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« L’instituteur des idiots » précurseur de Montessori
Pour Le Maître est l’enfant, son documentaire en salle depuis mercredi, le réalisateur Alexandre Mourot a posé ses
caméras à Roubaix dans la plus ancienne école Montessori de France. La pédagogie du médecin italien Maria
Montessori connaît un regain de popularité ces dernières années. Elle n’est cependant pas la première à proposer aux
élèves d'être les acteurs de leur propre éducation. Elle s’est largement inspirée des travaux d’un pédagogue français
Edouard Séguin - ou L’Instituteur des idiots selon le titre de la biographie que lui ont consacrée Yves Pélicier et Guy
Thuillier.
Un demi-siècle avant que la doctoresse italienne s’interroge sur l’éducation des enfants déficients, cet avocat devenu
pédagogue, faisait de même à l’hospice des incurables de l’hôpital de Bicêtre. C’est là qu’entre 1840 et 1843 il éprouve
la méthode « médico-pédagogique » inventée par ses soins quelques années auparavant pour éduquer un jeune
« idiot ». Avec ces enfants, il ne cherche pas à appliquer ou vérifier une théorie. Il part de ses observations et de la
pratique.
Comprenant qu’il doit motiver ses élèves, il utilise comme support d’apprentissage aussi bien les situations de la vie
quotidienne que le jeu. Et il fait preuve d’une belle inventivité pour faire passer les enseignements les plus abstraits,
comme la lecture, à travers des activités ludiques. Toutes ces méthodes pédagogiques seront reprises à l’identique par
Maria Montessori qui reconnaissait à son prédécesseur français « le mérite d’avoir un système complet d’éducation
pour les enfants déficients ». Un système que Montessori comme Séguin, avant elle, chercheront à développer au
bénéfice de tous les jeunes.  
A lire dans Books : Ces parents qui changent l’école chinoise, octobre 2014.
Edouard Séguin, l’instituteur des idiots par Yves Pelicier et Guy Thuillier
 
Éditeur: Economica
Date de parution:
1980

Édouard Séguin, né le 20 janvier 1812 à Clamecy (Nièvre), mort le 28 octobre 1880 à New York,


auteur1 etpédagogue français. Il est à l'origine, en France puis aux États-Unis, de l'éducation des personnes
handicapées mentales. Il est surtout connu, dans les deux pays, pour ses travaux avec des enfants ayant des troubles
cognitifs.

Édouard Séguin fait ses études au collège d'Auxerre et au lycée Saint-Louis à Paris. À partir de 1837, il collabore
avec Jean Itard, éducateur de sourds-muets, qui avait traité le célèbre cas de Victor de l'Aveyron, également connu sous
le nom L'enfant sauvage. C'est Itard qui persuade Séguin de se consacrer à ces cas très particuliers, ainsi qu'à
l'éducation de personnes ayant une déficience intellectuelle. Il est également associé aux travaux de Jean-Étienne
Esquirol, psychologue et aliéniste renommé. Jeune homme, Séguin a aussi été influencé par les idées de l'utopiste
socialiste Henri de Saint-Simon.
Vers 1840, il crée la première école privée de Paris dédiée à l'éducation des déficients intellectuels. En 1846, il
publie Traitement moral, Hygiène et Éducation des idiots. Ce travail est considéré comme le premier manuel
systématique portant sur les besoins particuliers des enfants ayant une déficience intellectuelle. En 1842, il collabore
avec Félix Voisin à l'asile d’aliénés de Bicêtre2.

Surnommé « l'instituteur des idiots », peu connu en France, Édouard Séguin émigre aux États-Unis à la suite du coup
d’État de 1852. Après avoir visité plusieurs écoles, créées sur son propre modèle aux États-Unis, et avoir aidé à leur
organisation, il se fixe à Cleveland, puis à Portsmouth (Ohio). Plus tard, il déménage dans l'État de New York et s'établit
comme praticien médical à Mount Vernon (1860). En 1861, il obtient un diplôme de Docteur en Médecine décerné par
l'Université de la Ville de New York. En 1863, il s'installe à New York, où il s'attache à améliorer les conditions des
enfants handicapés de l'asile deRandall's Island.
Aux États-Unis, il a créé plusieurs écoles dans différentes villes, dédiées au traitement des handicapés mentaux. En
1866, il publie Idiotisme  : ses traitements par la méthode physiologique; un livre dans lequel il décrit les méthodes
utilisées à la Séguin Physiological School for feeble-minded children de New York. Les programmes utilisés dans les
écoles Séguin sont basés sur le développement de l'autonomie et de l'indépendance pour le traitement de la déficience
intellectuelle, en combinant différentes tâches physiques et intellectuelles.
Édouard Séguin est nommé premier président de l'Association des agents médicaux des institutions américaines pour
les personnes idiotes et débiles, une organisation qui deviendra plus tard l'Association américaine sur la déficience
mentale. Son travail avec des déficients intellectuels fut une source d'inspiration majeure pour la pédagogue
italienne Maria Montessori.
Dans les années 1870, Séguin a publié trois ouvrages de thermométrie, domaine auquel il se consacrait également
depuis 1866 : Thermomètres physiologiques (Paris, 1873) ; Tableaux de Thermométrie mathématiques (1873) ;
et Thermométrie médicale et température humaine (New York, 1876). Il a également conçu
un thermomètre physiologique dans lequel le zéro était la température standard du corps. Enfin, il a donné son nom à un
symptôme médical connu sous le nom de signal de Séguin, décrit comme la Contraction musculaire involontaire
intervenant avant une crise d'épilepsie.
Dans les années précédant 1880, Séguin utilise des formes encastrables pour entraîner les enfants déficients sur le plan
cognitif. Ses modèles sont repris par Henry Goddard pour adapter les formes encastrables de Halstead dans le Tactual
Performance Test. Les test des formes encastrables de Séguin est repris successivement par Pintner et Paterson en
1917 pour mettre au point un test d'intelligence, puis par David Wechsler pour la mise en point de l'échelle de Wechsler-
Bellevue3.
Edouard Séguin meurt d'une dysenterie aiguë le 28 octobre à 1880 à New York.