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Sup’Management School

SUPMANAGMENT SCHOOL Année académique : 2019/2020

Enseignant : DJIMTEBAYE NATOYOUM GUY


Doctorant en sciences économiques
Consultant en fiscalité

Cours Gestion Budgétaire Page 1


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INTRODUCTION GENERALE
Gérer (une entreprise) c’est prévoir, organiser, commander, coordonner, contrôler… Prévoir, c’est à la fois
évaluer l’avenir et le préparer, prévoir c’est déjà agir… La gestion repose sur la prévision : faire de la gestion
budgétaire dans une entreprise, c’est faire de la gestion prévisionnelle. Gestion budgétaire et gestion
prévisionnelle sont deux expressions synonymes. En économie d’entreprise, une prévision est appelée « budget
». Les budgets de l’entreprise ne doivent pas être confondus avec les budgets des administrations. Dans
l’entreprise un budget est une prévision, alors que dans l’administration il est plutôt une allocation (une
autorisation) de dépenses.

Qu’est-ce que la gestion budgétaire ? C’est une technique de gestion qui consiste à partir d’une prévision
objective des conditions internes et externes d’exploitation, de fixer à l’entreprise, pour une période définie, un
objectif, ainsi que les moyens nécessaires pour l’atteindre.

1. les conditions internes et externes d’exploitation

Les conditions externes désignent le marché, la conjoncture, les choix politiques, les possibilités
d’approvisionnement en matières premières.

Les conditions internes quant à elles désignent la qualité et la qualification du personnel, les capacités
productives de l’entreprise, etc.…

2. L’objectif

L’objectif c’est le but à atteindre. Exemple : accroître notre chiffre d’affaires de X%, par exemple. Mais
l’objectif doit être échéancé : accroître notre chiffre d’affaires de X% d’ici un an. Et les moyens doivent être
définis. Dans la notion d’objectif but et moyens forment un couple inséparable.

3. La période

Au sens strict de la gestion budgétaire, la prévision couvre une période d’un an. Cette prévision à un an s’inscrit
évidemment dans une prévision à plus long terme (cinq ans par exemple) qui traduit la politique, la stratégie de
l’entreprise. Le rapprochement Chaque mois l’entreprise va comparer les résultats prévus avec les résultats
réels. De cette comparaison résultera (ou non) une déviation qu’on appelle un écart.

Ces écarts sont soumis à une analyse qui doit permettre de mettre en évidence les causes mais aussi les
responsables de cet écart et de prendre des mesures correctives. Le rapprochement des données prévues et des
données réelles ainsi que l’analyse des écarts qui en résulte, constituent ce qu’on appelle le contrôle budgétaire.

Il y a donc deux phases dans la gestion budgétaire : La phase d’élaboration des budgets ; Et, la phase du
contrôle budgétaire.

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4. La procédure budgétaire :

4.1. Définition du budget :

Le budget représente un chiffrage des objectifs et/ou des moyens ; il est exprimé en valeur et/ou en quantité.

Un budget peut aussi être défini comme « l’expression quantitative et financière d’un programme d’action
envisagé pour une période donnée. Le budget est établi en vue de planifier l’exploitation future et de contrôler a
posteriori les résultats obtenus.»

Le budget est donc un plan écrit qui doit servir d’outil de planification et de suivi.

4.2. Les étapes de la procédure budgétaire :

La procédure budgétaire comprend cinq grandes étapes : Transmission des objectifs du plan opérationnel aux
responsables des centres ; Elaboration d’un budget provisoire par ces responsables ; Les budgets provisoires
sont regroupés pour tester leur cohérence ; Elaboration des budgets définitifs ; Et, suivi et actualisation des
budgets en fonction des évolutions et des réalisations.

4.3. L’articulation des budgets :

On distingue quatre catégories de budgets :

- Les budgets d’exploitation : ils comprennent le budget commercial (budget des ventes et budget des frais de
commercialisation), le budget de production et le budget des approvisionnements.

- Le budget des investissements : il recense les engagements à court terme qui découlent des projets
d’investissement de l’entreprise.

- Le budget des frais généraux (charges de structure) : il regroupe les charges liées à l’administration générale
de l’entreprise.

