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Résumé
Dans un livre publié à Rome en 1943, mais dont une traduction anglaise vient de paraître, le P. R. Lombardi cherche à élargir au maximum les possibilités de salut pour tous les hommes (en référence à 1 Tim., II, 3), mais en se tenant dans les limites,posées par Hébr., XI, 6, d'une connaissance de l'existence de Dieu, rémunérateur de ceux qui le
Citer ce document Cite this document :
Congar Yves M.-J. Au sujet du salut des non-catholiques. In: Revue des Sciences Religieuses, tome 32, fascicule 1, 1958. pp.53-65
;
Fichier pdf généré le 05/04/2018
 
AU SUJET
DU SALUT
DES
NON CATHOLIQUES
S'il
nous fallait
dire
quelles
questions
reviennent
le
plus
souvent chez
les
étudiants,
en
France,
nous dirions
:
la
souffrance
des
innocents,
l'enfer,
l histoire
des
origines
et
le
péché
originel,
le
salut des
non-catholiques,
la
valeur
des
autres
religions.
Bref,
les
points
l'Economie
positive
du salut
rencontre
le
destin
d'une Humanité
qui
s'efforce
de penser rationnellement
sa
propre
histoire
et
son
avenir.
C'est pourquoi
nous
ne
pouvons que
prêter
la
plus
vive
et
la
plus
sympathique
attention
à
un
livre
de
400
pages
qui
se
présente
à
nous
sous
le
titre
prometteur
:
The
Salvation
of
the
Unbeliever.
Surtout
quand
nous
le
voyons
signé
du
nom
prestigieux
du
P.
Riccardo Lombardi
(1).
Le
P.
Lombardi
aborde la
question avec
l'intention
avouée
de
chercher
à
fonder
une réponse
aussi
large
et
optimiste
que
possible,
car
il
ressent
l'angoisse
que
provoque
le
fait
de
milliards
et
de
milliards
d'hommes
qui
ne sont
jamais
arrivés,
et
ne
pouvaient
pas-
Ci)
R.
Lombardi,
S.
J.,
The
Salvation
of
the
Unbeliever.
London, Burns
Oates,
1950
;
in-8° xvi-376
pp.
:
traduction
de
La
saZvezza
di
chi
non
ha
fede.
(.Onentamenti
e
Contribua,
6).
4a
ed .
Roma,
Ed.
'La
Civiltà
catrtolica',
1949,
710
pp.
La
présente Note
a
été
écrite
à
l'occasion
de
la
traduction
anglaise,
et
c'est à
cette
traduction
que
les
références sont
faites.
 
54
Y.
CONGAR
arriver
à
la
connaissance
explicite de
Jésus-Christ
et
de
son
Eglise.
Cette
solution
large
et
optimiste lui semble
autorisée,
voire
appelée,
par
le
texte
de
S.
Paul
:
«
Dieu
veut
que
tous
les
hommes
soient
sauvés
et
parviennent
à
la connaissance
de
la
vérité
»
(2).
Pourtant,
tout
comme
les
nombreux
auteurs catholiques
dont
il mentionne
ou
discute
les opinions,
il résiste
à
la
tentation
de
diminuer
la
difficulté
du
problème
;
il
écarte délibérément les
solutions
de
facilité.
Un
second
texte
de
S.
Paul
domine,
à
ses
yeux,
la
question,
qui
énonce,
celui-là, une exigence
minima,
mais
imperative
:
«
Celui qui s'approche
de
Dieu
doit
croire
qu'il
existe
et
qu'il
se
fait
le
rémunérateur de ceux
qui
le
cherchent»
(Hébr.
XI,
6).
Vraiment,
ces
deux
textes
pauliniens
sont
les
deux
colonnes
de
toute
l'entreprise
:
nécessité de
la
foi
en
Dieu
rémunérateur
nécessité
que
le
P.
Lombardi, avec
toute
la
tradition
catholique,
reconnaît
être
une
«
nécessité
de
moyen
»,
c'est-à-dire
une
nécessité
ontologique,
tenant
à
la
nature
même
des
choses,
non une nécessité
juridique,
de pur précepte
volonté, chez
Dieu,
de
salut
universel.
D'où
il suit
que
l'acte
de
foi,
rigoureusement
nécessaire pour le
salut,
est
réellement
possible
à
tous
les
hommes.
Telle
est
la
thèse
essentielle
d'un
livre
qui,
à
travers
une
discussion
détaillée des
diverses opinions
émises,
s'attache
à
préciser
dans quelles
conditions
tous
les
hommes
peuvent,
réellement,
poser
cet
acte de
foi.
Trop
exclusivement
dominé,
à
notre avis,
par
le
texte
de
l'épître
aux
Hébreux,
le
P. Lombardi
n'a
guère
d'attention
que
pour
les
conditions
objectives
de
l'acte
de
foi,
c'est-à-dire
du salut
(croire
en
Dieu
rémunérateur),
et
tout
son
effort,
répondant
à
son
propos
de
solution
aussi
large
que
possible,
consiste
à
trouver
ces
conditions
réalisées dans
une
portion
très
étendue
de
l'humanité. Non
seulement
les
communions
chrétiennes
non-catholiques,
mais
le
judaïsme
et
l'islamisme
proposent
à
leurs
adeptes
cet
objet matériel
minimum
de
la
foi.
Et
non seulement ces grandes
religions
monothéistes,
qui
se
rattachent expressément
au
tronc
historique de
la
Révélation
positive,
mais,
parmi
les
fausses
religions,
celles-là
même
qui
n'ont
aucune
attache
avec
la
Révélation
judéo-chrétienne
et
ne
peuvent
bénéficier,
tout
au
plus,
que d'un
écho
plus
ou
moins
problématique
de
la
Révélation
primitive
». Notons ces
pages
de
notre
auteur,
<2)
1
Tim.
II.
3.
Nous
serait-il
permis
d'évoquer
ici
un
souvenir
personnel
?
Au
cours
d'une
audience
particulière
de
S. S. Pie
XII,
en
mai
1946,
comme nous
disions
au
Saint-Père
notre
intérêt
particulier
pour
la
réunion
des
chrétiens
et
pour
le
protestantisme,
Sa
Sainteté
répondit vivement
:
«
Deus
vult
omnes
homines
salvos
fieri
».

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