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Protection cathodique (étude théorique)

I. Principe de la protection cathodique :

La corrosion des métaux au contact des milieux aqueux (eaux, sols, béton,…) est de nature
électrochimique. Dans ces milieux, l’application de la technique de protection cathodique a
pour but de diminuer le potentiel de polarisation du métal à un niveau pour lequel la vitesse de
corrosion du métal est réduite d’une façon significative. Le seuil de la protection cathodique
peut être déterminé thermodynamiquement. Il correspond au seuil d’immunité tel que
représenté dans le diagramme de Pourbaix correspondant à un état à partir duquel la corrosion
devient théoriquement impossible.

Pour modifier le potentiel du métal à protéger cathodiquement, on utilise une anode installée
dans le même électrolyte. Les anodes peuvent être de deux types :

Soit les anodes ayant un potentiel plus électronégatif que le métal à protéger (anodes
sacrificielles ou galvaniques).

Soit des anodes couplées à un générateur de courant imposant une différence de potentiel
entre des deux métaux (méthode à courant imposé).

Remarque :

Le choix d’un système par rapport à un autre doit être établi en tenant compte des
comparaisons techniques (voir le tableau) et des critères économiques (conception,
équipement, maintenance, consommation de matière et de l’énergie).

II. Protection cathodique par anodes sacrificielles ou anodes réactives :

Le métal à protéger est relié électriquement à une électrode constituée par métal moins noble
qui joue le rôle d’anode dans la première pile. Dans ce type de protection, l’anode se
consomme par dissolution en portant la surface du métal à protéger au-delà de son potentiel
d’immunité. La réalisation est schématisée dans la figure suivante :

Fig.1 : Principe de la protection cathodique par anodes sacrificielles


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L’anode se dissout et ramène le potentiel de la structure dans sa zone d’immunité.

Pour que la protection existe, il faut :

- Que la pile débite, donc que l’anode soit reliée électriquement au métal,

- que la surface à protéger et l’anode soient plongées toutes dans le même milieu
électrolytique,

- que l’installation soit adaptée à la surface à protéger (dimensions, nombres, répartitions des
anodes).

Représentation graphique de la protection cathodique :

Fig.2 : Représentation de système de protection cathodique

Dans les conditions de corrosion libre, la structure métallique a un potentiel de corrosion


mixte E et se corrode à une vitesse proportionnelle à Icorrosion. Si l'on applique la polarisation
cathodique afin que le potentiel de la structure diminue jusqu'à E1 par le courant I1 appliqué
extérieurement, alors l'objet est partiellement protégé, puisque la vitesse de corrosion a
diminué et vaut I'corrosion. Si l'on augmente le courant extérieur jusqu'à I2 pour que le potentiel
descende à E2 correspondant au potentiel réversible de la réaction anodique, alors la
dissolution anodique sera stoppée. L'objet est alors sous protection cathodique.

Lorsque tout les points de l’ouvrage aura atteint le potentiel de protection (EP) qui est égal à
celui de l’anode (EA) , l’ensemble sera devenu une seule cathode annulant de ce fait le courant
de corrosion (icorr) par un courant de protection minimale (Ipro-min). On peut abaisser le
potentiel de l’ensemble à un potentiel plus bas (EP) avec un courant (IP). Le courant IP est
toujours supérieur au courant de corrosion Icorr et qu’il dépend des pentes respectives des
courbes de l’anode et de la cathode.

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Remarque :

La protection cathodique par anodes sacrificielles n’a pas une durée indéfinie, elle s’arrête
avec la disparition du métal sacrificiel ou par blocage électrochimique. Les métaux les plus
employés par la protection cathodique sont : Al, Zn, Mn qui possèdent des potentiels de
dissolution très négatifs.

II .1.1 : Domaines d’application de protection cathodique par anodes sacrificielles :

Cette méthode est utilisée pour :

- les installations en contact de l’eau,

- les échangeurs de chaleur,

- les navires,

- les installations enterrées (les canalisations en général).

II .1.2 : Influence de la température :

La valeur relative du potentiel que prennent les deux métaux plongés dans un électrolyte
donné peuvent varier avec la température. Donc, un métal moins noble à la température
ordinaire peut devenir plus noble à une température élevée, d’où il y’a alors inversion de la
polarité de la pile. C’est le cas du couple Fer-Zinc dans l’eau.