- Le budget de trésorerie : traduit les données budgétisées en terme d’encaissements et de décaissement, et


permet le suivi régulier de la situation de trésorerie de l’entreprise. L’élaboration des documents de synthèse
prévisionnelle constitue la dernière étape de la construction budgétaire.

5. le contrôle budgétaire

Le contrôle peut se définir comme; la comparaison permanente des résultats réels et des prévisions chiffrées
figurant dans les budgets et ce pour :

- rechercher les causes des écarts

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- informer les différents niveaux hiérarchiques

- prendre des mesures correctives

- apprécier l'activité des responsables budgétaires

Le contrôle budgétaire est une fonction partielle du contrôle de gestion qui doit :

- définir les centres de responsabilité

- servir de liaison et d'arbitrage entre les centres de responsabilité en définissant les modalités de cession entre
eux

- décider du degré d'autonomie déléguée aux centres et faire respecter les orientations de la politique générale
de l'entreprise

- mettre en place des unités de mesure des performances (les tableaux de bord) connues et acceptée par les
responsables.

PLAN DU COURS

Ière partie : Gestion financière

Chapitre 1 : Gestion budgétaire des ventes

Chapitre 2 : Gestion budgétaire de la production

Chapitre 3 : La gestion budgétaire des approvisionnements

Chapitre 4 : La gestion budgétaire des investissements

Chapitre 5 : Le budget de trésorerie

Chapitre 6 : Le budget général et le contrôle budgétaire

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CHAPITRE I : GESTION BUDGETAIRE DES VENTES (Le Budget des ventes)

C’est la première construction du réseau des budgets d’une entreprise, elle est définie comme « un chiffrage en
volume permettant de situer le niveau d’activité des services commerciaux et un chiffrage en valeur des recettes
permettant de déterminer les ressources de l’entreprise. ».
La connaissance des ventes futures conditionne les budgets avals tels que la production, les approvisionnements
et l’équilibre financier de l’entreprise.

Les prévisions de vente dépendent à la fois des données du passé (évolution des ventes dans le passé) et des
projections futures quant à l’évolution de la demande.

I- Les techniques de prévision :


Il existe plusieurs techniques de prévision qui n’ont pas toutes les mêmes objectifs, les plus courantes sont :

1. Les études de marché, les abonnements à des panels, les marchés tests :
Sont des méthodes qui permettent de connaître au mieux la demande du produit et le marché potentiel de
l’entreprise. Ces derniers dépendent de la stratégie poursuivie, des efforts commerciaux envisagés, des réactions
des marchés et de la concurrence et de l’évolution de la conjoncture économique.

2. L’exploitation des fichiers clients :


Ces fichiers doivent fournir les informations sur le marché potentiel représenté par les clients et les activités
actuelles avec les clients ventilées par produits et par zones géographiques.

3. Les techniques d’ajustement :


Ces techniques s’appuient sur l’étude chiffrée des données relatives aux ventes passées du produit. La prévision
sur l’état futur des ventes est obtenu par l’extrapolation des tendances passées dont on suppose la régularité.

3.1 La méthode des moyennes mobiles :

Il s’agit de représenter la série statistique en substituant à la valeur observée yi, une valeur ajustée y’i calculée
de la manière suivante:

Y’i = a.yi-1 + byi + cyi+1/ a+b+c

a, b et c sont des coefficients de pondération. Le nombre des observations (ici 3) nécessaire pour le calcul de la
valeur ajustée y’i dépend de la périodicité du phénomène étudié.
Dans le cas d’historique des ventes données en trimestre (périodicité de 4) les moyennes mobiles se calculent
comme suit :

Y’i = 1/4 {((1/2).yi-2) + yi-1 + yi + yi+1+ ((1/2).yi+2)}

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NB: somme des coefficients = périodicité de la série statistique.

3-2 Ajustement par la technique des moindres carrés :

Il s’agit ici d’une technique qui consiste à trouver une fonction qui exprime la corrélation entre les ventes et le
temps.

Cette fonction est du type y = ax + b où y représente les ventes et x représente le temps.

Avec a = ∑ (xi – x) (yi – y) = y – ax .


