-Meme quant. 11 la Sagesse, et ce qui en procede comme Chaleull:
est Lui-M~me quant 11 l'Amour; Lui-Meme n'est pas ce Soleil, mai~
le Divin Amour et ]a Divine Sagesse sortanl de Lili, le pIllS pres,
tont aulour de Lui, apparaissent aux yeux des Anges comme un So­
leil : Lui dans le Solei! est Homme, c'est NOTRs SEIGNEUII JESUS·
CURIST, NOl'\-~EULEMENT QUANT AU DI\'IN A Quo (de qui t01l1 proeede)..
JlAIS AUSSI QUANT Au·DIVIN HmIAI~, jlllisquE\ le Soi-.l\1eme, qui est I'A­
Dlour meme et la Sagcsse meme, a ete l'Ame qn'll tenait du Pere>
ainsi .Ia Divine Vie, qllieslla Vie en soi ; il en est 'aulremenl dims,.
chaque homme, en Iui l'li01e n'est point la. vie, mais e1le est un reci~
picftol de la vie: le Seigneur enseigne aussi cela, en disanl : cc le­
suis le Chemin, la Write et la VIE: e.t ailleurs: cc Cormne le­
>I

Pere· a LA VIE EN LUI-MEME, ainsi it a aussi donne au Fils J)' AVOIR.


LA VIE EN LUI-ME~IE. " - Jean, V, 26. - La Vie en Soi-Meme est.
Di~u. A ce qui precede ils ajoulerent, que ceux quisont dans quel­
que Lumiere spil'iluelle peuvent percevoir par ces notions, que le­
Divin Etre elant Un, le Meme, le Soi-Meme, et pal' suite Indivisible...
ne pent exister dans plusieurs; et que si 1'on disait qu'il·le peut, it
y aUl'aildesconlradictions manifesles dans les adjoints (inadjectis,!.
26. Apres que j'ells entendu ces explicalion!', les Anges per~urent
~ans ma pensee le;; idees communes de l'Eglise Chrelienne sur la:
Trinite de...:; Personnes dans l'Unite, et Sill' l'Unite des Personnes..
dans la Trinite concernant Dieu ; et aussi sur la Naissance d'un Fil~
de Dieu de toute elernile: et alors ils dirent : Qu'est-ce qne tu
( penses-llI ? n~.penses-lu Jl3S ces ehoses d'a.pre~~ I.;umier~~relle:
) avec laqllelle notre Lumiere spirituelle ne concorde point? Si done:
tu n'eloignes pas les idees .de celle pensee, nous te fermons le Ciel.

l et nOlls nous en allons . .Mais alors je leur dis: Elllrez, je vous prie...
'plus avant dans ma pensee, cl peuH.'lre y verrez-vous une concor­
-dance? El jls firent ainsi, et ils virent que pal' les lrois Personnes.
j'entendais les Trois AlLribuls Divins proceuanls, qui sont la CIIEA­
TJON, 13, REDE~IPTION et la REGENERATION, et que ces Altribuls appar­
tiennent r. un Seul Dieu ~l que par la. Naissance d'uD Fils de Dieu
de toute eternite, j'entendais sa Naissance prevue de 10Ule eternite...
et pourvue dans ]e temps; el qu'i1 est, non pas au-dessus du nature!.
RELIGION CHRETIENNE 39
et du rationnel, mais con Ire le nalurel et le ralionoel, de penser que
quelque Fils soit ne de Dieu de loule elerllite ; qU'au conlraire le
Fils fl~tle Dieu P!U:t..ViergLMarie dans le lemps est le Fils Uniqiie
et !l~ig~Jlil de lli,eu ; et que croire autrement, -c'esl une monstl'ueuse
erreur. El alors je leur raconlai que ma pensee nalurelle sur la Tri-
nile et I'Unite des Personnes, et sur la Naissance du Fils de Dieu
de lonte eleri1ile, m'etail VCllue de la Doctrine· de foi de I'Eglise,
qui pOl'le le nom d'Athanase: alors les Anges direnl : Rien; el ils
me priereol de .dire, comme venant de leur !1Ouche, que si l'homme
ne s'adresse at.! Dieu Meme du Ciel et de la Terre, it ne peul venir
)
dans le Ciel. parce que le Ciel est Ciel d'apres ce Dieu Uni-
que, et que CE DIEU EST JESUS-CHBIST, QUI EST JEHOVAH LE SEI-
GNEUII, DE· TOUTE ETEI\NITE CIIEATEUR, DANS LE TEMPS REDEMPTEUR,
(
ET POUR L'ETERNITE REGENERATEun, qui est ainsi en meme lemps le
Pere, le Fils et l'Esprit Saint ; e~u~~slla l'Evangile qui doit elre
preche. Apres cette inslruction, la LlIlIliel'e celeste que yivais d'a-
bord Vile revint sur l'ouvertllre, et peu 11 pell s'abaissa tie la, et elle
remplit les interieurs de mon menlal, cl illustra mes idees sur la
Trinite et l'Unite de Dieu ; et alors les idees prises dans le commen-
) cemenl sur ce sujet, lesquelles avaient Me purement natlirelles, ie
'I les vis separees, comme la paille est separee du fromentpar le van-
I neur, et emporLees comme· pal' le vent dans le Septentrion du Ciel,
eLdispersees.

DE L'INFINlTE, OU DE L'IM~IENSITE ET DE L'ETERNlTE DE DIEU,

a
2i, li y deux Pl'upres du l\londe naturel, qui font que touLes
choses y sont finies: l'ulI est I'ESPACE, ell'autre est le TEMPS; et
comme ce Monde a ele cree par Dieu, et qu'en meme temps avec le
Monde onl ete crees les Espaces et les Temps, el que ces espaces et
ces lemps le finissent, c'est pour cela qu'il faut lrailer des deux ori-
gines des Espacel' et des Teir/ps, qui sonL I'hlMENSITE el I'ItTERNITE.
En etfel, I'Immensite de Diell se refere aux Espaces, el I'Eternite
aux Temps; l'lNFINIT~; ,comprend el l'lmrt:;rnsite et I'Eternile. Mais
comme \'Infinite est 'transcendante par rapport au fini, et que la
oonnaissance de I'infinite est transcendante par rapport .\ un MenIal
40 LA VRAlb:
fini, c'est pourqlloi, afin que l'Infinite sQit en quelque sorte per~,ue.
il va en Hre traite dans celle serie :
I. Puisque Dieu Est et Exis~e en soi, et que toutes choses
dans l' Univers sont ct existent d' apres Lui, il est Infini.
n. Puisque Dieu a ete avant le Jjfonde, ainsi avant forigine
des Espaces et des Temps, il est lnfini.
III. Depuis quq le Monae a ete fait, Dieu est dans CEspace
sans Espace, et dan~ le Temps sans Temps. .
IV. Relativement aux Espaces l'lnfinite est appetee lmmen~
site, et relativement (lUX Temps elle est appetee Eternite; et
Men-qu'il y aitces rapports, cependant il n'y a 1'ien de l'Es­
pace dons l'lmmensiti de Dieu, ni rim du Temps dans I'Eter­
nite de Dieu.
V. La Raison, illus/de par un grand riombre de failS dans
le Jjfonde, peltt voir l'lnfinite de Dieu Crealeur.
VI. Tout ce qui a ete cree est lini. et l'Illfini est dans le!> fini.~ .
commedans des 1'eceptacles, et dans les hommes comme dans
,ses images.
Ces propositions vont etre expliquees une a une,
28. I. ,PUlSQUE DIEU EST ET EXISTE EN SOl, l!:T QUE TOUTES CRO­
SES D~NS L'UNIVERS SONT ET EXISTENT D'APRES LUI. IL EST INFINI.
Jllsqll'a present iI a ete montre que Djeu est un, qu'i1 est le Soi­
'meme, qu'il e~l le premier Etre de' tOilS, et que toules les choses
1
qui sont, existent et subsistp,nt dans I'Univel's, sont d'apres LIri~
de la resulte qu'il est Infini. Que la Raison humaine puisse voir
cela d'apres un grand nombre de failS dans l'Univers Cree, c'est ce
qui sera oemontre dans la suiLe. Mais quoique le mental humain
d'apres ces faits puisse reconnaitre que le IHcmiel1 En.£Q!L le -pre­
miei' E!reesL inQ.!!.i, neanmoins il ne peUiconnai'lrequel iI eSl~'ni
pal' consequent le definir aulremellt qu'en disant qu'il est 1~'I.Q!!t
Infini, et qu'il subsiste en soi, et par suite qu'jJ est ~e
melll~ 1~~q~le ; et comme rien ne se peut dire de la substance
a moins qu'i\ n'y ail une forme, qu'i1est la Forme meme et unique:
mais qU'est-ce encol'e qlle touL cela ? On ne voit pas clairement par
la quel est l'Infini ;.en e~~J(i!M~tai)~aTiD meme le plus ana­
lyLique et le 0~ls.e " est fini ; et le fini dans ca mental ne pent
it- st donc lout a fait incapable de voir l'Iufinite de
etre ecarLe ;: \._"
.RELIGION CHRETIENNE 41
Dieu, telle qu'elle est en elle..;mem'e, ni Dieu par cons~quen t j mais
iI peut voi I' Dieu dans l'ombre par derriere, ainsi qu'i\ a ete dil a
lUolse, lorsqu'tl demanda avec instance a voil' Dieu, car iI fut place
(Ians la fente d'un rocher, et i\ vit les posterieurs de Dieu, ---' Exod.
XXXIIl~ 20 a23: ~ p3r les posIt~rieurs de Dieu sont entendues les
~ho~es visibles dans le l\fonde, et specialement les ·choses percepli~
pies dan'ST:i Parole:-a'apres cela, 011 voit clairement qu'il est i,nu~
tile de vouloir conrailreqllel est Dieu dans son EIre ou dans sa
?ubstance, mais qu~1 suffitlle Lereconnailred'apres les finis, c'est
a-dire, d'3pres les choses creees, dans lesquelles il est d'une mn-,
niere infinie.\L'homme qui s'efforce de penetrer ail-deJa peut etre
'comp3re 3 un poisson attire dans l'air, 011 3 IIn oiseau place dans
lIne machine pneumatique, et qui, 3 mesure qlle'I'air est rarefie, se .
pame et enfin expire! it peut aussi ,etre compare a un vaisseau qui,
lorsqu'il est le jouet de la tempcte et lI'obeit point au gOllvernail,
,est jete contre des I'ochers et sur des banes de sable; c'est ainsi
qu'i1 arrive a ceux qui, non conlents de pouvoir, d'aprcs des indices
manifestes, reconnailre par le dehors l'Infinitede Dieu, veulent la
-eonnallre par le dedans. On lit (l'un certain Phitosophe chez les An­
ciens qu'il se precipitadans la mer, parce qu'il ne pouvait pas dans
la lueur de son mental voir 011 comprendre l'Elernite dll l\londe;
.qu'eut-il fait, s'il cut voulu voir, ou comprendre l'lnfinite de .Dieu?
29. 11. PGISQUE DlEU A ETF. AVANT LE l\fONDE, AINSI AVANT L'O­
'RIGINE DES ESI'ACE!' ET DES TEMPS, II, EST INFINI.
D:ms le Monde naturel il ya des Temps et des Espaces, mais dans
le l\fonde spirituel iI n'y en a point en actllalite, et cependant ily en
a en apparence : si les Temps et les Espaces ont ete introduils dans
les l\Iondes, M fut afin qu'il y eut distinction entre une chose et une
.autre, entre le grand et le pelit, enlre le beaucoup et le peu, par
consequent entre quantite et q"antite, et ainsi entre qualite et qua­
lite; et afin qlle par lilIes senfl, du corps pllssenl distinguel' leurs ob­
jets, et les sens du mental les leurs, et pal' consrquent etre affectes,
penser el choisir. Les Temps onl ete intl'oduits dans ·le· !\[onde na­
1uJ'el, par cela que la Terre lourne sur son axe, et que ces rotations
s'av:ll1cent d'une station a un autre selon le zodiaque, et qne ces
retour's periodiques &emblent etre faits par le Soleil, de qui tout le
lobe tel'raque tire sa chaleur ct sa Inmiel'e; de la les temps du
42 LA VRAIE
~our, qui 'sont le matin, le midi, le soir, la nuit ; et les temps de
l'Annee, qui sonL le printemps, rele, l'alltolDne ell'hiver; les temps
des Jours pour la IUllliere et les tenebres, et les temps des Annees
pour lachaleur et le froid. Les Espaces ont IHe i,nlroduils dans le
Monde nalu rei, par cela que la Terre a ele reunie en un Globe el
remplie de matieres, dont les parlies ont et~ distingllees entre elles
et en m~rne temps eLendues. Dans le Monde spiriluel, au contl'aire,
il n'y a point d'Espaces materiels, ni de Temps qui y correspon­
dent; mais neanmoins il y a des apparences d'Espaces et de TelJlp~,
et ces allparences sont s~lon les d~fferences des 'clals dans lesquels
y sont les Menlals des Esprils Cl des Ariges, aussi les Temps et les
Espaces y sont-ils conformes ;lUX affections de leur volonll~ et par
suile aux pensees de leur enlendement; toulefois, ces apparences.
sonL reelles, panie qu'elles sont ,constantes selon les etats de~ Es­
prils et des Anges. La commune opinion sur l'elal des Ames apres
la mort, et par suile aussi sur celui des Anges et des Esprils, c'est
qu'i1s ne SOllt dans aucune Etendue, pal' consequent ni dans l'Es­
pace ni dans le Temps; d'apres celle idee on dit des Ames apres
,la mort qll'elles sont dans un Quelquc part ou un On ne sait oil et
que les Esprits et les Anges sont des Souftles, don t on ne pense
aulre chose que cc qu'on pense de I'ether, de l'air, d'une vapeur ou
du \'ent, lorsque cependanL ils sont -des hommes substantiels ct vi­
vent enLre eux, comme les hommes du Monde'~mLurel, sur des Es­
paces et dans des Temps, qui ont ele determines, comme iI a ete
dit, selon les elals de (curs mental!'; s'il en elait auLrement, c'est­
a-dire, s'il n'y avait ni Espaces ni Temps, ce~ Univel's dans lequel
arrivent les Ames, et oil derheurentles Anges el les Esprits, pour­
rait passeI' par le trou d'une aiguille, ou etre concentre sur I'exlre­
mite d'un cheveu, ce qui serail possible, s'iI o'y existait pas une.
etendue substantielle ; mai~ puisqu'il y a une etendue substantielle,
c'est pour cela que les Anges habitent entre eux aussi separement
el distinclement, et meme plus distinclement que les bommes pour
lesquels iJ ya une Elendue 1Oaterielle. Toutetois, les Temps n'y
ont point ete distingues en Jours, Semaines, Mois et Annees, parce
que la le Soleil n'apparail ni se lever, ni se coueher, ni deerire une
circonference; mais il resle the 11 1'0rient dans le Degre moyen
entre le Zenith ell'horizon : el iI ya des Espaces pour eux, parce
RELIGION CHRETIENNE 43
que loules les choses qui sonl ma terielles dans le Monde nalurel
sont sljbsrantielles dans ~e Mondc spirituel: mais il sera donne de
plus grands developpements sur ce sujet dans le Lemme de ce Cha­
pilre sur la Creation. D'apres ce qui vient d'elre dit, on peut com­
prendre que les Espaces et les Temps finissentloutes el chacune
des choses qui sont dans run et dans l'autre Monde, et· que par
su ile les hommes sont finis, non-seulement quant aux corps,
~, .
mais
aussr quant aux ames, et pareillement les Ang~s et les Esprits, De
tout ce qui precede on peut conclure que Dieu est Infini, c'est-a­
dire, 'non fini, parce que Lui-Meme, comme Createur, Formateur
et Facteur de I'Univers, a fini tOUles les choses, et it les a tlnies
par son Soleil, dans le milieu dl1quel il est, lequel consiste dans la
Di,'ine Essence qui sort de Dieu eomme une Sphere; lil est et de III
"ient le commencement de ce qui est fini ; mais sa progression va
jusqu'aux dernierps c'hoses dans la naluredu Monde; il suit de la
que Dieu en soi est lnfini, parce qu'it est Incree. l\'Jais iJ semble a
l'homme que l'infini n'est rien ; et cela, parce que rhomme est tllli
et pense d'apres des chases finies; si donc le fini qui est adherent
asa pensee etaitenleve, il percevrait comme si le reste n'etait rien,
cependant la verite est que Dieu est infiniment tout, et que rhomme
par lui -meme n' est resIJectivemen t !'ien.
30. Ill. DEPUlS QUE I;E MONOE A inE FAIT, DIEU EST DANS L'Es­
PACE SANS ESPACE, ET DANS LE TEMPS SANS TEMPS.
Que Dieu, et le Divin qlli procede immedialement de Lui, ne soit
point dans l'Espace, qlloiqu'iJ soit Tout-Present, et chez chaque
bomme dans le Monde, chez chaqlle Ange dans le Ciel, et chez
chaque Espr'it sous le Ciel, cela ne peut' etre compris par une idee
purement nalur011e, mais peut l'etre par une idee spiriluelle; si
cela ne peut etre compris par une iqee purement naturelle, c'est
parce que, dans celle idee il ya I'Espace, car elle aCie formee de
chases qull sont dans le Moude, et dans tbutes et chacune des chases
qui sont vues par les yeux il y a I'Espace; lil, tout ce qui est grand
et tout ce qui est pelit appartient it l'Espace; tout ce qui est lon~,
large et profond appartient a l'Espace; en un mot, toute mesure,
figure et forme apparlient a l'Espace, Cependant toujours est-il
que l'homme peut jusqu'a un certain point comprendl'e cela par
la pensee naturelle, pourvu qu'il y admette quelque chose de la lu­
44 LA VRAlE
miere spiritueHe: mais il sera dit d'abord quelques mots de l'ide,
,de la pensee spiriluelle ;celte idee ne tire rien de I'Espace, mais
tout ce qui lui apparlient'elle le tire de I'Etat; l'Etat se dit de I'a­
,mour, de la vie, de la sagesse, des affeclions, des joies, el en genf­
ral du bien et du vrai; l'idee veriiablemenL Spirituelle sur ces cho­
ses n'a rien cle commun avec l'Espace, elle est superie,ure, et
regarcle les idees d'Espace sous elle, comme le ciell'ega,rde la (eHe.
Que Dieu soit present dans l'Espace sans Espace, et dans le Temp~
sans Temps, cela vienL de ce que Dieu est toujours le meme, de
10llte eternite
(
a loute eternite, ainsi tel iI elait avantle Mond~ cree,
,

tel il est clepuis, et de ce que dans Dieu et en presence de Dieu avant


la creation il n'y avail ni espaces ni temps, mais qu'jls existerent
apres fa creation; c'est pourquoi comme il est le !\Jeme, il est
dans I'Espace sans espace, et dans le Temps sans temps: il suit
de la que la nature a ete separee de Lui, et que cependant il est
lout-present en elle, a peu de cho,se pres comme la vie est dans
tout le substantiel et dans tout le materiel de I'homme, qlloiqu'e!le
ne se melange point avec eux ; et, par comp3l'aison, comme la lu­
'miere est dans les yeux, le son dans les oreilles, le gout sur les
hngues, ou comme dans les terres et dans les eaux est l'elher par
lequelle Globe terraque est COlllenu et mis, en mouvemenl, et ainsi
du reste ; si ces Agents elaient enleves, ces choses qui ont ele failes
:substances et maliercs s'affaisseraient ou se dissiperaient a I'inslant;
bien plus, si Dieu n'elait pas pr~sent dans le Mental humain en
tout endroit el en lout temps, ce, mental serait dissipe comme une
bulle de savon dans l'air, et les oeux Cerveaux dans lesquels il
agit d'apres les principes &'en iraient en ecume, et aillsi lout ce qui
·est humain deviendrait poussiere de la terre et odellr yolant daDS
l'atmosphere, Comme Dieu est dans tout le 'Iemps sans temps; c'est
pour cela que dans sa Parole 'il par1le dll passe el dll futur all pre­
':sent, comme dans Esale: " Un Enfant nous est ne, un Fils ?tOUf
a ete donne, son nom est Hb'os, Prince de paix. l/- IX, 5 r
- Et dans David: « J' annonce1 ai sur le Statut: Jehovah m'lI
dit: Mon Fils, Toi; MO,i aujow'd'hui Je rai enyendl'e. II ­
lJ

Ps, II, 7; - ces paroles concernenlJ le Seigneur qui qev,ili venir j ;


,c'est pOllrquoi il est dilaussi dans I~ Meme: « Mille (IUS tcs a
yeux (sont)comme le jour d'hie1'.)l - Ps, XC,4. - l'll'il s~it
RELIGION CHRETIENNE 45
partout presenl dans le Monde enlier, el que cependanl il n'y ail
en Lui aucun propre du MOllde, c'est-a-dire, auclIne chose qui
appartienne ;'1 l'espace et all temps, c'est ce que ceux-la qui voient
et 80nt altentifs dans la Parole peuvent apercevoir d'apre~ un grand
Dombre de passages, par exemple, d'apres celui-ci dans Jeremie:
.. Ne suis-je qu'un Dieu de pres, Moi? et ne suis-je .pas Dieu
de loin? Est-ce que se cuchera l' homme dam des retraites, que
je ne le voie point? Tout le Ciel et toute la Terre, Moi, je
,oemp/is, ) - XXIII, 23, 24 ..
3L IV. RELATlVEME1'iT AUX ESPACES L'INFINl1'E EST ,\PPHLEE
bfMENSITE, ET RELATlVEMENT AUX TEMPS ELLE EST AI'PEI.EE ETER-
NITE; ET BIEN QU'IL Y All' CES RAPPORTS, CEPENDANT 11, N'y A RIEN
DE L'Esf'ACE DANS L'IMMENSll'E DE DIEU, NI RlEN DU TEMPS DANS
L'ETEIINITE DE DIEU.
Si l'lnfinite de Dieu relatiYemeot aux espaces est appelee Immen-
site, c'est parce que l'Immense se dit de ce qui est Grand et Ample~
et aussi ne ce qui est Elendu, et en cela de ce qui est Spacieux: et
si l'lnlinile de Dieu relativement aux temps est appelee Elernite,
c'e3t parce que elernellemenl se dil des choses qui progressellt sans.
fin, lesquelles sont mesurees par les temps; par exemple : Les choses
qui apparliennent il. l'espacese disent du Globe terraque considere
en lui-meme, et les choses qui appartiennent au temps se diseot de
la rOlation et de la marche de ce globe; celles-ci aussi font les
temps, el celles-la font les espaces, et elles se fixent ainsi d'apres les
sens dans la perception des mentals qui reflechissent; mais en Dieu
il n'y a rien de l'espace ni dt. temps, comme il a ete montre ci-
dessus, et cependanl c'esl de Die'u qoe viennent' leurs commence-
men Is; de la resulte que l'Infinile de Dieu relatiyement aux espaces
est entendue par l'immensile, et que son infinite relalivement aux
temps est entendue par I'Eternile. Mais dans leCiel, par l'lmmensite
de Dieu. les Anges percoivenlla Divinile quant it l'£tre, et par I'Eter-
nite la Divinite qualll i11'Exister; et aussi par l'Immensilela Divi-.
nHe quant 11 I'Amour, et par I'Elernite la Divinite quant a la Sa-
~esse ; cela vient de ce que les Anges, en pensant a la Divinite, font
abstrac~on des espaces et des temps, et alors ces nOlions en resul-
tent. rtIais puisque 1'.holll~e ne peut pas penser. aulrement que d'a-
jires des'idees p'risesdes ehoses qui appartiennent it l'espace et au
46 LA VRArE
temps, iI ne peut rien percevoir de I'Immensile de Di-eu avanl les
~spaces, ni de l'Elernite de Dieu avant les lemps; el rneme quand
it en veul percevoir quelque chose, iI esl comme si son menial tom­
bait en defaillance, flp.eu prl~s comme celui qui elanl 10l1lbe dans
l'eau est dans un elal de naufrage, Oll comme celui qui s'affaissanl
dans un tremblemenL cia terre est dans un etat cI'absorption; bie~
plus, s'it persiste loujours a penelrer dans un tel sujet, il peut fa­
ciJement lomber darJs le delire, et elre porle par la :) nie~ Dieu.
Une fois aussi, moi, je fus dans un semblable etat, en pensant it ce
qne c'esl que Dieu de loule etcl'Uite, ce qu'il faisait avant la foncla­
tion du 1\'10nde, s'il a delibere sur la Creation, el renechi sur 1'01'(11'6
selon lequel il la ferait, si clans cc qni est purement le vide line pen­
see deliberative e!~it possillle,el a plusieurs aulres cho:;es vailles ;
mais atin que par de lelles pensees je ne lombasse pas dans des d~­
Iir~s, je fus eleve pal' le Seigneur dans la sphere et la !ullliere ou.
sont les Anges interieurs, et lil, apres que l'idee de I'espace et du
temps, dans laquelle avaitele precedemment ma pensee, eUt eLe un
peu eloignee, il me fut dOline de comprendl'e que l'1~ternite de
Dieu n'est pas l'elel'nile du telllps, et que le temps n'ayant pas existe
avant le Monde, ilelait absolument inulile d'avoir de lelles pensees
SUI' Dieu ; puis, de ce que le Divin de loute cternile, par consequent
abslrail de lout temps, ne rnnfel'me ni jours, ni annees, ni siecles,.
mais que tout cela eSl pour Dieu UII Instant, je cOllclus que leMonde
a ele cree par Dieu, non dans le lemps,' mais que les lemps onl ete
introduiis par Dieu avec la, Cr~alion. A cela j'ajoulerai ce Memo­
rable: n ap,paraH a une eXlremit~ du Monne Spil'iluel deux Statues
en forme humaine 'monslrueuse, la bouche ouverte et le gosicr di­
lale, par lesquels se croient engloulis ceux qui pensent des choses
inutile3 el extravagantes sur Dieu de toute elernile; mais ccsont
des fantaisies dans lesquelles se jellent ceux qui ont de Dieu avan! le
Monde cree des pensees disconvenantes et qu'ils ne doivent point avoir.
32. V. LA RAISON, ILLUSTRI~E ,n'APRES UN GRAND iXOMBRE DE
FAITS DANS LE MONDE, PEUT VOIR L'INFINITE DE DIEU,
n va ~lre enum~re quelques-uns des failS par lesquels la Raison.
humaine peut 'voir l'Intlnite de'IPeu : ce sonl les suivants: to Dans
I'Univers cree, il n'y a pas deux choses qui soient ldentiques: qu'il
n'y ait pas cet~e ldelltile dalls les simultane3, c'est ce que I'Erudi­
RELIGION CHRETIENME 47
tion humaine a vu et eonfirme d'apres la raison, et eependant les
choses substanlielles et materielles de I'univers, eonsiderees indivi..,.
duellernent, sOlll en nornbre illfini ; qu'il n'y ait pas non plus dam;,
le Monde ldenlite de deux elfets dans les suceessifs, e'esl ee qU'OTh
peut co~cltlre de la 7yration de la Terre, en ce que son excenlri­
que dans les poles fail que jamais rien ne revient de meme; qu'il
en soil ainsi :. l'egard de l'ldenlitc, on le voit avee evidence par les
faces humaines. en ce que dans le Monde enlier il n'y a pas une
seuleface absolumenl semblable a une autre ou la meme <Iu'une
.aulre, el qlj'il ne peul pas non plus y en :woir durant I'elernite;
cette varietc infiiJie ne peut absolument veni1r que de l'Infinite de
Dieu C~eaLeur. 2°Il n'y a pas un seul horn me qui ail un Caraelere
(Anirnlls) ahsolumenl semblable a eelui d'un autre; aussi dil-on:
Aulanl de letes, autanl cle senliments; pareillernent it n'y a .pas un
seul homme qui ait un Menlal, c'est-a-dire, une volonle Cl un en­
tendemenl, absolument semb!able 3U meillal d'un alllre ou. le rnem~
que cellli c1'un autre; par consequent pas un seul hornme donl le
langage quant au son el quanl 11 la pensee c1'ou resulte le son, et
donll'aclion quant au geste el quant Et l'affection, soient exacte­
ment les rnemes que le langage et l'action d'u]) aulre; par cette va­
rietc inflnie on peul voir aussi comme dans un rniroir l'Infinile de
Diell Crealeur. 3° Dans toule semence, lant des animaux que des
vegetaux, il y a implanlee (insita) une sorle d'immensite et d'eler­
nite; d'immensite, en ce que la semence peul elre rnullipliee it l'io­
fini ; d'elernile, en ce que cetle multiplication a dllre depuis la
creation du Monde sans interruption jusqu'i! present,_ el qU'elIe
dure a perpetuite : dans le Regne animal, prends les poissons de
la mer; s'ils etaient multiplies selon l'abondance des semences, en
v:ingt ou cinquante Ans ils rempliraient I'Ocean, au point qu'iI ne.
~onsislerait qu'en poissons, el que son Eau inondel'ait toute la.
terre et ainsi la ravagerail; mais pourqlle cela n'arrivat pas, il a
.ele pourvu par Dieu a ee que le poisson servil de nourriture au.
poisson. Il en serail de merne des semences des vegetaux; si elles
etaient planlees en aussi grand nombre que chaque vegetal en pro­
duit ehaque annee, en vingt ou trente ans elIes rernpliraient la sur­
face non~seulement d'une seule terre, mais encore de plusieurs
globes; en effet, iI y a: ~es arbrisseaux dont cllaque semence pr~
48 LA VRAIE
duit des cenlaines et des milliers d'autres semences; fais-en I'expe­
rience par le calcul, en ~ul'putant la production d'une .seule en
conlinuanl vingt ou trenle fois, Cl lu "erras ; par ce~ exemples on
peut voir la Divine [mmensite et la Oivin~ Eternite, dont il est im­
possible que I'image (inslar) ne soit pas produite dans une sorle de·
face commune, 4° L'lntlniH1 de Dieu peut encore se manifesler de-·
vant une Raison illustn~e, quand on considere I'infini te dans laquelle
peut croitre chaque science, et par chaque science l'inlelligence et
la sagesse, l'une et l'autre pouvant croitre par les sciences comma
Farbre par des semences, et comme les fort~ts et les jardins par des
arbres, c~r il n'y a pas de fin pour I'intelligence ni pour la sagesse;
la memoire de l'homme est leur humus, I'entendement le lieu oil
elles germen t, et la volon te le lieu ou elIes fructifien t ; et ces deux
facultes, l'entendemcnt et la volonte, sont telles, qu'elles peuvent
etl'e cullivees et peJ'fectionnees dans le Monde jusqu'a la fin de la
vie el eusuite eternellernent. 5° L'lnfipite de Dieu Crealeur peut
encore litre vue d'apres le nombre infini des Etoiles, qui som all~
tant de Soleils et par suite al!tant de Mondes; que dans le Ciel
ASh'al it y ait aussi des Terres, SUI' lesquelles il y a des hommes,
des betes, des oise:lUx et des vegetaux, c'est ce que fai montre dans
un Opuscule ecrit d'apres ce que fai vu. 6° L'lntini.le de Dieu est
devenue encore plus evidente pour moi d'apres le Ciel Angelique,
et aussi d'apres l'Enfer, en ce qu'ils ont ete I'un et I'autre distri­
hues et coordonnes en d·.innombrables Socieles ou Congregations
selon toutes les varietes de l'amour du bien et du mal, et en ce­
que chacun y occupe une place selon son amour; car HI to us pro­
viennent du Genre Humain; ils y (}nt ete rassembles depuis la Crea­
tion du Monde, et pendant lesSiecles des siecles on y sera ral'sem­
hie; et en ce que, qlloiqlle chacun y ait son lieu et sa demeure,.
tous cependant y ont ele tellement conj oints, qu~ le Ciel Angeliqu6
tout entier represente un seul Homme Divin, et I'Enfer tout entier'
un s~ul Diable monslrueux; d'apres le Ciel ell'Enfer 'et d'apres les­
merveHles infinies qu'ils renferment, I'Immensite de Dieu unie it sa
Toute-Pui·ssance se present6 a' la vue d'une maniere manifeste.
7° Qui m8me ne peut comprendre, pour peu qu'il,eleve le raisonne
. ment de soil menta-i, qtle 13 v,ie ,durailt l' eternite, dont jouit chaque'
1

homme apres la mprl, -ne peut ~tte donnee que par. un Dieu Eter.­
RELIGION CHRETIENNE 49
nel? 80 putre cela, il y a une sorte d'lnfinite dans beaucoup de
chases qui lombent dans la lueur naLurelle, et dans la lueur spiri­
tuelle chez l'homme : Dans la luem' natw'elle; ainsi it y a dans
la Geoinetrie differentes Series qui vonL jusqu'a I'infini; enlre ,les
trois degres de hauteur il y a une progl'ession. a l'infini, c'est a. sa­
voir, que le premier Degre, qui est appele naturel, ne peut etre rti
perfectionne, ni eleve ala perfection du'secood degre qui est appele
spirituel', ni cellli-ci 11 la perfeclion du lroisieme degrc qui est
appele celeste: il en est de meme enlre la fin, la cause et I'effet;
ainsi l' effet ne peut pas etre perfeclionne, de maniere 11 devenir
comme sa cause, ni la cause de maniere iI devenir comme sa fin:
cela peul etre illuslre par les aLmospheres, clOIH il exi~te lrois de­
£res, car it y a I'aure supreme, sous elle I'ether, el an-dessous
de l'elher l'air; eL aucune des qualiles de l'air ne peut eLre elevee
a l'une des qualiLes de l'eLher, ni aucune des qUilliles de l'elher it
l'une des qualitt.s de [','lure; et cependanl it y a clans chaeune des
trois une elevalion de perfections a l'infini: Dans la lueur Spi1'i­
tuelle; ainsi l'amour nalurel, qui a'pparLienL 11 la bete, nc peut
etre ele\'6 dans l'amour spiritue! qui par la erealioll a ete lllis dans
l'hom'me ; il en est de meme de l'illlelligcnce nalurelle de la bete
respeetivement it l'intelligenee spiriluclle de I'hommc ; mais comme
ces choses ont ete jllsqu'i\ present ignorees, ellcs seronl cxpliquces
ailleurs. D'apres ce qui vient d'eLre dit; on peut voir que les uf!i­
verS:lUX du l'tlonde sont cles types perpeluels de l'lnfiniLc de Dieu
Createur; mais commentles singuliers irnitenl les univcrsaux, et
representent l'lnfinile de DieiJ, c'est un Ahime, el c'asl lIn Ocean,
dans lequelle Mental humain peul pour ainsi dire naviguel'; 1l1:,lis
qu'il se meLle en garde contre la tempete que souleve l'homme na­
turel, laquelle submergera le vaisseau .wee mats et voiles par la
poupe, oil se lient l'horume nalurel plein de confiance en lui­
m~me.
33. VI. TOUT CE QUI A tTE CREE EST I"INI, ET L'INj<'INI EST DANS
LES FINIS COM~IE DANS DES RECEPTACLES, 1':1' DANS ,LES HO:.\UIES
CuMME DANS SES' BIAGES.
Si lout ee qui a ele cree el'L nni, c'est parce que to,utes choses
prQcMent de Jehovah Dieu par'le Solei! du Monde spiriluel, qui
L'entoure le plus pres, et que I'ce, Solei! provienl de la Substance
'!
I. ' .4
M : LA- VRAIE
qui e!\r !\oJ'lie lie Jehovah', l!onl'l'essence esl I'~monr; de cc Sofeil
par sa chaleur'el ~a 11"J1~ere a ele ctM J'UnJvers depn,'is ses pre- ­
miers jusqll'i\ se~'dernlers; 'Dais ce n'est pas ici leliell d'expo!ier
eu ordr'e la prbgtes~ion de la creallon ; dan&la sllile il en sera
donneune sorte de plan. Ici, il imporleseulemenl de ~a\'oir qu'une
-chose a elf' formee d'une aUlre, et qU'ainsi onl ele constlttles'des
dCl\'res, froi:> dans le Mond e spirilllc I, et tro'is correspondan~~ a
ceux·ci clans le Monde naturel, et lout alltant dans les sllbslanees
: en repos (quiescentzbus) dans lesquelles co'nsiSle le Globe terraque;
mais (I'~il vienn'lnl ce~ ~egresel quels ils sonl, c'est cc qui a eie
- pleilll'lllcnl expose clans LA ~AGF.SS" A~GEI.IOIIE SUII I,E DiYI:" AMOUR
£1' SUII LA Drvl>;E SAr,ESSE, publice;1 Amslerdam en 1i63; et .tans
],Opll':cllle Ill; CO)IMEIICE liE '.'HIE ET IlU COIII'S, imprhne, it Londre~
en 1if\9 : par ces c1egres, il esl arrive (llle lOllS les poslcriellrs sont
, receplacle,:; des anleriehrs, ccux-ci receplacles d~ chose~ encore :10­
tel'ieures, et ainsi en ordl'e receplacles des prilllilifs, dans lesquels
con~i~le le Soleil (Ill Ciel Angeliqllc, el qu'ainsi les finis sonL le~
re('eplacles de l'intini ; cc qui eOln'cicle allssi :tree la Sagcsse ties
Anciens, s:livantlaquelle lout, en general el en parliculier, est di­
\'isihl.ea I'infini. L'iMo vnlgaire est que, lefini ne pOlirant conte­
nil' l'intini, les finis ne pel1\'ent el,'e les receptacles de I'intini ; mais,
d'apres ce lJui, clans ~'ES OUVIlAGES, a rle raPPOrle SlIr la Crealion,
onvoil. que Dicu a d'aborcl flni son Infinite p;1r les snbsl:llices erni­
ses de Llli, d'apres le:>f]lIclles a cxist~ son enveloppe la plus I)roche,
qui eonslitne le Soleil du ~Ionde Spirillrel; el (llI'ellsuire pal' ce 80­
~eil il a per'feclionne les 31llres enveloppes jUSqU';1 la del'ni~re,qui
con~isle en suhslances de "epos (qlliescentihus), el qu'ainsi par
degres il a fini de plll~ en pillS le .1\Ionde : ceci a cte rapporte dans
le bUl de satisfaire la J'aison humainc, qui n'a pas de repos fi moins
qU'elle ne voie la cause.
34, Que l'lnfini Diviu ~oil dans les hommes comme clans ses ima­
ges, on le vOil d'apres la Parole dan~ laquelle on lit: .. Enfin Dieu
dit: F aisons l' homme a notre image, seton noll'e ressemhlance;
Dieu erea done l'homme a son image, a l'image de Dieu it'le
crea . .. - Gen. 1,26, 27. - JI SUil de la que l'homme est un Or­
gane recipient de Dien, et qu'il est Organe selon la qualilc de 'la
reception. Le Mentalhuoi-ai·o, l1'apres leque'l et selon ·lequel rhooime
- .

,\
RELJ{~ION CHRETlENNE ·SI
"~m Homme, a ~tl' forml~ ~o ti'ois 'lW~~lons selon les t I'ois d'egres; ce
Itlelltal e!H cele!;te rl~tI'Pr:t~llIiel' degre, dans leqlJel sonl :lIIssi les
IAn'1t~ dll Clel SII,)r~lI1e : il est SI;irituel d:ms le ~econd degre, dans
}cqllcl $onl 31ls!;i les Angcs du Ciel moyen; ct i1 est nalu/-et dans
,~, dans lequel sont allssi les Atigesrlll dernier
Ciel; le MenIal hllmaiu, ol'ganise selon ces trois d'e~rcs, est le re­
ceptacle de I'influx Divin; maisjamais .Ie Divin n'influe plus :l\'ant
~~~!Q'!...lllle. \'homme .!pl'iinit _ll~ chc~nTn ou selon<jil'\'l ~ra \
~. Si le chemin est apl:lOi, 011 si la Iwrte est ouverle jllsqll'au
dcgre sllpn~mc Oil celeste, alol's I'homme c1edent \'~ritablement I'i­
. ---­
n]~~e d'e Dieu, et apl'cs la 1lI0l't il devient An'ge elu Ciel supreme;
si I'homme ll':qllanil le chemin on h'ouvl'e la porle qne jusqU':ll:i de­
gre moyen ou ~pil'i!uel, it oe\'ient, il est. vrai, I'im,'ge cie DielJ,
rnais non flans cclie pCI'feclion, et apl'es la mort il de\'ient Ange
(lu Ciel moycll ; si I'homme n'apllinit le chelr,in ou n'ouvre la porle
lllle pOll I' Ic demier (Iegre ou degre nat.urel, et qu'alors il recon­
flaisseDiell et. L'adore par une picle actuelle, il devicnt I'image de
Dieu tblls le del'nier degrc, et apre~ la mort il devienL Ange du
derntcl' Ci~ : <Ill conll'aire, si I'homme ne reconnait pas Diell et ne
I':aciore pas par line piete actuelle, il dCpo'Jille I'image de Dieu, et
{lg\'i~nl semhlable it une sorte d'anin~al, a I'exception qu'il jouit de
la faclllle de comprendre, et par suite, cie pal'l er ; si alors it fel'me
le degre suprcnle~~el, qui correspond all supr~rne ce!este, it
lIe\'ielil quant 11 I'amoul' semblable ilia hele de la terre; s'il ferme
le..tlegre ,mo.ycn naturel, ql.ii correspond all rnoyen spirituel, it de­
\'ienl qU{IlIL ill'amour comme un renal'o, et quant a la vue de l'en­
terldemcnt comme un oiseau cie nuit; s'il ferrne aussi le t1crni~r \
<!~':..e 1l;!,.t~1 quapt all spirituel de ce natlll'el, il devient quant fa
ramour comme une bete feroce, et quant a I'entendernent tlu \'rai
{;omme un poisson, La Vie Divino qui, par J'influx procMant du
Solei I du Ciel Angeliquc, mel I'homme en action, peut etre com­
.paree it la Lumiere proceciant du Soleil du Monde et a son influx
, <lan:; un objet diaphane ; la reception de la vie dans le supreme de­
grc, lIl'iriflux de la lumiere dans un diamant, la reception de la
\'ie dans le second degre, 11. i'influx. de la lumiere dans un crisla};
, et la reception de la vie dans le dernier degre, 11 !'influx de la lu­
uiiere dans un verre ou' daDS une membrane traDsparente;· mais
52 LA VRAIE
sice dernier degre quant a son spirituel elail entierement ferme t ,
ce qui arrive quand Dieu est nie et Satan adore, la reception de la
vie procedant de Dieu peut 6tl'e comral'ee a l'infliJx de la lumiere
dans les corps opaques de la terre, comme dans du bois poul'ri, OU
dans un gazon de marais, ou dans du fumier, et ·ainsi du r:esle;
car l'hom me alors devient un cadavre sp irituel.
4 ~ ~ ~ •

35. A ce qui precedej'ajouterai ce MEMORABLE. Unjour j'elais lres­


etonne de l'immense multitude d'hommes qui altribuenta la Nature
la Creation,~t par suite tout ce qui est all dessous du Soleil et tout
cequi est au-dessus duSoleil, disant, en le reconnaissallt du fond du
CooUI', quand ils voient que!que chose: Cela n'esl-il pas de la na­
ture? Et quand on leut demande poul'quoi ils allribuent cela 11 la
nature et non aDieu, lorsque cependanl ils disent parfois avec ~'
communion de I'Eglise, que Dieu a cree la Nalure, el que par suite:
fils pourraient aussi hien dire que les choses qu'Hs voient sont de'
Dieu, que de dire qu'elles sont de la nature; alors ils rapondent
d'un ton interne presque tacile : Qu'est-ce que Dieu, sinon la
1Nalure? Tous ceux-la se monlrent glorieux de la pe~uasion qUEJ;
I'Univers a ele cree par la Nalure, et de celle folie comme d'une sa­
gesse, au point qu'ils regardenllous ceux qui reconl'laissenl la Crea-.
tion de l'Univers par Dieu, comme des fourmis qui se trainent sur la
terre et sllivent le chemin battu, et quelques-uns, comme des pa­
plllons qui volent dans l'air, appelant leurs dogmes des songes~
parce q\l'ils voient ce qu'eux ne voient pas, disanl : Qui a vu Dieu,
et qui est-ce qui ne voit pas la Nalure? Pendant que je m'etonnais
de la mullitude de ccs hommes, un Ange parut devant moi SUI' le
cote el me dit : SUI' quoi medites-lu ? el je repondis: Sur la m,ulti­
tude de ceux qui C!Oienl que la Nalyre est par elle-meme, el qu'ainsi
eIle a crt~e l'Univers; et rAnge me dit: Toutl'Enfer est compose
de tels hommes, et jls y sont appelcs Sat:ms el Diables ; Sa tans,
ceux qui se sont coniirmes pour la Nature, et ont pal' suile nie Dieu;
Diables, ceux qui ont VCCll dans les crimes, et onl ainsi I'etejc de
leurscceurs toute reconnaissance de Dieu : mais,je vais .le conduire
:'t des Gymnases silucs dan,s la Plag~ ,meridionnale-occidenta'le, ou
resident ceux qui sonl tel,s et qui ne sont pas encore dans l'Enfer:
et it me prit,Par l,a main; e,t me co~duisit; et je vis des maisonnel.t~s
RELIG ION CHRETiENNE 53 .
.cam; lesqilelles iI y avait des Gymnases, et au m'i1ieu d'ellesune qui
'etait comme le Pretoire de tou tes les aulres ; ce pretoire eLait cons­
trlliL en pierres de poix qui etaient recouvettes'de lamines' eotnme­
de, verre brillantes comme d'or et d'argent, lelles que sont celles
oqlfon nomme seh3nites ou talc; et ca et ·Ia cJJes eLaient parsemees
,de.brillallts coquill3ges. Nous nous approchames de c'eLle maison, et
nous frapp:lmes' 3 13" porle; et 'bientot quelqu'lln l'oltvr,it, et'non's
,dit: Soyez les bien-venus; et il couruL a une' table; 'et- il appOI1a
.quatre Iivres-, et il diL: Ces Livres 'sonL la'Sagesse, idaqueJle'uile'
multitude de Royaumesapplaudit :lujourd'hui ; a ee Livre ou aeet['e
'Sagesse,applaudissetlt nombre d'hommes en France, it celui-ci nOlfr­
-brei d'hommes\ en Allemagne,' '3 celui-ci quelques-uns en' HoJlahde~ \
,et,a celui-ci quelques-uns en Angleterre; puis il dit :Si \'OUS vonlez
'Voir, je ferai que ces quatre Livres vont briBer a' vos yeux ; et alors
il exhala et repandiL tout a l'entour la gloire de sa reputation, et leil'
Livres aussitOt resplendirent comme de 'Iumiere t mais Mile lU'miere
-de\'antnos 'yenx se dissipa sur-le-champ :. et :ilors nous lui deman~
-d&mes ce qU'il ecrivait maintenanL ; et il repondit qu'en ce moment,
il tiraiL 'de~,s" tresors et exposait les choses quiappal'tierinent a la.
sagesse in time, eL qui en resume sont celles-ci : I La Natw'e app'ar'­
tient...elt-e a la Vie, ou la Vie appartient-elle ala Nature. 11. Le •
Centre appartiellt-il cl l' Etendzte, Ott l' Etendue 'appartient-elle au
Centre. III. Sur Le centre de I'Etendue et' de la Vie. Apres aVdir
,.ainsi parle il se remit sur un Siege vel's la table; mais no US, nous
,pa-rcounilJies son Gymnase qui etait spacieux; il avait sur la Lable une
'Chandelle, parce que la"jJ yavait non pas une Lumiere de soleil, mais
uneI... umi~re nocturne de lune ; et, ce qui m'etonn'a, la ehandelle pa­
raissaitetre portee la de tout cOte et eclairer; mais comme elle n'etait
pas mouchee, elleeclairait peu; et pcndantqu'i1 ecrivait, nousvoyions
vo'!tiger de la table sur les 'mu~ des images de forme dHferente, qui,
-dans ceLle lumiere nocturne de lune, apparaissaient comme de beaux
oiseaux des' lodes, ma.is quand nons ouvrions la porte, \"oiei, ces
images, dans la Lumiere diurne du Soleil, apparaissaient comme
des oiseaux de nuit don't les ailes sont en forme de filet; en etfet.
, c'etaient les vraisemblances, 'qui par des c0nfirmations etaicnt d'eve- '
nues des illusions, qu'il a'·aiL ingenieusement liees en serie. A:pres I
avois vu cela" nOlls nODS approch·ames de la table, et nous lui de- ~
51:', 'L!\ VllAI~
mandam6~ c\, q4'il ecri\\3it dans ca IflO{ll~lIt ; iI dit : Sur ee PaBlltE~
POINT: LA NAl1URE ·... PPMITIENT-~LI.~ A L~,NIE, OV I-A VI'S "1'.PARTIEN1(.,.
ELLE A LA NArv,RE; eL, ~ul' ce POi.-.,I, iI di~, qu'il POllVjljt confirm.elf
run eL I'autre, e.t faire que run ~t 1'31\tre sQj~ vraj ; ma,is c,omme Hy
avait;lll ded~ns qUl'lque chose o~ qache qu'il redou~ait, il n'osai·t
con.Hnner que celle prllPo~ilj~n, qIJe l.a NallJ~e appar.tieot a la, Vie..
c'est-il-di~e. viem dll la Vie; a~ ,DQn l'a!Jtre, que la 'Vialappartient
a la Nature, c'est-il-dire, v,ient dp, I~ Na tllre. NOlls lui demau(iames.
avec hooneleLe ce qn'it y ~vait a.lI dedans de ca<\he qu'if re~Qlltait ;.
iI repondil que c'elait q'etre appe,le NaLllraliste, et par con"equeol
Athee Pill' les ~retres, et Homme d'lIne raisQn peu sailll' P~lI' les Lai­
ques, parce 1J",e I~s I!ns et les al!tres O,lI ~roient d'apres line foi'llVe..,
gle, 011 ,\'oiant o'af1res la vue -da ceUX qui copfirm.ent cene roi. AlofS­
pOllsses p,ar un~sor·~ed'.iJldign;Hio.n de z~le PQUP la \'~Ilile, QQIU\ nn;­
terpel>l~llles, en disa,I1L: Aimi, tll. te trolUjJes Ibe:lu~our ; tasa~e.sse,
qui consiste a eel'ire av~c llllllnl, t'a seduit, et la gtoire de lil rep"Har
lion fa induil a 1l0nijmJl~r ce que tu ne crois pas :ne sil·is-tu paS!­
.que le Mllntal humain p~UL,Sre~ever all-des~~!.\ des se{l!iuels, leJ;ql,l~l'S,'
sont ce qui, dans les pensee~, pl1o~iellt des1seps du co~~; et que"
10rsqu'i1 est eleve, iI ~oit en haut les choses qui appa;rti'inneilt a la
Vie, et en bas cella's qui appartiennent a la Nature? Qu'esL-ce qu~'
la Vie, sinonl'Amour et la Sagesse, et qll'est-ce que la Nature, sinQ,n.
le recllpt,acle par lequel l' Amour et la Sagesse op'erent lell!'s etl'ets.
ou les u~ages ?Est-ce que la Vie eL la Nature p~uvent elre un a~u,tr.e-,
ment que comOle le p~in(\ipal et l'in!1.trumental? es~-ce que la lu­
miere pellt e:re un avec l'ooiJ, Oil le son av.ec I'oreille ; d'o,u vien~ ,
nent les sens de I'ooil et de l'oreille si,non, QC la vie; el leurs formes.
sinon de la nat\lre? Q\l'est··ce q,l,Ie le Corps humain, sinon un Organ.&
de la Vie? tout ce q!Ji le compQse,en general et en partjclllier, n'a-t­
il pas eie organiqllemePt forme pour produire ce que I·'Amour veut.
et ce que l'Enlend~m.ent pel!se? les organes du corps njl vii}T)l)en).-i1s.
pas de'I;ll)ature; 6tlF~mollr et la,Pensee ne procedent-i1s pas de la.
viej?,res. choses J)~ son,t-elles, pas ahsolumeQt distinctes entre ~I.es ,r
Elev.e ,encqre un, pell plus hapt la perwicllcite de ton genrie., e,t tll
nrras que c' e~t le pr,QJlre de la vie d',etfe aft'ect.e et de penser, e~
qu'6tr6 ~(fecJe app:m,ient ill'illl1our,.ql,le p~l)ser appartiftnt ~ la S~
g~~, eL que l'lI.n .eL 1!:utt.re·lJPp.arLienL. la'vie; car, ainsi qtl'ij a.,
RELIGION CHRET1E~NE 55
el~dit, l'am(),urel.l~ S~gesse soot la vie: si tu elev,es encore un pen
pi..::; :hauL.la fa~ll~,de cQrnprendre, tu verras ql.Je "raman, et' la Sa-
gefooS6 ne ,peuven~ e.xister, a moil.ls que leur origine,ne SOil quelque
part, et queleur or.igioe estl'AllIour ~eme eL la SagesselMcllIe, e.t
par consequent la Vie M~me; et cas chases spot Dieu de qui pl'O-
vienl la Natul',e, Ensuite 1I0US par!;lmes avec lui dll SECOND POINT:
LE CENTIIE AJ'PAIITIENT,IL A I:ETENDUE, DU L~ETENUUE API'AIITlENT-ELLE
AU CEr\'r~t:; et noris lui delllanJames pOllrquoi il agil,aiL (',BIte Ijues-
lion; il nous r~pondil: Dans le'tiul lie conclllre sur le Cenlre eL rE-
tepdlle de la Nature ,et de la Vie, ainsi sur I'ol'igine de l'une cL de
J'autre; et quand nous IlIi elimes demallde queUe elail son opinioll
SI!r ce 'pain I ; iI ~ous repondit, comme SUI' le pl'emier point, qu'il
pouvail confirmer I'une et 'I'autre proposition, mais q,ue, o:lO.S la
cJ:ain'l,e de perdre sa repulation, iI conlirmait ql,le l'Et~nJue appa,r-
lient all Centre, c'e:it-il-dire, "ienL du Centre; quoique je sache,
ajollta-t-i1, qu'avant le Solei! H y a eu quelque chose, et ql,l6 ce
quelque choseetait parlqut dans I'Eteudue, et a conflue de ,soi·
meme eu ol'dre, ainsi dans le Centre, Alors nailS I'inlerpelhinles de
lJou\'eau _~ec line indignation excihie par le zele, et nous lui dimes:
Ami, tu)'s faD; et des qu'i1 eut enlendu oes mots, iI recula son
sie~e de la table. el nous regarda avec timidite, et alol's il prlHa 1'0-
reille, mais en riant: cependant no us continll:imes en ces termes:
Quoi de plus insetlse que de dire que le Centre vieut de I'Etendue,
- pal' ton Cenlre nous entendons le Soleil, et par Ion Etendue nous
entendons I'Univers. - et qu'ains,i l'lJnivers auraiL eXlsle sans le
Soleil ! Est-ce que le Soleil rie fait pas la Nature et toutes sel' pro-
prilHes, qui dependent uniquernent de la Lumiere et de la Chaleur
procedant du Soleil par les Atmospheres? oil I.a Nature a ete aup3-
ravanl el d'ou elle vient, c'est ce que nqus te dirons lorsque le II'oi-
sieme point sera agile; les AlllJOsphel'es et IOU les les chases qui
SODt sur la Terre ne sont-elles point comme des S!lperficies, et le
Soleil n'esl-il point lellr Cell Ire ? qU'est-ce q,ue toutes ces chases
sans le Soleil, peuvent;..elles subsister un selll instant? par conse-
quent, qu'est-ce que toutes ces choses avant le Soleil, ont-elles pu
exisler! la sltbsistaDcen'est-elle pas une perp6luelle existence? puis
dono que I~ subsistance de touLes 1e8 chases de la Natur:e vient du
Soleil, il s'eo suit q,ue l'existence de toule,s chos~s eD vient aussi ;
56 , . LA VIlAIE
chacun le voit et I~ reconD:lll par intuition; de m~me que le poste-
rieur existe d'apres I'anterieur, ne subsiste·t-il pas aussi d'apres lui!
Si la superfieie etait l'anterieur, ct le Centre le posterieur, l'ant~­
rieur ne subsisterai t-il pas d'apres le posterieur, ce qui est cepen-
danLcontre les lois de l'ordre.? Commenlles posterieurs peuvent-i1s
prodllire les anterieurs, ou les exterieurs les intel'iellrs. ou les' plus
grossiers les plus purs ? en consequence comment les superficies qui'
constitnent l'Etendue'peuvent-elles prodllire le Centre? Qui ne voit
pas que cela est contre les lois de la nature? Nous t'avons donne
ces' argllmenls tires de l'Al1alyse de la raison pour confirmer que
l'Etendue existe d'apresle Centre, ~t non vice vet'sd, quoique qui-
conque pense juste le voit sails ces arguments. Tu as dit que I'Eten-
due avait d'elle-meme eonflue dans le Centre, aint:i ce serait fortoi-
tement, dans un ord're tellement admirable et slIl'prenant, que cha-
que chose est pour line autre, et que tOllt en general et en particulier
est pour l'homme et pour sa vie eternelle ; est-cc que'la Nature peut
de quelque amour par quelqlle sagesse tendre aux fins,envisager les'
causes, et pOllT\'oir auxelfet!lo, de maniere que de telles choses exis-
tent dans leur ordre ? el peut-el,le avec des hommes faire dl',lJ Anges,
eb de ceux-ci comaituer le Ciel, el' faire qtle ceux qui y sont vivent
elernellemten t? Pose loi ces propositions, et 'reflcchis, et alors tOID--
bera lon idee de I'cxislence de la nature par la nature: Apres cela,
nous lui demandames ce qU'il avail pense, cl cc qu'jl pensait apre-
sent du TRolSiEME POINT: SUR LE CENTRE ET L'ETENDUE DE LA NATURE
ET DE LA VIE; s'il croyait tIue Ic'Centre et I'Etenduc d~ la Vie fus-
sent la meme chose que le Centre et l'Elendue de la Nature. 11 re- •
pond it qu'it etait en suspens; que d'abord il avail pense qlje l'aclivile
interieure de la Nature CI:l'it la Vie, et que I' Amour et la Sagosse
qui font essenticllement la vie de l'homme en provenaient ; et que'
1(\' feu du Soleil par la chaleur et 1:llumiere, les atmospheres ~fr- .
va,"t de moyens, la produisait '; mais que main tenant, d'apres ce ~
qu'il venait d'entendre sur la vie des hommes apres la mort, il etait··
dans l'incertitude, et' que ·ceLlo incertitude portait son mental tanlot
en hauL, tantol en bas; qU'3'Odc'est en hau,t; iI reconnait un Centre
donl il n'avail ell aupor'avant llhcune notion ;; III quund c'e'Sr'en bas, ,I
iJl,voit ie Centre qu"Havait'cru·tJrlique; que la 'Vie \'ienhill CbnlPd
dont jJ: ~'avaft!)et1· auparnY~nl),aUcune notion l ; 'qu6Jla Nature vient .
RELIGIONCHRETIENNE 57 '
,du Centre qu'il avail cru auparava~t'etre unique; et que I'u net ['au,­
tre Centre a une Etenduc an/our de lui. Aces mots, nous dimes =,
C"estbien, ponrvu qu'aussi, 'du Centre et de I'Etendue"de la Vce tu
veuilles considerer le Centl'e et I'Etendue de la Nature, et non vice
versd: et nous [ui apprimes qu'au-dessu;; du Ciel Angeliqne il y a un
Seleil, qui est pur Amour, et en apparence igne comme le Solei.! du
monde; que c'est d'apres la Clialeur qui pr-ocMe de ce Solei! que les
Anges et les homrnes ont la Volonle et l'Amour, et que c'estd'apres I

sa Lumierc qu'i!s ont'I'Enfendemenl el 1:1 Sagesse; que Ies choses


qui' procMenl de 111 s'ont dites SpiritueHes, et que cenes qui proce­
dent <lu Soleil du Monde, sonl.les contenanls ou les /'eceptaclesde
la vie, et sont diles Naturelles ; que l'Etendue du Centre de la Vie
est le MONGE SrlRlTUEL qui subsisle par son Soleil, et que l'Etendue
~u Centre de la. Nature est le MOl'\(JE NATUI\EL, qui subsisle par son
Solei!. Puis donc que Jes Espaces et les Temps ne peuvent se dire de
I'Amour et de la Sagesse, et soot remplaces par les Etats, i1 s'en
suit qne ce qui est en expansion autour du Soleil <lu Ciel Angclique
n~est pas une Etendue, mais est neann~oin5 dans l'Etendue du Solei!
naturel,;tIt la scion les receptions chez les sujets vivants, et les re­
ceptionsselon1les' formes et les Mals. Alors il demanda d' oil veoait le
feu du Soleil dlJ Illonde 'ou de la nature; nous repondimes qu'i!
vi'ent du Solei! du Ciel Angeliqne, qui est non pas un feu, mais le
Divin Amour procedant in'lInediatement de Dieu, qui est au milieu de
ce Solei! : comme iI en ctait BIOnne, nou s le lui demontrames ainsi :
UAmour dans son essence est le feil spirituel; c'est pOllr cela que
Ie- feu, dans le sens spirituel de la Par/e, signifie I'amour ; de la
les Prelres, dans' les Temples, prient que les creurs soient remplis
<lu Feu celeste, par Jequel Hs entendenl I'amour; le feu de I'Aulel
et le fen ou Chandelier dans le Tabemacle, chez les Israelites, ne
representait pas autre chose qlte le Divin Amoul'; la Chaleur du
-sang, ou la Chaletir vilale des hommes et en general des animaux,
n'a pas d'autre origine que I'amour qu'j fait Jeul' 'vip.; de la vient
-que I'homme s'embrase etls'enflamme, lorsque son amour est exalte
.en' zele, ou excite eo coJere etemporlement: c'est pourquoi de ee
-que la Chaleur spirituelle, qui est l' Amour, produit chez les hommes
uhe ch'aleur natnrelle, 'au po(n't d'ecbauffer et d'enflammer Ieurs
faces et leurs membres, il devient eVldenl que le Feu du Solei! na­
58- L~ 'VJ\~ lE
tu_r~l 'n'e~i~tfl que d',a,pr~~ '~feu ~u,~leil ~pirjtuel, qui es~ le Di­
vin Amour, rtJ.aiDl~nan,t, puisque 1'F';teD9\le vient du Centre, '6,t !l,OB
vice vel's4; a9~~e nOll~ l'aYQn~ dit ph,~ bauL, et q,~e le Centre d~
la, vie, ,Iaque.! est le Solei! duCiel Allgelique, e,st le I)ivin Amour
pr.ocedant immedialement de Dieu, qui est au miliel\ de ce So!eil ;
et puisque c'est de la que v,ient l'Itlend\le de l?e Centre, laqllel!~
qui ,est llppe1ee Monde spiritijel, el que crest lIar ce Soleil qu't\,
ex,iste le Soleil dll Monde, et par celui-ci son Etend~e qui est ap­
pelee Monde naturel, il est, ev~dent que )UniMers a ete cree par
Dieu, Aprcscela, nous nous e,lI allam,es, et lui nous accompllKha
all del;. dU'l'pr,tique de son ~Ylnnas~, et s'enlre.lint avec 1I0US sur
le Ciel et l'Enfer, el sur Divin a,lIspice, 3vec une nouvelle sagaciLe
d',esprit.

DE ':ESSENCE DE DIEU, ESSEJlin: QTJl EST LE DlVIN AlIolOUR

ET LA mVINE SAGESSE.

36. Nous avons dislingue entre' l'Etre de Diell ~,I l'Es~~nce de


Dieu, parce qu'i! y a une distinction entre l'IlIfinile de Dieu etl'A­
rn,our de Dieu, et que I'fnfinile se dit par application il I'Etre 46
Dieu, et l'Amour par application a n~ssence de Diell; en elfet, ainsi
qu'i1,a rlejil et~ dil, I'Rtre de Dieu est plus universel que I'Rssence
de, Dieu, pareillemenll'I~lfinile de Diet! est plus universelle q;ue I'A­
mour df', Dieu, c'est pour.qnoi I'lnlini devie,nt-il un adjectif des Es­
sentiels et des Attribu,ts de Dieu, qui tous sont ,dilS (nfinis; ainsi
l'on dit du Divin Amour qu'il est Inllni" de la DiviI!e Sagesse qu'elle
est fnfinic, de la IJivine Puissance pareillement; non pas que I'Etre
de Dieu ~reexisle, mais parce qu'il entre dalls I'.Essence comme un
:l11jonctif coherent, determinant, form,ant, et en meme It:.mps elllvant,
Mais ceLteseclion'du Chapitre, de meme,que les precedentes, seradi­
viseeen Articles, ~avoir :
~. Dieu est; I.'Am,our :meme et la ,Saqesse meme, et ces deux
!fJnt son Essence.
11. Dieu est le iJ~en me~e et le Vrai meme, par:ce que le Bie,~
oppartient d l'A,mqur, et le Vr~i (i ~a ~~~qes$~.
RELIGION CHRETIENNE 59
m. L'.Mnour 'mbne et-la.. Saqesse mbne sont la Vie meme,
qfli, 'IlS~ la ,Vie fJn. soi.
lV, L,'Amo'!J.r fe If/.. $agesse .en Qieu {out un•.
V. L'Essence d.e l' amOU1; est d'aimer. les autres hm's de soi,
de voulair etre U1~. a'/Jec eux, et de les rend,'e heurellX par soi.
\11. Ces es,sentt.':/1J. de J'amo.ur Oivin ant eM la cause de la
cre(i!,tirJn de t' Univ((1's, et SOfJt la cause de sa oonservation.
Cha/illnl de ~sArlicle$\ya et.:re expliqlle separem.ent.
31. I. DIE.U EST- L:ANoun ~t)\LE' t':T LA SAGI£I>$K M1!:AIE, ET eEs.
DEU'.l( FOl'iT SONE8:SEN€,E.
Que. I' Amou~ e,L la Sa,gesse..~oieJlt deux Essentiels auxqueJs se re­
fer~t·tolls Jes l.n6ois qui sont en Dieu, et q'Ji procMent de Dieu,
C'%t ce quevit la pr~miere Antiqu.ite; mais comme les Ages qui
sui·vi.rtlQtonl sllwes.siv6luent delG\lrOe du Ciel les men:lals, et les.
ODt plonges dtlPS les ~ond·ains et d;ln$ les corporels, ils,ne purenl
le voir; e.n elre~, lel' ·hol!lmes·co.mmencereol it ne. pas sa\:oir ce que,
c'est q,l,Ie rAmour Ol\nsson essence, ni par suite pe que c'est que la
S~esse.dam; SQU ess.npe, i~nOfant que· l'amour abs1r;lil de forme,
n'es,l p,as pp~sible, et qu'il operr-d;ms la forme et,par la forme. Or,
p~isq\le Diell e&l.la,SlIbStance Iri~llle et la Forn18 [ueme, la Subs­
taooe unique, et la Forme unique, et ainsi la Substance premi.ere et.
la .Forme prem.i~r:e, desquelles l'Essence est l' Amour et III Sagesse,
et puisque par Lui (}lll cIa failes lOllles les choses qui onL ele failes,
iI s'ensl,lit.que, d'apres I'A,nwur par la Sagesse, il a cree l'iUnivers.
avec loule~et ohacune des C~G~~S qu'i1 contienl, et que de la le Di­
vin Amour est con.iointe.ment avec la Divine Sagesse dans to,Us et
dans chacun de;s SIJjets cr,ees: I'Amo.l,lr. est encore non-seuleme~t
I'EsseQce (orm~l)t toules chos(ls, Inais allssi les lInis~ant et les con­
joignant, el alOsi les contenant formees dans IJn enchaineloeal.
Cela peut etre iIIustre par des choses in~Qrnbrables
. . I~ Monde ;
dans
par exemple. par 1;1 CijALE;UR ~t I,a LmllElIE pro\'e~.ant du Sol~il, qui
sont les deux Essentie.ls et les deux Univers3ux· p~rlesquels tOllte~
et chacune des c!wses existent el subsislent sur la Terre; la cha­
teur ella lUlpjere sonl I~, pan~e qu'elles corr.e~poJld~fJ,t au Divin
Amour el a la,J)ivine ~a'gesSll"car III C~~leur qui pJ:oc~de du Solei!
dQ Monde spirituel ~l ~ans son eS&eI,l~e 1'!ll)our;, et la LI,nniereqlli
en provien~ .~t d~ns ~on. ll~senCe la Sai'ess;~. C~)~ peul a\fss\ etre
60 LA VRAIE
iIIuslre par les deux es~enliels et les deux universaux, par'lesquels
les Mentals humains existent el subsistent, et qui sont la VO~OI'lTE
et I'ENTENDEMENT ; en effet, c'est en eux deux 'que, consiste le Men­
tal' de chacun, et tous deux sont et operent dans toutes et
dans chacune des choses de ce Menta'l ; et 'cela parce' que la Vo.:..
lonle est le receptacle eL, '),habitacle de I'amour, et qu'j) , en
est de meme de l'Entendemenl a I'egard de la Sagesse; c'est
pourquoi . ces deux correspondent all Divin Amour et a la
Di.vine Sagesse, dont i1s tirent leur origine. Cela, peilt encore elre
iIIuSlre par les deux essentiels et les deux lIniversaux, par les­
~uels les Corps humains existent el subsistent, et qui sont le ClEUR
et le POUlION, ou la systole et la diastole du creur, et la ,'espiration
du pOllmon ; iI est bien connu ;qu'eux deux operent dans ,toutes et j

dans chacllne des choses du corps; et cela, .parce que leCreur cor­
respond a I'amour, elle Poumon ala Sagesse; cellecorrespondanc6 I

~ etc pleinement demanlre-e dans la SAGESSE ANGELIQuE SUR LE DIVIN .


AMoUR,ET LA Dlv,rNE SAGESSE, publiee a Amsterdam, Que l' Amour .
{lomme fiance et mariptodu,ise ou engendre toules les formes, mais .
par la sagesse comme fiancee el epouse, c'est ce 'dont on peut se
cOflvaincre par de~ choses innombrables dans l'un et l'autre ~onde,
le Spirituel et le Nature!; it suffit de rappeler que tout le Ciel An­
~elJque est dispose dans sa fOl'me et contenu en elle d'apres le Divin
Amour par la Divine Sagesse: ceux qui deduisent·la crealion du mond'e
d'alltre part que du divin amour par la divine saResse, et ne savent pas
que cesdeuxfonL la DivineEssence, descendent de la vue de la raison a
la vue de l'reil, et embrassent la Nature comme oreatrice'de I'Univers,
et,par suite conl;oivent des chimeres etenfanle,nt des fantomes; i1s
pensenl des ilIusionsd':tpres lesquelles'ils raisonnent, et ils liren~
pour conclusions des reufs dans tesquels sont des oiseaux de nu it ;
de'tels hommes peuvenl etre appeles noll' pas deS Mentals, mais des
Yeux et des Oreilles sans entendement, ou des Pensees sans ame~
ils patIent des coiJleurs comme si elles pou\'aient exisler sans la
lumiere; de l'existence des arbres comme si elle, pouvait avoir lieu
et
sahs semenee, de. toutes leschoses du Monde comme si'elles pou­
valent exisler sans'le Soleil, puisqu'ils fonl principes les prineipies
(principiata) , et causes les resultats des causes (causata); ainsi
ils/l'enversent loul, its. assoupisselll les veilles de la raison, et \'oient
par consequent des songes.
RELIGION GHRETIENNE 61
38. 11. Dmu EST LE BIEN M~ME ET LE Vi\u MtME, PAReE QUE LE
BIEN APPARTIENT A L' AMOUR, ET LE VnAI A I.A SAGESSE.
11 est IIniversellement connll que loutes choses se referent au bien
et au vrai. indice que loules choses ont existe d'apres I'Amour et
la Sages8e; en effet, lout ce qui procMe de l'amour est appele hien,
car cela est senLi, el le plaisir par lequel I'amour se manifesle est
pour chacun le bien ; d'un autre cOle, toul ce qui procede de la
Sagesse est ap!lele vrai, car la sagesse ne consiste que dans les vrais,
et" affecle ses objels par le charme de la lumiere, et ce charme, lors­
qU'il est per~u; est le vrai procMant du bien; aussi l'Amour est·it
le complexe de toules les .bontes, et la Sagesse le comJ.llexe de
toutes les verites; mais les unes et les aulres viennenl de Dieu, qui
est I' Amour meme et par suile le Bien m~me, et aussi la Sagesse
m~me el par suiLele Vrai meme. De lil vient que. dans 1'Eglise, il
ya deux essenLiels, qui sont appeles Charite et Foi, dans lesquels
consistent loutes et cbacune des choses de l'Eglise, et qui doivent
etre dans toutes eL dans chacune des choses de l'Eglise; et cela,
parceque tous les biens de l'Eglise apparliennent a la charile et
sont appeles Charile, et que lous les vrais de l'Eglise appartiennent
a la foi et sont appeles Foi : les plaisirs de l'amoul', qui sont aussi
les plaisirs de la charite, fonL que les plaisirs sont dits hiens, et les
charmes de la sagesse, qui sonL aussi les charmes de la foi, font
que les charmes font la vie des biens et des vrais ; sans la vie qui
en provient les biens eL les vrais sonL comme inanimes, et aussi
sont steriles. Mais, les Plaisirs de I'amour sont de deux genres,
pareillement les Charmes qui semblent appartenir il. la sagesse;
savoir, les plaisirs de l'Amour du bien elles plaisirs de l'amour du
mal, eL par suite les charmes de la foi du vrai et les charmes de la
foi du faux; ces deux plaisirs de l'Amour, dans les sujets en qui ils
sont, d'apres leur sensation, sont nommes biens, et ces deux char­
mes de la foi, d'apres leur perceplion, sont aussi, nommes biens,
mais parce qu'i!s sont daps l'entendement, ils ne sonL autre chose
que des vrais; quoique les deux genres soient opposes enlre ell~,
et que le bien de I'un des amours. saiL le bien, et le hien de l'autre
amour le mal, et que le vrai'de l'une des fois soit le vrai, el le vrai
de l'autre foi le faux:: mais I'AmoUl' dont le plaisir est essenlielle­
ment le hien est comme la chaleur du Soleil, frucLifianL, .vivifiant
62 ,A VR'AlE
et operan!: dans un humus ftrrtile, lians des al'bres de bbnnleqoolit~
et dans des' mOlssons, el faisant du terrain', oil elle opere, un~, sO;le
de paradis, dn jardin de JehDvah, et une espeoe d'eterl'ede Cnanaan;
et le chll1;me du: vrai de eel alflour est comme la 'Iumiere du sJleil
3li jlrlntem~s, et comme la lumiere ((11. in'fllle clans un vase de cris­
tal, ou. sont renfermeesde belles tlellrs et d'ou s'exhale une odeUr
suave qlland il:est O\l\'ert ; all contraire, le plaisir de I'amour do
,m:ll est comme la chalellr du solei! desser-hant, suft'oquant et ope­
ranI, oans hn hLimus sterile, et da'Os des arbres ingrats, tels qu~ des
epilles et des bllissons, el faisant'dn terrain, oil ella opere, IInel sorle
de desert d' Anhie haHite pal' des sel'p~nts, des hydres et des dip­
sarles; et ,le charmedll .faux de cet amou\' eSl cOlnme la lumiEH'e
du soleil en hi\ler, et conIIne la IUllliere qlli tnfluc daos une hOIJ­
teille, ou sooLdes vers nageanl dans du vinaigre, el des reptiles
I d1une orletir infecle. 1I faut qU'on saclle que toul li>i·en'se fol'fl'le ~Iar
des vrais, s'(,'n revet aussi, et !le distingue airisi d'un autre bien ;
il faut encore qu'on sache que les hien!' d'une m~me sOllche se lient
en faisce:llIx et le!' COl/Vl'ent ensemble d'un vetelfJent, et se (hslio­
guent ainsi des aulres; que les formations se fass-enl de cette ma­
niere, c'est ce qu'on voil claircmeut d'apres tOllt ce qui sc passe en
general et en particlllier dans le Corps,hulTI'3in ; que 'la m~llle chose
se fasse dans l'eMental humaj'n~lcela est evident en ce qu'j( ya UDe
correspondance 'Perpetuelle de tou~es les ehoses dll menIal avee
toule~ ceHes du corps: de 1:1 iI resulte que Mental humain a ele or­
. ganise interieurement de subslanceS' spirituelles, et exteriellrement
de substances naturelles, et enfrn de substanccs materielles; le
~Iental dontles ,plaisi'rs de I'amour sont des biens con'sisle iOlerielI­
rement en substances sp'irituelles telles qu'cllcs 5ant dans le, Ciel,
tandis que le Menta\. dont'les plaisirs sont des Inallx COrlsiste inte­
riellremeot en substances spil1ituelles telles qu'elles sont dans I'en­
fer, etles maux de ce mental sont lies en faisccallx par des faux,
comme les biens de I'autre mental sont .Iies en faisceaux par des
vrois,; puisque les biens et les maux soot ainsi lies en faisceaux.
voila pourqu1oi ,le"Seigneur dit, que Nvraie doit ~tre rassern­
bUe en faiscea'ux pour ~tre br.11Ue, et qu'il en set'a de
- m~me des scandales: - Alatth. XIll, ,30, 40, 41. Jean.
XV, 6.,
R~~LmION' CflIHi:T1ENNE 'd3
39. Ill. Dum, tnANT 1'.'AMOUR 'Mbi'E 'ET L'A SAGESSE MbtE, H!;T
I.A, Vut rd)IE, QlJt EMT J,A VIE EN ~Ol,
1I est dit rlans Jean: " La Parole etriit chez Diell, et Dieu Itdit
, la Parole ;'en El/e etait la Vie, et la Vie etait la Lztmi(}re des
nomrrtes. N - I, 1, 4 ~ - dans ce pasliage, par Diell' est' entendu
le Divill Amour, et r10n la Parole la Divine Sagesse; et la Divi'lle
Sagesse est prb~ll'emetlt la Vie, et'la Vie est proprernent·la I~Uftliere
qui procede <iu Solei! du Monde spll'ituel, dans le miliell dllquel est
Jehovah Diell : le Divin' Amour forme la Vie comme le fell fOI't116
la Illmiere: tians le ~'eu it ya deux cho~es, ~ Callslil~ile et la
Splendellf; de la C:lllsticitli ~u feu procedela chaleur, el de la
Splelldeur nu fell procMe la lumiere: onos I' Amour 11 ya pareille­
.ment deux choses, I'lIne a laquelle correspond la calJ~lici'tc du feu.
et c'ast quelque chose qui atfecte intimement 13 volonte de l'holl1me;
l'autre a laquelle correspond la splendeur till fell, eL c'est quelqll6
chose qui alfacle intimement \'enlendemenL de l'homme; c'est della
-que I'homme jlossede I'amollr et I'intelligence ~ car, ainsi qu'il a
dejill~te dil qnclqllefois, du Solei! dll Monde spirituel procedent
une Ch~leur clui dans son ess,enee est l'amour, et une Lumiere qui
dans ~oo essel1ce est la sagesse ; celle chaleur et ceLle lumiere in­
flllent dans loules el dans chacune des choses de l'Ulilvers, et les
atfeclent intimerilent, eL inflocnt chez les hommes dans leur volonte
,et ~ans teur entenllemcnl, qui tous deux ont ete crees receptacfes
de l'influx', la volollte receptacle de l'amour', et I'enlendement fa··
eeptacle de la sagesse , de la, iI est evidcllt que la vie de l'homme
habite dans l'Enlendement, el qU'elleesL talle qu'est la sagesse de
.I'enLendement, et que I'amour de la volonte la modifje.
40. Dans Jean, onlit aussi : « Comme le PfJre a la vie en Lui­
Mhne, airisi il a domuJ aussi au Fits d'avoir la vie en Lui­
Meme. " - V, ~6 : - par la il est entendu que, comme le Divin
meme, qui a eta de toutc ete.'nite, vit en'Soi, ainsi'l'Humain qll'il
a pris dans le Lemps vit allssi ell Soi ; la Vie en soi est la V,ie meme
et unique, de laquelle viveot tous les anges et tous les hommes.
La raison humaine peut voir cela d'apres la lumiere qui proced&
du Soleil du Monde n:llurel, en ce que celle lumiel'e n'est pas cr~a­
hIe, mais qu'j) a ete cl'ee des formes qui la rec;oivent, car les yeux
sonL ses formes recipientes, et la lumiere qui influe du soleil fait.
6i LA VRAJE
que les yeux voie~t: il en est de meme de la Vie, qui, comme il a
ete dit, est la Lumiere procedant du Solei! du Monde spirituel. en
ce qU'elIe n' est pas cr6able. mais qu'elle influe continuellement, et
que de meIDe q4'elle cclaire, de meme elIe vivilic rEnt~ndement de
l'homme; que par consequent, comme la Lumiere, la Vie et la Sa­
gesse sont eux, la Sagesse n'est p~s creable, ni pareillement la foi,
ni le vrai, ni l'a/llour, ni la chariui, ni le bien, mais qu'i1 a ete cree
des formes qui les recoivent ; les mentals humai'lls eL angeliques sont
ces formes. Que chacun se garde donc de se persuadeI' que par soi
il vit, et que par soi il sait, croit, aime, percoitle vrai, veu( le billn
et le fait; en etTer, autant quelqu'un se persuade cela, aulant il pre­
cipite son mental du Ciel en terre, et de spirituel devient naturel,
sensuel et corporel, car il fermeles regions superieures de soon
Mental; de la il devient aveugle quant a tout ce qui concerne Dieu,.
le Ciel et l'Eglise, et alors tout ce qu'il pense, raisonne et dit sur
ces sujets devient de la folie, parce qu'il est dans les tenebres, et
alors en meme lemps il est dans I'assurance que c'esl de la sagesse ~
en etTel, les regions superieures du mental, ou habile la vraie lu­
miere de la vie, etant ferll1ees, alol's s'ouvre la region inferieure du
mental, dans laqual1e est seulement admise la lueur du l\fonde, et
celle lueur separee de la lumiere de~· regions sllperieures est une
lueur fanlastique, dans lac[uelle le~ faux se monlrent comme vrais,
. 'etles vrais comme fanx, le raisonnement fonde sur des faux comme
sagesse, et le raisollnement fonde sur des vrais comme folie; et
alors l'homme croit avoir la vue de l'aigle, quoiqu'il ne distingue
pas plus ce qui concerne la.sagesse, qu'une chauve-soul'is ne voit
dans la lumiere du jour.
41.. VI. L' AMOUR ET LA SAGESfiE EN DIEU .FONT ut\".
Tout homme Sage dans l'Eglise sait que lout bien de l'amour et
de la charite vient de Dieu, et parei:Iement tout vrai de la sagesse
et de la foi ; qll'il en soit ainsi, la Raison llUmaine peut meffie le
voir, pourvu qu'elle sache que I'origine de l'amoul' et de la sagesse
proc~de du Solei1dll Monde spirituel, dans le milieu duquel est
Jehovah Dieu, OU, en d'autres termes, que cellc origine' procede
de Jehovah Dieu par le SoleiI qui est autour de Lui; en etTet, la
Chaleur procedant de ce Soleil est dans son essence l'amour, et la
lumiere qui' en proceJe est dans son essence la sagesse; d'ou l'on
RELIGION CHRETIENNE 65
voit, comme daDs la clarle du jour, que dans celle origine l'amour
ella sagesse soot un, par consequent en Dieu, de Qui vrocede 1'0-
rigioe de ce Solei!. Cela peul allssi etre iIIuslre d'apres le Soleil
du Monde naturel qui esl pur Feu, en ce que de son igne
pro~ede la ,chClleur, el de la splenlleur de soo igne procMe
]a lumiere, et qu'aiosi la chaleur et la lumiere dans leur ori-
~ioe sont uo. Mais qu'eo proc(>('Ianl elles soient divis~es, 00 le
'voit d'apres les sujets, don t quelques-uns re(:o ivent plusrle chalfmr,
el d'aulres plus de lumiere; cela arrive priocipalemeo't chez les
hommes.; en eux la Lumiere ,de la vie, qui est I'intelligence, et la
chaleur de la vie, qui est I'amour, -sont divisees; il en est ainsi,
parce que I'homme doit etre reforme et regenere, el'eela ne peut
t'llre fait, a moins que la Lumiere de la vie,qui est l'Intelligence,
n'enseigne ce qu'il doit vouloir et aimer: cepeodaot, il faut qu'on
sache que Dieu opere continuellement la conjonciion de I'amour et
de la sagesse chez I'homme, mais que l'ho:nme, s'i1 ne ,tolHne pa~
ses regards vel's Dieu et ne croit pas en Dieu opere continuellement
]a division; aulant done ces deux choses, le bien de I'amour ou de
)a charitc et le \!fai de la sagesse ou de la foi, sont conjointcs chez
),hOOlIll6, aulanl I'homme devient l'in:age de Dieu, el est eleve vers
]e Cielet ,dans le Cial ou sont leg anges; et vier; versd, autanl ces
deux choses sont divisees par l'homme, aulant I'holurne devient
l'image de Lucifer el du Dragon, et est precipi t6 du Ciel en terre,
et ensuile sous 1:\ terre en Ellfer: par la conjonction dc l'amowr
et de la sagesse, I'etal de I'homrne devient comme rel,:lt d'un arbre
dans la saison dll prmtemps, qlland ,1a chaleur' se conjoinl en ega-
]ite avec la lumiere, d'oiJ. resultenl la germination, la florai.;;on et
]a fruclific"ation de I'arbre; et vice versa par la division de l'amoul'
el de la sagessse, l'etal de I'h0mme devient comme celui de I'arbre
dans la saison de l'Iaiver, quand la chaleur se retire de la lumiere,
d'ou reslIlte pour I'arbre la privalion et le nepollillemenl de toute
flelll' et de (oute fellille, Qlland la chalellr spirilllelle, qui est l'a-
mour, se separc de la lumihe spiriluelle, qui esl la sagesse, ou,
cequ i est la m~me chose, (]Iland la charile se separe oe la foi,
J'homme devient comme un humus qui s'aigrit Oll sepourrit, dans
lequel naissen t des' vel'S, W, s'il pro'duit ,des' arbr.isseaox, leurs
feuilles sont couvertes d'insecles et devorees; en' eft'el,.. leg attr:li:ts
I. 5
66 LA VRAI'E
de l'amoull du mal, qui en eux m~mes sont des coneupisc8DC6S, ecl'3­
tent tout a coup, et l'Intelligence ne les domple ni ne ]es reprime.
mais elle les cherit, les entretient et les nourr.it ; en un mot, diviser
I'amollr et la sagesse, ou la eharite et la foi, que Dieu s'efforce
conlinuellement de eonjoindre, c'est, par comparaison, priver de
rouge la face, de la une paleur comme celle d'un mort, ou enlever
au rouge le blanc, ee qui rend la face comme une torche enflammee;
c'esl encore, par comparaison, rompre le lien conjugal entre deux
epoux, et faire que l'epouse devienne proslitueeet le mari adullere ;
cal' I'amour ou la cha,rite est comme le mari, et la sagesse ou la foi
est comme )'epouse, et comme oes deux choses sont separees, iI se
fait une prbSiitution spirilUelle et une scortation spirituelle, qui.
SOil! la falsification du vrai e'l I'adulteration du bien.
42. Il faut en outre qu'on sache qu'il y a trois degres d'amour
et de sagesse, et par suite trois degres de vie, et que le l\fenta]
humain a .ete forme comme en regions selon ces degres, et que la
vie dans la region supreme est dans le degre supreme, daDS la se­
conde region dans le degre moyen, et dans la derniere region dans
]e degre infime ; ces regions sont successivement ouvertes chez les
hommes ; la derniere region, ou la vie est dans le degre infime,
s'ouvre depuis la premiere enfance jusqu'a la seconde (pueritia),
et cela se fait par les sciences; la seconde region, oula vie est daDS
un degre plus grand, s'ouvre depuis la seconde enfance jusqu'a I'a­
dolescence, etcela se fait par les pensees provenant des sciences;
et la region Sl!pr~me, ou la vie est dans le degre supreme, s'ollvre
depuis l'adolescence jusqu'a la jeunesse et au-dela, et cela se fait
par les perceptions des verites et morales et ·spirituelles. Enfin, if
faut qu'on sache que la perfection' de la vie consiste non pas daDS
la pensee, mais dans la perception du vl'ai d'apr~s la IUIl'liere du
vrai; c'est de la qu'on peut. juger des differences de la vie chez les
homme3; en effet, il en est qui, aussitot qU'its entendent le vrai,
pervoivent que c'estle vrai, ceux-ci dans le Monde spirituel soot
representes par des aigles; il en est qui ne pert;oivent pas le vrai,
mais qui le concluent d'a,pres les confirmations par les apparences,
celJx-ci sont representes par des oiseaux qui ont une voix agreab]e;
it en e:>t qui croiellt qu'uoe chose. ~st ]e vrai, parce. qu'elle a ete
\ dite par une bomme d'autorite, ceux-ci soot represeotes, par des
~1
RELIGION CHRETlENNE 6'1
;pies; et en outre, il en est qui ne veulent pas et qui ne, peuvenL pa~
,percevoir le vra i, mais qui per~oivent seulemeBt le f;lux, et cela..
!paroe qu'ils sont dans une lumiere fantastique, dans laquelle le
faux se montre comme le vrai, et le \'rai se montre OU comme quet­
,que chose de cache au-dessus de la We dans un nuage epais, ou
-eomrr.e un meleore, ou comme le faux. Les pensees de ceux-ci sout
Jrepresentees par. des hiboux, et leurs paroles par des chats-huants;;
tJarmi cesderniers, ceux qui ont confirme leurs faux ne SUPPOJlr
tent pas d'entendre les vrais, et des que quelque vrai frappe I'ou­
verture de leur oreille, ils le rejettent par aversion, a peo pres
-comme un estomac charge de bile vomilla nourrilure. _,
43. V. L'ESSENCE DE L'AMOUR EST D'AIMEI\ bES AU~EES HORS D~
501, DE VOllI.l)!R tTRE UN AVEe EUX, ET DE LES UENDRE HEUR,EUX
,pAR 501.
Il Ya deux choses, l'Amour et la Sagesse, qui font l'essence de
nieu, mais il y en a trois qui font l'essence de son amour: Aimer
;les aulres hors de soi, vouloir ,etre un avec eux, et les rendre heu­
reux par soi ; ces trois memes choses font aussi l'essence de sa sa- .
gesse, parce que I' Amour et la Sagesse en Dien font un, ainsi qu'il
ca ete montre ci-dessus; mais ,l'Amour venl ces choses, et la Sa­
,gesseles produit. L., PUEmEREssENTIEL, qui est d'aimer les au­
.t?'es hors de soi, est reconnu d'apres l'amour de Dieu envers lout
'le Genre humain, et acause du Genre humain Dieu aime toutes les
,choses qu'il a creees, parce qu'eHes sont des moyens ; car, qui aime;
'la fin, aime allssi les moyens: lous et tOlltes choses dans l'llnivers
cSont hors de Dieu, parce qu'ils sont finis, et que Dieu eSl Infini:
fam01Jr de Dieu va et s'etend non-seulement sur les bons et sur les
<lhose:i honnes, mais aussi sur lesmechants et sur les choses mau­
vaises, par consequent non-seulement sur ceux qui sont dans le Ciel
~t sur les choses que le Ciel renferme, mais aussi sur ceux qui soot
dans l'Enfer et sur les ohoses que I'Enfer renferme, ainsi non-seu­
lement sur Michel et Gabriel, mais aussi sur le diable et Satan; car
partolll et de loute eternite a toule eternite Dieu est le Metrie; aussi
dit-il que, « son Soleil il fait lever sur mechants et bon$, et
.qu'il envoie la pluie .sur justes et injustes. )) - Maltb, V,. 45 ;
- rnais ne1l.omoins si les rnechanls sont mech~nts, et si les cho.ses
mauvaises sont.mauvaises, eelatient aux sujets memes et aux objels
68 LA VRAIE
m8mes en ce qu'i!s re~oivent l'amour de Dieu, non tel qu'il est· el
se trouve intimement, mais lel qu'ils sont eux-memes, comlIle font
pareillement l' epine ell'ortie iI I'egard d'e.la chalenr du solei! et de,
la pluie du Ciel. LE SEGOND ESSENTIELDE L'AMoun DE DIEu qui est
'de voulmr etre un avec eux, est reconnu aussi d'apres la con­
"jonclion de Dieu avec le Ciel Angelique, avec I'Eglise dans les.
:,terres, avec chaque homme de l'Eglise, et :\Vec 10llt hien· el lout
"Vrai, qui entrent dans I'homme et dans l'Eglise et qui les consti­
tuent; ramour aussi, considere en lui-J!leme, n'est autre choseo
qu'un effort vel's la conjonclion : c'est pourquoi, afin que celle pro­
priete de l'e.ssence de l'amoul' flit obtenue, Di eu a cr.ee I'homme a:
'1>00 image €i it sa ressemblance, avec lesquelles la conjonclion peut.
~tre faite :-que l'Amour Divin tende continuellement it la conjonc­
tion, cela est evident d'apres ces paroles du Seigneur, " qu'il veut
qu'ils soient un, Lui en eux et eux en Lui, et que l'amour de·
Dieu s'oit en eux. " - Jean, XVII, 2t, 22, 23, 26, - LE TROI­
SIEME ESSE:'<TIEL DE L'AAIOUR DE DIEu, qui est de les rendre heu­
reux par soi, esl reconnu d'apdls la vie elel'nelle, qui est la beati­
tude, le bonhellr et la feliciLe sans fin, que Dieu donne it ceux qll~
rel(oiv·enl en eux 80n amour; en elfet, comme Dieu est l'Amour­
meme, car tout amour exhale de soi un plaisir, et le Divin amour­
exhale la beatitude meme, le honheur meme et la felicilc mem~
durant I'elernile, ainsi Dieu rend heureux par soi les Anges, et les:.
hommes apres la mort, se qui se fait par la conjonction avec eux.
44, Que lel soit le Divin Amour, cela est connu d'apres sa Sphere"
qui se repand dans I'Univers, el alfecle chacun seloll l'etal de ch~
cun; elle affecle sllrloul les Parents; c'esl d'apres elle qu'ils ai­
menttendrement leurs enfants, qui sont hors d'eux; qu'ils veulen>t.
~tre un avec eux et qll'ils ve'nlent les rendr'e heureux: celle Sphere dtt
Divin Amour affecte non-seulement les bons, lJlais aussi les mechants,.
et non-seulement les hommes, mais aussi les beles et les oiseaux de
tout genre; la mere, quand elle a infante, pellse-t-elle a aUlre chose
qu'a s'unir pour ainsi dire it son ·enfan r, el il pOllrvoir ,I son bien? L' oi­
seatr, forsqu'il afait sortir des reufs ses petils, fail-il autre chose que de
les reehauffer sous ses ailes, et d'i'nserer padeur petit bee de la nourri- .
lure dans leu,r gosier.? N'est-il pas connu que les serpents'et les vipe­
res ~iment leur progenilure ? CeLle sphere universelle alfecle speciale­

(
RELIGION CHRETIENNE 6!t:
~efll-ceux qui recoivent en eux cet, Amour de Dieu ; ee sont ceUli
-qui croient en Uieu et aiment le procbain; l~ cbarite chez' eux est.
firnage de cet amour. L'amilie entre ceux qlli ne sont pas booS!
imile meme cet amour; en effet, I'ami a sa table donne les meilleur
morooaux ~ son ami, iI l'embrasse, il lui saisil la main et la lui
~erre, et itlui promet ses services. Les sympathies etles efforts des
~O'mog(mes et des semblables pour la conjonclion, ne tirenl pas
<'ti'aull'e part leur {,lrigine. Celle meme Sphere Divine ope re aussi
,.daDS les choses inanimees, comme les arbres et les herbes, mais
par le Soleil du ~Ionde, el par sa chaleur el sa lumiere, car la eha..,
~eur entre en clles par le dehors. se conjoint avec ~ll~s, et fai~
-qu'elles germent, fleurissent et frllctifieDt, ce qui tientla place de
la beatitude dans les choses animees ; voila ce que fait celle cba­
',}eur, parce qu'elle correspond it la chalcur spiriluelle, qui est I~a-,
a
mour. 11 y aussi dans les divers sujels du Regne mineral des re­
presentations de I'operation de cet amour; ses typiqlles ~e T)1ani­
lestent dans les exaltations des mineraux pour les usages et par
'Suite pour des valeurs de grand prix.
45. Par la description de l'Essence du Divin amour, on peu~
""oir quel est I'essence de I'amour diabolique, on peut le v9ir d'a-i
pres l'oppose; l'amour diabolique est I'amour de soi, iI est appele
=amMr, mais considere en lui-meme, c'est la haine, car i1n'aime
:personne hors de lui, et it veut etre conjoint aux ~utres non pas
pour leur faire du bien, malS seulement pour s'en faire 11 lui-meme;
:par son intime iI aspire continuellement it dominer sur, lOus, et'
oaussi it posseder les biens de tOilS, et enftn 11 etre adore comme Dieu:
,~'est par celle r:ljson meme que ceux qui sont dans I'Enfer, ne.
'~econnaissent point Dieu, mais i1s reconnaissent pour dieux ceuXj
~ui surpassent les autres en pouvoir, ainsi des dieux inferieurs e\
.des dieux superieurs, ou des dieux plus pelits et des dieux plus grands'l
,selon l'etendue du ,pouvoir ; et comme la chacun porte dansJsorr '
<lq!llr celle meme ambition, cbacun est aussi devore de haine con,r,C(
'Son dieu, et eelui-ci contre ceux qui sont sous son empire, et ill
les considere comme de viis esclaves, avec qni il parle, iI est vrai
.av;ec douceur. tant qu'Hs l'adorent, mais il est, comme par le feuol!
tra.nsporte de fureur contre teus les, autres, et aussi lin,terieul'emel\~
lQ.U ,dans le creur, contre ses clienls ; en effet, l'alDour de soi est la
"0 LA VRArE
m~me que l'am-our desvoleurs, qui s'embrassent lmutuel,rement',.
qualld Hs exercent leurs btigandag-es, mais qui ensuite brulent dill
desir de se 'massacrer.pour se 'der()lb~II' Ituts portions d,u butiD~.
t'est cetamaur qUi est callse qye .sas cupidites dans l'Enfer, oil it
regne, apparaissent de loin commediverses'especes de Mtes f.etoces;
les unes, comme d'es re~ar.ds et ·des ,leopards; les autres, cornme·
des loups el des tigres;. et d'aulres, comme des crocodiles erdes.
serpenls venimeux : et que lesdese.rts,ou i1s vivent, ne consistent
qu'en monceaux de pierres, ou en g.ravier nu, parmi l~squels sont
des marais oil croassenl des g-renouilles ; et que sur leurs hUlles.
voltigent d~s 'oiseallx lugubres qui poussenl des crislamenlables:
les ocliim,~iis lziim et les jiim, qui sont nommes dans les Iivres.
pl'apheliqlles de la P-arole, Oll il est queslion de I'amour de comman­
der d'aptes l'amour des'oi, ne sont pas aU'lre chose, - Esale, 'x Ill,.
211. Jereln. L, 39. Ps. LXXIV, 14.

. 46. VI. Cis ESSENTIELS DB L'AMOUR DIVIN ONT ETE LA CAUSE DE:

L~ CRE'ATlONDE L'UNIVERS,ET SONT LA CAUSE DE SA CONSERVATION.


Que ces trois Essentiels de l'amour Divin aient ete la oause'deJ
lalCreat'i'on, c'est cequ'an peut vo·ir en les scruta'nt et' en l les exa­
. mi'naot ; que le PREMtER ESSE NT/EL, qui est ''d'airher les autres:
hors de SOt, en ait ete la cause, on ,le v@llt pjir rUnh'i(lr·s, qui est­
hors'de Dieu comme le monde est hors du Soleil, et sur llequel Diel~'
p~ut etendre son amour, et dans lequel il peul l'exercer, et ainsii
ge repo'ser ; aus~ilil-on, qu'apl'es que Dieu eUl cree leCiel'tl.t I'<\.
terre, tiJ·se reposa, et que de la fut -fait .Ie jour du Sabbath. ­
Gen:'I1, 2, 3. - Que le SECOND 'ES&ENTIEL, qui est de vduloi.,...
~tre un avec eux, en ait e,te la cause, on ,~e voit par la creation del
l'homme a I'i'mage et a la' ressemblancede Dieu, par lesqueHes H'
est entendu que I'homrn.e a eM fait fo;rme recipiente de l'arnour et
. 4le la sagesse qui pl'ocMent de Dieu, ainsi Dieu peut s'unir aveCO'
Jui, et pour lui avec louteset chacune'des choses'de I'uoivers, qui
ne sont que des moyens ; ca'r la con'jonction avec ]'a cause f~rra'le e~t!
aussi la conjonction avec les ca'uses 'moyennes; que toutes 'chost'sl
aient ete' oreees1pQur·I"Homme', c'est aussi 'c1l que 'prouve le iLi'vre­
de la ereation dula'Genese, Chap. I" '28;'1291 130. W flue le TMI­
SIEME 'ESSENTJEL Iqui est de les' i'enar.e,1 heureit:r: pM -soi, eo ait
~t~ la cause~ ~m' le voit par lie ·C161'A.lfl~~lique;llequel a. ale deslille­
RELIGION GBRETIENNE 71'
par la Providence Inout bomme.qui r~oit l'amour de DieD, et dans ,
lequeltous sonl beureux par Dieu seul. Que ces trois. essentiels de
l'amour de Dieu soien't aussi la cause de la conservation de l'Univers.
c'est parce que la "Conservation est une perpetuelle Crealion, comme
la suhsistance est une perpelUelle existence; et que le Divin Amour
est le meme de tonle eternile a lOute elerD'ite ; ainsi, tel il a ete en
cre~t le Monde, tel il est et demeure dans le monde cree. .
47. Par ces explications bien comprises on peut v,oir que I'Uni~
vers est un Ouvrage coherent depuis les premierS' jusqu'aux derniers,
parce que c'est un ouvrage quiconlient,les Fins, les Causes elles
Effets'dans un enchainement indissoluble: et comme dans tout
amour iI y a la fin, et que dans toule sagesse il y a promotion de la
fin par les causes moyennes el par ces causes aux effets, qui sontles
usages, il en resulte aussi que I'Univers est un OU\'rage qui contient
le Divi~ Amour, la Divine Sagesse et les Usages, et ainsi un Onvrage
. tout afait coherent depui's les premiers jusqu'aux derniers. Que
l'Univers consiste en de perpetuels Usages produils par la Sagesse
et commences par l'Amour, c'est ce que tout homme sage peut
contempler comme dans un miroir, quand iI s'acquierl une idee
commune de la Creation de l'Uuivers, et qu'en elIe il considere les
choses particulieres, car les pai'ticllliers s'adaplent a leur commun,
et le commun les dispose en forme afin qu'ils concordent; que cela
soil ainsi, c'esl ce qui sera illuslre dans la suile par de plus grands
details.
t • ~ ~ ~

4-8. A ce qui precede j'ajoulerai ce MEMORAllLE. UII jour je m'en­


tretins aV6C deux Anges, I'un etait du Ciel oriental et l'aulre du
Ciel meridional; lorsqu'ils perlfurent que je meditais sur les Ar­
canes de la sagesse concern,ant I'Amour, ils me dirent: As-tu quel.
que conn'aissance des Jeux de la sagesse dans notre monde 1Je re­
pond is: Pas encore; et ils dirent: 11 y en a plusieurs, el ceux qui
aiment les vrais d'apres l'affection spirituelle, ou parce que ce sont
des vrais el que la sagesse exisle par les vrais, se reunissent a un
signal donne, et ils agitenl et decident des ,questions qui apparlien­
nentau'n entendement tres-profond. Alors ils me prirent par la
main, 'en disanl: Suis-nous, et tu verras et'tu entendras: le signal
ere la reunion a ele doune atijourd'hui. Je fus conduit atraversune
72 LA- VRAIE
plaine'vers une colline, el voici, au pied de la colline, 'un porlique
de palmiers, continue jusqu'a son sommet; nous y eotrimes et DOUS
mont~mes ; et sur la tele ou le sommet de la colline je vis un 80­
cage, entre les arbres duquel un terrain eleve fofmait une sorle
de Th-eall'e, ah il y Rvait une Plate-forme, payee de pelites pierres
de,diverses couleurs : autour de celle Plate-forme en' carrt' avai~nt
ele. places des Sieges sur lesquels elaienl assis les amaleurs~, la
sagesse; et dans le milieu du Theatre etait fune Table, sur laquelle
avait ete place un Papier cachete. Ceux qui etaient assis 'sur les
Sieges nOlls illviterent 11 prendre des Sieges encore vacanls, et je .
repondis :1 J'ai ~le conduit ici par deux Anges pour voir et ecouler,
~, non pour m'asseoir: et alors ces deux Anges allerent au milieu
de la Plate-forme vel's la table, et i1srompirent le cachet dll papier
et ils lurent devant ceux qui etaient assis les arcanes de la sagesse
.ecrits sur le papier, lesquels allaient ~tre agiles et developpes; Ms
avaient ete ecrits par les Anges du troisieme ciel" et envoyes sur
la table; iI y avait trois Arcanes, le PnEMIER: Qrt'est-ce que l'I­
mage de Dieu, et qU'est-ce que la'RessemMance de Dieu, selon
l'6squelle.~1'h@mme a ete cree? Le SECOND,: Pourquoi /'homme
ne nait-il dans la science d'aucun amour, lorsque cependant
les fletes et les Oiseaux tant noMes qu'ignobles, naissent dans
les Sciences de tous leurs amours, Le TRoISIEME: Que signifie
I'Arbre de vie,; 'que signifie l'.Arbrede la science du,bien et
du mal, et que signifie tAction de manger de ces arbres? An
bas etait ecrit: Reunissez les trois' decisions d31lsune seule sen­
tence, et ecrivez-Ia sur un nouveau Papier, et revlacez-Ie sur cette
table, et nous \errons; si la senlence, dans la balance, parait de
poids et juste, le prix de la sagesse sera don ne iI chacun de vous.
Apres celle lecture les deux Anges se relirerent, et ils furent en­
Ieves dans leurs Cieux. Et alors ceux: qui elaient assis sur les Sie- .
ges commencerent a agiter et a developper les Arcanes qui leur
etaient proposes, et ils parlerent en o~dre; d'abord, ceux qui
etaient assis au Septentrion, ensuite .ceux qui elaient a I'Occident,
puis ceux qui etaient al'Orient ;,et ils .prirep't le Premi~r sujet de
discussion, qui elait: QU'EST-CE, QUE L'IMAGE DE DIEU, ET QU'EST-CE'
QUE I.A RESSEMBLANCE DE li)'JEU" SELON LESQUELLES L'HOMME A ETE ClltE,?
Etalors on lut d'a'bord devant tous les assistants ces passages du Livre
RELIGION CHRETIENNE 7,3
de la creation: «Dieit dit": Faisons l' homme a NOTREIMAGE, d LA.
RESSEMBUNCE DE OIl;;U il le fit. )) - I: 26, 27. - "Ate jour' que
l)ieu crea l'homme, d LA RESSEMBLANCE DE DIEU ilte fit. " Gen. v, (.
Ceux ql~i etaient assis, all SEPTENTRION parlerent d'aboI'd, disant
'<tue l'lmage de Dieu et la Ressemblance de Dieu sont les deux Vi,es
inspirees elll'homme par Oieu, c'est-a-dire, la Vie de la volonte
.et ~. Vie de I'entendement, car il est dit: It Uhovah Diete ins­
pira dans les narines d' A dam une dme de VIES, et l' homme
jut fait en Ame vi'Qante... ~ Gen. 11, 7; - Par quol il parait
-etre enlendu qu'il lui a eLe inspire la volonte du bien et la Percep­
~lioll dll vrai, et ainsi une Ame de vies: et comme la vie lui a ele
inspiree par Dieu, nmage et la Ressemblance signifient l'inlegrih~,
~n !ui d'apres I'amour et la sagesse, et d'apres la justice et le ju­
gement. Ceux qui siegeaient 11 \'OCCID~NT etaient fallorables acelte
.()pinion, enajoutant cependanL que l'elat d'inlegrile, q1,li lui a ele
inspire par Dieu, est continuellement inspire 11 chaque bomme apres
lui, mais qu'i! est dans l'homme comme dans un receplacle, et que
l'homme etant un receptacle est l'image et la ressemblance de Dieu.
Ensuite les Troisieme' en ordre, savoir, ceux qui siegeaient au
MIDI, dirent : L'lmage de Dieu et la Ressemblance de Dieu sont
deux choses distincles, mais unies dans I'homme par la creation, et
nons voyons comme par une sorte de IlImiere interieure que l'homme
, peut detruire l'image de Diell, mais non la ressembrance de Dieu ;
cela se presente comme a Lravers un voile, en ce quOAdam a r~tenu
la ressemblance de Dieu, apres.qu'il eut perdu l'image de Dieu, car
:lpres la malediction; on lit ces p'aroles: « Voici, l'homme est
',comme l'un de nOltS, sachant If! hien et le mal. " - Gen. Ill"
22. - EL ensuite il est appele ressemblance de Dieu, - Gen. V, t,
- mais laissons dire a nos co-associes qui siegent 11 I'ORIENT, e,t.
sonl par consequent dans une lumiere syperieure., ce que c'est
proprerrient que I'image de Diell, et ce que c'esL propre­
ment que la ressemblance de Dieu. Et alors, apres que le si­
,lence fut elabli, ceux qui etaient assis a l'ORIENT se leverent de
1eurs sieges, et jls porterent leurs regards 'vens le Seigneur,
et ensuiLe ils se replaeerenL sur l~}lrS sieges, et ils dirent: L'lmage
de Dieu est le receptacle de Dieu,. et Dieu clant I'Amour D,leme er.
la, sagesse mama, l'image, 4e Dieu est la reception de l'amour et de
'1t,. LA VRAIE
la 'sa-£e~se 4ui 'procMent de 'Dieu dans Thomme; mais la Ress~m':
blante'de Dieu est une parfaite ressemblance et UDe pleine appa­
rence.comme si l'amour et ,la sagesse etaient dans I'bomme, jrt par
sUite abso'liJment comma s'ils lui ap'partenaieilt; car l'h'{jmme ne
, peut filire autremtlnL que de sentir qu'il aime par lui-m'~me eL qn'i'I
est sage pal' lui-meme, ou' qu'il veut le bien et comprend le v",ai,
pal' 'llii-rneme, lorsqu6 cependant ce n'est pas en la moill'ire
chose· lpar lui-Ol'eme, Dlais c'est par Dieu; Dieu seul aime par
IOi-rncme et est sa~epar lui-meme, paroe que Dieu est I'Am6lrr
~me eL la Sagesse meme ; la I'essemblance ou lIapparence que I'a­
mour et la sagesse, ou le hien' et le vrai, sonl daDS l'hornme comme
lui apparlenanL, faiL que l'·homme est bOlDIne, et qu'i1 peut ctre
conjoint a DttlU, et ainsi vivre dans l'elernite; il suit de la que
J'bomme esL homme, en ce qu'i1 peuL vouloir le hien et comprendTC'
l'e vrai absohiment comme par luj·meme, et neanmoilis savoir et
croire que c'est par Dieu, car a mesure qu'i1le sait et le croil, Dieu
place son image dans l'homme, 1I en serail autrement s'il croyait
que c'est pa'r lui-meme et non par Dieu. Apres qu'ils eurent ainsi
parle, le zele que prodliitl'amour de la' verile les saisit, et ils pro­
1l0ncerent ces'paroles: Commentl'homme peut-i! reccvoir quelque
chose de I'aniour et de la 'sagesse, et lIe retenir et le reproduir'e~
s'i1 ne le sent'pas comme lui appartenaIit! Comment peut-i1 exiSler
une eonjonctio'n 'avec Dieu par I'amour el par la sa~esse, s'il n'a pas.
w~ donne 11 l'homtue quelque reciproque de cODjonclion, car sans
un rel:liproque aucnne cOlljoJ'lction ne peut exister ; el le reciproque
de oIa conjonelion est que l'homlne aime Dieu et fasse les choses qui
SOnL de Dieu COIl/me par lu\-m~me, eL cr6ie ,cependant que c'est
par Dieu ! Comment l'hon1me peut-il \'ivre dllns l'eternite, s'il n'a
pas ete conjoint aDieu eternel ! Et par consequent comment l'homme'
peuL-i1 ttre homme S:fflS celle ressemblance en lui! A cas mols tous.
ll'pplaudirtlnt, et i1sdirent: Qu'i! SOil lire une c()nclusioD de ce qui
vient d"etre dil, et I'on en tira celle-ci : L'Homme est le receptacle­
de Dieu, et le Rece~tacle de Dieu est I'image d'e Dieu; el comme
meu est l'Am'ou r meme et la Sagesse mellle, l'homme est le Recep-'
~cle de l'amour eL de la sagesse, et le 'Receptacle d'evient l'image.
die Di'eu balon qu'il re~oit: et l'homme e5t I'a r'essemblance tie Dielr~
en ee qu'ilse'nt en lui que les choses qui viennenL tie Dieu so'nt"~
RELIGION ttiIR'EIfIENNE. '15,
lui'comme si elles Iui: apparlenaienl ;'mais neaninoins 'par cette tes­
s'emblance'i! n'est I'image de. Dieu, qu':M-anL< qu~il 'r'econnalt que
l~amour et III sagesse, 'OU le bien et-le vrai, Del sont point enlui des.
chases lui' apparrenant', et qu'aInsi eWls ne vielln;ent pas non plo's.
de 1ui, mais qu'eJiles sont seu1eiDent de Dieuet viei1l1eh'tpar conse'­
quent de Dieu.
- pres cela, i1s prirent'le 'second degre de'ladiseussibn : .. POUR­
QUOI L'UOMME NE NAIT""IL DANS LA SCIENCE D' AUCUN A'ModR, LonSQUE CE­
PENDANT LES B~TES ET LES OISEAUX, TANT NOftLES QU'IGNORL'ES,NAISSENT
DANS LES SCIENCES DE TOUS LEURS AMOURS. D~abord, ils eonfirmerent
)a verite de la prop6'sillon par diver~ moyens, p.ar exemple,au su­
jet'de'l'hommc, qu'ill ne nait dans aucuoe science, pas m~me dans.
la science de ramour conjugal; et ils s'!ufo\IITierent, et des observa­
teurs leur apprirent que l'en'fant ne c'on'nail pas m8me par une
science innee la inamelle de la mere, mals que c'est la mere ou la
noltrrice qui la )·u! fail oollDaitre"en l'en approchant ; que seulement
il sait leter; 'et qu'il a appriscela par unirchnlinuelle succiotJ dans.
l'uMtus de'la ,mere; que plus 'lard il'ne sait ni marcher, ni articular­
le son en aueun'l\ parole humaine, ni Illemeexprimer par des SOh'S.
com'me l~sbeies, les affeclionsde l'amonr ; qu'en ou lre, il ne con­
HaiL auc\J>n des alimenls qui lui conviennenl, comme les connaissent
les beles, mais qu'il prend ce qu'il rencontre, que ce soit propre,
011 sale, et le'porle ha bou'cbe : ces observateiJrs dirent que l'homme,
sans l'iJistruclion, i'gnore absolumerlt les manieres d'ahner le'sexe,
et que m~me'les jeunes fllles et les jeunes gaTl,;ons les ignorenl, s'ils.
n'en ont pas ete linslruils par d'autres: en iln mot, rhomme nail
corporel comme le vel'; et il demeure corporel, 11 indins qli'il n'a1'­
prenne par d'autres it savoir, a comprendre et a 8lre .sage. Apres.
eela, ils cohfirmetent que les B~tes, lant nobles qu"i'gnobles, comma
les animaux dela terre, les oiseaux du ciel, 16l repliles, les poissons,
ces Vel'S qu'ona1'pelle insectes, r.aissent dans toulCS Ies sciences des.'
amours de I'eur vie, par exerrlple, oa~s tout ee qui c6ncerne la nu­
trition, dans lout Ice qlJi conc'erne l'hilbilalion, dans Lout ce qui.
cencerne l'amour du sexe et de la prolific'atien, et'dans toul' ce­
qui concerne l'educalion ;de leurs petits: i1s confirmaiimt cela pa~
des meneilles, 'qu'rIs rappelaient dans letJr memoii-e, d~apres ce'
4'u'i1s 'avaient vu, enlendu'el lu:dans le Mondellaturel, ou ils aviierte
76 LA VR~IE
~ecu auparavan~, et dans lequel il y. a des jMtes non pa's represen
tatives mais reelles. Apres que, la verite de la proposili~n eut el~
ainsi prouvee, ils appliquerept leurs' lI,Ienlals a rechercher et it
lrquver les causes par lesqueHes ils dcvelopper,aient et decouvri­
r.aienl cet Arcane; et ils dirent tous: Cala ne peut exi~ler ainsi
-que d'apres la Divine Sagesse, afin que I'homme soit homme et que·
la bete l~oit bete, et qu1ainsi ('imperfection de naissance de I'hom.e•
'en devienne la perfection, et que la perfection de naissance de la
bete en soit (,imperfeclion.
Alors, ceux du SEPTENTnlON commencerent d'abord a don'ner
leur opini'on, et ils dirent que l'holl}m.e nail sans les sciences, a6n
'qu'il puisse les recevoir toutes, tandis que s'jl naissait dans ,Ies
'sciences, il ne pourrait en recev.oilj d'aulres ,que celles dans 'Ies­
-quelles il serait ne, et qU'alors il ne pourrait non plus s'en appro­
prier aucune; ils ilIuslraient cela par comparaison: L'homme a sa
naissance esl comme un humus dans lequel aucune semence n'a et6
repandue, mais qui nCllDmoins peut recevoir toutes semences, et les
f~ire croUre, et fructifier; la Mte, au contraire, est comme un
'humus deja ensemence, et rempli de gramen et d'herbes, lequel
l1'e ref;oil d'autnes semences que celles qui y sont semees ; si
d'autres lui etaient confiees, it les etoutferait; d~ la yieDt que
l'homme, pour acquerirtoute sa croissance, emploie plusieurs
~lDnees, pendant lesquelles 11 peul, comme un humus" etre
-c,ultive et produire comme des moissons, des fleurs et des
arbres de toule espece, tandis que la Mte acquiert sa croissance en,
tres-peu d'ann~es, pendanl lesquell,e~ elle ne peul ~tre cullivee que
-daDs les scienc~s qu'clle a ref;ue~ en naissant.. Ensllite ceux de I'Oc~
CIDENT parlerent, et ils dirent que l'homme ne nail pas science.,
-c~mme la bMe, mais qu:il nail Faculte ~l Inclination, Faclllte pour
savoir, et Inclination pillr aimer, et qu'il na}l Faculte non-seule­
ment pour aimer les choses qui sont de lui et du mOlide, mais aussi
·celles qui sont de Dieu et du Ciel; c\u'en conseq'lence l'homme nail,
Organe. vivant ~ peine par les sens exlernes, si ce ,n'est obscure­
ment, mais ilullement par les sens illternes, afin que sucqes~ivement.
il vive, el de\'ienne homple, d'abord, naturel" ensuite. raliolln~l et,
entin spi~ituel ; ce qui n'arrlverail pas, s'il nalssait da,ns les sciences,
'et 4ans les amours commeJes betes ; en ef~, 'es sciences et les.
RELIGION CHRETIENNE. 77
affections de l'amour innees (connat<e) limitent ceUe progression;
mais les seules facultes et inclinations innees ne limitent rien ; c'est
, pOI!r cela que I'homme peut etre perfectionne par la science, I'in­
telligence et la sage~se pendant r eleruite, Ceux du MIDI parJereIit.
ensuite, Cl ils emirent Jeur opinion en disant: 1I ef>! impossible a
"l'homme d'·acqilerir de Ini-meme aucune scieuce, maisc'est d'apres
les autres qu'il doit acquerir la science, puisqu'aucune science n'est
innee (connata) en lui ; et comme it ne peut acquerir de lui-meme
aucune science, iI ne peut non plus aCl\Ueril' aucun amour, puisque­
oil n'est pas la science, la n'est pas l'amour; la science et l'amour­
sont des compagnons indivisibles, et ne peuvent pas plus elre se­
pares que la volollte et I'entendement, 011 I'affection el la pensee,
enfin pas plus que l'essence ella forme; a mesure donc que l'homme.
acquiert des autre:, la science, I'amour s'y adjoint comme compa­
gnon de la science; ramour univQrsel qui s'y adjoint est l'amour­
de savoir, et ensuite 'l'amour de comprendre et l'amour d'etre sage;
ces amours sont 11 l'hommeseul, et ne sont a aucune MLe, et ils
influent de Dieu. Nous convenons, avec nos compagnolls de l'Occi­
dent, que rholDme ne nait dans aucun amour, ni par consequent
dans :lucune science, mais qu'i! nait seulement dans l'inclination a
aimer, et par suite dans la facul!e de recevoir les sciences, non de
lui-meme, mais d'apres d'autres, c'est-a-dire, par I'intermediaire
des aulres ; il est dit par I'inlermediaire des autres parce que
ceux-ci n'ont rien re.;u non plus d'eux-memes, rnais ils ont re~u
origiflairemenl de Dieu. Nous convenons aussi avec DOS compagno'n'&
du Septentrion, que I'homme 11 sa naissance est comme un humus.
dans lequel aucune semence 'n'a tHe repandue, mais OU peuvenL etre
semees touter:;cboses tant nobles qu'ignobles ; de la vient qu'il a ete
nomme HOMME du mol Humus, et ADAM du mot Adama qui est l'Hu­
mus. A cela nous ajoutons que les Betes naisserit daDS les amours
naturels, 'et par suile dans les sciences qui y correspondent, et que
neanmoins de ces sciences eUes ne sav:ent rien, ne pensent rien,
De comprennent rien et ne discernent rien, mais qu'elles' y sont
conduites par leurs amours, a peu pres comme les aveugles dans les
.ruespardes chiens, car elles sont,aveugles quan! 11 l'elllendement,
-ou plutot cllef> sont comme des somnambules qui font ce qu'ils
,fODt d,'apres unescien..~ aveugfe, l'enicndemEmt elant"assoupi. Ceux
.~
LA ¥RAIE
del'Orientpa-rlerent en dernier lieu, et ils dirent '; :Nous CQns~
ton~ allx op~n,ions que. nosJreres ont emise~, que· l'homme lie sa it
rie~ ~e Iui-meme, mais qu'i1'saiL d'apres Ies autres et par l'inter­
m~pj~irll d,es :lULres, afin qu'i1 connaisse et reconnaisse que tout ce
qu'H saH, qompreml et disc,erne, vient de Dieu; et qu'alllrement
I'h,oml)1~ ne peuL naitre et elre engendre .de Dieu, ni .devenir son
image et S;l ress6n;.blance ; car il devient l'image de Dieu. en. oe
qu'il reconnait et croit qll'i1 a recu et recoit de Dieu, el nop de lui­
. meme, 10llt bien de I'amqur et de la charite, et tout vrai de la S3­
gesse et de la foi ; et il est la ressemblance de Dieu, en ce qu'i1 sent
~D Iui ce bieD et ce vrai comme vimanl de lui·meme; iI sent cela.
parce qll'j) ne nait point dans les sciences, mais les recoit, et. qu'il
Jui semble que ce qu'il recoi~ vient de lui; Dieu don ne melIie a
l'homme de s~ntir ainsi, afin qu'il soit homme et non Mte, puisque
.parcela qu'il veut, pense, nime, sait, comprend et est sllge comma
<le IlIi-meme, iI rel;oit les sciences, et Ies exalla en intelligence, et
par leurs uiiages, en sagesse ; ainsi Dieu conjoin~ l~homme a Lui, et
fhomme se conjoint aDieu: ces choses n'auraielll pu se faire, si
. Dieu n'avait.pas pourvu a ce que l'homme naqllit dans une igno.
rance totale,. Apres ces paroles, tous vo.ulureot qu'on format un~
Conclus~on de ce qui v.eoaH d'elre di t, et 1'00 forma cell e-ci : " Que
l'hc;>mme ne naH dans aucuoe $cjence, ann qu'il puisse venir dans
toule science, et faire des progres dans l'intelligence, et par I'in­
telligence dans la sagesse ; et qu'i1 ne nail dan~ aucun amour, afio
qu'il puisse vellir dans lout :tmour, par les applications des science..'>
d'apres l'intelligencc, et dans I'amour, envers Dieu par )'amour~
l'egard .du proch~in, ~t ain&i etre, ~onjoint it Dieu, et par la deve­
nir homme, el vivre dans l'elernile. "
En~uite, ils prirent le papier et lur,ent le troisieme Objet de dis­
Gu~si,o~,t~ si\voir: QUE SI«,;NIFIE L'AR8RE DE VIE; QUE SIG:'lIFIE L'AR­
Ill\EJlE L,~ SCIENCE DU.8IEN ET DU MAJ.; ET QUE SIGNIFIE J:ACTlON DE
~[~GER DE CES ARllRES? ~t ilsdemanderenllous que ceux qui etaiel\t
~~~j.s a l'ORIENT q~ve.I;o~passent eet Arcane, comme eLant d'un en­
ten~elI\elltl plus pro,fond, et paree que c~ux qui sont de l'Orient sont
,~n.s la lumiere entlammee" c'est-a-dire, dans la sagesse de l'amour.,.
'Qt que celle sagesse es~ entepdue par le Jardin d'Eden dans lequel
ces, deux Arbres avaient ete places; ce.u~-ci repQndiren~: NOIJI
,.
RELIGION CIIRE'l'IENNE. 7.4)
.CI.llons. par1llr.•.m~is COmllle I'homme Re prend r,ien de, tuidfl6me. ~t
lir:lt tout de Dieu,. nous parlerons d'apres Dieu, mais neanmDins
.d'apres nous comme··si c'elail d'apres nous-mamas; et alQr8 i1s di­
rent: L'Arbre signifie l'homme. et le· fruil de I'arbre le bien deJa
vie; de la I'Arbre de vie signifie l'homme vivant par Dieu; et
COmme l'amour et la sag~s~!l, la cbaril~ et la foi, ou le bien et le
vrai, font la vie de Dieu dans l'homme, I'Arbre de vie signifie
t'homme en qui ce·s choses sont par Dieu, et par SUiIEl.la vi~ elerr
nelle pour I'bollHpe: l'Arbre de vie dont iI sera donn~ de manger,
- Apoc. Il, 7 ;.X:XIl, 2, 1.4, - a la mama signilicalion. J:Arbre
.de la science du bien et du mal signifie I'hommequi croi.t "ivre p.ar
lui-mame et lion par Dieu, ainsi, qui croit que l'amol,lr e.t la sagesse.,
la charile et la foi, c'esl-a-dire\ le bien et ie vrai, apparliennen.t
.dans I'homme a I'homme, el non a Dieti, croyant cela pa,ree· qu'il
pense et veut, parle et agit ,en toule ,resselllblance et en tOllte appa­
rence comme par lui-mame : et comme I'homme par suite se per;­
suade qu'i1 est aussi un Qi~lI, c'est pour cela que I~ Serpent a dit:
"Dieu sait qu' au jour qu~ vous manqe1'ez d~ fruit de ce.t
a~'bre, vos yeux seront ouverts, et 'vou~ serez comme /)ieu. sa­
.chant le Men et le mal. " - Gen. Ill, O. - L'Action (le manger
de ces arbres signifie la reception et l'appropriation; l'actioJlde
manger de l'arbre de vie la reception de la vie eternelle; et
raction de manger de I'arbre de la science du bien el du mal ..
la reception de la damnation; par le Serpent est entendu le
.diablequant a l'amour de soi et au faste de la propr.e in­
telHgen~e; et cet amour est le possesseur de cet arbre,et les
hommes quilsont dans le fasle 4'apres cet an,our sont ces, arbres.
lis sont done dans une grande erreur ceux qui croient qu' Adam a
et.e sage et a fait le bien par. IUi-mem,e, et que ee fut la son elat
d'integrile, lorsque cependanl cet Adam a ete m:llIdit a cause de
.cetle roi ; car cela est signifie par Manger de l'arbre de la science
du bien et du mal; c'est pour cela qu'alors il tomba de l'etat d'inle­
~rite, dans lequel il avait ele quand il croyait alre. sage et faire le
bien d'apres Dieu et nullement par lui-meme, car cela est entendr.t
par Manger de l'Arbre de vie. Le S~igneur Seul,etant dans Il:' .Mpnde..
a ete sage par Lui-Meme, p~rce que par naissagce le Divin M';m,e
~tait en Lui et Lui appat;tenait, aussi est-ce pour cela que par la
\~:
So LA VRAIE
propre puissance il est devenu Redempteur et Sauveur, De tout c~
qu'ils venaient de dire ifs firent cette Conclusion, « Que par I'Arbre
de Vie, et par I' Arbre de la science du bien et du mal, et par I' Ac­
tion de manger de ces arbres,.il est entendu que la Vie pour I'homme
est Dieu en lui, et qu'alors il a le Ciel et la Vie eternelle; et que la.
Mort pour I'homme est la persuasion et la foi que la vie pour \.'homme­
est non pas Dieu, mais IUi-meme, d'oiI il a l'Enfer et la Mort eter­
nelle"qui est la damnation ...
Apres cela, ils examinerent le Papier ,Iaisse par les Anges sur la.
table, P.t ils virent ecrit au bas: REUNISSEZ LES TROIS DECISIONS E:'i­
UNE SEULE SENTENCE; et alors ils les rassemblerent, et ils virent
qu'elles se reunissaient tOlltes trois en une seule serie, et que cetl~
$erie ou cett.e sentence etait c(ille-ci: II Que 1''Uomme a ete cree
pOllr recevoir de Dieu I'amour et la sagesse, et cependant en tout~
ressemblance comme'de IlJi-m~me, et cela a cause de la reception
et de la conjonction ; et qu'en consequence I'homme ne nait dans­
aucul} amour, ni dans aucune science, ni m~me dans aucune puis- ,
sance d'aimer et d'etre sage par lui-meme; c'est pourquoi s'il attd­
bue tout bien de l'amour et tout vrai de la sagesse aDieu, il devient
Domme vivant; mais s'il se les attribue a lui-meme, il devient,
homme mort. Il lis ecrivirent ces paroles sur un nouveau Papier,et
'le placerent sur la Table; et voici, aussitotles Anges furent presents­
dans une nuee d'une bJancheur eclatante, et ils porterent le Papier
dans le Ciel, et apres qu'it y eut e~e lu, ceux qui etaient assis sur
les'Sieges erltendirentdu Ciel des 'voix: Bien; bien, bien. Et aussiLCJl
iI apparut un Ange qui semblait voler, ayant comme deux ailes aux
pieds et deux aUK tempes; il portait des prix, qui consistaient en
Robes, en Bonnets et en <;ouronnes de laurier ; et il descendit, et i1
donna a cellx qui etaient assis au Septentrion des Robes de couleur
opale; il cellx qlli etaient iI l'Occident, des Robes de couleur ecar­
late; i:l ceux qui et:)ient alJ Midi, des Bonnets dontle tour etail ol'n~
,de bandes en or et en perles, et dont l'elevaLion du cote gauche
etait enrichie de diamants tailles en for,me de' flel!l's; et 11 ceux qui
etaient 11 l'Orient des Couronnes 'de I'auriel' ,dans lesquelles elaient
,des rubis et des saphirs :' et tous, decores de ces prix. s' en allerertt
du leOde la sage~se cl1ez' eux avec joie,
RELIGI,ONC,Hl\ETIENNE. 81

