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LES GUIDES
MONTCHREST!EN
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J.P.Docteur
Ravalée
en Droit
Avocat à la Cour
Maître de Conférence à l'ENE
Auditeur Agréé par l'IAS

L'audit social
et juridique

LES GUIDES
MONTCHREST!EN
158-160, r u e Saint-Jacques, 75005 PARIS

Direction, bureaux, vente aux libraires: 26, rue Vercingétorix, 75014 PARIS
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DU MÊME AUTEUR

- L'Administrateur Judiciaire, Dalloz, 1971.


- L'Audit Social, Lamy, fascicule janvier 1985.
- L'Audit Export, Jupiter (parution avril 1986).

(Q Editions Montchrestien, 1986.


Tous droits réservés pour tous pays.
I.S.B.N. 2-7076-0327-9.
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PRÉFACE

Dans le cadre de son activité professionnelle d'Avocat-Conseil, Jean-Paul


RAVALEC a parfois été étonné de rencontrer des hommes fort avertis des
principes du droit des entreprises et du droit du travail, mais dont les
pratiques paraissaient ignorer certaines conséquences élémentaires et fort
importantes de ces différents droits.
C'est d'abord pour les rassurer et les protéger des risques courus que,
de conseil, il est passé auprès de ces managers, en situation d'auditeur, tant
pour détecter les risques, que pour les prévenir.
Puis il s'est attaché à dépasser cette recherche des dangers et cette
prévention pour présenter les opportunités et les chances à exploiter.
L'auteur nous livre ses réflexions sur cette expérience concernant
l'audit social et juridique dans une présentation synthétique et pratique.
Premier ouvrage d'une collection qui se veut utile et accessible
immédiatement aux dirigeants, Jean-Paul RAVALEC nous présente en fiches,
graphiques, tableaux, l'essentiel de l'audit et de l'auditeur.
La première partie permet d'appréhender les différentes normes de
l'auditeur, sa méthodologie, ses techniques et outils utilisés. Cette présenta-
tion se termine par une approche générale, globale de l'entreprise.
La seconde partie présente quelques vingt-cinq cas d'audit social se
rapportant aux obligations de l'entreprise, aux relations avec les salariés et
avec les administrations du travail.
La troisième partie aborde l'audit juridique en plus de quarante
modèles d'audit concernant la constitution et le fonctionnement de
l'êntreprise, les contrats sociaux et les risques de l'entreprise.
L'auteur termine son ouvrage par une partie qui regroupe une
multitude d'informations au niveau de la bibliographie, des enseignements,
des revues et des associations représentant des travaux de recherches très
importants. Le lecteur y trouvera une masse d'informations très utiles pour
approfondir ses connaissances sur l'audit.
Pour la première fois, nous sont proposés des éléments d'approche et
de réflexion pour des définitions de quelques deux cents mots ou
expressions utilisés en audit social et juridique et un index alphabétique très
détaillé aide le lecteur dans ses différentes recherches.
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Le Juriste parle donc ici à des hommes d'entreprise, il parle leur


langage en considérant que l'audit — parmi d'autres moyens — doit les
aider à améliorer leurs résultats et à diminuer leurs pertes et leurs charges.
Un ouvrage utile et pratique donc, pour les moyens de travail qu'il
donne à certains, pour les sujets de réflexion qu'il ouvre à tous et pour les
pistes qu'il signale au goût des plus aventureux.

Raymond VATIER
Président de
l'Institut International de l'Audit Social
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TABLE DES MATIÈRES

PRÉFACE V
INTRODUCTION xi

TITRE 1
LES BASES COMMUNES À L'AUDIT JURIDIQUE ET SOCIAL

Introduction 3
A. Les audits juridiques et sociaux face aux autres audits 3
B. Définitions 4
C. Extensions et limites 6

1. Les n o r m e s 9
A. Les normes de l'auditeur : l'éthique 9
1. Les règles d'éthique applicables 12
2. La formation professionnelle 13
B. Les normes de travail de l'auditeur 15
1. Concernant la nature des travaux de l'auditeur 15
2. L'organisation des travaux de l'auditeur juridique et/ou social 16
C. Les normes du rapport d'audit juridique et/ou social 17

II. Méthodologie et t e c h n i q u e s de l'audit j u r i d i q u e et/ou social 25


A. La méthodologie 25
1. L'approche de l'audit juridique et/ou social 25
2. La démarche proposée par l'auditeur juridique et/ou social 26
a) Phase préliminaire : enquête 26
b) Appréciation des systèmes d'organisation 27
c) Travaux d'audit 27
B. Les techniques et les outils 27
C. Le rapport d'audit 28
Conclusion concernant les bases communes à l'audit juridique et social 29

III. La p r o c é d u r e d'audit e n tableaux 33


A. Présentation globale 33
B. Fiche de trois phases de procédure 36
Le contrat d'audit 36
Outils nécessaires à l'audit juridique et social 38
Rapport d'audit 40

IV. Audit de présentation générale de l'entreprise 43


Schéma de procès-verbal d'inventaire donnant la photographie de l'entreprise ....... 43
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TITRE II
L'AUDIT SOCIAL

Préambule 63
A. Plan du questionnaire d'audit social 63
B. Trame d'un projet de rapport d'audit sur les renseignements généraux de
l'entreprise sous l'angle social 64
C. Référentiel d'agenda social 69
D. Les grandes dates de l'histoire du droit du travail 75

1. L'entreprise et ses obligations sociales globales 79


Audit général en droit social 79
Audit social de la durée du travail 107
Audit de la flexibilité de l'emploi 126
Audit des institutions représentatives du personnel 133
Audit social sur le fonctionnement du Comité d'Entreprise 134
Audit du Comité d'Etablissement et Comité Central d'Entreprise 147
Audit du Comité de Groupe 151
Audit des Délégués du Personnel 155
Audit des Syndicats dans l'entreprise 160
Audit des délits d'entrave aux institutions représentatives du Personnel 168

II. Les salariés au sein de l'entreprise 179


Audit du contrat de travail 179
Audit du contrat de travail à durée déterminée 179
Audit du contrat de travail du salarié détaché à l'étranger 192
Audit de l'absentéisme 200
Audit du turn-over 207
Audit des accidents du travail et des accidents de trajet 209
Audit social de la rupture du contrat de travail à durée indéterminée 216
Audit des conflits du travail 225
Audit du salarié face aux difficultés de l'entreprise 238

III. L'entreprise et les administrations d u travail 243


Audit sur les relations entreprise/inspection du travail et direction départementale
du travail 243
Audit du contentieux général de la Sécurité Sociale 259
Audit du contrôle d'entreprise en hygiène et sécurité 268

TITRE III
L'AUDIT JURIDIQUE

Préambule
A. Fiche de renseignements de base pour un audit juridique 273
B. Informations externes à la disposition du chef d'entreprise ...................................... 275
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1. Audits de constitutions et f o n c t i o n n e m e n t s 289


Audit sur les différents choix de sociétés ou groupements 289
Audit sur la constitution de société 295
Audit sur les dirigeants 299
Audit sur les assemblées générales 304
Audit sur les conventions conclues entre la société et l'un de ses administrateurs 309
Audit sur l'information des actionnaires 312
Audit concernant les commissaires aux comptes 317
Audit sur les immobilisations 323
Audit juridique sur les comptes sociaux 328
Audit des variations de capital d'une S.A 333
Audit sur les fusions/scissions 338
Audit des filiales et participations 343
Audit sur les infractions relatives à la constitution et au fonctionnement des
entreprises 348
II. Contrats sociaux 353
Audit des conditions générales des contrats et conventions 353
Audit sur le bail commercial 356
Audit sur le crédit-bail 361
Audit du contrat de crédit-bail mobilier 364
Audit du contrat de crédit-bail immobilier 368
Audit de la location-gérance 373
Audit sur les contrats d'assurance 378
Audit des contrats de travail 384
Audit sur le contrat de commission 389
Audit sur le contrat de courtage 393
Audit du contrat de franchise 397
Audit du contrat de publicité 401
Audit du contrat de transport 405
Audit sur le choix du mode de transport 409
Audit du contrat de transport aérien 413
Audit du contrat de transport maritime 416
Audit du contrat de transport terrestre 421
Audit sur le contrat de sous-traitance 425
Audit du contrat de savoir-faire (know-how) 430
Audit du contrat d'ingénierie et d'équipement industriel 435
Audit sur les brevets d'invention 441
Audit sur les marques de fabrique 444
Audit sur les clauses de réserve de propriété 450
III. Risques de l'entreprise 455
Audit des risques clients 455
Audit de la détection des difficultés 462
Audit sur les entreprises en difficultés 469
Audit sur le risque informatique 475
Audit sur l'organisation du service juridique et contentieux de l'entreprise ............... 481
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TITRE IV
RECHERCHES APPROFONDIES
SUR L'AUDIT JURIDIQUE ET SOCIAL

