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La thèse développée par F.

Fukuyama dans la fin de l’histoire est la suivante : « la démocratie


libérale et l’économie de marché sont les seules solutions viables pour les sociétés modernes (…)
l’histoire a donc un sens elle progresse et elle culmine dans l’Etat libéral moderne. »
Justification de la thèse : Fukuyama distingue deux moteurs essentiels alimentant le processus
historique qui sont complémentaires :
- le premier est d’ordre économique : c’est la science qui permet à l’histoire d’avoir une
direction et de progresser. Les progrès scientifiques et technologiques en ouvrant des
perspectives de production infinies, engendrent un ordre économique. La modernisation
économique est un processus cohérent, toutes les sociétés, qu’elles que soient leur histoire et
leur culture, doivent en accepter le cadre de référence. Le marché est finalement le stimulant le
plus efficace du développement économique.
- le second est d’ordre politique : les individus ne recherchent pas que leur bien-être matériel,
ils veulent aussi que soient reconnus leur dignité et leur statut. La démocratie libérale n’est alors
qu’une série d’institutions mises en place afin de garantir les droits universels reconnus aux
hommes dans les constitutions des démocraties développées.
Fukuyama établit d’ailleurs une complémentarité entre les deux moteurs :
- le développement économique est le meilleur moyen de promouvoir la démocratie , il
en est un préalable comme l’avait montré il y a 40 ans S.M. Lipset . A Prezeworski vient
récemment de démontrer qu’au-dessus d’un PIB/habitant de 6000$/an il n’y a pas d’exemple de
pays qui soit revenu à un régime autoritaire. L’Espagne, Taiwan, la Corée du Sud ont tous réussi
leur transition démocratique autour de ce chiffre magique.
- Inversement le meilleur moyen de promouvoir la croissance économique dans un pays
c’est de l’intégrer pleinement dans le système de commerce et d’investissement
capitaliste. Le consensus de Washington établit au début des années 90 postule ainsi qu’un
pays se développe plus rapidement s’il abaisse les tarifs douaniers, s’il met un terme aux
subventions publics, s’il privatise les entreprises d’Etat.

Liberté économique et PIB per capital

Conclusion de la thèse de Fukuyama : « la libéralisation des politiques économiques devrait


déboucher sur le développement des institutions démocratiques, qui devrait permettre d’élargir la zone
de paix démocratique et de garantir la sécurité des nations qui y prennent part »(Fukuyama)

Remarque : Selon lui le processus de mondialisation qui est en œuvre confirme et peut même accélérer
cette tendance qui lui paraît inéluctable pour trois raisons :
- il n’y a aucun modèle alternatif de développement qui puisse présenter de meilleurs
résultats. Le modèle dit de développement asiatique principal concurrent de la mondialisation
libérale a montré ses limites, plus personne n’osant faire aujourd’hui du Japon un modèle.
- - Avec la mondialisation la mobilité du capital a fortement augmenté condamnant les
politiques d’intervention publique visant à réguler le marché . Celui ci s’avère aujourd’hui
le système le plus efficace afin d’assurer la croissance et le développement.
- La mondialisation est , enfin, renforcée par la révolution des technologies de
l’information qui s’étend jusqu’aux endroits les plus reculés de la planète. Aucun pays
ne peut plus aujourd’hui se couper du commerce et des flux de capitaux internationaux sous
peine de se heurter au mécontentement de sa population formée dans une large mesure par sa
connaissance des richesses matérielles et culturelles existant au-delà de ses frontières.