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ISBN 92-64-01963-4
COOPÉRATION POUR LE DÉVELOPPEMENT – RAPPORT 2003
Efforts et politiques des membres du Comité d’aide
au développement – Volume 5-1
© OCDE 2004

Chapitre 3

Progrès accomplis vers les Objectifs


du millénaire pour le développement 1

La Déclaration du millénaire est venue sanctionner haut et fort les travaux


précédemment menés au sein du CAD en vue de définir sept objectifs internationaux
de développement, travaux qui avaient débouché en 1996 sur la publication du
rapport intitulé « Le rôle de la coopération pour le développement à l’aube du
XXIe siècle ». Le présent chapitre apporte des éléments d’information sur les progrès
accomplis vers les objectifs et cibles chiffrés de développement préconisés dans la
Déclaration, en mettant plus particulièrement l’accent sur les aspects des OMD
renvoyant à l’égalité entre hommes et femmes. Il se clôt par un exposé des efforts
déployés dans le cadre du CAD pour améliorer l’efficacité de l’aide et donner suite à
la Déclaration de Rome sur l’harmonisation.

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3. PROGRÈS ACCOMPLIS VERS LES OBJECTIFS DU MILLÉNAIRE POUR LE DÉVELOPPEMENT

Introduction
Trois ans après la tenue du Sommet du Millénaire des Nations Unies, les Objectifs du
millénaire pour le développement (OMD) continuent de fournir un cadre sans précédent
dans lequel inscrire le partenariat entre pays développés et en développement. Divers autres
organes, notamment l’Union africaine et le G8, y ont depuis lors adhéré en les raccordant aux
obligations mutuelles de comptes définies dans le Consensus de Monterrey. Grâce aux OMD,
tous les partenaires au développement ont pu situer leurs activités par rapport à un cadre
commun et renforcer la cohérence et l’efficacité des efforts qu’ils déploient au niveau des
pays. Les Nations Unies ont également lancé une « campagne en faveur des Objectifs du
millénaire pour le développement », qui vise mieux les faire connaître et à mobiliser un
appui mondial en leur faveur, un processus prévoyant l’établissement de rapports nationaux
sur les progrès accomplis dans la réalisation de ces objectifs, et un projet du millénaire, qui
réunit des centaines de décideurs, praticiens et experts pour étudier les moyens qui s’offrent
d’accélérer et de pérenniser les avancées obtenues.
Les progrès rapides accomplis dans certains pays prouvent que les OMD, aussi
ambitieux soient-ils, sont réalisables. Le soutien politique et financier croissant accordé au
cours de l’année écoulée à des priorités cruciales, en particulier la lutte contre le VIH/sida,
montre clairement qu’il est possible de mobiliser des moyens pour répondre à des défis
particuliers d’envergure mondiale, sous réserve que soit présente la volonté politique. Cela
dit, à l’évidence, si les tendances actuelles se poursuivent, la plupart des OMD risquent de
ne pas être atteints, loin de là, en 2015 dans certaines régions du monde (la liste des huit
objectifs et dix-huit cibles est fournie dans l’encadré 3.1). Comme le souligne le Secrétaire
général des Nations Unies dans son rapport, « Dans un contexte de faiblesse relative de
l’économie mondiale, l’appui politique et financier actuellement fourni à ces régions
moins privilégiées est nettement inférieur à ce qu’il devrait être pour que les objectifs
puissent être atteints. De nombreux pays développés ne tiennent pas certains
engagements extrêmement importants, notamment dans des domaines comme le
commerce. Il faudra donc que les dirigeants politiques prennent de toute urgence les
mesures nécessaires au cours des douze prochains mois si l’on veut éviter de nouveaux
reculs et progresser plus rapidement ».
Ainsi qu’il ressort des données synthétiques présentées dans le tableau 3.1, pour
chaque objectif on observe des signes encourageants de progrès dans certaines régions en
même temps que des indices inquiétants de stagnation, voire de régression, dans d’autres.
L’annexe détaillée jointe au rapport des Nations Unies met également en évidence la
nécessité de renforcer considérablement la capacité des pays de fournir des statistiques
fiables permettant un suivi des tendances, indispensable pour prendre la juste mesure des
besoins et des accomplissements (voir l’encadré 3.2).

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3. PROGRÈS ACCOMPLIS VERS LES OBJECTIFS DU MILLÉNAIRE POUR LE DÉVELOPPEMENT

Encadré 3.1. Objectifs du millénaire pour le développement (OMD)


Objectifs et cibles tirés de la Déclaration du Millénaire
Objectif 1: Éliminer l’extrême pauvreté et la faim
Cible 1 : Réduire de moitié, entre 1990 et 2015, la proportion de la population dont le revenu
est inférieur à un dollar par jour
Cible 2 : Réduire de moitié, entre 1990 et 2015, la proportion de la population qui souffre de la faim
Objectif 2 : Assurer une éducation primaire pour tous
Cible 3 : D’ici à 2015, donner à tous les enfants, garçons et filles, partout dans le monde, les
moyens d’achever un cycle complet d’études primaires
Objectif 3 : Promouvoir l’égalité des sexes et l’autonomisation des femmes
Cible 4 : Éliminer les disparités entre les sexes dans les enseignements primaire et secondaire
d’ici à 2005 si possible et à tous les niveaux de l’enseignement en 2015 au plus tard
Objectif 4 : Réduire la mortalité des enfants de moins de 5 ans
Cible 5 : Réduire de deux tiers, entre 1990 et 2015, le taux de mortalité des enfants de moins de 5 ans
Objectif 5 : Améliorer la santé maternelle
Cible 6 : Réduire de trois quarts, entre 1990 et 2015, le taux de mortalité maternelle
Objectif 6 : Combattre le VIH/sida, le paludisme et d'autres maladies
Cible 7 : D’ici à 2015, avoir stoppé la propagation du VIH/sida et commencé à inverser la
tendance actuelle
Cible 8 : D’ici à 2015, avoir maîtrisé le paludisme et d’autres grandes maladies, et avoir
commencé à inverser la tendance actuelle
Objectif 7 : Assurer un environnement durable
Cible 9 : Intégrer les principes du développement durable dans les politiques nationales et
inverser la tendance actuelle à la déperdition des ressources environnementales
Cible 10 : Réduire de moitié, d’ici à 2015, le pourcentage de la population qui n’a pas accès de façon
durable à un approvisionnement en eau potable salubre et à des services d’assainissement de base
Cible 11 : Réussir, d’ici à 2020, à améliorer sensiblement la vie d’au moins 100 millions
d’habitants de taudis
Objectif 8 : Mettre en place un partenariat mondial pour le développement
Cible 12 : Poursuivre la mise en place d’un système commercial et financier multilatéral ouvert,
fondé sur des règles, prévisible et non discriminatoire. Cela suppose un engagement en faveur d’une
bonne gouvernance, du développement et de la lutte contre la pauvreté, aux niveaux tant national
qu’international
Cible 13 : S’attaquer aux besoins particuliers des pays les moins avancés. La réalisation de
cette cible suppose l’admission en franchise et hors contingents des produits exportés par les
pays les moins avancés ; l’application du programme renforcé d’allégement de la dette des PPTE
et l’annulation des dettes publiques bilatérales ; et l’octroi d’une APD plus généreuse aux pays
qui démontrent leur volonté de lutter contre la pauvreté
Cible 14 : Répondre aux besoins particuliers des petits États insulaires en développement (en appli-
quant le Programme d’action pour le développement durable des petits États insulaires en dévelop-
pement et les conclusions de la vingt-deuxième session extraordinaire de l’Assemblée générale)
Cible 15 : Traiter globalement le problème de la dette des pays en développement, par des
mesures d’ordre national et international propres à rendre leur endettement viable à long terme
Cible 16 : En coopération avec les pays en développement, formuler et appliquer des stratégies
qui permettent aux jeunes de trouver un travail décent et utile
Cible 17 : En coopération avec l’industrie pharmaceutique, rendre les médicaments essentiels
disponibles et abordables dans les pays en développement
Cible 18 : En coopération avec le secteur privé, faire en sorte que les avantages des nouvelles techno-
logies, en particulier des technologies de l’information et de la communication, soient accordés à tous
Les Objectifs du millénaire pour le développement et les cibles correspondantes sont tirés de la
Déclaration du Millénaire qu’ont signée 189 pays, dont 147 représentés par leur chef d’État, en
septembre 2000 (www.un.org/documents/ga/res/55/a55r002.pdf – A/RES/55/2). Les objectifs et les cibles
sont étroitement liés et doivent être considérés comme formant un tout. Ils représentent un parte-
nariat entre les pays en développement et les pays développés, tous résolus, comme il est dit dans
la Déclaration du Millénaire, à « créer – aux niveaux tant national que mondial – un climat propice
au développement et à l’élimination de la pauvreté ».

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Tableau 3.1. Vue d’ensemble des progrès vers les Objectifs du millénaire pour le développement
Régions en Années Régions auxquelles
Objectifs et Cibles fixés pour 2015
développement d’écart par il reste le plus à faire
Indicateur
rapport à Objectif
Ensemble des pays en développement sauf indication contraire 1990 2000 l’objectif 2000
pour 2015

C1. Réduire de moitié la pauvreté monétaire (pays à revenu faible et intermédiaire) 29.6 23.21 +2 ASS 49.01 23.7 % de la population vivant avec moins de 1 USD par jour
C2. Réduire de moitié l’incidence de la faim 33 28 –2 ACS 47 26 % d’enfants de moins de 5 ans souffrant d’insuffisance pondérale
C3. Assurer une éducation primaire pour tous 79.8 82.12 –7 ASS 57.72 100 Taux net de scolarisation dans le primaire
C4. Promouvoir l’égalité des sexes (échéance 2005) 0.83 0.872 –6 ACS 0.792 1 Rapport entre le nombre de filles et celui de garçons dans le primaire
C5. Réduire la mortalité infantile 102 90 –6 ASS 172 59 Taux de mortalité des enfants de moins de 5 ans pour 1 000 naissances
C6. Améliorer la santé maternelle 42 52 n.d. ASS 920 230 Monde : % de naissances assistées ; ASS : nombre de décès maternels pour
100 000 naissances
C7. Combattre le VIH/sida n.d. 1.43 ASS 8.53 % de personnes de 15-49 ans infectées par le VIH
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C8. Combattre le paludisme n.d. 166 ASS 791 Nombre de décès d’enfants de moins de 5 ans pour 100 000 enfants de 0 à 4 ans
C8. Combattre la tuberculose n.d. 314 ACS 47 Nombre de décès pour 100 000 habitants
C9. Préserver les forêts 28.1 26.8 ASE –11.35 Monde : % de terres couvertes de forêts ; ASE : % de réduction des superficies forestières
entre 1990 et 2000
C9. Promouvoir l’efficacité énergétique (pays à revenu faible et intermédiaire) 325 249 ASS 341 Kg équivalent-pétrole nécessaires à la production de 1 000 USD de PIB
C10. Réduire de moitié la part de la population (zones urbaines) 92 92 –10 Océanie 76 94 % de la population ayant un accès à une meilleure eau
n’ayant pas accès à l’eau salubre (zones rurales) 60 69 –4 Océanie 40 66 % de la population ayant un accès à une meilleure eau
C10. Réduire de moitié la part de la population (zones urbaines) 70 77 –4 L’Est asiatique 70 78 % de la population ayant un accès à un meilleur assainissement
n’ayant pas accès à l’assainissement de base (zones rurales) 21 35 –5 ACS 25 56 % de la population ayant un accès à un meilleur assainissement
O8. Accroître l’aide (CAD) 0.33 0.233 APD en % du RNB des donneurs
O8. Privilégier les services sociaux de base (CAD) 96 152 % de l’APD allant à l’éducation de base, la santé primaire, la nutrition, l’eau
et l’assainissement
O8. Admettre davantage d’importations en franchise de droits (OCDE) 54.87 65.74 % d’importations (hors armes) venant des pays en développement admis en franchise
de droits
O8. Réduire les subventions agricoles (OCDE) 1.9 1.23 Aides à l’agriculture en % du PIB
C15. Assurer un allègement durable de la dette (PPTE) 418 Montant cumulé en milliards d’USD
C16. Élaborer des stratégies en faveur de l’emploi des jeunes (monde) 10.09 10.41 MOAN 26.21 % de personnes de 15-24 ans sans emploi
C17. Assurer l’accès aux médicaments essentiels pour un prix abordable 5310 651 ACS 441 % de la population y ayant accès
3. PROGRÈS ACCOMPLIS VERS LES OBJECTIFS DU MILLÉNAIRE POUR LE DÉVELOPPEMENT

