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Rapport de stage

Licence Science du Vivant et de la Terre - L3


Stage effectué au sein de Réseau Ferré de France (RFF)

POREMBNY Ugo
Maitre de stage :
Nathalie VINCIGUERRA
Chef du Service Environnement et
Développement Durable (SEDD)

Durée  : Juillet/Août 2021


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TABLE DES MATIÈRES

Remerciemment.................................................................................................................4

Introduction........................................................................................................................7

1. L’Entreprise et son secteur d’activité..................................................................8

1.1. Présentation de l’entreprise...........................................................................................8

1.2. La politique de l’entreprise.............................................................................................8

1.3. Les missions de l’entreprise............................................................................................9

1.4. L’organisation de l’entreprise.........................................................................................9

1.4.1. L’Organisation générale.................................................................................................9

1.4.2. Les Directions générales...............................................................................................11

1.4.3. Les Directions régionales..............................................................................................11

2. Les Missions du Stage.......................................................................................13

2.1. Le Bilan Carbone®.........................................................................................................13

2.1.1. La Récolte des données.................................................................................................13

2.1.2. Le Plan d’action............................................................................................................14

2.2. La biodiversité de la petite ceinture ferroviaire parisienne..........................................16

2.2.1. Présentation de la petite ceinture.................................................................................16

2.2.2. Les acteurs sur le terrain...............................................................................................18

2.2.3. Les investigations.........................................................................................................19

2.2.4. Le cahier des charges et l’inventaire.............................................................................22

2.3. Les espèces invasives du réseau ferré..........................................................................24

2.3.1. Les especes invasives....................................................................................................24

2.3.2. Les plans de gestion......................................................................................................28

2.4. Les conventions d’entretien.........................................................................................30

Conclusion............................................................................................................................ 31

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1.

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REMERCIEMMENT

Au terme de ce stage, je sens le besoin d'adresser des remerciements à toutes personnes qui ont
contribué à l'exécuter.

Du tréfonds de mon cœur je remercie les autorités de l'université, ceux de la faculté de gestion et
de management, qui ont arrangé toutes démarches pour le déroulement du stage. Puisqu'il faut
aussi citer,je remercie mon tuteur, M.Fadi GHOREB qui m'a supervisie et suivi au quotidien durant
cette période.

Je remercie aussi le Directeur Général de l'Entreprise Droguerie de l'Union,qui 'a permis


d'effectuer le stage de deux mois.

Pour finir, je remercie tout le personnel de Droguerie de l'Union, pour l'intérêt qu'ils ont
manifestés à ma formation et surtout pendant ce stage et toutes les démarches de fin d'études

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INTRODUCTION

L’environnement et le développement durable sont des notions qui commencent à émerger au sein
des politiques d’entreprises depuis quelques années. Par obligation, objectif ou image, elles
s’intéressent aux enjeux qui y sont liés et s’y investissent de plus en plus. Réseau Ferré de France
(RFF) en est un parfait exemple.

RFF est un Etablissement Public à caractère Industriel et Commercial (EPIC), propriétaire et


gestionnaire du réseau ferré national de 30 000 km de lignes depuis 1997. C’est un acteur
important du marché ferroviaire qui vise à répondre de manière optimale aux réalités et aux enjeux
de celui-ci. Dans ce but, l’entreprise a notamment créé et fait grandir son Service Environnement et
Développement Durable (SEDD) pour qu’il régisse des thématiques grandissantes dont les
principaux axes sont le bruit, l’entretien et la gestion de la biodiversité de son réseau ferré.

C’est en intégrant le SEDD de la Direction régionale Ile-de-France comme stagiaire pour les mois de
Juillet et Août 2012 que j’ai pu enrichir mon expérience professionnelle. En effet, mon stage a été
orienté autour de 4 missions ayant pour thèmes : le Bilan carbone® de RFF ; la gestion des espèces
invasives du réseau ferré; la biodiversité de la petite ceinture ferroviaire parisienne ; l’actualisation
des conventions d’entretien des domaines ferroviaires. Ces missions m’ont été proposées par
Nathalie VINCIGUERRA (Responsable du service environnement et développement durable), mon
maitre de stage, ainsi que Joanne FORET (Chargée d’environnement), qui m’a suivi tout le long.

Ces deux mois m’ont ainsi permis d’appliquer, d’illustrer et de comprendre les notions abordées au
cours du cursus universitaire dans un contexte professionnel. J’ai notamment pu appréhender la
complexité d’inclure des problématiques environnementales dans une dynamique socio-
économique. La conception d’un projet nécessite en effet des échanges et des collaborations avec
divers organismes (collectivités, associations, bureaux d'étude…) afin de mettre en accord les
besoins avec les contraintes (mécaniques, financières, environnementales …) de chacun. D’autre
part, au-delà d’enrichir mes connaissances ce stage m’a permis de préciser mon projet
professionnel futur tant par le travail effectué que par les échanges avec les nombreux contacts que
j’ai pu avoir (ONF, Associations, Mairie...)