A la température 30°C le potentiel stationnaire de Fer est plus noble de celui de Zinc, alors
qu’à la température 40°C il devient moins noble. On déduit que la protection d’une
canalisation en fer par le Zinc (galvanisation) ne peut être employé sans risque quand la
température est élevée (c’est le cas des installations de chauffage central).

II.2 : Protection cathodique par courant imposé :

Elle consiste à relier la structure à protéger au pôle négatif d’un générateur à courant continu,
dont le pôle négatif est connecté à un déversoir de courant plongeant dans le même électrolyte
que la structure à protéger (sol ou eau). Le courant continu débité par le générateur est diffusé
dans l’électrolyte ambiante via le déversoir et est capté par la structure à protéger qui est ainsi
portée à un potentiel électronégatif par rapport au milieu dans lequel elle se trouve. Le
déversoir de courant doit être constitué d’un métal le moins corrodable possible pour avoir un
durée de vie assez longue (alliage inerte (Fe 15% et Si), graphite, Plomb et métaux précieux.

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Fig. 3: Principe de la protection cathodique par courant imposé

Deux paramètres fondamentaux contrôlent la protection cathodique par le courant imposé


sont : le potentiel de protection (EP) et la densité du courant de protection (ip) .

II.2.1 : le potentiel de protection EP :

Il est calculé à partir de l’équation de NERNST :

Ox
a
RT
EP  E 0
ln
nF  Re d b

II.2.2 : le courant de protection IP :

Est le courant cathodique nécessaire pour imposer le potentiel de protection cathodique


correspondant au courant de protection IP. Sa valeur dépend de la surface de la structure à
protéger (S) et la densité du courant de protection (ip).

I P  ip  S

Où : ip : la densité du courant de protection (A/m2),

S : est la surface de la structure (m2).

Remarque : la protection cathodique par le courant imposé implique l’utilisation d’un


redresseur. Cette méthode offre l’avantage de pouvoir régler la tension ou le courant en
fonction des besoins.

II.2.3 : Domaines d’application de protection cathodique par le courant imposé :

Elle est utilisée pour :

- les conduites enterrées ou immergées revêtues ou nues,

- les structures marines importantes,

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- les plates-formes de forage pétrolier,

- les réservoirs de stockage de grande capacité,

- les ouvrages concentrés tels que les stations de pompages

Cette méthode est assez délicate et sensible aux incidents mécaniques et électriques. Elle
nécessite une isolation complète. Elle exige une surveillance régulière car toute modification
de courant risque d’entrainer une variation de potentiel qui implique la corrosion de la
structure.

II.3 : Comparaison entre les deux systèmes de protection cathodique :

PC Anodes sacrificielles PC Courant imposé

- Complexité de l’installation Simple Complexe

- Source d’énergie Inutile Nécessaire

- Distribution du courant sur Homogène Souvent hétérogène


la structure

- Poids de l’installation Importante (surcharge en Peu d’accroissement


poids pour des longues
durées de vie

- Influence de la résistivité Non envisageable si la Pas d’influence


du milieu résistivité su milieu est trop
petite

- Débit par anode Faible Elevé

- Nombre d’anodes Important Faible

- Facilité d’adapter le courant Adaptation possible à travers Adaptation facile


consommé en fonction de la une liaison résistante
demande

- Risque de surprotection Pratiquement aucun Possible

- Interférence avec d’autres Non Possible


structures

- Risques humains Non Possible (poste de soutirage)

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- Surveillance Aisée et occasionnelle Surveillance fréquente
requise par un spécialiste

II.4. : Caractéristiques des anodes couramment utilisées :

II.4.1 : Anodes à base de Zinc (Zn) :

Les alliages de Zinc utilisés pour la protection cathodique sont élaborés à partir de Zinc à
haute pureté avec une teneur en fer particulièrement faible. Elle contient les métaux suivants :
Pb, Fe, Cd, Cu, Al, Mg et Zn selon la norme française par contre la norme américaine utilise
les métaux suivants comme alliage : Pb, Fe, Cd, Cu, Al, Si et Zn.

II.4.1 .1 : Caractéristiques électrochimiques des anodes à base de Zinc :

Caractéristiques En eau de mer A terre (3)


électrochimique
(1) (2)
- Potentiel à débit nul (V) -1.5 V -1.1 V

- Potentiel en charge (V) -1.05÷ -1 V (1) -1.1 V (2)

- Capacité pratique (A×h/Kg) 780 740

- Consommation pratique 11.2 11.9


(Kg /A×an)

- Rendement électrochimique 95 90
(%)

(1) Par rapport à Ag-AgCl / Eau de mer,

(2) Par rapport à Cu-CuSO4 saturée,

(3) avec mélange régulateur de corrosion (75% Bentonite et 25% de gypse).

