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PROJET SKILLS

BÂTIMENTS EN ACIER EN EUROPE

Bâtiments en acier à simple rez-de-


chaussée
Partie 4 : Conception et calcul des
portiques
Bâtiments en acier à simple rez-de-
chaussée
Partie 4 : Conception et calcul des
portiques
4 - ii
Partie 4 : Conception et calcul des portiques

AVANT-PROPOS
Cette publication est la quatrième partie du guide de conception et calcul : Bâtiments en
acier à simple rez-de-chaussée.

Les 11 parties de ce guide sont :


Partie 1 : Guide pour les architectes
Partie 2 : Conception
Partie 3 : Actions
Partie 4 : Conception et calcul des portiques
Partie 5 : Conception et calcul des structures à treillis
Partie 6 : Conception et calcul des poteaux composés
Partie 7 : Ingénierie incendie
Partie 8 : Enveloppe des bâtiments
Partie 9 : Introduction aux logiciels de calcul
Partie 10 : Guide pour la spécification d’un projet de construction
Partie 11 : Assemblages de continuité par platines d’about

Le guide Bâtiments en acier à simple rez-de-chaussée est le premier d’un ensemble en


deux volumes, le second s’intitulant Bâtiments en acier à plusieurs niveaux.

Ces deux guides ont été réalisés dans le cadre du projet européen « Facilitating the
market development for sections in industrial halls and low rise buildings (SECHALO)
RFS2-CT-2008-0030 » que l’on peut traduire en français par « Faciliter le
développement du marché des profilés laminés pour les halles industrielles et les
bâtiments de faible hauteur ».

Ces guides de conception et de calcul ont été rédigés sous la direction d’ArcelorMittal,
Peiner Träger et Corus. Le contenu technique a été préparé par le CTICM et le SCI,
collaborant dans le cadre de « Steel Alliance », réalisée grâce à une subvention
financière du Fonds de Recherche du Charbon et de l'Acier (RFCS) de la Communauté
européenne.

La traduction française de la présente publication a été réalisée dans le cadre du projet


SKILLS, sous l'égide du CTICM et dans le cadre d'une collaboration avec
ConstruirAcier et l'APK. Le projet SKILLS a été financé avec le soutien de la
Commission européenne. Cette publication n’engage que son auteur et la Commission
n’est pas responsable de l’usage qui pourrait être fait des informations qui y sont
contenues.

4 - iii
Partie 4 : Conception et calcul des portiques

4 - iv
Partie 4 : Conception et calcul des portiques

Contenu
Page n°

AVANT-PROPOS iii
RÉSUMÉ vii
1 INTRODUCTION 1
1.1 Portée du document 1
1.2 Conception assistée par ordinateur 1
2 EFFETS DU SECOND ORDRE DANS LES PORTIQUES 3
2.1 Comportement des portiques 3
2.2 Effets du second ordre 4
2.3 Résumé 5
3 ÉTAT LIMITE ULTIME 6
3.1 Généralités 6
3.2 Imperfections 8
3.3 Analyse au premier et au second ordre 14
3.4 Rigidité des pieds de poteaux 18
3.5 Résumé 20
4 ÉTAT LIMITE DE SERVICE 21
4.1 Généralités 21
4.2 Choix des critères de flèches 21
4.3 Analyse 21
4.4 Résumé 21
5 RÉSISTANCE DES SECTIONS TRANSVERSALES 22
5.1 Généralités 22
5.2 Classification des sections transversales 22
5.3 Ductilité des barres pour une analyse plastique 23
5.4 Résumé 23
6 STABILITÉ DES BARRES 24
6.1 Introduction 24
6.2 Résistance au flambement selon l’EN 1993-1-1 25
6.3 Maintien hors-plan 27
6.4 Longueurs stables adjacentes à une rotule plastique 29
6.5 Résumé 33
7 CALCUL DES TRAVERSES 34
7.1 Introduction 34
7.2 Résistance des traverses 35
7.3 Stabilité hors-plan des traverses 35
7.4 Stabilité des traverses dans le plan 39
7.5 Résumé 40
8 CALCUL DES POTEAUX 41
8.1 Introduction 41
8.2 Résistance de l’âme 41
8.3 Stabilité des poteaux 41
8.4 Stabilité en plan 44
8.5 Résumé 44

4-v
Partie 4 : Conception et calcul des portiques

9 CONTREVENTEMENT 45
9.1 Généralités 45
9.2 Palée de stabilité 45
9.3 Poutre au vent 52
9.4 Maintien des semelles internes 54
9.5 Maintien au droit des rotules plastiques 55
9.6 Résumé 56
10 PIGNONS 58
10.1 Types de structures de pignons 58
10.2 Potelets de pignon 58
10.3 Traverses de pignon 59
11 ASSEMBLAGES 60
11.1 Attaches poutre-poteau 60
11.2 Attaches de faîtage 61
11.3 Pieds de poteaux, plaques d’assise et fondations 62
11.4 Résumé 68
12 COMPOSANTS STRUCTURAUX SECONDAIRES 69
12.1 Panne sablière 69
12.2 Buton de rive 69
13 CALCUL DES PORTIQUES MULTI-TRAVÉES 70
13.1 Généralités 70
13.2 Types de portiques multi-travées 70
13.3 Stabilité 71
13.4 Instabilité par claquage 72
13.5 Résumé 72
RÉFÉRENCES 73
Annexe A Limites pratiques des flèches des bâtiments à simple rez-de-chaussée 75
A.1 Flèches horizontales des portiques 75
A.2 Flèches verticales des portiques 77

Annexe B Calcul de cr,est 80


B.1 Généralités 80
B.2 Facteur cr,s,est 80
Annexe C Détermination de Mcr et de Ncr 83
C.1 Mcr pour les barres uniformes 83
C.2 Mcr pour les barres avec maintiens ponctuels de la semelle tendue 84
C.3 Ncr pour les barres uniformes avec maintiens ponctuels de la semelle
tendue 86
Annexe D Exemple : Calcul d’un portique en utilisant une analyse élastique 89

4 - vi
Partie 4 : Conception et calcul des portiques

RÉSUMÉ
Ce document fournit des recommandations pour la conception et le calcul des portiques
selon les Eurocodes.

L’introduction passe en revue les avantages des structures en portiques et elle précise
que la portée de ce document est limitée aux portiques sans tirants entre les jarrets.
L’essentiel de ce guide est consacré aux portiques à travée unique mais il contient
également quelques éléments concernant les portiques à travées multiples.

Cette publication donne des conseils relatifs à :


 l’importance des effets du second ordre dans les portiques,
 l’utilisation des analyses élastiques ou plastiques,
 le calcul aux états limites ultimes et aux états limites de service,
 le calcul des éléments : résistance des sections transversales et stabilité des barres,
 les éléments secondaires : potelets de pignon, contreventements et barres en rive de
toiture.
Le document comprend un exemple avec une estimation de la sensibilité aux effets du
second ordre et la vérification des barres principales.

4 - vii
Partie 4 : Conception et calcul des portiques

4 - viii
Partie 4 : Conception et calcul des portiques

1 INTRODUCTION

Pour réaliser des bâtiments à simple rez-de-chaussée, les portiques en acier


sont très efficaces et très économiques sous réserve que certains détails de
conception ne soient pas trop onéreux et que les paramètres et hypothèses de
calcul soient bien choisis. Dans les pays où cette technologie est fortement
développée, les portiques en acier représentent le concept dominant pour les
bâtiments industriels à un seul niveau et les bâtiments commerciaux. Il est
devenu le système porteur le plus fréquent pour les bâtiments dont la toiture est
à versants plans en raison de son faible coût et de sa souplesse d’utilisation
associés à une large gamme de portées.

Lorsque des indications proviennent d'autres documents disponibles dans la


littérature, leurs références sont fournies avec une brève description et une
analyse de leur contenu. Des renvois vers les paragraphes pertinents de
l’EN 1993-1-1[1] sont également fournis lorsque nécessaire.

1.1 Portée du document


Cette publication guide le concepteur à travers toutes les étapes nécessaires au
calcul détaillé des portiques d’après l’EN 1993-1-1, en prenant en compte le
rôle des analyses menées à l’aide de logiciels commerciaux disponibles. Il est
reconnu que le dimensionnement le plus économique est réalisé en utilisant des
logiciels adaptés. Néanmoins, ce document fournit à la fois des conseils sur les
méthodes manuelles utilisées pour le prédimensionnement et les approches
offertes par les logiciels. L’importance de dispositions constructives
appropriées est mise en évidence, illustrée par de bonnes pratiques.

Ce document ne concerne pas les portiques avec tirants entre les jarrets, cette
forme de structure sous-tendue étant relativement rare dans la pratique. Notons
cependant que le tirant modifie très sensiblement la distribution des moments
fléchissants et qu’il augmente l'effort normal dans la traverse de manière
importante. Le recours à un logiciel de calcul au second ordre est alors
indispensable pour pouvoir étudier ce type de portique.

Une introduction aux structures à un seul niveau, incluant les portiques, est
fournie dans un document complémentaire Bâtiments à simple rez-de-
chaussée. Partie 2 : Conception[2].

1.2 Conception assistée par ordinateur


Bien que les portiques, comme les barres, puissent être analysés et vérifiés par
des méthodes manuelles, l’utilisation de logiciels est recommandée pour
conduire à plus d’efficacité. Un grand nombre de logiciels dédiés au calcul des
structures sont disponibles qui permettent :
 de mener une analyse élasto-plastique,
 de prendre en compte les effets du second ordre,
 de vérifier les barres,

4-1
Partie 4 : Conception et calcul des portiques

 de vérifier les assemblages.

En général, pour calculer un portique, un très grand nombre de combinaisons


de charges doit être étudié. Les logiciels, capables de vérifier les barres pour
toutes ces combinaisons, réduisent considérablement le processus de calcul.

Bien qu’un calcul manuel puisse être utile pour le prédimensionnement des
barres et qu'une compréhension approfondie de toute la démarche de calcul soit
nécessaire, l’utilisation de logiciels adaptés est recommandée.

4-2
Partie 4 : Conception et calcul des portiques

2 EFFETS DU SECOND ORDRE DANS LES


PORTIQUES

2.1 Comportement des portiques


Les vérifications de la résistance d’une structure quelconque ne sont valables
que si l’analyse globale donne une bonne représentation du comportement de la
structure réelle.

Toute structure chargée se déforme rendant ainsi sa géométrie différente de


celle de son état non chargé. Les déplacements qui en découlent provoquent
dans les barres des efforts qui agissent selon des directions qui peuvent être
différentes de celles qui sont supposées dans l’analyse, comme le montrent les
schémas de la Figure 2.1 et de la Figure 2.2. Si les déformations sont petites,
leurs conséquences sont très faibles et une analyse au premier ordre (négligeant
l’effet des déplacements) est suffisamment précise. A contrario, si les
déplacements sont tels que les effets des charges axiales sur la géométrie
déformée deviennent assez grands pour créer des moments additionnels
significatifs et amplifier les flèches, le portique est dit sensible aux effets du
second ordre. Ces derniers, encore appelés effets P-delta, peuvent être
suffisants pour réduire la résistance du portique.

Ces effets du second ordre sont des effets géométriques et ils ne doivent pas
être confondus avec le comportement non linéaire des matériaux.

Comme montré sur la Figure 2.1, il existe deux catégories d’effets du second
ordre :

 les effets des déplacements suivant la longueur des barres (flèches locales),
appelés habituellement effets P- (P-petit delta),
 les effets des déplacements aux intersections des barres, appelés
habituellement effets P- (P-grand delta).

2

1 3

2 3

1 4

Figure 2.1 Mode asymétrique ou à nœuds déplaçables

4-3
Partie 4 : Conception et calcul des portiques

Figure 2.2 Mode de déplacement symétrique

Les conséquences pratiques des effets P- et P- sont de réduire la rigidité des
ossatures et de leurs barres en-dessous de celle calculée par une analyse au
premier ordre. Les portiques à un seul niveau sont sensibles aux effets des
efforts de compression axiale dans les traverses et les poteaux. Ces efforts
normaux sont fréquemment de l’ordre de 10 % des charges critiques de
flambement élastique de ces barres, niveau autour duquel la réduction de la
rigidité effective devient importante.

2.2 Effets du second ordre


Les effets du second ordre augmentent, non seulement les flèches, mais aussi
les sollicitations au-delà des valeurs calculées par une analyse au premier
ordre. « Analyse au second ordre » est le terme utilisé pour décrire les
méthodes d'analyse dans lesquelles les effets de l'augmentation des
déplacements, sous l'effet de l'augmentation des charges, sont pris en compte
dans la résolution ; les résultats intègrent donc les effets P- et P- décrits au
Paragraphe 2.1. Ainsi, en fonction de l'intensité des effets P- et P-, les
résultats peuvent être très différents de ceux d'une analyse au premier ordre.

Les effets de la déformation de la géométrie sont estimés dans l’EN 1993-1-1


en calculant le factor cr, défini comme :
Fcr
 cr 
FEd

où :
Fcr est la charge critique élastique pour l’instabilité dans un mode global,
fondée sur les rigidités élastiques initiales
FEd est la charge de calcul appliquée à la structure.

A condition que l’ossature soit suffisamment rigide, les effets du second ordre
peuvent être ignorés et une analyse au premier ordre peut être effectuée. Selon
le § 5.2.1 (3), c’est le cas si :
 pour une analyse élastique : cr  10,
 pour une analyse plastique : cr  15.

4-4
Partie 4 : Conception et calcul des portiques

cr peut être déterminé en utilisant un logiciel ou (dans certaines limites) en


utilisant l’expression 5.2 de l’EN 1993-1-1. Si l’ossature est hors de ces
limites, une expression alternative peut être utilisée pour calculer une valeur
approximative de cr. De plus amples détails sont donnés au Paragraphe 3.3.

Lorsque les effets du second ordre sont significatifs, deux options sont
possibles :
 Une analyse rigoureuse au 2nd ordre (ce qui implique, dans la pratique,
d’avoir recours à un logiciel de calcul au second ordre approprié) ;
 Une analyse au 2nd ordre approchée (à savoir des calculs, éventuellement
manuels, fondés une analyse au premier ordre en appliquant des corrections
appropriées pour tenir compte des effets du second ordre).

Dans la seconde méthode, connue également sous le nom d’« analyse au


premier ordre modifiée », les actions appliquées, obtenues à l’aide d’un calcul
au premier ordre, sont amplifiées pour tenir compte des effets du second ordre.
Cette méthode est décrite au Paragraphe 3.3.

2.3 Résumé
 Les effets du second ordre se produisent dans la structure prise dans son
ensemble (P- ) et au niveau des barres (P-).
 Les effets du second ordre sont quantifiés par le coefficient cr.
 Pour les portiques, l’expression donnée au § 5.2.1(4) de l’EN 1993-1-1
pour calculer cr, peut être utilisée en respectant certaines limites. En
dehors des limites prescrites par la norme, une méthode de calcul
alternative peut être utilisée, comme expliqué dans l’ANNEXE B.
 Les effets du second ordre peuvent être significatifs pour les portiques
courants.
 Les effets du second ordre peuvent être déterminés, soit par une analyse au
second ordre rigoureuse en utilisant un logiciel, soit par une analyse au
premier ordre modifiée par une amplification des efforts.

4-5
Partie 4 : Conception et calcul des portiques

3 ÉTAT LIMITE ULTIME

3.1 Généralités
Les méthodes d’analyse des ossatures à l’État Limite Ultime sont généralement
de deux types – l’analyse élastique (voir Paragraphe 3.2.2) et l’analyse
plastique (voir Paragraphe 3.2.3). Cette dernière recouvre à la fois l’analyse
rigide-plastique et l’analyse élastique-plastique.

La formation des rotules plastiques en des points de moment maximal et la


redistribution associée des moments dans l’ossature, sont inhérents à l’analyse
plastique et sont les éléments clés pour une conception économique de la
plupart des portiques. Ils « soulagent » les zones fortement sollicitées et ils
permettent de mobiliser plus pleinement la capacité des parties sous-utilisées
dans les portiques.

Ces rotules plastiques se développent dans les sections où le moment


fléchissant atteint le moment plastique (ou plus généralement la résistance
plastique), pour des niveaux de chargement inférieurs au chargement final à
l’ELU.

Un diagramme de moment fléchissant « plastique » idéalisé, dans un portique


symétrique, sous chargement vertical symétrique, est représenté à la Figure 3.1.
Il montre la position des rotules pour le mécanisme de ruine plastique. La
première rotule se forme normalement à proximité du renfort (ici dans le
poteau). Ensuite, selon les proportions du portique, les rotules suivantes se
développent, vers le faîtage, au point de moment positif maximum.

Un portique biarticulé en pieds est hyperstatique de degré un. Il faut donc deux
rotules pour créer un mécanisme. Les quatre rotules représentées sur la
Figure 3.1 résultent de la symétrie de la structure. En pratique, en raison des
variations de la résistance du matériau et des dimensions des sections, seules
une rotule au faîtage et une autre au jarret se forment pour créer le mécanisme.
Comme il est difficile de savoir quelles rotules se forment dans la structure
réelle, une hypothèse de disposition symétrique est retenue.

4-6
Partie 4 : Conception et calcul des portiques

1
1 1

1 Position des rotules plastiques

Figure 3.1 Diagramme de moment fléchissant résultant de l'analyse plastique


d'un portique symétrique sous chargement vertical symétrique

La plupart des combinaisons de charges sont asymétriques car elles incluent,


soit des forces horizontales équivalentes (FHE ; voir Paragraphe 3.2), soit des
charges de vent. Des diagrammes typiques de chargement et de moments
fléchissants sont représentés à la Figure 3.2. Comme le vent et les FHE peuvent
agir dans l’une ou l’autre direction, un maintien doit être assuré au niveau des
positions de chaque rotule plastique, des deux côtés de l'ossature.

1
1

1 Position des rotules plastiques

Figure 3.2 Diagramme de moment fléchissant résultant de l'analyse plastique


d'un portique symétrique sous chargement asymétrique

Un diagramme typique de moment fléchissant, résultant d’une analyse


élastique d’un portique biarticulé en pieds, est représenté à la Figure 3.3. Dans
ce cas, le moment maximum (au jarret) est plus élevé que celui calculé à partir
d’une analyse plastique. Le poteau et le renfort doivent, tous les deux, être
conçus pour ces moments fléchissants les plus importants. Le renfort peut être
prolongé sur environ 15 % de la portée, pour équilibrer le moment fléchissant
le plus élevé.

4-7
Partie 4 : Conception et calcul des portiques

Figure 3.3 Diagramme de moment fléchissant résultant de l'analyse élastique


d'un portique symétrique sous chargement symétrique (le cas d'un
renfort sur 10 % de la portée est représenté par une ligne continue,
celui sur 15 % de la portée par une ligne en pointillés)

3.2 Imperfections
Les imperfections des ossatures sont traitées au § 5.3.2 de l’EN 1993-1-1. En
général, elles doivent être prises en compte dans le calcul. Les portiques
peuvent être modélisés avec un défaut d’aplomb, mais une alternative consiste
à introduire les imperfections à l’aide d’un système de forces horizontales
équivalentes (FHE). L’utilisation des FHE est recommandée pour une approche
simplifiée.

3.2.1 Forces horizontales équivalentes


L'utilisation de forces horizontales équivalentes (FHE) traduisant l'effet du
défaut initial global d’aplomb, est autorisée par le § 5.3.2(7). Les imperfections
initiales sont données par l'expression 5.5, où de défaut initial  (assimilé à une
inclinaison par rapport à la verticale) est donné par :
 = 0 h m

où :
0 est la valeur de base : 0 = 1/200
2 2
h  mais   h  1,0
h 3
h est la hauteur de la structure en mètres
 1
 m  0, 51  
 m

m est le nombre de poteaux dans une file – pour une structure à


portiques, c'est le nombre de poteaux pour un seul portique.

Pour les portiques à une seule travée, h est la hauteur du poteau, et m = 2.

On se place en sécurité en choisissant h = m = 1,0.

4-8
Partie 4 : Conception et calcul des portiques

Les FHE peuvent être calculées en multipliant  par la réaction verticale à la


base du poteau (incluant les charges de pont roulant si nécessaire). Les FHE
sont appliquées horizontalement, dans une même direction, au sommet de
chaque poteau.

Le § 5.3.2(4) spécifie que les défauts globaux d’aplomb peuvent être négligés
lorsque HEd  0,15 VEd.

Il est recommandé que cette condition soit évaluée en comparant la somme des
réactions horizontales en pied de poteau à la somme des réactions verticales.
Dans de nombreux cas, l'expression donnée en 5.3.2(4) signifie que les FHE ne
sont pas nécessaires dans les combinaisons d'actions incluant les effets du vent.
Elles devront toutefois être prises en compte dans les combinaisons des actions
gravitaires seules

3.2.2 Analyse élastique


L'analyse élastique est la méthode d'analyse la plus courante pour les structures
en général mais, dans le cas des portiques, elle conduit généralement à des
solutions moins économiques qu’une analyse plastique. À condition que les
sections soit de Classe 1 ou 2, l’EN 1993-1-1 autorise l'utilisation de la
résistance plastique des sections transversales dans le cadre d'une analyse
élastique. De plus, il permet une redistribution de 15 % des moments, comme
défini au § 5.4.1.4(B) de l’EN 1993-1-1.

Des projeteurs peu familiers avec le calcul des structures en acier peuvent être
surpris par l'utilisation du moment de résistance plastique et par la
redistribution des moments, dans le cadre d’une analyse élastique. Il doit
cependant être noté qu'en pratique :
 Du fait des contraintes résiduelles, des imperfections dans les barres, des
écarts entre les inerties réelles et celles qui sont supposées, de rigidités
réelles des attaches, différentes de celles prises en hypothèse, et des jeux
dans les assemblages, la distribution réelle des moments dans toute ossature
diffère nécessairement de celle qui est estimée par une analyse élastique.
 Les sections de Classe 1 ou 2 sont capables d'une certaine rotation
plastique, avant qu'une réduction significative de leur capacité n’apparaisse
en raison du voilement local. Ceci justifie une redistribution de 15 % des
moments à partir de ceux déterminés par l'analyse élastique.

Toutefois, les résultats de l'analyse élastique ne doivent être considérés que


comme un système raisonnablement réaliste de sollicitations en équilibre sous
les charges appliquées.

Dans une traverse de portique avec renfort, il est possible de redistribuer


jusqu'à 15 % du pic du moment fléchissant à la pointe du renfort, à condition
que le moment fléchissant dépasse la résistance plastique de la traverse et que
les moments et les forces, résultant de la redistribution, puissent être repris par
le reste de la structure. Alternativement, si le moment à mi-portée du portique
excède la résistance plastique de la traverse, il peut être réduit jusqu'à 15 % par
redistribution, sous réserve à nouveau que le reste de la structure puisse
supporter les moments et les forces résultant de la redistribution.

4-9
Partie 4 : Conception et calcul des portiques

Si une analyse élastique démontre que le moment fléchissant en un certain


point dépasse le moment de résistance plastique, le moment minimum en ce
point doit, après redistribution, être pris égal au moment de résistance
plastique. Ceci correspond à la formation d'une rotule plastique en ce point.
Autoriser une réduction en dessous de la résistance plastique serait illogique et
pourrait conduire à des hypothèses dangereuses dans le calcul de la résistance
au flambement des barres.

3.2.3 Analyse plastique


L'analyse plastique n'est pas très fréquente en Europe continentale, même si
c’est une méthode d'analyse reconnue. Elle est cependant utilisée à plus de
90 % pour les calculs d’ossatures en Grande-Bretagne où elle est utilisée
depuis plus de 40 ans.

1
2

Mp

My 2
3
1


1 Comportement réel
2 Modèle élastique-parfaitement plastique
3 Déchargement

Figure 3.4 Comportement moment/rotation et modèle élastique-parfaitement


plastique pour une section transversale de Classe 1

4 - 10
Partie 4 : Conception et calcul des portiques

HEd,VEd (7)

3
VEd
6

2
HEd

 (4)

1 Réponse élastique 5 Comportement réel


2 Formation de la première rotule 6 Modèle élastique-parfaitement plastique
3 Formation de la deuxième rotule 7 Évolution de la charge verticale et
4 Déplacement horizontal (proportionnellement) de la charge horizontale

Figure 3.5 Modèle simplifié d'un portique soumis à un accroissement des


charges verticales et horizontales dont la ruine est gouvernée par
un mécanisme à nœuds déplaçables

Traditionnellement, l’analyse plastique utilisait les méthodes de calcul


manuelles (méthode dite graphique, méthode des travaux virtuels, etc.). Ces
méthodes ne sont pas discutées dans ce document, car l'analyse plastique est
maintenant généralement réalisée avec un logiciel, la plupart du temps fondé
sur un comportement élastique-parfaitement plastique. Le principe de cette
méthode est illustré à la Figure 3.4 et à la Figure 3.5.

Le modèle élastique-parfaitement plastique, Figure 3.4, suppose que les barres


se déforment de manière élastique linéaire jusqu'à ce que le moment appliqué
atteigne la valeur du moment plastique Mp. Au-delà, le comportement est
supposé être parfaitement plastique sans écrouissage.

Avec une analyse élastique-parfaitement plastique, la charge est appliquée en


petits incréments, des rotules plastiques apparaissant pendant le calcul pour
chaque section atteignant le moment plastique, Mp, comme illustré à la
Figure 3.6. Si un logiciel de calcul approprié est utilisé, il est possible de
prédire la formation des rotules, leur rotation, ainsi que le comportement lors
du déchargement ou même d'un chargement inverse. Le mécanisme final est le
vrai mécanisme de ruine et il correspond au plus petit facteur de charge qui
peut être obtenu par la méthode rigide plastique.

La méthode élastique-parfaitement plastique présente les avantages suivants :


 Elle permet d'identifier le mécanisme de ruine réel.
 Elle permet d'identifier toutes les rotules plastiques, y compris celles qui peuvent
se former et ensuite être déchargées du fait d’une nouvelle redistribution des

4 - 11
Partie 4 : Conception et calcul des portiques

efforts. De telles rotules (transitoires) n'apparaissent pas dans le mécanisme de


ruine final, mais elles nécessitent néanmoins un maintien.
 Elle permet d'identifier les rotules qui se forment pour des charges supérieures à
celles de l'ELU. Ces rotules n'ont cependant pas besoin d'être maintenues, la
structure étant capable de supporter les charges maximales de calcul. Ceci peut
conduire à des économies dans la structure si la résistance des sections est plus
grande que nécessaire, comme cela se produit lorsque les déplacements
gouvernent le calcul, ou lorsque l’on utilise des sections surdimensionnées.
 Elle permet d'identifier le vrai diagramme de moment fléchissant à la ruine,
ou à toute étape antérieure à la ruine.

3.2.4 Analyse élastique comparativement à analyse plastique


Comme exposé au Paragraphe 3.1, une analyse plastique conduit généralement
à des structures plus économiques, car la redistribution plastique autorise
l'utilisation de barres plus petites pour supporter les mêmes charges. Pour les
portiques analysés en plasticité, les longueurs de renforts sont souvent de
l'ordre de 10 % de la portée.

Lorsque les flèches (ELS) sont déterminantes, il n'y a aucun intérêt à utiliser
une analyse plastique à l'ELU. Si des sections plus rigides sont choisies pour
répondre aux critères de flèches, il est tout à fait possible qu'aucune rotule
plastique ne se forme et que la structure reste élastique à l'ELU.

L'économie liée à une analyse plastique est associée également au système de


contreventement car une redistribution plastique impose des exigences
complémentaires sur le maintien des barres, comme expliqué au Paragraphe
6.3. Par conséquent, l'économie globale sur la structure peut dépendre de la
facilité avec laquelle le portique peut être maintenu.

Une analyse plastique ne peut être entreprise que si un logiciel du commerce


est disponible. Les suites de logiciels les plus sophistiqués permettent de mener
directement une analyse élastique-plastique au second ordre (P-∆), simplifiant
significativement le processus de calcul global. Les logiciels déjà disponibles
de calcul élastique/plastique permettent de s'adapter facilement à une analyse
plastique complète. La limitation qui en résulte, d'utiliser des sections de
Classe 1 exigées dans les zones des rotules plastiques potentielles, n'est pas
significative.

