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Introduction aux traitements

thermiques des métaux et alliages

par Yves DESALOS


Ingénieur civil des Mines, Docteur ès sciences
Expert Métallurgie-Traitements Renault SA

1. Place et enjeux des traitements thermiques .............................. M 1 105 - 2


1.1 Spécificités ................................................................................................... — 2
1.2 Intérêt technique et économique ............................................................... — 3
2. Propriétés d’emploi et relations structures-propriétés ................ — 4
2.1 Principales propriétés d’emploi des alliages métalliques........................ — 4
2.2 Quantification des diverses possibilités de durcissement ....................... — 5
2.3 Principaux moyens d’action sur la structure métallurgique .................... — 7
3. Contrôle des états structuraux par traitement thermique .......... — 9
3.1 Exemples de traitements pour les familles d’alliages
les plus courantes........................................................................................ — 9
3.1.1 Aciers ................................................................................................... — 9
3.1.2 Alliages d’aluminium ......................................................................... — 10
3.1.3 Alliages de cuivre ............................................................................... — 10
3.1.4 Alliages de titane ................................................................................ — 11
3.2 Utilisation des diagrammes de prévision.................................................. — 12
3.3 Moyens de contrôle au niveau produit ou process .................................. — 13
3.4 Dispersions attendues................................................................................. — 13
4. Grandes familles de traitements thermiques industriels .......... — 14
4.1 Recuits .......................................................................................................... — 14
4.2 Trempes ........................................................................................................ — 15
4.3 Revenus ou vieillissements ........................................................................ — 16
4.4 Traitements thermochimiques ................................................................... — 16
4.5 Procédés plus récents ................................................................................. — 17
5. Conclusions ............................................................................................... — 18
Références bibliographiques ......................................................................... — 19

et article introductif rappelle d’abord la place et les enjeux des traitements


C thermiques des métaux et alliages.
Suivent deux paragraphes consacrés, l’un aux relations structure métallur-
gique-propriétés, l’autre aux principaux moyens de contrôle de cette structure
par traitements thermiques.
L’article est complété par un panorama des grandes familles de traitements
avec leurs limites technico-économiques.

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INTRODUCTION AUX TRAITEMENTS THERMIQUES DES MÉTAUX ET ALLIAGES _____________________________________________________________________

1. Place et enjeux Évolution historique


des traitements thermiques de la notion de traitements thermiques

À l’Âge du Bronze, les qualités des produits métalliques dépendaient


surtout du savoir-faire des ancêtres fondeurs, notamment à travers les
1.1 Spécificités plages de composition obtenues en phase liquide. Avec l’Âge du Fer, le
savoir-faire a gagné l’art du forgeron avec une certaine maîtrise de la
thermique en phase solide, depuis le puddlage jusqu’au martelage de
mise en forme à chaud. Les cycles thermiques correspondants, aléatoi-
On réserve maintenant le terme de traitements thermiques aux res, facilitaient surtout la mise en forme, en étant parfois favorables aux
opérations intentionnelles destinées à adapter aux conditions de propriétés d’emploi : nos lointains ancêtres ont donc sûrement fait du
mise en œuvre ou d’emploi les caractéristiques structurales des traitement thermique sans le savoir...
ébauches, ou pièces finies, en les soumettant à des cycles ther- On peut néanmoins attribuer aux Chalybes/Hittites, 14 siècles avant
Jésus-Christ, le réchauffement du métal dans du charbon de bois et les
miques appropriés en phase solide. La modification de la struc- premiers traitements thermiques – notamment les premiers durcisse-
ture physico-chimique de l’alliage peut être destinée à optimiser ments par trempe – pour améliorer les propriétés des alliages ferreux.
les propriétés mécaniques intermédiaires ou finales, mais parfois L’empirisme des forgerons d’armes et outils ne pouvait conduire alors
aussi d’autres propriétés d’emploi : tenue dans différents qu’à des propriétés d’emploi très dispersées, et encore quelques siècles
milieux, propriétés électriques ou magnétiques, accrochage de avant J.C., seules certaines régions d’Europe centrale disposant de mine-
certains revêtements... Pour que ces opérations ne soient pas rais riches en manganèse, donc avec une certaine marge de trempabilité,
considérées comme relevant prioritairement du domaine des pouvaient produire des produits de qualité. On ne situe que plus tard,
vers 50 avant J.C., la découverte de l’influence bénéfique du revenu pour
dépôts ou revêtements, les modifications structurales apportées
diminuer la fragilité de l’acier, et celle du recuit pour augmenter sa mal-
par la thermique doivent pouvoir être considérées comme essen- léabilité.
tielles vis-à-vis des apports de surface. Au Moyen-Âge, la fin de la supériorité légendaire des épées de Damas
est une bonne illustration du « petit détail métallurgique déterminant »...
et des risques nés de la mondialisation des échanges.
Bien entendu, ces cycles thermiques ciblés en phase solide Nous allons résumer en quelques lignes cette évolution sur plusieurs
peuvent faire suite à une opération depuis le domaine liquide (sur siècles.
pièces moulées par exemple), ou accompagner des opérations de On sait que, depuis les croisades, les forgerons européens ont vaine-
déformation plastique (traitements thermomécaniques), ou encore ment cherché à imiter les armes islamiques équipées de lames de
des enrichissements chimiques (traitements thermochimiques). Damas. Ces lames en acier à 1,5 % C, présentaient des motifs ondulés
caractéristiques qui sont maintenant analysés comme liés à des bandes
En ce qui concerne les traitements thermochimiques, c’est l’amé- de précipités de cémentite. Or, on estime que le procédé de fabrication
lioration des structures métallurgiques des couches superficielles des lames de Damas a été perdu il y a 200 ans dans le pays d’origine. Il a
du métal de base qui est prise en considération pour parler de trai- été montré récemment [7] que l’impossibilité de reproduire les bandes
tement thermique. En revanche, l’apport superficiel à chaud d’élé- de cémentite lors des nombreux martelages entre 950 et 750 oC, était en
fait liée à un changement d’approvisionnement d’acier dû à une évolu-
ments métalliques (chromisation, aluminisation, shérardisation, tion des échanges commerciaux au début du 19e siècle.
dépôts à chaud de poudres...) est généralement analysé en termes
La provenance indienne des lingotins d’origine (les fameux « lingots
de revêtement (problèmes spécifiques, comme l’adhérence des de wootz ») a été ainsi progressivement substituée, sans que l’on mesure
phases nouvelles). les conséquences de la suppression des teneurs résiduelles en vanadium
(de l’ordre de 0,05 %) : il est maintenant prouvé que la ségrégation inter-
Le domaine des traitements des aciers à outils illustre bien le
dentritique de vanadium est indispensable à l’apparition progressive – au
caractère un peu arbitraire du découpage entre traitements ther- cours des martelages – des bandes caractéristiques de carbures aux pro-
miques et traitements de surface : les petites pièces d’outillage priétés remarquables.
(forêts, tarauds, outils de coupe, petites fraises...) sont traitées En fait, en dehors des tours de main plus ou moins heureux, les tech-
dans la masse pour une tenue globale en fatigue, cémentées ou niques de fabrication des produits ferreux n’ont guère fait de progrès
nitrurées pour la tenue en fatigue de surface, et revêtues pour une importants entre le 5e siècle – où apparurent les épées damassées par
meilleure tenue à l’usure adhésive et abrasive ; à l’opposé, pour soudure, ainsi que la cémentation et la nitruration – et le début du 18e siè-
certaines applications dans le domaine des gros outillages de mise cle marqué par les premiers travaux « scientifiques » de Réaumur sur les
traitements thermiques des aciers et des fontes.
en forme à chaud, on utilisera plutôt la projection à chaud de céra-
On ne parle maintenant de traitement thermique que lorsque le cycle
miques ou d’alliages base nickel ou cobalt pour obtenir des revê- thermique en phase solide est réalisé à des fins structurales précises. On
tements épais assurant directement une bonne résistance à la est ainsi passé très lentement de l’empirisme artisanal et magique (le feu
fatigue thermique et au matage. et la forge ont longtemps symbolisé le monde des enfers), à des opéra-
tions rationnelles et précises, de mieux en mieux intégrées dans une
De façon générale, les traitements thermiques peuvent concer- gamme de fabrication industrielle.
ner toute la pièce, et on parlera alors de traitement dans la masse, Les traitements thermiques des alliages non ferreux sont beaucoup
ou être seulement localisés comme les traitements superficiels. plus récents. Par exemple, les duralumins, alliages d’aluminium au cui-
Comme nous venons de l’entrevoir, la notion de traitements de vre et magnésium conçus en Allemagne, n’ont été étudiés qu’à partir de
1910, et compris qu’à partir de 1935, grâce en particulier aux travaux de
surface déborde celle des traitements thermiques. On a coutume Guinier. Les traitements thermiques se sont ensuite développés à grande
en effet de regrouper les traitements de surface [1] en quatre échelle industrielle parallèlement à une systématisation de leurs
grandes familles dont nous ne retiendrons que les variantes avec concepts, pour les aciers inoxydables et réfractaires, les alliages de
activation thermique : magnésium, les alliages de cuivre, les alliages de titane, et depuis une
cinquantaine d’années – sous l’impulsion des développements aéronau-
a - les traitements par transformation structurale sans matériau tiques – pour les aciers à haute résistance de type maraging et les super-
d’apport où la structure métallurgique superficielle du substrat est alliages à base nickel ou cobalt surtout utilisés dans les turbines de
modifiée par la seule thermique ; réacteurs.
Enfin, plus récemment, en liaison notamment avec les développe-
Exemple : la trempe superficielle après chauffage par induction. ments sur les revêtements à chaud d’outils ou de pièces de turbines aéro-
nautiques, se sont multipliés des traitements de surface combinant des
b - les traitements par diffusion, où un matériau d’apport dif- apports métalliques et de nouvelles techniques de dépôt à chaud comme
les torches à plasma, les projections assistées par laser, ou les canons à
fuse thermiquement dans le substrat en réagissant ou non avec grande vitesse de projection de poudres fondues. Ces développements
lui ; montrent bien la nécessité de recentrer la notion de traitements
thermiques.
Exemple : la cémentation par le carbone des alliages ferreux.