1. Bibliographie par ordre alphabétique d'auteurs 487


H. Les enseignements de base et spécifiques. Colloques, congrès 501
m . Les revues et associations 509
IV. Les termes et abréviations intéressant l'auditeur juridique et social ............................... 519

INDEX ..................... """'"'''''''''''''''''''''''''''''''''''''''''''''''' ............................................................................. 551


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INTRODUCTION

Cet ouvrage n'a d'autres prétentions que celle d'être un guide d'audit, un
référentiel pour pratiquer l'audit juridique et social. Il constitue la divulgation d'un
savoir-faire tiré de réflexions et pratiques professionnelles donnant une démarche à
suivre en diverses circonstances.
Ces réflexions et ces études ont servi de support à une conférence effectuée au
Sénat dans le cadre de l'Association Nationale des Docteurs en Droit en 1984, à une
publication sur l'audit social dans la Semaine Sociale Lamy de janvier 1985 et à la
participation active aux travaux de l'Institut International de l'Audit Social.
La pratique de l'audit juridique et social a concerné des secteurs d'activités
économiques variés, tant en France que dans les pays d'Afrique Francophone. Cette
pratique s'est prolongée par la conception et la réalisation de séminaires de
formation d'auditeurs financiers à l'audit juridique et/ou social.
Les très nombreuses références bibliographiques, contenues à la fin de cet
ouvrage permettront de guider le lecteur désireux d'approfondir une réflexion et
lui permettront de mieux connaître les praticiens ou spécialistes de ces audits qui
existent depuis de nombreuses années à l'étranger et en France dans le domaine
social et plus récemment dans le domaine juridique et qui se retrouvent dans des
professions très diverses.
Ce livre propose des normes sans aucun doute améliorables mais pouvant servir
à une initiation à la pratique de l'audit, à une tentative de codification des relations
auditeur-audité-prescripteur, à affiner le contrat d'audit, la mission et les diligences
de l'auditeur et l'établissement du rapport final d'audit. Il pourra aider à
l'élaboration d'une éthique professionnelle pour une activité qui deviendra
peut-être une nouvelle profession avec sa propre déontologie.
Comme le développe parfaitement Monsieur le Professeur E. du Pontavice dans
sa préface de l'ouvrage « L'Audit juridique de l'Entreprise », éd. Fidal 1985 : « Faire
de l'audit c'est apprendre à systématiser, innover dans une approche de contrôle et
d'analyse critique de l'entreprise ». C'est ainsi que les audits financiers, comptables,
juridiques, sociaux permettent des investigations sur des aspects spécifiques par une
revue méthodologique des pratiques, des résultats, des structures, contrats, systèmes
et moyens de contrôle de l'entreprise.

Dans la première partie de cet ouvrage, seront examinées les bases communes
de l'audit juridique et de l'audit social en les présentant par rapport aux autres
audits, en les définissant, puis en relevant leurs normes, méthodes et techniques; ces
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explications étant appuyées de représentations graphiques. L'ébauche d'une éthique


professionnelle permettra de découvrir les enseignements qui existent déjà dans ce
domaine à différents niveaux. Un modèle d'audit de présentation générale de
l'entreprise terminera cette présentation commune.
La seconde partie traitera de l'audit social et sera constituée d'une série d'audits
regroupée autour de trois thèmes :
— L'entreprise et ses obligations sociales globales.
— Les salariés au sein de l'entreprise.
— L'entreprise et les administrations du travail.
Des schémas, tableaux, fiches permettront de réaliser des applications immé-
diates d'audits sociaux après adaptation à l'entreprise concernée.
La troisième partie de l'ouvrage abordera dans le même esprit pratique, mais
par une approche voulue différente, l'audit juridique. Les canevas d'audit seront
présentés par thèmes juridiques (choix des structures juridiques, fonctionnement,
contrôle de gestion, contrats, assurances, transports...) de manière à permettre au
lecteur de se reporter au domaine qui le préoccupe.
La dernière partie regroupera de nombreuses indications bibliographiques sur
l'audit juridique et social, comprenant un classement alphabétique par auteurs, des
rubriques par thèmes des audits traités, des précisions pratiques sur les enseigne-
ments, un aperçu complet des revues, documentation en la matière, les institutions
ou associations créées autour de ces audits et enfin, un lexique des principaux
termes utilisés en audit juridique et social avec plusieurs définitions proposées à la
réflexion.
L'ouvrage se terminera par un relevé des sigles et abréviations habituellement
utilisés dans le domaine juridique et social ou plus spécifiques à l'audit. Un plan
détaillé et un index alphabétique devraient aider le lecteur dans ses recherches.
Volontairement pratique, utile et ne contenant que peu d'exposés théoriques,
nous formulons le vœu que cet « audit-mode d'emploi » réponde à la question
« l'audit : pourquoi faire ?... » et aide à la décision et à la réflexion. Cependant
l'auditeur ne devra pas oublier qu'il doit apporter au chef d'entreprise une
amélioration de son résultat, la réduction des pertes ou des charges et non un excès
de juridisme source « d'embonpoint », de paralysie de décisions et parfois
d'asphyxie de l'entreprise. L'audit ne constitue qu'un outil parmi d'autres pour
dynamiser la gestion.

Pour écrire cet ouvrage, nous avons pu bénéficier de l'appui, des conseils et des
suggestions de Professeurs, Enseignants, Praticiens et en particulier de Messieurs
P. Candau (Aix-en-Provence), A. Couret (Toulouse), R. Vatier, J.M. Peretti, M. Bernard,
de tous ceux dont les conférences aux « Lundi de l'Audit Social » à l'LAS., ont
permis d'élargir les réflexions tels Messieurs E. Marques, D. Pernin, A. Meignant, G.
Democrate, C. Jagu, E. Barbier. Il en est de même des informations recueillies
auprès de certains membres de l'I.F.A.C.I., de l'AN.D.CP. et du C.A.D.
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Il doit être rendu hommage aux Conseils Juridiques qui, soit au travers du
congrès de l'A.N.CJ. en septembre 1985, avec les interventions de Messieurs les
Professeurs J.M. Mousseron (Montpellier) et A. Couret (Toulouse) puis de Messieurs
C. Bacrot, P.M. Denamiel, N. Noemie et J.P. Chiffaut-Moliard, soit par l'ouvrage
« L Audit juridique » (Fidal 1985), ont permis sans conteste à l'audit juridique « de
sortir des limbes » comme l'indique Monsieur le Professeur E. du Pontavice.
Enfin, une équipe aussi dévouée que compétente a suivi et aidé aux recherches
et réflexions pour permettre la réalisation de cet ouvrage; il s'agit en particulier de
Madame Brigitte Benbassat, Dominique Boquet et de Monsieur Jean-Claude Poyot.
Qu'ils en soient grandement remerciés.

Paris, le 2 décembre 1985.


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TABLEAU SYNTHÉTISANT LE PRÉSENT OUVRAGE SUR : L'AUDIT JURIDIQUE ET SOCIAL


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TITRE 1

LES BASES COMMUNES


A L'AUDIT JURIDIQUE ET SOCIAL
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INTRODUCTION

A. — L e s a u d i t s j u r i d i q u e s e t s o c i a u x
face a u x autres audits

Les audits touchent aujourd'hui l'ensemble des secteurs de l'entreprise. Les plus
anciens et les plus courants sont les audits comptable, financier. Ils concernent la
trésorerie, la fiscalité, le contrôle de gestion, le management et les risques de crédit.
D'autres audits sont apparus nécessaires avec l'évolution et la généralisation de
nouveaux moyens de traitement de l'information tels l'audit informatique. Ce
dernier s'est d'ailleurs éclaté en audit des outils informatiques, de l'organisation
informatique et du processus de développement, audit de centres de traitement, audit
d'application, audit de sécurité d'accès aux ressources informatiques.
La période de crise traversée par les pays occidentaux et la plus grande
compétitivité sur le plan international, ont amené les dirigeants à mettre en œuvre
des audits d'efficacité industrielle couvrant les achats, les stocks, les investissements
ou des audits d'opérations d'exportation.
Dans le même temps où l'audit s'élargissait du financier à l'informatique, une
autre évolution se faisait sentir dans l'entreprise concernant les rapports sociaux et
humains : l'économique avait besoin comme support, de la réussite du Social. Les
exemples d'efficacité, de performance et de réussite des entreprises japonaises ou
américaines, sont aujourd'hui classiques. Qu'il suffise de lire à ce sujet les réflexions
de L.B. Sawyer ou le livre de F. de Closets « La Syndicratie ». Aussi tout
naturellement, les audits de la fonction de personnel, de la gestion des ressources
humaines, de la fonction commerciale, de la formation du personnel, des
rémunérations, du bilan social, se sont mises en place. Cependant, la réglementation
sociale importante, parfois contraignante, les risques de responsabilités et les
risques financiers, les pouvoirs nouveaux donnés aux salariés ou à leurs
représentants par la loi, ont amené à élargir l'audit social à l'examen de manière
dynamique de sa réglementation. Par cette nouvelle approche, les chefs d'entre-
prises se sont aperçus que des effets bénéfiques pouvaient se faire sentir au niveau
de leur compte d'exploitation, soit par des diminutions de charges, soit par une
meilleure productivité quantitative ou qualitative.
Cet ouvrage concerne cette dernière approche de l'audit social.
Il faut enfin reconnaître, que le parent pauvre en France de cette évolution dans
l'audit, a été le juridique. Il est en train en 1985 de combler ce vide et une partie
de son retard. Nombre de chefs d'entreprises, d'auditeurs financiers internes ou
externes, de conseils, ont dû constater que cette extension importante de l'audit
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devait atteindre également le domaine du droit des affaires. En effet, ce dernier


devait pouvoir être appréhendé, jugé, contrôlé pour une meilleure efficacité de la
Direction Générale. Cette approche et cette réflexion du juridique en termes
d'audit, sont bien évidemment nouveaux et bouleversent les traditions dans ce
domaine. Certains Professeurs de Droit, d'Economie, de Gestion, certains Praticiens
en ont pris conscience et en ont fait un important sujet de réflexions, de recherches
et de mise en application.
L'audit juridique et l'audit social apparaissent ainsi comme des éléments parmi
d'autres pour aider au management de l'entreprise.

