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La Relation d’Aide

I. Comment l’acquérir ?
a) Par des Aptitudes :
- aider
- Etre prête
- Désir, implication

b) Par des Capacités :


- connaître les ressources
- Savoir-faire

c) Par l’Expérience : elle interagit avec :


- le savoir cognitif (les connaissances)
- les représentations
- le savoir être
- le savoir faire (la pratique).

II. approche systémique :


1. Un sens : la relation d’aide a un sens pour les deux partenaires : le soigné et le
soignant.

Le soigné : Il a une histoire à laquelle ses souffrances sont liées.


Il s’agit de manifestations de souffrance ici et maintenant : la demande est faite à un
moment T qui n’était pas prévu.
Il est l’acteur principal de la relation !

Le soignant : il répond à une demande. ça exige des aptitudes, des capacités, des
compétences.
Ça s’effectue dans un contexte professionnel. La relation d’aide ne peut pas déborder sur
la vie privée du soignant.

2. La relation :
C’est une rencontre.
Elle a un début, un continuum, une fin.
Elle s’inscrit dans un temps, a une durée, exige de l’engagement de part d’autre.
Elle a du sens pour le professionnel et pour l’individu.

3. Les formes de la demande :


-elle peut être claire, précise, verbalisée : la personne veut mettre fin à ses difficultés.
-elle peut être implicite : elle s’exprime par des symptômes. La personne a du mal à
traduire sa tristesse, sa colère, sa peur.

4. L’aide : « c’est intervenir en faveur d’une personne en joignant ses propres efforts à
ceux de la personne. ».
C’est une réponse à un besoin (exprimé ou pas), à une demande (observée ou décodée).
L’aide a ses limites : le soignant ne peut ni dire à la place du soigné, ni faire à la place
du soigné.
C’est une relation soignant - soigné, qui s’inscrit dans un cadre professionnel, qui a ses
limites dans : la civilité, la compréhension, le soutien, l’aide.
C’est la rencontre de deux subjectivités : l’intersubjectivité crée sa complexité.

III. La relation d’aide :


1. C’est un mode de communication thérapeutique : un échange verbal – non verbal qui
permet, grâce à un climat de confiance de mettre la personne face à sa réalité.

2. Elle repose sur le postulat de Carl Rogers selon lequel :


« tout individu possède un potentiel suffisant pour gérer tous les aspects de sa vie. ».

Rogers a une approche positive de l’homme, il pense que l’individu est capable de se
diriger lui-même.
Pour lui, les malades qui ne peuvent pas y arriver ne savent pas qu’ils en ont la capacité ou
sont sous le poids de la maladie et n’arrivent pas à trouver leur capacité :
Le rôle du soignant est de les aider à trouver cette capacité.
L’aide à apporter se centre donc sur le potentiel de l’individu et va permettre de faire
émerger une capacité existante.
Elle est non directive.

3. A qui s’adresse-t-elle ?
A la personne qui est en difficulté par rapport à ce qu’elle vit ici et maintenant.
La personne doit gérer un moment particulier de sa vie, en lien avec :
Son mal-être, l’acceptation d’un diagnotic, la fin de vie, le handicap, un changement
brutal dans sa vie.

4. Le but ?
Il est de permettre à la personne de trouver sa solution au problème auquel elle est
confrontée.

Def « aide et soutien psychologique » : » soin relationnel qui a pour but d’aider une
personne à surmonter ses difficultés physiques ou mentales lors d’un état de crise, à
l’occasion d’une pathologie , d’un handicap, d’un traumatisme. »

Le rôle de l’aidant :
Il doit :
-s’impliquer dans la relation avec le souci d’authenticité et
d’efficacité.
-créer ce climat de confiance propice à l’expression de la personne.
-offrir à la personne les conditions nécessaires pour évoluer et trouver
ses propres solutions.
-apporter des informations nécessaires à la compréhension de la
situation.
Le but de l’aidant :
-apporter du réconfort
-permettre à la personne de porter une regard différent sur sa vie, sur
ses préoccupations…

5. les compétences nécessaires :


-avoir du discernement (recueil de données, répercussions de l’histoire du
malade)
-avoir la capacité à raisonner, à se questionner.
-être capable de mesurer son engagement personnel auprès de la
personne.

IV. Comment créer une relation d’aide ?


1-par l’écoute active :

Il faut : capter le message, en comprendre le contenu qui est un ensemble (les messages
implicites sont souvent plus forts que le contenu des paroles).

L’écoute active consiste à :


-saisir ce que le message veut dire.
-le reformuler pour en vérifier la compréhension.
L’aidant doit être certain de ne rien introduire de différent dans ce qu’il vient d’écouter.
Le soignant ne communique aucun sentiment ou information qui émane de lui.

Cela impose des règles :

a- se mettre dans des conditions physiques qui permettent d’entendre clairement ce


qui est dit (se poser, se mettre au calme…)

b- se mettre dans des dispositions intellectuelles et affectives : se rendre disponible,


attentif, attribuer de l’intérêt à ce que dit la personne.
ex :si on n’est pas disponible de suite, le lui dire « je reviendrai dans 15mn. » Et
revenir vraiment dans 15 minutes !ne jamais laisser attendre une personne pour rien !