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c - les traitements de conversion chimique, où le matériau Certaines familles de pièces n’auront recours aux traitements
d’apport réagit superficiellement avec le substrat pour former des thermiques que pour faciliter la mise en forme, d’autres unique-
composés définis sur des épaisseurs inférieures à 10 µm ; ment pour améliorer les propriétés d’emploi des alliages utilisés,
les possibilités de mise en œuvre conjointe des deux types de
Exemple : la phosphatation antigrippante.
traitements étant généralement plus rares et réalisées chez des
d - les revêtements où le matériau d’apport s’accumule en acteurs économiques différents.
surépaisseur relativement forte sans réagir avec le substrat, et n’y Exemple : fournisseur du métal ou forgeron/fabricant de pièces ou
diffuse que peu ; traiteur à façon.
Exemple : projections par plasma chaud de barrières thermiques. Par ailleurs, les propriétés de mise en œuvre ou d’emploi opti-
males ne coïncident évidemment pas avec les plus basses ou les
On voit bien avec les deux dernières familles de traitements de
plus hautes caractéristiques mécaniques. Donnons-en rapidement
surface, qu’il ne s’agit pas de traitements thermiques proprement
quelques exemples pour illustrer la diversité des familles d’emploi
dits, même si elles sont réalisées à chaud.
final consacrées par des décennies d’expérience industrielle.
Si les trempes superficielles (avec chauffage par induction,
Tout le monde comprend que la construction d’ouvrages métalli-
faisceau laser, faisceau d’électrons...) et les principaux traitements
ques (charpentes, ponts...) est surtout concernée par des limites de
thermochimiques (cémentation, carbonitruration, nitruration...)
flèche élastique, l’aptitude au soudage, la résistance à la corrosion
sont indéniablement des traitements thermiques, tous les cycles
atmosphérique, le coût de pièces volumineuses, alors que le fabri-
thermiques faisant suite à un écrouissage du métal ne sont pas for-
cant d’engrenages pour une pompe de moteur-fusée sera surtout
cément assimilés à des traitements thermiques. Peuvent être assi-
préoccupé d’allègement, de tenue en fatigue vibratoire et de risques
milés à ces derniers ceux qui font suite à une déformation
de grippage.
plastique soit pour contrôler la structure métallographique du
métal directement dans la chaude de mise en forme (laminage, for- Dans le cas des tôles de carrosserie automobile, un aspect tech-
geage, matriçage...), soit pour restaurer ou recristalliser le métal nique important est le contrôle par recuit continu ou en four batch des
par un nouveau chauffage. On parlera en revanche de traitement textures de recristallisation, ce qui permet des emboutissages pro-
thermomécanique (exemple : le laminage contrôlé des tôles pour fonds, donc des emboutis moins nombreux, plus complexes ou pro-
tubes pétroliers) lorsque les effets du traitement (transformations pices à certains designs. Les préoccupations sont évidemment bien
allotropiques ou structurales) opèrent sur du métal non recristallisé différentes pour la recristallisation à grains orientés des tôles au Fe-Si
après écrouissage à chaud, et de traitement de recristallisation des transformateurs électriques.
lorsque le cycle thermique en question est séparé de la phase
On pourrait citer bien d’autres exemples de traitements très
d’écrouissage à froid.
spécifiques à une famille d’emploi :
On classe aussi dans les traitements thermiques les cycles ther- — les outils à coupe rapide [M 1 134], dont les traitements de
miques destinés à homogénéiser la composition chimique d’un trempe et revenus sont de plus en plus complétés par des revê-
métal coulé et plus ou moins corroyé par un premier dégrossis- tements antiusure obtenus par dépôts chimiques (CVD) ou phy-
sage en demi-produit. siques (PVD), voire avec assistance plasma (PaCVD) ;
Il serait également logique de considérer comme un traitement — les différentes familles d’aciers inoxydables, dont les trai-
thermique le recuit de recristallisation des tôles laminées à froid tements peuvent aller, suivant les conditions d’emploi, de simples
en acier extradoux, puisque ce recuit est pratiqué intentionnelle- vieillissements (nuances ferritiques ou austénitiques) à des durcis-
ment en vue d’améliorer une propriété de mise en œuvre sements structuraux par déstabilisation de structures d’équilibre
(l’emboutissabilité). On considère toutefois que les traitements (aciers de type 17-7 PH) ;
spécifiques à une famille d’emploi – fût-elle de l’importance écono- — les alliages α-β du titane pour compresseurs aéronautiques,
mique de la précédente – ne sont de véritables traitements ther- traités un peu au-dessous de la température de transus ;
miques que si leurs préoccupations s’apparentent à celles des — les superalliages à base nickel pour les parties chaudes des
« alliages spécifiques pour traitement thermique ». turbomachines, traités par hypertrempe et revenus après forge, sur
poudres, ou après solidification dirigée ;
À la limite, un cycle de soudage bien maîtrisé peut être assimilé
— les engrenages mécaniques pour véhicules qui subissent
à un traitement thermique dans la mesure où le cycle, plus ou
après taillage et rasage des dentures une cémentation ou une
moins complexe (avec pré- ou post-chauffage, par exemple),
carbonitruration plus ou moins profonde ;
conduit à des structures prévisibles et recherchées [M 1 365]. Ce
— etc.
sera par exemple bien le cas si le soudage fait partie d’une gamme
sur « acier pour traitements thermiques ». Nota : CVD Chemical Vapor Deposition
PaCVD Plasma assisted CVD
Notons enfin que certains traitements thermiques sont indispen- PVD Physical Vapor Deposition
sables à la mise en valeur d’alliages particuliers. C’est notamment
le cas des superalliages à base de nickel ou cobalt traités pour la Dans certains cas de traitements d’emploi coûteux, on peut avoir
résistance à chaud des aubages de turbines aéronautiques, ou intérêt à ne dispenser la valeur ajoutée qu’au plus près des cotes
encore d’alliages pour propriétés physiques particulières (dilato- finales, si possible au niveau des seules parties ou surfaces fonc-
métriques, électriques, magnétiques...). tionnelles indispensables de la pièce (traitements localisés ou
superficiels).
Le choix d’un traitement thermique résulte souvent d’un
compromis entre plusieurs propriétés contradictoires, l’améliora-
1.2 Intérêt technique et économique tion de l’une d’elles se traduisant par une détérioration d’autres.
Ainsi, une augmentation de dureté ou de résistance mécanique
L’intérêt technique et économique des traitements thermiques accompagne généralement une diminution de la ductilité, un
courants qui vient le premier à l’esprit, c’est de permettre une mise accroissement de la fragilité, une plus grande sensibilité à la rup-
en œuvre facile et (ou) économique de la pièce métallique, puis de ture différée, des difficultés d’usinabilité ou de soudabilité...
lui conférer les propriétés d’emploi optimales.
Les applications industrielles dépendent beaucoup de la fonc-
À titre d’exemple, une pièce mécanique en acier performant peut tion, des dimensions et des quantités de pièces à traiter. On ne
être usinée dans un état recuit à moins de 300 HV de dureté et traitée traite évidemment pas de la même manière de grandes séries de
pour l’emploi à 600 HV, soit 2 000 MPa de résistance. pièces d’horlogerie et un gros rotor de turboalternateur.

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Du point de vue marché industriel, il convient de distinguer les sible des conditions d’emploi prévues. Un premier tri technico-
traitements à façon sur pièces à faible nombre d’exemplaires et les économique rejette en général assez vite les alliages réalisant des
traitements intégrés, où l’opération fait partie d’une gamme compromis trop larges : inutile d’envisager un acier très allié et
complète de fabrication en série d’une pièce plus ou moins très pur (refondu sous vide, par exemple), traité à un haut niveau
compliquée. de limite d’élasticité, pour réaliser une poutre en construction sou-
Les traitements à façon sont réalisés chez un « spécialiste » des dée... L’expérience se charge d’attacher à chaque famille d’alliages
traitements, qui optimise la qualité – souvent sans pièce d’essai – des conditions d’emploi et des possibilités de valorisation, que
au prix d’une valeur ajoutée convenue avec le donneur d’ordre. peut d’ailleurs faire évoluer le contexte technico-économique au
gré de nouvelles exigences d’emploi.
Les traitements intégrés, réalisés en série après mise au point
d’échantillons initiaux, répondent surtout à des impératifs éco- Plus généralement, on peut décomposer toute pièce en un cer-
nomiques et aux soucis d’insertion dans une gamme avec flux tain nombre de surfaces fonctionnelles, chacune de celles-ci
tendu de production. Ce type de traitement concerne les devant faire face à des sollicitations mécaniques déterminées, dans
constructions mécaniques et automobiles. Les traitements sur un environnement donné. L’idéal serait de pouvoir mettre en face
bruts réalisés chez le forgeron, soit dans la chaude de forge, soit de chaque surface fonctionnelle un cahier des charges avec des
en four séparé, pour favoriser l’aptitude à la mise en œuvre chez besoins en propriétés quantifiables.
le client final, s’apparentent aussi à cette famille. On aboutit finalement, pour chaque famille d’alliages, à des
L’enjeu économique des traitements thermiques reflète les domaines d’emploi dont on peut synthétiser les performances par
tonnages mis en œuvre pour chaque famille de métaux et alliages, des caractéristiques mesurables et reconnues de tous. De ces der-
mais aussi la complexité des cycles à réaliser et la taille des séries nières, on peut dresser la liste non exhaustive suivante attachée
concernées. aux grandes familles d’emploi.
En 2000, les consommations mondiales respectives d’acier, — Comportement élastique : module d’Young et de Poisson,
d’aluminium, de cuivre, de magnésium et de titane, étaient de limite d’élasticité rapportée à la masse volumique... Sont concernées
l’ordre de 750, 24, 9, 5, et 0,2 million de tonnes, mais seule une toutes les pièces qui ne sont pas soumises à des sollicitations
faible proportion de ces consommations passe par des traitements répétées significatives et qui doivent seulement travailler en statique
thermiques à valeur ajoutée identifiée. bien au-dessous de la limite d’élasticité. Quand elles sont en acier,
ces pièces font rarement l’objet d’un traitement thermique.
Par exemple, les aciers de construction métallique, comme les tôles — Risques de rupture en statique : résistance, ductilité. Ces
et poutrelles, correspondent à de fortes consommations non traitées, pièces peuvent être exceptionnellement sollicitées jusqu’au niveau
alors que les aciers de construction mécanique traités à de hauts de l’allongement réparti, avant l’apparition de l’instabilité de stric-
niveaux de caractéristiques mécaniques, ou encore les aciers à outils, tion.
représentent des consommations mondiales limitées à des productions
— Risques de rupture en dynamique : résiliences diverses, téna-
« pointues » des pays développés.
cité (K1C).
En France, le marché des traitements thermiques industriels est — Risques de rupture en sollicitations cycliques : limite d’endu-
schématiquement ainsi réparti : 25 % pour l’automobile (90 % de rance en fatigue dans différents milieux, comportement en fatigue
traitements intégrés et 10 % de traitements à façon), 25 % pour la oligocyclique. Rappelons que le comportement d’un alliage en char-
mécanique, 25 % pour l’outillage, 10 % pour l’aéronautique. gement oligocyclique (typiquement, à des niveaux voisins de la
limite d’élasticité, pour un nombre de cycles de sollicitation inférieur
Seulement 5 % des aciers consommés font l’objet de traitements
à 10 4 ), n’est pas celui en endurance (typiquement, plus de
thermiques, mais il s’agit de nuances alliées (aciers à outils, par
106 cycles). La limitation de tenue en fatigue est évidemment déter-
exemple) à beaucoup plus grande valeur ajoutée que celles entrant
minante pour toutes les applications mécaniques, notamment pour
dans les productions de masse (tôles automobiles, produits longs
« les aciers de traitement thermique » et les aciers à outils.
pour construction métallique).
— Comportement à l’usure adhésive ou abrasive : duretés, adhé-
À titre d’exemple, pour un outil en acier rapide à 10 €/kg, les trai- rence de revêtements divers.
tements de trempe + triple revenu peuvent exiger un four sous vide, — Comportement au matage et à la fatigue de surface : sensi-
de hautes températures d’austénitisation (1 230 oC), des précautions bilité à l’écaillage.
spéciales à la trempe au gaz (tapures, distorsions) et de grandes pré-
cisions dans les cycles thermiques, si bien que des traitements de ce — Comportement à mi-chaud des aciers à outils : indices de
type en petites séries reviennent à plus de 5 €/kg. À l’opposé, pour vieillissement, d’adoucissement en service, de tenue aux chocs
une tôle de carrosserie à 0,5 €/kg, le recuit continu de recristallisation thermiques.
après laminage à froid est un traitement à moins de 0,07 €/kg car — Comportement au fluage d’alliages conçus pour travailler
réalisé en bande continue défilant à plus de 2 m/s. dans certaines plages de températures (les aciers pour turbines à
vapeur à moins de 600 oC, ou à plus de 1 000 oC, les superalliages
pour turbines aéronautiques) : résistances conventionnelles à durée
de vie ou déformation permanente imposée pour une température
d’emploi déterminée.
2. Propriétés d’emploi — Comportement à froid : résiliences, températures de transition
et relations ductile - fragile.
— Comportement en conditions cryogéniques : températures de
structures-propriétés transition de résilience des récipients métalliques inférieures aux
températures des gaz liquéfiés transportés.
— Aptitude à tel ou tel type d’assemblage (soudages avec ou
2.1 Principales propriétés d’emploi sans refusion, brasages...).
des alliages métalliques — Résistance à l’environnement et aux différents types de
corrosion : indices de corrosion généralisée, intergranulaire, par
Les domaines d’emploi des métaux et alliages peuvent varier piqûres, dans un milieu particulier...
dans une très large mesure, et le choix du matériau et de son trai- — Comportement à l’irradiation : valeurs de gonflement, indices
tement passe d’abord par un cahier des charges le plus précis pos- d’endommagement.

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— Propriétés électriques d’alliages spéciaux : résistivité, pertes


par courants de Foucault à différentes fréquences.
600

Limite d'élasticité (N/mm2)


— Propriétés magnétiques d’alliages particuliers pour équi-
d diamètre du grain ferritique
pements électriques ou aimants : perméabilités sous différents acier au Nb
champs alternatifs, champ coercitif.
* acier sans Nb
— etc. 500
Il faut bien voir qu’il existe une diversité infinie de besoins
fonctionnels pour des surfaces de contact entre pièces, que seul un
spécialiste est à même d’identifier. On peut ainsi imaginer des
400 **
* *
besoins de caractéristiques spécifiques de frottement, de coeffi- *
**
**
cient de dilatation, de conductivité thermique, d’amortissement, * *
etc. Les revêtements peuvent alors jouer un rôle d’appoint impor- * * *
*
*
tant, évoqué déjà pour les aciers à outils et pour certaines pièces ** *
de turboréacteurs : revêtements antiusure, protections contre la 300 *
corrosion et l’érosion, revêtements de protection thermique, revê- *
*
tements abradables. Les matériaux de revêtement concernés peu-
6 8 10 12 14 16
vent être alors très particuliers. d –1/2(mm–1/2)
Exemples : zirconate de magnésium projeté par plasma pour une 30 25 20 15 12 10 9 8 7 6 5 4
protection thermique de chambre de combustion, élastomère silicone d (µm)
chargé de billes de verre creuses pour un abradable basse température,
7 8 9 10 11 12 13
feutre de nickel-chrome ou nid d’abeille à faible maille en alliage base Indice conventionnel de taille de grain
nickel pour un abradable à haute température...