B. — D é f i n i t i o n s

Les définitions sont nombreuses concernant l'audit en général, l'audit juridique


et l'audit social en particulier. Aussi en donnerons-nous quelques-unes en indiquant
nos préférences et en laissant à la réflexion de chacun, le choix de la meilleure
formule.

a) Audit :

— Travail d'investigations permettant d'évaluer les procédures comptables,


administratives ou autres en vigueur dans une entreprise, afin de garantir à
un ou plusieurs des groupes concernés, dirigeants, actionnaires, représen-
tants du personnel, tiers (banques, organismes publics...), la régularité et la
sincérité des informations mises à leur disposition et relatives à la marche
de l'entreprise (Encyclopédie Universalis).
— Il met en évidence et mesure les principaux problèmes de l'entreprise ou
de l'organisation à évaluer, il en évalue l'importance sous forme de coûts
financiers ou d'écarts par rapport à des normes, en apprécie les risques qui
en découlent, diagnostique les causes, exprime des recommandations
acceptables en termes de coûts et de faisabilité pour améliorer le
fonctionnement.
— Examen critique des informations fournies par l'entreprise (C.H. Gary).
— Examen d'une situation, d'un résultat, d'une façon de faire pour analyser les
caractéristiques particulières, s'interroger sur la pertinence et la fiabilité du
système de contrôle.
— Apprécier la santé financière, juridique, sociale et la sécurité des actifs de
l'entreprise.

b) Audit j u r i d i q u e :

— Il constitue tout d'abord un outil de vérification de conformité, puis un outil


de prévention des difficultés dans l'application des contrats et dans les
relations sociales, un outil de gestion juridique à côté de la gestion
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industrielle, comptable et enfin, il constitue un moyen de diagnostic pour


examiner la réalité juridique d'une situation.
— Il permet de contrôler tout ou partie des opérations juridiques menées par
une entreprise auditée, par une personne physique ou morale liée (audit
interne) ou non liée (audit externe) par un contrat de travail à la première
(J.M. Mousseron).
— Il constitue un constat de validité, licéité des titres juridiques et des
conventions de l'entreprise dans le cadre de son fonctionnement ou dans
celui de ses rapports avec les fournisseurs, clients, Etat, sur le plan juridique,
fiscal et social. Il permet d'apprécier par un coefficient de sécurité, les
conventions ainsi que l'efficacité des supports juridiques, compte tenu des
objectifs du chef d'entreprise (L. Martel).
— Il constitue un contrôle de la concordance des engagements de l'entreprise
(Y.H. Nedelec).
— C'est une mission rémunérée, confiée à un auditeur qui en rend compte
dans un rapport et qui a pour objet de s'assurer par l'emploi d'une méthode
rigoureusement mise en oeuvre, par des professionnels qualifiés et
responsables, de la régularité et de la conformité d'une situation juridique.

c) Audit social:

— Il s'agit d'une démarche reposant sur des méthodes éprouvées des


différents domaines de l'audit et appliquées à la fonction personnel en
tenant compte de son caractère spécifique.
— Il s'agit d'une méthode de diagnostic pour appréhender les problèmes issus
de l'emploi du personnel, apprécier leur impact sur la gestion; il constitue
une aide à la décision, un moyen de contrôle pour les gestionnaires et les
responsables du personnel; une base pour la prévision stratégique avec
l'établissement d'un tableau de bord et d'indicateurs spécifiques.
— Il permet d'observer le système de pilotage social, de vérifier la qualité de
la gestion du personnel, d'analyser les coûts salariaux, d'évaluer les risques
sociaux, d'aider à définir la stratégie sociale, de contrôler l'application de la
législation sociale (R. Vatier).
— Il permet de relever les points forts de l'organisation et il met à jour les
dysfonctionnements, les points de blocage, les carences et il détecte les
difficultés et les problèmes d'organisation interne.
— Il analyse les relations entre l'entreprise et son environnement (John
Humble).
— Il constitue le bilan du système de pilotage social de l'entreprise (R. Vatier).

d) Audit j u r i d i q u e et social:

— Cet audit consiste à inventorier la situation juridique et sociale de


l'entreprise, à contrôler la conformité aux normes juridiques puis à vérifier
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la sincérité et la qualité de l'information juridique et sociale, l'efficacité de


ces manifestations au travers d'opérations, de procédures et d'organisations
afin d'améliorer la sécurité et l'efficacité du pilotage juridique et social.
— Il constitue une étude critique et qualitative des actes juridiques et sociaux
en particulier traduit dans les comptes; il recherche les conséquences
éventuelles de ces actes et des documents contractuels.
— Vérification de la situation juridique et sociale de l'entreprise, une forme de
contrôle de l'activité juridique et sociale.
— Une appréciation du point de vue juridique et social de la régularité et de
l'opportunité d'opérations dans l'entreprise.

C. — E x t e n s i o n s e t l i m i t e s

L'audit juridique et l'audit social peuvent s'effectuer séparément ou de manière


complémentaire. Mais ils disposent de nombreux points communs compte tenu de
leurs références à une réglementation juridique; certains auteurs considérant même
que l'audit social est une des subdivisions de l'audit juridique.
L'audit juridique et l'audit social peuvent s'effectuer aussi bien dans le secteur
public que dans le secteur privé. Ils recherchent soit ensemble, soit séparément,
une conformité, une efficacité et une sécurité. Ils peuvent s'effectuer seuls ou en
complémentarité d'autres audits : financier, comptable.
Comme le montre cet ouvrage, l'audit juridique ou l'audit social, peuvent être
effectués en couvrant l'intégralité du juridique ou du social, ou en ne couvrant
qu'un secteur de l'entreprise ou enfin, que tel ou tel domaine en droit des affaires
ou en droit social.
De tels audits peuvent intervenir soit à l'occasion de certains événements
importants dans la vie de l'entreprise, soit de manière régulière à la demande du
chef d'entreprise ou à la demande d'un tiers. Ils doivent cesser pour l'auditeur
externe, au moment où commence le conseil qui est son prolongement naturel et
nécessaire pour lui donner toute sa valeur et son dynamisme.
L'importance de l'audit juridique ou de l'audit social, n'est pas encore souvent
saisie par le chef d'entreprise. Monsieur Kalika, Professeur Agrégé en Sciences de
Gestion à l'Institut de Gestion de Touraine (Université de Tours), évoque dans une
étude publiée dans les Petites Affiches, du 11 octobre 1985, le problème des
structures d'entreprises et donne le résultat d'enquêtes effectuées sur 79 entreprises
pour connaître en particulier, la place des problèmes de structure parmi les
problèmes de direction pour les responsables d'entreprises. Pour ces derniers, la
préoccupation essentielle ou de première importance, concerne les problèmes
commerciaux (chiffre d'affaires, image de marque, nouveaux produits); puis
viennent dans l'ordre, les problèmes de structure et d'organisation, les problèmes
financiers de rentabilité, les problèmes de gestion du personnel et de direction des
hommes. Les problèmes juridiques proprement dits, ne viennent qu'en lle position
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d'intérêt avec simplement 5 entreprises sur 79, qui les considèrent comme
importants.
Ceci est d'autant plus étonnant, que sur le plan juridique existe le risque de
responsabilité civile et pénale, le risque de nullité des contrats avec leurs
conséquences financières, les contentieux ou pré-contentieux perturbant l'activité,
et que sur le plan social, les charges directes ou indirectes du personnel pèsent
lourdement sur les comptes d'exploitation, les conflits sociaux perturbent la marche
de l'entreprise, la responsabilité civile ou pénale de la Direction Générale peut être
mise en oeuvre à l'occasion d'accidents du travail, d'infractions à la législation ou de
délits d'entrave.
Pour l'audit juridique et l'audit social, l'importance des textes impose une
information et une documentation juridique et sociale élargie pour le chef
d'entreprise, d'autant que les textes nouveaux viennent d'élargir considérablement
les droits de contrôle dans l'entreprise accordés aux associés, actionnaires,
commissaires aux comptes, représentants du personnel, Commission des Opéra-
tions de Bourse et Autorités Judiciaires.
L'audit juridique et social doit être un révélateur pour le chef d'entreprise, pour
améliorer ses résultats, assurer la bonne marche de l'équilibre des structures et
enfin, permettre la gestion des risques.
L'importance des manifestations autour de l'audit juridique et social au travers
des congrès, séminaires, journées de réflexions, articles, ouvrages et la mise en
place d'enseignements spécifiques, laisse à penser que le juridique et le social
constitueront pour le chef d'entreprise, une préoccupation aussi importante que
celle concernant le domaine comptable et financier.
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I. — LES NORMES