II.4.1.2 : Domaine d’application des anodes à base de Zinc:

- Conduites enterrées de faible longueur,

- Ouvrage immergés,

- Capacités métalliques (intérieur ou extérieur).

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II.4.1.3 : Avantages des anodes à base de Zinc :

- Potentiel bien adapté à la protection des structures compactes en eau de mer,

- Comportement sûr dans les conditions diverses de fonctionnement (sol, eau de mer, vase,
milieux confinés),

- Peu sensible aux salissures marines.

II.4.1.4 : Inconvénients des anodes à base de Zinc :

- Portée limitée (faible Potentiel),

- Température d’utilisation limitée à environ 60°C,

- Coût élevé,

- Poids spécifique important.

II.4.2 : Anodes à base d’Aluminium (Al) :

L’aluminium se passive spontanément et se recouvre rapidement d’une couche d’alumine


(Al2O3). Donc, il est nécessaire d’introduire un élément activateur (le Mercure Hg et l’Indium
In).

Les alliages utilisés pour le cas des anodes au mercure sont : Zn, Hg, Fe, Si, Cu et Al. La
composition des anodes à l’Indium est : Zn, In, Fe, Si, Cu, Mg et Al.

II.4.2.1 : Caractéristiques électrochimiques des anodes à base d’Aluminium (Al) :

Caractéristiques Anodes à base Anodes à base


électrochimique d’Aluminium au mercure d’Aluminium à l’Indium

(En eau de mer) (En eau de mer)

- Potentiel à débit nul (V) -1.05 V -1.1 V

- Potentiel en charge (V) -1.05÷ -1 V -1.05 V

- Capacité pratique (A×h/Kg) 2830 2600

- Consommation pratique 3.1 3.4


(Kg /A×an)

- Rendement électrochimique 95 81
(%)

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II.4.2.2 : Domaine d’application des anodes à base d’Aluminium (Al) :

- Les structures en eau de mer ou contenant de mer,

- Plates-formes offshore,

- Conduites offshore chaude,

Elles ne sont jamais utilisées pour la protection des canalisations enterrées.

II.4.2. 3 : Avantages des anodes à base d’Aluminium (Al) :

- Coût d’Ampère-an plus faible (forte capacité pratique),

- Potentiel bien adapté à la protection des structures complexes en eau de mer,

- Utilisation possible dans les citernes des tankers (Pas d’étincelle en cas de chute),

- Reste active aux températures élevées avec toutefois une chute de rendement.

II.4.2. 4 : Inconvénients des anodes à base d’Aluminium (Al) :

- Moins adaptées dans les milieux faiblement renouvelés (Chute de rendement en cas
d’acidification du milieu),

- Vulnérable aux salissures marines,

- Déconseillé pour la protection des ouvrages entièrement peints car il y’a risque de
passivation si l’anode n’est que faiblement sollicitée.

II.4.2. 5 : Comparaison entre les anodes à base d’Aluminium à l’Indium et au Mercure:

- Le rendement est mieux pour l’anode au mercure qu’à l’Indium,

- la répartition du mercure est difficile à l’intérieur du métal d’où la création d’hétérogénéité


de la surface,

- les alliages de l’Indium ont un potentiel plus négatif que ceux de mercure d’où la dissolution
est uniforme,

- l’utilisation d’alliages au mercure est déconseillée par réglementation (pollution).

II.4. 3 : Anodes à base de Magnésium (Mg) :

Il existe deux types d’anodes à base de Mg :

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- La composition des anodes de type standard est : Al, Zn, Mn, Fe, Cu, Ni, Si et Mg,

- La composition des anodes de type à haute pureté (à haut potentiel) est : Al, Mn, Fe, Cu, Ni,
Si, Sn, Pb et Mg.