Ce rapport présentera tout d’abord Réseau Ferré de France de façon globale, sa politique, ses
objectifs et sa structure. Ensuite il aura pour but de détailler les missions effectuées afin d’exposer
les différents enseignements tirés des pratiques journalières. En conclusion seront repris tous les
apports de ce stage d’un point de vue personnel et leurs impacts sur ma vision de mon futur
professionnel.

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1. L’ENTREPRISE ET SON SECTEUR D’ACTIVITÉ

1.1.PRÉSENTATION DE L’ENTREPRISE

Fondée en 1946 avec une vision pour améliorer la santé et le bien-être du peuple libanais,
Droguerie de L'Union est depuis devenu un distributeur et un promoteur de premier plan de
produits pharmaceutiques ainsi que de fournitures hospitalières au Liban, représentant de grandes
entreprises multinationales et locales.

Dédiés au marché libanais, nous continuons à nous développer et à innover dans un environnement
économique concurrentiel et parfois exigeant.

Au cours des 70 dernières années, DDU est resté un agent fiable et de confiance pour tous ses
partenaires.

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1.2.LA POLITIQUE DE L’ENTREPRISE

Droguerie de L'Union à pour ambition de mieux se tourner vers l'avenir,

Ils ont réaligné leur équipe de direction pour leur permettre de mieux anticiper et de répondre
avec plus d'agilité aux besoins des partenaires avec une gouvernance solide des partenariats
construits.

Ils se sont basés sur l'approche renouvelée centrée sur le partenaire pour permettre de grandir
avec leur partenaires, d'anticiper les opportunités et les défis, et ainsi de leur adapter en
conséquence. Ils etaient toujours impatients d'élargir et de diversifier leur offre de portefeuille.

D'après leurs Capacités, réputation et héritage de DDU ils se sont associés à certaines des
multinationales et sociétés pharmaceutiques locales les plus innovantes et les plus prospères au
monde. Ces relations sont basées sur la crédibilité, une communication solide et un engagement
partagé à fournir les meilleurs soins de santé possibles.

1.3.LES MISSIONS DE L’ENTREPRISE

DROGUERIE DE L'UNION s'engage à fournir des produits pharmaceutiques, des consommables


médicaux et des instruments médicaux qui répondent aux exigences des clients, aux
exigences des fournisseurs et aux exigences réglementaires.
Ceci est assuré par la réalisation des principaux objectifs suivants :

Livraison dans les délais, en assurant :

 Disponibilité en magasin

 Réponse rapide aux commandes de vente

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Livraison de produits pharmaceutiques conformes aux exigences de conservation spécifiées
par :

 Surveillance du temps d'effacement

 Surveillance et contrôle des conditions de stockage

 Suivi et contrôle des conditions de livraison

Répondre rapidement aux demandes de service d'instruments médicaux et minimiser les


rappels.

DDU, dans son engagement à l'amélioration continue, exploite un système de gestion de la


qualité conforme aux exigences de la norme ISO 9001 et aux Directives sur les bonnes
pratiques de stockage et de distribution des produits pharmaceutiques au Liban.

1.4.L’ORGANISATION DE L’ENTREPRISE

Depuis plus de 30 ans, DDU est à l'avant-garde de la commercialisation, des ventes et du


support des fournitures hospitalières et des équipements médicaux. 

S'appuyant sur des décennies d'expérience en chirurgie, cardiologie, urologie, radiologie,


anesthésie et soins infirmiers, DDU maintient son avantage concurrentiel en ajoutant
régulièrement de nouveaux domaines d'expertise. Nous avons récemment étendu nos capacités
pour inclure la gestion de la douleur, la nutrition, la thérapie par perfusion et la sécurité
hospitalière. Grâce à une innovation constante, nous continuons à fournir un service supérieur
aux professionnels de la santé et à leurs patients.

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Promotion de ventes

La force de vente de HS promeut, vend et distribue une large gamme de fournitures


hospitalières. Nos équipes d'experts comprennent des professionnels de la vente et des
consultants médicaux concentrés sur des lignes spécifiques et segmentés par spécialité.

Ils couvrent les classes thérapeutiques ci-dessous :


- Matériel et accessoires chirurgicaux 
- Cardiologie interventionnelle
- Laparoscopie
- Soins des plaies 
- Radiologie et agents de contraste
- Thérapie par perfusion sûre
- Anesthésie
- Thérapie de la douleur 
- Nutrition 

Les experts commerciaux visent toujours à fournir les solutions les plus efficaces et les plus
avancées pour améliorer la santé des patients et la sécurité du personnel.

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Ils fournissent un soutien et un service continus aux hôpitaux par le biais d'interactions/contacts
continus et directs avec le personnel médical ainsi qu'avec le personnel chargé des achats. De
plus, en collaboration avec leurs partenaires, DDU a été un chef de file dans l'introduction de
programmes de prévention et de contrôle des maladies infectieuses dans les hôpitaux de
référence. Ces programmes sont axés sur la prévention des infections nosocomiales et sur la
sécurité des patients et du personnel.

2. Services de conseil

En tant que pionniers du marché dans la conception et la mise en œuvre de solutions de santé pour
leurs partenaires, ils proposent une large gamme de services fiables et éprouvés qui peuvent être
adaptés à tous les besoins spécifiques.

