Vous êtes sur la page 1sur 62

UNIVERSITÉ PRIVÉE

INSTITUT DES TECHNOLOGIES APPLIQUEES D’AFRIQUE -ITA, BAMAKO

GEOLOGIE DU PETROLE

LICENCE III
MINES ET GEOLOGIE
MR. KONE SIDIKI sidikikone6@gmail.com
ANNÉE UNIVERSITAIRE 2020/2021
Chapitre 1 : Introduction générale

Chapitre 2 : Environnements sédimentaires et matière organiques

PLAN Chapitre 3 : Environnements des hydrocarbures

Chapitre 4 : Formation des hydrocarbures

Chapitre 5 : Exploration des gisements hydrocarbures


CHAPITRE 4 :

FORMATION DES
HYDROCARBURES

MR. KONE SIDIKI


CHAPITRE 4 : FORMATION DES
HYDROCARBURES

4.1. Introduction

4.2. Accumulation de la matière organique

4.3. Maturation de la matière en hydrocarbures

4.4. Piégeage des hydrocarbures

4.5. Différents types d’hydrocarbures

4.6. Cas particulier du charbon


4
4.1. Introduction

Les hydrocarbures se sont formés sous la surface de la terre, par suite de la


décomposition des restes d'organismes vivants. Les restes de minuscules d’organismes
vivants dans la mer et dans une moindre mesure, ceux des organismes terrestres qui sont
entraînés vers la mer par les rivières et des plantes qui poussent sur le fond des océans,
sont mélangés aux sables fins et aux sédiments qui se déposent sur le fond des bassins
marins.

5
4.1. Introduction

Les hydrocarbures sont les produits de l'histoire géologique d’une région et


particulièrement de la succession de trois conditions :
Les principales étapes de la formation des gisements d’hydrocarbures sont :
✓ L'accumulation de matière organique ;
✓ Maturation de la matière organique en hydrocarbures ;
✓ Piégeage des hydrocarbures.

6
4.1. Introduction
Gradients de température et de pression dans les bassins sédimentaires

FLUX GEOTHERMIQUE

-Le flux géothermique : flux de dissipation de la chaleur interne de la Terre à travers la


surface terrestre. => en moyenne : 65 mW/m2.
NB : à titre de comparaison, le flux d’énergie solaire arrivant sur terre est de 342W/m2.
-Le flux géothermique est dû :
1) au refroidissement progressif de la Terre qui était plus chaude au moment de sa
formation ;
2) à la chaleur dégagée par les réactions de désintégration des minéraux radioactifs
dans les sédiments et sous les sédiments.
7
4.1. Introduction
GRADIENT GEOTHERMIQUE
-Le résultat de cette dissipation de la chaleur est l’existence d’un gradient géothermique
qui correspond à l’augmentation de température en fonction de la profondeur.
-La relation entre gradient géothermique et flux géothermique est donnée par la loi de
Fourier :
H : flux géothermique
G : gradient géothermique
λ : conductivité thermique

8
4.1. Introduction
PRESSIONS

-Pression : force par unité de surface


-Loi de Terzaghi :
4.1. Introduction
Gradients de température et de pression dans les bassins sédimentaires

10
4.2. Accumulation de la matière organique

Nous avons vu précédemment, qu'il y a deux sources principales de sédiments dans un


bassin océanique :
✓ la charge terrigène provenant de l'érosion des continents, qui se dépose d'abord sur
les deltas et est ensuite dispersée sur le plateau continental où elle se dépose
préférentiellement dans la partie offshore du plateau. Puis finalement apportée au
pied du talus sur le glacis continental ;
✓ la charge allochimique provenant du bassin même, principalement de la couche de
plancton.

11
4.2. Accumulation de la matière organique

12
4.2. Accumulation de la matière organique

Dans le cas des allochimiques, cette quantité est représentée par la fraction de la
biomasse du plancton qui n'a pas été oxydée durant la sédimentation.
Ces quantités de matière organique peuvent atteindre les 10, 15 et même 20% du
volume du sédiment.
Compte tenu du grand volume de sédiments déposé, le volume de matière organique est
donc aussi très important.

13
4.3. Maturation de la matière organique en hydrocarbures
L'eau au-dessus du sédiment peut contenir une certaine quantité d'oxygène libre (O2);
c'est selon la circulation au fond du bassin.