C18. Étendre les bienfaits des nouvelles technologies 2.4 20.83 ASS 5.53 Nombre de téléphones pour 100 habitants
Note : Sigles désignant les régions : ASS – Afrique subsaharienne ; ACS – Asie centrale et du Sud ; ASE – Asie du Sud-Est ; MOAN – Moyen-Orient et Afrique du Nord.
1. 1999.
2. 2000-2001.
3. 2002.
4. 2001.
5. % de variation entre 1990 et 2000.
6. 1996-97.
7. 1996.
8. 2003.
9. 1995.
10. 1987.
Source : OCDE.

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3. PROGRÈS ACCOMPLIS VERS LES OBJECTIFS DU MILLÉNAIRE POUR LE DÉVELOPPEMENT

Encadré 3.2. PARIS21 : de la modélisation à la mesure des résultats


Du fait qu’y sont fournies des estimations à l’échelle mondiale et régionale, les rapports
annuels sur les progrès accomplis vers les Objectifs du millénaire pour le développement (OMD)
ne donnent pas la mesure de la pauvreté des données chiffrées disponibles à l’échelon national. En
fait, pour une grande partie des variables requises, les informations existantes, lorsqu’il en
existe, sont de qualité médiocre, et les lacunes sont comblées par des chiffres établis par les
organismes internationaux à partir de modèles imparfaits. Il est urgent de doter les pays en
développement de capacités statistiques durables pour le suivi de la réalisation des objectifs,
autrement dit de passer de la modélisation à la mesure des résultats. Le but, auquel souscrit la
communauté internationale, est en l’occurrence de mettre en place ce genre de capacités dans
quasiment tous les pays de telle sorte que le rapport approfondi qui doit être établi en 2010 sur
les avancées obtenues vers les OMD puisse s’appuyer sur des données produites à l’échelon local
pour récapituler et anticiper les évolutions observées et à escompter dans les différents pays.
Une première étape consistera à élaborer, d’ici 2006, des plans nationaux de développement
statistique – qui seront intégrés dans les stratégies nationales de développement (CSLP
notamment) – pour tous les pays en développement. Tel est l’objectif poursuivi par PARIS21*,
initiative dans le cadre de laquelle les membres du CAD et d’autres organismes donneurs
s’emploient ensemble à remédier au sous-investissement chronique dont souffrent les
statistiques dans les pays en développement.
Partenariat statistique au service du développement à l’aube du XXIe siècle – www.paris21.org

Avancées obtenues vers les objectifs


Objectif 1 – Éliminer l’extrême pauvreté et la faim
La réalisation de la plupart des OMD est largement tributaire de l’extension aux pauvres
des bienfaits de la croissance. Il faudrait que le revenu par habitant progresse d’au moins 3 %
par an pour que la pauvreté recule à rythme suffisant pour que soit atteint l’objectif
consistant à réduire de moitié la proportion de la population disposant de moins d’un dollar
par jour pour vivre. Or les taux de croissance enregistrés ces derniers temps sont bien
inférieurs à ce chiffre, et c’est dans les pays en développement que la croissance s’est le plus
ralentie depuis l’adoption de la Déclaration du Millénaire. La croissance annuelle moyenne
du revenu par habitant, qui y avoisinait 2.8 % dans les années 90, y est tombée à 1.6 %
seulement pour la période 2001 à 2003 ; qui plus est, en Afrique subsaharienne elle n’a pas
dépassé 0.7 % et en Amérique latine elle a même été négative, de près de 1 % par an.
Constatation plus encourageante, la tendance à la baisse observée dans les pays en
transition au cours des années 90 s’est inversée cédant vraisemblablement la place à une ère
de croissance soutenue à moyen terme.
Globalement, il y a de bonnes chances que l’extrême pauvreté puisse être réduite de
moitié d’ici 2015 à l’échelle mondiale. Cependant, cela tient pour beaucoup aux progrès
enregistrés en Chine et en Inde, les deux pays les plus peuplés du monde. En effet, la Chine
avait déjà presque réussi à diminuer de moitié la proportion de sa population vivant dans
l’extrême pauvreté au cours des années 90 et l’Inde est en bonne voie d’y parvenir
pour 2015. Lorsqu’on se place au niveau national, par contre, la situation est nettement
plus alarmante, les taux de pauvreté ayant augmenté au cours des années 90 dans 37 des
67 pays pour lesquels on dispose de données. Il est néanmoins encore possible pour la
plupart de ces pays d’atteindre l’objectif. Plusieurs pays d’Afrique subsaharienne, par
exemple, dont le Cap-Vert, Maurice, le Mozambique et l’Ouganda, ont enregistré des taux
de croissance supérieurs au seuil de 3 % par habitant.

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3. PROGRÈS ACCOMPLIS VERS LES OBJECTIFS DU MILLÉNAIRE POUR LE DÉVELOPPEMENT

Ces variations régionales et nationales se retrouvent également au niveau des autres


cibles. S’il est vrai que la plupart des pays ont remporté des succès importants dans la lutte
contre la faim au cours des années 90, il demeure inacceptable qu’en cette période de
surproduction alimentaire à l’échelle mondiale, la proportion d’enfants présentant une
insuffisance pondérale atteigne encore près de 50 % en Asie centrale et du Sud et en
Afrique subsaharienne.

Objectif 2 – Assurer une éducation primaire pour tous


Si les taux d’instruction primaire ont continué d’augmenter, le monde dans son
ensemble n’en accuse pas moins un retard de sept ans par rapport à la situation qui devrait
prévaloir, compte tenu de la baisse continue, depuis 1990, des taux jusqu’alors élevés de
scolarisation observés en Asie orientale et de l’augmentation négligeable des faibles taux
de scolarisation enregistrés en Afrique subsaharienne. Toutefois, là encore, l’exemple de
certains pays apporte la preuve éclatante des avancées rapides qu’on peut obtenir en
faisant de l’éducation une priorité ainsi qu’en adoptant des politiques judicieuses et en
affectant à ce secteur les ressources voulues, à la hauteur des engagements pris. Durant les
années 90, le Bénin est ainsi parvenu à relever son taux de scolarisation dans le primaire,
et le Mali son taux d’achèvement du primaire, de plus de 20 points de pourcentage. Le
Malawi et l’Ouganda ont également affiché des progrès considérables dans les années 90,
tout comme le Kenya en 2003. Des avancées de cette ampleur à l’échelle régionale
constitueraient un grand pas dans la bonne direction.

Objectif 3 – Promouvoir l’égalité des sexes et l’autonomisation des femmes


Des progrès ont certes été accomplis vers l’égalité entre les sexes dans
l’enseignement, mais en 2001 la situation moyenne observée à l’échelle mondiale était
celle qui aurait dû prévaloir six ans plus tôt pour qu’on puisse prétendre parvenir à l’égalité
entre les sexes dans l’enseignement primaire pour 2005, de sorte que cet objectif ne sera
pas atteint. Par ailleurs, la part des femmes dans l’emploi salarié non agricole a certes
progressé de 10 points de pourcentage dans les années 90 en Afrique subsaharienne, mais
elle a fléchi au Moyen-Orient et en Afrique du Nord. Quant à la part des sièges détenus par
des femmes au parlement, après n’avoir pas bougé au cours des années 90 elle a
légèrement augmenté depuis lors, de 11.9 à 13.5 %, dans toutes les régions à l’exception de
l’Océanie. Une analyse plus détaillée des aspects des OMD en rapport avec l’égalité
homme-femme est fournie dans l’encadré 3.3.

Objectif 4 – Réduire la mortalité des enfants


Malgré les grandes avancées observées depuis 1990 au niveau de la santé des enfants
dans les pays en développement, près de 11 millions d’enfants meurent encore chaque
année avant d’avoir atteint leur cinquième anniversaire, pour la plupart de maladies
faciles à éviter ou à traiter. Certaines régions se sont bien rapprochées de la cible, à savoir
réduire des deux tiers pour 2015 le taux de mortalité de cette catégorie de la population,
tandis qu’en Afrique subsaharienne la situation n’a pas changé de façon significative
entre 1990 et 2001 et qu’en Asie centrale et du Sud, en Asie occidentale et en Océanie les
progrès restent trop lents. A l’échelle mondiale, les chiffres accusent un retard de six par
rapport à ce qu’ils auraient dû être pour la cible soit atteinte. Alors que dans les pays
développés 91 % des enfants d’un an sont vaccinés contre la rougeole – maladie

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3. PROGRÈS ACCOMPLIS VERS LES OBJECTIFS DU MILLÉNAIRE POUR LE DÉVELOPPEMENT

Encadré 3.3. Problématique homme-femme et OMD*


« Il n’y a pas de temps à perdre si nous voulons atteindre les Objectifs de développement du millénaire
d’ici à 2015 comme prévu. Ce n’est qu’en misant sur les femmes du monde entier
que nous pouvons espérer y parvenir »
Kofi Annan, Secrétaire général des Nations Unies
Que signifie promouvoir l’égalité des sexes et l’autonomisation des femmes ?
● Faire en sorte que les filles comme les garçons aient la possibilité d’aller à l’école.
● Mesurer la progression du taux d’alphabétisation des femmes.
● Accroître les moyens d’expression et la représentation des femmes dans les processus de
politique publique et de décision.
● Améliorer les perspectives d’emploi des femmes.

Comment sont mesurés les progrès accomplis ?