∑ (xi – x)²

Exemple : soit les ventes d’une entreprise en fonction du temps

Temps (x) 2 3 4 5 6

Ventes (y) en 7 10 15 18 23
milliers de dh

Les calculs sont regroupés dans le tableau suivant :

Xi Yi xi yi xi² Xi = xi -x Yi = yi – y Xi² XiYi


2 7 14 4 -2 -7 4 14
3 10 30 9 -1 -4 1 4
4 15 60 16 0 1 0 0
5 18 90 25 1 4 1 4
6 20 120 36 2 6 4 12
20 70 314 90 0 0 10 34
x=4 y = 14

a = 3,40 b = 0,4

La fonction sera donc y = 3,40x + 0,4

Ainsi pour x = 7 (par exemple 7ème mois), les ventes serait de y = 3,4*7 + 0,4 donc y =24,2.

3-3 La technique des séries chronologiques :

Une série chronologique est une série statistique représentant l’évolution d’une variable économique (ici les
ventes) en fonction du temps.

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a- composantes d’une série chronologique :

La tendance à long terme ou Trend noté T ; il exprime la tendance du phénomène à long terme.
Le mouvement cyclique noté C ; il exprime les fluctuations liées à la succession des phases des cycles
économiques ou conjoncture. Il est fréquemment regroupé avec le trend dans un mouvement global
qualifié d’extra-saisonnier et noté C.

Les variations saisonnières, notées S. Ce sont des fluctuations périodiques qui se superposent au mouvement
cyclique et dont les causes sont multiples : congés annuels, phénomènes de mode de vie, facteurs climatiques.
Elles obligent au calcul de coefficients saisonniers.
Les variations résiduelles ou accidentelles notées E. Ce sont des variations de faible amplitude imprévisibles
telles que des grèves, des accidents …

Ces composantes peuvent être organisées selon deux modèles :

 Un modèle additif yi = Ci + Si + Ei, cela suppose une indépendance des différentes composantes entre
elles.

 Un modèle multiplicatif yi = Ci (1 + Si) (1 + Ei ) , dans ce cas le mouvement saisonnier est considéré


comme proportionnel au mouvement extra saisonnier, et les aléas proportionnels aux deux mouvements
précédés.

b – Méthodes de calcul des coefficients saisonniers (la méthode des rapports au trend).
Cette méthode consiste à :

Déterminer la droite des moindres carrés qui ajuste la série chronologique.

Calculer les valeurs ajustées y’i grâce à l’équation précédente.

Faire le rapport entre la valeur yi réellement observée et la valeur y’i ajustée et ce, pour chaque observation.
Prendre pour chaque période (mois ou trimestre), le rapport moyen qui sera considéré comme le coefficient
saisonnier de la période.
Exemple : considérons la série suivante.

Trimestre années 1 2 3 4
1 1000 1200 1400 1150
2 1050 1350 1500 1300
3 1100 1450 1700 1400
4 1250 1650 1850 1550
Le calcul des paramètres de la droite donne : a= 35,5882 b= 1066,25

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Les valeurs ajustées par cette équation sont données dans le tableau suivant :

Trimestre années 1 2 3 4
1 1101,84 1173,43 1173,01 1208,60
2 1244,19 1279,78 1315,37 1350,96
3 1386,54 1422,13 1457,72 1493,31
4 1528,90 1564,49 1600,07 1635,66
Les rapports entre valeur réelle et valeur ajustée sont donnés dans le tableau suivant :

Trimestre années 1 2 3 4
1 0,9076 1,0550 1,1935 0,9515
2 0,8439 1,0549 1,1404 0,9623
3 0,7933 1,0196 1,1662 0,9375
4 0,8176 1,0547 1,1562 0,9476
Coefficients 0,8406 1,0461 1,1641 0,9497
saisonniers bruts
Coefficients 0,84 1,05 1,16 0,95
saisonniers arrondis
c– prévision des ventes :
La prévision qui peut être faite est fondée d’une part, sur l’hypothèse que les années à venir connaîtront la
même tendance générale que les années passées ; et d’autre part, sur un calcul correct des coefficients
saisonniers mensuels.