4 - 12
Partie 4 : Conception et calcul des portiques

(a)

Formation de la première rotule

(b)

Augmentation des charges – les traverses se


rapprochent de la plastification

(c)

1 1

Augmentation des charges, la seconde


rotule se forme entraînant le mécanisme qui
conduit à la ruine

(d)
1 Moment de résistance plastique

Figure 3.6 Analyse élastique-parfaitement plastique montrant l'état du


portique sous augmentation proportionnelle des charges
horizontales et verticales a) Domaine élastique partout ; (b) Rotule
plastique en tête d’un poteau ;(c) Les traverses se rapprochent de
la plasticité ; (d) Rotule plastique dans la traverse

Il est admis que quelques redistributions de moments sont possibles, même en


utilisant un calcul élastique. Le § 5.4.1.4(B) de l’EN 1993-1-1 autorise une
redistribution de 15 % , comme expliqué au Paragraphe 3.2.2, bien que ce ne
soit pas courant dans la pratique.

Si des longueurs des renforts de l'ordre de 15 % de la portée sont acceptables,


et si le chargement latéral est faible, le diagramme de moment fléchissant
élastique est presque le même que le diagramme de moment fléchissant
plastique à la ruine. Comme illustré à la Figure 3.3, le moment négatif
maximum à l'extrémité du renfort est similaire au moment positif maximum
dans la traverse. Dans de tels cas, une analyse élastique peut offrir une solution
équivalente à une structure analysée en plasticité.

4 - 13
Partie 4 : Conception et calcul des portiques

3.3 Analyse au premier et au second ordre


Tant pour un calcul en élasticité que pour un calcul en plasticité, le choix d'une
analyse d’ossature au premier ou au second ordre peut être gouverné par la
flexibilité dans le plan du portique, mesurée par le coefficient cr (voir
Paragraphe 3.3.1). En pratique, le choix entre une analyse au premier ou
second ordre dépend aussi de la disponibilité d'un logiciel de calcul. Même si
un portique était suffisamment rigide pour que les effets du second ordre soient
assez faibles pour être ignorés, il peut tout de même être commode d'utiliser un
logiciel de calcul au second ordre.

Lorsqu'une analyse au second ordre est nécessaire mais qu'elle n’est pas
disponible, des méthodes de calcul au premier ordre modifié peuvent être utiles
pour le dimensionnement. L'approche au premier ordre modifié est légèrement
différente pour un calcul en élasticité et en plasticité. Elle est décrite dans les
Paragraphes 3.3.2 et 3.3.3. Dans une analyse élastique, seules les actions
horizontales sont amplifiées alors que, dans une analyse plastique, elles le sont
toutes.

3.3.1 Coefficient cr


L'expression 5.2 du § 5.2.1(4)B de l’EN 1993-1-1 donne cr égal à :
H  h 
 cr   Ed  

 VEd   H,Ed 

Les notes 1B et 2B de cette clause limitent l'application de l'expression 5.2 aux


portiques à toiture de faible pente et où l'effort normal dans la traverse n'est pas
significatif. Plus précisément :
 une pente de toiture est considérée comme faible si elle n'excède pas 26°
Af y
 l'effort normal dans la traverse est supposé être significatif si   0,3 .
N Ed

Un moyen commode pour exprimer la limitation de l'effort normal est de


considérer ce dernier non significatif si :
N Ed  0,09 N cr

Ncr est l'effort critique de flambement élastique pour la portée totale de la


π 2 EI
traverse (la paire d'arbalétriers), c'est-à-dire N cr 
L2
L est la longueur développée de la totalité de la traverse, de poteau à
poteau, prise égale à la portée/cos θ (θ étant la pente de la toiture).
Si ces limites sont satisfaites, alors l'expression 5.2 peut être utilisée pour
calculer cr. Néanmoins, dans la plupart des portiques réels, la charge axiale
dans la traverse est significative et l'expression 5.2 ne peut pas être utilisée.

Lorsque c’est le cas, l'Annexe B donne une alternative, une méthode approchée
pour évaluer la stabilité du portique par l’intermédiaire de cr,est. Dans de

4 - 14
Partie 4 : Conception et calcul des portiques

nombreux cas, cette méthode donne un résultat conservatif. Des valeurs


précises de cr peuvent être obtenues à l'aide d'un logiciel.

3.3.2 Premier ordre modifié pour une analyse élastique


La « méthode d'amplification des moments de déplacements latéraux » est la
méthode la plus simple pour prendre en compte les effets du second ordre dans
une analyse élastique de la structure. Le principe en est donné dans le
§ 5.2.2(5B) de l’EN 1993-1-1.

Au départ, on effectue une analyse élastique linéaire au premier ordre ; puis,


toutes les charges horizontales sont amplifiées en les multipliant par un
coefficient destiné à prendre en compte les effets du second ordre. Les charges
horizontales comprennent les charges extérieures appliquées, les actions du
vent par exemple, et les forces horizontales équivalentes (FHE) utilisées pour
tenir compte des défauts d'aplomb ; les deux sont amplifiées.

A condition que cr  3,0, le coefficient d’amplification est :


 1 
 
 1  1  cr 

Si la charge axiale dans la traverse est significatif, et si cr,est a été calculé selon
l'Annexe B, le terme multiplicateur devient :
 1 
 
1  1  
 cr, est 

Si cr ou cr,est est inférieur à 3,0, il faut utiliser un logiciel de calcul au second
ordre.

3.3.3 Premier ordre modifié pour une analyse plastique


Philosophie du calcul
En l’absence d’un logiciel de calcul élasto-plastique au second ordre, la
philosophie du calcul consiste à déterminer les charges puis à les amplifier
pour tenir compte des effets de la déformation de la géométrie (effets du
second ordre). L'application de ces charges amplifiées au travers d'une analyse
au premier ordre, donne des moments fléchissants, des efforts normaux et des
efforts tranchants intégrant approximativement les effets du second ordre.

L'amplification est calculée par une méthode parfois connue sous le nom de
méthode de Merchant-Rankine. Puisque, dans une analyse plastique, les rotules
plastiques limitent les moments supportés par l'ossature, l'amplification est
réalisée sur toutes les actions qui sont appliquées dans l’analyse au premier
ordre (c'est-à-dire toutes les actions et pas seulement les forces horizontales
relatives au vent et aux imperfections).

La méthode de Merchant-Rankine classe les portiques selon deux catégories :


 Catégorie A : réguliers, symétriques, ou avec une toiture à un seul versant,
 Catégorie B : ceux qui ne relèvent pas de la Catégorie A mais en excluant
les portiques sous-tendus.

4 - 15
Partie 4 : Conception et calcul des portiques

Pour chacune de ces deux catégories, un coefficient d'amplification différent


doit être appliqué aux actions. La méthode de Merchant-Rankine a été vérifiée
pour les portiques qui satisfont aux critères suivants :

L
1. Portiques où  8 quelle que soit la travée
h
2. Portiques pour lesquels  cr  3
où :
L est la portée du portique (voir Figure 3.7)
h est la hauteur du poteau le plus bas à une extrémité quelconque de la
portée considérée (voir Figure 3.7)
cr est le coefficient par lequel les charges de calcul devraient être
multipliées pour provoquer l’instabilité élastique.

Si la charge axiale dans la traverse est significative (voir Paragraphe 3.3.1),


cr,est doit être calculé selon l’Annexe B.

Les autres portiques doivent être calculés en utilisant un logiciel de calcul


élastique-plastique au second ordre.

Coefficients d’amplification
Catégorie A : Portiques réguliers, symétriques, avec une toiture à un seul
versant ou à deux versants pratiquement symétriques (voir Figure 3.7).

Les portiques de catégorie A incluent les portiques à une seule ou à plusieurs


travées, pour lesquels la variation de hauteur (h) et de la portée (L) entre les
différentes travées est faible ; les variations de hauteur et de portée de l’ordre
de 10 % peuvent être considérées comme étant suffisamment petites.

Dans les applications industrielles traditionnelles de cette approche, une


analyse au premier ordre peut être utilisée pour de tels portiques, si les actions
   
appliquées sont amplifiées par  1  , ou par  1  si l’effort
 
 1  1  cr   1  1  cr, est 
normal dans la traverse est jugé significatif.

4 - 16
Partie 4 : Conception et calcul des portiques

h h

L L

1 2

L L

3
1 Toiture à un versant
2 Travée unique
3 Multi-travées

Figure 3.7 Exemples de portiques de Catégorie A

Catégorie B : Portiques qui n’entrent pas dans la Catégorie A (voir


Figure 3.8), mais en excluant les portiques sous-tendus.

Pour les portiques qui ne remplissent pas les conditions de la Catégorie A, une
analyse au premier ordre peut être utilisée si toutes les charges appliquées sont
amplifiées par :
 1,1   1,1 
  , ou par   si l’effort normal dans la traverse est jugé
1  1  
 1  1  cr   cr, est 
significatif.

1 2

L1 L 2 (>> L 1)

3
1 Asymétrique
2 Site en pente
3 Multi-travées inégales

Figure 3.8 Exemples de portiques de Catégorie B

4 - 17
Partie 4 : Conception et calcul des portiques

3.4 Rigidité des pieds de poteaux


L’analyse doit prendre en compte la rigidité en rotation des pieds de poteaux. Il
est recommandé d’utiliser les règles simples suivantes, données dans ce
paragraphe. Ces recommandations peuvent ne pas être acceptées dans certains
pays ; les Annexes Nationales appropriées et les autorités réglementaires
locales doivent donc être consultées.

Il est important de faire la distinction entre résistance et rigidité des pieds de


poteaux. La résistance des pieds de poteaux ne concerne que le calcul
élastique-plastique ou rigide-plastique de la résistance des portiques, mais pas
celui des déplacements. La rigidité des pieds de poteaux concerne le calcul
élastique-plastique ou élastique, tant pour la résistance que pour les
déplacements.

Si une rigidité quelconque est considérée dans le calcul à l’ELU des pieds de
poteaux, ces derniers, comme les fondations, doivent être dimensionnés pour
posséder la résistance correspondant aux sollicitations calculées.

Dans beaucoup de programmes de calcul généraux d'analyse de structure, la


rigidité des pieds de poteaux peut être modélisée facilement en introduisant un
élément fictif, comme montré à la Figure 3.9.

0.75
0,75hh

Figure 3.9 Élément fictif pour modéliser un pied de poteau nominalement


rigide

Il est à noter que la réaction à l'extrémité articulée de l'élément fictif, affecte la


réaction d'appui du pied de poteau. Ceci doit être corrigé en prenant la réaction
en pied de poteau égale à l'effort normal dans le poteau, qui lui-même est égal
à la somme des réactions en pied de poteau et dans l'extrémité articulée de
l'élément fictif.

3.4.1 Pied de poteaux articulés ou à bascule


Si, comme illustré à la Figure 3.10, une vraie articulation ou un appui à bascule
sont utilisés, la rigidité en rotation est nulle. L'utilisation de tels pieds de
poteaux est rarement justifiée dans la pratique. S'ils sont adoptés, il convient de
veiller soigneusement au transfert de l'effort tranchant dans la fondation, tout
comme à la stabilité temporaire du poteau pendant le montage.

4 - 18
Partie 4 : Conception et calcul des portiques

Figure 3.10 Exemples de pieds de poteaux à rigidité nulle

3.4.2 Pieds de poteaux nominalement rigides


Si un poteau est assemblé rigidement à une fondation conçue en conséquence,
il convient d’adopter les recommandations suivantes :

Analyse globale élastique :


Pour les calculs à l'ELU, la rigidité du pied de poteau peut être prise égale à
celle du poteau.

Pour les calculs à l’ELS, le pied de poteau peut être traité comme rigide pour
déterminer les flèches sous les charges de service.

Analyse globale plastique :


Il est possible de faire l'hypothèse d'une capacité de résistance d'un pied de
poteau comprise entre zéro et le moment de résistance plastique du poteau,
sous réserve que la fondation soit conçue pour résister à un moment égal à cette
capacité de résistance et pour les efforts obtenus à partir de cette analyse.

Analyse globale élastique-plastique :


La rigidité supposée du pied de poteau doit être cohérente avec la capacité de
résistance en flexion dans cette zone, mais elle ne doit pas dépasser la rigidité
du poteau.

3.4.3 Pieds de poteaux nominalement semi-rigides


Une rigidité nominale d'un pied de poteau allant jusqu'à 20 % de celle du
poteau, peut être prise en hypothèse pour une analyse globale élastique, sous
réserve que la fondation soit conçue pour les moments et les efforts obtenus à
partir de cette analyse.

3.4.4 Pieds de poteaux nominalement articulés


Si un poteau est nominalement articulé sur une fondation conçue en supposant
un moment nul à la base, le pied de poteau doit être considéré comme articulé
pour l’analyse globale élastique destinée à déterminer les autres sollicitations
dans le portique sous un chargement à l’ELU.

La rigidité du pied de poteau peut être prise égale à la proportion suivante de la


rigidité du poteau :
 10 % pour le calcul de cr ou de cr,est
 20 % pour le calcul des déplacements sous les charges de service.

4 - 19
Partie 4 : Conception et calcul des portiques

Dans certains pays, les pieds des poteaux avec une plaque d’assise relativement
mince et quatre boulons situés à l’extérieur de la section du poteau, sont
considérés comme nominalement articulés s'ils possèdent une capacité de
déformation suffisante, bien qu'en fait ils présentent un comportement
semi-rigide. De tels pieds de poteaux présentent l'avantage pratique
complémentaire d'offrir une rigidité suffisante pour permettre aux poteaux
d'être auto-stables pendant le montage, et de rendre ainsi leur alignement plus
facile.

3.5 Résumé
Une analyse à l'ELU :
 peut être réalisée, soit à l'aide d'une analyse élastique, soit à l'aide d'une
analyse plastique,
 doit prendre en compte les effets du seconds ordre (P-), lorsque cr ou
cr,est est inférieur à 10 (analyse élastique) ou à 15 (analyse plastique),
 si nécessaire, les effets du second ordre peuvent être pris en compte, soit
directement (en utilisant une analyse au second ordre), soit en utilisant une
analyse au premier ordre modifiée avec un coefficient d'amplification.

Pour la plupart des structures, la plus grande économie (et la plus grande
facilité d’analyse et de calcul) est réalisée en utilisant un logiciel :
 basé sur un comportement moment-rotation élastique-parfaitement
plastique,
 qui prend en compte directement les effets du second ordre (P-).

Un résumé de l'évaluation de la sensibilité aux effets du second ordre et de


l'amplification pour les prendre en compte, est donné au Tableau 3.1.
Tableau 3.1 Effets du second ordre : évaluation et facteurs d’amplification
Restrictions Analyse élastique Analyse plastique
Mesure de la Toitures à faible pente cr cr
sensibilité aux et effort normal dans la
effets du traverse non significatif
second ordre
Toitures à forte pente et cr,est cr,est
effort normal dans la
traverse significatif
Portiques réguliers  1   1 
  ou   ou
 1  1  cr   1  1  cr 
 1   1 
   
Amplification 1  1   1  1  
pour  cr, est   cr, est 
représenter les
effets du Portiques irréguliers  1   1,1 
second ordre mais en excluant les   ou   ou
portiques sous-tendus  1  1  cr   1  1  cr 
 1   
   1,1 
1  1   1  1  
 cr, est   cr, est 
Amplification Charges horizontales Toutes les charges
appliquée aux : seulement

4 - 20
Partie 4 : Conception et calcul des portiques

4 ÉTAT LIMITE DE SERVICE

4.1 Généralités
L’analyse à l’état limite de service (ELS) doit être réalisée en utilisant les cas
de charges de l’ELS, pour vérifier si les déformations sont acceptables sous les
« charges d’utilisation ».

4.2 Choix du critère de flèche


Aucune limite de flèche n’est spécifiée dans l’EN 1993-1-1. Selon le § 7.2 de
l’EN 1993-1-1 et l’Annexe A1.4 de l’EN 1990, les limites de flèches doivent
être spécifiées pour chaque projet et acceptées par le client.
L’Annexe Nationale appropriée de l’EN 1993-1-1 peut spécifier des limites à
appliquer dans chaque pays individuellement. Si des limites sont spécifiées,
elles doivent être respectées. Dans le cas contraire, l’ANNEXE A du présent
document donne des limites courantes.

Si la structure possède des ponts roulants aériens, le déplacement différentiel


entre les poteaux au niveau du pont roulant est évidemment un critère de calcul
important. Dans de nombreux cas, il est nécessaire d'utiliser des sections avec
une rigidité plus grande que nécessaire pour le calcul à l’ELU, ou apporter une
certaine rigidité aux pieds de poteau et aux fondations. Une alternative est un
portique sous-tendu (une analyse au second ordre est alors nécessaire) ou un
treillis.

4.3 Analyse
Normalement, l’analyse à l’ELS est une analyse (élastique) au premier ordre.
Le concepteur doit vérifier que des rotules plastiques ne se forment pas à
l’ELS, simplement pour valider le calcul des flèches.

4.4 Résumé
L’état limite de service (ELS) :
 est évalué par une analyse au premier ordre,
 utilise les critères de flèches définies dans l’Annexe Nationale appropriée
ou en accord avec le client.

4 - 21
Partie 4 : Conception et calcul des portiques

5 RÉSISTANCE DES SECTIONS


TRANSVERSALES

5.1 Généralités
L’EN 1993-1-1 exige que la résistance des sections transversales et la stabilité
des barres, soient vérifiées à l’aide de calculs séparés. Des vérifications
complémentaires doivent être effectuées pour la résistance des âmes au
voilement et au flambement sous charges transversales.

La résistance calculée dépend de la classification de la section transversale. La


résistance de la section transversale est traitée dans le Paragraphe 6.2 de
l’EN 1993-1-1.

5.2 Classification des sections transversales


Dans l’EN 1993-1-1, les sections transversales sont classifiées en fonction de
l’épaisseur relative de leurs parois (semelles et âme), associée à l’intensité du
moment fléchissant et de l’effort normal de compression dans la section. La
classification en fonction de l’élancement des parois (âme et semelles) est
donnée au Tableau 5.2 de l’EN 1993-1-1. L’EN 1993-1-1 couvre les sections
sous effort normal seul, sous sollicitation de flexion pure et de flexion
composée. La classe d’une section correspond à la classe la plus élevée, soit
des semelles, soit de l’âme.

Il est important de noter que la classification dépend, d’une part, de la


géométrie de la section transversale et, d’autre part, du rapport entre les
moments et l’effort normal qui y résident. Par exemple, une section en I
typique peut être de Classe 1 en compression pure, de Classe 2 ou 3 sous un
chargement de flexion pure et de Classe 1, 2, ou 3 en flexion composée, selon
l’importance relative de l’effort normal et du moment fléchissant dans la
section transversale considérée.

Les différentes classes correspondent aux comportements structuraux suivants :


Classe 1 peut supporter la formation d’une rotule plastique sans perte de
résistance due au voilement local.

Classe 2 peut développer le moment résistant plastique mais avec une capacité
de rotation limitée avant que le voilement local ne réduise la
résistance.

Classe 3 peut atteindre la limite d'élasticité dans les fibres extrêmes mais le
voilement local empêche d’atteindre le moment plastique.

Classe 4 possède des proportions telles que le voilement local survient pour
des contraintes inférieures à la limite d’élasticité.

4 - 22
Partie 4 : Conception et calcul des portiques

5.3 Ductilité des barres pour une analyse plastique


Comme spécifié dans le § 5.6 de l’EN 1993-1-1:2005, toutes les barres issues
de sections laminées à chaud (et par conséquent de section uniforme en dehors
des renforts) où des rotules plastiques peuvent se former avant l’atteinte du
chargement correspondant à l’ELU, doivent être constituées de sections
transversales de Classe 1. Ailleurs, elles peuvent être de Classe 2.

Le § 5.6(3) fournit des exigences complémentaires pour les sections non


uniformes, c’est-à-dire les traverses avec leurs renforts. Ces exigences sont
automatiquement satisfaites par les exigences générales, pour les sections
uniformes du paragraphe précédent, si les renforts sont formés d’éléments
découpés dans la même section que la traverse ou à partir de profilés laminés
légèrement plus gros.

5.4 Résumé
 La classification des sections transversales dépend de l’importance relative
entre l’effort normal et le moment fléchissant qui les sollicitent.
 La résistance de toutes les sections transversales critiques doit être vérifiée
d’après le Paragraphe 6.2 de l’EN 1993-1-1.
 Pour une analyse plastique, toutes les sections où se forment des rotules
plastiques, doivent être de Classe 1.

4 - 23
Partie 4 : Conception et calcul des portiques

6 STABILITÉ DES BARRES

6.1 Introduction
Les barres doivent être vérifiées sous les effets combinés des charges axiales et
de la flexion. En général, cette vérification est menée en satisfaisant les
expressions 6.61 et 6.62 de l’EN 1993-1-1, comme expliqué au Paragraphe 6.2.
Dans des circonstances particulières où des rotules plastiques se développent
dans les barres, l’EN 1993-1-1 donne des exigences spécifiques, comme
exposé au Paragraphe 6.4.

L’instabilité dans le plan est celle qui se développe par rapport à l’axe fort des
barres (axe de grande inertie). Comme expliqué au Paragraphe 6.1.1, dans le
cas d’un portique, il n’y a pas de maintiens intermédiaires pour ce type
d’instabilité.

L’instabilité hors-plan est celle qui se développe par rapport à l’axe faible des
barres. Dans un portique, les éléments de structures secondaires peuvent être
utilisés pour assurer des maintiens, et augmenter ainsi la résistance à
l’instabilité, comme exposé au Paragraphe 6.3.

6.1.1 Flambement des barres de portiques

M2 N

2
M1

1
N
1 Intersection avec le poteau au jarret
2,3 Intersection avec les pannes (typique)
4 Faîtage du portique

Figure 6.1 Représentation schématique d’un arbalétrier

La Figure 6.1 montre une représentation simple des problèmes susceptibles de


devoir être examinés lors de la vérification de la stabilité d’une barre de
portique ; il s’agit ici, à titre d’exemple, d’un arbalétrier entre un jarret et le
faîtage du portique. Il convient de noter les points suivants :
 Il peut ne pas y avoir de points de maintien intermédiaires, pour le
flambement dans le plan, entre les nœuds principaux du portique, 1 et 4.

4 - 24
Partie 4 : Conception et calcul des portiques

 Des maintiens intermédiaires peuvent être introduits (nœuds 2 et 3) pour


empêcher le flambement hors-plan.

Dans la pratique, le calcul aborde cette interaction de plusieurs manières :


 La stabilité hors-plan, à proximité des rotules plastiques, est généralement
traitée par le concept des longueurs stables, Lstable, Lm, Lk et Ls. Celles-ci
sont supposées être indépendantes de toute interaction avec les effets de la
stabilité dans le plan (voir Paragraphe 6.4.).
 La combinaison effort normal et moment fléchissant est traitée en
satisfaisant simultanément les expressions 6.61 et 6.62 de l’EN 1993-1-1.
Ceci est généralement réalisé en considérant la vérification hors-plan la
plus pénalisante (pour tous les tronçons de la barre) conjointement avec la
vérification dans le plan approprié.

6.2 Résistance à l’instabilité selon l’EN 1993-1-1


La vérification de la résistance à l’instabilité des barres est traitée par plusieurs
clauses de l’EN 1993-1-1. Celles qui présentent le plus d’intérêt pour le calcul
des portiques sont décrites ci-dessous.

6.3.1 Barres uniformes comprimées. Cette clause couvre la résistance au


flambement des barres uniformes comprimées et le choix des courbes de
flambement. Elle concerne principalement le flambement par flexion, mais elle
aborde également le flambement par torsion et le flambement par flexion-
torsion. Ces deux derniers modes de ruine ne régissent pas les sections IPE, ni
les sections transversales similaires utilisées pour les portiques.

6.3.2 Barres uniformes fléchies. Cette clause concerne le déversement des


poutres.

La distribution des moments fléchissants, suivant la longueur non maintenue


des poutres, influence de manière importante la résistance au déversement. Elle
est prise en compte par le choix d’un facteur C1 dans le calcul de Mcr
(voir ANNEXE C).

6.3.3 Barres uniformes fléchies et comprimées. Cette clause concerne la


l’interaction entre une charge axiale et un moment fléchissant, dans le plan et
hors-plan.

Elle exige de mener les vérifications suivantes à moins qu’une analyse au


second ordre complète, prenant en compte toutes les imperfections des barres
(P–, imperfections latérales et en torsion), ne soit utilisée.

N Ed M y ,Ed  ΔM y ,Ed M  ΔM z, Ed
 ky y  k y z z, Ed 1 (6.61)
 y N Rk M y ,Rk M z, Rk
 LT
 M1  M1  M1
N Ed M y ,Ed  ΔM y ,Ed M  ΔM z, Ed
 k zy  k zz z, Ed 1 (6.62)
 z N Rk M y ,Rk M z, Rk
 LT
 M1  M1  M1

4 - 25
Partie 4 : Conception et calcul des portiques

Pour les sections de Classes 1, 2 et 3 et les sections bi-symétriques de Classe 4,


M y, Ed  M z, Ed  0

N y.Rk M y,Rk
Il est commode de définir  y égal à Nb,y,Rd et LT égal à Mb,Rd.
 M1  M1

Mz.Ed est nul car le portique n'est chargé que dans son plan.
Par conséquent, les expressions se simplifient en :
N Ed k yyM y,Ed
  1,0 (d’après l'expression 6.61)
N b,y,Rd M b,Rd

N Ed k zy M y,Ed
et   1,0 (d’après l'expression 6.62).
N b,z,Rd M b,Rd

Les valeurs de kyy et kzy peuvent être obtenues d’après l’EN 1993-1-1, dans
l'Annexe A ou dans l'Annexe B. L'Annexe A fournit généralement de plus
grandes résistances de calcul que l'Annexe B, pour les traverses et les poteaux
de portiques. Dans certains pays, le choix entre Annexe A ou B peut être défini
par les Annexes Nationales. L'exemple de calcul, traité dans cette publication,
adopte les valeurs de l'Annexe B.

Les résistances au flambement sont normalement basées sur la longueur


d’épure de la traverse et du poteau. Quelques autorités réglementaires
nationales peuvent autoriser l'utilisation d'une longueur d’épure réduite et un
coefficient de longueur de flambement. Ce dernier est inférieur ou égal à 1,0, et
il reflète l'augmentation de la résistance au flambement de barres due à des
conditions de maintien des sections d’extrémité. La longueur de flambement
est le produit de la longueur par le facteur de longueur de flambement et elle
est inférieure à la longueur d’épure. Cette approche conduit à une augmentation
de la résistance au flambement.

Clause 6.3.5 Déversement des barres avec rotules plastiques. Cette clause
concerne les barres de portiques qui ont été calculées par une analyse plastique.
Elle exige un maintien au niveau des rotules plastiques et la vérification de
« longueur stable » pour les tronçons de barre situés entre de tels maintiens et
d'autres maintiens latéraux. Ces deux points sont traités de manière plus
détaillée au Paragraphe 6.4.

6.2.1 Influence d’une variation de moment


Un moment fléchissant uniforme est le système de chargement le plus
défavorable pour le calcul de la résistance d’une barre au déversement. Un
moment non uniforme est moins pénalisant. Les Annexes A et B de
l’EN 1993-1-1 prennent en compte l'effet d'une variation de moment à l'aide
des facteurs Cmi,0 et CmLT, etc. Ces facteurs C influencent les facteurs kyy et kzy
des expressions 6.61 et 6.62, utilisées dans la vérification des barres.

Bien que prendre les coefficients C égaux à 1,0 place en sécurité, ce choix n'est
pas recommandé.

4 - 26
Partie 4 : Conception et calcul des portiques

6.3 Maintien hors-plan

(a)

(b)

(c)

Figure 6.2 Types de maintien pour le flambement hors-plan

La Figure 6.2 montre les trois types de maintiens de base qui peut être utilisés
pour réduire ou pour empêcher le flambement hors-plan :
(a) Maintien latéral, qui empêche le mouvement latéral de la semelle
comprimée.
(b) Maintien en torsion, qui évite la rotation d’une barre par rapport à son axe
longitudinal.
(c) Maintien latéral intermédiaire de la semelle tendue. De tels maintiens sont
d’un intérêt limité, mais ils modifient les modes de flambement hors-plan
et peuvent, par conséquent, permettre d’augmenter la distance entre les
maintiens en torsion.
Comme montré sur la Figure 6.3, certains éléments utilisés dans la pratique
peuvent remplir le rôle de plusieurs types de maintiens.

