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Le cadre juridique national

A- LES LOIS NATIONALES


1-La Constitution ou loi fondamentale du premier Août 2000
Elle confie à l’État et aux collectivités publiques le soin de protéger les
enfants, les vieillards, les personnes handicapées, article 6
Elle affirme que la famille, cellule de base de la société, a besoin d’être
protégée article 5
La vie humaine est sacrée et inviolable, la peine de mort est interdite article
2
L’esclavage, les traitements cruels inhumains et dégradants sont interdits
article 3

B-LA LOI DU 3 AOUT 1970 SUR LA MINORITE

-Le mineur est défini comme tout individu de l’un ou l’autre sexe âgé de
moins de 21 ans
-Lorsque sa santé, sa moralité et son éducation sont compromises par lui-même
ou par ses parents ou les personnes chargées de son éducation, le juge des
tutelles peut lui appliquer des mesures d’assistance éducative, articles 10 à 12 ,
139 etc.

-S’il perd l’un de ses parents ou les deux, le juge doit lui choisir un tuteur ou un
administrateur légal chargé de pourvoir à son entretien, son éducation, l’assister
dans tous les actes de sa vie et en justice articles 48 et suivants
L’enfant doit honneur, respect à ses père et mère jusqu’à sa majorité ou son
émancipation article 2

Le mineur non émancipé est incapable, il est assisté d’un représentant pour tous
les actes de la vie civile article 28
À 16 ans il ne peut conclure un contrat de travail sans l’assistance de son
représentant légal article 31, à 18 ans il peut conclure et rompre son contrat de
travail

La puissance paternelle

• C’est l’ensemble des droits reconnus aux pères et mères sur la personne
et les biens de leur enfant mineur pour leur permettre d’accomplir les
obligations qui leur incombent ;
• assurer la garde du mineur et fixer sa résidence
• pourvoir à son entretien, à son instruction, à son éducation et assurer
sa surveillance
• faire prendre à son égard une mesure d’assistance éducative dans les
conditions fixées à l’article 10
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• administrer ses biens
• disposer des revenus desdits biens
• consentir à son mariage, à son adoption, à son émancipation dans les
conditions prévues par la loi
• pour le survivant des père et mère lui choisir un tuteur pour le cas de son
décès
• Elle appartient aux père et mère mais elle est exercée par le père dans le
mariage et lorsqu’il a reconnu l’enfant naturel
• Elle est exercée par la mère:
– En cas déchéance du père ou de retrait partiel de ses droits de
puissance paternelle
– Dans le cas où le père est hors d’état de manifester sa volonté en
raison de son incapacité, son absence ou de son éloignement
– En cas d’abandon volontaire par le père de ses droits de puissance
paternelle
– Si l’acte de naissance porte l’indication du nom de la mère
– En cas de décès du père
Elle est exercée
- dans le divorce par l’époux qui à la garde des enfants
- Par l’époux survivant en cas de décès de l’époux survivant
- Par celui des père ou mère qui a reconnu l’enfant

C-LES LOIS CIVILES DE 1964 !!!

1-La loi sur l’état civil de 1964 modifiée en 1983 et en 1999

-L’état civil est l’institution qui permet d’assigner à chacun sa place dans la
société : on est enfant légitime ou naturel, époux, veuf ou veuve, célibataire etc.
Les actes de l’état civil permettent d’établir cet état

Parmi ces actes le premier et le plus important est l’acte de naissance : il


permet d’établir l’identité de la personne en ce qu’il comporte son nom
patronymique ,ses prénoms , la date de la naissance , le jour ,le lieu
,l’heure ;
 Il permet d’établir la filiation de la personne puisqu’il comporte le nom du
père, de la mère
 Il permet d’établir sa nationalité : celle de ses parents
Le défaut d’acte de naissance peut être supplée par un jugement supplétif d’acte
de naissance délivré par le juge du lieu de naissance saisi sur simple requête
article 82
La déclaration de naissance peut émaner du père, de la mère, d’un proche
parent, d’un témoin article 43
Le délai pour déclarer les naissances à l’état civil est de trois mois à
compter de la naissance article 41

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2-Le nom !!!!!