Ils donnent à leurs partenaires des analyses professionnelles et fiables qui leur permettent de
prendre les meilleures décisions possibles.

Les équipe de consultants a une longue expérience de projets d'optimisation de processus réussis
qui ont amélioré la sécurité, amélioré les résultats thérapeutiques et accru l'efficacité dans
l'ensemble de la chaîne de valeur de l'hôpital.

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2.1.1. LES DIRECTIONS GÉNÉRALES

Les Directions générales sont définies suivant des secteurs d’activités :

- La Direction générale « Commercialisation et Planification » 


- La Direction générale « Opérations »
- La Direction générale « Grands Projets » 
- La Direction générale « Finances et Achats » 
- La Direction générale « Stratégie et Gouvernance » 

Chaque Direction générale regroupe des objectifs qui la caractérisent. Les échanges entre elles
et avec les Directions régionales sont constants et primordiaux pour le développement et la
réalisation des projets.

2.1.2. LES DIRECTIONS RÉGIONALES

Il existe 12 Directions régionales qui permettent de connaître et de répondre aux besoins et enjeux
spécifiques de chaque région en matière de transport ferroviaire. Plus généralement, elles assurent
la représentation de RFF dans les régions et entretiennent les relations avec les partenaires locaux.
De plus, elles ont pour rôle de décliner les différentes politiques de l’entreprise dans tous les
domaines et de les appliquer à :

- L’exploitation et maintenance du réseau 


- L’utilisation et optimisation de la capacité du réseau
- La maîtrise d’ouvrage des investissements de développements et de renouvellement 
- L’aménagement et patrimoine 
- Les relations extérieures et communications 
- L’environnement et développement durable

Enfin, elles élaborent une stratégie régionale de développement des activités ferroviaire en
cohérence avec les politiques nationales. Elles contribuent ainsi à leurs définitions et à l’évolution
du réseau.

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3. LES MISSIONS DU STAGE

Le stage c’est axé autour de 4 missions :

- La conception du Bilan Carbone® de l’année 2011 de RFF avec un bureau d’étude


(Carbone4) ;
- La constitution d’un cahier des charges et l’identification de la biodiversité de la petite
ceinture ferroviaire parisienne ;
- L’élaboration de plans de gestion des espèces invasives du réseau ferré ;
- La prise de contact avec les collectivités en vue d’actualiser les conventions d’entretien du
réseau ferré d’Île-de-France.

3.1. LE BILAN CARBONE®

Suite à l’article 75 de la Loi Grenelle II, toutes entreprises de plus de 500 salariés, les collectivités
territoriales de plus de 50 000 habitants et les établissements publics de plus de 250 personnes, se
doivent d’établir le Bilan des émissions de gaz à effet de serre (GES) lié à leurs activités. Concernant
le secteur du transport et du déménagement, le texte précise :

« Toute personne qui commercialise ou organise une prestation de transport de personnes, de


marchandises ou de déménagement doit fournir au bénéficiaire de la prestation une
information relative à la quantité de dioxyde de carbone émise par le ou les modes de transports
utilisés pour réaliser cette prestation. »

RFF se doit donc d’établir le Bilan carbone® liés à ses activités.

3.1.1. LA RÉCOLTE DES DONNÉES

En collaboration avec le bureau d’étude Carbone 4, j’ai du récolter les informations relatives aux
émissions de carbone de la Direction régionale Île-de-France de l’année 2011. Plusieurs échanges
téléphoniques ont eu lieu avec le bureau d’étude afin d’établir les principaux postes à viser et de
suivre l’avancement de la mission.

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Sources : www.carbone4.com
Ces données récoltées ont été transférées dans le but d’être converties en émission de CO2 par des
logiciels performants. Des données en kilomètre, en tonne ou en euros (suivant les postes étudiés)
peuvent toutes être converties. A défaut de données, des estimations sont suffisantes pour le
bureau d’étude. En effet, certaines informations étaient plus difficiles à récolter que d’autres du fait
de l’absence de relevés (estimation du nombre de visiteurs pour l’année 2011 par exemple). J’ai
notamment réalisé des questionnaires à l’entrée du bâtiment pour tous les visiteurs RFF afin de
quantifier leurs nombres sur un mois. Cela m’a permis d’étendre cette valeur en corrélation avec le
nombre de réunions estimées sur l’année.

3.1.2. LE PLAN D’ACTION

Suite à la récolte des données, j’ai du élaborer une série de documents visant à mettre en place un
plan d’action de diminution des émissions de gaz à effet de serre (GES) pour la Direction Régionale
Île-de-France de RFF :

- Un document synthétique relatif aux recommandations pour la diminution des émissions de


GES ;
- Une série d’affiches « Développement Durable » dans le but d’informer les collaborateurs
internes ;
- Une plaquette dépliante permettant d’expliquer le Bilan Carbone® et les actions.