Introduction

Dans le domaine juridique et social, les normes ne présentent pas de difficultés


particulières puisqu'elles se retrouvent essentiellement dans la réglementation
nationale et parfois internationale (traités, conventions, règles communautaires...),
touchant au juridique, au social, au fiscal et au comptable. Pour le reste, l'audit
juridique et social s'appuie sur les normes qui servent de base commune aux autres
audits à l'exception de certaines particularités qui seront mentionnées.
Nous présenterons brièvement les normes se rapportant à l'auditeur, à son
travail et à l'établissement de son rapport.

A. — L e s n o r m e s d e l ' a u d i t e u r : l ' é t h i q u e

Il y a lieu tout d'abord d'observer que l'auditeur juridique ou social présente


une originalité par rapport aux autres auditeurs. Dans la gestion existent déjà
depuis fort longtemps des auditeurs internes ou externes. Ici, le domaine,
l'approche est nouvelle, les auditeurs sont encore fort peu nombreux.
Par ailleurs, dans les entreprises où l'audit juridique et social se met en place,
les groupes. importants ont tendance à intégrer l'audit juridique et social au sein de
l'audit de gestion ou financier pour n'en constituer qu'un département. Concernant
les P.M.E. ou les P.M.I., en l'absence de structure ou en raison de structures
administratives très légères, ces entreprises font appel à des auditeurs externes :
traditionnellement des Experts Comptables et de plus en plus souvent aujourd'hui,
des Conseils spécialisés.
Il semblerait ainsi que l'audit juridique et social échappe en partie à la
Direction ou au Service Juridique et/ou Social. Cette tendance peut s'expliquer en
partie parce que les Services Juridiques et Sociaux ne sont pas toujours valorisés ou
situés au niveau de la Direction Générale et qu'en conséquence, de tels niveaux
hiérarchiques excluraient l'approche d'audit.
Ces constatations et explications sommaires ne sont pas suffisantes; elles doivent
être approfondies mais elles expriment une situation. Au niveau social cependant,
les Directeurs et Chefs de Personnel se sont mieux préparés à cette évolution et ont
mis en place progressivement des procédures d'auto-contrôle ou des audits internes
pour des structures ne dépendant pas de leurs champs de compétences (filiales,
établissements secondaires, chantiers, export...).
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TABLEAU '
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COMPARATIF
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1. — Les règles d'éthique applicables :

L'audit juridique et social nécessite comme dans les autres domaines, des règles
d'éthique de base applicables aux auditeurs : indépendance, compétences,
qualités de travail et secret professionnel. Ces règles n'ont, dans leurs éléments
essentiels, rien de nouveau par rapport à celles qui se retrouvent en France au
travers des recommandations du Conseil National des Commissaires aux
Comptes (C.N.C.C.) ou de l'Ordre des Experts Comptables et Comptables
Agréés (O.E.C.C.A.), ou de l'Institut Français des Auditeurs et Contrôleurs
Internes (I.F.A.C.I.) dont vous trouverez en annexe, une « déclaration des
responsabilités de l'auditeur interne ».
Par contre, certaines particularités apparaissent au niveau des différents Ordres
professionnels pour les auditeurs externes, puisque l'auditeur juridique et/ou
social, n'est pas une profession réglementée et qu'une telle mission est en
général exercée par des Conseils en Organisation, des Conseils Juridiques, des
Experts Comptables, Avocats...
L'auditeur interne n'est pas soumis à un Ordre professionnel mais il s'insère
dans une structure d'entreprise dont il doit respecter les règles. Bien
évidemment, il lui appartient de respecter les règles d'éthique de base sur
lesquelles nous allons présenter quelques observations.

a) L'indépendance de l'auditeur:
L'auditeur doit être libre de toute contrainte et indépendant tant vis-à-vis du
prescripteur que de l'audité.
— Concernant l'auditeur interne:
Il devra être rattaché à une Direction pour éviter de dépendre du secteur
audité. En effet il ne peut auditer son champ d'activité.
On ne peut s'auditer soi-même, par contre il est possible de faire de
l'auto-contrôle avec les outils de l'audit.
L'auditeur interne est mandaté par une autorité hiérarchique supérieure à celle
dirigeant le secteur audité.
La compétence et l'expérience assurent l'indépendance de l'auditeur interne.
— Concernant l'auditeur externe:
Son statut lui assure une indépendance, cependant il existe un risque de
dépendance économique et intellectuelle qui peuvent constituer une entrave à
l'intégrité et à l'objectivité.
b) Compétence et capacité professionnelle de l'auditeur:
— Haut niveau professionnel:
Formation approfondie aux techniques d'audit : techniques générales et
techniques spécifiques au domaine social et juridique.
Nécessité de mise à jour régulière des connaissances de l'auditeur.
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Compétence appropriée à la nature et à la complexité des travaux.


L'auditeur doit savoir beaucoup de Droit et bien le savoir pour choisir entre
plusieurs solutions ou pour en créer une nouvelle.
— Connaissance technique minimum :
Un bon savoir et un savoir-faire de la matière auditée.
Connaissance de la gestion pour l'auditeur qui veut s'intégrer au niveau d'un
audit de management.
— Expérience de la fonction d'audit :
Savoir utiliser les connaissances pour passer à la technique particulière que
constitue l'audit en employant une méthode d'approche et d'étude, une
technique de contrôle et un référentiel de pratique d'audit.
Nécessité d'une connaissance théorique et pratique.
— Qualités humaines:
Contacts, communications, force de caractère.

c) La qualité d u travail:
— L'exercice de l'audit doit s'effectuer avec conscience professionnelle et
diligence.
— L'auditeur doit avoir une connaissance personnelle des éléments fondamen-
taux de sa mission.
— Il ne peut déléguer certains travaux.
— En cas de délégation, l'auditeur doit contrôler l'application des mêmes
critères de qualité utilisés.
— Créativité.
— Méthodes rigoureuses.

d) Secret professionnel:
— L'auditeur doit veiller à la protection des documents et des informations
données comme confidentiels.
— Il doit s'assurer que son équipe respecte les règles du secret professionnel.
— Pour l'auditeur externe, ce dernier ne rend compte qu'au prescripteur.
— Pour l'auditeur interne, il ne rend compte qu'à son autorité hiérarchique ou
au responsable du département audit.

2. — La f o r m a t i o n p r o f e s s i o n n e l l e :

En raison des créations récentes des fonctions d'audit juridique et/ou social, les
problèmes de formation professionnelle diffèrent quelque peu de la formation
des auditeurs financiers.
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Sur le plan des principes, l'auditeur juridique ou social aura une formation de
Juriste avec une spécialisation en Droit des Affaires ou en Droit du Travail et de
la Sécurité Sociale. Cet enseignement est traditionnellement dispensé dans les
Facultés de Droit, d'Economie et de Sciences Sociales.
Parallèlement ou en complément de cette formation de base, les Ecoles
Commerciales permettent de recruter des auditeurs juridiques et sociaux qui
bénéficieront, dans ce cas, d'une formation de gestionnaires. Ces Ecoles
Commerciales sont d'ailleurs choisies par les entreprises pour le recrutement
des auditeurs financiers.
De manière plus spécifique, des D.E.S.S. d'audit juridique et social sont créés
dans différentes Universités en province et à Paris, en association avec des
Instituts d'Administration des Entreprises (I.A.E.).
Le lecteur pourra utilement se reporter à la fin de cet ouvrage pour recueillir
les informations pratiques concernant les Universités, les Facultés de Droit, les
Instituts et Ecoles Supérieures de Commerce qui permettent de recevoir une
solide formation juridique et sociale ainsi qu'une formation économique et
financière indispensable aujourd'hui à l'exercice d'une fonction d'auditeur
expérimenté et créatif.
En dehors de cette formation de base, il existe une formation spécifique des
auditeurs et qui est dispensée dans le cadre de l'exercice de l'activité
professionnelle.

a ) La f o r m a t i o n interne a u x entreprises o u a u x cabinets d'audits :