4 - 27
Partie 4 : Conception et calcul des portiques

1 Bracon

Figure 6.3 Exemple de maintiens latéral et en torsion combinés

Les pannes attachées à la semelle supérieure de la traverse et les lisses


attachées à la semelle externe du poteau, assurent la stabilité de la traverse de
différentes manières :
 Maintien latéral direct, lorsque la semelle externe est en compression.
 Maintien latéral intermédiaire pour la semelle tendue entre maintiens en
torsion, lorsque la semelle externe est en traction.
 Maintien latéral et torsionnel pour la traverse lorsque la panne est attachée à
la semelle tendue et utilisée conjointement avec les bracons de la semelle
comprimée.

Dans tous les cas, les pannes et les lisses doivent être intégrées à un système de
contreventement dans le plan des traverses (voir Chapitre 9). Généralement,
l’hypothèse selon laquelle les forces sont transmises au système de
contreventement par l’intermédiaire du diaphragme de la toiture, est acceptée
dans plusieurs pays, même sans vérification. Dans d’autres pays, soit des
calculs sont nécessaires, soit les pannes ne sont supposées pouvoir fournir un
maintien, que si elles sont alignées directement avec le système de
contreventement.

La position des pannes et des lisses doit correspondre à un équilibre entre la


capacité de ces éléments eux-mêmes et l’espacement nécessaire exigé pour
maintenir les barres principales. L’espacement maximum est généralement
déterminé par les abaques du fabriquant. Cet espacement peut devoir être réduit
pour pouvoir fournir un maintien de la semelle intérieure de la traverse ou du
poteau en des points stratégiques sur leur longueur. C’est pourquoi il est
courant de disposer des pannes avec des espacements réduits dans les zones de
moment fléchissant élevé, comme à proximité des jarrets.

La pratique normale consiste à disposer une panne en sortie de jarret et une


autre près du faîtage. La longueur intermédiaire est divisée en intervalles
réguliers – d’habitude de l’ordre de 1,6 à 1,8 m. Une panne est souvent
positionnée près de la platine d’about de la traverse et, selon la longueur du
renfort, une ou deux pannes (voire plus) le long du jarret, généralement avec un
espacement inférieur à celui utilisé sur la longueur principale de la traverse.

Des pannes additionnelles peuvent être nécessaires pour supporter les


accumulations de neige – celles-ci étant également susceptibles d’être utilisées
pour assurer un maintien.

Les lisses sont habituellement positionnées pour s’adapter au bardage, aux


portes et aux fenêtres. L’intérieur de la semelle, en dessous du renfort,

4 - 28
Partie 4 : Conception et calcul des portiques

nécessite toujours un maintien – il est courant de positionner une lisse à ce


niveau.

Les pannes et les lisses doivent être continues afin d’offrir un maintien
adéquate, comme montré à la Figure 6.3. On ne peut pas compter sur une lisse
qui n’est pas continue (par exemple interrompue par une porte industrielle)
pour assurer un maintien adéquate.

6.4 Longueurs stables adjacentes à une rotule


plastique
6.4.1 Introduction
L'EN 1993-1-1 introduit quatre types de longueurs stables, Lstable, Lm, Lk et Ls.
Chacune d’entre elles est discutée ci-après. Lk et Ls sont utilisées pour la
vérification de la stabilité des barres entre les maintiens en torsion et elles
tiennent compte des effets stabilisants des maintiens intermédiaires de la
semelle tendue.

Lstable (Clause 6.3.5.3(1)B)


Lstable est la longueur stable de base pour un tronçon de barre uniforme soumis à
un moment linéairement variable et sans compression axiale « significative ».
Ce cas de base simple est d’utilisation limitée dans la vérification des portiques
réels.

Dans ce contexte, « significative » peut être associée à la détermination de αcr


dans le § 5.2.1 4(B) Note 2B de l’EN 1993-1-1. Un effort de compression n’est
pas significatif si N Ed  0,09 Ncr , comme exposé au Paragraphe 3.3.1

Lm (Annexe BB.3.1.1)
Lm est la longueur stable entre l’emplacement d'une rotule plastique et le
maintien latéral adjacent. Il tient compte à la fois de l’effort de compression et
de la distribution des moments suivant la longueur de la barre. Différentes
expressions sont disponibles pour :
 les barres uniformes (expression BB.5),
 les renforts avec semelle filante (expression BB.9),
 les renforts sans semelle filante (expression BB.10).

Lk (Annexe BB.3.1.2 (1)B)


Lk est la longueur stable entre l’emplacement d’une rotule plastique et le
maintien en torsion adjacent dans la situation où une barre uniforme est
soumise à un moment constant, sous réserve que l’espacement entre les
maintiens de la semelle tendue ou de la semelle comprimée ne soit pas
supérieur à Lm. De manière conservative, cette limite peut aussi être appliquée
à un moment non uniforme.

Ls (Annexe BB.3.1.2 (2)B) and (3)B


Ls est la longueur stable entre l’emplacement d’une rotule plastique et le
maintien en torsion adjacent, dans la situation où une barre uniforme est
soumise une compression axiale et un moment linéairement variable, sous

4 - 29
Partie 4 : Conception et calcul des portiques

réserve que l’espacement entre les maintiens de la semelle tendue ou de la


semelle comprimée, ne soit pas supérieur à Lm.

Différents coefficients C et différentes expressions sont utilisés pour des


moments linéairement variables (expression BB.7) et non linéairement
variables (expression BB.8).

Lorsque la section transversale du tronçon varie suivant sa longueur, c’est-à-


dire dans un renfort, deux approches différentes sont adoptées :
 pour des moments variant ou non linéairement dans un renfort à semelle
filante – BB.11,
 pour des moments variant ou non linéairement dans un renfort sans semelle
filante – BB.12.

6.4.2 Application pratique


Les organigrammes des Figures 1.0, 1.1 et 1.2 résument l’utilisation pratique
des différentes formules donnant la longueur stable pour tout tronçon de barre
adjacent à une rotule plastique. En l’absence d’une rotule plastique, le tronçon
de barre est vérifié par le critère élastique conventionnel, fondé sur les
expressions 6.61 et 6.62.

4 - 30
Partie 4 : Conception et calcul des portiques

Début

La barre comporte Non Utiliser les Équations


t’elle une rotule plastique, au moins, 6.61 & 6.62
à une extrémité ?

Oui

Est-ce qu’au
droit de chaque rotule plastique, la Non Assurer un
section est maintenue, en accord maintien
avec le § 6.3.5.2

Oui

Est-ce un Non
Oui
tronçon de section
uniforme ?

La barre est-elle
Oui sous moment linéairement
variable sans effort normal
significatif & Est-ce que la rotule
avec h/tf  40 plastique est maintenue
dans l’intervalle L/2 le long de Oui
Utiliser 6.3.5.3 la barre à hauteur variable
pour déterminer Non & est-ce que la semelle
Lstable comprimée est élastique
sur sa longueur ?

Traiter comme
élastique en
Est-ce que Non utilisant la Clause
l’espacement entre Oui BB3.3 comme
maintiens en torsion approprié
 Lstable

Non STOP

Réduire l’espacement entre


les maintiens en torsion ou
augmenter les dimensions
de la barre
A Vers la feuille 2 B Vers la feuille 3

Figure 6.4 Arbre de décision pour choisir le critère de longueur stable


approprié pour tout tronçon de portique – Feuille 1

4 - 31
Partie 4 : Conception et calcul des portiques

A De la feuille 1

Non Y a-t’il un maintien


Utiliser l’équation BB.5
ou plus de la semelle tendue
pour déterminer Lm sur ce tronçon ?

Réduire Oui
l’espacement
des maintiens Non La longueur du
en torsion ou tronçon est-elle inférieure
augmenter les à Lm ?
dimensions de
la barre
Oui

STOP

Utiliser l’équation Non Est-ce que le


BB.6 pour moment varie sur
déterminer Lk ce tronçon ?

Oui

Réduire
l’espacement
des maintiens Non La longueur du
en torsion ou tronçon est-elle inférieure Est-ce que
Oui Non
augmenter les à Lk ? le moment varie
dimensions de linéairement ?
la barre

Utiliser l’équation Utiliser l’équation


BB.7 pour BB.8 pour
déterminer Ls déterminer Ls

Réduire
l’espacement des
maintiens de la Non L’espacement entre les
semelle tendue maintiens de la semelle tendue
ou augmenter les sont-ils  Lm donnée par
dimensions de la l’équation BB.5 ? Réduire
barre l’espacement des
Est-ce que Non maintiens en torsion
Oui La longueur
ou augmenter les
est  Lk ?
dimensions de la
barre
Oui
STOP

Réduire l’espacement des maintiens Non L’espacement entre les


de la semelle tendue ou augmenter maintiens de la semelle tendue
les dimensions de la barre sont-ils  Lm donnée par
l’équation BB.5 ?

Oui

STOP

Figure 6.5 Arbre de décision pour choisir le critère de longueur stable


approprié pour tout tronçon de portique – Feuille 2

4 - 32
Partie 4 : Conception et calcul des portiques

B De la feuille 1

Y a-t’il un ou plusieurs Non Déterminer Lm :


maintiens de la semelle tendue renfort avec semelle filante : équ. BB.9
sur ce tronçon ? renfort sans semelle filante : équ. BB.10

Oui
Réduire
l’espacement
Est-ce que la Non des maintiens
longueur du tronçon en torsion ou
est  Ls ? augmenter les
dimensions de
Déterminer Ls : la barre
renfort avec semelle filante : équ. BB.11
renfort sans semelle filante : équ. BB.11
STOP

Réduire l’espacement des


Est-ce que la Non maintiens en torsion ou
longueur du tronçon
augmenter les dimensions
est  Ls ? de la barre

Oui

Est-ce que
l’espacement entre Réduire l’espacement des
maintiens de la semelle,tendue Non maintiens de la semelle
est  Lm donné par tendue ou augmenter les
l’équation BB.5 ? dimensions de la barre

Oui

STOP

Figure 6.6 Arbre de décision pour choisir le critère de longueur stable


approprié pour tout tronçon de portique – Feuille 3

6.5 Résumé
Avant de procéder à la vérification détaillée de la stabilité de la traverse et du
poteau, les concepteurs doivent prendre en considération que :
 Des maintiens latéraux et en torsion doivent être assurés au droit de toutes
les rotules plastiques, comme exigé par le § 6.3.5.2.
 L’EN 1993-1-1 considère quatre différents types de longueurs stables,
Lstable, Lm, Lk et Ls, adjacentes à des positions de rotules plastiques. Les
maintiens latéraux, adjacents à la rotule, doivent être assurés à une distance
inférieure à Lstable ou Lm et des maintiens en torsion à une distance
inférieure à Lk ou Ls, selon les cas.
 Dans les zones où il n’y a pas de rotule plastique, chaque barre doit
satisfaire les formes simplifiées des expressions 6.61 et 6.62. Celles-ci
considèrent la stabilité dans le plan et hors-plan et leur interaction
potentielle.

4 - 33
Partie 4 : Conception et calcul des portiques

7 CALCUL DES TRAVERSES

7.1 Introduction
Le calcul des portiques est habituellement gouverné par la vérification des
barres à l’ELU. Bien que les vérifications à l’ELS soient importantes, les
portiques traditionnels sont généralement suffisamment rigides pour satisfaire
les limites de flèches de l’ELS. Une économie sur la totalité de l’ossature peut
généralement être obtenue en ayant recours à une analyse plastique ; ceci exige
d’utiliser partout des sections de Classe 1 ou 2 et des sections de Classe 1 dans
les tronçons où une rotule est susceptible de tourner.

1 Semelle inférieure en compression


2 Semelle supérieure en compression

Figure 7.1 Moments fléchissants dans un portique sous charges gravitaires

Comme montré à la Figure 7.1, les traverses sont soumises à des moments
fléchissants élevés dans le plan du portique et qui varient d’un moment
« négatif » maximum à la jonction avec le poteau jusqu’à un moment
« positif » minimum prêt du faîtage. Les traverses sont également soumises à
une compression globale due à l’effet de cadre. Par contre, elles ne subissent
aucun moment par rapport à leur axe de faible inertie.

Bien que la résistance de la barre soit importante, une rigidité du portique est
également nécessaire pour limiter les effets de déformation de la géométrie et
pour limiter les flèches à l’ELS. Pour ces raisons, les barres utilisées dans les
portiques ne sont généralement pas à haute résistance mais de nuances d’acier
plus faibles avec des inerties élevées. Un calcul optimal de traverses de
portique est généralement obtenu en utilisant :
 Une section transversale avec un rapport de Iyy sur Izz élevé qui satisfait les
exigences des Classes 1 ou 2 sous la combinaison d’une flexion autour de
l’axe fort et un effort axial de compression ;
 Un renfort qui se développe à partir du poteau jusqu’à environ 10 % de la
portée du portique. Cela implique généralement que les moments négatifs
et positifs sur la longueur de toute la traverse sont similaires.

4 - 34
Partie 4 : Conception et calcul des portiques

7.2 Résistance des traverses


La résistance de toutes les sections transversales critiques des traverses doit
être vérifiée selon le Chapitre 6 de l’EN 1993-1-1.

7.3 Stabilité hors-plan des traverses


7.3.1 Stabilité de la traverse et du renfort sous moment négatif
maximum
Il convient de mener des vérifications de la stabilité dans le plan et hors-plan.
On commence par effectuer les vérifications hors-plan pour s’assurer que les
maintiens sont situés aux endroits appropriés et avec un espacement correct.
6
5

3
2
2

7
4
1 Mp

C
Mp
8

B
A

1 Longueur d’inertie variable entre maintiens en torsion 5 Section élastique de la traverse


2 Longueur d’inertie variable entre maintiens latéraux 6 Section élastique de la traverse
3 Longueur entre maintiens latéraux 7 Maintien en torsion de la traverse
4 Longueur entre maintiens en torsion 8 Maintien en torsion du poteau

Figure 7.2 Traverse de portique typique avec les rotules plastiques


potentielles au bout du renfort et au niveau de la première panne à
partir du faîtage

La Figure 7.2 représente une distribution typique des moments sous actions
permanentes et variables, les positions habituelles des pannes et des maintiens.

Les pannes sont espacées d’une distance d’environ 1,8 m mais cette valeur peut
devoir être diminuée dans les zones proches des moments élevés, près du jarret.
Trois zones de stabilité sont notées sur la Figure 7.2 (zones A, B, et C) et elles
sont analysées dans les paragraphes suivants.

La présence de rotules plastiques dans la traverse dépend du chargement, de la


géométrie et du choix des sections du poteau et de la traverse.

Le choix des vérifications appropriées dépend de la présence d’une rotule


plastique, de la forme du diagramme de moment fléchissant et de la géométrie
de la section (à semelle filante ou non). L’objectif des vérifications est de
fournir des maintiens suffisants pour garantir que la traverse est stable hors-
plan.

4 - 35
Partie 4 : Conception et calcul des portiques

Stabilité du renfort dans la zone A


Dans la zone A, la semelle inférieure du renfort est en compression. Les
vérifications de stabilité sont rendues compliquées par la variation de la
géométrie le long du renfort.

La jonction de la semelle interne du poteau et de celle du renfort (point 8 de la


Figure 7.2) doit toujours être maintenue. Un maintien de la semelle inférieure
relié à une panne, formant en ce point un maintien en torsion, est généralement
disposé en sortie du jarret (point 7 de la Figure 7.2). Si une rotule plastique est
prévue à cet endroit, un maintien doit être positionné à une distance inférieure à
h/2 de la position de la rotule, si h est la hauteur de la traverse. A la Figure 7.2,
une rotule est prévue au point 7 et un maintien de la semelle inférieure a été
assuré. Les maintiens de chaque semelle, dans la région du renfort, sont
représentés à la Figure 7.3.

5
3

2
6
4

1. Zone A
2. Hauteur du renfort
3 Maintien intermédiaire entre maintiens en torsion
4. Maintiens en torsion
5. Hauteur de la traverse
6. Maintiens de la semelle

Figure 7.3 Maintiens dans la zone renforcée d’un portique

Il est nécessaire de vérifier que la distance entre les maintiens en torsion (elle
est notée ‘1’ dans la zone A de la Figure 7.2) de chaque côté d’une rotule
plastique, ne dépasse pas Ls comme indiqué dans le § BB.3.2.2. Dans la
zone A, la barre est à hauteur linéairement variable et le moment fléchissant
n’est pas constant.

La longueur Ls est donnée par l’expression BB.11 du § BB.3.2.2 pour un jarret


à semelle filante et par l’expression BB.12 pour un jarret sans semelle filante.
Dans les deux cas, un facteur Cn (donné en BB.3.3.2) tient compte de la
variation non linéaire du moment en déterminant les paramètres appropriés
dans cinq sections transversales, comme montré à la Figure 7.4. Le coefficient
c est un coefficient de variation de hauteur, donné au § BB.3.3.3(1)B. Le
§ BB.3.2.2 demande également que l’espacement entre maintiens latéraux
intermédiaires satisfasse les exigences pour Lm données au § BB.3.2.1. A la
Figure 7.2, les deux longueurs notées ‘2’ doivent satisfaire cette vérification.
L’expression BB.9 est utilisée pour les renforts avec semelle filante et
l’expression BB.10 pour les renforts sans semelle filante. Un renfort avec
semelle filante représente la situation courante lorsque ce renfort est fabriqué à
partir d’une section découpée puis soudée sur la face inférieure de la traverse.

4 - 36
Partie 4 : Conception et calcul des portiques

= =
= =

Figure 7.4 Sections transversales à considérer pour déterminer Cn

Stabilité de la traverse dans la zone B


La zone B s’étend généralement de la sortie du jarret jusqu'au point d’inflexion
(voir Figure 7.2) de la courbe des moments. La semelle inférieure est
partiellement ou totalement comprimée sur sa longueur. Selon l’analyse
globale, cette zone peut, ou non, contenir une rotule plastique en sortie de
jarret.

Dans cette zone, un maintien latéral et torsionnel est assuré à l’extrémité du


jarret. A l’autre extrémité, un maintien est assuré par une panne au-delà du
point d’inflexion. Quelques autorités nationales permettent de considérer le
point d’inflexion comme un maintien, sous réserve que les conditions suivantes
soient satisfaites :
 la traverse est une section laminée,
 au moins deux boulons sont prévus pour les attaches panne - traverse,
 la hauteur de la panne n’est pas inférieure à 0,25 fois la hauteur de la
traverse.

Si une rotule plastique est prévue en sortie du jarret, un maintien en torsion doit
être assuré à une distance ne dépassant pas la limite donnée au § BB.3.1.2.
Cette distance limite peut être calculée en supposant :

 Un moment uniforme – utiliser l’expression BB.6 ;


 Un moment linéairement variable – utiliser l’expression BB.7 ;
 Un moment non linéairement variable – utiliser l’expression BB.8.

En outre, l’espacement entre les maintiens latéraux intermédiaires (notés ‘3’ à


la Figure 7.2) doivent satisfaire les exigences relatives à Lm comme indiqué au
§ BB.3.1.1.
S’il n’y a pas de rotule plastique et dans les zones élastiques, la barre doit être
vérifiée selon l’expression 6.62 (voir Paragraphe 6.2 dans ce document).

Stabilité de la traverse dans la zone C


Dans la zone C, les pannes peuvent être supposées fournir un maintien latéral à
la semelle supérieure (en compression), sous réserve qu’elles soient reliées à un

4 - 37
Partie 4 : Conception et calcul des portiques

système de maintien global quelconque. Dans plusieurs pays, il est simplement


supposé que l’action diaphragme des bacs de toiture est suffisante pour
transmettre les forces de maintien jusqu’au système de contreventement. Dans
d’autres pays, toutes les pannes supposées assurer un maintien, doivent être
attachées directement au système de contreventement.

Les vérifications hors-plan nécessitent la vérification de la barre d’après


l’expression 6.62 (voir Paragraphe 6.2 du présent document). Normalement, si
les pannes sont régulièrement espacées, il suffit de vérifier la traverse entre les
maintiens pour le moment fléchissant et la charge axiale maximums.

S’il est prévu qu’une rotule plastique se forme à proximité du faîtage, elle doit
être maintenue. En outre, les exigences de stabilité habituelles à proximité
d’une rotule plastique doivent être satisfaites :
 La distance entre les maintiens au niveau de la rotule plastique et du
maintien latéral suivant ne doit pas dépasser la distance limite Lm.
 La distance aux maintiens en torsion les plus proches, de chaque côté de la
rotule, ne doit pas dépasser la distance limite Lk, ou Ls, avec un espacement
des maintiens intermédiaires remplissant les exigences pour Lm, comme
expliqué pour la zone B.

Même s’il n’y a pas de rotule plastique à proximité du faîtage, il est de pratique
normale, d’assurer un maintien en torsion en ce point, d’autant que ce maintien
est nécessaire sous une combinaison d’actions ascendante – la semelle
inférieure devenant comprimée.

7.3.2 Stabilité d’une traverse et d’un renfort en situation de soulèvement


En situation de soulèvement, la plus grande partie de la semelle inférieure de la
traverse est en compression. Un diagramme typique de moment fléchissant
correspondant à cet état de chargement inversé, est représenté à la Figure 7.5.

1
3
1

2
F
E

1 Maintien en torsion
2 Maintien en torsion du poteau
3 Maintien additionnel en torsion possible exigé pour la condition de soulèvement.

Figure 7.5 Disposition typique de pannes et de bracons pour le vent


ascendant

4 - 38
Partie 4 : Conception et calcul des portiques

Ce type de diagramme de moment fléchissant apparaît généralement sous


pression intérieure et vent ascendant. Normalement, les moments fléchissants
sont plus faibles que sous les combinaisons de charges gravitaires et les barres
restent dans le domaine élastique. Les vérifications de stabilité recommandées
ci-après supposent que des rotules plastiques n’apparaissent pas dans cette
situation de soulèvement.

Stabilité du renfort en zone E


Dans la zone E (voir Figure 7.5), la semelle supérieure du renfort est
comprimée et elle est maintenue par les pannes.

Les sollicitations sont plus faibles que celles provoquées par la combinaison
des charges gravitaires. Les barres doivent être vérifiées en utilisant
l’expression 6.62 (voir Paragraphe 6.2 de ce document). Cette vérification est
généralement facile à satisfaire.

Stabilité en zone F
Dans la zone F, les pannes ne maintiennent pas la semelle inférieure qui est
comprimée.

La traverse doit être vérifiée entre les maintiens en torsion. Un maintien de ce


type est généralement assuré à proximité du faîtage, comme montré à la
Figure 7.5. La traverse peut être stable entre ce point et le maintien virtuel au
point d’inflexion. Dans le cas contraire, si la traverse n’est pas stable sur cette
longueur, des maintiens en torsion supplémentaires peuvent être introduits et
chaque tronçon de la traverse doit être vérifié.
Cette vérification peut être menée en utilisant l’expression 6.62.
Les effets bénéfiques des maintiens de la semelle tendue (la semelle supérieure
dans cette combinaison) peuvent être pris en compte en utilisant un coefficient
correcteur Cm, à partir du § BB.3.3.1(1)B pour les moments linéairement
variables et à partir du § BB.3.3.2(1)B pour les moment non linéairement
variable. Si cette possibilité est utilisée, l’espacement des maintiens
intermédiaires doit également satisfaire les exigences pour Lm, obtenus d’après
le § BB.3.1.1.

7.4 Stabilité des traverses dans le plan


En plus des vérifications hors-plan exposées au Paragraphe 7.3, les
vérifications de la stabilité dans le plan doivent être satisfaites en utilisant
l’expression 6.61.

 y N Ed
Pour les vérifications dans le plan, la résistance axiale est fondée sur la
 M1
M y,Rk
longueur d’épure de la traverse. La résistance au flambement  LT peut
 M1
être prise égale à la plus faible des résistances de toutes les zones décrites au
Paragraphe 7.3.

4 - 39
Partie 4 : Conception et calcul des portiques

7.5 Résumé
 Les traverses doivent être réalisées à partir de profilés IPE ou similaires de
Classe 1 ou 2 sous sollicitations de flexion et de charge axiale combinées.
Les sections présentant des rotules plastiques doivent être de Classe 1.
 Les sections transversales doivent être vérifiées selon le Chapitre 6 de
l’EN 1993-1-1.
 Des vérifications détaillées doivent être effectuées pour garantir une
stabilité hors-plan adéquate, à la fois sous charges gravitaires et en situation
de soulèvement – voir Paragraphes 7.3.1 et 7.3.2.
 La stabilité dans le plan des traverses et l’interaction avec la stabilité hors-
plan, doivent être vérifiées, en utilisant les expressions 6.61 et 6.62 – voir
Paragraphe 6.2.

4 - 40
Partie 4 : Conception et calcul des portiques

8 CALCUL DES POTEAUX

8.1 Introduction
Comme montré à la Figure 8.1, la région de la traverse la plus fortement
chargée est renforcée par un jarret. En comparaison, le poteau est soumis à un
moment fléchissant similaire au niveau de la face inférieure du renfort. Il doit
donc être d’une section significativement plus importante que la traverse – une
proportion de 150 % de la dimension de la traverse est courante.

Figure 8.1 Diagramme typique de moment fléchissant pour un portique


articulé en pieds soumis à un chargement gravitaire

La conception optimale de la plupart des poteaux est généralement obtenue en


utilisant :
 Une section transversale avec un rapport de Iyy sur Izz élevé et qui remplit
les conditions pour les Classes 1 ou 2 sous la combinaison d’une flexion par
rapport à l’axe de grande inertie et d’un effort axial de compression ;
 Un module plastique de section approximativement 50 % plus grand que
celui de la traverse.

Les dimensions du poteau sont généralement déterminées à l’étape de


prédimensionnement sur la base des exigences de résistance en flexion et en
compression.

8.2 Résistance de l’âme


L’âme du poteau est soumise à une compression élevée au niveau de la semelle
inférieure du renfort. En outre, le § 5.6(2) de l’EN 1993-1-1 impose que des
raidisseurs d’âme soient disposés aux endroits de formation des rotules
plastiques, si la charge transversale appliquée dépasse 10 % de la résistance au
cisaillement de la barre. Pour toutes ces raisons, des raidisseurs sont
généralement nécessaires pour renforcer l’âme du poteau.

8.3 Stabilité des poteaux


8.3.1 Stabilité du poteau sous combinaisons gravitaires maximales
Que le portique soit dimensionné plastiquement ou élastiquement, un maintien
en torsion doit toujours être disposé à la partie inférieure du renfort. Des

4 - 41
Partie 4 : Conception et calcul des portiques

maintiens en torsion additionnels peuvent être exigés sur la hauteur du poteau


car les lisses sont attachées à la semelle tendue (externe) plutôt qu’à la semelle
comprimée (interne). Comme indiqué au Paragraphe 6.3, on ne peut pas
compter sur une lisse qui n’est pas continue (en raison d’une interruption par
une ouverture par exemple) pour assurer un maintien adéquate. La section du
poteau peut devoir être augmentée si des maintiens intermédiaires ne peuvent
pas être prévus.

Un maintien peut être assuré par des bracons attachés à la semelle intérieure,
comme montré à la Figure 8.2 qui représente également les raidisseurs dans le
poteau, disposés au niveau de la semelle inférieure du renfort, où ils agissent en
tant que raidisseurs comprimés. Ailleurs, des raidisseurs ne sont généralement
pas nécessaires.

1 Lisse
2 Poteau

Figure 8.2 Détail typique de jarret avec un bracon de poteau

Pour assurer le maintien au niveau de la semelle inférieure du renfort, il peut


être intéressant de disposer une barre laminé à chaud, généralement un tube. Il
est essentiel d’attacher le contreventement de la semelle extérieure vers la
semelle intérieure en un point (au moins) sur la longueur du bâtiment.