DE LA TOUTE-PUlSSANCE, DE LA TOUTE-SCIENCE ET DE LA
TOU:J:E-PRESENCE DE DIEU.

49. Jl a ele traite du DIVIN AMOUR et de la DIVINE SAGESSE, et


montJ'e qu'ils soot lous deux: la OIVlNE ESSENCE; il sera maintenan t
parte de' la TOUTE-PUlSSANCE, cle la TOUTE-SCIENCE et de la TOUTE"
PREsENCE de Dieu, parce qu'elles procMent toutes Trois du diviil
Amour et de la Divioe Sagesse, a peu pres comme la puissance et
la presence du Soleil dans ce Monde, et dans loules et chacune des
choses du monde par la chaleur et la lumiere; la Chaleuf qui pro­
cede du Soleil du r,fonde spirituel, clans le milieu duqllel est Jehovah
Dieu, est aussi dans son essence le Divin Amour, et la Lumiere qui
en en provienl est aussi dans son essence la Divine Sagesse : de 111
Hest evident que, comme 1'lnfinile, l'lmmensile et l'Eternile appar­
titlOnent all DIVIN ETRE, de meme la Toute-Puissance, la Toute­
Science et la Toule-Presence apparliennent a la DIVI:-iE ESSENCE.
Mail' comme cestrois AlIribuls universels de 1:1 Divine Essence
o'ont pas ete jusqu'a present compris, parce que teur pro'gressio):!
selon leurs voiel', qui sonl les lois de I'Ordre, n'a point ete connlle,
iI est necessaire de les meltre en lumiere par des ,\\'ticles distincts-,
qui seront.
, J. La Tottte-Puissance, la Toute-Science et la Toute- Presence
appartiennent d la Divine Sagesse d' aPl'eS le Divin Amour.
n. La route-Puissance, la Tou~e-Science et la Toute-Pre­
sence de Dieu ne peuvent ctre connues, si ton ign01'e ce que
c'est que l'Ordre, et si l'on ne sait pas relativement d l'ordr.!,
que Dieu est I'Ordre, et qu'd I'i'~stant de la Creation il a in­
troduit I' 0l'dre, tant dans l' Unz'vers quedans toutes et dans cha­
cune des choses de l' Univers.
HI. La Toute-Puissance de Dzeu tant dans I' Univel's, que dans
toutes et dans chacune des choses de I' Univers, p1'ocede et opere
selon les lois'de son Ordre.
IV. Dieu est omni-scient, c'est-a-dire qu'il perfoit, voit 'et
sait toutes choses tant en ghl-dral qu'en particulier, jusq.u'aua:
vlus minutieuses, qui sorit (az'tes selon l'Ordre; et aussi,
tfapres celles.-ci, towes celles qui sont (az'tes contre l'Ordre,
I, 6
82 LA. VRA.rE
V. Dieu est Tout-Present depuis les' p1'emitftos jusqu'aux der.­
nie1's de son Ord1'e.
VI. L'Homme a eM cree forme de I'Ordre Divin.
VI{. Autant I'Homme vit selon l'Ordre Divin, autant il est
dans la puissance contre le mal et le faux d' apres la Divine Toute­
.puissance, et autant dans la sagesse sur le hien et le vrai d'a­
pres la Divine Toute-Science, et autant en Dieu d'apres la Di­
vine Toute-Presence.
Ces propositions vont etre developpees rune apres I'autre.
50. I. LA TOUTE-PUISSANCE, LA TOUTE-SCIENCE ET LA TouTE-PaK­
SEl'iCE APPARTIENNENT A LA DIVINE SAGESSE. D'APRES LE DIVIN A!lIOt:R
Que la TOllle-Puissance, la Toute-Science et la Toute-Presence
apparLiennenl 11 la Divine Sagesse d'apres le Divin Amour, et non
all Divin Amour par la Divine Sagesse, c'est un Al'caneju Ciel, qui
n':l encore brille dans I'entendement de personne, parce que per­
sonne, Il'a encore su ce que c'est que I'Amour dans son essence, ni
ce que c'est que la Sagesse dans son essence, ni a plus forte raisoll
l'ien dE! l'influx de run dans [,autre, it savoir, que I'Amour, avec
toules et chacune des choses qui lui appartiennent, influe dans la
Sagesse, et y reside comme un Roi dans son Royaume, ou comme
un mailre dans sa maison, et qu'il ahandoone 11 son jllgement tout
le gouvernement de la justice; et comme la justice appartient 31'a­
mour et le jugement 11 la sagesse, il abandonne 11 sa sagesse tout le
gouvernement de ramour: mais cet Arcane sera mis en lumier~
dans la suite; que cela en attendant serve de regIe. Que Dieu soit
1.'0ut-Puissant, TOlJt-Sachant et Tout Present par la Sagesse de son
amour c'est aussi ce qui est entendu par ces paroles dans Jean:
" Dans le commencement ,ftait la Pm'ole, et la Pm'ole tftait chez
Dieu, et Dieze etait la Parole, toutes choses par Elle ont tfu!
faites, et sans Elle n'a ete fait 1'ien de ce qui a ete fait. En
elle Ctait la Vie, et la Vie rftait la Lumiere des hommes; et le
Monde par Elle a ete fait,. et la Parole ChaJr a 6te /aite. ») ­

I, i, 3, 4, iO, 14 ,. - lil, par la Parole est ~nlendu le Divin Vrai,


ou, ce qui revient au meme, la Divine Sagesse; c'est pourquoi eUe
est aussi appelee Vie et Lumiere, et I~ vie et la Lumiere ne sont
autre chose que la Sagesse.
5i. P~!sque dans la Parole la Justice se dit de I'Amour et que le

;
RELIGION CHRETIENNE. sa
-JlIgement se dil de la Sagesse, il va en consequence elre rapporte
,quelques passageg qui monlrenl que le Gouvernement de Dieu se
fait dans le Monde par ces deux choses ; voici ces pa~sages: l( JEHO-
'VAn, LA JUSTICE et LE JUGEMENT (sonl) le soutien de ton Trone. ))
- Ps. LXXXIX, HL - « Que celui qui se glorifie, se glorifie
de ce que Moi JEHOVAH je fais JUr.E~IENT et JUSTICE ell la ter1'e.»
- Jel'8m. IX, 23. ,--- ExalM soit JEHOVAH, par'ce qu'i~ a rempli
Sion de JUGEMENT et de JUSTICE. » - Esai'e, XXXIII, 5. .......- 11 Et
coulera comme l'eau le JUGE~IE:'IT, et la JUSTICE comma un torrent.
fort. » - Amos, v, 24. - 11 JEHOVAH! ta JUSTICE (est) comme.
les montagnes de Dieu, tes JUGEMENTS (sonl) un abime gl'and. ,.
- Ps. XXXVI, 7. - « JEHOVAH fel'a sort,il' comme la lumiere ta
JUSTICE, et ton JUGEMENT comme le midi. » - Ps. XXXVlI, 6.
- « JEHOYAH jugel'a son peuple dans la JUSTICE, et ses mal!teu

nux dans le JUGEMEiH. » - Ps. LXXII, 2. - l( Qaand j' aurai


c.ppl·is les JUGEMENTS de fa JUSTICE; sept fois dims le jour je Te
./oue sw' les .IUGEm:NTS de ta JUSTICE. » - Ps. C!OX, 7, {Q4.. -
« le me fiancerai a toi'dans la JUSTICE et lE(JUGEMENT. » - Hos.
U, t 9. - (I Siort dam la JUSTICE sera l'ac!tetee, et ses l'amenes
-dans le JUGEMENT... --':'Esai'e I, 27. - « !l sera assis sur le Trone
de David et sur son 1l0yaume, pour l'altermir en JUGEMENT et
-en JUSTICE. " - Esai'e, IX, 6. - « le sllsciterai a David un
ge'l'me juste, qui regnera Roi, et fera JUGEMENT et JUSTICE enla
.terre. ) - Jerem. X~JH, ~. XXXIII, 1~; - et ailleurs, il est dit
,qu'on doit faire la Juslice et le Jugemenl, comme dans Esai'e, I, 2t.
V, {6. LVIH, 2. J8rem. IV, 1 XXII, 3, 13, US. Ezecn. XVIII, 5.
~XXIU, H, 1.6, 1.9. Amos, VI, 12. Mich. VII, 9. Deuter. XXXIII•.
2t. Jean, XVI, 8, 10, H.
52. 11. LA TOUTE-PUISSANCE, LA TOUTE-SCIENCE. ET LA TOUTE-
PHESENCE DE DIEU NE PEUVENT ETlm CONNUES, SI L'ON IGNORE CE
QUE C'EST QUE L'ORDRE, ET SI L'ON NE SAIl' PAS RELATlVEMENT A
L'OUDRE, QUE DIEU EST L'ORDRE, ET QU'A L'INSTANT DE LA CRE,\.-
. 'TION IL AINTRODUJT L'ORDRE TANT DANS L'UNIVERS QUE DANS TOUTES
. ,
£1' DANS CHACUNE DES CHOSES DE L UNIVERS
Combien d' extravagances et queUes extravagances se sont repan:-
dues dans les. mentals humains, et de la dans l'Eglise par les fetes
des inslauraleurs, par eela qu'ils n' ont . pas compris, l'Or4re•. 4ans
$i LA. VRAIE
)equel Dieu a cree I'Univers, et toutes el chacune des choses da
)'univers !on pourra le vOIr d'ans ce qui suit d'apres le seul recen ...
sement qui en sera fait, Mais ici nous allons d'abord faire connailre­
)lOrdre par une sorte de definition generale, c'est celle-ci : L'Qr­
'dre est la quo,lite de la. disposition, de la determination et de­
Pactivite des par'ties, des substances ou etres, qui constituent let
forme, d.'oil provient tetat, dont la sagesse.d'apres son amour
'produit la perfection, ou dont la folie de raison d' apres la cu,
pili fm'ge t'imperfection. Dans cette definition sont nomm~s la
Substance, la Forme' etl'Elat, et par la Substance nous·entendons.
en m~me temps la forme, parce que loute substance est formt: ; et
la qualit~ de la forme est son etat, doIlt la perfection ou I'imperfec­
tion resulte de I'ordre. Mais comme ces choses sont l\fetaphysiques..
elles ne peuvent etre que dans I'obscurite, toutefois ceUe obscurite­
sera dans la suile dissipee par des l.lppbcations a des exemples qui
iIlusti'eront ce suje!. .
, 53. Que Dieft soit I'Ordre, c'est parce qu'il est la Substance.
m~me eFla Forme lllcme ; la Substance, parce que toutes les choses.
qui subsistent ont existe elexislent d'apres Lui; la Forme, parce
'quetoute la qualite des Substance est sortie et sort deLui, la qua­
lite ne vient pas d'ailleurs que de la forme. Mailllenant, puisqu6::
Dieu est la Substance meme, unique et premiere et la Forme m~me ..
unique et premiet'e, et .qu'en meme temps it est l'Amour meme et..
uniqiJe et la Sagesse meme et unique; et puisl[ue la Sagesse d'apres.'
l'amour faith forme, et que relat et la qualite de la forme sont se­
Jon I'ordre qui est la, il s'ensuit que Dieu est \"Ordre meme; CODSe,.
,quemment, que Dieu d'apres Lui-Meme a inlroduit l'Ordre tant
dans l'Univers que dans tOlltes et dans chacune des choses de I'Uni­
vel's; et qu'il a introduiL 1'0rd.'e le plus par'fait, parce que toutes.
lles choses qu'jl a creees ont ele bonnes, comme on le lit dalls le Li­
vrtl de la Creation: que les choses mauvaises aient existe en Ill~me
'temps que l'Enfer, ainsi 3pres la creation, c'est ce qui sera demon­
lre en ~on lieu.l\la:s pa~sons a des choses qui e~Lrent de plus pres.
dans l'Entendement, qui l'must,rent aveo ,plus de clarte, et qui l'af­
-fectent aveo ,plus de douoru!'.
54. Or, queI est rOrdre dans Icquell'Univers a ele crM? C'est ce­
'qui ne· peuL ~tre expo~c 'que pal' un grand nombre de volumes; il
RELIGION CHRETIENNE. 8$
~nsera donne une sorte d'esqu,isse dans le Lemme suivant sur la
Creation. On dQit tenir pour certain, que, ~ans l'Univers, loutes ,t
ehaeune des' choses ont ete creees dans leur ordre, pour qu'elles
subsistent par elles-m~mes, el qu'il en a ete ainsi des le commepce­
ment, pour qu'elles se conjoignent avec rordre de ['unhrers, afill
({ue les ordres sin~uliers subsistent dans I'Ordre universel, et ainsi
fassent un: mais recourons 11 quelques exemples: L'Homme a ete
cree dans son ordre et chaque ·par.tie de l'homme dan~ le sien;
~insi la Tele, dans le sien; le COljpS, dans le sien'; le Creur,
le Poumon, 'le Foie, le Pancreas, I'Estomac, dans le leur; tout
Organe du mouvement, qu'on nomme ¥uscle, dans le sien, et
louLorgane des sens, comme l'~il, l'oreille, la langne, daus lesien;
il n'y a pas meme d'arteriole ni de fibrille, qui n'y soit dans son or­
dIe; et cependant ces parties innombrables se conjoignent avec le .
,commun de l'homme et s'y unissent tellement, qU'ensemble elles
font un: il en esL de meme des autres choses, dont un simple re­
~ensement suint pour l'illustration ; Toule Bete de la terre, tout Oi;­
seau du ciel, towl Poisson de Ia mer, tout reptile, et meme to,\.l,t ver
jusqu'it la Itlit.e, a ete cr.M dans son. ordr.e; pareillement tout al'bre,
tout arbusle, arbrisseau et legume, dans le sien; et, hien.plus,
·;1.oute pierre et tout mineral, jusqu'a chaque grain de poussiere d,e
Ill- terre, a ete crae dans le sien.
55. Qui ne voit qu'il n'y a pas d'Empire, de Royaume, de DucM,
;de Republique. de Cite, de~laison, qui ne soient etablis sur des lois
'1Jui constituent I'ordre, et ainsi la forme de )eur go,uvernemenl '!
Dans ehacu'n de ces Etats les Lois de la justice sont au Premi~r
'ang. les Lois politiques au second, et les Lois economiques au troi­
iSleme; si on .Ies compare avec J'homme, les Lois de la Ju~tice font
:sa :rete, lesLois politiques son Corps, et les Lois ecoilomiques S'e,s
vetements, c'est meme POUl' cela que celles-ci peuvent elr~ c~~ngees
-comma des'vetements. Mais quanta ce qui concerne rOrdre dans le.:.
«IlIel rEglise a ete instauree par Dieu, H consi~te ~n ce que Dieu e·~t
·~dans toutes et dans chacune des choses de l'Eglise, et que c'est ~q:­
versle prochain que l'prdre 'doit etre exerce; l.e.s Lois de c.et Ordr.e
,sonten aussi 'grand nombr~ qU'il y a deVeri~s daosla p~r{)le, ies
ILois ..qui concernentI)ieu font saT.ete, lesLois qui cOJlcer,n~lltI8
:prodhainfont sonCo:rps, etles C.eremQnie~ font Ies v6~emeQ~,lcar
'86 'LA VRAIE
si ces dernieres ne conlenaienl pas les aulres dan s leur Ordre, c'e­
seraiL comme si le Corps etait mis anu el expose a la chaleur daDs
l'ett, et all froid dans l'biver ; 011 comme si on entevait' d'un Templ$
les murs el le loil, et qu'on laiss:i.t ainsi le Sanctuaire, I'Aulel et la
Chaire exposes aux diverses intemperies des saisons.
56. Ill. LA TOUTE-PUISSANCE DE DIEU, TANT I.)ANS L'UNIVERS QUB.
"DANS TOUTES ET DANS CHACUNE DES CHOSES DE L'UNIVERS PROCEDE.
l!:r OPERE SELON LES LOIS DE SON' ORDRE.
Dieu esi Tout-Puissant, parce qu'il peul toules choses d'apres.
Soi, et que tous les autres ne peuvenl que d'apres Lui ; son Pouvoir­
el son Vouloir sont UIl, ,et comme iI ne Veut que le Bien, il ne peu.
par consequent faire que le Bien; dans le Moude spirituel nul ne-
o l,eut faire quelque chose contre sa \'olonte, tous y tiennent cela de
'Dieu, de ce que Son pouvoiT et Son vouloir sont un: Dieu est aussi
4e Bien meme, 10rs done qu'il fait le Bien, it est en Soi, el il ne:
-peut sortir de Soi ; de liI on voit clairement que sa Toule-Puissance:
s'avance et opere en dedans de la Sphere d'extension du Bien, la­
'quelle est infinie; en effet ceLLe Sphere parl'intime remplit l'Uni­
.vers, et toule'set chacune des choses qui y sonl, et par l'intime elle,
~ouverne celles qui sont en dehorf., en tant que celles-ci se conjoi­
~ ~DeJlt selon leurs ordres, et si elles ne se conjoignent pas, elle les.
soutient toujours, et par touLe snrte d'efforts elle travaille a le8£;'\­
mener dans un ordre concordant avec I'ordre universel, dans lequel
Dieu Lui-Meme est dans sa Toute-Puissance,et selon lequel il agit;.
·et si cala n'a pas lieu, elles sont rejetees hors de llli, oil neanmoins..
·il les sootient par I'intinle. D'3pres ceJa il devient evident que la.
· Toule-Puissance Divine ne peut nullement sorlir hors de Soi pour­
"se· metlre en contact avec le mal, ni le l'epousser de Soi, car le nial
s'eloigne lui-meme, d'oil il arrive qtie le mal est absolument separe­
de Dieu, et precipite dans I'Enfer, entre lequel el le Ciel. oil est.
-Dieu, il exisle un goulfte immense. Par ce peu de detail on peut vorr­
., dans queUe extravagance sont caux qui pensent, et davantage ceux
· qui cro'ienl, et plus, encore cell x qui enseignerrl que Dieu peut damner­
quelqu'un, maudire ,quelqu'un, jcter quelqu'un dans l'enfer, pre­
,desliner rame ,de quelqu'un P.a,,la mort eternelle, se ~enger des in­
jures, se metlre'en coler'ei''punir; bien plus,il ne peut pas memese'
'1detourner de I'homme, 'ni le regarder avec un front severe: ces.
RELIGION· CIIRETlENNE. 87
croyances et autres semblables sont contre l'Essence de Diau, et ca
qui est contre son Ess~nce est contra Lui-Meme.
57. I; opinion dominante aUjourd'hui, c'est que .la Toute-Puis~
sance de Dieu est semblable it la puissance, dans le monde, d'un
Roi absolu, qui peut it son gre faire tout ce qu'il veul, absoudre et
condamner qui iI veut, faire le coupable innocent, declarerfideIe
eelui qui est infidele, placel' I'homine incapable et sans merite au­
dessus de l'homme c3pable et de merite, el. qui peut m8me, sous un
pretexte quelconque, en lever a ses sujels leurs biens, et les livrer a
la mort, outre plusieurs autres abus semulables, Par celle opinion,
cetle M-, et cette doctrine. insensee sur la Toute-Puissance Divin~. ~

il s'est repandu dans I'Eglise autant de faussetes, d'illusions et d~


ebimeres,qu'il y a la de moments, d'articulations et de genMations
de la foi, et iI peut eucore s'en repandre alltant qu'on peut remplir
de vases avec les eaux d'un grand lac, ou autant qu'il y a de ser­
pents qui sorlent de leurs caverllP,s et vont jouif' de l'exposition au
soleil dans un desert de l'Arabie. On n'a besoin que de deux mats,
TOUTE-PUlSSANCE et tQI, et alors on repand devant le vulgaire aUi
tant de conjectures, de fables et de velilles, qu'il en lombe .sous les
sens corporels, car la raisonest exclue par I'un et l'autre de ces
. mOls; et une fois la raison exclue, en quoi la pensee de l'homme
e~t-elle superieure a la raison de l'oiseau qui vole au-dessu!'o de sa
tete? ou, il qui ressemble alors le Spirituel, que l'homme a de plu~
que les betes, sioon al'odeur qu'exhalent lesmena~eries, odeur qui
convierit aux betes qui y sont renfermees, \Dais non a I'homme, [I
moins qu'il ne soit semblable it elles? Si la Toute-Puissance Divine
a,vait de l'extension pour faire le mal comme pour faire le bien,
quelle difference y aurait-il enlre Dieu et le Diable'? il n'y en aurait
pas cl'autre que celle qui exisleentre deux l\Ionarques, dont l'un est
un Roi et en m8me temps un tyran et I'autre un Tyran dontla
puissance a ete Hee, ce qui fait qll'il ne peut etre appele Roi ; all
enlre un Pasteur a -qui il a eUl permis d'agir en brebis et aussi en
leopard, et un Pasteur a qui cela n'a pas ete perm is. Qui ne peut sa­
voi I' que le bien et le mal sont opposes, et que si Dieu d'apres sa
Toule-Puissance pouvait vouloir I'ull et I'aulre, et faire run et l'a~­
tre d'aprils ce vouloir, il ne pourrait absolument rieo, et n'aurait
par consequenl aucUlle puissance, ni a plus forte raison la Toute­
88 LA.·VRAIE
Puis~ance? Ce serait comme deux roues qui agiraient mutuellemen.tI
en sens contraire, par eette reaction chaque roue I'esterai·t ell plaee;
el ~lles se'raj'ent cornpletemenl en repos; ou comme un Navire qui,
d·ans un torrent oppose it sa route, serait entraine et peril'ait, stH'
n>ictait pas en repos sur son ancre ; ou' comme un homme qui a deux
volontes opposees enlre elles, dont rune est n~cessairemenl en re­
pos quand l'aulre agit; mais si elIes agissaient I'une et I'al.tre en
ip'eme lemps, elles jelteraient son mental dans le delire ou le ver­
tige.
58. Si selon la foi d'aujourd'hui, la Toule-Puissance de Dieu
etait absolue tant pourf aire le bien que pour faire le mal, ne serail-il
I,as possible, et meme ne serait-il pas facile it Dieu d'elever tout
i"Enfer dans le Ciel, de changer les diables et les sat;ms en Anges,
et de purifier ell un instant de ses ptkhes tout impie sur la .terre, d~
le renollveler, de le sanctifier de le regenerer, d'enfaire d'un fils
de la colel1e un fils de la grace, c'est-a-dire, de le justifier, ce qui
se ferail seulement par l'addication et I'imputalion de la justice de
stl,nFils? mais Dieu d'apres sa Toute-Puissa~ce ne peut pas cela,
'parce que cela est contre les lois de son Ordr'e dans I'Univers, et eo
'meme temps contre les lois de l'Ordre mises dans ehaque bomme~
'Iesquell('s 'consistent en ce que de part et d'autre il ail mutuelle­
ment conjonction; que cela soit aim:i, 00 le verra dans la,suite de
'c-e Traite. De cetle opinion et de cette foi insensees sur la Toute­
Puissance de Dieu, iI resulterait que Dieu pourrail changeI' chaque
bomme-bouc en homme-brebis, et par bon .plaisir le faire passeI' de
rsa gauche ~ sa droite; qu'il pomrait aussi par bon plaisir changer
,les Esprits uu .d'ragon en Anges de Michel, el qu'il pourait donner
la vue d'un aigle il un bomme dont l'entendement est comme'la vue
Il'une taupe, en un mat d'un homme~hibou faire un homme-colombe;
l:Dieu ne peut pas ces chases, parce que cela est oontre les lois de
'son Ordre, quoique continue'llemenl ille veuille et fasse des efforts.
S'il l'avail pu, iI n'u'wrait pas perm is a Adam d'ecouter le serpent,
de prendre le fruit de I'Arhre de la science du bien et du mal, et
l:\1e 'I'approcher de sa houche; s'i1l'avail pu, iI n'aurail pas permis a
'etrn de tuer son frere ; a Davi'd de ofaire 'le denolllbreliJeol Clu peu­
pIe; a 8a'lomon d'elever ,des .templesa des idoles; et aux Rois ;de
Juda et d'Israel, de profaner le Temple, ce qiJ'ils ani fail- tant·de
RELIGI OltCHRErfIENNF;. 89
::' fois: et m6me s'il l'avait pu, 11 altrait par la R-edemption'.deston
Filssauve lout le gtlnre JhUlnain sails en excepler un seulhomtDe~
~t,~'irpe"lout l'Enfer, Les anciens Ge/lLilsavaient attribue une-pa­
~eile' Toule-PuiS6anee a I:eurs dieux et Jlleurs d.eesses; de,la sont
:so~Lies leurs fables ; ~ar exemple, celle de Deucalionet de J'>yrnha,
.qui, en jetant des piel'res derriere eux; firent des hommes; ceHe
~'Apollon qui changea Daphne en laurier; celle de Diane qui m~­
tamorphosa, IIn cbasseur en' cal·r; et cella ,d'un autre de leurs dieuli
qui changea en pies~les "ierges du Parnasse. La roi d'aujourd'hui
sur la Toule-Puissance Divine est s~mblable; de la Ollt ete portees
-dans le Monde tant d'idees fao;ltiques et par suite heretiques dans
toute Region Oll cxisle 13. Religion.
59. IV. DIEU EST OMNI-SCIENT, C'EST-A-DlRE QU'IL PERC'OlT, VOlT ET
:SAlT TOUTES CHOSES, TANT EN GENERAH QU'EN PAIITLCULIim, JUSQU'AUXi
PLUS MINUTlEUSES QUI SONT FAIT,ES SELON L'ORDRE ; ET' AUSSI D~APRi!:S
(;ELLES-CI TOUTES CELLES QUI SONT FA.JTES CONTRE L'onDRE.
Si Dieu est Omni-Scient, c'est-a-dire, s'il percoit, toit et sait
toules choses, c'est parce ,qu'i/ est la Sagesse meme et la Lumiere
meme, or la Sagesse meme pel"c;oit toules choses, et la Lumiere
meme voit touLes choses; que Dieu soit la Sagesse meme, c'est ce
~ui a ete montre ci-dessus; qu'i/ soit la Lumiere meme, c'est parce
qu'i\ est le Soleil du Ciel ~ngelique, qui iIIustre l'entendement de
tous, t.ant celui des Anges que celui des hommes; car de memeque
l'ooil esteclaire par la Lumiere du Soleil naturel, de meme I'enten­
demenL est eclaire par la Lumiere du Soleil Spiritucl ;et non-seule­
ment iJ est eclaire,' mais il est meme rempli d'intelligence selon I'a­
mour de recevoir I'intelligence, puisque cetteLumiere dans son
~ssenceest la· Sagesse ; c'est pour cela qu'il est dit ,dans David.
,QUE DIEU JlABITE DANS UNE LU~IlERE INACCESSIBLE; el dans I' Apocalypse~
1ue dans la Nouvelle-Jerusalem, on n'a pas hesoin de Lampe.,
parce que le Seigneua Dieu l'eclaire,. et daDS Jean, que la Pa­
role qui etait chez Dieu, et quiitaitDieu, ,est la Lumierequi
.eclaire tout lwmme venant dans 'le Monde,. pa'r la Parole il est
entendu la IDivine Sagesse. De la vient que les ADges sont autant
d'ans l'eclat de la lumiere,qu 1ils sorrt dans la sagesse: et de la vient
a.ussique, daDS la ParoJe"lorsque la Lumicre est .nommee, Hest en­
tendu la sages~e.
90 ", LA VRAIE
60. Si Dieu perl;oit,voit et sait toutes choses, jusqu'aux plus mi­
ilUtieuses, qui sont failes selon l'ordre, c'est "parce que l'Ordre est
Universel d'apres les tres-singuliers; car les singuliers pris ensem­
" ble" s'appellent I'Universel, comme les particuliers pris ensemble
s'appellent le Commun: l'Univer~el avec ses lres-singuliers est un
Ouvrage coherent comme un, tellement que cet un ne peul ~Ire' ni
touche ni aft'ecle, saDS que quelque sensation en rejaillisse sur toul
le resle. D'apres cellequalile de I'ordre dans I'Univers exisle une
qualile semblable d:ms 10llles les choses creees dans le Monde ; mais
cela sera iIlusll'e par des comparaisons prises dans les choses visi­
'bles: Dans 1'l1Omme 10llt enlier iI y a des communs et des particu­
liers, et les communs y enveloppent les parliculiers, el ils s'arran­
t;ent dans un lel entrelacemenl, que I'un apparlienl a l'aull'e; cela
arrive parce qu'i1 y a une enveloppe commune autollr de chaque
membre, et que celle enveloppe s'y insinue (bns chacune des par­
ties qui le composent, pour qu'elles fassent un dans chaque fonclion
et dans chaque usage; par exemple, I'enveloppe de chaque muscle
.entre dans chacune des fibres mOlrices et les rev~t d'elle-m~me';
il en est de meme de I'enveloppe du foie, du pancreas et de la rale
pour chacune des choses qui sont au dcdans de ces visceres; il en
est de meme de l'enveloppe du poulDon, qu'on nomme plevre, pOUf
les inlerieurs du poumon ; de meme aussi du 'pericarde POUl' toutes
et pour chacune des choses du coour ; et communement du periloine
par les anastomoses avec. les enveloppes de lOus les visceres ; de
me-me des Meninges du Cel'veau, celles-cipar des fils exlrails d'elles­
memes, entrent dans lOlltes les glanuules substratees, et par celles­
ci dans tOlltes les fibres, et par les fibres rlans toutesles parties du
corps; ,c'est de la que la Tele d'apres les Cerveaux gouverne toutes
et ch:i.cune deschoses placeAs SOilS elle, Cas exemples n' ODt ele pre­
sentes qu'afiri qu'on se forme, d'apres des choses visibles, quelque
idee de la maniere dont'Dieu perl;oit, voit et sait lOules les choses.
jusqu'aux plus minutieuses, qui sont faites selon l'ordre. "
61. Si Dieu, d'apres les choses qui apparliellnent it l'Ordl'e, per­
{:oit, sait et voit toutes celles, tant en general qu'en particulier, jus­
qu'aux plus minutieuses, qui S<11lt faites conlre I'Ordre, c'est parce
Dieu ne tienl poiat I'homme dans le mal, mais le detourne du mal,
ainsi ne le conduit point, mais lulle avec lui ; d'apres cetle lutle­
RELIGION' CHRETIENNE. 91
perpetuelle, d'apres reffort, la resistance, la repugnance et la 'IleaC.
tion du mal et du faux contre son Bien et son Vrai, par consequent
eontre Lui-lUeme, il per~oit' ella quantite et ]a qualite de ce mal et
de ce faux; cela est une consequence de '1a Toute-Presence de DieD
dans toutes et dans chacune des choses de son Ordre, et en meme
temps de sa Toute-Science de ces choses; ainsi, pour comparaison.
l'bommedont I'oreille est dans l'harmonieet laconsonnance, decouvre
exactement la desbarmonie er la dissonnance, de combien et comment
elles different quand elles penetrent; parelllement l'homme donl le
sens est dans le plaisir, quand le deplaisir intervient ; pareillemen~
l'homme dont la vue est dans le heau voit exactemenL le beau;
quand il y a a cllLe quelque chose de difforme·, aussi ks peintres oot- ,
ils l'habitude de placer une figure laidea cote d'une belle; il en est
de meme du bien et dll Hai, quand le mal et le faux luttent conlre
eux, en ce que le mal elle faux SORlt distinctement perl;us d'apres.
le hien et le vrai ; en etfet, quiconqueesl dans le hien peul percevoir
le mal, et quiconque est dans le vrai peut voir le faux; et cela,
parce que le hien est dans la cbaleur du ciel, et que le "rai est dans.
la lumiere du ciel, tandis que le mal est dans le froid de I'enfer, et
le faux dans l'obscurite de 1'enfer; c'est ce qui peut etre ilIustre par
~ela que les Ahges du ciel peuvent voil' tout ce qui se passe dans
renfer, et quels sont les mOllslres qui 1'habitent, tandis qu'au (;on-
traire les esprits de l'Enfer ne peuvent voir la moindt'e chose de cc
qui se passe dans le Ciel ni meDie les Anges, pas plus qu'un aveugle,
ou pas plus qu'un reil qui rega~rle dans l'air vide ou dans l' ether
vide, Ceux dont 1'Entendement est dans la lumiere d'apres la sa-
gesse, son.t gemblables 11' cem.. qui se tiennent 11 rnidi sur une Mon-
1agne et voient clairement tous les objets ~ui sont plus bas; et ceux
qui sont dans Ime lumiere encore superieIJre ressemblent it ceux qui,
a l'aide de lunelles d'approche, voient comme pres d'eux les objels'"
-qui sont autour et en bas ; mais .ceux qui sont dans la lumiere ilJu-
Isoit'e de I'enfer d'apres la confirmation des fa'usseles, Tessemblent a
(;eux qui se tiennent sur la meme l\fontagne pendant la nnit avec
des flambeaux dans leurs mains, et qui ne voient que les objels le'S-
plus pres, et n'en aperl;oivent qu'indistinctement les formes et con--,
fusement lescouleurs. Quand .im homme qui est dans quelque lu-
miere tIu vrai, et cependan t dans»le mal de la vie, est dans le plaisil"
·t2 fiA. ~]}A;lJ}

d.e liaw.olJf -de ~n mal,lil Bt .Y.6.lL l~s v~.\s d:~ls:.le ,CPJJ1P1~fAm~PJ,


tlu.e ,com:me, upe e:haU,'{t-souri.s vQit dllJls .\)I) ,jardin _d,es .liJl8~ SQ&­
pen.dus, ver.s lesq:uelsJeUe YQle,po.m.~e vers sJm as~le; e~, pIps l!l.r~,
H detjenL ~olilln.e un.e Gb'OUeU~,llt enftn ,CQmJll~J1J1 hi~o!,l; f:lt.~I~n
iJe,st,coPlme, un ramo~eur qlJi s'arr~ladans III parti~ la plus OPSCIl..'
'$ill la cheminee, et qt,ti, l~rsq\l'iUeve les yel/xe,n h~ut. voit III ciel •
t,llav.ers la fumee, et l~rsqu'i1 regarqe enbas, voit le foyer d'ou,pr,o­
yj~n.t .ce~te:fum~e. I

6rl. 11 (3ut ,tenir pour certain que la perception desoppo,ses est


.autre que la perception des ,relplifs ; en etfet, J,es opp,oses sO,nt (le~
i'hoses qui .sont en dehor.s~t cpn;tre ~el\es qui sont en d,edans ; C;lr
.il ~e produit .lIUQp.p,G/le" ql,lilnd l'un cess,~ entiererneutp.'etre quelj
iI.ue·ChOS;6, et qu'ullautre lllors s'Wtve en,s'e(f()r,<;:mt d'~g,ir contr~
~t aJlll~rieur, c,omme .u:ue .roue qui ~git contre ulla roue, ~t u~
,f)l;uve contre un 101\1I\'e: .1es, Rl,llalifs. au conlraire, sont plusieurs
choses d·iverses IH"posee.s d.'":ns un .~eJ:t!lin ordre, de fa.~ol) a ce qu'il
. J ,ait en~re elle.s ufle !?onV,~l)allce e~ ,un a~cord, comme des pitlrr~~
lp;recieuses :de :diver~es cQIJ,leurs d~nsun c()llier sur la poilr.ipe d'une
.~ej~e, Olil comma d.es .fleursd,e J)u~n~es vari~es ,dansuneguirll\nde
'pour-;proGurer le ch~r:we ge la VUjl ; il y a done des relalifs da.ns l'un
~t l'a,utre Q.p'pose"tanl ,dans.le ~bien que dans le mal, et tpn·t dans le
v.rai que ~ans le ta!lx, alnsi. tan 1 dans le ciel que dans l'~nfer, mais les
rel-atifs dans I'enfer sont tous. des opposes aulC relatifsqans le 9iel:
~.aintan.~n t, ,puisque Dieu pefl;o,it et v9it, et par suile connait tous
,les rela,tifs d<\oS le Ciel ,d'a:pres I'Ordre dapslequel il lest Lui-:Meme,
e't quepar-lfl i1l'er~G,it, v0it et connait tous les ()ppos~s relalifs daps
l'apfer, "insi qu'i/ re~ulte d;e ce qlJi v-ienl;d'clredil, il est!evident
·que Dieu eSl Tout-811cb-ant dans l'Enfer comme daps le Ciel, et pa~
,1)~iUelllent chez les h()mmes dans le Monde ; qu'ainsi iI per~it, voit
~t cQPna'it leurs maux et lem's faux d'apres 'le hien et le vrai, '.dan~
ll}s.quels ,il est Lui~Meme et qui di!-ns II~ur essenlle sQi}t Lui-Mell16:
'en effet,il est di,l: .Si je 'f(tonte aux Cieux, la Tu (es) ;si i(J
,f(

descrm,ds en ,Enfer, T,y 'Poita.)) - CXXXJIX,8. -·'Et aillaurs:


..((Quandi(s pe~~tr.~rq,ient .(1(ln$ ,i'en/er, 4,e lama main .les rei
-tirer4~t, )) - Amos, IX t ',2, 3.

.. 63. V, .PlEU l'ST TouTTP,R,t!>Jl:lln .QEPUIS L~S :IlR~~IEllS '1I:S.QV' ~t!~


t:>nIlNJERs, l)ESON ORD~E,

'it:
RELIGION ClIRElIENN.E. ,9'3,
Si Dieu est, tout-present deptHs les premiers jusqu'aux delloiers
de son Ordre, c'est par la Cbaledr et la Lumier'e du Soleil'du Moode
Spiriluel, au milieu' duqu'el it est ; par ee Solei! a ele fail I'Ord~
et d'apres l'Ordre if repand la ohaleur et la lumiere qUi penetrant,
rUniver5 depuis ses preniiers jusqu'a S6S derniers, et produisent la
vie qui esl dans I'homme et dans chaque animal, el aussi l'dme vege.
tative qui esl dans chaque germe sur la Terre, et ellM influent toules.
deux dans cbacune des choses, et font que chaque sujet vit et croH
selon l'Ordl'e introdllit en lui par la creation: et comme Dieu n'est
'pas etendu, et que cependan I it rempli I toutes les etendues de I'Un,i
vel'S, i! esl tout-present; que Dieu soit dans lout espace sans espace,.
el dans toul lemps saD:) temps, el que par suite I'Univers, quant a
r tlssence et a I'ordre, soit la plenitude de Diell, c'est ce qui a et6­
montre ailleurs; etcela ~lanl ainsi, par la Toute-presence it per\:oit
tout, par la Touie-sciimcr. iI pourvoit 11 101lt, el par la Toute-puis­
sance il opere tout; d~ou il eSl eviden I que hi Toule-presence, la
Toute-science el la Toute-puissance fonl un, ou que l'une suppose
I'autre, et qu'ainsi elles ne peuvent eLre separees. .
64. La Toute-presence Divine peut clre iIlustree par l'admirable
presence des Anges et des Esprils dans le Monde Spirituel : COlIlme.
il n'y a point d'espace dans ce Monde, mais qu'i! ya seulement l'ap­
parence de I'espace, l'ange ou I'esprit peut clre en un instant en
'presence d'un aUlre, pourvu qU'il vienne dans une ~emblable affec­
tion de I:amour et par suite daus u,ne semblable pensee, car ces deux
choses font l'apparence de I'espace ; qu'il y ail la une telle presence
de tous, c'est ce qui est devenu pour moi evident, en ce que j'ai pu
y voir des Africains ct des Indiens a proximite les uns des autres,
quoiqu'i!s sotent· separes par tan!' de kilometres sur la terre, et
qu'en oUlre j'ai pu me trouver en presence de ceux qui sonl dans les
Planetes de ce Monde, et aussi en presence de ceux qui sont aans les
Planetes des 'aulres Mondes hors de notre systeme solaire : c'est par
le moyen d'une lelie presence, non de lieu, mais d'apparence, de
lieu, que j'ai converse avec les Ap~lres, avec des Papes, des Emp&'­
.reurs el des Rois defunts, avec les inSlaurateurs de l'Eglise d'all,.
jourd'hui, Luther; Calvinet Melancbl~J~~t avec d'autres de pays
~Ioignes; quand il existe une telle pFesehc6 pour les Anges et pour
Ies Esprits, que ne doit pas ~tre ,dans l'Univers la presence Divine
~i LA. VRAIE
qui est infinie! Si telle est la presence pour les Anges et pour les
Esprits, c'est parce que toule affection de ramour. et par suite
toule pensee de l'enlendemenl, sont dans I'espace sans espace et
dans le temps sanslemps, car quelqu'un peut penser a un frere, a
un parenl, ou a un ami, qui est dans les Indes, el alors J'avoir
comme present devant soi ; it peut pareillemenl elreaffecte d'amour
pour eux d'apres un ressouvenir. Par ces choses qui sonl connues
de I'homme, la Toute-PI'esence "Divine peul en quelque sorle atre
iIlustree; elle peut aussi I'elre par les pensees humaines, en ce que,
,quand quelqu'un rappelle dans sa memoire les choses qu'it a vues
en voyage dans diff'erenls lieux, illes a comme presenles. Bien plus.
la vue du corps imile celle mame presence; elle ne remarque les
-objels dislanls que par les inlermediares qui servent pour ainsi dire
de mesnre; le Soleillni-mame serail pres de l'ceilet mame comme
dans l'ceil, si les inlermediaires ne devoilaie'nt pas qu'i\ esl a une si
grande distance; que cela soit ainsi, c'est ce qu'ont fait observer
dans leurs Livres ceux qui ont ecrit sur l'Optiquc. Une lalie pre­
se,o:ce exisle tan t pou r la vue in lelleclllelle que pall r la vue corporell e
de"T~omme, parce qne son esprit vC/it par ses yeux, mais it o'en
existe pas de semblable pour aucune bete, parce que les beta's n'ont
pas de vue spirituelle. D'apres ces explicalions, on pent voir que
Dieu eSl Toul-Present dermis les Premiers jusqu'aux Derniers de son
Ordre; qu'it soit aussi Tout-Present dans l'Enfer, cela a ete mon­
tre dans I' Arlicle precedent.
65. VI. L' HOMME A ETE CREE' FORME DE L'OIlDRE DIVIN.
Si l'homme a ete cree forme de l'Ordre Divin, c'esl parce qu'i1 a
ele cree image et ressemblance de Dieu, et puisque Dieu esl Lui­
Mame l'Ol'dre, l'homme a ele cree image et ressen)blance de l'Ordre.
It y a deux choses d'apres lesquelles l'Ordre a existe et par lesquelles
il subsiste, le Divin Amour et la Divine Sagesse ;et l'holDme a ete
cree receptacle des deux ; c'est pourquoi il·a aussi.ete cree dans 1'01'­
dre selon lequel ces deux agissent dans I'Univers, el. principalement
selon lequel ils agissent dans le Ciel angelique, d'ou. resulle que tout
ee 'Ciel dans sa plus grande effigie est la forme de I'Ordre Divin, e,t'
que sous l'aspect de DJ~!Lc.e Ciel est comme un seul Homme ; et il y
a aussi entre ce Ciel efl'homme unecorrespondance complele; en
effet, il n'y a dans le Ciel aucune societ~ qui ne corresponde a quel
RELIGION CHRETIENNE. 95
que membre, a quelque viscere, 11 quelque organe daDs i'bomme ;
c'est pourquoi, dans le Ciel, on dit que telle socieLe est daDs la pro­
vincedu Foie, ou du Pancreas, ou de la RaLe, ou de l'Eslomac, OQ
de 1'00il, ou de l'OrciHe, ou de la Langue, ou de lelle autre partie;
les Anges enx-memes savent aussi dans le domaine de queUe Partie
-de I'homme ils habitent : que cela soit ainsi, c'est ce qu'il m'a ete do n
ne de savoir par vive experience (ad vivum); j'ai vu une spciete de
quelques milliers d'Anges dont I'ensemble formait comme un seul
hOlllme; par lil it a ete evident pour moi que le Ciel dans le complexe
-estl'image de Dieu ; et l'image de Dieu est la forme de I'Ordre Divin.
66. Il faut qu'on sache que toutes les choses qui procMent dIJ
Solei! du Monde Spirituel, ,au milieu duquel est Jehovah Dieu, se
rapportent it l'homme, et que par suite tout ce qui existe dans re
Monde tend it la forme humaine et la presente dans ses intimes; de
la tous les objets qui s'y offrent aux yeux sont de~ represenlatifs de
l'homme: la apparaissent des Animaux'de toute espece, et ces ani­
maux sont les Ressemblances des affections de I'amour des Anges,
-et par suite de leurs pensees ; la apparaissent aussi des vergers, des
parterres -et des lieux couverts de verdure; eL iI m'a 'ete donne de
savoir queHe affection represente chacun de ces objets: et, ce qui
est admirable, quand la vue intime estollverte, on connait son image
.(Ians ces objets ; et cela, parce que toul hpmme est son amour et
llar suite sa pensee ; eL comme les affecLions et les pensees chez
chaque hOIDme sont variees et multiples, et que quelques-unes se
'rapportent a l'affection de tel animal, et d'autres a l'affectian de tal
autre, voila. pourquoi les images de leurs affections se preselltent
'ainsi ; mais on verra plus de details sur ce sujet dans I'Article sui­
, vant Oll il est traite de la Creation. Par 111 se manifeste aussi cette
verite, que la fin dela creation a ete le Ciel Angelique d'apres le
-Genre Humain, par consequentl'Homme, en qui Dieu put habiter
comme dans son~,recepr.lcle: c'est donc pour ceLle raison que
fhomme a ete cree forme derOrdre Divin.
67. Dieu avant la Cl'eation a ete l' Amour meme et la Sagesse
meme, et ces deux etaient en effo~t de faire des usages, car I'A­
mour et la Sagesse sans l'usage sont seulement des etres de raison.
et s'evanouissent aussi, a moins qu'ils ne se conjoignent dans 1'11­
-sage; les deux premiers separes du troisic'me sont aussi comme de
96 Ll\: YiL\IE'
oiseaux qlii volent sur le grand Ocean, et enfin las d,e yoler tombent
et bont submerges: de la on voit 'que l'UnIvers a tHe cree par Dieo.
:afin que les usages existent, 3ussi I'Uoivers peut-U etre appele I~:
Theatre des usages; et comme l'homme est la principale fin de}a
ereation, il eo resulte que loules chos,es en general,et en parr,jculiel~
Ollt ete creees pour l'homme, et que par suile' toutes et chacune:'
des chos~s de I'ordre on.t ete conjointes et concentrees en lui, afi,n
que par lui Dieu fasse les usages principaux. L' Amour et la Sagesse:
sans lour troisieme, qui e~t .rUsage, peuvent ,etre compares a Ill!
chaleur et a la lumiere du soleil, qui seraient d~s choses vaines, si
elles n'operaient dans les hommes. dans le5 animaux et dans les ve­
getaux, mais qui deviennent reelles pa,r l'influx et par leur opera­
tion en wt. Jl y a aussi trois'choses qui se suivent en ordre, la Fin"
la Cause et I'Effet, 6't I'on sait dans le l\1onde 8ayant que la fin n'est
rien si elle n'a en vue la cause efficiente, et que la fin et ceUe cause
ne sont rien s'il n}en resulte 'un effet; la fin et la cause peuvent, iI
est vrai, etre agitees abstractivement dans le 1\Iental, mais toujours.
pour quelque effet que la fin a en vue et que la cause procure; il
en est de meme de I'amour, de la sagesse etde l'usage, el c'est l'u:­
sage qu~' 1'~m'Out a en vue et produit par la sagesse,' et quand l'u­
sage est prod,l~it,l'amoUl' et la sa,gesse existent reellement, et ils se­
font dans l'usage une habitation et une residence, et s'y reposen,t.
COfnme d;lllS leur maison ; il en est de meme de l'homrne dans le­
.cIuel sont l'amour et la sag,esse d~ Diee, quand il fait des usages;
j:lt PQQr qu'il fasse ,des usag~s d'e Dieu, il a ete cree image et,ressell)­
bl~ljce, c'es~+~ire, forme de I'Ordr:e Divin.
68. VII. AUTANT .I;'HOMME VIT SELON L'O'fIDRE DIVIN, AUTANT IL
EST DANS LA PUISSANCE CONTRE LE MAL ET LE FAUX D'APRES LA DI­
VINE TOUTE-PUISSANCE, ET AUTANT DANS LA SAGESSE SUR LE BIEN
ET LE VHi\l n'APRES LA DIVINE TOUTE-SCIENCE, ET AUTANT DANS
DIEU D'APRES LA DIVINE TOUTE-PRESENCR.
Si aulant I'homme vi~ selon l'Ordre Divin, aulant it es~ dans'la
r puissance conlre les ll)aUX et les II)aux d'apres la Divine ToulerPuis­
a
sanc~, .c'est parce qu'iJ n'y qu~ Dieu ,seul qui puisse resister aUf­
~aux eL par spite aux faux; en effet, tous, les ~aux et tous les, fall;x
_v~eQnent de I'Enfer, jll.soqt coheren,ts comma' uu dans l'Enfer, absQ­
tlUmcoL de la meme mani~re ql,le ' tOllS les biens et tous les vrais dans
RELIGION CHRETIENNE, 97
le Ciel; ear, ainsi qu'il a deja ete dil, tOil I le Ciel devant Dieu e&t

COffilue un seul Homme, et vice versd lout l'Eufer est comme un

. se..}Geant qui est un MOIlstre; c'est pourquoi agir eontre un s6ul


mal et conlre le faux qui ell provienl, c'estagir conlre ce Geant
1R0nslrueux ou· contre rEnfer, el personne ne le peut, si ce n'est
Dieu, parce qu'il est Toul-Puissant ; d'apres ceJa, il est evident qUtl
si )'bomlne ne s'adresse aDieu Toul·Puissa,nl, il n'a pas par luiL
m~me plus de force coo'tl'e le mal et le faux de ce mal, qu'un pois'­

.
son contra l'Ocean, qu'un insecte conlre une baleioe, el qu'un grain
de sable contre une monlagne qui .s'ecroule,
.
el Leaucoup moins
qu'une saulerelle contre 110 elephant, 011 qu'une mo.uche conlre un
chameau: et en OUlre l'homme a encore moins de force conlrele
mal et le faux de ce mal, parce qu'il est ne dans le mal, et que le
mal ne peutagir conlre lui-meme, Il suit de la que si l'homille ne ,
vit pas selon I'Ordre, c'esl-a-dire, S',i! ne reconnalt pas Dieu, sa
Toule-Puissance eL le secours qu'j\ en doit lirer conll'e I'enfer, et
que si. l'homme de son cOle ne combat pas aussi conil'll le mal qui
est en lui, car cc poinl apparlienUl. I'ordre comme le precedent, il
ne peul qu'etre plonge et submerge dans l'enfer, et y el.re pousse
par les maux, les uns apres les aulres, comme une barque dans la.
mer par les tempeles.
69. Si autanll'hoffime vit selon I'Ordte Divin, autant iI est d'ans
.la sagesse sur le bien el le vrai, d'apres la' Divine Toule-Science,
c'est parce que lout amour du bien et toute sagesse du vl'ai, ou toul
bien de I'amour et lout vrai de la sagesse, viennent de Dieu; c'est'
meme ce qui est conforme it la confession de toutes le~ Eglises dans
le Monde Chrelien; de lit il suit que l'homme nepeut ctre interieu­
rement dans aucun vrai de la sagesse que par Dieu, parce qll'i\ Dieu
appartient la Toute-Science, c'est-il-dire, la sagesse infinie. Le
Menlal humain a et~ dislingue en trois degres, comme le Ciel Ange­
HCI',e, et par suite il,peul etre eleve dans un degre superieur et su­
perieur, et il pe11t aussi etre abaisse dans un degre inferieur et in­
ferieur; et auta,nt il e~l, eJeve dans les degres superieurs, autant il
resl dans la sagesse, caraulanl ill'esl dans la lumiere dll Ciel, ei
eela ne peut elre fait que par Dieu, el aulant il y est eleve, autant
il est hOIDJlle; mais aUlanl'il est abilisse dam; ·Ie-s,degr.es inferieurs,
autant ill'est dansla·lumiere fantastique de l'enfer, el autant iI
I, 7
i,

98 LA VRAIE
cesse d'etre homme et devient bete; c'est meme a cause de cela que
l'homme se tient droit sur les pieds, et qu'il tourne sa face vers le
ciel et peut l'elever vers le zenith, landis que la bete se tient sur les
. pieds dans line position parallele a la terre, et qu'elle lourne vers
elle tous ses regards et ne peut qu'avec peine les porter vers le ciel.
L'homme qui eleve son MenIal vers Dieu, et reconnait que lout vrai
de la sagesse vient de lui, et qui vit en meme tempsselon l'ordre,
est comme celui qui se tient sur une tour elevee, et voit au-dess()us
de lui une cite populeuse. et enmeme lemps tout ce qui s'y fait dans
les rues; mais l'homme qui chez .
lui confirme ,que tout vrai de la
sagesse lui vient de la lumiere nalurelle, et vient ainsi de lui-meme,
est comme celui qui habite dans un caveau sous celle tour, et regardQ
verscelle meme ville par quelques lrous, celui-ci ne voit dans fa
ville que la muraille u'une seule maison, et comment les briques y
sont cimenlees. Enfin l'homme q,ui tire de Dieu la sagesse esLcomme
un oiseau qui, planant dans les airs, voit tout ce qui est dans ]es
jardins, dans les farets eL dans les metairies, el vole vers .ce qui
appar~ient iI son usage; mais l'homme qui tire de lui-meme les
choses qui concernent la sagesse, sans la foi que ~es choses ne-an­
.mains viennent de Dleu, est comme un taon qui, volant pres de la
terre, se dirige.ou il voit du fumier, et trouve son plaisir dans 1'0­
deur infecte qu'il repand. TOllt homme, tantqu'il vit dans le monde,
marche enlre le Ciel et f'Enfer, et est par suite dans l'equilibre. et
ainsi dans le Iibre arbitre de regarder en haut vers Dieu ou en bas
vers l"enfer ; s'il regarde en haut vers Dreu il reconnait que toute sa­
gesse vient de Dieu, el iI est en acLualite quant a'son esprit avec les
Anges dans le Ciel ; mais s'il regarde en bas, ce que fait quiconque est
dans les faux d'apres le mal. iI est en aclualile quant a son esprit
avec les diables dansl'enfer.
70. Si autant l'homme vit selon I'Ordl'e Divin, autant il·est dans
Diell d'apres la Divine Toul-Presence, c'est parce que .Dieu est
Tout-Present, et parce que ou il est dans son Ordre Divin, la il est
comme dans Soi, car Lui-Meme est l"Ordre, ainsi ~u'il a ete mon­
fre ci-dessus : puis donc que l'homme a ete 'crM forme de l'Ordre
Divin', Dieu est danslui, mais en tant que l'homme vit pleiriement
selon l'Ordre Divin ;' s'il ne vitpas selon l'Ordre Divin, Diellest
toujours dans lui, mais dans ~eS supremes, et illui donne de pou-·
RELIGION CHRETIENNE. 99
voir corn prendre It' vrai et vouloir le bien, c'esl-a-dire qu'illui
-donne la facultC de cornprendre et I'inclination a airner; rnais au­
tant I'homrne vit contre l'ordre, auLant il ferme les infMieurs de
son mental ou de son esprit, et ainsi empeche que Dieu ne descende
~t ne rem plisse ses inferieurs par sa presence; d'apres cela Dieu
.est dans lui, mais lui n'est pas dans Dieu : c'est une regIe generale
Jans le Ciel, que Dieu est dans tdut homme, tant mechant que bOD,
mais que l'homme n'est pas dans Dieu, s'il ne 'lit pas selon I'ordre ;
<car le Seigneur dit, qu'il veut que l'homme soit dans Lui, et
Lui dans l'homme. I Jean, XV, 4. - Si l'homme par la vie
selon l'ordre esldans Dieu, c'est parce que Dieu est Tout-Present
(Jans I'Univers, el dans toutes el chacune des chases de I'univers,
-dans leurs intimes, car ces intimes sont dans l'ordre ;" mais dans les
choses qui sont contre I'ordre, lesquelles sont seulement celles qui
sont hors des inlimes, Dieu est Toul-Present par une lutte conti­
nuelIe conlre elles, et par un effort continuel pour les ramener dans
l'ordre; c'est pourquoi aulant l'homme se laisse .ramener dans
l'ordre, aulanl Dieu est tout-present dans tout ce qui le constilue,
. ·par consequent autant Dieu est dans lui, el lui dans Dieu. Dieu ne
peut pas plus etre absent de I'homme, que le Solei! ne peut I'etre de
la terre par la chaleur et la lumiere ; mais les objels. de la terre De
;sont dans la vertu du Soleil, qu'autant qu'ils revoivent ces deux
,choses qui pt-ocMent de ce Solei!, ce qui arrive dans les saisoDs du
prinlemps et de l'ete : cela peut ainsi etre applique a la Toute-Pre­
.,sence de Dieu en ce que, aUlant l'homme est dans l'ordre, autant iI
'Elst dans la chaleur spirituelle et en meme temps dans la lumiere
spiritllelle, c'est-il-dire, dans le bien de l'amour et dans les vrais
de la sagesse; mais la chaleur et la lumiere spirituelles ne sont pas
comme la chaleur et la lumiere naturelles, car la chaleur naturelle
se retire de la Terre et de ses objets dans le temps de I'hiver, et la
lumiere se retire daDS le temps de la Duit, et cela arrive' parce que
!}a Terre produit ces temps par sa rotatioD sur alle-meme et par son
mouvement autour du Solei! ; mais iI n'eD est pas de m~me de la
chaleur spirituelle et de la lumiet'e spJrituelle, car Dieu par son
·.solei! est present avec l'une et l'autre,et n'a point d'alternatives
(\e presence et d'absence, comme en appareDce le Solei! du monde~
l'homme lui-meme se detourne comme la Terre se dtHourne d~ SOD..
HO LA VRAIE
Soleil; et quand i! &e delourne des vrais de" la sagesse, il est COffiOl&
la Terre qui se detourne de son Soleil dans le temps de la nuit; el..
quand l'homme se delournc des biens de l'amour, iI est comme la
Tllrre qui se delourne de son Solell dans le temps de I'hiver; teBe
est la correspondance entre les effels Ilt le,s usages procedant du
Solei! dll Monde spirituel et les etfets et les usages provenant dlJ
Solei! du Mond~ nature!'
.,. .. .. .. -¥