Méthodologie :
 L’équation générale du mouvement extra saisonnier est utilisée pour prévoir la tendance à long terme
des quatre prochains trimestres. L’équation est y’= 35,5882x + 1066,25. Dans notre exemple, les valeurs
de y’ seront calculées pour x égal à 17,18,19 et 20.
 Des coefficients saisonniers sont appliqués aux valeurs trouvées pour tenir compte des fluctuations
saisonnières.
Exemple :
Trimestre années 1 2 3 4

Prévisions du mouvement extra saisonnier 1671,25 1706,84 1742,43 1778,01

Coefficients saisonniers 0,84 1,05 1,16 0,95

Prévisions de ventes 1403,85 1792,18 2021,22 1689,11

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II – La budgétisation des ventes :

1. Procédures d’élaboration des budgets commerciaux :

Le travail de prévision permet la connaissance des possibilités commerciales de l’entreprise et la fixation des
objectifs aux services commerciaux.

La prévision retenue, souvent sous deux hypothèses, une hausse et une basse permet à la direction commerciale
de définir les moyens à mettre en œuvre pour réaliser ces objectifs. Elle définit ainsi les variables d’action qui
seront la base d’un plan d’action commercial.

Les principales variables d’action sont :

 les tarifs pratiqués,


 les ristournes à consentir,
 les actions de promotion,
 les choix de distribution,
 les effectifs de la force de vente.
Le plan d’action doit faire l’objet d’un pré chiffrage acceptable dans la mesure où il engendre la consommation
des ressources.

2. Les différents budgets des services commerciaux :


a. Le budget principal des ventes :
Ce budget constitue l’expression chiffrée des ventes de l’entreprise par type de produits, en quantité et prix.
Il est souvent utile d’obtenir les prévisions par rapport à plusieurs critères (temps, zones géographiques,
clientèle …etc.)

- La prévision des quantités :


La prévision des ventes en quantités prend en compte des variables internes (capacités productives et
commerciales) et externes (conjoncture et législation), une telle prévision s'appuie :
- Sur des méthodes qualitatives.
- Sur des méthodes quantitatives.

- La prévision des prix :


Les prix de vente à estimer sont les prix courant des périodes futures, ils sont obtenus soit par
extrapolation des prix actuels, soit par une décision dans le cadre d'une politique commerciale.
La prévision des prix de ventes résulte de la prise en compte de données et de considérations d'origine :
- Interne : politique de prix, cout de revient, …etc.
- Externe : prix du marché, législation, concurrence, …etc.
b- La structure de budget des ventes :

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Le tableau de budget des ventes comprend : les périodes, les ventes en quantités, les prix de ventes hors
taxes, le chiffre d'affaires hors taxes, le taux de la TVA, la valeur de la TVA et le chiffre d'affaires en TTC.

Période 1 Période 2 Période N

Ventes (quantités)

Prix (HT)

Chiffre d'affaires (HT)

TVA (17%)

Chiffre d'affaires (TTC)

Exemple :
Dans une entreprise, les prévisions des ventes pour les quatre trimestres de l'année prochaine sont comme
suit :

1er Trimestre 2ème Trimestre 3ème Trimestre 4ème Trimestre


Ventes (en volume) 5000 1T+20%1T 2T–10%1T 3T+15%3T

Le prix de vente hors taxes est de 120 DA avec une augmentation de 25 % à partir de 01/07/N+1, le taux
de TVA est de 17 %.
Travail à faire : élaborer le budget des ventes.
Solution :

1er Trimestre 2ème Trimestre 3ème Trimestre 4ème Trimestre

Ventes (quantités) 5000 6000 5500 6325

Prix (HT) 120 120 150 150

Chiffre d'affaires (HT) 600.000 720.000 825.000 948.750

TVA (17%) 102.000 122.400 140.250 161.287,5

Chiffre d'affaires (TTC) 702.000 842.400 965250 1.110.037,5

c- La ventilation des ventes :

La ventilation des ventes se fera en fonction des centres d'intérêt retenus dans l'entreprise. Plusieurs
documents sont en général présentés compte tenu de la typologie retenue, tous ces documents sont regroupés
dans un budget global qui précise l'ensemble des ventes.

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N.B : un tableau sera réservé à chaque type de ventilation (un tableau pour chaque produit, un tableau pour
chaque région …etc).

- La ventilation par produit :

Cette ventilation se fera par produit ou par catégorie de produit. C'est surtout l'étendue de la gamme qui
constitue le critère déterminant. Si la gamme est peu étendue, il sera possible de présenter un document pour
chaque produit, sinon il faudra procéder à des regroupements.

Produit 1

Période 1 Période 2 Période N

Chiffre d'affaires

- La ventilation chronologique (par période) :

Cette ventilation se fera par période (semestres, trimestres, mois et semaines), le mois est souvent une
période satisfaisante pour la budgétisation.