1 Barre laminée à froid supportant le bardage et le chéneau


2 Tube circulaire

Figure 8.3 Détail typique de jarret utilisant un tube circulaire comme barre de
contreventement longitudinale

La Figure 8.4 montre une distribution typique de moments sous actions


permanentes et variables et elle indique les positions des maintiens pour un
poteau courant. La présence d'une rotule plastique dépend du chargement, de la

4 - 42
Partie 4 : Conception et calcul des portiques

géométrie et du choix des sections de poteau et de traverse. La stabilité hors-


plan et dans le plan doit vérifiée de manière similaire à la traverse.

1
3
2

1 Maintien en torsion
2 Bracon attaché sur la lisse pour assurer un maintien en torsion
3 Tronçon qui doit satisfaire Ls (en élasticité) ou Lm (en plasticité)
4 Tronçon qui doit satisfaire les vérifications au flambement élastique

Figure 8.4 Poteau de portique typique avec une rotule plastique en partie
inférieure du renfort

8.3.2 Stabilité hors-plan sous combinaisons de charges gravitaires


En cas de rotule plastique à la face inférieure du renfort, la distance au
maintien en torsion adjacent doit être inférieure à la distance limite Ls comme
indiqué au § BB.3.1.2 de l’EN 1993-1-1. L’expression BB.7 doit être utilisée
lorsque le moment est linéaire et l’expression BB.8 dans le cas contraire.

En outre, l’espacement entre maintiens latéraux intermédiaires doit vérifier les


exigences pour Lm comme indiqué en BB.3.1.1.

Si la stabilité entre maintiens en torsion ne peut pas être vérifiée, il peut


s’avérer nécessaire d’introduire des maintiens en torsion complémentaires. A la
Figure 8.4, la vérification entre les maintiens en torsion (notés ‘1’ sur la figure)
et le pied de poteau, ne sont pas satisfaites – un maintien en torsion additionnel
a été introduit à la position ‘2’. S’il n’est pas possible de réaliser des maintiens
intermédiaires additionnels, il convient de prendre une barre de dimensions
supérieures.

Dans tous les cas, un maintien latéral doit être assuré à une distance inférieure
à Lm d’une rotule plastique.

4 - 43
Partie 4 : Conception et calcul des portiques

En l’absence d’une telle rotule, la stabilité du poteau doit être vérifiée à l’aide
de l’expression 6.62 (voir Paragraphe 6.2 de ce document). Il est possible de
tenir compte du bénéfice apporté par le maintien de la semelle tendue comme
exposé à l’Annexe C de ce document.

8.3.3 Stabilité sous combinaisons en soulèvement


Lorsque le portique est soumis à un soulèvement, le moment dans le poteau
change de signe. Néanmoins, dans ce cas, les moments fléchissants sont
généralement nettement plus petits que dans celui des combinaisons de charges
gravitaires et le poteau reste dans le domaine élastique.

Les vérifications hors-plan doivent être menées selon l’expression 6.62 (voir
Paragraphe 6.2 de ce document).

8.4 Stabilité en plan


En plus des vérifications hors-plan exposées au Paragraphe 8.3, il convient de
satisfaire les vérifications dans le plan en utilisant l’expression 6.61.
 y N Ed
Pour les vérifications dans le plan, la résistance axiale est fondée sur la
 M1
M y,Rk
longueur d’épure du poteau. La résistance au flambement  LT doit être
 M1
prise égale à la plus faible des résistances de toutes les zones décrites au
Paragraphe 8.3.

8.5 Résumé
 Les poteaux doivent être réalisés à partir de profilés IPE ou similaires de
Classe 1 ou 2 sous sollicitations de flexion et de charge axiale combinées.
 Idéalement, la section doit être capable de résister à des efforts tranchants
importants dans la hauteur de l’attache poutre-poteau, sans raidisseurs de
cisaillement.
 Les sections transversales critiques doivent être vérifiées selon le
Chapitre 6 de l’EN 1993-1-1.
 Les vérifications détaillées, comme exposé aux Paragraphes 8.3 et 8.4,
doivent être menées pour garantir une stabilité adéquate.

4 - 44
Partie 4 : Conception et calcul des portiques

9 CONTREVENTEMENT

9.1 Généralités
Un contreventement est indispensable pour résister aux actions longitudinales,
principalement les actions du vent, et assurer un maintien aux barres. Il doit
être positionné correctement et il doit posséder une résistance et une rigidité
adéquates pour justifier les hypothèses faites dans l’analyse et la vérification de
barres.

9.2 Palée de stabilité


9.2.1 Généralités
Les fonctions principales d’une palée de stabilité disposée dans les parois
latérales de l’ossature sont :
 De transmettre les forces horizontales jusqu’au sol. Celles-ci incluent les
efforts du vent et de ponts roulants.
 De fournir une ossature rigide sur lequel les lisses peuvent être attachées,
ces dernières assurant, à leur tour, la stabilité des poteaux.
 D’assurer une stabilité temporaire pendant le montage.

Selon l’EN 1993-1-1, le contreventement doit satisfaire les exigences des


§ 5.3.1, 5.3.2 et 5.3.3 relatives à l’analyse globale et aux imperfections du
système de contreventement.

Le système de contreventement se présente habituellement sous la forme :


 d’une diagonale simple de section tubulaire,
 de sections creuses disposées en K,
 de plats en croix (habituellement disposés dans la cavité d’une paroi),
considérés agir seulement en traction,
 de cornières croisées.

La palée de stabilité peut être située :


 à l’une ou aux deux extrémités du bâtiment, en fonction de la longueur de la
structure,
 au centre du bâtiment (voir Paragraphe 9.2.5),
 dans chaque tronçon entre les joints de dilatation (s’ils existent).

Lorsque la palée de stabilité n’est pas située dans la même travée que la poutre
au vent, un buton de rive (une sablière n’ayant pas pour fonction de porter la
couverture) est nécessaire entre les portiques pour transmettre les efforts de la
poutre au vent jusqu’à la palée de stabilité.

4 - 45
Partie 4 : Conception et calcul des portiques

9.2.2 Contreventement réalisé à partir de tubes circulaires


Des sections creuses sont très efficaces en compression et elles évitent ainsi de
recourir à un contreventement en croix. Lorsque la hauteur au jarret est
approximativement égale à l’espacement entre les portiques, une simple barre
de contreventement disposée en diagonale est économique (Figure 9.1).
Lorsque la hauteur au jarret est grande par rapport à l’espacement entre les
portiques, un contreventement en K est souvent utilisé (Figure 9.2).

Un buton de rive entre les portiques peut être exigé dans les travées
d’extrémité, selon la configuration du plan de contreventement (voir
Paragraphe 9.3.2).

2
1 Niveau de la rive de toiture
2 Position de la poutre au vent

Figure 9.1 Contreventement en diagonale simple pour les portiques de faible


hauteur

2
1 Niveau de la rive de toiture
2 Position de la poutre au vent

Figure 9.2 Disposition en K pour les portiques de plus grande hauteur

9.2.3 Contreventement réalisé avec des cornières ou des plats


Des cornières ou des plats disposés en croix (dans une cavité d’un mur en
maçonnerie) peuvent être utilisés en tant que contreventement (comme montré
à la Figure 9.3). Dans ce cas, on suppose que la diagonale tendue est la seule
efficace.

4 - 46
Partie 4 : Conception et calcul des portiques

2
1 Niveau de la rive de toiture
2 Position de la poutre au vent

Figure 9.3 Système typique de contreventement en croix réalisé à partir de


barres tendues constituées de cornières ou de plats

9.2.4 Contreventement dans une seule travée


Pour une palée de stabilité disposée dans une seule travée, un buton de rive est
nécessaire entre les portiques pour transmettre les efforts du vent de la poutre
au vent jusqu’à la palée de stabilité (Figure 9.4). De plus amples détails sur les
butons de rive sont donnés au Paragraphe 12.2.

3
2
1 Buton/tirant de rive
2 Position de la poutre au vent
3 Contreventement vertical agissant en buton/tirant

Figure 9.4 Contreventement dans une seule travée d’extrémité avec un buton
de rive

9.2.5 Contreventement dans la travée centrale


La conception avec une seule palée de stabilité vers le milieu de la structure
(Figure 9.5) n’est pas très fréquent car elle implique de commencer le montage
à partir de la travée contreventée et de progresser de part et d’autre de cette
zone jusqu’aux deux extrémités du bâtiment. Néanmoins, contreventer le
milieu du bâtiment présente l’avantage d’autoriser la libre dilatation thermique
de la structure, ce qui est particulièrement efficace dans des régions comme
l’Europe du Sud ou le Moyen Orient où les écarts de température diurne sont
très importants. Dans la plupart des pays d’Europe, l’étendue normale des
températures est plus faible, typiquement de 5°C à +35°C, et la dilatation
globale n’est généralement pas considérée comme un problème. Si une palée
de stabilité centrale est utilisée, il peut être nécessaire de réaliser un
contreventement temporaire complémentaire dans les travées d’extrémité pour
faciliter le montage.

4 - 47
Partie 4 : Conception et calcul des portiques

2
1 1

3
1 Dilatation libre
2 Buton de rive
3 Position de la poutre au vent

Figure 9.5 Contreventement typique en croix au centre de la structure pour


autoriser la libre dilatation

9.2.6 Contreventement par portique de stabilité


Lorsqu’il est difficile ou impossible de contreventer l’ossature verticalement
avec un contreventement conventionnel, il faut introduire des portiques avec
assemblages résistant aux moments (portiques de stabilité) dans les long-pans.
Il existe pour cela deux solutions de base :

 Un portique de stabilité dans une travée ou plus, comme montré à la


Figure 9.6.
 Utiliser l’ensemble du long-pan pour résister aux efforts longitudinaux,
avec des assemblages résistant à un moment localisés généralement dans
les travées d’extrémité, où le poteau a été tourné de 90° pour offrir une
meilleure rigidité dans la direction longitudinale, comme le montre la
Figure 9.7. Cette disposition n’est possible que si l’ossature d’extrémité (le
pignon) est un pan de fer plutôt qu’un portique courant. Les ossatures de
pignon sont discutées au Paragraphe 10.

1 1

2
1 Portiques de stabilité
2 Position de la poutre au vent

Figure 9.6 Ossature avec portiques de stabilité

4 - 48
Partie 4 : Conception et calcul des portiques

1 2 2 2 2 1

1 Assemblage résistant à un moment


2 Articulation
3 Buton de rive

Figure 9.7 Ossature hybride sur la longueur totale du bâtiment

Dans le calcul de ces deux systèmes, il est suggéré que :


 La résistance à la flexion de la travée stabilisée (pas le portique principal)
soit vérifiée à partir d’une analyse élastique d’ossature ;
 La flèche sous les forces horizontales équivalentes (dues aux imperfections,
et éventuellement majorées par la prise en compte du second ordre) soit
limitée à h/1000 ;
 La rigidité soit assurée en limitant les flèches en condition de service à un
maximum de h/360, où h est la hauteur de la travée stabilisée.

Dans certains cas, il est possible de créer un contreventement classique dans


une façade et de disposer des portiques de rigidité dans l’autre. Les
conséquences des différences de rigidités des panneaux sont généralement
négligeables en raison de l’effet diaphragme de la toiture.

4
2

1
1 Contreventement de pignon
2 Contreventement vertical de long-pan
3 Poutre au vent
4 Portique de stabilité sur le long-pan

Figure 9.8 Ouverture avec un portique de stabilité sur un long-pan combiné


avec un contreventement conventionnel sur les autres faces de la
structure

4 - 49
Partie 4 : Conception et calcul des portiques

9.2.7 Contreventement de poteaux avec maintiens


Si les lisses et les bracons de poteau fournissent un maintien latéral ou
torsionnel au poteau, il est important d'identifier le cheminement des efforts de
maintien jusqu'à la palée de stabilité. S'il existe plus d'une ouverture sur le
long-pan, un contreventement intermédiaire complémentaire peut être
nécessaire. Ce contreventement doit être positionné aussi près que possible du
plan des lisses, de préférence sur la face intérieure de la semelle externe
(Figure 9.9).

2
1

3 4

5
1 Élément de rive / Panne sablière
2 Embrasures de portes
3 Lisse assurant le maintien du bracon du poteau
4 Contreventement complémentaire exigé dans cette travée sur la face intérieure de semelle
externe
5 Position de la poutre au vent

Figure 9.9 Forme typique de contreventement de long pan d’un bâtiment


avec ouvertures

Il n’est normalement pas nécessaire pour la lisse qui assure le maintien du


bracon de poteau, d’être alignée avec un nœud de la pale de stabilité. On peut
supposer qu’un effet diaphragme dans les panneaux verticaux du long pan et la
rigidité transversale du poteau peut transmettre la charge jusqu’à la palée de
stabilité.

Par contre, lorsqu’une barre est utilisée pour maintenir la position d’une rotule
plastique dans le poteau, il est essentiel qu’elle soit liée correctement au
système de contreventement. Ceci peut conduire à la configuration représentée
à la Figure 9.10. Lorsqu’il y a plus d’une ouverture dans le long pan, un
contreventement intermédiaire additionnel est nécessaire de manière similaire à
ce qui est exposé ci-dessus.

4 - 50
Partie 4 : Conception et calcul des portiques

1
2

3
1 Barre maintenant la rotule plastique en bas du renfort
2 Niveau de la rive de toiture
3 Position de la poutre au vent

Figure 9.10 Forme de contreventement typique dans un bâtiment utilisant des


barres laminées à chaud pour maintenir une rotule plastique à la
base du renfort

9.2.8 Contreventement pour maintenir les actions longitudinales de


ponts roulants
Si un pont roulant est directement supporté par le portique, la force dynamique
longitudinale, excentrée par rapport à l’axe du poteau, tend à le solliciter en
torsion, à moins qu’un maintien additionnel ne soit prévu. Un treillis horizontal
placé au niveau de la semelle supérieure de la poutre de roulement ou, pour les
ponts roulants plus légers, une barre horizontale attachée sur la face intérieure
de la semelle du poteau, peut permettre d’assurer le maintien nécessaire, si ces
éléments sont reliés à la palée de stabilité.

Pour les charges horizontales élevées, un contreventement additionnel doit être


réalisé dans le plan de la poutre de roulement (Figure 9.11 et Figure 9.12). Le
critère donné dans le Tableau 9.1 a été proposé par Fisher [3] pour définir les
exigences de contreventement.

3
1 Niveau du jarret
2 Niveau de la poutre de roulement
3 Position de la poutre au vent
4 Contreventement pour les charges très élevées de pont roulant sur la semelle interne du
poteau

Figure 9.11 Élévation montrant la position du contreventement additionnel


dans le plan de la poutre de roulement

4 - 51
Partie 4 : Conception et calcul des portiques

1 Plans de contreventement

Figure 9.12 Détail montrant le contreventement additionnel dans le plan de la


poutre de roulement

Tableau 9.1 Exigences de contreventement pour les poutres de roulement


Force horizontale Exigences de contreventement
pondérée
Petite (<15 kN) Utiliser les éléments de stabilité au vent

Moyenne (15 - 30 kN) Utiliser un contreventement horizontal pour transférer les efforts
du pont roulant à la palée de stabilité
Grande (> 30 kN) Prévoir un contreventement additionnel dans le plan des efforts
longitudinaux du pont roulant

9.3 Poutre au vent


9.3.1 Généralités
La poutre au vent est disposée dans un plan horizontal ou dans le plan de la
toiture. Ses fonctions principales sont :
 de transmettre les actions horizontales du vent, des potelets de pignon
jusqu’aux palées de stabilité dans les longs-pans,
 de transmettre toutes les forces de frottement exercées par le vent sur la
toiture aux palées de stabilité,
 de fournir la stabilité pendant le montage,
 de fournir un ancrage rigide pour les pannes utilisées pour maintenir les
traverses.

La poutre au vent transmet les actions du vent efficacement en étant attachée à


la tête des potelets de pignon.

Selon l’EN 1993-1-1, le contreventement doit satisfaire les exigences des


§ 5.3.1, 5.3.2 et 5.3.3 pour l’analyse globale et les imperfections du système de
contreventement.

9.3.2 Contreventement à l’aide de sections creuses circulaires


Dans les constructions modernes, des tubes circulaires sont généralement
utilisés en toiture et sont calculés pour résister à la fois à la traction et à la

4 - 52
Partie 4 : Conception et calcul des portiques

compression. Plusieurs dispositions sont possibles, selon l’espacement entre les


portiques et la position des potelets de pignon. Deux dispositions typiques sont
représentées à la Figure 9.13 et à la Figure 9.14. Le contreventement est
généralement assemblé à des goussets attachés sur l’âme de la traverse, comme
montré à la Figure 9.15. Les points d’attache doivent être aussi proches que
possible de la semelle supérieure, en tenant compte des dimensions des barres
et de l’attache.

Position des potelets de pignon


Position des palées de stabilité

Figure 9.13 Vue en plan montrant les deux travées d’extrémité contreventées

Position des potelets de pignon


Position des palées de stabilité

Figure 9.14 Vue en plan montrant les deux travées d’extrémité contreventées
où les potelets de pignons sont peu espacés

Un buton de rive, disposé entre portiques, peut être nécessaire dans les travées
d’extrémités, selon la configuration de la poutre au vent. Dans tous les cas, il
est de bonne pratique de prévoir un tirant de rive sur toute la longueur du
bâtiment.

4 - 53
Partie 4 : Conception et calcul des portiques

Figure 9.15 Détail d’attache typique pour un contreventement en tubes


circulaires

9.3.3 Contreventement à l’aide de cornières


L’utilisation de cornières n’est pas courante dans les structures modernes, mais
des cornières en croix possèdent l’avantage de conduire à des diagonales
relativement petites car elles peuvent être calculées pour ne résister qu’à la
traction (Figure 9.16).

Position des potelets de pignon


Position des palées de stabilité

Figure 9.16 Vue en plan montrant les deux travées d’extrémité contreventées
en utilisant des cornières en croix

9.4 Maintien des semelles internes


Le maintien des semelles internes des traverses ou des poteaux est souvent plus
facilement réalisé par des bracons allant des pannes ou des lisses jusqu’à de
petits goussets soudés sur la semelle interne et l’âme. Des tirants pliés en acier
sont les plus courants. Comme ils n’agissent qu’en traction, ils doivent être
remplacés par des cornières aux endroits où le maintien doit être assuré d’un
côté seulement.

L’efficacité de tels maintiens dépend de la rigidité du système, et plus


particulièrement de la rigidité des pannes. L’effet de la flexibilité des pannes
sur le contreventement est représenté à la Figure 9.17. Lorsque les proportions
des barres, des pannes et des espacements, diffèrent des conceptions validées
par l’expérience, leur efficacité doit être vérifiée. Ceci peut être réalisé en
utilisant les formules données au Paragraphe 9.5, ou d’autres méthodes, telle
que celle que l’on peut trouver dans les règlements de ponts pour la rigidité des
cadres en U.

4 - 54
Partie 4 : Conception et calcul des portiques

Figure 9.17 Effet de la flexibilité des pannes sur la stabilité

9.5 Maintien au droit des rotules plastiques


Le paragraphe 6.3.5.2 de l’EN 1993-1-1 recommande qu’un maintien latéral
soit assuré à la fois pour les semelles tendues et comprimées, à l’emplacement
calculé des rotules plastiques, ou dans un intervalle de 0,5h de celles-ci, si h est
la hauteur de la barre (voir Figure 9.18).

h
0.5h
0.5h
2
1. Emplacement d’une rotule
2. La barre doit être maintenue à l’intérieur de ces limites

Figure 9.18 Maintien à l’emplacement d’une rotule plastique

L’EN 1993-1-1 recommande que le maintien d’une rotule plastique soit calculé
en supposant que la semelle comprimée exerce une force latérale de 2,5 % de
l’effort dans la semelle (pris égal à la valeur du moment plastique résistant
divisé pas la hauteur de la section), perpendiculairement à l’âme de la barre.

De plus, selon le § 6.3.5.2(5)B de l’EN 1993-1-1, le système de


contreventement doit être capable de résister aux effets des forces locales Qm
appliquées à chaque barre stabilisée au droit de la rotule plastique, où :

N f, Ed
Qm  1,5 m
100
si :
Nf,Ed est l’effort normal dans la semelle comprimée de la barre stabilisée au
droit de la rotule plastique
αm est un coefficient pour tenir compte du bénéfice statistique de
maintenir un groupe de barres comparativement à une barre
individuelle

 1
 m  0,51   dans lequel m est le nombre de barres maintenues.
 m

Lorsque la rotule plastique est maintenue par des diagonales à partir des pannes
(voir Figure 6.3), la rigidité du « cadre eu U » formé par la panne et les

4 - 55
Partie 4 : Conception et calcul des portiques

diagonales est particulièrement importante. Lorsque les proportions de la barre,


des pannes ou des espacements diffèrent des pratiques précédentes, l’efficacité
doit être vérifiée. En l’absence d’autres méthodes, la vérification de la rigidité
peut être basée sur les travaux de Horne et Ajmani[4]. Ainsi, la barre support (la
panne ou la lisse) doit posséder une inertie Iy,s telle que :

I y,s fy L L 2  L 2 

I y,f 190  103
L 1L 2

où :
fy est la limite d’élasticité de la barre du portique
Iy,s est le moment d’inertie de flexion de la barre support (panne ou lisse)
par rapport à l’axe parallèle à l’axe longitudinal de la barre du cadre
(c’est-à-dire l’axe fort de la panne dans la pratique normale)
Iy,f est le moment d’inertie de flexion de la barre du portique par rapport à
l’axe faible
L est la portée de la panne ou de la lisse
L1 et L2 sont les distances de part et d’autre de la rotule plastique jusqu’à la
rive (ou la noue), ou au point d’inflexion le plus proche de la rotule
(voir Figure 9.18).

Les rotules qui se forment, tournent, s’arrêtent, ou même se déchargent et


tournent dans le sens inverse, doivent être maintenues entièrement. Cependant,
les rotules qui apparaissent dans le mécanisme de ruine mais tournent
seulement après l’ELU ne doivent pas être prises en compte comme rotules
plastiques pour les vérifications à l’ELU. Ces rotules sont facilement
identifiables par une analyse élastique-plastique ou graphique.

L’analyse ne peut pas tenir compte de toutes les tolérances des sections, des
contraintes résiduelles et des variabilités du matériau. Une attention doit être
portée aux points de maintiens où ces effets peuvent affecter la position des
rotules, c’est-à-dire la sortie du jarret au lieu du sommet du poteau. Partout où
les moments fléchissants s’approchent du moment plastique résistant, la
possibilité de création d’une rotule doit être considérée.

9.6 Résumé
Un contreventement doit être assuré avec une résistance et une rigidité
adéquates pour agir conjointement avec les pannes, les lisses et les barres de
rive (buton, sablière…) afin de résister aux actions horizontales, incluant le
vent, pour garantir la stabilité globale du bâtiment et pour donner la stabilité
locale aux poteaux et aux traverses. Un contreventement doit être assuré :
 Dans les murs de long pan, dans un plan vertical ; voir Paragraphe 9.2,
 Dans le plan ou à proximité de la toiture du bâtiment ; voir Paragraphe 9.3,
 Pour stabiliser, à l’aide de bracons, les semelles internes des poteaux et des
traverses lorsqu’elles sont comprimées et potentiellement instables ; voir
Paragraphe 9.4,

4 - 56
Partie 4 : Conception et calcul des portiques

 Au droit ou à proximité des emplacements des rotules plastiques pour


fournir un maintien en torsion ; voir Paragraphe 9.5.

4 - 57
Partie 4 : Conception et calcul des portiques

10 PIGNONS

10.1 Types de structures de pignons


Les ossatures de pignons typiques se présentent sous deux formes :
 Un portique identique à ceux de la structure courante. Dans ce cas, les
potelets ne sont pas conçus pour supporter la traverse. Cette forme de
pignon est utilisée par simplicité ou parce qu’elle peut permettre une
extension future de la structure.
 Un pan de fer composé de potelets et de traverses isostatiques. Ici, les
potelets supportent les traverses. Les ossatures de pignons de cette catégorie
nécessitent un contreventement dans le plan du pignon, comme montré à la
Figure 10.1. L’avantage de cette forme de structure est que les traverses et
les poteaux extérieurs sont plus petits que ceux des portiques courants.

Figure 10.1 Ossature de pignon avec poteaux, poutres et contreventement

10.2 Potelets de pignon


Les potelets sont calculés comme des poutres verticales dont la portée va de
leur base jusqu’à la traverse. Au niveau de cette dernière, les charges
horizontales que transmettent les potelets, sont reprises par le contreventement
de toiture puis elles transitent dans les sablières, puis jusqu’au sol via les palées
de stabilité.
Les potelets sont calculés pour une pression et une dépression. La dépression
maximale peut se produire lorsque la face du pignon est perpendiculaire à la
direction du vent, comme montré sur la Figure 10.2(a), ou plus probablement
quand le pignon est parallèle à la direction du vent, comme montré à la
Figure 10.2(b).

4 - 58
Partie 4 : Conception et calcul des portiques

1
1

2
2

(b)
(a)
1 Faîtage 1 Faîtage
2 Pignon en dépression 2 Pignon en dépression

Figure 10.2 Action du vent sur les pignons

Les pressions intérieure et extérieure se combinent pour donner l’action totale


sur le pignon. Quand cette dernière équivaut à une pression extérieure, les
semelles externes des potelets sont comprimées mais elles sont maintenues par
les lisses de bardage. Quand l’action totale équivaut à une dépression
extérieure, ce sont les semelles internes des potelets qui sont comprimées et
cette situation est susceptible d’être la plus défavorable. Il est possible de
réduire la longueur de déversement de la semelle intérieure des potelets en
installant des bracons attachés sur les lisses, comme illustré à la Figure 6.3.

10.3 Traverses de pignon


Si le pignon est un pan de fer comme représenté à la Figure 10.1, ses traverses
sont généralement des barres de section en I simplement appuyées. En plus
d’équilibrer les charges verticales, ces traverses agissent souvent comme les
membrures du contreventement de toiture ce qui conduit à une situation de
calcul à vérifier.

Si un portique est utilisé en tant qu’ossature de pignon, il est courant de lui


donner les mêmes dimensions que celles des portiques courants, même si les
actions verticales aux extrémités de la structure sont moindres. Généralement,
ce chargement vertical réduit implique que la traverse peut supporter l’effort
normal additionnel issu du système de contreventement de toiture sans devoir
en augmenter les dimensions.

4 - 59
Partie 4 : Conception et calcul des portiques

11 ASSEMBLAGES

Dans un portique, les assemblages principaux sont les attaches poutre-poteau et


les attaches de faîtage, toutes deux étant des assemblages de continuité. Les
attaches poutre-poteau, notamment, doivent généralement supporter des
moments fléchissants très élevés. Ces deux types d’attaches sont susceptibles
de subir des renversements d’efforts sous certaines combinaisons d’actions et
ces cas de calculs peuvent devenir dimensionnant. D’un point de vue
économique, les attaches doivent être conçues pour limiter le recours à des
renforcements complémentaires (appelés, de manière générale, raidisseurs).
Ceci est généralement obtenu en :
 augmentant la hauteur du renfort (augmentation des bras de levier),
 faisant déborder l’attache au-dessus de la semelle supérieure de la traverse
(cela conduit à une rangée de boulons de plus),
 ajoutant de rangées de boulons supplémentaires,
 choisissant un poteau de plus grande section.

Le calcul des attaches de continuité est présenté en détail dans Bâtiments à


simple rez-de-chaussée. Partie 11 : Assemblages de continuité par platines
d’about[5].

11.1 Attaches poutre-poteau


Une attache poutre-poteau typique est représentée à la Figure 11.1. En plus
d’accroître le moment résistant de la traverse, la présence du renfort augmente
le bras de levier des boulons dans la zone tendue, ce qui est important si
l’attache supporte un moment fléchissant élevé. En général, les boulons dans la
zone tendue (les boulons supérieurs sous un chargement gravitaire
conventionnel) sont principalement destinés à supporter la traction créée par le
moment appliqué, alors que les boulons inférieurs (adjacents au raidisseur de
compression) sont principalement destinés à supporter l’effort tranchant
vertical, qui est généralement assez faible.