3.1.2.1. LES RECOMMANDATIONS : LE DOCUMENT SYNTHÉTIQUE

En m’appuyant sur le précédent Bilan Carbone® réalisé en 2008, je me suis intéressé aux principaux
postes d’émissions de GES. Pour chaque poste d’émission de GES j’ai élaboré un document mettant
en avant les actions à envisager ou à prolonger. Voici quelques uns de ces recommandations par
postes d’émissions :

- Les déplacements :
 Domicile/travail : mise en place d’une Plan de Déplacements d’Entreprise (PDE) dans
le but d’optimiser les déplacements en favorisant l’usage des modes de transports
alternatifs à la voiture individuelle (vélo, transports publics, covoiturage…)
 Professionnel : valorisation de la visioconférence, incitation à l’usage des transports
en commun, la formation à l’éco-conduite et le remplacement des véhicules de
fonctions par des motorisations du type hybride et électrique. Pour information, les
émissions de GES sont en moyennes par type de motorisations de :
 Essence : 221 kgépCO2 / 1000 km
 Diesel : 194 kgépCO2 / 1000 km
 Hybride : 104 kgépCO2 / 1000 km
 Electrique : 5.8 kgépCO2 / 1000 km

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- L’achat de produits et de services :
 acheter écoresponsable (produits de préférence rechargeables, issus du commerce
équitable et respectueux de l’environnement)
 utilise du papier écoresponsable (certifié et Ecolabel)
 réduire la consommation de papier et de fournitures (impression recto-verso,
archivage électronique, dématérialisation
 impliquer les prestataires et fournisseurs dans la démarche environnementale
(inciter à entrer dans une démarche de réduction des émissions, faire adhérer à la
charte carbone…)
- La consommation d’énergie :
 Régler de façon optimale de la climatisation et du chauffage
 Eteindre tous les appareils avant de partir
 Choisir des équipements labellisés et prolonger leurs durées de vie (Label Energy
Star du parc informatique…)
 Favoriser les imprimantes réseaux
 Utiliser un éclairage basse consommation (ampoule fluocompact)
 Favoriser les énergies renouvelables (fournisseurs vert)
 Mettre en place des gestionnaires de veille
 Mettre en place une mise hors-tension générale la nuit
 Revoir l’isolation des bâtiments ayant effectués des audits énergétiques (évaluer les
pertes de chaleur/froid et adapter l’infrastructure)
- La gestion des déchets :
 Généraliser le tri sélectif (achat de bacs de collectes et de précollectes, campagne
informative…)
 Favoriser le recyclage du matériel infrmatique (récupération du matériels,
redistribution du matériels…)

3.1.2.2. LES AFFICHES ET LA PLAQUETTE

En complément du document synthétique et en prévention des mesures qui seront à appliquer, il


m’a été demandé d’élaborer une série d’affiches informatives. Celles-ci seront disposées
stratégiquement suivant les informations véhiculées (limiter l’impression, gestion de l’énergie…).
Des ratios ont notamment étaient élaborer afin de concrétiser les données. Pour exemple :

- « C’est 2,6 tonnes de papier jetées soit 50 arbres adultes entiers coupés sur l’année par la
DR IDF (chiffre 2009). »
- « C’est 30 tonnes équivalent CO2 d’émissions de gaz à effet de serre générées sur l’année
par la consommation d’énergie de la DR IDF (chiffre 2009) soit 12 vols Aller/Retour Paris-
New York. »
- « C’est 1,2tonnes équivalent CO2 générées sur l’année par le traitement de fin de vie des
déchets pour la DR IDF (chiffre 2009) soit les émissions annuelles d’un appartement neuf de
65m² fonctionnant à l’électricité. »

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J’ai également réalisé une plaquette dépliable afin de mettre en avant les informations
importantes. Cette plaquette a pour but d’expliquer ce qu’est le Bilan Carbone®, les actions et de
but de celles-ci.

3.2.LA BIODIVERSITÉ DE LA PETITE CEINTURE FERROVIAIRE PARISIENNE

3.2.1. PRÉSENTATION DE LA PETITE CEINTURE

La Petite Ceinture de Paris est une ligne de réseau ferré national de 23km de long dont l’entretien a
progressivement diminué depuis l’arrêt des trains de voyageurs (1930) et des marchandises (1990).
Depuis 2006, RFF (propriétaire) et la SNCF (gestionnaire d’infrastructure délégué) ont attribués la
gestion à plusieurs associations d’insertion (Espaces, Interfaces, Halage et Etudes et Chantiers) qui
s’attachent à entretenir ces sites.

Ce réseau ferré est non exploité à l’exception de la partie Ouest empruntée par le RER C. Des trains
de travaux, d’entretien ou de vérification des ouvrages d’art circulent librement sur certaines
portions identifiées. Ce réseau ferré est potentiellement réutilisable pour le fret ou les transports du
fait de son non-déclassement. Il existe de nombreuses entrées sur l’ensemble de la structure qui ne
sont pas autorisées au public, l’accès nécessitant diverses autorisations.
Enfin, la petite ceinture fait état de conditions écologiques particulières, notamment des
paramètres biogéographiques comme le sol, l’ensoleillement ou encore l’influence de
l’anthropisation. Elle présente ainsi une biodiversité inhabituelle en milieu urbain : plus de 200
espèces végétales et au moins 70 espèces animales.