A l’objectif 3 sont associés trois indicateurs : i) le taux d’alphabétisation des femmes, ii) la proportion de femmes travaillant dans les
secteurs autre que l’agriculture, et iii) le pourcentage de sièges détenus par des femmes au parlement de leur pays. La prise en compte
des indicateurs ii) et iii) atteste que, même si cela constitue un pas important dans la voie de l’égalité entre hommes et femmes, assurer
l’égalité d’accès à l’éducation n’est en aucun cas suffisant.
La réalisation de l’objectif 3 est aussi assujettie à l’obtention d’avancées au regard de toutes
les autres cibles des OMD. Pour que ces dernières soient atteintes, il est essentiel d’opérer un
suivi des écarts et disparités entre sexes observés au niveau de chacun des autres OMD et des
indicateurs qui y sont associés.
Quelle place est faite à la problématique homme-femme dans les rapports nationaux
concernant les OMD ?
D’un récent examen auquel a procédé le PNUD d’un ensemble de rapports sur les OMD afin de
voir la place qui y est faite aux considérations d’égalité entre les sexes, il ressort que celles-ci ne
sont systématiquement abordées qu’à propos de l’objectif 3, pour lequel l’attention porte surtout
sur l’indicateur relatif à l’éducation et beaucoup moins sur les deux autres. Des informations sont
également fournies sur l’objectif 5 (mortalité maternelle) et l’objectif 6 (VIH/sida), qui présentent
tous deux un lien avec l’égalité homme-femme. Si on ajoute à cela le fait que les femmes sont
totalement absentes des objectifs 7 (environnement) et 8 (coopération pour le développement), il
semble donc que les femmes soient toujours reléguées à leur rôle traditionnel de mères ou de
victimes, c’est-à-dire considérées comme des êtres vulnérables et non comme des acteurs du
développement.
Mesures à prendre
La nécessité de rendre compte de l’évolution, au niveau national, des indicateurs associés à
l’objectif 3 et aux autres cibles des OMD offre l’occasion aux partenaires d’élargir l’espace de
dialogue et de faire du respect des droits des femmes et de l’égalité entre les sexes l’affaire de
tous. Par ailleurs, les défenseurs de l’égalité entre les sexes et de l’émancipation des femmes
peuvent tirer parti de ce processus de notification pour appeler l’attention sur les inégalités
entre hommes et femmes et réclamer un action plus vigoureuse des pouvoirs publics à l’appui
de l’égalité des sexes.
Dans son étude, le PNUD recommande que, pour tous les objectifs et cibles, soient fournies des
données ventilées par sexe et des informations qualitatives sur les problèmes fondamentaux d’égalité entre
hommes et femmes afin que la problématique homme-femme devienne un axe central des rapports sur les
OMD. S’ensuivent d’autres recommandations, dont les suivantes :
● Associer des groupes de femmes et des spécialistes de la problématique homme-femme aux
consultations sur les divers objectifs de telle sorte que les considérations d’égalité entre les
sexes soient intégrées dans les rapports sur les OMD.
● Rassembler des informations qualitatives sur des aspects essentiels comme la pauvreté et la
santé au moyen de méthodologies rapides et participatives.
● Soumettre les projets de rapports pour commentaires à des spécialistes indépendants des
questions d’égalité entre hommes et femmes qui connaissent bien le pays.
● Sensibiliser les statisticiens chargés de collationner et de traiter les données destinées aux
rapports sur les OMD.

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3. PROGRÈS ACCOMPLIS VERS LES OBJECTIFS DU MILLÉNAIRE POUR LE DÉVELOPPEMENT

Encadré 3.3. Problématique homme-femme et OMD* (suite)


● Élaborer des bases de données communes au niveau des pays et se servir de ces données pour
la préparation des rapports nationaux.
● Mettre en évidence dans ces rapports les aspects de chaque OMD renvoyant à la
problématique homme-femme.
● Assurer une formation aux équipes chargées de l’établissement des rapports nationaux et
leur fournir des conseils pratiques et des outils pour la prise en compte des considérations
d’égalité entre les sexes.
Le contenu de cet encadré s’inspire de deux documents : Gender Equality and the Millennium
Development Goals, brochure d’information publiée en 2003 par la Banque mondiale et fruit d’une
collaboration entre cette dernière, le PNUD, l’UNIFEM, le FNUAP et le GENDERNET de l’OCDE/
CAD, et Millennium Development Goals – National Reports: A look through a gender lens, du PNUD.

extrêmement dangereuse pour les enfants – en Afrique subsaharienne et en Asie centrale


et du Sud, seulement 60 % environ le sont, chiffre quasiment identique à celui de 1990.

Objectif 5 – Améliorer la santé maternelle


Il reste impossible d’apprécier de manière fiable les évolutions intervenant en matière
de santé maternelle dans les pays en développement. Cela dit, très peu nombreux sont
ceux où la situation semble s’être suffisamment améliorée pour que soit atteinte la cible
consistant à réduire des trois quarts pour 2015 le taux de mortalité maternelle, et les
différences entre régions demeurent énormes. Les femmes courent 175 fois plus de risques
de mourir pendant l’accouchement en Afrique subsaharienne que dans un pays
développés, et 20 à 60 fois plus en Asie (exception faite de l’Asie de l’Est) et en Océanie. Une
mère sur trois seulement bénéficie de l’assistance d’une personne qualifiée lors de
l’accouchement en Asie centrale et du Sud, et deux sur cinq en Afrique subsaharienne.

Objectif 6 – Combattre le VIH/sida, le paludisme et d’autres maladies


L’absence de progrès vers une inversion du rythme de propagation du VIH/sida, du
paludisme et de la tuberculose est source de grandes préoccupations. Le VIH/sida a déjà eu
des effets dévastateurs au plan économique et social en Afrique subsaharienne et, dans
une moindre mesure, dans les Caraïbes. Le taux de prévalence du paludisme a également
fortement augmenté depuis les années 70, la résistance croissante de l’infection aux
médicaments existants et des moustiques aux pesticides disponibles rendant encore plus
difficiles le traitement et la prévention. Selon les meilleures estimations, la prévalence de
la tuberculose serait elle aussi en hausse.
Des améliorations rapides sont pourtant possibles comme en témoignent certains
exemples. C’est ainsi que la Thaïlande est parvenue à contenir la pandémie de sida par une
vigoureuse campagne de prévention engagée depuis 1990 et l’Ouganda à faire baisser les
taux d’infection par le VIH pendant huit ans de suite au cours des années 90, et que la
Zambie pourrait bientôt devenir le deuxième pays d’Afrique où le taux de propagation de
la maladie, actuellement critique, commence à reculer. Le Sénégal et le Cambodge ont eux
aussi réussi à contenir la propagation du VIH. En outre, dans certains pays, la mise en place
d’un programme peu coûteux de traitement systématique de la tuberculose permettrait
vraisemblablement de réduire considérablement la prévalence de cette maladie.

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3. PROGRÈS ACCOMPLIS VERS LES OBJECTIFS DU MILLÉNAIRE POUR LE DÉVELOPPEMENT

Les efforts déployés dans ce domaine mobilisent aujourd’hui un soutien considérable


à l’échelon mondial, qui se manifeste à la fois par une multiplication sans précédent des
actions de promotion et des gestes politiques dans nombre des pays les plus touchés et par
un souci nouveau de lever des ressources internationales. Le Fonds mondial pour la lutte
contre le VIH/sida, la tuberculose et le paludisme bénéficie d’un appui croissant mais les
engagements financiers qu’il a reçus demeurent insuffisants. De leur côté, les fondations
privées soutiennent les efforts déployés en matière de recherche, de traitement et de
prévention, tandis que certaines sociétés pharmaceutiques offrent désormais des
médicaments à des prix fortement minorés et qu’un nombre croissant de pays sont en
mesure d’approvisionner leur population en médicaments génériques peu chers. En
redoublant d’efforts maintenant, on devrait pouvoir parvenir d’ici 2015 à stopper la
propagation du VIH/sida et commencer à inverser la tendance actuelle ainsi qu’à maîtriser
le paludisme et d’autres grandes maladies.

Objectif 7 – Assurer un environnement durable


Pour ce qui est de l’objectif consistant à assurer un environnement viable, on constate,
là encore, des progrès sur certains fronts et une absence de progrès sur d’autres. La
consommation mondiale de chlorofluorocarbones, substances qui appauvrissent la couche
d’ozone, a fortement baissé, sous l’effet principalement de la réduction observée dans les
pays développés, gros utilisateurs de ces gaz, mais également du recul de près de moitié
constatée dans les pays en développement depuis 1995. Dans d’autres domaines, la situation
est toutefois moins encourageante. C’est ainsi que la croissance démographique,
l’urbanisation, l’agriculture et la forte demande de bois de qualité ont entraîné, entre autres
choses, une diminution de la part des terres couverte par des forêts. Dans les régions en
développement, cette part est tombée de 28.1 % en 1990 à 26.8 % en 2000. Le Sommet
mondial sur le développement durable, tenu à Johannesburg en 2002, a contribué à recentrer
l’attention de la communauté internationale sur ces questions essentielles et à mieux faire
ressortir le lien entre préservation de l’environnement et réduction de la pauvreté.

Eau salubre et assainissement


Le Sommet de Johannesburg a également débouché sur un objectif précis en matière
d’assainissement – réduire de moitié pour 2015 le pourcentage de la population qui n’a pas
accès à des services d’assainissement de base – lequel a été intégré dans la cible 10 des OMD.
Or, le rythme des progrès réalisés sur ce front au cours des années 90 a été inférieur de moitié
à peu près à ce que nécessite la réalisation de cet objectif, de sorte qu’actuellement 35 %
seulement de la population rurale des pays en développement, et un quart seulement de
celle d’Asie centrale et du Sud, ont accès à de tels services. Les avancées obtenues dans la
réalisation de la cible connexe renvoyant à l’accès à une eau salubre ont elles aussi été lentes
dans les zones rurales, où un ménage sur trois n’a toujours pas accès à une eau salubre, et
inexistantes dans les zones urbaines, où le taux d’accès stagne à 92 %. La concrétisation de
l’objectif impliquerait d’assurer l’approvisionnement en eau de 254 000 personnes
supplémentaires par jour jusqu’en 2015.

Objectif 8 – Mettre en place un partenariat mondial pour le développement


L’objectif 8 est centré sur la cohérence des politiques – compte tenu de la place qu’il fait
à l’aide, aux échanges et à l’allégement de la dette – et sur la responsabilité mutuelle – du fait
qu’il appelle un engagement en faveur de la bonne gouvernance, du développement et de la

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04 Chap 3.fm Page 66 Friday, March 12, 2004 2:19 PM