II.4. 3.1: Caractéristiques électrochimiques des anodes à base de Magnésium (Mg) :

Caractéristiques Anodes à base de Anodes à base de


électrochimique Magnésium Mg de type de Magnésium Mg à haute
standard pureté

- Potentiel à débit nul (V) -1.5 V -1.7 V

- Potentiel en charge (V) -1.5÷ -1.4 V -1.7÷-1.6 V

- Capacité pratique (A×h/Kg) 1100 1230

- Consommation pratique 6.7 ÷ 8 ~7.9


(Kg /A×an)

- Rendement électrochimique 55 55
(%)

II.4. 3.2: Domaines d’application des anodes à base de Magnésium (Mg) :

- Conduites enterrées sur de faibles longueurs,

- Conduites offshore sur plusieurs Km à partir des plates-formes.

II.4. 3 .3 : Avantages des anodes à base de Magnésium (Mg) :

- Portée élevée (forte potentiel),

- Polarisation rapide de la structure,

- Faible poids spécifique.

II.4. 3 .4 : Inconvénient des anodes à base de Magnésium (Mg) :

- Force électromotrice parfois surabondante pour la protection en eau salée


(surconsommation, risque de cloquage de la peinture),

- Faible durée de vie (remplacement fréquents nécessaires),

- Rendement médiocre en eau de mer,

- Coût d’Ampère-an est très élevé.

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II.5. : Réalisation pratique de la protection cathodique :

Il y a deux façons d’abaisser le potentiel d’une structure métallique au-dessous de seuil


d’immunité (anodes sacrificielles et courant imposé).

II.5.1 : Dimensionnement des systèmes de la protection cathodique :

Il s’agit tout d’abord de mesurer, quand cela est possible, mais le plus souvent d’estimer par le
calcul le besoin en courant de protection cathodique de la structure. Des valeurs de la densité
de courant sont fournies dans les normes et les référentiels professionnels :

Milieux ou sites électrolytiques Densités du courant couramment utilisés


en mA /m2

sols ou eau de mer 5 ÷ 50

Mer méditerranée 60 ÷ 80

Mer du Nord 100 ÷ 120

Golf de Mexique 50 ÷ 80

Fond marins 20 ÷ 30

Remarque :

Si le métal porte un revêtement un coefficient de correction (coefficient de mettre à nu) doit


être pris en considération. Il est en général compris entre 2% à 10% en fonction de la qualité
de revêtement.

II.5.2 : Évaluation de la résistance opposée au courant (Résistance d’anode):

Géométrie des Formules de la résistance Auteurs


anodes

anodes cylindriques    4l   Dwight


ou assimilées R  ln    1
2 l   r  
- Verticales prés de la
surface, offshore

- horizontales ou    2l   Dwight
verticales R  ln    1
2 l   r  
profondément
enfouies

10
   l 2  l 4h 2  l 2  2h 
- horizontales Dwight
4h 2  l 2
enterrées à R  ln    
2 l   hl  l
 l 
profondeur « h »  

- enterrées à faible    4l   Peter


profondeur R  ln   
2 l   D  

- Anodes massives de 0.315 Mac. Coy


surface exposée (S) R
S

- Anodes offshore R  1.66 S 0.727 Peter. Son

II.6 : Calcul de la protection cathodique:

II.6.1 : Calcul de nombre d’anode sacrificielle :

L’approche du calcul est différente suivant que le métal à protéger est nu ou revêtu. En effet,
dans ce dernier cas il faut faire intervenir la valeur de la résistance d’isolement du revêtement
qui dans un électrolyte (sol ou eau) a une signification particulière.

Pour des plates-formes offshore : l’une des méthodes de calcul utilisée (par ELF. Aquitaine)
basée sur l’hypothèse des courbes de polarisation cathodique.

- elle suppose le débit des anodes est constant,

- le potentiel de la structure se situe dans la limite (-0.80 jusqu’à -1.00).

a- Intensité du courant de protection IP :

IP  JS  S

Où : S la surface de la structure à protéger,

JS : densité du courant de la structure,

Si la surface de la structure est revêtue donc,

IP  JS  S  x

Où x est le coefficient de correction.

Remarque : en général, le courant de protection IP est calculé par la relation suivante :

I P  I S  I Puits

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I P  I S  I Puits

m n
IP  J
i 0
Si  Si  J
i  m 1
Si  Si  x   J P  S P
Surface des puits
Surface non revetue Surface revetue

b- Nombre d’anodes :

il est calculé à partir de la relation de perte de masse suivante :

M n   D I  m

D I m
n
M 

Où : D : est la durée de vie de l’anode (an),

I : courant total de protection (A),

m: Consommation massique (Kg /A×an),

M : Masse nette des anodes (Kg),

µ : Coefficient d’utilisation d’anode généralement est égal à 0.9. Pour une consommation
totale µ=1.