Période 1

Chiffre d'affaires

- La ventilation géographique (par région) :

Cette ventilation se fera par région, elle est importante car elle sert à préparer les quotas qui seront fixés
aux vendeurs.

Région 1

Période 1 Période 2 Période N

Chiffre d'affaires

- La ventilation par canal de distribution :

Cette ventilation se fera par canal de distribution.

Canal 1

Période 1 Période 2 Période N

Chiffre d'affaires

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d- Le budget des frais commerciaux :

Il faudrait établir un budget des frais commerciaux qui comprennent en général :

 la force de vente
 la publicité et la promotion des marques
 l’administration de la force commerciale,
 les transports et la logistique de distribution,
 le conditionnement …etc.
Ces budgets établis en fin de l’année N serviront de référence tout au long de l’année N+1. Les réalisations de
l’entreprise y seront régulièrement confrontées pour le calcul et l’analyse des écarts et pour la mise en œuvre
des actions correctives pour une meilleure gestion de l’entreprise.

III- Le contrôle du budget des ventes (L’analyse de l’écart sur chiffre d’affaire)

Le contrôle de budget des ventes est la comparaison entre les ventes réalisées et les ventes prévues.

1- L'écart total sur ventes :

Lorsqu'un suivi des ventes à été mise en place, le contrôleur dispose a posteriori de données
prévisionnelles et réelles, l'écart total sur chiffre d'affaires est :

Ecart total = Chiffre d'affaires réelles – Chiffre d'affaires prévisionnelles

Un écart positif indique un accroissement du chiffre d'affaires par rapport aux prévisions, donc un écart
favorable (un boni).
Un écart négatif indique une perte de recettes, donc un écart défavorable (un mali).
2- La décomposition de l'écart sur ventes :
Le chiffre d'affaires est le produit de la quantité vendue par le prix de vente, deux causes peuvent donc
expliquer un écart sur les ventes
- Un écart de quantité : quantité réelle – quantité prévue.
- Un écart de prix : prix réelle – prix prévue.
La décomposition en deux sous-écarts de l'écart total exprimé en unités monétaires impose une évaluation
des écarts de quantité et de prix, plusieurs solutions sont possibles. Celles généralement retenues permettent en
particulier d'assurer une égalité avec l'écart total, elles consistent :
- A évaluer l'écart sur quantité, qui est l'écart de quantité au prix prévu

Ecart sur quantité = (quantité réelle – quantité prévue) x prix prévu

- quantifier l'écart sur prix, qui est l'écart de prix avec la quantité réelle.
-

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Ecart sur prix = (prix réel – prix prévu) x quantité réelle

Un écart positif ou boni représente des recettes supplémentaires.


Un écart négatif ou mali représente des manques à gagner.

3- Formulation et synthèse :

Soient les données suivantes pour une entreprise :

Quantité Prix Chiffre d'affaires

Réelles QR PR CAR

Prévues QP PP CAP

Les formules des différents écarts sont alors :

Ecart total sur ventes

Etotal = Σ (CAR – CAP)

Ecart sur quantité Ecart sur prix

(écart de quantité au prix prévu) (écart de prix par la quantité réelle)

Equantité = Σ [(QR – QP) PP] Eprix = Σ [(PR – PP) QR]

Vérification : Equantité + Eprix = Etotal

Exemple :
Soit le budget des ventes d’une entreprise qui commercialise quatre familles de produits :

Famille Quantités Prix moyen Chiffre d’affaire


A 2000 150 300 000
B 4200 100 420 000
C 700 250 175 000
D 500 400 200 000
Total 7400 1 095 000
Les données réelles pour la même période sont les suivantes :

Famille Quantités Chiffre d’affaire Prix moyen


A 2500 350 000 140

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B 5000 500 000 100


C 800 216 000 270
D 200 60 000 300
Total 8500 1 126 000
E/CA = CA réel – CA pré

= 1126000 – 1095000 = 31000 (favorable).

Un chiffre d’affaire est constitué de deux composantes : prix et quantité dont les influences doivent être
analysés, c’est l’objet de la décomposition de premier niveau.

3-2 Décomposition en deux sous écarts :


L’écart global peut être divisé en :

Ecart sur prix = (prix réel – prix budgété) * Quantité réelle.