Un alliage donné est d’autant plus valorisé par une catégorie de Figure 1 – Relation de HALL-PETCH pour un acier soudable
traitements thermiques que ses propriétés peuvent être profon- avec ou sans 0,04 % Nb
dément modifiées par des évolutions microstructurales [2] faciles à
contrôler au cours de ces traitements. De fait, les sollicitations font
intervenir des caractéristiques microstructurales très différentes
selon qu’elles sont statiques, dynamiques ou cycliques. Les deux ■ Durcissement dû aux dislocations préexistantes
dernières catégories sont ainsi réputées plus imprévisibles (donc
dangereuses) compte-tenu notamment du caractère critique de Celui-ci varie comme la racine carrée de la densité globale de
certains facteurs de concentration de contraintes très localisés. De dislocations, laquelle peut typiquement varier entre 106 cm/ cm3
façon générale, les propriétés des alliages métalliques peuvent être dans un métal bien recuit par traitement thermique, et
très sensibles aux hétérogénéités locales de microstructure. 1012 cm/cm3 dans un métal fortement écroui ou dans les structures
martensitiques d’aciers. La ductilité du métal varie à l’inverse de ce
On peut citer, dans le cas des aciers, le rôle des inclusions non métal- type de durcissement, tandis que la baisse de la ténacité peut
liques sur la ductilité (sens travers), la ténacité, la tenue en fatigue, la suivre des évolutions plus complexes.
tenue en corrosion, l’usinabilité..., le rôle de certaines ségrégations aux
joints de grains sur la fragilité réversible au revenu ou sur la tenue au ■ Durcissement par les joints de grain
fluage, ou encore le rôle de pièges locaux de l’hydrogène (défauts du La limite d’élasticité d’un métal polycristallin est généralement
réseau cristallin, microplages d’austénite résiduelle) sur la rupture de la forme (relation de HALL-PETCH) :
différée.
σ E = σ 0 + kd –1/2
Les mécaniciens, armés des concepts de mécanique des milieux
continus et de logiciels de calculs aux éléments finis, peuvent avec d diamètre moyen final des grains,
préciser les sollicitations à tout niveau de la pièce. En revanche, σ0 contrainte nécessaire pour déplacer les dislocations à
l’expérience des corrélations entre éléments microstructuraux et l’intérieur des grains,
propriétés du métal est moins avancée. k coefficient qui dépend du type d’alliage.
Cette relation, illustrée par la figure 1 pour un acier soudable
courant, avec ou sans microaddition de niobium, justifie la recher-
2.2 Quantification des diverses che permanente d’un grain fin (typiquement moins de 20 µm) pour
possibilités de durcissement les structures finales ne travaillant pas à chaud. Elle n’est cepen-
dant pas aussi opérationnelle qu’il n’y paraît, notamment du fait
Les relations structures-propriétés sont souvent du type ten- des difficultés d’appréciation d’un diamètre de grain représentatif.
dance, les aspects quantitatifs étant souvent limités à des cas sim- On pourrait faire les mêmes remarques pour la loi tendance
ples où les paramètres identifiés sont peu nombreux et sans effets reliant la ténacité ou la température de transition de résilience à la
croisés. Pour illustrer ces limites, on peut rappeler les recettes taille de grain (figure 2) :
générales [3] pour améliorer la limite d’élasticité de tout alliage,
recettes évidemment déterminantes pour l’allègement des pièces T t = A – Bd –1/2
mécaniques.
On sait que le début de la plastification intervient soit par glis- Une bonne ténacité passe aussi par une limitation des grosses
sement de dislocations, soit par transport de matière par diffusion inclusions d’oxydes, une valeur élevée du coefficient d’écrouissage
[M 55] à des températures supérieures à la demi-température de et un allongement à rupture pas trop bas.
fusion de l’alliage. Avant d’aborder au paragraphe 2.3, le compor- Pour la tenue en fatigue, si un durcissement local et la présence
tement à chaud des superalliages, nous allons rappeler les de contraintes résiduelles de compression sont favorables à la
relations correspondant aux différents types de durcissement envi- résistance à l’amorçage des fissures, la propagation de ces der-
sageables pour remonter la limite d’élasticité en retardant le glis- nières est ralentie par une diminution de la taille du grain et une
sement des dislocations aux températures usuelles [M 4 340]. plus grande propreté inclusionnaire.

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INTRODUCTION AUX TRAITEMENTS THERMIQUES DES MÉTAUX ET ALLIAGES _____________________________________________________________________

500

σc (N/mm2)
d (µm)

m
110 40 16 10 6 4,5 3 2,5 0 ,00

m
450 D=

Limite d'élasticité Re (MPa)


50

Température de transition
de résilience Tt (°C)
0,0
200 D=
0
µm
100 0 ,03
D=
300 – 50
50 µm
0 ,10
– 100 D=
Re Tt
20
150 – 150

10
– 200 0,0002 0,0005 0,001 0,002 0,005 0,01 0,02
5 10 15 20
Fraction volumique f
d –1/2(mm–1/2)

Figure 3 – Évolution, avec la fraction volumique précipitée


Figure 2 – Influence de la taille du grain de ferrite et la taille des particules, du durcissement
sur la limite d’élasticité et la température de transition par contournement de particules
de résilience d’un acier à 0,10 % C, 0,5 % Mn

Pour les aciers peu alliés, K ≈ 7 et l’abaque de la figure 3 repré-


senterait, dans ce cas idéalisé de durcissement, la variation de σ c
■ Durcissement par les atomes de soluté
en fonction de f, pour différentes valeurs de D.
On doit distinguer les solutions solides d’insertion et les solu-
Dans le cas du cisaillement des particules, il n’existe pas de
tions solides de substitution. Les éléments d’addition en solution
relation générale capable de rendre compte de tous les facteurs qui
solide d’insertion (par exemple, le carbone et l’azote dans l’acier
contribuent au freinage des dislocations mais, dans la plupart des
trempé) créent des distorsions élastiques dans le réseau à cause de
cas, on aboutit à une relation de la forme :
leur taille différente de celle des atomes du solvant ou des sites
interstitiels. Ils participent notamment à la tétragonalité du réseau σ cis = K ′ D –m f n γ p
cristallin et à la dureté des martensites d’aciers trempés : cette der-
nière, en unité Vickers, est voisine de : avec K′ constante qui dépend des propriétés des dis-
HV = 300 + 900 Cs locations et de la nature des précipités,
γ énergie à fournir pour créer une interface à l’inté-
avec Cs (%) teneur en carbone en solution solide avant trempe. rieur de la particule et une marche à l’interface par-
Les atomes de soluté très mobiles (C, N...) migrent dès la tem- ticule-matrice,
pérature ambiante vers les dislocations et forment autour d’elles m, n, p exposants de l’ordre de : 0 < m < 0,5, 0,3 < n < 0,5,
des nuages dits de Cottrell. Une contrainte élevée est alors néces- 1 < p < 1,5.
saire pour arracher les dislocations des atomes ségrégés (vieillis-
sement après écrouissage). On note au passage que σ cis dépend fortement de γ, donc de la
cristallographie et de la composition chimique des particules.
En ce qui concerne l’effet durcissant des atomes de soluté non
interstitiels, il peut varier suivant qu’ils ont tendance à s’accumuler La comparaison des variations de σ c et σ cis avec la taille
en amas (zones de Guinier-Preston) ou à former des structures cris- moyenne des particules montre que, lorsque la fraction volumique
tallographiques ordonnées à courte ou longue distance. des particules est constante, il existe une taille critique au-dessous
de laquelle les particules sont cisaillées, et au-dessus de laquelle
Généralement, le durcissement augmente de façon quasi
les particules sont contournées par les dislocations. Le durcisse-
linéaire avec la teneur en élément d’addition. Le durcissement le
ment est maximal lorsque les particules ont cette taille critique et
plus marqué est obtenu par l’addition des éléments interstitiels.
d’autant plus fort que cette taille est faible et que les particules
Pour les solutés substitutionnels, l’effet durcissant est d’autant plus
sont plus dures.
fort que la taille des atomes est plus grande.
On peut imaginer divers procédés pour obtenir une dispersion
■ Durcissement dû aux particules de seconde phase de fines particules : précipitation à partir d’une solution solide sur-
En présence d’une fine dispersion de particules de seconde saturée, oxydation interne, frittage d’un mélange de poudre...
phase, les dislocations mobiles ne peuvent poursuivre leur mouve- Dans la plupart des alliages réels, la précipitation de la phase
ment qu’à condition soit de cisailler, soit de contourner les parti- d’équilibre est précédée par l’apparition de une ou plusieurs
cules. phases métastables dont la germination est plus facile. Par ailleurs,
Dans le cas du contournement, la contrainte nécessaire au dépla- la résistance du métal peut être modifiée au cours du maintien par
cement des dislocations est indépendante de la nature des pré- une évolution de la structure de la matrice : restauration-recristal-
cipités. Si on imagine une fraction volumique f de particules lisation, réversion de la martensite en austénite pour certains
sphéroïdales de diamètre D réparties de manière aléatoire dans la aciers très alliés...
matrice, on trouve un durcissement de la forme :
■ Durcissement par précipitation à partir d’une solution sursaturée
σ c = K f D –1 ln ( D/2,5 ⋅ 10 –4 ) Le durcissement structural correspond à la précipitation d’une
seconde phase au sein d’une solution solide. Il comporte une
avec σ c exprimé en MPa et D en µm. remise en solution solide plus ou moins complète des éléments

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d’addition intéressants, un refroidissement suffisamment rapide


pour maintenir ceux-ci en solution solide métastable, et enfin une 500

Durcissement σD (MPa)
précipitation avec retour vers l’état d’équilibre par un revenu 03 Å )
(vieillissement) à une température intermédiaire entre l’ambiante Théorique 0,0 (30
x = µm
et celle de la mise en solution. Dans certains cas, la précipitation )

peut être obtenue directement au cours du refroidissement continu 200 Expérimental Titane (10

m
faisant suite à la mise en solution. 0,0
x=
Les principaux processus de décomposition qui peuvent survenir 100 )
Niobium 0Å
au cours du vieillissement des solutions solides sursaturées font (30

m
intervenir soit une décomposition spinodale (exemple en 3.1.3),
0,0
soit – plus fréquemment – une décomposition par germination et 50 Vanadium x=
croissance. Dans ce dernier cas, on peut avoir précipitation Å)
000
continue ou précipitation discontinue. Dans tous les cas, les rela- (1

m
tions de durcissement sont du type de celles envisagées précé- 0,1
demment mais ne peuvent devenir quantitatives qu’après une 20 x=
analyse complète de la morphologie de précipitation.
10
0,0002 0,0005 0,001 0,002 0,005 0,01 0,02
2.3 Principaux moyens d’action Fraction volumique précipitée
sur la structure métallurgique Durcissements théoriques potentiels et plages réellement obtenues
Nous avons vu que les pièces forgées (acier) ou matricées
(alliages d’aluminium ou de titane) sont rarement utilisées à l’état Figure 4 – Influence de la taille moyenne des particules x
brut de forge, et nécessitent généralement un (ou des) traite- et de la fraction volumique précipitée f sur les possibilités
ment(s) thermique(s) pour améliorer les caractéristiques d’emploi, de durcissement par précipitation interphase de carbonitrures
en stabilisant, affinant, ou retransformant (du point de vue trans- dispersoïdes dans des aciers à très bas carbone
formation allotropique) l’état microstructural. On conçoit l’intérêt
de ne dispenser cette valeur ajoutée qu’au plus près des cotes
finales, si possible au niveau des seules parties ou surfaces fonc- D’autres familles de produits ne peuvent se permettre un cor-
tionnelles indispensables de la pièce (traitements localisés ou royage à chaud métallurgiquement aussi intéressant que celui pré-
superficiels). mentionné, même s’ils sont relativement alliés. À cette famille se
Pour améliorer les caractéristiques mécaniques des alliages rattachent les alliages pour lesquels une trempe – suivie ou non de
métalliques, le métallurgiste dispose de différents moyens basés revenu – permet de profiter des caractéristiques permises par une
sur le choix judicieux d’une composition chimique et de traite- transformation martensitique et de gagner une classe de qualité de
ments mécaniques, thermiques, ou thermomécaniques, appro- propriétés d’emploi tout en limitant les difficultés de mise en forme
priés. par une structure initiale de recuit. L’expérience montre que cer-
La connaissance des diagrammes d’équilibre relatifs à l’alliage tains alliages non ferreux prennent la trempe et peuvent durcir par
envisagé [2] permet, en principe, de dire si tel ou tel traitement traitement thermique, mais le phénomène est très différent de ce
thermique est possible, dans quelles conditions... moins probable- qui se passe dans les aciers : en général, la trempe commence à
ment s’il présente de l’intérêt. adoucir l’alliage qui est ensuite durci par évolution au revenu. Pour
les aciers de traitement thermique, la dureté initiale d’une marten-
Les possibilités d’amélioration des caractéristiques mécaniques site de trempe est liée au carbone en sursaturation dans la solution
par écrouissage sortent du champ de cet exposé. Cependant, on solide en équilibre métastable, avec la grande densité de dis-
doit faire la différence entre le corroyage au laminage ou forgeage, locations et les fortes contraintes internes qui en résultent. Pour les
dont un des rôles (à côté du dégrossissage géométrique) est d’atté- alliages non ferreux, il faudrait imaginer pouvoir former une
nuer les ségrégations inévitables à la solidification, notamment par solution solide interstitielle d’un atome de petit diamètre présen-
réduction des distances entre axes dendritiques, et l’écrouissage tant des solubilités différentes dans des variétés allotropiques sta-
résultant d’une plastification sans recristallisation du produit bles à chaud, puis à froid. Ce n’est pratiquement jamais le cas ;
presque fini. Dans ce dernier cas, comme par exemple pour le tré- pour le titane, par exemple, c’est l’inverse qui se produit : le car-
filage des fils en acier inoxydable austénitique, une nouvelle phase bone est plus soluble dans le titane α que dans le titane β stable
(martensite ε) peut apparaître en quantité plus ou moins impor- au-dessus de 884 oC, si bien que la trempe ramollit les alliages
tante avec des conséquences qui peuvent s’apparenter à celles titane-carbone.
d’un traitement thermique.
Une autre voie intéressante est, comme nous l’avons vu, le
En ce qui concerne les traitements thermomécaniques, il s’agit
durcissement qui peut être obtenu grâce à une dispersion fine de
de faire subir une transformation allotropique à une phase dont la
particules de seconde phase au sein de la matrice : précipitation à
restauration-recristallisation après écrouissage n’est que partielle.
partir d’une solution solide sursaturée, oxydation interne, frittage
Cet écrouissage résiduel a des conséquences importantes sur les
d’un mélange de poudre.
conditions de germination de la nouvelle phase : l’augmentation
de la vitesse de germination se traduit par un affinement de la nou- La figure 4 est une illustration des possibilités de durcissement de la
velle structure, tandis que la précipitation induite par écrouissage ferrite des aciers soudables peu alliés (aciers à dispersoïdes) par préci-
et passage du front de transformation peut s’avérer particulière- pitation « interphase » en fin de laminage à chaud de différentes frac-
ment fine et durcissante. tions volumiques de Nb, V, ou Ti, préalablement mis en solution dans
La non-restauration de la phase mère avant sa transformation l’austénite.
peut exiger des additions et des conditions de corroyage parti-
culières. Ainsi, dans le cas des aciers soudables pour l’industrie Le durcissement structural peut être aussi lié à la précipitation de
pétrolière, une addition de 0,03 % de niobium est intéressante pour phases métastables au sein d’une solution solide en sursaturation,
retarder la recristallisation de l’austénite après des laminages sur sursaturation elle-même rendue possible par une solubilité crois-
tôles fortes terminés au-dessous de 800 oC et suivis de refroidisse- sante avec la température des éléments qui vont précipiter au
ments accélérés. revenu.