Toute personne a droit à un nom patronymique (nom de famille) et à un ou


plusieurs prénoms choisis dans les calendriers ou les usages, article premier

L’enfant né dans le mariage porte le nom du père auquel on peut ajouter celui
de la mère article 2
L’enfant naturel porte le nom de la personne à l’égard duquel sa filiation est
établie : père ou la mère si elle l’a reconnu en premier article 3

Le nom du père pourra être ajouté à celui de la mère s’il reconnaît l’enfant par la
suite ou substitué à celui de la mère avec le consentement de celle-ci

À défaut d’indication du nom du père l’emplacement réservé au père reste sans


mention ;
L’adoption confère le nom de l’adoptant à l’adopté articles 4 et 5

3-La paternité et la filiation loi de 1964 modifiée en 1983 !!!!!

L’enfant né dans le mariage a pour père le mari de la mère, c’est la présomption


de paternité .article 1
Le père peut cependant désavouer cet enfant
-La filiation de l’enfant naturel est établie à l’égard de la mère du seul fait de la
naissance sauf à prouver qu’il y a eu supposition de naissance article 19
La filiation sera établie à l’égard du père après une reconnaissance ou un
jugement article 19 alinéa 2
-La reconnaissance par le père de son enfant adultérin ne peut se faire qu’avec le
consentement de l’épouse légale article 22
-L’enfant adultérin à naître ne sera reconnu que s’il y a désaveu du mari de sa
mère article 21
-L’enfant naturel reconnu a les mêmes droits que les enfants légitimes article 29
L’enfant naturel non reconnu peut intenter une action en recherche de paternité :
pendant sa minorité cette action est exercée par sa mère ou son tuteur et une
année après sa majorité par le mineur devenu majeur
La reconnaissance se fait par acte authentique lorsqu’elle ne l’a pas été dans
l’acte de naissance

• La paternité hors mariage peut être judiciairement déclarée dans les cas
suivants :
– Enlèvement ou viol
– Séduction, abus d’autorité, promesse de mariage ou de fiançailles
– Lorsque le père prétendu a pourvu ou participé à l’entretien et à
l’éducation de l’enfant en sa qualité de père

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– L’action appartient au mineur, la mère même mineure à seule
qualité pour l’exercer
Cette action ne sera pas recevable si
-il établit que la mère était d’une inconduite notoire ou entretenait des
relations avec un autre individu
-si le père était soit par la suite d’éloignement ou par l’effet d’un accident
dans l’impossibilité physique d’être le père de l’enfant (cf PLC)
-si l’examen de sang apporte la preuve qu’il n’est pas le père

4-le mariage loi de 1964 modifiée en 1983 !!!!

L’age pour se marier : 20 ans pour l’homme, 18 ans pour la femme article 1

Le mariage précoce et forcé est un délit pénal

-les parents s’obligent par l’effet du mariage à nourrir, entretenir, éduquer


leur enfants, article 52

Ils peuvent être contraints par voie de justice s’ils violent cette obligation
légale : action civile en paiement de pension alimentaire et action pénale
pour abandon de famille ;

L’abandon de famille ou de domicile conjugal constitue une cause de divorce et


un délit pénal

La nationalité loi de 1961 modifiée en 1972 et en 2006

• La nationalité ivoirienne s’acquiert ou se PERD par l’effet de la loi ou


d’une décision de l’autorité administrative (naturalisation, réintégration
ou déchéance)
• Est ivoirien l’enfant légitime ou légitimé, né à l’étranger ou non, d’au
moins un parent ivoirien
• L’enfant né hors mariage, à l’étranger ou non, dont la filiation est
légalement établie à l’égard d’au moins un parent ivoirien

5-le divorce loi de 1964 modifiée en 1983 et 1998

Depuis 1998 il existe deux types de divorce : le divorce pour faute et le divorce
par consentement mutuel
- Le divorce ne libère pas les parents de leur obligation vis-à-vis de leurs
enfants : obligation d’entretien, d’éducation, article 22
- le parent qui a la garde des enfants peut obtenir une pension alimentaire
pour l’éducation des enfants ainsi que pour leur entretien

6- les successions : loi de 1964 !!!!!!