E/ Volume = (Quantité réelle – Quantité budgété)*Prix budgété.

Exemple :
Tableau de calcul de l’écart sur prix :

Famille Prix réel Prix budgété Quantité réelle Ecart/prix


A 140 150 2500 -25 000 Déf.
B 100 100 5000 –
C 270 250 800 +16 000 Fav
D 300 400 200 -20 000Déf.
Total -29 000 Déf.

Tableau de calcul de l’écart sur volume :

Famille Quantité réelle Quantité budgétée Prix budgété Ecart/volume


A 2500 2000 150 +75 000 Fav.
B 5000 4200 100 +80 000 Fav.
C 800 700 250 +25 000 Fav.
D 200 500 400 -120 000 Déf.
Total +60 000 Fav.
L’écart sur volume regroupe deux aspects dont l’évolution peut être contradictoire : l’augmentation des ventes
peut provenir d’une meilleure implantation sur le marché mais elle peut être réalisée sans respecter la
composition des ventes prévues. D’où la nécessité de décomposer l’écart sur volume.

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Décomposition de l’écart sur volume

 E/volume global = (Qté totales réelle – Qté prévues) * Prix moyen budgété.

Exemple:

Le prix moyen budgété = CA prévues / Qté totale budgétée soit : 147,9729. E/volume global = (8500 – 7400)*
147,97 = +162 767 Favorable.

 E/composition des ventes = (prix moyen préétabli – prix moyen budgété)*Qté totale réelle.

Exemple :

calcul du CA préétabli (multiplication par famille de produits des quantité vendues par le prix prévu dans le
budget) = (2500*150)+(5000*100)+(800*250)+(200*4000)=1155000 pour 8500 produits vendus, soit un prix
moyen préétabli de 135,8823.

E/composition de ventes = (135,88-147,97)*8500= -102765 Défavorable.

 D’où E/volume = E/vol. global + E/composition des vente

- Intérêt des calculs

La possibilité d’un calcul précoce par rapport aux réalisations permet d’avoir une vision partielle de la qualité
de gestion des services commerciaux et peut autoriser des actions correctives très rapides surtout en cas de
dérapages sur les prix ou de non-respect des compositions des ventes prévues.

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CHAPITRE II : LE BUDGET DE PRODUCTION (EN VOLUME)


Le budget de production est établit de manière subséquente par rapport à celui des ventes, de telle sorte
qu'il respecte les contraintes.
La gestion budgétaire de la production à pour mission de prévoir la quantité à produire et d'optimiser le
programme de production.
La planification de la production est indispensable afin de confronter l'ensemble des prévisions des ventes
aux contraintes propres de la production, ces contraintes résultent :
- Des capacités installées qui ne sont pas modifiables à court terme.
- Des délais à respecter.
- Des couts à ne pas dépasser.
- Des ressources humaines disponibles.
I- Contraintes de la production :
Les principales contraintes de production peuvent être classées en trois rubriques :

Main d'œuvre : il s'agit des moyens humains disponibles, personnel ayant la qualification requise et
personnel intérimaire.

Moyens matériels : il s'agit des moyens actuellement en place, augmentés éventuellement des moyens
supplémentaires prévue ou possibles.

Matières première : il s'agit des matières premières nécessaires pour la production.
II- La programmation de la production
La gestion budgétaire de la production comporte une phase d'étude du programme de production qui
maximise le bénéfice. Des méthodes mathématiques, telles que la programmation linéaire, aident à déterminer
le programme optimal.
1- La programmation linéaire :
La programmation linéaire c'est une méthode de recherche opérationnelle qui permet de déterminer
l'optimum d'une "fonction économique" en tenant compte de contraintes.

La fonction économique : c'est une équation qui représente une valeur que l'on cherche à optimiser, il peut
s'agir soit d'un résultat ou un chiffre d'affaires que l'on cherche à maximiser, soit d'un cout que l'on cherche
à minimiser.