14
4.3. Maturation de la matière organique en hydrocarbures
Par contre, dans le sédiment, le peu d'oxygène libre qu'il peut y avoir est rapidement
consommé par l'oxydation d'une partie de la matière organique.

15
4.3. Maturation de la matière organique en hydrocarbures
Ce qui fait que les conditions dans le sédiment deviennent rapidement des conditions
anoxiques, c'est-à-dire sans O2 ; on dit qu'il s'agit d'un milieu anaérobie.

16
4.3. Maturation de la matière organique en hydrocarbures
La matière organique, composée de carbone, hydrogène, oxygène et azote (CHON) est,
dans ce milieu, protégé de l'oxydation, mais non de l'action des bactéries anaérobies.

17
4.3. Maturation de la matière organique en hydrocarbures
4.3. Maturation de la matière organique en hydrocarbures

Ce méthane se forme dans


les couches supérieures du
sédiment ;
On dit qu'il s'agit d'un gaz
biogénique, parce qu'il est
le produit de la
dégradation biochimique.

19
4.3. Maturation de la matière organique en hydrocarbures

A mesure de l'empilement des


sédiments sur le plancher
océanique (ce qui se mesure en
milliers de mètres).

20
4.3. Maturation de la matière organique en hydrocarbures

A partir d'ici, les molécules


d'hydrocarbures vont devenir
de plus en plus complexes.

21
4.3. Maturation de la matière organique en hydrocarbures

Le schéma qui suit résume ce


qui se passe à mesure de
l'enfouissement et comment se
forme l'huile et le gaz.
L'axe horizontal du diagramme
exprime le pourcentage
d'hydrocarbures générés; l'axe
vertical, la profondeur
d'enfouissement.

22
4.3. Maturation de la matière organique en hydrocarbures

Sous les 1000 mètres, la


dégradation biochimique est
remplacée par une
transformation contrôlée par
l'augmentation de la
température ; c'est la
dégradation thermique.

23
4.3. Maturation de la matière organique en hydrocarbures

L'enfouissement conduit, d'une


part à une transformation
progressive du sédiment en roche
et, d'autre part, à la dégradation
thermique des kérogènes.

24
4.3. Maturation de la matière organique en hydrocarbures

Entre 2000 et 3000 mètres,


c'est là que le kérogène
produit le plus d'huile.

25
4.3. Maturation de la matière organique en hydrocarbures

Par contre, à partir de 2500


mètres, la production de gaz
s'accélère et devient
importante.

26
4.3. Maturation de la matière organique en hydrocarbures

La dégradation thermique
conduit progressivement à des
phénomènes de carbonisation
qui transforment les kérogènes
non transformés en huile ou en
gaz en résidus de carbone.

27
4.3. Maturation de la matière organique en hydrocarbures

On voit donc qu'il y a des conditions spécifiques d'enfouissement pour former


huile ou gaz.
En langage pétrolier, on appelle "fenêtre à l'huile" cette fourchette de
profondeurs ou se forme l'huile, et "fenêtre à gaz" là où se forme le gaz.
Ce qui explique aussi que dans un champ de pétrole il y a pratiquement toujours
de l'huile et du gaz.
Ces valeurs de profondeurs ne sont pas absolues; elles sont indicatives, car le
gradient géothermique peut varier d'une région à l'autre.

28
4.3. Maturation de la matière organique en hydrocarbures

A ce stade-ci, on est encore bien loin d'un champ de pétrole. Il faut satisfaire
encore à plusieurs conditions ; seules les deux premières conditions ont été
remplies : accumuler de la matière organique dans les sédiments protégés de
l'oxygénation, et avoir atteint les conditions d'enfouissement spécifiques à sa
transformation en pétrole.

29
4.3. Maturation de la matière organique en hydrocarbures
4.3. Maturation de la matière organique en hydrocarbures
4.3. Maturation de la matière organique en hydrocarbures
4.3. Maturation de la matière organique en hydrocarbures

Rappelons qu'au départ on avait quelque chose comme 10 ou 15% de matière


organique et qu'une partie seulement de cette matière a été transformée en
pétrole. La roche dans laquelle se forment les gouttelettes d'hydrocarbures est
appelée roche mère.
Il faut en arriver à ce que les gouttelettes se concentrent, en se déplaçant par
exemple. C'est le processus de la migration.