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Les successions s’ouvrent par la mort article 1
-tous les enfants légitimes ou naturels reconnus ont les mêmes droits
successoraux;
Les enfants succèdent à leurs ascendants sans distinction de sexe ni de
primogéniture, article 22

-ils sont le premier ordre d’héritier : en présence d’enfants les autres


héritiers : épouse légale, père et mère, frères et soeurs de défunt n’ont plus
accès à la succession, article 8

Pour éviter cet inconvénient les époux peuvent se faire des libéralités : donations
ou legs ou en faire à leurs parents ;

L’enfant conçu a un droit héréditaire (Principe de la règle « infans


conceptus… »: article 5.

7-L’absence

L’absence ne dissout pas le mariage : les héritiers de l’absent peuvent


Obtenir un jugement de déclaration d’absence : 4 ans que la personne a cessé de
paraître à son domicile ou sa résidence
-en possession provisoire (article 120), 10 ans après le jugement déclarant
l’absence article 120
-puis définitif (article 129) des biens de l’absent 30 ans après le jugement
d’envoi en possession provisoire

8-Le domicile : articles 102 et s du code civil

Le domicile de chaque ivoirien est au lieu de son principal établissement


Le mineur est domicilié chez ses père et mère article 108: il ne doit donc
pas y avoir d’enfant de la rue

Intérêt de la détermination du domicile :


-Les successions s’ouvrent au dernier domicile du défunt
-Les actes de procédure sont signifiés à personne ou à domicile
-le mariage est célébré au centre d’état civil du domicile ou de la résidence

L’adoption : loi de 1964 modifiée en 1983

• L’adoption est permise en faveur des personnes de l’un ou l’autre


sexe âgée de plus de 30 ans
• Les adoptants doivent avoir au moins 15 ans de plus que la personne
qu’ils se proposent d’adopter sauf s’il s’agit de l’enfant du conjoint

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• Un ivoirien peut adopter un étranger ou être adopté par un étranger article
4
• L’enfant âgé de plus de 16 ans doit consentir personnellement à son
adoption
• L’adopté (adoption plénière) a dans la famille de l’adoptant les
mêmes droits et obligations qu’un enfant légitime
• L’adopté (adoption simple) reste membre de sa famille
• L’adoptant est investit des droits de puissance paternelle sur l’adopté
• L’adoption simple est permise quelque soit l’age de l’adopté
• L’adoption plénière n’est permise qu’en faveur des enfants âgés de moins
de 15 ans accueilli au foyer de l’adoptant depuis au moins six mois sauf
s’il a été accueilli dans la famille de l’adoptant avant d’avoir atteint cet
age ;

4-Le code pénal et les lois spéciales !!!!!!

1-le code pénal


Il punit les infractions commises sur les enfants et par les enfants
- il punit l’avortement : meurtre de l’enfant dans le sein de sa mère.
- Il punit l’infanticide, meurtre de l’enfant dans le mois de sa naissance
- Les violences et voie de faits sur mineur ainsi que les privations d’aliment
et de soins.
- Les coups et blessures volontaire, homicide et blessures volontaire ou
involontaire.
- Les attentats à la pudeur, outrage publique à la pudeur, le viol
(articles 354) etc.
- Le proxénétisme sur mineur articles 335 à 337
- Incitation de mineur à la débauche.
- Abandon de famille
- Altération de l’État civil d’un enfant.
- Atteinte à la vie privée d’un mineur: Violation de domicile et de
correspondance.
- Abus des besoins d’un mineur

b) Les lois spéciales. !!!!!!!!!!

- La loi du 23 juillet 1986 relatif aux stupéfiants : punit la consommation


des stupéfiants, punit celui qui facilite l’usage de stupéfiant aux mineurs
ou les utilise pour le trafic.
- Les lois du 23 décembre 1998 répriment certaines violences faites aux
femmes et aux enfants.
- Ces lois interdisent les mariages précoces et forcés, le harcèlement
sexuel, les mutilations génitales féminines.

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- Les code de la fonction militaire de 1995: Fixe à 18 ans l’âge pour le
service militaire pour les jeunes hommes et jeunes filles et interdit
ainsi le recrutement des enfants soldats.