Les dimensions des anodes doivent être telles que : Ecathode  EPr otection

Où : Ecathode  Eanode  R  i

Ecathode  Eanode  R  i  E

Où :

Ecathode : Potentiel de la cathode,

Eanode : Potentiel de l’anode en charge,

R : La résistance,

i : Le courant d’une seule anode, i 


IP
n

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c- Domaine de potentiel de protection EP préconisé :

Métaux Domaine de potentiel de PC Domaine de potentiel de PC

Sols (électrode Cu/CuSO4) (V) Eau de mer (électrode Ag/AgCl) (V)

Acier au carbone :

a- Aérobie -0.85 -0.80

b- Anaérobie -0.95 -0.90

Alliages cuivreux -0.95 ÷ -0.65 -0.60 ÷ -0.45

Aluminium -1.20 ÷ -0.95 -1.15 ÷ -0.90

Plomb -1.50 ÷ -0.60 -1.45 ÷ -0.55

Application 1: Soit une structure offshore à protéger par les anodes sacrificielles de type
d’Aluminium à l’Indium, la plate-forme est constituée par les surfaces suivantes :

S1  1000m2 , x1  0.05, J1  180mA / m2

 S2  20000m , J 2  150mA / m2
2


 S3  15000m , x3  0.02, J 3  150mA / m2
2

 S4  500m2 , x3  0.05, J 4  30mA / m 2



 S5  5000m , J 5  30mA / m2
2

La surface de puits : SP  14m2 , J P  6 A / m2

- Calculer le nombre d’anodes nécessaire pour la protection de la structure.

Les données des anodes utilisées :

Masse nette : M= 300Kg,

Coefficient d’utilisation : µ=0.9 ,

Durée de vie : D= 25an,

Le rayon de l’anode : r= 12cm,

La longueur de l’anode l=308,5cm,

La résistivité : ρ= 30Ω.cm.

Application 2 : nous voulons protéger une structure formée par les surfaces suivantes :

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 S1  400m , x1  0.05, J S1  35mA / m2
2


 S2  150m , J S 2  35mA / m2
2

J puits  50mA / m2

Nous signalons que dans la région existe des puits de surface SP et le courant IP= 30% du
courant consommé par la structure.

La masse d’une anode est de 7.8Kg dont 60% de leur masse se consomme pendant une durée
de vie de 15ans.

- calculer le diamètre de l’anode d.

- calculer la surface de puits S.

- lors d’un contrôle, la valeur de ddp a augmenté de 10%, calculer le nouveau courant si la
résistance reste constante.

Les données : m=3.4Kg/A.an, ΔE= 0.46 V, l= 0.8m, ρ=800Ω. Cm, µ=0.6.


R 
2 L
ln  4DL   1

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III. Protection cathodique par courant imposé :

III.1. Principe de la protection cathodique par courant imposé :

Elle utilise une source de courant continu qui débite dans un circuit comprenant : un déversoir
(masse anodique), l’électrolyte (sol ou eau), la structure à protéger.

Le pole positif du générateur est relié au déversoir alors que le pole négatif est relié à la
structure à protéger. Le courant venant de déversoir traverse le sol puis entre dans la structure
créant ainsi l’abaissement de potentiel recherché. La figure suivante montre le principe de la
protection cathodique par soutirage de courant.

III.2. Domaine d’application de la protection cathodique par courant imposé :

Le soutirage de courant s’emploie chaque fois que l’intensité nécessaire à la protection est
importante ou que la portée demandée est élevée : conduites enterrées ou immergées revêtues
ou nues, casings de forage, structures marines importantes, réservoirs de stockage de grandes
dimensions.

III.3. Réalisation des soutirages :

La protection cathodique par courant imposé se définit par deux paramètres :

- densité de courant de protection,

- les caractéristiques de générateur.

III.3.1 Densité de courant de protection :

La densité du courant est l’intensité du courant par une unité de surface dépend
essentiellement de la qualité d’isolement du revêtement et de l’agressivité du milieu
environnant.

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III.3.2 Les caractéristiques du générateur :

Le débit de l’appareil est défini par la loi d’Ohm.

I  UR

Ou u est la tension de la source du courant continu et R est la résistance du circuit.

La tension se situe généralement dans la catégorie très basse tension (TBT) inférieure à 50V.