Les candidats recrutés auprès des Universités ou des Grandes Ecoles reçoivent
une formation interne au Groupe ou au Cabinet qui les accueille, de manière à
devenir des auditeurs parfaitement adaptés aux besoins des entreprises.
Ainsi, dans un premier temps, le candidat sélectionné sera envoyé dans les
différents établissements du Groupe pendant plusieurs mois et devra découvrir
et connaître tous les rouages, toutes les organisations et les articulations de
l'ensemble. Il effectuera ensuite un stage de plusieurs mois dans une unité de
gestion pour approfondir ses connaissances et vivre la direction de cet
établissement. Il pourra alors être intégré dans le département d'audit au siège
du Groupe et sera prêt à être envoyé en mission avec un ou plusieurs auditeurs
coiffés par un chef de mission. Au bout de quelques années, ce jeune auditeur
pourra assurer la responsabilité de chef de mission. Ceci n'empêchera pas
d'ailleurs, ce même auditeur, lorsqu'il rentrera d'une mission d'audit qui dure
en général plusieurs mois, de suivre un stage de formation et de recyclage.
Ces actions permettent également d'adjoindre à un audit de base des audits
complémentaires, tel par exemple, un audit financier, un audit juridique et
social. Cette pratique est assez répandue actuellement dans les Groupes
financiers et des Assurances.
Cette formation interne se retrouve également dans les Cabinets d'audits
fiscaux, comptables... Pour les jeunes candidats qui choisissent de tels Cabinets,
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cela leur permet, dans un premier temps, d'acquérir une expérience


importante d'audit en raison de la diversité des missions et des secteurs
économiques ainsi que géographiques d'interventions. Ces auditeurs pourront
alors dans un second temps, soit créer leur propre Cabinet d'audits, soit
s'insérer dans une structure de groupe dans les départements d'audit de
direction générale, soit rester dans le Cabinet d'audits en gravissant les
échelons de juniors, seniors-partenaires.

b) La f o r m a t i o n externe des auditeurs opérationnels :

Cette formation concerne tant les auditeurs externes que les auditeurs internes.
A l'heure actuelle, en ce qui concerne l'auditeur juridique ou l'auditeur social,
en raison du nombre très restreint des Universités qui dispensent un
enseignement d'audit juridique ou social, les candidats intéressés peuvent
s'initier à la fonction d'audit soit auprès d'associations ou d'institutions
récemment créées, soit auprès d'organismes professionnels d'enseignements
qui mettent en place des séminaires spécifiques d'audit juridique ou d'audit
social.
En ce qui concerne les auditeurs internes, la tâche est facilitée par les efforts au
niveau de l'auditeur social, de l'Association Nationale des Directeurs et Chefs du
Personnel (AN.D.C.P.) et au niveau du Droit des Affaires par les cycles de
formation de l'Institut Français des Auditeurs et Contrôleurs Internes (I.F.AC.I.).
Le lecteur trouvera à la fin de cet ouvrage, toutes indications utiles concernant
les enseignements dispensés par ces organismes.

B. — L e s n o r m e s d e t r a v a i l d e l ' a u d i t e u r

Il s'agit des règles qui précisent ce que doit être le travail de l'auditeur juridique
et/ou social et comment ce travail doit être organisé.

1. — C o n c e r n a n t l a n a t u r e d e s t r a v a u x
de l'auditeur :

L'auditeur juridique et/ou social se doit tout d'abord d'indiquer les travaux qu'il
effectue pour réaliser son objectif qui consiste à exprimer une opinion sur la
situation juridique et sociale de l'entreprise. Le choix dans la réalisation des
travaux et les techniques de contrôle de l'auditeur tiendront compte de la
situation 'de l'entreprise : son importance, le type d'activités, les risques courus
et les circonstances de l'intervention.
L'auditeur juridique et/ou social, bien que sa mission soit très spécifique et ne
porte que sur un domaine, le juridique ou le social, doit prendre une
connaissance générale de l'entreprise avec ses particularités et son environne-
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ment économique. C'est ce que nous appellerons le procès-verbal d'inventaire


qui constitue la photographie, l état des lieux, le constat ou, pour certains, la
radiographie de l'entreprise. Un exemple détaillé de procès-verbal d'inventaire
fait suite au présent exposé.
L'auditeur juridique et/ou social devra ensuite et dans la mesure où elle existe,
prendre connaissance et apprécier par une analyse, le système de contrôle ou
d'organisation interne à l'entreprise dans le domaine juridique ou social en
relevant les points forts et les faiblesses. L'auditeur pourra alors déterminer
l'étendue et le calendrier de son travail.
C'est sur cette base que l'auditeur va procéder, avec le programme de contrôle
qu'il a établi, à des investigations directes lui permettant de fonder un jugement
sur l'ensemble des documents et des informations juridiques et sociales
contenus dans les statuts, les documents déposés au Registre du Commerce, les
différents registres, les procès-verbaux d'Assemblées et de Conseils, les rapports
des dirigeants, des Commissaires aux Comptes, des Experts du Comité
d'Entreprise, le bilan social, les comptes et bilans annuels. Il s'agira d'opérations
de vérification et de contrôle.
L'auditeur devra collecter des éléments probants, c'est-à-dire obtenir des
éléments de preuve suffisants en qualité et en quantité, qui vont lui permettre,
avec certitude, de se prononcer dans son rapport d'audit. Pour rassembler de
tels éléments, l'auditeur juridique et/ou social pourra pratiquer des sondages,
effectuer des observations physiques, se faire confirmer directement par tel ou
tel interlocuteur certains éléments, utiliser les travaux d'autres auditeurs ou de
Commissaires aux Comptes, d'Experts, examiner les documents reçus ou émis
par l'entreprise, effectuer des analyses, rapprochements, recoupements internes
ou externes, comparaisons et bien sûr, ne pas oublier de recueillir, des
dirigeants ou de certains salariés, toutes informations qu'il jugerait utiles.
L'auditeur se doit également de procéder à un examen détaillé en particulier
des documents se rapportant à la constitution et au fonctionnement de
l'entreprise et des différentes obligations juridiques imposées par la loi.

2. — L ' o r g a n i s a t i o n d e s t r a v a u x d e l ' a u d i t e u r j u r i d i q u e
et/ou social :

Trois séries d'observations peuvent être présentées :


a) L'exercice de la mission d'audit juridique ou social doit constituer un
engagement personnel de l'auditeur. Ce dernier ne peut donc accepter un
nombre de missions d'audit dont il ne pourra assumer la responsabilité directe,
eu égard à leur importance et à l'organisation ou aux moyens de son Cabinet. Si
l'auditeur peut se faire assister de collaborateurs ou d'autres auditeurs ou
experts, il ne doit pas déléguer tous ses pouvoirs, ni transférer l'essentiel d'une
mission d'audit dont il doit assumer et assurer l'entière responsabilité. Il devra
donc exercer un contrôle des travaux de son équipe de manière à s'assurer
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qu'ils ont bien été réalisés suivant le programme et les objectifs fixés avec le
prescripteur.
b) L'auditeur juridique ou/et social devra ensuite planifier, c'est-à-dire orga-
niser l'exécution de sa mission de manière à atteindre les objectifs avec le
maximum d'efficacité et en respectant les délais prévus. Sa mission reposera
donc sur un programme de travail précis et approuvé.
c) Il est enfin recommandé à l'auditeur juridique ou/et social, de tenir des
dossiers de travail qui réuniront les informations jugées nécessaires pour
organiser et contrôler, documenter ses travaux, justifier de ses avis, de ses
conclusions et sa diligence et enfin, lui permettant de rédiger son rapport
d'audit.

C. — L e s n o r m e s d u r a p p o r t d ' a u d i t j u r i d i q u e
et/ou social :

Dans son rapport, l'auditeur doit être à même de porter un jugement sur les
documents sociaux ayant fait l'objet de son examen pour indiquer leur conformité
et leur exactitude. Il se doit de préciser les textes, les règles, les documents et les
usages sur lesquels il s'est appuyé.
Ce rapport comportera un bref exposé juridique et social présentant l'entreprise
avec un inventaire social, un compte rendu du contrôle et des vérifications avec les
observations, le relevé des inexactitudes ou des irrégularités et enfin, un avis et des
recommandations de l'auditeur.
S'il doit émettre des réserves ou des critiques, l'auditeur exprimera les raisons
l'ayant amené à formuler de telles opinions et il indiquera les conséquences ou les
incidences, des anomalies ou des irrégularités ou enfin des lacunes relevées.
L'auditeur juridique et/ou social doit également faire preuve de créativité, aider
au prévisionnel, déceler les éléments précurseurs de risques de manière à
utilement conseiller le chef d'entreprise.
Son rapport constituera un document écrit, daté, signé auquel seront annexés
les documents sociaux les plus significatifs de l'entreprise. Il ne sera établi qu'après
avoir discuté avec les différents responsables des services audités en ayant
recueilli leurs avis et suggestions et autant que faire se peut, leur approbation.
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TABLEAU SUR L'ÉTHIQUE PROFESSIONNELLE


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TABLEAU DE COMPARAISON ENTRE : AUDITEUR INTERNE ET AUDITEUR EX


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TABLEAU PRESCRIPTEURS-AUDITEURS (MOTIVATION)


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TABLEAU SUR L'ÉVOLUTION ET L'EXTENSION DE LA MISSION D'AUDIT


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I.FA.C.I.
DÉCLARATION DES RESPONSABILITÉS
DE L'AUDITEUR INTERNE

Nature

L'audit interne est, à l'intérieur d'une entreprise ou d'un organisme, une activité
indépendante d'appréciation du contrôle des opérations; il est au service de la
Direction.
C'est, dans ce domaine, un contrôle qui a pour fonction d'estimer et d'évaluer
l'efficacité des autres contrôles.