Les contraintes économiques : sont décrites par des inéquations qui représentent les différentes contraintes
de production.
2- Le programme linéaire :
x1,x2, …, xn  0 Contraintes de non-négativité
a1.1x1 + a1.2x2, …+a1.n xn  b1
a2.1x1 + a2.2x2, …+a2.n xn  b2 Contraintes économiques
…………………………………………..
am.1x1 + am.2x2, …+am.n xn  bm

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Max Z= z1.x1 + z2x2 + … + znxn Fonction économique


- Les variables x1,x2, …, xn représentent les quantités à produire des produits P1, P2, …, Pn.
- Les paramètres z1, z2, …, zn sont les marges unitaires sur couts variables des produits P1, P2,
…, Pn.
- Les paramètres aij sont des coefficients techniques.
- b1, b2, …, bn sont des constantes.
- i c'est le nombre des contraintes.
- j c'est le nombre des variables.
La résolution du programme de production consiste à trouver une solution optimale (maximisation ou
minimisation de la fonction économique) en respectant les contraintes.
Exemple :
Une entreprise fabrique et vend deux produits A et B sur lesquels elle réalise respectivement une marge
unitaire de 75 et 100 DA. Elle utilise deux machines M1 et M2 pour fabriquer ces produits, la fabrication d'une
unité de A nécessite une heure de machine M1 et une heure de machine M2, la fabrication d'une unité de B
nécessite deux heures de machine M1 et une heure de machine M2. L'atelier est équipé de 5 machines de type
M1 et de 3 machines de type M2 pouvant fonctionner chaque jour 8 heures.

Travail demandé : présentez le programme linéaire et faites la programmation de la production quotidienne


pour cette entreprise.

Solution :

Produits
Nombre des machines Capacité productive
A B

M1 1 2 5 8
Machine
M2 1 1 3 8

Marges 75 100

x 1, x 2  0 Contraintes de non-négativité
x1 + 2x2  40
x1 + x2  24 Contraintes économiques
Max Z= 75x1 + 100x2 Fonction économique

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III- Structure de budget de production :

Ce budget permettra d’évaluer les quantités à produire en fonction du budget de ventes et des différents
stocks existant dans l’entreprise. De plus, il faudra toujours prévoir un stock minimum garantissant une certaine
sécurité en cas d’éventuels de production.
La formule de prévision de la quantité à produire est :

Quantités à produire = Quantités à vendre – Stock initial + Stock final.

Période 1 Période 2 Période N


Quantité à vendre
Stock initial
Stock final
Quantité à produire
Exemple :
Dans une entreprise de production, les prévisions des ventes pour les quatre trimestres de l'année
prochaine sont comme suit :

1er Trimestre 2ème Trimestre 3ème Trimestre 4ème Trimestre


Ventes (en volume) 4000 5500 4800 4500

La politique de stockage est la suivante :


- L'entreprise conserve au début de chaque trimestre une quantité de 20 % des prévisions de vente durant
le trimestre en question.
- Stock de produit fini au 31/12/n+1 sera 980 unités.

Travail à faire : élaborer le budget de production (en volume).

Solution :

1er Trimestre 2ème Trimestre 3ème Trimestre 4ème Trimestre


Quantité à vendre 4000 5500 4800 4500

Stock initial 800 1100 960 900

Stock final 1100 960 900 980

Quantité à produire 4300 5360 4740 4580

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CHAPITRE III : LE BUDGET DES APPROVISIONNEMENTS

Le budget des approvisionnements permet de s'assurer que les matières nécessaires à la production seront
disponibles en quantités suffisantes.
Les prévisions de la production permettent de déterminer les besoins de l'entreprise en matières
premières.

Stock initial

Programme de Besoins en matières Programme des


production premières approvisionnements

Stock final

La gestion budgétaire des approvisionnements comporte deux phases : la première phase c'est l'étude de
la politique d'approvisionnement en vue de minimiser le cout de l'approvisionnement, des méthodes
mathématiques aident à choisir la politique optimale, la deuxième phase c'est la mise en forme du budget des
approvisionnements.

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I- La fonction approvisionnement :

La fonction approvisionnement a pour mission de satisfaire les besoins en matières premières,


composants, fournitures et services divers nécessaires à la réalisation de programme de production.
La fonction approvisionnement regroupe essentiellement deux fonctions :
1- La fonction achat :

Cette fonction englobe :


1. La passation des commandes.
2. L'obtention des livraisons.
3. La recherche des meilleurs fournisseurs.
4. La recherche des meilleurs produits.

2- La fonction stockage :
Cette fonction englobe :
Le contrôle qualitatif et quantitatif des commandes.
Manutention et gardiennage.
Distribution des matières aux services utilisateurs.