71. Aux cxplications precedentesseront ajoutes trois rtH:MORABLES.


Voici le PnEMIER : Un jour j'entendis sous moi comme un bruisse­
ment de la mer, et je demandai ce que c'etait; et quelqll'un me dil
que c'etaitun tumulte parlOi des Esprits assembles dans la Terre­
inferieure, qui est le plus pres au-dessus de I'Enfer; et incontinent
le sol qui faisailloit au-dessus cl'eux s'entr'ouvrit, et voici, a travel's.
l'ouverture s'envolerent des IIl1eeS d'oiseaux de nuit, qui se repall­
direnl a gauche; el aussitOl apres s'eleverent des saute-relies qui
sautaient sur le gazon du sol, et en firent de tout cOte un desert;
et peu apr~s j'entendis tOlll' it tour comme des cris lamentables de
ccs oiseaux de nuit, et sur le cOte un cri confus comme de spectres.
dans le:; forets. Ensuite je vis de beaux oiseaux du ciel, qui se re­
I pandirent a droite ; ces oise;,lux se faisaienl remarquer par des ailes.
comme dorees, parsemees de raies et de taches comme argenlees,.
et,sur les ll~tesde quelques-uns i! y avait des cretes en forme de
couronnes. Tandis que je voyais et admirais ces objets, tout-a-cou{)
e la Terre inferieure, oil se faisait cc tUOlullc, it s'eleva unEs­
prit qui pouvait se donner la forme d'un Ange de lumiere, et.
C1'jail: Oil est-il·celui qUI parte et ecrit sur I'Ol'dre, auquel Dieu
Tout-Puissant s'est astreint Lui-Meme quant a ce qui concerne
l'homme? Nous entel\dio~s a travel'S le toil ces paroles prononcees
au-dessous;' cet Esprit, tandis qu'i1 etail sur celle Tel're, parcou­
rait un c,h~min baltU, et enfin iI vint' vel'S moi, et aQssit6t it prit
l'apparence d'lIn Ange du Ciel, et, parlanl d',un ton qui ne lui etait
pas propr.e, it dil : Es~ce tQi qui pel,ls~s et parIes sur I'f)rdre ?Dis­
JIloi somm~irement,ce que c'es~ que 1'9rdre et quelques-lInes des
r,ehos.es' concern:aI1tl'or,dre, E~ je"re,p;oodis :,J,8- t'eI,! d,onnerai les pro­
rietes sommaires, mais pon les parlicuLieres, parce ,que tu ne Jes
!Qomprendrais pas, eL je di~,: I. Dieu es~ Lui-Meme l'ordre. n. 11 a
RELIGION CHR~:TIENNE. to!
(ll'e-e l'homme d'apres l'Ordre, dans l'Ordre et pour l'Ordre. Ill. 11
,a riree son Mental rationnel selon I'Ord~e de tout le Monde spirilllel,
d son 'Corps selon I'Ordre de tout le l\londe naturel; c'est pour
,cola que l'homme a ete appelepar les Anciens Mfcro-U1'ane (petit
Ciel), et Microcosme (peLit monde). IV. De la, c'est une Loi de
rOrdre, que l'homme par son l\licro-Urane ou petit monde spirituel
-doit gouverner son Microcosme ou petit monde naturel, comme
Dieu par son l\facro-Urane ou Monde spirituel gouverne le M:acro-
.(losme 011 Monde n3turel·dans I'ensemble et. dans' chaque partie. V.
Par suite, c'est une Loi de I'ordre, que I'bomme doit s'inlrodllire
-dans la,foi par les veriles d'apres la Parole, et darts la charite par
Jes bonnes reuvres, et par consequent se reformer et se regenerer.
VI. C'est une Loi de I'ordre, que ['homme par son travail et sa puis-
:sance,se purifie des peches, et qu'il ne se tienne point dans la foi de
l'impuissance et n'altende point que Dieu lave' lmmediatement' ses
peches. VII. C'est aussi une Loi de I'ofdre, ,que I'hommeaime Dieu
-detoute son'l\me etde tout son creur, et le prochain comme lui-
meme, et qu'il ne differe point et n'aUende pointque ces deux amo\lrs
:soient introduits parDieu immedialement daDS son mental et dans
:son creur, comme du pain ~serait mis dans la bouche par un houlall.£.,
gel' ; Olltre plusieurs lois semblables. Apres avoir entendu ces pa-
roles', ce satan repliqua d'une voix douce dans laquelle il y avail
interieurement de I'asluce: Que dis-tu la? Quoi! I'homme doit,
-d'apres sa puissance, s'introduire d:ms I'ordre en accomplissanl
:ses lois! Ne sais-tu ·pas que I"homme est, non pas SOllS la loi, mais
SOllS la grace; que toutcs choses ,lui sontdonnees gratuitement;
,qu'i! ne peut prendre que ce qui lui a ete donnedu Ciel, et que dans
Jes chOses spiriluelles il ne peut pas phis agir par lui-meme que la
femme de Loth devenue statue, ou que Dagon l'idole des Philistins'
dans Ekron, et qu'en consequence, il est impossibleJl I'hoI'ilme de
se justifier, cela aevant eLre fail par la !,'oi et par la Charite? ~ais
j.e lui t1s cette seule reponse: C'est aussi une Loi de l'ordre, 'que
l'homme par sOn travail et sa puissanee doit s'acquerir la foi par les
·vedles d'apres la Parole, et quc cependant il croit que par lui
meme il n'a pas un seul grain de foi, mais que toute ~sa fai vient d'
Dieu ; et aUisi, que J'homme' par son travail, ,et sa puiss:lnce doitl
:se justifIer, et que cependan~ iI croitqu'il tl'y a pas meine lin seuli
i02 LA VRAIE
1
point de justification qui vienne de lui, mais que toute la justifica- .
tion vient de Dieu: N'a-t-il Pis été commandé que l'homme Mi,l
croire en Dieu, et aimer Dieu de toutes ses forces' et son prochain:
comme lui-même? réfléchis, et dis-moi comment ce commandement.
aurait pû être donné par Dieu, si l'homme n'avait aucune puissance
d'obéir et de faire. A ces mots, ce Satan éprouva un changemenD.
dans sa face, qui de blanche devint d'abord livide, puis noire; et~
parlant du ton qui lui était naturel, il dit: Tu as prononcé des pa­
radoxes contre des paradoxes; et aussitôt il s'enfonça vers les siens
el disparut; et les oiseaux de la gauche de compagnie avec les
spectres poussèrent des cris extraordinaires, et se précipitèrent.
dans la mer, qui là est appelé mer de Suph, et les sauterelles les
suivaient en sa\ltillan.t, et l'air fut purifié, et la terre fut nettoyée:
de ces bêtes immondes, et ie tumulte d'en bas cessa, et il yeut.
tranquillité et sérénité.
72. SECOND MÈ~lORABLE. Un jour j'entendis un bruit extraordinaire
venant de loin, et moi en esprit je suivis la directioB du son, et je.
m'approchai; étant arrivé au lieu d'où il venait, voici, c'était une:
Cohorte d'Esprits qui raisonnaient sur l'IMPUTATION et la PRÉDESTI­
NATION; elle était composée de Hollandais et d'Anglais, et d'ur~
IBél~nge de quelques Esprits des autres Royaumes, et ceux-ci, à la
fin de chaque raisonnement s'écriaient: Admirons! admirons! La
discussion roulait SUI' ces Iloints: Pourquoi Dieu n'impute-t-il pas.
le mérite et la justice de son Fils à tous et à chacun de ceux qui­
ont été créés par Lui, et ont ensuite été comme rachetés, n'est-il
p~s 'rout-Puissant ?Ne peut-il pas, s'il le veut, de Lucifer, du Dra-,
gon et de tous les Boucs faire des Archanges, n'est-il pas Tout­
Puissant? Pourquoi permet-il que l'injustice et l'impiété du diable
triomphent de la justice. ùe son Fils et de la piété des adO'rateurs.
de Dieu? quoi de plus facile à Dieu, que de donner à tous b foi et.
ainsi. le salut? pour ceJa que lui f3[ut- il de plus 'qu'un petit mot ?' et
s'il ,ne,Je fait pas, n'est-il pas en .contradiction avec ses paroles~
lesquelles sont, qu'il veut le salut de tous et ne veut la:mort de per­
sonne? Dites donc d'où vien t et en quoi réside la cause de la dam­
nation de ceux qui périssent? Et alors, un Prédestinalien-Supralap'"
saire d'entre les Hollandais dit: Cela n'est-il pas dans le bon plais'il"
du Tout-Puissant? l'argile doit-elle réprimander le potier de ce
RELIGION CHRÉTIENNE. t03
qu'il fait d'elle un pot à urine? Et un autre dIt: Le salut de chacun
est, dans la main de Dieu, comme une balance dans la main de celui
qui pèse. Sur les côtés se tenaient quelques Esprits simples ùe foi
et droits de cœur, les uns l'œil enflammé, d'autres comme stupéfaits,
d'autres comme enivrés, et d'autres comme suffoqués, disant entre
eux à voix basse: Qu'avons-nous besoin d'écouter ce$ extravagan-
ces? Ils se sont infatués de cette foi, que Dieu le Père impute la
justice de son Fils à qui il veut et quand il veut, et qu'il envoie !"Es-
prit Saint ptmr opérer les décisions de celle jnstice ; et que l'homme,
pour qu'il ne s'attribue pas la moindre chose dans l'opqation de
son salut, doit être absolument comme une pierre dans l'affaire de
la justification, et com me une souche dans les choses spirituelles:
et alors l'un d'eux s'introduisit dans la Cohorte, et parlant à haute
~oix, il dit: 0 insensés! votre raisonn.ement est de laine de chèvre ;
,~ous ignorez absolument que Dieu Tout-Puissant est Lui-même
'Ordre, et qu'il y a des myriades deLois de l'Ordre, en aussi grand
ombre qu'il existe de vérités dans la Parole, et qu'il ne peut agir
dtntre ces lois, parce que agir con tre elles, ce serait agir contre
L\i-Même, et ainsi non-seulement contre sa Juslice, mais encore
cORtre sa Toute-Puissance; et il vit de loin sur la droite comme
un~ brebis et un agneau, et une colombe qui volait, et sur la gau-
ch~,comme un bouc,.un loup et un vautour, et il dit: Vous croyez
quel Dieu par sa Toule-Puissance peut changer ce bouc en brebis,
ou ~e loup en agneau, ou ce vautour en colombe, ou réciproque-
m,tt? Point du tout, car ce changement est contre les lois de
soJOrdre, dont pas même un seul point Ile peut tomber en terre,
selon ses propres paroles: comment alors peut-il transporter la
justice de la Rédemption de son Fils sur quelqu'un qui est réfrac-
taire aux lois de sa justice? Comluent la Justice elle-même peut-
elle commettre l'injustice, et prédesliner quelqu'un à l'enfer, et le
jeter dans un feu vers lequel le diable se tient avec de~ torches à la
main et qu'il attise? 0 insensés, vides d'esprit, votre foi vous a sé-
duits; n'est-elle pas dans vos mains comme un lacet pour prendre
des colombes? A ces mols un certain ~Iagicien fil de cette foi comme
un lacet, et la suspendit à un arbre, en disant : Vous verrez que je
vais prendre cette colombe; el aussitôt le vautour prit son vol, passa
son coti dans le lacet, et y resta suspendu, et la colombe ayant vu],e
tM LA VRAIE
vautour ,{envola a:u-d:elà.. Les spectateurs furent dans 'l'admiration et
s'écrièrent: Ce jeu cependant est un gage de justice.
73. LeJendemain,il vi,nt vers moi quelques Esprits' de cette co­
ho,rte. qui étaient dans la foi de la prédestination elde l'imputation,
el ils me dirent: Nous sommes comme ivres non de vin, mais du
discours que cet homme tint hier; il a pa"rlé de la Toute-Puissance
et en mème temps de l'Ordre, et il a conclu que comme la Toute­
P-ulssance est Divine, de même aussi l'Ordre est Divin, et de plus,
que Dieu Lui-l\Jême est l'Ordre ; et il a dit qu'il existe'" autant de
lois de l'qrdre que de vérités d,ans la Parole, qu'il y en a non-seu­
l-ement des kiliades, mais des myriades de m)Tiades, et que Dieu
est aslreint il ses lois, et l'homme aux siennes; qu'est-ce alors que
la Toule-Puissance Divine, si elle est astreinte il des lois, car ainsi
touL absolu se retire de la Toute-Puissance? Dieu a-L-il donc moins
.de pouvoir qu'un Roi du Monde, qui gouverne seul? Celui-ci peuL
tourner les lois de la justice comme les paumes de ses mains, et
agir despotiquement comme Octave-Auguste, et même despoliqu
ment comme Néron; nous, après avoir pensé à la Toute-Puissanoo
D'ivine astreinte à des lois, nous sommes devenus comme ivres, ~t
nous sommes prêts à Lomber en défaillance, si l'on ne DOU'S a;ppo~te
promptement un remèd e ; en effet, d'après notre foi, nous aV~Ds
prié, a'fin que Dieu le Père ait pitié de nous à calJse de son Fils{,et
nous avons cru qu'il peut avoir piliéde qui il lui plaît, et reme~tre
les péchés il qui il ju?e il propos, et sau.ver qui il veut, et.nolls nl1a­
vons pas osé soust'ralre de sa Toute-'Plllssance la plus pellte chose,
~ussi regardons-nous comme un crime de lier Dieu avec les chaî~es
de quelques-unes de ses lois, parce que cela nous semble contradic­
t-oire avec sa TOUite-Puissance. Aya,nt ainsi parlé. ils me regardèrent;
et moi je les regardai ,et je les vis éperdus, et je dis: J'adresserai
des supplications au Seigneur, et j'en apporterai un remède, en
illustrant ce sujet; mais pour le moment ce sera seulement ~ar des
exemples, et je dis; Dieu Tou't~Puissant a créé le Monde d'après
l~(!)rdre er. soi, ainsi pour l'Ordre dans lequel il est, et selon lequel
il gOllvel'rie, et il âiimposé à l'univers, et il toutes et à chacune des
choses de l'univers, son ,ordre; à l'homme le sien, à l'@iseauet au
poisson le leur, aU'verie sien, à cbaque'3Jibre, et même à .chaque
hrin ,d'her~e' le sten; mais pOl,lr que de$ exemples iHustrént ce
RELIGION' CHRÉ'TlE~NE fOS
sujet, je vais en peu de mots :donner les suivants: Les lois de'l'Ordre
imposées à l'homme sont, qU'il s'acquière des vérités d'après la
P.arole, et qu'il y pense naturellement, et, autant qu'il le peut, 'ra­
tionnellement, et qu'ainsi il se procure la foi naturelle; alors les
lois de 'l'Ordre de la part de Dieu sont, qu'il approche, qu'il ,rem­
plisse de sa Divine lumière les vérités, e~ de sa Divine eSS~Qce la
foi natureNe qui est seulement une sèience et une persuasion; ain'si
et non aulrement'1a foi devient salvifique ; il en est de même pour
la charité: mais nous allons brièvement rapporter qlielques-unes
de ces lois: Dieu ne peut selon ses lois remettre les péchés d'lin
homme, qu'autant que cet homme s'en d'ésisle selon les siennes;
Dieu ne peut régénérer spiritucHiement l'homme, qu'antant que
l'homme scIon ses lois se.régénère naturellement; Dieu est en per··
péluel effort pour régénérer et ainsi sauver l'homme, mais il. ne
peut le fal.re, à moins que l'homme ne se prépare pour être récep­
tacle, et qu'il n'aplanisse ainsi le chemin à Dieu, et n'ouvre la parle;
un fiancé ne peut enlrerdans la chambre à coucher d'une vierge
qui n'a pas encore été fiancée, celle-ci' ferme la porte et garde chez
&1'Ie la clé en dedans; mais après que la vierge est devenue la qan­
«ée, elle donne la clé au fiancé. Dieu n'a pu par sa Toute-Puissance
racheter les hommes, sans qu'il se fit Homme; et il n'a pu rendre
Divin son Humain, sans que son Humain fût d'abord comme l'Hu­
main d'un enfant, puis comme l'Humain d'un adolescent, et sans
que l'Humain se formât ensuite en réceptacle et en habitacle dans
lequel en lrerait son Père,.ce qui a cu lieu en ce qu'il a accompli
toutes les choses dê la Parole, c'est-à-dire, toutes les loisde l'ordre
qU'elle contient; et autan;t il a fait cela, autant il S'est uni au Père,
-et le Père S'est uni à Lui. Mais ce ne sontlà que très-peu d'exem­
ples, donnés pour illustration, ,afin que vous voyiez que la Toute­
Puissance Divine est dans l'Ordre, et que son gouverntment, qui
est appelé Providence, est scIon l'Ordre, et qu'elle agit continuelle­
ment et éternellement selù,n les lois de son Ordre, et ne peut agir
contre ces lois, ni les changer en un seul point, parce que l'Ordre
a,vec toutes ses lois est Dieu Lui-ltlême. Après ces paroles, une
splendeur de lumière d'une couleur d'al' influa à travers le toit, et
ffOrma dans l'air des ~hérubins volants, et par suite le brillant de
ï.or illustra les tempes de quelques,uns d'eux du côté de l'occiput,
106 LA VRAIE
mais non encore du côté du front; car ils disaient tout bas: Nous.
ignorons encore ce que c'est que la Toute-Puissance; et je dis: Elle'.
vous sera révélée, maintenant que les explications qui viennent de
vous être données vous ont communiqué quelque lumière.
74. TROISIÈ~If} MÉMORABLE. Je vis de loin plusieurs Esprits ras­
sembltis, ayant sur la tète des bonnets; les uns, des bonnets entou­
rés d'une gance de soie, ils étaient de l'Ordre Ecclésiastique; les
autres, des bonnets dont les bords étaient ornés d'une gance d'or,
ils étaient de l'Ordre Civil; tous étaient savants et érudits; et en
outre j'en vis quelques-uns avec des tiares, ceux-ci étaient des
ignol'ants; je n)'approchai, et je les entendis parler entl'e eux sur­
la Puissance Divine illimitée, et dire que si elle s'exerçait selon
certaines lois qui sont devenues lois de l'ordre, elle serait non pas
illimitée, mais limitée, et ainsi une puissance et non la Toute-Puis­
sance; m3is qui ne voit qu'aucune nécessité de la loi ne peut con­
traindre la Toute-Puissance à faire de teUe manière et non d'line
autre? certainement quand nous portons nos pensées sur la Tou te­
Puissance et en même temps sur les lois de l'Ordre, selon lesquelles
elle est obligée de marchf':r, les idées que nOLIS avions conçues de
la Toute-Puissance tombent comnle la main lorsque le bâtou se
brise. Lorsqu'ils me virent près d'eux, quelques-uns accoururent.
et Ille dirent d'un ton assez véh;ément: Est-ce toi qui a circons­
crit Dieu dans des lois comme dans des chaînes? n'est-ce pas là
une impudence extrême? par là n'as-tu pas aUfisi mis en pièces
Ilbtre foi sur laquelle est fondé notre salut, au mHieu de laquelle
nous plaçons la justice ùu Rédempteur, et au-dessus la Toute-Puis­
sance de Dieu le Père, en y ajoutant l'opération de l'Esprit Saint,
et son efficacité dans l'impuissance absolue où est pour les choses
spirituelles l'homme, pour qui il suffit de parler de la plénitude
de la justification qui est dans celle foi par la Toute-Puissance de
Dieu? mais nous avons appris que toi tu vois de l'inanité dans celte
foi, parce qu'il n'y aen elle rien de l'ordre Divin du côtéde l'homme.
Après les a\'oir entendus, j'ouvris la bouche, et parIant à haute voix,
je dis: Apprenez les lois de l'Ordre Divin, et ensuite découvrez,
cette foi, et vous verrez une vaste solitude, et en ,elle le Léviathan'
tortueux et oblong, et tout il,l'entour des filets roulés comme en un
Dœud inextricable ; mais faites comme on lit que fit Alexandl'e, qui~
RELIGION CHRÉTIENNE 107
lorsqu'il eut vu le Nœud Gordien, tira son épée, le coupa en deux,
en rompit ainsi les entortillem ents, le jeta par terre, et en broya
lesfils sous sa chaussure. A ces paroles, ces Esprits mordaient leurs
langues, voulant les aiguiser en mots piquants, mais ils n'osèrent
pas, parce qu'ils voyaient au- dessus de moi le Ciel ouvert, et en­
tendaient une voix qui de là leur disait: Écoutez d'abol'd avec mo-'
dération ce que c'est que l'Ordre, selon les lois duquel Die,u Tout-'
Puissant agit: Dieu a, d'e Lui-}Iême, comme étant 'l'Ordre, créé'
l'Univers dans l'ordre, sel'on l'ordre; il a créé pareillement l'homme
en qui il a établi les lois de son ordre, d'après lesquelles l'homme a
été fait image et ressemblance de Dieu; le sommaire de ces lois est'
que l'homme croie en Dieu et aime le prochain, et autant il fait ces
deux choses 'd'après la puissance naturelle, autant il se fait récep­
tacle de la Divine Toute-Puissance et autant Dieu Se conjoint à lui
et le conjoint à Soi; par là sa foi devient vive et salvifique, et ce
qu'il fait devient la charité, de même vive et salvifique: mais il
faut qu'on sache que Dieu est perpétuellement présent, et que con­
tinuellement il fait effort et agit dans l'homme, et touche aussi son
libre arbitre sans néanmoins le violenter, car s'il violentait le libre
arbitre de l'homme, la demeure de l'homme oans Dieu périrait; il
n'y aurait que la demeure de Dieu dans l'homme, et cette demeure
est dans tous, tant dans ceux qui sont sur terre que dans ceux 'qui
sont dans les cieux, et aussi dans ceux qui sont dans les enfers, car
c'est par là qu'ils peuvent, veulent et comprennent; mais la de­
meure réciproque de l'homme dans Dieu n'est que chez ceux t[ui
vivent selon les lois de l'ordre données dans la Parole, et ceux-ci
deviennent les images et les ressemblances de Dieu, et le paradis
leur est donné en possession, et le fruit de ,l'arbre de vie pour nour­
riture; tous les autres, au contraire. s'assemblent autour de l'arbre
de la science du bien et du mal, et là ils s'entretiennent avec le Ser­
pent et mangent le fruit de cet arbre, mais ensuite ils sont chassés
du Paradis; cependant Dieu ne leg abandonne pas, mais eux aban­
donnent Dieu. Ceux qui avaient des bonnets comprirent cela, et ils
approuvèrent; mais ceux t}ui avaient des tiares le nièrent, et ils
dirent: La Toute-Puissance n'est-elle pas ,ainsi limitée 101', une
Toute-Puissance limitée est une contradictioll. Mais je répondis:
Il n'y a point contradiction à agir tout puissamment selon les lois
i@8 ,liA. VR~IE
<1e la jusfÎc~ avec jugement, 011 selon les 10\s inscrites dans l'Amour
d'a.près'ta Sagesse; mais c'èst m'le contradiction, qu'e Dieu puisse
agir contre les lois de sa Justice ,et de son Amour, et·ce se.rait agir
sans jugement Iii sagesse; une telle contradiction est renfermée
dans velr.e foi qui prétend que Dieu par pure grâce peut j'ustifier
l'injuste, et l'enrichir de tous les dons d'u salut et des récompenses
de la viel Toutefois, je dirai en peu de mols ce que c'est que la
Toute-P.uissance de Dieu: Dieu d'après sa Toule-iPüissance a créé
l'Univers, et il a en même ,temps introduit son ord're dans toùtes
et (lans cliacune des CllQSeS de l'univers; Dieu aussi d'après sa
1
Toute-Pllissance conserve llUnivers, et,il y m'clinlient l'Ordre aveo
ses lois à perpétuit~, et quand quelque chose s'écllappede l'ordre,
il l'y ramène et l'y réintègre. De plus, Diel'1 d'après sa Toute-Puis­
sanoe a instauré l'Eglise, et il a révélé les lois de son orMe dans
la Parole; et quand l'EgHse fut tombée hors de l'ordre, il l'a res­
taurée, et quand elle fut totalement tombée, il est descendü Lui­
Même dans le Monde, et en prenant l'Humain il s'est revêtu de la
Toute~Puissance et il a rétabli l'iEglise. Dieu d'après la Toute-Puis­
sance et aussi a'après la Toute-Science examine chacun après la
mort, et prépare les justes ou les brebis pour leurs demeures dans
le Ciel et en const·ruit le Ciel, et il prépare les injustes ou les boucs
pour leurs demeures daJll's l'enfer et en construit l'enfer: et il dis­
pose le Ciel et l'Enfer en Sociétés et en Congrégatioris selon toules
les variétés de le~lr amour, qui dans le Ciel sont en aussi grand
nombre que leséloiles dans le firmament) du .Monde, et il conjoint
en un les Sociélés da.ns le Ciel, afin qu'elles soient devant Lui commè
un seul Homme; il agit d;e même pour les congrégations dans l'En­
fer, afin qu'elles soient oomme un seul Dia'ble, et.il sépare ceux-oi
del' autres par un gouffre, afin que· l'Enfer ne fasse pas violence au
Ciel, et afin que le Ciel ne cause pas.de tourment dans l'Enfer; car
autant le Ciel influe, aulant ceux qui sont dans l'Enflfr sont tour­
mentés. Si Dieu d'après sa Toule·Puissance ne faisait pas toutes ces
choses à' chaque instant, la féJ'ocité entrerai.t dans'les hommes, au
poi~t qu'ils ne pourraient,plus êlre contenus pai" les lois d'aucu,.
0rdre, et aimL!e Genre humain p~rirait ; ces choses ct aul :'esl sem::
blables arriveraient, si Dieu n'était pas l'Ordre, et Tout-Puissanl
(lans l'Ordre. Après avoir entendu oes paroles, ceut qui avaienl'de!;
RELIGION CHRÉTIENNE i09
bonnets se retirérent le bonnet sous le bras, l'Ouant Dieu, car dans

ce Monde-hl les intell'igents portent des bonnets; mais ceux q,ui

sont couv.erts de tiares ne sont pas intelligents, parce qu'ils sont

chauves, et que la Calvitie signifie la stupidité; et ceux-ci s'en allè­

rent il gauche, mais les autres allèrent à droite.

DE LA CRÉATION DE L'UNIVERS.

75. Puisque dans ce Premier Chapitre il s'agit de Dieu Créateur,


il faut aussi parler de la Création de l'Univers par Lui, de même
que dans le Chapitre suivant où il sera question du Seigneur Ré­
dempteur, il sera aussi parlé de la Rédemption; mais personne ne
. peut se former une idée jU!lte de la Création de l'Uni.vers, sl-quel­
q~l!.nai~~es générales données d'avance ne mette~t pas l'en­

{
t~ment da~~état de perception; ces connaissances seront le,s

suivantes: I. Il Ya deux Mondes, le~IondeSpirituel où sontlesAng~s

et les Esprits, et le ·1\Ionde naturel où sont les hommes. Il. Dags

l'un et. l'autre Monde, il y a un Soleil; le Soleil du Monde spirituel

est le pur Amour procédant de Jéhovah Dieu, qui est au milieu de

lui; de ce Soleil procédent une chaleur et une lumiàre; la chale4r

qui en procède est dans son essence l'~mour, et la lumière qui en

- ­
procède est dans son essence la sagesse;
..
et toutes deux affectent la

1 volonté et l'entenclement de l'homme, la chaleur sa volonté, et la


i lumière son entendement: mais le SoleiCdu MonlÎe nàt~l C$t Ull

pur feu, eTëii conséquence lach:ileur qui en procède est mort~,

pareillemeut la lumière, et elles servent d'enveloppe et de support à

la Chaleur et à la Lumière spirituelles afin qu'elles pénètrent ju~­

qu'à l'homme. III. La Chaleur et la Lumière qui [JrQc~dent du SQ­

leil du Monde spirituel, et par suite toutes les clloses qui là existent

-1 par el1es,soot substantielles et sont nommé~s sp~lles; 'et la Chaleur


et la Lumière;qui procèaenTdu- Soleil du Monde naturel, et ,par suH~
toutes les choses qui là existent par elles, sont maté,rielles et sonlt
4' nommées naturelles. IV. Dans l'un et l'autrë1foïi4~ iJ y~\l' trolSDer J ,N'
-/f,
~s quisÔÏliROmmés qegréSlI"e,nauteun;et ,pa~ite 'trois ~ol)~
A selon lesquel,les ont, été mis en :ordre les trois Ci.eu~ ang~li9.l,Ies" e!­
E. (aussi les, m~&a.ls humains qui ail1si,correspondent à ces lr-oi.s Ci!luJ
HO LA VRAIE
angéliques; et pareillement toutes les autres choses ici el là. V. Il
If. y a un~ Correspondance entre les choses qui sont dans leJlonde
2 ~piri~el et celles qui sont dans I~onde naturel. VI. Il Ya un Or­
dre, dans lequel toutes et chacuM des choses de l'un et l'autre
( Monde ont élé.créées. VIL Il faut d'abord absolument se f!trme.r uue
l idle de ces notions; sinon, "Teilental huma~étant dans une ~orn­
pIète ignorance sur ces points tombe facilement dans l'idée que l'U­
nivers a été créé par la Nature, et c'est seulement d'après l'Auto­
rité Ecclésiastique qu'il dit que la Nature a été créée. par Dieu, mais
'Comme il ne sait pas comment, s'il scrute intérieurement la c40se,
il se précipite tête baissée dans le Naturalisme qui nie Dieu. Toute­
(fois, comme iTIiUdrait un l?;rosVOÏiIinepourexpôser et démontrer
)' comme il convient chacune de ces vérités, et qu'en outre cela n'en­
j Ire pas proprement, comme Lemme 011 Argument, dans le Système
1TI1éologique qui est l'objet de ce Livre, je veux seulement rapporter
quelques l\'IÉ~IORABLES, par lesquels on pouna concevoir une idée
de la Création de l'Univers par Dieu, et obtenir par cette conception
une sorte de fœtus qui la représente.
• 1 ~ • ~ •

(!~PREMIER MbIORABLE. Un jour j'étais en"méditation sur l~ Créa­


"tion de rUnivers; et comme cette méditation fut perçue par des
Anges au-dessus de moi au coté droit, où étaient ceux qui avaient
'quelquefois médité et r.aisonné sur ce même sujet, l'un d'eux des­
cendi'!, et m'invita, et je devins en, esprit, et je l'accompagnai, et
après que je fus entré, je fus conduit au Prince, dans la Cour duquel
je vis environ des centaines d'Anges réunis, et.le Prince au milieu
f d'eux: et alors un 'de ces Anges me dit : No.!!~avQ.n~çu ici que
"1 tu é~~}s _da!!.Ltine.J!léqit~.EQ ..I!..-s.~~ la Création de l'Univ~rs;- etno~s.
1quelquefois, nous avons été dans ~- .• ---­
--_. -une--_semblable
..-
méditation, mais
nous ne pouvions pas conclure, parce qu'à nos pensées s'était atta­
chée cette idée du Chaos, 'que c'était comme un grand OEuf; d'où.
r avaient été, tirées toutes et chacune des choses de l'Univers dans
~ Î leur Ordre, lorsque cependant nous. percevon~_1)l~ant, qu'u~ ~i
vaste Un~vers IiilP.~ll!Léclo!,e dec~tk.~nière; une autre idée'
f s'étàit aussi atlachéé à nos mentaIs, c'était.que toutes choses avaient
Z \ été créées de rien par Dieu, lorsque cependan.t nou.~.ceY@SJ!HÜn­
l tel!.=!.I!!, que_tien ne_~!lJ~jJ ..9_lLriên ; et nos MentaIs n'ont pas encoro
."(.1 1
1.
RELIGION CHRÉTIENNE Hl
pu se dégager de ces deux idées, ni voir dans quelque lumière com­
3 ) ment la Création a été faite; c)st p'!>urqI!Qi n~~~~~ré du
~ 1 li~u_ou tu J~~is_,_~]L que_~_~~po~~~ méditation sur ce sujet. A
ces mots, je répondis: Je J'exposerai; et je dis: J'ai longtemps mé­
.(lité sur la Création, mais en vain; mais, plus tard, quand j'eus été
(introduit par 'le Seigneur dans votre Monde, je p~~ç~ qu'il ~~it
) inutile de conclure quelque chose sur la Création de l'Univers, si
Î .aupâravant l'on ne sait pas -qu'fi y a <!ëUXMOndes, FUn da~s Ié=
l quelSOritÏes Anges:ètl'auire dans leq~ël sont les hommes, et que
~e'lx~ci après la mort passent de leur Monde dans l'autre; et alors
.. je vis aussi qu'il y avait deux Soleils, l'un d'où p!Q..fuJe lout ce qui
t .es~piri.!:.!!el, et l'autre d'où proflue tout ce....Cl:ui est Naturel; que le
Soleil d'où profluent tous les spirituels est le pur' Amour proc~dant
de Jéhovah Dieu, qui est au milieu de ce Soleil, et que le Soleil d'où.
profluent tous les naturels est le pur Feu. Ces connaissances étant
acquises, un jour que j'étais dans l'illustration, il me fut donné de
!l)ercevoir que Jéhovah Dieu a"ait créé l'Univers par le Soleil au mi­
lieu duquel il est; et que, l'Amour n'ayant d'existence qu'aulant
qu'il est uni à la Sagesse, Jéhovah Dieu avait, IDQILAJl!our p~a
~a~§.e, 'créé l'Univers; que cela soit ainsi, c'est ce dont j'ai ac­
.quis la convietion par toutes et par chacune des choses que jaie vues
2- -dans I~JI.Q.nde_,_Q~lI.§ êtes et d!!!.i-!Jl ~tQW~ je suis de corps.
Il serait trop long d'exposer comment s'est opérée la progression
11e la Création depui~ son commencement; toutefois, quand j'étais
,dans l'illustration, je ~erçus qu'au moyen de la Lumière et de la
·Chaleur du~oleil de votre Monde il ~été créé desatrnCisphères spi­
. ~iiie.~sqilLen elles-~êmes:.-s_Q!lt supstanÜi!Îes,rune ayantj>r~é r·
{ de l'autre.; et comme elles sont trois, et qu'ainsi il y a tl'ois degrés ;fo j
-,-~

d'atmosphères, il a été formé trois Cieux, l'un pour les Anges qui
1 /1 sont dans I~Eprême degré de l'amour_et de la sag~sse, l'autre pour
'2 les Anges. qui sont dans l~ ~cond _~egr~, et le troisièm~ pour l~s
\ 3 Anges qUlsont dans le_dermer degré. MalS comme cet Umvers SPI-
rituel ne peut exister sans u~ Univers naturel dans~qlJel ilpro~e
4. ses effets et ses us_ag,!ls, je perçus qu'alors en_ même tem~ a été créé
1t
le Soleil, d'où procèdent tous les Naturels. et pareillement par C6<
--­
2.. Soleil, au moyen de la lumière et de la chaleur, trois atmosphères. r-. 10
(
3 'lui enveloppent les trois premières, comme les coquilles enveloppent.
tt2 LA VRAIE
li les no~aux, ou les écorces le bois, et~~~ l?ar ces atmosphères' l~
Gl6be terraqué, où sont les hommes, les bêtes, les poissons, et aussi
les. arbres, lesarbrisseaux et les herbes, al~ort!:!!. de terres qll'~n­
siste.nt en humlls~ ell pierres et en minéraux. Toutefois, c'est là une­
esquisse très-commune de la Création' et de sa progression; quaR't
aux particuliers et aux singu'/iers, ils ne peuvent pas être ,e-xposés~
sans qu'on écrive des Volumes; mais tout conduÜ à cette conc1m;j{)-DI,
que Dieu n:a pas créé l'Univers de rj.1}n, car, ainsi que' VODS l'av~ ,
r' 110 dit, rien ne se fait de rien, mais qu'il l'a créé par le Soleil ~~1
5An~lique, qui procède de Son Ëtrë;- eCqulest par conséquent le pur
l Amour uni na .§.age§e: que r~nivers, pa!:J~quel est entendu l'un l
et l'al!tre i\Io'!,de, le Spirituel et le, Naturel, ait été créé d'Après le-J
Di'vin Amour et la Divine Sagesse, c'est ce que prouvent et aHestent
toutes et chacune des choses qu'il contient; et vous, si. vous les exa.c.
minez en ordr~ et enchaînement, I[aprèsla lumière oi! sont l.~_ p_~r­
c~ption~d~ votre ent~.ndement, vous pouvez claireme'nt ·Ie voir:
(mais il faut tenir pour ~erlain que l'A.mPjlr et la Sagesse qui e!! Di~~
) font un, ne sont pas 1Amour et la Sagesse dans un sem abstraIt,
mais sont en Lui comme Substance, car Dieu est la Substance et Es­
sence ~êm-;:-îas~i~l;~~·~-;.~,Essenc~ unique~ et par cons~quent la
1 . Substance et Essence premlere, qUI en SOI Esl el SubSiste. Que
toutes et chacune des choses aien t été créées d'après le Divin AmOllI'"
et la Divine Sagesse, c'est ce qui est entendu par ces expressions
dans Jean: «(La Parole était chez Dieu, et pieu était la Parole;
toutes choses par Elle on,! été (ai(es, et le Monde par Elle a· été
1/ai(.» - J,. 1, a, 10. - Là, Dieu signifIe le~i!l.::Ambur, et la
2 Parole. signlQ.e le Divi!! Vl'ai O~l la Divine Sagesse, c'est pOllrquoi la
P}Dlle y est app,elé·e Lumière, et par la Lumièl'c quand il s'agi~
de Dieu, il est entendu la Divin.e.Sagesse. Âyan't achevé de parler.
f comme je le/lr disais adieu"deSJlarcelles ,de lumière tombèrent d~!
S,oleU spiritu.el p~~.~ieux 2Ilgé.!iqt.!.~s dans leurs yeux, et par!
) le,l:Irs' ye~x dans les. habitacles de. leUl' mental, e~ a~~~il't été ài.n~i.i!­
.1ustl'és, Ils applaudlrenL à mes ,parlilles, et en:slllle Ils melsut'vtrenù
jusqu1au wes~ibule, et.ce1ui qu:i' m'~v:ait. d:l\bard accompagné 'vinl}us­
qq'à 1~ maison où j'jélais, et 'd'c, Hl H'rlmlonta vers 'st\ Sec·iété. « •
(7D'SECOND 'ltfÉ?IIPRABLFb uh màtin,'a mon l r-6veil, t'néoitan~"dans'
une lumi-èremati1},ale' et 'serei,rra ,avanit la'/Illeln'e~ velUe, je vis à· trll.,
RELIGION CURÉl'lENNE H3
vers la fenêtl!6 comme un brillant 'é(,lair, e~ aüssitÔ'l après j'entendis
comme un éclatant coup de tonnerr'e; comme je m'étonnais d'où
celt:pouvait venir, j'entendis du Ciel, que c'étaient quelques Esprits
qli, non loin, de moi, raisonnaient· avec emportement surDIEl; et
. SlW la NATURE, et que la vibration de la lumi;we semblable à un
) éGlair, et la, secousse de. l'air semblable à un coup de tonnerre,
" étajeot~~ofrespon~_ances et par suitf: I~apparenc~~~~~mbat
et de -la collision des,~g~!l1~n.ts, d'un côté pour D~~~, et~e.1.@!.I'.e
l pour la Na~i!!e, VOICI longlne de ce combat spIrItuel: Il y avaIt
dans l'Enfer<J@~"iSat~ui avaient dit entre eux: Que ne nous
est-il peJ:mis de converser avec les Anges du Ciel! nous leur dé­
montrerions d'une manière complète et absolue que la Nature est
) ce qu'ils appellent Dieu de qui tout procèdent', et qu'ainsi Dieu est

seulement un mot, à moins que par Dieu on entende la Nature; et

parce que(~---saïan~) avaient cru ~ cela àe tout leur cœur et de

toute le~e, et avaient désiré de s'entl'e~llir aveet~il, Ar~U

1 Ciel, il leur avait été donné de monteJ" du bourbier et des ténèbres

de l'Enfer, et de converser aveEA.n~descendant du Ciel;

la scène se passait dans le Monde des esprits, q!!i.lientle milieu en­


tre le Ciel et l'Enfer: là,€..§a.tan)ayant vu(i~s. A~~ acco~(~~ellt

avec vitesse, et crièrent d'une voix furieuse: Êtes-vous~~ An~j)

du Ciel avec lesquels il nous est permis de nous aboucher pour rai~

sonner sur Dieu et sur la Nature? vous êtes appelés sages, parce

que vous reconnaissez Dieu; mais, oh que vous ètes simples! Qui a

vu Dieu? qui comprend ce que c'est que Dieu? qui conçoit que Dieu

gouverne et puisse gouv,ercel' 'l'Univers, et toutes et chacune des

choses qu'il renferme? qui reconnaît, à l'exception de la populace

et du vulgaire, ce qu'il.ne voir pas et rre compl'end pas? qu'y a-t·'il

de plus évident, sinon que la Nature est tout d~a'n9 tout? qui a vu

avec l'œil autre chose que la n:llure? qui a entendu avec l'oreille "

autre chose que la ,nature? qui a odoré avec les narines autre chose
1
que la nature? qui a savouré avec la langue autre chose que la na­ '~'l~
ture? qui a senti par le toucher de la main et du corps au tre chose
que la nature? Les sens de notre corps .De·sont~ils pas les témoins'
f' tl1
des vérités? qui ne peut d'ap'rès eux jurer que telle chose est de

reJJ e manièref? la respiiration. d'âpl'ès1laqueUeivit aussi notre coJrp~

n'est-e1l6\pas Dn témoin? respirons"DouS autre chQse que la na'ure'?

J. . 8
{~4 ., LA.V,RAl;E
d:Où ~iel!t;, l)pflpx' da'l.s. les, penS'é~~les. sinon, deJa nature ~
s~,lq n~l4fle ,éta\~ e.nlev~oltrriez-~ous pen$er'quelque.chose !:ou- ')
trfl, ,U!JJ~ie4rS" a~~r~s ;lrgmnents 'de ,même espèce~sA.ng~-a-~rèS::>
le,s, ~y,oi;I' lécol\té~j r,épQtldirllot: VOllS patlez ;Hnsi, parce que vousn
ête~ ~n,~i~çem~nt ~eq~/l~I~;,tQllS. dansll'Enfer, alJt les i,dées,des pen
sée'~'IP,!Pn~é~&?ans I~s s~n~ d.l,ll ,Mrp.s, li:ll'iJ6 peuv:ent'élever les men-l'
r taIs 1 ~Pi'des$us d'&ux, 1J}OUS ~Oi\lS pardonno'ns daDe ~ la wie dul m~l (lt~
) P~G ~,ui~e laJQJ.~x o.r. l,b9,ll.cQéJes inléri~ur~~ vos nlentals, aU'1)
\ p,qi,Dl ~~~i ch~, VfO\4~, Ijé;l~N;l:tipJ). aUrdessils des seJi.siie~s n'est pas :~os- Il
\ sl~le,. SlpO~ dans,.,uolJéljlt é)Qlglié ,des \lIaux de la vIe 6tl des fa.u~ dell
(la.(o,i ;, ç,ar'"JIn ,~alaf\d.peuct, ,aussibiefl qu'un Ange;,comprendre Ië"}
.--u--- _ - ­
. vrai, quand il .li~nlendIP-r(j)J101l/ile~dllais,ilJl§:~i:ent pas, parce l
ql\e.,k: .IJ1il-\ ,efflli!lle. ~1J'i. el in,troduit,lr fa!!" ; mais.f1ou$ p'erdevonSl '
. qu~ ,vPJ-!s êt~~j 4qfl~ I!cel é~at élQiKné. et qu'ainsi vous PO~~-)
1

p.;e.,ndJe ce ql,le no~,ronon,çons, ,faites;donc aUentionaux paroles


r qlle nous dirons; e~dirent: Vous'avez été,dans le M@nde Inature•• 1~
î el \'OUS y êtes morts, ~llll~i;it~\\.~~tes dansle Monde spirilUel;)~
1 a'ez-vo,I1~;, Su auparavant quelqull chase sur la vie après l,a mort Y ne
l'a'~e~-vo'Y~lpas I)iée. et IP~ vou,sêtes-vous pas fails pareils :j.lIx:bêles! ,1
aveZ-~OijS s,l;L~uparavan~ quelque. ch@se sur le, Ciel et l'Enfer? q,uel- JI
q[~e chose..~u[ la Ilumière ,e,t la chaleur èJe:lce Monde? su:r, ce. que vous
1l}!~~~R.\1l~ e!1--l9.e,~.la, ~ature, l~aiS~~S de la Nature? ~~JlI
(l~~.$nd,e ~L tO()~i\~6. qu'iLreoferme, est.~p~t~el tés spiri~els,)
J -sopt il'Sd~ss~s;de~~els, à, un;lel ,po~n~qJJe laplUs,petite,chose delJl
Ia '~;J.l'l)r~l ~~{lS ~aqu~II~:v>ou,s-avef été,lneAeu1t,p'a mçme ~r dans
l -ce +wopde:. illatS. ~~ll.S; .na~e~'que'VQUS avez 'cru. atyre DIeu 00'
Déesse", VQ~s;croyez ;aBss~ ij'uo l,a' Lumièr.e et ~a. Chaleur d6(§' .A!'?1!4~'
sont la L~m-iè.re ell41Çnaieur ,du ~[onde nalul'el, lorsqU'e cependant
il n:et:\ e,~t" ljie,Jl, ,~w.r la 'Lumièro l,l3turelle, licÏiest,I'Obseur.ité. el:la,-II­
Chaleur,; "naturellll ici est'I~. Eroi'QI; ,3veZ-VOU5'SU quelque chosel sur J
le Soleil de ce ,~Joi~de1ci,,, d'où ,procèd~nt n@tre,Lumièr6'et"not~ 1;
Chal,eul' ?.av,ez-vqus s~ qu~, c~ So~il est le pUI.:Â.!!!0ur, ~el ique Ie'Soi
leil dl.! l\lg~~e naLureljes~ le )l~r Feu ?, lweZcYOUSISU que';le ,Solejrl''doll
MOl\de"ltqu11es~ ~le!.p}lIj,Jeq.~s.l ce d"a.pl1èsqup.i ~3!NallJl:e :e~istè ~t:'!l
~ subs,isl~, .,e~jqq,tl l~:dY~~l ui e~~jle', uf AmOUI1l eSf;'ce.tl!a-wl
" près quoi ~xisLe,~tJsu~~iM~JJ~,.Mie ',m êJiJ Il, qui ~s:t( amo.ur~'uoi,à la:'Sa­
ge~sel; .el JqJiainlli la- ~Jl~.Ile,,:ql,l,~~0."s},i1ife$lDitlù,.Q,Ù>Dées8ejTest e..-J" r
RELIGION I-CHRÉTIENNE HP
dèrell\ent morte'? Vous pouvez,'s~il vous est don hé une garde, mon-
ter Qvèr' nou'SJdans, le Ciel, el'1l0us pouvons, 's'il"nous est donné 'nne
:galJ'de, desbendre' a.vec 'vous tllins l'Enfer" ei vous "errez ~&
~iel des 6üjets itriagnifiques el resplefldissaifts,i et dans \?E-tlfer des ob'"-
)jëis ~:iffOl'me's III lirllh'6ndM ;'·éesdift'érences ~iennent de ce que dans 1
J :le'IC'iel" roès l:tQoretl'~',Dièu,' et 'que d1ans l'Eilfe'r taus 'adorent la Na..J
)ture; ces objelJs' ma'g1'1ifiqùesJ .Wresplendissan.ts'dans'Ies 'Cieux sont
~esllcoflr'es~ortdà'aées"deshaffectiolHtde'I~~rÎl(iurJdlI bien et du ,vrai, et
œs- JobjetS! 'tii,ffdrrmes· 'et imrnoÀdès :dans.les E;fers S(Hfl les: corresJ1
~ ;pondanoès des lll!ffeol1Q!ns 'de'rartloo'r du I.!!al'el du faux', De tout cela.
cO'llGlùez Illarflitenant 1 si 'e~est Dieù, OUi la Nature, qui est tout dans
) 1out. ~ ceia @:s ISa~~j répondi:rent ~ D:tns l'élat 'aù nolis sommes'
.mainlenani, 'nO'os p6uv'ons 'de ce qlie ' n'ous 'verrons' d'entendre con""

~'dur,e, 'que;'è"est D'Ïeu,' l'll!!S quah~.JJl ,p'laisir du 'mal s'empare d~ no_


;rr.!..~tals, lIOUS ln-e 'voyons 'que la ~NalU're, Cès €u_~ An~eL~­
tlm])~e' tenaienl flon'Iolil 'de Inoi, c'est pourquoi je les vis et les en-
'tendis;' et \ICiici, je vi's autour d'e~couPtfES'Pi1ts-,gui, dans le ~
Monde .ll'iaJlurel, avaiénllél~èbres 'p-ar 'leur-l!:.\l_~i0q!J,) et 'j'étais
i éton'né,'dVee) qlie' è~!!fl'I'(né.Je~àieltLJantê:t:près des A?ge~.
) tlfulôt près 'des Sa1tans, el applaudissaient ceux près desquels Ils s'e
tlJi),àiool; ~tl ri Ime fut: djl~que leurs change'melHs de position étaient'
les chaligemënts d'étal de leur·menlal qui favorisait tantôl un parli 'll
ta'nlôt l'aUtré,," car - ils étaienl
- - qùant à'1J:a foi comme des Verlûltllles:
-----...,.-..:-'
.e~al1.g'~meJdîrentIle 'myslère:~No-us avons jeté nos regards sur
Ja- 1Térl'e' versdies hommes cèlèbl'es plW'leur 'érüditioD J ' et sur niHle'
DOits en,'avotls treu\'é six cents pour là Nature et les'au~rés p(hir
l,

J~ie~, e~ ceux-ci· étai:ntp@~r m~u,· parce q~''j}s en' a'yaient parlé'l.


) fréquemment, n~ d après 1entendeinent,"ID3tS seùlem~nrd"aPtèSl\
ce qu~i1s ,avaient entendu dire qùe'ia Nature vien't' de Dieu, et pa'fc&
o(}a'un,lan'gage ,habiluel·d'après la mém'Oire et la rém'firiscenc'iW quoi""
q(ièrll_~~ e~tempsl'apr~s 1~'l)én~et F'inteHig~e" .]!.oûliiti
une 1 espèce' de foi. Après cela~rle .,..--
garde"fut'
._r--
d6nl'l'éea'ux'Sata1ill
"'_ -
ët,,)
__ ils l mon'tÈlrent dia;nstleCilJ'l avec)~;s' deux 'Ang~ !et ils"virent' lIes'ob'""
i jels~ D1'agi1'ifiqùtk'etres~lendi&~ants,. et ét~rlt al'ors 'd'atls Jl'iI1 ustr:Hibb
pa'r; lia HUIlière du 1ii~I?!il:s y IrecbnnUren-t qu~i1-Y"a un Dieu! ef qu~ l~.
Nat~re-~ li' >élé eréée 'p'&'ur seM-ifl (l:'Ïnsrtrumen't à.tla vie qui probè"de"de'
D~u~l'wque Jla 'Nànii<-èJtm;'elië-mêmeJ~tJm6rte, et· qu'ain:Si :'p'at el1é~l
U6 LAVRAlE
même elle n'a aucune activité, mais qu'elle est mjse en action p~
, _ l!....!ie.\ Après avoir vu et perçu "ces choses, ils descelldirent i et:
-z comme', ils descendaient, l"jlmo!Jr du IDal revint, et ,boucha leur en­
tenQementen dessus et,l'ouvri,t en ~essous, et alorsau-d~ssus appa-·
rut comme une.. ombr~ Jan,çaqt des éclairs d'un feu, infernal; et aussi­
tôt .qu~ de ,leurs p~e~s ils eure.nt touché la ierre, le sol s'entr'ou­
vrit sou,s eu~, et il (etombèrent vers leurs compagnons. ,
78. TROISIÈME MtMORAliLfi:. Lelendem~in .il vint vers moi~_Ang~
( d'une autre Société du Ciel, et il-dit: Nous avons allpris qu'en rai­
1

l son d'une méditat;Qn sur la Créa,tion de l'Univers lu as été appelé


d~ns JlDe Sociélé voisine de la nôtre, el que là tu as· 5y_r la Création

) raconté . des choses ,auxqul\lIes; ont alors ap plaudi les Anges de celte;
. Société, et depuis ils sont dans la.joie ;\moi maintenant je le fera'
voir comment les Animaux et les Végétaux de toul genre ont été­
prodllils par Dieu; et il me conduisit dans ulle v~,:.te Campagne cou­
verte ,de verdure, et il di,t: R...ega .J:l;teJ~. .t~és ; el je regardais:
)d~ULQQ!éS" et je v~s des Oiseaux dont le plumage offrait les plus
1 belles couleurs; qUelques-uns volaient, d'autres étaient sur des ar­
1.

Îbres, et d'autres sur lelgaz~lI~ péqu,etant des feuilles de roses; parmi.~


(cès,1 oiseaux il y avait aus si des, Colombes et des Cygnes\.Après que
ce,s Ob,W1S eurent djsr.aru de devant mes yeux, je vi,s non loin de·
mo,i des T,roupeaux de Brebis et d'Agneaux, d~ Chevreaux e~ de­
C~èvres; et, autpur de ces troupeaux, des Troupes de Bœufs et de'

) Veaux, deChamea,ux et de, Mulets, et dans une sorte de bocage. des


Cflrfs,~ Ilong~e,s cQrnes,; el~al\~si·des Lieornes~Lorsqllej'eus consi­
d6ré ces jani,'llaux" iljdit: TQunn~,)a ,face vers 1'91.ient; et je vis un
(. Jardin, où 'il YI aVjlH.d~ Al'bres fruitiers, des Orangers, des Citron­
) niers, des Olïvier,s,., QI1S Ceps de, vig,.lle; des Figviel's, des Grenadiers t
\ et .aussi Jdesi,Ar~u~jt,e~"qui portaient des baies\Ensuite Udit: Re­

~
garde Imaintellantl:v~rhs, leJ!!idi ; et je vis des Moissons de grains de.,
~ tOI-l,les espèp~'1 d~'lfrql'liept, d'orge,,eI- de fèves, el 10ut autour des
va;r,terI;e!i d;e/,ros-e~ qqj,pTé~en taienl des couleurs, heureusement va-
rié~l: rqai~ Jll}..êe~rion. il Yayai·t des Forêts ,de"cMtaigniers, de­
r p3~miers" ,de Itil~~t,l,l~'l de: pl;lJ/lpes, ,et a1J1res ilrbre~;~ feuilles~Après
1 q~~ ,j'eu~ ~onsLd~~"p~sljO~j~ts;, il dit, ;r~utesiçllS choses .que \u as
V\&~, IsoDt.le~, Corre~~e6sl~1§:~Jfep.tiQns :è~owutl,des, An.ge$
qu~!l..t. d~4s~~g6J; ,et ,jlJe~liqu;ij'fà q~lIe rafftitiQq;correa....
J\ELlGION ·OHRÉ'TIENNE H'r
rpondait cbaque'objet; 'et il âjouta: Nonl.selilement ~bfets, mais
~lencore tou~~~l!.!!!!:.e~ 'll!.i·sé·prés~nteJtl:àJ!.Q.~ue, ~or~
ll'espondanees, pail exemple; les Maisons, l-es~Meubles, les Tables 'et
:.IJes Mets,. les Vêtements, et aussi les'Monnaifls d'or et d'argent, les
~iamants et les autres pie~res' précieuses'dontles Épou~es et lés
J,Vierges se parent dans les Cieux; nous, par cesditrérents obj~s.
)'Il.~ plEcevon..§. quel est chaque ~ng~ q~~nt à l'a~_~sagme;
Jes' -objets qui sont. dans nos maisons, et qui servent à nos usages, y
l'estent constamment; mais devant ceux qui voht de sociétés en so'­

{
'~iéléS; ces objets sont changés selon I.es compagnies: Ces èhbses t'ont
>été'montrées, afin que tu voie.s d~l!'!.!YP__~J~à~~er la Cré9tÏEn
·lJmverselle ; en effet, Dieu est l' Amour_Ill~ne et ~a ~ge~1!!le,
( et 'les a1f~éons de son ~our'sont infinies, etlesp"~epti~ons de la
}~age~e sont infini-es, el lesCorres~ndances de ces affections et de
<:esperceptions sont. !Q.!1tes ~e~l ta~ génétalqu'en p"arti­
)
-eùl!er, qui 'se'montrentsur 1~'Terre ;;3e là les diseaux'Îllles bêtes,
~e là les arbres et les arhrisseaux, de là 'les récoltes et les moissons,
:et -de 1:\' les planles et l'herbe,/carDieu n'esrpoi-nt étendu;:iii!iIS'\
Aill';néâiï~'Oins il' est p~rtoll.t·dan~ l'étendue,' ~insj pàrtout da. n,s r,.~nivers
~epUls 'Ses premIers Jusqu à ses d~rnlers, et çomme 11 est ToUI­
Présent, de' teHes correspondances des aWectionsdé stin 'A'îHobr et
de .sa' Sagesse sont dans tou'deMonde'naturel riIâiis rÎ6trè' Mond~
2/.q 1 est'app~lé Monde'Spirituel': i1'y a de semblables correspondances
-chez beux qui reço'ivent' de' Dieu les affections et les percep-tions; la.
~ifféren"ce 'est, que danslnotre' )Iond'e ces choses sdnt crééès en tin
,instant par Dieu selon les affections des Anges~et dans votte }londe
(ëllef> ont ~té créées de la même ma'nïère dans le commencement,
)·,mais qu'Ha été pourvu à M'qu'elles soient renouvelées 'P'erp~l,u~pe-:
î ment par le!. génér~lîon's de l'une, pa,.! PaiIl.re, et à ce que la Cr,éa~
'tion' soit ainsi continuée ~si dans not.re Monde il 'y â fihè Cr'éatlo*
'momentanée, et dans' le V6tre 'une Création qui du're'pa·r les géné­
rations, c'est parce que les Atmosphères et les terres de notr'e Mond8 {
( ,s6nt spirituelles, et que les Atmos~è;esêt1ësiër;èSdë votre M~ê l,­
) 'sont' naturelles, et qtie 'les na'turels bnt -été créés Vo~ e~~.',QPp'er les

1
:spirrtuels, comme .Ies peaux -enveloppent'Ies corps des homtne's el
ùesanimaux; l'écorce et lè'liber, le tronc elles brancpes liés'
D'rès;: les mères eL l'es 'méninges, les cerveaux; tes tun:iqtu!s,' -leS
.r­
U8 LA-VRMK
~erfs;. et les plùlyres" leurs fibres ;; et ainsi du, reste: de là ·vjelilt.
que toules les chpse,s.qui sOP,t dans voIre ~onde sont conslan.te~,,~t
.reviennent constamment ~~aq!Je année. Puis il ajouta,:. Ce que Lu,as.
1 vu et entendy, irapporte-le aux habilaats de I~n.d.~, pavee que
jusq~'à"ce,jour ils ont été,d~n~ upe,c91llllrète ig,9p'rallce ~ur le;MoD~e
2. ~il~el, e,lque san~ la connaissap.çe l\e ce MOll,de, on. Ile p,6ut saY:9ir.
ni mêm,e.soupçonner que la Cré.ati,~n e,~tlcon~i~~elle, qans fl~~·IO_91I~.
~t qu~ dans vglre, Monde, jelle ~ $té,~eJPblable,à celle d~,nôtre, lQrs­
queJUnivers,a été,crM,P~l/Di~u. ' I I l " l ' .,,').
---:.- .Ensuite no/us p.arl~mes, de pi~ers sujets, e,l enfin de l'Enfer,; de
c,e qu~ ,là, !?n Ilj~" y,~it"la~solulll,en:~ rien d~ Ic~,que 'renferme ,le Cie~.
ma~~,.que t~lut y ,~t,RP~Rs~IIR~llc~ ij~e,l~sl~tf~c,Liqns,4~ l!l\lr,~p}~ur.
,ui sqnt, les ç'VPidit~s dU"m~l, ,sqf!.I'IQPlwsé~ aux, a~e,c~~ons, de'l'~­
~o/lr d.~~s 1 lesq~~~\es. ~OIJI \~t' ,Açges du JGiel.; IC:,~~t iPour cela q~
, ! - , ch~~t eux,d~f~r" .l~t ~n ,gép.,'~al,~aTJs '~u~s :p,és~rH,A·~pparalt.
d~& Oiseaq~ 19~ .,9.ui,tl ,1~lsiflu~ Id~6 Ghauve·s~uris, de~ hjbqu~ ïe~ A~s.
,ou~~,l,~p, le~'1 au~~i,Aes Ila~Hs~ ~~~jJépp~r~s etl q~s . !~~r,E}~, 4e~ r~ls.
~r.Wj, el"P~li\s", et des ~~r~ep' ts ,y~ni,p~ij~ld,e, tou t g~nr~1 pe~j dr.a.gQqs
.~~~ ~B~J qr.o,?04i1~~ ;le~1 days.I~,s,.~J'),drqi,ls o'~lil ~,a, q~~l<Lue 'l~gé,Wion,
il,Y·f~Q.'II~e~.,~qnp~s, des,.%ties, des ~piqe~,et dps c~aftdo~ll, ehqu,et
ue~, h~rb,~~ ,~~,néPI~4~e~., qu~ PIl'~lIfAi~ dispi\r,~isspnt, ef, alo~s onlY
v,~,i,~, sel,\I,~p;lr~t de~ 1arn~~ 1d~, pierr~s'l\i1et ~~~ m.~rais d~(W·I~!iJiuels
~r~ass~ll~, de~, ,grenQuiHe~.; lQ~tes; qes choses soçt allssi Ides Corre~­ l'

Jlon~anGef' ~nl~is'l jlil1~i,HjJ;il~. été ~it, Q~ ICf>-rl;{l.sIlq~dal~f,­


_ f!lé.lli>Qî,.9J }_~l!r ~~091l'J qu~ sonlt ,jes cup.Ldij~~lq!!aL CependanL ,d,e
telles ~hQsps n;b; s~nt PQi~1 crééc~\pa,r.;Dieu; et ~lIes n' onf,.poin~ nRB
2- plus été .créépr, par,~'i~u ~~i1]\le,M,0,9de I1ature), où i'.en, exisLe ~
~emblables; caf I~Q.\I,te~1 \es ilçhos,e~l'flHe,~ieu a créées, e~ Hu'il crée,.
~Dt ét~ bon~esé' eL ~q%.~opMs\; ,m~islceqeHà, 00.1, e,u leu~ pfjigine
I~ur l~ Terre'l e~ m~me ,1@WpS q~~ll'jEnfe~ q.uil~' été fo~~ pa~, les
'h.~fDrpe~1 qu,!,.,enl IS~, 4Mo,urn'jil1~ Ae, Dieui SPn,I!pl\\le~u~ élp'rèsj\leul'"
0l,rlt
~.I
d,els"rllable~etlldes.
1 r1, ~aLans,J;omme
,"'1 '1 -inr ces détails. affreux
1 1 .J
,commen;­
f'

iit'f~Ptl c,à.pJess.er no~ ~r.r-iJ~esl ,119US, elD) QétQjur,D~~~~ n~s, p~I1~ées" en


Jef ~~~~fl~~nf'~~1~II!rs,.qpj.~t~ q4~ pbiU,~ a~iNns,jv~sl.dans les\Gie,~x., l
.?~ 1AVrtT!\\~IIf1 IfdÉMqRAB!:-~I·' Un ,j.QUf ,qu,e;fé\ais en méditation, sur­
a(Çr.é~t!Q,q 411.l'lPD,ivers, il V~Îl,~ q~.e,l,qpes E;sp,:its ~u ;Mon~e Chrétien ..
g~i~, d~p'sl J~UI: ~emp~, avaient i~~.aY,~9.mre.,de~ ,plus c~lèbrjl~i­
RELIGION/·èHl\~TIENNE. ilH9
lo~bes, et' réputés 'plus sages qu'e'ies\allti'es, et i1s'dirërW: Nous
percevons que' ·tu médites sur 'la C'ré:Hiorl~ 'dià1nous' qùèl es't fon 'se/l-
-1, liment sur; ce SlIj'et ; mais'Jje ~époi:idis :'I],itesJl'alia,rd ,qM.t~sfJe v6-
2.. 1re'; et 1 l'un d'6ux'~dit: Mon senlîfue'rl"l ést qiJell:{Créalibn'vient Be \
. 1; NatUi~;' qU'llinsi la NaliJ~elS'est créée11e'1Ié~m1êrne;fetrqu'élle'a J
1 / -été ,de touW"éternilé; cal' le vidè' 'il "e~islé poin't, et n'e' 'peu l' poin t
exister ; d~ailleurs que voyons-'nous par'ies 'yeux, que··saisisson~.rlous h' t~
par les :ore~~les',~ ,q'~'odorod~;noll~: parJle~'IJarinres:et'que respirdn's- ( f' III
Douspal' la poUrIne, qUi ne SOit de lâl'Nat_urb? let comme ~\Ie ll~t .
/ hors a~ f1~US; e\tle e~t, àUss~' all!d~danS-dèf nous: ~.!!t~e enlerlda~t )
Z cela lUI dll:-l1uparles de la 'Nat'ure,' et' tu lia faIs créatrlce'de l'Um-
-vers, mllis' ,tu ne' sais pas'com'tnenl la Nalute.a f~rméTBnivers, je
vai's donc.Je,dirf 1:' Elle s~est' roulée' éd tOu'rbillons quPs'ènlrechoquè-
rent t comme des nuages entre eux' ,'011' cortline des maisons dans tin
tremblemeIitlde terre qU2nd elles s'écroUlenl, et1pa'r ce ehoc les par-
ties les' plus ~rossières se réunirent ell'tin', 'de là la Terre ;' lesJ par-
Ilies plu~ fluides 's'en séparèrent etiseiroo'ilirerit aussi en 'un; ae là 'lés
Mers'; des 1pàrties plusJ'\ég-ères' slen Séparêrent a'ussi, de la l'Echer
et l',Ail1; et' par les'plus légèrès lie 'èes parti'èS fut fClrmé le'SoleÎl;
D\aveZ~vol/s pas' vu lI'u'e 'lorsque (le l'HLiIl~, de l'Eau et de la Pou's-
sière d'e la! terre, sont mélées'en'seîn'b'le, el'll!s se séparent d'elles-
/ mê~es, èt se p,lacent 'en ordre l'une sut 'l"autre?Alors 'un atijre e?- i
rendant ce système, dit: Vous parlez l'un et' l'autre d'après la phan-
-tai:;ie ; qUI ne sait que la première origini' de toutes choses' a"été le
chaos, qui 'en grandeur avait rém~li'la quatrième p~rtie de tlUni-
vers, et'qu 1au milieu du chaos était le Feu,\autbur'de ce feu l'éther,
-et autour 'de 'l'étirer lIa matière. qùe' èé Chaos s'est crev3ss~, et qbe
'par' ces ollvértures le Feu s'~st écHappé, comme-il S'échappe de
r'Ëtnll. et d'ù' Vésù've, de I~ leI Soleil; qu'après le feu l"Ethei' s'est
l 1

dégagé ef répandu toUI all~Ol:l't, de là lëslAtmÙsphèrès'; et qu'enfin


la m3lière qU1i était restée s'est rass~m~fée en globe, de là la 'Perre?
'Quant aux Étoj:les,eilès sorit '!'6uiement des'~lùminaites dans l'Ét'en-
due 'de l'Univers et doive'nt'Ieur origine au Soleil, et au 'feu et à la
lumi'ère de clll.astre ; cal' lé, S'oleil' a d'abdrd été comme un Océan de
féu~ et pour 'ne 'j pas ,incendier'la Terre, il a ~iré de soi des pelites
fhimm"J; brillalitekJ qui, s~étan't~pmcéês' à la dirconférence ont per.:.
,/ 'fectionné l'Unlvets, de là le Firmament. 'M~is_p~~lIii ces Esprits il
LI-
l20 L~ 'VoMIE
. s'en~pr.ésenta u~q\JL~it: Vous errez, il vous semble'q1l6 vous'êMs
des ~ges, et moi je vous parais simple, fflltis toutefois dans ·ma .
siOlplicité j'-ai cru etje crois que l'Univers a·été ·eréé par IHeu.Let
qu' ~Lors t,oute la nature a été cré~ ·en méiIle t~mps, puisque la~Da- ,. I~ ç
.~ure appartie~t à l'unh~ers; si la Nature se fut créée elle-mêllle, ",1,1..
1~',lIurait-elle pas été de toute éternité? Mais c'est le cODlbl:e~é- ­
. lire l' Et alors un de ces prétendus sages s'approcha de plus près en
ç ./. plus près vers celui qui parlait, et il mit l'oreil,le gauche vers'~ ~
bouohe, son oreille droite était bouché COmme avec du coton, etil
demanda ce qu'il avait dit, et celui-ci répéta les mêiues paroles; 'L
.. alors celu'i g!!!Ji'élait ~pprocM, regarda de tous côtés s'ïl-!l'Y ll"ait
,P.!!~ . quelque_Pr:être, et il en ~n auprès de, celui qui parlait, eL
alors il répHq,ua en disant: J'avoue aussi, moi, que toute la n.lture
~ient de Dieu, mais... ; et alors il s'en alla chuobo.ter avec ses ,oom­
. pagnûns, et il .leur disait: J'ai Rarlé ainsi, par:ee qu'il y a~aiL un
Prêtre auprès de lui; vous et moi nous savons ·que la nature vieoL
de la nature, et parce ~i La nature est' . V,ieü'--Tai 'dhqu8
(tç>ule ia nature vient de Diel,l, milis.... Cependant Le Prêtre~ en~en­
6' /" •~aJl,t·leurs chuchotements, leur dit: Votre sa~esse, quies~ purement
)_l\lli1osoph;que, vous a sé4lJÎts, et elle abouçh~intéri~urs.de!..os
rn~ntl\ls, ,au ,point qu'aucune Lumière prooédant de Dieu et de's.on
). Ciel n'a pu in.f1uer, ni vous illustrer, \'ous l'avez éteinte; et il dit:
Agitez·donc et décidez entre Y()US d'où viennent vos Ames, qui sont
ill,lmortelles? vienneT\t~elles de la Nature? ou bien ont-elles été en­
, ~emble lIans ce grand Chaos? En entendant celle·question. celui quJ
/1 / , av!!tpar~J~J).!.~!!.üer.~r!!.~de_~~nons,leur <i~inaD­
• ,dant de l'aider à dénouer ce nœud dela question; et1B>conclu­

f r~ que I~ h!!!!!!!in~ .•!fe!;t_qlJ!l de ~ther, q!le la.p~~ée n'est

yqu~.une modi~cation de l'éther par la lumièr,e du soleil, et que l'é­

l' ther aupartient à la nature; et ils dirent: Qui ne sait que nous

': parlons par le moyen. de l'air? et qu'est--ce que la_p~ée, sinon un

~ ( langage dl\ns. un air plus pur, qui est appelé éther? de là.-!ientq'!.8
~. p.~lJsée_ ct lelangag~..JQnLlIn; qui ne peUL remarquer cela d,'a­
près, l'homme tanqis qu'il est enfant? d'abord il apprend à pa.!l_er,.
.et successivement à parler ayee lui-même, et cela, c'est penser;
dès lors, qll'est-ce que la pensée, sinon une modifi.catioll de.l'éther;
,et le son du langage, qu'est-ce sinon sa moduliltion? d'pù nQUS 4t­
RELIG10N'iCHRRTIENNE \Ut
cidons que r!!!le apparWmt à lIa, jnat\lr~Quelqll~s-nns d'emne .40X
-1iMl furent pas d~ltn :avis:itliJférent, :il'est vrai, mais :ils i'Jlustr~~eDt
~~éJiat :Qe la qijesli~n, en;d·i.sauLque',les· Anges ont.eu leur~or.igi.e,
. Jlf\l~1I1d [!·éther s'est ,dég,a;gé de ··ce,.gr,and' Chaos, Jet qu'alors ill s'est
9ivisédans la région suprê.me en.d'i.Iln.q.!!l_~i.abL~~fq.r:m.es il]ill.vid'u~lles,
~ ),lI u,LÙ'l!fQduisentdans les hommes, q'Uand':ils.commen_cent à,pelfser
.d·après~u~ air plusJl?~r, lesquel'Ies Conmes sont alors nommées:Ames.
;. ces mots,.nn autre dit :,J'accome qu'il ait été formé dans la ré­
!~io{) supérieure par l'éther ,dei formes individuelles, en nombJle
.)Dlmense, mais néanmoins les hommes nés depuis la création du
~onde en Ollt excédé le no~re, comment alors ces formes éthérées \.

~ (()n~.elles pu suffire? j'ai aonc p'e~sé en' m0ï.::-mê~lej.ue_:le~Am6s


.1 qUi sorlent de la bouche des. hommes, 'quand. ils...rne!!.r~.nt,~i~n­
\
Î.~taprès queJqu~s milliera d'années chez les mêmes, et.qu'eUes
'reqQmmeOcent el mènent u~e vie semblable à la précédente; il èst
.noloire que plusieurs d'entre·Jes sages croient à des retours senJ-
J b.lables,et à la Métempsycose.Oulre ceux dont les opinions vien­
r·nent d'être rapp(')rtées, les autres aussi présentèr.ent leurs conjee­
l tures, que je passe sous silence, pa~ qu'eJ.kU!:ll~n~Mi(jS.
/,A~rès une petite hëure I~.r.êmfrevint, et alors celui gui tprécé­
, ...<lemment avait parlé de la Création de 'l'Univers par Dieu, lui rap­

~ / ,porla ce qu'ils avaient décidé sur l'Ame; après ce rapport, le Prê­

rtre leur dit: Vous avez parlé absolum~I!.:~~~~~Ol.IS avez pensé

. l1aos le Monde, sans. savoir que vous êles ~ pas dan:s ce Monde,

) ,mais da,!}s un autre, qui §,Lappelé MOE_<!~pirit!!el ; tous ceux qui

,.50nt devenus .sensuels-corporels par des confirmations pour la Na­

tUlle, ne savent autre chose, sirion qu'ils sont dans le même Monde,

\. ,()Û ils sont nés et ont été .élevés; cela vi'ent de ce que 1à'1Is,ontl~1é

,dans un _~rps matériel, et qu'ici ils sont dans un,!-orps _~~tie),

·etqlJe l'homme substantiel se voit et voit ceux qui l'environnent,

{ 'absol.ument comme l'homme naturel se voit et voit ceux qui sont

. autour de lui; en effet, le subst~.~iel e~ili;.primBi.[.QlI_lllatéJ:.Ïel;let


pa,rce que vous pensez, voyez, odo·rez, goûtez et parlez de la'même

~
manière que dans le.Monde natu,rel, vous croye'l que la Nature est
4ci la même, lorsque cependant la natu.re de ce Monde diffère de la
.flature du Monde ii"'atûrèï autant. que fe subslaiïtieldiffère d~~~t~
itel, ou Je ~"pirituerJdù .naturel, ou l'antérieur ,du postérieur; et
.(

U2 ~,
'(
LA VRAIE
'comme la nature!lii Mond~, dans la~uelle vous avez d'abord vécu,
est respeclivement morte, o'est, pour cela que vous, d'après des co1\­
~ firmaLions pourielle, vons'ête» devenus comme morLs, surtout dans
) Jeschosesqui' p0...n~6rf.l~I!.lD\eu, le Citl.ët l'Eglise, etaussi dimsi ceHeqùi
.regarde" vos Ames: maill ,néan~.ins tout h~ql_m'e, fant'Ie méchant
(·,que le bon, pe.!!.t êB1~_ élID'~ .quant il l'enlendèment'jusquè dans
}la 1,I1mière où so~t les Anges du Ciél, et'alors/\\oir qu'il ya un Dieu,
qU'li Y a une; v'le après l,a 'mort, et que l'Aime de l'ihomme 'n'ést pas
une upeur éthérée, 'et qu'ain,')i eHe iDe vHmt 1pas de le nature de ce
( .Monde-là, mais' ql.\,'elles est' spirituèlle, et qu'en conséquence:elle
doit It'ivre.'éternellement ; l'enilendement peuL être dans cette lumière
angélique, Ipourvu que les' amours natllre\s qui' provienll\ellt du
Monde el soiilpôvr Îe ,Monde,et pour sa nalure, ,et qui proviennent
du / co,rps el sont pour le corps et pour son propr,e, soient éloi~,!~s.
E:t alQrs ces amours furent tout à coup éloignés pail le Seigneur, eL
-il, leur fUbdoflné de converser a'vec 'les Anges, et d'après celle coo­
-Y~FSation i1s.perQurent'dans cet'~lat qu'il y alun Dieu, et qu'Hs vi­
f nient ap,rèsl, ,)a Im.ort'dans un a'Utre Monde,' aussi furent-Hs' cémfus ''h
1del,honte,
~
nel ilssiécFiè;'ent: 1 Nous élions.fouS.'t.~ous élions~/;'( f' It~
- - - - - - . J;--- - - . -.
r
ma'is,! domm6 cel état n'était"pas leur' éLat propre, êl que' par· sui'te~

f
~U b?ut de;~tJeJqy?s minutes, Iii, leur d:ève~ail imDl~yeux 'el désagréa­
ble, I1s...,se de!our~reI!! du ~Prêll'eet ne'vouiuren:lr plus enlend~n
) }angp,ge; et ainsi ils revj,nrent'>à-Illurs' précédentesamours, qui étaient
pùrèment n~ell~s, m!lnd:àin_~setcQ!floreUes, etitss'en allèren,l vers la
g~uche, ,de :socié~é'en société, et'epfin Ji\s entrèrenlt' dans, un chemin
.O,Ù les plaisirs de leurs amôulTs les'attiraiem, et 'i1S'ldirent: Sui'vons
.ce ehemi'n; et ils le'suivireÎ1t', eL ils!descendirent, et eofinils vilέ
(.:rent",veJi~'; ceux qui é.taieD't dâ~s des pl'aisirs de semblables amours,
) .~l'ils. a-HèJ)enbaul delà; e.t comme! leur plàisir élait un plaisj.!!Jl~!~re
)Jepmal" et'l1.llii...danslelLi:..che.rnin (i1~Jlv:il~n't a"!Jssi fait du· mal à 'plu­
.\sie!!rs, ils..:fuf~!)llllcar~~és, et ~~'inr~nt de~ démons; et alors leur
J~Üsir fut chimgê en déplaisir, car par les peines et par les craint~ .
.des ,peines,",~iJs ,furent eonli'aiots\ et, réprimés dans leur, précédent
(.iplais~r;,', qui tco,nstituaH leur /l'aLure:; el, Hs âemanderent, là ceux qui
) ~1l\i~llt dàns.,llla ltnêmeiipri~on, ,s'ils de\laie~t'l vivre"ainsi, éternelle­
JR~lllr i et quelqltes-uns répondirent ç'Nous sommes i'Ci depuis quel..
) ques' sièoles; ,et-nous devons y, rester pendant les sièqles des siècles-;
RELIGlON ~OHRÉTIENNE .t23
car la ~atllre.q~.J.lQus;ayons çon.tr~clée ~ç1Jj!!SI le~();nde Ile pau'b être
.changéel -pi chpssée. ,pa~l, lest. peines; et,quand~1Ie"es~lchasSée,par
eJle$., tou~urs; après un,çqurt espace de t6'!1PS elle'rev~ent .
., ~o. ClNqplÈM~ M~MQRABLI'. Un 'jour ~.Sl!1,aQr patlpemnission,
]J1onta, de l'~l)fer, ay,~~JIQJ!Jm!!.ID'e:, ~ s'app,rpcha de la ,maisimloù
.félais,;,l~~Y~!J,~d~.l1!JeIIêtllet1 n~aBimoins. je. leurl J'lêlrIai
à tra~e,rs la, croisée" ;~t~e"qemaI1daiaU ,Satan d',oit ihvenait';i:ibme
cljt'ilD~ \a ;com~agni,e ~~ 9\~~s.e,wJ:>laible~; ,el.jelQemanq;li,d!iOitr.v.enl\it
()a..J~Igm,~.;" i.1 Irn~· dit.;"Ji;\le ,enjvieJl1t Pilr.,eVlem.e~,t; ceUe,'''Gi~était (le
) Ja troupe Iles ~irène,~'1 qJli ,par',ÀllSj plW,J,J;1a'isies ,savent prenàiFeto.us
.J~lpe~?rS iet,~9Jl,t~S!II.~~/fQrlp~s de-la.beauté et;de1lalg.r.âce; tantqt
1 elle~ ~e Ijdo.qpen'\1I11~1 beaut~ de,Véllus" tantôt ,le 'visage décent èiU'lle
{.•v1ergl}, du Il?arDa~~e. JW!~Ô~ ~Uel1(se ,parent d,enCOullonnes at'"derrnan...

' ~tlal}xl cPlllp;le des:\\einl\~, ,~J Illil:rcb,ent ,avec rn,ajesLé appIUiy~è~ spr'un
b4~o,~,,d:::m~~n,~i; te~~~~ son!, d;:m,s l:e l\lop.d,e-deSiEspr-its!JC:$:ca.urlisanes,
ct, ~ll~s 1~~llidi~pJ..Jàu;(}p~1!W dits phan\aisie~,;, ~'p--~~i~'o~e

l ~aLJhpe~.Jen~,~~\e'(1 ~.n~lfef;nlaJJt ~~~&Ji<!C'éEls.fl~tpI'JjvieJl'ne~t 'de


qJ,lmq~~e&~~i:iryi!U"i~re~ ~el d~~~pd;~,i jau '$,ata,~~ si 1eille- iélaÏ'tlsOlh
ltpoIlS~:;~~J:~P9In!l1t.,: ,Qu !lst-cl1.q!1,Une~l~pouse,~e l\lgno-re\,.~lflma 'so­
( ,.~!été,~:ig~~r6r ~qs~~il~J.I~lftS.~~JITL.~s~ne ; et alor? ;eelle-.ci iÏnspil1a
) ,«e, lw 'a~c,iYe,té;lk l'lh,QQili\ll;e, ice,len ,ql!Qi excelhmt aussil~es!lSirèn~s, uat
1.d$qu).l~ut&!jiî:ul&tl'=L~s.Piira~qp; ~L lui;dÇlD:Qa uIî! ba~se1116p. disan1i:
{_~h 1(Il,lo~.> 4JdQnisJ!,lUqis (aJ\Tivlqn,~:aills~rie~~xL': Je,coemaIîdait1îW-Sataij)
(:q!1:e\le élaA, s,'1 f,oi~cli.on,:;,et, il, ,<t,it : IMa.f~nQli6n~~!l!L,r.~d.itioii~; Ille
) .V.()l~ïLy,' pa~ ,un I!~uq~r ,SU-rj m~dtl:l~e)?' APPlll!l:.l palyson aot; a,'corn:p@::.'é
" _c~,tte Icopr~nn~et !~~)I;al(;OlllIItQ.S~1 p~;rl d:er~iène, lEt je 'dis/: Puisque
'--1 ~y. Ivi~~fi 1dil,ln~\~Ç)a.jMé;q~'U'IY ;l-)ldes,acl!.d.ém,ies,ldü!-m:f.}ijr;quecf(~is'-
JJ!1.1ili!4.~ s:~pi~Pl~~~.!.Hllmp.~''Q~~1LPje,u ,?'P .répliqua :·Dieui pour
~QUS, les,t,: ,l'pnÏjYf3r;$,. ,qu~lfIn.OU~1 J).()Il).oop1J;~tlaUSSh Na.Uulte,' et," 'q.tIe les
.simp)e~~V:~\I~r~ 1noJ4S nom[flen~(At!ll0(),~MI'~l :qui p9ur'~lIx,est"liaiJ1,
[
mais: mH\ ,les! sagesJ,n9'Winent A,mospMl!e'jqui"auss} estlli'Etheci;
. We~.Ir:l~ ,j::iel"l j\es AII,ges lJ ~~ all~resJ~hoses sembla,ble,s; SLII1Iq,~ii'plil'-
~ieu~s q~~s l<~ ~loDd;er.oJ;l;t ,c'ilW,po~~,)une, fQ!)l~ Id~ C,O/l tes;'$o_~~~_~vrains
mQt~ ~t.Ae~l!fic~ipD~ ti~~~,)de;l\f~~té,or~slqui jouent ,ici sGiug;,lcsly-euK
d~;pbJi;i~ur~ ;.M,~t~ l~~ c~!oses q~~ SlllmaJ;lirestent',sun lal T,erre n",ont­
elles. ,pas, é~~(qrM~&:~Piafi,
l~ SQI~il,tà;S.Qn: afI;jv;ée,a,u: pri'J\téwp.$lnema'il­
i1-pas des Y~~m.issllilI}I a,V;ec Q~g"ailes,(Ejt safl~'ailes.11 e~ par saehaleur
t24 LA VRAIE
rJMè Oise/lux ne se livrent-ils pliS' mùtuellemenH 'l'amonre(' à la prô­
'Iliijclltion:? ,et,~a Terre ~hautrée'par son ardeur né fait-elle pas'so~tir
les semences Iln i boorgeons et' eiifin en Ifrllits comme lignée ? ainsi,
J.l/tJn~u~~s ,t;I'esl-il'p~s'Dieu ~ ~a !N&'lure:Dée~se ? et, 'Conime~ 'épouse de
11t'~UnJ,velis, ,ne conçolt·~le pas, -n'élèVei-t-elle pas; l)!enfante-l-eHe pas,
)
" iet ne M.urJtH-elle lip'as?r Ensuite, jel'lui demll<ndai quelle était 'sa
"L - - tcwoyance etfc611e 1de Ila· Sociélé sur la' Rèligi.Qn; ,il répondit :'Poor nous
.'qui sommes ,plus iBStruits que'll~ 'vulga-ire~-I'a "Religion ln'est qu'un
(char~e ;pour .fasc.~e~ la populace; ce charme'est, aUio,ur des cho~es
)'~.sH1Ves et Imagllllu!.e~~eJ.eur 1!1~.!1taJ, comme ·une aur~, (;tlmos­
1 phère), ~ans 'laquelle. l~s .idéés de' piété vinent comme des papillons
(lClans 1:nr ;!e1 leur·fol, qUlent('el~ce ~es Id~es -en une sorte de chaine,
f~st.comme un ver·à soie' dans sa-coque, d'oùïl s'envole comme le rM
) ules papillons; caruoe Communauté'd'h0t!,)'mes sans It!strubt!En aime
f ,des 'i1iJages au dëssQ.s des settsuels !iu 'c~rps, et par su i te au-dessusAes
) c.sen,stlels:de' la.pe1!:t~e~dan~ 'le dé'sir·de voler; ainsi ils se font aussi des
î eailes. afiïr de s'élever comme ;des"ilj.gles, et de se présenter avec )ao­
l'lante aux· habitants'de lHerre, pour l'eur dire :'voici, c'est moi\noos,
·au ,~ootra.ite', nous 'eroyons ce' que hous VoyoflS,:et nous aimons ce que
nous ·touchons ;16t alors iHeucha :sa courtisane, et il dit :1 Je crois
oela, ' parèe; que, je'! vois et toullhe: 'mais nous, nO]$ jetQ!'!A~J~ls
,j ouels P.a.!:. nos fenêlres, et ,par un sOlime nous repoussons les rires.
~e demandai ensuite quelle élait sa croyance. et'celle1tle ses compa­
'3 . - rg.npns, "s,uLle 'GieI.~e,l FÈv,fer ;' il répond'iL'avec un éclal )de rire:
----.-" . ' , l '.
:Ou'est-ce que le Cjel, sinon le nrmllmen('élhëré dam: son alti rude ;
et Jes Anges; Q'non les taches errantes autour du:JSoleil ; et'Iles Ar­
.changes, ,si non les comètes à longues quelJes sur laquelie' habite leur
'tro(Jpe? et qu'est-ce que r~r, sinon. d~s ma~ais, où les gren..!'~lIes
leV_e,s_crocodiles, dans'Ieur phantaisie, ~ont les d'Îables? excepté ~
) ,idées sur 'le' ciel et sur 'l'enfer, toutes lès' autres'sont des sornettes
\ ;introduH~s par quelque Prélat 'pour s'l!ltirer deJa. gloire,della;'part
i '9~!Jn peuple ignoranl,:\Mais toutes ces choses, ïlles'prononça'absdlù­
~)Imenl comme:ij avaît p'ensé sur'elles,dans leJMonde, ,!e sachant pa_s
)\ All!1LxlY~iLaVr.b.! lia rI1ort, ,èt_ayal!1 ou'hlié' tOllt cie qû'i' avait eo'­
'l·tenduqoarid' il ,était ent,ré'l dans lei Mond·e des;Esprits ;\c'e!>t poùr­
'quoi,qu~mJ je l'interrogeai' aussi sur la, vj~' après làJ!!..ort, il!épQ..D­
'dit 'que
- !J',était une--_..chose
- _---.- ~maginaire
-­'(ens imagjryarium) ; et ''1°8
~-
RELIGION ,l!:HRR',mENNE !2.5f
( p~~t~ q!!elqu~_em.~ve s'élevant d'un ca,davre au tombeau dans

) une forme comme un homme, ou queJque &h-.Q~~ qu~on nom~~sp~c­

) ti.e, dont quelques personnes font des contes, avait introduit une

telle idée dans les phantaisies des hommes~ A ces mots, il ne me fut

plus possible de me retenir, j'éclatai de rire, et je dis: Satan'; tu

(dé!disonlles~en dél.:!~~Q~!!ant; qu'e~-tu _Illaintenant, ,toi 1- n'é~-t~

i) pas homme dans la forme? ne' parles-tu pàs~nTvois-tïi-:pas, n'en­

r
) tends-tn pas, ne marches-tu pas? Rappelle-toi que-'iU--as vécu dans

.Il
un autre,Monde, donttuln'eo te souviens pas, e~ q~-, n.!.~ÎJlt,~,QE,!!!J.u

vi~ apr~ la__~rt" et que tu as· parlé abso.Lu.~ent comme tUI parlais"
) au.par,a,van, t ; eUe re~Q.!!yenir lui fu t, d.onné, e~ i,l s~_"r&'pp~a" e_t Il .-­ i" !1{)
1alors il~~_~ ho,!!te, et il~',~cri~: Je_jlél2~Q!!n{\; j'ailvuile- ciel aU J )
/'_ ln
dessus, et j'ai entendu les 'anges- y dire des choses ineffables', et cela

quand je venais d'arriver -ic~; mais maintenaIl't, je retiendr,3Jhcelail

P9ur le raconter, à mes.compagnons, qlle je' viens: dequiHerl et

f peut-êtrè alors auront-ils, honte, pareillem,ef)t,; et' iLp.ersist~_l!14tr.6

qP,:.!lles ~,P, P, ellerait insel!~és, mais à mesul'e'iqu~escen~aiti l'()l!."

) bli cha8l'ai.tJ~ Jres~~_nir, et quand il fut- arrivé, il qéraisonnat

co~~e. . e!,!li-, et l!Pp,ela,,(olies les_ choses qu:U m'avai~ _~4!J_~illr.e"


( Telest l'état dela pensée .,et du larigage,des Sa,t;ans après la mortj
) sont appelés Satans ,ceux qui chez eux on,t c2E_~_~~,~~~_~~x,jusqu'a
{ l~ foi; et Diables"lceux qui c~ezeuJ( 'ont c~pfiI'm~l~s.mall1(parlah
V1.6.
rœ) :.]" II!.N':V~Aml .}IJ!l'

CHA PITRE' SECeND Il


III ,IL' JIl~: h ~j I . \ , ! 1 J Il ," ',: I l l 'i lll

lIl~!il'" : i( J ,li 1: J,J'Ill Il '!' 1 ; JI 1 \.


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pU. ,SEIGNE_UA 1 l\ÉDEMRT.EÇ~i'
- '1 ~, ." ~

~,! fi Il'J 1 .l~ II! 'l' co.' Ji II 1:·, 1 1. 1 " 1


lI8t:;. Dan'si ;lelChàpitte p.réeédenit IliFa eféltraité'de' Di'e\.t C'réil'tëur
et ia:Lor.Sj enl,lDIême' tempsJde IllàJ i'(i)réaVidn ;"dans' de' Chapitre-di;: il' S'era
ttait6idu'~igneuri R'éd6rnpteUr'e~ au~sï'iell' même talbps ;de lâ Ré1
dempLlon ;"bnl 'dans le) ;lCI:l'a~itre 'stliva'tit'; 'd~ li'Êsp'I'iltl'S~rne J~t en
mém'e1temps ,de lai Div,hie' Opérà~i:Gn: ::'parqe'Sei'g'n~ùrJRéd~mpteur~1
nouS! entendons Jéh'ovah'da.n~ l'FIuriJaih ~ éIÎ eff6'IJ,llque Jéhovah ÜJi­
Même~ soit. qescendwet' arti.pl'is l'Humaitl'afini'Jd'opérer' l~ Rédertl'~-'
ti.Oll~' ce1:l.·sera !àéffi'0ntti~:Gan's lès:'A,rtiéles qu'dui·veHt. 'S'j'l ,. e~t· dit
le 'Seiign:eur 'et mon Uéhovah\' c'est· parc'e."que <Jéhova'h de l'Ancien
Testantent 'esdinommél:le1Seigr.eurLdlmsle ·Nouveau. comme bn peut,l
leé~ôlr lpaJ".ldes ~:ll;sa'g'és ~ïvtPes~.Idi~ da'IiJ M~Be' :1'.(, Écoute Israël;
JÉHOVAH' 1wtrt:,~IDI\EU, JJÉHbvA'H!'~st'unl:, Tu' aime1'asJ~~ItOV~H TON
DifiqJtiei.to:uil um~C(Ij;U1"et lde :mt'tte'Jlhml.fi-me'.... '\ ".ill·!Deutéî'.IVJ, 4,
5~1; .~ Itb~(idans Mall0 :' « h~ .lSEIGNE'fJR not""e' D'IEU-, lile SEIGNEUR;
est un: Tu aimeras le SEIGNEUR TON DIEU de tout ton cœur et de
toute ton âme. » - XII, 29, 30. - Puis dans Esaïe: « Préparez
le chemin de JEHovAH, aplanis.sez dans la solitude un sentier à
notre Dzeu. " - XL, 3; - mais dans Luc: Tu iras devant la
face du SEIGNEUR, pour préparer' son chemin. "J, 76, - et en
outre ailleurs: et le Seigneur a aussi commandé à ses Disciples de
L'appeler Seigneur, et c'est pour cela qu'il a été appelé ainsi par les
Apôtres dans leurs Epîtres, et ensuite par l'Eglise Apostolique,
comme on le voit par le Symbole de cette Eglise, qu'on appelle
Symbole des Apôtres: la raison de cela, c'est que les Juifs n'osaient.
pas nommer Jéhovah à cause de la sainteté, et en outre, par Jého'~
vah est entendu le Divin Être, ql}i a été de toute éternité, et l'Hu­
main qu'i,1 a pris dans le temps n'était p.as cet l1;tre: 'ce que c'est
que le Divin Être ou Jéhovah, cel~ a été expliqué dans le Chapitre
précédent, N°S 48 à 26, et N°S 27 à 35; c'est pour cette raison
RELIGION:CHRÈTIENNE t27
ql.1·ici~'et dans ce q,uj suit, par Ile SeigUeuJl Dl~US!enleildons Jého.vah
d~l)~ son Humain,. MaiD~enan~,lcorniDe laaconnaissa.nce su,r ·Ie Sei'" 1
< gv.eI1r,s,urpasse eD elcellence. toutes les ,connajssa,nèes qui è exist~nt'

d:ms I:Eg\ise" ~~( lllêIJ;le to.ute9 celles q:u-i 1. S(i}nt dan~ ,·le Ciel"1e,sujet,

v~.. ê,tre \disp,Qs~ en ordr\e~ afin ,'qllJe ,celte ·eo,nuàissa'lIce »soit Iilis~ ~en

lU,iniè~~ ;,\C&~ Q-rdre\ser.a,dooc c,elui·,ci:,· '\ ". .' 'll l' \(I~\.