3. PROGRÈS ACCOMPLIS VERS LES OBJECTIFS DU MILLÉNAIRE POUR LE DÉVELOPPEMENT

lutte contre la pauvreté, aux niveaux tant national qu’international. Comme le note le
Secrétaire général des Nations Unies dans son rapport : « Il n’est pas exagéré de dire que le
succès ou l’échec des Objectifs du millénaire pour le développement dépend de la question
de savoir si les pays développés honoreront leurs engagements dans ces domaines. » Il
incite ensuite l’OCDE à fixer une date butoir pour la concrétisation de ces promesses,
comparable à celle de 2015 retenue pour les sept premiers objectifs.
Bien qu’il ne soit pas fait référence aux femmes dans l’objectif 8, celui-ci n’en offre pas
moins un certain nombre de points d’ancrage à une action en faveur de l’égalité entre les
sexes. On peut notamment s’appliquer à faire en sorte qu’une plus grande place soit
accordée aux considérations d’égalité entre hommes et femmes dans les stratégies
nationales de lutte contre la pauvreté et veiller à ce que les femmes profitent autant que
les hommes du surplus de ressources induit par l’accroissement des apports d’APD, les
allégements de dette et l’augmentation des entrées de capitaux privés résultant de la plus
grande équité du commerce international. On peut aussi s’employer à garantir que
l’ouverture des marchés vaut aussi bien pour les femmes que pour les hommes et à assurer
la durabilité des bienfaits des échanges du point de vue de l’égalité entre hommes et
femmes. Une Équipe spéciale interorganisation sur la parité et le commerce, gérée par la
CNUCED, a d’ailleurs été récemment créée pour étudier ces questions, et d’autres, en
rapport avec l’égalité des sexes et les échanges. Grâce à cette équipe spéciale sont
désormais menés des travaux de recherche et d’analyse, des activités de renforcement des
capacités et des actions de sensibilisation. On ne peut que s’en féliciter compte tenu de la
pauvreté des données économétriques et analytiques existantes sur la composition par
sexe de la population active au niveau sectoriel et sur la répartition des tâches entre les
sexes dans les différents secteurs, et par conséquent sur la réceptivité probable des
travailleurs d’un côté et des travailleuses de l’autre à une réforme commerciale. Il faut
espérer que, dans les évaluations par pays qu’elle réalise dans le cadre de son Mécanisme
d’examen des politiques commerciales, l’OMC pourra ainsi intégrer des estimations de la
répartition entre hommes et femmes des gains et pertes de revenu et d’emploi à escompter
de l’expansion des échanges ainsi qu’une analyse des mesures indispensables pour qu’à
terme celle-ci profite aux femmes.
Le cycle de Doha, dit du développement, a constitué un premier pas prometteur dans
la réalisation de l’objectif 8 en mettant les intérêts et les besoins des pays en
développement au centre des négociations commerciales de l’OMC. L’accord conclu sur un
mécanisme autorisant les pays en développement qui n’ont pas les moyens de produire
des médicaments génériques, peu coûteux, à en importer de pays qui le peuvent en est un
autre. Il faut maintenant s’assurer que les pays en développement reçoivent bien l’aide
dont ils ont besoin pour utiliser ce mécanisme de sorte que les médicaments parviennent
effectivement aux millions de personnes qui souffrent et meurent encore (comme le
montre le tableau 3.1, le pourcentage de personnes bénéficiant d’un accès durable à des
médicaments d’un prix abordable est globalement passé de 53 % en 1987 à 65 % en 1999
mais reste inférieur à 50 % en Asie centrale et du Sud).
L’impasse sur laquelle a débouché la réunion ministérielle de l’OMC à Cancún, au
Mexique, constitue par contre un revers, et il est urgent de relancer les négociations.
D’après les estimations de la Banque mondiale2 la réduction des obstacles aux échanges
dans les pays riches comme dans les pays pauvres pourrait accroître de 350 milliards USD
le revenu du monde en développement – ce qui donne une idée de la hauteur des enjeux
associés au cycle de Doha sur le développement. De son côté, le rapport des Nations Unies

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3. PROGRÈS ACCOMPLIS VERS LES OBJECTIFS DU MILLÉNAIRE POUR LE DÉVELOPPEMENT

appelle les pays développés à « convenir d’améliorer notablement l’accès aux marchés en
réduisant ou en éliminant les droits de douane élevés et les obstacles non tarifaires qu’ils
opposent actuellement à de nombreuses exportations des pays en développement, et
consentir à éliminer progressivement plus de 300 milliards USD par an de subventions
qu’ils accordent actuellement à leurs agriculteurs, privant ainsi ceux des pays pauvres
d’une chance équitable de vendre leur production sur les marchés mondiaux ou leur
marché national ».
Quelques progrès ont été accomplis dans le domaine de l’allégement de la dette
durant l’année écoulée. Vingt-six pays ont maintenant atteint le point de décision dans le
cadre de l’Initiative en faveur des pays pauvres très endettés (PPTE) et entrepris d’intégrer
les allégements auxquels cela leur ouvre droit dans leurs stratégies et programmes de lutte
contre la pauvreté. En revanche, huit pays seulement, alors qu’on en escomptait 19,
avaient atteint le point d’achèvement à la mi-2003. L’expérience intéressante de l’Ouganda,
qui réinjecte les sommes dégagées par les allégements de dette dans l’enseignement
primaire, avec l’impact direct qui en résulte sur sa capacité d’atteindre les OMD, montre
combien il importe d’accélérer et d’élargir l’Initiative. Malheureusement, la forte chute
qu’ont subie ces derniers temps les cours de certains produits de base ces dernières années
a annihilé pour partie les bienfaits de l’Initiative PPTE, rendant nécessaires dans certains
cas des allégements complémentaires afin de maintenir le rapport endettement/
exportations en deçà de 150 %.
Le Consensus de Monterrey, adopté à la Conférence internationale sur le financement
du développement tenue en mars 2002, s’inscrit dans le prolongement direct de la
Déclaration du Millénaire. Il définit un nouveau cadre pour l’accomplissement des
obligations mutuelles en réaffirmant l’acceptation intégrale par les pays en
développement du principe voulant qu’ils soient responsable au premier chef de leur
propre développement, tout en soulignant l’importance décisive de l’aide apportée par les
pays développés (voir également, dans l’encadré 3.4, le Pacte du Millénaire pour le
développement proposé par le PNUD).
Les ressources intérieures demeurent le principal moteur du développement. Les
gouvernements des pays en développement et en transition doivent donc redoubler d’efforts
pour accroître les ressources qu’ils consacrent à leur développement et pour en assurer une
utilisation efficace. A cet effet, il est essentiel, dans de nombreux pays en développement,
d’améliorer les structures de gouvernance et l’administration publique. Il n’en reste pas moins
qu’un groupe de haut niveau sur le financement du développement placé sous la direction de
l’ancien Président mexicain Ernesto Zedillo est parvenu à la conclusion que, même à supposer
que les pays en développement adoptent des politiques judicieuses et utilisent au mieux leurs
ressources intérieures, un surplus d’aide d’au moins 50 milliards USD serait
vraisemblablement indispensable chaque année pour assurer la réalisation des OMD.
Après la Conférence de Monterrey, l’aide publique au développement (APD) a
recommencé d’augmenter, en 2002, alors qu’elle s’inscrivait sur une tendance à la baisse
depuis près d’une décennie. Le tableau 3.2 montre que, au vu des derniers chiffres
annoncés par les membres du CAD, un surplus d’APD de 19 milliards USD pourrait être
dégagé d’ici 2006 ; les apports, tout en étant de ce fait supérieurs de 32 % par rapport à leur
niveau de 2002, n’excéderaient toutefois pas 0.29 % du RNB des donneurs. De nombreux
donneurs risquent d’avoir du mal à honorer totalement ces engagements, en particulier
compte tenu de l’augmentation récente des déficits budgétaires. Quoi qu’il en soit, même

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04 Chap 3.fm Page 68 Friday, March 12, 2004 2:19 PM

3. PROGRÈS ACCOMPLIS VERS LES OBJECTIFS DU MILLÉNAIRE POUR LE DÉVELOPPEMENT

Encadré 3.4. Le Pacte du Millénaire pour le développement, un plan d’action


centré sur les pays qui ont le plus besoin d’aide
Extrait de la Vue d’ensemble du Rapport 2003 du PNUD sur le développement humain – voir
www.undp.org/hdr03_fr_overview.pdf
La communauté internationale doit se concentrer sur les pays qui ont les pires difficultés à se développer.
Sans changement de cap immédiat, ces derniers ne réaliseront certainement pas les Objectifs.
Pour dégager une croissance durable, ces pays doivent franchir des seuils élémentaires dans
plusieurs domaines clés : la gouvernance, la santé, l’éducation, l’infrastructure et l’accès aux
marchés. Si un pays reste en-deçà de ces seuils dans l’un de ces domaines, il risque de tomber
dans l’un des « pièges de la pauvreté ».
La plupart des pays absolument prioritaires et prioritaires1 s’efforcent de se hisser jusqu’à ces
seuils. Ils rencontrent pourtant des obstacles structurels profondément ancrés qu’ils auront du
mal à surmonter tout seuls. Ces obstacles sont les barrières aux marchés internationaux ainsi
qu’un endettement élevé, bien supérieur au service que les pays en question peuvent assurer
étant donné leur capacité d’exportation limitée. Autre handicap important : la taille et la situation
géographique. Parmi les autres limitations structurelles liées à la géographie, on peut citer des sols
peu fertiles, la vulnérabilité face aux chocs climatiques ou aux catastrophes naturelles et les
maladies endémiques telles que le paludisme. Mais la géographie n’est pas une fatalité. Ces
difficultés peuvent être surmontées si les politiques publiques sont adéquates. La modernisation
du réseau routier et des communications, ainsi qu’une intégration plus poussée avec les pays
voisins, peuvent améliorer l’accès aux marchés. Par ailleurs, des campagnes de prévention et de
traitement peuvent largement atténuer l’impact des pandémies.
Les conditions structurelles qui contribuent à plonger tout un pays dans le piège de la pauvreté
peuvent également pénaliser de larges pans de la population dans des pays par ailleurs
relativement prospères. Ainsi, en Chine, les régions continentales doivent s’accommoder d’un
plus grand éloignement des ports, d’une infrastructure nettement plus sommaire et d’un
environnement bien plus rude que les provinces côtières, qui battent depuis peu des records de
croissance. Réduire la pauvreté dans les régions pauvres nécessite d’adopter une politique
publique réorientant les moyens sur ces régions. La priorité des priorités consiste ici à accroître
l’équité, et pas seulement à favoriser la croissance économique.
Pour surmonter ces limitations d’ordre structurel, les pouvoirs publics doivent intervenir sur
plusieurs fronts à la fois, tout en bénéficiant d’un accroissement de l’aide extérieure. Six catégories
d’action devraient permettre aux pays les plus pauvres de se sortir du piège de la pauvreté :
● Investir rapidement et de manière ambitieuse dans les services d’éducation et de santé de
base, tout en s’attachant à l’égalité entre les sexes. C’est là une condition préalable à une
croissance économique durable. A son tour, la croissance créera des emplois et relèvera le
revenu, avec à la clé de nouvelles avancées dans l’instruction et la santé.
● Augmenter la productivité des petits exploitants agricoles travaillant dans un environnement
défavorable, qui représentent la majorité de l’humanité affamée.
● Améliorer l’infrastructure de base – ports, routes, énergie et communications – pour réduire
les coûts de transaction et s’affranchir des barrières géographiques.
● Élaborer une politique de développement industriel propice à l’activité des entreprises et à
une diversification de l’économie, qui doit cesser de dépendre des exportations de produits de
base, en associant activement les petites et moyennes entreprises à ces efforts.
● Promouvoir la gouvernance démocratique et les droits de l’homme afin de lutter contre les
discriminations, assurer la justice sociale et favoriser le bien-être de tous.
● Veiller au respect de l’environnement et à une saine gestion de l’urbanisme, afin que les
progrès du développement puissent être pérennisés.
Ces mesures partent du principe que, pour que les économies fonctionnent mieux, il faut tout
d’abord qu’un certain nombre de conditions soient réunies. Il est impossible de réduire la
dépendance vis-à-vis des exportations de produits primaires, par exemple, si la population
active ne peut pas être employée dans le secteur de la transformation faute de compétences.
La tâche qui attend les pays absolument prioritaires et prioritaires est trop immense pour qu’ils
s’y attaquent seuls. C’est d’autant plus vrai pour les plus pauvres d’entre eux, qui doivent
surmonter des obstacles singulièrement élevés, avec très peu de moyens. Sur ce point, le Pacte du
Millénaire pour le développement formule les choses sans ambiguïté. Les pays les plus pauvres
ont besoin d’injections significatives de capitaux extérieurs pour parvenir aux niveaux minimum
de développement humain. Mais il ne s’agit pas pour autant de demander un financement illimité aux

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3. PROGRÈS ACCOMPLIS VERS LES OBJECTIFS DU MILLÉNAIRE POUR LE DÉVELOPPEMENT