Les éléments constitutifs des portiques étant choisis pour leur résistance à la
flexion, des sections assez hautes avec des âmes relativement minces sont
couramment utilisées. Un raidisseur de compression dans le poteau est
généralement nécessaire. Le panneau d’âme du poteau peut aussi nécessiter un
renforcement, soit avec un raidisseur diagonal, soit avec une doublure d’âme
(correspondant à un plat d’âme supplémentaire).

La platine d’about et le poteau peuvent déborder au-dessus de la partie


supérieure de la traverse, avec une paire de boulons supplémentaire. La platine
d’about de la traverse peut devoir être raidie comme elle peut simplement être
conçue plus épaisse, mais il est courant de trouver que la semelle du poteau
doive être renforcée localement au droit des boulons tendus. Les raidisseurs
sont onéreux, c’est pourquoi une bonne conception d’assemblage doit limiter le
recours à des raidisseurs par un choix judicieux de la géométrie de l’attache.

4 - 60
Partie 4 : Conception et calcul des portiques

Sous un moment fléchissant inversé, il peut être nécessaire de prévoir un


raidisseur dans l’âme du poteau, dans sa partie supérieure, aligné avec la
semelle supérieure de la traverse.

1 Renfort
2 Raidisseur de compression

Figure 11.1 Attache poutre-poteau typique

11.2 Attaches de faîtage


Une attache de faîtage typique est représentée à la Figure 11.2. Sous des
conditions de chargement normales, la partie inférieure de l’attache est en
traction. Dans les portiques faiblement chargés, le renfort sous la traverse n’est
pas nécessaire et l’attache se réduit alors à une simple platine d’about
débordante vers le bas. Si un renfort est présent, il permet d’augmenter le bras
de levier des boulons tendus, conduisant ainsi à un moment résistant plus élevé.
Le renfort est généralement petit et court et il n’est pas pris en compte dans le
calcul du portique.

Figure 11.2 Attache de faîtage typique

4 - 61
Partie 4 : Conception et calcul des portiques

11.3 Pieds de poteaux, plaques d’assise et fondations


11.3.1 Généralités
Dans ce document, la terminologie ci-dessous est utilisée pour les composants
des fondations :
 Pied de poteau – combinaison de la plaque d’assise, des tiges d’ancrage et
de la fondation en béton. Les termes nominalement articulé et
nominalement rigide sont habituellement appliqués au comportement du
pied de poteau, en relation avec sa rigidité.
 Plaque d’assise – plaque en acier à la base du poteau, assemblée à ce
dernier par des cordons de soudure.
 Tiges (ou boulons) d’ancrage – tiges filetées passant au travers de la plaque
d’assise et ancrées dans la fondation en béton.
 Fondation – la base en béton nécessaire pour résister à la compression, au
soulèvement et, si nécessaire, au moment de renversement.
 Plaques d’ancrage – plaques ou cornières utilisées pour ancrer les tiges
d’ancrage dans la fondation. Elles doivent être dimensionnées pour assurer
un coefficient de sécurité adéquate face à la ruine par écrasement du béton.

Dans la majorité des cas, les pieds de poteau sont conçus nominalement
articulés en raison de la difficulté et du coût pour réaliser des assemblages
nominalement rigides qui offriraient une bonne capacité de résistance à un
moment. Non seulement la partie acier du pied de poteau serait beaucoup plus
coûteuse, mais la fondation en béton devrait, elle aussi, être capable de résister
à un moment ce qui augmenterait encore les coûts.

Lorsque des poutres de roulement de ponts roulants sont supportées par les
poteaux, il peut être nécessaire de concevoir des pieds de poteaux
suffisamment rigides et résistant à la flexion pour réduire les flèches à des
limites acceptables. Des détails typiques plaque d’assise/fondation sont
représentés aux Figure 11.3, Figure 11.4 et Figure 11.5.

Dans les pieds de poteau nominalement articulés destinés à de gros poteaux, les
tiges d’ancrage peuvent être disposées entièrement à l’intérieur de la section du
profil utilisé (Figure 11.3(a)). Pour les poteaux plus petits (inférieurs
approximativement à 400 mm), la plaque d’assise est conçue plus grande de
telle manière que les boulons puissent être disposés à l’extérieur des semelles
(Figure 11.3(b)).

Un pied de poteau nominalement rigide, résistant à un moment, est réalisé en


prévoyant un bras de levier plus grand pour les tiges d’ancrage et une plaque
d’assise plus rigide en augmentant son épaisseur, comme le montre la
Figure 11.4. Des raidisseurs supplémentaires peuvent être nécessaires pour les
attaches plus lourdes, comme illustré à la Figure 11.5.

4 - 62
Partie 4 : Conception et calcul des portiques

3
1
4

(a) Pour les sections de poteaux de hauteur supérieure ou égale à 400 mm, les tiges
d’ancrage peuvent être disposées entièrement à l’intérieur de la section du profil

1 3
4

(b) Pour les sections de poteaux de hauteur inférieure à 400 mm, les tiges d’ancrage peuvent
être disposées en dehors de la section du profil

1 Face supérieure de la fondation en béton 4 Espace de calage ( 50 mm)


2 Tige d’ancrage dans des trous avec jeu (diamètre du 5 Tube de positionnement
boulon + 6 mm) 6 Plaque d’ancrage
3 Plaque d’assise, habituellement 15 mm d’épaisseur

Figure 11.3 Pieds de poteau nominalement articulés typiques

4 - 63
Partie 4 : Conception et calcul des portiques

1 Face supérieure de la fondation en béton 4 Espace de calage ( 50 mm)


2 Tiges d’ancrage dans des trous avec jeu 5 Tube de positionnement
(diamètres du boulon + 6 mm) 6 Plaque d’ancrage
3 Plaque d’assise > 40 mm d’épaisseur

Figure 11.4 Pied de poteau nominalement rigide typique

2 2
3
1

6 4

1 Face supérieure de la fondation en béton 4 Espace de calage ( 50 mm)


2 Tiges d’ancrage dans des trous avec un 5 Tube de positionnement
jeu de 6 mm 6 Plaque d’ancrage
3 Plaque d’assise, typiquement > 40 mm 7 Raidisseur soudé au poteau et à la
d’épaisseur plaque d’assise

Figure 11.5 Pied de poteau nominalement rigide avec raidisseurs pour résister
à des moments élevés

4 - 64
Partie 4 : Conception et calcul des portiques

11.3.2 Sécurité au montage


Il est habituel de prévoir au moins quatre boulons dans la plaque d’assise pour
assurer la stabilité pendant le montage. Une alternative consiste à fournir,
immédiatement après la mise en place du poteau, un appui temporaire
intermédiaire. Néanmoins, dans la plupart des sites, cette solution n’est pas
réalisable et elle est susceptible d’engendrer des risques.

11.3.3 Résistance aux efforts horizontaux


Les plus grandes forces horizontales agissant à la base du poteau sont
généralement celles, dirigées vers l’extérieur, qui résultent d’une flexion dans
les poteaux provoquée par un chargement vertical sur la toiture.

Les réactions horizontales agissant vers l’extérieur peuvent être équilibrées de


différentes manières, par :
 la butée des terres sur le côté de la fondation, comme indiqué à la
Figure 11.6(a),
 un tirant noyé dans la dalle de plancher et attaché à la base du poteau,
comme montré à la Figure 11.6(b),
 un tirant reliant les deux poteaux sur toute la largeur du portique et disposé
sous ou dans la dalle de plancher, comme illustré aux Figure 11.6(c) et (d).

La méthode, de loin la plus populaire, pour résister aux efforts horizontaux est
d’utiliser la butée des terres. Ceci présente des avantages économiques du fait
que les dimensions des fondations nécessaires pour résister au soulèvement
sont généralement suffisantes pour offrir une capacité portante adéquate sur le
sol. Cependant, la capacité portante du sol environnant peut être inférieure à
celle anticipée s’il n’est pas compacté correctement en raison des tranchées
pour le drainage et les conduites disposées le long de l’ossature du bâtiment qui
peuvent réduire considérablement la butée de terres.

En alternative, une barre (de type armature de béton armé) attachée au poteau,
coulée dans la dalle de plancher et enveloppée à l’extrémité pour permettre un
mouvement vertical, peut être une solution relativement peu coûteuse. Ce détail
peut toutefois conduire à quelques fissures locales dans la dalle de plancher et,
lorsque cette dernière est spécifiée de haute qualité, la garantie du plancher
peut être invalidée. La longueur de la barre doit être déterminée à partir de la
résistance ultime à l’arrachement nécessaire pour résister à la force horizontale.

Un tirant traversant toute la largeur du portique et attaché de chaque côté aux


deux poteaux est le moyen le plus sûr pour résister aux efforts horizontaux.
C’est aussi plus onéreux en termes de matériaux et de travail et le tirant risque
d’être endommagé pendant les activités de chantier. Un tirant disposé sur toute
la largeur de l’ouvrage peut, en effet, faire obstacle au montage de la structure
qui est généralement réalisé dans l’emprise du bâtiment.

11.3.4 Plaques d’assise et tiges d’ancrages


Le constructeur métallique est généralement responsable du calcul de la plaque
d’assise et des tiges d’ancrage. Il convient donc d’être clair dans les documents
du contrat quant aux responsabilités pour le calcul des détails des fondations,

4 - 65
Partie 4 : Conception et calcul des portiques

notamment de l’espacement des armatures ou des points particuliers qui


peuvent être exigés.

Les plaques d’assise sont généralement réalisées en acier de nuance S235 ou


S275.

Le diamètre des tiges d’ancrage est généralement déterminé en considérant les


efforts de soulèvement et de cisaillement qu’elles doivent supporter, mais il
n’est normalement pas inférieur à 20 mm. Pour permettre de prendre en compte
les effets non calculables d’une position incorrecte des tiges et ceux de la
combinaison effort tranchant et flexion sur ces dernières lorsque le calage n’est
pas terminé, un surdimensionnement de leur diamètre est même très fréquent.

La longueur des tiges d’ancrage doit être déterminée d’après leur espacement,
les propriétés du béton et la valeur de l’effort de traction. Une méthode simple
pour déterminer la longueur d’ancrage est de supposer que l’effort dans la tige
est équilibré par une surface conique du béton. Lorsqu’une plus grande
résistance au soulèvement est nécessaire, des cornières ou des plaques peuvent
être utilisées pour relier les tiges d’ancrages entre elles par paires ce qui
représente une alternative aux plaques d’ancrage. Les calculs doivent être
menés par le concepteur au stade de l’étude d’exécution pour s’assurer de la
viabilité de l’espacement proposé pour les tiges.

4 - 66
Partie 4 : Conception et calcul des portiques

(a) Butée des terres

1 Barres noyées dans la dalle

(b) Tirants noyés dans la dalle de plancher. A noter que la partie extérieure des barres est
enveloppée pour éviter des dommages sur la dalle en raison d’un tassement différentiel

1 Dalle de plancher
2 Cornière protégée contre la corrosion

(c) Tirant en cornière entre les poteaux

1 Dalle de plancher
2 Barres à haute résistance accouplées à leurs extrémités filetées et protégée contre la
corrosion

(d) Tirant entre les poteaux

Figure 11.6 Méthodes pour assurer la résistance aux forces horizontales au


niveau des fondations

4 - 67
Partie 4 : Conception et calcul des portiques

11.3.5 Calcul des fondations à l’état limite d’incendie


Si la fondation est calculée pour résister à un moment dû à un effondrement de
la transverse en cas d’incendie, la plaque d’assise et la fondation elle-même
doivent être calculées toutes les deux pour résister au moment comme le
montre la Figure 11.7(a). Il est possible également de décaler le pied de poteau
pour réduire ou pour éliminer l’excentricité engendrée par le moment et
conduire ainsi à une distribution de pression uniforme sous la fondation comme
montré à la Figure 11.7(b).

M M

(a) (b)

Figure 11.7 Fondation de portique en situation limite d’incendie

11.4 Résumé
 Les assemblages de pieds de poteaux résistant à un moment doivent être
conçus en minimisant tout renforcement local complémentaire.
 Il est habituellement plus économique d’adopter des pieds de poteau
nominalement articulés.
 L’expérience a démontré qu’une attache par quatre boulons avec une
plaque d’assise relativement mince se comporte effectivement comme une
articulation alors qu’elle fournit une rigidité suffisante pour un montage en
sécurité.
 Les précautions doivent être prises concernant la résistance aux efforts
tranchants, à la fois dans le pied de poteau et dans la fondation.

4 - 68
Partie 4 : Conception et calcul des portiques

12 COMPOSANTS STRUCTURAUX
SECONDAIRES

12.1 Panne sablière


L’élément formé à froid qui relie les portiques en rive de toiture (noté (2) sur la
Figure 12.1) est généralement connu sous le nom de panne sablière.

La fonction première de la panne sablière est de supporter la couverture, le


bardage et le chéneau le long de la rive, mais elle peut également être utilisée
pour fournir un maintien latéral au niveau supérieur de la semelle extérieure du
poteau.

2
3

4
5

1 Bac acier ou système de couverture 4 Raidisseur de poteau


2 Panne sablière formée à froid 5 Tube circulaire agissant comme buton de rive
3 Bracon de maintien de la traverse entre portiques

Figure 12.1 Détail de renfort avec panne sablière

12.2 Buton de rive


Si une palée de stabilité de long pan, capable de résister en traction et en
compression, est prévue aux deux extrémités de la structure (voir
Paragraphe 9.2), un buton de rive n’est pas nécessaire ailleurs que dans ces
mêmes travées d’extrémité. Il est cependant de bonne pratique de prévoir une
barre entre les poteaux pour agir comme un tirant pendant le montage et
assurer une robustesse complémentaire à la structure.

Si une section creuse circulaire est utilisée pour maintenir la rotule plastique au
bas du jarret comme illustré à la Figure 12.1, elle peut jouer le rôle de buton
longitudinal de stabilité en même temps que de maintien de rotule plastique. Si
une barre est prévue comme buton de rive au-dessus de ce niveau, elle est
inefficace pour maintenir la rotule plastique à la partie inférieure du renfort.

4 - 69
Partie 4 : Conception et calcul des portiques

13 CALCUL DES PORTIQUES MULTI-TRAVÉES

13.1 Généralités
La plupart des aspects du comportement et du calcul des portiques multi-
travées sont similaires à ceux des portiques à une seule travée. Ce
paragraphe décrit les types de portiques multi-travées courants et met en
évidence les différences principales.

13.2 Types de portiques multi-travées


13.2.1 Poutre de noues et pseudo-portiques
Dans une ossature de bâtiment en portiques multi-travées, il est de pratique
courante d’utiliser des poutres de noues pour supprimer quelques poteaux
intérieurs. En d’autres termes, des poteaux intermédiaires sont supprimés et la
noue du portique est supportée par une poutre appelée « poutre de noue »,
portant entre les poteaux des portiques adjacents, comme montré à la
Figure 13.1. Les portiques sans poteaux intermédiaires peuvent être désignés
comme « pseudo-portiques ». Quelquefois, plus d’un poteau est supprimé mais
que de tels schémas mécaniques, d’une part, exigent de très grandes poutres de
noue et, d’autre part, réduisent la rigidité et affectent la stabilité de la structure,
même si les portiques complets restants sont utilisés pour stabiliser ceux pour
lesquels il manque des poteaux.

2 3

1 1

1 Poutres de noue
2 Traverse
3 Poutre de noue avec une attache fabriquée à l’atelier

Figure 13.1 Poutres de noue

Les poutres de noue peuvent être sur appuis simples ou conçues en continuité
au travers des poteaux qui les supportent. Le choix dépend normalement du
coût relatif. La poutre est plus lourde si elle est simplement appuyée et ses
assemblages sont plus coûteux si elle est continue.

Les poutres de noue forment souvent un ou plusieurs cadres rigides avec les
poteaux intérieurs le long de la noue pour assurer la stabilité structurale au
niveau des angles droits des portiques. Ceci évite d’utiliser des

4 - 70
Partie 4 : Conception et calcul des portiques

contreventements en croix sur les lignes de poteaux intérieurs, solution souvent


inacceptable pour la bonne utilisation du bâtiment. En alternative, un grand
treillis (poutre au vent) peut être installé dans le plan des traverses, en appui
entre les façades extérieures. Pour les treillis longs des structures multi-travées,
il est courant de les prévoir sur une largeur de deux travées (deux entraxes de
portiques), plutôt que dans la travée d’extrémité seulement.

13.3 Stabilité
La majorité des portiques multi-travées possèdent des poteaux intérieurs
élancés. Lorsque qu’une charge horizontale est appliquée à ces portiques, elle
n’induit qu’un petit moment fléchissant dans ces poteaux car les poteaux
extérieurs étant plus raides, ils reprennent plus d’efforts. Un diagramme
typique de moment fléchissant est représenté à la Figure 13.2.

Cette différence dans la répartition du moment fléchissant, et la réduction


associée de la rigidité des poteaux intérieurs, a un impact significatif sur le
comportement du portique. A l’ELU, le portique fonctionne sensiblement entre
20 et 30 % de sa charge critique élastique globale. Du fait de la diffusion de la
plasticité à partir des positions des rotules critiques, la charge critique efficace
est réduite, en augmentant ainsi davantage le ratio de la charge critique
efficace.

Cet effet peut être traité par un logiciel au second ordre, élastique / plastique
approprié.

Figure 13.2 Moments fléchissants dans un portique typique à deux travées


sous chargement horizontal

Le portique de la Figure 13.2 peut être considéré comme deux sous-structures,


chacune comprenant un poteau extérieur et une traverse (paire d’arbalétriers),
comme montré à la Figure 13.3. Pour les portiques multi-travées en général, les
deux sous-structures extérieures assurent la plus grande partie de la rigidité,
c’est pourquoi la même modélisation en une paire de sous-structures peut être
utilisée pour les calculs manuels. Lorsque la rigidité des poteaux intérieurs doit
être prise en compte, il est préférable d’utiliser un logiciel pour analyser la
structure dans sa globalité.

4 - 71
Partie 4 : Conception et calcul des portiques

Figure 13.3 Sous-structures pour un portique typique à deux travées

Lorsque des poteaux intérieurs offrent une rigidité significative, il est plus
économique de ne pas les ignorer. Il est donc préférable de mener une analyse
détaillée de la totalité de la structure à l’aide d’un logiciel.

13.4 Instabilité par claquage

Figure 13.4 Instabilité par claquage

Comme le montre la Figure 13.4, la diminution de la rigidité latérale des


portiques à trois travées ou plus peut conduire à l’instabilité par claquage d’une
travée intérieure. De telles structures peuvent être vérifiées avec un logiciel
approprié pour vérifier si le comportement est satisfaisant. L’ANNEXE B peut
être utilisée pour estimer la sensibilité à l’instabilité par claquage.

13.5 Résumé
 Plusieurs aspects du comportement de portiques multi-travées sont
similaires à ceux des portiques à une seule travée
 Une attention particulière doit être apportée à la stabilité latérale et au
risque d’instabilité par claquage des portiques multi-travées.

4 - 72
Partie 4 : Conception et calcul des portiques

RÉFÉRENCES

1 EN 1993-1-1 Eurocode 3. Calcul des structures en acier. Règles générales et règles


pour les bâtiments
2 Bâtiments en acier en Europe
Bâtiments à simple rez-de-chaussée. Partie 2 : Conception
3 FISHER, J.M.
Industrial buildings
Chapitre 6.1 dans “Construction steel design”: an international guide
Elsevier Applied Science, London, 1992
4 HORNE, M.R. et AJMANI, J.L.
Failure of columns laterally supported on one flange: Discussion
The structural Engineer, Vol. 51, n° 7, juillet 1973
5 Bâtiments en acier en Europe
Bâtiments à simple rez-de-chaussée. Partie 11 : Assemblages de continuité par
platines d’about
6 LIM, J, KING, C.M, RATHBONE, A, DAVIES, J.M et EDMONDSON, V
Eurocode 3: The in-plane stability of portal frames
The Structural Engineer, Vol. 83. n°21, 1er novembre 2005

4 - 73
Partie 4 : Conception et calcul des portiques

4 - 74
Partie 4 : Conception et calcul des portiques

ANNEXE A Limites pratiques des flèches des


bâtiments à simple rez-de-chaussée

A.1 Flèches horizontales des portiques

Figure A.1 Définition de la flèche horizontale

Les limites des flèches horizontales pour les structures en portiques ne sont pas
explicitement couvertes par les Eurocodes structuraux. Généralement, les
limites sont fixées nationalement, soit par des règlements, soit par des pratiques
industrielles reconnues.

Des valeurs limites typiques pour les flèches horizontales sont données dans le
Tableau A.1.

4 - 75
Partie 4 : Conception et calcul des portiques

Tableau A.1 Limites typiques des flèches horizontales


Flèches
Pays Structure limites Commentaires
u
France Portiques sans pont Les valeurs sont données dans
roulant l’Annexe Nationale à la
Bâtiments sans exigence NF EN 1993-1-1 et elles
particulière en matière de doivent être utilisées si rien
déformation. d’autre n’est convenu avec le
client.
Déplacement en tête de H/150 Les valeurs des déplacements
poteaux calculés à partir des
Déplacement différentiel B/150 combinaisons caractéristiques
entre deux portiques doivent être comparées à ces
consécutifs limites.
Éléments supports de
bardage métallique
Montants H/150
Lisses B/150
Autres bâtiments à niveau
unique
Bâtiment avec des exigences
particulières en matière de
déformation (fragilité des
parois, aspect, etc.).
Déplacement en tête de H/250
poteaux
Déplacement différentiel B/200
entre deux portiques
consécutifs
Allemagne Il n’existe pas de limites de
flèches au plan national. Les
limites doivent être choisies
selon les instructions des
fabricants (agréments
techniques) ou doivent être
convenues avec le client.
Espagne Portiques (sans éléments H/150 Les valeurs sont fournies dans
fragiles susceptibles de se les documents techniques
rompre dans l’enveloppe, les nationaux pour les structures
façades et la toiture) en acier et dans le Règlement
Technique des Bâtiments et
elles doivent être utilisées si
rien d’autre n’est convenu avec
le client.
Bâtiments à simple rez-de- H/300
chaussée avec toitures
horizontales (sans éléments
fragiles susceptibles de se
rompre dans l’enveloppe, les
façades et la toiture)

4 - 76
Partie 4 : Conception et calcul des portiques

A.2 Flèches verticales des portiques

Figure A.2 Définition de la flèche verticale au faîtage d’un portique

Des valeurs limites typiques pour les flèches verticales de quelques pays sont
données dans le Tableau A.2.
Tableau A.2 Valeurs limites pour les flèches verticales
Flèches limites
Pays Structure Commentaires
wmax w3
France Toitures en général L/200 L/250 Les valeurs sont données
dans l’Annexe Nationale à
Toitures supportant L/200 L/300
la NF EN 1993-1-1 et
fréquemment du personnel
doivent être utilisées si rien
autre que le personnel
d’autre n’est convenu avec
d'entretien le client.
Toitures supportant des L/250 L/350 Les valeurs des
cloisons en plâtre ou déplacements calculés à
réalisées avec d’autres partir des combinaisons
matériaux fragiles ou caractéristiques doivent
rigides être comparées à ces
limites.
Allemagne Il n’existe pas de limites de
flèches au plan national.
Les limites doivent être
choisies selon les
instructions des fabricants
(agréments techniques) ou
doivent être convenues
avec le client.

4 - 77
Partie 4 : Conception et calcul des portiques

A.2.1 Flèches verticales pour les barres de toitures horizontales

États limites de service


Des valeurs pour les flèches limites sont données dans le Tableau A.3 pour
quelques pays européens. La définition des flèches verticales de l’Annexe A de
l’EN 1990 est reprise à la Figure A.3.

wc
w1
w2 wtot
wmax
w3

wc : contreflèche dans l'élément structural non chargé


w1 : partie initiale de la flèche sous les charges permanentes de la combinaison
d'actions correspondante
w2 : partie à long terme de la flèche sous les charges permanentes, ne doit pas être
utilisée pour les bâtiments en acier à simple rez-de-chaussée,
w3 : partie additionnelle de la flèche due aux actions variables de la combinaison
d'actions correspondante
wtot = w1 + w2 + w3
wmax : flèche totale compte tenu de la contreflèche

Figure A.3 Définition des flèches verticales

Tableau A.3 Valeurs limites maximales recommandées pour les flèches


verticales
Pays Structure Flèches limites Commentaires

Wmax W3
France Toitures en général L/200 L/250 Les valeurs sont données dans
l’Annexe Nationale à la
Toitures supportant L/200 L/300
NF EN 1993-1-1 et doivent être
fréquemment du utilisées si rien d’autre n’est
personnel autre que le
convenu avec le client.
personnel d'entretien
Les valeurs des déplacements
Toitures supportant L/250 L/350 calculés à partir des combinaisons
des cloisons en plâtre caractéristiques doivent être
ou réalisées avec comparées à ces limites.
d’autres matériaux
fragiles ou rigides
Allemagne Il n’existe pas de limites de
flèches au plan national. Les
limites doivent être choisies selon
les instructions des fabricants
(agréments techniques) ou
doivent être convenues avec le
client.
Espagne Toitures en général L/300(*) - Les valeurs sont fournies dans les
documents techniques nationaux
Toitures avec accès L/250(*)
pour les structures en acier et
seulement pour
dans le Règlement Technique des
l’entretien
Bâtiments et elles doivent être
utilisées si rien d’autre n’est
convenu avec le client.

(*) Ces valeurs se réfèrent à w2 + w3 mais w2 = 0 pour les structures en acier.

4 - 78
Partie 4 : Conception et calcul des portiques

État limite ultime : Effet de mare


Lorsque la pente de la toiture est inférieure à 5 %, des calculs complémentaires
doivent être menés pour vérifier que la ruine ne peut pas survenir du fait du
poids de l’eau :
 soit collectée dans des mares qui peuvent se former en raison de la flèche
prise par les éléments structuraux ou de toiture
 ou retenue par la neige.

Ces vérifications complémentaires doivent être fondées sur les combinaisons à


l’ELU.

La contreflèche des poutres peut réduire la probabilité d’accumulation d’eau de


pluie dans les mares, sous réserve que les orifices d’évacuation soient disposés
dans des zones appropriées.

4 - 79
Partie 4 : Conception et calcul des portiques

ANNEXE B Calcul de cr,est

B.1 Généralités
Le § 5.2.1 (4)B de l’EN 1993-1-1 donne :

H  h 
 cr   Ed  

 VEd   H,Ed 

Néanmoins, cette démarche ne peut être appliquée que si la charge axiale dans
la traverse n’est pas significative. La Note 2B du § 5.2.1(4)B précise que
« significatif » correspond à:

Af y
  0,3 , qui peut s’écrire sous une autre forme permettant de clarifier
N Ed
que la charge axiale n’est pas significative si: N Ed  0,09 N cr

où :
Ncr est la charge de flambement critique élastique pour la portée totale de
π 2 EI
la traverse (ou de la paire d’arbalétriers), c’est-à-dire N cr 
L2
L est la longueur développée de la traverse, de poteau à poteau, prise
égale à la portée/cos θ (θ est la pente de la toiture).
Si la charge axiale dans la traverse dépasse cette limite, l’expression de
l’EN 1993-1-1 ne peut pas être utilisée.
Une expression alternative, prenant en compte l’effort normal dans la traverse,
a été développée par J. Lim et C. King[6]. Elle est détaillée ci-dessous.

Pour les portiques à traverse brisée :


cr,est = min  cr,s,est ;  cr,r,est 

où :
cr,s,est est une estimation de cr pour un mode d'instabilité à nœuds
déplaçables
cr,r,est est une estimation de cr pour un mode de flambement par
claquage de la traverse. Ce mode d’instabilité ne doit être vérifié
que pour les portiques à trois travées ou plus, ou si la traverse
est horizontale, ou si les poteaux ne sont pas verticaux.

B.2 Facteur cr,s,est


Les paramètres nécessaires au calcul de cr,s,est pour un portique sont présentés
à la Figure B.1. NHF est le déplacement latéral en tête de chaque poteau soumis
à une force latérale fictive HNHF (l’intensité de la force latérale totale est
arbitraire car elle ne sert qu’à déterminer la rigidité latérale). L’effort

4 - 80
Partie 4 : Conception et calcul des portiques

horizontal appliqué en tête de chaque poteau doit être proportionnel à la


réaction verticale.

