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REPUBLIQUE ALGERIENNE DEMOCRATIQUE ET POPULAIRE

MINISTERE DE L’ENSEIGNEMENT SUPERIEUR ET DE LA RECHERCHE


SCIENTIFIQUE
UNIVERSITE MOULOUD MAMMERI DE TIZI OUZOU
FACULTE DE MEDECINE

Réactions psychologiques face aux techniques médicales


Par : Dr. Toudert O - Maitre-assistant en Psychiatrie.
Professeur Ziri.A
CHU Nedir Mohammed de Tizi Ouzou.
EHS « Fernane Hannafi » -Oued Aissi
Année universitaire 2012- 2013

I. Introduction :
La plupart des traitements actuellement utilisés dans les MSG sont extrêmement
agressifs, et donc source d'agressions qui viennent s'ajouter à la maladie elle-même.

II. différents types de traitements et réactions :

1. hospitalisation :

Elle fait toujours partie du cours évolutif d'une MSG à un moment ou à un autre.
L'admission à l'hôpital constitue toujours un moment angoissant. Le sujet perd ses
repères spatio temporaux habituels (maison, emploi du temps), son identité
(vêtements, bijoux), pour se retrouver dans un univers angoissant, évoquant la mort.
Plusieurs études ont d'ailleurs montré que certains paramètres biologiques sont
perturbés pendant les premiers jours d'hospitalisation. S'agissant des traitements,
chacun comporte sa propre charge anxiogène fonction de ses effets secondaires,
ainsi que de son image dans le public. Il sera difficile d'être exhaustif dans un
domaine aussi évolutif.

2. chirurgie :

La chirurgie occupe une place à part dans l'imaginaire collectif, où se mêlent peur et
admiration. Elle évoque l'intrusion, la pénétration, l'effraction de l'enveloppe
corporelle protectrice (le " moi - peau " d’Anzieu), menaçant le sentiment
d'invulnérabilité.
a. Réactions générales à toute intervention chirurgicale :
L'intervention constitue une menace vitale. Les réponses habituelles en phase
préopératoire sont dominées par la peur et l'angoisse. On retrouve pêle-mêle une
peur :
• de l'anesthésie générale, de la douleur, de mourir pendant l'intervention ;
• de laisser sa vie entre les mains d'un étranger ;
• de se séparer des siens, d'une perte transitoire ou définitive du contrôle de
soi-même ;
• de se réveiller en cours d'intervention ;
• qu'une partie du corps ne soit endommagée.

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Cependant, des troubles psychiatriques aigus peuvent apparaître en pré- comme en
postopératoire :
• réactions de panique aiguë avec refus de l'intervention, chez des sujets
antérieurement anxieux ou phobiques, ou dont un proche est décédé dans les
mêmes conditions (identification brutale) .
• installation d'un état antidépressif sévère.
• , les troubles psychotiques peuvent " flamber " en phase préopératoire, tandis
que les troubles névrotiques s'exacerbent pendant toute la période péri
chirurgicale.
• installation d'un état dépressif sévère en postopératoire, lorsqu'un diagnostic
péjoratif.

b. Réactions particulières à chaque type de chirurgie :


La chirurgie des greffes permet d'enlever un organe défectueux et de le remplacer
par un " neuf ", permettant une récupération fonctionnelle, et donc, une autonomie
nouvelle. La provenance de l'organe de remplacement (cadavre) peut provoquer des
problèmes de culpabilité et/ou de répulsion.

c. Problèmes spécifiques à la chirurgie carcinologique : Toutes les parties du


corps sont investies d'une quadruple valeur :

• fonctionnelle (maîtrise rendue possible par l'organe : par exemple,


l'amputation de la jambe empêchera la marche) ;
• esthétique (regard de l'autre sur soi, perte narcissique) ;
• d'identité avec le groupe (la différence fait craindre le rejet) ;
• symbolique (c'est le statut imaginaire conféré par l'organe : les testicules
représentent la virilité et la fertilité, le sein la féminité, etc.).