Encadré 3.4. Le Pacte du Millénaire pour le développement, un plan d’action


centré sur les pays qui ont le plus besoin d’aide (suite)
aux pays riches. Car ce Pacte ne cache pas non plus que les pays pauvres devront mobiliser leurs
ressources intérieures et renforcer leur politique et leurs institutions, combattre la corruption et
améliorer la gouvernance, autant d’étapes essentielles sur la voie du développement durable.
A moins d’adopter des plans de développement beaucoup plus ambitieux, ces pays ne rempliront pas les
Objectifs. Sur ce point, le Pacte préconise un nouveau principe. Les gouvernements des pays pauvres
et riches, ainsi que les institutions internationales, devraient commencer par se demander quels
sont les moyens nécessaires pour réaliser les Objectifs, plutôt que d’accepter que ce soient les
ressources limitées qui y sont actuellement affectées qui déterminent le rythme du développement.
Chaque pays, et particulièrement les pays absolument prioritaires et prioritaires, doivent
systématiquement dresser un diagnostic des moyens nécessaires pour parvenir aux Objectifs. Ce
diagnostic doit couvrir les initiatives que peuvent prendre les pouvoirs publics des pays pauvres,
comme la mobilisation des ressources budgétaires nationales, la réorientation des dépenses sur les
services de base, le recours au financement et à des experts privés et la réforme de la gouvernance
économique. Après tout cela, il restera encore un énorme besoin de financement, que les pouvoirs
publics doivent définir. Pour combler ce besoin, ils devront faire appel à la coopération technique et
financière des pays riches, notamment via le financement des coûts récurrents, un allègement de la
dette plus étendu et une intensification des transferts de technologies.
Suivre les avancées, et se fixer de nouveaux jalons.Les pays riches prennent de nombreux
engagements, mais la plupart du temps sans se fixer de délai ni chiffrer leurs ambitions. Si l’on
veut que le monde en développement réalise les Objectifs 1 à 7 d’ici 2015, les pays riches doivent
avancer dans des domaines critiques avant cette date, et s’imposer des dates butoirs, afin que l’on
puisse mesurer leurs progrès. Ce rapport les invite à se fixer des jalons pour :
● Augmenter l’aide publique au développement afin de combler les besoins de financement
(estimés à 50 milliards de dollars au moins).
● Élaborer des mesures concrètes de mise en œuvre de la Déclaration de Rome sur
l’harmonisation des pratiques des donateurs.
● Supprimer les droits de douane et les quotas sur les produits agricoles, le textile et les
vêtements exportés par les pays en développement.
● Lever les subventions sur les exportations de denrées en provenance des pays en développement.
● Créer et financer, à l’intention des PPTE, un fonds d’indemnisation en cas de chocs exogènes,
et notamment d’effondrement des cours des matières premières.
● Accepter et financer un surcroît d’allègement de la dette des PPTE qui ont atteint le point
d’achèvement, afin de rendre cet endettement supportable.
● Intégrer une protection et une rémunération des savoirs traditionnels à l’accord sur les
aspects des droits de propriété intellectuelle liés au commerce (ADPIC).
● S’entendre sur ce que les pays dépourvus de capacités manufacturières adéquates peuvent
faire pour protéger la santé publique dans le cadre de l’accord ADPIC.
De même que la population peut veiller à ce que son gouvernement tienne ses engagements, les
pays riches doivent superviser leurs propres progrès vers la réalisation de ces engagements. Ils
doivent rédiger des rapports d’avancement – contribuant à une stratégie mondiale de réduction de
la pauvreté – qui fixent les priorités de leur action2.
1. Le rapport du PNUD sur le développement huamin dénonmbre 59 pays absolument prioritaires et où la
réalisation de nombre des Objectifs est compromise, faute d’avancées et en raison de niveaux de départ
terriblement bas. C’est sur ces pays que l’attention et les ressources de la planète doivent se concentrer.
Dans les années quatre-vingt-dix, ces pays ont connu plusieurs types de crises :
● Pauvreté monétaire : les taux de pauvreté, déjà élevés, se sont accrus dans 37 pays sur les 67 pour lesquels
des données sont disponibles.
● Faim : dans 19 pays, plus d’une personne sur quatre souffre de la faim, et la situation ne s’améliore pas,
voire se détériore. Dans 21 pays, le pourcentage des personnes qui souffrent de la faim est en progression.
● Survie : dans 14 pays, la mortalité des enfants de moins de cinq ans s’est aggravée dans les années 90 et,
dans 7 pays, près d’un enfant sur quatre n’atteindra pas son cinquième anniversaire.
● Eau : dans 9 pays, où la situation stagne, voire se dégrade, plus d’une personne sur quatre n’a pas accès à l’eau
potable.
● Assainissement : dans 15 pays, où la situation stagne, voire empire, plus d’une personne sur quatre n’a pas
accès à une infrastructure sanitaire correcte.
2. Le Danemark a déjà établi un tel rapport et plusieurs autres membres du CAD prévoient de faire de même
en 2004, en adoptant un plan identique couvrant l’aide, les échanges, l’agriculture, la dette, les migrations,
l’investissement et l’environnement.

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04 Chap 3.fm Page 70 Friday, March 12, 2004 2:19 PM

3. PROGRÈS ACCOMPLIS VERS LES OBJECTIFS DU MILLÉNAIRE POUR LE DÉVELOPPEMENT

Tableau 3.2. Perspectives d’évolution de l’APD des membres du CAD après Monterrey :
dernières projections
Simulation des perspectives d’évolution de l’APD après Monterrey pour 2006

APD en termes réels en 2006


APD nette APD/RNB APD nette APD/RNB par rapport à 2002 (aux prix
Engagement récent/ Année
en 2002 en 2002 en 2006 en 2006 et taux de change de 2002)1
Annonce/hypothèse visée
(m USD) % (m USD) %
(m USD) %

Autriche 520 0.26 0.33 2006 728 0.33 208 40


Belgique 1 072 0.43 0.7 % (0.46 % en 2006) 2010 1 234 0.46 162 15
Danemark 1 643 0.96 > 0.7 % n.d. 1 531 0.83 –112 –7
Finlande 462 0.35 0.44 % 2007 598 0.42 136 29
France2 5 486 0.38 0.5 % (0.7 % en 2012) 2007 7 378 0.47 1 892 34
Allemagne 5 324 0.27 0.33 % 2006 7 099 0.33 1 775 33
Grèce 276 0.21 0.33 % 2006 515 0.33 239 86
Irlande2 398 0.40 0.7 % 2007 671 0.63 273 69
Italie 2 332 0.20 0.33 % 2006 4 195 0.33 1 863 80
Luxembourg 147 0.77 1% 2005 206 1.00 60 41
Pays-Bas 3 338 0.81 0.8 % Déjà atteint 3 566 0.80 228 7
Portugal 323 0.27 0.33 % 2006 424 0.33 102 31
Espagne 1 712 0.26 0.33 % 2006 2 328 0.33 616 36
Suède 1 991 0.83 Objectif à long terme 1 % (au moins 0.87 % en 2006) 2 247 0.87 256 13
Royaume-Uni 4 924 0.31 0.4 % 2005-06 6 906 0.40 1 982 40

Membres de l’UE, total 29 949 0.35 0.39 % 2006 39 627 0.42 9 679 32

Australie3 989 0.26 0.26 % en 2003-04 1 089 0.26 100 10


Canada 2 006 0.28 8 % d’augmentation annuelle jusqu’en 2010 2 730 0.34 723 36
Japon 9 283 0.23 Moyenne 1998-2002 (10.5 m USD) en 2006 10 500 0.26 1 217 13
Nouvelle-Zélande 122 0.22 Niveau futur en cours d’étude 154 0.26 32 27
Norvège 1 696 0.89 1% 2005 2 067 1.00 370 22
Suisse2 939 0.32 0.4 % 2010 1 143 0.36 204 22
États-Unis4 13 290 0.13 Voir note 4 19 539 0.17 6 249 47

Membres du CAD, total 58 274 0.23 76 849 0.29 18 575 32

1. Dans l’hypothèse d’une croissance réelle moyenne du RNB de 2 % par an (3 % pour le Canada, 4% pour la Grèce et 0 % pour
le Japon entre 2002 et 2006).
2. Rapport APD/RNB pour 2006 obtenu par interpolation entre 2002 et l’année visée.
3. Rapport APD/RNB, pour 2003/04 : 0.26 %. Le volume de l’aide était fixé chaque année dans le budget, ce rapport est supposé
rester inchangé les années suivantes.
4. Dans l’hypothèse, pour 2006, d’un apport complémentaire de 5 milliards USD au titre du Millennium Challenge Account, et
de 2 milliards USD au titre de l’Emergency Plan AIDS Relief, ainsi que d’un étalement des dépenses financées sur les fonds
spéciaux pour la reconstruction de l’Afghanistan et de l’Irak, à supposer que le taux d’inflation s’établisse à 2 % par an aux
États-Unis pour la période de 2002 à 2006.
Source : OCDE.

si toutes les promesses sont tenues, il manquera encore quelque 25 milliards USD sur les
50 supplémentaires jugés nécessaires pour assurer la réalisation des OMD et pour garantir
qu’aucun pays ayant mis en place des politiques et stratégies de nature à lui permettre
d’atteindre les objectifs, et assises autant que possible sur la mobilisation des ressources
intérieures, ne verra ses chances de réussite compromises faute d’accès à des
financements libéraux auprès de la communauté internationale.
L’objectif 8 comprend également des cibles renvoyant à l’élaboration de stratégies en
faveur de l’emploi des jeunes et à la diffusion des nouvelles technologies. D’après
l’Organisation internationale du travail, le niveau d’emploi des jeunes aurait augmenté
dans toutes les régions, à l’exception des pays développés, entre 1995 et 1999, et son

70 COOPÉRATION POUR LE DÉVELOPPEMENT – RAPPORT 2003 – ISBN 92-64-01963-4 – © OCDE 2004


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3. PROGRÈS ACCOMPLIS VERS LES OBJECTIFS DU MILLÉNAIRE POUR LE DÉVELOPPEMENT

accroissement aurait même atteint bien plus de 20 % au Moyen-Orient et en Afrique du


Nord. De son côté, l’explosion de la téléphonie mobile a rendu le téléphone accessible à des
millions de personnes de toutes les régions du monde. Si l’on en croit les estimations de
l’Union internationale des télécommunications, en 2002 on comptait dans le monde en
développement 20.8 téléphones pour 100 habitants, contre à peine 2.4 en 1990. Sur ce plan,
comme sur d’autres, l’Afrique subsaharienne et l’Asie centrale et du Sud accusent toutefois
un net retard, avec respectivement 5.5 et 5.8 téléphones seulement pour 100 habitants. Par
contre, l’accès à Internet reste un luxe dans toutes les régions du monde en
développement, où l’on ne compte que 3.2 ordinateurs personnels pour 100 habitants,
contre 36.4 dans les pays développés. Ce « fossé numérique » a constitué le thème d’un
sommet mondial tenu en décembre 2003, auquel le CAD a apporté une contribution grâce
au Forum qu’il avait organisé sur le même sujet en mars 2003.
Pour la première fois dans l’histoire de l’humanité, nous disposons des ressources, des
connaissances et du savoir-faire nécessaires pour éliminer la pauvreté, et ce dans les
limites de l’espérance de vie d’un enfant né au moment de l’adoption de la Déclaration du
Millénaire. Assurer la réalisation des OMD revêt de ce point de vue une importance
fondamentale. Ceux-ci constituent donc, pour les pauvres du monde entier, la meilleure
source d’espoir. Il reste possible de les concrétiser au cours des douze années qui nous
séparent encore de 2015, sous réserve d’entretenir et de renforcer la dynamique qui s’est
enclenchée durant les trois premières années du XXIe siècle.