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Alliage 2014 (A-U4SG) Alliage 6061 (A-GS)


600 350

Rm (MPa)
121
107
500 300 135
107 149
121 162
171
135
400 250
190
204
149
232
300 177 200
190
204
260 °C
260 °C 232
200 150
0 10–2 10–1 1 10 102 103 104 0 10–2 10–1 1 10 102 103 104

Rp 0,2 (MPa)
500
149 135 121
190 171 162
204
177 149 135 121 107 250 232
400 204
232
260 °C 107
260 °C
200
300
190
150
200

100
100
0 10–2 10–1 1 10 102 103 104 0 10–2 10–1 1 10 102 103 104

30 30
A sur 50 mm (%)

204 190 135 121 107


149
20 20 107
232 177
260 °C 135
121
10 10
260 °C 232 204 190 171 162 149

0 0
0 10–2 10–1 1 10 102 103 104 0 10–2 10–1 1 10 102 103 104
Durée du revenu (h) Durée du revenu (h)
Rm résistance à la traction
Rp 0,2 limite conventionnelle d'élasticité à 0,2 %
A allongement à la rupture

Figure 5 – Évolution au cours de différents revenus des caractéristiques mécaniques des alliages 2014 et 6061 trempés depuis 510 oC [M 1 290]

La figure 5 est une illustration de l’évolution très large au cours de les plus sollicitées sont les disques de turbine et les aubes de turbine.
revenu des caractéristiques mécaniques des alliages d’aluminium à Les aubes statiques qui servent à redresser la veine gazeuse avant
durcissement structural. chaque étage mobile subissent l’impact des gaz à plus de 1 000 oC,
tandis que les aubes mobiles subissent de surcroît des efforts cen-
Une illustration plus complète des moyens d’action sur la struc-
trifuges correspondant à des vitesses de rotation atteignant
ture métallurgique permet d’évoquer l’amélioration de la tenue à
40 000 tours/minute. Avec des températures d’entrée turbine pouvant
chaud des superalliages en jouant simultanément sur la compo-
atteindre 1 300 oC, il faut évidemment un refroidissement efficace des
sition analytique et les traitements.
aubes par un fort soufflage forcé gazeux, et on doit maintenant avoir
Dans un turboréacteur, 20 % de la masse sont réalisés en alliages recours, comme pour l’aubage de la turbine HP du moteur M 88, à des
de titane (pièces de compresseur ne dépassant guère 550 oC en aubes monocristallines bien particulières. Nous nous contenterons de
fonctionnement), tandis que 40 % sont en alliages superréfractaires dire quelques mots des solutions plus traditionnelles sur les super-
(partie du moteur en aval des chambres de combustion). Les pièces alliages base nickel.

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Les superalliages base nickel consistent en une matrice austéni- b – aciers de construction laminés à chaud au train-à-bandes
tique durcie par la précipitation de 30 à 70 % en volume d’une Les transformateurs correspondants (tubes soudés en bandes,
phase intermétallique ordonnée du type A3B. À l’exception de appareils à pression, bandes à haute limite d’élasticité, bandes ou
quelques alliages du type Inco 718, où la phase durcissante est feuillard pour formage à froid, tôles pour emploi à chaud ou à
principalement Ni3 Nb, la plupart des alliages à base de nickel sont froid, tôles résistant à l’abrasion...) pratiquent une normalisation
durcis par la phase γ ′ de type Ni3 (Ti Al) de structure cubique à finale sur les appareils à pression mis en forme à froid ou soudés.
faces centrées. Les paramètres cristallins de cette phase, très
proches de ceux de la matrice, confèrent aux particules une faible c – tôles minces (e < 2 mm) relaminées à froid
énergie de surface et diminuent leur vitesse de coalescence en Elles sont soumises au recuit de recristallisation chez le sidé-
service. rurgiste, et ne subissent plus de traitement thermique autrement
Ces superalliages présentent aussi de faibles teneurs en carbone qu’indirect (galvanisation, peinture, vieillissement) chez l’utilisateur
(parfois bore), qui provoquent la précipitation de carbures (boru- (carrosserie automobile, électroménager, ...).
res) pour assurer la résistance à chaud des joints de grains. En d – produits longs en acier de construction d’usage général
outre, le durcissement de la matrice par solution solide est obtenu
Leurs utilisations (rails, poutrelles, palplanches, barres pour
par des additions de Mo, W, Ta, ou Nb ne diffusant qu’à haute tem-
béton précontraint...) à l’état brut de laminage ne sont que rare-
pérature.
ment suivies de traitement thermique (exemple d’exception : rails
très sollicités).
À titre indicatif, un alliage Inconel 718 tourne autour de la compo-
sition suivante : base Ni, 19 % Cr, 18 % Fe, 3 % Mo, 5 % Nb, 1 % Ti, e – aciers laminés en fil-machine
0,5 % Al, 0,5 % Co, 0,05 % Ta, 0,05 % C, 0,03 % B. Son traitement Parmi leurs utilisations (fils doux ou durs destinés au tréfilage, à
final standard comporte : un maintien de 1 h à 955 oC suivi de trempe l’étirage, ou à la frappe à froid, fil-carcasse pour pneumatique, fils
à l’air ou à l’huile (suivant pièce) ; un revenu de 8 h à 720 oC suivi d’un pour ressorts...), certaines font l’objet de traitements de mise en
refroidissement à 50 oC/heure ; enfin un deuxième revenu de 8 h à œuvre (recuits d’adoucissement ou de globulisation de la perlite
620 oC suivi de refroidissement naturel [M 1 165]. avant mise en forme à froid, recuits de recristallisation en cours de
tréfilage pour le fil-carcasse, trempe isotherme de patentage pour
certains fils durs...), tandis que d’autres font appel à des traite-
ments d’emploi (trempe et revenu de la boulonnerie et des res-
sorts, traitements thermochimiques de pièces étirées...).
3. Contrôle des états f – aciers spéciaux en feuillards et barres pour traitements
structuraux thermiques
Ces produits (barres mises en forme à chaud ou à froid en pièces
par traitement thermique mécaniques, tôles traitées pour tenue à l’usure ou à l’abrasion)
constituent le domaine d’élection des traitements thermiques
avant et après mise en forme.
g – aciers à outils livrés en barres
3.1 Exemples de traitements
Cette famille (aciers pour travail à froid ou à chaud, aciers à
pour les familles d’alliages coupe rapide...) est toujours valorisée par des traitements ther-
les plus courantes miques dans la masse (recuits avant mise en forme, trempe et
revenus d’emploi, traitements thermochimiques) et, de plus en
Pour donner une idée de l’importance relative des évolutions plus, par des revêtements complémentaires.
structurales sollicitées par traitement thermique, nous allons briè- h – aciers inoxydables et réfractaires livrés en tôles ou barres
vement rappeler celles qui concernent les familles d’alliages les Parmi ces 4 grandes familles d’aciers (ferritiques, austénitiques,
plus courantes : aciers, alliages d’aluminium, de cuivre, de titane. martensitiques, austéno-ferritiques), seules certaines utilisations
peu sollicitées sur le plan thermique et mécanique, et concernant
des nuances ferritiques ou austénitiques en principe sans trans-
3.1.1 Aciers formation allotropique de 15 à 1 100 oC, ne passent pas par un trai-
tement final. Les traitements d’emploi peuvent être très variés :
Nota : le lecteur se reportera utilement dans ce traité aux articles [M 4 341] [M 1 125] mises en solution de certains éléments, hypertrempe, durcisse-
[M 1 134] [M 1 155] [M 1 205] [M 1 225]. ment structural, vieillissements, traitements de surface...
Toutes les nuances d’aciers ne peuvent profiter de la transfor-
mation α → γ, soit qu’une teneur importante en éléments alpha- Finalement, en France, les « aciers de traitement thermique »,
gènes comme le chrome réduise à rien le domaine de stabilité de les aciers à outils, les aciers inoxydables traités, et l’ensemble
la phase γ, soit que des teneurs élevées en éléments d’alliage avec des pièces normalisées doivent représenter le quart de la
dominante gammagène ne stabilisent la phase austénitique avec consommation totale d’acier, avec souvent de fortes valeurs
une température martensitique Ms bien au-dessous de l’ambiante. ajoutées (caractéristiques mécaniques élevées, tenues à chaud,
Par ailleurs, les propriétés d’emploi d’un grand nombre de à froid, en atmosphère corrosive, etc.).
familles d’aciers font qu’ils ne nécessitent pas de traitements ther-
miques additionnels. On peut dresser un tableau sommaire des
Après avoir rappelé le domaine d’application des traitements sur
principales familles d’aciers (en tonnage) et préciser celles concer-
aciers, essayons d’en préciser les spécificités.
nées par les traitements thermiques :
Les traitements d’homogénéisation sont peu fréquents sur les
a – aciers de construction soudables en tôles fortes ou plaques aciers, dans la mesure où la généralisation du brassage en coulée
(e > 8 mm, L > 2 m) continue et les forts corroyages préalables par laminage sur demi-
Les transformateurs correspondants (chaudronnerie, gros tubes produits sont largement mis en œuvre.
pétroliers, construction navale...) utilisent le métal à l’état brut de En ce qui concerne les adoucissements préparant la mise en
laminage, les seuls traitements pratiqués concernent les détension- forme, il convient de distinguer les recuits de recristallisation,
nements éventuels après soudage. appliqués surtout aux tôles pour emboutissage, des recuits