33
4.3. Maturation de la matière organique en hydrocarbures

En effet, les eaux souterraines se trouvent non seulement dans les couches
superficielles, mais aussi en grande profondeur où elles circulent très lentement.
34
4.3. Maturation de la matière organique en hydrocarbures
Migration des hydrocarbures

Nécessité de la migration
Les roches-mères sont généralement des roches imperméables
=> Impossibilité d’exploiter les roches-mères
Les hydrocarbures que l’on extrait des gisements de pétrole se trouvent dans des
roches poreuses et perméables (=Réservoirs)
=> les hydrocarbures ont donc subi une migration des roches-mères vers les
roches réservoir

35
4.3. Maturation de la matière organique en hydrocarbures
Si les hydrocarbures sont remobilisés après avoir été piégés (à la faveur de la
formation d’une faille par exemple) et re-migrent vers un autre réservoir (ou
s’échappent vers la surface), on parle de dismigration.

36
4.3. Maturation de la matière organique en hydrocarbures
La migration primaire
Le contexte de la migration primaire

-Si l’enfouissement est lent, l’eau des argiles a le


temps de s’échapper au fur et à mesure de la
compaction ⇒ Équilibre des pressions à la
pression hydrostatique ;
Niveau de séparation

des écoulements -Si l’enfouissement est rapide, la vitesse


d’échappement des fluides ne permet pas
d’équilibrer l’augmentation de pression lié à la
compaction => les argiles restent sous-compactées
(par rapport à une compaction normale à l’équilibre
hydrostatique) => l’eau des argiles est en
surpression (i.e > pression hydrostatique). 37
4.3. Maturation de la matière organique en hydrocarbures

La migration primaire

L’échappement des eaux de compaction permet-


elle d’expulser efficacement l’huile des roches-
mères matures ?
Réponse : NON !

-A la profondeur de la fenêtre à huile, la


majeure partie de l’eau à déjà été expulsée!

=> L’échappement des eaux ne suffit pas à lui


tout seul.
38
4.3. Maturation de la matière organique en hydrocarbures

La migration primaire

39
4.3. Maturation de la matière organique en hydrocarbures

La migration primaire/Résumé

-L’expulsion des HC de la roche mère dépend :


1) de la richesse en kérogène,
2) de la distribution spatiale du kérogène dans la roche-mère (donc de la
sédimentologie de la matière organique),
-L’expulsion se produit lorsqu’une certaine saturation critique en HC est atteinte
(~20%),
-Surpression et fracturation hydraulique sont les moteurs principaux de
l’expulsion.
40
4.3. Maturation de la matière organique en hydrocarbures
La migration secondaire

La migration secondaire concerne le déplacement des hydrocarbures à l’intérieur


d’un drain (horizon/unité réservoir) jusque vers sa destination finale (piège). 41
4.3. Maturation de la matière organique en hydrocarbures
La migration secondaire

42
4.3. Maturation de la matière organique en hydrocarbures
La migration secondaire
Origine des circulations d’eau dans les bassins

Circulation contrôlée par la topographie et la tectonique

43
4.3. Maturation de la matière organique en hydrocarbures
La migration secondaire
Origine des circulations d’eau dans les bassins

Expulsion d’eau par compaction des argiles

44
4.3. Maturation de la matière organique en hydrocarbures
La migration secondaire Origine des circulations d’eau dans les bassins

Convection thermique

45
4.3. Maturation de la matière organique en hydrocarbures
La migration secondaire/Résumé

❑ La migration secondaire est contrôlée à petite échelle par les forces


capillaires, la force d’Archimède et l’hydrodynamisme.
✓ Les forces capillaires et leur distribution vont dépendre de la taille et de
la distribution des pores (contrôle sédimentologique et diagénétique).
✓ La force d’Archimède est liée à la hauteur d’huile connectée dans le
drain (donc à l’épaisseur et l’inclinaison du drain et la longueur
imprégnée).
✓ L’hydrodynamisme dans le bassin est liée à compaction des sédiments,
au contexte géomorphologique et géodynamique du bassin.
46
4.4. Piégeage des hydrocarbures
Cette dernière étape est très importante car ce n'est pas tout d'avoir roche-mère,
migration et roche-réservoir, mais encore faut-il que les hydrocarbures soient
piégés, c'est-à-dire qu'il faut que le réservoir soit scellé pour empêcher la
migration de se poursuivre.
Il y a plusieurs situations géologiques qui fourniront ce piège.
De ce faite, on distingue quatre types de pièges principaux :
A)Piège structural de type anticlinal,
B)Piège structural de type faille,
C)Piège stratigraphique de type discordance et biseau sédimentaire,
D)Piège mixte associé à un diapir.
47
4.4. Piégeage des hydrocarbures
Piège anticlinal