Améliorer l’efficacité de l’aide


L’adoption, en mars 2002 à la Conférence internationale des Nations Unies sur le
financement du développement, du Consensus de Monterrey témoigne du nouvel esprit de
partenariat qui règne entre les pays donneurs et en développement. A cette conférence, on
est parvenu à se mettre d’accord sur le fait qu’il revient, d’un côté, aux pays en
développement de veiller à la transparence, à la bonne gouvernance et au respect des
droits de l’homme et de l’État de droit et, de l’autre, aux donneurs de s’appliquer à assurer
la cohérence de leurs politiques, à accroître le volume de leur aide et de récompenser la
bonne performance. Parallèlement, les donneurs se sont engagés à promouvoir
l’instauration d’un partenariat mondial au service du développement et à œuvrer à
l’accélération des progrès vers les OMD en prenant des dispositions pour :
● Aligner leur aide sur des stratégies de lutte contre la pauvreté et autres cadres de
développement et systèmes que les pays en développement font leurs et conduisent
eux-mêmes.
● Harmoniser leurs procédures opérationnelles afin de réduire les coûts de transaction
pour les pays bénéficiaires.
● Renforcer la prise en main par les pays bénéficiaires de la passation des marchés.
● Appuyer la mise en œuvre de la Recommandation du CAD sur le déliement de l’aide.
● Améliorer le ciblage de l’APD sur les pauvres, la coordination de l’aide et la mesure des
résultats.
Afin de les y aider, le CAD a décidé la création, en 2003, d’un Groupe de travail sur
l’efficacité de l’aide et les pratiques des donneurs (GT-EFF). Celui-ci s’emploie à faciliter la
mise en œuvre des politiques et bonnes pratiques convenues à tous ces niveaux et à
évaluer les progrès enregistrés globalement sur le terrain. Il associe à ses travaux des
représentants de pays partenaires et collabore avec tout un éventail d’institutions œuvrant

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3. PROGRÈS ACCOMPLIS VERS LES OBJECTIFS DU MILLÉNAIRE POUR LE DÉVELOPPEMENT

Encadré 3.5. Avancement de la mise en œuvre de la Recommandation


de 2001 sur le déliement de l’APD aux pays les moins avancés
La Recommandation est entrée en vigueur le 1er janvier 2002. Sa mise en œuvre se déroule de
façon satisfaisante, comme le montrent les indicateurs suivants, encore que dans certains
domaines, il convienne de déployer des efforts supplémentaires et/ou d’achever des travaux :
● Mise en œuvre des dispositions relatives au champ d’application : pratiquement tous les membres
ont maintenant délié les catégories convenues d’aide publique au développement (APD), mais
la coordination entre les organismes d’exécution doit encore être renforcée dans quelques
pays membres.
● Notification préalable des offres d’aide non liée : après des débuts laborieux, des progrès ont été
accomplis, mais la majorité des donneurs doit encore déployer de très grands efforts pour se
conformer pleinement aux dispositions en la matière.
● Partage de l’effort : les problèmes de définition et de notification en rapport avec l’élaboration
de la matrice d’indicateurs de référence ont été résolus. Les « positions de départ initiales »
des membres au regard de la matrice ont été déterminées. Durant la prochaine phase des
travaux, la matrice sera utilisée pour promouvoir l’application des dispositions de la
Recommandation relatives au partage de l’effort.
● Politiques des membres en ce qui concerne la coopération technique associée à un projet d’équipement
(CTAPE) et l’aide alimentaire : les politiques suivies par les membres dans ces deux domaines ont
fait l’objet d’un descriptif, comme le prévoient les dispositions de la Recommandation
concernant le suivi et l’évaluation. S’agissant de la CTAPE, l’accord auquel sont parvenus les
Participants à l’Arrangement relatif aux crédits à l’exportation sur le lien entre les services
d’experts-conseils et les projets d’équipement ultérieurs pourrait donner aux membres du CAD
des orientations pour ce qui est d’une définition opérationnelle de la CTAPE. S’agissant de l’aide
alimentaire, le Groupe de travail du CAD sur l’efficacité de l’aide et les pratiques des donneurs
(GT-EFF) examinera les principales questions à traiter dans une étude factuelle sur la contribution
de l’aide alimentaire au développement et les effets du degré de liaison de ce type d’aide.
● Passation des marchés : des efforts visant à accroître les responsabilités et les capacités des pays
partenaires en matière de passation de marchés ont été entrepris dans le cadre de la Table
ronde de l’OCDE/CAD et de la Banque mondiale organisée en janvier 2003. Les participants à
cette Table ronde se sont mis d’accord sur les principales questions à examiner et sur un plan
d’action pour procéder à cet examen. Des rapports sur les travaux en cours seront établis pour
la prochaine réunion de la Table ronde en 2004.
Le CAD a entrepris d’explorer les possibilités d’élargir, au fil du temps, l’application de la
Recommandation de 2001 sur le déliement de l’APD aux pays les moins avancés (PMA).

dans le domaine du développement parmi lesquelles, outre celles qui ont le statut
d’observateur permanent auprès du CAD (Banque mondiale, FMI et PNUD), les banques
régionales de développement et le Partenariat stratégique pour l’Afrique (PSA).

Alignement et harmonisation
Les donneurs bilatéraux et multilatéraux se sont expressément engagés, au Forum de
haut niveau sur l’harmonisation tenu à Rome les 24 et 25 février 2003, à simplifier et
harmoniser leurs politiques et pratiques et à les aligner sur les cadres de développement et
les systèmes en place dans les pays en développement. Ces promesses, exposées en détail
dans la Déclaration de Rome (voir l’encadré 3.6), rendent indispensable l’application des
bonnes pratiques préconisées par le CAD dans l’ouvrage publié par l’OCDE sous le titre
Harmoniser l’aide pour renforcer son efficacité3. Ces bonnes pratiques, entérinées par le CAD à
sa réunion 2003 à haut niveau, sont le fruit d’un consensus, né de deux ans de débat
intensif et de partage de données d’expérience entre les donneurs bilatéraux, des
organisations internationales et des pays partenaires, dans le cadre du Groupe d’étude du
CAD sur les pratiques des donneurs.

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3. PROGRÈS ACCOMPLIS VERS LES OBJECTIFS DU MILLÉNAIRE POUR LE DÉVELOPPEMENT

Encadré 3.6. Déclaration de Rome sur l’harmonisation – 25 février 2003


Des ministres, des responsables d’organismes d’aide et d’autres hauts fonctionnaires
représentant 28 pays bénéficiaires de l’aide et plus de 40 institutions multilatérales
et bilatérales œuvrant au développement ont entériné la Déclaration de Rome
sur l’harmonisation en février 2003
Nous, responsables des institutions multilatérales et bilatérales de développement,
représentants du Fonds monétaire international (FMI), des autres institutions financières
multilatérales, et des pays partenaires réunis à Rome, en Italie, du 24 au 25 février 2003,
réaffirmons notre volonté d’éradiquer la pauvreté, de réaliser une croissance économique
soutenue, et de promouvoir le développement durable au moment où nous évoluons vers un
système économique mondial intégrateur et équitable. Nos délibérations s’inscrivent dans le
contexte d’un important effort international dont le but est d’harmoniser les politiques,
procédures et pratiques opérationnelles de nos institutions avec celles en vigueur dans les pays
partenaires en vue d’améliorer l’efficacité de l’aide au développement, et de contribuer de cette
façon à atteindre les objectifs de développement pour le Millénaire. Ces objectifs soutiennent
directement l’accord général obtenu par la communauté internationale du développement sur
cette question, telle qu’elle ressort du Consensus de Monterrey (Rapport de la Conférence
internationale sur le financement du développement, mars 2002, paragraphe 43). Nous exprimons
notre gratitude aux gouvernements de la Jamaïque, du Viêt-nam et de l’Éthiopie ainsi qu’aux
bailleurs de fonds bilatéraux et aux institutions internationales qui, en préparation du Forum de
Rome, ont parrainé et coordonné les séminaires régionaux tenus à Kingston, Hanoi et Addis
Abeba en janvier 2003. Les principes, enseignements et messages clés dont la synthèse figure
dans les rapports issus de ces séminaires sont d’un apport considérable au Forum.
Améliorer l’efficacité du développement
La communauté internationale que nous représentons s’inquiète des éléments qui indiquent
de plus en plus qu’au fil du temps, la totalité et la vaste gamme de conditionnalités et
procédures mises en place par les bailleurs de fonds pour préparer, acheminer et suivre l’aide au
développement sont à l’origine de coûts de transactions non productifs pour les pays
partenaires, et concourent à réduire davantage leurs capacités. De même, nous sommes
conscients que les pays partenaires sont préoccupés par le fait que les pratiques des bailleurs de
fonds ne s’intègrent pas toujours bien dans leurs priorités et systèmes nationaux de
développement, notamment leurs cycles de planification du budget, des programmes et des
projets, et leurs systèmes de gestion financière et des dépenses publiques. Nous sommes d’avis
que ces questions exigent de notre part une action urgente, coordonnée et soutenue afin
d’améliorer notre efficacité sur le terrain.
Nous accordons une grande importance au rôle accru de chefs de fil que se doivent de jouer les
pays partenaires dans la coordination de l’aide au développement et à la contribution qu’il nous
revient d’apporter au renforcement des capacités de ces pays pour les aider à assumer ce rôle. Pour
leur part, les pays partenaires entreprendront des réformes de nature à permettre aux bailleurs de
fonds de s’appuyer progressivement sur les systèmes nationaux, en adoptant des principes ou des
critères internationaux et en mettant les bonnes pratiques en application. Le principal élément
directeur de ce travail est une approche-pays qui privilégie la prise en charge par les instances
nationales et le rôle de chef de fil du gouvernement, intègre la dimension du renforcement des
capacités, reconnaît diverses modalités d’aide (projets, approches sectorielles et appui au budget
ou à la balance des paiements), et mobilise la société civile, y compris le secteur privé.
Principes ou critères régissant les bonnes pratiques
Nous sommes conscients que nos origines historiques, nos mandats institutionnels, nos
instances de direction comme les conditions qui régissent nos systèmes d’autorisation sont
différents. Néanmoins, dans bien des cas, nous pouvons simplifier et harmoniser nos
conditionnalités et réduire les coûts qui y sont associés tout en améliorant la surveillance
fiduciaire, la responsabilité à l’égard du public et les efforts visant à obtenir des résultats de
développement concrets. Nous nous associons au travail accompli par les groupes techniques
du Groupe de travail du CAD-OCDE et par les banques multilatérales de développement, et nous
nous réjouissons d’avance de l’achèvement, l’année prochaine, du travail d’harmonisation en
cours au niveau des Nations Unies et dont la coordination est assurée par le Bureau du Groupe
des Nations Unies pour le développement (UNDGO). Nous sommes disposés à suivre les bonnes
pratiques actuelles tout en continuant d’en identifier et d’en diffuser de nouvelles.