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d’adoucissement ou de revenu appliqués aux véritables aciers Les traitements d’adoucissement par restauration, recuit de
pour traitements. Les recuits de recristallisation sur tôles laminées recristallisation, recuit de coalescence peuvent être regroupés,
à froid – recuits-base de plusieurs dizaines d’heures vers 650 oC, même s’ils concernent des emplois différents. La restauration
comme les recuits continus de quelques minutes en phase α – sont précède la recristallisation en équivalences température – temps et
bel et bien des traitements thermiques d’une importance économi- suffit généralement pour les mises en forme ultérieures, sans
que considérable. Par un choix judicieux de la composition (maî- toutefois modifier la texture cristallographique du produit écroui.
trise des interstitiels, maîtrise des précipités susceptibles de La recristallisation permet des adoucissements plus conséquents
contrôler la germination de grains d’orientation cristallographique ainsi que des possibilités de contrôle de l’isotropie cristalline et de
déterminée...) et des conditions de recristallisation, on peut la taille finale du grain. Il convient toutefois d’éviter les conditions
contrôler la texture et le coefficient d’anisotropie des tôles pour d’écrouissage critiques vis-à-vis des conditions de recristallisation
emboutissage. adoptées, ainsi que les zones de recristallisation secondaire à gros
Les recuits de normalisation et d’adoucissement sont fré- grains.
quemment réalisés sur des pièces forgées en aciers de traitement On trouvera un long développement sur le durcissement struc-
thermique, avant les opérations d’usinage, qui seront elles-mêmes tural dans l’article [M 1 290] de ce traité. Compte tenu de l’impor-
suivies des traitements et opérations de finition. La normalisation tance économique considérable des « duralumins » et autres
consiste simplement à porter le demi-produit à une cinquantaine familles à caractéristiques mécaniques améliorées par ce mode de
de degrés au-dessus de la température A3 de l’acier considéré, puis durcissement, nous en rappelons les étapes structurales pour un
à le laisser refroidir naturellement. Les recuits d’adoucissement simple alliage binaire.
peuvent être plus complexes, comporter des maintiens intercri-
tiques (entre A1 et A3 ou Acm) ou des revenus de coalescence des Exemple : alliage Al-4 % Cu soumis à diverses conditions de
carbures, et se trouver couplés à des opérations dans la chaude de revenu après mise en solution à 530 oC et trempe.
forge. Si ces revenus sont effectués à moins de 150 oC, on ne trouve que
Les trempes et revenus dans la masse ou superficiels sont des zones de Guinier-Preston (GP), c’est-à-dire des amas de cuivre en
vraiment la base des valorisations des aciers de traitement ther- lentilles nanométriques. La phase θ′′, de structure tétragonale, ne fait
mique et des aciers à outils. Le choix des conditions de préchauf- suite aux zones GP que pour des revenus de l’ordre de 165 oC. Elle a
fage dans le domaine austénitique, de la sévérité de trempe pour alors des dimensions inférieures à 50 nm et reste en cohérence avec la
s’accommoder de la trempabilité de la nuance tout en limitant les matrice, ce qui justifie un durcissement important. Pour une tempé-
déformations, et du (ou des) revenu(s), est largement débattu dans rature de revenu supérieure à 200 oC, la phase θ′′ apparaît dès le début
les articles [M 1 115] [M 1 125] de G. Murry. Les innombrables et se trouve remplacée peu à peu par la phase métastable θ′, de struc-
variantes, permises par la combinaison d’une transformation ture tétragonale, et de composition Al2 Cu. Les dimensions micromé-
allotropique conduisant à des structures de trempe (martensite ou triques de cette phase et sa faible cohérence avec la matrice
bainite) et de revenus accompagnés parfois de durcissement expliquent son faible effet sur la dureté. Enfin, des maintiens au-delà
secondaire par précipitation de carbures ou carbonitrures de taille de 300 oC conduisent à la précipitation de la phase θ d’équilibre, de
plus ou moins fine, sont véritablement à la base du succès d’utili- composition Cu Al2 , en précipités suffisamment coalescés (dizaines de
sation des aciers dans de nombreuses applications. micromètres) pour accompagner un adoucissement important de la
matrice.
On trouvera enfin en [M 1 155] les bases des traitements ther-
miques des aciers inoxydables. Ces traitements vont de traite- Les évolutions correspondantes de caractéristiques mécaniques,
ments très comparables à ceux des « aciers de traitement ainsi que les équivalences température-durée de revenu ont déjà été
thermique » pour les nuances martensitiques à des traitements présentées à la figure 5 pour les alliages 2014 et 6061.
d’hypertrempe pour désensibiliser les joints de grain des aciers
austénitiques, et à des traitements de régénération des structures Depuis le milieu des années 1990, les transports constituent le
pour les nuances ferritiques. Les nuances austénitiques, ferritiques premier marché pour l’aluminium, devant l’emballage et le bâti-
et martensitiques sont aussi durcissables par précipitation de ment [8].
composés intermétalliques. Pour les avions, de nouveaux alliages ont été développés depuis
le 7150 (6,5 % Zn, 2,5 % Mg, 2 % Cu, 0,1 % Zr, 0,06 % Ti, 0,12 % Si,
0,15 % Fe) qui permettait déjà sur extrados de voilures une limite
3.1.2 Alliages d’aluminium d’élasticité de 600 MPa en traction comme en compression. Pour
les tôles très épaisses (200 mm) destinées à l’usinage profond de
Nota : le lecteur se reportera notamment dans ce traité aux articles [M 1 290] et
suivants.
longerons et nervures, on arrive à garantir des limites d’élasticité
supérieures à 450 MPa jointes à des ténacités de l’ordre de
On sait que ces alliages peuvent être livrés sous forme de 25 MPa · m1/2, avec des compositions voisines de celle prémen-
produits moulés (désignation Y0 à Y9) ou corroyés (désignation tionnée [8].
numérique dans les séries : 1000 (Al > 99,00 %), 2000 (Al-Cu),
3000 (Al-Mn), 4000 (Al-Si), 5000 (Al-Mg), 6000 (Al-Mg-Si), 7000
(Al-Zn-Mg). 3.1.3 Alliages de cuivre
Les traitements thermiques des alliages d’aluminium peuvent
être regroupés en trois types principaux : Nota : le lecteur se reportera notamment dans ce traité à l’article [M 1 295].

— les traitements d’homogénéisation pratiqués sur les produits Les traitements de ces alliages peuvent être classés entre ceux
coulés, ou après un premier corroyage ; facilitant la mise en forme (homogénéisation par corroyage à
— les traitements d’adoucissement par restauration ou recuit chaud, recuits intermédiaires au cours du corroyage à froid) et
pratiqués en fin de transformation ; ceux destinés à conférer au produit des caractéristiques finales.
— les traitements de trempe structurale – avec mise en solution, Pour ces dernières catégories de traitements, on fait appel soit à
trempe, et maturation ou revenu conduisant au durcissement struc- des recuits de restauration-recristallisation pour adoucir des pro-
tural – pratiqués essentiellement sur les alliages des familles 2000 duits écrouis à froid, soit à divers procédés de durcissement que
(Al-Cu), 6000 (Al-Si-Mg) et 7000 (Al-Zn-Mg). nous allons brièvement comparer.
Les traitements d’homogénéisation (sur familles 2000 et 7000 On peut schématiquement regrouper ces modes de durcisse-
par exemple) ont des effets importants sur la contrainte d’écoule- ment, suivant la composition de l’alliage, en 3 familles : le durcis-
ment pour déformer le métal, la ductilité, la baisse de température sement structural, le durcissement par décomposition spinodale et
de recristallisation, l’amélioration de l’isotropie mécanique. le durcissement par trempe martensitique et revenu.

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_____________________________________________________________________ INTRODUCTION AUX TRAITEMENTS THERMIQUES DES MÉTAUX ET ALLIAGES

■ Durcissement structural : il implique, une composition adéquate 3.1.4 Alliages de titane


se prêtant à une mise en solution suffisante d’au moins un élément
d’alliage entre 750 et 1 000 oC et une cinétique de précipitation Nota : le lecteur se reportera notamment à l’article [M 1 335] de ce traité et aux réfé-
compatible avec des vieillissements de quelques heures entre 300 rences [9] et [10].
et 500 oC selon les alliages. On pratique généralement un écrouis- Le titane n’est plus considéré aujourd’hui comme un matériau
sage par laminage ou étirage à froid entre la trempe et le revenu difficile à transformer puisqu’il est moulable, forgeable, pliable,
afin de favoriser une précipitation plus rapide, plus dense et plus usinable et soudable, mais les transformations allotropiques plus
fine. Le tableau suivant, extrait de l’article [M 1 295], donne les ou moins favorisées par des additions judicieuses alphagènes
conditions de traitement industriel et les propriétés mécaniques (Al ...) ou gammagènes (Mo ...) facilitent ces opérations.
(résistance et allongement à rupture) de quelques alliages courants
à durcissement structural dans le cas de 50 % de laminage à froid Le titane se présente sous deux formes allotropiques : la phase α
intercalé entre trempe et revenu : (0) hexagonale, stable au-dessous de 882 oC, et la phase β cubique
centrée, stable au-dessus de cette température. Les alliages ont
une meilleure résistance mécanique et une moins bonne résistance
à la corrosion que le titane commercialement pur. Les alliages de
Tempéra- Tempé- titane se classent en 3 familles : alpha, bêta, et alpha-bêta.
ture de mise rature Précipités Rm A — Les alliages alpha sont soudables, conservent de bonnes
Alliage en solution de revenu d’équilibre caractéristiques depuis les températures cryogéniques jusqu’à plus
(oC) (oC) (MPa) (%) de 500 oC et offrent une résistance à la corrosion exceptionnelle,
mais ils sont difficiles à former à froid et les traitements ther-
Cu-1,8 Be-0,4 Co miques restent peu efficaces. Ce sont des alliages résistants au
ou Ni 780 320 phase γ 1 350 3
fluage, souvent utilisés à l’état recuit.
— Les alliages bêta sont résistants à chaud pour des sollicita-
Cu-2,5, Co-0,5 Be 940 460 (Co, Cu) Be 800 6 tions de courte durée, soudables, formables à froid mais instables
au-dessus de 350 oC et fragiles au-dessous de – 70 oC. Ces alliages
Cu-2,5 Ni-0,6 Si 920 460 Ni2 Si 650 8 sont souvent utilisés à l’état recuit ou traité.
— Les alliages alpha-bêta, dont le Ti-6Al-4V est le représentant
Cu-1 Cr 980 460 Cr 530 6 le plus répandu (65 % de la consommation totale en alliages de
titane), ont des caractéristiques intermédiaires : bonne réponse aux
Cu-0,15 Zr 925 440 Cu3 Zr 440 14 traitements thermiques, stables sous contraintes jusque vers
500 oC, moins résistants au fluage, plus faciles à former et plus dif-
R m résistance à la traction. ficiles à souder et à usiner.
A allongement à la rupture.
Les pièces matricées ne sont pas utilisées à l’état brut de forge
et nécessitent un traitement thermique pour stabiliser et affiner
l’état microstructural.
Dans certains alliages réfractaires, les propriétés optimales de Pour les alliages alpha-bêta, le traitement thermique après matri-
résistance au fluage sont obtenues par durcissement structural. çage est un recuit dans le domaine α + β, par exemple 700-730 oC
C’est le cas des alliages à base de nickel du type Nimonic ou de pour le Ti-6Al-4V. À ces températures, la structure issue du for-
l’alliage S. 816 à base de cobalt. Dans les deux cas, le durcissement geage n’est pas modifiée mais partiellement restaurée et déten-
est dû à la précipitation de composés intermétalliques à base de sionnée. Le traitement de mise en solution suivi d’un revenu de
Al, Ti ou Nb. Dans le cas du Nimonic, on réalise une trempe depuis précipitation de phase α permet, dans le domaine α + β, de fixer
1 080 oC (qui conduit à un adoucissement), puis un revenu de 16 h vers 20-40 % le taux de phase α primaire et d’obtenir ainsi un
à 750 oC qui produit le durcissement et la résistance au fluage meilleur compromis résistance-ductilité-ténacité que le simple
jusqu’à cette dernière température. recuit. Quand la température de mise en solution est choisie dans
■ Durcissement par décomposition spinodale : les alliages Cu-Ni-X le haut du domaine α + β, la structure aciculaire issue de β est en
(où X = Cr, Co, Fe, Mn, ou Sn), tel Cu-15 Ni-8 Sn, présentent un quantité importante, privilégiant la ténacité et la tenue au fluage,
domaine de non-miscibilité au-dessous de 600 oC, et sont sujets, à alors que la mise en solution aux basses températures de α + β pri-
la température de revenu, à une décomposition spinodale en deux vilégie résistance et tenue en fatigue. Un recuit de recristallisation
phases de même structure (cubique à faces centrées) mais de spécialement adapté pour privilégier ténacité et ductilité au détri-
paramètres suffisamment différents pour créer des contraintes de ment de la résistance peut être adopté : maintien dans le haut du
cohérence responsables du durcissement. L’arrangement des deux domaine α + β, suivi d’un refroidissement lent jusqu’à la tempéra-
phases en épitaxie est une mosaïque de pavés rectangulaires ture de recuit, puis d’un refroidissement plus rapide jusqu’à
alternés d’environ 20 nm de large. l’ambiante.
Dans le cas des disques moteurs en alliage α à haute tempéra-
Dans le cas de l’alliage Cu-15 Ni-8 Sn, le traitement industriel
ture d’utilisation, le matriçage et la mise en solution s’effectuent
comporte une mise en solution vers 850 oC, une trempe, un
dans le domaine β, et le revenu de précipitation de phase α secon-
écrouissage intermédiaire qui apporte un durcissement supplé-
daire s’effectue vers 550 oC : la structure aiguillée et stable a une
mentaire et accélère la décomposition spinodale finale, un revenu
bonne résistance au fluage. Un contrôle du matriçage et des
de 2 h vers 360 oC. On obtient ainsi de fortes résistances méca-
durées de mise en solution sont indispensables pour éviter un
niques (1 200 MPa).
grossissement exagéré du grain β qui nuirait à la ductilité et à la
■ Durcissement par trempe martensitique et revenu : dans certains tenue en fatigue.
cupro-aluminiums (exemple : Cu-10 Al-5 Ni-5 Fe), la solution solide Les alliages β présentent une phase β qui peut être en grande
β obtenue par chauffage vers 1 000 oC subit par trempe au-dessous partie retenue à l’ambiante sous forme métastable après trempe.
d’une température Ms une transformation martensitique qui s’ac- Dans l’alliage Ti-10V-2Fe-3Al, par exemple, un revenu vers 500 oC
compagne d’un durcissement et d’une fragilisation. permet un durcissement très important par précipitation très fine
Notons, pour terminer, que les laitons à 4-8 % d’aluminium de phase α secondaire.
contenant 15-30 % Zn ont la propriété de pouvoir changer de forme À côté des grosses séries de traitements dans la masse, on peut
en fonction de la structure (alliage à mémoire de forme). mentionner les traitements thermochimiques destinés à améliorer