Objectif et c h a m p d'action

L'objectif de l'audit interne est d'assister les membres de la Direction dans


l'exercice efficace de leurs responsabilités en leur fournissant des analyses, des
appréciations, des recommandations et des commentaires pertinents concernant les
activités examinées. L'auditeur interne est concerné par toutes les phases de
l'activité de l'entreprise qui intéresse la Direction. Ceci implique d'aller au-delà des
aspects comptables et financiers pour atteindre une pleine compréhension des
opérations examinées.
Parvenir à cet objectif final implique les activités suivantes :
— examiner et apprécier la rectitude, la suffisance et l'application des
contrôles comptables, financiers et opérationnels et promouvoir un
contrôle efficace à un coût raisonnable;
— vérifier la conformité avec les politiques, les plans et les procédures établis;
— vérifier à quel point les actifs de la Société sont justifiés et préservés des
pertes de toutes sortes;
— vérifier l'exactitude des informations utilisées par la Direction;
— évaluer la qualité de l'action dans la mise à exécution des responsabilités
assignées;
— recommander des améliorations opérationnelles.

Responsabilité et autorité

Les responsabilités de l'audit interne dans l'organisation doivent être clairement


établies par la Direction. Son autorité doit permettre à l'auditeur interne le plein
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accès aux documents, aux biens et aux personnes qui ont un rapport avec le sujet
contrôlé. L'auditeur interne doit être libre de vérifier, d'estimer la valeur des
politiques, des plans, des procédures et des rapports internes et externes.
Les responsabilités de l'audit interne sont :
— d'informer et de conseiller la Direction, en accord avec la déontologie de
l'Institut International des Auditeurs Internes;
— de coordonner ses activités avec les autres groupes de contrôle, de façon à
garantir le mieux possible la sécurité des contrôles et l'efficacité de l'organisation.
Dans l'accomplissement de ses fonctions, un auditeur interne n'a, sur les
activités qu'il contrôle, ni responsabilité directe, ni autorité. Pour cette raison, le
contrôle et l'avis de l'auditeur interne ne doivent en aucune façon décharger les
autres personnes de l'exercice des responsabilités qui leur sont assignées.

Indépendance

L'indépendance est essentielle à l'efficacité de l'audit interne. Elle s'obtient, en


premier lieu, par son statut et par son objectivité :
— le statut de la fonction d'audit interne et le soutien que lui apporte la
Direction sont des déterminants majeurs de sa portée et de sa valeur. Le
chef de la fonction d'audit interne, pour cette raison, doit être rattaché à
quelqu'un dont l'autorité couvre un domaine étendu et assure à ses
recommandations une action efficace, adéquate de son action efficace sur
les découvertes et des recommandations de l'auditeur;
— l'objectivité est essentielle à la fonction d'audit. Pour cette raison, un
auditeur interne ne doit pas définir et mettre en place des procédures dans
toute action normalement soumise à son contrôle; ceci serait de nature à
compromettre son indépendance.
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II. — MÉTHODOLOGIE ET TECHNIQUES


DE L'AUDIT JURIDIQUE ET/OU SOCIAL

A. — L a m é t h o d o l o g i e

1. — L ' a p p r o c h e d e l ' a u d i t j u r i d i q u e e t / o u s o c i a l :

Concernant les données juridiques ou sociales qui sont répétitives ou


ponctuelles, l'auditeur doit examiner, analyser et évaluer les circuits de
création, de diffusion, d'enregistrement des informations juridiques et sociales,
de manière à déterminer si les systèmes et les contrôles mis en place dans
l'entreprise sont suffisants pour la fiabilité de l'utilisation de ces informations. Si
les systèmes sont dans leur conception et leur fonctionnement fiables et
permettent d'éviter les anomalies, alors les contrôles de l'auditeur seront
limités; dans le cas contraire, ils seront accrus en raison des identifications et
des corrections des anomalies.
En ce qui concerne les données juridiques et sociales exceptionnelles,
l'auditeur doit les identifier dès le début de sa mission en demandant à
connaître ou en découvrant dans les documents sociaux, les décisions
importantes pour étudier leur incidence, formuler des commentaires et
apporter des recommandations. Un contrôle spécifique devra être mis en place
pour ces données exceptionnelles.
Dans l'approche et la mise en œuvre de sa mission, l'auditeur juridique et/ou
social doit tenir compte des risques dus soit au secteur d'activités de
l'entreprise, soit à l'entreprise elle-même (organisation, situation sociale), soit à
la nature des opérations (répétitives, exceptionnelles), soit à la valeur cumulée
ou individuelle des opérations (nombre de salariés, absentéisme, nombre de
jours de grève), soit inhérent à un système (insuffisant pour identifier ou
empêcher une erreur), soit au fonctionnement d'un système (contrôle prévu
mais non exécuté ou mal exécuté par le personnel), soit enfin, le risque pour
l'auditeur de commettre une erreur dans ses propres conclusions. Ce dernier
risque pourra être le plus limité possible et pour ce faire, l'auditeur devra
confronter son opinion avec celle de la Direction et du personnel de
l'entreprise.
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2. — La d é m a r c h e p r o p o s é e par l'auditeur juridique


et/ou social :

a) Dans la phase préliminaire :


L'auditeur doit apprécier si la mission qui lui est demandée est possible, dans
quel délai et à quel coût.
Il doit évaluer les risques propres à l'entreprise et les moyens qui lui seront
nécessaires en tant qu'auditeur, pour émettre une opinion sur le plan juridique
et social choisi. Il devra donc rechercher les informations suffisantes pour
identifier les risques d'erreur les plus importants, les difficultés qu'il pourra
rencontrer dans l'exécution d'une mission. Il devra regrouper le maximum
d'informations utiles dans un minimum de temps grâce aux entretiens avec les
responsables, la communication des documents utiles, l'obtention d'une
documentation spécialisée auprès des Banques de Données, de la COB,
d'Organismes Officiels, du Ministère du Travail...
L'auditeur pourra alors établir un bref canevas, dans lequel il relèvera les zones
de risques, les difficultés rencontrées, les modalités principales de son
intervention, les hypothèses sur lesquelles il pourra construire une proposition.
Puis, l'auditeur va prendre une connaissance approfondie de l'entreprise pour
mieux la cerner, centrer sa mission en fonction des particularités relevées et
établir une note d'orientation générale pour la mise en œuvre de ses travaux.
Cette phase préliminaire va alors aboutir à une synthèse contenue dans une
note d'orientation générale de la mission d'audit et l'établissement de la
mission d'audit et l'établissement d'un budget détaillé. La lettre de mission
définitive peut alors être établie en accord avec le prescripteur et reprendre, en
les ayant adaptés, les différents éléments ci-dessus rappelés, sur l'objet de la
mission, la période d'intervention, les délais à respecter, les intervenants et
interlocuteurs ainsi que les conditions financières.
La lettre de mission signée permet la planification des travaux avec l'établisse-
ment de dossiers par secteur ou par rubrique, la mise en place d'un
calendrier-planning, pour éviter les chevauchements, informer les intervenants
de manière à ce que toutes les dispositions soient prises, contrôler que les
engagements qui ont été pris, seront respectés dans les délais.

b) L'appréciation p a r l'auditeur des systèmes d'organisation et de


contrôle interne dans la mesure où ils existent :

L'appréciation de l'existence de ces contrôles et leur fiabilité, permet à


l'auditeur social de s'appuyer sur des informations sociales et juridiques
données par l'entreprise.
L'auditeur appréciera ensuite si ce système de contrôle interne est suffisant,
complet, précis, efficace et fiable. Il lui sera possible de mettre au point des
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questionnaires adaptés de contrôle interne (QCI), de manière à pouvoir ensuite


s'appuyer sur ce contrôle interne et s'assurer qu'il fonctionne correctement.
Dans le cas contraire, un rapport est établi pour relever les anomalies, les
défauts, proposer des aménagements, et indiquer, éventuellement, pourquoi
l'auditeur ne peut s'appuyer que sur partie des informations et des documents
de l'entreprise.

c) Les travaux d ' a u d i t p r o p r e m e n t dits :

Ces travaux vont se dérouler suivant le planning indiqué avec une répartition
des tâches entre les auditeurs et dans les différents secteurs choisis.
A la fin de sa mission, l'auditeur devra vérifier que rien n'a été oublié, que le
prescripteur a bien donné tous les éléments nécessaires à la réalisation de
l'audit, que la lecture des différents rapports, procès-verbaux, les informations
des cadres juridiques, du personnel, des cadres financiers et comptables sur les
événements importants ont bien été exploités.
Pour permettre cette vérification, un questionnaire de fin de mission peut être
établi contrôlant le respect des règles, les schémas de contrôle suivis et les
diligences prévues et effectuées.
L'auditeur peut alors procéder à la synthèse et à la rédaction du rapport.