L Jéh;Q11O,h 6réa!(J~11 d,~ ,/J.eU,ni.v,ens: est' ,descé'Ji du et a pris, tHu ...,_


mairt.p(}W',r.a~fJeteTl et sauver,leslhommes. 'i " - . l I t. JI .~~
.U.l{~e~t descenduçomme,.])/tJinJ,v'11ai;qui,. est.la Par.ole, et
cepe,!-d,(/,nt'il,p-,a point séparéle Divin Bi~n. "1" \, , " ,\1\
~V. Il a pri~ ( Buma,tw selon sort' ardre Divin. ' i \'1 l' ,,:, .' \

l,V, I,{ff,rr((lin..par. leqltel~ Ü s' ~st l'envoyé ,dans.le \M'Onde 'estcel'~


l

qui,. ~tappelél-te. !Fils d,e' Dieù.\\,'I. 1


•V.,' Le $eig.neu,r p,ar l~stact(J$ de.Ja fédemption,s'est tairla ~
ju~tzCf(""i\ ,. \', '\ ,il" 1.1' l,
\,vI. Par .les rhrê1.nes 4Çtesl il s;eshmi\au' Père, et \le ,;Père- S'est'
u~i« Lui; aussi selo'l,l"l'or.dre Divin. " - " \
.VII.\ A in~i Dieu', a, ét,é fait B Q1!lme. et: l' H omme\ ,Dieu·, en une. \.
S~'l(le P.(lrso'(tne,,~, '" ." 1.' ,\ ,j' , , ,'" ' \ " , '\'\ • J)"

vm .IlL.Ii.P.!.2gressid!!.J!..e~.t ?L'Ej@n 1a été J'état desonexinalzi­


iio,Tl, et t.E!:.!'!IU!'têm,e aétffl'éta,( de sa gIQr,i/ication.
:IX. Dés01"mai$nul,d:en&e .les Çh~'étiens?,:te,vientdans le Ciel:;"
si~~on,.çe,llfi qui ,crI/il a~ Seigne1l-rDieuSauveulf', et qui sJ~adresse
à :~ui S~ul. '. • . , ' J ;. \ "\~" \ .? i 1 Il - - ,1

~ Cha,c.une, de, c,es proposiltons. ser.a 'expliquée .en p,arlieu~,er. " 1 \

J12. ~, JÉ1!QV4H D~~lJ ;~S'P. ,DESCBl\fDU( ET"A ,PRIS L'HUMAIN,. POUR'


~BE'I'!j:RETSAUVER ILES HOMMES.' Il v­
);lans les Eglise.s Chrétiennes,aujouB!.:!lU(ron croit que Dieu Gréa­
tel,lr, <le, -l'Univer,s 1\ 'eog.endré un,FilSlde toute ,étel1nifé, et que ce,~
FiJ~est descenlÎu et a' p.ri~ l;Humain pou.r, ,1<acheter et ,sauver .les
\ (hom,mes ~,mai.~ ç~la est'err.Qné et tompe.desoiTD;lême"p9urv.u qU·OD,\ h' 83
\ p~m;eq\leIP-i.eu.,.esl UO" et ,que df;lEnt Ja: }alsQ,n'i1 est,.jlu.tque f~Qu-rl \

leUlCque :Dieu .U1l, ait en'geIid:~é'. 'de, .' t,oute~éteIlnHé un IF,iJs,. et ra, ussÏ!,i~

! que,Dieu..le,'P.èr'e\av,e6"Je,~ils- et l',Esprit ~aint,\doJnt"~~~pst s~ea'" J

r~!!1~~ill.i~\!I, ,Se jtJ Il n seul J) i~u;; e,eJ~lH!leij~; es.t e.ntièrement dissIpé",.


cOlnme .ulie\É t.o,~le,filànte da~s l;'air.,qjl.I'squ~ d' aprè$ la~Par,()ll&JÎl est
.démonbfréf;~eJ,~.b:()\~ah-Die.u;_<les!' Lu~:alêp.~.d6~~DduJet','8~e~\\'faft:lt'
128. LM VJ{AIEI
~!!Lme, et aussi Rédempteutl'. Quant au premier 'point', q~ Jéhovah
l).ieu.est l Lui-~lême descmdu et s~esLfait H~mme, (m le voit d'aprèS'
c;;-p~ssages: '1 Voië[j; Vierg'e con~~~ra, et elle en/antera un
FiLS~ qui sera appelé DIEU AVEj: NOUS •.1I - ' - Esaïe, VN, i4, Mat1h.
J, 22; 23. - " Un en/ant nous est né, un Fils nous a été donné;
sur son épaule (sera) là principauté, . e/; sera, appelé son Nom,
Admirable, DIEu, Héros, PERE' n'ÉlfERNnË, Pr.ince de paix. li ­
Es. IX, 5, 6. - " Il sera dit en ce jottr-là: Voici, notre Dieu
Celui-ci, que nous avons attendu pour qu'il n~us délivre; Ce~
lui-ci (esL) Jéhovah, que nous avons attendu; bondissons et
réjQuissons-nous dans son salut, » - Es. XXV; 9, - Il Unf!
voix qui crie dans le désert: Préparez le chemin de JEHOVAH,
aplanissez dans la solitude un sentier à N01'RE DIEU; et ils ver­
ront, toute chair ensemble. » - Es. XL, 3, 5. - " Voici, If!
SEIGNEUR JÉHOVIH en fort vient, et son bras dominera pour Lui;
voici sa récompense avec Lut;' comme PASTEUR il paîtra son
troupeau. » - Es. XL, iO, H. - " JÉHOVAH dit: Sois dans la
jubilation et dans l'allégresse, fille de Sion; voici, M'Oi je
viens pour habiter au milieu de toi: alors seront attachées des
N{ltt·ons.nombreuses li JÉHU>VAII en ce jour-là. » - Z:lch. n, U,
15. -" MOI JÉHOVAH, je T'ai appelé dans la justice, et je Te
dQnnerai pOU1' l'alliance au peuple: ~Iol JEHOVAH C'EST LA MON
NIJM; ET MA,GLO,IREA"UN AllTREJE NE DONNEIlAI POINT. » - Es. XLII,
l, 6, 7, 8. - " Voici les jours qui viennent, ou je ,s'llsciterat
li David un germe juste, q.ui règ.n:era Rdi,' et fera jugement'et
jUfJlice en'la te1'1'e; et'c~est' làl"S07iln6m: JEHOVAH NOTRE JUSTICE. »
- Jérém. XXIII. 5, 6. XXXIII, OS ,1 t6. - Et de plus d{loS les
paSS1l'ges' o'Ù rav~nement.du Se'ig\naunsta,ppelé le·J6uR 'DE JÉIfOVAH':
comme,Es. xm" 6,,:,9, t3l",.Q2, Ezé'chi XXXI, Us. Joël l l, li O. Il;
i,"2, Un nI, ~, 4/,INi"Ii', tl~,d8~1 Armos, V,l't3" 1:8:; 20.~ Séph.I,1

L'!krMême soit,d~cendUlièl . ----


l, 7"à. ,116). Z:rch .. XIV, t~l 4 ill2'f " et el! oUL!1a·;:lJiHefirs'! QUél,t.éhovab
ail f>ris l'HÜlnain', on le' vo\LcluÏ11e:flient
dansll!Juè"~ où'sont,lYes ~a)lOI6s'I:I'<lI\Mmil dit à.PA;ig'e l : Ooln?Jmen~·,r
88"0. celOi, Jlj''ltZ''s9il'e'fhom'me;'jeJ''np''èoll'ri,'{tt~ pfYf;m? L'AnfJ~ "Üt~ ré..' 1
PQllclit: :UN.EsRRtT 'SÂINTIV:(.ENbItAj6UR tOI,; k~ reNÉ' VBRlJ"l3 _1»0 'f.RtS
B.u~ iI\'OJÙR~("ERAI~c'ettl.po1i1'qfta~jlt~qui ,nait'ft"a dti- toi SAlINt;•
.seNl1apPè'lé FiLS DE\.DIEU.~·"\ILt-.. I~n,34,JI35., .~ lEt dàns l\Jaullieu't
RELIGION CHRÉTIENNE 129
,« Un Ange dit en songe à Joseph le fiancé de Marie, ce qui en
elle est né est â Esprit Saint, et Joseph ne la connut POÙlt jus­
qu'à ce qu'elle eut enfanté son Fils, et il appela son nom
Jésus . .. - l, 20, 25: - Que Pl!!_Esprit Saiot soit entendu le
Divin q'l!. proçède de Jéhovah Qieu, on le verra-dan-s le Troisième
Chapitre de cet Ouvrage. Qui ne sail que c'e.5t d'après le Père que
. l'enfant a l'Ame el la Vie, et que c'est d'après l'Ame que le Corps
existe? Est-il donc quelque chose qui soit pl'us clair, que de dire
que le Seigneur a eu d'l!.Q.!:.-ès~.~.hovah Oi!lu t.AlOe ~ la Vie, et que, '
puisque le Divin ne peut être divisé, le Divin même du~é
l'Ame et la Vi~ du Seigneur? c'est l'OUI' cela que le Seigneur a ap­
pelé lant de fois Jéhovah Dieu son Père, et que Jéhovah Dieu L'a
appelé son Fils: Que peut-il donc y avoir de plus ridicule que d'en­
tendre dire que l'Ame de notre Seigneuresl venue de Marie sa mère,
ainsi que le rêvent aujourd'hui et les Catholiques Romains et les
Réformés, sans que la Parole les ai.! encore tirés de ce songe 'c
n f . 83. Qu'un Fils né de toute éternité SOil descendu et ait pris l'Hu­
main, c'est là une QQmpJèt~.-JlfJ:eur qui tombe et est dissipée pal'
) les passages de la Parole, dans lesquels Jéhovah LuHl~le dit qll'il
) est, Lui, le Sauveur et le Rédempteur; voici ces passages: N'est~ C<

r ce pas moi, JÉHOVAH, et y a-t-il d'autre Dieu que Moi? Ya-t­


d'autre Dieu juste et SAUVEUR QUE MOI ... - Esaïe, XLV, 21, 22.
- ct Mor (Je suis) JÉHOVAH, ET IL N'EST POINT D'AUTRE SAüVEUR
QUE Mor. " - Esaïe XLIII, iL - JE SUIS JÉHOVAH TON DIEU, et
de Dieu outre Moi tu ne reconnaît1'as point, ET DE SAUVEUR IL
N'Y APOINT SINON 11101. c< - Hosée, XIII. 4. - c< Afin que sache
toute chair que MOI (Je su'Ïs) JÉHOVAH TON SAUVEUR ET 'roN RÉ'­
D&MPTEUR. )) Esaïe, XLIX, 26. LX, 16. - « Quant à NOTRE RÉ­
D~MPTEUR, JÉHOVAH SÉBAOT'fl (esL) SQ!LriOM. " - Esaïe XLVII, 4,
- ct LEUR RÉDEMPTEUH, FOUT, JÉIIOVAH SÉBAOTH (est) SON NOM.•

- Jérém. L, 34. - « Ô JÉHOVAH! mon Rocher et mon RÉDEMP'


TEUR. » - Ps. XIX, Hi, - Ainsi a dit JÉHOVAH TON RÉDEMP­
TEUR, le Saint d'IsratJl.· Je suis JÉHOVAH' TON Dnm." - Esaïe,
XLVIII, i 7. XLIII, 14. XLIX, 7. - « Ainsi a dit JÉHOVAH TON
, RÉDEMPTEUR :, Moi JÉHOVAH ie fais toutes choses, et seul par
Moi-M~me. » - Esaïe, XLIV, 24. - « Ainsi a dit JÉHOVAH,
.le liai d'IsratJl, et SON RÉDEMPTEUR JÉHOVAH SÉBAOTH: Je suis ie
L1 9
i30 LA 'VRAIE
Premier et le Dernier, et excepté Moi point de Dieu. Esaïe.
)l -

XLIV, 6. - JÉHOVAII, Toi, notre Père, NOTRE RÉDEMPTEUR dès le


siècle (c'est) tOrt Nom, .. - Esaïe, LXIll, !6. - cc Avec une miséri­
corde d'éternité j'aurai compassion de toi, ainsi a dit TON RÉDEMI*_
TETJRJÉHOVAH. ~ Esaïe, LIV, 8. -Tu m'AvAIs RACHETÉ, ôJÉHOVAIr
(Oieu)DE VÉRITÉ. li -PSt XXXI, 6.- ccQlt'IsraëlespèreenJÉHovAJI~
parce qu' avecJÉHOVAH (est) la Miséricorde, enaboridance avec Lui
,RÉDEMPTION ; Lui-Même RACHÈTERA Israël de toutes sesiniquités. »
- Ps.CXXX, 7, 8. - uJÉHovAHDIEu, etToNRimEMPTEuR.leSaint
d'Israël, DIEU DE TOUTE LA TERRE SERA APPELÉ. » - Esaïe, LlV, 5.
) - D'après ces passages, et beaùcoup d'autres, tout homme qui a
des yeux, et dont le mental a été ouvert par les yeux, peut.
l voir que Q.ieu, qui est !Jn, est desc~ndu ~.Ji---.élé fait Ho III !De,
dans le but d'opérer la RMemption; est-il un homme qui
\ ne puisse voir cela, comme dans la lumière du matin, I~qu'il f~it
attention il toutes ces s_entenges Divines qui viennent, d'être rappor­
î !é.es ? mais quant àëeux qui sont dans l'ombre de la nuit d'après
( leur confirmation pour la naissance d'un autre Dieu de toute éter­
'I:S? ) nité, et pour sa descente et sa Rédemption, ils fermen..llesJ!.aupThres

.. ) dev3.~~.S DL~i?~ sent~nces, et sous les paupières ils pensent à.la


( mamère d'appliquer ces sentences à leurs faux et de les pervertir.
84. Que Dieu n'ait pu Racheter les hommes, c'est-à-dire, les
retirer de la damnation et de l'Enfer, sans pre!!4re, !'tl!!!!!ain, il
. , y a pour cela plusieurs causes, qui seront dévoilées en "série dans
(3'3 - )' .ce qui suit; en effet, la Rédemption a été 1~~~bj~ga00n des E!!fers
.. leJ tordination des Cieux, et après cela Hins~!!.r~i~Egli§e;
(Dieu d4apl'ès sa Toute-Puissance n'a pu 'exécuter ces opérations que
),par l'Humain, de même que personf)e ne_peut rien op,éDw, ~mo.iPs
,qillP":'1i!t!!.'! bras, a~~~iJJ:fu_!l'l~l!.!,Q,~.l!ieu est:!! appelé ,dans la Pa­
) role le Bra~ de Jéhoval1, - Esaïe, XL, 10; LIlI, 1 ; - de même
ne
cîii'aussi personne peut attaquer une ville fortifiée et y détruire
les temples des idoles, que par des Forces qui servent de moyens;
)' que· Dieu d~~ OEuvre Divine ait eu' la Toute-Puissan~e Pôlr
son Humain, c'est encore ce qui est évident d'après la Parole; eo
). effet, Dieu qui est dans' les intimes 'et ainsi dans les choses les plus
5.pu'res, !!~ po~v'ai(p~s passer autrement ju~qu'aux derniers, 93ns
) l~squels :Ol1t les ~nfers, ,e~esguels étaient l~s hom~es de cetle
RELIGION CHRÉTIENNE. {3I
~oque, de même que l'âme ne peut rien faire sans le corps, ou de
) mime que pe.!'.§0!l.~ne peut va~cre d~un.!!.emis ({!lL!JlL-':i~nl!-etit
) pO®lLs.a pré!'~.nce, OJ! vers lesquels ~eut ni aller ni s'appro­
~her avec des armes, telles que lances, boucliers ou fusils: il était
aussi impossible à Dieu d'opérer la Rédemption sans l'!Iumilin.
qu'il serait impossible à un homme de subjuguer les Indiens sans
\ transportel' dans leur pays des soldats sur des navires, 011 qu'il
-sera.it impossible de faire croître des arbres seulement par la cha­
leur et la lumière, si l'air par lequel passent la chaleur et la lu­
mière, el si la terre de laquelle ils poussent, n'avaient pas été
créés; et même aussi impossible que de jeler des filets dans l'air et
.flon dans les eaux, et d'y prendre des poissons: en effet, Jéhovah,
tel qu'il est en Lui-Même, n.!L p~t d'après sa Toule-Puissànc~~-
J teindre~~iabk.dans l'E.nfel:,ni aucun dia~I~!J~~rre, ni
le modérer, ni apaiser sa fureur, ni dompter !'a' violence, s'il n~st
) pas dans les derniers comme il est dans les premiers; iilg dans les
.
.{)~rniers daJls_so!!..~J!.!.!l!in. aussi est-il appelé dans la Parole le Pre­
mier et le Dernier, l'Alpha et l'Oméga, le Commencement ei la FiÏl.
85. II. JÉHOVAH DIEU EST DESCENDU COMME DIVIN VRAI, QUI EST
J,A PAROLE, ET CEPENDANT IL N'A POINT SÉPARÉ LE DIVIN BlEN.
Il ya deux choses qui conslituent l'Essence de Dieu, savoir, le
Divin Amour et la Divine Sagesse, ou, ce qui revient au même, le
·Divin Bien et le Divin Vrai; que l'Essence de Dieu soit composée
-de ces deux choses, c'est ce,qui a été démontré ci-dessus, N°S 3'6' à
48. Ces deux choses dans la Parole sont entendues aussi par Jého­
~ vah Dieu; par Jéhovah, le Divin Amour ou le Divin Bien, et par
'l -!>~eu, hl Divin0à-g~;uJe DTv1D-.l~iellt que dans la
Parole les deux sont distingués de diverses manières, el que lantôt
Jébovah seulement est nommé, et tanlôt Dieu seulement, car où
-----
il s'agit du Divin Bien, il y est dit- J!fuQyah, où il s'agit
<lu Divin Vrai, il y est dit D~u, et où ,il s'agit de l'un et l'au­
.tre, il y est dit Jt~Q.Y~Q..J.Eeu. Que JébovahDieu soit descendu
comme Divin Vrai, qui est la Parole, on le voit dans Jean par ·ce
passage: «( Au commencement était la Parole, et la ParO'le
était chez Dieu, et Dieu étùit la Parole,. toutes choses pa1' Elle
()nt étéfaites, et sans Elle n'a été fait rien de ce qui a été fait.
Et la Pa1'ole Chair a été faite, el Elle a habité parmi nous....
1
13 . LA VRAIE
- l, 1, 3, U. - Si par la Parole dans ce passage il est ent-endu
·le Divin Vrai, c'est parce que la Parole, qui est dans l'Eglise, est le·
Divin Vrai même, car elle a été dictée par Jéhovah lili-même, et ce
qui est dicté pal' Jéhovah est purement le DiviQ Vrai, et ne peut étre
autre chose: mais comme la Parole a traversé les Cieux pour venir
~u~que dans le l\lo~.d~, elle aélé'~aptéêàTa-côïiception des Anges­
dans le Ciel, et aussi à celle des hommes dans le Monde; de là
~ qu'il y a dans la Parole un sens spiritliel, dans lequel le Oï­
l.

vin Vrai est dans la lumière, et un, sens naturel dans lequel le Divin
Vrai est dans l'ombre ; c'est poUr clela queUe Divin Vrai dans celle
Parole est ce qui est entendu dans Jean): c'ela est encore évident
1. en ce que le Seigneur est venu !lans le !\fonde pour accomplir toutes
.f . .--,.,. ----­
les choses de la Parole, aussi lit-on si souvent que telle'ou telle
chose Lui est anivé afin que l'Ecriture fût 3ccomplie. Il n'est pas..
non plus entendu autre chose que le Divin Vrai par le l\Iessie­
, ou_-k.-Christ, ni 3utre chose par le Fl~allne, ni aut~e chose
pal' le Par.,!clet,J:Esp!~int, que le Seigneur a envoyé après sa.
('rsortie de ce monde. Que dans la Transfiguration devant les troi~
) Disciples sur la montagne, - Manil. XVU. l\Iarc, IX. et Luc, IX,.
- ct aussi deranl Jean dans l'Apocalypse, - l, 12 à 16, ­ il.2e
----­
soit représenté comme étant celte Parole, c'est ce qu'on verra dans..
. .,...­ ..
le Chapitre sur l'ECRITURE SAINTE. Que le Seigneur dans le Monde.
ait été le Divin Vrai, cela est évident par ses propres paroles: « Je
r ~ suis le Chemin, la VÉRITÉ et la Vie .. - Jean, XIV, 6; ­ et par­
~ f 3 c~lt'es-ci : « Nous savons que le Fils de Dieu est venu et nous a
d?nné l'En(e~ent, 4fin que nous conn'aisstons la YÉ~l~É~·
et "!:ous ~"!:!ne~~s l'a VJlliIT~, ll.WJ.Lsoij,..F)~§.. JÈSU~-CHRIST:.
Lui est le vrai Dieu et la vie éternelle. - Jean, l, Epît. V, 20"
21. ­ Et aus~i en ,ce qu'il est appelé la Lumière, comme dans cès
pas~ages; (( Il était la VRAIE LUMIÈRE, qui éclaire tout homme­
venant dans le lIfOlide. " ~ Jean, I, 4,9. - « Jésus dit" Pour
encore un peu d(!. temps LA LUMIERE EST AVEC vous; marchez
pendant que LA LUMIÈRE vous avez, de peur que les ténèbres ne:
vous surprennent,' pendant que LA LUMIÈRE voüs avez, croyez:
en LA LUMIÈ!\E, afin que FILS IlE LUMIÈR.E vous SOYEZ. " ­ Jean,.
XII, 35, 36, 46. - « JE SUIS J.A LUMIÈRE DU MONDE. ,,- Jean,
IX, lS. - « Siméon dit: Me$ ye~ex ont vu tan. Salut, LUMIÈRE
RELIGI9N 1 CI!RÉTIENNE. 13'1
.lJqur la révélation des m!,tions.» - Luc, II, 30, 34, 32. -,
(J'flst là l~ jugement, que LA LUMIÈRE EST VENUE DANS Le MONDE.
ÇELUI QUI F,AIT LA VËRI1'É, VIENT A'LA LUMIÈRE. » - Jean, m, 19,.
·~~t ; et en ~)Utre ailleurs; par la Lumière est entendu le Divin Vrai.
86. Si Jéhovah Dieu est descendu dans le Monde comme Divin
i (vrai, c'était pOlir opérer' la Rédemption; or la l\Çi~ption_~_~a
13~s!!.~jugation des En.~s ~QIdinatioE_ des ~~~ux, ~ après cela
ll'illstauralion de l'Egll.§e : ce n'e!'\t pas le Divin Bien qui peut faire)
(les opérations, mais c'est le Divin Vrai d'après le Divin Bien? (
le DiYin Bien, considéré en lui-même est comme la poignée
.1lrrondie ,d'une épée, comme un - bois obtus ou comme un arc! (
~ans. flèches; mais Le Divin Vrai ,d)p.r!s le D\~ Bien est comme J
une épée aiguë, comme un ja\'elot acéré, et comme un arc avec des
flèches, armes qui sO.'1t fortes contre les enne:nis; par les épé~s, les
javelots et les arcs, sont aussi entendus, dans le sens spirituel de
la.Pal'ole, l,es vrais qui combattent, voit l'ApûCAL~PSE RÉVÉLÉE,
N°S 52, 299, 436, où cela a été démontré; et ce n'est pas autre-
nlent que par le 'Dh'in Vrai d'après la Parole, que ~a~~~s
't .maux, dans lesquels a été et est continuellement tout l'Enfer, ont
~----. __
. pu être corrÎilap~~-,\~lïîèus et subjugués; ni par autre chose qu'i.
'pu être fondé, formé et mis en ordre, le nouveau Ciel,
.,~ -~.- .. qui a aussi
î alors été fait; ni par autre chose qu'a pu être instaurée une nou~
.