- La loi sur la presse de 1991 : interdit dans les publications pour la


jeunesse les articles présentant le vol et les comportements antisociaux
sous un jour favorable.

- Le code des débits de boisson de 1964: Interdit de servir de la


boisson alcoolisée aux mineurs de moins de 18 ans. Les mineurs ne
doivent pas travailler dans les débits de boisson.

La charte ivoirienne des professionnels des médias de décembre 2005

• Elle vise à assurer la protection des enfants contre les effets pervers de la
presse
• Elle interdit toute publication incitant l’enfant à s’adonner à une activité
sexuelle, à la pornographie, à la prostitution
• L’autorisation des parents de l’enfant et l’avis de l’enfant est nécessaire
pour toute prise de vue (article 9)
• Promotion de l’accès à l’information
• Interdiction aux adolescents d’acheter et de vendre des journaux
pornographiques

5- Les lois sociales

a) Le code du travail loi de 1995 !!!!!!!!


Il interdit le travail forcé.
- Il interdit le travail précoce des enfants c’est è dire avant l’âge de 14
ans.
- Il interdit le travail de nuit et les travaux dangereux aux mineurs de
moins de 18 ans.

b) l’Arrêté du ministère de l’emploi du 14 mars 2005


Fixe les travaux dangereux interdits aux mineurs de moins de 18 ans par secteur
d’activités.
c) Le Code de la prévoyance sociale: Il alloue des allocations aux parents des
mineurs qui travaillent et permet ainsi aux parents d’assurer leur survie et leur
développement.

6- Le Code de procédure pénale

Le code de procédure pénale assure la protection des mineurs délinquants dans


ses articles 756 et suivants concernant l’enfance délinquante.

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- Il institue une juridiction spéciale pour les mineurs: les mineurs de 18
ans auteur d’infraction ne sont pas jugés devant les juridictions
ordinaires mais devant les juridictions pour enfant: Juge des enfants,
tribunal des enfants ou cour d’assise des mineurs.
- Il met l’accent sur les mesures éducatives plutôt que sur les mesures
répressives.
En effet les juridictions pour mineurs prononcent en priorité les mesures
éducatives, les mesures répressives ne sont prononcées que lorsque les
circonstances et la personnalité des mineurs paraissent l’exiger.

- Il pose le principe de la spécialisation: Tous les intervenants à la justice des


mineurs sont choisis en fonction de leurs compétences et l’intérêt qu’ils portent
aux questions de l’enfance. C’est le cas du juge des enfants des accesseurs au
tribunal pour enfant, du conseiller spécial pour les mineurs de la cour d’appel.
- Le principe de la séparation des mineurs des majeurs, les mineurs détenus
doivent être séparés des majeurs. Ils sont placés dans un quartier spécial de
la maison d’arrêt ou dans un local spécial.

- Les mineurs détenus bénéficient d’un régime spécial quant au


couchage à la nourriture et à l’habillement. Ils ont droit une
alimentation équilibrée, à une literie, ils ne doivent pas porter le
costume carcéral. Ils ont droit à une éducation, une formation
professionnelle pour assurer leur réinsertion. Leur encadrement est
assuré par des éducateurs et non par des surveillants. Ils ont droit à
des loisirs dirigés et à une exposition en plein air aussi longtemps que
le temps le permet.

Décret de 1969 relatif à l’administration pénitentiaire !!!!!!

Les mineurs peuvent être placés dans des centres d’accueils, des centres
d’observation, des institutions de formation et d’éducation. Ils peuvent
également être placés sous régime de la liberté surveillée.
Les mineurs de 10 ans sont pénalement irresponsables, c’est-à-dire que les
actes qu’ils commettent sont insusceptibles de qualification et de poursuite
pénale.
Les mineurs de 10 à 12 ans, ne peuvent faire l’objet que de mesure de
protection, d’assistance et d’éducation.
- Les mineurs de 16 ans bénéficient de l’excuse atténuante ou
absolutoire de minorité.
- Les mineurs de 18 ans peuvent bénéficier de l’excuse atténuante de
minorité.
- En droit pénal, est mineur tout individu de l’un ou l’autre sexe âgé
de moins de 18 ans au moment de la commission de l’infraction.

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