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3.2.2. LES ACTEURS SUR LE TERRAIN

L’entretien et la gestion de la petite ceinture est principalement réalisé par les associations
d’insertion conventionnées par l’Etat. Elles ont pour vocation de proposer une formation
diplômante CAPA TP (Certificat d’Aptitude Professionnelle Agricole Travaux Paysagers) à un public
éloigné de l’emploi.

Entretien par l’association d’insertion Interface du secteur d’aménagement Baron-le-Roy,


Paris 12ème
Les associations ont pour principaux objectifs :

- D’améliorer l’aspect visuel des sites en les nettoyants (ramassage et évacuation des
détritus) et en entretenant régulièrement les abords.
- De réaliser une gestion différenciée via des actions en faveur de la biodiversité qui
consistent à :
 Diversifier les habitats pour accueillir une importante diversité biologique ;
 Diversifier la structure de chaque habitat avec un souci de préservation et
d’amélioration de la biodiversité et de sécurité le long des voies ;
 Requalifier certains talus en espaces naturels ;
 Connaître la faune et la flore ;

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 Préserver et enrichir la biodiversité ;
 Limiter la présence d’espèces invasives ;
 Protéger le milieu et les espèces de l’impact de l’urbanisme ;
- Conserver l’aspect paysager des sites vis-à-vis des riverains et en fonction du
contexte urbain plus ou moins prononcé.
- De communiquer en informant et sensibilisant les usagers, les riverains et les collectivités à
la biodiversité et aux opérations menées pour la protéger (pose de panneaux d’informations,
organisation de visites guidées, organisation de chantiers bénévoles…)

D’autres acteurs plus secondaires interviennent également comme le Service d’Ecologie Urbaine
(SEU) de la Mairie de Paris ou encore l’Office National des Forêts (ONF). Ils ont un rôle majeur dans
le suivi des espèces et ils préconisent les mesures adéquates aux besoins de celles-ci (passages,
hauteurs des clôtures, ouvertures…) notamment dans un souci de continuité écologique (Trame
verte et bleue).

3.2.3. LES INVESTIGATIONS

Ce stage a été l’opportunité d’effectuer plusieurs visites (principalement dans la petite ceinture
ferroviaire parisienne) avec différents acteurs. Ont eux lieux :

- Une sortie de comptage des Pipistrelles dans le tunnel de la petite ceinture du secteur
d’aménagement Broussais (75014), avec la participation de l’ONF, du SEU et de l’association
Espaces ;
- Une sortie de présentation et d’état des lieux de la petite ceinture du secteur Baron-le-Roy
(75012) avec l’association Interface ;
- Un inventaire floristique réalisé par le Conservatoire botanique national du Bassin parisien à
Stains (93240), avec la participation de l’association Halage.

3.2.3.1. LE COMPTAGE DES PIPISTRELLES


Pipistrelle commune (Pipistrellus pipistrellus)
Le comptage des Pipistrelles a eu pour but de recenser les colonies présentes. Celles-ci viennent
(Photo : Philippe Favre, ONF)
dans ces tunnels durant la période hivernale afin d’hiberner. Des travaux de rénovation d’ouvrages
d’art ayant lieux au dessus de ces tunnels, l’ONF et le SEU surveillent les colonies et proposent des
mesures afin de limiter l’impact des travaux (vibration, son, fréquentation…). Certaines espèces
comme la Pipistrelle de Nathusius (Pipistrellus nathusii) sont en effet menacées (statut quasi
menacé dans la Liste rouge UICN régionale, métropolitaine et mondiale).

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Entrée
Pipistrelle
Est du
commune
tunnel à proximité
(Pipistrellus
depipistrellus)
la rue Didot
(Photo
(Photo
: Philippe
: S Milano,
Favre,
ONF)
ONF)
Le comptage auquel j’ai participé a permis de renseigner l’utilisation du tunnel comme gîte de
reproduction pour les Pipistrelles. Seuls 7 individus adultes isolés les uns des autres ont étés
recensés, probablement des mâles solitaires utilisant le site comme gîte diurne de repos. Ceci à
donc permis d’établir qu’il ne s’agissait pas d’un gîte de reproduction.

3.2.3.2. L’ETAT DES LIEUX DU SECTEUR BARON-LE-ROY

L’investigation du secteur Baron-le-Roy a quant à lui permis de faire un état du réseau de la petite
ceinture entretenu par l’association Interface. Guy Ruck, l’encadrant technique et membre de
l’association, nous a ainsi présenté la biodiversité du secteur et son mode de gestion des espèces
invasives (clématite des haies, buddleia de David…).

Talus et ballast du secteur Baron-le-Roy, Hôtel à insectes


Paris 12ème

En plus de l’entretien du secteur, l’association Interface a mis en place (comme plusieurs autres
d’entres elles) des hôtels à insectes. Il s’agit d’un aménagement conçu dans le but de loger et
d’abriter divers insectes qui font partis intégrante de la faune et donc de la biodiversité. Ce sont
également des acteurs majeurs dans le maintien et le développement de la flore car cette
microfaune est indispensable à l’équilibre de l’environnement.