En pratique, l’application de cette recommandation consiste à calculer HNHF


égale à 1/200 de la réaction verticale en pied de poteau. Dans les combinaisons
comprenant les actions du vent, HNHF doit toujours être pris égal à 1/200 de la
réaction verticale en pied de poteau.

En calculant NHF, seules les forces fictives, HNHF, sont appliquées au portique.
La rigidité du pied de poteau peut être introduite dans l’analyse (comme
expliqué au Paragraphe 3.4).

NEd NEd

1 h 2

NHF  NHF
H NHF H NHF
3

1 Dimensions du portique
2 Analyse à l’ELU et avec NEd dans la traverse
3 Analyse en mode à nœuds déplaçables sous HNHF seule

Figure B.1 Calcul de cr

cr peut alors être calculé avec :


h
 cr 
200 NHF

La plus petite valeur de cr pour chaque poteau est retenue pour le portique
dans son ensemble.

cr,s,est peut alors être calculé avec :



  N Ed  
 cr, s,est  0,8 1     
  cr

  N cr, R  max 

où :
 N Ed 
  est le ratio maximum dans une traverse quelconque
N 
 cr, R  max

4 - 81
Partie 4 : Conception et calcul des portiques

N Ed est l’effort normal dans la traverse à l’ELU (voir


Figure B.1)
 2 EI r
N cr, R  est la force critique d’Euler pour la portée entière de la
L2
traverse (ou de la paire d’arbalétriers) supposée articulée.
L est la longueur développée de la traverse, de poteau à
poteau, prise égale à la portée/cos θ (θ étant la pente de la
toiture)
Ir est l’inertie de flexion en plan de la traverse
Facteur cr,r,est

Ce calcul doit être mené si le portique possède trois travées ou plus ou si la


traverse est horizontale.

Pour les portiques dont la pente des traverses est inférieure à 1/2 (26°), cr,r,est
peut être pris égale à :

 D  55, 74  L h   I c  I r  275 


 cr, r, est      tan 2 r 
 L   1  I r  f yr 

mais où  ≤ 1, cr,r,est = ∞

où :
D est la hauteur de la section transversale, h
L est la portée de la baie
h est la hauteur moyenne du poteau, de son pied, au jarret ou à la noue
Ic est l’inertie de flexion en plan du poteau (prise égale à zéro si le
poteau n’est pas assemblé rigidement à la traverse ou si la traverse est
supportée sur une poutre de noue)
Ir est l’inertie de flexion de la traverse
fyr est la limite d’élasticité nominale des traverses en N/mm2
r est la pente de la toiture si elle est symétrique, sinon r = tan-1(2hr/L)
hr est la hauteur de faîtage de toiture prise au-dessus d’une ligne droite
entre les têtes des poteaux
 est le rapport Wr/W0
W0 est la valeur de Wr pour la ruine plastique des traverses prises comme
des poutres bi-encastrées de portée L
Wr est la charge verticale pondérée totale sur les traverses de la baie.
Si les deux poteaux ou les deux traverses d’une baie sont différents, il convient
d’utiliser la valeur moyenne de Ic.

4 - 82
Partie 4 : Conception et calcul des portiques

ANNEXE C Détermination de Mcr et de Ncr

C.1 Mcr pour les barres uniformes


C.1.1 Expression générale
La méthode donnée en C.1.1 s’applique seulement aux barres droites uniformes
pour lesquelles la section transversale est symétrique par rapport au plan de
flexion.

 2 EI z   k  I w  kL  2 GI t 
2

M cr  C 1      C 2 z g  C2 zg 
2

 kL  2   k w  Iz  2 EI z 
 

Dans le cas d’un portique, k = 1 et kw = 1. La charge transversale est supposée


appliquée au centre de cisaillement et par conséquent C2zg = 0. L’expression
peut se simplifier sous la forme :

 2 EI z I w L2 GI t
M cr  C 1 
L2 I z  2 EI z

E est le module de Young (E = 210000 N/mm2)


G est le module de cisaillement (G = 81000 N/mm2)
Iz est l’inertie de flexion par rapport à l’axe faible z
It est l’inertie de torsion
Iw est l’inertie de gauchissement
L est la longueur de la barre entre points de maintiens latéraux
C1 dépend de la forme du diagramme de moments fléchissants

C.1.2 Facteur C1
Le facteur C1 peut être déterminé à partir du Tableau C.1, pour les barres
soumises à deux moments d’extrémité ; et pour quelques cas de chargements
transversaux.

4 - 83
Partie 4 : Conception et calcul des portiques

Tableau C.1 Facteur C1


Chargement par moments d’extrémité  C1
+1,00 1,00
+0,75 1,17
+0,50 1,36
+0,25 1,56
M
M 0,00 1,77
–0,25 2,00
–0,50 2,24
-1    +1 –0,75 2,49
–1,00 2,76
Chargements transversaux
0,94 1,17

0,62 2,60
2/3
1/3

0,86 1,35

0,77 1,69

C.2 Mcr pour les barres avec maintiens ponctuels de la


semelle tendue
Il est possible de profiter de la présence des maintiens de la semelle tendue,
cela pouvant conduire à une plus grande résistance de la barre au déversement.

De tels maintiens sont généralement assurés par des éléments attachés sur la
semelle tendue de la barre (les pannes par exemple).

Leur espacement doit satisfaire les exigences pour Lm comme indiqué au


§ BB.3.1.1 de l’EN 1993-1-1.

C.2.1 Expression générale


Pour le cas général d’une barre de hauteur variable, mais symétrique par
rapport à l’axe faible, et soumise à un moment variable :
M cr  c 2 C m M cr0 pour les barres avec un diagramme de moment
linéairement variable

ou

M cr  c 2 C n M cr0 pour les barres avec un diagramme de moment non


linéairement variable


Mcr0 est le moment critique pour une barre soumise à un moment uniforme.
Les expressions de Mcr0 sont données en C.2.2

4 - 84
Partie 4 : Conception et calcul des portiques

c tient compte de la variation de hauteur (c = 1 pour les barre de hauteur


uniforme)
La valeur de c est donnée dans l’Annexe BB.3.3.3 de l’EN 1993-1-1
en fonction de la hauteur de la barre à l’extrémité la moins haute sous
réserve que 1 ≤ hmax/hmin ≤ 3. Il est à noter que l’expression de c vient
de la référence 4 pour les éléments où   1,05, ce qui est courant pour
les renforts de portiques,
Cm prend en compte la variation linéaire du moment. Sa valeur est donnée
par l’expression BB.13 de l’Annexe BB de l’EN 1993-1-1. Il est
recommandé que Cm ≤ 2,7,
Cn prend en compte la variation non linéaire du moment. Sa valeur est
donnée par l’expression BB.14 de l’Annexe BB de l’EN 1993-1-1. Il
est recommandé que Cn ≤ 2,7.
Pour l’utilisation de l’Annexe BB.3.3.2 de l’EN 1993-1-1, les points suivants
nécessitent une clarification :

La même définition de moments « positif » et « négatif » s’applique comme


dans le paragraphe BB.3.3.1 : les moments qui produisent une compression
dans la semelle non maintenue doivent être considérés comme positifs.

Ceci est fondamental car seules les valeurs positives de R doivent être retenues.

BB.3.3.2 suppose que les charges sont appliquées au centre de cisaillement.

C.2.2 Calcul de Mcr0


Pour les sections uniformes, symétriques par rapport à l’axe faible, et
maintenues à intervalles le long de la semelle tendue :

1   2 EI z a 2  2 EI w 

M cr0    GI t
2 a  Lt
2
Lt
2 

π 2 EI z I w s 2GI t
mais M cr0  
s2 I z  2 EI z

où :
a est la distance entre l’axe longitudinal maintenu (par exemple le centre
de gravité des pannes) et le centre de cisaillement de la barre. Ceci
prend en compte le fait que le maintien efficace est légèrement décalé
de la semelle
Lt est la longueur du tronçon entre les maintiens en torsion des deux
semelles, le long de l’élément
s est la distance entre les maintiens le long de l’axe longitudinal
maintenu (par exemple l’espacement entre les pannes).
Pour les barres à hauteur variable ou les barres avec renforts, Mcr0 est calculé
en utilisant les propriétés de la section aux extrémités les moins hautes.

Les paramètres a, Lt et s sont représentés à la Figure C.1

4 - 85
Partie 4 : Conception et calcul des portiques

3 s s 2

4 4

5
Lt

2 3 s s 2

a 4
4

1
5
Lt

3 s s 2

4 4

Lt

1 Centre de cisaillement de la section la 4 Maintiens latéraux des deux semelles,


moins haute assurant un maintien en torsion
2 Axe où le maintien est assuré 5 Semelle comprimée
3 Maintiens latéraux intermédiaires (pannes)

Figure C.1 Disposition des maintiens de semelles tendues

C.3 Ncr pour les barres uniformes avec maintiens


ponctuels de la semelle tendue
Il est possible de profiter de la présence des maintiens de la semelle tendue,
cela peut conduire à une plus grande résistance de la barre au flambement.

De tels maintiens sont généralement assurés par des éléments attachés sur la
semelle tendue de la barre (les pannes par exemple).

C.3.1 Expression générale


Pour les sections transversales de Classe 1, 2 ou 3, le § 6.3.1.2 de l’EN 1993-1-
1 donne :
Af y π 2 EI
  où N cr  pour le flambement par flexion
N cr L2

4 - 86
Partie 4 : Conception et calcul des portiques

C.3.2 NcrT pour les barres uniformes avec maintiens ponctuels de la


semelle tendue
La force critique de flambement élastique pour une section en I avec maintiens
intermédiaires de la semelle tendue est donnée en BB.3.3.1 sous la forme
suivante :

1   2 EI z a 2  2 EI w 

N crT    GI t
i s 2  Lt 2 Lt 2 

où :
is 2  iy 2  iz 2  a 2

Lt est la longueur du tronçon le long de la barre entre maintiens en


torsion des deux semelles
a est défini en C.1.
Pour les barres à hauteur variable ou les barres avec renforts, NcrT est calculé en
utilisant les propriétés de la section aux extrémités les moins hautes.

4 - 87
Partie 4 : Conception et calcul des portiques

4 - 88
Partie 4 : Conception et calcul détaillé des portiques

ANNEXE D

Exemple : Calcul d’un portique en utilisant une


analyse élastique

4 - 89
Annexe D Exemple : calcul d’un portique en
1 de 46
utilisant une analyse élastique
Réalisé par CZT Date 12/2009
Feuille de calcul
Vérifié par DGB Date 12/2009

1. Analyse élastique d’un portique à une


seule travée
Cet exemple présente le calcul d’un portique d’un bâtiment à simple rez-de-
chaussée, en utilisant une méthode d’analyse globale élastique. Ici, seules les
actions gravitaires sont étudiées. L’ossature est fabriquée à partir de sections
en I laminées à chaud pour les traverses et les poteaux.

2. Géométrie du portique
CL


6000
5275

3020
30000

Espacement des portiques = 7,2 m

Les bacs acier de la couverture et le bardage sont supportés par des pannes et
des lisses de bardage.
Les pannes ont été disposées provisoirement à des intervalles compris
entre 1500 mm et 1800 mm comme le montre la figure. De même, les lisses
de bardage sont placées a priori à des distances ne dépassant pas 2000 mm.
Les vérifications des traverses et des poteaux peuvent conduire à modifier ces
dispositions.

4 - 90
Annexe D Exemple : Calcul d’un portique en utilisant une analyse
Titre 2 sur 46
élastique

7313
165

**
CL

15057
14892
1700


13192
1700

11492
1700

9792

11980
1700

8092

15000
1700

6392
1700

4692
1700

2992
1345

3020

1647
1345

**
*
*

302
302

1900
1900
1475
800

5275
725

6000

 maintiens en torsion des semelles internes

4 - 91
Annexe D Exemple : Calcul d’un portique en utilisant une analyse
Titre 3 sur 46
élastique

3. Actions
3.1. Charges permanentes
G = Gpoids propre + Gtoiture
EN 1991-1-1
Gpoids propre : poids propre des poutres
Gtoiture : couverture avec les pannes Gtoiture = 0,30 kN/m2
 pour un portique courant : Gtoiture = 0,30 × 7,20 = 2,16 kN/m

G =G2,16 kN/m
= 2,16 + poids
kN/m propre
+ self weight

30 m

3.2. Charges de neige


EN 1991-1-3
Valeur caractéristique de la charge de neige sur la toiture dans un endroit
donné, dans un pays particulier et à une certaine altitude : sk = 0,618 kN/m²
 pour un portique courant : s = 0,618 × 7,20 = 4,45 kN/m

s = 4,45 kN/m

30 m

3.3. Charge d'exploitation sur la toiture


Valeurs caractéristiques de l’action sur la toiture (catégorie H : non EN 1991-1-1
accessible) : qk = 0,4 kN/m2 Tableau 6.10
 pour un portique courant: qk = 0,4 × 7,20 = 2,88 kN/m
Q k = 2,88 kN/m

30 m

4 - 92
Annexe D Exemple : Calcul d’un portique en utilisant une analyse
Titre 4 sur 46
élastique

3.4. Combinaisons d’actions


Par simplification, les actions du vent ne sont pas étudiées dans cet exemple.
En conséquence, la combinaison critique de calcul pour dimensionner les
barres est : G G + Q Q
où :
Q est le maximum de la charge de neige et de la charge d’exploitation.
G = 1,35 (actions permanentes) EN 1990

Q = 1,50 (actions variables)


Les charges de neige sur la toiture sont plus élevées que les charges
d’exploitation. En conséquence : Q = 4,45 kN/m

4. Prédimensionnement
Le guide Bâtiments en acier à simple rez-de-chaussée. Partie 2 :
Conceptiont[2] donne un tableau de prédimensionnement des barres en
fonction de la charge sur la traverse et de la hauteur au jarret.
Charge sur la traverse
= 1,35 (2,16 + poids propre) +1,5  4,45 = 9,6 kN/m + poids propre.
Prenons 10 kN/m en supposant que cela inclut le poids propre.
La section choisie pour la traverse est un IPE 450 en acier S355.
La section choisie pour le poteau est un IPE 500 en acier S355.

5. Coefficient d’amplification pour provoquer


le flambement cr
Pour évaluer la sensibilité de la structure aux effets du 2ème ordre, il faut EN 1993-1-1
calculer le coefficient cr par lequel la charge de calcul devrait être multipliée § 5.2.1
pour provoquer l'instabilité élastique. Ce calcul exige de connaître les
déformations de la structure sous une combinaison d’actions donnée.
Une analyse élastique a été menée pour calculer les réactions sous les charges
verticales à l’ELU. Elle a donné les résultats suivants :
Réaction verticale en pied de poteau : VEd = 168 kN
Réaction horizontale en pied de poteau : HEd = 116 kN
Effort normal maximum dans les traverses : NR,Ed = 130 kN

4 - 93
Annexe D Exemple : Calcul d’un portique en utilisant une analyse
Titre 5 sur 46
élastique

5.1. Compression axiale dans la traverse


Selon la norme, si la compression axiale dans la traverse est significative EN 1993-1-1
alors cr n’est pas applicable. Dans de telles situations, l’Annexe B du § 5.2.1(4)
présent document recommande, à la place, d’utiliser le coefficient cr,est : Note 2B

Af y
La compression axiale est significative si   0,3
N Ed

ou si NEd  0,09 Ncr, qui est une expression équivalente.


NEd est l’effort normal de calcul à l’ELU dans la traverse, noté NR,Ed dans cet
exemple.
Lcr est la longueur développée de la traverse (ou de la paire d’arbalétriers) de
poteau à poteau.
30
Lcr = = 30,1 m
cos 5 o
 2 EI z  2  210000  33740 10 4
Ncr = = 10 3 = 772 kN
L cr
2
30 ,110 
3 2

0,09 Ncr = 0,09  772 = 69 kN


NR,Ed = 130 kN > 69 kN
Par conséquent, la compression axiale dans la traverse est significative et il
n’est pas possible d’appliquer cr à partir de l’EN 1993-1-1.
En suivant les explications de l’Annexe B, la stabilité du portique est
supposée fondée sur le coefficient cr,est, du Paragraphe 5.2.

5.2. Calcul de cr,est


Pour une ossature de toiture à deux versants : cr,est = min(cr,s,est ; cr,r,est)
cr,r,est n’a besoin d’être vérifié que pour les portiques à 3 travées ou plus. Annexe B du
présent document
Pour estimer la stabilité de l’ossature, il est possible d’utiliser la rigidité en
pied de poteau. Dans cet exemple, une rigidité de pied de poteau égale à
10 % de la rigidité du poteau a été supposée pour prendre en compte le fait
qu’ils sont nominalement articulés.
Pour calculer cr, une force horizontale fictive est appliquée au portique et le
déplacement horizontal des têtes de poteaux est déterminé pour ce
chargement.
La force horizontale fictive est : Annexe B du
présent document
1 1
HNHF = VEd =  168 = 0,84 kN
200 200
Sous l’action de cette force, le déplacement horizontal en tête de poteau
obtenu à l’aide de l’analyse élastique, est égal à 1,6 mm.

4 - 94
Annexe D Exemple : Calcul d’un portique en utilisant une analyse
Titre 6 sur 46
élastique

1,6 mm 1,6 mm
HNHF HNHF

cr,s,est est calculé comme suit :



  N R,Ed  
 1 h 
Annexe B du
cr,s,est = 0 , 8 1   
   présent document

  N R,cr  max   200  NHF 

  130  1 6000


= 0,81     = 12,5
  772  200 1,6 

Donc cr,est = cr,s,est = 12,5 > 10


Une analyse élastique au premier ordre peut être utilisée et les effets du Paragraphe 2.2 du
second ordre n’ont pas besoin d’être pris en compte. présent document

6. Imperfections des portiques


Le défaut global d'aplomb initial peut être déterminé à partir de EN 1993-1-1
§ 5.3.2
 = 0 h m
0 = 1/200
2 2
h =   0,82
h 6,0

1 1
m = 0 , 5 (1  )  0 , 87 = 0 , 5 (1  ) = 0,87
m 2
m = 2 (nombre de poteaux)
1
 =  0 , 82  0 , 87  3 , 56  10 3
200
Les défauts globaux d'aplomb initiaux peuvent être pris en compte de deux
manières :
 en modélisant la structure avec un faux aplomb,
 en appliquant des forces horizontales équivalentes (FHE).

Le recours à des forces horizontales équivalentes est la démarche préférée et


c’est la méthode qui est utilisée dans cet exemple. Les forces horizontales
équivalentes sont calculées de la manière suivante :
HFHE =  VEd

4 - 95
Annexe D Exemple : Calcul d’un portique en utilisant une analyse
Titre 7 sur 46
élastique

Cependant, il est possible de ne pas tenir compte des défauts globaux EN 1993-1-1
d’aplomb si HEd  0,15 VEd. § 5.3.2(4)

Le Tableau 1 montre les réactions d’appui totales pour la structure dans le but
de déterminer HEd et VEd.

Tableau 1 Réactions verticales et horizontales


Poteau gauche Poteau droit Réaction totale 0,15 VEd
(kN) (kN) (kN) (kN)
HEd VEd HEd VEd HEd VEd
Réactions 116 168 –116 168 0 336 50

HEd = 0  0,15 VEd

En conséquence, les défauts globaux d’aplomb initiaux doivent être pris en


compte.
Les forces horizontales équivalentes sont :
HFHE =  VEd,poteau = 3,56  103  168 = 0,60 kN
Ces forces sont appliquées en tête de chaque poteau et elles sont combinées
avec les actions permanentes et les actions variables.
Pour l’analyse à l’ELU, les pieds de poteau sont modélisés comme articulés.
Sinon, les détails de la base du poteau et de la fondation devraient être conçus
en fonction du moment résultant.
La figure suivante montre les sollicitations dans le portique soumis aux
charges d’ELU qui comprennent les forces horizontales équivalentes.

4 - 96
V Ed = 150 kN
VEd = 150 kN V Ed = 118 kN
Titre

N Ed = 130 kN
NEd = 130 kN V Ed = 117 kN V Ed = 87 kN N Ed = 127 kN M Ed = 701 kNm
M Ed = 693 kNm N Ed = 127 kN N Ed = 124 kN M Ed = 298 kNm
MEd = 292 kNm V Ed = 86 kN C
L M Ed = 0 kNm
N Ed = 124 kN V Ed = 117 kN
V Ed = 116 kN MEd = 0 kNm N Ed = 162 kN
N Ed = 161 kN M Ed = 616 kNm
M Ed = 610 kNm
Annexe D

3011 3011
V Ed = 0 kN V Ed = 10 kN
5869 NEd = 117 kN N Ed = 116 kN 5941
5275 M Ed = 356 kNm M Ed = 351 kNm
M Ed = 0 kNm
élastique

30000

4 - 97
Exemple : Calcul d’un portique en utilisant une analyse
8 sur 46
Annexe D Exemple : Calcul d’un portique en utilisant une analyse
Titre 9 sur 46
élastique

7. Résumé de la vérification des barres


La résistance de la section transversale et la résistance au flambement sont
vérifiées pour chaque barre. Les paragraphes 7.1 et 7.2 contiennent un
résumé des vérifications menées pour chaque élément du portique.

7.1. Vérification de la section transversale


La résistance de la section transversale doit être vérifiée d’après le
paragraphe 6.2 de l’EN 1993-1-1.
Les vérifications de la section transversale effectuées dans cet exemple sont :
La résistance au cisaillement :

VEd  Vpl,Rd =

Av f y 3  EN 1993-1-1
§ 6.2.6
 M0

La résistance à la compression :
A fy EN 1993-1-1
NEd  Nc,Rd = § 6.2.4
 M0

La résistance à la flexion :
Wpl,y f y EN 1993-1-1
MEd  Mpl,y,Rd = § 6.2.5
 M0
En outre, les interactions entre le moment de flexion et l’effort tranchant et EN 1993-1-1
entre le moment de flexion et l’effort normal doivent être vérifiées. § 6.2.8
§ 6.2.9
7.2. Vérification de la stabilité
Les traverses et les poteaux doivent être vérifiés pour l’instabilité hors-plan
entre les maintiens et pour l’instabilité dans le plan.
Les vérifications au flambement dû à l’interaction entre l’effort normal et le EN 1993-1-1
moment fléchissant sont menées en utilisant les expressions 6.61 et 6.62 de Expressions
l’EN 1993-1-1. (6.61) et (6.62)

N Ed M y,Ed  M y,Ed M z,Ed  M z,Ed


 k yy  k yz  1, 0
 y N Rk M y,Rk M z,Rk
 LT
 M1  M1  M1
N Ed M y,Ed  M y,Ed M z,Ed  M z,Ed
 k zy  k zz  1, 0
 z N Rk M y,Rk M z,Rk
 LT
 M1  M1  M1

4 - 98
Annexe D Exemple : Calcul d’un portique en utilisant une analyse
Titre 10 sur 46
élastique

Pour les portiques à simple rez-de-chaussée traditionnels, ces expressions se


simplifient de la manière suivante :
M y,Ed = 0 et M z,Ed = 0 pour les sections de Classe 1, 2 ou 3.

Mz,Ed = 0
En conséquence, les expressions (6.61) et (6.62) peuvent être écrites sous la
forme :
N Ed M y,Ed N Ed M y,Ed
 k yy  1,0 et  k zy  1,0
N b,y,Rd M b,Rd N b,z,Rd M b,Rd

L’expression (6.61) est destinée à vérifier le flambement dans le plan et


l’expression (6.62) le flambement hors-plan.

POTEAU : IPE 500 en acier S355

V Ed= 117 kN 616 kNm


NEd= 162 kN *
1475

444 kNm
6000
1900

221 kNm
1900

V Ed= 117 kN
0 kNm
NEd= 168 kN

Propriétés de la section :

h  500 mm A  11600 mm2


b  200 mm W pl,y  2194  10 3 mm3

t w  10 , 2 mm I y  48200  10 4 mm4 i y  204 mm

t f  16 mm I z  2142 10 4 mm4 i z  43 ,1 mm
r  21 mm I t  89,3  104 mm4

h w  468 mm I w  1249  10 9 mm6


d  426 mm

4 - 99
Annexe D Exemple : Calcul d’un portique en utilisant une analyse
Titre 11 sur 46
élastique

7.3. Classification de la section transversale


7.3.1. Ame
c 426 EN 1993-1-1
= = 41,8 Tableau 5.2
tw 10 , 2
(Feuille 1)
N Ed 168000
dN = = = 46,4
tw fy 10 , 2  355

dw dN 426  46 , 4
= = = 0,55 > 0,50
2d w 2  426
396  396 0,81
La limite pour la Classe 1 est : = = 52,2
13  1 13 0,55  1
c
Soit : = 41,8  52,2
tw
 L’âme est de Classe 1.

7.3.2. Semelle
c 73 , 9
= = 4,6
tf 16
La limite pour la Classe 1 est : 9 ε = 9  0,81 = 7,3
c
Soit : = 4,6  8,3
tf
 La semelle est de Classe 1
Ainsi, la section est de Classe 1. La vérification de la barre sera fondée sur la
résistance plastique de la section transversale.

7.4. Résistance de la section transversale


7.4.1. Résistance au cisaillement
Aire de cisaillement : Av = A  2btf + (tw+2r)tf mais pas inférieure à hwtw
Av = 11600  2  200  16  (10 , 2  2  21)  16 = 6035 mm2 EN 1993-1-1
§ 6.2.6
 = 1,0 place en sécurité. Par conséquent :  à partir de
l’EN 1993-1-1
Av  hwtw = 1, 0  468 10 , 2 = 4774 mm2 § 6.2.6(3)
 Av = 6035 mm2

Vpl,Rd =

Av f y 3  = 6035 355 3  10 3
= 1237 kN
 M0 1, 0
VEd = 117 kN < 1237 kN OK

4 - 100
Annexe D Exemple : Calcul d’un portique en utilisant une analyse
Titre 12 sur 46
élastique

Interaction flexion et cisaillement EN 1993-1-1


Lorsque l’effort tranchant et le moment fléchissant agissent simultanément § 6.2.8
sur une section transversale, l’effort tranchant peut être ignoré s’il est
inférieur à 50 % de la résistance plastique au cisaillement.
VEd = 117 kN < 0,5 Vpl,Rd = 0,5  1237 = 619 kN
Par conséquent, il est possible de négliger l’effet de l’effort tranchant sur le
moment résistant.

7.4.2. Résistance à la compression EN 1993-1-1


§ 6.2.4
Afy 11600  355
Nc,Rd = = 10 3 = 4118 kN
 M0 1, 0
NEd = 168 kN  Nc,Rd = 4118 kN OK

Interaction flexion et effort normal


Lorsque l’effort normal et le moment fléchissant agissent simultanément sur
une section transversale, l’effort normal peut être ignoré à condition que les
deux conditions suivantes soient satisfaites :
0,5 hw t w f y
NEd  0,25 Npl,Rd et NEd 
 M0
0,25 Npl,Rd = 0,25  4118 = 1030 kN
0 , 5 hw t w f y 0 , 5  468 10 , 2  355
 10 3 = 847 kN
 M0 1, 0
168 kN < 1030 kN and 847 kN, OK
Par conséquent, l’effet de l’effort normal sur le moment résistant peut être
négligé.

EN 1993-1-1
Résistance au moment fléchissant
§ 6.2.5
W pl f y 2194  10 3  355
Mpl,y,Rd = =  10 6 = 779 kN.m
 M0 1, 0
My,Ed = 616 kN.m < 779 kN.m OK

7.5. Flambement hors-plan


Le risque de flambement hors-plan est vérifié avec l’expression (6.62) de
l’EN 1993–1–1.
N Ed M y ,Ed
 k zy  1, 0
N b, z, Rd M b, Rd
Cette dernière doit être vérifiée entre les maintiens en torsion.