B. — L e s t e c h n i q u e s e t l e s o u t i l s

Dans l'audit juridique et/ou social, les techniques et outils ne présentent pas de
différences notables avec ceux utilisés dans d'autres audits. Bien évidemment, dans
l'audit juridique ou social, les supports concernent surtout la réglementation en
Droit des Affaires, en Droit du Travail, Droit de la Sécurité Sociale et en tenant
compte des impératifs du Droit des Sociétés et de certaines règles de Droit Fiscal.
L'observation physique et directe par l'auditeur est indispensable dans le
domaine juridique et social puisqu'elle permet de corriger les événements détaillés
dans des documents et de se faire une opinion sur l'organisation juridique et le
climat social de l'entreprise. La visite des locaux et des ateliers, les entretiens avec
certains responsables d'établissements, du Service du Personnel et du Service
Juridique et Comptable ainsi que du Service Social, la possibilité d'avoir des
entretiens avec les Représentants du Personnel ou les Représentants Syndicaux, vont
permettre à l'auditeur de recueillir de nombreuses informations utiles.
L'auditeur devra également obtenir des preuves de la fiabilité des renseigne-
ments, informations et documents communiqués, comme nous l'avons vu précé-
demment, par des recoupements internes et externes, des questionnaires, des
entretiens.
L'auditeur n'oubliera pas également d'obtenir la confirmation directe des
informations et des documents, par des preuves externes obtenues auprès de tiers,
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tels que, les Conseils extérieurs, les dossiers contentieux et les jugements, les
Services de l'Inspection du Travail et de la Direction Départementale du Travail, les
Conseils de Prud'hommes. La réalisation de cette confirmation directe n'aura lieu
qu'une fois que l'auditeur aura obtenu l'accord du prescripteur sur ces démarches.
Cette confirmation directe se réalise en général par l'envoi de courriers ou de
questionnaires qui sont ensuite dépouillés et traités pour en tirer les conclusions
nécessaires à l'auditeur.
L'auditeur juridique et/ou social peut également procéder par voie de sondages
dans l'examen des procès-verbaux d'Assemblées ou de Conseils, dans l'examen de
certains documents sociaux qui doivent être établis régulièrement. L'auditeur choisi
en général la taille d'un échantillon, il effectue une sélection et une étude ce qui lui
permet, éventuellement, d'extrapoler les constatations et de porter un avis sur les
sondages effectués.
En dehors de l'examen des documents sociaux, l'auditeur utilise le système des
questionnaires pour bien cerner l'ensemble des problèmes juridiques et sociaux à
traiter, obtenir des réponses précises et confronter ces réponses avec les documents
communiqués.

C. — L e r a p p o r t d ' a u d i t

Les observations générales, que nous allons présenter ci-après, permettront de


compléter le schéma d'un rapport d'audit que vous trouverez dans la troisième
partie de cette présentation commune de l'audit juridique et social.
Le rapport d'audit comporte un diagnostic, des réserves et des recommanda-
tions.
Il permet de constater les insuffisances juridiques et sociales de manière à aider
pour atteindre les objectifs, respecter au mieux la réglementation et améliorer
certains aspects de la gestion.
Ce rapport doit également aider à la conception de projets, à la comparaison
des différents choix possibles de solutions et à la préparation des décisions.
Les suggestions qu'il contient doivent être pleines de réalisme et montrer la
capacité d'innover de l'auditeur, la force de ses propositions. Ces qualités se
manifesteront par la présentation de plans d'actions précis et réalistes, adaptés aux
besoins de l'entreprise dans le domaine juridique et social.
Enfin, la question se pose, pour certains, de savoir si l'auditeur doit aider à la
mise en oeuvre des recommandations et au contrôle de leur suivi. Il s'agit en réalité
du problème de la frontière entre l'audit et le Conseil. Nous pensons que l'auditeur
interne doit tout naturellement suivre l'exécution des recommandations mais que
par contre, en ce qui concerne l'auditeur externe, ce dernier doit laisser la place au
Conseil de l'entreprise, sinon il lui serait impossible de revenir par la suite effectuer
un nouvel audit aux risques de se mettre en contradiction.
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C o n c l u s i o n c o n c e r n a n t les bases c o m m u n e s
à l'audit j u r i d i q u e et social :

Dans cette première partie, nous avons voulu insister sur une approche
essentiellement juridique de ces deux audits, mais, bien évidemment, il existe
d'autres approches en particulier concernant l'audit social se rapportant à la gestion
des ressources humaines qui examine l'embauche des salariés, la gestion des
carrières, l'évolution des rémunérations, la performance humaine. Notre approche
de l'audit social montre qu'il est fortement imprégné d'audit juridique. Cependant, il
ne peut plus être aujourd'hui considéré comme une simple phase de l'audit
juridique car l'audit social possède des particularités, une réglementation spécifique,
une approche humaine de l'entreprise qui nécessite et justifie son autonomie.
La réalisation de l'audit juridique et de l'audit social permet, avec d'autres audits,
d'attirer et de conforter la confiance des tiers vis-à-vis de l'entreprise, d'améliorer la
sécurité des dirigeants par rapport à la réglementation juridique et sociale
contraignante, d'affirmer la fiabilité des informations juridiques et sociales et des
documents qui leur servent de support, à inciter et motiver le personnel de
l'entreprise et permettre ainsi son développement harmonieux.
Les deux titres suivants vont étudier séparément l'audit social et l'audit
juridique et présenter, pour chacun d'eux, des modèles d'audits spécifiques
auxquels le lecteur pourra immédiatement se reporter pour s'initier à l'audit et
l'aider dans cette nouvelle approche dynamique du Droit des Affaires.
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TABLEAU SUR LES DIFFÉRENTS MOTIFS D'AUDIT JURIDIQUE ET SOCIAL


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SCHÉMA CONCERNANT LES RISQUES SOCIAUX À DÉCELER DANS L'ENTREPRISE PAR


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III. — LA PROCÉDURE D'AUDIT EN TABLEAUX

A. — Présentation globale

GRAPHIQUE PRÉSENTANT LA PROCÉDURE D'AUDIT JURIDIQUE ET SOCIAL

Procédure d'audit

1. — Phase d'observation :
Entretiens :
— Demande d'audit.
— Ecouter les interlocuteurs et le chef d'entreprise.
— Définition et arrêté d'un cadre de mission.
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2. — E n q u ê t e préliminaire :

— Se familiariser avec l'entreprise.


— Se familiariser avec le domaine à auditer.
— Connaissance générale de l'entreprise.
— Saisir les principaux axes politiques, économiques et sociaux.
— Etablir un procès verbal d'inventaire :
• premier constat,
• pré-diagnostic.
— Rectification et affinement de la mission d'audit.

3. — Contrat d'audit :

Documents contractuels signés.


Ordre de mission ou lettre d'intention acceptée.
Contenu:
— Les objectifs de l'auditeur.
— La nature des investigations.
— L'étendue du contrôle.
— Les constats à effectuer.
— Le cadre de la mission.
— Les moyens mis à disposition.
— Les documents mis à disposition.
— Les personnes à rencontrer.
— La chronologie détaillée des interventions.
— Le temps et la période d'intervention.
— Le budget (honoraires et frais).

4. — Travaux d'audit :

a) Vérification, contrôle:
— Les vérifications des procédures de contrôle interne :
• existence effective,
• pertinence,
• fiabilité,
• conformité de l'application,
• utilisation.
— La validité des chiffres.
— La conformité des pratiques, des activités et des documents juridiques et
sociaux aux référentiels :
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• législatifs et réglementaires,
• procédures conventionnelles,
• normes techniques.

b) Analyse, appréciation :

— Domaine (procédures, organisations, contrats, fonctionnements) :


• suivi des politiques,
• objectifs atteints,
• utilisation des ressources,
• opportunité des opérations et régularités,
• secteurs audités.
— Méthode et technique d'approche :
• analyse de cohérence :
* avec les autres données,
* avec les activités de l'entreprise,
* entre les pratiques et les stratégies définies;
• pertinence, opportunité, efficacité :
* les besoins et les moyens mis en oeuvre,
* à qui et à quoi cela sert ?;
• quantification des résultats :
* les faits ou les documents,
* leur quantification,
* les écarts (recherche, repérage, analyse),
* les variations;
• Détecter et analyser :
* les variations,
* les écarts.