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3. PROGRÈS ACCOMPLIS VERS LES OBJECTIFS DU MILLÉNAIRE POUR LE DÉVELOPPEMENT

Encadré 3.6. Déclaration de Rome sur l’harmonisation – 25 février 2003 (suite)


Perspectives
Nous convenons que tant pour les bailleurs de fonds que pour les pays partenaires, les progrès
obtenus sur le terrain à travers les programmes et les projets constitueront une mesure concrète et
non négligeable du succès de nos efforts. Nous sommes conscients que de tels progrès peuvent être
facilités par des efforts d’harmonisation aux niveaux international et régional. Nous appuyant sur le
travail du CAD-OCDE, des groupes de travail des banques multilatérales de développement et sur
l’expérience des pays, notamment les initiatives prises récemment par les pays, nous sommes
déterminés à exécuter les activités suivantes pour renforcer l’harmonisation :
● Veiller à ce que l’aide au développement soit fournie conformément aux priorités des pays
partenaires, dont notamment les stratégies de réduction de la pauvreté et les autres initiatives
comparables, et que les efforts d’harmonisation soient adaptés au contexte des pays.
● Examiner et identifier les voies et moyens de modifier, comme de besoin, les politiques, les
procédures et les pratiques de nos institutions et pays pris individuellement, pour faciliter
l’harmonisation. En outre, nous ferons en sorte de réduire les missions, les examens et les
rapports des bailleurs de fonds, nous allégerons les conditionnalités, nous simplifierons et
harmoniserons les documents.
● Mettre en application de façon progressive et en nous appuyant aussi bien sur les expériences
menées jusqu’ici que sur les messages issus des séminaires régionaux, les principes ou
critères de bonnes pratiques inhérents à la mise en place et à la gestion de l’aide au
développement, en tenant compte des contextes spécifiques des pays. Nous diffuserons les
bonnes pratiques auprès de nos services, au siège de nos institutions, au sein des bureaux-
pays ainsi qu’auprès d’autres partenaires de développement intervenant dans les pays.
● Intensifier les efforts déployés par les bailleurs de fonds pour travailler, au niveau national, à
travers la coopération déléguée, et accroître la marge de manœuvre du personnel en poste
dans les pays pour lui permettre de gérer de façon plus efficace et plus efficiente les
programmes et les projets exécutés.
● Développer, à tous les niveaux de nos organisations, des incitations de nature à susciter la
reconnaissance par nos services des avantages que comporte l’harmonisation pour une
efficacité accrue de l’aide.
● Fournir un appui aux analyses au niveau national de façon à renforcer la capacité des
gouvernements à assumer un rôle de chef de fil plus grand et la responsabilité des résultats
de développement. Plus particulièrement, nous travaillerons de concert avec les
gouvernements partenaires pour mettre sur pied des partenariats plus solides ; en outre, nous
collaborerons à améliorer la pertinence du point de vue des orientations, ainsi que la qualité,
la fourniture et l’efficacité des analyses au niveau national.
● Élargir ou démarginaliser les actions dans lesquelles le pays joue un rôle de direction (qu’il
s’agisse d’efforts déjà engagés dans des secteurs précis, des domaines thématiques ou de
projets individuels) pour rationaliser les procédures et les pratiques des bailleurs de fonds,
notamment le renforcement de la coopération technique axée sur la demande. A ce jour, les
pays concernés sont : l’Éthiopie, la Jamaïque, le Viêt-nam, le Bangladesh, la Bolivie, le
Cambodge, le Honduras, le Kenya, la République kirghize, le Maroc, le Niger, le Nicaragua, les
îles du Pacifique, les Philippines, le Sénégal, et la Zambie.
● Continuer de fournir une aide budgétaire, sectorielle ou un appui à la balance des paiements
lorsque cela se justifie du point de vue du mandat du bailleur de fonds, et lorsque des
politiques appropriées et des modalités fiduciaires existent. Les critères ou principes qui
régissent les bonnes pratiques – notamment l’alignement sur les cycles budgétaires des pays
et les examens de la stratégie nationale de réduction de la pauvreté – doivent être utilisés
pour fournir cette aide.
● Promouvoir l’harmonisation des approches au niveau des programmes à caractère mondial
et régional.
Nous souhaitons indiquer officiellement que l’augmentation du niveau de partage
d’informations et l’amélioration du niveau de compréhension de nos points communs et de nos
différences au cours de la préparation ou de la révision de nos politiques, procédures et
pratiques opérationnelles respectives constituent des résultats positifs qui découlent de la
collaboration instaurée entre nous sur l’harmonisation. A l’avenir, nous approfondirons cette
collaboration et nous rechercherons les voies et moyens de nous assurer que les politiques,
nouvelles ou révisées, soient harmonisées de façon adéquate ou se prêtent à l’harmonisation
avec celles des pays partenaires et des institutions bailleurs de fonds.

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3. PROGRÈS ACCOMPLIS VERS LES OBJECTIFS DU MILLÉNAIRE POUR LE DÉVELOPPEMENT

Encadré 3.6. Déclaration de Rome sur l’harmonisation – 25 février 2003 (suite)


Nous sommes conscients du travail accompli au niveau mondial pour suivre et évaluer la
contribution des bailleurs de fonds à la réalisation des objectifs de développement pour le
Millénaire. Nous suivrons et, si nécessaire, nous affinerons les principaux indicateurs de
progrès relatifs à l’harmonisation comme ceux décrits dans les documents du CAD-OCDE sur
les bonnes pratiques.
Nous sommes conscients de la contribution des outils modernes au service de l’informatique
et des télécommunications pour promouvoir et faciliter l’harmonisation. Des exemples existent
déjà à travers l’utilisation des équipements de conférence audio et vidéo dans le travail effectué
par les services sur l’harmonisation, le Portail du développement, le site web consacré aux
analyses effectuées au niveau national et dans les travaux antérieurs sur l’administration, la
passation des marchés et la gestion financière par voie électronique. Nous sommes résolus à
intensifier nos efforts pour tirer parti de ces technologies.
Prochaines étapes
Les pays partenaires sont invités à élaborer, en concertation avec la communauté des bailleurs
de fonds, des plans d’action nationaux pour l’harmonisation assortis de propositions claires et
mesurables pour harmoniser les efforts d’aide au développement en utilisant comme points de
référence les propositions du Groupe de travail du CAD-OCDE et des groupes techniques des
banques multilatérales de développement. Pour leur part, les organismes bilatéraux et
multilatéraux entreprendront des actions visant à soutenir le travail d’harmonisation au niveau
des pays. Dans le cadre de leurs procédures d’autoévaluation, ces organismes et les pays
partenaires procèderont à l’évaluation des progrès réalisés dans l’application des bonnes
pratiques ; ils rendront compte de ces progrès ainsi que de l’impact des bonnes pratiques. Dans
la mesure du possible, nous utiliserons les mécanismes actuels pour élaborer ces plans d’action
et rendre compte des progrès accomplis. Ces plans seront mis à la disposition du public.
Nous entendons utiliser et renforcer, notamment à travers la participation des pays
partenaires, les mécanismes qui existent déjà pour maintenir l’effet d’entraînement dans la
mise en application des accords obtenus sur l’harmonisation. A cet égard et dans le cadre du
Nouveau partenariat pour le développement de l’Afrique, nous nous félicitons des initiatives
régionales telles que le travail accompli par la Commission économique pour l’Afrique en vue
d’un examen annuel conjoint de l’efficacité de l’aide dans un environnement de responsabilité
mutuelle qui prendra également en compte les questions d’harmonisation.
A la lumière de nos travaux des deux derniers jours, nous projetons de tenir des réunions
bilans début 2005 à la suite de l’examen déjà prévu en 2004 au niveau du CAD-OCDE. Ces actions
de suivi permettront d’évaluer et de consolider les progrès accomplis dans l’élan imprimé aux
changements fondamentaux qui renforcent l’acheminement de l’aide ; elles aideront également
à passer en revue la mise en œuvre du Consensus de Monterrey, dont le calendrier et les
modalités devraient être définis au plus tard en 2005.

Aiguillonnés par les résultats du Forum de haut niveau, les membres du CAD reportent
maintenant leur attention de l’étude des principes à la mise en œuvre effective de
l’harmonisation au niveau des pays, avec les changements institutionnels que cela
implique. Cette primauté aux actions et réformes à engager concrètement fait partie
intégrante du mandat du Groupe de travail du CAD sur l’efficacité de l’aide et les pratiques
des donneurs. Par l’intermédiaire de son Équipe de projet sur l’harmonisation et l’alignement,
coprésidée par un organisme bilatéral et un organisme multilatéral, le Groupe de travail se
veut servir de catalyseur aux efforts déployés par la communauté des donneurs pour
mettre en œuvre le programme d’action défini à Rome.
Les participants à l’Équipe de projet s’aperçoivent de plus en plus que, au fil du temps,
la multiplicité et la diversité des exigences et procédures régissant, côté donneurs, la
préparation, l’acheminement et le suivi de l’aide au développement génèrent pour les pays
partenaires des coûts de transaction improductifs qui viennent encore réduire leurs

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04 Chap 3.fm Page 76 Friday, March 12, 2004 2:19 PM

3. PROGRÈS ACCOMPLIS VERS LES OBJECTIFS DU MILLÉNAIRE POUR LE DÉVELOPPEMENT

capacités déjà limitées. En conséquence, ils ont organisé leurs activités autour de trois
grands axes : i) faciliter la mise en œuvre de la Déclaration de Rome, ii) suivre les progrès
accomplis vers une meilleure efficacité dans l’acheminement de l’aide, et iii) renforcer les
mécanismes existants de pression par les pairs.
Faciliter la mise en œuvre de la Déclaration de Rome. L’expérience montre que l’obtention
d’avancées concrètes vers l’harmonisation et l’alignement nécessite des efforts bien
coordonnés visant à combler le déficit d’information et réduire les délais de décision, apporter
rapidement le soutien technique nécessaire et instaurer une relation suivie avec les principaux
acteurs intéressés. L’Équipe de projet entend faciliter l’échange d’informations et de données
d’expérience par la mise en place d’un dispositif mondial de partage de l’information utilisant
le web, qui sera administré par la Banque mondiale et contiendra des renseignements sur les
différents pays. Elle aidera aussi les pays partenaires et les donneurs, au niveau aussi bien des
services centraux que des représentations locales, à exploiter le réseau naissant de « pilotes »
en matière d’harmonisation. Les banques régionales sont appelées à jouer un rôle actif dans
cette stratégie de diffusion des connaissances et de renforcement des capacités en organisant
des séminaires régionaux dans les différentes parties du monde.
Suivre les progrès accomplis vers une meilleure efficacité dans l’acheminement de l’aide.
Apporter la preuve que l’acheminement de l’aide gagne en efficacité, comme le veut le
Consensus de Monterrey, est important pour asseoir la crédibilité et la valeur de l’aide au
développement. L’Équipe de projet entreprendra donc un vaste bilan des suites données aux
engagements de Rome et aux documents sur les bonnes pratiques établis par le CAD, dont
les conclusions et les recommandations seront soumises à la réunion du CAD au niveau des
hauts fonctionnaires de décembre 2004 et au deuxième Forum de haut niveau sur
l’harmonisation prévu début 2005. Les donneurs apporteront une contribution importante
au rapport, pour lequel ils devront fournir des informations sur un ensemble restreint
d’indicateurs chiffrés destinés à mesurer les progrès vers l’harmonisation. Les données
nécessaires à l’élaboration de ces indicateurs seront vraisemblablement, dans un premier
temps, recueillies dans les pays partenaires représentés au sein de l’Équipe de projet.
Renforcer les mécanismes existants de pression par les pairs. Des exercices conjoints
(Exercices conjoints d’apprentissage et d’analyse au niveau d’un pays sur l’harmonisation et
l’alignement) seront réalisés dans quelques pays partenaires afin d’étudier comment
avancent l’harmonisation et l’alignement au niveau de l’ensemble des donneurs présents
dans un même pays. Ces examens conjoints auront plusieurs objectifs complémentaires :
stimuler et faciliter le processus d’harmonisation en cours dans le pays partenaire
considéré ; aider à élargir les objectifs poursuivis (par exemple à l’élaboration d’un plan
d’action par les donneurs et le gouvernement partenaire) ; enfin, fournir une appréciation
plus détaillée et plus ciblée des progrès enregistrés. Une attention particulière sera en outre
portée, en 2004, aux questions d’harmonisation et d’alignement dans les examens par les
pairs menés au sein du CAD.