II- Le cout d'approvisionnement :

2.1. Le cout d'achat : comprend le prix d'achat et les frais d'achat.


2.2. Le cout de possession (de stockage) : comprend les frais d'assurances du stock contre les risques
divers (incendie, vol, etc), le cout des moyens de stockage (locaux, personnel, matériel).
2.3. Le cout administratif : comprend les frais administratif de la fonction approvisionnement.
2.4. Le cout de pénurie : c'est le cout de la conséquence d'une rupture de stock.

III- Structure de budget des approvisionnements :

L'objet de ce budget est de déterminer les quantités de matières premières et autres fournitures
nécessaires au programme de production, et la valorisation de ces quantités.

Le budget des approvisionnements peut être décomposé en deux sous-budgets :




Le budget des achats : qui comprend lui-même deux sous-ensembles :
Le programme des achats, établi en unités physiques.
Le budget des achats, qui est la traduction en unités monétaires du programme des achats.


Le budget des frais d'approvisionnements : qui comprend lui-même deux sous-ensembles :
Frais variables et frais fixes.
Charge liées à l'existence et à la valeur des stocks.

Les formules de calculs pour la prévision des approvisionnements :

Quantités à consommer = Quantité à produire x quantité de la matière première nécessaire.

Quantités à acheter = Quantité à consommer – stock initial + stock final.

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Période 1 Période 2 Période N

Quantité à produire

Quantité de la MP nécessaire

Quantité à consommer

Stock initial (matière première)

Stock final (matière première)

Quantité à acheter

Prix d'achat (HT)

Cout d'achat (HT)

TVA (%)

Cout d'achat (TTC)

Autres couts d'approvisionnement

Cout total d'approvisionnement

Exemple :
L'entreprise E fabrique le produit P à partir de la matière première M, la fabrication d'une unité de
P nécessite 3 unités de M, le prix d'achat unitaire de la matière M est de 500 DA (HT), le taux de la
TVA est de 17 %, les prévisions de la production pour l'année N+1 sont les suivantes :

1er Trimestre 2ème Trimestre 3ème Trimestre 4ème Trimestre


Production (en volume) 4300 5360 4740 4580

La politique de stockage de la matière première est la suivante :


- L'entreprise conserve à la fin de chaque trimestre une quantité de 35 % des besoins de production
du trimestre prochain.
- Stock de la matière première au 31/12/N+1 est 4220 unités.
Le cout de stockage trimestriel d'une unité de M se monte à 5 DA.

Travail à faire : élaborer le budget des approvisionnements.

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Solution :

1er 2ème 3ème 4ème


Trimestre Trimestre Trimestre Trimestre

Quantité à produire 4300 5360 4740 4580

Quantité de la MP nécessaire 3 3 3 3

Quantité à consommer 12900 16080 14220 13740

Stock initial (matière première) 4515 5628 4977 4809

Stock final (matière première) 5628 4977 4809 4220

Quantité à acheter 14013 15429 14052 13151

Prix d'achat (HT) 500 500 500 500

Cout d'achat (HT) 7.006.500 7.714.500 7.026.000 6.575.500

TVA (17 %) 1.191.105 1.311.465 1.194420 1.117.835

Cout d'achat (TTC) 8.197.605 9.025.965 8.220.420 7.693.335

Autres couts d'approvisionnement 70065 77145 70260 65755

Cout total d'approvisionnement 8.267.670 9.103.110 8.290.680 7.759.090

- Contrôle de budget des approvisionnements :

Lorsqu'un suivi des approvisionnements à été mise en place, le contrôleur dispose a posteriori de
données prévisionnelles et réelles, l'écart total sur les approvisionnements est :

Ecart total = Cout des approvisionnements réelles – Cout des approvisionnements prévisionnelles

Le cout des approvisionnements est le produit de la quantité à acheter par le prix d'achat, deux
causes peuvent donc expliquer un écart sur les approvisionnements :

 Un écart sur quantité.

Un écart sur prix.

Les principaux écarts proviennent :

- D'une évolution imprévue de la consommation.


- De fautes des fournisseurs (non-respect des délais et des quantités).
- Des variations imprévues des prix.
- De fautes des services (rupture de stock).
- Des cause fortuites (grèves, accidents).

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