5. — R a p p o r t d ' a u d i t :

a ) Entretien avec prescripteur a v a n t rédaction f i n a l e :


— Compléter par entretien avec l'audité.
— Et avec les personnes rencontrées dans l'entreprise.
— Recueil des dernières observations.

b) Diagnostic:

— Relever des anomalies, des dysfonctionnements.


— Les alertes.
— Les risques courus (nullité, infraction, responsabilité).
— Les réserves.
— Les avis sur la conformité, l'efficacité, la pertinence et la sécurité.
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c) Les r e c o m m a n d a t i o n s :

Elles constituent un outil de prévision et de gestion.


Elles sont opérationnelles ou elles indiquent une démarche pour aboutir à
l'opérationnel.
Leur contenu :

— Propositions, préconisations.
— Suggestions d'examens en profondeur.
— Les alternatives possibles.
— La correction des écarts.
— Les suggestions de suivi :
• indicateurs,
• statistiques,
• tableaux de bord,
• procédures de contrôle avec questionnaires d'auto-audit.

B. — F i c h e s d e t r o i s p h a s e s d e p r o c é d u r e
Le c o n t r a t d ' a u d i t

1. — Les c o n t r a c t a n t s :

a) Auditeur :

— Responsable de l'équipe d'audit.


— Auditeur principal.
— Audit complémentaire à d'autres audits :
• auditeur juridique,
• auditeur social.

b) Audité :

— Si également prescripteur :
e engagement sur l'ensemble du contrat.
— Si différent du prescripteur :
e engagé que sur les obligations strictement définies.
Dans les 2 cas intervient à la signature.

c) Prescripteur :

Dans le cas où il n'est pas contrôlé :


— engagé sur ses obligations,
— engagé sur les obligations de l'audité vis-à-vis de l'auditeur.
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2. — Les obligations respectives :


a) Auditeur:
— Préciser ses responsabilités :
• ses pouvoirs d'investigations,
• ses limites,
• discrétion, secret, confidentialité.
— Obligation de constat :
e simple conformité.
— Obligation d'opinion :
• efficacité,
• pertinence,
• sécurité.
— Conséquences au niveau des responsabilités :
• obligation de résultat,
• obligation de moyens.
— Prévoir éventuellement une assurance complémentaire :
• en cas d'erreur,
• de non-respect des délais,
• en cas d'événements imprévisibles.

b) Prescripteur différent de l'audité :


— Obtenir autorisation et accord de l'audité.
— Régler seul la mission et le rapport d'audit.
— Responsable de la diffusion et de l'utilisation du rapport d'audit.

c) Audité non prescripteur :


— Accord sur l'audit.
— Accord sur les documents et informations à fournir.
— Accord sur la circulation de l'auditeur dans l'entreprise.
— Accord sur l'exercice de la mission de l'auditeur.
— Accord sur l'assistance des collaborateurs et des conseillers.

3. — Domaines à auditer :
a) Indications d'existence d'autres audits:
— Antérieures.
— Simultanées.
— Complémentaires.
— Approche pluri-disciplinaires.
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b) J u r i d i q u e et/ou s o c i a l :

— Spécifiques.
— Détailler les domaines avec check-list et énumérations.
— Les investigations avec l'étendue et le degré.

4. — L e s c o n t r a i n t e s m a t é r i e l l e s :

a ) Les d o c u m e n t s et i n f o r m a t i o n s :

— Importance.
— Délais de communication.
— Documents et contrats :
• soumis à contrôle,
• c o m m u n i q u é s à titre d'information seulement.

b ) Les p e r s o n n e s à r e n c o n t r e r :
— Internes.
— Externes.

c) Le t e m p s d ' a u d i t :
— Durée.
— Agenda, périodicité.
— Planning.

d) Budget:
— Remboursement ou avance de frais.
— Remboursement des déplacements.
— Honoraires :
e fourchette ou plafond,
e forfait ou base journalière ou horaire,
e provision,
e solde et délais.

Outils nécessaires à l'audit juridique et social

1. — L a r é g l e m e n t a t i o n :

— Textes :
• Lois, décrets, arrêtés.
• Réponses ministérielles.
• Circulaires administratives.
• Recommandations de la C.O.B.
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C. gén. imp. ou C.G.I. Code général des impôts.


C. loyers Code des loyers et de la copropriété.
C. org. jud. Code de l'organisation judiciaire.
C. pénal Code pénal.
C. proc. civ. Code de procédure civile.
C. proc. pén. Code de procédure pénale.
C. rur. et for. Code rural et Code forestier.
C. santé publ. Code de la santé publique, de la famille et de l'aide
sociale.
C. Soc. Code des Sociétés.
C.S.S. Code de la Sécurité Sociale.
C. trav. Code du travail.
C.U.H. Code de l'Urbanisme et de l'Habitation.
C.C. Convention Collective.
C.C.E. Comité Central d'Entreprise.
C.C.I. Chambre de Commerce et d'Industrie.
C.C.I.P. Certificat de Capacité d'insertion Professionnelle.
C.C.N. Convention Collective Nationale.
C.C.R. Convention Collective Régionale.
C.D.D. Contrat à durée déterminée.
C.D.I. Contrat à durée indéterminée.
C.E. Comité d'Entreprise.
C.E. Conseil d'Etat.
C.E.E. Communauté Economique Européenne.
C.E.R.C. Centre d'Etudes, Revenus et Coûts.
C.E.S.A. Centre d'Etudes Supérieures des Affaires.
C.F.D.T. Confédération Française Démocratique du Travail.
C.F.T.C. Confédération Française des Travailleurs Chrétiens.
C.G.C. Confédération Générale des Cadres.
C.G.P.M.E. Confédération Générale des Petites et Moyennes Entre-
prises.
C.G.T. Confédération Générale du Travail.
C.G.T.-F.O. Confédération Générale du Travail-Force Ouvrière.
C.H.S. Comité d'Hygiène et de Sécurité.
Chron. Chronique.
C.H.S.C.T. Comité d'Hygiène, de Sécurité et des Conditions de
Travail.
C.I.C.A. Canadian Institute of Chartered Accountants.
C.I.D.E.C. Centre International pour le Développement Commercial
de l'Entreprise.
C.I.F. Congé Individuel Formation.
Circ. Circulaire.
Cir. min. Circulaire ministérielle.
CJ.C.E. Cour de Justice des Communautés Européennes.
Clunet. Journal International de Droit Privé.
C.M.S.P.P. Circulaire du Ministère de la Santé Publique et de la
Population.
C.M.T. Circulaire du Ministère du Travail.
C.N.A.F. Caisse Nationale des Allocations Familiales.
C.N.A.M. Caisse Nationale d'Assurance Maladie.
C.N.A.M.T.S. Caisse Nationale d'Assurance Maladie des Travailleurs
Salariés.
C.N.A.V.T.S. Caisse Nationale d'Assurance Vieillesse des Travailleurs
Salariés.
C.N.C. Conseil National de la Comptabilité.
C.N.C.C. Conseil National des Commissaires aux Comptes.
C.N.I.L. Commission Nationale Informatique et Libertés.
C.N.P.F. Conseil National du Patronat Français.
C.N.R.S. Centre National de Recherche Scientifique.
C.O.B. Commission des Opérations de Bourse.
C.O.D.E.F.I. Comité Départemental d'Examen des Problèmes de Finan-
cement des Entreprises.
Comm. rég. appel Commission régionale d'appel de Sécurité Sociale.
Comp. Comparez.
Concl. Conclusions.
Conf. Solution conforme.
Cons. Etat Conseil d'Etat.
Cons. prud. Conseil de prud'hommes.
Contra Solution contraire.
C.O.R.R.I. Comité Régional de Restructuration Industrielle.
C.P. a) Revue « Cahiers Prud'homaux ».
b) Congés Payés.
C.O.P.A.C.I.F. Comité Paritaire du Congé Individuel de Formation.
C.P.A. Centre de Préparation aux Affaires.
C.P.I. Commission de Première Instance du contentieux de la
Sécurité Sociale.
C.R.A. Commission Régionale d'Appel de la Sécurité Sociale.
C.R.A.E. Centre de Recherche et d'Application en Ergonomie.
C.R.G. Commission de Recours Gracieux.
C.S.P. Catégories Socio-Professionnelles.
C.S.S. Code de la Sécurité Sociale.
C.U.H. Code de l'Urbanisme.

D
D (ou Dalloz) Revue « Dalloz ».
D.A. 1941 Recueil Analytique de Jurisprudence et de Législation
Dalloz, année 1941.
D.A.D.S. Déclaration annuelle des données sociales.
D.A.E. Diplôme d'Assistant en Ergonomie.
Dalloz Recueil Dalloz.
D.A.M.C.S.S. Direction de l'Assurance Maladie et des Caisses de Sécurité
Sociale.
D.A.S. Déclaration annuelle des salaires.
D.C. 1941 Recueil Critique de Jurisprudence et de Législation Dalloz,
année 1941.
D.D.T.E. Direction Départementale du Travail et de l'Emploi.
Décl. min. Déclaration ministérielle.
Décr. Décret.
Décret-L. Décret-Loi.