1velle Eglise dans les. terres : en outre, toule vigueur, loutëforè~


,et toute puissance de Dieu appartient a!!..p.b::i.!!.Vrai d'.a(>rè~Je Di~ln
~i~n : Voilà la raison pour laquelle Jéhovab Dieu est descendu
·.comn',e Divin Vrai, qui est la ,Pafole ; aussi est-il dit d~ns ~'@1:
( Ceins ton ép'ée sur (ta) cuisse, à PUISSANT; et dans' ton hon-
· d . ,'/,
.:nrew' monte; CHEVAUCH1' SUR LA PARÛLE DE VÉR:1TE; ta l'ozte
T'enseinnera
J
des merveilles,. tes traits
,
sont acérés, tes ennemis
»
tomb~ront so~s toi. " - PSI XLV, 4, 5,.6; - ces paroles ~ntll
été dites ~11 Seigneur, et de ses combal5 contre les Enfel's, el (les
,vict~res qu'il a remportées sur eux.
87. Quel est le Bien sans le Vrai, et quel est le Vrai d'après le
bien, on le voit clairement par l'homme; tout son Bien l'éside dans
( la' V~é, et 'tout sor Vrai, .dans l'Entendement, et la Volonté 'ne
) poot de s9n bien rien faire si ce n'est par LltnteJ!~ment; elle
1 ne p,eul pas op'érer;~lle ne peut pas ,parler, elle ne .peut .p~
1
1
1
i'
l",
lM LA VRAIE
Sentir, toute sa force et toute sa puissance existent par l'en­
tenJement, en conséquence par le vrai, car l'entendement est
le réceptacle et l'habitacle du vrai. Il en est de cela comme de 1'0­
~ération du Cœur et du Poumon ~ans le Corps; 10 Cœur sans la
respiration du Poumon ne pl'oJuit aucun mouvement, ni aUCUD,
sentiment, mais la respiration du Poumon produit l'un et l'autre
g'~p-rè§.J.~~~r, ce qui est évid;tp'âTles dMailÎanceSiféce--UX-qul
) ~ont suffoqués ou plongés dans l'eau, chez lesquels cesse la respira­
I fion, l'activité systolique du cœur persistant encore; que ceux-ci
. n'aient ni mouvement ni sentiment, cela est notoire; la même chose­
. ) arrive ,aux embryons 'dans le sein de leur mère; cela vient de ce­
l que le Cœur correspond à la Volonté et aux biens de la volonté, et'
t le Poumon, à l'Entendement et aux vrais ~e l'eotendement. Dans.
lA ""'"':5 r le Monde spirituell~_puis~~I~ai est sbrtout rematquable ;..
,,~r.</l_ \ quoique )' Ang~, qui est par le Seigneur dans les Divins Vrai~, soit
,..··"·"-'<5 Jfaible. quant ao corps,com~e ~n enfant, ilycut n~anmoins l!J.ill!:e
~~~5 ) e~ f~ un~pe_?_.~prlts IDfer~aux, qUI avparals~ent comme des.
. t . . 7. ,.. .
1 Enaklm el des Néplllhm, c'est-à-dire, comme des Geants, les pour­
suivre jusqu'à l'Enfer, et les y précipiter dans des Cavernes; quand,
: : ~ .. ~........ ils en sortent, ils "n'osent pas s'approcher d'un ange. Ceux qui sont
,...... ..., .., f d. ans les D1vins Vrais par le Seigneur sontda[Js' c~ Môiîdë cOJïiiIle­
1 des !0r.ns, ll!!Qlque quant aux corps ils n'aient pas plus de force·
1 .- .....- -- \ -.
~~ des brebis. Il en est de même des hommes qui sont dans les.

I
1 Pivin~'vrais parle Seigneur, contre les maux et les faux, pa~sé­
: ql1cnt,contre des, phalanges de diables qui, considérés en leu\' essence,.
ne sont autre chose que des maux et des faux. S'il y, a dans le .Qi­
)l~n Vrai une telle force, c'e~t p~e que Dieu est le Bien même et
le Vrai même, et qu'il a créé l'Univers par le Divin Vrai; et que­
Mtoutes I?s, lois ~'ordl'e, par l~squelle~_i1 cO,~~èrve l'univers, ~t
'~ J'Ides vérltes ; c est ponrcela qu II est dit dans Jean, « que par!!!:'
)...",7"", CT Parole toutes choses ont été faites, et que s'ans Elle n'a été fait
rien,de ce qui a été f.ait.
,~, 1
»l- ,1,3, iO, -• ' el dans David: « Par
la Pat,0le de Jéhovah le,s Cieux ont été faits, et par i' Esprit
de sa bouche toute leur, armée.)) - Ps. XXXIII, 6.

J l,~I, ~~·311le Diel;', quoiqu'il soit descendu comme Divin Vrai, n'ait
t p~ cependant séparé le Divin Bien, on, le_yoit d'après la' Concep­
tion, au sujet de 'laquelle il est dil queeert~~a ~­

\
1.I...~- - ~~
­
,f:;: ~ 1"~ rr__'" - vIa. n.... ~
RELIGION CHRÉTIENNE. {33
~ag~~~ - .~uc, ~, 35; - or?pa~'d~~~ il
'-";:>est entendu le.DIYllLBlen ; on le VOIt encore par1ëS p'assages ou le
Seigneur dit Lui-Même que le Père est en Lui et que Lui est dans
Je Père, que tout ce qui est au Père est à Lui, que Père et Lui
sont un, et dans plusieurs autres passages; parUe Père il est en­
tendu le Divin Bien.
~111.'~-PRIS L'HUMAIN SELON SON ORDRE DrvIN.
Dans Je Paragraphe sur la Divine TouLe-Puissance et la Divine
Toute-Science, il a été montré que Dieu av~JLC.~on !. int.!:o- ~
duit l'Ordre tant dans l'Univers que dans toutes etdans chacune
dêSëhOS'és qui le composellt; et que c'est pour cela que la T~le­
Puissance
----------de Dieu dans J'Univers, et dans toutes -'.
et chacune des
choses_c!.~~~rs, P~ç.~Q~_etopèr~2.~lonles lois de son Ordre,
_ dont il a été traité ci-dessus en série, du N° 49 au N° 74. l\lain- - 2­
le~~t,..1.~,~q~_ 'Die,! est descendu, et qt1.!LesLLui-}fême-!'O@re,
(,ainsi qu'il y a aussi été démontré, i:I_Ei pu, PO,!!I~~IljLmsi
\~ e~tualité, faire autrement que ..etê!rlH!'9.Qçu, d'êtr~ porté
)dans un utérus, d_~lt_re, _d'~~ élevé, d~~pp~n~~slJccessi-"e­
\ melÎt}ëssëiènces, et d'être par elles introduit dans l'intelligence
et dans la sagesse; c'est pour cela que, quant à l'Humain, il a

l été petit enfant comme un petit enfant, enfant comme un


enfant, et ainsi de suite, avec la seule différence qu'il achevait
cette progression plus vite, plus pleinement et plus parfaitement
que les autres: qu'il ait ainsi progressé, selon l'Ordre, on le voi,t

i par ces paroles dans Luc: « Jésus enfant croissait et se lortifiatt


en esprit, et il aV(lnçait en sagesse, en dge et en grdce chez
Dieu et les hommes. )J ­ Il, 40, 52; - que ce fût plus vite,
plus pleinement et plus parfaitement qU'6 Jes autres, on le voit d'a­
près ce qui est dit de Lui dans Je même Evangélisle, par exemple,
que « lorsqu'il était dgé de douze ans, il s'assit dans le Temple
au milieu des Docteùrs et enseignait, et que tous ceux qui l'é'­
coutaient étaient étonnés deson Intelligence et de ses Réponses. 1l
- Il, 46, 47; - et ensuite, IV, 1.6 à 22, 32. - Cela a élé fait
( ainsi, parce que l'Qs.dreJ)ivin est que l'homme se ]ré"p'ar~J-même
) ft la récepti~~ d~ nieu, el que, s~Jon_(H01 s~LPrépare, D.Leu~ntre
en lui comme dans son habitacle et dans sa maison, et cette pr$pa­
l ration se fait ,par le~onnaissancessur Dieu et sur ies.sQirituels qui
f36' LA VRAIE
~p~tiennentà l'Eglise, et ainsi par l'intelligence et par la sagèsse;
( Oal' la Loi de l'Ordre est que, autant l'homrnU! "y"er,LDieu et s'crt,
1approéhE~, ce qu'il, doit faire absolument comme de 'lui-même, 3tl­
,t~t Dieu ya versl'ho.n.!.-me et s'en approche:-;t" se conjoint à lui"àu .
î milieu' de lui: que le Sei'g,neur ait progressé selon cet Ordre jus­
qu'à l'Union avec son Père, c'est ce qui sera d6montré plus ample­
ment d:msla suite.
90. Ceux qui ne savent pas que la Divine Toule-Puissance pro­
cMe et opère selon l'ordre, peuvent faire naître de leur phantaisie
plusieurs questions opposées et contraires à la saine raison; par
exemple, pourqlJoi Dieu n'a-t-i1 pas pris immédiatement l'Humain
sans une telh~ progression? pourquoi ne s'est-il pas créé ou com­
posé un corps avec des Éléments tirés des quatre plages du l\londe.
et ne s'est-il·pas ainsi montré comme Dieu-Hommedeva.ntle peuple
jui f, et même devant le Monde entier? ou : S'il a voulu naltre, pour­
quoi n'a-t-il pas infusé tout son Divin en Lui quand il était embryon.
ou quand il élait peLit enfant? ou: Pourquoi après qu'il eut été en­
fanté, n'a-t-i1 pas pris aussilôt la stalure d'un adulte, et n'a-t-il
pas parlé sur le champ d'après la Divine Sagesse? C'est ainsi que
ceu~qui p~nsent à la Divine Toute-Puissance s~ l'ordre, veuvent
1 concevoir et enfanter de telles questions et autres semblables, et
remplir de cette manière l'Eglise' de folies et de niaiseries; c'est
) même ce qui a été fa>Ït; ainsi, l'O'nprél'end que Dieu a pu engendrer
un Fils de toule étern.ité, ~t faire. qu'un Troisième Dieu procédât
) àussi alors de Lui et du Fils ;, quel'!~ a pu se meure en colère
contre le Genre humain, le déVOiler a l'exécration, eL vouloir êlre
ramené par le Fils à I~ miséricorde, et cela par l'intercession et le
so'uvenir de sa croix; que de plu&,i]a voulll mettre dans l'homme la
(Justice de sO,n Fils, etl'inlroduire dans son' cœur comme une suhs­
';> ) 'tance simple de Wolf, dans laquelle, ainsi que cet Auteur lui·même
î le'dit, sont toutes les choses du mêrite du Fils, mais qu'elle ne
( peut être d,ivisée parce qu~ si elle est divisée,· elle' est réduite à
l'léimt ': et qu'en outre, il peut; comme par Ilne Bulle du Pape, re­
~éltre les péchés à-q,ui il, veUt, ou purifier entièrement l'impie de
.ses' rrnauxla,ffr,eux!' et\airysi ,de noir comme lun, diable l~ rendre res­
plendifsant comlpe 'un' Ange de lumière,' san,slqne,l'homme S~lmeuvCJ.
pluS' qu'une,rpier:re, ou pell,danl.l qU"i1 se !tent COID!l1!l _un,e ~tat\l6 op
RELIGION' CHRÉTIENNE. 437
@omm6 une idole; outre plusieurs autres folies, que ceux qui éta-
blisS6ftt une Divine Puissance absolGe sa.!2.s la, canna, i~[rÎ..ce_e~~s

i la~nnaissance d'aucun Grdre, peuvent répandre 7.0mme un van-


lleur répand la balle dans l'air : ~ci, dans les roses spiritueIles
(Jui' appartiennent au Ciel et à l'Eglise;:~t~8Ûite à la vie éter-
nelle, peuvent s'éloigner des vrais Divins ct se fourvoyer, comme
.dans une forêt un aveugle, qui tantôt tombe sur des pierres, tan-
.tôt se frappe le front contre un arbre, el tantôt se prend les che-
veux dans les branches.
f 9'1. Les Miracles Divins ont~ussi été f~ts §~lIl'or.dre Divin,
-mais selon l'ORDRE IlE L'INFLUX DU ~IONDE ,SPIRITUEL DANS LE MONDE
î .NATUREL. Ordre dont-~ejusqu'à présent n'a rien su, parce qu~
personne ne sait rien du Monde spirituel: mais quel est Qlll.. Or4re,
-c'est ce qui sera manifesté en son temps, Jorsqu:,il sera q'Jestion des
MIRACLES, DIVINS et des MIRACLES MAGIQUES.
g2. IV. L'HtJ'MAIN PAR LEQUEL DIEU S'EST ENVOYÉ DANS LE MONDE
EST LE FILS DE DIEU.
Le Seigneur a dit souvent que le Père l'a envoyé, et qu'il a été
~nvoyé parle Père, par exemple: lUatth. X. 40, XV, 24. Jean,lII..
'17, ;$4, V, 23,24,36, 37,38. VI, 29,39,40,44, 57. VII, 16,
18, 23, 29, VIII, 16,18,29,42. IX, 4; eL très·!'ouvent ailleurs.
et il dit cela, parce que par être e.!!!oyé dans le Monde, il est en~
-tendu d~~~~!!dre et v~r parmi les hommes, et cela a été fait par 1'1Iu-
main, qu'il a pris par la Vierge ~ie; et aussi cet Humain est en
~clUalité le Fils de Dieu, parce qu~il a été conçu de Jéhovah Dieu,
eomme Père, selon Luc, ~I. 32, 35. - Il est app'e\é Fils deDieu, Fils
1 de rhomme, et Fils de Marie, et par Fils de Dieu" il est entendu Jého-
~ 'vah Dieu dans son Humain, par Fili__Q.~.J]~JIlme le Seigneur quant
3 'à la Parole, et par Fils de Marie proprement l'HulIlain qu'il a pris;
que le Fils de Dieu et le Fils de l'homme aient ces deux signipca-
·tions, c'est c~ qui Sel"a démontré dans la sui le: que le Fils de
l\farie si~nifie proprement l'Humain, on le voit avec êvidence' d'a-
près la génération des hommes, en ce que du père vient l'âme, et
pe la mère le corps; en effet, l'âme est dans la semence du père,
~t elle est revêtue d'un corps chez la mère, ou, ce qui est la même
.c~\>se7 t~ spi~, q~.à l'homme vient lu ~Ie, et tout c! qui
l .est~~l~~ ~9.i vi~H.! qe ~~.!ll~re ; ql,lant au Seigneur, le .~ qui
~ !38 LA VRAIE
était... ---en Lui venait de
'2.. _....Jèhovah
-_._._---- ~ .~. __ __
Pè~e, et l'Humain venait .de .
-~ ces deux unis so'n.!.k.!J!s-d-eJlleu ; qUEl cela soit ainsi, on le voit
la -
mère;
­

{llairement d'après la nativité du Seigneur, de laquelle il est ainsi


parlé dans Luc: Il L'Ange Gabriel dit à Marie: Un Esprit Saint
viendra sur toi, et une vertu du Très-Haut t'ombragera, c'est
pourquoi ce qui naîtrtl de toi Saint, sera appelé Fils de Dieu.»
- l, 35. - Le Seigneur s'est nommé l'Envoyé du Père, aussi pour
la raison que, par l'Envoyé il est !iignifié la même c10se que par
l' \nge, car l'Ange dans la Langue originale est l'Envoyé; en effet~
il est dit dans Esaïe: « L' A~GE DES FACES DR JÉHOVAH les a déli­
vrés; à cause de son amoU1' et de sa clémenee il les a rachetés. Il
- LXIII, 9; - et dans l\Ialachie; Aussitôt viendra vers son
C(

Temple I.E SEIGNEUR que vous cherchez, et 1: ANGE DE L~ALLIANCE.


que vous désirez. » - Ill, J ; - et en outre ailleurs. Que la Di­
A vine Tril!.!.té, Dieu Père, Fils et Esprit Saint, solt....Q.i!ns le S;gneur~
2 et qu'en Lui l~re soit le Divin a quo (de qui tout procède), le
3 Fils le Divin Humain, et l'Esprit Saint le Divin procédant, on le
verra dans le Chapitre III de cet Ouvrage, où il sera traité de la
Divine Trinité.
93. L'Ange Gabriel ayant dit à Marie que le SAINT ql:li 'naitrait
d'elle serait appelé Fils de Dieu, les passages slli~'ants tirés de la
Parole vont montrer que !JL~eigneur quant à J'Humain est appelë
le SAINT L'IsRAEL: Il Voyant j'étais en visions, et VOici, le Vi­
gilant et le SAINT qui du Ciel ,descendait. » - Dan. IV, 10, ~O.
- Il Dieu de Théman viendm ; et le SAINT, de la montagne de­

Paran.)1 - Habak. III, 3. - (( Je suis Jéhovah LE S,uNT, le­


Créateur d'!s,'aël, VOTRE SAINT.»' - Esaïe XLIlI,H, HI.­
Il Ainsi a dit Jéhovah, le Ridempteur d'Israël, SON SAINT. -'-' .
Esaïe, XLIX, 7. - c< Je suis Jéhovoh ton Dieu, LE SAINT D'ISRAEU,.
TON SAUVEUR. - Esaïe, XLIII, 1, 3. - Quant à no17'e RÉDEMP­
TEUR, JéllOvah Sébaoth (est) son Nom, LE SAINT n'ISRAEL. )1 ­
Esaïe, XLViiI, 4. - ,Il Ainsi a dit Jéhot'ah votre RÉDEMPTEU', le­
SAINT D'ISRAEL. ~ ..:.... 'Esaïe, XLIII, t4. 'XLVIII,'17.- Jéhovah­
Sébaoth (est) son nom, et TON RÉDEMPTEUR I.E SAINT D'ISRAEL. Il·
~Esaïe, t:IV, 5. - « Ils ont tenté Dieû, et LÈ SAINT D'ls'RAEL. n
- Ps. LXXVIlI, 41. - Ils ont abandonné Jéhovah, et ils ont
provoqué LE SAlin D'ISRAEL. " - Esaïe, 1, 4. - '(t Ils ont dit t
RELIGION CHRÉTIENNE. t39
Faites cesser de devant nos face$ le SAINT D'IsRAEL: c'est pour­
quoi, ainsi a dit LE SAINT n1SRAEL. » - Esaie, XXX, 1 t, t 2.
- « Ils disent: Qu'il hdte son œuvre pour que nous voyions.
et que s'avanee et vienne le conseil du SAINT D'ISRAEL.)) ­
Esaie, V, 19. - (1 En ce jour-là, ils s'appuieront sur Jéhovah,
le SAINT D'ISRAEL, en vérité. )) - Esaie, X, 20. - (1 Ecrie-tot
èt sois dans la jubilation, fille de Sion , parce que grand (est) au
milîeu de toi le SAINT n'ISRAEL.» - Esaïe, XII, 6. - Parole
(t

du Dieu d'Israël: En ce jour-là, leurs yeux vers le SAINT n'Is­


RAEL regarderont. » - Esaïe, XVII, 7. - " Les indigents âen­
tre les hommes dans le SAINT D'ISRAEL s'égaieront. 1) - Esaie,
XXIX, 19. XLI, t6. - « LA TERRE EST PLEINE DE DÉLIT CONTR~.
LE SAiNT D'lsBAEL. "Jérém. LI, 5. - Et en outre, Esaie, LV, ô.
LX, 9, et ailleurs. - Par le Saint d'Israël est entendu le Seigneur
quant au Divin Humain, car l'Ange a dit i1l\farie : « LE SAINT quz
naîtra de toi sera appelé FILS DE DIEU. » - Luc, l, 35. Que~­
~h et l~L~,!.!!l- d'Israël soient un, bien qu'ils soient nommés
distinctement, ou peut le voir aussi par les passages qui viennent
d'être rapportés, en ce que Jéhovah est ce Saint d'Israël. Que le
Seigneur soit appelé le DIEU D'ISRAEL, on le voit allssi par un très­
grand nombre de passages, par exemple, Esaïe, XVII, ô. XXI, 10,
1.7. XXIV, i5. XXIX, 23. Jérém. VII, 3. IX. 14. Xl, 3. XIII, 12:
XVI, 9. XIX, 3.15. XXIH, 2. XXIV. 5. XXV, i5, 27. XXIX, 4,
8, 2t, 25. XXX, 2. XXXI, 23. XXXIL 14, 15, 36. XXXIII, 4..
XXXIV, 2, t3. XXXV, t3, t7, 18,19. XXXVII, 7. XXXVIII, 17.
XXXIX, 16'. XLII, 9,15, t8. XLIII, iO. XLIV, 2, 7, 11,25.
XLVIII, 1.. L. 18. LI, 33. Ezèch. VIII, 4' IX. 3.X, i9, 20. XI, 22.
XLIII, 2. XLIV, 2. Séph," II, 9. Ps. XLI, 14. Ps. LIX, 6. Ps',
LXVIII, 9.
, 94. Dans les 'Eglises Chrétiennes d'aujourd'hui on 'appelle com­
munément notre Sauveur Fils de Marie, et rarement Fils de Dieu, il­
moiI)s qu'alors on n'entende le Fils ,
de 'Dieu né de toute -éternité;
--,
cela vient de- -ce-que
--.
les catholiques
- -
Romains
. - _..-- --'1-
ont
- _
sanctifié au-dessu&
-.------~J

de tou,S lesautresl\~(frie Mère, et l'ont placée comme Déesse ou comme


Reine à la tête de tous les saints, lorsque cependant le ~Seigneur,.
quand il a glorifié son H-umain, a dépouillé tout ce qU'il tenait de
la Mère et revêtu tout ce qui appal'tenait au Père, ce qui sera plei­
~. ,
~s "~ vM.~ u--~ r- lJ'-f- ~,,~,... J lb- tU../6.~1

UQ
\ " LA VR.f\IE
~ ')-.. ' ...... "-"/~'r-- -

.
k.

nement démontré dans la ~e cet Ouvrage. De ce nom commUJI


·de Fils de Marie, qui est dans la\bollChe de tous, ont influé daD~
l'Eglise Plu'sieurs énormités, surto~c~z ceux Qui:.n'on.!....p~~umis
àJ.~éflexion' ce que le Seigneur a dit dans la Parole, par exemple
- que le Père et Lui sont un ; que Lui est dans le Père, et que le
Père est en Lui; que tout ce qui est aU'Père est à Lui; qu'il a Lui­
l\fême appelé Jéhovah son Père, et que Jéhovah l'a appelé son Fils..
Les Énormilés qui ont influé dans l'Eglise par cela qu'on y nomme
le Seigneur Fils de Marie, et non Fils de Dieu, sonl, .Qu'au sujet du
S~[!I~u_r.ri,!lÙ de Diyinilé ,périt, et avec elle tout ce-9ui,~ la
Parole, a tlé dit de Lili c01l1me Fils de Dieu; el que par là en'lrent
I€.J~~e, "l'Ài'ianismë,le SOClnianisme]1 l~ Calvinisme tel ~it
'fut" dans le commencement, et enfin le Naturalisme, et avec le na­
turali,srrië l'i3ée fanatiqye que le!jlslîë"~~arie veE~!Uç Joseph, que
son Arne venait de sa Mère, et qu'ainsi il est dit Fils de Dieu et ne
l'est pas; que chacun se consulte, soit ecclésiastique, soit laïque, et
qu'il examine s'iÏâ cgnçu et,~s'il entretient une idée du .~jgneur
c.omrue FiI~ de Marie autre que celle d'un simple homme. Comme
une t~lIe id~e avait déjà, d:ms le troisième Si~cle,ëommencé à
prévaloir ,parmi les ChrétieÎls, quand les Ariens se levèrent, c'est
pl)ur cela 'que le Concile de Nicée, afin de revendiquer' pour le
Seigneur' la Diviïli"l['Wpposa un_Fils dê!!!?u.n~ de toute é_t!!,llilé,
et par celte fiction l'Humain du Seigneur était alors, il est vrai,
,élevé vêrs le Divin, et il l'est aussi aujourd'h\li chez plusieurs.
mais non chei ceux qui par l'Union hyposlatique' entendent une
'Union comme entre deùx, d.ont l'un- est au-dessus et l'autre est
.:iu-dessous. Mais què résulle-t-il de là, sinon que toule l'~glise 1

Chrélienne périt, elle qui a été fondée uniquement sur le cul~e de


'Jéhovah dans l'Humain, par conséquent sur Dieu-Homme; que per­
,sonne ne puisse voir le Père, ni Le conllaître, ni venir à Lui, ni
-r~roire en Lui, ~i ce n'est, par son Humain, c'est ce que le SeigneUr"
déclare d~.ns un grand nombre de passa~es ~ si cela n'a pas lieu',
tout~.s~J'p~.n.~~ob~eJ'~lise es~ ~h;'I!.l~é~ en sein~ce ignobre~'la
semence d'olivier'en' semence de pin; la semp,nce d'oran.,-er,
o ~
de ci-
q
-tronpier, de pOI,nmier, de p~!rier, en semence de saule" d'orme,
-de tilleul, d'yeuse; le cep en j'o~c de marais, le froment et l'or~e
-en .paille ; et même toute nourriture spirituelle devientr- comme
• - ~ .-... .~ • "'f'Q'-~~~"-
..
1
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4J.
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RELIGlON CHRÉTIENNE. Ut
p.Q!!.§sLère dont les se~pents se ~}!!'rissen l; car dans l'homme la
lumière spirituelle devienlune lumière n\l.~\le, el enfin s~elle.
corrorelle, qui, considérée en elle-même, est une ln mière pÈ,'lnEs-
tiiue; bien plus l'homme alors devient comme un oiseau -qui,
peîldant qu'il vole dans les airs, élant tout à coup privé de ses ailes,
tombe sur la terre, où en march:lOt il n~voi~plus aytour de lui que
ce-lll!i~evanU.El.~ pieds; et alors s\!~JP-itil!J~JU_Lllilise,
ql1i .Qoivent êlre pOul'la-.g~..e.r.DelIe, cel homme ne.Ëense, pas.autre-
ment qu'un devin; voilà ce qui arrive, quand l'homme considère le
Seigneur Dieu Rédempteur e.t Sauveur comme simple Fils de Marie, !
par canséquellt cOlDme 'un simple homme.
95. V. LE SEIGNEUlI PAR tES ACTESfDE LA RÉDEMPTION S'ESl'FAIT
JUSTICE.
On dit et l'on croit aujourd'hui dans les Églises Chréliennes que
le mérite et la justice ap'partiennenl au Seigneur Seul par l'obéis- ,
sance qu'il a montrée à Dieu le Père dans l~ Monde, et surtout par-
la Passion de la croix; mais dn a pensé que la Passion de la croix
a été l;acte mêmc de la rédemption, lorsque ce.pendant celle passion
a été non l'acte de la r'édemption, mais l'acle de la glorification de
l'HumàlO du Seigneur, comme on le verra dans le Lemme suivant
sur J,A RÉDEMPTION; les actes de la Rédemption, par lesquels le Sei-
gneur s'est fait la justice, ont consisté en ce qu'il a accompli le Ju-
. gemenl Dernier qui a été fait dans le ~ionde Spirituel, et qu'alors
. il a séparé les méchants d'ayec'les bons et les boucs d'aveb les brebis,
chassé du Ciel ceux qui faisaient un avec les bêtes du dragon, fondé
) un Nouveau Ciel de ceux qui élaient dignes et un Enfer de cëUx
' q·~i n'étaient pas dignés, el l'en\is succe~si'v~~~~~te~hoses da~s
) l'orôre de part et d'autre, et en outre instauré une Nouvelle Eglise;
1 ;sactes ont été les actes de la Rédemption, parlësquels leSl'\i-
~ ~uellr s'est fait la Justice; en effet, I~J~ce~.~lli!~~~rè t~\ltes
)- choses _~lliQn J'Ordre Divin, et à rell)eltre dans l'ordre 'celles q.ui se
so~t échappées deT~rdré, 'car l'OrdreI)jvin lui·même est la ~uhice.
C'est là ce qui est entendu par -ëësparoles (fif 8'ei,ghéur:." Il me
convient d'accomplir TÛ~TE JUSTICE DE j)[~:u. » ...:... ~Iatlh. lU, i 5;
- et par celles-ci dans l'Ancien Testament: « Voici les jours q'ui
vienrtent, e/}e srtsciterai à ~avid un.. Germe JqSTE, qu!i fëgneJ.a
.Roz. et 1r.era JUST~CE EN LA. ' !',' . . l
TERRE, et VOtez son nom, JÉHOVAB NOTl\&
142 LA VRAIE
JUSTICE. » - Jérèm. XXIII, 0, 6. xxxm, {5, 16. - « Je parle
-en JUSTICE, qrand pour sauver. » Esaie, LXIII, L - « Il sera
'assis sur le trône de David, pour le raffermir en JUGEMENT ET
JUSTICE. ,,- Esaie, IX, 6. - " Sion sera rachetée en JnsTICE. JO

- Esaïe, l, 27.
96. De nos jours ceux qui tiennent le premier rang <lans l'Église.
décrivent tout autrement la Justicr. du Seigneur, et en outre par son·
:inscription chez l'hom~e ils font sa foi salvifique, lorsque cepeq.,-·
<lant la vérité est que la Justice du Seigneur, étant telle et venant
de là, et étant en elle-même purement Divine, ne peut êtl'e conjointe
-à aucun homme, ni par conséquent produire aucune salvation, pas
plus que la Vie Divine, qui ~s.L le Divin Amour et la DivinA Sagesse;
le Seigneur entre chez chaqiîe homme avec, cet amour et cette sa­
gesse, toutefois si l'homme ne vit pas selon rordre, c~!~ie,y est,
à la vérité, mais elle ne sert absolument à l'i~n pour le salut, elle·
donne seulemeRI la faculté de comprendre le vrai et de faire le bien.
) VivrA selon l'Ordre, c'est vivre selon les préceptes de Dieu, et
quand l'homme vit et agit 3i~si, il s'acquiert la justice, non la jUS-.
Î lice de I~ rédemption du Seig'neur, mais Je Seigneur même comtlle
Justice; ce sont ceux-là qui sont entendus par ces paroles: " Si vo-
TRE JUSTltE ne surpasse celle des Scribes et' des Pharisiens, VO?.I,S
n'entrerez point dans le Royaume des Cieux. " - Matth. V.
20,- « Heureux ceux qui sont persécutés pour LA JUS1'lCE. car
, à eux est le Royaume des Cieux. li -Matth. V, 10. - Il Dans
la consommatio1J. du siècle sortiront les Anqes, et ils sépare1'ont
les méchants' du milieu des JUSTES,» - Matth. Xlll, 49. - et en
l '
·outre ailleurs; par les justes dans la Parole sont entendus ceux qui
ont vécu selon l'ordre Divin, puisquë l'ordr.':.~ divin _~I~_Justice. La
.Justice même, qùi est devenue le Seigneur par les actes de la Ré­
demption, ne peut pas être 'att.ribuée, inscrite. adaptée ni conjointe
à l'homme, autrement que comme la lumière à l'œil, le son à l'Q­
reille, la volonté aux muscles de'celui qui agit, la pensée aux lèvres
- de celu~ qui parle, l'ai~1 poumon qui respire, la chaleur au sang,
au
et ainsi ldu reste;' queceschos'eS influent el s'adjoignent plutôt qu'elles
, ne, se conjoignent'I c)lacun le perçoit par soi-même. Mais la jusÙce
est acquise en tant que l'homme, exerce la justice, et-il elerce la jus­
tice en tant q~'if agIt avec~e prochain d'après l'amour du juste.et


RELIGION CHRÉTlENNE. U3
<lu vrai; dans le bien même, ou dans l'usage même qu'il fait, ha­
bite la ju~tice; en effet, le Seigneur dit que tout arbre est connu
.d'après son fruit; quel 'est l'homme qui ne connaît pas un autre
nomme d'après ses œuvres, s'i! examine attentivement dans quel fin
.et dans quelle dess.ein de volonté, par quelle intention et pour quelles
.causes elles sonL faites? LouS les Anges, et aussi tous les sages dans
.notre ~Ionde se livrent il cet examen; en général, loute herbe et
,tontgerme sortant de terre est connM d'après sa,fleur et sa semence,
08t d'après l'usage de la semence; tout métal, d'apr~s sa bonté;
10ute pierre, d'après sa qualité ; tout champ, d'après la sienne;
tout aliment, d'après la sienne; tout animal de la terre et tout oi­
:seau du Ciel, d'après la leur; pourquoU'homme ne le serail-il pas
d'après la sienne? Mais quant à la qualité des œuvres de l'homme~
.d'où elle vient, cela sera dévoilé dans le Chapitre sur la Foi.
97. VI, LE SEIG~oUR PAR LES MÊMES ACTES S'E1'T uro AU PÈRE ET
LE PÈRE S'EST UNI i.. L U I . . .
Si l'union a été faite par les actes de la rédemption, c'est parce
,que le Seigneur les a .opérés d'après son Humain, et qu'à mesure
qu'i/les opérait, le Divin qui est entendu par le Père s'est approché .
.de plus près, l'a aidé et a coopéré, et qu'enfin ils ~e sont conjoints~
au point qu'ils élaient non pas deux mais un ; et celle Unio,n ~st la.
Glorification, dont il sera traité dans la suile.
.. 98. Que le Père et le Fils, c'est-à-dire, le Divin et l'Humain, aient
j'

été unis dans le Seigneur comme l'Ame et le Corps, cela fait Jlarlie~
il est vrai, de la foi de l'Eglise d'aujourd'hui, el résulte de la Pa­
l'ole, mais néan,moins à peine en est-,il cinq sur,cent, ou cinquan(e,
sur mille, qui le sachent; la cause de cett~ ignorance vient de la
doctrine de la justification par la foi seole, à laquelle la plupart des
ecclésiastiques, qu.i recherchent une renommée d'éru.dition pOUF ar­
river aux honneurs et aux ,richesses, s'attachent avec tant d'ardeur ~
que cette doctrine aujourd'hui tient et occupe tout leur mental; et
·comme, à l'instar de l'esprit de vin appelé Alcool, ell~ a enivré leurs
pensées, c'est pour cela que, semblables à des hommes ivres, ils
cn'ont poi'nt '\';U ce pOini, le plusessenliel de l'Église, que Jéhovah:
Dieu est descendu e,ta pris l'Humain, lorsque cependant, c'est uni­
~uement par celte Union qu'il y a conjo~ction de l'ho\Il!"e avec
Dieu, et par la conjo~ct~OI\sal~ation : que)e. salq,t dé~eDde de la con­
H~4 LA VRAIE
naissance el de la reconnaissance de Dieu, c'est ce que 'peut voi'r'
quiconque considère que Dieu est tout dans toules les choses du ciel,
et par suite tout dans loutes les choses de l'Églige, par conséquent
tout dans toutes les chos.es de la Théologie. Mais d'abord ici il sera
démontré que l'Union du Père et du Fils: 'ou du Divin etde l'Humain
dans le Seigneur, est comme l'union de l'âme' et du corps, et en­
suite que cette Union est réciproque; l'Union comme celle de l'âme
e't du corps a été établie dans le symbole d'Athanase, qui a'été reçlt
dans tout le Monde Chrétien comme Doctrine sur Dieu; on y lit ces
paroles: .. Notre Seigneur J ésuscChrist est Dieu et Homme; et
quoiqu'il soit Dieu et Hom'me, néanmoins ils ne sont pas deux,
mais il est Un Seul Christ; il est Un, parce que le IJivin a pris
sur soi l',~ umain,. il est même entièrement Un, et il est une­
Seule Personne, car de même que l'Ame et le Corps sont un
seul homme, de même Dieu et l'Homme son~1P!,selfl Christ,. Il mai~'
dans ce passage on entend qu'une telle union est'"êelle du FilsdeDieu
de toute éternité avec le Fils né dans le temps; toutefois, comine il
n'y a qu'un seul Dieu el non trois, celte Doctrine concorde avec la
. Parole, pourvu que celte Union soit entendue avec Dieu un de toute
éternité; dans la Parole on lit" qu'il a été conçu de Jéhovah
Père, " - Luc. l, ~4, 35; - c'est de là qu'il a eu J'âme et la vie,
aussi dit-il, «que Lui et le Père sont un. '" - Jean, X, 30: ­
« Que celui qui Le 'l)oit et Le connaît, voit et connaît le Père, "
- Jean, XIV, 9. - « Si vous Me connaissiez, vous connaîtriez
aussi mon Père. )) - Jean, VOl, 19. - « !-@elui qui Me reçoit,
re~oit Celui qui M''a envoyé'. " -'.Jean, xm, 20 . ..:.- «,Qu'Il est
dans le sein'du P'ère. ,,-Jean, 1,1'8. - « 'Que tout ce que le
Père a est à Lui. " - Jean, XVI:; HL ~ « JI est appeM Père
d'éternité, » - Es:ùe, IX, o. ~, « Que par' suite Il a pouvoir
sur toute chair; '1,-, Jem, Xvn, 2. - « Et tout pouvoir dans le
Vi'el et. sur la Terre. » ----l Matth. XXVIII, 1'8. D'après ces pasSà­
ges et 'plusieurs autres dans 1à'I>arole, on peut v'oil' clairement que
l'Unîon du Père et de Lui est comme 'celle.'de \l'Alme' et'lidu Gorps;
c'est aussi 'pou[l'cela1que dans 'l'Ancien ,Testament' Yi est Eui-MêItie
"',' r fl •
très~souventnommé Jéhovah,' Jého~ah 'Sé'baolh, et Jéhovah Rédemp­
1 leur, voit!ci-dessus, 'N° '83.
1 • 1 ~

99:Cette union est réciproque :on le voit clairement par ces


RELIGION CHRÉTIENNE. U5
p.assages dans la Parole: « Philippe! ne c?'ois-tu pàs que Moi
(je suis) dans le Père, et que le Père (est) en il/ai? Croyez-Moi,
que Moi (je suis) dans le Père; et que le Père (est) en Moi, » _
Jean, XIV, 9, 10, H, - « Afin que t'ous,connaissiez et que
vous 1 croyiez que le Père (est) en Moi, et Moi dans le Père. II
- Jean, X, 36, 38, - Afin que tous soient un,comme Toi,
Père, (tu es) en Moi, et Moi en raz', » - Jean, XVII, 21, ­
« Père, toutes les choses miennes sont tiennes, et toutes les tien­
nes sont miennes. .. - Jean, xvn, 1. O. - Si l'Union est récipro­
que, c'est parce qu'il n'existe aucune Union ou aucune conjonction
entre deux, à m,oins 'que réciproquemenl l'un ne s'approche de l'au­
1re; toUle Conjonction dans tout le Ciel et dans loutle Monde, et
dans tout l'homme, ne vient d'autre part que de l'approche réci­
proque de l'un vers l'autre, et alors que l'un veut la même chose
que l'autre; par là dans toutes les parties de l'un et de l'autre il y
a homogénéité et sympatl,lie, Unanimité et concorde; telle est la con­
jonction réciproque de l'âme et du corps chez chaque homme; telle
est la conjonction de l'esprit de J'homme avec les organes de la
sensibilité et du mouvement de son corps; telle est la conjonction
du cœur et du pouhlon ; telle est la conjonction de la vo!ollté et de
l'entendement; telle est la conjonction de tOIlS Jesmembresetdetous
les viscères en eux, et entre eux, dans l'homme; telle est la conjonc­
tion des mentais entre tous ceux qui s'aiment intérieurement, car
elle est gravée dans tout amour et dans toute amitié, puisque l'a­
mour veut aimer et veut être aimé. Il y a dans le blonde une con­
jonction réciproque de toutes les choses qui ont Hé étroitement con·
jointes entre elles; semblable est la conjonction de la chaleur du so­
leil avec la. chaleur du bois tl de la pierre, de la chalelll' vitale avec
la chaleur de toutes les fibres dans les êtres animés; semblable est
celle de l'arbre avec la racine, par la racine avec l'arbre, et par l'al'.
bre avec le fruit; telle esL.celle de l'aim,ant avec le fer, et 'ainsi du
reste. Si la conjonction n'est pas faite par une approche réciproque­
ment et vice versd de l'un vers l'auLre, il y a seulement une con­
jonction externe et non interne, et celte conjonction externe, avec
le temps, est détruite d'elle-même de part et d'autre, et quelquefois
au point que tes deux n,e se connaissent plus. .
!OO. Maintenant puisqu'il n'y a pas de conjonction qui soit con:.
~ 10
14,6 LA VRAIE
jonction, il moins qu'elle ne soitfaite réciproquement et vice versâ,
c'est pour cela que la conjonction du Seigneur et de l'homme n'est
pas autre, comme on le voit clairement par ces passages: Celui ft

qui mange ma chair, et boit mon sang, EN MOI DEftlEURE ET MOI


EN LUI. » - - Jean, VI, 06. - cc DEMEUREZ EN MOI E'J' MOI EN vous;

CELUI QUI DE~IEURE E~ MOI ET MOI EN LUI, celui-là porte du fruit


heaucoup. » - Jean, XV, 4, 0: - cc Celui qui ouvre la porte.
j'entrerai chez lui, et JE SOUPERAI AVEC LUI, ET LUI AVEC MOI. » ­
Apoc. III, 20, - et en outre'ajlleurs;' cet.te conjonction est faite.
par cela que l'homme s'appI;oche vers le Seigneur, et que le Sei­
gneur s'approche vers lui; car c'est une Loi certaine et immuable
qu'autant l'homme s'approche vers le Seigneur, aUlant le Seigneur
s'approche vers l'homme; mais on en verra davantage sur ce sujet
dans le Chapitre sur LA CHARITE ET LA FOI.
iOt. VII. AINSI DIEU A )~;TJt l'AIT HOM~1E, •.I':T L'HbmIE DIEU EN
~

Vl\'E SEULE PERSONNE.


Que léhol'ah Dieu ait été fait Homme, et rHomme Dieu en une
seule Personne, c'est ce qui résulte comme conclusion de tous les
précédents Articles de ce Chapitl'e, et surlout de ces deux, .. que
Jéhovah Créateur de l'Univers est descendu et a pris l'Humain pour
racheter et saUver les hommes, " N°S 82, 83, 84 ; et cc que le Sei­
gneur par les actes de la Rédemption s'est UOI au Père et que le
Pére s'est uni. il Lui; " ainsi réciproquement et vice versd, N°S 97 à .
100; d'après cette Union réciproque il est bien évident que Dieu a
été fait Homme, et l'Homllie Dieu en une seule Personne: il résulLe
pareillement de l'Union de l'un et de l'autre, qu'elle est comme
celle de l'Ame et du Corps; que cela SOiL conforme à la foi de l'É­
glise d'aujourd'hui d'après le symbole d'A.thanase, on le vOit ci-des­
sus, N° ~9 ; cela est encore conforme à la foi des Évangéliques
dans un Chapitre des livl'es de leur Orthodoxie, qu'on nomme la
FoiuiuLE DE CO~COHDE, où il est solidement établi, tant d'après l'É­
criture Sain~e que d'après les Pères, et aussi par des raisons, q!Je
la Nature Humaine du Chl'ist a été élevée à la Divine lUajeslé 'à la .
Toute-Puissance et 'à la Tou le-Présence, el que dans le Christ
.'
l'Homm(l , .
est Dieu et Dieu Hqmme, pag. 607, 765. Il a en outre élé
m'ontré dans ce Chapitre q~e Jéhovah Dieu quant ft son Humain est
, l'
nommé, dan~ la Parole, J.éhova~, Jéhovah.Dieu, Jéhovah Sébaolh. et
RELIGION CHRÉTIENNE. 14,7
Dieu d'Israël; c'est pourquoi Paul dit, ,c Que dans Jésus-Cht'ist
toute la. plénitude de la Divinité hahite corpm'ellement. " ­
·Coloss. Il, 9; - et Jean dit, " Que Jésus-Christ Fils de Dieu,
·est vrai Dieu et la Vie éternelle, " - 1 Epît. V, 20, 21 ; - qu~:
par te Fils de Dieu soit entendu proprement l'H~main du SeigneulO,
QD le voit ci-dessus, N°S 92 et suiv. ; et en outre, Jéhovah Dieu ap­
pelle Seigneur et Soi-'f ême et Jésus-Christ, car on lit: " Le SEI- o
"

-GNEUR a dit mon SE1GNEUH Assieds-toi cl ma droite .. » - Ps. CX,'


t : - et dans Esaïe: « Un Enfartt nous est né, un Fils nous a
.-étédonné, et l'on appellera son Nom DIEU, PERE D'ETERNITE))
- IX, 5, 6': - par le Fils est aus!>i entendu le Seigneur qoantà
J'Humain dans David : " J'annoncerai le statut: Jéhovah m'a dit:
.MON FILS, TOI, !\lOI AU.IOU1\O'IIU1 je T'ai engendt'é; baisez LE FILS:
.de peur qu'il ne s'irrite et que vous ne •
périssiez en chemin" ­ 1
Ps. Il, 7, t2 ; - ici, est entendu non le Fils de toute éternité, mais
le Fils né dans Mo01le, car c'est une prophéti~ sur le Seigneur deï
'Vant venir, aussi est-eHeappelée le Statut que Jéhovah a annoncé à
David, et dans ce Psaume on lit précédemment: « J'ai oint mon
Roi sur Sion.» Vers. 6, et ensuite: :" Je lui donnerai les na­
tions en héritage.) Vers. 8; c'est pourquoi AUJOuno'HI]l, dans ce
passage, ce n'est pas de toute éternité, mais c'est dans le temps, caç
-chez Jéhovah le futur est présent.
i02. On croit que le Seigneur quaut il l'Humain non-seulement a
. été, mais est encore Fils de Marie; mais en cela le Monde Chrétien
~st dans une grande eneur: il est vrai qu'il a été Fils de Marie,
mais il n'est point vrai qu'il le soit encore, car par les actes de 1,
:Rédemption il' a dépouillé l'Humain provenant d'une ~ère, et il ~
T~U l'~uma5n procédant du Père, c'est de là que l'Humain dq
Seigneur est Divin, e.lJlu'en Lui Dieu esl.Homme et l'Homme Dieu.
Qu'il ait dépouillé l'Humain provenant d'une mère et r~vê(u ~
4
.m 1!!.!1 qui Q!Qcéd},i t du P~Ie, eL.!llii.~st)e Divin Humain, on peut le
voir en ce qu'il n'a jamais Lui-l\Iême appelé Marie sa mère, ainsi
-que ces passages peuvent le constater: cc La Mère de Jésus lui dij:
Ils n'ont point de vin. Jésus lui dit: Qu'y a-t-il entre Moi et
toi.. FElIME" mon hew'e n'est pas encore venue. » - Jean, Il,4.
~ Et ailleurs: « De la croix Jésus voyant sa Mère,et pt'ès d'ell~­
le Disciple nu'il
?IJ '1, rI
aimait, dit cl sa Mère: FE,M~IE, ~
voilà ton fils
\

.'

448 LA VRAIE
Puis il dit au Disciple: Vùilà ta Mère. )). - Jean, XIX, 26, 27 ::
- El une autre fois il ne l'a pas reconnue: « On vint dire à J é­
sus: Ta Mère et tes Irères se tiennent dehors et veulent te voir.
Jésus répondant, leur dit: Ma Mère et mes fl'éres, ce sont ceux
qui écoutent la Parole de Dieu, et, qui la font. » - Luc, VIII,
20, 21. Matth. xn, 46 à 49. Marc. m,3t il 35; - Ainsi le Sei­
'gneur ne l'a point appelée Mère, mais femme, et il l'a donnée pQ.ur
~J:e à Jean:· d~ ~:~utres .pa.§.sages elle ~sl appelée sa Mère, mais
ce Il'est pas de la boucl1e du Seigneur. Ce qui confiJ'me encore ce
rnrme poinl, c'est que le Seigneur-ne 's'est pas reconnu pour Fils de
David, car on lit dan,; les Éva'ngélistes: « Jésus interrogea le$
Pharisiens, en disant: Que vous semble-t-il du Christ? De qui
est-il Fils? Ils lui dirent: De David. Il leur dit: Comment
aonc David en esp1'itL'appelle-t-il son Sezgneur, en disant: Le'
SEIGNEUR a dit A MO:'/ SEIGNEUR: Assieds-toi làma droite, jusqu'à
ce que j'aie mis tes ennemis pour marchepied de tes pieds? Si
donc David L'appelle Seigneur, comment est-il son fils? Et per­
sonne ne pouvait Lui répondre une parole. Malth. XXIl,4t à
1)

46. Marc, XII, 35, 36, 37. Luc, XX, 41 à 44. Ps. CX, t. - A ce
qui précède rajouterai ce fait nouveau: <c lJne fois il m'a été donné­
à de parler à Marie; ell;passa7t un jour, et fut~Ciel au­
<c dessÎls deOlatête en vêtement bla~ui res~emblait à de la soie,

« et s'étant alors un peu an'êlée, clle dit qu'elle avait été la l\oThre­
« du Seigneur, plu'ce qu'il était né d'elle, mais qu'ayant été fait

(c Dieu, il s'était aêpouillé de tout l'Humain q,u'iltenait d'elle, et


Cf qlle par cette raison el,le l':adoraitcommeson Dieu, flt ne voulait
(1 qlle personne Le reconnût pour son Fils, parce que tout le Divin
« est en Lui. » Tout ce qui précède présente donc lIne preuve écla­
tante de celte vérité, que J.éhovah est Homme aussi bien dans les
aerniers que dans les premiers, selon ces paroles: « Moi je suis
l'Alpha et l'Oméga, le Commencement e,t la Fin; celui qui
Est,. 'et qui Était, et qui doit Venir, le Tout-Puissant. 1) ­

Apoc. l, 8, t 1. - « Lorsque Jean vit l~ Fils de l'homme au mi­


lieu des sept chandeliers, il tomba à- ses pieds comme mort;
mais I(mi~ sat~roite sur lui, disant: 'lIai, je suis le Premier
"et le Der~if!l'." - Apoe. l, 13, t't. XXI,,6. - ~~ 'Voici, je viens
hient<1t, poûr' donnet' à chacun selon son œuvre,. Moi; je suis
RELIGIQN CHRÉTIENNE U9
r
l'AZpha if! Oméga, le Com,mencement et la Fin, le Premier et
le Qernier. l) - Apoc. XXII, 12, 13. - Et dans Esaïe: « Ainsi,
.(J, dit Jéhovah, le Roi d'/si'a.ël, et son Rédempteur Jéhovah Sé-:

baotlt: Moi, je suis le 'Premier et le Dernier. » - XLIV, 6.


XLVIII,1.2 .
. 103. A ce qui précède je joindr~i cet Arcane: L'Ame qui vieq~
-du père es t l'homme lui-même, et le CQrps qui YienI~e
.n'e~~~)':'homm~ en ~oi, ma~ il est d'après' l'homme, c'est seul~~
!1ll.enJ sop vêtement, tissu de choses qui sont du Monde naturei
.tandis que l'Ame est composée de choses qui sont dans le Mond~
spirituel; tout homme après la mOl't dépose le naturel qu'il a reçu
.<Je la mère, et retient le spirituel qui lui vient du père, et en mêQl8
;temps au.lour de ce spirituel une sorte de limbe tiré des parties les'
.plus pures de la nature; mais ce limbe, cbez cel.lX qui viennent dans
Je Ciel, est en bas.!t le ;,;pirituel en haut. tandis que chez ceux qui
"Viennent dans l'Enfer ce limbe est en haut et Je spirituèl en bas; de
là résulte que l'homme-ange parle d'après le Ciel, ainsi prononce l~
bien et le vrai, mais que l'homme-diable parle d'après l'enfer lors­
que c'est du fond du cœur, et comme d'après Je Ciel lorsque c'es~
de bouche; il fait cèci dehors, et cela chez lui. Puisqué J'Ame dé
j'h9m;h~' ést 'l'h(>mme lui·même, et qu'elle est spirituelle par son
origine, on voit clairement que c'est de là que le mental, l'animuf.
111 cilractère, l'inclination et l'affection de l'aqlOur du Père demeu­
r~nt dans les enfants issus des enfants, et qu'ils reviennent et se
présentent visibles de génération en génération; c'est de là que,
plusieurs familles et même des nation~ sont connues d'après leur
premier Père; d~ns toutes les faces d'une race il y a une commun~
image qui se manifeste; et' cette image n'est changée !'Ille par les
~pirituels de l'Église: si la comm'une image de Jacob et de Jud~
·deme.ure èncoredans leurs desgendants, et si par elle Qn les dis­
tingue des autres, c'est par~e Ç[u'ils ont ét~ jusqu'ici fermement at­
tacM~ à leur réligiosité; en effet, dan~ la semence dont chacun est
.conçu? il y a· une bouture ou un provin d.e l'Ame du père en son
plein dans une sorte d'enveloppe tirés des éléments de la nature;
,par l?ldans rutérus de la mère est formé son corps,qui peut être
fait O,u à la ressemblance du père, ou à la ressemblance de la mèr~~
l'image du père, rest~n~ n,~.anrroins en dedans, toujoul'6 en eft:ort
t50 LA VRAIE
l'our se manifester, c'est pourquoi si elle ne le peut à la première,
génération, elle le fait dans les suivantes. Si l'illlllg-e dlLP.è.re est en
~ein dans la semence, c'est parce que l'Ame, ainsi qu'il a été dit"
es~ spirituelle par son origine, et que le spirituel n'a rien de-éom­
mun' avec l'espace, aussi est-il semblable à lui-même dans un petit
volume com.me dans un grand. Quant à ce qui con'cerne le Seigneur,.
ii a, pendant qu'il était dans le ~Ionde, dépouillé par les actes de
la rédemption tout Humain provenant de la Mère, el revêtu l'Hu~
main qui procédail du Père et qui est le Divin Humain; c'est de lit
qu'en Lui l'Homme est Dieu, et Dieu Homltle.
. 104. VIII. LA PROGRESSION VERS J:UNION A ÉTÉ L'ÉTAT DE SON EXI­
NANITlON., ET L)UNION EI.LE-lII~ME EST L'ÉTAT IlE SA GLORIFICATION,.
Que le Seigneur, pendant qu'il était dans le Monde, aiL eu deux.
EtaIS, qui sont nommés état d'Exinanition et~état dr. Glorification,.
ceJa es~ connu dans l'Eglise; le premier Elat, qui était celui d'Exi~
nanition, est décrit dans plusieurs passages de la Parole, surtout.
dans les Psaumes de David, et aussi dans les Prophètes, el particu­
lièrement dans Esaïe, Chap. LIlI, où il est dit que « Jusqu'à la
mo?'! il a épuisé (exinanivit) son âme. » - Vers. 12; - ce
~ême Etat élait l'état de son h1lmiliation devant le Pèl'e, car dans.
~et état il pria le Père; il dit qu'il failla volonté du Père, et ilattri...­
bue au Père tout ce qu'il a fait et dit; qu'il ait prié Je Père, on le
voit par ces passages: Mallh, XVII, 43. Marc, l, 35. VI, 46. XIV ..
3'2 à 39. Luc, V. 15. YI, 12. XXII, 41 à 44. Jean, XVII, 9, Hi.
20; qu'il ait fait la volonté·du Père, on le voit dans Jean, IV, 34~
V, 30 ; qu'il ait attribué au Père tout ce qu'il a fait et prononcé.
on le roit dans Jean, vm, 26,27,28. XII, 49, ~O. XIV, 10; de;
plus, sur la croix il s'est écrié: " jJ'Ion Dieu,· mon Dieu, pour~
quoi M'abandonnes-tu? )) - l\Jatth. XXVII, 47. Marc, XV, 34 ;.
- et en outre, sa~s cet état, il n'eût pu être crucifié. L'Etat de·
Glorification est aussi l'Etat d'Union; il était dans cet élat, quand:
il fut lransfigl,lré devant se.s trois Disciples, et aussi quand il tit-des.
Mira~les, et Ioules les fois qu'il dit que le Père et Lui sont un, que'
le Pè~~ est en Lui ~t qu'il est dans le Père, que tout ce qui est au.
Père est,:' Lui; et, - après J'union plénière, - qu'il avait pou­
voir sur toute chair, Jean, XVII, 2, et lotit pouvoir dans le Ciel el
sur Terre: Matlh, 18, outre plusieurs autres choses.
. RELIGION CHRÉTIENNE. ilB
i 05. Si le Seigneur a été dans ces deux états, celui d'Exinani­
lion et celui de Glorification, c'est parce qu'il ne peut pas y avoir
d'autre progression vers l'Union, puisqu'elle est selon l'Ordre Di­
vin, qui est immuable; rOrdre Divin est, que J'homme se dispose
à la réception de Dieu et se prépare pour être un réceptacle· et
habitacle où Dieu puisse entrer et habiter comme dans son
Temple; l'homme doit faire cela par lui-même, et néanmoins re­
connaître que c'est par Dieu; il doit le reconnaître, parce que, quoi­
qu'il ne sente ni la présence ni l'opération de Dieu, cependant
Dieu opère tout bien de l'amoul' et tout vrai de la foi chez l'homme:
c'est selon cet Ord re qü.e progresse et doi t progresser tout homme,
pour que de naturel il devienne spirituel: il en a été de même dit
Seigneur, pour qu'il fit Divin son Humain Naturel; de là vient
qu'il a prié le Père, qu'il a fait la volonté du Père, qu'i! Lui a attri­
bué tout ce qu'il a fait et prononcé, et qlle gUI' la croix il a dit:
Mon Dieu, mOIl Dieu, pourquoi lU'abandonnes-tu? car dans cet
état Dieu semble absent: mais après cet état vient l'autre, qui est
l'étal de Conjonction avec Dieu; dans celui-ci J'homme agit pa­
reillement, mais alors d'après Dieû, et alors il n'a pas besoin,
comme auparav;mt, d'àttribuer à Dieu tout bien qu'il veut et fait
et tout vrai qu'il pense et prononce, parce que cela est gravé dans
son cœur, et e~t par suite intérieurement dans toutes se~ actions et
dans toutes ses paroles.
.
Pareillement le Seigneur s'est uni il son,
Pêre, et le Père s'est uni à Lui: en un mot, le Seigneur a glorifié
son Humain, c'est-à-dire, l'a fait Divin, de la même manière que
]e Seigneur régénère J'homme, c'est-Il-dire, le fait spirituel.
Que chaque homme, qui de naturel devient spirituel, subisse
ces deux étals, et que par le premier il entre dans Je second, et
s'avance ainsi du Monde vers le Ciel, c'est ce qui sera pleinement
démontré dans les Chapitres sur LE LIBRE ARBITRE, sur LA CHARITÉ
ET LA FOI, et sur LA RÉFORMATION ET LA RÉGÉNÉRATION; ici il sera dit
seulement que dans le Prem iel' état, qui est appelé l'état oe Réfor­
malion, l'homme est dans la pleine liberté d'agir selon le Rationnel
de son entendement, et que dans le Second qui est l'étaL de Régéné­
ration, il est aussi dans unli semblable liberté, mais qu'alors il veut
et agit, pense et parle d'après un nouvel amour et une nouvelle in~
telligence qui viennent du Seigneur; en effet, dans le premier état
US2 LA VRAIE
l'entendement tient l~ premier rang el la volonté le second· rang,
dans le second état la volonté tient le premier rang et l'entendement
le second', mais néanmoins l'entendement d'après la volonté, et non
la volonté par l'entendement: la conjonction du bien et du vrai,
de la charité et de la foi, de l'homme interÎle et de l'homme externe,
ne se fait pas autrement.
106. Ces deux Etats sont représentés par diverses choses dans
l'Unive~s, et cela, parce qu'ils sont selon l'Ordre Divin, et que
l'Ordre Divin remplit toutes et chacune des choses jusqu'aux très­
singuliers dans l'Univers: le Premier état est représenté chez tout
homme par l'état. du premier et du second ;~âge de son enfance jus­
qu'à sa puber'té, son adolescence et sa jellOesse, état qui est d'hu­
IlJiliation devant les parents et aloisd'obéi~sance, et aussi d'instruc­
tion par les maîtres et par les ministres; le Second état est repré­
senté par l'étal de ce même homme lorsqu'il jouit pleinement de
son droit et. de son libre arbitre, ou de sa volonté et de son enten­
dement, état dans lequel il a le pouvoir dans sa maison, Le Pre­
mier Elàt ainsi est représenté par l'état d'un Prince ou Fils de
Roi, ou d'un fils de Duc, a\'ant qu'il soit Roi ou Duc; pareillement
par l'état du citoyen, avant qu'il devienne lI)agistrat; du sujet, avant
qu'il rempli~se!une charge; de l'élève qui est init.ié au ministère,
'cavant qu'il devienne'prêtre \ du prêtre, avant qu'il devienne pasteur ;
au pasteur, avant qu'il devienne primat; de la jeune fille avant
qu'elle devienne épollse; de la servante, avant qu'ellesoÎt maîtresse;
et en gt>néral de tout com:nis'avan't, qu'il devienne marchand; de
Ltoul soldat, avanl qu l il devienne officier~ et. de toul domestique,

~vant qu'il ~oit maître; le premier de ces états egt lin état de ser­
\'ililde, et le second est l'état de la volonté propre et par conséquent
de l'ent~ndement propre. Ces deux étals sont représenlês aussi par
,différentes choses dans le Règne Animal; le premier, par les béte~
'et par les oiseaux, Ümt qu'ils sont avec)es mères et les pères qu:ils
'suiv~nt alors 'continuellement, et par lesquels ils sont nourris el
élevés; et le second état, quand ils les quittent, et qu'ils pounoient
eux -mêmes à leur::; besoIns: pareillement par les vers ; le, premier,
quand ils rampent et"se nourrissent de fEmilles; le second, quand
ils quittent leur enveioppe et deviennent papillons. Cesdeui. ét~ts
sont aussi repl'ésen'tés daus les sujets du Règne végétal,; le pr'e~
RELIGION GHRÉTIENNE 153
mier, quand le végétal sort de la semence et s'orne de' branrcbes•
.de feuilles et de flèurs; et le second, quand il porie des fruits et
produit de nouvelles semences; cela peut être comparé à la con:-
jonction du vrai e,i du bien, puisque toutes Jes choses qui appar-
tiennent à l'arbre correspondent aux vrais, et les fruits aux bie~s.
'Toutefois l'homme qui reste dans le Premier état et n'entre pas
.dans le second, est semblable à l'arbre qui porte seulen,ent des
feuilles et ne donne pas de fruits, duquel il est dit, dans la Parole, '
.qu'il doit être arraché et jeté dans le feu, - Mallh. XXI, 19. Luc,
l, 9. XIII, 6 à i O. Jean, XV, 5, 6; - il est encore comme l'es-
clave qui ne veut point être libre, et au sujet duquel il avait été
statué, Il qu'il serait conduit vers la porte ou vers le potea~,
'.et que son oreille serait percée. avec une alène, Il - Exod.
XXI, 6; - les esclaves sont ceux qui ne sont pas conjoints au Sei-
gneur, et les libres ceux qui sont conjoints à Lui, car le Seign~ur
-dit: « Si le Fils vous fait lihres, véritablement libres vous se-
rez. » - Jean, VIII, 36.
i 07. IX. DÉSORMAIS NUL D'ENJ:RE LES CHRÉTIENS NE VIENT DANS
LE CIEL, SINON CELUI QUI CROIT AU SEIGNEUR DIEU SAUVEUR, ET QUI
S'ADRESSE A LUI SEUL.
On lit dans Esaïe: Voici, Moi, je crée un Ciel nouveau et
(1

une Terre nOl(Vel!e, et l'on ne se souviendra point des p7'écé-


dents, et ils ne monteront point sur le cœur; et voiCi, je vais
,c7'éer Jérusalem joie, et son peuple allégresse. )l - LXV, ti,
18. - Et dans l'ApocaJ)'pse: " Je vis un Ciel nouveau et une
Terre nouvelle; et je vis la Sainte Jérusatem descendant de
Dieu par le Ct'el parée comme une Fiancü pottr son Mari: et
Celui qui était assis sur le tl'ône, dit: Voici, nouvelles toutes
.ehoses je fais. » - XXI, i, 2,5, - Et il est dit plusieurs fois
qu'Il n'entrera dans le Ciel qlle ceux qui ont été écrits dans le Livre
de vie de l'agneau, ........ Apoc. XIIl, 8. XVII, 8. XX, t 2, Hi. XXI,
27 ; - dans ces passages, par le Ciel est entendu non le Ciel visible
. ~ nos yeux, mais le Ciel Angélique; par Jérusalem, non une Vill6
,qui descendra du Ciel, mais une Eglise qui descendra du Seigneur
par le Ciel: et par le Livre de vie de l'Agneau est entendu non
quelque livre écrit dans le Ciel et qui sera ouvert, mais la Parole
4Ju~ vient d~ Seigneur et qui tr~ite du Seigneur. Que Jéhovah Dieu~
1 1 f ' ( f
154. LA VRAIE
qui est appelé Créaleur et Père, soil descendu et ait pris l'Humaill~
dans le but même que l'homme puis~e s'adresser à Lui et être con­
joint à Lui, c'est ce qui a été confirmé, mis en, évidence et établi
dans les Arlicles précédents de ce Chapitre; est-il en effet, quel­
qu'un qui, pour approcher d'un homme, s'adresse à son Ame, et,
qui est-ce qui le peul? mais il s'adresse à l'homme lui-même, qu'il
voit face à face, el avec lequel il parle bouche à bouche; il en est
de même à l'égard de Dieu Père el Fils, car Dieu le Père est dans.
'le Fils, comme l'Ame est dans son Corps. Que l'on doive croire au
Seigneur Dieu Sauveur, on le voit par ces passages dans la Parole:
• Dieu a tellement aimé le J'lande, que son Fils unique engen­
dré il a donné, afin que quiconque croit en Lui nepérisse point,
mais qu'il ait la vie éternelle. » - Jean, HI, Hi, 16. ~ « Celui
qui CROIT AU FILS n'est point jugé, mais celui qui ne croit
point a déjà été jugé parce qu'il n;a pas cru au nom
de l'Unique-engendré Fils de Dieu. » - . Jean, III, :1.8. ­
. « Celui qui CROIT AU FILS, a la vie éternelle,. mais celui qui NE

CROIT POINT AU FILS ne ve'l'7'a point la vie, mais la colère de-


Dieu demeurera sur lui. » - Jean, III, 36. - " Le Pain de
Dieu est celui qui est descendu du Ciel, et donne la vie au
Monde,. qui vient à MOI n'aura point faim, et qui CROIT EN MOI
n'aw'ajamais soif. » - Jean, VI, 33, 35. - « C'est la volonté
de Celui qui M'a envoyé, que quiconque voit le Fils, et CROIT
EN Lill, ait la vie é femelle, et que je le ressuscite au dernier
jour. » - Jean, VI, 40. - " Ils dirent ci Jésus: Que ferons­
'nous pour opérer les œum'es de Dieu? J'ésus l'épandit: Ceci
est l'œuvre de Dieu, que vous CHOYIEZ EN CELUI.fJue le Père a
envoyé, » Jean, VI, 28,29. - « En vérité je vous dis: Celui ,
qui CROIT EN MOI ala vie éternelle. » - Jean, VI, .47. - « Jé­
sus s'écria, disant: Si quelqu'un a soif, qu'il vienne' ci Moi et
qv'il boive,. QUICONQUE cnOIT EN MOI, des fleuves de son ventre­
couleront d'eau vive, )) - Jean, VII, 37. 38. - « Si vous NE.
CROYEZ PAS ,que Moi,je suis, vous mourrez dans vos péchés. »)
-Jean, ViII, 24, - « Jésus dit: Moi, je suis la résurrection et
la vie,. celui qui CRI)IT EN MOI, quozqu'ù meure, vivra ,: qui­
conquf3 vit et CROIT EN MOI, ne mourra point pour l'étet'nité. ...
- Jean, XI, 25, 26. - Jésus dit: Moi, la Lumière, dans le
RELIGION. CHRÉTIENNE i55
"
Monde je suis venu, afin que quiconque CROIT EN MOI, dans
les ténèbres ne demeure point. .. - Jean, XII, 46.. VIII, i 2, ­
« Pendant que la Lumière vous avez, CROYEZ EN LA LUMIÈRE.
afin que fils de Lumière vous soyez. )l - Jean, XII, 36. - " Ils
-demeureront dans le Seigneur, et le Seigneur en eux. ., ­
Jean, XIV, 20. XV, 1 à ti. XVII, 23, ce qui se fait par la foi.
Paul p,~êcha et aux Juifs et aux Grecs la repentance envers
Pieu et LA FOI EN NOTRE SEIGNEUn JÉSUS-CHRIST." - Act. XX,
·il. ~ .. Je suis le Chemin, 'la Vérité et la he, pe1'sonne ne
vient au Père que par Moi." Jean, XIV, 6. - Que celui qui
croit au Fils croie au Père, puisque. ainsi qu'il vient d'êlre dit, le
Père est dans le Fils comme l'Ame dans le Corps, on le voit par
ces passages: "Si vous Me connaissiez, vous connaîtriez aussi
mon Pè1·e. » - ,Iean. VIII, 19. XIV, 7. - (1 Qui me voit, voit
Celui qui M'a envoylll - Jean, XII, Üs. - .. Qui me reçoit~
reçoit Celui qui m'a envoyé. " - Jean, XIII, 20. - Cela vient
de ce que personne ne peu t voir le Père et vivre. - Exod. XXXIII,
~O : c'est pourquoi le Seigneur d'il: Dieu, pe1'sonne ne le vit ja­
mais, l'Uniql~e engendré Fils qui est dans le Sein du Pb'e, Luz'
L'a exposé.. - Jean, l, 18. - « Non que pe1'sonne ait vu Ir:
Pb'e, si ce n'est celui qni est chez le Père; Celui·là a vu le
Père. » - Jean, VI, 46. - " Ni la voix du Père vous h'avez.
entendu jamais, ni son aspect vous n'avez vu. " - Jean, V, 37.
-. Mais quant à ceux qui n'ont aucune connaissance duSeigneUl',
comme son t la plupart des hommes dans les deux parlies du Globe.
l'Asie et l'Afrique, et aussi dans les Indes, s'ils croient en un Dieu
et s'ils vivent selon les préceptes de leur Religion, ils sont sauvés.
d'après leur foi et leur vie, car l'imputation concerne ceux qui ont
connu, et non ceux qui ignorent, de même qu'on n'impute pas aux
aveugles d'avoir fail lin faux pas, car le -Seigne:l!' dit: ;, Si aveu­
gles vous étiez, vous n'au1'iez point de péché, mais mainte­
nant vous dites que vous voyez, c'est pow'quoi votre péché
reste. .. - Jean, IX, 41.
tOS. Afin de confirmer encore ce point, je rapporterai ce que je
sais, car j'ai vu, el par conséquent je puis affirmer ceci ': C'est
qu'aujourd'hui le Seigneur fonde uu Nouveau Ciel Angélique, et
'lu'iiie compose de ceux qui croient au Seigneur Dieu Sauveur et
!~6 LA VRAIE'
:s'adressent immédiatement à Lui, et que les autres sont rej~~és; ~i
donc désormais quelqu'un vient d,u Monde Chrétien dans le Monde
Spirituel, ce qui arrive à tant homme après la mort, et qu'ill\~
. croie '1
pas
"
au Seigneur et Ile s'adre5se pas 4 Lui seul, et si alors ~l.
ne peut recevoir cela, parce qu'il a mal vécu, ou s'est confir.lBé dans
l.es, faux, au premier pas vers le Ciel il e5t repoussé, et sa face s'en
-détourne et se tourne vers la Terre Inférieure, où il se rend m~me,
et il se conjoi~t avec ceux q,ui y sont, lesquels sont entendus dans
l'Apocalypse par 1e Dragon et le Faux Prophète. Tout hom,me aussi
dans les Terres Chrétiennes, qui ne croit pas au Seigneur n'est pas
n'on ~Ius dans la suite exaucé, ses pr,ières dans 10 Ciel sont comme
-des odeurs fétides, et comme les érl,lctations d'un poumon malade;
et bien qu'on s'imagine que sa prière est comme u.p parfum d'en­
~ens, elle ne manIe cependant vers le Ciel angélique, que comme
une fumée d'incendie, que le vent rabat da'ls ses yeux, ou comme
,un parfum qui sort d;un encensoir sous le froc d'un moine; depuis
ce temps, c'est là ce qui arrive à toute piété qui se fixe sur une Tri­
nité divisée et non sur une Trinité conjoi~te; que la Divine Trinité
ait été conjointe dans le Seigneur, g'est l'objet principal de cet
Ouvrage. Ici j'ajouterai ce fait Nouveau, c'est qu'il y a quelques
mois les douze Apôtres ont ét~ conv.oqués par le Seigneur, et envoy~s
dans tout le Monde Spirituel, COmme ils l'avaient été auparavant.
-dans le Monde na,'turel, avec ordre de prêcher cet Evan~ile, ei alors
une Région a été assigné~ à c1wque Apôtr~; et ils ~~écUJ~nt cet
'ordre avec (~ut le zèle et le soin pqssible. rtla,is ce ~J1jet ~era· spé­
,cialement traité dans le Der,nier Chapitre de cet Ouvrage, oh il sera
,question de la CONSOMMATION DU S'ÈCLE, de L' AVÈ~E.~IENT DU SEIGNEU~
.et de la NOUVELLE EGLISE.

COROLLAIRE.

iü9. Toutes les Eglises qui ont existé ava'nt l'Avènelp~nt4u Sei':'
:g-n~ur,ont été des Eglises Représentatives, qui n'ont pll voirIes
Divins Vrais qUll dans l'(')mbre; mais après l'Avènement du Sei­
'Sneur da~s le Monde., il a été ins~ilué p,ar ~ui une Egl.i~e qili a vu;
RELIGION CHRÉTIENNE. 157
OU plutôt, qui a pu voir !eSDivins Vrais dans la Lumière; il Ya la
même différence qu'entre le Soir et le Matin: l'Etat de l'Eglise
avant l'Avènement du Seigneur est même appelé dans la Parole le
Soir, et l'Etat de l'Eglise après son Avènement y est appelé le Ma­
tin. Le Seigneur, avant son avènement dans le Monde, était présent,
il est vrai, chez les hommes de l'Eglise, mais médiatementpar des
Anges qui Le représentaient, mais depuis son avènement il est pl'é­
sent chez les bommes de l'Egti~e immédiatement, car dans le Monde
• fi a revêtu aussi le DIVIN NATUREL, dans lequel il est présent chez
les ,hommes: la glorification du Seigneur est la glorification de son
Humain qu'il prit dans le Monde; et l'Humain glorifié du Seigneur­
est le Divin Naturel. Qu'il en soit ainsi, cela est évident en ce que
le Seigneur est ressuscité du sépulcre avec tout SOI! corps qu'il avait
dans le Monde, et qu'il n'a rien laiss(> dans le sépulcre, qu'GU con­
séquence il en a emporté avec Lui l'Humain Naturel même depuis.
les premiers de cet Humain jUï;qu'aux: derniers: é'est pourquoi
.après la résurrection il a dit aux Disciples qui croyaient voir un
Espl'it: Voyez mes lIUins et mes Pieds, que Moi-Même Je­
(1

suis; toucke:;-Moi et voyez, car un Esprit chair et os n'a point


comme vous Me voyez (en) avoir. » - Luc, XXIV, 37, 39. D'a~
près cela, il est bien é\rident que son Corps Naturel a été fait Divin
par la Glorification; c'est pourq,uoi Paul dit, que dans le Christ
habite corporellement toute la plénitude de la Divinité.­
Coloss. II, 9, - et Jean Mt que le fils de Dieu, Jésus-Christ, est
le V,'ai Dieu. - l 'Epil, V, 20, 2t, - 'De là les Anges savent que
le Seigneur seul dans tout le Monde Spirituel, est p1einement
Homme, "
JI est connu dans l'Eglise que chez la N:ftioll Israélite et Juive tout
le Culte était pmement Ex'lern~, et qu'il couvrait d'une ombre le cùlte
Interne que le Seigneur a ouvert; et qu'ainsi le Culte avantl'avène­
inent du Seigneur a con'sislé 'en types et en figures, qui représen­
taient le Culte vrai dans sa juste 'effigie, Le Sei,gneur, il est v'rai,fut
vu Lui-Même chez les Anciens, car il a dil aux Juifs: " Abraham
votre Père tressaillait d'allé'qresse de voir mon jour, et il ra
vu, et il s'est réjoui; je vous dis: Avant qu'Abraham fût"
·Moi je suis.~» - VIII, -a~, 58'; - mais comme alors le Seigneur
élaitseulement représenté, ce qui était opéré par des Anges, c'est
158 LA VRAIE
'pour cela que chez eux toutes les choses de l'Église étaient devenueSj
représentative!l; mais après que le Seigneur fut venu dans le Monde..
ees représentations se sont évanouies; la· cause intérieure de cela.
{l'est que le Seigneur dans le Monde a aussi revêtu le Divin Naturel.
et que d'après ce Divin il illustre non-seulement l'homme Interne
spirituel, mais aussi l'homme Externe naturel; si les deux ne sont.
pas illustrés en même temps l'homme est comme dans l'ombre, mais
lorsqu'ils le sont l'un et l'autre en même temps il est comme dans
le jour; en effet, lorsque l'homme Interne est seul illustré, et non en /'
même temps l'homme Externe, ou lorsque l'homme Externe est \ '
seulement iJ],ustr,é et non en même temps l'homme. Interne, l'honime
est comme quelqu'un qui dort et fait un songe, et qui, lorsqu'il se.
réveille, recueille son songe, et en lir,e diverses conclusions qui ce­
pendant sont des chos~s imaginaires; il est aussi comme un som,
nàmbule qüi croit que les objet!l qu'il voit sont vus dans la lumièl'C
du jour. La différence entre l'état de l'Eglise avant l'avènemell't du
Seigneur et celui de l'Eglise après cet avènement, est aussi comme
la d)fférence ehtre celui qui lit un écrit pendant la nuit à la lumière
de la lune et des étoiles, et ce\ui qui le lit à la l'umière. du soleil.
il 'est évident que dans la prellli,~re lumièni, qui est seulement blan-,
-che" l'œi.!lse trompe, et que dans)a seconàe, qîli est en outre en­
flammée, il !'le se trOQ'lpe point: c'est pourquoi il est dit du Seigneur:
« Il a dit le Dieu d'Israël; d moi il a parlé, le Rocher d'Iraël;

Lui, comme la Lumière d'un maiin, quand se lève le soleil,


1'un matin ~ans, nuages. » ~II Sam, xxm, 3, 4 ; ~ le Die.u
à'Israël et le Rocher, d'Israël; c'est.. le Seigneur; et ailleurs:
« Sera la lumière de la' Lune comme la lumière du Soleil, eh

la lumière du soleil sera septuple comme la lzemiè1'e de sept


jours, au jour que Jéhovah bandera la fracture de son peuple. »'
- Esaïe, XXX, 25, 26·; - Ces paroles sont dites de l'État de
l'Eglise après l'av~nement du Seigneur. En un mot, l'Etat de l'E­
glise avant l'avè~emeht du Seigneur peut être comparé à une vieille
~ont le visfg~ ~ été t~rd~ e.~ qui d'ap,rès le pourpre du. fard se
croit belle ;,et 1Etat dé~I',Eglise après l'avènement du Seigneur.
peut être.comparé à une vie~ge, bene par un pourpre naturel;
l'Etat
,lia
~,
,de l'Eglise
li
avont l'avènementildu
.
,Seigneur pe,ut aussi être.
1

comparé à l l'ènv,elol}pe de· quelqu~s 1 fruit~. tels, que oranges.


RELIGION CHRÉTIENNE 159
pommes.. poires, raisins, et à la saveur de celte envelopp~; et
l'Etat de l'Eglise après l'avènement du Seigneur peut être comparé
.aux intérieurs de ces fruits et à leur saveur; on peut en oulre éta­
blir plusieurs oomparaisons semblables: et celle différenoe entre les
.deux états vient de oe que le Seigneur, depuis qu'il a revêtu aussi
1e Divin Naturel, illustre l'homme Interne spirituel et en même
temps l'homme Externe naturel, .car lorsque l'homme interne est
seulement illustré et non en même temps l'homme Externe il y a
ombre, de même que quand l'homme Externe l'est seulement et non
~n même temps l'homme Interne.
• '" ... of. .. ..

HO. Ici seront ajoutés ces ME~lOnA[JLES. PRE~I[ER MEMORABLE.


Une fois, dans le Monde Spirituel, je vis dans l'air un Feu follet
qui tomba sur terre, et produisit à l'en·tour une clarté; c'ét~it le
météore que le vulgaire appelle Dragon; je remarquai le lieu où il
-était 'tombé, mais au point du jour quand le soleil se leva tout avait
disparu, comme il arrive à tout Feu follet. Après la matinée je
ffi'approchai du lieu où je l'avais vu tomber pendant la nuit; et
VOiCi, là, un humus d'un mélange de souf1'e, de limaille de fer et de
boue argileuse: et toul à coup alorsapparurent diux Tentes; l'une di­
rectement sur le lieu, et l'autre à côté vers le midi et je regardai
.en haut, et je ,;is un Esprit qui tomba du ciel comme la foudre, et
fut jeté dans la Tente qui élait directement sur le lieu où le météore
·était tombé, el moi je me trouvai dans l'aurre lente qui était à côté
vers le midi; je me tins à l'entrée de celle tenle, et je vis l'Esprit.
dans l'autre se tenant aussi à l'entrée; et alors je lui deman·daï pour­
-quoi il était ainsi tombé du Ciel: il répondit qu'il en avait él~ préci­
pité comme ange du Dragon par les anges de Michel, parce que, me
~it-il, j'ai avancé quelques propositions concernant ma Foi, dans
laquelle je me suis confirmé dans le Monde; el entre autres celle-ci.,
-que Dieu le Père et Dieu le IWs son t .deux el non un ; car dans les
Cieux aujourd'hui tous croient que le Père et le Fils sont un comme
l'âme etle corps, et tout discours opposée à cette croyance est
-comme un aiguillon dans leurs narines, -et comme une alène qui
perce leurs oreilles, de là pour eux émotion· et douleur; et pour)
-celte raison celui qui 'dit le contraire reçoit l'ordre de sortir, et
s'il diffère, ~I est précipi,té.. Après avoir enten~u ce ré~it, je lui 1
Hio LA VRAIE
dis: Pourquoi n'as-tu pas cru comme eux? Il répliqua: Après êlre­
sorti du Monde, personne ne peut croire que ce qu'il a imprimé'
en lui-même par confirmation, cela reste gravé et Ile peul être
effacé, surtout ce que chacun a confirmé chez soi sur Dieu, puis­
que dans les cieux chacuu est placé selon l'idés qu'il a de Dieu. Je­
lui demandai ensuite par quoi il avait confirmé que le Père et Je
.Fils étaient deux. Il me dit: Par ~eci, que dans la Parole le Fils a
~rié le Père non-seulement avant la Passion de la croix. mais aussi
pendant cette passion, et qu'il s'est humilié devant son Père;
cumment alors peuvent-ils être un, comme l'âme et le corps sont..
un dans l'homme? qui est-ce qui prie comme s'il priait un autre et
s'humilie
fi ,
comme devant un ilulre, quand il est lui-même cet autre?
Nul n'agit ainsi, à plus forte· raison le Fils de Dieu: et, en outre,
l'Eglise Chrétienne lout entière, de mon temps, divisait la Divinité­
en Personnes, et chaque Personne est un par soi-même, et l'on
en donne pour définition que c'est. ce qui subsiste prop1'ement.
Quand j'eus entendu ces raisonnements, je répondis: J'ai perçu
par ce que tu viens de dire que tu ignores absolument comment
Dieu le Père et Dieu le Fils sont un, et parce que tu ignores com­
menl,tu t'es confirmé dans les faux dans lesquels l'Eglise est en­
core sur Dieu; ne sais-tu pas que le Seigneur, quand il était dans le­
Monde, avait nne âme comme tout autre homme? d'où lui venait­
elle, si ce n'est de Dien le Père? c'est ce que prouve abondamment
la Parole des Evangélisles; qu'est-ce donc alors qu'on appelle le
Fils ,sinon l'Humain qui a été c,onçu du Di'vin du Père, et est né de
la Vierge Marie? La Mère ne peut concevoir l'âme, ~ela est en­
tièrement opposé â l'Ordre selon lequel tout homme naît; et Dielt
le Père ne peut insérer l'Ame procédée de lui et en~uite se retirer,.
comme tout père le fait dans le Monde, puisque Dieu en est la Divine
• Éssence, et qu'elle est une et indivisible, et qu'étant illdivisiLle
elle est Dieu Lui-Même; de là vient que le Seigneur dit que le Père
et Lui sont un, que le Père est en Lui et Lui dans le Père, et au­
" .
tres expressions semblables: c'est même ce que virent' de loin ceux:
l "'1 .- l ' .
qui ont copçu le sym~ole d"Athanase ; aussi, après' avoir divisé
Dieu en trois Personnes, disent-ils néanmoins que, dans le Christ
Dl~u et 'l'HoQl~e, é'est+dire" le Divin et l'Hum'ain, ~B sonlpas deux.,.
mais sont uu comme l'âme et le corps dans l'homme. Si le Seigneur>
RELIGION CHRÉTIENNE i6t
a
dans le Monde, prié le Père comme un autre que Lui-Même,' et
s'est humilié devant le Père comme devant un autre que Lui-'
Même, ce fut conformément à l'Ordre établi par la Création,
Ordre immuable, selon lequel tout homme doit progresser
vers la conjonction avec Dieu; cet ordre est qu'à mesure que,
l'bomme par une vie conforme aüx lois de l'ordre, qui sont les
, préceptes de Dieu, se conjoint à Dieu, Dieu se conjoint à l'homme,
el de naturel le fait spirituel; c'est de celte même manière que le
Seigneur s'est uni à son Père, et que Dieu le Père s'est uni à Lui;
le Seigneur, lorsqu'il était Enfant, n'était-il pas comme un enfant'?
lorsqu'il était AdoleslJ'ent, n'était-il pas comme un adolescent? ne
lil-on pas qu'il croissait en sagesse et en gràce, et qu'ensuite il pria
le Père de glorifiersofl Nom, c'est-à-dire son Humain? Glorifier
c'est faire Divin par l'Union avec soi; il est donc évident que le
Seigneur a prié le Père dans l'état de son exinanitioIl, état qui était
celui de sa progression vers l'Union. Ce même Ordre a, par Créa­
tion, été gravé dans chaque homme, savoir, de même Que l'homme,
par les vérités d'après la Parole prépare son entendement. de
même il le rend apte à recevoir la foi qui vient de Dieu, et de mêmo
que par les œuvres de la charité il prépare sa volontéde même illa
rend propre à reccvoi,r l'amour qui vient de Dieu; car de même
qu'un lapidaire taille un diamant, de même il le rend propre à re­
cevoir et à renvoyer l'éclat lde, la lumière; et ainsi du reste: se
préparer à la réception de Dieu et à la conjonction, c'est vivre se­
lon l'Ordre Divin, et les lois de l'ordre sont tous les préceptes de

Dieu; le Seigneur a rem,pli ces préceptes jusqu'au moindre point,

.
el ainsi il s'est fait le ,réceptacle de.!a Divinité en toute plénitude;

"

aussi Paul dit-il que dans JéslIs-Christ t0ute la plénitude de la Divi­


nité habite corporellement; et le Sei.gneur dit Lui-~Iême que tout '1
ce qui appartient à son Père est à Lui. 'Enlin il faut tenir pour cer­ !<."
tain- que le Seigneur chez l'homme est seul actif, et que l'homme
p'ar soi-même e,st purement passif, mais que par i'influx de la vie
qui procède du Seigneur lui aussi est actif; d;après ce perpéluel in­
flux qui procède du Seigneur il semble à l'homme qu'il est actif par
lui-même; et parce qu'il en est ainsi, il a le libre arbitre, et ce li­
bre arbitre lui a été donné. afin qu'il se prépare à recevoir le Sei­
soeur, et par conséquent à la, conjonction, qui n'est pas pO,ssibie, à
L ii
16~ , L A V.RAI~
moins qu'elle ne soit réciproque, et elle deviel)t réciproque lorsque
l'llo'tpme agit d'après sa 1fberlé, e't que ~epenvant d'après la foi il
attribue au Seigneur tout l'actif.
"Après cela,je lui demandai s'il confes~ait, comme ses autrescom­
pagnons, qu'il n'y a qu'un seul Dieu; il répondit qu'il le confessait;
et alors je dis: Je crains cepen'dant qU,e h confession de ton cœur\
ne soil qu'il n.'y a point de Dieu; tout langage de la boucbe ne
procède-t-il pas de la pensée du men lai ? il arrive donc infaillible:"
ment que la confe~sion de. la bouche qu'il n'y a qu'un Pieu chasse
du mental la pensée qu'il yen a trois, et vice versd que la pensée
du men lai chasse de la bouche la confession qu'il n'yen a qu'un;
que résulte-t-it de là, sinon qu'il n'y a point de Dieu? tout l'inter­
valle depuis la peu sée jusqu'à la bouche, et depuis la bouche en re­
.venant jusqu'à la pensée, n'est-il pas ainsi évacué?el alors qu'est-ce
que le men lai conclut sur Dieu, sinon que la nature est Dieu; et sur
le Seigneur, sinon que son Ame L,ui est venue ou de sa Mère ou de
Joseph, deux conclusions que tous lesAIlges du ciel ont en horreur
comme affreuses et abominables. Après que j'eus dit ces paroles,
det Esprit fut r~légué dans l'Abirpe, dont il est parlé dans l'Apo­
calypse, - IX, 2 et suiv., .- où les Ange~ du Dragon agitènt des
questions mystiques sur leur Foi. Le lendemain quand je portai mes
regards vers le même lieu, je vis à la place" des Tentes deux St,a­
tues en forme d'hommes, faites de poussièr~ de terre qui était mé­
langée de soufre, de fer el d'argile, et l'une des~ Statues para'issait
avoir un sceptre dans la main gauche, unc couronne sur la tête et
un livre dans la main droite, puis un pecloral obliqu6lpent entouré·
d'une bandelette de pierres précieuses, el une robe flottant par der­
rière jusqu'à l'autre Statue, mais. ces ornements avaient été mis,sur
cette statue par une phantaisie ; et alors un des esprits du Drag,oD
fit entendre ces mols: Cetle Stalue représente notr.e Foi comme
Reine, et l'autre derrière elle, la Charité comme sa servante: cette
seconde statue était faite d'une poussière pareillement mélangée,
elle était placée à l'extrémilé de la robe qui floUait par derrière la
Reine, et eHe te.nait à Il main un papier' sur lequel était .écrit: .
Garde-toi d'a,pprocher de plus p~ès ,et de toucher la robe. M~is alors
une, pl~ie tomba toÙt à coup d\!, Ciel, et elle pénétra l'u,ne eU'autre
S~alue, èt èomme e~le!\ ,étaient composêe~ (l'un Il'\élange. de so~fre"
.'
RELIGION.'JCHKÉIfIENNE l'~
·dafer et d'argile, elles bouillonnèrent, ainsi qu'il arri\'e ordinaire- .
ment à un mélange de cette espèce, quand l'eau lombe dessus; et
étant ainsi embrasées d'un feu intérieur elles s',écroulèrent et de'""
vinrent des monceaux, qui ensuite s'élevaient sur cette terre comme
·dçs éminences sépulcrales.
t 1i: SECOND MIi.~IORABLEJ. Dans le Monde naturel l'homme a un
double langage, parce qu'il a une double pensée, la penséaExterne
~t la pensée Interne; car l'homme peut 'parler d'après la pensée in-
terne et en 'même temps d'après l'exier,ne, et il peu t parler 'd'àprès
. -la lpensée externe et non' d'après l'interne, et même contre'l'interne',
-de là.les dissimulations, les flatteries et les hypocrisies: mais dan's
le Monde Spiri tuell'homme n'a point un double langage, son lan.:..
..gage est simple; il parle là ~mme il pense, autf1ement le' son est
stl'ident et blesse les oreilles, mais cependant il peut se taire, et
.ainsi ne pas di'lulguer ce que son mental pense; lors donc qu'un
bypocrite vient parm.i des sages, ou il se retire, ou il se place dans
un angle de l'apparIement; ,ne se ,fait pas remarquel' et s'nssied sans
dire un mot. Un jour, dans le Monde des Esprits, plusieurs 'étaient
assemblés et parlaient entre eux sur ce sujet, disant, que de ne.
pOll\'oi r parler que comme on pense, cela est dur, dans la compa-
gnie des bons, pour ceux qui n'on t pas pensé juste sur Dieu et SUl"
le Seigneur. Au milieu des esprits rassemblés se trouvaient des Ré-
formés et plusieurs d'entre le Clergé, et près d'eux des Catholiques-
Rom.ains avec des moines ;. et les uns et les autres dirent d'abord
'que cela n'était pas dur: Qu'est-il besoin de parler autrement qu'on
ne pense? et sî par avepture on ne pense pas juste, ne peut-on pas
serrer les lèvres et garder le silence? Et un Ecclésiastique dit: Qui
.est-ce qui ne pense pas juste sur Dieu et sur le Seigneur? Mais quel-
ques-uns de ceux qui formaient l'assemblée dirent: Faisons sur eux
un essai; et ils dirent à ceux qui s'étaient confirmés sur Dieu dans
la Trinité des Personnes, de prononcer d'après la pensée Un Seul
Dieu; mais ils ne purent pas, ilsimprimèrent à leurs'lèvres plu~ieurs
mouvements violents et les plièrent de plusieurs manières, sans pou-
voir articuler un son en d'autres mots qui nè fussent pas conformes
~ux idées de leur pensée, le!'quelles étaient pour trois Personnes ef.
par suite pour tr,ois Dieux. Ensuite il fut dit à ceux qui avaien,t C'on- .
fitm.é,la ..Foi séparée d'avec la Charité, de prononcer JÉsus, mais ils
';16.4. LA VRAIE
.De purent pas, cependant tous purent dirent Christ, et aussi Dieu le
Père; ils s'en étonnèrent, et ils en cherchèrent la cause, et ils trou-
vèrent que c'était ,parce qu'en priant ils s'étaient adressés ,à Dieu 16'
Père pour qu'il eût égard à eux à cause du Fils, et ne s'étaient pas.
adressés au Sauveur Lui-Même, et JÉsus signifie Sauveur. Puis; il
leur fut dit de prononcer DIVIN HUMAIN, d'après la pensée qu'ils avaümt
de l'Humain du Seigneur; mais personne d'entre les Ecclésiastiques
qui étaient présents ne lé put; toutefois quelques-uns, des Laïques
]e purent; c'est pourquoi ce sujet fut soumis à un sérieux examen;
et alo~s I. on lut devant eux ces' passages dans les Evangélistes::
• Le Père a donné toutes choses dans la main du Fils. » -
Jean, Ill, 30, - « Le Pere a donné au Fils pouvoir (sur) toute
chair. » - Jean, XYII, 2. - « Toutes choses M'ont été livrées
par le Père. » - Matth. XI, 27. - « Tout pouvoir m'a été
donné dans le Ciel et sur Ten'e. » - Matth. XXVIII, 18. - et.
.oD leur dit: D'après ces passages retenez dans voLre pensée, que le
-Christ, non-seulement quant à son Divin mais encore quant à son
HumaIn, est le Dieu du Ciel et de la Terre, et ainsi prononcez: DI-
VIN HUMAIN; mais jamais ils ne le purent, et ils dirent qu'à la vérité
sur cela ils retenaient quelque chose de la pensée d'après l'entende-
ment, mais néanmoins rien de la reconnaissance, ct que par consé-
quent ils ne pouvaient pas. Il. Ensuite on lut devant eux, suivant
Luc, - I, 32, 34, 35, - que le Seignenr quant à l'Humain était.
fils de Jéhovah Dieu, et que là il esi appelé Fils du Très-Ha~t, el
partout ailleurs :F,ils d,e Dieu et aussi Unique-engendré, et on leuV'
demanda de te~ir cela dans la pensée., et aussi .que le Fils Unique.-
engendré de 'Dieu né dans- le Monde ne peut pas ne pas être Dieu
comme le Père est Dieu, et de prononcer DIVIN HU~IAIN ; mais ils di-
rent: Nous ne pouvons pas, pal'ce que notre pensée spirituelle, qiji
est intérieure, n'admet pas dans la pensée la plus proèhe du lan-
gage d'autre~ idées que celles qui sont semblables aux siennes; et
ils ajoutèrent que par là iI.s percevaient que maintenaill il ne leur
était pas permis de diviser leurs p.ensées, comme dans le Monde na-
turel. III. Puis on lut dev,an t eux les paroles du Seigneur à Philippe:
: Philippe dit,: Seigneun, montre-nous If] Pere. Et le Seigneur
, dit: Quz' Me voit, voit le Père; ne crois-tu pas que Moi Ue suis)
Jans le Père, et que le Père (est) eu Moi. )1 - Jean, XIV, 8 à
RELIGION CHRÉTIENNE 16$
l t ; - et aussi ces· autres Ilassages, que le Père et Lui sont un,
1>ar exemple, dans Jean, X, 30; et on leur dit de retenir cela dans la'
,ensée, et ainsi de prononcer DIVIN HmIAIN; mais comme cette pen­
::sée n'était point enracinée dans la reconnaissance que le Seigneur
-était Dieu aussi quant à l'Humain, ils tordirent avec éffort les lèvres
jusqu'à s'en indigner, et voulurent contraindre leur bouche à pro...1
'Iloncer, mais leurs efforts furent inutiles; et cela, parce qiIe le~
idées de la pensée, qui découlent de la reconnaissance, font lin avec
. tes paroles de la langue chez ceux qui sont darfs le Monde Spirituel;
.-et que là où ces idées ne sont pas, les paroles manquent, car le~
;dées deviennent des paroles dans le langage. IV. En outre, on lut
~evant eux ces expressions tirées de la Doctrine reçue dàns tout ]e
.Monde Chrétien, « que le Divin et l'Humàin dans le Seigneur ne
sont point deux, mais sont un, et même en une 'seule personne.
Ctnis comme l'dme et le corps dans l'homme, » ceci est extrait
de ]a Foi symbolique d'Athanase, et r~connu par les conciles; et OD
'leur dit: Par là vous pouvez tout ~ fait avoir d'après la' reconnais l
-sance l'idée que l'Humaill du Seigneur est Divin, parce que son Ame
..est Divine, car cela est tiré de la doctrine de votre Eglise, doctrine
-que vous aviez reconnue dans le Monde; de plus, l'Ame est l'essence
même de l'homme, et le corps en est la forme, et l'essence et la
{'Orme font un comme l'être et l'exister, et comme la cause efficiente
,de l'effet et l'effet lui-même; ils .retinrent cette idée, et voulurent
d'après elle prononcer DIVIN HUMAIN, mais ils ne purent point, car
't'idée intérieure sur l'Humain du Seigneur chassa et effaça cette' .,
nouvelle idée empruntée, ainsi qu'ils la nommaient. V.' On lut en:­
.core devant eux, dans Jean, ce passage: "La Parole était che:&
.lJieu et Dieu était la Parole, et la Parole Chair a 'été faite . ..
.:.- l, f, i4 ; - et aussi ce]ui-ci: « Jésus-Christ est le vrai Dieu
~t la Vie 7fternelle, » - 1 È,p. V, 2i: - et dans Pau]: « En
Jésus-Christ habite corporellement toute la plénitude de la Di­
vinité. .. - Coloss. Il, 9 ; - ·et on leur disait de penser pareille­
ment, savoir, que Dieu 'qui ét·ait la' Parole a été fait Homme ; qu'U
était le vrai Dieu; et que',toutela plénitude de la Divinité habitait
corporellement en Lui; et ils firent ainsi, mais seulement dans la
p~~s~~ exte,~ne"c,'jestiP~urq,uoiilsqe purent P9int, à cause'~e Ja)ré­
istance ,de la 'pensée interne, prononcer DI\'IN HUMAIN, disant ou..
4~6 LA VRAn:
vertement'Jlu:Hs lle'peU'Vaient avoir l'idée du .Divin Humain,. parc~
qlle,Dieu.est Dieu et que l'homme est homme, et ils ajoutaien>t:
Dieu est Esprit, e.t nous ne pouvons penser à un esprit tIue oomme
à un Vent ou à un Etber. VI. Enfin on leur. dit: Vous savez que' Il~
S,eigneurla dit: « Demeur(lz enpMoi1 et Moi en- vous; celui qui
demeure en Moi, et Moi en luz'" celuiilà porte du fruit beaucOlfp,
p.arce que sans Moi vous ne pouvez faire rien. » - Jean,,*V,
~, 5 ; ;,- et comme, il y avait là {lue~ques Ecclésiastiques Anglais,.
on lut devant eux cet·ex~rait d'une de leurs ,prières pour' la Sainte
Communion: For, when we spiritua(!y eat ,th'e flesh of Christ
nd drinak the hlood, , theu we dwelL in Christ, and Christ
'~1f ,us'; » Si mai,nlena,nt vous pensez que cel:l n'est pas possible, à
plojns Hue l'Humain du Seigneur ne,soil Divin" prononcez 'du'llc"
DIVIN HUMAIN d',après la r,econnais,sance' da.n,s la pensée; m~is ils De
]e pur~n.l jamai,s" car ,chez eux était profondément empreinte l'idée­
~ue le Divin ~e pO'uvaitp~s êtrç H,umain. 'ni l'Humain êtr'e Divin,
et que le.Divin du Se,igneur venait du eDivin du Fils de toute éternité,.
61 que son Humain élait'.sembla,ble à Fhumain d'un autre ho'mme ~
mais.on leur,dit:
~.. ,
Comment p'ouvez-vous penser ainsi? est-ce . qu'un
Mental ratiopnel pellt,~3'lpais .p.enser qu'il y, ail un Fils de Dieu, né'
pe.t9ute é,lernité? V,lI. A\pr,ès. cela, ceux qui. adressaient Iles ques­
pons,se.tournèrelllvevsJes Ev,angéligues, en disallt, que la Con­
f.~sion.d~A~gsbourg ,et Luther ont,enseigné qll e le'Fils de'Dieu eL
~e"t'ils ',d~ l',homme sont dans le ehuist une ·Seule Personne; ql/e­
j..ubMêmclest au~si, .qllant àlaNature Humaine, Tout-Puissante~
• L Tout-P.nésenl ; qu'il ~t assis, quanl à ce~tenature, à la l:lroite de­
pieu le ,P~re., e!lgouv,erne ~OUl d,ans les Ciel)x et lsur Terre, rempli'
. !PI;lV -est; aV,ec ,nOllS I .ha~ile 'et op.ère en nous; qu'il n'y 'a
pasr'(de.. différenced:adora~ion, ,.paree ,que. ,parla Nalure qui est
r,,!e,,,la 'lD>iiVjuit,~, qui n'est~ pas yu'e !est adorée; et que dans lèc
Chrrist lDieu 'est "Ho~me et l'Hommt esl. Dieu. Ayant en­
1A.l~~u.,pes citati.ons) ils '~é.pi>~d:iNJll ,: -Est~'te rque ,.cela est .àinS'i t
e~'il,~ r~ga;FpèreFJ:t"8u.to'ur: drllU~I;et ~'nsuile i1s,d~renlo:J'clmais l)upa­
r~vaI!t InOjl~ :,l'Ù1VOPS, ~u co:n~ai.g~ance 'llde ''!Cela, 'voilà ·PDurqiJoi·

..1I«là;&l',llldrtiqôè nons' 'Uihng'eons ~pliitueÙè'mènt l~ !Cliair' de Christ, 'etqtle:


Jl~Wl b~V.oD, SQD jfql DOU$' .I:ÎlIb.itoB.8 ,en, 'Christ, let.: Christ len nilus. J)
RELIGION' CHRÉTIENNE. i67
nous ne pouvons pas prononcer DIVIN HmIAIN: cependant un ou
\teux dirent: Nous l'avons lu et nous l'avons écrit, mais néanmoin~
quand nous y pensions en nous-mêmes, cela n'était que des mots,
"dont nous n'aviol1s pas d'idée intérieure. VUI. Enfin s'étant tournés
vers les Catholiques-Romains, ils leur dirent: Vous, sans doute.
vous pouvez prononcer DIVIN HUMAIN, parqe que vous croyez q~~
dans votre Eucharistie le Christ est tout entier dans lePain et Je Vin,
• 'J
et dans chaque partie du Pain et du Vin, et qu'aussi vous L'adoreil
comme Dieu, Très-Saint, quand vous montrez les hosties et que - "
vou's,4
les portez en procession ; ~t en outre, comme vous appelez Mariç
ltère de Dieu (Deipara, Dei genitrix) , vous reconnaissez par co9~ .
séquent qu'elle a engendré Dieu, c'est-il-dire, le Divin Humain; et
alors ceux.-ci voulurent le' pl'ononce.r. mais parce qu'en ce mom~t
sllrvintl'idée matérielle du Corps et du Sang du Christ, et aussi la
foi que son Humain doit être séparé de son Divin, et qu'en· actùalÙé
, ~

il a été séparé chez le Pape, en qui a élé transféré seulement son


pouvoir Humain et non son pouvoir Divin, ils ne purent pas le pro-
nonc@r: et alors un Moine se leva, et dit qu'il pouvait -penser le
Divin Humain à l'égard de la Très-Sainte Vierge Marie,' et allssi'à
l'é~ard du Saint de son Monastère; et un autre Moine s'approcha
en disant: lIoi, d'après J'idée de ma pensée, que j'embrassè main-
tenant, je puis prononcer Divin Humain à J'égard du Très-Saint
Pontife plutôt qu'à l'égard du ,Christ; mais ,alors quelques-uns de~
Catholiques-romains le retirèrent en arrière et lui dirent.: N'aS-,ljf
pas de honte? - Après cela on vit le Ciel ouvert, et des Langqes
comme de petites flammes qui descendaient et influaient chez qqel-
ques-uns des assistants, et ceux-ci célébraient alors le 'DIVIN Hq-
IlAIN ou SEIGNEUR, disant: Rejetez l'idée de trois Dieux, e,t croyez'
Il 1" ...~ ,~l

que dans Le Seigneur habite eorporellement touLe la plénitude de I~


Divinité; que le Père ét Lui sont un, comme l'âme et le corps sont
~
un; et que Dieu n'est pas un vent ni un éther, mais qu'il est Homme,
, '

et alors vous serez conjoints au Ciel, Ilt par le Seigneur vous pour-
rez dire,JÉsus, et prononc'er DIVIN HUMAIN.
, 1t 2. T~OISIÈME MÉMORABLE. Un jour, m'étant éveillé d~~ rauror~7
je sortî~dàns le jardin devant l~ maison, et)e vis le soleil se lèver
dans soU ,~clatj' et tout autour de lui une ceinture d'abord légère~
et ensuite plus épaisse, comme resplendissante d'or, el sous son
i68 LA VRAIE
limbe monter une 'nuée qui, semblable à une escarboucle, brillait
'de la flamme du so[eÜ ; et alors je tombai en méditation sur ce què:
'd'après les fables de l'antiquité la plus reculée, on ~vait imagin~
'l'Aurore avec des ailes d'argent portant de l'or dans sa bouche.
Pendant que mon Mental se plaisait dans ces méditations, je devins
CR esprit, et. j'entendis quelques Esprits qui parlaient entre eux et
Îdisaient: Plùt à Dieu qu'il nous fût permis de patler avec ce Nova­
teur qui a jeté parmi les Chefs'de l'Église une pomme de Discorde,
'vers laquelle beaucoup de Laïques ont cou-ru, et, après l'avoir ra':'
massée, l'ont offerLe à nos yeux; par celle pomme ils entendaient
))n Op'uscule intitulé: EXPOSJ'TlON SOMMAIRE DE LA DOCTRINE DE LA.
NOUVÉU,E ÉGLISE; et ils dirent:, C'est assurément quelque chose de
SchislNalique à quoi' jusqu'à présent personne n'ava"it pensé; et
j'entendis alors l'un d'eux crier: Quoi! Schismatique? c'est Héréti­
que; majsquelques-uns à côté de iui dirent'en le repoussant: Tais­
toi, garde le silellce; ce n'est pas Hérétique, il'1allègue une foule de
passages de la Parole, auxquels nos étrangers, par lesquels nous en­
tendons les laïques, font attention et donnent leur assentiment.
'Comme j'entendais cette discussion, parce que j'étais en esprit, je
m'approchai ~t je dis: l'fe'voici,' qu'y a-t-il? Et aussit,ôt l'un d'eux, .
Iq~i, 'ainsi"quë'je l'ai appris pI8;"t!ard, était Alema,nd, natifde Saxe.
et avait parlé d'un ton' d'autorité," me dit: D'où t'est vertu l'audace
tle renverser le 'Culte affermi par Lant de sièclés dans le Monde Chré­
tien" culte qui a ponsÎsté à Invo'quer Dieu le Père'comme Créateur
Ile l'Univers, son("Fils comme Médiateur, et l'Esprit Sàint comme
fopérant? et 'toi,' tu !I.s~pares 'Ide 'n'~lre perso~nalité le Premier et le
'Dernier Dieu,' lorsque· cependant lë' Seigneur dit Lui-Même:
Cl Quand vous priez, ~riez ainsi: NOTIlE PÈRE, QUI ES DANS LES CIEUX:
'lS0IT 'SANCTIFIÉ T9N NOM! VIENNE TON ROYAU~IE ! » Ainsi, n'a-t·i! pas.
'été ordonné d'invoquer Dieu le Père? - Après qu'il eut prono'ncé
'ces moLs, il se fit un silence, 'et Lous ceux qu i étaient de son avis se
tinrent fermes, tels que des soldat~ coüiJageux sur des vaisseaux de
guerré à la vlle d'une flotte ennelllie, prêts à crier: Combattons
maintenant, la victoire est certaine ;' et alors je commençai à parler.
et"je di~: Qui1devous ne 'sait pas que Dieu est descendu du Ciel, et
'qu'il ~J été fai~)jo'mme:j car dQ li't: « La Parale était cliez, Dieu.
'et Di~u étatt la'Pb:role, et'..la Parole Ch'air a été faite? »ÇQui , de

1.,
.. ('~

RELIGION CHRÉTlE~NE ·169


vous ne sait pas - et je tournai mes regards vers le·s,Évangéliques
'parmi lesquels ét~it ce Dictateur qui m'avait interpellé - que dans
le Christ né de la Vierge Marie, Dieu est Homme et l'Homme est
Dieu? Mais à ces mots l'Assemblée fit entendre un murmure; c'est
'pourquoi je dis : Est-ce que vous ne savez pas cela? N'est-ce pas
conforme à la doctrine de votre confession, qu'on nomme FORMULE
. DE CONCOl\DE; où cela est dit, et est corroboré par plusieurs argu­
ments? Et alors ce Dictateur se tourna vers l'Assemblée, et demanda.
si elle avait connaissance de cela, et ils répondirent: Nous avons
peu étudfé dan~ ce Livre ce qui concùne la PERSONNE DU CHRIST
mais nous y avons sué sur l'Article de la JUSTIFICATION par la foi
$eule; cependant si on y lit cela, nous y acquiesçons; et alors l'un
d'eux, s'étant rappelé le texte, dit: Cela s'y lit, et de plus il est. dit
que la Nature Humaine du Chri,st a été élevée à la Majesté Divine et
~ tous ses attributs, et aussi qu'e le Christ dans cette Majesté est as­
sis à la droite de ion Pèl'e. Lorsqu'ils eurent entendu cet aveu, ils
se tur~nt ; après cet assentiment tacite, je pris de nouveau la parole.
~n disant: Puisqu'il en est ainsi, qu'est-ce alors que le Père sinon·
le Fils, et qu'est-ce aussi le Fils sinon le Père? Mais comme ceci
était encote désagréable à leurs oreilles, je continuai en disant:
Écoutez les paroles mêmes du Seigneur; si vous n'y avez pas fait
~ttention auparavant, faites-y attention maintenant; en effet, il a
dit: « Le Père et Moi nous sommes un,. le Père est en Moi et
Moi dans le Père; Père, toutes choses Miennes sont Tiennes,
. 1

'.et toutes choses Tiennes sont Miennes; qui Me voit, voit le


Père;» que dit-il autre chose par là, sinon que le Père est dans le
Fils et le Fils dans le· Père, ,et qu'ils sont un comQle l'Ame et le
Corps dans l'homme, et qU'aipsi ils sont une seule Personne; cela
iussi doit être conforme à votre foi, si vous croyez au symbole,
d'Athanase, où de semblables choses .sont dites; mais des passages
~ités, prenez seulement ces paroles du Seigneur: « Père, toutes
.t:hoses Miennes sont Tiennes, et toutes choses Tiennes sont
Miennes; » qu'est-ce autre chose, sinon que J.e Divin du Père ap­
p'artient à l'Humain du Fils, et l'Humain du Fils au Divin du Père,
-qu'eh conséquence dans le Christ Dieu est l'Homme et l'Homme est
Dieu; et qu'ainsi ils sont un comme l'âme et le corps sont un: t01lt
homme pe,ut. aussi dire la mê!ne"chose de son âme et de son corps.
1'70 . LA VRA.IE
savoir, toutes choses tiennes sont miennes, et toutes choses miennes
sOnt tiennes; toi, tu es en OIoi, et moi je suis en toi; qui me voit te
voit; nous sommes un quant à la personne et quant à la vie; et cela~
parce que l"âme est dans l'homme tout en tier et dans chaque partie
de l'homme, Jar la vie de l'âme eslla vie du corps, et il yale mutuel
~ntre eux: de la il est évident que le Divin du Père est l'âme du Fils,
et que l'Humain du Fîls est le corps du Père; d'où vient l'âme d'un
fils sinon du père, et d'où vient son corps sinon de la. mère? Il est
dit le Divin du Père, et il est 'entendu le Père Liji-Même, puisque
Lùi et son Divin sont une mêine chose, le 'Divin aussi est un et indi­
visible; que 6ela SOIt ainsi, on le voit encore par ces pal'oles de '
l'Ange Gabriel à Marie: " Une Vertu dl.(, T1'ès-Baut l'ombragera,
et un Esprit Saint-viendra sur toi, e~ ce qui naîtra de toi
Saint, sera appelé Fils de Dieu, • et un peu auparavant il est
'appelé Fils du T1'ès-Baut, .et ailleurs, ,Fils Unique-engendré;­
vous, au contraire, qui Le nommez seulement Fils de Marie, vous­
détruisez l'idée de sa Divinité, mais celte idée n'est perdue que par
les Savants d'entre les Ecclésiastiques et par1es Erudits d'entre les
L'aïques, lesqüels, 10rsql1'il$ élèvent leurs pensées au-dessus des
sensuels de leur corps; tegardenlla gloire de.leur réputation, qui
non-seulement obscurcit, mais encore éteint la lumière par laquelle
èntre la'gloire de Dieu. Mais revenons à l'Oraison Dominicale, où il
est dit: « Nolt'e Père' qui es dans les Cieux, soit sanctifié ton
Nom / vienne ton Royaume I l ) Vous, qui êl'es ici, vous en tender
par ces paroles, le Père dans son Divin Seul; mais moi j'entends le
Pète, Lui-Même dans son Humain, et cet Humain aussi est le Nom
du P~re, car le Seigneur a dit: Père, "glorifie ton Nom, c'est-à- ,
dire, ton Humain, èt quand cela est fait, c'est alors que vientlC'
Rby:iUme'deDieu, et cette Oraison a élé commandée pour ce temps,.
e'e.st-à'dite, afin qu'on s'adresse à' Dieu le Père par son Humain;
te Seigneur a dit aussi: CI Pm'sonne ne vient au Pèt'e que par
Moi; eL dans le P.rophète: cc Unenfànt nous est né, un Fils
al

nous'aété dottné,. ''son-Nom (esl) DIEU, Héros, PERE D'ETERNITÉ i »


et llill~urs: (c Toi 1Jéhovah riottlP'ère, notre Rédempteur, (lès
le'siècle'trin nom, )l et en ·ihiIle au'tr~s"edaroits, où le Seigneur no­
'é-'sanveui' est app~lé ;Jéhovah. Vo1ilà lil.'vétitable expliCation 'des
p~"oles de cette Prière:'Après qu'e reus afnsi parlé, je les regardasi
RELIGION' CHR1!;TIENNE i'H
attentivement, et je remarquai des changements de physionomies.
selon les changements d'état de leur mental; quelques-uns m'étant
favorables et me regardant avec attention, d'autres ne ,m'étant pas
favorables el se détournant de moi: et alors à droi te je vis une Nuée
couleur d" opale, et à,gàuche une Nuée noire, et sous ces deux nuées
comme une pluie, sous la seconde eomme une forte pluie des der­
niers temps de l'automne, et sousla première comme une pluie de
l'osée au commencement du prinptemps; et lout à coup d'esprit
que j'étais alors je fus remis dans le corps, et ain,si du'Mondespiri"""
luel je rentrai dans le Monde naturel.
t t3. QUATRIÈME MÉMORABLE. Je regardais dans le Monde des Es­
prits, et je visune Armée sur des Chevaux rO'ill'. et noirs; ceux qui les
mont.a'ient apparaissaient comme des Singes, tournés quant à la face
et,~ la poitrine vers les croupes et les queues des IChevaux, et quant
à l'occiput élau dos vers les épaules et les têtes; et Ires 'brides pen­
daient autOl'lr du cou des Cavaliers; et ils criaient contre des' Cava­
liersmontés sur des Chevaux-I blancs, et ils seco:uaient les brides
avec les deux mains, mais ainsi ils retiraÏ'tmt les chevaNx'ducombat;
el cela continuellement. Alor,s deux Anges descerrdirent 4u Ciel, ie~
ils vinrent à moi, et ils me disaient: Que vois-tu ?et je racontais que,
je voyais une cava!llrie bien ridicule, etj6'fis: ces :quesf.ions ::Qu'est­
ce que cela, etqui sont-ils? let les 'An~es répondirent: Ils v;i,ennerit
du lieu, qui ,est appelé dans 1:Apocalypse Armageddon, - XVI, 16,
- ' dans lequel ils ont été rass'emblës au n'ombre de quelques milliers
pour combattr:e contre ceux 'qui sont 'de la NouveIIeÉglise do'Seî­
gne.ur, appelée Nouvelle J.érusalem ; dans ce 'lieu ils parlaient de
FÉglise et de la 'Religion, et cependant chez eux il n'y avait rientle
l'Église parce "qu'ils n'ont 'aueun 'vrai 'spirituel ni rien deM
Religion, parcequ'ils n'ont 'aucun bien spir~uel ; ils y parlaient de
bouche et de lèvres, sur l'Une et'sur "l"au tre, mais le' étai t 'afind'1aVoit
par elles la domination ,; Hs Ont 'appris dans .leur jeunesse à cohfir­
mer l,a· Foi "seule, et quelques .propositions sur flieu, 'et Hs 'les ont
retenues quelque temps,!lorsqu'ilsont étéélévésà de plus éminentes.
fonctions dans l'Église; cependanl'comme';ils ont'alol's commenéé'à
penser,,·non plus à Dieu nilau Ciel, mais à, eux-,mêmes et'au Monde,
ainsi non à la béatitulie eliàla félicitéétetlilellès, ffiàis' à réminen~
et à l'opulencè teiDporelilts, ills ont rejeté ,hots Ides intérieurs du
172 LA VRAIE
Mental rationnel, qui communiquent avec le Ciel et sont par suite
dans la lumière du Ci'lll, les doctrinaux qu'ils avaient puisés dans
leur jeunesse, e~ ils les ont placés dans les extérieurs du Mental ra­
tionnel, qui communiquent avec le ,Monde. et sont par suite dans la
lumière du Monde, et enfin ils les ont précipités dans le naturel sen­
suel; de là les doctrinaux de l'Église chez eux ont appartenu seule­
ment à la bouche, et non plus à la pensée provenant de la raison,
et encore moins à l'affection provenant de l'amour; et comme ils.s8
sont faits tels, ils n'admettent aucun Divin vrai appartenant à l'É­
glise, ni aucun bien réel appartenant à la Religion; les intérieurs
de leur Mental sont ,devenus comme des Outres remplies d'un mé­
lange de limaille de fer et de poudre de soufre, dans lequel, si l'on
y jette de reau, il se manifeste d'abord de la chaleur et ensuite de la
flamme, ce qui fait rompre ces outres ;ipareillemenL ceux-là, quand
ils entendent quelque chose concernant l'eau vi"e', qui est le vrai
réel de la Parole, et que èela entre par leurs oreilles, ils s'embra­
sent et s'enflamment avec véhémence, et ils rejettent cela comme
un~\:cbose qui leur romprait la téte. Ce sont eux qui t'ont apparu
comme des Singes montés à rebours sur des' Chevaux 'roux et noirs,
a.vec les brides autour du cou,: parce que ceux qui n'aiment ni le
vrai ni le bien de l'Église tirés de la Parole, ne veulent pas regarder
la, partie antérieure du cheval, mais ils en regandent la partie pos­
térieure, car le. Cheval signifie l'entendement de la Parole, le Che­
val roux l'entendement d'ela Parole détruit quant au hieq, et le Che­
val noir l'entendement de la Parole détruit quant au vrai: s'ils ont
crié au combat contre ceux qui étaient mo.ntés sur des Chevaux
blancs, c'est parce que le Cheval blanc signifie l'entendement de la
Parole quant au vrai et. au bien; s'ils t'ont apparu tirer avec le cou
lllurs chevaux en arrière, c'est parce qu'ils craignaient le combat.
de p~ur que le vrai de la Parole ne'parvint à plusieurs, et ne se ma­
nifestât ainsi dans la lumière': c'est là l'interprétation.
Ensuite les, Anges me dirent: Nous sommes de la Société du Ciel,
qui e$t nommée Michel; et' nous,a'vons reçu du Seigneur .l'ordre dei
descendre dans 'le lieu ,appelé Armageddon, d'où s'èsl échappée la;
Cavalerie qué tu as vue: chez nou~, dans le Oiel, Armageddon signi­
fie l'état et l'intenti.on de combattr~ d'après des vrais falsifiés, état
et'intention qui ont .leur source'dans 'l'amour de dominer ct d'excel...
RELIGION CHRÉTIENNE t73
1er sur tous les autres; et comme nous avons perçu chez toi le dé:
sir d'~voir des détails sur ce combat, nous allons t'en donner quel­
ques-uns. Après notre descente du Ciel, nous nous approchâmes de
ee lieu appelé Armageddon, et nous les y vîmes réunis au nombre
de quelques milliers; toutefois nous n'entrâmes point dans cette As­
semblée, mais il y avait sur le côté méridional de ce lieu quelques
Maisons où étaient des Enfants avec leurs Maîtres; nous entrâmes
là, et ils nous reçurent avec bieoveillance; nous nous plaisions dans
leur comllagnie ; tous, quant il la face, étaient charmants d'après la
ie dans Ics yeux, et d'après le zèle dans le langage; la vie dans
les yeux .leur venait de la perception du vrai, et le zèle dans le lan­
~age, de l'affection du bien; c'est pourquoi nous leur donnâmes des
Toques dont les bords étaient ornés de tresses d'or parsemées de
perles, et nous leur donnâmes aussi des vêtements bigarrés de blanc
et d'hyacinthe: nous leur demandâmes s'ils avaient jeté leurs re­
. ~ards sur le lieu voisin qui est appelé Armageddon ; ils répondirent
qu'ils l'avaient regardé par une fenêtre qui était sous le toit de la
maison, et qu'ils y avaient vu une assemblée, mais sous diverses fi­
gures, tantôt comme des hommes d'un haut rang, et tantôt non plus
comme des hommes, mais comme des Statues et des Idoles sculptées,
et auLour de ces Idoles la Foule fléchissant les genoux; ils nous'
étaient aussi apparus à nous sous diverses formes, quelques-uns
comme des hommes, d'autres comme des Iéopards, d'autres comme
des boucs, et ceux-ci avec des cornes recourbées en bas avec les­
quelles ils creusaie~t la Lerre; nous donnâmes à ces enfants l'inter­
prétation de ces métamorphoses, en lem' disant qui elles représen­
taient et ce qu'elles signifiàient. Mais revenons à notre sujet: Lors­
que ceux qui avaient été assemblés eurent appris que nous étions en.
trés dans ces Maisons, ils dirent entre eux: Que font-ils chez ces
enfants? Envoyons quelques-uns de notre Assemblée'poOr les chas~
sel' ; et ils en envoyèrent, et lorsqu'ils furent venus, ils'nous dirent;
Pourquoi êtes-vous entrés dèlns ces l\faisons? D'où êtes-vous? Nous,
d'après notre autorité nous vous ordonnons de vous retirer. Mais
nous répondîmes: Vous ne pouvez pas donner cet ordre d'après unel
autorité; vous' êtes, il est vrai, à vos propres yeux comme des
Enakim, et ceux qui sont ici vous paraissent comme des nains, mai'sJ
néanmoins vous. n'avez ici aucun pouvoir ni aucun droit, si ce n'est .
ln LA. VRAIE
'par des astuces, qui cependant n'aUiront. aucune fo~ce; all'ez done
rappprler auxvôlres que nous avons été envoyé3 du Ciel ici, pour
examiner p.ar nptre visHe, si cbez vous il y.a de la Religion, ou non;
s'il n'yen a point" vous serez chassés de ce lieu; en conséquence
p~oposez-Ieur ce point., qui renferme l'Essentiel même de l'Église
e! de la Religion: Comment ,entendent-ils ces paroles dans.l'Ol'aison
D.ominicale': « NOTRE, PÈRE QUI ES DAN~ LES CIEUX! SOIT SANCTIFIÉ
TON NOM! VIENNE 'fON R!OYAUME ! >l - Dès qu'ils eUl'ent entendu ces
mots, \ls dirent d'abord : Qu'est-ce que cela? Et ensui:te: Qums
proposeraient Ce point ;' et ils s'enJ allèrent, et ils firent leur ~apport
aux leurs, qui: rép.oT)dirent: Que. signifie cela, e~ quelle est cette
,p.r9pqsHîon ? Mais nous comprenons l'arcane, 1 ils veulent savoir si
,çes, pa,roles confirment ,la voie de' notre foi vers Dieu le Père; ils
pi,rent donc: Ces paroles sont claires, il faut selon elles priel: Dieu
J~ Père, et comme le Christ est notre Médi'ateur·, il faut prier Dieu
le Père d'être propice à cause du Fils; et aussi,lôl dans leur indi- .
gnatjon ils' résolurent de. venir nous ~rouver el de nous donner de
vive voix celte. explication, disant même qu~ils nous tireraient les
,oreilles; e!fectivemel)t ils sortiren't. du,ilieu()ù ils étaient. et .ils en­
trèr~nt d,alls' un bo'cage. situé".p'rès ,de ces Maisons où se trouvaient
)~s,enf:lints av,ec leurs .maîtres;1 ,ettbu,milieu duquel iLy avait un Ter'"
,rainélev,é cpmn;J6 un,.théâù'e.po.ur des exerciees ; et ils se tenaient
,par J,e& ,mainll,J,apI.s: e9'ti'èr,ent dans ce théâtre, où nous étions, et où
nous",Ies a~t~ljdions ;.iLtY ava.itl là des tert.res de gazon formant
comme ,èe,petites cQUines, sur lesqueLs ils se plaçaient, car Hs se di­
1'ent ,l~s Jlns"aux al)tr,es: Nous ne, nous'tiendro~s pas debout devant
<CUl',t milis nous MUS ,assiérons, Et alors l'un d'eux, qui pouvait
prendr~ ,l'ap,pa,re!ICe d'un Ang,e de lumière, et auquel les autres
êvaient, en,joint de' nousi adresser la panole, nous dit: Vous nous
àyez ,propesé qJJe lnous: oU,Hions nos men Lais sur les premières pa­
~olesde l'ûnüspn ,of)Olinicale,' et de vou&expliquer comment nons
I~~,,, ent,endons; je vousildis ;donc que, n.ous les entendons ainsi:,
'1 fa~t, prier Dieu,Ue:. Rère,' et 'comme: le Chl1ist esl n'otre Mé-l-l
diii~~IJ'r. et quenQU\ ,sommes :,Sa.u.véLpar.SQTh .Mérite, il faut prier,
Dieij A~ Père .d'~près: la, foi. dans le' mérite, du Christ:' 'M'ais.
~lPliSj poqs leurl dimes: Nous sommes de la Société d~ Ciel, qui Qst
:wpe\ée . Mjc.hel. e~ nous àMonsl tté ~nvoyés pour visi,~er et examiner,
RELIGION CHRÉTIENNE n51

si vous, qui avez été assemblés d~n~ ce lieu, VO/.IS avez quelque Re;;-
lision ou non, car l'idée· de Dieu entre dans.tout ce qlïi e~t de la
rel.igion ; et par cette idée se fait la conjonction, et par la conjone,.,.
tion la salvation ; nous, dans le Ciel, nous llso~s tous les jours cette
Oraison, comme les hommes sur la Terre, et alors nous p.ensons•
. non à Dieu le Père, parce qu'il est invisible, mais à Lui dilDS. s~o.
Divin Humain, parce que dans le Divin Hllm~in il est visible~ et L,u,
dans. le Divin Humain est .appelé par vous leChrist, m~,s pal:.nous.!
le Seigneur, et .I~insi pour nous le, Seigneur est le Père.' dans les
Cieux; le Seigneur a aussi enseigné ,que Lui et le Père sont un ; que
le Père est en Lui et L.ui ,dans. le Père; que celui qui Le '~oit, voit le
Père; que perso.nne ne vient au père que par Lui,; e!,.aHssi que .Ia
volonté du Père est qu'on croie al! Fils, et que cel~i ,q!.li ·ne cr.oit
point au Fils ne voit 'point la Vie, bien plus que la colère,oe Dieu
l ~' )

reste sur lui; d'après çes passages il est èvident qu'on s'adresse au
Père par Lui et en Lui; et comme n'en est ainsi, il a e,nc,ore ense~­
gné que tout pouvoir Lui a.été.donné dans le Ciel et sl\r la Terre:
il est dit dans cette Oraison: «( SOIT SANCTIFIÉ TON NOM! VIENNE TON
ROYAUME ! l'~ et nous avons démontré d'après la Parol~ que le Divilli
Humain du Seigneur est le Nom du Père, et que le Royaume du
Père vient quand on s'adresse immédiatement au Seigneur, et nulle-
ment quand on s'adresse immédiatement à Dieu le Pèl'e; aussi est-
ce encore pour cela que le Seigne'ur a ordonné' à ses Disciples de
prêcher le Royaume de Dieu, et c'est là le Royaume de Dieu .. A ces ~!~"
mots nOil Antagonistes répondirent: Vous cit~z be\iL!COUP d!l pas-
sages de la Parole, peut-être les y avons,-nous l~~, mais nous pe
nous en souvenons pas, ouvrez donc dev~nt nous la Parole, etlisez-
les, principalement 'ceux .qui montrent que le 'Royaume du Père
v'ient quand. arrive le ,Royaume du Seigneur; et alors ils dirent aux
Enfants: Apportez la Parole; et ils rapportèrent, et nous y lumés·
cè qui SUIt: « Jean ]Jr~chant l'Évangile du Royaume, dit: Ac-
.compli est le temps, 'et s'est approché le ROYAU~IE DE DIEU" " -
l'tfarc, 1, 14, 15, Matth. III, 2. - « Jésus LJ-ti-Même pr,êcha l'É-
vangile du Royau.me, et que s'app1'ochait le ROYAu.m: DE DIE,u ...
- Mat(h. IV, 17,23, IX,.30. « Jé~u.s Q1'don":la à ses disciple~ <le
prêcher et d'évangéliser le ROYAU~lE DE DIEU. II - Marc, XVI, H)~

Luc, VlII, 1. IX., 60 '; ;;- p(l,rei(tem~nt.,a,ux soixant~ . . c!i7; qu'il


176 LA VRAIE
envoya - Luc, X, 9, 11, - outre ce qui est dit ailleurs, comme,
dans Mauh. XI, 5. 'XVI, 27,28. Marc, VlIf, 35. IX, 1" 27. X, 29~
30. XI, 10. Luc, l, t9. II, tO, H. IV, 43. VII, 22. XXI, 30, 3t.
XXII, 18. Le Royaume de Dieu, qui était évangélisé, c'était le. .
Royaume du Seigneur, et ainsi le Royaume du Père; que cela soit
ainsi, on le voit clairement par ces passages: Le Père a donne
<t

toutes choses dans la main du Fils . .. - Jean, III, 3D. - « 1 Lé


Père a donné au Fils pouvoir ,sur toute chair.) - Jean, XVII~
2. - « Toutes choses M'ont été livrées par mon 'père» - Malth.
XI, 27. - " Il M'a été donné to'/!,t pouvoir dans le Ciel et sur
Terre. » - Matlh. XXVIII, 18. - Et en outre par ceux-ci: « Jé­
llOvah Séhaoth (est) son Nom, et ton Rédempteur, le Saint d'Is­
raël, Dieu· de toute la Terre sera appelé. » ~ Esaïe, LIV, 5: ­
«Je vis~ et voici comme un FILS DE L'HonE, et., il lui fut
donné Domination et gloire· et royaume ; ,et tous les peuples et
les nations Le serviront, sa Domination (ser:a) une Dominat~on
du siècle laquelle ne passera point, et sonRoyaume (un Royaume}
qui ne périra point. » - Daniel, Vif, t3, 14. - '( Quand le
septième Anqe eut sonné de la trompette, il se (it des voix
grandes dans les Pzeux, disant: Sont devenUE: les ROY(J~{m(!~ du.
monde (ceux) de notre Seigneur et de son Christ, et il1'égnera
dans les siècles des siècle~. » - Apoc. X.J,J5. XIl, 10. -De
plus, nous les instruisîmes d'ap~~s la Parole, que le Seigneur es~
venu dans le Monde non-seulement pour racheter les Anges et leI>
Hommes, màis aussi pour les u~i~ à Dieu le Pèie par Lui et en Lui:
car il a enseigné qu'il est en beux qui croient en Lui, et qu'~ux sont
en Lui, - Jean, VI, 56. XIV, 20. XV,'4, 5'. - Après qu'ils eu...
rent entendu cela, ils nous demandèrent: Comment donc votre Sei­
gneur peuHl être ,appelé lë Père? Npus leur Qî~'es: D'après les
Jlassag'es ~qu} viennent d'être lu~, et encore 'd'apf,ès ce~>;-cï:,: Urt­
1 <t

Enfant nous est né, un Fils nous, a été donne, sdn Nom sera