3.2.3.3. L’INVENTAIRE FLORISTIQUE DE STAINS

Le réseau ferroviaire de Pierrefitte-Stains ne fait pas parti de la petite ceinture ferroviaire


parisienne. Cependant l’investigation auquel j’ai participé présente l’une des étapes primordiales
dans l’élaboration d’un plan de gestion : l’inventaire des espèces présentes (espèces invasives

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avérées, rares, Indigènes, Naturalisée…). Celui-ci permet en effet de réaliser une gestion
différenciée adaptée à la végétation et à la faune. RFF fait ainsi appel à divers prestataires (Bureaux
d’études, ONF…) pour les effectuer. Dans le cas présent l’inventaire floristique du secteur a été
réalisé par Fiona Lehane du Conservatoire botanique national du Bassin parisien (CBNBP).

La Chondrille à tige de jonc (Chondrille juncea)


(Photo  : Fiona Lehane)
Toutes les espèces notées étaient typiques des milieux rudéraux et des milieux riches en azotes
(qualifiées de nitrophiles). Une espèce rare pour l’Île-de-France, la Chondrille à tige de jonc
(Chondrille juncea) a été observée sur le talus. Elle est, selon la liste rouge UICN, de préoccupation
mineure. C’est une plante de la famille des Astéracées que l’on retrouve fréquemment au sein des
friches ferroviaires thermophiles de la petite couronne parisienne.

Les préconisations qui ont été extraites de l’inventaire sont :

- La régulation des espèces invasives recensées, voire la suppression des populations


(Robinier faux-acacia, Buddleia de David…).
- Les espèces plantées devront répondre à deux critères : être indigènes et communes dans la
région (car semer des espèces rares peut engendre une pollution génétique des stations
naturelles de ces mêmes espèces et les affaiblir d’autant plus).
- L’absence totale d’espèces naturalisées dans les futures plantations.

3.2.4. LE CAHIER DES CHARGES ET L’INVENTAIRE

22
Depuis plusieurs années la petite ceinture ferroviaire parisienne fait
l’objet de suivis naturalistes ponctuels et épars qui ont soulignés
l’émergence de nombreuses espèces végétales. On en retrouve de
toute sorte : d’affinité thermophile ou méditerranéenne (Rostraria
cristata, Isatis tinctoria) cohabitant avec des espèces indigènes et rares
comme la moutarde noire (Brassica nigra), le céraiste à pétales courts
(Cerastium brachypetalum), la linaire rampante (Linaria supina),
l’orobanche du lierre (Orobanche hederae) ou encore le maceron
potager (Smyrnium olusatrum). Quelques espèces menacées en Ile-de-
France ont mêmes été découvertes comme le faux riz-millet
(Piptatherum miliaceum), le céraiste nain (Cerastium pumilum), la
lentille d'eau à 3 lobes (Lemna trisulca) et le géranium pourpre (Geranium
robertianum subsp. purpureum).

Géranium pourpre Oobanche du lierre


(Géranium robertianum) (Orobanche hederae)
Source : FloreAlpes Source : Belle Fleurs de France
Cette flore est également liée à une faune singulière dans la région parisienne, notamment grâce à
la formation de niches écologiques. Ont par exemple élu domicile le faucon crécerelle (Falco
tinnunculus), le rougequeue noir (Phoenicurus ochruros) et le lézard des murailles (Podarcis muralis)
qui sont tous trois protégés. Les tunnels délaissés sont quant à eux des lieux d’hivernation des
pipistrelles (Pipistrellus sp.), également protégées. La petite ceinture abrite aussi une multitude
d’insectes tels l’abeille domestique (Apis mellifera), le paon du jour (Inachis io), le moro-sphinx
(Macroglossum stellatarum) et la cétoine dorée (Cetonia aurata). Les hyménoptères, insectes
pollinisateurs, s’y développent particulièrement biens, ce qui accentue l’aspect unique de la petite
ceinture.

Malgré les nombreux suivis naturalistes, aucun inventaire


sur l’ensemble de la petite ceinture ferroviaire n’a été
fait. RFF souhaite donc réaliser cette étude afin d’obtenir

Paon23du jour
Lézard des Murailles
(Podarcis muralis) (Inachis io),
Source : The Garden
Source : Antiopa nature
Safari
et sciences
une vision globale de la biodiversité et des corridors écologiques. Une fois effectué cet inventaire
permettra dans un premier temps de valoriser la petite ceinture ferroviaire comme « réserve
écologique » singulière dans la région parisienne. D’autre part, cela permettra d’adapter la gestion
et les travaux en fonction de la sensibilité des espèces et des habitats associés.

Dans ce but j’ai été chargé d’élaborer le cahier des charges relatif à l’appel d’offre pour cet
inventaire. Celui-ci comprend :

- La Présentation du projet
- Le contexte environnemental
- L’organisation de la mission
- L’air d’étude
- Les Livrables, délais et réunions
- Les éléments documentaires de support.