La résistance du circuit est en général conditionnée par la résistance de la masse anodique. Il y a donc
intérêt à obtenir pour cette masse anodique une résistance aussi faible que possible.

L’implantation du poste de soutirage est déterminée en tenant compte des considérations


pratiques suivantes :

- Possibilité d’occupation du sol,


- Terrain de faible résistivité,
- Disponibilité et cout de l’alimentation en énergie électrique,
- Facilités d’accès.

En général, il est à éviter de mettre un poste de soutirage à l’extrémité d’une conduite à cause
de mauvaise répartition des potentiels.

III.3. 3 Réalisation pratique d’un poste de soutirage de PC par courant imposé :

Pratiquement, un poste de PC par courant imposé comprend :

- La source d’énergie,
- Le déversoir,
- Les câbles de liaison,
- Les appareillages électriques auxiliaires.

III.3. 3.1 Source d’énergie :

Elle peut être constituée par :

Le réseau local de distribution,

Les groupes électrogènes,

Les turbogénérateurs,

Les générateurs thermoélectriques,

Les éoliennes,

Les piles à combustibles….

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III.3. 3.2 Déversoir ou masse anodique :

C’est une masse de matériau conducteur de l’électricité dont le rôle est d’injecter le courant de
protection dans le milieu où se trouve la structure à protéger. Sa résistance de contact avec le
sol doit être la plus faible possible et sa masse est déterminée pour avoir la longévité
souhaitée.

Les matériaux les plus utilisées sont :

L’acier (rails de chemin de fer provenant de rebut, …)

Le graphite,

Le Ferro-silicium,

Le titane platiné,

III.3. 3.3 Les câbles de liaison :

La section des câbles est déterminée en fonction de la chute de tension admissible et de


l’échauffement. La nature de l’isolant des câbles est déterminée en fonction du milieu (la
tenue en hydrocarbures, à l’eau de mer, au chlore, aux sols,..)

Dans plusieurs cas un câble isolé au PVC est suffisant.

Les bornes positif (+) et négatif (-) sur l’appareil de soutirage et les câbles qui y aboutissent
doivent être repérés afin d’éviter les inversions qui provoqueraient la corrosion à la structure.

Déversoir (+)

Structure (-)

III.3. 3.4 L’appareillage électrique auxiliaire :

Il s’agit essentiellement des appareils de coupures, de protection et de mesure installés à poste


fixe.

Appareils de coupure : ils permettent d’établir ou d’interrompre l’alimentation de post de


soutirage.

Appareillage de protection : un disjoncteur doit être installé au niveau de post de soutirage


pour protéger contre les surcharges et surintensités.

Appareillage de mesure : ils ont pour but d’indiquer,

La tension d’alimentation,

La tension d’utilisation,

L’intensité débitée,

Le potentiel de la structure,
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Le temps de fonctionnement.

III.3. 3.5 Les anodes à courant imposé ou déversoirs :

Le choix du type d’anodes à installer dépend des conditions suivantes :

Le milieu,

La consommation (durée de vie),

Densité de courant admissible,

Le prix (fourniture et mise en œuvre),

Les anodes sont classées en trois familles :

- Consommables (produits ferreux, acier, fontes)


- Peu consommable (graphite imprégné, Ferro-silicium, alliage de plomb et d’argent,
magnétite)
- Très peu consommable (titane platiné, niobium platiné, tantale platiné).

III.3. 3.6 Les Caractéristiques des anodes :

Ferrailles (rails, tubes en acier) :

Milieu : conviennent à tous milieux,

Consommation : 9Kg /A an,

Densité de courant admissible : pas limitée,

Masse spécifique : 7.8g/cm3,

L’utilisation des ferrailles peut être intéressante lorsqu’elles sont déjà enterrées à proximité de
la structure à protéger.

Ferro-silicium :

Milieu : conviennent à tous milieux,

Consommation : 0.3 Kg /A an,

Densité de courant admissible : 0.2 A/dm2,

Masse spécifique : 6.8 à 7g/cm3,

Ces anodes sont de mise en œuvre plus facile que les précédentes du fait qu’elles peuvent être
livrées prêtes à l’emploi.

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Magnétite :

Milieu : conviennent à tous milieux,

Consommation : 0.01 Kg /A an,

Densité de courant admissible : de l’ordre 1.2 A/dm2,

Masse spécifique : 7g/cm3,

L’inconvénient de ces anodes réside dans leur fragilité lorsqu’elles sont exposées au soleil ou
à la température élevée lors des travaux de pose.