âpp~'lé DIEU, HÉROS, PERE D'ÉTERNITÉ. » ....:.. Esa'ie, IX, 5 . - « Toi~
notre p'ère, Ahrah,am, né ~ol;k connaît, pas, et, Israël ne nous,
reconnaît pas; TOI, JÉHOVAH (tu es) NOTRE PÈRE, NOTRE RtDÉ~IPTEUR,
DÉS"LE SIÈCLE (é' est)' TON NOM. " ~. Esaïe, LXIlI, 16'. -:. N'a-t~il
pàs dit à Philippe qJi voulait v~ir le Père: « Philippe! ne m'as­
tu pas connu? qui Me voit, 'voit le Père. )1 ~ Jean, XIV, 9. XIJ~
RELIG,lpN ê~RÉTIENNE. J71
(~5; -dès lors quel,autre ~~t l,e.P~re, sinon c~l~ui q?e PhilipP,el vit
;de ,ses propres,yeux.? A cela ,n~u~,aJoRt~me.s: 1~. est dlt\~(lnS l~~t le
;MoDlle Chrétien, quel p~ux q~i, s~nt .~e l'~glise font le' Corps' du
4::hrist 1 et sont dans son Corps, comment alqrs l'homme .de l'Ê;glis8
~elJt-il s'adresser à pi'eule Père,' si1ce n'e~t B'~" gelui dans leë~rps
duquel il est? Autrement il sortira
. . "l, i. '"
entièrement.du
"' .•
corp's et s'en'ira• i, j J,l'

Enfin nous les informâmes qu'aujourd'hui le 1 Seigneur


• A • '" t
instaure la
.,;... 1 . ; ,1 ~.

~QUY~LLE, EGLISE, q~i est ent~~due d~rs I;Apocalypse p'ar la'Nou-


1ELI.E ,JÉRUSALEM, dans la~uel1eJl y ~ura le,cu,lte du Sei~neur sful,
~omme dans le Ci.el, et qll'~insi sera accompli tout ce qUt est
'~ontenu dans l' Oraiso.n .Dominicale depuis le commencmrient
• l " •., "
jusqu'à la fin. N,ous confirmâmes toutes ces choses d'après 1~\Pa-
role dans les ÉYan~é[jstes e.t .dansles Prophètes, et d'après'l'Ap'oca­
Jypse dans laqu'elle, depuis le commencement jusqu'à la fin, il s'agit
de celte Église, ,et cela, en citànùm si grand nombre de pàssages,
-qu'ils étaient fatigués de nous entendre.
Les Armageddoniens, qui 1l0US avaient entendus avec indignation,
1 • •

~vaieDt youlu de temps en, t~mps nous ,interrompre; ils y par\'in~ent


Enfin, et ils s'écrièrent: VOUS avez parlé contre la Doctrine de notre
Église, qui enseigne qu'il faut s'adresse~ immédiatement à Dièu le
'Père et croire en Lui; ainsi, vous vous êtes rendus coupables de.
'Violation de noIre foi, sortez donc d'Ici, sinon, vous sel'ez chassés:
et, enflammés de fureur, des luenaces ils eD vinrent à des efforts;
:~ais alors d'après 1a puissance qui nous avait été donnée nous les
frappâmes de cécité, et par suite ne noùs \'oyàn't pas, ils sortirent
précipitamment, et dans leur égarement ils couraient ça et là!, et
·.quelques-uns tombèrent dans l'abîme, don! il est parlé dans l'Apo­
·calypse, - IX, 2, - lequel maiiitenant est dans la Plage méridio­
naJe vers l'Orient, où sont ceux qui confirment la justification par
la foi seule; el là ceux qui confirment cette foi d'aprèsl~ Parole
sont envoyés dans un désert, où ils sont portés jusqu'à l'extr'émité
, ,du Mo.nde Chrétien, et confondus
.
avec les païens.
, .1

DE LA',., RÉDEMPTION.

t 14. Que dans le ~eignéur il y ait deux Fonctions, la Fonction


. &A<;~IlDOTALE, et la F~nctionJioY.\LE, cela est connQ. ~ans l'Jtglïse.
\ .\ . ,) ,. ) ~ , • • l,

L • 42
'.J 78 LA VRAIE
mais 'il en est peu qui sachent en quoi consiste l'une et en quoi con­
. siste l'autre, il faut donc le dire: Le Seigneur, d'après la Fonction
Sacerclotale, a été appelé JÉsus, et d'après la Fonction Royale,
CHRIST '; et aussi d'après la Fonction Sacerdotale, il est nommé dans
la Parole Jéhovah et Seigneur, et d'après la fonction Royale, Dieu et
Saint d'Israël, et aussi Roi: ces deux fonctiops SOIlt distinctes en­
tre elles comme l'Amour et la Sagesse, ou, ce qui est la même­
chose, comme le Bien et le Vrai entre eux; c'est pourquoi lout ce·
que le Seigneur a fait et opéré d'après le Divin Amour ou le Divin.
Bien, Hl'a fait et opéré d'après sa Fonction Sacerdotale; et tout ce
qu'il a fait et opéré d'après la Divine Sagesse ou le DiYinYrai, jll'a
fait et opéré d'après sa Fonction Royale; dans la Parole aussi Prètre,
et Sacerdoce signifient Divin Bien, 'Iandis que Roi et Royaulé signi-·
fient Divin Vrai; les Prêtres et les .Rois dans l'Église Israélite re­
présentaient ce Bien et ce Vrai. Quant à ce qui concerne la Rédemp­
tion, elle appartient à ces deux Fonctions; la suite montrera ce qui
appartient à l'une et ce qui appartient à l'autre. Mais pour que cha­
que chose SOiL perçue distinctement, l'exposition en sera divisée pal'
Sections ou Articles" dans l'ordre suivant:
1. La Redemption même a été la subjugation des Enfers et
l'ordination des Cieux, et pa,· l'une et l'autre la préparation a'
une nouvelle Église spirituelle. '
II. Sans cette Rédemption aucun homme n'aurait pu êt1'e­
sauvé, et les Anges n'auraient pu subsister 'dans t'état d'inté­
grité, ,
Ill. Ainsi le Seignem' a racheté non-seulement les hommes>,
mais aussi les Anges.
IV. La Bédemption a été une œuvre pw'ement Divine.
V, Cette Rédemption elle-même n'a pu être faite que pm'
D~~rn~. .
vi. La Passion de la croix a été la der11iè1'e Tentation q'lfe le
Seigneur a subie comme Très· Grand Prophète,. el elle a été le
moyen de la Glorification de son Humain, c'est-à-dire, de l'u­
nion avecleDivin de son Père, mais elle n',a pas,été la Rédemp­
tion,
VII. La croyance que la Passion de la, croix a ~té la' Rédemp­
tion même, est l'erreur fondamentale de l'Église,. et cette er­
RELIGION CHRÉTIENNE t ";9
reur, jointe à l'erreur sur les trois Personnes, Divines de tO'Ute
éternité, a telleme'flt perverti toute l'Église, qu'il ne reste rien
de spirituel en elle. ­
}I:lintenant chacune de ·ces propositions va être développée en
:particulier.
H5. I. LA RÉDEMPTION MI1JME A ÉTE LA SUBJCGATION .DES ENllERS
ET L'ORDINATION DES CIEUX, ET PAR L'UNEET L'AUTlIE LA PRÉPARATION
A UNE NOUVELLE ÉGLISE SPIRITUELLE. ,~,

Que ces trois opérations constituent la Rédemption, je peux le


dire en toute certitude, puisque le Seigneur opère encore aujour­
d'hui la Rédemption,-qui a commencé dans l'Année 1707, en même
temps que le. JUGE&1ENT DERNIER qui a été alors fait; depuis èette
époque celle Rédemption a continué jusqu'à présent; et cela, parce
qu'aujourd'hui, c'est le SECOND AVÈNEMENT DU SEIGNEUR, et qu'il doit
être institué une Nouvelle Église, qui ne peut être instituée, il moins
d'être précédée de la subjugation des Enfers et de l'ordination des
Cieu"x ; et comme il m'a été donné de voir tOllles ces choses, je peux
décrire comment les Enfers ont été subjugués, et comment un Nou­
veau Ciel a été fondé et ordonné, mais ce serai t le sujet d'un' ou­
vrage entier ;" toutefois, dans un Opuscule imprimé à Londres, en
1.708, j'ai dévoilé comment le Jugement Dernier a été accompli. Si
la subjugation des Enfers, l'ordination des Cieux, etl'inslauration
d'uue Nom-eHe Eglise ont constitué la Rédemption, c'est parc&que
sans ces trois opérations aucun homme n'eut pu être sauvé; elles se
suivent même en ordr'e, car il faut d'abord que les Enfers soient
subjugués, avant qu'un Nouveau Ciel Angélique puisse êlre formé,
et il faut que ce Ciel soit formé avant qu'une Nouvelle Eglise puisse
être instituée dans les terres; car les hom.mes dans le Monde ont
été iellement conjoints aux Anges du Ciel et aux Esprits de l'Enfer,
qu'ils font un de part et d'autre dans les intérieurs des mentais:
ma.is il sera traité spécialement de ce sujet dans le dernier Chapitre
de cet Ouvrage, où il sera parlé de la CONSOMMATION DU SIECLë, de'
l'AVÈNEMENT DU SEIGNEUR, et de la NOUVELLE ÉGLISE.
H6. Que le Seigneur, quand il était dans le l\'Ionde, ait combattu
contre les Enfers, et les ait vaincus et subjugués et qu'ainsi il les ait
soumis à son obéissance, on le voil par un grand nombre de ,pas­
sages dans la Parole, je vais en présenter quelques-uns; il est dit

5.(,'
'180 LA VRAIE
dans Esaie: « Qui (est) celui-ci qui vient d'Edon;les habits
teints, de Bozra, celui-ci honorahle, Jans son v8tement, mar­
chant dans la multitude de sa force? (C'est) J.Jfoi, qui. parle
dans la justice, grand pour sauver. Pourq!.loi rouge en ton vê­
tement, et ton habit comme (celui) d'un fouleur au, pressoir?
Au pressoir j'ai foulé seul, et d'entre le peuple nul homme
avet Moi; c'est pourquoi je les ai foulés dans ma colère etfe
es ai écràsés dans mon emportement, de là a été répandue
leur victoù'e sur mes v~tements, car le jour de la vengeance
(est) dans mon cœur, et l'année de mes Rachetés est venue,
mon bras Ma procuré le salut; j'ai fait descendre en terre
leurvictoù'e, Il a dit: Voici, mon peuple, eux, des fils; c'est
pourquoi il est devenu pour eux Urt Sauveur '; à cause de.son
amour et a cause de sa clémence Lui les a rachetés. .. -.LXm,
'1. à 9. - Ceci a été dit du combat du Seigneljr contre les Enfers;
l)ar le vêlement dans lequel il était honorable et qui était rouge.
il est entendu la Parole,à laquelle le peuple Juif avait fait violence;
le combat même contre les Enfers, et la victoire sur eux, sont dé­
crits pàr ,ces mots: « Il les a foulés dans sa colère et les a écr.asés
dans son emportement; » par ries expressions: « ·D'entre le peuple.
Dul homme avec l\loi; mOD·bras M'a procuré le salut; f'ai fait, des:"
cendre en terre leur victoire, » ïl est décrit qu'il a combattu Iseul
et d'après la propre puissance; par celles-ci: « C'est pourquoi il
est d~\\enu pour ·eux un Sauveur; à 'cause de son amour et à cause'
de sa clémence, Lui les a rachetés; »'il èst décrit que c'est par là
qu'il les a sauvés et rachetés; par celles-ci: « Le jour de la \'en­
geance est dans mon cœur, et l'année de mes Rachetés est venu,", ,.
l est entendu que ce fut là la oaU5e de son avènement. De nouveau
dans Esaïe: Il 'vit qu'il n'y avait person11:e, el il fut étonné .
K

qu'il n'y eût point, d'intercesseur,. c'est pourquoi son bras ~ui
p rOCU1'a le Salut, et sa Justice le soutint; de la il r.ev~#lla Jus­
tice comme cuirasse, et le casque du Srllut sur sa· tête; e"t. il re­
v.~tit des habits de vengeance l et se cOUl.'rit de zèle comme'd'un
manteau. Alors vint a rSùm'le Rédempteur. » - LlX, 16, n,
20. ·-Dans Jérémie:\ u Ils font été consternés'; leurs (hommes}

lorts)'ront ét'émeurtr,is J il$,on~ p"is la fuite, elne se ~'()n~ppint

retoumés. Ce ,jour-là (e51),pour .le $eigneu'l' JéhfJvih ·SélHtoth

RELIGION, CHRÉTIENNE. t8t,;,


U1Z'jOU'!' de vengeance, pOUl/' tirer. vengeance. de. ses ennemis t
pou'!' q'ue. l'êpéè' dévore ,et soit,rassasiée. n - XLVI, ~Î, i 0:; """'"'"
ces~deux, passages- traitent du combat du Sei,gneur'contre les.Enfers;
el de,la victoire. remportée sur eux. Dans Dav,id.; « Ceins ton épée.•
sur (ta~ cuisse, & Puissant,. tes traits (sont) acérés, lespeuple.s
sous Toi tomberont, (ceux qui sont) de cœur ennemis du Roi.
Ton Tr&ne (est) pour le siècle et pow' l'éternité,. tu' as aimé la
Justice., c'est pourquoi, Dieu Ta oint., .. ..,.... Ps. XLV, 4 à"8; ~
et en outre dans beaucoup d'autres passages. Parce que le Seigneur
a vaincu seul les Enfers sans le ,secours d'aucun A.nge, c'est pour..
cela qu~il est appelé: HEROS et HaMME DE GUERRES,; - Esaïe, XtII-,.
t3. IX, 5; - ROI DE GL.OIRE, J.ÉHOVAH·LE F'()RT, LE' HÉROS DE GUE~R~;
- Ps. XXIV, 8, iO; - LE FORT DE JAcon, Ps. CXXXH, 2; - et t
dans plusieurs passages, Jéhovah Sébaoth, c~est.,à--dire, Jéh0v~ah,
des Armées: l'Avènement du Seigneur est aussi noI't;lm'é le JOURDE
JÉHOVAH, jour terrible, cruel, d'indignatio1(l" d'emportement,.dC' .
colère, 'de vengeance, de destruction, de guerre"de,clairon, de
hruit éclatant, de tumulte, etc. Dans les Évangélistes onllil,ces,
paroles; «C'est maintenant le Jùgement de ce m'Inde, le Prince
de ce Monde va être jeté dehors. » - Jean, XII, 31. -, " he
Prince de ce Monde est jugé.» - Jean, XVI, il. - « Ay.ez
confiance, j'ai vaincu le Monde.» - Jean, XVI, 33.. -,-(( J'ac
v,u Satan comme un éclair tomhant du ciel. » - Luc, X, i 8 ;
- pa·r le Monde, le Prince du monde, Satan et le Diable, il est en-
tendu l'Enfer. Outre ces passages, il est décrit dans l' Apocalypse" d~
puis le commencement jusqu'il la fin, quelle'est l'Église chrétieDnea~.,
jourd'hui,et aussi, que le Seigneur doit venÎr de nouveau, qu'il subju::-
guera les Enfe'rset fera un Nouveau Ciel Angélique, et qu:ensuite
il instaurera une Nouve11e Eglise dans les terres. ToIltes,ces.chos,es
y ont été prédites, mais elles· n'ont été dévoilées.qu'aujourd'hui ; e~
'calaL parce que l'Apocalypse" ain~i que Lous les prophétiques dela
Par-ole, a été écrite par de pures Correspondances; si ces. pl'ophéLi...
ques n'av.aient pas été dévoilés par. le Seignèur, à peinequ,elqu'un,
au-rait-i1 pu en' saisir convenablementj un. seul petil verse./.; mais "
. m~intenanl ilsi i)nt to".s été dévoilés, en fa.v.e,ufI<\e la Nouvelle Église,
dans l~A:poCALYPSE RÉVÉJ,.ÉE, ouvTage imprimé.à Amsterdam·eDIi 766:,,~
el' serontvu8 par ceux qui-croient à la Parole que le Sej~neUt; a'iprOrT,
182 ., LA VRAIE
noncée dans Matthieu, Chap. XXIV tout entier, sur l'état de l'Église
d'aujourd'hùi, et sur Son Avènement; mais cette foi vacille seule­
ment encore chez ceux dans le cœur desquels la foi de l'Église .
d'aujourd'hui sur la Trinité des Personnes Divines de tOllle éternité,
et :sur la Passion du Chri!lt comme étant la Rédemption même, a
été..imprimée si profondément, qu'elle ne peut être déracinée; mais
ceux~ci, ainsi qu'il a été dil ci-dessus dan!lle Méll)orable N° Ha,
sont comme des outres remplies d'un mélange de limaille de fer et
de -poutire de soufre, dans lequel, si on y jette de l'eau, il se manifeste
d'a'bord de la chaleur, et ensuite de la flamme, ce qui fait rompre les ou­
tres ide même eux, quand ils entendent quelque choseconcernantl'eau
viv~, qui e~t le vrai réel de la Pamle, et. que cela entre par les yeux
ou ,par les oreilles, ils s'embrasent et s'enflamment, et ils le rejet­
ten~comme IIne chose qui leur romprait la tête.
117. La subjugalion des Enfers, l'ordination des Cieux,; et ensuite
l'ir.stauration de l'Église, peuvent être illustrées par diverses cam­
, paraisùns; elles peuvent être illustrées par ùne comparaison avec
une'Armée de brigands ou de rebelles qui s'emparent d'un Royaume
ou '.d'une Ville, et y incendient les maisons, dépouillent les habitants
de 'leurs biens, se partagent entre eux le butin et elisuite se réjouis­
sent- et se glorifient, el la Rédemption el1l~-même pèut être illustrée
1

par comparaison avec un Roi juste qui attaque ces brigands avec
son Armée, en passe uhe partie au fil de l'épée, jette l'autre dans
des prisans, ,leur enlève le bUlin, et le re9titue aux habitants, puis
rétablit ('odre dans le l\oyaume et le met à l'abri d'une pareille 10­
v3sion. Ge sujèt peut aussi être illustré par une comparaison avec
une troupe de bêtes féroces qui sortent des fôrets et se jettent sur
les troupeaux de menu et de gros bétail, et au!\Si sur les hommes,
ce' 'qui fait que l'h'omme n'ose sortir des murailles de sa ville, ni
.cultiver la terre, d'où il résulle que les campagnes seront désertes,
etflque les citadins périront de famine; et la Rédemption peut être
illustrée par 'lIa destruction et l''expulsion de ces bêtes féroces, et
p:1t111a protec,tion de.s champs contre une nouvelle invasion. Ce su­
jet! peut encore être illustrél par des sauterelles qui dévorent toute'
la,<verdure de la terre; et par les moyens employés pour 'qu'elles ne
fassent pas~ d~autl'es 'ravages: pa'reillement par les i..~e.c!.es qui', ·au
commencement deI l'été;' priven 't les arbres' d'e fe).lilles, et Ipar 000­
RELIGION CHRÉTIENNE {83
:' l'

~équent aussi de fruits, de sorte qu'ils sont nus comme au milieu de


1
l'hiver, et par la destru.ctiotl de ces insectes" et, ainsi par le réta-
ihlissement du jardin dans son état de fleuraison et de fructificatioD.
[llien serait de même de l'Eglise, si le Seigneur n'eût pas par la Ré-
demption
:r
séparé les bons d'avec les mécha'nts, et n'eût pas jeté ceux-
ci ~ans l'Enfer, et élevé .ceux-là dans le Ciel; que deviendrait un-
Empire ou un Royaume, où il n'y aurait ni justice ni jugement pour
'~n~llver les méchants du mifieu des bons, et protéger les bons COD-
t~" les violences, afin que chacun vive en sécurité dans sa maison,
·et soit,
,. ainsi qu'il est dit dans la Parole, assis tranquille sous son
figuiFr et sous son cep? .
q\S. II. SANS CETTE RÉDEMPTION AUCUN HOMME N'AURAIT PU
Ê;R,' SAUVÉ, ET LES ANGES Ci' AURAIENT PU SUBSISTER DANS L'ÉTAT
1> IN'JiÉGRITÉ.
il 'rera d'abord dit ce que c'est qu~ la Rédemption: Rachetér sÎ-
.gn!fie délivrer de la damnati,on,exempter de la mort éternelle, ar-
Tach~r de l'Enfer, et arracher de la main du diable les captifs et' les
enqpfaînés ; c'est ce qHi a été fait parle Seigneur, en ce qu'il a sub-'
jugu~les Enfers et fondé un nouveau Ciel: que l'homme n'aurait
pas, ~p être sauvé autrement, c'est parce 'que le Monde Spirituel et
le Monde naturel, sont tellement liés, qu'ils ne peuvent être séparés,
:surtout en ce qui concerne les intérieurs qui sont appelés âmes et.
mentaIs, ceux des bons sont liés aux âmes et aux mentaIs des anges,
~t ceux des méchants aux âmes et aux mentais des esprits infernaux;
\' .
il ~ a une telle union, que si les anges et les esprits se retiraient de
{l'homme, l'homme tomberait mort comme une souche; el de même
les,. anges et les esprits ne pourraient subsister si les hommes leur
étajent soustraits. D'après cela, on voit pourquoi la Rédemption a
>été faite dans le Monde spirituel, 'et pourquoi le Ciel et l'Enfer ,ont
-dû, être mis en ordre,.,üvant que l'Eglise puisse être instaurée da~s
les ,ferr!ef- : que cela f-oit ainsi, ont le v:oit 'clairemen't,d~ns l'Apoca-
lypse, en ce. que la Noùvelle Jérusalem, qui est la Nouvelle Église.,
,es~,descje?due du Ciel, après que le Nouveau Ciel eut ét~ formé. -
XXI, t,.2.
'~11;~. Que,lles Anges n'allraient p.as pu subsis.ter dans l'état d'inf~
:grité..,si ,lia, R~demption n'avait pas été faite ,par le Seigneur, c'est
parce, que l~ Ciel Aqg,éliqu~ ,t(lm em,tier avec l'Eglise dans les ter~es .
18i', , LA' YRA1E' '
est !de~~nt'lé s~i'i~é\~r corntr}e' u'n séul Hômmi;'d'obit Ile Ciel Ang~n­

quë' co~stil~e l'Interne, ei l'Eglisél'Externe; ou plus spêeialemerit.,

, dont, le Ciel s~pr,ême C})DSlilue la 'T~te: le se~'onldetle dernier Ciet'

la ~oilrineet la MoyeilD~ Régiol1 dJ'corps,'etl'Eglis'e dans les' ter~

res ~es,' .~orpbes ,el les Piedsj ~:t,,!~ s~ig~é~r h~i:M.ême est':' ~~~ et:
JaVIe de tout cet Homme; SI donc le SeIgneur n eut pas fait la Ré!..
de~~tionl: ('el Hommeedt élé déll~llh ;' il é~i délruit qu~nt aüx'Pf~llsf
et ;ux Lombes lorsque' l'EgliseQda'nsllës' tèrres'se relire, quant à l~l j
, j 'J " ,,"., , , 1 . . " , 1
Répion gastrique l~rsque le Dernier Ciel se retite, quirit à la Poi­
trine lorque le Second Ciel se re"fire, et alors la Têlé, n'ayant poiJ
de correspondance avec le Corps, tombe en défaillànce. liais c~a'
va ~ire illustré par des comp'âr~rs'dhV: ,Oti!lOdla sabgrèn~ ânIPf~~'
de~ pieds, elle monte p~ogressivemeni, et' elie corrompt d"abord l~eS:
l~~bes, eI)suite les, visc~,~~s df 1',~f?olJl~,n! e~ enfi~ les p~'rtiekJ~!J
smes du, Cœur, alors l'homme, amsl ,qu Il est ncHOlre, sudéomOa et
me~l't. èela l p'J~t aus'si élie mJstré par u'ne comJaraison ave'C~es~
maiadies d~s vis'c~r~s' qlii ' SQrii' ~u·des,s(jus dll'Dia'phragme': Quajd
ces v'iscères déRé~bsènt, l'e!Cœu~j cdinrrlence à 'pal'piter et'fe Pouth~D!
à h~leter fo'rlenlertt , et' enfin totii lub'\lven\ei'lt ce~sE\'. Cêla peul' !l.J~si:
i

êt;e~ ill~stri p;~ une ~~mpat~'i~on a'Vèc l'lldrHffi'é' Interne et l"hofiÎfue­


ExJ~?ne :, L'lîomme In~ern'e s~ pPr:lê bi~n, ta~îlqtlgl;h~mme' Exte~ne
relbplit ~es fonctioti~ttiv~c obéi's~~nbë ; si au con ltàire, l'flOmrrie 'Ex'.::. '
terp'c n'6bêii polnt nia1's'tési'ste, si de p\Js if ~ilaijti'e l'hoh'lIn'é In­
Jl
terne, al.o;;' l'homme Ihîkrge é;i ébranlé et en'frn' privé des ~laisirs.
de l'ho'~ui~ ÛterQe, j!rs9u'à ce qu'il de\~ietllle favorable à l'hom'rné
E~.te'rnJ
1 f -
eL soit d~ sôn
1 " ,. 1
avi~.1 tej~ péûi '1encore è(rè'; illustre par corn':
( 1 , 1 ' l'~ ~ ~.
paraison' avec un homme qul se tenant sut une l\f(jDta,gne, voit au­
dessoù'~ de lùi les t~rt'~s inon'ii~e's' 1 et les e~üx monter s'uccé'sSlV'e­
ri!';, ;J ,_~ l'. l't '.~"\I\ ,t " ~1il f~l .. ~ ' . '.' "f~
"
ment; quand elles arrivent a la hauteur oa Il se tIent, Il est aussI
lui:'l~êm~' jinondé. s'fl ~el pe1Je pou~ofr"à Sdn sMu(p'ar un'è'bàrqiie
qui vienne ~' lili Jil~ les ê~ùx: P,~téflIetb'èIh!' sîqluilqu'liri du JJ'auc'
d'ù'ne .M~ntagn\e vofl,Nô brolui\I'~rd'l~pal's' àfeVe'r a~'phis eb pl'us dé:
-. ,l'~''IQ "fll't III Il ,'l'llln,, il i"l',I""l)' ;'J t j " 1'·, ;[,\ ~
la terre et couvrir les campagnes, les vlfla5êS' eL es vIUes ; 'l.uanu
ensuite'rce brouillard parvient jusqu'à ,lui, H ne voit rien; ihl'e' ~è,
YO-I~l· p'la~ ~I(~n p\u~ I/~!i~d[trii~ b% Il esr: 'SelHbl'aMê 6I~o'se a+ri~el1aù'x
~8a 'ri" ','l'''/'~' jl.lil·"l','l1l;J"U"l'~ii\" ,J, l "'!;Ji
~I!i~~~,~lprf~ue ,l'~~ll~~ aan~ les lterre~ ,pé'rl~, al,o;~, ',U~SI les' ~I~?~
lDférleurs s'en vont; eJ céla, parce q8é les Cieux sdnt comp'osês:
RELIGION CIÜ\ÉT,iENNE . 1Bk.:
d'homm'es venus'de la tèrre, et que, lorqu'il nèlr~ste'plus'aucdnl
biell' du cœbr' ni aucun vrat 'de là Parole, les 'Cieux sont inondéspar
le§ maUx qui s'élèvlmtl el ils en sont sulfoqués CO'n'lI'ne pai' les eaux'
dUI styx'; mais toutefois ceux qui les habitent sont cacliés eÏl qu'el;;
què endroit par le Seigneur, et réservés poùr1le'jour du Jugeineïit,
dern'fer; et'alors ils' sorit élêvés dahs.ün Ciel'NiHiveau; ce sont e.ux
qui sont entendus dans Ices 'passages de l'Ap'ocalypse: Cl Je vis sous'
1 Autel les âmes de cet/,x qui avàie'nt été tues pour' la Parole d,JI
Diëu, et pour le Témoignag'e qu'ils' avaient; et ils criàient
d'une voix graride~ èlîsant: Jusques à' fJuand, Seigneur, qui
,es)Saïnt et Véri~aôle, ne juges-tu point, et ne venges-tu point
notre, sang' sur ceux qtii habitent sur ta TèTre? et il leur luf
donne à chacun des roôes blanches, etiUeùr fut dit qu'ils'se re.:.
posassent encore uri peu de tèmps, jusqu'd ce que lussent au­
complet, et leurs compagnons de service et'lem's (rèreS', qui de­
vâïént Ùre tués comme eux. ). - VI, 9, lO, H.'
f20. Sans la Ré'iféntption par le Sèigftèùr, l'iniqiiilé et la méchan­
" ceté se répa'odraient dans t&ut-e la Chrétienté dlins' l'un et J'autre'
M6nde, le Natùrel,et le ~'Spirilüell; il Ya de cela pllJsleurs raisbns.
parmi lesquelles se trouve celle-ci: Toul homme 'après'la mort vierit
d;fns le MohUé 'des esprit~, et alors'il' est absohimenl semblable à ce
qù"ll éta'it a'uparav~n(, et en y eli(i'ant' nul' ne peut être empêché de­
converser a\lèè ses parents, ses frères, ses al1ié~ etlses amis, m'oris
avan t lui; al~r~ 'chiHjue' mari cherdie d'abord SolI épouse, et cha­
que épouse SOr( mati. et OD' es~ introduit par les uns et les autres '
dans diversès réuÎlion's d'Espri1ts,' qui' au dehors apparaissent'comme'
des brebis,' et sont au dedans comme d'es loups, et' par eux sont per­
vertis ceJx niême qui' s'étalënt adonnés à la piété; p'a'r suite, e~
d'après des arHficés aôonlinables iIiconnu's dans le Monde riaturel:,;
ce~Morid'e-là a été ~mrli d>'esprits malins; comme ml' étang vehJâtte
es~ rempli d'œufs ete grenotiH~s'; qbe lâ fr'éqltent:Hi'6n des méchants
y pro'dmse êet êffèl; b'est ce qU'i p'eut êt~e reM~' é~id~nt pitt l'es"
exempres sUivants: 'Si q'uèl'qu"in 'reste avèc d~s'vol~ti'rs' ou ,dvec dlés
pirate's~ il d~viel'lt enfin se!ntlabJ~"~ eux; si'quèlqû"hiJ habite a'Velf
des adultères et' des' p1rostituées, il fin'ft p'ar règardèr l'adultère
coinm~ fien ; si ~ùeJ41J"ori 's€! mèle avel>'oouÏ qu:j so'tit rêvottés conttè
les lois, iIfinh 'p'ar cari~Hl~r'er côlii'me rien d~:lgir avèc "iolence COI­
:1.86 LA· VRAI~

tre, le prem ier venu; en effet, tous les maux sont contagieux, et peu­
vent· être comparés à la peste qui se communique par la seule aspi
ra~i,on et par la seule exhalaison; et aussi à un cancer ouà une ~aD\~
1
grène, qui se glisse et met en putréfaction ,les parties voisines 'et
successivement celles qui sont plus éloignées:, jusqu'à ce que tout
le corps périsse; les plaisirs du, mal, dans lesquels chacun naît, 'en
sont la cause. D'après ce qui vient d'ètre dit, il est maintenant évi­
dent que, sans la Rédemption par le Seigneur, aucun homme ne "\
peut,être sauvé, et que les Anges ne peuvent 'Subsister dilns l'état
d'intégrité: l'u'nique re~uge pour ne Pl:lS périr" c'est de s'adresser'
'au Seigneur, car il dit: (( Deme1fl;ez en ~foi, e~ MOl en VO'l{S ;J.
cOlflme te sarme,nt ne peüt porter du fruit par lui-même, s'il ne
demeure dans le cep, de même vous non plu~, si en Moi voûs ne~)
demeùre.z: Moi, je suis le Cep, vous, les sarments; celui qui
demeure en Moi, et Moi enfui, celui-làporte du fruit beaucoup, .
parce que sans Moi vous 'fie pou'vez faire rien: si que.fq~'un ne
demeure pas en Moi, il est jeté dehors, et il devient sec, et dans
le/eu on le jette, et il est brûlé. » - Jean, XV; 4, 5, 6.
121. III. AINSI LE SEIGNEUR A RACHETÉ NON-SEULEMENT J.ES
HQI1lIIES, MAIS AUS,SI LES A,NGES.
C,ela est une conséquence de ce qui a été dit dans l'Article précé­
d~~.t, que sa,lls la Rédemption par le Seigneur les Anges non plus
n)uraient pas pu subsister,; aux causes ci-dessus présentées se J
joignent,celles-ci : 1"~Au temps du Premier Avènement du Seigneur ':
le~ Enfers s'étaient accrus par le haut, au point qu'ils remplissaient
tO\I}t le Monde des Esprits, qui tient le milieu entre le Ciel et l'Enfer,
et qu'ainsi non-seulement ils portaient la confusion dans le Ciel qui
~~tJ appelé le dernier Ciel, mais qu;iJs attaquaient aussi le Ciel mo­
j'eH en l'infestant de mille manières; si le Seigneur ne.l'eût sou-')
tepu" il allait ,à sa destructio,n. Une telle attaque des Enfers est en­
tendue pa'i la Tour~l,evée dans la terre de Schinéar, sa ,tête de~ait
al~er ju~qll'au. Ciel, mais les efforts 'd,e ceux qui I~ cOI)struisaient fu-.
r~Dt, arr.êtés. par la cqnfusioD;.dé~ I~v,r~s, et eux-Il!êmes furent dis­
Pws~s, et la Yi):le fut. n0'!lmé Bab~l, - Gen, X,l,.1 il 91 ; ~ ~e qWJ
-es.,~ entendu dans ce ,passage nar.;lat,Tour, et par lafcoJ'lfusion des l~­
vres, a été ,expliqué dans les ARCANES 'CÉ,LESTES ,im,pri~és fr.Lo,ndres.
Si les Enfers se sont accrus jusqu:à u,ne teUe hauteur, ·,ce"ftJ,t parce.,
RELIGION CHRÉTIENNE. 187
que, au temps où le Seigneur vint dans le Monde, tout le Globe s'é­
tait entièrement éloigné de Dieu, par les idolatries et par les magies,
et que l'Eglise, qui avait été chez le fils d'Israël et enfin chez les
Juifs, avait été complètement détruite par la falsification et par l'a- Il
dultération de la Parole, et parce que tous, tanrles uns que les au­
tres, se rendaient'après la mort dans le monde des Esprits; où enfin
leur nombre fut tellement augmenté et multiplié, qu'ils ne pou­
va:ient en être. chassés que par la descente de Dieu Lui-Même, et,
~Iqrs par la force de son Divin bras; la manière dont l'expulsion fut
aite a été décrite dans l'Opuscule imprimé à Londres, en litiS, li
sur le JUGE~IENT DERNIER; cela a été accompli par le Seigneur, lors-"
qu'il étaiL dans le Monde; la même chose es( encore faile aujour­
d'hui par le Seigneur, puisqne c'est aujourd'hpi, ainsi qu'il ,a déjà
~t~ dit, son Second Avènement qui a été prédit partout dans l'Apo-"
~alypse; et dans Matthieu, X.XIV, 3, 3~ ; dans Marc, XIII, 26; dans
Luc, XXI" ~i ; et dans les Actes des Apôtres,I, If, et aille~lrs ; la 1)
différence consiste en ce que dans son Premier Avènement, ce grand
.accroissement (les Enfer~ était provenu des idolâtres, des magiciens
et,des falsificateurs de la Parole, tandis que dans ce Second Ayène;
ment il provient de soi-disant C,hrétiens, tant de ceux qui se sont
imbus du Naturalisme, que de ceux qui ont falsifié la Parole par les
confirmations de I~ur foi fabuleuse sur trois Personnes Divines de
toute éternité; el sur la Passion du Seigneur qu'ils prétendent avoir
été la Rédemption elle-même; ce sont, en effet, ceux-ci qui sont en­
tendus par le Dragon et ses deux Bêtes dans \' Apocalypse, Chap" XII
et: XIII. 2° Une seconde cause ql!i ,a fait que le Seigneur a,ussi a ra­
ilhelé les Anges, c'est que non-seulement chaqne ho~me, mais
m~l,lle, chaque Ange, est par le Seigneur détourné du mal et tenu
.dans le bien; car nul, SOil Ange'; soit homme, n'est dans le bien
par soi-même, mais tout bien vient du Seigneur; lors donc que le
marchepied ,des pieds des Anges, qui pour eux est dam le Monde
,des esprits,' eut ét~ soustl~ait, il leur est arrivé comme il celtli qui
'S'as~ied sur un trône, lorsque les stylobates en sont enlevés. Que les
Â!l:ges ne' soient pas purs devant pieu, on le voit d'après les livres
PIiAphétiqpes de la Parole, et aussi dans Job; puis, en ce qu'il ,n'y
.a "Ilas, yu seul Ange qui !l'ai t'précédemment été hem,me. Par là se
trouve confirmé/.ce- q\li a é,té ,dit dans les préliminaires de ,cet Ou­
i8B' LA .VRAIE'·
vrage sur! LA r'ol DG NOUVEAU' Citt ETl LA! NOUVELLE' E'GLISE D~~' LÀ' ,
FORME UN:fVEJcSI::LLE' ET DANS LA FORME'SINGULIÈRE', sav(}ir, « que le 8&i-,
{( fiSt venU' d'ans le Monde pOlir élol'gner d& l'homme l'Enfer\' et qu'il
« ra \éloign1J pa:(, des combats con tre lui, .et par ,des victoires rem~
(1 portées SU'f lui; ainsi il l'a sùbju:gué et l'a' remis, S0us'son obéis-'
(1 sanc'e. e» p'af là se trouve aussi confirmé, Il que Jéhovah Dieu est

e descendu et a pris l'Humain, dans le bl'lt de-remeHre dans ForMe


« toutes lesehoses qui élaien'l dans le Ciel, et'toules'celles qui étaient
« dans l'Eglise! pa,rce qu'alors, la puissance du DiaMe, c'est-à-dire,
{( de l'Enfer, remportait sun la puissance du Ciel, et que dans,le's­
« terre~ J.a puissance do maWemp0l'lait sur' 1'a'puissuÎlce du bi'en, et.
«qu~en conséquence une1damnation générale était à la porte et immi­
«DeDlê. Jéhovah' Di'eu, par son HuJ1jain a 'enlevé cette damnation
(l1}ui allait· arriver, et il a ainsi rachefé Joes hommes et les Anges :'
« d~après cela il est évident que,sans l'avènement' du Seig'n'Emr'nnl
« n~aurait pu êtr.e sauvé. Il en est de même alljeurd.'hui ; si donc le
Cl Seigneur ne vient de Iiouveau dans le Monde, personne non plus

« ,ne peut ~lr~ sauvé,)l Voir ci'-dessus, N°"2, ~.


i'lJl2. Que'le Seigneur ait d'éliv'ré le Monde Spirituel et que par c
Monde il doive' délivr'é l'Eg1îs~ d"ime damnation universelle, c'est!
ce' qui peull êtr,e iHu:stré par une cOI.ilpal'aison 'avec un Roi, ddnt les>
pr,j'flCes ses ms ont, été 'pds, pa'r l'ennemi" jefés1da'fls'd'es prisons- e~
chèrgés 'de fers, el qui pâ,l' des viet'oi'res remportées sun cet' ennemi>
les déliv'l'e et les ramène ,dains sa Cour. Puis, paIl une ;com~araülon
avec UfI Berger qui, comme s:lIl'i'son ét Da,vid, arrache ses brebis­
de la gueule d'un lion ou d'un Ol~r!;:, ÔIJ quichai'lSe ces bêles féroces,
lorsqu'elles. s'élancent-des ferêts:'daris les prairies, les paursNit jus­
qû"âlix del'ni~Jie's li'miles. el enfin 'lès.pousse dans des- élan"gs où danSi
d8s,d~sert's, et enS'uHe revien't à· ses brebis, les fait pattre·en séeu­
riné et' les abreuve à des sources d'ea'Ü limpidll. Gela peut êt're aossp
ilhfs~té par UlJe" c'omparaison aVffC un h'omme qui, voyah t d':lJns un'
cll:el'nln llD sel'pént l'OlIM én spirale et disposé 'à blesser le talon du
voyage'Ni' j le sai~it pat là tête, el,, '1è ~pbflll1usqu'à sa1maison, quoi...
qù:il s'e·too'}~ ,autour de ~à 'maiÀ, ei~ 111', lui 'couper la tête, et'jettè le­
rè~le au 'feu. lCelà peHt en~ore' 't'lttE!' illuslltél pllr une1comparaisoD1
afflcl'llr\l fianéé l(j'i1 uri mari, f{ni,.voyantuh"adultète c\1..e~è'her ~ fà,ite
vrOle'nce,?f. sa fiàflcée ou ài son épouse, s'élance Sur lui"et'l~'bl'esse à
RELIGION. CHJ\ÉTIENNE. !J89
J la main avec son ép~e, ou le fJ;~ppe &ur les lamhes el les· reins,! ou
le· fait. jeler dans la rue,·pa f ,ses Senjileurs·qûi le pour~IJ.iY8DL ~ec
des bâtous jusqu'à. sa-mllison, et ayant ainsi 'délivré $aftancé~ou_son
,pouse, .la 1'3p1ène dans 'sonaPPilJ1~ement: /;lans la Parole, par )a
"Fiancée eL par l'Épouse est enlend\le l'Egli!le' du Sei'gneur, e,~ ,par
les adultères sont entendus ceux qui font violence à l'Eglise, C~ll~J-à.
,dire, ceux qui a(ltltèrellt la Parole du Seigneur; eL,par!Je qJ,l~lles
Juifs onl agi ainsi, HS onl;été·appelés par le, Se.igneur"nation ap\ll­
tère.
U3. IV. LA RÉDEMPTION A ÉTÉ 'l.1NE OEu"RE PUREMENl' DIVINE •
. Calui,qui sait quel esl·l'Enfer,'eL quelles onl été I~, h;luteur et l'i­
,nondalion,de FEofersur lo",L I~ Monde des Esprits au temps· de l'a';' .
.. vènement du- Seigneur, et pail quelle-puissance le Seigneur· a abaissé
et dispersé l!Enfer, et l'a ensuite re!l!is dans l'ordre eo, même temps
.que le C.iel, ne peut s'empêcher d'~lre dans le plus, grand étonne­
ment, et de s'écrier que-toutes ces- choses ont été une OEuvre pure­
ment Divine., i 0 Quel est r Enfer.' l'Enfer consiste,en (les myriades
ide myriades d'Esprits, ,puisqu'il est composé de IQusceux qJJi, de­
puis la création du Monde, se sont détournés de Dieu par les m~ux
(\e la vie el par les faux de la foi ~ 2° Quelles ont été la hauteur et
J'inondation de l'Enfel'sur tout le Monde des $sprits au temps
de l'avènement du Seignew': ceci a été brièvement exposé dans
les Articles précédents; quelles elles ont été au temps du premier
Avènement, p,ersonne n'en a eu connaissance, parce que cela n'a
point été révélé dans le sen~ de la lettre .de la Parole; mais quelles
,~lles ont été au temps du second Av·ènement, il m'a été donné de le
'Voir de mes yeux, d'où l'on peut conclure à l'égard du premier Avè'­
, Rement ; et cela a été pécrit dans IiOpuscule DU JUGEMENT DERNIER,.
imprimé à Londres .en ~ 758; de- même, 3° Par quelle Puissance
• 1 Je- Seigneu1' a abaifsé et dispersé ct! enfer: mais transcrire ici ce
~qui a été décrit d'après l'alltopsiedans cet Op.uscule, ce serail.inu­
tile, car ,cet opuscule subsist e, et il· y-en a encore une quantité
!'Id'Exemplaires mis eIl réserve: à- Londres- ohez le ;Typ.oiJ1aphe~Jqui­
-~OI)que'l~ lit, pellt yt)ir,clair~roeDt que.l'abaissemente:t1la, disper~ion
4le:cetEnfer:@tLété l'OOUivre de.Djeu:,TouHPuiss~:Dt. 4,9 Cpmment
,le Seigneu,r :a e~ite remis tputes dosesJ dans J' or.dre ll.ant. Jans
Ile. Ciel .que dans:. l' En~:
.
'.ee~' n' a pas- encore él~)déoril pII<JIloi a
'
i90 LA VRAIE
parce que l'ordination des Cieux el des Enfers a duré depuis le jour­
du Jugement Dernier jusqu'au temps présen t, el dure encore; 'tnais­
après la publication de ce Livre, si on le désire, elle sera donnée au
public; l'our ce qui me concerne, quan t à ce sujet, chaque jour j'ai
vu et je vois la Toute-Puissance Divine du Seigueur comme en face;
toutefois l'ordinalion appanient proprement à la Rédemption, ~an­
dis que l'abaissement et la dispersion de l'Enfer appartiennent 'P'r<f­
prement au Jugement Dernier; ceux qui considèrent distinctement
,ces deux points, peuvent voir beaucoup de choses qui, dans les pro"
phétiques de la Parole, onl été cachées sous des figures, el cependant
ont été décrites, pourvu que par l'explication des correspondances­
elles soient mises dans la lumière de l'éntendement. L'une ei l'autre
OEuvre Divine ne peut être illustrée que par des comparaisons>
mais né<}nmoins très-peu ; par exemple ; Par une compa.rai­
son avec un combat contre les armées de toutes les ,nations' du
Monde, pourvues de lances, de boucliers, d'épées, ,de fusils·
et de canons, et commandées' par des chefs el des généraux
adroits et astucieux, je dis adroits et austucieux, parce que
dans l'Enfer la plupart excellent dans des artifices inconnus dans.
notre Monde, et s'y exercent entre euy sur la mar!ière d';\l~::':II:er,
de surprendre, d'assiéger et d'assaillir ceux qui sont du Ciel. Le
combat du Seigneur contre l'Enfer peut aussi être comparé, quoi­
que la comparaison soit faible, avec un combat contre les bètes fé­
roces de toute la terre, et avec la destruèlion et la subjugation de
ces bêles,: au point ,qu'il n'yen ait pas une qui os'e sorlir et aUaquer
aucun des hommes qui sont dans le Seigneur, d'où il résulle que si
l'un-d:eux montre un visage' menaçant, la bête ftiroce se retirt} aussi­
tôt, comme si elle sentait au milieu de sa poitrine un vautour chèr­
chant à la percer jusqu'au cœur; lés Esprits infernaux sont même
.d'écrits dans la Parole par les bètes féroces; ce sont aussi eux qui
50(1 t entendus par les bêles avec lesquelles le Seigneur a été pen­
dant quarante jeurs, - Marc, I, f3. - Ce combat 011 Seigceur
peut encore, ê'lre comparé 11 une résistance contre tout l'Océan fai­
sant .irruption avec ses flots dans les plaines et les villes, après a.voir
rompu sès,digues ; la suhjugation de l'enfer par' le Seigneur est aussi
'en'tendue parla Mer qui se calma, q"uand il· eut dit: J'ais-toi" de­
fC

vient muetté,» - Marc, IV ,38', 39 ; Matthieu , ViII, ~6.. Luc, VIII.


RELIGION CHRÊTIENNE i9t
23, 24; - car là, comme dans beaucoup d'autres passages, par la
Mer est signiijé l'Enfer. Le Seigneur, pal' une semblable puissance
Divine, combat aujourn'hui contre l'Enfe.' chez tout homme qui est
régénéré, car l'Enfer les attaque tous avec une fureur diabolique, et
si le Seigneur ne lui résiste et ne le dompte, il est impossible que
l'homme ne succombe pas: l'Enfer, en effet est comme un seul
homme monstrueux, et comme un Lion féroce~ auquel même il'est
comparé dans la Parole; si donc le Seigneur ne tenait ce Lion ou
. ce Monslre enchaîné par les mains el par les pieds, il serait de toule
impossibilité que l'homme, quand il est arraché à un mal, ne tom­
bât pas de lui-même dans un autre mal, et ensuite dans plusièurs
. maux.
124. V. CETTE RÉDEMPTION ELLE-i\1ÈlIIE N'A PU ftTRE FAITE QUE
PAR DIEU INCARNÉ.
Dans l'Article précédent il a été montré que la Rédemption a été
une OEuvre purement Divine, que par conséquent elle n'a pu être
faite que par Dieu Tout-Puissant: qu'eHe n'ait pu être faite que 'Par
Lui incarné, c'est-à-dire, fait Homme, ç'est parce que Jéhovah Dieu,
tel qu'il est dans son essence infinie, ne peut approcher de l'Enfer,
ni à p;~::; :;::'l~ i'a~s&;: J' cntl'er, car il est dans ce qu'il y a de plus
pur et dans les premiers; c'est pourquoi si Jéhovah Dieu, qui est tet
eD soi, soufflait seulement SUI' ceux qui sont dans l'Enfer, à l'instant
HIes tuerait, car il a dit à Moïse qui voulait Le voir: Il Tu ne
pourras pas voir Mes laces, car n'e peut Me voir l'homme et
vivre.)) - Exod. XXXIII, 20; - puis'donc que .Moïse ne l'alpas
pu, à bien plus for~el raison ne le 'peuvent· ceux lqui sont dans rEn­
fer, où tous sont dans lès derniers, et dans ce qu'il y a de plus,' grds­
sier, el ainsi dans ce qu'it\ ya de plus éloigné, car i1s sont naturels­
infimes; si donc Jéhovah Dieu n'eûtpas pris l'Humain, et' ne se fut
pas ainsi revêtu du carps, qui est dans lès derniers, c'est en vain'
qu'il aurait entrepris quelque Rédemption; en effet, qui peut atta­
quer un ennemi sans en approcher 'et sans être muni d'armes pour
le combat? ou, qui peut chasser et détruire des dragons, des hydres
et des basilics dons un désert, sans avoir une ctürasse sur le 'corps,
un casque sur la tête et une lance à la main'? ou, qui peut prendre
des baleines daus ,la mer sans un navire, ei sans tout ce qûi est' né­
cessaire pour 'unetelle capture? Ces exemples' et autres semb)~b)es
·i92 '~A VRAIE
1 ;ne.donnent pas',une comparaison exacte, DJais ils, peuvent !De,ttre
,en lumière que D.~eu T!>ut.Pui.s~ant n'aurait pu entreprendre le com­
Qat c\)lltI:e les,Jj:,\l,f~rs,:s'il n'eût ,pas auparavant r'!lvêtu l'HUll!~in.
Toutefois, il faut qu'on sapheque le combat du Seigneur cODtrq les
,E'pfers n:alPO\n\ été un 'co~bat or,al, comme fllltre ceux qui raison­
nentl et ~i~cWent, un tel cOII\bat n'y aurait prQduit abs'ol\lment au- .
clin effet, mais, ce fl,lt un ~o,mbat spirituel, c:est-à-dire, le combat
du DivinVr;J.i .d'après le Divin Bien, qui éta,it,le Vital m~me du, ~ei­
..g~!lur; à I,'influx ~e ce Divin par l'intermédiaire de la vue, personne
9ans les· Enfers ne p~ut résister; il ,y a en lui une telle puissa\lce,
qu'à sa seule ,per-cep,tion, les génies infernaux s'enfuient, se ,préci­
pitent dans l'abîme, et s'enfoncent dans des cavernes pOUl' se ca­
cher: c'est cela qJême qui est décrit dans E;s~~e: ils ,!!lltreront
dans des cavernes de roche7's, et dans des fis$'t{,res de poussière,
à cause de la jraye'/!orde Jéhovah, quand il se lèvera pour épou­
vanter la te1're, » - Il, 19, -, El, dans l'Apocalypse: « Ils se
c(lcheront tous"dans les caV~1~nes et dans les 1'0chers ,des "fon­
tagnes, et. ils4,ir.pnt aJlx montagnes et (fUX rochers, To'"fbez sur
. nous, ,ef cacitez-rt,qus de la face de Qel«iqu~ est assis sur le
Tr~ne, et de~q ,çolère, d~ 1:4gnqau. ",:- VI, iD, i6, i 7, - D'a­
près ce ,qui ~ ~t~ décrit da\ls ,liQIPu~cule. ,sur. le Jugement pernier,
on peut voir q,u.ell~,a,élé la puissa,nce :que .le ~eigneur tenait,du Di­
vin IJl\en"iju~nd il, fit ,ce Jugement en i 757; par .e~emple, qu'il
arrachait d~-l,~ur Iplape d!ls. collines et des mon,ta.goes dont les infer­
n.aux. s'étaien t ewparés ~,ans Je ~londe des esprits, et l~ tr~~~por­
.tait au lGin ; qu)1 en J faisaï't, affai~ser quelques-unes; qu'il inondait
p'~J;l.Q.éluge.lellrs villes, leurs ~ilIages et leurs plain,es; qu'il renyer­
sait d,e fond encqll)~le leurs ,t~r~~s'iet les ,j~tait avec ,les habit~nts
d~p~des gO\.lffGes, ,4es~tangs et' des marais, etc.: et le SeigQeur
,::leul fai,sait t~~~1 ç~la:p,~r.~I\l.pui~!iapM ,dl\ Divin Vrai d)près le Di­
-v.in Bien.
:i2~.,Qu6J~éhoYjl~Qjeu.n'~itl pu "mettre en açte ni l etfectuer de
ILl~l~es ch?A~~ flu~pal) §.Qn.\\!!qlain, c;est cft,qui.PllUL,~tr~ (llustr~.par
, ,Ai\v!lfSIl~f.?O!Jlp'al1\j"Qn~; par ~x~mple :. Celui.qui es\ in,Yisible De peut
IJ~PtiyeRj~ ~\lJ}I~m~'IPt,eMrer ~n, CPI!Y~r~a,tion, si~Q~ par qijelqt:t e
-qMs~4e.:yis!q\~,i pas )'P~we un an~e pqunJJe~prit,~y'~c' J'JIQ[J.lme,
lo~$~~Jll~ qq;ilJ§ei.ij~~~raiJ .Brè~ .Àe,!~oij corps, f}t ,~evant· sa .face.
RELIGION CHIŒTIENNE 193
L'âme de quelqu'un ne peut non plus ni parler ni agir avec unelmtre,
sinon par son corps. Le Soleil avec sa lumière et sa chaleur ne peut
entrer dans un homme, ou dans une bête, ou dans un arbre, à moins
qu'auparavant il n'entre dans l'air et n'agisse par l'air; ni pareille- .
ment dans les poi~ons à moins qu'il n'y pénètre à trav.ers les 'eaux;
car il doit agir par rélémeitt dans lequel est l~) sujet. 'Personne non
plus ne peut écailler un poisson sans couteau, ni plumer lin corbeau
sans se servir de ses doigts, ni descendre au fond d'un lac sans une
cloche de plongeur: en un mot, chaque chose doit être accommodée
avec une autre, avant qu'il y ait communication, et avant qu'elle
agisse contre elle ou avec elle.
1.26. VI. LA PASSION DE LA. CROIX A ETÉ LA DEBNIÈRE TENTATlON
QUE LE SEIGNEUR A SUBIE COMME TRÈS-GRAND PROPHÈTE, ET ELLE A
ÉTÉ LE MOYEN DE LA. GLORIFICATION DE SON HUMAIN, C'EST-A-DIRE,
DE L'UNION AVEC I,E DIVIN DE 'SON PÈRE, MAIS ELLE N'A PAS f:TÉ LA
RÉDEMPTION.
Il ya deux choses pour lesquelles le Seigneur est venu dans le
Monde, et par lesquelles il a sauvé les hommes et les Anges, savoir:
la Rédemption et la Glorification de son, Humain; ces deux choses
sont distinctes entre elles, mais néanmoins elles font un pour la sal-
valion. Dans les Articles précédents, il a été montré ce que c'est
que LA RÉDEMPTION, c'est à savoir, qu'elle a été le Combat contre
les Enfers, lem' subjugation, ,et ensuite l'ordination des Cieux: qua nt
à LA GLORIFICATION, c'est l'Union de .l'Humain du Seigneur avec le
Div.in deson Père; celle-ci a été successivement faite, et ra été
pleinement par la Passion de la croix; en effet, tout homme doit,
de son èôté, s'approcher de Dieu, et autant l'homme s'approche,
aulant de son côté Dieu entre en lui; il en est de cela comme d'un
Temple; il doit d'a'boM ê~e bâ.ti, ce qui a. lieu par les mains des
nommes, ensuite il doit être inauguré, et enfin il faut prier que
Dieu y soit présent et qu'il s'y unisse avec l'Église. ,Que l'Union elle-
même ait été pleinement faite par la Passion de la cr.oix, c'est parce
cfuc celte Passion a été la dernière Tentation que le Seigneur a su-
nle dans le Monde, et que la conjonction se fait par les tentations;
én effet, dans le,s tent~tions J'homme est en apparence abandonné à
lui seul, quoiqu'il n'ait point élé ab:/.p.donné, car alors Dieu est ,très;
présent dans les intilnes de l'homme, et il le soutient;' lors donc
J. 13
194. LA VRAIE
que quelqu'un est vainqueur dans la tentation, il est intimement
conjoint à. Dieu; et le Seigneur est alors intimement uni à Die~
son Père. Que le Seigneur dans la Passion de la croix ait été
abandonné à lui-même, on le voit par son exclamation sur la
croix: « Dieu! pourquoi m'as-tu abandonné? Il et aussi par ces
raroles du Seigneur: « Personne Ile iVe ravit l'dme) mais Mq.i
je la dépose de Moi-M~me,. pouvoir Moi j'ai de la déposer.
et pouvoir j'ai de la 1'eprendre, ce commandement j'ai reçu de
Mon Père. » - Jean, X, t8. - D'après ces explications, on peut
voir que le Seiineur a souffert, non quant au Divin, mais quant à
l'Humain, et qu'alors l'union est deven ue intim,e et ainsi plénière.
Cela peut être illustré par cela que, lorsque l'homme souffre quant
au corps, son âme ne souffre pas, mais elle est seulement dans la
douleur; toutefois Dieu après la victoire enlève celte douleur, et il
l'essuie comme si quelqu'un essuyait les larmes des yeux.
Hi. Ces deux choses, la Rédemption et la Passion de la croix,
doivent être perçues distinctement) autrement le mental humaio
tombe, comme lorsqu'un navire se jette sur un banc de sable 011
contre des rochers, et périt avec le capitaine, le pilote et les mate­
lots, c'est-à-dire que le merital tombe dans l'erreur sur toul ce qlli
concerne la salvation par le Seigneur; car l'homme, sans une idée
distincte de ces deux actions, est comme dans up songe. et voit des
choses vaines, et dent il tire des conjectures qu'il prend pOlir des
réalités, lorsque cependant ce sont des futilités; ou, il est comme
quelqu'un qui marche pendant la nuit, et qui, saisissant le.feuiIlage
d'un arbre, croit que ce sont les cheveux d'un homme, s'en appro­
che de pIns près, et y en trelace ses pro pres cheveux. Mais .quoique
la Rédemption et la Passion de la croix soient deux actions distine.:..
tes, toujours est-il qu'elles font un pour la salvation, puisque le
Seigneur par l'Union avec son Père, qui a été achevée par la Pas­
sion de la croix, est devenu Rédempteur pour l'éternité.
128. Quant à la Glorification, par laquelle est entendue l'union.
du Divin Humain du Seigneur, avec le Divin du Père, union
qui a' été pleinement accomplie par la Pass,ion de la croix, le Seï.-­
gneur Lui-Même en parle ainsi. dans les ÉVangélistes: «APrès
que Judas fut sort~,"Jésus dit .. Maintenant le Fils de fhom
a été Glorifié) et Dieu la ,ét.~ G(orifié
\ .
.si
,en Li,ti,. Dieu a .été ,G/o­
RELIGION CHRÉTIENNE. 19
rifié en, Lui, Dieu aussi le Glorifiera en Soi, et à l'instant il
Le Glorifiera. » - Jean, XIIl 31, 32; - ici la Glorjfication se
-dit et de Dieu le Père et du Fils, car il est dit: Dieu a été Glorifié
-en Lui, et il Le Glorifiera en Soi; que ce soit là être !Jni, cela est
-évident. Père, l'heure est venue, Glorifie ton Fils, afin qu'aussi
ft

ton Fils Te Glorifie. » - Jeal\, XVII, t, 5; - il est dit ainsi,


parce que l'union a été reciproque; comme lorsqu'il est dit: Le Père
est dans Lui et Lui dans le Père. « Maintenant mon âme a été
troublée,. et il dit: Père, qlorifie ton Nom,. et il sortit une voix
. du Ciel: Et je (1') ai G/otifié, et de nouveau jé (le) Glorifierai. >.
- Jean, XII, 27, 23; - cela a été dit, parce que l'union s'est opé­
rée successivement. Ne fallait-il paS que le Christ souffrit cela,
ft

et qu'il entrâtdans sa qloire? " - Luc, XXIV, 26; - la gloire't


dans la Parole, quand il s'agit du Seigneur, signifie le Divin Vrai
uni au Divin Bien. D'après ces passages, il est bien évirlent que'
l'Humain du Seigneur est Divin. .
129. Si le Seignur a voulu être tenté jusqu'à la Pa~sion de la
-croix, ce fut parce qu'il était Lui-Même Prophète, et que les Pro­
phètes autrefois signiBaient la doctrine de l'Église d'après la Pa­
role, et par suite représentaient l'Église, telle qu'elle était, par
diverses choses, et aussi par des actes iniques, durs et méme atroces
qui leu\' étaient enjoints par Dieu. Mais comme le Seigneur était la
Parole elle-mé'me, il a par la passion de la croix représenté, comme
Prophète, l'Église Juive, et la' manière' dont celle Église avait pro­
. fané la Parole même: à cette raison· se joint celle-ci, qu'il devait
~insi être reconnu dans les Cieux pour le Sauveur de l'un et l'autre
Monde, car toutes les circonstances de sa Passion signifiaient des
choses qui concernent la profanation de la Parole; et les anges les
comprennent spirituellement, tandis que les hommes de l'Ëglise les
comprennent naturellement. Que le Seigneur ait été Lui-Même Pro­
phète, on le voit par ces passages; ct Le Seiqneur dit: Un PRO­
PHÈTE n'est sans hemneur que dans sa patrie et dans sa maison. )1

- Matth. XIII, 57, Marc, VI, 4. Luc, IV, 24. - « Jésus dit: It
n'est point convenable qu'un PROPHÈTE meure hors de Jérusa­
lem. l ) ' - Luc, XIII, 33. -'" La crainte les saisit tous; ils
louaîent Dieu; 'd~ant qu'un GRAND PROPHÈTE avdit été 'suscite!
parmi eux. »'--' Luc, VII, t6. _:" Ils disaient de JésUs: C'es(.

"
196 LA VRAIE
le PROPHÈTE de Nazareth. )) - Matth. XXI, t t. Jean, VII, 40, 4t r
- .. Un PROPHÈTE sera suscité du milieu de tes frères, à ses
paroles vous obéirez." - Deutér. XVIII, 1~ à 19.
"" t.30. Que les Prophètes aient représenté l'état de leur Eglise
~l;Iant à la,du.ctrine tirée de la Parole, et quant à la vie selon cette
doctrine, on le voit par ces passages: Il a été ordonné au Prophète
'l!;saïe, " de délier le sac de dessus ses reins, d'dter son soulier de­
~~n pied, et d'aller nu et déchaussé pendant trois ans, en si­
g,ne et en prodige. » - Esaïe, XX, 2,3. - Il a été ordonné au
prophète Ezéchiel,. pour qu'il représentât l'état de l'Église, .. de .
préparer son bagage pour déloger, et de s'eh aller dans un
J
a'l:ttre lieu aux yeu:t des fils d Israël ; de mett7'e dehors son ba­
9,(lge pendant le jour', de sortir le soir par un trou fait à la.
muraille" de se couV7'u'le visage pour ne pas voir la terre, et
d'être ainsi en p1'odige à la maison d'Israël; puis de dire:
Voici, je suis votre p1~odige, comme j'ai fait, de même il VOU$
sera fait. » - Ezéch. XII, 3 à 7, 11. Il a été ordonné au Prophèt&
Bosée, pour qu'il représentât j'état de l'Église, " de prendre une
p~ostltuéepour épouje; et il en p1'it une, et elle lui enfanta.
{TOis enfants, dont il nomma l'un lisréel, l'autre Sans-Misé­
ricorde, et le trozsième Non-mon-peuple. Et il lui fut de nou­
~e~u ordonné de s'en aller et d'aimer une femme aimée d'ur~
~Jmpagn~n et adllltère; et il l'acheta même pour quinze pièces.
d't-,'gent. " - Hos. J, 2 à 9, III, 2, 3. -Il a aussi,été ordonné à:
qp Prophète, " de mettre, de la cendre sur ses yeux,' (Jt de se
(aisser frapper et" blesse1'. Il - J Rois, XX, 35 à 38. - Il a été
~rdonné au Prophète Ezéchiel, pour qu'il représentât l'état de l'É­
glise, (( d(1 p,'endre ~me briqu,e, de graver dessus J érusalem ~
q~en faire lesiége, de construire contre elle un retranchement
etun rempm't, de placer une plaque de fer entre lui et la ville,
et 'de coucher sur le côté gau,~he et ensuite. sur le côté droit.
r
Pu~~, de prendre du froment, .de orge, des lentilles, du millet
e~~~ de.r
't!
ép.eaut1.'e et de. .s'en faire du pain; et aussi
',~ ,. "), •• .
de se faire
ttrt gdteau d O1'g~. avec dr: I~ fiente d homme; mais à sa prière,
J J

i~\!'i1j.~ été.~erJn~de.~ If.: faire :aveç., d~ la fiente de bœuf. Il. lut


lut dzt .·, ~Toz, .cq,z!ch,e.tol SFtr ;t.on ç(j!.e :gaU"che; ,et plac.esur lui
_; 1 r
1 f..l'f 1 t . ,

.L INIQUlTj: DR .LA MAISON D ~SRAEL; le nombre des jour$" que tu cou­


RELIGION CHRÉTIENNE . t9f
.theras sur ce (côté) TU PORTERAS LEUR INIQUITÉ; car je te donnerai"
les années de leur iniquité, selon le nombre des jours, (~voir~,
.390 jours, AFIN QUE TU PORTES L'INIQUITÉ DE LA l\fAISON D'IJRAEi.:
Mais quand tu auras achevé ces Uours), tu t'étendras en secou'
lieu sur ton cdté droit, POUR PORTER L'INIQUITÉ DE -LA l\fAISON DE JUDAS
- Ezéch. IV; i 'à HL - Que le Prophète, pour avoir ainsi porté:
les iniquités de la maison d'Israël et de la maison de Juda,' ne l~,sl
ait pas ôtées, ni par conséquent expiées, mais qu'il n'ait fail que les,
représenter et les montrer, c'est ce qu'on voit par ce qui est dit'l
ensuite dans le même Chapitre: " De mêrrl:e, dit J éhovali, :test
fi.ls d'Israël mangeront leur pain souillé, parmi les nations vèr~
lesquelles je vais les chasser. Voici, je vais rompre le ,bdton d~
pain dans Jé1'Usalem, afin qu'ils manquent de pain Jt' d'ea1.f,
et que l'homme et son frère soient désolés et qu'ils tomlb'ent(e~
langueur d cau$e de leu'r inïqnit'é. »-IV, 13, 16, i 7. 1:"":" If est
donc entendu la même chose au sujet du" Seigneur, quand il est ait .:'
.. 11a pr'tS. ,
nos l'~\ 1 d'\'
mata· tes'et IL If,A PORTÉ nos douteurs;
1, .,l'h ovart
Je ' z!' a,
lait tomber .!ur Lui l'ittiquité de noJs toùs; par sa science" il en
, 1 f Il Il '.
justifiera plusieurs, parce que LEURS INIQUITÉS LUI-MtME IL AURA.
PORTÉ. \. - Esaïe, LII~,t'4, 6, il ; - là, dans tout le Chapi'tre, if
s'agit 'de la Passion du SeigIleur. Qlle le Seigneur, comme étaD~
Lui-Même Prophète, ait représen lé l'état de l'Église Juive qua'nt à
la Parole, c'est ce qui est évident par chaque particularité 'de si
Passion; par exemple : Il a été trahi par Judas. Il a été s~isi
", par les P'
et fion damne A
rmces des pretl'es et'par l '
es Anczens~ n..!J
V/~
lüi a donné des souffléts. On luit a frappé la tête avec Jn,r~~
, '0 n 1ut. a mts. rune
seau. , couronne1 â',· epmes. 0 n a partag Il é' 0
ses
~ . 'l ,
vetements, et on a Jete e sort sur sa ro e.l b On' r fi"
a cruet e.. n. O'k
lui a dfJriné d'boire du vinaigre. On lui a percé le c~té. 'Il a étl.
enseveli, et it'iest ressusèité' le troisième jour. Sa trahis9n pi~
Judas signifiait qu'il était trahi par 'la nation Juive, ..~ez laquelle
était alors,
la Parole; car Judas représentait cette nation. Son àrres­ \
talion et sa condamnation par les Princes des prêtres et par les.-'
Ancieus signifiaient que toule l'Église Juive agissait ainsi _Lui ~o~­
ner des soufflets, lui cracher aù visage, le fouetter. et lui frapper la
tête d'un roseau, signifiaitïlU'on'en', avait' agi ainsi envers la '.P~~
rote, ql1ànt à ses Di~ins vraIs. La couronne d'épines 'qu'on lui" mil.
~9~ LA VRAIE
sur la tête signifiait qu'on avait falsi.fié et adultéré ces vrais. Le par­
~~e de ses vêtements et le sort jeté sur ~a· robe signifiaient qu'on,
avait dispersé tous les vrais de la Parole, mais. non son, sens spiri­
tuel, qui était signifié par la robe du Seigneur. Sa crucifixion signi­
fi~tt qu'on avait dé~ruit et profal~é toute la Parole, ~e vinaigre qu'on
lyi présenta à boire signifiait qU,e tout était fàlsifié ; aussi ne le but-
il point. La blessure qu'on lui fit ~u côté'signifiait qu'on avait t9Ja- ~,
lement éteint tout vrai et tout, bien de la Parole, Sa sépulture ~

signifiaill'action de rejeter le reste de l'humain qu'il tenait d'une


mère. Sa résurrection le tr~isièm~ jour signifiait la Glorification,
ou l'Union de son Humain avec le Divin 'du Père. D'après ces expli­
~~tions, ilest maintenant évident q!1e par porter les iniquités il est
éhfen,du, non les ôter, mais représeilt"er la profanation des vérités
de la Parole.
!31. Ce sujet peut aU$si êt~.e illustré par des, comvaraisons, et
cela,1 en (àveur des personlJe~simples qui voient mieux par des .
com­
paraisons que par des déductions formées analytiquemeut d'après la
P~r.ole et en même terPps d'a,près la raison: Tout citoyen ou sujet.
4"
um Jau Ro],• par ce'11a qU'1
" \ dl .1:
est Il '1 ex écute '
ses
l
dDT res et ses comman
,.
• de-
:ments~ et davantage si pour .Iui il supporte des dangers, .et plus
e1Jè6~é~!si
,~r.] "n' l'
pour lui il subit laIl mQrt,
f r
c~ qui' arrive'd'ans
J r'J,
les co~bats et
1 ' \ JI '

d~I)~;~es, b~tailles: p~reill~~ent ~~~ a,mi es}.pn;i,à s~~ ami~ un fils à


son peril, et un l\ervlteur, ~ son maltre, par cela q!1 ils executent ce
. Il'' lm ',1 ,. ' . . . . .•. i
qui concerne leur volonté, et davantage s'ils les défend,ent contre-
t' 1 1 ;1 Il: [1 ~

~e,s ,enpemis, et plus encore s'ils combattent pO,ur leur honneur.


C~lkqüi désire épouser' une jeune fille, ne s'unit-il pas à elle eIl'
combattant
i~, ,.
contre
."~
ceux qui la 'ôiffament, et en' s'exp,osant à être 1 \

ble;ssé par un rival? S'il Ya union au moyen de tels actes, c'est con­
fQrmément à mie loi gravée dans la nature. Le Seigneur dit: « Moi~
't • l 'IJ
le suis le Jbon Pasteur; le bon Past~ll'r dépos~ son âmepour les
hrè,his,o 'à c~use t
de'cecimQn
«l' l,
Père M'aime. "-rJean,
ri J
1 1
X, H, t7~ Il il. . ,

132. VII. LA CROYANCE ,QUE LA PASSION DE LA CI,lOIX A ÉIfÉ LJ\


• 1 f li li ,. ,1 " 14 1. ' ~
RÉDEMPTION ELLE-IIIJ1:ME, E.ST LjERREUR FONDA?,iENTALE DE L'EGLISE ~
~l'''' '{l, " r1 i • ' \ 1 , , 1. I~. Ji'·
El',CEl'l'f" ERREUR" JOINT~ A ~,~RR~UR !~UR ,L~S HOiS PERSONNES DI­
VINES DE l'PUTE,ÉTERNITÉ, A;l'ELLEllI,j!Njl' . ,PERVERTI, TOliTE L'ÉGLI~E,
f~)' II [ Il l, ,. " 1 Il l' '1 ' • .

fOU IL N~' RESTE ,RIEN I!E, Sr.,IRITU~L EN E~LE,. ,

u'est~ce qui remplit et farcit le plus aujourd'hui les livres de~


RELIGlûN CHRÉTIENNE. 19G
Orthodoxes, qu'est-ce qui est enseigné et inspiré avec le plus d'.ar­
deur dans les lieux d'instruction, et qu'est-ce qui .est prêché et dé­
clamé le plus fréqùemment dans 'les chaires, sinon que Dieu le Père~
irrité contre le genre humaIn, non-seulement l'a éloigné de lui~
mais encore Ta compris 'dans une damnation universelle, par consé­
quan t l'a excom-m'unié; mais que par une grâce spéQiale il aengagé ou
incité son Fils à descendre, et à prendre sur lui la damnation qui
avait été décidée, et ainsi à apaiser la colère de son. Père, et que ce
n'était que par ce moyen qu'il pourrait reaarder l'homme avec quel­
que faveur; que le Fils a 'exécuté celle œuvre, de sorte qu'en pre­
nant sur lui la damnation du Genre humain, il s'est laissé flageller
par les Juifs, cracher au visage et ensuite crucifier comme malédic­
tion de Dieu, - Deutér. XXI, 23; - que le Père, après l'accom­
plissement de cette œuvre, est devenu propice, et a par amour pour
son Fils retiré la damn~tion, mais seulement de dessus ceux pou;
lesquels intercéderait le Fils, qui s~est fail ainsi Médiateur à perpé!
toité devant son Pêre? Ces raisonnements et d'autres semblables
r'etentissent aujourd'hui dans ies Temples, et réperculés par les
murs,
il
comme l'écho par les forêts, ils remplissent le:; oreilles de
lous les assistants. Mais quel est l'homme qui, s'étant fail d"après
la Parole ~ne Raison éclairée et saine, ne puisse voir que Dieu,
étant la l\Iisériéorde même et la Clémence même, parce qu'il est
l'Amour même et le Bien même, et que les .deux appartieunen t à!
son Essence, il y a éontraqiction à dire que la Miséricorrle même ou
)~ Bien mê~J puisse regarder l'homme a~ec colère, et conclure sa
aamn~tion, et néannloins rester l'Essence de Dieu? De tels raisonne­
ments frappent à peine l'homme probe, mais ils sont accueillis par
l~homme vicfeux ; il~ ne frappent. point l'Ange du Ciel, mais il:; sont,
acc~eillis par l'Esprit de I:E,nfer ; il est donc abominable de les appli­
quelà ·Dieu. Toulefois, 'si on recherche la cause, on trouve que c'est
pa~àe'qu'on a pris la Passion de la croix pour la Rédemption même,;
de là sont découlées ces erreurs, comme d"un seul Faux découlent
des faux en série continue, ou comme d'un Baril de vinai{?;re ne
sort que du vinaigre, ou d'un Mental insensé que des folies; car
d'une seule Conclusion résultent des tbéorêmes de même souche,
ils'sontiintÙieurement contenùs dans la Conclusion et en sortent
successivement; et de ce Conclusum que la Passion de l'a ~roix est
200 LA VRAIE
la Rédemption peuvent enêore sortir et être extraites plusieurs pro-,

positions scandaleuses et ignominieuses pour Dieu, jusqu'à ce qu'il

arrive ce que dit E8aïe : « Prhre et Prophète s'égarent par la

cervoise. ils chancellent par le jugement,. toutes les tables sont

,pleines d:un v~missement d'évacuation. " XXVIII, 7, 8.


t 33. Par cette idée sur Dieu et sur:la Rédemption, toute la Théo­
logie, de spirituelle est devenue bassement naturelle ,; et cela, parce
que des propriétés purement naturelles sont attribuées à Dieu.; et
cependant le tout de l'Église dépend de l'idée de Dieu~ et de l'idée
,de la Rédemption qui ràit ·un avec la Salvation; car cette idée es~
comme la Tête, d'où procèdent tou,tes les autres parties dU,corps ~
lors doné qu'elle est spirituene, toutes les chos,es de l'Eglise devien­
nent spirituelles, et lorsqu'elle es~ naturelle toutes les choses de
l'Église deviennent naturelles ; c'est pourquoi, comme l'idée de
Dieu et de la Rédemption est devenue purement naturelle, c'est-à~
dire, sensuelle et corporelle, c'est pour cela que sont purement
nalurelles toules les choses que Chefs eL Membres de l'Eglise ont
enseignées et enseignent dans leurs dogmatiques: si de là il ne peut
'être tiré qu{des faux. c'est parce que l'homme naturel agit conti­
nuellement, contrel'homme spiri,tuel, et que pal' suite il regarde les
". "', j, \ •
sp'irituels comme des chimères et des fantômes dans l'air; on peut.
dbnc dire qu'en raison dJ1cette,idée sensuelle sur la Rédemption et
Il . I~"
par suite sur Dieu, les chemins pour aller au. Ciel, qui sont les che­

mins condu isa~,i au Seigp'eur Dieu S~u,ve/lr, ont été investis par de~
voleurs et des larrons, - Jean, X, t,,8; 9; - et que dans les
" Il'! ~I
Temples les battants ,des portes ont été renversés, et qu'ainsi les
~ragons, les hiboux, les t~ii,~ et les jii,m,Y sont en,trés, et y font des .
con'certs discordants. Que cette idée sur la Rédemption et sur Dieu
~it été introduite' dans la foi 4'aujaurd'hui, cela est notoire; cette
foi consiste à s'adresser à Di~u le Père poür qu'il remet,te les péchés
ên considération de la croix et du'sang de son fils, ,et à Dieu le Fils
~our qu'il prie et in~er~ède, et ,à Dieu l'Esprit Saint pour qu'il jU~ïl
tifie et sanctifie;.
,
qu'est-ce
. ,
:lUtre
01
chose sinon supplier trois Dieux
Il 1 t

chacun dans son ordre? et a10rs qu'est-ce que la pensée sur le


Gouvernemen't Divin'? Est-elle autre f' que sur un gouvernemén{
Aristocratique ou Hiér~~chique, ou sur le' T~iumvirat tel qu'il
fut une' fois à Rome? l\f~is' au lieu de Trihnivira.t il peut être

.,
RELIGION CHRÉTIENNE. 2o.t
..
appelé Triumpersonat; et alors quoi de plus facile pour le Dia
hie. que d'~ppliquer la maxime: Divise et commande, 6'e8t­
dire, de partager les esprits; et d'exciter des mouvements de ré­
bellion, tantôt ,contre un Dieu, tantôt contre un autre, comme il es.
arrivé depuis l'époque d'Arius jusqu'à pré~ent, et ainsi de renver- ( .
ser du Trône le Seign~ur Dieu Sauveur, à Qui tout pouvoir appar-;
t,\enl dans le Ciel et S,VI' la terre -Ilatth., XXVIII, 18, - ft d'y;
placer un de ces Clients, et de lui décerner le culte, ou, parce qu'on
a décern,éJ~ culte à ce client, de l'enlever aussi ,au Seigneur. Lui~.
Même?
. . " " "
134. A ce qui vient d'être dit, j'ajouterai ces MÈ~IORABLES. -,

l>REMIEn
, '1
MÉMORABLE: Un jour -j'entrai dans un Temple du Mond

des esprits, où plusieurs Esprits étaient, assemblés,' et avant la Pré-j


dication fllisonnaient entre eux Sl,lr la. RÈOEMPTiJON. Le Temple était~ \,
quarré, et. sans aucune ferlêtre aux murailles, mais dans le haut au
ulÏlieu du toit .jJ y avaiL une granqe ouverture, par laquelle la du-'
mière du Ciel entrai,t et donnait phisJle clarté que s'il y avait eu des
fenêtres sur les côtés: et voici que tout à coup, comme ils étaient à
discourir sur la Réqemption, une Nuée noire venant du septentrion
eouvrit j'ouverture, ce qui produisit Jes ténèbres au point que cha­
cun ne voyait pas son voisin, et apercevait à peine sa propre main'
comme cette obscurité les tenait dans l'étonnemt'nt, voipi, cette nuée'
noire se fendit par le milieu, et par la fent~ on vit des anges en-,
voyés du Ciel, et ceux~ci écartèrent la Nuée des deux côtés, de ma­
nière qu'il y eut de nouveau de la "clarté dans le Temple; et les
Anges envoyèrent dansle Temple l'un d'entre eux, afin de deman­
der de leur patt à ceux 'qui étaient ,assemblés sur q~el sujet, ils
discl}taient, Bpul' qu'~,ne Nuée si obscure fût venqe leur enleverlar
lumière et les couHir de ténèbres; ils répondirent: Sur la Rédemp"'­
tion, et nous,disioBs que ie,Fils de Dieu l'a opéré. par la Passioll\!
de la croix, et que par' cette passion il la fait expiation l,et a déIivré
le ·Genre humain de la damnation et de la mort éternelle; mais à ces
~ot~ l' An~e qui ayait.été envoyé leur dit: Qu'entendez-vous par ,la...
P~ssi.on de la ,c~oix 1 Exposez pourquoi la Rédemption a été faite par
~Ile ?,Et alor~ un Prêtre s'avança et dit.: Je vais exposer en série ce,
~JI , . ' •

que nous s~vons ·~t ~royons, ; le voici: Dieu le Père, irrité contre le

,
l,.
,

200' .LA VRAIE


Genre humain, l'avait damné el exclu de sa 'clémente, il avait dé­
claré tous les hommes voués à l'exécration, maudits, et les avait
destinés à l'Enfer; cependant il' a voulu que son Fils prit sur lui
èette damnation, et le Fils y a consenti, et pour cèla il est descendu, a
pris l'Humain, èt 11 a souffert le supplice de la croix, et a transféré
ainsi en lui la damnation du Genre humain, car on lit: Afaudil est:
qurconque est suspendu au bois d'une croix: » ainsi le Fils a rendu
propice le Père en se faisant intercesseur et médiateur; et alors le
Père par amour pour le11 Fils, el louché des souffrances qu'il lui vit
endurer Sllr le bois de la croix, a décidé qu'il pardonnerait, mais
seulement, lui a-t-il dit, à ceux auxquels j'imputerai ta Justice, je .
les ferai de 'fi'ls de colère eti de malédiction 'fils de grfce et de béné,
diction, et~je les justifierai et sauvera,i ; quant à tous les autres, qu'ils~'il
restent, comme il a été précédemment décidé', fils de ëolère. Voilà
notre foi, et c'esllà la juslice que Dieu le Père introduit dans notre­
foi~ qui 'seule justifie 'el sauve. L'ange, ayant entendu ces 'paroles,.
. ful longtemps sans parler, car l'étonnement le rendait muet, enfin
il rbmpit le si1ence et s'exprima en ces termes: Le Monde Chrétien
peùt-Ù être fou là 'ce' point: et s'écart'er della"saine 'raison pour de­
semblables i'ê'veries, ét tJrer de ces Paradoxes le dogme fondamental
du s·alut'? QuPne peuL voir'quJ\ces Paracloxes sont diamétralement
opposées à l'Esse'nce de Dieu'; c'est.à-'diré, à' son Àmour et à sa
Sagessse, el en même temps à' sa TOllte-Puiss:mce él à sa Toute-Pré­
sence? Aucnn maître probe n'Iagiralit ainsi enYers~ses serviteurs et
, ses setvantes; ni même une'bêtlJ féroce envers ses petits; cela est!
abomirî'able: N'esl':'jJ pas contre ta Divi~e Essence de renMe nulle 13J
Vocation qui a été faile à tbus l~slhommes en général et· à chacun
en partioulier? N'est-il pas contre la Divine Essnce de changer l'Or­
d,te et'abWde toute eternité, Ir savoir, que chacun soit jugé selon sa,
vie !,IN'est-i\ pas contre la Divine Essence d'e J'etiré~ l'amotir et la
mi~éricorde àl/un seul homme, 'et à plus forte raisbn à'iotlt le genre
humain? N'est-i'1 pas contre PEssence de Dieu d'être, à la vue des
souffrances e'ndurées pal' le Fils, ramené à l~ m'iséricorde, et la mi­
séîiicoràe étant l'Essence iuême de Di'eu, d'êtt.e ramen'é dans son
Esgence et n'est-ce pas abominable We ,penser qJ'il en soit jalIlais
sdÎ'-li, car celte Essence est Lui-Même de toute éternité à toute éter­
nité? N'est-il pas impossible aussi de transporter dans une sorteo'

'.'

RELIGION 'CHRÉTIENNE. 20~


d'être (ens), tel qu~es' volTe foi, la Jus~ice de la 'rédemption, qui en-
sqi appartient à la Divine Toute-Puissance, et de l'imputer et I~ap­
pliquer à l'homme', et, sans, aucun autre moyen, le déclarer juste,
pur et saint? Niest-il pas impossi,ble de remeUre à qui que ce soit
~s péchés, et d'innov,er, régénérer et sauver qui qlle ce soit
par l'imputation seule, et ainsi de changer l'injustice en justice, .et
la malMictioD en,bénédiction ? Dieu pourrait ainsi changer l'Enfer
en Ciel et le Ciel en Enfer, Olt le Dragon en Michel et Michel en
Dragon, et ainsi renouveler en sens inverse le combat entre eux; il:
ne serait besoin que d'enleyer à l'un l'imputation de votre foi, et
de la donner à l'autre; par conséquen t, nous qui sommes dans le
~iel, nous devons trembler éterDeU~ment. De plus, est-il conforme
;: à.la justice et au jugement que l'un pr,enne sur lui le crime de l'au:-
tre ; que le criminel devienntllnon coupable, et que le crime soit'
ain~i effacé? Cela n'est-il, pas et contre la Justice Divine 'et contre
la justice numaine ? Le l'lande Chr-étien ignore encore qu'il y a UI)
Qrdre, et de plus il ignore ce qu'e c'est que l'Ordre, que Dieu a in-
yoduit dans le Monde en "!ême te,mps qu'il l'a créé, et que Dieu ne
p'~u,t lIgirj c,ootre, cet, Ordre, puisqu:alors. ,il agirait GOolre Soi, car
Djeu pst Lui-Même l'Ordre. Le .Prêtre compr!t ce que l'Ange avait
d,it, parce que les Anges qui étaieQt. au-dessus avaient répandu une
lumière du Ciel; et alors il gémit et dit: Que faut-il faire? Tous
311jourd'hui prêchent, prient 'et croient ainsi; tout,)e monde a dans
la bouche CeS paroles: Père bon! aie pitié de nous, et remets-nous
nos péchés,r:à cause du sang de. ton Fils; qu'il a répandu pOlir 1I0uS
sur.la croix; et l'on,dit au Christ Seigneur intercède pour nous '; /1
et nous Prêtres, nousajoulons : Envoie-nous l'Esprit Saint; et alors
]'Ange dit: J'ai liemar_qué que, de la ,Parole, non comprise il1térieu:-
rement, Jes ,prêtres tifenl 'des ,collyres qu'ils s'appliquent sur les
YI},!1x l\v,e1lglés,par leur foi, ou dont ils se font un emplâtre qu'ils,
mett,en~slÎr les b1'tlsSures produites par leurs dogmes, mais néan-
mO'Ïn&.ils: M les guérissent pas, paJlce qu'elles sont invétérées; va
dqnc vers celui qui se tient là, - et il me montra du doigt, - Il
t'enSt~gper,a, d'ap,rès le Seigneur, que la Passion de la croix a été,
DQJda R,éd~mption, 'mais l'union de l'Humain du Seigneur avec le
Divin.du Père: ,que la Rédemption a été la subjugation des Enfers.
eU'Qrdinalion,des Ci~ux, et que sans ces deux actes quele Sei~neDr

l,
20i J,.A VRAIE
a accomplis, quand il était dans le Monde, il ln 'y aurait eu de salut
p,our personne sur Terre, ni pour personne dans les Cieux; et: en l
outre il L'enseignera l'ordre introduit par la'création, ordre seldo,_
lequel on doit vivre/pour ê~re sauvé, et que' ceux qui vivent selon
CeL ordre sont comptés au nombre des Rachetés et sont nommés;
Elus. Après qu'il eut prononcé' ces paroles" il se forma sur I~s côtés.
dans le Temple, des fenêtres par lesql1elles une lumière brillante
inOua des quatre plages .du Monde, et il apparut des Chérubinsl
qui volaient dans la splendeur de la lumière; et l' .\nge fut enleyé
vers les siens au-dessus de l'ouverture; et nous nous relitâmes'
joyeux.
t35. SECOND"A!ÉMORAIlIJE. Un joul',~I.rn'étant le matin éveillé de
mon &ommeil"le Soleil du Monde spirituel m'apparuL'dans son éclat,
eL a\l-dessQ.us jelvis les Cieux, qui en étaient aussi éloignés, que là
Terre l'est de son Soleil; et alors il se fit entendre des Cieux 'des'
paroles ineffables, qui, réunies ensemble, formaient par articulatioli
cett~ phrase saisissable : Il.n'y a qu'un seul Dieu, qui est Homme,
dont l'habitacle' est dans ce Soleil; 'cette phrase articulée tomba pa
les Cieux Moyens ,-ers le Ciel Infime, et de là dans le Monde des
Esprits, où j'étais ;,et je remarquai que l'idée d'un seul Dieu, que
les Anges avaient expri~ée, était, selon les degrés 'de descente.
changé'e en une, idée de trois Dieux; pendant' que je faisais celte
relliarque j'entrai en conversation. avec ceux qui pensaient trois"
Dieux, leur disant,: Oh !II quelle énormité! <d'où vous vient-elle? Et,
ils répondirent: Nous pensons troIs ;d'après MIre idée ,perceptible
de Dieu Tri-un, mais celte ..idée neitombe jamais dans notre bouche;
quand nous parlons, nous ,disons tOu'jours à bouche pleine que Dieu 1
esL-lm ; peu importe qu'il y ait dans nos mentaIs une ,autre idée.
pourvu qU'Jelle n'en découle pas, ,et ne scinde pas l'unité de Dieu
dans la bouche; mais néanmoins elle en 'découle de temps en temps.
pui~qti' elle y esl, et alors si llOUS parlions, nous diri'ons trois Dieux~ 1
rnais,nous nous en gardons bien, de ,peur' d'e naus exposer à la ri­
sée de nos auditeurs,: ~et alors ils parlèrent ouvertement d'après! II
leur' pensée, disant :IIEsl-ce qu'il n'y a pas trois Dieux, puis~u'il y.
a trois PersoDl1es'Divines, dont chaoune est Dieu ; Et pouvons-nous 'f
penser, autrement, 'qu'and lel:Ohef:de notre,Eglise, dan:s le précieuX­
~'1 recueil de ses saints dogmes, assigne à l'un la Création,' à'l'autre 1
,i~
i
t"
RELIGION CHRÉTIENNE. ,205
Rédemption, et au troisième la Sanctification; et quand, de plus,' il
attribue à chacun d'eux des propriétés qu'il affirme incùmmunica­
bles aux deux autres, propriétés.q1fi sont non-seulement la Création,
la Rédemption et la Sanctification, mais encore l'Imputation, la Mé­
diation et,I'Opération? Dès lors est-ce qu'il n'yen a pas un qui nous
a créés, et lui aussi impute; un autre qui nous· a rachetés, et lui
aussi fait médiation; et un troisième qui of)ère l'imputation obtenue
par la médiation, et lui aussi sanctifie? Qui ne .sait que le Fils de Dieu
a été envoyé dans le 'Monde par Dieu le Père, pou r racheter le Genre
humain, et ainsi devenir Expiateur, Médiateur, Propitiateur et Inter­
eesseur? et comme celui-ci est un avec le Fils de Dieu de toute éter­
nité, ne sont-ce pas là deux Personnes distinctes par elles-mêmes?
·.et puisque ces deux personnes sont dans le ciel, l'une assise à la.
droite de l'autre, n-e doit-il pas y avoir une troisième Personne pour
exécuter dans le Monde ce qui a été décrété dans le Ciel? Quand
j'eus entendu ces paroles, je gardai le silence, mais je pensais en
moi-même: Oh ! quelle folie! ils ne savent rien de ce qui est en­
tendu, dans la Parole, par Médiation: et alors d'après l'ordre du
Seigneur trois Anges descendirent du Ciel, et me fl.!rent ·associés,
afin que, d'après une perception intérieure, je parlasse avec ceUI
qui étaient dans l'idée de trois Dieux, et spécialement sur la Média­
tion, l'Intercession, la Propiliation et l'Expiation, qui sont attri­
bué~s par eux ~ la Seconde Personne, ou au Fils, mais seulemenr
après qu'il eut été fait Homme, et il a été fait Homme plusieurs
siècles après la Création, alors qU(l ces quatre moyens de salut n'a­
.. vaient pas encore existé, et qu'ainsi ,Dieu le Père n'avait pas été
rendu propice, le genre humain n~avait pas· été expié, et personne'
n:avait été envoyé'du Ciel pour interCéder et opérer, la médiatron.
:Q',après l'inspiration qui me fut dohnéje 'pârb.i.. aleçs avec eux, en
disant·: Appro~hez en aussi grand nombre qu~il estlpossiblé, etécoU'­
tez\ ce qu.i es:t entendu 'dansl!a Parole" p,ar ,:Médiation~' Intèrdession,
Expiatio'~ et Propitiation; ce,sont là ,quatre Attributions de la grâce
du Dièu unique dans son Humain; Dieu ,fèjPère.ne peut jamais' être
approché, ni ne peut· Lui-Même s'approcher 'd'aucun homme,parce
qu'il est Infini:,et d;ms son :eue qui est. Jéhovah,"et qu:e' si, par sdn
.'$tre il.appr.ochait"de Phomme il le 'd'issou4rait,.comme le feu 'dis­
sout le,bois .et,IEtré~uit en cendres; cela est évident d'après ces pa­
206 LA. VRAIE
Toles qu'il adressa à Moïse qui voulait Le voir: cc Personne ne peut
.Me voir et vivre, " - Exod. XXXIU, 20; - et le Seigneur dit,
flue cc Dieu, personne ne (le) vit jamais, sinon le Fils qui est dans
le sein du Père,1) - Jean, l, t8. Matt~. XI, 27; - et que « per­
,sonne n'a entendu la voix du Père, ni vu son aspect, » - Jean,
V, 37; - on lit, il est vrai, que Moïse a vu Jéhovah face à face, et
a parlé avec Lui bouche à bouche; mais cela est arrivé par l'inte......
médiaire d'un Ange, comme pour Abraham et Gédéon. Puis donè
-que tel est Dieu le P'ère en Lui-Même, il Lui a plu de. prendre' l'Hu­
main, et dans cet Humain d'àdmettre les hommes, et ainsi de les
écouter et de parler avec eux; et cet Humain est ce qu'on nomill~
le Fils de Dieu, el c'est' là ce qui opère médiation, intercession,
propitiation et expiation. Je vais dire par conséquent ce que sig!1i....·
fient ces quatre Attributs de l'Humain de Dieu le Père: La MÉDIA.­
TION signifie q1le cet Humain est l'intermédiaire par le'quel l'homme
peùt s'approcher de Dieu le Père, et Dieu le Père s'approcher de
l'homme, et ainsi l'enseigner el le conduire pour qu'il soit sauvé;
c'est pourquoi le Fils,de Dieu, par qui est 'entendu l'Humain de Dieu
le Père, .est appelé Sauveu'r, et dans le l\Jonde, JésUs, c'est-à-dire,
Salut. L'INTERCESSION signil1e une perpétuelle Médiation, car l'Amour
même, auquel appartiennent .Ia Miséricorde, la clémence et la grâce
intercède perpétuellement, c'est-à-dire, est perpétuellement en mé­
diation, pour ceux qui font ses préceptes, et qui sont ceux qu'il
aime. L'EXPIATION. sign'ifiè l'éloignement des péchés, dans lesquels
l'homme se précipiterait~ s;il s'approchait de Jéhovah nu (non re­
vêtu de l'Humain) La PROPITIATION signifie. l'opération de la clé-:.
, mence et de la grâce, ,afin que l'homme par les péchés ne se préci':
pite pas dans la damnation; 'elle signifie aussi la surveillance afin
qu'il ne,profane,pas la sainteté, c'est ce que signifiait le Propitia'!.o
r
toire sur Arche danS le Tabernacle. Il est notoire que Dieu dang
ljl Parole a'par\é selon les' apparences, par exemple, 'quand il dit
qq'il se met en colère" qu'il se ,venge, qu'il tente, punit, jette en
el\fer~ 'damne, et même qu'il {ait le 'mal, lorsque cepend'ant il ne se
m~t en, colère 'contre personne, ne se·vetJge de'personne~ ne tente,·
q~''PIHlit,;~elliellte'en enfer, nef·damne p,ersonne, ces actions son
aQ$sj. él~ignées derDipu, que l'Enfei'l~est dUI Ciel,. ,et infiniment plus;
~ sOJlt.donc de& looutions selon'j Jes" appaneJ1dés; il Yla' aussi, 'dans
RELIGION CHRETIENNE 20'1
un autre sens, locutions selon les apparences dans les expressions
d'Expiation, Propitiation, Intercession et Médiation, par lesquelles
sont el)tendues des attributions de l'accès auprès de Dieu, et de la
grâce provenant de Dieu, par son Humain; éoinme ces attributions
n'ont point élé comprises, on a divisé Dieu en Trois, et sur ces
Trois on a fondé toule la doctrine de l'Eglise, et ainsi l'on a falsifié
la Parole; de là l'A.BOMINAT ION DE LA. DÉSOLATION, prédite, par le Sei..
gneur dans Daniel, et en outre dans Matthieu, Ch'ap,. ·XXIV. - A
ces mois, la Cohorte des Esprits se relira d'autour de moi, et je rlt
marquai que ceme qui en actualilé pensaient trois Dieux regardaient
vers l'Enfer, et que ceux. qui pensaient un seul Dieu d:,ms lequel est..
J. , •

la Divine Trinité, et que ~eLte Trinité est dans le Seigneur Dieu


Sauveur, regardaient vers ,le Ciel; et à ceux-ci apparut le Soleil
du Ciel, dans lequel est Jéh,ovah dans son Humain.
t 36. TROISIÈME MÉMORABLE, Je vis de loin cinq Gymnases, dont
chacun était environné d'une lumière provenantdu Ciel; le pr,emier
Gymnase était environné d'une lumière pourpre, telle qu'elle est,
dans les nuées avant le lever du Soleil le malin dans les terres ; le
Second était environnë d'une lumière jaune telle qu'est ceUe de
l'aurore après le lever du soleil; le Tr~jsième, d'une lumière blan­
che telle qu;elle est dans le Monde à midi; le Quatrième, d'une lu­
mière moyenne, telle qu'elle est quar.d elle commence à se mêler
à l'ombre du soir; et le Cinquième était dans l'ombre même du soir.
Dans le Monde des Esprits les Gymnases sont des Édifices ou les
Erudits s'assemblent et agitent divers arcanes qui servent il leur
science, à leur intelligence et à leur sagesse.' A la vue de ces Gym­
nases j'eus.Je désir d'aller vers l'un d'eux, et j'allai en ·espriLVer$
celui qui était environné d'une lumière moyenne) eL rentrai, et jl'
vis une Assemblèe cOJDI'0sée d'Er~dits qui agitaient entre eux cette
question: Qu'est-ce qu'env.eloppe ce qui est dit du Seigneur,qu'ayant
été élevé au Gi'el, il s'assit à la droite de Dieu? - Marc, XVI, t9..
.:..- La plupa~t des membres de l'Assemblée dirent que selon les'p~"
roles il fallait absolument entendre que le' Fil~ est ainsi assis aupr..
du Père: ,il leur fut demandé pourquoi cela est ai'nsi: quelques-un~
dirent que le Fils a été plapé par .le· Père· à sa droite- à cause de la,
i-
ll.édemption qu'il, acco~plie ~ ! d'autr~, ,qu'il ~~t Hinsi assi~ par
.amour ; d'autr~s; que c'est afin qu'H ~oi~: le' Cpnseiller ,d"u lt~re"
208 LA VRAIE
que comme tel les Anges Lui rendent bonneur; et d'autres,' que
o'est parce que le Père lui a accordé de régner à sa place, car on
lit qu'il Lui a été don.né tout pouvoir dans le Ciel et sur Terre; tou­
tefois, le plus grand nombre dit qu'il est à la droite, afin que le
Père exauce ceux pour qui il intercède; car dans l'Église aujour­
d'hui tous s'adressent à Dieu Je Père et le prient qu'Hait pitié par
~gard pour le Fils, et cela fait que ie Père se tourne 'vers le Fils
pour recevoir sa' médiation; niais quelques-uns dirent que c:est seu­
lement le Fils de Dieu de toute éternité qui s'est assis à la droite dll
Père, afin de communiquer sa Divinité au Fils de l'homme né dans
'le Monde, Quand j'eus entendu ces diverses opinions, je fus très­
~tonné que des Erudits, quoiqu'ils eussent demeuré quelque temps
-dans le Monde spirituel, fu~sent néa~moins dans une si grande igno­
rance des choses célestes; mais je perçus que c'était parce que, se
confiant sur la ,propre intelligence/ ils ne s'étaient pas . laissé ins­
truire par les Sages. Toutefois, pour qu'ils ne restassent pas plus
longtemps dans l'ignorance sur le Fils assis à la droite du Père, je
levai 'la main,'en les priant de prêter l' oreille,aux quelques paroles
-que je désirais leur adresser .sur ce sujet; e,t comme ils y consenti­
rent, je dis: Ne savez~vous p:lS d'après la Parole, que le Père et le
Fils sont un, et que le Père. est dans le Fils et le Fils dans le Père?'
le Seigneur le dit clairem~nt, - Jean, X, 30. XIV, 10, Il; - si
'Vous ne le croyez pas, vous divisez Dieu en. deux, et cela fait, vous
ne pouvez penser sur Dieu que naturellement, sensuellement et qui
plus est matériellement, ce qui se fait même dans le Monde depuis
te CONCILE DE NICÉE, qui introduisHles Trois Personnes Divines de
t<>l1te éternité, et pal' là changea 1'Jl:glise en un Théâtre; où il sus­
peridit des Toiles p~intes, rentre lesquelles des personnages repré­
sentaient de nouvelles scènes. Qui 'ne sait et ne reconnaît que Dieu
est BD? Sil vous reconnaissez :ce~a de cœur ~t d'esprit, tout ce que
'l'ous'avez dit se dissfpe de soi-même, et rebondit dans 'l'air comme·
~ bagateHés que rej~tte l'o'reille du sage. Aces pal'oles, pl'usieurs,
1.rimsportés'd'e 'colère, dés!rai~nt vivem'eQt me .tirer"le~ 9reille~ et
m'imposer siIen~e ! 'le Président' de l'asseml:l'lée, avec irldign'àtion
me 'dit': J1e<)s~jet' dè'l:i discu'~~iôn 'n'es:t ni l'un'Îtéf; ni la pluralité dé
Die'u;'plJisqueifiau~ croy8ns,r:une e~l'àutr8: mai~ c'e'st de savoir ce
f.J1l'enveloppent ~nes"pârolê~ ~\Lè "118\ est assis àlâdroite de son père;
RELIGION CHRÉTIENNE !09
si tu en &ais quelque chose, parle; ,et je répondis: Je parlerai";
U1ais ordonne, je te prie, que le tumulte cesse; et je dis: Par s'aS!
seoir à la droite, il nlest pas entendu s'asseoir à la droite, mais n
est entendu la Toute-Puissance de Dieu par l'Humain qu'il a pris
dans le Monde; par cet Humain il est dans les dérniers comme dans
les premiers, par lui il est en tré dans les Enfers, les a renver~és et
subjugués, et par lui il a mis en ordre les Cieux, ainsi par lui il â
racheté et les hommes et les anges, et il les a rachetés pour l'éter~
nHé: si vous consullez la Parole, et que vous soyez tels, que vous
puissiez être illustrés, vous apercevrez qne par la Droite il y est eol
tendu la Taule-Puissance; pàr exemple, dans Esaïe: l\1A. ~1A[N g
FOXDé ta Terre, et MA DROITE de sa paume a f01'mé les Cieux. )l)

- XLVlII, 1.3. - « Dieu a juré pm' SA DROITE, et par le Bras d,


sa force. » - LXII, 8. - Dans David: « TA DROITE me soutient. »
- Ps. XVIlI, 36 .. - « Reqarde vers le Fils que tu t'étais fm'tifié ,'"
que soit TA MAIN pour L'HOMME DE TA DROITE, pour le His de l' Iwmmê
que tu t'es fortifié. » - Ps. LXXX, 16, 18. - Par là on voif
cpmment doit être enlendu ce passage: Parole de Jéhovah li mari
Seiqneul': Assieds-toi li MA DROITÉ, jusqu'a ce que j'aie mis tes
ennemis pour mm'che-pied de tes pieds,. Jéhovah de Sion en->
verra le sceptre de ta forcé,. domine au milieu de tes ennemis, »"
- Ps. ex, 1, '2 ; - dans tout ce Psaume, il s'agit du. combat du"
Seigneur contre les Enfers ct de la subjugalion des Enfers; comme'
la Droite de Dieu signifie la Toute-Puissance, voilà pourquoi le"
Seigneur dit qu'il sera assis A DROITE DE LA PUISSANCE, - Malth:'
XXVI, 63, 64; - et A DROITE DE LA VERTU DE BIEU. - Luc,"
XXII, 69. - A ces mols, l'Assemblée fit entendre des murmures ;"
mais je dis; Prenez gàrde qu'il ne vous apparaisse du eiel une Main;'
qui, lO,rsqu'p,lte apparaH, comme elle m'est apparue, imprime une"
incroyable terreur de la puissan~e, ce qui a été pour moi une con·'!
firmation que la Droite de Dieu signifie la Toute-Puissance; à peine 1

avais-je prononcé ces paroles, que l'on vit une Main étendue au-des-"
sous du Ciel, et à cette vue une si grande terreur s'empara d'eux, "
qu'ils se précipitèrent en masse vers les portes, et quelques-uns
vers les fenêtres pour se jeter dehors, et d;a,utFes manquant de res-~'
pîraLion tombaient évanouis; mais moi je restai sans être effrayé, '1.
et! j,e m'en allai lentelJlenl après eux, et· quand je fus à une certaine"
L i4

,<,
2:iO LA VRAIE
distance, je me retournai, et je vis ce Gymnase enveloppé d'.ùn:e
Duée obscure; et il me fut dit du Ciel, que cela était arrivé ainsi,
parce qu'ils avaient parlé d'après la foi de trois Dieux, et que la
précédente Lumière qui l'entourait reviendrait, quand des Esprits
plus sensés y seraient assèmblés.
, i37. QUATRIÈME MÉMORABLE. « J'appris qu'il avait· été convoqué
:~ un Consistoire composé de personnages re)lommés par leurs écrits
~ et leur érudition sur la Foi d'aujourd'hui et sur la justification
," des élus par celte foi; c'était dans le Monde des Esprits, et il me
« fut donné d'y être présent en esprit; et je vis ceux qui avaient
~~ é,té convoqués d'entre le Clergé se grou pel' selon qu'ils élaierl t dll
'~ même sentiment, ou d'un sentiment opposé; du coté droit se le­
(( naient ceuxqui dans le Monde ont été appelés Pères Apostoliques,
(l, et ont "écu dans les siècles antérieurs au Con.cili:.<kJ~J.cée; du
"côté gauche étaient des hommes qlii, après ces' SièCIëS, se sont·
" reudus célèbres par des ouvrages imprimés ou transcrits par des
« copistes, plusieurs d'entre eux avaient le menlon ChauVëët ratéte
Ct couverte de perruques frisées faites avec des cheveux de femmes,
(( et quelques.tÏns-dé ceux-ci étaient en coll~les à-rouleaux, et
" d'aulres en collerettes à ailes: mais ceux du côté_droit avaient de
" I~arbe et des cheveux naturels; devant les lins et les aulres se
" tenait un Personnage qui avait été Juge et Arbitre des écrivains
(( de ce siècle; il avait à la main un bâton dont il-frappa le sol, et
il< iffiTfàire silence; alors il monta jusqu'au plus haut degré de la

"" Chaire et poussa un gémissement, et ensuite il voulut s'écrier à


" haute voix, mais la respiration de son gémissement relint le cri
f( dans son gosier; mais enfin, pouvant parler, il dit: Frères! oh !
f( quel siècle! il s'est élevé de la foule des La~q~!l~ un homme'3..ui
", n'a ni le manteau, ni la mitre, ni le laurier, et qui a arraché du
« Ciel notre foi, et l'a jetée dans le$tyx ;-ohl scélératesse! et cepen.:.

"~jdant elle seule est notre Étoile, .qui -luit -com;e Orion dans les
'1 nuits, et comme Lucifer le matin; cet homme, quoique d'un grand
",âge, est entièrement,aveugle dans les mystères de notre FOi,-parce
Cl, qu'il ne l'a paslouverte, et n'a pOint vu en elle la justice du Sei.. .
«, gneur, notre Sauveur, ni sa m~diation, ni sa propitiation, et comme

".il n',a pas vu ces actes, HI(a pas vu nQu .plus les merveilles de sa
.
« .justification, qui'sont la rémission des péchés, la régénération,la
"
RELIGION CHRÉTIENNE. 211
« sanctification et la salvation ; cet homme, au lieu de notre Foi sou­
e verainement salvifique, parce qu'elle est en trois Personnes Di­
'(( vines, ainsi en Dieu tout entier, a transféré sa fuldans la Secoi)(le
<C Personne,-non pas même dans celle Personne, m~is dan~ l'Humain
oc de cette Personne, que nous disons Divin, il est vrai, d'après l'in­

<C carnation du Fils de toule éternité, mais quTeStîce qui pense ~u:r
« c..et Humain autre chose que le simple Humain? et alors ql,l'en ré­
e sulte-t-il autre chose qu'une foi, de laquelle dé~ollie comme d'une

", source le naturalisme? et comme une telle foi n'est polnt spiri,­
« tuelle, elle diffère peu de la foi en un Vicaire ou en un Saint;
« vous savez qe que Calvin, dan~s~n telT\ps, a dIt du Culte q~i
« vient d'une telle foi: et, je vous prie, que l'un de vous dise d'où.
(( vient la Foi? n'est-ce pas immédiatement de Dieu, en qui par con­
« st<I!!.e~o!!.t_ toutes ies ~hoses du salut? A ces mots, les membres

~( du côté gauche, qui avaient le menton chauve, une perruque fri­


'1
« sée, et une collerette autour du cou, applaudirent des mains et
« s'écrièrent: Tu as parlé très-sageme,nt '; nous savonsqû6 nous- ne

.; pouvons rien prendre'qui ne soit donné du Ciel; que ce prophète


« nous dise d'où vient la foi, et qu'est-ce que c'est que la foi, si ce

« n'est celle-là ; il est impossible qu'il y en ait une autre et qu'èÏle

« viëmiëd'a"'iître part; exposer une autre foi que cëlle-ci, qui soit

« la foi, cela est aussi impossible que d'~lIer à cheval vers une des
--
...,.,....-~ - '-
« constellatIOns du Ciel, d'y saisir une étoile, de la serrer dans la
­
« poche de son habit, et de l'emporter. -:- Il s'exprima ainsi pour

« que ses confrères se moquassent de toute foi -WüveÎle. :-- Alors

oc lesHQ..mmes du côté droit, q~i avaient de la barbe et des cheveux

« naturels, furent saisis ,d'indig..Qation, et l'un d'eux se 1~1-J!.~


~ Vieillar~, mais qui néanmoins fut vu ensuite comme jeune homm~,
« car c'était un Ange du Ciel, où tout âge revient à la jeunesse; il
-- '- 1
cc prit la parole et dit: J'ai entendu quelle est votre foi, que l'Homme

.. qui occupe la Chaire a tant exaltée; mais qu'est-ce qu~tte foi.


( sirÏOÜ Ïe séPülc~- de -;ô~;é -sëfgneur après la résurrection, -Cermé
« de nouveau p!'r lëS soI4~t~e Pilate? j'ai o-uvert ëéue foi, et je

~( n'ai vu que les bagp~!.~s des, nrestigiateurs, par lesquelles les


.« Mages_e~lEgypte ~re.nt <!es Miracles; bien plus, votre foi est exté­
'll rieurement dans vos yeÎlx.QQ..mm~un écrin en or massif et garni

~( dèpié'ITes p~écieuses, eLqui, lorsqu'on l'ouvre, est vide, à moins


,~~2 I,.A VRAl~
1

," qu~ peut-être dans les co.in~ il n'y :li~ de la poussière des reliqu~s
(1 des Pontificaux, car ceux-ci ont la même foi, à l'exception ~~­

1$ jo~.!'d·huiUsX_q.!!l.2.g_~te de s~in~~~ exlerjles; votre foi aus~)i,.


.. pour me servir de comparai&ons, a été enfouie en terre' cornille
« chez les anciens la Vestale qui laissait éteindre le feu s,acré; et ie

~ ~," puis affirmer que devant Qles yeux elle est comme \e veau d'Of;'
II «~tour dugnel dansèrent les fils ~aël, après que ~Ioïse les e~t
«( quittés et fut monté sur la montagne du Sinaï vers Jéhovah: ne
,~

(1 soyez pas ét~nn~s q~e j'aie p~rlé ~~ ~t~ F.QLp!!,-..:..~~m­

«( parais,ns, car nous eu parlons ai!lsi, nous., dans le Ciel. Quant à


l( notre Foi, elle est, elle a été, et elle sera éternellemeut aq S!i,­

l( gneur Dieu Sauveur, dont l'Humain est Divin et le Divin est Hu­

« "main, ainsi rendue ~onvenàbre à ra ilception, et-a'àjJrès elle le


, . ' - ' - ~

Jl «( Ili~i.n sl?iritlle~nl a~ na~rel ~l'homme, e.t d~ la~J~i


l( sIllfltuelle dans le naturel, de là le nal'urel deVient comme dla-
_ _ ... _ J..~ -_... _ .•)

(( phane d'après la lumière spirituelle dans laquelle est notre foi_


l( les vérités dont elle se composé sont en -aussi grand iiom'l)fë(ju'il

l( y a de' petit~ Versets dans le Code sacré; ces vérités sont loutes

«( comme des étoiles, qui par leurs lumières la manifestent et lu.


«( donnent une forme; l'homme la tire de la Parole au moyen de sa
« lueur naturelle. dans laqueÙe elle est science, pensée et persua­
«( ~ion ; mais le Seig~r, chez cell~ qu,L,cl'oient en ï:liL ~- qu'elle

(( devie!!l:..~ti!Jn~~Jran~~ __~ce, a~s\_ene devien,,~iè1­


«( .:.jtu..;~l~::~,a~elle, et pa..~k charité ~lIe d~vient viv_e; cette Fgi.

! II chez nous est comme une Reine ornée d'autant de, pierres pré­

Il cieuses que la ml,lraille de fa

I( 17 ~ 20. -
sainte Jérusalem, - Apoc. xxr.
Mais ne crqyez pas que l~s pa,roles que j'ai dit~s
«( soientsel}lemen,t des pa~o.les_d'exaltation ; et, pour que vous n)e­
Il les considéri~z pasçomm"~ d_es p'uérililés, jé' vais lire quelque,s pas.­
\
• (1 sages de la. Sfint~Pal'ole, par lesquel,s vous, verrez cli;lÏl'ement qu~

Il notre Foi 'est nop pas en l'Homme, cOplme vous le croyez, mais

( ll\~ ~eu, da~s qpl ;st touli)ivin; J~an diF,7liUi?fhrist e;t


)

(Ile vrai l?ieu et la Vie. é~errtelle, » ~ 1 ~pit. V, 21. - Paul,:


'li Dqn$ le C1~is~, hab~te tou(e ,la plénitude de la Divinité c~rp?­

,(l rel~eme'f!,t: » - Co}o.~.si,l~, 9 ; -.,. et 14Jns le~ A.ctes des Apôtre~,:,


(1 I~.a pr~ch1 et~ aux ~~.it~ e;t atp:, G;~ç,s la. 'pénitence en'Q~~f

,",: ~eu. et la (oz en not'Je,Sezgn,!ur Jerus-,Chrzst;» - XX~ 21,;

.",
RELIGION 'cttlrnnENNE 213"
~t l'e Seigneur dit L\ii-iWênlb,1l qihi iti'i a éÙ don.nl
'Cc .!...- (out
~( pouvoir dans le Ciel kt sit~ 'Tèrr~. )~ ""7" MaUh. - X-X 'VlIJ, I ~ ';
( .L D1:1is Cè n'~st là qu'un très~petit nômbre de!' passages con~r-
té mati(s. Après cela, l'Ange rrle regarda, êt dit: Tu sais ce que les
c( 'soi-disant Evangéliques croient ou doiven't croire sur le Seigneur
« Sauveur; récite-nons-en quelquè èbOse, afin que nous sâchjon~

<1 s'ils sont dans cetle folie, de èroire qne i'H~riJain d,u' Seigneur
(t est simplement Huma'ln, èt s'lis }l'Y attachèrit point quelque èliJsè
.(c de' Qi~in, ou COIllm'ent ils l'y attachent; et alors, devant toute l'as.
(c semblée, je lus les articles suivants. tirés de J'eur Livre d'Ortho:: .
(c daxie, intitulée FOR/.tutE DE CONCORDE, et imprimée à Leipsic})
(l en '1756 : Dans le Christ la Nature Divine et la Nature Hu-
(cmaine ont ité tellement unies, qu'elles lont urie seule Personne.,
(t -'- pag.. 606, 762, - Le Christ est véritablement DiéU et
~(lidmme en une Per,sonne indivisible, et y de~eUre pour l'l-
cl ternité, - pag. 609, 673, 16~. - Dans 'le Christ Dieu el}
.. hbmme, et l'Homme est Dœu, - pag. 607, 765. - La Na-
.. titre Hum'azne du Christ a été 'élevée à tou~e ta MajeSté iJ~-
« vztle ; cela est mêm1 tire de plusieurs Pères, - pag.84,4 à
(c 852, 860' à 865; 869 à 878. - Le ChriSt quant à la Naturè
«( Oumainé e~t 'Tout-Pré~ent et rJmplît toutes choses, - pag.
« 768, 783, 784" 785. - Le ChriSt quant à la Nature Hu'-
(1 maîne a tout pouvoir dans le Ciel et sur la Ter1'e, - pag. 775,
(c 776, 780. - Le Chrz"st qüant à la Nàture humaine est assi:;
~ à la droite du Père, - pag. 608, '164.- Le Christ quant a
~ la Natu1'e, Humazne do# hre ihvoqué; ce qui a été corifirml'
«là pàr des passages de l'Ecriture, - pag. ,226. - La cdil-
-« fession d Auqsbollrg dppro'l),ve principalement ce C~lte, ~
l

.. pag. -t9. - AprèS ~voir lu ces palisâges devant l'assemblée~ je m~


~, tournai vers l'Homme qui' était dans' la chaire!, et je dis: Je sais
~ que tou's ceux qui sont 'ici ont été con'sociés à des hommes seDï:'
-«. J;ùab[es) eux (t~!'JsJ~~onde Da~[; dis, ie te prie,_sais-t!" t?Î'.,

~c' .~ q21 tu~s? 11 ~épo21\gt }'ÙD' t01l ,~r~e: le J~i,s ; r!~.~


.. con'socié à un Homme c'él~bre, Chef dés Illustres phalanges urees
~; dé' lihiinc'~ de-l'Église ;"êt o6mrlJe if avait r~ondud'uii tOn si
! kHJé~ j~rlu~ dis :' P~rdodnê:\nôï;Si je('îIitérJ'og~~ S~-tlioù hl-
-- le
~ -mïeté~chèf' èélèbré!'~\ fI·ait~ ,ie . saiS'; _._-
_.. lll\abité iJ6ÎlToü{(Th~
-
-214. LA VRAIE
« beau deJuther. A ces mats, je lui dis en souriant: Pourj!1oi disii
~ tu lefomb-eall ?' Ne sais-tu pas que Luther e§t r~ssuscité, et
~ qu)ujourd'hui il a rejeté ses erreurs sur Ja justifioation par la foi
« en Irois Personnes Divines de toute éternité, et qu'en conséquence
~;' il a~éié transporfeparmi les' heureux du Nouveau Ciel, eL<Ùf\.
i U voitks insensés qui !jlnt s~i~i_ et rl} de l!,urfolie? Il ctr.!i9...u_l!-d~
~ le sais, malS que 11'I'!!I!p-9rte ? ~,t alors du même ton qu'il m'avai~\
'Il. parlé, je lui répondis, en disant: ,Inspire à ton Homme célèbre,

;1 a~~el tu ~é~onsol?lé, qué je c'fain~ que, contrair~_e!1_t à l'Or;;:


. « ib_odo:x.ie1.e son Eglise, il n'ait en cet instant enlevé au Seigneur
« son Divin, ou qu'il n'ait laissé sa plume tracer un sillon dans lequel
.t. ~ __ • ".

~( il a inconsidérément semé le Naturalisme, quand il a écrit contre


' . r,
(1 le culte du Seigneur notre Sauyeur. Il me répondit: Je ne le peux

l( pas, parce que moi et lui, quant à cette chose, nous 'ne fâLSOris pres;

« qu'un seul mental, mais ce' que je dis il ne le compfend pas, tand~f
« que tout ce qu'il dit je le comprends clairement; - en effet, IIÇ
« Monde spirituel p'énètre dans le Monde naturel, et y perçoit Jes
.« peIlsées des hommes, mais non réciproquement; c'est là l'état d,~
l( consociation des esprits et des hommes. - Puis donc que j'a\'ais
:,, J1commencé
\'"
à parler au 'Personnage . ~I
de la'
l",
chair:e,
Il f
je dis: je t'inter­'1
:« romprai encore, si tu le permets, p.ar une intenog;l.tion: S3is-t~
'«( que l'orthodoxie des Évangéliques, dans"le Livre manuel de leur
1 ;, l , j

(cEglise, appelé FOR)IULE DE CO~CORDE, enseigne que dans le Christ


, ,1,. ;, " l ,'~l~. • • t, fi
~ Dieu eslHomme et 1Homme est pleu~ et que ~oQ DIVIn et son Hu~
Il main sont et demeurenL /lO,ur J'éternité dans une Personne indi;

,(C visibl~? ,Comment alors ton assôcié a-t-il pu, el comment LoiiJ~
, j" ~\:It- 1

((peux-tu souiller dé naturalisme le culte du Seigneur? A celle in;


<: terpellation il répondit :Je sais cela, et cependant je ne le sais
~Il ~as. Je continuai donc en disan~ :Je" lui deJ!la~de, quoiqu'il so~i
ill absent, ou je te demande à toi-même à sa place: D'où est venue
.~, ". . ~ ',. . f. • Il
i.(I.J'Ame
.11'1 1 1
du Seigneur
~.1' 'J
notre- Sau'ieur
.1 ~
?)S.i vousil)~,
~I'
_
"répondez, qu',elle e!;t 11
«verJUJe
• r
de sal\'lère,,J~ vous êtes des
r.:·'·
insensés;
~I 'J ~ ~I J.~,
si vous ~,..
di,tes: De Jo:-1­
41 ll"

~l
"l
seph"vous profan,ez la Parole;
_ 1 :" •. 'u Il . ' r.; ~, III' I l . .
mais si vous
l'
dites: ,De J J'Esprit
, <L
(;Il Saint: VOliS dites bien, pourvu que par l'E~pril Saint, vous entepi
.....l(l 1 J,Il~, '11; L~ ~J , ,r
,.(cdiez leIJ J'Divin procédant',f·.,
et 0Il1érant'J qu'a.insiilrest Je Fils de Jéhola~
If., l, 1. Il! I l •. l''! ' jl/~I ,! •• , . . /. . '
:c( Dieu.'IDe plus J'e d.emande: (lu est-ce que.l:Umon, -hypostatique ?'.'
'1 j ., 1j ',.' ü' ~ /1' " "
:.~ Si vou,~tXépo'ndei, qu~ Ç.'es~ une uni9!1 co~I9~, entre de~~. rUD~
RELIGION CHRËTIENNE. 2!'5
«( au-dessus et l'autre au-dessous, vous êtes des insensés, car vou's
« pourriez ainsi de Dieu Sauveur faire deux nieux, corinne de Dien
« vous en faites trois; mais si vous dites que c'est une ,union persoDL.
« nelle, comme est celle de l'Ame et du Corps, vous dites bien l ;
(f cela est conforme aussi à votre doctrine, puis aussi à celle des

.. Pères; consulte la FORMùLE DE CONCoRDE,pag. 76'0 à 768. Et con L


« suIte le SYMBOLE D'ATHANASE, où sont ces paroles: Il est de foi
sm'ne, que nous croyions et confess.ions, que notre Seigneur
«(rJésus-Chl ist est Dieu et Homme,. lequel, quoiqu'il soît :Dieu
«\ft Homme, est cependant, non' deux, mais un seul Christ,
« absolument un, lion par confusion de substance) mais pa'r
« J1lité de Personne,. Cal' de même que l'âme rationnelle et l'a
« ch'air sont un seul homme, de m'ême Dieu et l' Homme sont ûn
(1 s:"'tl Christ. Je ferai encore une question: Quelle a été "la dam­

f( naB\e hérésie d'ARIllS, vour laquelle le Concile de Nicée a été corlL

f( voq'\é par l'Empereur Constantin, le Grand? Ne consistait-el'le


f( paslen ce qu'il niait la Divinité de l'Humain du Seigneur ?'Or,

(1 dit~s~ Qui entendez-vous par ces paroles dans Jérémie: « Voici,

«( les jours viendront que je susciterai li David un Germe juste,


«(qui régnera Roi,. et voici son Nom: JÉHOVAH NOTRE JUSTICEI? »
« - XXIII, 0, 6. XXXIII, Hi, {6 ; - si vous dites que c'est le FIls
« de toute éternilé, vous êtes des insensés, celui-là n'a point' été
,« Rédempleur; mais si vous dites que c'est le Fils né dans le temps,
« qui a été l'Unique engendré Fils de Dieu, -Jean, l, 18. IU,16.
f( - vous dites bien; Celui·ci par la Rédemption est devenu la jus­
« tic e, dont flOUS faites votre Foi. Lisez aussi Esaïe, - IX, 0, ­
« et en outore les autres passages dans lesquels il est prédit que Jé­
« hova h Lui-Même dev:lit venir dans le l'lIon de', A toutes,ces preuv'ès
, « le Personnage de la chaire se tut et se détourna. ' ,
« Après celte discussion, le Président voulut terminer leConsi's­
(1 toire par un discours; mais alors un Personnage (Vir) qui avait

« sur la Itête une mitre et un bonnet par-dessus, ~'élança tout'à,


« coup du côté gauche de l'Assemblée, toucha du doigt son bonnet,
« et prenant la parole, il dit: Moi aus~i j'ai été consocié à un Homme
«qui, dans tonl\'Ionde, a été éminemment constitué en hon'neur;
, « je le sais, parce que je parle1d'après lui comme d'aprèslJJoi-même;
« alors)e demandai: Où demeure cet Homme éminent; il répondit:
~16
d '.,_
LA VRhIE
/«,'!\'. Gothembourg ; ,et d'après lui j'ai quelquefois pensé que ta non-
v,Alle1Doctà'iD,e sent le Mahométisme. Aussitôt que ce mol eut é'é
« ~nten~u, j~ vis tous ceux de la (1roite, où se tenaient les Pères
(~;\p'osltoliques, frap.pés d'étonnement, et le visage chanKé ; et f elli­
;~( ..~endis sortir de leurs mentaIs par leurs bouches ceS exclamatIonS':
«ph! infâme invec.Live! ô quel siècle! Mais afin d'apaiser leur.·
'« juste emportement, j:étendis 13 main, et je demandai à êL~e e
.~( tendu; la parole m'ayant été accordée, je dis: Je sais qu'un homme
,e< de cette éminence a inséré une telle infamie dans une LèU",

t
,quia été.•ensuite imprimée; mais si alors il eût su. quel ~ls- ,
.,« phème est renfermé dans celle assertion, il aurait sans doule~aé-
~'1l~chiré pette .}etl~e, et-l'aurait jetée ~u feu: c\est Lin tel outrag~ qui
,~,est entendu par les paroles du Seigneur aux Juifs, lorsqu'j}s,di­
~~,s~ieli\t que le.Qh~is.l faisait des miracles d'~près On pouvoir,1autlTe
<llque~le pouvoir DIVIn, - Matth. XII; 22 a 32; - oulre des pa­
1(, foIes Je Sei.gne~lr y dit ~n('o~e: « Celui qui n'est pa~ ~ffc Moi

,<.(reS! co.l1tre lf/oz, et celuz quz t:t'assemble pas avec Moz dzsl/erse. D
:«,,1"" )jers; 30. - A ces mots, le consocié de cet homme paissa'la
'(l·tê,te, mais pel,l,;après il la releva et dit: Je n'ai ja.mais entend.u des
f('IP~fq.\es"plu& ~9ures que celles,que lu vièllS. de In'adresser. l\faisilje
J'fI oontjn,uai ;J}I\ ;y a ici en C;luse d'eux ac~usations, celle de Natura.r
41<illismel .et celle der M;lhoméli?Il)B ;i ~e sont d,eux infâmes Menson~es
· « inven;iés avec ;ls,tuce, et deux· flétrissures mortelles pour efftllyer
,11! l~s ~qlQntés el, les détourner du Saint Culte du Sejgnel.rr: et je me
~('lto~rna~yers le d~rni.~r cOIl~@çié, et je dis: Dis, si tu le peux, à
• « c~.Ju,j qui est à GotheD;l,bo,mg"Je lire, e'e qui a 'été dit pair le Sei-­
tC gneur,d,ans l'Apocaly,pse,.C,ha.p,. III, 18 i et aussi ce qui a' été di,t
I1fc CQ~.p·I:Il, 16 •• - il ces mots, il se fit un tumult~; m'ais il fut
(1 apaisé par une LUlI1.ière env@lyée du Ciel, d~après laqutllit plu­
· « sie~rs de ceu~ qui étaient à gauche J1a~sère)i}t vers ceux qui étaient
f( à ql\oite ; ,àl gauche restèrent ceux: qui ne pensent que des choses
,(~~.ines, ~~,qui par c,onséq.~lent dépendeDil de Héloquence d'un maî­
/( tre" qpal qu;j>l soit j ] et aus~i lle:ux qui à l'égard du Seigneur) ne
n"cri9ieQit,qp'ilI'Humain ~ la ,f..~mière envoyée du Ciel semblait êtlle
tl<fJf~Iwrqulée pa~ gelp~-pi\ e'~ pail, c~ux-.là,let.; inflLler dans CeUif! qui
; f( ~t;li~nt passés ,<1\1' côté,gaucbe au: 'côté aroH. Il • (Ill.

hUI k t . '-'",,",,-1. ••
RELIGION CIrRÉTIENNE. fd·

CHAP1TRE TROISIÈME

D-E L'ESPRIT SAINT ET DE LA IHv'iNE OPÉRATION

i 3S. Tous ceux de l'Ordre' Sacré, qui ont embrassé quelqu'idée


juste du Seigneur notre Sauveur, dès qu'ils entrent dans le Mondè
spirituel, ce qui arrive ordinairement le troisième jour après la
mort, sont d'abord insiruits sur la Divine Trinité; et spécialement
sur "l'Esprit-Saint, en cela qu'il n'est pas Dieu par soi, mais qilè
dans la Patol'e par lui il est 'entendu la DivineOpéra'tion procédant
~e Dieu Un et Tout-Présent; s'ils sont sp~cialement instrU'its sut
l'Esprit-Saint, c'est parce que la-, pillpatt des Enthousiastès après
:Ja mort tombent dans la folle phantaisie qu'ils sont eux-mêmes l'Es...!
prit.lSaint, et par"ce que plusieurs de l'Eglise qui ont cru, dans le
monde, que l'Esprit-Saint a parlé par eux, effraient les ;Hîtres par
-les par@les du Seigneur dans Matthieu, en disant que c'est un péché
irrémissible de parler contre les choses que l'Esprit-Saint leur a
inspirées. - XII,3!, 32, - Ceux qui, après cette instruction, se
retirent de la foi -que l'Eprit-Saint est Dieu par soi; so'nL eriSuftè
'instruits, à l'égard de l'Unité de :Elieu, qu'eHe n'est point diviséee'n
t,rois Pets'onnes, dont chacune est en particuli'er Dieu et Sergneùr~
selon le s)'mbole d'Athanase, mais que la Divine TrinitLé èst dan's
'le Seigneur Sauveur, comme 1.'Ame, le Corps et la Vertu qui en
:p~ocède sont chez chaqull homme; ceux-ci ensuit~ sont préparés p1où'j-'
recévoir ra foi du Nouveau Cieh; et, ap'rès qu'ils ont été préparés, il
.Jeuresf ouvert' un chemin vers une' Société dam; le Ciel, où il y l'l.
.ull'e foi semblable, et Hleu!' est' donné une demeure avec des' corl­
frères 'avec qui ils vivront éternellement dans la' llJéati:tude.M~î(ijl(el
a
nant, puisqu'il été question de Dieu Créateur, et du Seigneùi' Ré­
deIl!-pteur', il est nécessaille qu'il soit aussi traité de l'Esprit-Saint-;
ael sujet "re~~he mvisé, comme· les a'ùtres; par Articles, àinsi qu1i)
suit>' I ! l' Il ,
218 LA VRAIE
J. L'Esp1'it~Saint est la Divine Vérité, et aussi la Divine

Vertu et la Divine Opération procédant de Dieu Un, en qui est

la Divine Trinité; ainsi, procédant du Seigneur Dieu Sauveur.

Il. La Divine Vertu et la Divine Opération, qui sont enten­


dues par l'Esprit-Saint, sont en général la Ré/ormation et la
Régénération ; et, selon celles-ci, l'Innovation, la Vivification,
la Sanctification et la Justification; et, selon ces dernières, la
Purification des maux et la Rémission des péchés, et enfin la
Salvation.
III. Cette Divine Vertu et cette Divine Opération, qui sont
entendues par l'envoi de l'Esprit-Saint, chez les Ec.clésiastiques ,
spécialement, sont l'Illustration et l'Instruction.
IV. Le Seiglleu?" opère' ces Vertus dans ceux qui croient en
Lui.
V. Le Seigneur opère de Lui-M~me d'après le Père, et non
vice versâ.
VI. L'espt'it de l'Homme est son Mental et tout ce qui enpro­
cède.

j 39. L'ESPRIT-SAINT EST LA DIVINE VÉRITÉ, ET AUSSI LA DI­


'VINE VERTU ET LA DJ.VIN<E OPÉRATION, PROCÉD'ANT DE DIEU UN, EN
QUI EST LA DIVINE TRliNlT~ ; AINsr, PROCÉDANT DU 8EIGNIHJRDlEU'
SAUVEUR.
Par l'Esprit-Saint il est proprement signifié le Divin Vrai, par
conséquen L ~ussi, la Parole; et', [dans ce sens, le Sei:gneur Lui-Même
est aussi l'Esprit-Saint; mais 'comme dans l'Eglise aujourd'hui par
l'Esprit-Sa,int il est désigné ,la Divine Opération, qui est la Justifi­
(Jation actuellè, c'est pour cela que celte Opération est p!.ise ici pour
l'Esprit-Saint, et qu'il en est, principalement question, et aussLpar
, cette raison, que la Divine Opération se fait par le Divin Vrai qui
,procède du Seigneur, et que ce qui procède est Id'une seule et
même essence avec 'ce dont il procède, comme ces Trois,!I'iAme, le
Corps et le Procédant, qui font ensemble une Seule Essence, chez:
l'homme. essence [purement'humaine, mais chezi le Seigneur Essence
Divine et en, même temps Essence Humaine, lunies l:une avec,l'autre
apliès' la, ~Iorification" cO,mm;e ,l'ântér<Îeur, avec sonliPos,térieur, el
çomme ,l'Essence avec sa' Forme; ainsi, les Itroisl~Essentiels,' qui
sont appelés Père, Fils et Esprit-Saint, sont un dans le SeigneiJr-,
RELIGION CHRÉTIENNE ~19'
Que le Sei~neur soit le Divin Vrai Même, ou la Divine Vérité, cela
a été montré ci·dessus; que l'Esprit-8aint le soit aussi', on le voil
par ces passages: Il sortira un rameau du tronc de Jishaï, sur
ft

fui reposera l'Esprit de Jéhovah, Esprit de sagesse et ri intelli-


gence, Esprit de conseil et de force; il frappera la terre de la
verge de sa bouche, etpar l'esprit de ses lèvres il tuera l'impie,. la
jus tice sera la ceinture de ses reins, et la Vérité la ceinture de ses
Cuisses. " ~ Esaïe, XI, 1, 2, 4, 5. - " Il viendra comme le
fleuve resserré, l'Esprit de Jéhovah mettra son signe en lui; ,