48
4.4. Piégeage des hydrocarbures

Ces fluides sont un mélange d'eau, de gouttelettes d'huile et de gaz. A cause de la


barrière à la migration que forme la couche imperméable, les fluides
s'accumulent dans la partie haute du pli.
Il se fait une séparation des phases selon leurs densités respectives. Le gaz
occupera la partie la plus haute, suivi de l'huile puis de l'eau.

49
4.4. Piégeage des hydrocarbures
Piège contre faille

50
4.4. Piégeage des hydrocarbures

Des lentilles de roches ou de sédiments très perméables contenus dans des


couches imperméables peuvent aussi servir de pièges (partie inférieure droite du
piège structural C).
Par exemple, c'est la situation sur le delta du Mississippi où les sédiments
imperméables boueux, riches en matières organiques à l'origine, servent de
roche-mère et les lentilles de sable, de réservoirs.

51
4.4. Piégeage des hydrocarbures
Piège sous discordance angulaire

52
4.4. Piégeage des hydrocarbures
Piège contre diapir de sel

53
4.5. Différents types de gaz naturel

Il existe plusieurs formes de gaz naturel, se distinguant par leur origine, leur
composition et le type de réservoirs dans lesquels ils se trouvent. Néanmoins, le
gaz est toujours composé principalement de méthane.
Selon la profondeur et les types de gisements, le gaz peut être conventionnel ou
non conventionnel. Cela dépend de sa difficulté d’extraction et de sa mise en
exploitation. A l’inverse des gaz conventionnels piégés dans un gisement facile
d’accès, les gaz non conventionnels sont difficiles à extraire.

54
4.5. Différents types de gaz naturel

Les gaz conventionnels


▪ Le gaz conventionnel associé (A)
Le gaz associé est présent en solution
dans le pétrole et doit être séparé lors
de l’extraction de ce dernier.

55
4.5. Différents types de gaz naturel

Les gaz conventionnels


▪ Le gaz conventionnel non associé (B)
Le gaz non associé est présent dans les
gisements de pétrole mais il n’est pas
mélangé à ce dernier.
C'est la forme la plus exploitée de gaz
naturel.
Son processus de formation est similaire à
celui du pétrole.
4.5. Différents types de gaz naturel

Les gaz non conventionnels


Ils représentent d’importantes
réserves souterraines dont
l’exploitation demeure complexe et
coûteuse.
▪ Le gaz de charbon (C)
Le charbon contient naturellement
du méthane et du dioxyde de carbone
dans ses pores.
57
4.5. Différents types de gaz naturel

Les gaz non conventionnels


▪ Le Gaz de réservoir ultra-
compact (D)
Le gaz compact est emprisonné
dans des petits réservoirs
souterrains difficiles d’accès.

58
4.5. Différents types de gaz naturel

Les gaz non conventionnels


▪ Le gaz de schiste (E)
Certains schistes contiennent du
méthane issu de la dégradation du
kérogène présent dans le schiste et piégé
dans ses feuillets et micro-fissures. Mais
comme pour le gaz de charbon, il existe
deux grandes différences par rapport
aux réserves de gaz conventionnel.

59
4.6. Cas particulier du charbon

La formation des charbons diffère de celle des hydrocarbures, huile et gaz. Ils
sont issus des végétaux terrestres qui s'accumulent dans les zones anoxiques,
comme les grands marécages.
Progressivement, avec l'empilement et l'enfouissement sous les sédiments, les
volatiles (oxygène, hydrogène et azote) sont libérés et le carbone se concentre. A
la phase où le dépôt contient 50% de carbone, on a la tourbe.

60
4.6. Cas particulier du charbon

61
M-GARME

Vous aimerez peut-être aussi