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INTRODUCTION AUX TRAITEMENTS THERMIQUES DES MÉTAUX ET ALLIAGES _____________________________________________________________________

le comportement tribologique du titane et de l’alliage Ti-6Al-4V


[11]. Typiquement, des nitrurations ioniques de 6 h à 900 oC
conduisent à des épaisseurs de 2 µm pour la couche de combi- C% Mn% Si% S% P% Ni% Cr% Mo% Cu%
naison, et 70 µm pour la couche de diffusion. Dans ces conditions, 0,35 0,79 0,30 0,010 0,019 <0,17 1,00 0,20 0,10
les états de surface, tailles de grain et comportements tribolo-
giques du Ti-6Al-4V sont satisfaisants.
900

Duretée
Rockwell
Température (°C)
L’alliage Ti-6Al-4V est de plus en plus utilisé pour la réalisation
de prothèses orthopédiques [12]. Malgré une très bonne résistance
Ac3
à la corrosion en milieu physiologique et de bonnes propriétés 800
mécaniques, son utilisation pour des pièces articulaires a été limi- Ac1 F
tée par un mauvais comportement en frottement et fretting-corro- P
sion justifiant de longues et coûteuses implantations ioniques 700 87,5 HR
d’azote, seul traitement validé à ce jour. La profondeur traitée ε A+F A+F+C 100 % 92
(< 0,25 µm) reste trop faible. De bien meilleures performances ont A
600 25 HRC
été obtenues par nitruration ionique en une dizaine d’heures à
780 oC dans un mélange de gaz à fort potentiel d’azote. Il se forme 26,5
alors une couche de nitrures constituée majoritairement de TiN sur P
500
plusieurs micromètres et formant un continuum avec le substrat,
donc sans risque de délamination comme observé dans le cas d’un A+F+C B
ε 50 %
traitement PVD (Physical Vapor Deposition ) classique. 400 33
100 %
Ms 45
300 49
3.2 Utilisation des diagrammes A+M
de prévision 200

La prévision des propriétés en fonction des cycles thermiques


(éventuellement thermomécaniques) subis depuis l’élaboration du 100
métal repose sur le suivi, à chaque étape de la gamme, des élé-
ments microstructuraux susceptibles d’influencer les propriétés 59
d’emploi. 0
3
1 10 100 10 104 105
Pour les alliages présentant une transformation allotropique, les
larges possibilités des traitements thermiques reposent sur la A austénite 1 min 15 min 2h 8h
grande variété de morphologies structurales permises, suivant la B bainite 2 min 1h 4h 24 h
vitesse de refroidissement, lors du retour à température ambiante C cémentite Temps (s)
du matériau préalablement porté dans le domaine de stabilité à F ferrite
chaud du diagramme d’équilibre correspondant. M martensite Grosseur du grain austénitique :
P perlite 15 µm (indice 8-9)
Certaines règles simples permettent de comprendre la notion de
trempabilité, c’est-à-dire le sens d’évolution des structures avec la
vitesse de refroidissement (ou, ce qui revient au même, avec leurs Figure 6 – Diagramme TTT de l’acier 35 Cr Mo 4 austénitisé
températures de formation). 30 min à 850 oC
En premier lieu, la température de maintien à haute tempéra-
ture conditionne la composition de la solution solide (les éléments
non remis en solution ne jouent pas directement sur les produits
de transformation en final) et la taille du grain primaire. Pour les maintien isotherme étudiée, puis trempées violemment pour visua-
cycles thermiques rapides des traitements superficiels, on doit liser les produits de réaction isotherme sur fond martensitique.
aussi tenir compte des limitations diffusionnelles imposées par les
Les diagrammes de Transformation en Refroidissement Continu
temps d’interaction faibles.
(TRC) consistent à reproduire les progrès de transformation le long
Au refroidissement, une trempe rapide conduira à des produits de cycles continus représentés sur un plan temps-température. Ils
de type martensitique, fins, durs, sursaturés en éléments inter- ont l’avantage sur les diagrammes TTT de permettre une évalua-
stitiels, et formés sans diffusion notable dans une plage détermi- tion plus facile des résultats à attendre d’un cycle industriel
née de températures. À l’autre extrême, un refroidissement très comparable.
lent conduit à une plage de températures de transformation proche
de celles d’équilibre avec des réactions bien identifiées par germi- Nous présentons à titre illustratif, dans les figures 6 et 7, les dia-
nation et croissance s’achevant souvent par une réaction eutec- grammes TTT et TRC d’un acier classique de traitement thermique : le
toïde, des produits de réaction équiaxes, et de faibles duretés 35 Cr Mo 4, austénitisé à température usuelle (850 oC).
finales. On retrouve facilement sur ces diagrammes les domaines de trans-
formation respectifs en ferrite, perlite, bainite, ou martensite, ainsi que
Pour évaluer les conditions de transformation intermédiaires
la baisse régulière de dureté finale lorsque la vitesse de refroidis-
(souvent les plus intéressantes), il faut passer par l’utilisation des
sement diminue et que les produits de transformation apparaissent à
diagrammes de transformation TTT ou TRC. Ces diagrammes et
plus haute température. Les chiffres portés sur ces diagrammes
leur mode d’utilisation sont largement présentés dans l’article
représentent les pourcentages de transformation de l’austénite, soit
[M 1 115] du présent traité, et nous n’en dirons que deux mots.
au cours d’un maintien isotherme, soit le long d’un refroidissement
Les diagrammes Température-Temps-Taux de transformation continu (ε pour le début, 50 % pour la mi-transformation de l’aus-
(TTT) schématisent dans un plan temps-température la progres- ténite).
sion de la transformation isotherme de retour de la phase stable à
chaud à la phase stable à froid. Ils sont réalisés à partir de petites Une nuance d’acier, austénitisée dans des conditions détermi-
éprouvettes, chauffées à la température désirée du domaine de nées, aura une trempabilité (latitude de traitement) d’autant
stabilité à chaud, portées très rapidement à la température de meilleure que son diagramme TRC sera repoussé vers les temps

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souvent insuffisantes pour garantir une qualité de traitement. Par


exemple, l’évolution de dureté superficielle qui caractérise une
900
Température (°C)

couche cémentée de 0,5 mm sur un acier ne peut être suivie que


sur coupe (destructive...), par des filiations de dureté rapprochées
AC3
800 et sous faible charge (0,5 kg maximum). De plus, une valeur plus
AC1 faible que prévue en peau peut être le résultat d’un enrichissement
A+F localement faible, ou au contraire trop élevé (accompagnant une
700 60 A+P forte teneur en austénite résiduelle). Le contrôle de la qualité de
55 40
30
couche peut exiger des filiations de teneurs en carbone réalisées à
A 20
5
50% la microsonde (figure 10), ou au minimum des examens structu-
600 raux pour savoir si une épaisseur de cémentation non conforme
5 aux spécifications est le résultat d’un enrichissement insuffisant ou
500
d’une trempe de sévérité insuffisante.
L’examen de faciès de rupture en cas d’avarie pourra aussi
50% A+B s’avérer nécessaire pour prendre en compte les risques inclusion-
400 naires, microstructuraux (réseaux de carbures, réseaux superficiels
Ms 10 de perlite dus à l’oxydation intergranulaire d’extrême peau), ou
20 70 70 65
A+M
300 encore les effets géométriques de congés. Par ailleurs, l’échelle de
l’analyse microstructurale (le micromètre) se heurte aux problèmes
de représentativité liés aux inévitables ségrégations héritées de
200 l’élaboration de l’alliage.
Enfin, l’évaluation des déformations géométriques au traite-
100 ment, avec tous les aléas liés à la gamme complète du produit,
représente sur certains types de pièces (pièces dentées par
HV 570 465 360 220 185
560 330 270 195 exemple) un travail de validation considérable, en atelier intégré
0 comme en sous- traitance.
1 10 100 103 104 105
Ces considérations montrent que l’optimisation d’un traitement
A austénite
B bainite 1 min 15 min 2h 8h peut conduire à des contrôles relativement lourds sur produits
C cémentite 2 min 1h 4h 24 h traités, et que ceux-ci ne peuvent être envisagés que lors de la
F ferrite mise au point du traitement... ou lors d’avaries suspectes.
Temps (s)
M martensite On doit donc s’orienter, notamment pour les séries importantes,
P perlite Grosseur du grain austénitique : vers un contrôle renforcé de process. Ce contrôle doit porter sur
15 µm (indice 8-9)
les fours de traitement comme sur les moyens de trempe. Pour les
fours, la précision des cycles thermiques, les configurations des
Figure 7 – Diagramme TRC de l’acier 35 Cr Mo 4 austénitisé à 850 oC montages de pièces (risques de fluage) et la qualité des atmos-
phères sont effectivement primordiales. Pour la trempe, les causes
de dérive sont plus subtiles : montages de pièces inadaptés, bras-
sage insuffisant ou trop violent du milieu de trempe, instabilité de
la drasticité de ce milieu sur toute la plage de températures,
importants et les températures basses. Cette bonne trempabilité se
phénomènes de caléfaction mal gérés (interférence de bulles de
paye généralement en éléments d’addition adéquats (figure 8),
vapeur issues d’une pièce avec une voisine), lots de pièces présen-
l’autre voie, par grossissement du grain austénitique, étant sou-
tant des contraintes résiduelles importantes ou des dispersions de
vent défavorable aux propriétés de ductilité-résilience.
trempabilité... Ces causes de dérive nécessitent une capitalisation
Le durcissement structural des alliages donne également lieu à des risques à partir de traces correspondant à chaque lot traité.
des abaques permettant de choisir le meilleur compromis dans les
équivalences temps-température en dureté.
Les faisceaux de courbes de la figure 5 sont des exemples de ces 3.4 Dispersions attendues
diagrammes pour le durcissement structural des alliages d’aluminium
2014 (A U4 SG) et 6061 (A GS).
Les dispersions de caractéristiques structurales et mécaniques
On peut aussi synthétiser l’évolution au revenu (par exemple, après traitements dépendent du matériau, des moyens de trai-
pour une durée standard de 2 h) des principales caractéristiques de tement et des soins apportés aux modes opératoires et contrôles.
traction et résilience d’un alliage initialement trempé après des Au niveau du matériau, la réponse aux traitements peut être
conditions déterminées de mise en solution préalable. influencée par :
Ce type d’évolution est illustré à la figure 9 pour un acier 42 Cr 4 — les dispersions de composition chimique à courte et grande
trempé au départ en martensite. On y perçoit notamment la baisse échelles (macro et microségrégations) ;
relative de résilience KCV entre 200 et 400 oC de ce genre d’acier
trempé (fragilisation par le début de précipitation épitaxique de la — les corroyages insuffisants après solidification ;
cémentite). — les hétérogénéités de déformations à froid et les contraintes
résiduelles avant traitement.
Au niveau des moyens de traitement, il faut particulièrement
3.3 Moyens de contrôle surveiller :
au niveau produit ou process — l’homogénéité thermique des fours pendant le traitement, qu’il
s’agisse de la stabilité de fonctionnement après mise en route ou
Les premiers contrôles sur produits des résultats d’un traitement de la classe de précision du four : une classe 10 est souvent suffi-
thermique peuvent s’apprécier de manière non destructive par des sante, mais la classe 5 est, par exemple, indispensable pour certains
mesures de dureté sous forte charge, mais ces mesures sont durcissements structuraux des alliages d’aluminium ;

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C35 35Mn5 35Cr4

Température (°C)
800 800 800
A F A A F
F
P P
P
600 600 600

B
B
400 400 400
B

M M M
200 200 200

1 10 102 103 104 105 1 10 102 103 104 105 1 10 102 103 104 105
Temps (s) Temps (s) Temps (s)
35CrMo4 35NiCr11 35NiCrMo6