Graphite :

Milieu : tous milieux, sous réserve de la présence d’un backfill surtout en milieu imperméable
où il assure l’évacuation des gaz.

En cas d’utilisation dans l’eau, il faut prévoir des anodes imprégnées (imprégnation réalisée
avec l’huile de lin cokéfiée).

Consommation : 1 Kg /A an,

Densité de courant admissible : 0.08 A/dm2,

Masse spécifique : 1.6 g/cm3,

Titane platiné :

Milieu : eau de mer ou eau douce brassée,

Consommation : 9 Kg /A an,

Densité de courant admissible : 5 à 7 A/dm2,

Masse spécifique titane: 4.5 g/cm3,

Ces anodes résistent à l’immersion en eau salée ou douce.

Niobium platiné :

Milieu : eau de mer ou eau douce brassée,

Consommation du platine: 9 Kg /A an,

Densité de courant admissible : 10 A/dm2,

Masse spécifique niobium: 8.57 g/cm3,

Ces anodes ont une meilleure résistance mécanique que celles en titane platiné. Elles peuvent
admettre des tensions de 30 V. l’inconvénient est leur coût élevé.

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Tantale platiné :

Milieu : eau de mer ou eau douce brassée,

Consommation du platine: 9 Kg /A an,

Densité de courant admissible : 20 A/dm2,

Masse spécifique tantale: 16.6 g/cm3,

Ce type d’anode présente par rapport aux deux précédentes l’avantage de supporter jusqu’à
110 V. l’inconvénient reste le prix onéreux.

Remarque : pour ces trois types d’anodes, il est important de préciser que la consommation
ne concerne que le platine, l’autre métal sert uniquement du métal support, celle de
platine (21.3 g/cm3).

III.3. 4 choix de l’emplacement de déversoir :

L’emplacement du déversoir est déterminé par une étude préalable du terrain et de la structure
à protéger.

La distance entre le déversoir et la structure ne doit pas être trop faible. Un minimum de 50 m
est recommandé.

La résistivité du sol est mesurée, le choix se porte sur la zone où la résistivité est la plus
faible.

La résistance du déversoir doit être la plus faible possible pour éviter une tension trop élevée
aux bornes du redresseur.

III.3. 5 Réalisation des déversoirs :

III.3. 5.1 Déversoirs de surface:

Anodes posées horizontalement : ce mode de pose est à retenir lorsque la résistivité du sol est
faible en surface et lorsqu’on dispose de la place sur le terrain. Il est recommandé dans le cas
où on utilise des rails rebutés.

Anodes posées verticalement : il s’agit de déversoir de surface mais les anodes sont enterrées
dans des trous creusés au fond de la tranchée où sont posés les câbles.

III.3. 5.2 Déversoirs en casing (déversoirs profonds):

On a recours à ce genre de déversoir lorsque :

Il est impossible, par un déversoir de surface d’obtenir une répartition convenable du courant
sur la surface à protéger.

Il y a risque d’interférence trop importante sur les structures voisines.

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La résistivité du sol en surface ne permet pas d’obtenir une valeur acceptable.

Le procédé consiste à : forer un trou dont le cuvelage en acier est réalisé en tube de diamètre
intérieur compris entre 120 à 200mm.

Le cuvelage doit être réalisé au fur à mesure de l’avancement du forage. Les tubes étant
soudés bout à bout.

Il est recommandé de mesurer la résistance du contact sol-cuvelage tous les 5m. On considère
comme favorable la profondeur à partir de laquelle la résistance mesurée décroit nettement.

Forer au dessous de cette profondeur pour recevoir la totalité des anodes prévues.

Introduire les anodes dans le forage (on constituera plusieurs chapelets électriquement
indépendants). En assurant le maintien des anodes par cordage imputrescible et non par les
câbles électriques).

Remplir l’espace entre anodes et tubage avec du graphite (si le tube est vide d’eau) ou de la
grenaille de fer.

Application :

Le déversoir doit être débité un courant de 15 A et sa durée de vie prévue est 10 ans. On veut
limiter la tension à la sortie du redresseur à 24 V. la résistance du réservoir ne devra pas
dépasser 1.6 Ω. La résistivité du sol mesurée à l’emplacement du déversoir est de 20Ω m. Il a
été décidé d’utiliser des anodes en graphite imprégné. Données : longueur L=1550mm,
diamètre ϕ=150mm, poids approximatif m=50Kg, consommation c=1Kg/A an.