alors viendra à Sion le Rédempteur. » - Es. LlX. 19, 20.--=':'"
.. L'Esprit du Seiqneur Jéhovih (est) sur Moi, Jéhovah M'a oint,
pour évangéliser les pauV1'es il M'a envoyé. » - Esa. LXI, f.
Luc, IV, 18. - c( Voici mon alliance: Mon ESp,'it qui (est) sur
Toi, et mes paroles ne se rettreront point de ta bouche dès main-
fenant et, dans l'éternité. » - Esa. LlX, 21. - Puisque le Sei-
gneur est la Vérité elle-même, tout ce qui procède de LU,i est par
conséquent la vérité, et ce Procédant est,entendu par le Paraclet.
qui est aussi nommé Esprit de vérité et Esprit-Saint; cela est évi-
dent d'après ces passages: (1 Moi je vous dis la VÉRITÉ, il vous
est avantageux que je m'en aille, car si je ne m'en vais pas, le
Paraclet ne viendra point à vous, mais si je ni' en vais, je vous
l'enverrai. Il - Jean, XVI, 7. - « Quand il sera venu, lui,
IEsPRIT DE LA VÉRITÉ, il vous conduim dans TOUTE LA VÉlUTÉ;
il "1e parlem pas d'après lui-même, mais tout ce qu'il aw'a en
tendu il prononcel'a, » - Jean XVI, 13. -,- " Lui me glorifiera,
parce que du MIEN il,'ecevra, et il vous l'annoncera: toutes
les choses que le Père a sont MIENNES; c'est poul'q.uoi j'ai dit
que du MIEN il recevra et vous l'annoncera. II - Jean XVI, 14,
HL - " Moi je demanderai au Père qu'il vous donne un autre
earaç~e~'llEsPRIT DE LAVÉRlTÉ, que le Monde ne peut recevoir,
p,arcc,qu'il ne le voit point, et ne le connaît point,. mais vous,
V01tl,~y,connaissez,parce que chez vous il demeure, et qu'en vous
il sera,. je ne vous laisserai pomt orphelins, je viens el vous,. ,et
v9us,')vqus Me ve1'1'ez. Il Jean, XIV, 16, 17 j 18. - <c Qua1Jdsera
VImU le P,araclet,
r4;j f,l~ ;J, ,Ii'
que MoiJ'e

,vous enverrai du Père, l'ESPRIT DE
~i.r,'~ITÉ'J'iÇ~I~i,~14. r.endra t,ém,oigrtage de Moi. " ,- Jean, XV ~
'6 :,.7";"" le,~~~~.91et(eHI.appe~é rE,sprit-Saint, dans Jean, - XIV~ 26.
22U i
," tA VitAïj~'
~ 0uè le' Seignent sEj S&it d~lgné Udi~Ménie par lè 'Paraêiet 011
t'flspr'it.Sainf j cèià est ~vitiélit paf ces pardlèS duSeign~r; qtJ~ le
M'ot:Jd'e lie le co'nnàrssaft paint êrlcore ; mais vo'u~, ~;dus le cô1thals+
se'Z,' je T1ê vous l'àisserai point orphelins, fe viens à vous; èt toits,
vvus'Me verrez: et ailleurs: Voici, Moi, ave'c vous je suis toil~
ft

lès idurS jusqu'à la consarrtma'tio'ndù siècle. » - rtla'tth. XX,I1I:


20 ; - puis par ces paroles: H ne pâ"tlèr'a pas d':lptès 'Lüi-Mêilië~
thais tlu Mien il recevra." "J
,t40. Maintenant', puisqûe pâi' l'Esprit-Saint estêntèhdtie là Di....
vine Vérité, et que cene~ei il èté ~arls l'e Seigneùr elle Séigmlùi­
Lui-Même, - Jean, X:IV, 6, - et qu;ainsi elle 'n"a' pas 1)U procédet
d'autre pa'rt, c'est/'poilt cela qù'il est dit: «Il n'y av'ait pas en­
·/jore un' Esprit..Saint, parce què Jésus n'était pas encore glori­
fié.·» - Je'an, VII, 39; - 'et aprèS la Glorificatiôn: « Il souffla
sur ses Disciples, et ïldit: Recevez 'un Esprit-Saint. »1- Jeàn,
XX, 2'~. - 'Si le Sei'gnebr a sdufflé sùr les disciples, el leur a diL
ees paroles, 6' est parce que le souffle était le ~jgne représentatif eil
terne de là Diviilè inspitaHon : dt l'Inspiration esv l'insertion dans
les sociétés angé'liques. D"âprès cela,111'entendément petit saisir dè
qui il élé dit pair l'Ange G'a\briel sut la 'Conception dll Seigneur:
« Un Esprit-Saint viim'dra' s'ur toi, et ûne Vertudu !rès-Hdut
f omôrage1'a,c' est pourquoi ce qiti naîtra de toi Sdint sera api
pèlé Pils 'de Diêu. .. -..S LÙê. 1, 35. - Puis: « L'Ange du Sei'"­
gneur dit en songe d Joseph: Ne crains point de.rècevoir Marié
ta Fiancée, CUl' èè qui ·en elle est rif} est d' Esprit~Saz'rit, et JOSéph
ne la connut point, jusqu'à ce qu'èllé eût enfanté' son Fils lB
premier-né. i) - l\Jal[,h. 1; 20, 25. - Là, l'Esprit-Saint est le f)f",
vin Vrai procédant 'de'llého,'ah,' le Pèrë; et ce procédant est la WrtG
du Très-Haut; qui alors ombtagea l'a !Ière: cet'a coïncide donè
avec 'ée passa'ge clans Jean: « Là parole était chez Dieu, et me«.
était Iii Parole, et· la Parole Chair (l été flûte. " - I~ 1, 141
;L que· là par la Parole soit ëntèndu lé' Divin Vrài, onle'voi't d'ans
tA FOI 'ÎlE LA! NeuvELDE EGLiSE, ci-dessus, N° 3.
\, i 41., Que 'la Divine trirî~té soit dans' le Sergneur, cela a été d~
mon,ll'é 'ci-déssu~; èt le'sMa, plus lil1jiplemen't d'ans la suHè li:JrsqU'ii
tn serai t·raité ex -professo " léi; lIsera seulelnent ra'ppar~é cërtâides
diseGrda'nces qui' résul16üi ,de eetf-e Ttibîtll ditiséê en~;tr'ois Pe1'solt.
RELIGION C,Hij$'IE~NE 22i
~&: C' es~ c~mme si, qu~!qu~ l\Jinistre de l'Egli~e ens~ign~it du haut
<1:Y!le c~;tir.e .ce Q'1'il f~u.t croir~ ~t ce qq'il faut faire, et qu'aupJ1ès
de hIi il Y eût un autre lUi~is~r~ lui disant à l'oreille: Tu as bi~p
parlé, ajo~te llncore quelq~ur cho~~; et qq'ils disent à un tl'oisième.
qui serait sl.l;r l.eg marches de la chaire: Descllnds dans le TelUple,
~uvçe leurs oreilles, et répands ces paroles dans leurs cœurs, et !l,n
mêlPtl temps fais qu'il~ soient dp.,s puretés, d~s saintetés et des gag~
de jJlstice. La Divine Trinité divisée en Personnes, dont éhacune en
particulier est Dieu et Seigneur, est semblable aussi à trois Soleils
9ans u~ seull\londe, deu~ en haut l'un près de l'autre, et au-dessous
le troisième, qui répand autour des anges et des hommes, et porte
Iii chaleur et la lum ière des deux premiers avec toule puissanCe
dans leurs mentais, dans leurs cœurs et dans leurs corps, et agit sur
f}UX de même que le feu pénètre, clarifie et sublime les rnaljère~
dans des cornues; qui ne voit que, s'il en était ainsi, l'homme se­
r~it brûlé jusqu'à être r~duit en cendrè? Le gouvernell,lent d,e Trois
Personnes DiVines dans le qiel, serait semblable aussi au gouverne­
ment de Trois Rois dans un même Royaume; ou au gouvernement
de trois Généraux"ayant même pouvoir sur une Seille Armé~; OIJ.
I?h,ltôt ail Gouvernement Romain avant le temps des Césars, quan4
il y avait un Consul, un Sénat et un Tribun du peuple, entre les­
quels, il est vrai, le pouvoir était divisé, mais cependant souverain
chez tous en même temps; qui ne voit combien il serail discordan~,
ridicule et extravagant, d'introduire un tel gouvernement dans le
Çiel? et on l'y inlr9duit, quand, pn at~ribue à Dieu le Père un pOQ­
,voir comme celui d'un GonsulSllprême, au Fils un pouvoir comrpe
celui d'un Sénat" et à l'Espri.t-Sain~ un pouvoiç comme cE}lui ~'UIJ
Tribun du peuple, ce qui arrive, q~and on atlribue à çhayun 4.'eu~
une fonction propre, et plus en,core, quand on ajoute que ces P,fO,­
pr:iétés ne sont poin,t commu,ni9ab~,es. ,
i.42. n. LA DIV~NE VERTU ET LA 1;)Ivrl~E OPÉR4TlON, QUL SONT E~:

TENPUES PAR L'I:;sKRIT-SAINT, SONT ~,!li lfi.fllÉl!:,A;L LA RÉ!I;'.oRMA,llION ~l
LA, RÉG~N~RAI:ION; ET, SELQ~ÇEHE~-CI, L'IN11l0VATlON, LJ\. VW1F1­
C<).T~9,N!, LA, S~NqIFlC~TlO~ ET LA JUST,N"IÇAT}.oN; ET, S~L0.N., Ç,Efi
:PEP.~,[~RES, ~A P~R~J{lGA!ION DES MAU~ EI ~ RÉM,{s~~ofj.D,E,S P~qIÉS.t\
El; ~\'iF!l'{ 1;A StL~'ATJON:.
Ce: sq?} ,l~ d!~s lenr p~d~e le~ V~rtq~ >qu~; l~ Seigp~l,I~' op.~~~ rJ1M
222 LA VRAIE
-ceux quj croient en Lui, et qui se préparent et se disposent à lUi
servir de récipient et de demeure, et cela est fait par le Divin VraÎ,
et chez les Chrétiens par la Parole, car c'est l'unique medium par
lequel l'homme s'approche du S~igneur, et dans lequel le Seigneur
entre; en effet, comme il a été dit ci-dessus, le Seigneur est le Di..
vin' Vrai même, et tout ce qui procède de Lui est ce vrai; mais il faut
-entendre le Divin Vrai d'après' le Divin Bien, ce qui est la même
chose 'la Foi d'après la Charité, car la foi n'e~t autre chose que
la vérité, et la charilé n'est autre chose que la bonté. Par le Divin
;Vraid'apres le Divin Bien, c'est-à-dire, par la Foi d'après la Cha:'
rité, l'homme est réformé et régénéré, et aussi renouvellé, vivifié.
sanctifié, justifié, et selon ces progressions et ces accroissements il
est purifié des manx, et la purification d'es maux est la rémission
Ides péchés. !\fais toutes ces Opérations du Seigneur ne peuvent être
exposées ici en particulier, car chacune demande une Analyse spé­
ciale, confirmée d'après la Parole, et illustrée par )a raison, et ce
n'est pas ici le lieu; le Lecteur est donc renvoyé aux explications
qui seront données en ordre ùans la suite de cet Ouvrage, lesquelles
concernent la Charité, la Foi, le Libre Arbitre, la Pénitence, la Ré~
formation et la Régénération. Il faut qu'on sache que le Seigneur
opère continuellement chez chaque homme ces saluts: ce sont, en
effet, des degrés pour' le Ciel, car le Seigneur veut le salut de tous;
c'est pourquoi le salut de tous est pour Lui ia fin, et qui veut la
fin, veut les moyens: c~est pour le salut des hommes qu'il ya eu
Avènement du Seigneur, Rédemption et Passion de la croix, ­
Matth: XVHI, 1L Luc, XIX, 1.0 ; - et comme le salut des hommes
a été et est pour 'l'éternité la fin que le Seigneur s'est proposée, il
s'ensuit que les opérations sus-mentionnées sont les fins moyennes.
et que la salvation est la fin dernière.
143. L'opération de ces vertus est l'Esprit-Saint, que le Seigneur
envoie à ceux qui croient en Lui et se disposent à Le recevoir, et
elle"est entendue pàf'l'Esprit dans ces passages: « Je donnerai un
nouveau"Cœur et' un ESPRIT 'NOUVEAU; MON ESPRIT j'e donnerac
au milieu ae vous" et le ferai que dans le chemin du salut
vous marchiez. )J :.- Ezéch, XXXVI,' 26,' 27. XI, t9. - Cl u'4
Cœur pur crée en nous, d Dt'eu / et UN ESPR~T FERME innove au
inilieu de moi; ramè1ië~m6i la joie de ton salut, et qU'UN ESPRIT
l
RELIGION CHRÉTIENNE. 223
, ,

SPONTANÉ me soutienne. Il - Ps. LI, 12, U. - « Jéhovah/orme


L~EsPRl1' DE L'HOMME au milieu de lui. » - Zaèh. XII, i. -
C, De mon dme je Tai attendu la nuit, et de ilION ESPRIT au mi-
lieu de moi je Tai attendu le matin. » - Esaïe, XXVI, 9.-
« Faites-vous un Cœur nouveau, et un ESPRIT NOUVEAU, pour-
quoi mourriez-vous d Maison fi Isra~l ? » - Ezéch. XVIII, 31 :
- et en outre ailleurs. Dans ces passages, par le Cœur nouveau est:
entendue la volonté, du bien, et par l'Esprit nouveau l'entendenlent
du vrai; que le Seigne,ur opère ces choses chez ceux qui font le bien
et croient le vrai, ainsi chez ceux qui sont dans la foi de la charité~
cela est bien évident par ces paroles: « Dieu donne l'âme à ceuX"
qui y marèhent; » et en ce qu'il est dit: « Un esprit spontané...
Que l'homme doive opérer de son côté, cela est encore bien évident
par ces expressions: cc Faites-vous un' cœur nouveau, et un esprit.
nouveau, pourquoi mourriez-vous, ô maison d'Israël? »
,144. On lit que, pendant que Jésus était baptisé, les Cieux s'ou-
vrirent, et que Jean vit l'Esprit-Saint descendre comme une Co-
lombe, -l\latlb.' III, 16. Marc, l, 10. Luc, III, 22. Jean, J, 32~
33; - cela arriva, parce que le Baptême signifie la Régénération •
.et la purification, et qu'il en est de même de la Colombe; qui est-ce
qui ne peut perc'evoir que la Colombe n'était pas l'Esprit-Saint, et.
(}ue l'Esprit-Saint n'était pas dans la Colombe? dans le Ciel il ap-
paraît très-souvent des Colombes, et toutes les fois qu'elles appa-
raissent, les Anges savent qu'elles sont des correspondances d'affec-
tions et de pensées sur la régénération et la purification chez ceux
qui sont dans le voisinage; c'est pourquoi dès qu'ils s'approchent
d'eux, et' qu'ils leur parlent de choses autres que celles qui étaient
le sujet de leurs pensées quand cette apparition avait lieu, aussitôt
les colombes s'évanouissent: il en est de cela comme de plusieurs
autres choses qui ont été vues par les Prophètes, par exemple~
comme de l'Agneau que Jean vit sur la montagne de Sion, - Apoc.
XIV, 1; et ailleurs; - qui ne sait que le Seigneur n'était
pas cet Agneau, ni dans cet Agneau, mais que 1'Agneali
était la représentation de l'innocence du Seigneur? par là
apparaît l'erreur de ceux qui déduisent les trois' Personnes
de la Trinité de ce qu'une Colombe a été vue sur le Sei- 1

gneur pendant Ilu'il était baptisé, et de ce qu'alors on entendit da


J~j LA VRAIE
Ciel1,lp~ v~i~, qui dit: « Cel'tfi-ci. est mon Fils bien-aimé. » Que
~ Seign,eur r~gé!1èœ l'ho!ll~e par la foi et par la charilé,c:est ce
quj es~ entendlJ par ces paroles de Jean-Baptiste: « Moi je vous
baptise d'eau pour la 1'epentance, mats Celui qui doit venir
tJprès moi, Celui-là vous baptise1'a D'EsPRIT-SAINT et de (eu. »
.---M~tlll.lll, 11 .1\Ia1'C, I,~. Luc. ID, i6; - baptiser d'Esvrit-Saint et
de feu, c'est régénérer par le. Divin Vrai qui appartient à la foi, et
par le Divin Bien qui appa,rtient à la charité. La même chose est
s)gnifiée par ces paroles du Seig:neur : " Siquelqu''I,m n'a pas éte
engendré d'eau et D'ESPRIT, il nepeut entrer dans le Royaume
de Dieu. » - Jean, Ill, 5 ; - ici, comme ailleurs dans la Parole.
l'eau signifie le vrai dans l'homme naturel ou externe, et l'esprit si­
gnifie le vrai d'après le bien dans l'homme spiriLuel 011 interne.
145. Maintenant, pui!>q'Je le Seigneur est le Divin Vrai même d'a­
près le Divin Bien, et que c'e,st là son, Essence même, et puisque
c'est d'après son Essence que chacun fait ce qu'il fait, il esL évident
qt1e continuellement le Seigneur veut et ne peut vouloir, autre chose'
qu'implanter le vrai et le bien, ou la foi et la charité, dans cbaque
homme. Cela Pl,Iut êLre illustré d'après plusieurs choses dans 18'
'Monde; ainsi, d'après celLes-<d, ,que tout bomme veut et pense, et
aUlant qu'il lui est permis, parle et agit d'après 'son essence, par
exemple, l'homme 19yal pense el a pour intenlion des choses loyales.
l'~olUme honnêle, le probe, le pieux el le religieux, des choses ~on­
nêles, probes, pieuses e,t religieuses; el, vice versd, le fastueux,
l'astucieux, le fourbe, l'avar~, des choses qui font un avec son es­
sçnce; le devin ne veut que prédire, et le $ot ne veut que dire des
c~o,ses opposées à ceHes qui appartiennent à la sagesse; en' un mot,
l'Ange n'agiLe et ne médite qU,e des c~,oses célestes, et le diable que
des choses infernaJes. Il en es~ de même de lout sujet d'une classe
i~(érieure dans le Règ,l)e a,nin1al, par exemple, d'un oiseau, d'une
bê~e, d'u.n poisso,n, d1un verm,isse~u ,ailé ou pon ailé, llhacun est
cqn~1J d'après son ess~nee ou na.t,vre, l'insti\lct de chacun vien~ dei
cette .esseqce et y est conforme. Pa.-ejJle,nlellL dans le Rè~ne vég.éla:l;.
10,4t arb,riss.eau, et tO.l,ltelpla~le, e.s~.~Jlnu.d'apFès son fruit et sa sa\'"
mFJiW', 4,ans lesqu91~ S9.D e~!len~e ~~ inMe" et il ne peut êlre pro­
dJ!~ 'pa,r1luk ,a4:Cupe qpO§e" q,lJ:Î.: l.l~ ~1j*semhlabAe à lui et sieD:De ~
h~ .. ~us" c'est d'ap~~s )'~.ss~ocç: qu'OQ juge de tout humus, de
RELIGION CHRÉTIENNE. 225
toute argile. de toute pier.re tant précieuse que vile, de tout minéral.
et ,de tout métal.
1.46. IlL CETTE DIVINE VERTU ET CETTE DIVINE OPÉRATION, QUI
SONT ENTENDUES J'AR L'ENVOI DE L'ESPRIT SAINT, CHEZ LES ECCLÉ­
SIASTIQUES SPÉr.lALE1IENT) SONT 1:ILJ.USTIlATION ET L'INSTRUC­
TIQN.
Les Opérations du Seigneur, énumérées dans l'Article précédent,
c'est-il-dire, la réformatioIl, la régénération, la renav,ation; la vi­
vification, la sanctification, la justification;la purification, la rémis­
sion des péchés,et enfin la salvation, influent du Seigneur tant chez
les Ecclésiastiques que chez les Laïques) et son t reçues par ceux qui
sont ùans le Seigneur et dans lesquels est le Seigneur, - Jean, VI,
l>6. XIV; 20. XV, 4, 5. - Quant il l'Illu"tration et 11 l'Instruction,
si elles sont spécialement chez les Ecclésiastiques, en voici les rai­
sons; c'~t qu'elles apparti~ fi le~n, et que l'inaugu­
ration dans le ministère les porte a~c elle, et même ~croient.,9,!!~,
lorsqu'ils prêchent avec ièle, i1s'sont inspirés, cOlllme les Dis~iples'
du ,Seigneur, sur lesquels le Seigneur souffla en disant: Recevez
K

un Esprit-Saint. » - Je:.m XX, 22, - voir en outre Marc, - xm,


H; - quelques-uns même atteslent qu'ils ont senti l'influx. ~fais
qu'ils ~dent bien de se persuader que le zèle, dont plusicuri
sont saisis quand ils prêchent, soit la Divine opération dans leurs
cœurs, car il y a un zèle semblable, et encore plus ardent chez les
Enthousiastes. et aussL cheZceul( qui sont dans le~la.!:!:~~~!~I~_llles
de la doctri.!le, même chez ceux qui méprisent la Parole, qui 'ado­
rent ia nature pour Dieu, qui rejettent derrière leur dos comme
dans un sac la foi et la charité, et qui, quand ils prêchent et ins­
truisent-, suspendent devant leur face une sorle d'estomac rlllllina­
toire d'où ils tirent et dégorgent de telles choses qu'ils savent faire
avaler à lenrs auditeurs. Le zèle, en effet, considéré en lui-même,
est un emportement de l'bomme naturel; si l'amour du vrai y est
intérieurement, cet emportement est alors comme le feu sacré qui
influa dans les Apôtres, et dout il est parlé ainsi dans leurs Actes:
c lis virent des Lang,ues séparées, comme de feu, qui se po­
. sèl'ent sur 'chaoun d'eux, et ils furent tous l'emplis d'Esprit

Saint. » - II, 3, 4; - mais si dans ce zèle ou cet emportement

se caèhe .iptéri'eureOlcnt l'amour du faux, alors c'est comme un feu

~" 15
226 LA VRAIE
renfermé diws une poutre, qui s'en échappe et embrase la maison:
Toi, qui nies la Sainteté de la Parole el la Divinité du Seigneu.r,
tire",je te prie, ton sac de dessus ton dos, et ouvre-le, ainsrqii'e tu
fais librement chez toi, e'l tu verras. Je sais que ceux qui sont dési­
gnés dans Esaïe par Lucifer, lesquels sont ceux de Babel, quand ils
entrent dans un Temple, et plus encore quand ils monlent en chaire,
surlout ceux qui se disent de la société de Jésus, sont saisis d'un
zèle qui, chez plusieurs, vient d'un amoûr infernal~ et que par suite
ils s'expriment avec plus de- véhémence et tirent de lem' poitrine des
soupirs
.
plus ­profonds, que ceux qui sont dans le zèle d'après l'a­
mOUl' célesle. Que chez les Ecclésiastiques il y ait encore deux opé­
rations spirituelles, 011 le voit ci-dessous, N° i 55.
147. L'Eglise ignore pour ainsi dire encore que dans toute vo­
lonté et dans toule pensée, et par 'suite dans toute action el dans
tout langage de l'homme, il y a un Interne et un Externe, et ~
l'homme dès l'enfa~ce ~ été instruit à parleLd'après l'ExJ~rne, quel
que' soit le d"issentiment de l'Interne, d'où résultent les déguise­
men ts, les flatteries et les hypocrisies; que conséquemment il est
double, et quecelui-H seulement est simple, dont l'Externe pense et
parle, ve~lt et agit§~près l~e; ceux-ci aussi sont enLendus p'ar
les siml2les dans la Parole, - Luc, VIII, HL XI, .34, et ailleurs, ­
qüôfqu'iLs. ~ient ...Pl~s~~~!l.l!.e le~ doubles. Qu'il y ait d~lic~t
triplicité dans toute chose créée, on le voiL par celles qui 'sont dans
le corps humain: Tout Nerfy est composé de fibres, et la fibre de
fibJ'iilcs: tout Muscle, de faisceaux de fibres, eL ceux-ci de fibres
motrices; toute Artère, de luniques en triple série; il en est. de
même dans le Mental humain, dont l'organisme 'spirituel est sem­
blable; et cela, parce que le Mental humain, comme il a été di~ ci­
dessus, a été distingué ell trois régions, dont la suprême, qui est.
aussi l'intime, est nommée c~; la moyenne, sr.irituelle ; el l'in­
fime, u.1lul'elle. Les Mentais de tous les hommes, qui nienlla Sain­
telLde la Pal'21e et la. Divinité ~u S.eigneur, penseiiTd:ins la région
infime; mais comme dès l'enfance ils onl aussi appris les spirituels
qui appartiennent .à I;Eglise, ils les reçoivent, mais ils les placent
au-dessous des naturels qui,soot diverses
, choses scienlifiques, poli­
tiques, civiles et ,mo,rale~, et èOlI}me ces spirituels spot sit\lés dans le
mental au lieu le plus b.~s et très-près du langag~, ils en padent 1
RELIGION CHRÉTIENNE. 22'7
-dans les temples ei dans les assèmblées;. et, ce qui est étonnant.
ils sont alors persuadés qu'ils parlent et enseignen.td'après leur foi,
lorsque cependant, quand ils sont dans leur liberté, ce qui arrive
lorsqu'ils rentrent dans leur maison, la porte,qui fermait l'interne
de leur mental s'ouvre, et alors parfois ils se .moquent des choses
qu'ils ont ptêchées devant l'assemblée, disant dans leur cœur que la
Théologie est un excellent filet pour prendre les colombes.
U8. L'Interne el l'Externe de tels hommes peuvent être cemparés
.à <les Poisons couverts d'une croùte de sucre, puis à ces coloquintes
ramassées et mises dans un potage par les enfants des prophètes,
.(Jui s'écrièrent en mangeant: .. La mort dans la marmite! II - Il
Rois, IV, 38 à 43. - Ils peuvent allssi être comparés 11 la Bête
montant de la mer, qui avait deux cornes comme l'Agneau, et qui
parla comme le dragon: - Apoc. XlII, 1 i ; - dans .la suite du
t~xte, cette bête est appelée faux-prophète. Ils sont encore comme
<les voleùrs qui, lorsqu'ils résident comme citoyens dans une Ville,
y agissent avec moralité et parlent a~ec rationalité, mais qui. reve-
nus dans les forêts, y son t des bêtes féroces: ou encopc comme des .
.pirates qui, sur la terre, sont des hommes, mais sur mer des cro-
. <codiles: pendant que les uns et les autres sont sur terre ou dans la
Yille, ils marchent comme des panthères couvertes de peaux de
brebis, ou comme des singes en vêtements d'homme, ayant sur le
'Visage un masque de face humaine. Ils peuvent encore être assimilés
11 tine pl'Ostituée qui se parfulile, se met du rouge sur le visage, et
revêt une robe de soie blanche garnies de guirlandes de fleurs, et
.qui, rentrée dans sa maison, se met nue devant les débauchés, et
les infecte de sa lèpre. Que tels soient ceux qui çe c~ur enlèvent à
'la Parole le Saint el au Seïgn'eur' le Divin, c'est ce qu'il m'a été
donné de connaître dans le Monde SpirHucl par des expériences de
plusieurs années, car là tous sont d'abord tenus dans leurs externes~
.
mais ensuite les externes leur étant enlevés . ils. sont mis dans les in-
~ternes, et alors lem' comédie devient une tragédie,
. 149. IV. LE SEIGNEUR OPÈRE CES VERTUS DA,NS CEUX QUI CnOIENT
EN LUI.
Quele Slligneur o.père ces verlus, qui sont ente.ndues par l'envoi,
de l'Esprit-Saint, dans ceux qui croient en Lui, c'est-à-dire, qu'il
les réforme, t'égénère, renouvelle, vivifie, sanctifie, j~sJiq~, P!l~i~e 4es
228. LA VRAlK
maux, et ellfin.1es S84ve, on,le voit dans la Plu'ole d'après tous ce!;>
passages qui: oonfiJ:mellt que le, salut et la vie éternelle sont à ceul(.
qui: croient au Seigneur, passages rapportés ci-dessus, N° f 08; et
en outre d'après celui-ci: " Jésus dit: Quiconque cnOIT J<.:N MOI,
comme dit l'Écriture, des fleuves de son ventre couleront, d'eaU"
vive,. 2"1 disait cela de L'f,SPJaT que devaient 1'ecevoir CEU~ QUI
CROIRAIENT EN LU'I. » - Jean, VII, 38, 39. - Pui~ d'après oelui­
ci: « LE TÉMOIGNAGE DE JÉSUS EST I:EsPRIT DE LA PROPHETIE. »,
- Apoc. XIX, 10; - par l'esprit de la prophélie est entendu le
Vrai de la doctrine d'après la Parole, la prophétie ne signifie pas:
autre chose que la doctrilIJe, et, prophétiser, c'est enseigQer la doc­
trine; et par le témoignage de Jésus est entendue la con-'
fession d'apr~s la foi e.n Lui; la même chose est entenduu-·.
par son témoign.age dans ce passage: II Le! Anges de Michet
ont vaincu le dragon par le sang de l'A gneau, et par la Parole
de SON TÉMOIGNAGE; et le dragon s'en alla POU1' faire la g,uerr&:
aux restes de Sa semence,. qui observaient les commandements
de Dieu, et ont le TimOIG~AGE DE JÉSUS-CHRIST. » - Apûc. XII..
H, f7,
HW. Si ceux qui croient au Seigneur Jésus-Christ doivent rece­
voir ces vertus spirituelles, c'est parce qu'il est Lui-M~me le Salut
et la Vie é,ternelle ; ,le Salut, car il est le Sauveur, et son nO[Q Jé­
sus signifie aussi le Salut; la Vie éternelle, carla vie éternelle est
à ceux en qui il esl Lui·l\lême el qui sont en Lui, aussi est-il Lui­
:Même appelé la Vie éternelle, dans Jean, - Epi! V, 21; - mainte­
nant, puisqu'il est le Salut et la V'ie éternelle, il s'en suil qu'il es'
aussi tout ce par quoi le salut et la vie élern'elie sont obtenus, que
par conséquent il est le tout de la réformation, de la régénération.
de la rénovation, {je la vivification, de la .sanctification, de la justi­
fieation, de la purificalion, des maux, et qu'enfin il est la Salvation ~
le Seigneur c~z1chaque homme opère ces vertus, c'est-à-dire) s'ef­
force de les y metlre, et.les y met quand l'homme se prépare et se
dispose à l'a réception; l'actif.même de.la pr.éparation et ,de la dis­
position vient aussi du Seigneur; mais si l'homme ne les reçoi,tpas
cr~n esprit spontané, alors;l~jSeigneùr" malgré l'effort qui ,persiste,
c.oriHhueliemeIitl ne peut les y mellre!
, hs~f. 'Croifè' au" Sëignéur. c'est<ni)D-seule~ent Le recollDaîlrlh
RELlGION~€Hl\ÉTIENNE. '229
niais aussi f:lire ses préceptes, car le reconnaître seulement n'ap­
partient 'qu'à la penSée d'après quelqu'entendement, mais f3'Îre ses
préceptes appartient a,üssi à la reéonnaissanèe d'après la volonté;
le mental de l'homme se compOse de l'Entendement et de la V{}­
. lonté; penser appartient à 1"Entendemeilt, et faire appartient fi la
Volonté; lors donc que l'homme reconnlltl seulement d'après la
pensée de l'entendement, il ne vient au Seigneur que par la mOllié
'du mental; mais quand il fait, il y vient' par le mental en'tier, et
cela est croire: d'ailleurs l'homme peut diviser son cœur et en'COfi­
traindre la superficie à s'élèver enhant, tandis Ique sa chair se
tourne en bas, et de celte manière il vole cdmine lin aigle entre 'le
Ciel et l'Enfer, et cependant l'homme 'ne suit pas son aspect, m~is
. il suit le plaisir de sa chair, et cela parce'qu'il est dans l'Enfer; il
.,Y vole donc, et lorsqu'il ya sacrifié h ses volùp'tés, et fait des liba­
tions aux démons, il prend un visage riante! un regard d'où jaillis­
sent des étincelles de feu, et il contrefait' a-insi l'ànge de 'i'umière:
ceux qui reconnaissent le Seignelir el rie follt poinlt ses préceptes de­
'Viennent de setnblàbles Satans aprîls lamart. .
1.52. Dans "un ArtiCle précèdent, il 'a été fllO'ntré que le salut et la
vie ,éternelle des hommes sont la fin premi,ère et dernière du Seέ
gn'eur; etcornme la' fin première et'lafln der~ière con tiennent en ellés
les fins moyennes, il s'en sùit que les vertus spirituellés sus-énon­
cées sont ensemble dans le Seigneur, et aussi par le Seigneurdàns
rhomme, J!lais néanmoins se manifestent successivement; en effet.
'le Mental de l'ho'mme croît comme son corps, mais celui-ci en stlt­
ture, et celui-là en sagesse; ainsi le mental est élevé lie région én
l'é'gio(J, savoir, de la région na'turellê' à fa 'région spiritoelle, el'~de
'celle-ci à' la région 'céleste; dans la 'région céleste est l'h'omme sage.
dans la région spirituelle \'ho'inme intelligent, dans la région natù­
iurell'homlne savànt ; mais cêlte élév~tion du men lai ne se fait qû'e
:de temps en temps, et elle se fai.t suivant que l'homme s'acquiètt\ des
vrais et les conjornt /lu bien: c'est absolument com'me lorsqu'un
hàliilne bâtit une maison; il se 'pourvoit d'abord de,'inàtériaux né­
.cessaires, com'me briques, tuiles, 'po'utres, chevrons, et' ainsi il pose
te .folJ'd'èm~iJt, Il elêve t'es rnfti-s, il la divise en chambres) y pfade
:des 'portes, coiJstrUit des (enêtr~s, 'et 'Pose d'es escaliers d'un étafè
!'autre; toutes èe~ ch'osës 'én'semble 'sont dans la fin, Iqu'i éstIùDd'llIl"'f"
230 LA VRAIE

bitation commode et honorable, que l'homme voit d'avance et cl la­


quelle il pourvoit. Il en est de même pour un Temple, quand on le-·
construit; tout ce qui en concerne la construction est dans la fin, qu~
est le culte de Dieu. Il en est de même de loutes les autres choses,..
par exemple, des jardins et des champs, et aussi des emplois el des.
affaires, pour lesquels la lin elle-même se prépare ce qui est néces­
saire. '
t53. V. LE SEIGNEUR OPÈRE DE LUI-MtlllE n'AI'RÈS LE PÈRE, ET"
NON vice versâ.
Par Opérer, il est signifié ici la même chose que par/envoyer l'Es­
prit-Saint, puisque les Opérations sus~énoncées qui sont en gén~rat
la Réformation, la Régénération, la Rénovati,on, la Vivifi'cat.io'D, llt
Sanctification, la Justification, la Purification des maux, la Rémis-.
sion des péchés, lesquelles sont attribuée:; aujourd'hui à l'Espri,t­
Saint comme Dieu par soi, l'ont les Opérations du Seigneur : Qu~
ces opérations ,'iennent du Seigneur d'après le Père, ,et non vice­
versd, c'est ce qui sera d'abord confirmé d'après la ,Parole, eten­
'suite illustré par plusieurs choses qHi sont du ressort de la raison:
D'après la Pal'ole, p·ar ces passag~s: .',' Quand sera venu le Pa­
sactet" QUE 1\101 JE VOUS ,ENVERR,\I pu P,ÈRE, l'Esprit de la vé­
I,rité qui sort du Pè'e, celui-Id rendra témoignage de Moi. )l ­

Jean, XV, 26, -..:.. « Si je ne m'en vais pas, le Paraclet ne vie'{/.­


",dra pas à vous·; triais si je m'en vais, JE VOUS L'ENVERRAI. » ­
Jean , XVI, 7. - d ( Le Paraclet, l'Esprit de la vérité, il ne­
parlera pas d'après lui-même, mais DU MIEN IL RECEVRA, et il
vous t annoncera; toutes les choses que le Pène a, SONr MIENNES ~
c'est pourquoi j'ai dit, que du MIEN ilr{Jcevra, et vous l'an­
noncera. » - Je.an, XVI, 13,,14, 15. - « Il n'y avait pas­
, encore un Esprit-Saint, pance ,que Jésus n'était pas encore !J{o­
ripé: » - Jean, :VU, 39 . .=.....:- .« Jésus SOUffil(:l s,ur [es Disciples, et
•.il dit.' Recevez unI Esprit-Saint. »' -- Jean, XX, 22. - « Tout
ce que vous dema-n(1erez, en m.on Nom, JE LE FERAI, afin que le'
Père soit glorifié darcs1le Fils; ,si v(/;u~ demartdez quelque chose­
en 71lon Nom, P40I .JE LE' IŒRAL ) ' - Jean, XIV, 13, .14. - D'a­
,près ces passages, il est pien évide~t qpe le Seigneur envoie un,
Esprit-Saint, c'est-à-dire, opère les choses qui sont aujourd'hui!
l..llttribuées ,à l'Esprit-Saint comme Dieu par soi; èn effet, il, a dit,.
RELIGION CHRÉTIENNE. 231
qu'il l'enverra du Père; qu'il l'enverra vers eux; qu'il n'y avait pas
encore un Esprit-Saint, parce que Jésus n'était pas encore glorifié;
qu1après la glClrification il soutlla sur les Disciples et dit: Recevez
un Esprit-Saint; puis, en ce qu'il dit : Tout ce que vous demande­
rez en mon Nom, Moi je le ferai; et aussi: ILe Paraclet recevra de
ce qui est à moi, et il vous l'annoncera; que le Paraclet soit la
même chose que l'Esprit-Saint, on le voit dans Jean, XIV, 26. ­
Que Dieu le Père n'opèrepoinl ces verlus de Lui-Même par le Fils,
mais qne le Fils les opère de Lui-Même d'après Je Pèrè, on le voit
par ces p:lssages: « Personne ne vit jamais Dieu,. l'Unique en­
gendré Fils qiti est dans le sein du Pèré, lui ra exposé. )) ­
Jean, l, 1,8,; - et ailleurs: « Ni la voix du Père vous n'avez en­
tèndu jamais, ni son aspect vous n'avez vu.)) - Jean, V, 37. ­
II résu!te lloncdeces passages, que Dieu le Père opère dans le Filset sur
le Fils,el non par le Fils, mais q~e le Seigneur opère de Lui-l\lême
d'après son Père, car il dit: Toutes les choses que le Père a,
(1

sont Miennes. » - Jean, XVI, 15. - « Le Pèr() a donné touteS


choses dans la main du'Fils.» - Jean, Ill, 3:'>. - « Comme le
Père a la vie en Lui-Même, ainsi il a donné auFils d'avoir la
Vie en Lui-Même. » - Jean, V, .26. - Et aussi: « Les pa­
roles que Moi je prononce sont esprit et sont vie. » - Jean, VI,
63. - ' Si le Seigneùr dit que rEsprit de la vérité sort du Père, ­
Jean, XV, 26, -: c'est parce que de Dieu le Père il sort dans le Fils,
etqu'jJ sort du Fils d'après Je Père, c'est' pourquoi il di~ aussi:
« En ce jour-la vous connaîtrez que le Père (est) en Moi, et Moi
dans le Père, et vous en Moi, etlMoi envolls. )) -,Jean, 'XIV. 11,
20. - D'après ces paroles explicites' du Seigneur, on voit bien clai­
remeut cette erreur, dans le Monde Chrétien, laquelle est, que Dieu
le Père envoie l'Esprit-Saint à l'homme; 'et rerreur de l'Eglise
Grecque, que Dieu le Père L'envoie imméd'iatement: ce (doctrinal),
Ique c'est le Seigneur qui l'envoie de Lui-Même d"après Dieu le Père,
~t non vice vel'sd, vient du Ciel, et les Anges l'appellent Arcan'e,
'parce qu'il n'a point encore été dévoilé dims le Monde.
154. Ce sujet peu:t'être illustré par plusieurs choses qui sont du
~~ssort de la raison; par ell.el~p'e, par celles-ci: 1.' est not~ire q~e
les Apôtres, après que le Seigneur les eut gratifiés de 1ESllru­
~int, prêchèrent l'Évangile'dans une grande partie du globe, et
232 L~ VRAIE
qu'ils le répandirent de bouche etl'ar des écrits, e~ firent cela 'd'eult­
mêmes d'après le Seigneur; en effet, Pierre a enseigné et écrit
d'une ":lanière, Jacques d'une autre, ,Jean d'une autre, et Paul d'lIl1e
autre, chacun selon son int~lIigence, le Sei,gneur les a tous remplis
de son esprit, mais chacun en a pris une mesure selon ,la qualité
de sa perception, et ils ont agi chacHn selon la qualité de sa puis­
sance. Tous les Anges dans les cieux ont étéreRlplis du Seigneur,
car ils sont dans le Seigneur et le SeIgneur est dans eux, mais
néanmoins chacun parle et agit selon l'état de son mental, les uns
avec simplicié, les autres avec sagesse, ainsi avec une variété infinie,
et cependant chacun parle de soi-même d'après le Sei~lleur. Il en
est de même de tout Ministre de l'Eglise, tant de celui qui est dans
les vrais que de celui qui est dans les faux, c\laClm a sa bouche et
son intelligence, et chacun parle d'après son mental, b'est·à-dire,
. d~après l'esprit qu'il possède. Tous les Protestants,soit qu'ils se
nomment Evangéliques ou Réformés,après qu'ils ont été instruits
. des dogmatiquJ'ls établis par Luther, Mélanchton ou Calvin, ne par­
lent point, eux ou leurs dogmatiq,ues,'d'eux-mêmes par ces chefs,
mais ils parlent d'eux-rn.êmes d'après ces chefs ,j cha'que dogme peut
même être exposé de mille manièr\;s,,,car cQaque dogme est cornille
une corne d'abondance, d' où 9hacu~, tire ce ql~i est favorable et
adéqua,t à ~pn génie, et H l"exnose selon sa faculté. Cela peut être
illustré par l'actio~ du cœur dans le poumon et SIII' 'le poumon, ~t
par la réaction <;lu poumon de soi-ro~me d'aprè~ le cœur; Ms ,deux
choses' ·sont distinctes, mais néanmoins réciproquement ,u-nies; le
poumon respire«(de soi-même d'apr,ès l(l ,CœIJF, mais non le cœur
! pa; le poumon, si cela 'se~aisaiL, l'un et l'autre !i'arrêLe.rait; il en
est allssi d~ même de l'action dll cœur dans les viscères et sur les
viscères de tout)e corps; le cœu~ envoie le sang de tout côté, IDlii~
les viscèr1es y puisent chacun leur mesure selon la qualité de l'usllg~
1 q\l'ils rempl issent, et chacun aussi agit ~elon cette' qualité, ai-nJ

d'une manière d'ifférente. La même chose peut encore être ilIuslr


ainsi: Le mal qui provient des, parents, et qu'on nOll)me mal hér,
ditailoe., agit dans .J'homme ~t sur l'homme; il ènest de même ~u
bien qui procède du Se\gpeur; le bien en dessus ou en dedans"le
m,al en ,dessous, ou en dehors ;si le ~al agissaitparl'homrn. e,
l'homme ,ne, ~r~it ,pas réformable et ne serait pas coupable; pa­
RELIGION 'CIfllÉTIENNE. i233
"reilletneilt "si :lebien"qui' proçededu' Seigneur 'agissait p'ar l'hOMme,
,l'homme ne serait pas "non ,p1us réformable; tnais comme l'uri1et
Tautre déperid du HbJ:e cboix de Jlhomme, l'homme, devient coupa­
;ble, lorsqu'il agit de îui-'même d'après 'l'e mal, et innocMt lorsqu'il
agit de lili-même d'après le bien,; ,or, puisque le mal est"le diable,
et que le 'bien est le Seigneur, il devient coupable s'il 'agit
-d'après le diable, et innocent s'il agit d'après le Seigneur;
c'est d'après ce libre choix, qu~ est chez' chaque homme, que
l'honllile peut être réformé, Il en "est de même de iout ln'terhe
et de tout Externe cllez l'homme, les deux sont distincts, mais rl'éan~
~moins réciproquement unis; l'Interne agit dans l'Externe et sur
l'Externe, mais il n'agit pas par l'Externe, car l'Interne agite des
milliers de choses, dont l'Externe prend seulement celles qui sont
convenables polir l'usage; en e'tret, dans l'Jnterne de l'homme, par
lequel e~t entendu son Mental, volontai'fe et perceptif, il y aen cir­
culation une masse d'idées, qui, s.i elles s'écoulaient 'par la bouche
de l'homme, produiraient comme l'effet du vent qui sort d'un souf­
flet; l'Intèrne, parce qu'il agite les' idées universelles, 'peut être
'(lomparé à un Océan, ou à un Parterre, ou àun Jardin , d'où l'Ex­
terne tire ce qui lui suffit pour l'usage: la Parole.Gu Seigneur est
~omme un Océan, un Parterre et un Jardin; quand la Parole est en
,quelque pléniLude dans l'Iùterne de l'homme, l'homme parle et agit "
de lui-même d'aprts la Parole et non la Parole par lui: il en est de
'même du Seigneur, comme il est Lui-Même la Parole, c~est-à-dil'e,
le Divin Vrai et le Divin Bien dans la 'Parole, le Seigneur de Lui!.Mênte,
ou d'après la Parole, agit dans l'homme et sur l'homme, mais'non l"ar
.J'homme, parce que l'homme 'agit el parle Iibooment' d"après le Sei­
gneur, quand il agit et parle libremen.t d"aiprès la Parole. Mais cela
peut être illustré de 'plus près ,par le commerce mutuel de l'âme'et
".Q!I corps; l'âme et le c@rps so'nt distincls mais réiiproqu8ment unis;
.l'âme agit dans le ,corps el,sur le corps, mais non par le corps,ret
'le corps agit de so,j·même d'après l'âme; que l'âme n'agisse p@rnt.
,parle corps, c'est parce qu'ils ne consultent pas et ne délibèrent
pas entre eux, et qne l'âme ne commande pas ou 'Ile demande pas
({ue le corps agisse ,d'e telle ou telle manière, 'Oll prononce telle 611
telle chose, etque le corps n'exige pas ou ne demande pas que l'âme
donne et fournisse quelque lihose, car tout ce qui est à l'âme est 'au
234 LA VRAIE
corps .réciproquement et vice versd: il en est de même du Divin et
de l'Humain du Seigneur, car le Divin du Père est l'Ame de l'Hu-.
main du Seigneur, et l'Humain est son Corps, et l'Humain ne de­
mande pas à son Divin de 'Iui dire ce qu'il doit prononcer et opérer;
c'est pour cela que le Seigneur dit: « En ce jour-là, en mon
Nom: vous demanderez, et je ne vous dis point que Moi je de­
manderai au Père pour vous. car le Père Lui-Même vous aime,
parce que vous M'avez aimé. » -.Jean, XVI, 26, 27: - en ce
jour-là, c'est après la glorification, c'est-à-dire, après l'union par­
faite et absolue avec le Père. Cet Arcane vien 1 du Seigneur !dême
pour ceux qui seront de sa nouvelle Eglise. .
155. Il a été montré ci·dessus, dans l'Arlicle;III, que cetle Divine
Vertu, qui est entendue par l'opération de l'Esprit~Saint, chez les
Ecclésiastiques spécialement, est l'Illustration, el l'Instruction, mais
à ces deux-ci il s'en joint deux autres placées entre elles, savoir, la
Perception et la Disposition; ainsi il y a quatre choses qui se suivent
en ordre chez les Ecclésiastiques, l'Illustration, la Perception, la
Disposition et. l'Instruction : L'ILLUSTRATION vient du Seigneur. La
PEROEPTION est chez 'l'homme selon l'état de son mental, état formé
par les doctrjnaux; si -les doolrinaux sont vrais, la perception de­
vient.elaire,par la IUlD'ière qui illustre; mais s'ils sont faux, la pe'r­
ception devientndbscure,' ettcependani elle peut apparaître comme
claire' d'apnès leslconfirmations. mais c'est d'apr~s une lumière fan­
tastique qui devant la vue puremeAt natllrelle .,est semblable .ù la
clarté. La DISPOSITION vient !de l'affection de l'amour de la
volonté; le plaisi'r de cet amour dispose; si c'est lIe plaisir
de l'amour du mlll et du faux de ce mal, il excite un zèle qui
aù dehors est âpre, rude, ardent et vomit du feu, et au dedans,
c'est la colère, la rage et l'immi:;éricorde; mais si c'est le plaisir:
de l'amour GU bien et du vrai de ce bien, le zèle au dehors est dQux,
P9li, relentissant et embrasant, et au dedans, c'est la charité, .la
grâce et .Ia miséricorde. L'INSTRUCTION vient ensuite comme effet
résuItant de celles-là comme causes. Ainsi l'IIluslration, qui vient
du Seigneur, Ise change en différenles lumières eLlen différentes cha­
leurs chez chaoun, selon l'élat de' soil menlal. .
156. VI. L'EsPRlT DE L'HOMME EST SON MENTAL ET TOUT CE 'QUI
EN PROCÈDE.
RELIGION CHRÉTlE~NE. 235
Par l'Esprit de l'homme, dans le concret, il n'est pas entendu au·
tre chose que son :Mental, car c'est le mental qui vit après lamort~
et qui alors est appelé esprit; s'il est. bon, Esprit angélique, et en~
suite Ange; s'il est mauvais, Esprit satanique, et ensuite Satan. Le
Mental de chaque homme est son homme Interne, qui en actualité
est homme et au dedans de l'homme ExtE'rne qui fait son corps;
lors donc que le corps est rejeté ce qui arrive après la mort, il est
en pleine forme humairie. Ils se trompent donc, ceux' qui croi~nt
que le Mental de l'homme est seulement dans la Tête ;. là seulem{lnt
il est dans les principes, d'Olt sort d'abord tOl,It ce que l'homme
pense d'après l'entendement et fait d'après lavolorlté ; maisdan.s le
corps il est dans les principiés formés pour sentir et agir, et
comme au dedans il est adhérent aux' corporels, il y porte le seflp et
le mouvement, et. aussi il "inspire la perception, comme si le corps
pensait et agissait de lui-même; mais que cela soit une illusion,.
tout 'homme sage le sait. Maintenant, puisque l'esprit de l'homme·
pense d'après l',entendement et agit d'après la volonté, et que le
torps pense et agit non ,de sor-même mais d'après l;esprit, il s'en
suit que par l'esprit 'de l'homme il est entendu l'intellig.ence et l'af­
fection de l'amour d~ l'homme, et tout ce qui en procède 'et est
opéré d'après elles. Que l'esprit ,de l'homme signifie '{le telles choses
qui appartiennent à son -mental, cela est éviden r d'après 'un grand
nombre de passages de la Parole, qu'il suffit de rapporter pOUT que
chacun puisse voir qu'il ne signifie pas autre chose: de ce grand
nombre de passages, en,voici quelques·uns: « Bdz'aléel fut l-empü
de l'esprit de sagesse, d'intelligence et de science. Il - RXGd.
XXXI, 3. - Nébuchadnézar dit de Daniel, « qu'il y avait en lUi
un esprit excellent de scienc~, d'intelligence et de. sagesse. Il - .
D~n. V, '12, U. - «(Josué fut r.empli d'un espnit de sages'Se. Il
- Deutéfl: XXXIV, 9. -:. cc Faites-vous, ~n cœur nov/veau et, un
espri! nouveau. » - Ezéch. XVIII, 3'1. - « Heureu:J;,lespauV1'es
par ~'esprit, car cl eux est le Royaume des Cieux.'» -l\Iatth,\>"
3... c( J'habite dans le'contrit et l'humble d'esprit, pour v,ivi­
fier l'esprit des humbles, II -Esaïe, LVII, '15. - ' « Les sacrifices
de Dieu (sont) l'esprit froiss,é. II , - Ps. Ll,-W. -----;- (c Je donnerai
un manteau de louange au lieu d'un esprit accablé. II - Esaïe,
LXI, 3 ; """"2 et en outre ailleurs. Que l'esprit signifie des ch'oses'qui
·286 ,'LA IVroAtE'
. ~p~ar'tilmhent au 'Meblal 'rerve~ti et inique, 'on Je 'Voit d'après ces
passages: « Malheur aux'prophètes insensés, qùi s'~ vont apr,ës
tèûr esprit! » - ~Ezééh. 'XU), 3. - « Conc'evez de 'la ball'e,
enfantez du chaume,. 'quant à votre 'e'sprit, un feu vous dévo­
rera.l) - Esaïe, XXXIII, 11. - « 'Un 'hdmme vagabond d'es­
prit, et qui débite le mensdhge. Il - Mich. II. H. - Il Utte'gé­
nération, dont' esp"it n'est point constant avec Dieu. 1) - Ps.
LXXVIII, 8. - Il Un esprit de 'scbtltatidns. )l - Hos.' V, 4. IV,
i 2. - Il Afin que 'tout cœur se tonde, et que soit "esseré to'ut es­
p"it. » - Eiçch. XXI, 1.2. - Il Ce qui s'~lève dans vott'e fsprit
n'arrivera jamais. Il - E~éCh. XX, 32. - l( Pourvu que dans
Ison esp,·itiln'yait'p'ointdelrdude. 1) - Ps. XXXII, 2. - « L'es­
'prit de Pnm'aon lut troublé. l) - :aen. 'XU, 8 ; - pareillement,
« l'esprit de Nébuchadnézar, 1) - Dan. '11,3. -,D'apl'èsces pas­
sages, et beaucoup d'autres il ~st Kien évident que l'esprit signifie le
Menlal de l'homme, et les choses qui appartiennent au menta1.
un. Puisque 'par l'Esprit de l'homme est entendu son Menlal,
c'est pdur cela que 'par l'expression'ÈTflE EN ESPRlT, quelquef<1is
employée dans laParol'e, 1'1 est entendu 'l'étal du mental séparé d'à­
vec'le corps, et comme dans cetétatles Prophètes ont vu des choSes
qui existent dans Ile il\Ionde 'Spirituel , voll'à pourquoi il ésl nommé
Vision lie Dieu; cet étàt élait alors pour eux tel qu'iil est pour les
Esprits mêmes et'pour les Anges mêmes dans le Monde 'Spirituel;
dans cet état l'~sprit de l'hOmme, comme 'son 'mental, quant à la
vue, peutêtre transpotféd'un lieudansun autre,'le corpsrestantdahs
'Sla place. C'est dans cet étàtque j'ai'été m@i-tnême depuis maintellatlt
26 a'l1S, avec cette différence, que j"y"étàis en èSprit et en mêine
temp's dans ,le corps, 'et s~ulemeflt quelque fois hors d'u corps. Qu'E­
zéchiel, Zacharie, Daniel, et Jean qùand il' écrivit l'Apocalypile,
ai.ent été dans cet état, on levoït par les passages suivants: Ezé­
éhiel dit: «L'Esprit m'enlèva, et il me ramena en ChallMe
'vers la Captivité, dans la VIS'ION DE DIEU, en E'SPRlT DE DIltu;
a'insi montà surmoi 'la VIS'II)N, que je 'vis. " - XI, 'i, 24 .:....­
« Qu~ l'Esp"rit l'enleva,' et 'qu'il entendit det'ri'èlle lui un t1'èm­
blement de terre.. 1) -:"QU, n, 1114. -Q'Ue l"Esprit, l'e'»;{e'va'
tre la Perre et 'le Ciel, et "amena à Urusalem, et qu"il vit ,'dès
abominations. » ~ VIII, '3, et suiv. ...l.. l( Qu'il °vii' qudt?''e ':A.b­
RELIGIONI CaftÉ.TIENNE. 231
maU$. qui étaient d~$ Chéru~in$, et plusieurs, autres chqses
qui les concernaient. ».--: J et X, - PtUis cc u?te nouvelle Terre
et un nouveau Temple, et un, Ange qui les mesurait. 1) XL-

à XLVnr. - x Qu'il était alors el1..Yision et en Esp1,it, " - XL,


2. XUU, Q. - Il.en arriva de même à Zacharie, en qui était alors
un Ange, lorsqU'Il vit « un Homme à cheval qui se tenait entre
des myrtes. » 1,1, et suiv. - Lorsq ù1 vit« quat1'e cornes, et
'
un homme tenant à la main un cordeau à mesurer. » - II, 1,
5, etsuiv. -' Lorsqu~il vit « le grand Pr~tre Joshua. )1 - Ill, i,
et suiv. - Lorsqu'il vit« quatre Chars qui sortaient d'entre
deux montagnes, et des Chevaux.)) - VI. 1, et :5uiv. - Daniel
était dans un semblable état, lorsqu'il vit « quatre B~tes montant
de la. mer, et plusieurs choses qui les concernaient. 1) -VII, .
i, et slJiv. - Lorsqu'il vil« les combats -entre le bélier et le
houe. » - VllI, 1, et suiy. - Qu'ilaitvu,cesehoses« en. Vision, li
c'est ce qu'on litcIlap. VII, 1, 2, 7,13. VHI, 2. X, 1, 7, 8.-
Il dit qlle «l'Ange Gabriel lui apparut en Vision. et conversa
avec lui. » - IX, 21, - Il en al'riva de même à JEAN, lo~squ',il
écrivit l'Apocalypse; il dit qu'il se trouva en Esprit un jour .de
Dimanche, - J, 10; - qu'il fut transporté en Esprit dans" un
désert. - XVII, 3 ; - qu'il fut transporté en Esprit sur une
haute montagne; - XXI, ,10; - qu'il vit des chevaux dans la Vi- "
sion, - IX, li : - et ailleurs, qu'il Vit, les choses qu'il a dé-
crites : par exemple, le Fils de l'homme au milieu des sept chande-
deliel,'s; le Tabernacle, le Temple, l'Arche ,et l'Autel-dans le Ciql.;
le LiVl'e scellé de.sept sceaux, et les chevaulX.qui en sOJ!'taiellt; le.s
quatre animaux autour du Trône,; les d.Quufmille ÉJu~, de chaql1e
Tribu; l'Agneau alors, sur la l'!Ionta,gne de .sion; les Sa,u terellils qui
montaient de l'abime; le D,ragon et,son comba.l contre. l\~ichel;1 la
Femme qui enfante Ull. Fils,mâl~, e.tdjui s'enfuit' dans' le d'é~ert à .
cause du Dragon; les deu~ Bêtes,. l'un~ mo.ntant de.la. mer, et l'au:;
trI> de la terre; la., Femme assise. surla·.Bête,de couleul'. d.'ééarJate.;
le~Dra~oD jeté dans,l'étang de feu.etde squffre.,;,le Cheval blanc,et
le gr.and Souper.; lai Sainte Ville, Jér,qsalem, descendant du Ciel~
.dépri~ quaQt.à ses. por~es., à sa, m.uraill~\ et à ses fondementj!! i le"
FI611v,e 4'eau viYe~ ~t le~_.arbte.s (le yieJaisant.du fruit chaque rpois,;,
el.plu~ieur~.au~r.es .chQse~ .. Dans ,un ~emQlabl,e. ét,at ~taiellt. PierrQ"
238 LA VRAIE
Jacques et Jean, lorsqu'ils virent Jésus transfiguré; et Paul, lors­
qu'il entendit du Ciel des choses ineffables.

COROLLAIRE.

158. Puisque, dans ce Chapit'r.e, il a été traité de L'ESPRIT SAINT,


il, est absolument important de faire remarquer .que l'Esprit Saint
n'est nommé .nulle part dans la ·Parole de !JAncien Testament, mais
qu'il est dit seulementl'Esvrit de Sainteté dans 'trois endroits, une
fois~dans David, - Ps. LI, 13; - 'cet deux. fois dans Esaïe,­
LXIII, 10, H. ~ Mais, dans la Parole du Nouveau Testamerit, tant
dans les Evangélistes, que dans les Actes des Apôtres et dans leurs
Épîtres, il est fréquemment nommé, et ,cela, parce 'qu',jl y cut pour
la première fois un Esprit Saint, alors que le Seignenr vint dans le
mondei; en effet, l'Esprit Saint procède du Seigneur d'aprèsl~ Père,
'Oar le SEIGNEUR EST SEUL SAINT, ,..- .Ap@c. XV, 4. - C'est même
pour cela qu'il es<t dit par l'Ange Gabriel à, Mal'ie Mère: Le SAINT
(SANCl'UM) qui naîtra dfi,toi. »,- Lûc, II, 35. - S'il a été .dit:
« Il n'y o:/)~it pas enCOlle un EsPtit Saint parce que Jésus n'é­

tait pas encore glorifié,» - Uan, ,VIf, 39, - tandis qu:aupa­


Tavant il est dit qu'un Esprit Saint a rempli Elisabeth. - Luc, 1,
41, puis Zachari6l, - IJUC\, l, 67, - ' et aùssi Siméon, - Luc, U,
"25, - c'étailt parceJqae 1"Esprit de Jéhovah le Père les avait rem­
plis, lequel Esprit fut n0ll'!mél Esprit Saint 'à cause du Seigneu..,
qui était déjà dans le Monde.tC'est 'p~).Ur celte raison que dans la
Paroté'de VAncien Testament il n"est pit, en aucun, endl'oit, que.
les, Prophètes a,ient parlé 'd'après IŒsprit Sa,int, mais il est dit que
'0' est ,d'après Jéhovalh ; en effet, il' est dit partout: « JÉHOVAH M'A.
. PARUÉ ; LA PAROLE M'A ÉTÉ ADRESSÉE PAR JÉHOVAH; JÉHOVAH ADIT;
PAROJ1E BE JÉHOVAH';:afin qU'e personne ne doute qu'il en soit ainsi,
je .vaisiselJlleme\ilt citer. les'passages. de Jérémie, où 'ces expressions
sont employées: Chap. 1,4, 7';.tt, 12,13, 14,.19. -II, 1,2, '3,
4,aS,9, 19 22', 29,31. - III, 1; 6; ,lO, !2; U, t6. - IV, 1,3.
1;

9,.17, ·27.-'V, H, U, 18, 22~ 29. -VI, 6, 9~ 12, 15,16, 2t:.


RELIGION CHRÉTIENNE. 239
~2.,- VII, t, 3, H, ta, t9,20, 2L - VllI, i,3, t!, t3.­
'IX, 2,6, 8, 12, 14, t6, 21,'22, 23,24. - X, t, 2, 18. - XI,
i, 6,9, H, 17, t8, 2t, 22. - XII, U, t7. - XIII, t, 3, 6,8,
9, H, 1.2, t3, 14, t5, 25. - XIV, t, tO, 1.4, US. -- XV, t, 2,
3,6, H,t9, 20. - XVI, t, 3, 5, 9, H, t6. - XVII, 5,9, t5,
t9, 20,21, 24. - XVIII, t, 5, 6, H, 1.3. - XIX, t, 3, 6, i2,
t5. - XX, 4. '- X~I, t, 4, 7, 8, H, 12. - XXII, t, 2,3,5,
6, fi, t6, t8, 24, 29, 30. -; XXIII, t, 2, 4, 5, 7, H, 12, US,
24,28,29,30,31.,32,33,3,8:,"':' XXIV, 3,4,5,8. - XXV,i,
3, 7,8, 9, 12, 15, 27, 28, 29, 32. - XXVI, 1, 2, 18. - XXVII. ,
1,2,4,8, H, t6:, 1.9, 21., 22, - XXVIII, 2, 1.2, 14. 16. ­
XXIX, 4,8,9, 10, H, 14, t6,t9, 20, 21, 25, 30, 31,32.-'
XXX, 1,2,3,4,5,8,10, H, ~2, t7, 1.8, 21. - XJXXI, i, 2.
7, 10,15,16,17, 23, 2~, 28, 31,32,33, 34,35, il6, 37,38.
- XXXII, t, 6, 14, 15, 25,26,28, 30,36,42, 44.':'-'- XXXID,
t, 2,4, tO, 12, 13, 1.4, 17, t9, 20, 23" 25. - XXXIV, 1, 2, 4,
5,~, 1.2, t3, n, 22. -,XXXV, 1,13, t7, t8, 1.9. -XXXVI,
t, 6,27, 29, 30. - XXXVII, 6, 7, 9. - XXXVIII, 2, 3, t 7. --­
XXXIX, US, t6, t7, 18. - XL, 1. - XLII, 7,9, t5, :l8, 19. ­
XLIII, 8, tO. - XLIV, 1, 2, 7,11,24, !5, 26, 36. - XLV, t.
2,4,5. - XLVI, t, 23,25,26,28. - XLVII, 1, 2. - XLVIII,
1,8, t2, 30,35,38,40,43,44,47. -XLIX, 2, 5, 6, 7, 12,
13,16,1.8,26,28,30,32,34,35,37,38,39. - L,: 1,4, iO,
i 8, 20, 21, 30,31, 33, 35, 40. - LI, 1, 25, 33, 36, 39, 52, 53,
58. - Voilà seulement pour JÉRÉmE; des expres8ions semblables.
se trouvent dans tous les autres Prophètes, et il' n')' est pas ,dit que.
)'E~prit Saint ai( parlé, ni què Jéhovah leur ait parlé par l'Esprit
Saint. .
.. ..... ... .If .If.

HS9. A ce qui précède j'ajouterai 'ces MÉ~IORABLES. - PREMIER.


MÉ"lORABLE: Un jour que j'étais en société avec des Anges dans lel
~jel, je Yis à une certaine distance en bas une grande Fumée, et
du feu qui parfois s'en éehappàit, et alors je dis aux Anges qui cau­
saient avec moi: Il y en a peu ici qui sachent que la fumée vue dans.
dans les Enfers sort des faux confirmés par les raisonnements, et.
~ue le feu esi la colère s'emportant contre ceux qui contredisent;
~ela, ajoutai-je} est aussi inconnu dans ce Monde, qu'il est incoDoll
24.9. LA.VRAIE
da9s. le mi~D, où je vis. par le co.r.ps, que,la. flamme.n'.eslaulre· chose:.
qu~ de-la fumée enflammée; j'ai. souvent fait r expérience qu'il.en.
est,ainsi, car .j'ai YU dans. un foyer des fumées, s:élever au-dessus du .
bois. et quand j'y portais le feu avec un Lison, je voyais ces Jumées·,
se ,chaQger en des. flammes, et ces flamm.es avoir la. même· forme
qu~ les fumées, car loutes les ,particules de filmée. deviennent de pe­
lites étincelles qui s'enflamment cenjointement, comme il arrive
. aussi pour la poudre à canan embrasée: il.en· est de mêm. de cette,
FU!Dée, que nous voyons en bas, elle consiste en.tout autant de faux,
et le feu qui s'en écha,ppe comme une flamme y est l'emportement
du zèle pour ces faux.. Alors les, Angss. me .diren t: Prions le Sei­
gDeur qu'il nOU:l soit permis de descen.dre et d'approcher, afin que
nops percevions quels sont les faux qui.fument et s'enflamment ainsi.
chez eux; et cela fut. accordé ; et voici, il apparut ,autour de nous
une colonne de lumière sc continuant jusqu:à, oe lieu j et alors nous
vîmes quatre Troupes d'Esprits, qui confirmaient fort.ement que
Die,u le Père, parce qu'il e.~t invisible, doit être imploré et adoré,
et·non.son ,Fils né dans le Monde, par.ce qu'il est homme et visible:
quand je. portai mes regards sur les côtés, à gauche je vis des Sa­
vants ~:entre les Ecclésiastiques, et derrière eux des ignorants; et
à droite, des Erudi.ts d'entre les Laïques, et denièl'~ eux des iIIet­
tré~; m~is eD/tre nous ,et eux il· y avait un int,erl'alle béant, qui ne
pou,vait être franchi: Or, nous Lournâmes,les ):eux et les oreilles à
gauche, où étaient les ~a\'ants, d'entre.les Ecclésiastil!ues et ~er­
rièlle eux les.ignQrant$, et) nous le!;..en.tendîmes. raisonner ai\llsi sur
Dieu: Nous savons par la ,Doctrine de. notre Eglise, qui est ·une sur
Dieuld~ns toute, l'Europe, que ,c',est,à Dieq, I.e Père, parce qu'il est,
invisible, qu'il faut s'adresser, et en même temps alors à Dieu.IB
Fils, et à Dieu l'Esprit Saint, qui sont aussi invisibles, parce qu'ils
sont,co-é~ernels avec le Père,. et comme Dieu le Père est Créateur
de 1'(uJi,vers et par cOQséquent dans,l'Uni.vers, quelquelpalll que nous
touliniQll.i.les yeux, il est. présent; el quandl nous Le prions, il mous
éoout~ fav.oFabl,~ment., ,et, après. la,Méd~:lliop, pan le/Fits acc~ptée, il
envo-.i.e. I:Eaprit$aintqui liépaJl.d,d'ansinosloŒm~rs la gloire de,la/jus-­
tioe.de~oJ)..Fil~.J~.t nou~ béatiqe,; nQus.\~,créés ,Docteùrs de l'Egl.Lse,.
quapAIlQU~j'p ..4P.hiQq$,. ~OUSllS8;l}tionsLdan~, nas Jpoitl\ines la sainte.,
opétaÜ~Jl.d.e ~tleu-~oi) et,nQu,s"e"haUonsJla.dév.ation d',apr,ès sa Plé.,.
RELIGWN CHRÉTIENNE. 24i
seuce dans nQs mentais i nous sOOlmes aiusi affecté$, parce que nous
dirigeons tous nos sens ve~s le Dieu invisible, qui 'opère par l'en­
voi de son esprit non pas singulièrement dansla ~'ue de 110tJle enten­
dement, mais universellemènt dans' toul le sy'stème de notre mental
.et de nOIre corps; le culle d'un Dieu visible ou apercevable comme
homme devanllesmentals,ne présenterait point M'semblables effets.
Lorsqu'ils eurent ainsi parlé, les iguorantsd'entre les Ecclésiasti­
ques, q·ui s'étaient tenus derrière eux, <3pplaudirent ; el ils ajoutè­
rent: D'où vient le Saint, sinon d'un Divin ~on-visible el non-per­
ceptible? dès que cette expression louche l'entrée de notre ouïe,
notre visage s'épanouh, el nous sommes rejouis cOOlme par la dOiJ­
ceur d'une aure odoriférante. et aussi frappons- nous nos poitrines;
si, au conlraire, il s'agil d'un Divin visible et perceptible, dès que
cette expression enlre dans l'oreille, cela devient pm'ement natu­
rel et non-Divin: c'est pour ulle semblable raison qlle ,les Catholiques­
Romains chantent leurs Mbsses en lalin, et qu'ils tirelll-.du sanc­
tuaire des autels les hosties qu'ils disent contenir des myslères divins,
et les montrent au peuple, qui devant elles, comme dev:;lnt ce qu'ii
ya de plus mystérieux, tombe sur les genoux el respire la saintelé,
Apl'ès cela, nous nous tournâIlles vers la droite, où s'étaient placés
les Erudits, et derrière eux les illeltrés d'cntre les Laïques, et j'en­
tendis les Erud i ts fiarler en ces termes: NOliS ~a \Ions que les plus
sages d'entre les Anciens onl adoré lin Dieu invi~ibl(', qu'ils ont
nommé Jénovah, mais qu'après eux, daus les siècles qui suivirent,
les hommes se firent de leurs' Monarques déëun ts des die'flx, parmi
Jesquels étaient Saturne, ~upiter, Neptune, Pluton, Apollon, puis
Minerve, Diane, Vénus, Thémis; qu'ils leur élevèrent des tenlples
et leur rendirent un culte Divin; et qtJe, de 'ce cuHe, par l'action
du temps, naqUit l'idolâtrie, qui jeta enlin tout le globe dans l'ex­
travagance; nous, en conséquence, nous accédons d'un COllsenle­
ment unanime à cette décision du Sacerdoce et dtl nos pl'êlres, qu'il
y a eu et ~uïl y a trois Personnes Divines de toute éternité, dont
chacune est Dieu; il nous suffit qu'ils soient invisibles: les illettrés
ajoutèrent après eux: Nous sommes du même avis; est-ce flue Dieu
ri'est pas Dieu; et l'homme, homme? mais nous savons 'que si quel.
qu'u~ propose un Dieu-hom~le, la' Masse du peuple, qui a de Dieu
une idée, sensuelle, y accédera. Après ces discours, leurs yeux fu-
L 16
242 LA VRAIE
reot ouverts, et ils nous virent près d'eux; el alors, de dépit de ce
'que nous les avions entendus, ils gardèrent le silénce; mais les
Anges, par la puissance qui leur avait été donnée,boucbèrent alors
les ext~rieurs ou inférieurs. de leurs pensées d'après lesquels ils
avaient parlé, et ouvrirent leurs intérieu,rs ou supérieurs, et ils les
forcèrent ~ parler de Dieu d'après ces intérieurs; et alors ayant
pris la parole ils dirent: Qu'est ce que Dieu? Nous n'avons pas vu
sa ~orme, et nous n'avons pas entendu sa voix; qu'est-ce· donc que
Dieu, sinon la Nature dans ses premiers et dans ses derniers? nous
l'avons yue, elle, parce qu'elle brille Il nos yeux, ,et nous l'avons
&.l!endue, parce qu'elle retelltità nos oreilles, A ces mots, nous
leur dimes: N'avez-vous jamais vu Socin qui a reconnu seulement
Dieu le Père, ou Arius qui Ci nié le Divin du Sejgneur Sauveur, ou
quelques-uns de leurs sectateu.r.s? Ils nous répondirent: NOliS ne
les avons point vus. Ils sont, Jeul' dîmes-nous, dans un gouffre au­
dessous de vous; et incontinent quelqnes-uns en furent retir&s', et
ayant été ,interrogés sur Dieu, ils parlèrent de la même manière
que les précédents; et en outre ils !lirent: Qu'est-ce que Dieu r
nous pouvons faire des dieux autant que nous voulons; et alors nous
leur'dimes: Il est inutqe, de, vo,us parler du Fils de Dieu né dans le
Monde, mais néanmoins voici ce que nous. vous dirons: Afin qu'à
l'égard de Dieu la foi en Lui et par Lui, par ceta même que per­
sonne n'a vu Dieu, ne devint;comme une bulle de savon dans l'ai~,
parée de helles couleurs dans le premier et le second age, et ré­
duite à r.ien dans le troisième et le suivant, il a plu à Jéhovah Dieu
çe desce,ndre el de prendre l'Humain, et ainsi de Se rendre visible,
~l de convaincre les hommes que Dieu n'est point un être de raison
(ens), mais qu'il est Celui qui A été, Est et sera de toute éternité à
toute éternité, et que Dieu n'est point un mot de trois syllabes,
mais qu'il est le tout de la chose depuis l'Alpha jusqu'à l'Oméga,
qu'il est par consécjuent la Vie et le Salut de tous ceux qui croient
en Lui visible, et non de ceux qui disent croire en un Dieu invisible,.
oar crorre, vojr et connaîlre font un ; aussi le Seigneur a-t-il dit à
Philippe: « Celui ,qui Me voit et Me connaît, voit ,et c~nnaît le Père; ,.
et ailleurs: « La volonté du P~re est qu'on croi'e au Fils, et celui
qui croit au Filsa la vie.élern~lle, m~is celui quii.ne croit pas au
Fils ne verra pas l,a vie, mais la colèr~ ~e Die~ demeure sur lui; -:
RELIGION CHRÉTIENNE. ·2i3
voilà ce que le Seigneur dit dans Jean. -ur, 15, 16,36. XIV, 6
à HL - Lorsqu'ils eurent entendu cela, plusieurs de ceux qui com­
posaient les quatre Troupes s'emportèrent au point qu'il sortait de
leurs nal'ines de la fumée et du feu; alors nous nous en allâmes, et
les .Anges, après m'avoir accompagné à la maison montèrent dans
leur Ciel.
160. SECOND ~fÉMORA8LE: Un jour je marchais, accompagné d'An­
:ges, dans le Monde des esprits, qui tient le milieu entre la Ciel et
l'Enfer, et dans leqneltous les hommes après la mort viennent d'a­
bord, et sont préplIrûs, les bons pour le Ciel, et les méchants pour
"Enfer,et je conversais avec ces Anges sur divers sujets; entre
~utres choses je leur dis: Dans 1e Monde, où je suis de corps, il
-lIpparaÎt pendant la nuit d'innombrables Etoiles, grandes et petites,
.,et ce sont autant de soleils qui seulement, dans le monde de notre
~oleil, transmettent de la lumière; et quand j'ai vu que dans votre
Monde on aperçoit aussi des Etoiles, j'ai présumé qu'elles étaient
,en aussi grand nombre que dans le Monde où je suis: les Anges,
charmés de celle conversation, disaient qu'il y en avait sans doute
.autant, puisque chaque Société du Ciel brille parfois comme une
Étoile devant ceux qui sont au-dessous du Ciel, et que les Sociétés
.<lu Ciel sont innombrables, et toutes disposées en ordre selon .les·
variétés des affection~ de l'amour du bien, qui en Dieu sont infinies,
-et qui par suite d'après Dieu sont innombrables, Et comme ces so­
ciétés ont été prévues avant la eré~tion, je pense que selon leur
nombre il a été pourvu, c'est-à dire, créé tout autant d'Etoiles
.dans le Monde où devaient habiter les hommes dans un corps natu­
rel-matériel. Pendant que nous conversions ainsi, je vis au septen­
rtl'ion un chemin battu, tellement couvert d'Esprits qu"à peine si
-entre deux il y avait l'espace d'un pas; et je dis aux Anges que j'a­
vais vu aussi ce chemin précédemment, et des Esprits y marcher
~errés comme des bataillons, et que j'avais appris que c'est par ce·
chemin que passent tous ceux qui sortent du Monde naturel: si ce
Chemin était couvert d'un si grand HOmbre d'Esprits, c'est parce
qu'il meure chaque semaine des myriades d'hommes, et que tous
ceux-là après la mort transmigrent dans ce Monde. A cela, les An­
ges ajoutèrent :Ce chemin aboutit dans ce Monde à son milieu, où.
nous nous trouvons dans ce moment; s'il aboutit au milieu, c'est
2Üo 1:A. VRAIE
'parce que sur le côté vers l'Orient sont les, Sociétés cOIn posées d~
.eeux qui sont dans l'Amour envers IJ,i,eu et dans l'Amour à l'égard
du prochain, à gauche vers l'Occideilt les Sociétés composées de­
feux qui sont contre ces amours, et en a'\'ant :lU Midi les Sociétés.
composées de "Ceux qU,i sOnt plus intelligents que les autres; de là
résulte que les nouveaux ,'ellus du l'fonde naturel affiuent d'abord
i.ci: quand ils y arrivent, ils sO;llt alors dans les externes. dans les­
~uels ils étaient en dernier lieu dans le Monde précédent, et ensuite.
ils sont successivement mis dans leurs internes. et examinés quant
à leur qualité, et après l'examen les bons sont portés à leu\' place
dans le Ciel, etles'méchants à 'leur place dans l'Enfer,
Nous nous arrêtâmes au milieu, où se terminaient le chemin dan~
lequel affluaient les Esprits; et nous dîmes: Restons ici quelque
temps, et parlons :lvec quelques-uns des nouveaux venus; et nous
,eu choisîmes douze; ët comme ils étaient tous récemment arrivés.
du' Monde naturel, ils ne savaient 'autre chose, sinon qu'ils y étaient
encore; et nous les interrogeâmes sur ce qu'ils pensaient du CIEL et.
de l'ENFER, et de uA VIEAI'RÈS LA MORT, L'UN d'eux répondit: Notre
Ordre Sacré a imprimé en moi la foi qùe nous vivrons après la mort~
~t qu~i1'y a'un Ciel 'et 'un Enfcn, et par suite j' ai cru que tous ceux
, .qâi vivent moralement viennent dans le Ciel, et que, comme tous
vivent moralement, pèrso~ne he va dans l'En,fer, et ,qu'ainsi l'E~­
fer est un.e faule inventée par le. Clergé pour détourner de mal vi­
vre ; qu'importe que j'ai~ de Dieu telle ou telle pensée? la pensée
n'est qU'IIn.e'pe.llicule ou une'huhle sur l'eau, 'qui se dissi'pe et dis­
paraît. Un AUlfRE, qui était 'près deJlui, ,parla ainsi: Ma foi est qu'H
ya un Ciel et un Enfer" et que Bieu gouverne le Ciel, et le Diable,
l'Enfer; et comme ilnont ennemis et par conséquent opposés l'un
à l'autre, l'un appelle mal ce que l'autre appelle bien; et l'homme
moral hypocrite, 'qui peut.faire que le mal apparaisse comme bien.
e! le bien 'comme 'mal, se t-ient dans l'un et l'autre parti; alors que
'imporle'que je sois -avec l'un ou lLvec l'autre Seigneur, pourvll
·qu"iI me,soit'fàvofâble ? Je mal et le bi'en pla'isent également,aux
hommes\. Le '.J}IWISIÈMEj, qui était ~à ,côté de celui"ci, lIit : De quèlle
impor,tal1'èe ,est-il pour moi,d-e cl'oi-re'qu'iI'Y' allun \Oiel et un "Enfer?
qui eli'est neven,fr?"qui en) a donné dès IllouvèUes'? ;51 .!outflhornme
'Y.i\'ait .apt~s'la iIDol'tt1pottrqüoij parmi lUne 'sbsr,-arrde~mùlLi;tude pa~
RELIGION< CHRÉTIENNE. 24~

'Unseùl n'en est-il 1 r-evenu· et n'en a-t~il donné des nouvelles ~ IJQ
QtJA.'JRIRME qui était tout proche', lui dit: Je t'apprendrai pourquoi
et
pe-rgonne n'en est r~veDU n~en a donné des nouvelles, c'est que..,
·q.uand l'homme· a rendu l'âme e~ est mort, cette. â,me a,lors
·ou devient un spectre el se dissipe, ou elle est cOl)1me le
soufil'e de la bouche, qui n'est qu~un vent; cOlllment peut-elle
T'~venir el, parler avec quelqu 1un ~ Le CINQUIÈME prit ta parole
et Git : Amis, attendez jnsqu'au jour du Jngement Oernier, car touS'
~lors réviendronldans leur corps, et vous les verrez, et vousparierezi
::ll/ec eux, et chacun alors racontera à l'autre sa destinée. Le SIXIÈME, 1
qui se tenait à l'opp(,)sé, dit en riant: Comm.e,nt l'esprit qui est un
souffle, peut-il' revenir dam un corps rongé paIlles vers, et en même
temps dans son squelette brûlé par le soleil et réduit en poussière?·
Et comment un Êgypti.en devenu Momie, el mêlé par UUJ pharma­
,cttm avec des extraits ou des émulsi'Ons, a:ve~ des chO'set: qui ont été
bues ou mangées, peut- il revenir et radonte'r qpelque chose; atten­
d&z donc, si c'e~t votJle foi, ce dermier jour, mais ce sera une attente
tretpétuelle, et perpétuellc> enl·vain., Ap'rès celui-ci le SEPTIÈME dit:
Si je ct'oyais à un Ciel et à un Enfer, et par suite' à, une vie après la
mOllt, je.croirais aussi que les @,iseaux et Iles bêtes doivent également
vivra.;, n'yen a-t·ihras q,uelques espèces aussi morales et aussi Fa­
tionnelles que les hommes? on nie que les bêles vivent, moi donc je
nie que les hommes viven·t ; il ya parité de raison, l'un résulte de
l'autre; qu'e1it-ce que l'h(,)mme, sin9n un animal? Le HumÈlIIFJ, qui
se tenait derriène celui-là, s'avança el dit: Croyez, si voU:s voulez•
.-aü Ciel, mais moi je n~'crois p@.ïntà l'Enfer; Dieu n\est-î1 pas ToulL
P-uissant, et ne peut-il li pas sauver chaq,ue Àomme? Alefs le NEU­
VIÈ»E lui frappa dans la main, et dit: Non-seulement Dieu est Tout­
'Puissant, ma,is il est aussi rempli de grâces; il ne peut envoyer qIPI
que ce soit dans un feu élel1nel, eb si quelqu'un, y élait, il serait
impossible qu,'il D'el'en délivr.it pas et ne Fen re~irât pas. Le nr­
"X:IÈMFJ s'élança de son' rang dacns le milieu, et dit: M@i non plus je
ne crois point à l'Enfer; Dien n1a-t-il pas envoyé son Fils, et le
Fils n~a-t-·i1 pas expié et enlevé les péch~s de tout le monde? qu'est­
ce qua peul alors le Diabl'el don.trèoe~al? et pll'isquïrl1ne peut rien.
qu'est-ce alor:s qudU'Enfer. fLe ONZIÈME, qui avait été Prêtre, g' am'"
pèJ1ta, en entendant,ces,paroles.; et i.lll dit: Nll sais-tu pas que ceu Ylt
1
24,6 LA VRAIE
qui ont obtenu la foi, à laquelle a été attaché le mérite du ChriSf,..
sont sauvés, et que ceux que Dieu a élus obtiennent cel~e foi? Est­
ee que l'Élection n'appartient pas à l'Arbitre du Tout-Puissant et­
â son Jugement? Qui sont ceux qui en sont dignes? qui est-ce qui
p.eut s'opposer à cet Arbitre et à ce Jugement? Le DOUZIÈME, qui-·
était un Politique, gardait le silence; mais, ayant été prié de COI1­
'ronner les réponses par la sienn'e, il dit: Je ne manifesterai rien de­
ce que je pense du Ciel, de l'Enre.' et de la vie après la lnort, puis­
que personne ne saitsur ces sujets la moindre chose; mais néan­
moins permettez aux Prêtres, sans les en blâmer, de les prêcher >­
car les mentaIs du Vulgaire sont ainsi par un lien invisible tenus<
attachés aux lois et aux chefs; le Salut puLlic ne dépend-il pas de;
' ?
}a.
Nous, après avoir entendu ces divers sentiments, nous étions in­
terdits de surprise, et nous dîmes entre nous: Ce sont pourtant l~
des gens qui sont appelés Chrétiens; ce ne sont ni des1Jommes, ni
des bêtes, ce sont des hommes-bêtes; néanmoins -pour les relirer;
du sommeil, nous leur dîmes: Il y a un Ciel et un Enfer, et il y 3l
une Vie après la mort; vous en serez convaincus, quand nous aurons;
dissipé l'ignorance sur l'état de vie dans lequel vous' êtes mainte,
nant; cbacun, en effet, d:ms les premiers jours aptès la mo~t, n&­
sait autre ,chose, sinon qu'il vit encore dans le même Monde, où il
~ta.it précédemment, car le te'mps écoulé est comme un sommeil.
et lorsqu',on sort de'ce sommeil, on ne peut faire autrement que de:
croire qu'Gn est où l'on était auparavant; il en est de même d~
voùs aujourd'hui; al1ssi avez-vous parlé comme vous pensiez dan"f,
le Monde précédent. Elles Anges dissipèrent l'ignorance ; et alors
ces gens se virent dans un au Ire Monde, et parmi des personnes
qu'ils ne connaissaient point; el alors ~ils s'écrièrent: Oh! où.
sommes-nolis? Et nous leur dimes :. VGUS n'êtes plus dans le MGnd61
nallll'el~ vous êt~s dans le Monde spirituel; et nous; nous sommes
des Anges. Alors, ~lant('bien éveillés, ils dirent: Si vous êles deS!
Anges, -montrez-nous le Ciel. El nQus1réponàimes:' restez un peU'
ici, et nous reviendrons: 'et 'une demi-heure après, étant re\'e­
nus, nous les tli6ulvâlnes qU~Jnous atteudaie'n,t, et nous leur dîmes:
Suivcz-nou.s dans le- Ciel ; ,el, ils Il nous suivirent, et nous
1

mOlltâm~s ayec eux, et parce que !nous éüons -avec eux, les garde~
RELIGION CHRÉTIENNE. 247
ouvraient la porte et les admettaient; et' nous' dîmes ~, ceux qui
rocevaient àl'entrée ces nouveaux venus: Soumettez-lès à l'examen;
et ils leur firent tourner le dos, et ils virent que leurs ocCiputs
étaient fort excavés; et alors ils leur dirent: RetireZ-TOus d'ici,
car il y a en vous le plaisir de l'amour de mal' faire, et par consé­
quent vous n'ave7- point été conjoints au Ciel, car dans TOS' cœurs
vous avez nié Dieu et méprisé la religion; et nous alors nous leur
dimes : Ne restez pas, parce qu'autrement vous seriez chassés, et
ils se hâtèrent de descendre et s'en allèrent. ,
Dans le chemin pour revenir chez moi nous recherchâmes pour
quelle raison les Occiputs de ceux qui sont dans le plaisir de mal
faire ont été excavés dans ce Monde; et je présentai celle-ci: C'est
que chez l'houlme il y a deux Cerveaull, l'un dans l'Occiput, qu'en
nomme Cervelet, et l':lutre dans le Sinciput, qu'on flomme Cerveau;
que dans le CerveJet habite l'amour de la volonté, et dans le Cer~
veau la pensée de J'entendement; et que, quand la p'ensée de l'en­
tendement ne conduit pas l'amour de la volonté de l'homme, les
intimes du Cervelet, qui en eux··mêmes sont célestes, s'affaissent';
de là l'Excavation. '
161. TROISIÈME ME~IORARLE. Un jour, dans le Monde spirituel,
j'entendis un bruit com,me celui que fait une Meule; c'était dans la
Plage Septentrionale de ce monde: d'abord je m'étonnai de Cg que
cela pouvait être; muis je me rappelai que la Meule et Moudre si­
gnifient rechercher d'après la Parole ce qui sert à la doctrine; je
m'Juançai donc vers le lieu d'où ce hruitse faisait entendre, et lors­
que j'en fus près, le bruit cessa; et alors je vis sur la terre une
sorte de cavité à laquelle on parvenait par un antre; ayant aperçu
l'autre, je descendis et j'entrai; et voici" c'était un~ Chambre 'dans
laquelle je vis un Homme vietlx, assis au milieu de livres, tenant de~
vant lui la Parole, et y cherchant ce qüi pouvait servir à sa doc-'
trine; autour de lui gisaieIlt à terre des feuilles de papier, sur les- '
quelle~ il écrivait les passages qui devaient lui servir; dans une
Chambre adjacente il y avait des secrétaires qui recneillaient '~es
feuilles de papier, et transcrivaient dans un volume ce qui avait'
été écrit dessus. Je.le questionnai d'abotd au sujet des Livres qui
.élaient auteur de lui; il me dit qu'ils traitaient tous de LA FOI JUS~
TIFIANTE, ceux de Suède et de Danemarck profondément, ceux
248 LA. VRAIE
d' AII~Jl\agn,e p}u,~, profondément, ceux d'Angleterre e~core .plus pr~
fondé~ent, etl ~e,u~ de la. Hollande le plus prof!>ndâment; eUI
~jouta qu'ils d.ifféraient ~n divers points, mais qu'ils s'accord:lieqt
tous sur)'Article de la Justification et de' la Salvation par la foi
seul,e. Ensuite il me dit que maintepant il recueillait de la Pa,role
ce p.~int .principal de'Ja Foi justifiante, que Dieu le Père s'él~it
détourné de la grâce envers le Genre humain à cause de ses ini­
quités, et que par conséquent pour sauver les hommes il y avait eu
néces3ité Divine qu'une satisf~ction, une réconciliation, une propi­
tialion, une médiation'fus~ent faites par quelqu'un, qui pr.il sur soi
la damnation de la justice, et que cela n'avait pu être fait que par
~on Fils unique; et qu'aprè~ que cela eut été fait, il y eut à cause
de lui accès auprès de Dieu le Père: car nous disons: Père, aie
· pitié de nous à caus~ du Fils; et il ajouta: Je vois et j'ai vu que cela
-
est conforme à toute raison el conforme à l'Ecriture; comment
1 li ' •

Dieu le Père aurait-il pu être ap'proché autrement 'lue par la foi


~ars le mérite du Fils? Je l'écou,tais, et j'élais extrêmement surpris
· ~.e lui en,tendre dire que cela était con(orme à la ra'ison et conforme
à l'Ecriture, lorsque cependant cela est contre la raison et· contre
l:Ec,riture, et même je le"Ju\dis ouvertem.ent. Alors i11'épond\l dans
l'emportement de son zèle: Comment peux-tu' parler ainsi? Je lui
., , • ~ ~ l "

· çuvris donc compl~tement mo~ !fientai, en disant: N'est-il pas con­


tre la raison, de penser que Dieu le Pèfe s'est délourné de la grâce
~qvers le G~rre humaip" et qu'il l'~ réprouvé et excommunié? La
. Grâce Divin~ n'est-elle pas .Un avribut, de ,l'Essence Divi'ne? Se dé­
~911~ner de lai grâce, ce serai~.d,onç se détourner de l'Essence Di­

. . .
~ine, et se. détourner de son Essence Divine. ce serait ne plus être
Weil; eS,t-ce que Dien peu~ s,~ séparer de Soi-~fême? Crois-moi, du
çÔté de Dieu" çe 'même qu~ la Grâce est infinie, de même aussi elle
e_st é~ernelle ; du côté de l'homme, la grâce de Dieu peut être per­
4~e, ~i l'homme ne la reçoit pas ;,.si la ~râce se retirait de Dieu, c'~n
~r~itfait ~l~ Ç,jel tout enJ.ier et dU I Genre,humarD t~tJt entier; du
cOlf de Diau, hl grMe dem~ur~ donc ,éternellemenl, non-seulement
e9ve~s le~Anges e~ les ~o.m~~s, ma:is même ènvers les diables ,dans
l:~vf~r ; puisqu~ q~la ~st"cgnJqrm~ à),a r~is()n7 p'o!-,rqloi dis-tu E1u';l
n:ya 4',autre acrès auprès, d,u ,Père que par)a foi <bRS le mérite, du
.~i1!\, lorsque e,epepdant il.y a a.ccès ,perpétuel par l~ grâce,! Mairr
RELIGI()lY €ItRÉl'IENNE. ~9'
~o,urquoi dis·tu accès, auprès'~,eDieu·16 Père à la 'considératioD{~
~Ï'ls, et ne 4is-tu'pa~ palilf%Fjl~ ?Est-ce que le Fils n'est pas Mi
4ia~r' e~ Sauveur? p,ourquoi,ne l'adresses,tu pas au Médi~iellr •
.~U.l Sauveur Lui,.même? n'est,iJ,pas Lui-Même Dieu et Homme? SUl'!
'terre ~st·i1 quelqu:un,q~i s'adresst}.immédiatement à un Empereur,
.~ un Roi ou à un Prince? N'est-ce pas à un IntE:}ndant et à un In­
troducteur q~'on doit s'adr~sser? Ne saiS-lll pas que le Seign,eur,
.est venll dJns le. Monde pour être tu.i-Même l'intfloducteur auprès
-du Père; qu'il n'y a d'accès que ~ar Lui; et .que cet accès est per­
pétuel, lorsqu'on s'adresse immédiatement au Seigneur Lui-Méme,
1!uisqu'i1 esl dans le Père et q\le le, Père est en Lui? Cherche main-;
tenant dans l'Écriture, et lu verras qlle cela y est conforme, et que
'lon chemin pour· aller Vers le Père y ~st opposé, de même qu'il es~
-opposé à la raison; je te dis même qu'i'1 ya impudence de s'élancer
vers Dieu le Père, et de ne pas y parvenir par Cehii qui. es~ dans le
Sein· du Père et Seul chez le Père; est.ce que tu n'as pas lu dans
.Jean le Vers. 6 du XIve Chapitre? A;ces mo~s, ce vieillard entra
dans une telle fureur, qu'if s'élaQça qe qessus son siége, et cria à:
ses secrétaires de me jeter dehors; el comme à l'Instant même le
sortis de mon plein gré, il lança après moi hors de la porte un Li­
vre que 'sa main s:\isit au hasard, et ce Livre était la Parole.
f62. QUATRIÈME l\fÉ~[ORABLE. Il s'éleva une discussion entre les
Esprits sur cette ques.tion: Peut-on voir quelqlle vrai doctrinal
'Théologique dans la Pa·ro~e, sinon d'après le Seigneur? Tous s'ac­
.cordèrent en cela, que personne ne le peut sinon d'après Dieu, parce
.que un homme ne peut prendre rien, à moins qu'il ne lui, ait
fi

été donné du Ciel, Il - Jean, ~n, 27 ; :..- il restait donc à di~(}u"


tel' si quelqu'un le peut sans s'~dresser immédiatement au Seigneur;
'{ln d.isait d'un cÔ,\é. qu'il fallait s'adresser immédiatement 3'9 Sei­
~neur, parce qu'il est la Parole; de l'autre côté". que le vrai doc­
trinal était aussi vu, quand on s'adressait immédiatement à Dieu,le
père'; c'est pourqugi la discussio~ se portait d'abord su,r ce point:,
Est-il permis à un Chrétien de s'adresser immédiatement à Dieu le
l>ère, et ainsi, de sauter par-dessus le Seigneur; et n'est-ce pas 1&
. une insol~nce et une audace indécente et téméraire, puisque le sei­
~p~ur dit, que personne ne vient au Père que par Lui? ......;.Jeao.
~.V,) 6, -1ioutefois, ils I;~issèrent çe point, et ils airent qllt,.
250 LA VRAIE
l'homme peul voir le vrai doctrinal d'après la parole par sa propre
lueur naturel; mais celle opinion fut rejetée; c'est pourquoi ils
insistèrent, en disant que ce vrai peut être vu par ceux qui prient
Dieu· le Père; et on lut devant eux un passage de la Parole, et alors.,
ils prjèrent il genoux Dieu le Père de les illustrer, et ils dirent à l'é­
gard du passage de la Parole, qui avail été lu devant eux, que telle
et telle chose était un vrai, tandis qlle c'était un faux; cela fut ré­
l>été plusieurs fois jusqu'à produire l'ennui; enfin ils avouèrent
qu'ils ne pouvaient point: mais de l'autre côté ceux qui s'adressèrent
immédiatement au Seigneur voyaient les vrais, et les expliquaient
aux autres. Après cette discussion ainsi terminée,i1 monta de l'A­
bime quelques Esprits qui apparurent d'abord comme des Saute­
relles, et ensui'te comme de petits hommes; c'étaient ceux qui, dans
le Monde, avaient prié Dieu le Père et confirmé la Justification par
la foi seu le; c'étaien t ceux-mêmes don t il est parlé dans l'Apoca­
l)'pse, Chap. IX,l à Il ; ils disaient qu'ils voyaient dans une lu­
mière claire, et aussi d'après la Parole, que l'homme est justifié par
la foi seule sans les œuvres de la loi; il leur fut demandé par quelle
foi; ils répondirent: Par la foi en Dieu le· Père; mais après qu'ils
eurent été examinés, il leur fut dit du Ciel qu'ils ne savaient pas
même un seul vrai doctrinal d'apr~s la Parole; toulefois, ils répli­
quèrent qu'ils voyaient cependant leurs vrais dans la lumière; alors
Hleur fut dit qu'ils les voyai'ent dans une lumière fantastique; il~
demandèrent ce que c'est qu'une lumière fantastique; on leur apprit
que la lUllJiète fantastique est la lumière de la confirmation du faux,
et que cette lumière correspond à la lumière dans laquelle sont les
Hiboux et les Chauve-Souris, pour lèsquels les ténèbres sont lumière
et la lumière est ténèbres: cela fut confirmé en ce que, lorsqu'ils
. regardaient en haut vers le Ciel, où est la Lumière même, ils voyaient
des ténèbres, et que lorsqu'ils regardaient en bas'vers 1"Abîme, d'où
ils étaient, ils voyaient de la lumière. Indignés de ceUe épreuve
confirmative, ils dirent que de la sorte la Lumière et les Ténèbre~
Ile sont pas quelque chose, mais sont seulement un état de l'œil,
d~après lequel on dit que la lumière est lumière, et que les ténèbres:
sont ténèbres; mais illellr fut mo(\tréque la Lumière fantastique,.
qui est la lumière de la confirmation du faux. était chez eux, et que
.leur lumière était seulement une activité de leur mental, qui tirait
RELIGION CHRÉTIENNE. 25t
"son ori~ine du feu des concupiscences, et qu'elle -ressemblait assez'
à la lumière des chats, donlles yeux, par le désir ardent de trou-
ver des rats dans les caves, -paraissent pendant la nuit comme des.
chandelles. A ces mots ils dirent avec emportement, qu'ils n'étaient
point des chals; ni comme des chats, parce qu'ils pouvaienl quand
ils voulaient; mais comme "ils craignaient qu'il ne leur fut dit:
Pourquoi ne voulez·vous pas? ils se retirèrent; et ils se précipitè-
rent dans leur Abîme; ceux qui sont dans cet Abîme, et ceux qui
leur ressemblent, sont même appelés par les Anges Hiboux et
Chauve-Souris, et aussi Sauterelles.
Quand ils furent arrivés près des. leurs dans l'abîme, et qu'ils eu-
rent.raconté que des Anges leur avaient Mt qu'ils ne savaient aucun
vrai doctrinal, pas même un seul, et qu'ils les avaient appelés Hi-
boux, Chauve-Souris et Sauterelles, il y eut du tumulte, et ils di-
rent; Prions Dieu de nous permettre de monter, et nous démontre-
rons clairement que nous avons un' grand nombre de vrais doctri-
naux, que les Archanges eux-mêmes reconnaHront; et p:lrce qu'ils.
prièrent Dieu, la permission fut donnée J et ils montèrenL jusqu'au
nombre de trois cenls; et lorsqu'ils apparurent sur la terre, ils.
dirent: Nous avons été célèbres et renommés dans le !\lande, parce
que nous avons connu et enseigné les arcanes de la Justification par
la foi seule, et d'après les confrrmations non-seulement nous avons
vu la lumière, mais IlOUS l'avo'ns même vue comme un éclat brillant,.
et nous la voyons encore de même dans nos cellules; et cependant
nous venons d'apprendre de nos compagnons, qui on télé chez vous,
que ceLle lumiè're était non pas la ,lumière, mais des ténèbres, par
celte raison que nous n'avons, comme. vous dites, aucun Vrai doc-
trinal d'après la Parole; nous sa'vons que Lout vrai de la Parole,
brille, et nous avons cru que c'était de là que venait la splendeUl'"
àont nous étions envinonnés 'qU'and nous lméditions profondémen1t
sur nos arcanes; c'est pourquoi nous vous démontrerons que nous.
avons J d'après la Parole, des vrais en grande quantité; et ils di-
rent: N'avons-nous pa~ ce Vrai, qu'il ya une Tr.inité, Dieu le Père,
le Filslet l'E&prit Saint, el qu'il faut cl'oire en la Trinité? n'avons-
nous pas ce V:rai, ,que le Christ est noire Rédempteur et notre Sau-'
veud n'avons-nous pas ce Vrai, que Je Christ seul est la Justice, eli
qu'à ILui Seul est' 'le Mérüe, el que celui qui veut s'attribuer quel-
a52: HAl Tro\.IB
que cholle du ménite,el de la justice du Saignent) esll inju&'e. etrim
piel n'avons-no.us pas ce '\Irai, que nul mortel ne peut fair.elpal'l
lui:.mém6.ancUlli hien .spirituel, mèlis' qqe tout bie~, 'qui eDI soi asti
l~bien, est d~n,ieu? n'avons-no.us pas.lle Vrcai, qll~i1! y. a un bieIJ
méril9ir,e e~ un, bien hy.poorite, eb que ces biens sont des. maux!'
(n':ivoJls-nous pas o.e Vrai 7 quel l'homme' par ses propres. forces ne
peUl contribuer en nien à son salut?) n'avops-nous pas ce Vllai, que
néanmoifls il faut faire des bennes œuvr.esX n'a'vonsrnous pas cef
Vrai, qu'il ya une foi, et q;u'il faut craire en Dieu, et que chaounl
a la vie selon qu'il croit foutre plusieurs autres vrais d'après la Pa...
Tole. Quj oe ",ous peut nier 'un de ces vrais.? et cependant vous
avez.dit que dans nos écoles nous n':a'v,ions' aucun Vrai, pas même
un selll ; n'est-ce pas là ce,que vous nous avez injustement reproché.
Imiis ils.reçurent a,lors,cetle réponse: Toutes les propositions que
'\!ous avez éno.ncées sont en elles-mêmes des, vrais, mais·(vous" vous
168 avez fillsifiées,en tes app\.iq,Uant à confirmer un faux pnincip9',
et de là ce sont,) ebez voùs eLen vous des vrais falsifiés, qui tirent du
principe. fauJ( leur caractère de faux.. (i!ue cela soit ainsi; c'est même
GO qu.e nous démontrerons,~' \lOS yeu1x : I1y a non loin d'ici un .en..
droitsl!u laquella~ lumière influe d~rectement du Ciel; au Milieu est
uneTable,'è~ quand il'y est posé un papier sur lequel est écrit un
Vrai tiré de la Parole, ce papier, d'après le, Vni qui y est éCJlil.
brille comme une Étoile; écl'Ïvez donc vos Vr3Jis sur un papier, et'
mettez-Ie'!\urItl 11a,ble, et vous verrez. Ils"es éeri,viren't SUII un pa­
pier, et le donn.ènent au garde, qui! le mit Sl1,r la Table, et qui alollg
leu1r dit: Éloignez-vous. et regardez vers la table; et ils s'éloignè­
rent et regardèrent; P,t voici,. ce Papier bril\'ait .comme une étoile ~
et, l'lors le garàe leurdi.l: Vous voyez que ce so.nb d,es Vra,is que 'OUl
-3,yez écrits sur le papier.; m'ais ap,pro.chez Vlus près, et fi~ez votre
~ue sur le papie.r ; et ils le firent, et tout à caup la lumière disp..
rut, et le papier devint noir comme s'il eût été couvert de sllie: et
ensuile le. garde leur dil: Touchez le papier avec vos mains, mais:
g!lrd6z-vous de touoher l'écritl,l~e ; et dèS, qu'Hs y eurent touché, une
flamme en sortit et ,le consuma. Après qu'Hs eurent vu l'e.mbra~
ment du papier, ille,\lJr fut dit : Si vous eussiez touché ,l:écriture,
vou,S auriez entendu un bruit éclatant, et vous vous seriez hnûlé les
-doigtll : e.t alors ceux qui se tenai~nt ~e~rière eux leur 'dinent:.
RELIGION CHRÉTIENNE. ~

Vous voyez m~Î1},terran.tqueles 'Vérités,d:oOLvous avez 'abusé pour


,confirmer les Arcanes,de:votre JtlsUfication, sont en 'ellcs..mérrles
des Vérités, 'mais qu'eUes SOnLen vous'des V:érités falsi:fiées. Ceux.lfj
regardèrent alors en haut, et lelCiel leur iapparut cornille du sang.,
el ensuite comme une obscurité;' el 'eux'lmêmes apparurent' alix
yèu'x des Esprits :m~é1iques, les uns comm,e, des Chauve-Sour.is, les
autres comme des Hiboux, ei,quelques-uns' comme des Chats"Huants,
et ils s'enfuiFent dans leurs ,ténèbres, qui brillaient fantastiquement
Heurs yeux.
Les Esprits'angéliques, qui étaient présents, furent très-étonnés,
parce quejusqü'alors ils n'avaient rien su concellnant ce lieu et la
table qui s'y trouvait; et alors il vint ,de la Plage méridionale une
voix,qui leur dit: Approchez ici, et vous verrez quelque chose de
plus merveilleux encore; et ils s'approchèrent, et ils entrèrent dans
une Chambre dont les murs brillaient comme d'or, iet ils y virent
'aussi une'Table, sur laquelle était placée la Parole, entourée.de
'pierres précieuses en forme céleste "~et l'Ange chargé de la garde
léur dit: Quand la Parole est ouverte, il erijaillit·une lumière d'un
éclat ineffable, et alors il apparaît en même temps au-dessus etau­
lour de la Parôle u'ue sorted'Mc-en~Ciel produit par les pierres
précieuses; lorsqu'il vient ici un iAnge du troisième Ciel, il appa~
raU,au-'dessus et'autour de la Parole un Arc-en-Ciel dans lin plan
roiJge; IOI'squ'il y vient un Ange du second' Ciel, et qu'il regarde'j'a
Parole, Happal'ait un Arc-en.,Ciel dans unI plan bleu (le ciel; lors­
qu'il y vient un Ange du delinier Ciel et' qu~il regarde, il appa,raîtun
Arc·en-Cièl'dads'u"ll plan' I)lanc; lorsqulil Yl.vient tin bonespril ét
qU"il regarde, il apparaît une lumiëreodonUes variétés ,sont comme
eel\es' dUI marb'l'e; Ï'1leur fut même "montré àl;,l"œi1"que éela .arrive
'ainsi. Ensuite \lAnge chargé de la garde ,lèur' dit: ,S'il, vient' quel­
qu'un qui a falsifié la Parole, ,las'plendeur "disparaît 'd'a'bord ;'Iit
s'H, app-roche et fixed'es yeux sur;]a iFa'role,i H" se f@rm~' comme du
sang t~ut àuto.ur, et'alors il 'est averti"de s'e1retirel~, parce qu'il y la
péril. eep'endant un EspÎ'it qllli'~ ''dans Je Mu''ode, "av·ait écrit !(tomme
Chef d'une doctrine ,sur la :Foi Seule 'justifiante, s'ay:,mça avec ~uiJ
dace,net ;dit ;';l\foi,'lo:rsqull j'étais dans ,lé Mondei' jé n'ai point 'faI­
sifié1la'!Pairole' ;-:j"ail m'ême'ha/lté: ila',Cha'rité ':e'O' même tenips 'qu~ 1111
foi, et j'al ~fJns~né'q'lle l'nomme dans :l~étatùe '~'foi~. dans, 1.1
254 LA VRAIE
il exerce la charité et les œuvres de la charité, est renouvelé, ré­
généré et sanctifié par l'Esprit Saint; j'ai enseigné allssi qu'alors la
Foi n'existe point seule.. c'est-à-dire, sans bonnes œuvres, de même
qu'il n'y a point d'arbre bon sans fruit, de soleil sans lumière, ni
de feu sans ohàleur ; et de plus fai blamé ceux qui disaient que les
bonnes œuvres n'étaient pas nécessaires; et en outre j'ai préconisé
,les préceptes du Décalogue, et aussi la pénitence, ,et ainsi j'ai appli­
-qué d'une manière admirable tous les vrais de 14 Parole à l'Article
sur la Foi, que néanmoins j'ai découverte et démontrée être' seule
salvifique. Cet Esprit, dans la confiance de son assertion qu'il n'a­
v4it pas falsifié la Parole, s'approcha d,da Table, et malgré l'avertisse­
rmentde l'Ange, il toucha la Parole; mais il l'instant même il sortitde la
Parole du feu avec de la fumée, et il se fit avec fracas une e~plo­
sion qui le lança dans un coin de la Chambrel, et il y resta étendu
comme mort pendant près d'une heure. Les Esprits Angéliques en
fUTent très-étonnés, mais illeur fut dit que Ce Chef ecclésiastique
avait plus que tous les autres exalté les biens de la charité comme
procédant de la Foi, mais que néanmoins il n'avait pas entendu
d'au~res œuvres que les œuvres politiques, qui sont aussi appelées
œuvres morales et civiles, C!ltI'il \faut fa'ire pour le Monde et pour
sa propre prospérité dans ne Mon:de,I' mais nullement pou,r le salut;
et qu'en outre il avait supposé de la part de l'Esprit Saint des œu­
vres invisibles, dont l'homme ne sait rien, qui sont engendrées
-dans la Eoi, quand on est dans l'état:de la foi.
Alors les Esprits AngélÏ'qu~s parlèrent entre eux de la falsification
-de la Parole, eb convinrent unanimement que falsifier la Parole,
c'est en prendre des Yrais, et les employer à confirmer des faux;
ce qui est les tirer' de la Parole hors de la Parole et les tuer, par
exemple, appliquer à la Foi d'aujoul'd'hui, et expliquer d'après.('eUe
foi, tous ces vrais rapportés ci-dessus par ceux qui étaient sorlÏ's,
de L'Abîme; que cette foi ait été imprégnée de faux, cela sera dé.:.­
mQ,~tr'é dans l'a sui,te. C'est aussi tirer "de la Pal10le ce Vrai, que 1'31
Charité doit être ,exercée, et qu'il faut, faire du bien au pl'ochain ;
si' alors quelqu'un confirme qu'il faut lui en fai're, inais ,non pour fe '
Salut"IPuisque tout 'bien de la pa,rt de l',hpmme n'est pas un bien
parce 'qu'il 'est méritoire, celuÎ-là'tïre1le -Vrai de là Parole hors dé'Ia
Parole;' et.le tue,. puisque, le Seigneur'd,ans sa Parole enjoint à tout
RELIGION CHRÉTIENNE. 255
homme qui veut être sauvé d'aimer le prochain, et de lui faire du
bien d'après cet amour. Il en est de même des autres Vrais.

DE LA DIVIN'E TRINITÉ.

f63. Il a été traité de Dieu Créaleuret en même temps de la


Création, ensuite du Seigneur Rédempteur et en même temps de la
Rédemption, et enfin de l'Esprit Saint el en même temps de la Di­
-vine Opération, et puisqu'ainsi il a été traité de Dieu Tri-un, il est
'nécessaire qu'il soit aussi lI'aité de la Divine Trinité, qui dans le
Mond~ Chrétien est connu~, et cependant inconnue; en effet, par
. elle Seule on acquiert une juste idée de Dieu, et une juste idée de
Dieu est dans l'Eglise comme le Sanctuaire et l'aulel dans uu J'emple,
et comme une couronne sur la tête et un sceptre dans la main d'un
'~oi assis sur un Trône, car tou t le corps de la Théologie en dépend
-comme une chaîne dépend de son premier anneau; et, si vous vou.,..
lez le croire, chacun obtient sa place dans les Cieux selon son idée
de Dieu, car cette idée est comme la Pierre de touche avec laquelle
on éprouve l'or et l'argent, c'est à-dire le bien et le vrai, tels qu'ils
sont chez l'homme, puisqu'il n'existe chez lui aucun bien salvifique
qui ne vienne de Dieu, ni aucun vrai qui ne tire du sein du bien sa
-qualité. Mais pour qu'on voie des deux yeux ce que c'est que la Di­
vine Trinité,son Exposition va être divisée en Articles dans l'ordre sui­
vant:
I. Il Y q une Divine Trinité, qui est le Pere, le Fils et l'Esprit
Saint.
II. Ces T,'ois, le Père, le Fils, l'Esprit Saint, sont les trois,
Essentiels d'un seul Dieu, qui font un, comme I~Aine, le C()rp$
,et l'Opération chez l'homme.
Ill. Avant le Monde créé il n'y avait pas cette Trinité-là,
mais après le Monde créé, quand Dieu ,a été incamé, elle a
été pourvue et faite, et alors dans le Seigneur Dieu Rédempteur
et Sauveur J ésus- Christ.
IV. La Trinité d~s - j)ivines Personnes de tQute éternité, ou
;"vant le Monde ct'éé, est dantJ les ,idées de 1Cf.. pensée une, Tri­
,~ ·LA ~VRA.J-E
nifé de Dieux, et fidee de trois Dieux ne peut être et/acée par ~a
confession orale d'un seul Dieu.
V. La Trinité des Personnes a été inconnue dans l'Eglise­
Apostoliq~le, mais elle a été tirée 'tiu Concile de Nicée, et par
suite elle a été introduire dans l'E.glise C,Cftholique-Romaine, et
est passée de la dans les Eylises qui s'en sont séparées.
VI. De la Trinité Nicéenne et en même temps Athanasienne­
est sortie la Foi qui a pe-rverti toute l'Eglise Chrétienne.
VII. De la résulte que cette/Di est'l'a'bomination de la Uésola­
·tion, et l''affliction telle qu'il n'yen a pas eu et qu'il n'yen aura
pas, que le Seigneur avait prédites d'ans Daniel, dans les Evan­
gélistes et dans l'Apocalypse. '
vm. Puis ceci, que si un Noûveau Ciel et une N ouvelie Eglise
n'étaient pas fondés pa.~ le Seigneur, aucune chair ne serait
sauvée.
IX. De la Trinité des Personnes, dont chacune en paNiculiel; est
Dieu, selon le Symbole d'A thanase, se sont él,wées S1(1' Dieu un
grand nombre d'idées dis"cordantes et hétél'ogènes, qui sont des
phantaisies et des avortements.
Chacune de ces propositions va 'être expliquée en particulier.
!64. I. 'IL y A UNE DIVINE TRINI1-É; QUI EST LE PÈRl!:, LE FILS
ET L'ESPRIT SAINT.
Qu'jl y aii ung O'ivine Trinité, lë Père, le Fils Il
et l'Es!)rit
.
Saint,1
. on le voit clairement d'après la Pilrole, et d'après ces pawiges
de la ·Parole: l( L'A nge Gdb;iel dit a Marie, Un ESPRIT SAIN';
piendra sur toi, et ~ne VERTU DU .TRÈS-aAUT t:omhragel'a, 'c'est
pourqubi ce qu'i naîtra de toi Sai~t sera appelé FILS DE DlEù. "
- Luc, J, 30; ;- ici trois SOI)t nommés, le Très-JJ.aut .qui ('si
Dieu le pète,.I:E,s~rit Saint.~tle Fils de Diel/. « Qztand .Jésus eut
été baptisé, voièi, les Cieux furent ouverts, et J~an vit' J:ESPRIT,
SAI fiT descendant comme 1l1~e Colombe et venant sur Lui; et
voici," u~e voia; ':d~s" ëieux,disant : .Cel~i-.,ci est ~o~ FILS bien­
~1
\ ' . " .' .. ~ f,: ~
1 lr ")

aimé en q~lUe ~rs!tis corv.p/u. » r'MattQ., I~Ir" iô,I7.,-;-M3~~,


1,"1'0, H. Jean, 1,'32, - Encorè' plus~'uv,erteIT,lent 'd'aPf~s y~~ pa­
roles dll Sei,gneur au,x Disciples.,; « Alle"i,fa'ites des ,d.isciples,dè
~ ", l ~ ; "V
1 rt ~ ~\\~~"'·I ')'
1 !li' LU t II :
• •\.\ , ' f f'

toüt~s"les '~fltzons ,.lè~ \bap,f~sqr~!, aU~.t;.0m ~u:. ~~E" ET DU FIl'S ET,


Dl] 'SAlNt-Esd'lT.\" '~\Mallh. 'XXVIII, 19 ;' -' et.en outre d'après
RELIGION CHRÉTIENNE. 257
celles-ci, dans Jean: Il Il Y en a. troù qui.rendent témoignage
dans le Ciel) LE PÈRE, LA PAROLE ET L'ESPRIT SAINT. II - J, Epii.
V, 7. - Et, outre 'cela, le S~gneur a prié son Père, il a parlé d~
Lui, et avec Lui, et il a dit qu'il enverrait l'Esprit Saint, et aussi il
l'a envoyé. De plus, les Apôtfes, dans leurs Epîtres, pnt fréquem-,
ment nommé et le Père, et le Fils et l'Esprit Saint. D'après tout
lcela, il est bien évident qu'il y a une Divine Trinité, qui est le Père,
le Fils et l'Esprit-Sain 1.
165. Mais comment doit-elle être comprise? Sont-ce trois
Dieux, qui d'essence et ainsi de nom sont un seul Dieu? ou trois ob-
jets d'un seul sujet, par conséquent sont-ce seulement les qualités
ou les attributs d'un seul Dieu, qui sont ainsi nommés? ou en est-il
autrement? La raison ab~ndonnée à elle-lhême n'y peut absolument
rien voir; mais quel parti prendre? il n'en est pas d'autrè pour
l'homme, que de s'adresser au Seigneur Dieu Sauveur, et de lire la
Parole sous son auspice, car il est le Dieu de la Parole; et l'homme
sera illustré, et il verra des Vérités que la Raison aussi reconnaitra.
Au contraire, si tu ne t'adresses pas aIl Seigneur, lors même que tu
lirais mille fois la Parole, et que tu y verrais la Divine Trinité ejtjl
aussi l'Unité; tu ne comprendrais jam~is autre chose, sinon qu'il y
a trois Personnes Divines, dontchacune en particulier est Dieu, et
.ainsi trois Dieux; mais comme cela répugne à la commune percep-
tion de tO\lS les hommes dans le ~Ionde emier, voilà pourquoi l'on
a, pour é\':iter le blâme, inventé que, quoiqu'ils soient trois en vé-
rité, néanmoins la foi exig!l, qu'il SO,il dit un 'seul Dieu'èi non tr~is
Dieux; el que, de plus', pour éviter. d'être accablé de cri,tiques, l'en·'
tendement quant à ce point pri~lcipalement sel'3it e~prisonné et
tenu enchaîné sous l'obéissance de la foi; et que cela d'après l'Or-
dre Chrétren sera,rt dorénavant une chose sainte dan'slEglise Chré-
tienne,' Un tel fœtus')par~lytiqlle est né d,e ce que l'on n'a point lu la
Parole sous l'auspice du Seigbeur, et quiconque ne lit poinl la Pa-
role sous cet auspice, la lit sous l'auspice de la propre intelligence,
et celle-ci est 'comme un oiseau de nuit dans les choses' qui sont
dans la' lumière spirituelle, tels que sont tous les essentiels de I:E-
glise ;, et quand un tel hommè lit ~ans la Parole des choses qui <;on-
cernent la Thnité, et què d'après elles il pense que quoiqu'ils soient
trois) cependant ilssotit un, cela lui parait semblable à l'a réponse
J. n
~ï~ ,~A, ~~A~l
d'une ,prét,~e~se, sur ~on trépied ,; ~t comm.e il ne le: c,o~pr~lld, pas.,
lfle routè entre s'es aents, car s'il le pla~i~ devant ses yeux,ce s~-
~. - . If • ,. '. t ."l. "1 . .' ,
~~lb une éNp'~e ,;,plu~, Ils e~orc~ d6-(,e dér?ule,r,p)us)ll s enyel,qpp'~'
~~ ténèbres jusqu'à ce' qll'il s~ metl~ à y pens~~ sans l'ent~n4emeqt"
ce 'qui e,~i.l~ mé~e chose q~~ voi saqs 1;œil ; en somm.e·, l!re l~ p~;
idfb~ 'SWSI !'auspicll d'à,la propr~
1IDt~lIig\ence"ce que fOl\~, tous oeux
,. 'H' t 1
l ,.~·I j " 1 , ,. l

qui Ile J'eco~'naissent pas le, Se~~neur, pour Dieu ~u Ciel et de la


Terre, et qui par suite ne s'adressent pas uniquem,ent à\LuL~,t ne'
~'adorent pa,s l\P!quemen~, c'est re,s~fmblerà des enfants qui pour
joper se mettent Un bandea~ sur l,les, yeux, e~ vel\lent march,er en
J,igqe droilp, ils croien~. ~U~sj ~uivre ulO~lligne d,l'p!te, et cepe~danti
i'ls
1 .
s'écarlent pas à pas sur le côté,let,e,l)fin,ils •vont à l'opposé,
1 Il.0 1 . «II 1 r:
heuf'"

Lent coptre une pIerre et tombent. Cest 3,U$1 ,r,e~s,embler à des Pl-
Or' , • I.,t j' ~ ~ • •

l~tes qui nilvi~~ent sans boussole, dirigent, le, v~isseal\ ~ontr~ des ,
éClleils e,t périssenl : c'est res~~mbler fi un ho~m,e qui march6 dan~
ù'ne vaste campagne au milieud;un brouillard épais, e,t qui voyant
u'n scorpion qu'il croit être un oiseau, veut le saisir avec l~ mai~ et,
le soulever, et reçoit alors une blessure mortelle: c'est encore l'es­
s~mpler à un plongeon ou à un l)1iJan, qui' ;voit sur I~s eaux u~e,pe..
t~te nartie du dOiS d,iun gtos poisson, s'él,~n~e d,essus e~ y enfonc,e s~n
bec, et qui est. 'entraîné par le poisson, et sut{oqué dans lesOo~s:
el'ilin, c'est ressembler à celui qui enl,re (Jan's ~n labyr.i~the s~PIf'
gui~e ,et sans fil, et qui pI'u~ il y péhètre intérieurllment, .plu~li,l
pérd les voies d'issue. L'homme qui ne lit pas la, Parole sOlls l'auspice
dU,Seigneur, mais qui, " la lit sous l'auspice 1"
de la1,lIr0p,re
r
intellilYence,t)

se croit un lynx, et plus clairvoy~nt qu' Argus,)orsque ce~endaDt il


n~ voit PllS intérieurement la Jmpindre chose d~ vrai, et ne voit que
le,faux, qui, lorsqu'il s'en. est PFsua,dé, l~i app,araît,c9mrn~ l'~toil
po}aire, vers laquelle il di~ige, lout~s les voiles Ide sa p~psée; e~
alors
1
il ne voi,t pas ,plus
Il! 4. f
les'Hais
1
{lu'1:tQe
.
.taupe,
4.j
et"s'iL lesJv,oit,
.'}.;
il les
fai't plier en faveur de sa fantaisie, et ainsi' il pervertü -et, falsine les
1 ~ ~ f i " Il! '" ~ 1" r r ' ;j
1 J' i

saints de la P,arole.
'''1111 r'" 1 li'
J' ' l . ,'1 1
':1.66,. Il.' CES, TROIS; LElÈRE, LE FILS ETj L'EsP.\\lTiSAINT, ISQ~TI
(' ~' ''''',1,'' ',illr (/~" \II' 1 II j",
LES ,TR(;)1s.,EsSENTIELS D. ,UNI SEÙL Dn;u 'IQl),L FONT iU:N,COMMKI LjAlfJl:.\
.#,(I JI· ,rIJp.I,rj.;, 1 l~.j~IJ t'ill'!",.,. ~ J~l;r~ _I?~'"

U'C<>RfS ET L'qPERATlqN C~)!:Z L'HOMME.


l'''' !.,~(),. "Ht' l, (\'f',! ni,' (lË'~ Hl 01(1, 01 ,
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n~ ,a Ilo,~r'.u.~~ ?}f{D(~,9~RSf ~mJ ,s:rn,\1&1~Ic'qlJlPwn~1; ~~ ~pss~ d~!i

ES{èn%~lf, p~rt\Cp~l~,"sl" ~~ ce~~~ftl r.a~Je~f sey~~~ !~nt uI;Ie ,seu!eEtij"

\"
RELIGIgN" CHMlTIENNE. 2~
~enée·; lesl Essent·iels comïnüns d'un 'bomme'sonl so'n âme, soli bôrp~
-et:S0i1 opération; què:"cèux:.lci fissent 1IIle~seill~ t~ence; on~ pe\\~T~
voir eli"cela', que 'l'un' e§~ 'd'aV~èSJ l'àtltrè,et' pouf>l'aUlré: en 'sérîè'
~bRt,intJe; en l effet, }l'homme àl 80h 'cdn:ihleilceln~nt par l'âm~!' qui
.est (,'essence même Ide -Ihemenée'; l'âme' non'-seOlement' conltnen'ée:
.o:Iaig encolle' prodiJit'danslileùrordrè toutes IEJs lchdsesl qui appartieni?
flen~ au c0'r:ps, et ,ensuitèc~llies,·qui' procèd,~nl1m 'm'êmii téirips de~Jéês
deux; "'âme et le corps, lesquellèssont Mmlmêes- opéra{iôrls";'c'es
pourquôi'd'laprèS' la product10n':;de ll'im var l'autre', et 'par kûlter•
d-'apr~ lIa .greffe' efl, la ~conjoliéti(jri, il -est';évident que 'ces trois ap~
panCieMent à Juritllmême~ esseiwé'; lc"esi1poùPi céla qu'ils soyjt''nom~'
.m&.les ll'ois·essent-iels. " "
A 67; Que danS' leSeigrlf:m'r·Dieu 'S~uveur JI y ait'eu et qu'il yait
~ trois Essentiels,' savoir, \' Ame, leCôtps'eeI'Opération, 'ëha'cun
le reconnaît ;-iqu1il ait eu s6n 'Ameile Jéhovah le pè're, cela ne1peut'
·êliPe 'lIié que, pa,r l'Aoteèlirist, car dans la Parol'e de 'l'un et.l'aut~e
''J)est~ment 1'&ISelgneurest hpp'el'é Fils de Jéhovah, Fils du Dieu Très-'
HllUt'! Unique' engen!drél; le' Of,,;'n' 'du' Pè'r~ est donc, 'comme 'l'âme
dan-s, j'homme, le prem'ie'r Es~entiel du Seigneur; que le Fils, que'
Jlhrlie a enfanté',' 'soit le eorps deèettêDivine Ame, c'eTi' est la ~onè.\
séqu'Mée;c:W dàns l'ultérùs de lIa mère'ïl n'y a de produit que le
€of~sllconçu' et dérivél de l'âme, ce Cor~s est donc leisecond'Essen ll
ti~l'~' que 'les' Opéra~ions 'fassent le troisième Es~entiet, c'est parce
_(}l,l'el\'es prdcèdènt en même' temp~ de l'âmé"et duoorps, et 'que les
-choses Iqt1i 'procèdent son~ de même essence què 'celles< qui produi­
seh'~. ,Qu;/Y les ,trois Essentiels; qui, .sonHe 'Pèbe;'}'e Fils et l'Espilit
Sllin,W sdietff!ùrirdans l~Sèigù1èur~1 co'mme'l'â'me, 'le coré è'i l' opé~a­
tioh 'illlns;ll'liomme, 'on }e'vo\it)cl~iremèntlpa:r Iles paroles du'Seigneti'r,
({ùtl i le Père 'e~·'~ui"'s0Iit .~~{; et qde"le Père est en Cui et'tüi 'd~tl~
le fl Pè'rfè11" il ~ènl est! 'dc,r.rnê'nie lI8e':tui et1de 'l'Esp,rit' ~'aipt;l'pU{S~~;
VES~trit Sain:i 'est léDw'in{1 -prociéaimt Id~ Scigneur"d'hprès le1Pèfe;
c6mme è'elia·3. été '~leihèmént 'dé'mon'ifé tl'~pr'ès'ia))arol'ë~' ci'-desslÎs'
N°'~ 10'3,-''1.04; le d'émoD~trer"de' nouveau serait' dobe ho 'tràvail su.!:
~èFt1UJ, ef''pour 'ain~\ dire cbarg;er Urne ~tàble··de. met~,~l~rsqu' 0l! est.
rlissàsl~l . ' , '1·,', 1 .,. ! " 1 1
'i,6S'r-QlThild'iil')esbdit qu~(l'e Pe'r~/le1 Fils èt ,t':i:sprit ~alrtt ~~tl~'
t~:YE~'nde1S;d'Ull '86u121)joo,1 ~o'mme '}'àme;Jle èorps et l'~~ét~ttôi'i"
260 LA ViRAlE
chez l'homme,' il faiemble devant le Mental humain que trois Per­

~()nnes sOi,ent ces trois Essentiels, ce qui n'est pas admisible ;'mais

lorsqu'il est entendu que le Divin du Père, qui faild' AlDe~ et le Di­

vin ,du Fils, qui fait le Corps, et, le Divin de l'Esprit Saint ou lfr

Divin procédant~ qui fait l'Opération, sont les ,trois Essentiels d'un

seul Dieu, alors cela tombe dans l'entendement; en effet Dieu lfr

, .
Père est son Divin, le Fils d'après le Père le sien, et l'Esprit Saint.
d'après l'un et l'autre le sien, lesquels Divins étant d'une seule es­
sence et unanimes font un seal Dieu. Si, au contraire, ces trois Di­
vins sont appelés Personnes, et qu'à chaque Pe,rsonne soit allribuée
sa propriété, comme au Père l'imputation, au Fils la médiation; et
à l'Esprit-Saint l'opération, alors l'Essence Divine devient divisée~
elle qui ce,pendantest une et indivisiMe, ainsi aucun des trois n'est
Dieu en plénitude, mais chacun l'est dans un tiers de puissance, ce
qu'un entendement sain ne peut s'empêcher de rejeter.
169. Qui donc ne peut percevoir la Trinité dans le Seigneur,.
d'après la Trinité dans chaque homme? Dans chaque homme il ya
;âme, le corps et l'opération, pareillement dans le Seigneur, « car

dans Je Seignew' habzte toute la plénitude de la Divinité corp()­


Tellement,
., » selon Paul, - Coloss. n, 9; - c'est pourquoi la

Trinilé dans le ~ei,gneur est·Divin~,mais dans l'homme eUe est hu­


m,aine. Qui ne voH qu,~ dans ,cette expression mystique « Il y a trois
~~rf~onD.es Di,vines, et;cependant un seul Dieu, et ce Dieu, ,bien qu'il
soit ùn, •n'est pas néanmoi,ns une seule Personne, » la Raison n'a
.. a i t .f

aucun~ ,part, maLst.q~étant a~?~y,piejell~ ~orc~ néanmoins,l~,bouche

à,parler cOlllqJe JmtP~,rrfo,qu~Jt ?j5LyaJl~ la Ralsonl,~st asspu,pie, ,que

peut être
J' t
le langage de la, ,bouche, sinon inanimé? lorsque la bouche

f,... ~. ~

pade, et que la l)aison erre,çà et là ·et .est en di:~senliment la,vee elle,


qqe peu.~ ê~re le lang~ge, siqon insens~? Aujpnrd'hui, la Raison hu­
~~in.e, quan~ à la Div:ine ,1Jrlnjt~, est liée cornille un prisonnierIles
fers ,aux) ~l.a~ns e,Hux p.t~ds dans un ~ach~t, eCpent êlr~ comparée
à un~ Ve~taJ~:,ep',teÎ'rée l,iv~I;,P9W /.,avoir laissé ~~ei~dre I.e f~u sacré;
et bC~l)en~t~~,r]al.Diy.t~~'f;trini~~1~9it lujroelcomme un ,flam.beau dans
les mentaIs.
,r' ~
(les hornm~s,.ÜEhl;Eglis.e,
'l~'t~., ,.... ~h r 'VI
puisque Dien &..dans
JI; ... . 1 sa Trinité
et dans l'unilé de la Trinité est tout dans toutes les saintetés du Giel,
e~A~,I;Église" ;~~ etfet" .~e,H'1-~e/aJr~, 1,1,0 Dieu, d:u ,corps un second
.Dieu, et de l:O~ération un, troisièlDe, qu'est.,.ce autre chose que de

r Y'
RELIGION CHRÉTIENNE. '261
faire de ces trois Essentiels d'uh mêmt homme trois parties distiocte9
entre elles? Ne serait-ce pas le mutiler et le tuer? '
. t70. III. AVANT L& MONDE CÉÉÉ IL N'Y 4VAIT PAS CETTE TRINITÉ­
LA, M'AIS APRÈS LE MONDE CRÉÉ, QUA:ND DIEU A ÉTÉ INCARNÉ, ELLE,A.
ÉTÉ POURVUE ET FAIn;, ET ALORS DANS LE SEIGNEUR DIEU R~DEMP­
TRUR ET SAUVEUR JÉSUS-CHRIST.
Dans l'Eglise Chrétienne aujourd'hui on rec'onnaît une Divine
Trinité avant le Monde créé, laquelle, e8t que Jéhovah Dieu de toute
-étèrnité a engendré le Fils, et que de l'un et de l'autre est alorsl,sorti
l'Esprit Saint, et què chacun de ces Trois est par soi ou en particu­
lier 'Dieu, parce que chacun est une Personne subsistant d'apr'ès soi';
mais comme cela ne tombe dans aucune raison, on l'appelle u~
mystère, dans lequel on peut seulement entrer, en cela qu'H y a pour
ces Trois une seule Divine Essence, par laquelle'on entend l'Éter­
nité, l'Immensité, la Toute.Puissan~, et par suite une Divi~ité
'-égale, une Gloire égale, et une Majeste é~ale; t'nais dans la suite it
osera démontré que,cene Trinité est de·:trois Dieux, et qu'ainsi ce n'est
pas une Trinité Divine; qu'·au contraire la Trinité qui est 3118Si du '
, Père, du .Fils et de "Esprit Saint, laquelle a été pourvue et f:iit8
.après que Dieu eut été incarné, ainsi après le Monde créé, soit la
Divine Trinité, parce qu"elle est 'd'un seul Dieu, cela est évident
d'après tout ce qui précède. Que cette Divine Trinité soit «ans le
, Seigneur Dieu Rédempte 1Jr et Sauveur Jésus-Christ, c'est parce qU8
les trois Essentiels d'un seul Dieu, qui font une seule Essen'ce'sont
en Lui: Qu'en Lui il y ail toute la plénitude de la Divini~é, selon
Paul, on le 'voit au'ssi d'après les paroles du Seigneur Lui-Même~
(}ue tout ce qui est au" Père est à Lui; el que l'Esprit Sa'int parfit
~non pas de soi-même mais d'après Lui; et, en 'outre, qu~ du sépul"­
cre, quand il est ressuscité, il ail retiré tout son' Corps Humain, nOD
-seulement quant à la ChaIr, mais aussi quant aux Os, on Ie voit dans
Matthieu, - XXVIII, t à 8 Marc, XVI, 5, 6. Luc, XXIV, 1, 2, 3'.
Jean. XX, H à,15;-il cnest autrement·detoùl'autre·homme;
-c'est même' ce qu'il a prouvé ad vivum aux -DIsciples, en disant·:
( Voyez mes mazns et mes pieds, que Moi:'Même je suis, touchez~
Moi et voyez, car un Es-pril chair et os n'a point, comme'lllnl$
Me voyez (en) avoir.'» - L'uo, XXIV, 39 : - d'après cela, tout
bomme, s'il le veut, 'peut éJre conv~incu que l'Humain du Seigneur­
.... lIJ..rmkE
st.PiriDr:\lu.~ain~Len Jrt~\l~~UI~~~ lMG~.e,:et ~JJQ~m,e .jl$t):Qi~u;.
. t 7t. La Trini~é,q~e li~glis~'Ç;llf~ti~~I)~ 9,;aujol,u,d'bui ::l,llllWr.aj;­
_~e'l.e~,ql{~1l~.a.!n~r94ujte-,d~ns)~a~.(oÏt;;,ç~~~ue! ~i~u-Ie Pèrel a. el1geD­
~~~.I!e F;ils ide ~o~te ~t~~.I\ité'j,t oo~J~jJ!lit"sai'Dtle~ta,tQrs.l1IOtrti •.de
.1'u.n l~t 14e );~nJ.re, etcq\leçq.!lc.~'11 id,;~I.\X ~~t pi~u:par:.sl>i :, pelte T-r,i­
nité ne peUt être conçue par les.'p,l~.n:t~Js.pÜ!Qwins au.trem~~~
~e 1u,ljle Tri~!.cbie, et ~q!l~!pe'l~e l~~uverl)ementde Jr~is;Ro_is
1 1