Température (°C)
800 800 800
A F A A
P
F
600 600 P 600

B B
400 400 400
B

M M M
200 200 200

1 10 102 103 104 105 1 10 102 103 104 105 1 10 102 103 104 105
Temps (s) Temps (s) Temps (s)

Figure 8 – Influence des éléments d’alliage sur la forme des diagrammes TRC d’aciers ayant une base à 0,35 % C : C 35, 35 Mn 5, 35 Cr 4, 35 Cr Mo 4,
35 Ni Cr 11, 35 Ni Cr Mo 16

— l’homogénéité (brassage) et la reproductibilité des atmos-


phères (potentiel carbone ou potentiel azote), notamment pour les 4. Grandes familles
traitements thermochimiques ;
— la qualité de préparation des surfaces à traiter, parti-
de traitements thermiques
culièrement pour les traitements thermochimiques ; industriels
— la distribution régulière et conforme aux usages des pièces
sur plateaux ;
— la reproductibilité des conditions de trempe à travers la
drasticité (vieillissement, température) et l’agitation des bains de 4.1 Recuits
trempe.
Au niveau des soins de suivi et contrôles, la supervision, l’auto- Les recuits, cycles lents avec passage à des températures relati-
matisation et la traçabilité des transferts de pièces et des vement élevées, peuvent être envisagés pour la plupart des allia-
conditions de traitement sont de plus en plus répandus, notam- ges métalliques avec différents objectifs :
ment pour les traitements en série. a - diminuer les hétérogénéités chimiques (les différents types
de ségrégations) résultant de la solidification du métal. Compte
tenu des conditions de diffusion en phase solide, ces recuits
Globalement, pour les traitements en série, on peut estimer nécessitent des maintiens prolongés à relativement hautes tempé-
qu’une dispersion des caractéristiques mécaniques élémen- ratures : on vise typiquement des chemins de diffusion, pour l’élé-
taires caractérisée par un rapport étendue/moyenne des résul- ment jugé trop ségrégé, de l’ordre de grandeur de la taille du grain,
tats de l’ordre de 10 % est encore raisonnable. à savoir une cinquantaine de micromètres. Ces maintiens de

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vers 700 oC de la perlite lamellaire en agrégats ferrite + cémentite


en globules) dont l’objectif est d’améliorer la ductilité du métal en
600 vue de plastifications délicates (risques d’instabilités de type
Rm (N/mm2)
Re (N/mm2)

2 000

Dureté (HV)
R Dureté chevrons lors d’opérations de filage). Ces traitements, générale-
ment long et coûteux (risques d’altération de peau), peuvent pré-
1 800 550 senter de multiples variantes suivant les matériaux et leurs
gammes. On peut aussi pratiquer des traitements d’adoucissement
1 600 500 en vue d’usinabilités délicates. Il est alors difficile d’arbitrer entre
Re certains aspects métallurgiques liés « à la matière » (distribution et
morphologie des sulfures favorables à la fragmentation du copeau,
1 400 450 réduction de la fraction volumique et de la nocivité des oxydes
durs, morphologie de certains constituants...) et l’optimisation des
1 200 400 paramètres de coupe.

1 000 350

KCU (daJ/cm2)
65 18 4.2 Trempes
A (%)
Z (%)

60 16
55 14 Ces opérations d’obtention de structures hors d’équilibre
50 12 peuvent être envisagées soit pour obtenir – cas des aciers de trai-
tement thermique – des produits de transformation martensitiques
45 10
A ou bainitiques, soit pour figer la composition résultant d’une mise
40 8 en solution préalable à un traitement de vieillissement. On distin-
35 6 gue aussi les trempes dans la masse, les trempes superficielles et
30
KCU 4 les trempes localisées pour réduire les distorsions.
25 Z 2 Les trempes dans la masse [M 1 125] de pièces usinées en acier
sont réalisées sur des nuances dont la trempabilité est adaptée aux
20 0
100 200 300 400 500 600 700
dimensions de la pièce et aux structures souhaitées (généralement,
Température (°C) martensite superficielle et bainite à cœur). La trempe peut mettre
Z striction à la rupture
en œuvre des installations comportant, juste derrière le four
d’austénitisation, des bacs d’huile chaude brassée, des bacs d’eau
avec modérateur (aquatrempe), des bains de sel ou des soufflantes
d’air.
Figure 9 – Évolution des caractéristiques mécaniques
d’un acier 42 Cr 4 trempé et revenu 2 h à différentes températures Il existe des abaques donnant, pour ces différents milieux de
trempe, les cycles de refroidissement à différentes profondeurs de
différents diamètres. Pour obtenir une structure entièrement mar-
tensitique dans une pièce, il suffit que la plus faible vitesse de la
pièce dans la plage 800-300 oC soit supérieure à la vitesse critique
plusieurs heures, à des températures absolues de l’ordre de 80 %
de trempe martensitique de la nuance envisagée [4].
de la température de fusion, conduisent à des structures grossières
qu’il faut ensuite affiner par écrouissage et recristallisation, ou par De façon générale, la superposition des lois thermiques per-
normalisation(s) dans le cas des aciers ou fontes [M 1 145] à trans- mises par le milieu de trempe aux diagrammes TRC des diverses
formation allotropique. Il arrive fréquemment que des « effets de nuances envisagées (en respectant les conditions d’austénitisa-
mémoire » sur des veines particulièrement ségrégées en impuretés tion), permet de prévoir structures et duretés finales. Il ne faut évi-
rendent difficile la restauration d’un grain fin et homogène, ou de demment pas oublier d’anticiper l’effet du ou des revenu(s)
structures considérées comme saines pour un usinage ultérieur. complémentaire(s), tels que l’on peut les trouver sur des abaques
Les risques d’interactions surfaciques peuvent justifier une atmo- généralement disponibles (figure 9).
sphère contrôlée. Pour certaines pièces peu usinées, on peut envisager des prélè-
b - affiner la taille du grain. Ce résultat ne peut être atteint que vements dans des barres prétraitées chez le sidérurgiste ou dispo-
par un écrouissage (laminage, forgeage intermédiaire) suivi de nibles à l’état durci dans le Négoce [5].
recristallisation à chaud, ou par passage des températures de La trempe peut être une opération à risques, notamment pour
transformation pour les métaux et alliages présentant une (ou des) les aciers : risques de tapures ou de ruptures différées pour les
transformation(s) allotropique(s). Typiquement, pour les aciers nuances à forte teneur en carbone, risques de déformations diffi-
relativement peu alliés de construction métallique ou de traitement ciles à corriger par redressage ou usinage... aussi s’arrange-t-on
thermique, on désigne par recuit de normalisation un maintien de pour choisir le milieu de trempe le moins drastique compatible
l’ordre de l’heure vers 900 oC suivi de refroidissement naturel à avec la structure cherchée ou avec les limites de précipitation
l’air. Une taille de grain de l’ordre de 20 µm (indice ASTM 8) est d’une solution sursaturée (hypertrempe des aciers inoxydables
alors considérée comme fine. Une telle normalisation peut aussi austénitiques, préalable à un durcissement structural...). Les
être mise en œuvre pour « effacer » les conséquences métallurgi- risques importants de rebuts après trempe liés aux déformations
ques d’un écrouissage intermédiaire. Par exemple, les différents d’ossature des pièces ont justifié de nombreuses modélisations
codes de construction des appareils à pression (constructions numériques [13] basées sur une prévision des distributions de tem-
chaudronnées) définissent les déformations en formage à froid pératures pendant toute l’opération, une estimation des cinétiques
admissibles pour pouvoir éviter une normalisation complémen- d’évolution structurales et enfin une évaluation du comportement
taire (de l’ordre de 5 % pour les aciers peu alliés). Des précautions rhéologique du métal en cours de trempe.
particulières sont nécessaires sur les grosses pièces afin de limiter
l’oxydation de surface et les contraintes résiduelles. ■ Les trempes superficielles [M 1 205] font suite à des chauffages
c - provoquer la formation de structures favorables à certaines dans le domaine de stabilité à chaud, suffisamment prolongés pour
opérations de mise en œuvre. Par exemple, la mise en forme à transformer l’épaisseur désirée de métal, et suffisamment brefs
froid d’aciers à moyenne teneur en carbone (0,4 %) exige souvent pour que la chaleur ne gagne pas le cœur par diffusion thermique.
un recuit de globulisation (transformation en une dizaine d’heures On peut apprécier l’influence de la conduction thermique à travers

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le paramètre (at )1/2, où a = λ /ρ c est la diffusivité thermique du


métal (λ conductibilité thermique, ρ c produit de la masse volumi-
que et de la capacité thermique), et montrer qu’il faut mettre en 0,8 900

Dureté (HV)
Teneurs C et N (%)
œuvre de forts flux surfaciques de chauffage. En revanche, les dif- Carbonitruration et trempe
ficultés de mise en solution du fait des courtes durées de diffusion à l'huile chaude
800
au chauffage (quelques secondes à dizaines de secondes) nécessi- 30 0,6

Austénite résiduelle γr (%)


tent des abaques propres à chaque source de chauffage et à chaque
alliage considéré.
700
20 0,4
■ Les sources de chaleur [M 1 240] à densité de puissance suffi- C
sante pour permettre ces traitements localisés superficiels ou dans γr
600
la masse sont de différents types : chalumeau (plus guère utilisé), 10 0,2
inducteur à courant MF (quelques kHz) ou HF (100-200 kHz), faisceau Dureté
laser CO2 ou YAG (quelques kW), faisceau d’électrons, torche à N 500
plasma... Le chauffage est généralement interrompu par une trempe
0 0
sous douche d’eau, plus rarement par un mode de trempe moins 0 0,2 0,4 0,6
sévère justifié par l’importance relative du refroidissement par Profondeur (mm)
conduction. Ces types de traitement peuvent se justifier aussi bien
lorsque l’on veut durcir la partie externe d’un gros outil de mise en
forme ou une paroi mince de pièce de forme complexe, que lorsque Figure 10 – Profils d’enrichissement en carbone et azote,
l’on souhaite renforcer sur pièce mécanique un congé à forte profil d’austénite résiduelle, et profil de dureté sous la surface
concentration de contraintes en service [6]. d’une pièce en acier 27 Cr Mo 4 carbonitruré 2 h à 900 oC

4.3 Revenus ou vieillissements 4.4 Traitements thermochimiques


Nous avons déjà mentionné que tous les traitements thermo-
Cette vaste famille de traitements à relativement basses tempé-
chimiques ne peuvent être considérés comme des traitements
ratures peut être mise en œuvre soit après une transformation
thermiques, notamment ceux avec enrichissement métallique
martensitique, pour doser les compromis dureté-ductilité (cas des
comme la chromisation, l’aluminisation ou la shérardisation
aciers de traitement), soit pour durcir par précipitation au vieil-
(apport surfacique de zinc).
lissement les solutions solides sursaturées (cas des alliages d’alu-
minium, par exemple). Les principaux traitements thermochimiques avec évolution
oC structurale profonde concernent les aciers : cémentation, carbo-
Certains revenus de martensite au-dessous de 200 ont surtout nitruration, nitruration, nitrocarburation. Cémentation et carboni-
pour objectif de relaxer les tensions résiduelles à l’échelle de la truration concernent de gros volumes (notamment les engrenages
maille, ou de favoriser la désorption d’hydrogène après une opé- mécaniques) et sont souvent réalisés en atelier intégré. Nitruration
ration de soudage ou un dépôt électrolytique : on les qualifie de et nitrocarburation sont plutôt réalisés à façon mais aussi en série
revenus de détente. pour améliorer le comportement tribologique de pièces méca-
La plupart des aciers de traitement thermique ou des aciers à niques.
outils subissent après trempe des revenus de une à deux heures à Ces traitements comportent tous un enrichissement superficiel
des températures comprises entre 450 et 600 oC, d’une part, parce en atomes interstitiels : carbone ou (et) azote, à la base du durcis-
que les premiers stades de précipitation de la cémentite au-des- sement ultérieur.
sous de 300 oC peuvent être fragilisants, et d’autre part, parce que
la précipitation des carbures alliés au-dessus de 650 oC n’est géné- Un exemple courant de profil superficiel de carbonitruration est
ralement plus suffisamment durcissante (carbures coalescés). On donné par la figure 10.
évite aussi en général des séjours prolongés vers 500 oC pour évi-
ter la fragilité réversible de revenu [14]. Alors que cémentation et carbonitruration sont réalisées vers
900 oC et suivies de trempe, la nitruration et la nitrocarburation
Les revenus de durcissement structural nécessitent de bonnes sont généralement réalisées en phase α vers 570 oC avec un
précisions en température (fours de classe 5) et sont réglés à partir durcissement superficiel correspondant à la superposition d’une
d’abaques fixant les différents domaines de précipitation des couche de diffusion et d’une couche très fine de combinaison
phases métastables. Ces revenus peuvent être précédés d’un constituée de nitrures γ ′ ou (et) ε. La nitruration est généralement
écrouissage (tréfilage sur fil par exemple) pour accélérer la ciné- pratiquée sur des nuances spécifiques, alliées avec des éléments
tique de précipitation (alliages de cuivre). formant facilement des nitrures (chrome, vanadium, aluminium) et
trempées-revenues avant nitruration.
Dans d’autres cas, on procède à 2 revenus successifs (alliages
d’aluminium), voire à 3 revenus successifs, comme c’est le cas L’épaisseur enrichie dépend évidemment de l’application et doit
pour les aciers à coupe rapide de type 6-5-2 (revenus vers 550 oC être d’autant plus forte que les pressions de contact sont élevées
de déstabilisation de l’austénite résiduelle et d’adoucissement de (typiquement, le quart du module d’un pignon travaillant sous
la martensite apparue en fin de revenu précédent). 1 500 MPa). Les durées de traitement, régies par la diffusion des
interstitiels, sont en proportion : de quelques heures pour les trai-
Dans certains cas de détensionnement, un revenu rapide par tements peu profonds (typiquement : 0,5 mm pour la cémentation,
induction un peu surindexé peut être substitué à un maintien 0,2 mm pour la nitruration) à plusieurs jours pour les profonds
prolongé à plus basse température. (2 mm pour la cémentation de gros pignons, 1 mm pour la nitrura-
tion de pignons de rotor d’hélicoptère rectifiés en final).
De façon générale, les revenus à moins de 600 oC ne posent
guère de problèmes industriels autres que ceux relatifs à l’homo- Fonctionnellement, cémentation ou carbonitruration permettent
généité et à la précision de températures souhaitées (quelques une bonne résistance à l’usure, une bonne tenue à la fatigue-
degrés Celsius pour certains alliages d’aluminium)... et à la taille flexion et à la fatigue de surface, tout en préservant une certaine
des installations. ductilité-résilience du cœur de pièce par un choix de nuances peu