4 - 101
Annexe D Exemple : Calcul d’un portique en utilisant une analyse
Titre 13 sur 46
élastique

Si la semelle tendue est maintenue en différents points situés entre les


maintiens en torsion et si l’espacement entre les maintiens de la semelle
tendue est suffisamment petit, il est possible de bénéficier de cette situation.
Afin de déterminer si l’espace entre les maintiens est assez faible,
l’Annexe BB de l’EN 1993-1-1 fournit une expression pour calculer
l’espacement maximum. Si l’espacement réel entre les maintiens est plus
petit que cette valeur calculée, alors les méthodes données dans l’Annexe C
de ce document peuvent être utilisées pour calculer la force critique élastique
et le moment critique de la section.

Vérification de l’espacement entre maintiens intermédiaires


Dans ce cas, le maintien de la semelle tendue est assuré par les lisses. Ces
dernières sont espacées de 1900 mm.
L’espacement limite, donné par l’Annexe BB de l’EN 1993-1-1, est :
38 i z EN 1993-1-1
Lm = Annexe BB
2
 fy 
2
1  N Ed  1 W pl,y § BB.3.1.1
   
57 , 4  A  756 C 12 AI t  235 
 
C1 est un facteur qui tient compte de la forme du diagramme de moment
fléchissant. Les valeurs de C1 pour différentes formes de diagramme sont
données à l’Annexe C de ce document.
Pour un diagramme linéaire, C1 dépend du rapport entre les moments
fléchissants minimum et maximum dans le tronçon considéré.
Les rapports de moment fléchissants pour les tronçons médians et inférieurs
du poteau (sans considérer le renfort) sont les suivants :
222 Annexe C du
= = 0,50  C 1 = 1,31 présent document
444
0
= =0  C 1 = 1,77
222
C 1 = 1,31 étant le cas le plus défavorable, c’est donc celui qui sera analysé.
38  43 ,1
Lm =
1  168  10 3


 
1 
2194  10 3  2
 355 
 
2

57 , 4  11600  756  1, 31 11600  89 , 3  10  235 


2 4

Lm = 1584 mm
L’espacement entre lisses est 1900 mm > 1584 mm
Par conséquent, la procédure normale de calcul doit être adoptée et il n’est
pas possible de tenir compte des maintiens de la semelle tendue.

4 - 102
Annexe D Exemple : Calcul d’un portique en utilisant une analyse
Titre 14 sur 46
élastique

7.5.2. Poteau complet (5275 mm)


Dans un premier temps, le poteau est étudié dans son intégralité. Si les
vérifications vis-à-vis du flambement par flexion, du déversement et de leur
interaction, sont satisfaites sur toute la longueur du poteau, aucun maintien
complémentaire n’est nécessaire. Sinon, soit des maintiens intermédiaires en
torsion sont introduits, soit les dimensions du poteau sont augmentées.

Résistance au flambement par flexion par rapport à l’axe faible, Nb,z,Rd


h 500
  2,5
b 200
tf  16 mm
Flambement selon l’axe z-z : EN 1993-1-1
Tableau 6.2
 Courbe b pour les sections en I laminées à chaud Tableau 6.1
 z  0,34
E 210000 EN 1993-1-1
1 =  = = 76,4 § 6.3.1.3
fy 355

L cr 1 5275 1
z = =  = 1,60
i z 1 43 ,1 76 , 4

   
z = 0,5 1   z  z  0,2   z 2
EN 1993-1-1
§ 6.3.1.2
= 0,51  0,341,60  0,2  1,60  2
= 2,02
1 1
z = = = 0,307
2 , 02  2 , 02  1, 60
2 2 2
    2

 z Af y 0 , 307  11600  355


Nb,z,Rd = =  10 3 = 1264 kN
 M1 1, 0
NEd = 168 kN < 1264 kN OK

Résistance au déversement, Mb,Rd


La résistance au déversement d’une barre est calculée par l’intermédiaire du
coefficient de réduction, LT, multiplié par le module résistant et la limite
d’élasticité de la section. Le coefficient de réduction est calculé en fonction
de l’élancement,  LT , qui dépend du moment critique de déversement de la
barre. L’expression du moment critique, Mcr, est donnée ci-après. Le facteur
C1 tient compte de la forme du diagramme de moment fléchissant de la barre.
L’Annexe C du présent document donne des valeurs de C1 pour différentes
formes de diagrammes de moment fléchissants. Dans la cas d’un diagramme
linéaire, C1 dépend du rapport, noté , des moments d’extrémité appliqués à
la barre.

4 - 103
Annexe D Exemple : Calcul d’un portique en utilisant une analyse
Titre 15 sur 46
élastique

Pour la longueur totale du poteau (sans le renfort) : Annexe C du


présent document
0
  0  C1  1, 77
616

 2 EI z I w L2 GI t
Mcr = C 1 
L2 I z  2 EI z

 2  210000  2142  10 4
= 1, 77 
5275 2 Annexe C du
présent document
1249  10 9 5275 2  81000  89 , 3  10 4
 
2142  10 4  2  210000  2142  10 4
Mcr = 909  106 N.mm
L’élancement réduit,  LT , est calculé d’après :
EN 1993-1-1
Wy f y 2194  10 3  355
 LT  = = 0,926 § 6.3.2.2
M cr 909  10 6
Pour le calcul du coefficient de réduction, LT, l’EN 1993-1-1 donne deux
méthodes. La méthode générale, applicable à tout type de section, est fournie
dans le § 6.3.2.2. Le § 6.3.2.3 indique une méthode utilisable seulement pour
les profils laminés ou les sections soudées équivalentes.
Dans cet exemple, la seconde méthode est utilisée, c’est-à-dire le § 6.3.2.3.

 
LT = 0,5 1   LT  LT   LT,0    LT2   EN 1993-1-1
§ 6.3.2.3
L’EN 1993-1-1 recommande les valeurs suivantes :
 LT,0  0,4
  0,75
L’Annexe Nationale peut fournir des valeurs différentes. Le concepteur doit
donc vérifier le contenu de l’Annexe Nationale du pays où la structure doit
être construite.
h EN 1993-1-1
 2,5 Tableau 6.3
b
Tableau 6.5
 Courbe c pour les sections en I laminées à chaud
 LT  0,49


LT = 0,5 1  0,490,926  0,4  0,75  0,9262  = 0,950
1 EN 1993-1-1
LT = § 6.3.2.3
 LT   LT 2    LT 2
1
LT = = 0,685
0 , 950  0 , 950  0 , 75  0 , 926
2 2

4 - 104
Annexe D Exemple : Calcul d’un portique en utilisant une analyse
Titre 16 sur 46
élastique

1 1
2
 = 1,17
 LT 0.926 2

 LT = 0,685
 LT W pl, y f y 0 , 685  2194  10 3  355
Mb,Rd = =  10 6 = 534 kN.m
 M1 1, 0
Mb,Rd = 616 kN.m  534 kN.m Ne convient pas
La vérification de résistance au déversement seul n’étant pas satisfaite, il est
inutile de mener celle concernant l’interaction entre l’effort normal et le
moment fléchissant.
Il est nécessaire d’introduire un maintien en torsion entre le renfort de jarret
et le pied de poteau, comme montré sur la figure suivante. Le moment
fléchissant étant plus élevé au sommet du poteau, le maintien est placé à
proximité de cette zone plutôt qu’au milieu du poteau.
Ce maintien doit être positionné au niveau d’une lisse puisqu’il est réalisé par
l’intermédiaire d’un bracon disposé entre celle-ci et la semelle interne du
poteau.

V Ed= 117 kN 616 kNm


NEd= 162 kN *
1475

* 444 kNm
6000
3800

V Ed= 117 kN
0 kNm
NEd= 168 kN

7.5.3. Tronçon supérieur (1475 mm)


Comme précédemment, les vérifications du flambement par flexion et du
déversement sont menées séparément avant de procéder à la vérification de
leur interaction.

Résistance au flambement par flexion par rapport à l’axe faible, Nb,z,Rd


h 500
  2,5
b 200
tf  16 mm

4 - 105
Annexe D Exemple : Calcul d’un portique en utilisant une analyse
Titre 17 sur 46
élastique

Flambement selon l’axe z-z : EN 1993-1-1


Tableau 6.2
 Courbe b pour les sections en I laminées à chaud Tableau 6.1
 z  0,34
E 210000 EN 1993-1-1
1 =  = = 76,4 § 6.3.1.3
fy 355

L cr 1 1475 1
z = =  = 0,448
i z 1 43 ,1 76 , 4

   
z = 0,5 1   z  z  0,2   z 2
EN 1993-1-1
§ 6.3.1.2

= 0,51  0,340,448  0,2  0,448  2


= 0,643
1 1
z = = = 0,906
z  z 2   z 2 0 , 643  0 , 643 2  0 , 448 2

z = 0,906
 z Af y 0 , 906  11600  355
Nb,z,Rd = =  10 3 = 3731 kN
 M1 1, 0
NEd = 168 kN < 3731 kN OK

Résistance au déversement, Mb,Rd


Comme précédemment, le facteur C1 doit être calculé pour pouvoir
déterminer le moment critique de déversement de la barre.
616 kNm
1475

444 kNm

444 Annexe C du
   0 , 721  C1  1,16 présent document
616

4 - 106
Annexe D Exemple : Calcul d’un portique en utilisant une analyse
Titre 18 sur 46
élastique

 2 EI z I w L2 GI t
Mcr = C 1 
L2 I z  2 EI z

 2  210000  2142  10 4
= 1,16  Annexe C du
1475 2
présent document
1249  10 9 1475 2  81000  89 , 3  10 4
  2
2142  10 4   210000  2142  10 4
Mcr = 5887  106 N.mm
EN 1993-1-1
Wy f y 2194  10 3  355
 LT  = = 0,364 § 6.3.2.2
M cr 5887  10 6
Pour les sections laminées à chaud EN 1993-1-1

 
§ 6.3.2.3

LT = 0,5 1   LT  LT   LT,0    LT2 
 LT,0  0,4
  0,75
Comme précédemment : EN 1993-1-1
Tableau 6.3
 Courbe c pour les sections en I laminées à chaud Tableau 6.5
 LT  0,49


LT = 0,5 1  0,490,364  0,4  0,75  0,3642  = 0,541
1 EN 1993-1-1
LT = § 6.3.2.3
 LT   LT 2    LT 2
1
LT = = 1,02
0 , 541  0 , 541  0 , 75  0 , 364 2
2

LT ne peut pas être supérieur à 1,0, par conséquent :


LT = 1,0
 LT W pl,y f y 1, 0  2194  10 3  355
Mb,Rd = =  10 6 = 779 kN.m
 M1 1, 0
MEd = 616 kN.m < 779 kN.m OK

Interaction effort normal et moment fléchissant – flambement hors-plan


Le flambement hors-plan dû à l’interaction d’un effort normal et d’un EN 1993-1-1
moment fléchissant est vérifié si l’expression suivante est satisfaite : § 6.3.3(4)

N Ed M y ,Ed
 k zy  1, 0
N b,z, Rd M b,Rd

4 - 107
Annexe D Exemple : Calcul d’un portique en utilisant une analyse
Titre 19 sur 46
élastique

Pour  z  0,4, le facteur d’interaction, kzy est calculé d’après : EN 1993-1-1


Annexe B
 0 ,1  z N Ed   0 ,1 N Ed  Tableau B.2
kzy = max   1  ;  1 
   C mLT  0 , 25  N b,Rd, z
 C
mLT  0 , 25  N b,Rd, z
 
   
CmLT = 0 , 6  0 , 4 EN 1993-1-1
Annexe B
444 Tableau B.3
= = 0,721
616
CmLT = 0 , 6  0 , 4  0 , 721 = 0,888  0,4
 CmLT = 0,888
 0 ,1  0 , 448 168   0 ,1 168  
kzy = max   1   ;  1  
   0 , 888  0 , 25  3731    0 , 888  0 , 25  3731  
kzy = max (0,996 ; 0,993) = 0,996
N Ed M y ,Ed 168 616
 k zy =  0 , 996 = 0,832 < 1,0 OK
N b,z, Rd M b,Rd 3731 779

7.5.4. Tronçon inférieur (3800 mm)


Comme précédemment, les résistances au flambement par flexion et au
déversement sont vérifiées séparément puis leur interaction est étudiée en
utilisant l’expression d’interaction 6.62.

Résistance au flambement par flexion par rapport à l’axe faible, Nb,z,Rd


Comme précédemment : EN 1993-1-1
Tableau 6.1
 Courbe b pour les sections en I laminées à chaud Tableau 6.2
 z  0,34
E 210000 EN 1993-1-1
1 =  = = 76,4 § 6.3.1.3
fy 355

L cr 1 3800 1
z = =  = 1,15
i z 1 43 ,1 76 , 4

  
z = 0,5 1   z  z  0,2   z 2  EN 1993-1-1
§ 6.3.1.2


z = 0,5 1  0,341,15  0,2  1,152 = 1,32 
1 1
z = = = 0,508
z  z 2   z 2 1, 32  1, 32 2  1,15 2

 z Af y 0,508  11600  355


Nb,z,Rd = =  10 3 = 2092 kN
 M1 1, 0
NEd = 168 kN < 2092 kN OK

4 - 108
Annexe D Exemple : Calcul d’un portique en utilisant une analyse
Titre 20 sur 46
élastique

Résistance au déversement, Mb,Rd


Comme précédemment, il faut déterminer le facteur C1 pour pouvoir calculer
le moment critique de la barre.
444 kNm
3800

0 Annexe C du
  0  C1  1, 77 présent document
444
Annexe C du
 2 EI z I w L2 GI t
Mcr = C 1  présent document
L2 I z  2 EI z

 2  210000  2142  10 4
= 1, 77 
3800 2

1249  10 9 3800 2  81000  89 , 3  10 4


 
2142  10 4  2  210000  2142  10 4
Mcr = 1556  106 N.mm
EN 1993-1-1
Wy f y 2194  10 3  355
 LT  = = 0,708 § 6.3.2.2
M cr 1556  10 6
Pour les sections laminées à chaud EN 1993-1-1

 
§ 6.3.2.3
 
LT = 0,5 1   LT  LT   LT,0    LT2
 LT,0  0,4 et   0,75
Comme précédemment : EN 1993-1-1
Tableau 6.3
 Courbe c pour les sections en I laminées à chaud Tableau 6.5
 LT  0,49


LT = 0,5 1  0,490,708  0,4  0,75  0,7082  = 0,763

4 - 109
Annexe D Exemple : Calcul d’un portique en utilisant une analyse
Titre 21 sur 46
élastique

1 EN 1993-1-1
LT = § 6.3.2.3
 LT   LT 2    LT 2
1
LT = = 0,822
0 , 763  0 , 763  0 , 75  0 , 708
2 2

1 1
2
= = 1,99
 LT 0 , 708 2
 LT = 0,822
 LT W pl, y f y 0 , 822  2194  10 3  355
Mb,Rd = =  10 6 = 640 kN.m
 M1 1, 0
MEd = 444 kN.m < 640 kN.m OK

Interaction effort normal et moment fléchissant – flambement hors-plan


Le flambement hors-plan, dû à l’intercation d’un effort normal et d’un EN 1993-1-1
moment fléchissant, est vérifié si l’expression suivante est satisfaite : § 6.3.3(4)

N Ed M y ,Ed
 k zy  1, 0
N b,z, Rd M b,Rd

Pour  z  0,4, le facteur d’interaction, kzy est calculé avec :


 0 ,1  z N Ed   0 ,1 N Ed 
kzy = max   1  ;  1 
   C mLT  0 , 25  N b,Rd, z
 C
mLT  0 , 25  N b,Rd, z
 
   
CmLT = 0 , 6  0 , 4 EN 1993-1-1
Annexe B
0 Tableau B.3
 = =0
444
CmLT = 0 , 6  0 , 4 = 0 , 6  0 , 4  0 = 0,6 > 0,4
 CmLT = 0,6
 0 ,11,15 168   0 ,1 168   EN 1993-1-1
kzy = max   1   ;  1    Annexe B
   0 , 6  0 , 25  2092    0 , 6  0 , 25  2092   Tableau B.2
kzy = max (0,974 ; 0,977) = 0,977
N Ed M y ,Ed 168 444
 k zy =  0 , 977 = 0,758 < 1,0 OK
N b,z, Rd M b,Rd 2092 640

4 - 110
Annexe D Exemple : Calcul d’un portique en utilisant une analyse
Titre 22 sur 46
élastique

7.6. Flambement dans le plan


L’interaction avec le flambement dans le plan est vérifiée en utilisant
l’expression (6.61) de l’EN 1993-1-1.
N Ed M y ,Ed
 k yy  1, 0
N b, y ,Rd M b,Rd
V Ed = 117 kN
N Ed = 162 kN
M Ed = 616 kNm

V Ed = 117 kN
N Ed = 168 kN
M Ed = 0 kNm

Les valeurs maximales de calcul d’un poteau quelconque se produisent sur le


côté droit du poteau (en considérant les FHE appliquées de la gauche vers la
droite) et elles sont les suivantes :
MEd  616 kN.m
NEd  168 kN
Dans un premier temps, les vérifications individuelles sont menées pour le
flambement par flexion seul et pour le déversement seul. Ensuite, les
expressions d’interaction pour le flambement dans le plan sont appliquées
pour vérifier que l’interaction de l’effort normal et du moment fléchissant
n’entraîne pas un flambement excessif des poteaux.

7.6.1. Résistance au flambement par flexion par rapport à l’axe


fort, Nb,y,Rd
h 500
  2,5
b 200
tf  16 mm
Flambement selon l’axe y-y : EN 1993-1-1
Tableau 6.2
 Courbe a pour les sections en I laminées à chaud Tableau 6.1
 y  0,21
La longueur de flambement est la longueur d’épure, soit la distance entre les
nœuds (c’est-à-dire la longueur du poteau), L = 6000 mm.
E 210000 EN 1993-1-1
1 =  = = 76,4 § 6.3.1.3
fy 355

4 - 111
Annexe D Exemple : Calcul d’un portique en utilisant une analyse
Titre 23 sur 46
élastique

L cr 1 6000 1
y = =  = 0,385
i y 1 204 76 , 4

 
y = 0,5 1   y  y  0,2   y 2   EN 1993-1-1
§ 6.3.1.2


= 0,5 1  0,210,385  0,2  0,3852  = 0,594
1 1 EN 1993-1-1
y = = = 0,956 § 6.3.1.2
  2 
2
0 , 594  0 , 594 2  0 , 385 2

 y Af y 0 , 956  11600  355


Nb,y,Rd = =  10 3 = 3937 kN
 M1 1, 0
NEd = 168 kN < 3937 kN OK

7.6.2. Résistance au déversement, Mb,Rd


Mb,Rd est le plus faible des moments résistants calculés précédemment.
Mb,Rd = min  779 ; 640 
Mb,Rd = 640 kN.m

7.6.3. Intercation effort normal et moment fléchissant –


flambement dans le plan
Le flambement dans le plan, dû à l’interaction de l’effort normal et du
moment fléchissant, est vérifié si les expressions suivantes sont satisfaites :
N Ed M y ,Ed
 k yy  1, 0
N b, y ,Rd M b,Rd
Pour Cmy, les points maintenus pertinents sont les maintiens en torsion à
l’extrémité de la barre.
Le facteur d’interaction, kyy, est calculé comme suit :
    
kyy = min  C my  1   y  0 , 2 N Ed
  ; C my  1  0 , 8
 
N Ed


  N b, y ,Rd   N b, y ,Rd  
A partir du tableau B.3, Cmy est :
Cmy = 0 , 6  0 , 4  0,4
 0
Cmy = 0 , 6  0 , 4  0 = 0,6

  168   168  
kyy = min  0 , 6  1   0 , 385  0 , 2  ; 0, 6 1  0,8 
  3937   3937  
= min  0 , 605; 0 , 620  = 0,605

4 - 112
Annexe D Exemple : Calcul d’un portique en utilisant une analyse
Titre 24 sur 46
élastique

N Ed M y ,Ed 168 616


 k yy =  0 , 605 = 0,625 < 1,0 OK
N b, y ,Rd M b,Rd 3937 640

Validité de la section du poteau


Dans le paragraphe 7.4, il a été démontré que la résistance de la section
transversale de la section est plus grande que les forces appliquées.
Les vérifications du flambement hors-plan et dans le plan ont été menées
dans les paragraphes 7.5 et 7.6 pour le choix approprié des maintiens le long
du poteau.
Par conséquent, il a été possible de conclure que la section IPE 500 en acier
S355 est appropriée pour réaliser les poteaux de ce portique.

Traverse : IPE 450


1700 1700 1700 1700 1700 1700 1700 1345 1345

298 kNm

111 kNm

351 kNm
354 kNm

VEd  118 kN (valeur maximale)


NEd  127 kN (valeur maximale)
MEd  356 kN.m (valeur maximale)

4 - 113
Annexe D Exemple : Calcul d’un portique en utilisant une analyse
Titre 25 sur 46
élastique

Propriétés de la section
h  450 mm A  9880 mm2
b  190 mm W pl,y  1702  10 3 mm3

t w  9 , 4 mm I y  33740  10 4 mm4 i y  185 mm

t f  14 , 6 mm I z  1676  10 4 mm4 i z  41, 2 mm


r  21 mm I t  66 , 9  10 4 mm4
h w  420 , 8 mm I w  791 10 9 mm6
d  378 , 8 mm

7.7. Classification de la section transversale


7.7.1. Ame
c 378 , 8 EN 1993-1-1
= = 40,3 Tableau 5.2
tw 9, 4
(Feuille 1)
N Ed 127000
dN = = = 38
tw fy 9 , 4  355

dw dN 378 , 8  38
= = = 0,55 > 0,50
2d w 2  378 , 8
396  396  0 , 81
La limite pour la Classe 1 est : = = 52,1
13  1 13  0 , 55  1
c
Nous avons : = 40,3 < 52,1
tw
 L’âme est de Classe 1.

7.7.2. Semelle
c 69 , 3 EN 1993-1-1
= = 4,7 Tableau 5.2
tf 14 , 6
(Feuille 2)
La limite pour la Classe 1 est : 9 ε = 9  0,81 = 7,3
c
Nous avons : = 4,7 < 7,3
tf
 La semelle est de Classe 1
Par conséquent, la section est de Classe 1. La vérification de la barre sera
fondée sur la résistance plastique de la section transversale.

4 - 114
Annexe D Exemple : Calcul d’un portique en utilisant une analyse
Titre 26 sur 46
élastique

7.8. Résistance de la section transversale


7.8.1. Résistance au cisaillement EN 1993-1-1
§ 6.2.6(3)
Aire de cisaillement : Av = A - 2btf + (tw+2r)tf mais pas inférieure à hwtw
Av = 9880  2  190 14 , 6  ( 9 , 4  2  21) 14 , 6 = 5082 mm2
hwtw = 1, 0  420 , 8  9 , 4 = 3956 mm2  à partir de
EN 1993-1-1
 Av = 5082 mm2 § 6.2.6(3)

Vpl,Rd =
Av f y  3  = 5082 355 3  10 3
= 1042 kN EN 1993-1-1
 M0 1, 0 § 6.2.6(3)
VEd = 118 kN < 1042 kN OK
EN 1993-1-1
Interaction moment fléchissant et cisaillement § 6.2.8
Lorsque l’effort tranchant et le moment fléchissant agissent simultanément
sur une section transversale, l’effort tranchant peut être ignoré s’il est
inférieur à 50 % de la résistance au cisaillement plastique de la section
transversale.
VEd = 118 kN < 0,5 Vpl,Rd = 521 kN OK
Part conséquent, l’effet de l’effort tranchant sur le résistant moment peut être
négligé.

7.8.2. Résistance à la compression


Afy 9880  355
Nc,Rd = = 10 3 = 3507 kN
 M0 1, 0 EN 1993-1-1
NEd = 127 kN < 3507 kN OK § 6.2.4

Interaction effort normal et moment fléchissant


Quand l’effort normal et le moment fléchissant agissent simultanément sur la EN 1993-1-1
section transversale, l’effort normal peut être ignoré à condition que les deux § 6.2.9
conditions suivantes soient vérifiées :
0 , 5 hw t w f y
NEd  0,25 Npl,Rd et NEd 
 M0
0,25 Npl,Rd = 0,25  3507 = 877 kN
et
0 , 5 hw t w f y 0 , 5  420 , 8  9 , 4  355
  10 3 = 702 kN
 M0 1, 0
127 kN < 887 kN et 702 kN OK
Par conséquent, l’effet de l’effort normal sur le moment résistant peut être
négligé.

4 - 115
Annexe D Exemple : Calcul d’un portique en utilisant une analyse
Titre 27 sur 46
élastique

7.8.3. Résistance au moment fléchissant EN 1993-1-1


§ 6.2.5
W pl, y f y 1702 10 3  355
Mpl,y,Rd = = 10 6 = 604 kN.m
 M0 1, 0
My,Ed = 356 kN.m < 604 kN.m OK

7.9. Flambement hors-plan


L’interaction avec le flambement hors-plan est vérifiée à l’aide de
l’expression (6.62) de l’EN 1993-1-1
N Ed M y,Ed
 k zy  1, 0
N z,b,Rd M b,Rd
La traverse doit être vérifiée entre les maintiens en torsion. S’il est
avantageux de considérer les maintiens intermédiaires de la semelle tendue,
leur espacement doit également être vérifié.