En parallèle j’ai du regrouper l’ensemble des données de toutes les études antérieurs dans un
tableau Excel afin de répertorier les espèces présentes suivant plusieurs critères :

- La localisation
- La famille
- Le groupe UICN.

Naturellement toutes les espèces étaient répertoriées selon leurs noms scientifiques latins. Les
noms vernaculaires étant également présents mais uniquement à titre indicatif.
L’élaboration de ce tableau a notamment permis la découverte de la présence de l’ivraie enivrante
(Lolium temulentum) qui est une espèce notée comme disparue au niveau régionale (RE) dans la
liste rouge régionale de la flore vasculaire d’Île-de-France (UICN).

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3.3.LES ESPÈCES INVASIVES DU RÉSEAU FERRÉ

Le réseau ferré d’Île-de-France fait état de paramètres biogéographiques particuliers (sol,


ensoleillement, précipitation, anthropisation) associés à une absence de compétition végétale. Cela
en fait un milieu privilégié pour l’apparition d’espèces invasives. Les plantes invasives sont des
plantes non indigènes, provenant en général d’un autre continent, introduites intentionnellement
ou non et qui réussissent à s’établir dans la nature et se répandent massivement aux dépens des
espèces indigènes. Elles sont la 2ème cause de la diminution de la diversité biologique au niveau
mondial après la modification des habitats par l’Homme. Pour des soucis de sécurité, d’enjeux
environnementaux et de part les arrêtés (régionaux, préfectoraux, nationaux et européens) il est
important de pouvoir Source :
les www.artenschutz.ch
éliminer efficacement et durablement ou à défaut de limiter leurs
Source : Wikipedia
expansions. Ivraie enivrante (Lolium temulentum)

3.3.1. LES ESPECES INVASIVES

J’ai ainsi du élaborer un document de synthèse, relatifs aux grandes espèces invasives ou à
caractère invasif (plantes envahissantes indigènes comme le chardon des champs ou le séneçon du
cap) du réseau ferré national, regroupant:

- Le mode de reproduction
- La physiologie
- les caractéristiques (compétition, dissémination, milieu…)
- la réglementation
- les risques et les impacts sur l’environnement

Afin d’expliciter la mission il est intéressant


d’exposer quelques espèces invasives avec
leurs grandes caractéristiques associées.

3.3.1.1. LA RENOUÉE DU
JAPON (FALLOPIA
JAPONICA)

La renouée du Japon (Fallopia japonica)


est une plante herbacée vivace de la
famille des Polygonacées de 1 à 3m haut.
Ses feuilles sont alternes, ovales, vertes
claires à jaunâtres de 15 à 20 cm de long.
Elle présente des inflorescences blanches
(d’août à octobre) et lâches disposées en

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panicules et souvent orientées vers le haut. Les fruits sont des akènes qui sont dispersés par le
vent, supposées peu fertiles. La plante se multiplie principalement par l’intermédiaire de rhizomes,
fragments de rhizomes ou boutures de tiges. Une portion de racines de 0,7g peut suffire pour
générer un nouvel individu. La croissance et la propagation sont extrêmement rapides, tandis que
les bourgeons peuvent entrer en dormance pendant 10 ans.

La renouée du japon a tout d’abord un très fort impact sur l’environnement. En effet, dans des
milieux qui lui sont favorables, elle peut éliminer pratiquement toutes les autres espèces grâce aux
substances toxiques qu’elle secrète, à son rythme de croissance élevé et à son feuillage abondant,
créant un ombrage inhospitalier pour les autres espèces. Elle diminue ainsi la diversité des habitats,
ce qui provoque une baisse de la diversité biologique. De plus, les vertébrés tout comme les
invertébrés s’installent peu ou pas dans les massifs denses de renouées. Enfin, elle uniformise le
paysage voire peut même bloquer l’accès à certains sites si sa densité est trop élevée.

Du point de vu économique, la plante se développe dans n’importe quelle interstice et peut


fragiliser fortement les terrains, voire percer des structures au sol. Les ouvrages d’art sont donc
susceptibles d’être fragilisés et peuvent devenir inaccessible si la plante est trop développée. De
plus, les racines ayant tendances à être superficielles, elles peuvent rendre les terrains instables.

La renouée du Japon est ainsi la plante invasive par excellence dont il est quasi impossible de se
débarrasser. Elle colonise tous les types de milieux et dispose d’un pouvoir de dissémination
important associé à une croissance rapide. La lutte est d’autant plus longue et fastidieuse et que
son expansion ne fait qu’augmenter d’année en année.

3.3.1.2. LE BUDDLEIA DE DAVID (BUDDLEJA DAVIDII)

Le buddleia de David (Buddleja davidii) est


un arbuste de la famille des Buddlejacées
de 2 à 5 m de hauteur. Ses feuilles sont
opposées, lancéolées, dentées, vertes ou
grisâtres. Le revers est duveteux. Elle
présente des inflorescences (de juin à
octobre) sous formes de panicules denses
de couleurs lilas pâles à violet et au centre
orangé. Les fruits sont des capsules brunes
longues de 5 à 9 mm de long. La
reproduction est annuelle et se fait par
production importante de graines (de
septembre à décembre disséminées par le
vent. Elle peut également se multipliée par

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Source : denouste.blogspot.fr
bouturage de fragments de tiges et de racines ainsi que par rejet vigoureux de souche après une
coupe.