La longueur de l’anode est 1550mm, le diamètre 150 mm, le poids approximatif 50Kg, la
consommation est de 1Kg/A.an.

- Calculer la masse anodique min.


- Calculer la résistance du déversoir.
- Trouver le nombre d’anodes assurant une chute de tension inférieure à 24V.

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Principe de base de la protection cathodique

L’électrode de référence en calomel

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Anodes solubles sur la coque d’un bateau

Usine à terre et protection cathodique à courant imposé

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Anodes solubles « diffusées » sur une structure immergée

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Principe de la protection par anode soluble sur les pipelines sous-marins

Anodes solubles le long d’un pipeline enterré

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Électrode de référence sur terre, le long d’un pipeline

Boîtes de mesure le long d’un pipeline

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Principe du courant imposé

Principe déversoir - anode

Différentes méthodes de courant imposé / déversoirs

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On emploie 3 principaux systèmes de déversoirs. Dans chaque système, les anodes peuvent
être installées verticalement ou horizontalement.
Déversoir à distance : les déversoirs sont installés à un point distant de la structure à
protéger. Ce type de déversoir sert à la fois pour les pipelines revêtus et non.
Déversoir à anode distribuée : cette méthode est employée pour protéger avec efficacité un
réseau de forage et des structures géométriquement complexes, telles que celles des stations
de compression, de pompage, parcs de stockage, terminaux de pipeline, raffineries et zones
urbaines.
Déversoir de type parallèle : ce type de déversoir peut être installé avec des anodes en
parallèle et à proximité de la structure protégée.
Pour chaque méthode, les anodes sont en principe installées dans du poussier de coke, qui va
prolonger la vie de l’anode.

Lien de masse à terre, avec courant imposé

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Installation typique d’une anode dans le sol

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Exemple d’un système centralisé de contrôle de protection cathodique
Exemples de calcul en protection : les 2 exercices ci-après (plateforme et pipeline) sont plus
à considérer comme des exemples (et non des exercices) à présenter et résoudre « ensemble
» avec l’instructeur.

a- Calcul simplifié de la masse anodique et du nombre d'anodes nécessaires à la protection


contre la corrosion des pieux d'une plate-forme de production.
Données
Surface à protéger :
Zone de marnage : 500 m²
Zone immergée : 10000 m²
Zone fichée : 400 m²
Évaluation des besoins en courant
Zone de marnage : 90 mA/m²
Zone immergée : 60 mA/m²
Zone fichée : 30 mA/m²
Types d'anodes
Alliage d'aluminium à l'indium
Potentiel en charge : -1,05 V/Ag-AgCl
Consommation : 3,4 kg/A/an
Rendement : 0,9
Anodes cylindriques l = 2,50 m, D = 140 mm, masse nette : 90 kg
Durée de vie :
20 ans
% d'anode restante en fin de vie : 15%
Déterminer
6. Le besoin total en courant
7. La masse d'anode à installer pour assurer la protection pendant la durée de vie prévue
8. Le nombre d'anodes

b- Calcul simplifié de la protection cathodique d'un pipeline enterré


Caractéristiques de la canalisation
Longueur : 60 km
Diamètre nominal 12" (diamètre extérieur : 323,9 mm)
Revêtement externe en polyéthylène système 3 couches, épaisseur finale 3 mm.
Données
Installation d'un poste de soutirage aux 2 extrémités (pas d'alimentation électrique possible en
ligne).
Densité de courant de protection : 0,05 mA / m2
Les déversoirs anodiques seront constitués d'anodes cylindriques en ferrosilicium.
Consommation : 0,5 kg/A/an.

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Déterminer
9. Le besoin total en courant
10. La tension nécessaire à chaque poste pour fournir le courant de protection, en considérant
que la résistance du circuit structure - électrolyte - déversoir est de 5 Ω
11. La puissance délivrée par chaque poste de soutirage
12. La masse anodique à installer pour assurer une durée de vie de 25 ans
Refaire les calculs suivants en supposant un pipeline non revêtu extérieurement. Densité de
courant nécessaire : 30 mA / m2
13. Le besoin total en courant
14. La tension nécessaire à chaque poste pour fournir le courant de protection, en considérant
que la résistance du circuit structure - électrolyte - déversoir est de 5 Ω
15. La puissance délivrée par chaque poste de soutirage
16. Le besoin total en courant

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