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Toxicologie : 

 
 
I. Introduction 
 
1.1 Définition :  
La toxicologie est la science qui étudie les poisons, leur détection leurs effets et leurs 
remèdes. On considère comme poison, toute substance qui après pénétration dans 
l’organisme provoque de façon passagère ou durable des troubles d’une ou plusieurs 
fonctions vitales, pouvant mener jusqu’à l’arrêt complet de ces fonctions et entraîne la mort. 
Au-delà de la dose toxique, un médicament peut devenir un poison. Les poisons peuvent 
pénétrer dans l’organisme par différentes voies. L’empoisonnement peut se faire par une 
seule dose élevée, ou par différentes petites doses répétées suffisamment longtemps. 
 
1.2 Toxicologie et posologie : 
Lors des essais qui précèdent la mise sur la moitié d’un médicament ; on détermine une 
dose maximale. Au-delà de cette dose, les effets secondaires apparaissent : 
 
 
 
 
 
 
Si la “C”plasmatique est inférieure à la dose thérapeutique, le médicament est inefficace.  
Si la “C” plasmatique est supérieure à la dose thérapeutique, le médicament devient toxique. 
 
1.3 Facteurs influençants la toxicité :  
- voie de pénétration,  
- en cas de voie cutanée, l’état de la peau, l’endroit d’application, le fait de mettre un 
pansement occlusif,  
- l’ethnie 
- l’âge 
- certaines pathologies : insuffisance rénale/hépatique 
- certains états physiologiques : grossesse. 
 
II. Interactions médicamenteuses  
 
Les interactions médicamenteuses peuvent être de 2 types :  
- interactions pharmacodynamiques : l’interaction se fait au niv. des récepteurs, des 
fonctions physiologiques, mais sans modification des concentrations plasmatiques,  
- interactions pharmacocinétiques : l’interaction se fait au niv. de l’absorption, des 
protéines, de la métabolisation. Il peut y avoir modification des concentrations 
plasmatiques.  
 
Les interactions pharmacocinétiques :  
- absorption : il peut y avoir un réaction qui diminue l’absorption ( ex : tétracyclines + 
antiacides = complexe insolubles), 
- au niv. des protéines : certains médicaments sont transportés par des protéines, 
plasmatiques ou tissulaires. Si 2 médicaments qui se fixent sur les mêmes protéines 
sont administrés en même temps, il peut y avoir compétition et déplacement du site 
de fixation. Cela peut entraîner un surdosage. 
 
 
 
 
 
 
 
 
Ex. d’interactions par compétition pour la fixation sur les problèmes plasmatiques :  
- anticoagulants oraux + aspirine (à dose >3g/j) : risque d’hémorragie, 
- anticoagulants oraux + miconazole 
- au niv. du foie mécanisme d’inhibition enzymatique : un médicament inhibiteur 
enzymatique M2 peut diminuer le métabolisme hépatique d’un M1, ce qui entraîne 
une augmentation des concentrations plasmatiques de M1 = risque de surdosage.  
 
 
 
 
 
 
Ex. statine + antifongiques azolés (itraconazole + kétoconazol) = risque de rhabdomyolyse 
ergotamine + macrolides = risque de nécrose des extrémités 
 
- au niv. du foie inductions enzymatiques : un médicament inducteur enzymatique M2 
peut augmenter le métabolisme hépatique d’un médicament M1 ce qui entraîne une 
baisse des concentrations plasmatiques de M1 et donc un risque d'inefficacité.  
 
 
 
 
 
Ex. anticoagulants oraux + millepertuis : inefficacité du traitement anticoagulant 
pilule + millepertuis  
 
- au niv. des reins : l’élimination rénale d’un médicament M1 peut être modifié par un 
médicament M2 par modification du pH urinaire. Compétition pour le transport actif, 
sécrétion tubulaire... 
Ex. méthotrexate + aspirine  
 
 
Les interactions pharmacodynamiques :  
 
 
 
 
 
 
1) M1 se fixe sur son récepteur, ce qui entraîne la libération d’un neuromédiateur et 
donc un effet sur l’organisme,  
2) M2 bloque le récepteur et empêche M1 de s’y fixer 
- pas de libération de neuromédiateur 
- pas d’effet (ou effet opposé) 
 
Interactions par synergie : 
Synergie : l’effet des 2 médicaments est potentialisé 
M1 : effet X 
M2 : effet X 
M1 + M2 = XXXX 
Ex. fibrate + fibrate : risque de rhabdomyolyse 
ergotamine + triptans : hypertension, vasoconstriction  
tétracyclines + isotrétinoïne = risque d’hypertension intra-crânienne 
 
 
Effets indésirables, interactions et précautions d’emploi des médicaments :  
 
1) Effets indésirables : un effet indésirable est une réaction néfaste non recherché 
apparaissant suite à la prise d’un traitement médicamenteux. Si la plupart du temps 
ces effets sont sans gravité, des réactions très graves voir mortelles sont possibles. 
Certains effets secondaires sont propres à une chose (effet de classe), d’autres sont 
propres à une molécule. Pour certains médicaments la différence entre la dose 
thérapeutique et la dose toxique est faible, ce sont les médicaments à marge 
thérapeutique étroite.  
Ex. digoxine, antiarythmiques, antagonistes de la vit. K. 
 