Gestion des finances publiques


Les pratiques des donneurs ne sont pas toujours bien adaptées aux priorités et
systèmes des pays en développement. Elles ne cadrent pas non plus toujours avec leurs
budgets, leurs cycles de planification des programmes et projets, et leurs systèmes de
dépenses publiques et de gestion financière. Conscient que ces inadéquations requièrent
d’urgence une action coordonnée pour améliorer l’efficacité sur le terrain, le Groupe de
travail sur l’efficacité de l’aide et les pratiques des donneurs a lancé une Activité conjointe

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04 Chap 3.fm Page 77 Friday, March 12, 2004 2:19 PM

3. PROGRÈS ACCOMPLIS VERS LES OBJECTIFS DU MILLÉNAIRE POUR LE DÉVELOPPEMENT

sur la gestion des finances publiques, placée sous la conduite d’un représentant de la Banque
mondiale. L’objectif est de soutenir les efforts déployés à l’initiative des pays pour
améliorer la gestion des finances publiques, y compris la reddition de comptes sur
l’utilisation des ressources extérieures. Les activités sont centrées sur : i) l’élaboration d’un
cadre pour l’évaluation des performances en matière de gestion des finances publiques ; ii) la
recherche de mesures propres à rehausser la prévisibilité des apports d’aide ;
iii) l’amélioration, dans un souci de transparence, de l’intégration des apports d’aide dans les
budgets des pays partenaires ; iv) l’alignement du soutien budgétaire sur les processus sous-
tendant les stratégies de lutte contre la pauvreté, l’accent étant mis sur les questions de
gestion financière ; et v) la préparation d’une norme comptable pour l’aide extérieure, en
collaboration avec la Fédération internationale des comptables. Il sera rendu compte des
résultats de cet effort collectif dans le rapport destiné à la réunion 2004 du CAD au niveau
des hauts fonctionnaires et au deuxième Forum de haut niveau sur l’harmonisation de 2005.

Renforcement des capacités des pays en développement en matière de passation


des marchés
Élargir les responsabilités dévolues aux pays partenaires dans la passation des
marchés financés par l’aide et promouvoir le recours à des fournisseurs locaux et
régionaux sont des objectifs importants de la Recommandation sur le déliement de l’aide
adoptée par le CAD en 2001. Par ailleurs, les banques multilatérales de développement ont
entrepris d’harmoniser leurs directives respectives pour la passation des marchés et les
documents types correspondants et, de son côté, la Banque mondiale s’emploie à renforcer
les systèmes locaux de passation des marchés, notamment par ses Examens analytiques
de la passation des marchés dans un pays.
Compte tenu de ces diverses initiatives, le CAD et la Banque mondiale ont engagé un
programme de travail conjoint visant à satisfaire les besoins essentiels de renforcement
des capacités des pays en développement de telle sorte que ceux-ci puissent se doter de
solides systèmes de passation des marchés autour desquels les donneurs pourront
harmoniser leurs procédures en la matière. Ces dernières doivent répondre aux exigences
fiduciaires des donneurs et contribuer à la concrétisation des objectifs communs
poursuivis par les donneurs aux niveaux des obligations de comptes et de l’efficacité de
l’aide. La formule de la table ronde a été retenue afin d’associer aux travaux les pays
partenaires, de promouvoir un réel partenariat et de garantir l’appropriation des produits
finaux sur lesquels débouchera le programme conjoint. Ce dernier s’articule autour des
quatre thèmes détaillés dans les paragraphes qui suivent.
Intégration. L’existence de solides systèmes de passation des marchés facilite
largement la réalisation d’objectifs fondamentaux de développement comme la
libéralisation des échanges et la croissance des entreprises et marchés locaux,
l’élimination de la corruption, l’abaissement des coûts de transaction, l’efficacité de l’aide
et, au bout du compte, la réduction de la pauvreté. Pour que ces objectifs se concrétisent,
la passation des marchés doit être intégrée aux fonctions fondamentales de gestion
financière et de gouvernance de l’État, et étroitement raccordée, aux plans aussi bien
stratégique qu’opérationnel, aux autres aspects du processus budgétaire : planification et
programmation, contrôle, suivi, notification et audit. Une fois établies des estimations plus
rigoureuses des avantages pour le développement et des économies de coûts à attendre de
bonnes pratiques en matière de passation des marchés, la table ronde s’emploiera à

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04 Chap 3.fm Page 78 Friday, March 12, 2004 2:19 PM

3. PROGRÈS ACCOMPLIS VERS LES OBJECTIFS DU MILLÉNAIRE POUR LE DÉVELOPPEMENT

vérifier l’assertion selon laquelle une refonte des modalités de passation des marchés
rapporte plus qu’elle ne coûte.
Renforcement des capacités. Mettre les partenaires à même de faire de la passation des
marchés une fonction de gestion stratégique de l’aide (et non une simple fonction
administrative d’achat et de vente) représente un défi majeur. Il est essentiel de renoncer
aux approches fragmentaires (se limitant aux stades de l’appel d’offres et de l’adjudication)
et assujetties aux besoins donneurs. En s’appuyant sur les Rapports analytiques sur la
passation des marchés dans un pays, la table ronde définira une stratégie globale de
renforcement des capacités et proposera des mesures ciblées, dirigées par exemple vers les
principaux domaines à risque, les ministères ayant un niveau élevé de dépenses ou des
problèmes dont le règlement serait source de gains immédiats.
Critères de référence et normes. Un large accord se dégage déjà sur les caractéristiques
d’un bon système de passation des marchés – obligation de comptes, transparence, respect
du juste prix, efficience, etc. La table ronde définira un ensemble de critères et de normes
au regard desquels mesurer les progrès accomplis dans l’amélioration de la qualité, de
l’efficacité et de l’efficience des systèmes locaux de passation des marchés et établira des
propositions concernant les modalités d’application de ce cadre de référence, y compris les
structures institutionnelles et dispositifs d’incitation à prévoir.
Systèmes de suivi et d’évaluation. Il est essentiel de pouvoir mesurer la performance des
systèmes de passation des marchés publics, et ce partout mais plus encore dans les pays
en développement où ces systèmes viennent d’être mis en place ou réformés, et donc d’y
intégrer un dispositif à cet effet afin de permettre aux gouvernements d’apprécier les
progrès de la réforme et, accessoirement, d’apporter les preuves de la qualité des
opérations de passation des marchés dont les donneurs ont besoin pour accepter de se fier
davantage aux systèmes locaux de passation des marchés. On s’appliquera à définir les
caractéristiques essentielles de tout système de suivi et d’évaluation et les indicateurs sur
lesquels il doit s’appuyer, sans perdre de vue les impératifs de simplicité et de limitation
des coûts. On a retenu deux pays pilotes, le Ghana et l’Ouganda, où seront mis au point et
expérimentés des prototypes de systèmes de suivi et d’évaluation.

Gestion au service de résultats dans la voie du développement


Toutes les parties prenantes deviennent de plus en plus soucieuses d’adopter des
modalités de gestion qui concourent à l’obtention de résultats dans la voie du
développement. Les OMD constituent pour les pays en développement une puissante
incitation à obtenir des avancées dans la mise en œuvre de leurs stratégies de lutte contre
la pauvreté. L’adhésion des pays en développement aux OMD ne va pas sans soulever de
nombreux conflits de priorité et défis techniques, dont le moindre n’est pas le passage à
une gestion au service de résultats dans la voie du développement, autrement dit centrée
sur la performance et l’obtention de produits, de réalisations et d’impacts.
Parallèlement, est de plus en plus reconnue la nécessité d’une coopération entre les
donneurs au niveau de la mesure des résultats. Ces derniers ne doivent pas perdre de vue
que les gouvernements des pays de l’OCDE n’ont pas opté depuis si longtemps pour la
gestion axée sur les résultats et que s’ils l’ont fait c’est sur les instances de la société civile,
qui exigeait des comptes plus rigoureux sur l’utilisation des deniers provenant des
contribuables et une plus grande transparence. Si des progrès notables ont été accomplis
dans les pays en développement, les organismes donneurs, les BMD et les agences des

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3. PROGRÈS ACCOMPLIS VERS LES OBJECTIFS DU MILLÉNAIRE POUR LE DÉVELOPPEMENT

Nations Unies vers l’application de méthodes de gestion centrées sur l’obtention de


résultats en matière de développement, des divergences d’opinion considérables n’en
subsistent pas moins sur ce qu’est exactement la gestion au service de résultats dans la
voie du développement et sur les moyens de l’instaurer effectivement. L’obligation de
comptes qu’ont les institutions publiques à l’égard des administrés constitue donc tout à
la fois un objectif important et une contrainte au niveau de la mise en pratique de la
gestion axée sur les résultats.
Avec l’activité conjointe sur la gestion au service de résultats dans la voie du développement
qu’il a lancée, le Groupe de travail du CAD sur l’efficacité de l’aide et les pratiques des
donneurs offre aux donneurs bilatéraux et multilatéraux une plateforme pour échanger
des informations sur les pratiques nouvelles et tirer des enseignements de leurs
expériences respectives afin de concourir à l’amélioration de l’efficacité de l’aide et au
relèvement de la priorité accordée à l’instauration de modalités de gestion propres à
favoriser l’obtention de résultats dans la voie du développement. Cette activité conjointe
mettra à profit la collaboration amorcée lors de la Table ronde tenue en juin 2002 à
Washington sur le thème « Pour mieux mesurer, suivre et gérer les résultats du
développement » et du Forum 2002 des partenaires au développement, s’appuiera sur
l’enquête déjà réalisée pour le Réseau du CAD sur l’évaluation du développement
concernant la situation dans ce domaine, et exploitera les travaux sur le sujet entrepris par
d’autres instances, relevant ou non du CAD. Dans un premier temps, elle débouchera sur
l’élaboration d’un ensemble de principes essentiels et d’un recueil des bonnes (et
mauvaises) pratiques qui commencent à se faire jour en matière de gestion au service de
résultats dans la voie du développement, l’objectif ultime étant de dégager des
enseignements de l’expérience accumulée pour ce qui est de renforcer la capacité des
gouvernements partenaires d’assurer une gestion concourant à l’obtention de résultats
dans la voie du développement.

Notes
1. Le présent chapitre s’inspire largement du rapport soumis en 2003 par le Secrétaire général des
Nations Unies à l’Assemblée générale des Nations Unies sous le titre « Application de la
Déclaration du Millénaire adoptée par l’Organisation des Nations Unies » (accessible à l’adresse
http://millenniumindicators.un.org/unsd/mi/pdf/a_58_323f.pdf). Son contenu reflète la position du
Secrétariat de l’OCDE, à laquelle ne souscrivent pas forcément les Nations Unies.
2. Simulation réalisée par les services de la Banque mondiale, présentée dans l’édition 2004 de Global
Economic Prospects.
3. Voir le chapitre 3 de Coopération pour le développement – Rapport 2002.

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