7.9.1. Zone de mi-portée


Dans cette zone, l’espacement entre les pannes est de 1700 mm.
1700 mm

1 Zone de mi-portée
1700

351 kNm
356 kNm 354 kNm

1
1 : Moment fléchissant

Résistance au flambement par flexion par rapport à l’axe faible, Nb,z,Rd


h 450
  2,37
b 190
tf  14,6 mm
Flambement selon l’axe z-z EN 1993-1-1
Tableau 6.1
 Courbe b pour les sections en I laminées à chaud or sections en I laminées Tableau 6.2
à chaud
 z  0,34

4 - 116
Annexe D Exemple : Calcul d’un portique en utilisant une analyse
Titre 28 sur 46
élastique

E 210000 EN 1993-1-1
1 =  = = 76,4 § 6.3.1.3
fy 355

L cr 1 1700 1
z = =  = 0,540
i z 1 41, 2 76 , 4

   
z = 0,5 1   z  z  0,2   z 2
EN 1993-1-1
§ 6.3.1.2

z = 0,51  0,340,540  0,2  0,540  2


= 0,704
1 1
z = = = 0,865
z  z   z 2 2
0 , 704  0 , 704  0 , 540
2 2

 z Af y 0 , 865  9880  355


Nb,z,Rd = =  10 3 = 3034 kN
 M1 1, 0
NEd = 127 kN < 3034 kN OK

Résistance au déversement, Mb,Rd


Dans cette zone, le déversement est vérifié entre les maintiens qui, ici, sont
les pannes. Pour des pannes équidistantes, la longueur critique se situe au
point où le moment fléchissant est maximum.
Afin de déterminer le moment critique de la traverse, le facteur C1 tient
compte de la forme du diagramme de moment fléchissant.
Dans ce cas, le diagramme de moment fléchissant est pratiquement constant
le long du segment considéré, ainsi   1,0. D’où :
 C 1  1 ,0 Annexe C du
présent document
 2 EI z I w L2 GI t
Mcr = C 1  Annexe C du
L2 I z  2 EI z présent document

 2  210000  1676  10 4
= 1, 0 
1700 2

791  10 9 1700 2  81000  66 , 9  10 4


  2
1676  10 4   210000  1676  10 4
Mcr = 2733  106 N.mm
EN 1993-1-1
W pl, y f y 1702  10 3  355
 LT  = = 0,470 § 6.3.2.2
M cr 2733  10 6

 
LT  0,5 1   LT  LT   LT,0    LT2   EN 1993-1-1
§ 6.3.2.3

4 - 117
Annexe D Exemple : Calcul d’un portique en utilisant une analyse
Titre 29 sur 46
élastique

 LT,0  0,4 et   0,75


h
 2,37
b
 Courbe c pour les sections en I laminées à chaud EN 1993-1-1
Tableau 6.3
 LT  0,49
Tableau 6.5

LT  0,5 1  0,490,470  0,4  0,75  0,4702 = 0,60 
1 EN 1993-1-1
LT = § 6.3.2.3
 LT   LT 2    LT 2
1
LT = = 0,961
0 , 60  0 , 60  0 , 75  0 , 470
2 2

1 1
2
= = 4,53
 LT 0 , 470 2
 LT = 0,961
 LT W pl,y f y 0 , 961  1702  10 3  355
Mb,Rd = =  10 6 = 581 kN.m
 M1 1, 0
MEd = 356 kN.m < 581 kN.m OK

EN 1993-1-1
Interaction effort normal et moment fléchissant – flambement hors-plan
§ 6.3.3(4)
Le flambement hors-plan, dû à l’interaction entre l’effort normal et le
moment fléchissant, est vérifié si l’expression suivante est satisfaite :
N Ed M y ,Ed
 k zy  1, 0
N b,z, Rd M b,Rd

Pour  z  0,4, le facteur d’interaction, kzy est calculé avec :


 0 ,1  z N Ed   0 ,1 N Ed 
kzy = max   1  ; 1 
   C mLT  0 , 25  N b,z, Rd 


  C mLT  0 , 25  N b,z, Rd 
 
Le moment fléchissant est pratiquement linéaire et constant. Par conséquent EN 1993-1-1
CmLT est pris égal à 1,0. Annexe B
Tableau B.3
 0 ,1  0 , 540 127   0 ,1 127   EN 1993-1-1
kzy = max   1  ;  1  
1  0 , 25  3034  1  0 , 25  3034  
Annexe B
  Tableau B.2
= max (0,997 ; 0,994) = 0,997
N Ed M y ,Ed 127 356
 k zy =  0 , 997 = 0,653 < 1,0 OK
N b,z, Rd M b,Rd 3034 581

4 - 118
Annexe D Exemple : Calcul d’un portique en utilisant une analyse
Titre 30 sur 46
élastique

7.9.2. Région de fin de travée


Dans cette zone, la semelle inférieure est comprimée et la stabilité doit être
vérifiée entre les maintiens en torsion.
2930 mm

1 1

1 Région de fin de travée

1 298 kNm

111 kNm

1230 1700
1 Moment fléchissant simplifié
2 Moment fléchissant

La longueur de flambement est prise à partir du maintien en torsion en sortie


de jarret jusqu’au maintien « virtuel » qu’est le point d’inflexion du
diagramme de moment fléchissant, c’est-à-dire là où le moment fléchissant
est nul. Dans quelques pays, l’hypothèse de maintien virtuel peut ne pas être
de pratique courante. Si c’est le cas, la longueur de flambement doit être prise
jusqu’à la panne la plus proche (c’est-à-dire le premier maintien de la semelle
comprimée).
A partir de l’analyse de la structure, la longueur de flambement au point
d’inflexion est 2930 mm.
Si la semelle tendue est maintenue en des points discrets entre les maintiens
en torsion et si l’espacement entre les maintiens de la semelle tendue est
assez petit, on peut tirer avantage de cette situation.
Afin de déterminer si l’espacement entre les maintiens est, ou non, assez
petit, l’Annexe BB de l’EN 1993-1-1 donne une expression pour calculer
l’espacement maximum. Si l’espacement réel entre maintiens est plus petit
que cette valeur calculée, alors les méthodes données à l’Annexe C du
présent document peuvent être utilisées pour calculer la force critique
élastique et le moment critique de la section.

Vérification de l’espacement entre maintiens intermédiaires


Dans ce cas, le maintien de la semelle tendue est assuré par les pannes.
Celles-ci sont espacées de 1700 mm.
38 i z EN 1993-1-1
Lm = Annexe BB
2
 fy 
2
1  N Ed  1 W pl,y § BB.3.1.1
   
57 , 4  A  756 C 12 AI t  235 
 

4 - 119
Annexe D Exemple : Calcul d’un portique en utilisant une analyse
Titre 31 sur 46
élastique

111 Annexe C du
 = = 0,37  C 1 = 1,42 présent document
298
38  41, 2
Lm =
1  127  10 3



1 
1702  10 3  2
 355 
2

57 , 4  9880  756  1, 42 2 9880  66 , 9  10 4  235 



Lm = 1669 mm
L’espacement des pannes est 1700 mm > 1669 mm
Par conséquent, la procédure de calcul normale doit être adoptée et il n’est
pas possible de tenir compte des maintiens de la semelle tendue.

Résistance au flambement par flexion par rapport à l’axe faible, Nb,z,Rd


Comme précédemment : EN 1993-1-1
Tableau 6.2
 Courbe b pour les sections en I laminées à chaud Tableau 6.1
 z  0,34
E 210000 EN 1993-1-1
1 =  = = 76,4 § 6.3.1.3
fy 355

L cr 1 2930 1
z = =  = 0,931
i z 1 41, 2 76 , 4


z = 0 , 5 1   z  z  0 , 2    z 2  EN 1993-1-1
§ 6.3.1.2

z = 0 , 5 1  0 , 34  0 , 931  0 , 2   0 , 9312 = 1,06 
1 1
z = = = 0,638
z  z   z 2 2
1, 06  1, 06  0 , 931
2 2

 z Af y 0,638  9880  355


Nb,z,Rd = =  10 3 = 2238 kN
 M1 1, 0
NEd = 127 kN < 2238 kN OK

Résistance au déversement, Mb,Rd


Comme précédemment, le facteur C1 doit être calculé afin de déterminer le
moment critique de la barre. Par simplification, le diagramme de moment
fléchissant est considéré linéaire, ce qui est légèrement sécuritaire.
0 Annexe C du
 = =0  C 1 = 1,77 présent document
298

4 - 120
Annexe D Exemple : Calcul d’un portique en utilisant une analyse
Titre 32 sur 46
élastique

 2 EI z I w L2 GI t
Mcr = C 1 
L2 I z  2 EI z

 2  210000  1676  10 4
= 1, 77  Annexe C du
2930 2
présent document
791  10 9 2930 2  81000  66 , 9  10 4
  2
1676  10 4   210000  1676  10 4
Mcr = 1763  106 N.mm
EN 1993-1-1
W pl, y f y 1702  10 3  355
 LT  = = 0,585 § 6.3.2.2
M cr 1763  10 6
Pour les sections laminées à chaud EN 1993-1-1

 
§ 6.3.2.3

LT = 0,5 1   LT  LT   LT,0    LT2 
 LT,0  0,4 et   0,75
Comme précédemment :
 Courbe c pour les sections en I laminées à chaud EN 1993-1-1
Tableau 6.3
 LT  0,49 Tableau 6.5

LT = 0,5 1  0,490,585  0,4  0,75  0,5852  = 0,674
1 EN 1993-1-1
LT = § 6.3.2.3
 LT   LT 2    LT 2
1
LT = = 0,894
0 , 674  0 , 674 2  0 , 75  0 , 585 2
1 1
2
= = 2,92
 LT 0 , 585 2
 LT = 0,894
 LT W pl, y f y 0 , 894  1702  10 3  355 EN 1993-1-1
Mb,Rd = =  10  6 = 540 kN.m § 6.2.5(2)
 M1 1, 0

Interaction effort normal et moment fléchissant – flambement hors-plan


Le flambement hors-plan dû à l’interaction entre l’effort normal et le moment EN 1993-1-1
fléchissant est vérifié si l’expression suivante est satisfaite : § 6.3.3(4)

N Ed M y ,Ed
 k zy  1, 0
N b, z, Rd M b, Rd

Pour  z  0,4, le facteur d’interaction, kzy, est calculé avec :

4 - 121
Annexe D Exemple : Calcul d’un portique en utilisant une analyse
Titre 33 sur 46
élastique

 0,1z N Ed   0,1 N Ed 


kzy = max 1  ;
1 

 C mLT  0 , 25  N b,z,Rd 
 C  0,25 N
 mLT 
b,z,Rd 

0 EN 1993-1-1
  0 Annexe B
298
Tableau B.3
CmLT = 0 , 6  0 , 4 = 0 , 6  0 , 4  0 = 0,6

 0,1  0,931 127   0,1 127  EN 1993-1-1


kzy = max 1  ; 1   Annexe B
 0,6  0,25 2238   0,6  0,25 2238  Tableau B.2
= max ( 0,985 ; 0,983 ) = 0,985
N Ed M y ,Ed 127 298
 k zy =  0 , 985 = 0,601 < 1,0 OK
N b, z, Rd M b, Rd 2238 540

7.10. Flambement dans le plan


L’influence du flambement dans le plan se vérifie avec l’expression (6.61) de
l’EN 1993-1-1.
N Ed M y ,Ed
 k yy  1, 0
N b, y ,Rd M b, Rd

V Ed = 118 kN V Ed = 150 kN
N Ed = 127 kN N Ed = 130 kN
M Ed = 298 kNm M Ed = 701 kNm

V Ed = 10 kN
N Ed = 116 kN
M Ed = 351 kNm
Assumedmaximum
Moment maximum moment
supposé
M Ed = 356 kNm

Moment fléchissant maximum et effort normal dans la traverse, en excluant


le renfort :
MEd  356 kN.m
NEd  127 kN
Le renfort est analysé au Paragraphe 8.

4 - 122
Annexe D Exemple : Calcul d’un portique en utilisant une analyse
Titre 34 sur 46
élastique

7.10.1. Résistance au flambement par flexion par rapport à l’axe


fort, Nb,y,Rd
h 450
  2,37
b 190
tf  14,6 mm
Flambement selon l’axe y-y : EN 1993-1-1
Tableau 6.1
 Courbe a pour les sections en I laminées à chaud Tableau 6.2
   0,21
La longueur de flambement est la longueur d’épure, c’est-à-dire la distance
entre les attaches (soit la longueur de la traverse en incluant le renfort),
L = 15057 mm
E 210000 EN 1993-1-1
1 =  = = 76,4 § 6.3.1.3
fy 355

L cr 1 15057 1
y = =  = 1,065
i y 1 185 76 , 4

 
y = 0,5 1   y  y  0,2   y 2   EN 1993-1-1
§ 6.3.1.2


y = 0,5 1  0,211,065  0,2  1,0652 = 1,158 
1 1
y = = = 0,620
y  y   y 2 2
1,158  1,158 2  1, 065 2

 y Af y 0 , 620  9880  355


Nb,y,Rd = =  10 3 = 2175 kN
 M1 1, 0
NEd = 127 kN < 2175 kN OK

7.10.2. Résistance au déversement, Mb,Rd


Mb,Rd est le plus faible moment de résistance au déversement parmi ceux
calculés précédemment.
Mb,Rd = min  581; 540 
Mb,Rd = 540 kN.m

7.10.3. Interaction effort normal et moment fléchissant –


flambement dans le plan
Le flambement dans le plan, dû à l’interaction de l’effort normal et du
moment fléchissant, est vérifié lorsque l’expression suivante est satisfaite :
N Ed M y ,Ed
 k yy  1, 0
N b, y ,Rd M b, Rd

4 - 123
Annexe D Exemple : Calcul d’un portique en utilisant une analyse
Titre 35 sur 46
élastique

Le facteur d’interaction, kyy, est calculé comme suit :


    

kyy = min  C my  1   y  0 , 2 
N Ed
 ; C my  1  0 , 8
 
N Ed


  N b, y ,Rd   N b, y ,Rd  
L’expression de Cmy dépend des valeurs de h et . EN 1993-1-1
Annexe B
298
=  = 0,849. Tableau B.3
351
Mh 351
h = = = 0,986
Ms 356
Donc, Cmy a pour valeur :
Cmy = 0 , 95  0 , 05 h = 0 , 95  0 , 05  0 , 986  1,0

  127   127   EN 1993-1-1


kyy = min 1, 0  1  1, 065  0 , 2   ; 1 1, 0  0 , 8 
2175  
Annexe B
  2175   Tableau B.2
= min 1, 05; 1, 047  = 1,047

N Ed M y ,Ed 127 356


 k yy =  1,047 = 0,749 < 1,0 OK
N b, y ,Rd M b, Rd 2175 540

La barre satisfait les vérifications pour le flambement dans le plan.

7.11. Validité de la section de la traverse


Dans le Paragraphe 7.8, il a été démontré que la résistance de la section
transversale de la traverse est supérieure aux forces appliquées.
Les vérifications pour le flambement hors-plan et dans le plan ont été
réalisées dans les Paragraphes 7.9 et 7.10 pour le choix approprié des
maintiens le long de la traverse.
On peut donc conclure que la section IPE500 en acier S355 convient pour la
traverse de ce portique.

8. Longueur du renfort
Le renfort est fabriqué par découpage d’une section IPE 550. Les
vérifications doivent être effectuées à son extrémité et à tous les quarts de sa
longueur, comme indiqué sur la figure ci-dessous.

4 - 124
Annexe D Exemple : Calcul d’un portique en utilisant une analyse
Titre 36 sur 46
élastique

2740

5° 685 685 685 685

725
IPE 450

5 4 3 2 1

IPE 500

3020

D’après la géométrie du renfort, les propriétés suivantes peuvent être


obtenues pour chacun des sections transversales 1 à 5. Elles sont indiquées
dans le Tableau 2.
Tableau 2 Propriétés des sections de la barre renforcée pour les sections
transversales indiquées sur la figure précédente
Section Hauteur de Hauteur Aire Iy Wel,min NEd MEd
transversale découpe totale brute, A
n° (mm) (mm) (mm2) (cm4) (cm3) (kN) (kN.m)
1 503 953 15045 200500 4055 129 661
2 378 828 13870 144031 3348 129 562
3 252 702 12686 98115 2685 128 471
4 126 576 11501 62258 2074 127 383
5 0 450 9880 33740 1500 127 298

Les propriétés des sections sont calculées perpendiculairement à l’axe de la


section.
Par simplicité, les propriétés des sections ci-dessus ont été calculées en
supposant une épaisseur d’âme constante de 9,4 mm et en négligeant la
semelle centrale.
Les sections transversales réelles et équivalentes sont représentées sur la
figure suivante pour la section transversale n°1 :

4 - 125
Annexe D Exemple : Calcul d’un portique en utilisant une analyse
Titre 37 sur 46
élastique

190 190
14,6

450 9,4

14,6
9,4 953

503 11,1

17,2
210 210

Section transversale réelle Section transversale équivalente


Pour la section transversale n°1, les valeurs de NEd et MEd sont prises sur la
face du poteau.

8.1. Classification des sections transversales


8.1.1. Ame
L’âme peut être divisée en deux parties, et classifiée en fonction de la
géométrie de chacune et des contraintes qu’elles supportent. La partie
supérieure (c’est-à-dire la traverse) est appelée « âme supérieure » et la partie
du bas (c’est-à-dire la découpe) est appelée « âme inférieure ».

Âme supérieure
A l’examen, l’âme supérieure est de Classe 3 au moins car elle est
principalement en traction.

Âme inférieure
La contrainte dans la section est due à la charge axiale :
129
N =  10 3 = 8,57 N/mm2
15045
En supposant une distribution élastique de contrainte dans la section
transversale n°1, la contrainte maximale disponible pour résister à la flexion
est :
fy 355
M =  N =  8 , 57 = 346 N/mm2
 M0 1, 0

4 - 126
Annexe D Exemple : Calcul d’un portique en utilisant une analyse
Titre 38 sur 46
élastique

450
501,6
953

31 N/mm²

503
451,4

346 N/mm²

La distance de la semelle inférieure à l’axe neutre élastique est :


z = 451,4 mm
La distance de la face inférieure de la semelle centrale à l’axe neutre est :
51,6 mm
La somme de la contrainte de flexion  la contrainte axiale au sommet de la
section découpée est :
= 346   51, 6 451, 4   8 , 57 = 31 N/mm2
Pour la vérification de la Classe 3, il 190 EN 1993-1-1
faut déterminer  :
14,6 Tableau 5.2

 31
 = = 0,09
346 450 9,4

En considérant la section 1 parallèle à


la semelle du poteau, la hauteur de 14,6
l’âme en excluant le congé de 51,6
raccordement est : E.N.A

cw = 503  17 , 2  24 = 461,8 mm 11,1 461,8 _


503
Z = 451,4
cw 461, 8
= = 41,6
tw 11,1
17,2
210

Pour   1, la limite pour la Classe 3 est : EN 1993-1-1


Tableau 5.2
42  42  0 , 81
= = 53,1
0 , 67  0 , 33 0 , 67  0 , 33   0 , 09 
c
= 41,6 < 53,1
tw
 L’âme est de Classe 3

4 - 127
Annexe D Exemple : Calcul d’un portique en utilisant une analyse
Titre 39 sur 46
élastique

8.1.2. Semelles
Semelle supérieure
EN 1993-1-1
c 69 , 3 Tableau 5.2
= = 4,7
tf 14 , 6 (Feuille 2)
La limite pour la Classe 1 est : 9 ε = 9  0,81 = 7,3
c
D’où : = 4,7 < 7,3
tf
 La semelle supérieure est de Classe 1

Semelle inférieure
c 75 , 45
= = 4,4
tf 17 , 2
La limite pour la Classe 1 est : 9 ε = 9  0,81 = 7,3
c
= 4,4 < 7,3
tf
 La semelle inférieure est de Classe 1
Par conséquent, la section complète est de Classe 3.

8.2. Résistance des sections transversales


701 kNm
661 kNm
562 kNm
471 kNm
383 kNm
298 kNm

725

IPE 450

5 4 3 2 1

IPE 500

3020

8.2.1. Résistance à l’effort tranchant


En se plaçant du côté de la sécurité, l’aire de cisaillement de la section
transversale n°1 peut être prise égale à :
Av = A  (btf)topfl  (btf)botfl = 15045  190  14 , 6  210  17 , 2 = 8659 mm2

4 - 128
Annexe D Exemple : Calcul d’un portique en utilisant une analyse
Titre 40 sur 46
élastique

Vpl,Rd =

Av f y 3  = 8659 355 3  10 3
= 1775 kN
EN 1993-1-1
§ 6.2.6
 M0 1, 0
VEd = 147 kN < 1775 kN OK

Interaction flexion et cisaillement :


Lorsque l’effort tranchant et le moment fléchissant agissent simultanément
sur une section transversale, l’effort tranchant peut être négligé s’il est
inférieur à 50 % de la résistance plastique au cisaillement.
VEd = 147 kN < 0,5 Vpl,Rd = 888 kN
Par conséquent, l’effet de l’effort tranchant sur le moment résistant peut être
négligé.
Le même calcul peut être mené pour les autres sections transversales. Le
tableau ci-dessous résumé la vérification à l’effort tranchant pour la barre
avec renfort :

Tableau 3 Vérification des sections transversales 1 à 5 en cisaillement


Section VEd Av Vpl,Rd VEd  VRd 0,5VRd Interaction
transversale (kN) (mm2) (kN) (kN) flexion et
n° cisaillement
1 147 8659 1775 Oui 888 Non
2 140 7484 1534 Oui 767 Non
3 132 6300 1291 Oui 646 Non
4 125 5115 1048 Oui 524 Non
5 118 5082 1042 Oui 521 Non

8.2.2. Résistance à la compression


La résistance à la compression de la section transversale n°1 est égale à :
Afy 15045  355 EN 1993-1-1
Nc,Rd = =  10 3 = 5341 kN § 6.2.4
 M0 1, 0
NEd = 129 kN < 5341 kN OK

Interaction moment et effort normal :


Lorsque l’effort normal et le moment fléchissant agissent simultanément sur
la section transversale, la contrainte totale, x,Ed, doit être inférieure à la EN 1993-1-1
contrainte admissible. § 6.2.9.2

x,Ed = N + M
M Ed  z 661  10 6  501, 6
M = = = 165 N/mm2
Iy 200500  10 4

x,Ed = N + M = 8,57 + 165 = 174 N/mm2

4 - 129
Annexe D Exemple : Calcul d’un portique en utilisant une analyse
Titre 41 sur 46
élastique

La contrainte admissible maximale est :


fy 355
max = = = 355 N/mm2
 M0 1, 0
x,Ed = 174 N/mm2 < 355 N/mm2 OK
Un calcul similaire doit être mené pour les sections transversales restantes.
Le tableau ci-dessous résume la vérification de la résistance à la compression
pour la barre avec renfort :

Tableau 4 Vérification des sections transversales 1 à 5 en compression


Section NEd A Nc,Rd NEd  Nc.Rd Interaction flexion et
transversale n° (kN) (mm2) (kN) effort axial
1 129 15045 5341 Oui Non
2 129 13870 4924 Oui Non
3 128 12686 4504 Oui Non
4 127 11501 4083 Oui Non
5 127 9880 3507 Oui Non

8.2.3. Moment de résistance à la flexion


Le moment de résistance à la flexion de la section transversale n°1 est :
W el,min f y 4055  10 3  355 EN 1993-1-1
Mc,y,Rd = Mel,y,Rd = =  10 6 = 1440 kN.m § 6.2.5(2)
 M0 1, 0
My,Ed = 661 kN.m < 1440 kN.m OK
Un calcul similaire doit être mené pour les sections transversales restantes.
Le tableau ci-dessous résume la vérification du moment de résistance à la
flexion pour la barre avec renfort.
Dans ce cas, toutes les sections transversales ont été traitées comme étant de
Classe 3, et, par conséquent, avec leurs propriétés élastiques. Ceci place en,
sécurité. Cependant, à partir des calculs précédents menés pour la vérification
de la traverse, il est observé que la section transversale n°1 est de Classe 1. Il
se peut que d’autres sections entre les sections transversales n°1 et n°5 soient
capable de développer leur moment plastique résistant.
Tableau 5 Vérification des sections transversales 1 à 5 en flexion
Section MEd Wel,min Mel,Rd MEd  Mel,Rd
transversale n° (kN.m) (mm3) 103 (kN.m)
1 661 4055 1440 Oui
2 562 3348 1189 Oui
3 471 2685 953 Oui
4 383 2074 736 Oui
5 298 1500 533 Oui

8.3. Résistance au flambement


Il y a un maintien en torsion à chaque extrémité de la longueur renforcée.

4 - 130
Annexe D Exemple : Calcul d’un portique en utilisant une analyse
Titre 42 sur 46
élastique

2740 mm

661 kNm

298 kNm 471 kNm

Longueur de flambement considérée

Lorsque la semelle tendue est maintenue en différents points entre les


maintiens en torsion et que l’espacement entre ces maintiens est assez petit, il
est possible de tirer avantage de cette situation.
Afin de déterminer si l’espacement entre les maintiens est assez petit ou non,
l’Annexe BB de l’EN 1993-1-1 donne une expression pour calculer
l’espacement maximum. Si l’espacement réel entre les maintiens est plus
petit que cette valeur calculée, alors les méthodes données à l’Annexe C du
présent document peuvent être utilisées pour calculer la force et le moment
critiques de la section.
Dans le cas contraire, si l’espacement entre les maintiens est plus grand, une
section équivalente en T peut être utilisée pour la vérification de la stabilité
du renfort.

8.3.1. Vérification de l’espacement entre les maintiens


intermédiaires
38 i z EN 1993-1-1
Lm = Annexe BB
2
 fy 
2
1  N Ed  1 W pl,y § BB.3.2.1
   
57 , 4  A  756 C 12 AI t  235 
 
Pr simplification, la panne à mi-portée de la barre renforcée est supposée être
alignée avec la section transversale n° 3.
De même, la panne à l’extrémité de la barre renforcée est supposée être
alignée avec la section transversale n° 1.
471 Annexe C du
= = 0,71  C 1 = 1,2 présent document
661

4 - 131
Annexe D Exemple : Calcul d’un portique en utilisant une analyse
Titre 43 sur 46
élastique

W pl
2 EN 1993-1-1
Selon l’Eurocode, le rapport doit être pris égal à la valeur maximale Annexe BB
AI t § BB.3.2.1
dans le tronçon.
Dans ce cas, les sections transversales n°1 et 3 ont été considérées comme
indiqué dans le Tableau 6.
2
W pl
Tableau 6 Rapport pour les sections transversales n°1 et 3
AI t
Section A It Wpl 2
transversale n° (mm2) (mm4) 104 (mm3) 03
W pl
AI t
1 15045 81 4888 1961
3 12686 74 3168 1069
Par simplification, la semelle centrale a été négligée dans le calcul de It et Wpl.

Les propriétés de la section transversale n°1 donnent la valeur maximale du


2
W pl
rapport . Par conséquent, Lm est calculé en utilisant les propriétés de la
AI t
section transversale n°1.
Iz = 2168  104 mm4
Iz 2168  10 4
iz = = = 38 mm
A 15045
38  38
Lm =
1  129  10 3



1 
4888  10 3  
355 
22

57 , 4  15045  756  1, 2 2 15045  81  10 4  235 



Lm = 700 mm
L’espacement entre les pannes est 1345 mm  700 mm
Donc, la procédure de calcul pour bénéficier des maintiens de la semelle
tendue donnée au Paragraphe C.2 de l’Annexe C ne peut pas être utilisée.

8.3.2. Vérification du flambement par flexion par rapport à l’axe


faible
Les sollicitations maximales dans la barre renforcée (au niveau de la face du
poteau) sont :
NEd  129 kN
MEd  661 kN.m

4 - 132
Annexe D Exemple : Calcul d’un portique en utilisant une analyse
Titre 44 sur 46
élastique

L’EN 1993-1-1 ne couvre pas le calcul des sections à hauteur variable (c’est-
à-dire avec un renfort). Pour cet exemple, les vérifications sont menées à
partir des efforts dans une section équivalente en T soumise à une
compression et une flexion.
La section équivalente en T est prise à partir d’une section à mi-longueur de
la barre renforcée.
La section équivalente en T est composée de la semelle inférieure et de 1/3
de la partie comprimée de l’aire de l’âme, basée sur le § 6.3.2.4 de
l’EN 1993-1-1.
La longueur de flambement est 2740 mm (longueur entre le sommet du
poteau et le premier maintien).

Propriétés de la section transversale n°1 :


Aire de la section A = 15045 mm2
Module d’élasticité de la semelle comprimée Wel,y = 4527  103 mm3

Propriétés de la section transversale n°3 :


Propriétés de la section entière :
f y / M

312 329

104

 f y / M

Axe neutre élastique (à partir de la semelle inférieure) : z = 329 mm


Aire de la section A = 12686 mm2
Propriétés de la section équivalente en T en compression :
Aire de la section en T :
Af = 4590 mm2
9,4
104
Moment d’inertie de flexion par
rapport à l’axe faible :
17,2
If,z =1328  104 mm4
210

4 - 133
Annexe D Exemple : Calcul d’un portique en utilisant une analyse
Titre 45 sur 46
élastique

Compression dans la section en T


La compression équivalente totale, dans la section en T, est calculée pour la
section transversale n°1 en ajoutant la compression axiale directe et celle due
à la flexion.
Af M Ed 4590 661  10 6
NEd,f = N Ed    Af = 129    4590 = 670 kN
A W el, y 15045 4527  10 3

Vérification de la résistance au flambement par rapport à l’axe faible


Pour les sections laminées à chaud, il convient d’utiliser la courbe de
flambement c, soit :
 z  0,49
E 210000
1 =  = = 76,4
fy 355

I f, z 1328  10 4
if,z = = = 53,8
Af 4590
L cr 1 2740 1
 f, z = =  = 0,667
i f,z 1 53 , 8 76 , 4

  
z = 0,5 1   z  f,z  0,2   f,z 2  EN 1993-1-1
§ 6.3.1.2

z = 0,5 1  0,490,667  0,2  0,667 2 = 0,837 
1 1 EN 1993-1-1
z = = = 0,745 § 6.3.1.2
 z   z 2   f,z 2 0 , 837  0 , 837 2  0 , 667 2

Af y 4590  355
Nb,z,Rd =  z = 0 , 745  10 3 = 1214 kN
 M0 1, 0
NEd,f = 670 kN < 1214 kN OK

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Annexe D Exemple : Calcul d’un portique en utilisant une analyse
Titre 46 sur 46
élastique

9. Flèches
Les flèches horizontales et verticales du portique soumis à la combinaison
d’actions caractéristiques déterminée à l’aide de l’expression 6.14 de
l’EN 1990, sont les suivantes :

20 mm 16 mm
240 mm

L’Annexe A du présent document indique les limites de flèches typiques


utilisées dans quelques pays européens. Ces limites ne sont que des
recommandations. Les exigences pour un portique particulier doivent être
définies en accord avec le client.

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