Remarque :
La difficulté de l’entretien peut venir de :
-du peu d’intérêt à ce que dit la personne.
-de difficultés de compréhensions.
-des valeurs contenues dans le message.
-de similitudes entre le vécu de l’infirmier et celui de la personne.

c- La relation d’aide se centre sur la personne et non sur le problème ! (sinon la


tentation serait d’essayer d’apporter une solution immédiate. Solution qui serait celle
du soignant et non pas celle du soigné.).
L’intérêt devra se porter sur le contenu émotif qui est l’objet réel de la relation
d’aide.
d- La reformulation : c’est une intervention du soignant qui consiste à redire en
d’autres termes mais de façon plus concise et plus explicite ce que la personne vient
d’exprimer. Elle permet d’obtenir également l’accord de la personne.

L’intérêt de la reformulation :
- La personne comprend qu’elle est écoutée.
- Elle s’exprime davantage.
- C’est une marque de respect pour la personne qui est en souffrance.
- C’est très aidant pour le soignant.

Il existe 4 niveaux de reformulation :


-la reformulation écho (ou reflet) : on reproduit les termes utilisés par la
personne.
-la reformulation « reflet des sentiments » : c’est une brève synthèse
des sentiments.
-la reformulation « élucidation » : elle consiste à prendre les idées
énoncées pour les clarifier.
-la reformulation « synthèse des idées, des émotions ».

2- Par la compréhension empathique.

Def : « la compréhension empathique est le processus par lequel une personne est capable
de se placer dans le rôle et la situation dune autre personne afin de saisir les sentiments, les
points de vue propres à l’autre dans une situation donnée. »
Il s’agit de s’introduire, de s’engager, de s’introduire dans le monde du patient, d’essayer de
saisir, de comprendre la situation.

Cette attitude de compréhension empathique a pour but de :


- permettre à l’infirmier de comprendre réellement ce que vit la personne.
- lui signifier qu’elle est importante
- faire comprendre à la personne que l’on s’intéresse à elle.
- lui manifester son désir de la comprendre.
- l’encourager à se livrer davantage par rapport à ce qui lui arrive.

On utilise alors : la reformulation et la communication non verbale.

3-Par le respect chaleureux :

C’est l’attitude par laquelle le soignant reconnaît que l’autre est unique et possède la capacité
de faire des choix.
Il reconnaît que l’individu possède en lui (même s’il ne semble pas y avoir accès) des qualités
et des ressources.
De par son unicité, la personne est la seule à savoir ce qui est bon pour elle.
Elle a la compétence pour déterminer une ligne de conduite adaptée à ses désirs, ses besoins, à
ses capacités.
Le soignant l’aide à trouver ces capacités.

C’est un processus qui peut être très lent :


la personne peut refuser ces ressources et essayer le persuader l’infirmier de lui donner des
solutions. Elle peut même déformer la situation.
Il ne faut pas la juger ni lui en vouloir mais essayer de comprendre pourquoi elle réagit
comme ça et lui dire qu’on s’interesse à elle.

Par ce respect chaleureux le malade reconnaît :


- son droit de :
- penser différemment.
- de mener sa vie comme il l’entend.
- qu’il possède en lui des moyens pour faire des choix.
- qu’il est digne d’attention et d’amour.

4-Par l’authenticité :
C’est l’accord entre :
-ce que la personne est, ce qu’elle perçoit, pense, ressent
-ce qu’elle communique.

Il doit y avoir un accord entre ces deux éléments qui ne doivent pas se contredire !

La difficulté et la crainte de se confier vont amener la personne soignée à vérifier si elle peut
faire confiance à l’infirmière.
Dans sa manière d’être et de faire, l’infirmier doit démontrer qu’il est vrai et digne de
confiance.

Il y parviendra dans la mesure ou il aura développé une attitude d’authenticité et qu’il aura
réussit à la communiquer.
La personne aura alors vu la capacité de l’infirmier à :
- réfléchir.
- avoir du discernement.
- ne pas porter de jugement.
- être discret.

V. Les différentes formes de relation :


1– la relation informelle : elle est spontanée, a pour but d’aider le patient à être
authentique envers lui-même.

Elle comporte 3 phases :

-l’infirmière est attirée par le comportement verbal et non verbal du patient. Elle
identifie la situation et formule quelques objectifs : apaiser l’anxiété de la personne,
l’amener à s’exprimer davantage…
-elle essaye de comprendre ce qui se passe et adopte une attitude empathique.
-conclusion de la relation informelle : c’est l’établissement d’un climat de confiance,
un lien chaleureux qui doit avoir eu le temps de s’établir.

2- La relation informelle :
Elle comporte 4 phases :
-la préparation psychologique de l’infirmière face à la gestion de l’inconnu.
-le contact avec le patient : respect chaleureux. Elle se fait une idée de ce que vit le
malade, de quelle manière il le vit.
L’infirmière arrive à comprendre la situation, elle renvoie sa compréhension au
patient (si le patient le lui autorise), elle formule des objectifs.
-la phase d’exploitation : c’est le moment privilégié où l’aidant et l’aidé apprennent à
se connaître.
La personne aidée commence à modifier son comportement. Elle devine plus positive,
plus autonome, plus orientée sur le sens de sa vie.
-la phase finale : elle permet de préparer la personne à la séparation.
C’est une phase difficile pour l’infirmière car elle ressent souvent un sentiment de
frustration.
C’est une phase difficile pour la personne aidée qui peut avoir des appréhensions
face à l’avenir.
L’infirmière doit envisager avec la personne les difficultés et les problèmes auxquels
elle doit faire face à sa sortie d’hospitalisation.