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On ne saurait conclure cette présentation générale sans


rappeler que la plupart des traitements thermochimiques néces-
sitent des précautions de mise en œuvre pour des raisons de
sécurité :
— instabilité de certains sels pouvant conduire à explosion en
cas de surchauffe, mélange lors du passage d’une pièce d’un
bain à l’autre, contact avec de l’eau... ;
— toxicité de certains bains cyanurés ou d’atmosphères
contenant de l’oxyde de carbone ;
— risques d’explosion avec des atmosphères riches en hydro-
gène et oxyde de carbone, ce qui impose une surpression dans
les fours et des rideaux de flammes à leurs portes ;
— inflammabilité des huiles de trempe pouvant provoquer des
incendies lors de l’immersion de pièces chaudes ou de l’intro-
duction accidentelle d’eau ;
— pollution par évaporation ou égouttage de l’huile de
trempe, ce qui pousse à l’utilisation de la trempe au gaz sous
pression (15-20 bars).
La normalisation de ces aspects environnementaux jouera
sans doute un rôle important dans les développements relatifs
Figure 11 – Vue générale d’un four continu de carbonitruration des différentes technologies de traitement.
à 2 files de plateaux du type de ceux utilisés
dans les ateliers intégrés de la construction mécanique automobile
4.5 Procédés plus récents
Grâce aux évolutions intervenues dans les vingt dernières
alliées à teneur limitée en carbone. Le problème majeur reste les années, notamment pour le traitement des aciers à outils, on
déformations à la trempe, déformations qui peuvent nécessiter assiste au développement des traitements sous basses pressions
de coûteuses opérations de reprise ou des trempes sous presse [15].
(pièces bridées pendant l’opération). La trempe à l’huile chaude
La figure 12 donne un aperçu, dans le plan niveau de vide-
reste la plus utilisée, mais la trempe au gaz, déjà mise en œuvre
température, des différents procédés de traitement d’aciers dans
sur les fours sous vide se développe sur pièces peu volumineuses.
diverses installations sous basses pressions : procédés purement
Suivant la géométrie des pièces et la taille des séries traitées, on
thermiques (mise en solution, recuit, trempe, revenu), procédés
peut avoir recours soit à des fours batchs, soit à des fours continus
thermochimiques (cémentation, nitruration), procédés de dépôt
(fours poussants multifiles du type de celui présenté figure 11).
(PVD, CVD, PaCVD). Les chevauchements dans la plage de tempé-
Les atmosphères cémentantes sont soit à base de CO (gaz endo-
rature 850-1 200 oC permettraient l’exécution conjointe, dans une
thermique ou mélange azote-méthanol craqué), soit avec injections
même chaude, de différents procédés rappelés en bas de
dosées de propane sous faible pression partielle, le potentiel-
figure 12.
carbone étant régulé et ajusté par des additions de gaz naturel. En
atelier intégré dans les usines de mécanique automobile, on arrive Les procédés sous basses pressions sont pratiqués dans des
à des capacités de cémentation de l’ordre de une tonne par heure fours à disposition verticale ou horizontale, présentant le plus sou-
pour un four continu à 2 files, du type de celui représenté à la vent plusieurs chambres (modules indépendants reliés par un sas),
figure 11 et à des prix de cémentation pour des épaisseurs enri- avec une gestion complètement supervisée autorisant une marche
chies de 0,5 mm de l’ordre de 0,2 € par kilogramme de pièce trai- quasi continue ou adaptée au flux de fabrication. Le confinement
tée. Typiquement, ce prix peut être multiplié par 10 pour des pièces thermique et réactionnel, couplé à une trempe au gaz sous forte
traitées à façon en petites séries, ou pour des traitements pro- pression dont l’efficacité peut avoisiner celle de la trempe à l’huile,
longés en forte épaisseur enrichie. permet une intégration écologique dans les lignes de fabrication.
La nitruration des pièces en acier peut être réalisée soit en La « cémentation basse pression » et la cémentation accélérée
atmosphère gazeuse à base d’ammoniac, soit sous plasma d’azote par enrichissement à saturation sous faible pression partielle
en nitruration ionique. Ces traitements sont généralement réservés d’hydrocarbures (propane ou acétylène) sont déjà industrialisées à
à des nuances particulières (notamment pour éviter un trop fort grande échelle, y compris dans les ateliers intégrés de la méca-
adoucissement lors des maintiens prolongés de nitruration) et nique et de l’industrie automobile où ils sont devenus compétitifs
nécessitent une bonne maîtrise de la température et de la structure avec les fours poussants traditionnels. Les cycles alternés et super-
de la couche de combinaison (porosités, contraintes résiduelles, visés, d’enrichissement en carbone et de diffusion, permettent de
adhérence). Les installations industrielles de nitruration sont géné- moduler les profils d’enrichissement tout en améliorant la flexibi-
ralement moins capacitaires que celles de cémentation et les coûts lité des installations.
nettement plus élevés, même pour une épaisseur conventionnelle L’activation réactionnelle par plasma froid semble plus promet-
limitée à 0,2 mm. teuse pour la nitruration (nitruration ionique) que pour la cémen-
tation (cémentation ionique, autorisant notamment d’intéressants
La nitrocarburation est une variante de la nitruration avec traitements d’alésages étroits).
couche de combinaison ε enrichie en carbone par diverses addi-
tions (CH4 , gaz endothermique...). Elle est pratiquée en atmos- Une nouvelle génération d’installations à plasma pulsé (du type
phère gazeuse ou en bain de sel, généralement en faible épaisseur, de celle présentée figure 13) rend possible de nombreux traite-
pour améliorer le comportement tribologique de pièces mécani- ments thermochimiques simples ou « duplex » (combinaison d’une
ques en contact ou lorsque l’on cherche un durcissement superfi- sous-couche durcie en profondeur et d’un dépôt mince antiusure
ciel sans risques de déformations. Ces traitements sont souvent ou tribologique). L’assistance plasma (PaCVD) permet notamment
réalisés en petites séries chez des traiteurs à façon. de déposer sur une couche nitrurée des couches minces très adhé-
rentes de TiN, carbures divers feuilletés, ou carbone amorphe (DLC
On trouvera finalement plus de détails sur ces traitements dans à très bas coefficient de frottement, y compris pour des pièces mal
l’article [M 1 225]. lubrifiées).

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T (°C) Traitement de Traitement


durcissement de mise
1 600
par trempe en solution
Frittage (HIP)
1 400
Frittage
1 200
HT-Brasage
CVD
1 000
Bombardement
Laser
ionique +
800 Cémentation
Recuit sous pression
réduite
600

Revenu
PVD
400
Bombardement
200 ionique
- CVD
- Nitruration
0 Exemple de four multitraitement à 3 chambres (cémentation basse
10–6 10–4 10–2 10 102 104 p (mbar) pression, cémentation ionique, divers traitements sous vide)
En tireté, zone extrapolée
Figure 13 – Vue générale d’un four de nouvelle génération
Combinaisons des procédés de traitement en fours sous vide
- Traitement de durcissement par trempe et revenu
- Traitement de durcissement par trempe suivie d'un revenu et sentent ou non des transformations allotropiques ou sont propices
d'une nitruration par bombardement ionique à un durcissement structural par précipitation de particules dans
- Brasage suivi de divers traitements (traitement de durcissement une matrice sursaturée.
par trempe suivi d'un revenu et/ou de nitruration par
Les traitements des aciers représentent un poids économique
bombardement ionique)
- Cémentation et traitement de durcissement par trempe
considérable, bien que seulement 5 % des fabrications en acier
- Nitruration par bombardement ionique suivie de PaCVD mettent à profit ces potentialités. Pour d’autres alliages, comme
- Traitement de durcissement par trempe suivi d'un revenu, d'une ceux mis en œuvre dans les turbomachines, les traitements joints
nitruration par bombardement ionique et de PaCVD à des dépôts à chaud adéquats jouent un rôle essentiel dans la
valorisation de l’alliage.
Figure 12 – Procédés de traitements en fours sous vide [15] En dehors des traitements de type thermomécanique où les
changements de phase opèrent avec une certaine mémoire de
l’écrouissage dans la phase mère antérieure, on peut distinguer les
traitements dans la masse, les traitements de surface ou localisés
Le renouvellement des conceptions fonctionnelles et l’inté- sans enrichissement, et les traitements thermochimiques. Ces
gration industrielle des installations de traitement thermique, traitements peuvent être réalisés chez un traiteur à façon, dans un
avec notamment une part croissante de la supervision automa- atelier intégré pour les gammes des pièces fabriquées en grande
tisant leur fonctionnement, joueront sûrement un grand rôle série, voire dans la chaude de forgeage pour la préparation des
dans les prochaines décennies. mises en forme intermédiaires.

DLC Diamond Like Carbon.


Les tendances « au juste nécessaire fonctionnel » et au « flux
tendu » (intégration complète du traitement dans la gamme et la
ligne de fabrication) semblent s’accentuer, notamment pour les
pièces de série. Elles devraient converger vers des traitements
5. Conclusions localisés aux surfaces fonctionnelles et vers plus de développe-
ments sur les techniques d’assemblage multimatériaux. On peut
Les traitements thermiques des alliages métalliques se sont aussi mentionner des tendances à la réduction des coûts par le
beaucoup diversifiés depuis leurs premiers développements sur choix de matériaux plus adaptés à la simplification des gammes, la
pièces en acier destinés soit à faciliter les opérations de mise en suppression des usinages de finition des surfaces non fonctionnel-
forme, soit à durcir le produit final. Ils contribuent maintenant à les, l’évolution vers le « near net shape », les traitements dans la
une valorisation de certaines nuances par une adaptation de la chaude de forge. Le renouvellement des conceptions des fours de
structure micrographique aux principales étapes de la gamme traitement industriels, l’amélioration de leur fiabilité et automatisa-
d’élaboration d’une pièce, puis à ses propriétés d’emploi. Ces tion, ainsi que le couplage dans une même installation de traite-
structures d’emploi peuvent concerner d’ailleurs toute la pièce ou ments et revêtements adaptés aux besoins fonctionnels des pièces
être localisées aux surfaces fonctionnelles (la denture d’un engre- devrait aussi constituer un axe important de développement pour
nage, par exemple) dans une optique de réduction des coûts ou de la prochaine décennie.
simplification des gammes et flux de production des pièces réali- Parallèlement à ces développements industriels « lourds »,
sées en série. certaines applications de pointe (industrie spatiale, Formule 1...)
Les principales variantes de traitements industriels couvrent : les continueront évidemment à justifier des matériaux et traitements
traitements d’homogénéisation, les recuits de restauration-recris- de faveur (alliages exotiques affinés par refusion sous vide, nitru-
tallisation, les recuits d’adoucissement ou de régénération de rations profondes avec rectification de couche blanche, traitements
grain, les trempes et revenus, les vieillissements de durcissement multiples combinés à des revêtements tribologiques...), prolon-
structural, les traitements thermochimiques. Ces traitements sont geant ainsi la longévité des métaux et alliages par rapport aux nou-
évidemment différemment distribués suivant que les alliages pré- veaux matériaux (polymères, composites, céramiques).

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