pallS IJp Is~ul ROy,~ume'lou~ ge.~~qis ~,é~~J1aux ~ur une seuJearmée.


op Ae .trois Maîtr,es,qal)s I.!I)~s~l,Ile,m~~s~n, dont,cQacuo'3uraiH,ID6'
_1 ~~le puis~ance, que f:~S~I,L~rajt.,.~l ~e I\à.,)sinon ~! d~stf}ICtioD 1, et!.~i
Qllç!qu'un.. ~eut figl.!rer lo~qui~~r A~~an~È-!.ue_~u"I!!.tn~al oelte
1ri:!f.c9i e"e,t en même ~emps leuç,,u:I!ité, :i1ltlJ.6 .peut la p'r~lln~~ à.:J1l
.,~q111~IIJP\ati9n a~t}ie~ent, ~~e MQmmè unJ~h9Wi;lle lav~c ,Ltoil' '~~s ~J.lr
.y;n ~eull çor,ps, lo,uJav~cl,t.,ois'P9.rP'$,l).!3!uS y~e ,!l~uJeli\ê,le ;llJne,~ePllt.l.ll­
e jll\agel,m:o,nstru~u~e dIe la~~.[inilé dpiti sepr~sen~r!~eYtâJlt,ceUlt
gui, ç.J.'0.~e9tl ~rpi,siP~rs~~:nes qivipes,:_e~;chac,l!D,e Dieu,par elle-~m,e~
e~: fl~i #~I'cqqjojgnent IlWJ'\l)ll t1~eJul ,Qiau, et nient, qQelDieu, parce-
u:il es!., un, $oit u'le' s~u!e'l?-er,sp.Dne. ,~II;Il;n, :Fils delPieu 8Qgend:l'~
~e·ttQilte iternüé J soi~q~~~!ldu,el,ai,l JPrt s PlIumai,n, oel.a !p~l\t, 6~ne .
payé .~ux f~bles ~ dts,~f!pie~sl q.u.e Iles, !t\ll)e.s hU))lllio6sI0,utlété­
ré~~si d~~)e cpo!~ep~e~ent djl,l ~opde"et'llu~eHe.s ~nlreoL dans·les
.cQIiH~;J ~Lilgevienrjent·l,horpijl,~s.; ~p'uts. au&si à jCliS I]êveries,1 que' l'â:lhe­
l'~p 'rpas~ej ~,aqsl,un autre, CQ/llOle " p1usieu,rs dans l'ÉgHse Juive
tpI1t)tjCru:,ü lpar ,~~eowte, que fâmejd'Élie ~tait p'3llsée dans le cOJ!pi>­
.• ~e,:~e~nr~,ap~isLe, el que Davidlreviendrait dans son; corps ou dans ,l~
c,orps d~UD autre, et Ij~g~erait surjISfj~~1 e,l sur ~U(la, pance qu'iLellt
djt Idjm~ ~zéchiel: «,Je ~v,~c.i~fr(lil S!lr ,e'UiX, un/seul Pt4 steUl','fjl •
--;~f ,na4tIJa.,
~on ~ery;~t~Hr ;D{1:/{i(1J; tl~ti ser,q,Je'HT ,Pasteur,et MQi
~~~?Vla.~ jel serrf,i/ftU1J D;ieu, ,etJJq"lid"p1jiTtce (!'l-'Jmitieu d:fJ1l:'.! ~
r~~~IV, ~3., (24,)~5 ; -;- ~t ,~p rO!.ltre'lIi1\ellrs; ne ISàChaJlt~~
.~,aps ces pas~~-g~s p~r. I)a~i.~ !'§tLeqten4u,)~ Seign~ur.
i: fi IP.~·IIY· LI'- T,RJ~l'fÉ .n~s ~~v,~~:&~J.'Jf.~d,l'INES;Ilt: TOU1jE.ÉTft.R,N~!f-t •
.ÛoIV.I;+'Yl~~~ LE I~O~AE :GM:~, ~JtST, :QA,Il,1S .~Jlj!.,'~DF;E!" '!if. L~ P.F<NS-~ ,Ufl~
'~~!~dlE DI~X.,.E:;r,r;'~:Q~r.!I»~,;t»~~~ ~X')N,E PEUT·,;êl"~E EE'F,A\C$
AA, L~ ,G.O!lFJ!:~.s,lO~ .Pf\A,~E \P \~N \~~Q'L Il·~u. \'" .", .
)Qge',~ Tri!lil#.de~ p~V\IJ~~ f~~9.I}n.es Qtl -UlU1e ét~nité..soit J,1p~
'~!~J!!!Lde Die~x, op ,le ;v9i~ ~ql~ife@jlij~ WlJ\Ç~ .P;u9 Ies 'dans JelSfVJ,..
RELIGIO~ BlfRlHIENNE. 2gi .
• l' ',. , ~ • .;tl. ) d 12~ pl , l ,l,U9jt1
bole d Alliana'se: Aütt'e est la yersorme ~,u. . ere,
autre cet~e ~~
Fils, et ~urr-e ce!le ~e l:~~"pri:~: Sdir;! :1. iJi~..,é,~"s.~~r est"
Père, p!-e1i ~,t'S~gne;fI,r ~si l~ rz{S~ et ~Z~t~ ~t ~e,zg"t~u.r eSf.I'~ffï
P~ Samt; '~ats' f~p~!}g~nt ce-J!:fJ so,~t. *rf[ozs, Dfeu-:r ~z tr?zg
~gneu.rs' 'mat~~n s~Û:Il!.zru ,et un..;..~t S.;:zgfeuf ;.ff,:-~_e que, ~î
mbne que nous sommes forces par la vérzlé Chrétzenne de con­
lëss'er què c'haqüe Personne ëst en particulier Dieuet&rii:leür;
~e ~~~e il n7~~ w?lend~ plJ} là Reii~ion Cat1oliqu!!....~~. d~e
tro!!.Dieuxo·~ trazs..Sezg'IJ~s i~eSymbolela~téreçu par~ll-ulel É~IS~
.C~réii,en~~c~~rI]e ~;umén~q,ueo~ ~p:!~ersel, e! ~o~~~g~'aujo~'hu ~
ou salt et ~ec6nnaît sur DIeu esl llré de ce symbole. Que ceux qUI
_ . ~. _ • • . ~. ", •• 1Ii

étaient dans J
le Conèile <Je Nicéé, d'où est sorti comrM un fœtus
-r---'-~--'- _-..If • ~ '''--. -0 ~~........... -­

posthume ceSYElj>ole nommé symb~le.d'Athan~se, n'aie?t ,pas en~,


tendu d'autre Trinité q,u'une Trinité de bieux, qujconque le lit seu­
lemen.. t à œil ouverl. peilt .
le voi'r :'au'une
1
t~rï'niiéIl.r.de...l..--..i
Di~u~ âiL' nOD
l' ..

seule01ent~lé en,tendue par eux, mais encorf qu i!ll~~",P.,iS ~~­


tendu d'autre Trinité dans le Monde,Chrétien, cela, résulle de ce qpe
-~ toule co~naiss:lDce-sur Dielr est tirée de ce symbol~, et que ChaCl\D
restè dans laiQides paroles qui y sonl.Qu'aujou'fd'hui dans le Monde
Chré'tie~ il ne soit 'pàs entendlÎ d'autre T~ini~l'qu'une trinil~de
Dieux~ j'en appelle à tou~,homme, ttn~!-~ïc jU~~ési~~iq~e'l ~an~
aux Professeurs et Docteurs lauréats qu'aux Evéques et Archevêques
consacrés, el aussi aux C~rdinallx pourp,.rés, et q!Ji Vlus ~st a~~­
tife Romain lui-même; que ~h..ac.E se cpnrul~e! ~t ill'il s'exp~ime
alors , d'après .. r
les idées
.. ~
de son ,.,mentaT;
l' d'après les paro,les de Licelle -'
J'.l. , - _.
Doctrine reçu'e univèrsellement sur Dieu,cela est aussi visible el aussi
diaphane que de l'éau à travtrs
L . f
un vase ~e cristal; par exemple, 1 Il +

qu'il.y a !...ois Personnes,~t q~e ..çh~ç\.l!l~.9'elkt~,Qieu_et _Sei­


sneur; ~ui,te, Iqué)'aPlèi..la r~rjt~~l!!étienne on~ co,\f~serj
et, reconnaitl'e Jl~chaque ~er~onne es!,en.part!cu!ier Dieu etIS::i­
grieur, màis que la Religion ou la Foi Catholique ou Chréti~nne dé­
-, 1 fI., )
fènd de dire ou .de nommer trois Di~ux et Irois jSeigneurs; et
qfai,ns,il,la Vérité' et.la'Religion, ou hi 'vétit,é et la foi ~e sont;~as
une seule chose, maIs sont deux choses qUI se contranent., S Il a
é'iê a~ou'lé que ce' ne '"SOnt ni trois Di~ux ~ir.oisSeiineurs, "mais up.
~b\ "lJieu I~t\ un ~eut SeigneUr, -_.ce fut
. 1'. . ~ .
pou~ né pas s'exposer à Lla risée
i - - ~ .... ~_.... ~- I~

cievailt le Monde'en'tier, car qui n'éclaterait de rire à l'idée de trois'


264 ,
LA. VRA.IE
Dieux? mais qni ne voit ]a contradiction dans ce qui a été ajouté!
••. l."--T- 1 • ' 1

Si, au contraire, ils eu~sent di& que 1;1 Divine Essence est au Père,
la Divine Essence au ,Fils, et la Divine Essence à l'Esprit Sainl~
~ais' ,que 'ce ne sont pas trois Essences Divines, mais que l'Essence
'. ..
_~-t. ,~.~, .. -" -_ ~ ~---~- 1

est une' et indiviSible. alors ce mystère serajlixR!iç~ble, par exem,­


pIe, quand par le Père est entendu le Divin duq,uel (a quo), tout
pro\iient, par le Fils le l,)ivi~ Humain ~~ent, et par l'Es­
prit Saint le Di.Y.~.Jl!.~c,~~~Ïit, lesquels-appartiennent taus trois ~ un
Seul Dieu; ou, si par le Divin du Père il est entendu la même chose
que chez l'hori}[)~e par l'Ame, par le DiVÎn Humain la iiiêm'ê ë1iôse
que par le Corps de cette âme, et par l'Esprit Saint la même chose
que par l'Opération qui procède de l'âme et du corps, alors sont en­
tèÏidues trois, essences qui appartiennent â uné seule et même Per­
sonne, et ainsi font ensemble une Essence seule et indivisible.
17:1. Que l'idée de trois Dieux I.Je puisse être effacée par la Con­
fession orale d'un seul Dieu; c'èst parce que celte idée a été semée
d~ la mémoire ..!è2..te,nfance, el que tout pensed'ijrÈtsJes hOlnme
ch~uui Y..Jont ; la Mémoire chez les hommes est comme l'Estomac
ruminatoire
,1 chez les oiseaux et les bètes, qui _mettent - dans cet
_ esto­
mac les aliments Jlont ils sont suçces~iv_ement nourris, et de temps
~n tëm-ps'Ies en retirent et le~ font passer dans fEstomac même, où
1 1 Il . .
ëes aliments sont digérés, et dispensés pour tous les usages du corps;
--
l'Entendement
""-
humain est' cet Estomac-ci comme la Mémoire est
.!.,... ....... --lo0IIIO -..,&, "-- -r'~~' _~ ....... ._-_

l'estom~~_ rUJ!li~a~i~e. Que, ,l'idée de trqis Personnes Divines de


1

(~ule éter~, ~ui les~'la,rn~m~ qU,e l'idée de trois Dieux, ne puisse


éire" effacé~ pa1r 'la ~onf~ssibn oral~ d'un seul Dieu, chacun peut le
'&ir par cela seulëmeht qu'elle n'a pas encore été effacée, et que
p'armi les.J hommes Célèbrt'\s if"y en a qui ne v'eulënt pis qutellesoit
1 -' __ - ­ 1
effacée, car ils persistent ~ soutenir que les trois Personnes Divines
sônLün siml nieu, et ils nient avec opiniâtreté que Dieu, parce qu'il
--~~- .....
est un, soit aussi une seule P,ersonn'e; mais quel est l'homme sage
q~i , ~e 'pen~e en lui-même qu.e"'par, le mot Personne il est entendu
u.!!~ttrl~'!..tIQ!,.,ge q~lg!l.e qUJllté, ~t IlUl~ement unepe~e? .tou~
t~fois on ne sait pas quelle est celte qualité; et parce qu'on ne le
~ sait pas, 'ce qui ......
~~
a été semé" ûari~ .la mémoire
...........
~ ~......--.- - +,
dès

l'enfance rest~~
com,me reste dans la terre une ra<:ine d'arbre, d'où_unaîtof-
quelque re- •
l _ - _.- ,,-. .... . . . . ' ""-il. ' ~_._~

jeton; lors même que l'arbre est, coup~: m,ais, mon ami, oon­
-- ~-
RELHiI;ON C,HRÉTIENNE. 265
se_ulement c~up~~arbte, mai~~~!.tirpe all.~si~~e, et alors
~lante dans ton jardi~ des arbres'de bon fruit; gardlttoi d<?.~e. q~
l'i~.ie_de trois Di~ux ne s'empare de t_~n, m~!al, et que I!, h_o,uche, qui
~l'~ àll~u~ idée, ne p~on,once seule un Di~u ; qu'est-ce alors qu'un
E.ntendement au-dessus de la Il)émoi,re, qui pense trois Dieux, et un
Entendement au-dessous de la mémoire, d'après lequel la boue-he
prQDon_ce _~n seul Dieu, et cela en même temps? N'est-ce pas èomme
sur un théâtre un comédien qui 'peut remplir le rôle de deux per­
sennes, en passant av,ec vitesse d'un côté du théâtre à l'autre. et
(lire d'un côté une chose, et de' l'autre le contrajre, etllins(~n
èiscutant s'appeler, ici sage, et là fou? qu'en résulte-t-il autre
~hose, sinon que, lorsqu'il se tient :lU milieu du théâlre et regarde
de chaque côlé, il pense que ni !JIn pi l'au~ n~~1 vrai? onarrive
de 1 la sorte
---
à penser qu'il n'y a ni un .
seul -
Dieu, ni trois Dieux,
-._.­
qu~ainsj il n'yen a point; le naluralisme qui règne aujo,!!l\d'hui n'a
P!S d'aut~~~~lne. Dan; lëëiel Pêrsônnënë peut prononce,r la
',frinité des Personnes, dont chacune en particulier est Dieu, car
J'atmosQllère_ céleste même, dans laq!;1elle les pensées des anges vo­
lenHt. ondulent, comme les sons dans notre air, s'y oppose ; làl.~
seul hypocrite l~ peut, mais le son de ses par~les retentit dans l'at­
mosphère célesle comme un grincement de dents, ou comme le cri
d'un corbeau pour les augures. J'ai appris. aussi du Ciel, qu'effacer
par la confession orale d'un seul Dieu la foi pour la Trinilé des
Dieux in~itée dans le mental par, des confirmations, esl au~si impossi'­
hIe que faire p~sser un arbre par sa semence, ou le menton d'un
homme par un poil de sa barbe.
. -174. V. LA TRINITÉ DES PERSONNES A ÉTÉ INCONNUE DANS L'E­
GLISE ApOSTOLIQUE, MAIS ELLE A ÉTÉ TIRÉE Y!J _Ç,ONCI!.:~E~E,
ET l'AR SUITE ELLE A ÉTÉ INTRODUITE DANS L'EGLISE CATHOLIQUE,
ROMAINE, ET EST PASSÉE l>E LA DANS LES EGLISES QUI S~P;N SONT
SÉPARÉES.
Par l'Eglise Apostolique est entendue non-seulement l'EgJ\~e qui
~tait dans divers lieux au temps des Apôtres, mais aussi d~ux 00
.t'rois siècles après ce temps : m~i~enfin~~~ça ~..!:!:~~er de
ses gondsÈ po~e ~~Te.mpl~, _et Vélancer c0l-n1!1e d~ y~~
) ~,allsle S!l~ctuaire; ,pa!.Jt.Templel!...e~t.entend~Ég~i~e, p~a
Por;t~ignê.l!;~_Dieu Réde!!lpteur, et par le SanctuaIre sa DIVl-'
:1lf6 LA VRAn!:
Dilé ; car Jb.ms-dH:·.. En vé~ité~ je V?US dis"celui qui n'entre
as par la Porte, dans la Bergme, malS J~Ul MONTE ~A'R tlN Aurb
.ENDIlOllf, est un voleur et un larron; Moi je ·sù!:!.2-.Porie, paf­
Moi si (/uèlqu"un entre, il sera sauvé. ,. Cet attentat a' été eotmnis
flIr :Arius ei ]lar ses'sedtateurs ; c''est pourq'uoi nn concÎle fuTëonvo­
:qué pltr Con'sianliil)eG'riild à Nicée, vil!le (Je Bithynie; et l'à, afitl
ùe ,rêjeter 'l'hérésie pernicieuse 'd'Arius, il fut imagi!1_é.l-c~t
0

saDetioDné par ceux qlti avaient ,~té oonvoqués, qu'il y avait de toute
~é-Trols Personnes Divines, le Père, le Fils et l'Esprit Saint,
dans cl1acu'lle, d'esqu'etles il y avait par soi et en soi la personnalitt
l'eiistènce-er-li~\sjl)S}Sfu~e;'1quèta sllcond'e Personnè, ou le Fils;
est' descendu là pris J'Humain I~t: a 'fait la Réd"emppon ; que par
suite ,la Diviilïté est unie à son Humain par llnion hypostatfque, et
que ,par Ce~lje union il avait une ,étroite affinité avec Dieu le Pète.
Depûis ce temps une foule d'hérésies abominàbles sur D'iell et suda
Personne du Christ commença à sortir de terre, et des Antéchrists
~ t,!lirentà lever la tête, et à diviser Dieu en trois, et le 'l~~n~u,r
~uveur. CP deux, -et ainsi 'à détruir~_le_ Temple q~ le Seig~neur
a~aü élevé 1par, les Apôtres, et cela jusqu'à ce qu'il D'Y restât
pièrre sU;'pitirre--qur-iië- fût 'renversée, selon ses propres pa­
1

roJes, - Ma'lth. XXIV,~, - où paf le Temple il est entendu nÔD­


seul-ement le Temple de J~rusàlem, m~is aUssi l'Eglise, de la con­
sommation ou de la fin de iaquelle il s'algit dans tou,t c,e Chapitre.
Mais queile autre chose pouv3'i'Pon :lUend're de be Concile et des sui­
vants, qui ontpmHlein-~nt d1Visé 1.\ Divinité en' troispa'rfies, et ont
- .0: , • "Il ~

, Pf1~ Dieu incarné au~dessous d'elJ'x' 's,ill' 1_!L!l1a.!:ÇMpJ~<!1e Leur!>


'. pqeds ?ca'r ils (lnt séparél la Tête de l'Église de 'son Corps, par cela
fFe'ils ont montés par un autre endroit c'est-à-dire, parce qu'i1~
ont passé par-dessus Dieu 'ibcarné; et SOnt montés vers Dieu lé Pèi'~
toÎiime 'vèr;-;;~tre Dieu, selllemlentl ' avec lé petit rifdï delférit~
----~ - - - - ---~
du Chris~ ,à la bouche, po~r. q(il ~~û~ pillé à cause ~e ce ~Iérite, e(
qUlainsi la Jusllfication influât immédiatement a~ec:tout son corti~ge.

savoir, Taved'la<réflliss1ori"des lléché~, Hi r'énovatloD. sancti'fic'atioti;
la'régéfl.€r':l'üon, -et ')!a11salv'atidrl, eV 'cela iSa:ns riende'médiat dél~
part ~e F-h~\J~ !JO '1 ' . . ' , ~ '4 - ~--
fis., Qué l-EgtiseAposdtlique ~"ait pa~ su la hthindre chose de
~ Trinit-é des Persdnnes, oU des trois Pltrsdimes 'de toute éteI'nilé~
RELIGION ;CBRll:TIENNE. 2M'
:GD _Je foit clairement par Je STMBOLE'~e' ceUe Eglise, appeWS'YM­
~~~Jpo~s, où' sont ces··paroles-; -~( Jecr()is ën Dieu t lie.
IMre iTout-Puissant, Créateur' '(/,r4 -6iel· et· de :la Terre: et en
)/ésus.,Ohrist, .son4?ils unique t notre ISeigneW', qui a été conçu
deJI!Esprit Saint, est.né ,de··la "Vie1'ge Marie: et en l'-Esprit
'Saint: Il là, \1.Oo'est, fait aucune l mention·d~un Fils-de to.!!.te étergHé,
mais il est parlé d'un Fils con~u de l'Esprit Sai·ntet né de la Vierg&
.Marie; on savait_d'arr!s Je~'AP!t.~.Lque_Jésu.s·Christ é·taï't l~ vrai
D~, r-l,Jëaii, "V, 21; ~"qu'en Lui habitait corporellement.
tout-e la plénitude ide la @ivirlite, -IColoss. Il, '9'; - que les 'ApO...·
.tires avaient prêché la foiJen:Lui,- Act. 'lX-X, 21 ; - et qu'à Lui
:appartenait tout pouvoi,r ,dans le ·Ciel et sur la Terre, - Malth ..
xlym,;18. .
1:76. Quelle ,confiance'pe.ut~oll avoir dalls les 'Conciles, 'ÇJ1!!nd.jls
~~_s'adressent pas imméiliatemenL au DiEtu 'Q'e l'Église? L'Église
·n'e'L"'\el/e pas le Corps du Se.ig,neur; et'Lui:"Même n'en esHI pas la
;fête? Qu'est-ce que, le corps sans là Ifête, et quel est un Corps...:,à
qui l'0!!.il.!!lis trois Têtes, sous l'auspice-dèsqueHes bn 'prendâes;ré­
-ciaio Ins et l'on rend des décrets? Est-ce qû'alors ·l'Ul'ustration, 'la­
~uelle ~t ~pirituelle par le Seig,!~r, qui·esne"Dieu du -Giel
et de la Terre, el en même temps le Dieu de la Parole, ne· devient 1.
pas delplus --_
- enplus'natùrellle,r~tjmfi'fI .sensuelle
.
?Et al0·rs on o;ex­
•plor,e ,pas.q~e:lque vrai r~1 théologiflue da'Ds ,sa forme interne, sa
,qu'H soH,aussitôt rejeté par la 'pensée de l'entendement ral·ionnel,ét

--
.dissip.é daq8 l'air, comme la paille'par 1}e van? Alors, dans cet état,
.au lieu ,des,vér:ités.surviennentles illusions, et au lieu des 'rayons de
.' (
·la lu.mière les t~nèbr.6s, et :J'lorsJon lest comme tians Une cavernè
avec des luneUes sur 1e nez.et une·ch/lndelle li \a ma'in, el l'on ferme
~ ~ueières pour ;les :Vrais sp'irituels qui sont dans·la lumièrèàu
.cièl,rriMs 00 les ouvr.e pour les sensuels qui sont dans la Ilumière:mti­
seiie Ides sens du corrt>s ; ,la même/chose 'arrive ensuite qua-ndon lilt
·lll ,Parole, -alors le Afe.ptal s'endollt sur les vrais, et s'évjlille surJes.
tfa~, .Iet ihl~Yi.~!lt cOiJlme"~st décrite là,IBète DlGnt'ânt dda mer.
quant à la; bo.uche comme un lion, quant au corps 'comme un léo..
pard, et quant au~ ,pieds comme 1In' OUJlS" ..:.- Apoc. XIlI, ~. ~
J)àilsl!e c~el, bll .~itque, qqand le Oonei1le. de Nicé~J~t~er!!1iné, Ur
1 œt co~nCldence a~eG ces choses que :}e SeIgneur a prédlles aux Bts-.
1 - ­
,~68 " L A : VRA.IE
lliple~: « It,e Soleil $era obscurci, et la Lune ne donnera point sa
lueur, et les. Étoile,s .tomberont du Ciel, et les Puissances des
Cieux seront ébranlées. » - Matlh. XXIV, 29; - et en àctualité
l'Eglise Apostolique était comme, mm Ëfoile nouvelle ~nt
da,~tël Âstral ert'Eglise après les deux COncIles de 'NIcée de­
vinl comme la même Étoile_ rendue ensuite opaque et n'apparaissant
plus, ainsi que cela est même arrivé quelque fois dans le Mo!!.de na­
turel selon les observations des Astronomes. Dans la Parole, on lit
que Jéhova'h Dieu habile dans une lumière inaccessible; qui donc
pourrait approc11er de Lui, s'il n'habitait pas dans une lumière ac­
1c~ssible, c'est-à-dire, s'il n'étaitpasdescendu, etn'avait pas p~is
l'lI.u_main, el si dans cet Humain, il n'élait pas devenu la Lumière
\ du Monde? - Jean, l, 9. XII, 46; - qùi ne peut vok qu'appro­
.cher de .ïéhovah Père dans sa lumière, est aussi impossible qùe de
prendre les ailes de l'Aurore, et de voler avec elles vers le Soleil,
ou de se nourrir des rayons solai,res au lieu d'une nourriture élé­
.mentaire, ou aussi imposible qu'à un Oiseau de voler dans l'éther,
et à un Cerf de courir dans l'air.
i77. VI. DE LA TRINITÉ NICÉ~NNE ET EN M~ME TEMPS ATHANA.­
SIENNE EST SORTIE LA FOI, QVI A ,PERVERTi TOUTE L'EGLISE CHRÉ­
TIENNE.
Que la T..!inité ~e et en même temps Atbanasienlle soit
une Trinité de Dieux, on le voit expliqué ci-dessus d'après leurs
symboles, N° i i2 ; de là est sortie la Foi de l'Eglise d'aujollrd'~ui,
((ui est en Diel! le Pè.!'p, en Die,u le Fils et en ,Dieu l'Esprit Sàint;
eq Dieu ,le Père, pour qu'il impute la justice du Sàuveur son Fils',
\ et l'aljribue à l'h0l!!me ; en Dieu le Eils, pOlir qu'il intercède et sti­
~e;. eId'Esprit Saint, pOQr qu'~n actuaJ,iLé, il i.n.scrive la~ust!cedu

1 Fils Imputée, et qu'après l'avôlretabhe 1) la 'scelle, en Justifiant,


sanctifiant et régénérant l'homme; voilà la Flli d'aujourij'liui, )a­
.quelle seule peut tén'Qigner que c'est üiiê1'rinité de Dieux qui. est
,repon..!1ue et adorée. De .la Foi de chaque Eglise Mcoul.e non-~l~
~~ut"soïi cl.~te, _.!!1a;s1l au~si ~!~~ sa pa~.~~doglD}!!:.iqlJ~, aussi
peut-on dire que telle est.illa (oi de l'Eglise, t~l.le est sa doctriae,;
que celte_!oi~ parce q~'ell!-est0a foi eh~trois Dieux, ait ~vertj
to!!te les_cho~de l'Eglise, c'est ce qui rés,ï1te de là, ; car.la Foi
est. Je principe, et les doctrinaux sont les principiés, et les 'priricj~
-- - .. - ­
RELIGION CHRÉTIENNE. 269'
piés tirent leur e~senc.~.juJ~rincipe. Si quelqu'un soumetà l'examen
chacun des doctrinaux, par exemple, ceux qui concer.nenl Dieu, la
Personne du Christ, la Charile~ la Pénitence, la Régénération, le.
Libre Arbitre, l'Election, l'usage des Sacrements du Baptême et de.
la Sainte-Cène, il!Ëf.!:! liairement g~J la Trinité des Dieux est dan's:
cbague doctrinal, et que si elle ne paraît pas y être en actualité,.
néanmoins le doctrinal en rejaillit comme de sa source. Mais comme
un tel examen ne peut être fait ici, eL que cependanlil est néces-
sai~ qu'il soit fait pour ouvrir les yeux, il sera ajouté à cet ouvrage
un Appendice, dans lequelcéÎasera démontré. La Foi tl.~ l'Église
sur Dieu .,!st co.m.me l'Ame du corps, et l.es doctr.inaux ~n t
comme les membres; et, en outre, la Foi en Dieu est comme une
Rëi~~t-l~; do~a!l.c@~ so~t co~me les officie!'s de s:!.. cour, et
de même que ceu.x-ci d~ndent des ordres ù~nnés par la Reine, de
même les dogmati.ques dépe~den! d~ l'énoncé de la foi; d'après 1
celte f?i ~eulement Ol? peut ,voir CO~Il!.ent. est entend!1e la.l>arole 1
d~gl}§.e, car l'a fOl s'apphque' et !!re à SOI c9 mll!e avec des cor-" l
des J..Q.!!.L ce q!1~eut ; si la foi est fausse, elle se prostitue avec,
tout vrai de l'Église, elle le toUrïïefiâuche et le falsifie, et elle'
rend l'homme insensé d;ns les spirituels ~ si la Foi est vraié, .
elle est alô'; favorâble àtoüte la Parole, et le Dieu de la Parole,
qui est le Seigneur Dien Sauveur, répand la lumière, inspire de 1
son Divin assen timent, et fait que l'homme devient sage. Que la foi
J'aujourd'hui, qui dan~Ja form~ interne est la foi de trois Dieux, et
dans la forme externe lalfai d'un seul Dieu, ait éfëlgt 'la lumière
da~~ .Ja fa.!'.2.le, et, éloigl!é_ Qe)'É'gli~ rè_~et~~'eur', :Git ainsi,~réci­
pité sonmaün dans 1a 'nuit; an~le \lerra aussi dans11Appendice";
ceJ;'a ,élé fait par les hérésies avant/le Concile de Nicée, èt ensuite
par_~s hérésies p~ë& derce O®.Qile et~~près c;iConciie : ~ais
quelle c'onfiance peut-on avoir 'eu"d"es CtlIici'l$7qm"ii'mtre~t point
--:>par la Porte,dans la Bergerie, mais MONT.E:NII' 'PAR UN ~UTRE 'ENDROIT,
selon les paroles .du Seigrreur daDs'1ean;,~IX, i',l9'? ~ 'leur déli-
bératiolll' est assez sembla-ble à là' marche"diun <a:v'ellglé dans' le jour,
ou d'un hOmme ayant des yeux d,ans Januit, qull'unJei l'autre ne 1
voien~ pas la fosse av~t d'y êtret0m.~és. P'ar'exérnP1e:qu~~- 1
fiancenpeu:t-'on ~3r\'oir ,en~deg Conciles qui' ont établi l.e'Yica~i'a'~i!U:
PJlpe,)''Ap'oth~ose des morLs~ et leur invo~aL,i'l:m comme 's'Hl élilien
2r1fJ. L.\~ VRAlEl
-des. Déités (Numina), la vénératiO'n ,de leurs images, l'autorité deSl
~idulgenèes, la,di')ision de l'Eupharistie, etc.? Quelle confiance)
~eut-qn avoir ,en'un Conc-i1e,qui à\ a/f.ermi'l'exécrable PrédestiDa~ion !
et. cette Prédestination, ils l'ont suspendue comme le PaÎlàdiüm de!
la re)jg~on devant les tempJes.de lellr Église'. Mais, ô mon'ami!
.adresse.,.t9i, al,l Dieu de la Parole; el ainsi à la ,Parole; entre ainsi)
par la porte dans la ,Borgerie, c' eS~"à-di're" .dans l'Église, el' tu' sera:
illustré, ;-ttuverrâs tol-mêrnlLQQIDme du haut d',un~montag~e non
seulëment les pas et ..les erreurs du plus, grand nombre, mais,aussi­
t,es pas' pl4écédents ~ et tes ptécéde,n~es ei'J'~u.!.s dans ILso!D.!>re f!,rêl
,au p'ied de la,l\lontaKne.
178. Lafoi, Q~ ,chilque ,Egli,se,elit ~omme uIl,e semence, !t'où', sor.l!
~,ept tous ses dogmes" et pèut être compa..ée·à la semence d:'un arbre.
q,'oh naissen t ,to.u tes les, partie;s q~ l':arbre .j~squ:~aux fruits" et aussi
! ~Ja semen,ce de l'hom!ll~1 d:04 50nlll61l'gendrées en série successivel
{es lignées et d~s familles; lors, donc que 1'(1)0 connaît la:Foi1pl1ln,-~
(lip~le, qu~d'ap,rès la"prédpmination,estiDom:mée sallVifique, on con~l
Il3î! lfUelle"e&t I:É,g:1jse;; ce'lal peut rêtre:illllstré .par cet exemple,~'
Soi~ la Foi que la Natu,re est l ,Cl1élllriicelde ,l'Univers; les consé..:
I0I,l.1 • '1.
quencçslde l{eH~4oL ~OlJt, ~l\~' nlnj\[ers eSL.ce.. qu:on appelle Dieu ;'
.q,~e la Nat~lr,eljen est .J'Ess:en,c\} ~I que,lI:Ethen ,est 'le Dieu ,snprêmel,
que les a~ctens ~ppeJ'ai'e!1t Jupi,ttr" ;·,ql!le l'Aiflesilla péessd que lèS
anciens appeJaie~t Ju;non et donrja1l\n\ poùr' épouse â Jupiter; que
l'.9céan ~,st 1Jn~J~i~4 ;ll,l-~.essous,lrellx.' qu10n 'peut ,a\lec, les 'ancien
appel~5,~eP!~De:'l ~tlqlle,;colllm,e laJDhiÏJiI'ité della Nature" péllè~re')
m.êmeaH, c~lltr~ ~~ la, T~r;,e,,~ l~ aU$~i ihy a. un Dieu,',qu}dn peut,avce 1
4

le,s anciens '~RReJe1i PL~QJ;I);r ')que:) le' Soleil, e1>t "la Cour, dér
tq:Us lesJ}i~px,)'Oil ,ils Il&)ra$~ei)lblent, qu:and Jupiter ;conuoqùe :l'as­
sf}~b\é~filll1!~, de, p1u~ "I~/,F;~ulle$t ,la!l,vie .provenant 'de Dieu'i e
lJ.Il'.ai.n,si-I,esl Oi,s~!J~}vole~tI.eij Djlm::;les;Bêles,ma:rc~ent.len. Dieu; et;1
les..~oisson~ n~gen,tj:l~ ~iQlJJ; l qu1outre! ~ela Il's,pensées tsgot. s6ul~
m~tlpe~l ~odiijQilt;on(~~e.~l:éJberf,~:CMnme ,les- ipaholes. quj eri pro­
~ireRP~n~ ~Qj\lJA~~,'AlWlJJ~tioD$:)'dell I;,àir.;-, ,et.hqnej l6SJtat1'eeti9i~s: ride
1~!P91;l.r.,soln~,)~,e!ilcp~)l~Qlel):'s~ d'.é,tatll()'~cll:slOllne~~\ dl3iJilrès l'mflu!{'
de.~5~Y~H\.~j~u.s01.,elL~~Jl'~~Jle$ ;' 4uiau':mi1i~lü ltelwutrcefà .Ia Vi~ apre,
1a"p:J~r,~>l,e~~nr,\IlA~Meropsil~>ŒeIl,et Il:Enfd'r Ilsonitrl'e8 faMes, inven'::':
~:)p~r) J~~' jrê~ll~~ p,OUilll; ob,tenb: l}déSl hcmneursl) etllde~·, rJc1resSé)~

r
RELIGION 1Oij:Rl!:TIE~NE. m
mais.,qu, ces croyances. q~oiqu'elles'soit des fa\>\~s, sont néanftOins
utiles, et,qu'iLll.e faut pas .~'\en.moquer ouverleW~ItJ, garce 'qu~elle&
seryent al.\ hien pubU.c., a.n coptenaut les esp.rit~ des, sim·ple:!. datls~
un lien d'obéissance envers, les, 1I\ag.jstr3t~·; mais que néanmoin.s ceux\
qui sont tombés dant,le.~fileLS d~)a' reli~ion sorHdes,bomlXl~S entrai'"
lIé's,leurs pensées des chi~èJ:es,et leurs actions de$ minuJies;et qu':ils\
sont pour I~ prêtres de bas valèts, ~ qlli crQient·ce q;u:ils ne.voienu
p:ls,et voient.ce ql1i~xcMe la. sp,~.èr~ d~'le\lr .mf;mtaJ" Ges cons.éi-'1
qu~nces, et.plusieurs a'utres',seJ:llhlables, sont CO,l)tcllues dans, cette
Foi, que la Nature est cré~.t~ice de l',nniver~, et en découlent quand·
~lle est ouverte, Ceci a été rap,p,orté, ~~n. qU"un &ilche que dans, lat
Foi de l'Eglise d'aujourd'hui, qui dans. s,a forme Inlerne esLen trois.,
I)ie~x et dans la forme Externe. en UO, seul, il v a des" faussetés en
foule, et qu'il ,en peut être' tiré'autant qu'il y a" ,de petites araignées
dans un cocon provenant d'une. araigné,~-mè~e; ql,lel, esh l:th/?m·me:.
d'o.nt le Mentàl est devenu'vraiment. rationnel p,ar.,la lum)'ère'·pro,ve".'
nant du Seigneur, qui ~e voit 'pas ,c,ela? mais, cO(llment un autr..e
le verrait-il, 'Iorsque,.la porte qui conduit à cette 'foi et à ces,
p:r.ùo.ns a été. fermée au verrou p;lr ce statut· q~""il
noest pas permis à la" raison de. pénétrer d·ans les mystères de,
.cette foi.
t 79. VII. DE LA RtSULTE QUE CETTE FOI EST L'ABOMINATION .DB
,LA DÉSOLA.TION,' E; L'ARFLlcnON TEI~LE QU'IL N'Y A PAS EU ET Qu~nl
.r(y EN AURA PA~, QUE LE SEIGNEUR AVAIT PRÉDITES DANS DANI.EL,
DANS LES EVANGÉLISTES' ET DANS 'L'ApqC~LYP~E.
, Dans Dani~J .o,n lit ces \paçol~s': ~( Enfins,u1' 'l'oisea,u.des' ahomi-.
nations SeTa la désolation,_et jusqu'à.~a , . ,f;onsommàtion
.
è.éfision eUe, fond'J;a sur la. q,él{astq.#o'lk,'» T r IX,,'~7. "7- Dans
et ,d,la

l'Evangéliste Matthieu le Seigneur dit: cc Alors plusieurs faux,


,prpphètes. s',élèveront" e.t' séduiront, bea1J,€o.1.fp, .:(de gens) 1 ;

.tjuarJ,d (jonc vous ve~rez ,l'Abomin.at~ol~ .qe l,'ar,désfllation, 'Pl'é""


,dft,e ,par, D,an-iel 11IJ~r~pMte,!! étqblie,(,da1JSJ' l~l~lieu Isaint,' ,que;
~elui
il
qui litu 1Ilasse att.ent~on
- .. » -:.-1 YYL",',
i'l 4.a...A.J- ~Jl .. ,M" ',1~,j Tjl et-'. ensuite-
" l ~ •
-dans le même Chapi\re:
,( Il'', .,' j L
•• J
«"Il 'Ur1
aU1j'" alors"unfJ)
t
afflic,#on;g.rande,
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te}le quf, pq~l1MI, 'J'Y' enp\~ dftPlf,' iefqr(1'P1~~c(J1(uJnt.'dù' mo.nfÙ
j'lf~q:1f;à Il:p~jé~ent, ,et f.P.ipt,.ij 'lI,ly~en, aU'ia}l,~' rj-},WeIl~;âH. ~;'M"JIIli.':1
été..tr.i'ité.de eett~ a~e~~'~~9! dpj c~~\e ab()~!na~J(J1\ 'daQs'peptJ&bapr: .
27,2 LA VRAIE
tres de l'Apocalypse; ce sont elles qui sont entendues par le Che­
val noir et par le Cheval pâle, qui sortir du Livre dont l'Agneau
ouvrait les sceaux. - Apoc. VI, 5 à 8. - Puis, par la B~te
montant de l'abîme, qui fit la guerre aux deux témoins et les
tua - XI, 7, et sui v. - Par le Dragon qui se tenait devant la
Femme sur le point d'accollche-,', pour dévorer son truit, et qui
la pout'suivit dans le désert, et y jeta de sa gueule de l'eau
comme un fleuve, pour l'englou"tir. - XII. - Par les Bêtes du
dragon, l'une montant de la mer, et l'azùre de la terre. - XIII.
- Par les trois Esprits semblables à des grenouilles, qui sorti­
rent de la gueule da dragon, de la gueule de la bête, et de ta
bouche du faux prophète. - XVI, 13. - Et en outre par ces
passages-ci : « Après que tes sept anges eut'ent versé les coûpes
de ta colère de Dieu, dans lesquet!es étaient les sept dernières
ptaies, sur la terre, sur ta mer,sur tes fontaines et.les fleuves,.