3. Radiothérapie :

La radiothérapie intéresse essentiellement la cancérologie. Les radiations font peur,


pour deux raisons. L'histoire collective résonne encore des catastrophes d’
Hiroshima. La salle de radiothérapie est très anxiogène : univers technique froid,
clos, coupé du monde, dans lequel on ne communique que par un micro. On
retrouve également des craintes d'agressions corporelles :

• l'anorexie, les nausées, les vomissements.


• les lésions cutanées provoquent une crainte de brûlure.
• l'irradiation cérébrale fait craindre une baisse d'efficience intellectuelle.
• l'alopécie provoque une grande détresse.

4. chimiothérapies :

Les chimiothérapies cancéreuses viennent en premier. ou dans les greffes


(ciclosporine), celles-ci comportent moins de gènes. Les craintes concernant
l'intégrité corporelle s'appliquent ici (alopécie, nausées, vomissements. Les
chimiothérapies sont aussi parfois accusées de provoquer des troubles
psychiatriques organiques (baisse du niveau intellectuel chez l'enfant).

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5. Traitements en milieu confiné :

L'isolement en chambre stérile est utilisé en cas de traitement particulièrement


agressif, pour protéger du risque infectieux. Chez l’adulte, on observe généralement
des états anxieux, souvent dépressifs, des troubles du sommeil, des régressions,
des réactions de retrait vis-à-vis de l'entourage, et des épisodes confusionnels
temporaires.

6. Impacts psychologiques des investigations diagnostiques :

Les examens complémentaires, devenus très sophistiqués et performants


impressionnent et font souvent peur, d'autant plus qu'ils sont plus invasifs et/ou
efficients pour le diagnostic. Le scanner, la résonance magnétique nucléaire (RMN)
peuvent déclencher des crises d'angoisse (parfois de type claustrophobique et/ou
nosophobique). Les endoscopies, angiographies, laparoscopies etc., physiquement
plus agressives sont encore plus anxiogènes (intrusion dans le corps, risque
immédiat d'accident, douleur). Ces examens représentent un verdict technique et
déshumanisé : avant, la peur et l'attente ; après, la révélation vertigineuse de la
maladie. Une simple prise de sang peut faire basculer dans la maladie. Même si
leurs pourcentages sont variables d'une étude à l’autre, tous les auteurs s'accordent
à décrire une détresse psychologique majeure liée à la révélation de la séropositivité
chez un nombre important de sujets. On cite : des réactions aiguës d'anxiété intense,
des dépressions, des somatisations.

7. Angoisses d'abandon et/ou de rejet :

Toutes les MSG sont ségrégatives, ce qui signifie que le sujet malade est exclu du
groupe des non-malades. Tout groupe humain sécrète en effet une pression de
conformisme qui le pousse à écarter les déviants.

III. Processus adaptatifs :

1. Mécanismes de défense (MDD) :

• le déni de la réalité : le plus puissant ;


• le clivage interne : le psychisme est scindé,.
• le refoulement.
• l'isolation : ne pas relier différentes informations afin que le tout ne prenne pas
sens.
• les rationalisations.
• l'idéalisation de la science et/ou des soignants.
• la sublimation : transcender l'angoisse de mort dans un but religieux et/ou de
restauration narcissique (être plus fort que la mort)

2. Conduites défensives :

a. Conduites obsessionnelles : Le patient suit méticuleusement les prescriptions


médicales et les traitements qui ritualisent sa vie.
b. Conduites phobiques : Ne rien savoir et déléguer toute responsabilité au
médecin ou à l'entourage.

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c. Agressivité.
d. Régressions.
e. Défenses sadiques : Elles n'existent sous forme pure que dans le SIDA, parce
qu'il s'agit d'une maladie transmissible. Certains sujets infectés, dissimulant leur
séropositivité, n'hésitent pas à infecter autrui.

IV. Complications psychiatriques :

1. Dépression.
2. Anxiété.
3. Suicide.
4. Autres pathologies psychiatriques : Toutes les pathologies psychiatriques
préexistantes se rencontrent. Elles sont en général aggravées par la maladie et
gênent son traitement.

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