La pharmacovigilance :  
 
La pharmacovigilance est la détection d’effets indésirables des médicaments après leur 
commercialisation. il est important de signaler tout effet secondaire non renseigné dans la 
notice à l’AFMPS 
1) Allongement de l’intervalle QT ou risque de torsade de pointes. Les torsades de 
pointes sont des tachycardies ventriculaires associées à un allongement de 
l’intervalle QT à l’ECG. Elles peuvent évoluer en fibrillation ventriculaire parfois 
mortelle. 
 
 
 
Principaux médicaments pouvant donner des torsades de pointe :  
- les antiarythmiques : flécaïnide, disopyramide, amiodarone, sotalol, 
- la dompéridone, 
- la méthadone, 
- les antipsychotiques et les antidépresseurs,  
- certains AB : quinolones, macrolides, 
- certains AH1 : misolas, ebastine. 
 
Facteurs de risque pour le développement de torsades de pointe :  
- âge > 65 ans,  
- sexe féminin,  
- cardiopathies,  
- troubles électrolytiques (Na,K, Cl…), 
- association de plusieurs médicaments ayant cet effet, 
- surdosage, dose excessive ou combinaison avec un médicament,  
- bradycardie association avec des médicaments bradycardisants (ex : B-bloquants). 
 
Les effets secondaires anticholinergiques :  
L'acétylcholine est le médiateur chimique du système nerveux parasympathique. Les 
anticholinergiques s’opposent aux effet s de l'acétylcholine.  
 
 
 
/  Acétylcholine  Anticholinergique 

Vaisseaux sanguins  Vasodilatateur  Vasoconstriction 

Système digestif  Contractions (péristaltisme)  Spasmolytique 

Bronches  Bronchoconstriction,  Bronchodilatation 


hypertension bronchique 
 
Médicaments ayant des effets anticholinergiques :  
- le bromhydrate de butylscopolamine (Buscopan),  
- anticholinergiques utilisés dans le traitement de l’asthme et de la BPCO, 
- anticholinergiques utilisés dans la maladie de Parkinson,  
- médicament contre l’incontinence urinaire : oxybutynine, vesicare,  
- certains antidépresseurs 
- certains antipsychotiques 
- certains AH1 : diphenhydramine, postafene, 
- antiépileptiques  
- Rythmodan 
 
Effets indésirables des anticholinergiques : 
- au niv. central : vertiges, parfois aussi confusion, agitation 
- sécheresse des yeux, 
- sécheresse de la bouche, aug. du risque de caries 
- diminution de la sudation, 
- nausées 
- constipation, 
- rétention urinaire 
- mydriase, troubles de l'accommodation 
 
3. Le syndrome sérotoninergique :  
Est causé par une accumulation de sérotonine dans la fente synaptique. Il provoque :  
- hyperthermie qui peut être fatale, 
- hyper-réflexie 
- agitation, myoclonies (contractions musculaires rapides et localisées) 
- convulsions 
- tachycardie ventriculaire pouvant être fatale. 
 
Médicaments provoquant le syndrome sérotoninergique :  
- les ISRS, 
- les IMAO, 
- d’autres antidépresseurs, 
- lithium, 
- millepertuis,  
- dextrométhorphane,  
- certains analgésiques morphiniques 
- certains antipsychotiques,  
- triptans,  
- dérivés de l’ergot. 
Remarques :​ le syndrome sérotoninergique survient suite à la prise d’un seul de ces 
médicaments. Le risque le + important est quand on associe un ISRS ou un IMAO à l’un des 
autres médicaments.  
 
4. L’hyperkaliémie :  
Est un taux élevé de potassium dans le sang. Elle peut provoquer des problèmes cardiaques 
allant jusqu’à des arythmies ventriculaires, ainsi que des problèmes neuromusculaires, dont 
une faiblesse musculaire qui peut aller jusqu’à la paralysie. Le K peut s’accumuler dans le 
corps.  
- En cas d’insuffisance rénale (attention chez les diabétiques et les personnes âgées) 
Lorsque les reins fonctionnent normalement, le K en excès est éliminé par les reins. 
- Lors de la prise de certains médicaments : IECA, sartans, inhibiteurs de la rénine, 
diurétiques d’épargne potassique, suppléments potassiques, héparines, AINS = 
problèmes en cas d’association de plusieur de ces médicaments.  
 
5. Abaissement du seuil convulsif :  
Convulsions : secousses musculaires involontaires d’un ou plusieurs membres voire de 
toute le corps. Certains médicaments, lorsqu'ils sont associés, peuvent provoquer des 
convulsions : antidépresseurs (ISRS), antipsychotiques (surtout la clozapine), stimulants 
centraux (Ritaline), quinolones, théophylline, tramadol. Avec ces médicaments prudence, si 
antécédents de convulsions et pour les alcooliques en cas d’arrêt brutal de la 
consommation.  
 
 
 

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