Le buddleia a principalement un impact sur la biodiversité environnante. En effet, il forme des


peuplements monospécifiques et limite la présence d’autres espèces (mêmes risques que l’ailante
glanduleux). Il tend ainsi à limiter la diversité spécifique en colonisant rapidement les milieux. Son
nectar est apprécié des papillons, cependant ses feuilles ne sont pas consommables par les
chenilles comme certaines plantes hôtes indigènes (orties, graminées, buissons etc.). De par ses
deux caractéristiques, le buddleia entraine donc une diminution de la biodiversité floristique et
faunistique d’autant plus que la densité de population augmente.

Le buddleia est une plante invasive très commune du réseau ferré que l’on reconnait facilement.
Elle est capable de se développer sur les talus comme sur le ballast. La lutte est moins fastidieuse
que celle de la renouée, mais nécessite néanmoins de la technique et du temps.

3.3.1.3. LE CHARDON DES CHAMPS (CIRSE ARVENSE)

Le chardon des champs est une plante herbacée


vivace de la famille des Astéracées de 40 à 150 cm
de hauteur. Ses feuilles sont sessiles, très
épineuses, blanchâtres portées par des tiges
anguleuses, dressées et ramifiées. Les fleurs (de
juin à septembre) sont composées, violettes pâles
et de petite taille. Les fruits sont de nombreuses
graines dispersées par le vent (1500 par plantes en
moyenne). Le chardon se multiplie également par
ses rhizomes qui favorisent l’extension en colonies
plus ou moins vastes (jusqu’à 6m en une seule
saison). En culture, fractionnés et disséminés par
les travaux du sol, il donne naissance à de
nouvelles plantes.

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Le chardon des champs se développe particulièrement bien sur les talus, bords de route, terres
cultivées… Et est en concurrence essentiellement avec les céréales. Le monde agricole exerce ainsi
une forte pression pour l’élimination des chardons des emprises ferroviaires, susceptibles de se
développer sur leurs terres. La destruction de la plante est une action très couteuse pour le
Source : http://northernbushcraft.com
gestionnaire d’infrastructure et est appuyée par de nombreux arrêtés, ce qui la rend
économiquement problématique.

3.3.1.4. LES AUTRES PLANTES INVASIVES

D’autres plantes invasives ont été étudiées, mais il serait trop long de toutes les décrire. A titre
indicatif voici la liste de quelques unes de ces plantes :

- L’ailante Glanduleux (Ailanthus altissilma)


- L’amborisie à feuilles d’armoise (Ambrosia artemisiifolia)
- La clématite des haies (Clematis vitalba)
- La griffe de sorcières (Carpobrotus acinaciformis et Carpobrotus edulis)
- L’herbe de la pampa (Cortaderia selloana)
- Le raison d’amérique (Phytolacca americana)
- Le robinier faux-acacia (Robinia pseudoacacia)
- Le séneçon du cap (Senecio inaequidens)
- La verge d’or (Solidago canadensis)

3.3.2. LES PLANS DE GESTION

Cette synthèse bibliographique a permis dans un second temps d’établir, pour chaque espèce, un
plan de gestion approprié afin de limiter leurs colonisations des milieux voire de les éradiquer de
façon efficace et pérenne.

3.3.2.1. LES CONTRAINTES FERROVIAIRES POUR L’ENTRETIEN

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La maîtrise de la végétation s’effectue suivant des portions définies si dessous.

Les voies comprennent la zone occupée par les rails et les traverses ainsi que les banquettes de

Source : Document SNCF « La maîtrise de la végétation dans les emprises ferroviaires »

ballast en pierre cassée. Les pistes sont les cheminements le long de la voie permettant la
circulation du personnel de maintenance hors de la zone dangereuse du point de vue de la
circulation ferroviaire. L’objectif est ainsi l’absence de toute végétation dans la partie ballastée. Au
vu de la zone, les traitements chimiques (phytosanitaires) sont principalement utilisés dans ces
zones. Une végétation éparse, de faible développement, est tolérée dans la piste, nécessitant des
traitements chimiques moins importants.

Les bandes de proximité sont constituées quant à elles des abords immédiats de la piste jusqu’à 3m
environ du bord de celle-ci. Ces zones sont maintenues enherbées afin d’éviter les phénomènes
d’érosion. Il peut toutefois être nécessaire pour la visibilité des signaux, la visibilité des agents se
déplaçant dans la piste et la sécurité incendie en été, de limiter le développement de la végétation
dans ces zones. Le traitement, d’un coût important, est limité aux zones de freinage et aux parcours
à forte criticité du point de vue de la régularité aux abords des signaux. L’entretien des zones
critiques est assuré que par fauchage mécanique ou manuel selon les disponibilités de
l’infrastructure pour la circulation d’engins de travaux.

Le traitement des abords situés au-delà des bandes de proximité est beaucoup plus extensif et peut
faire état de traitement mixte (mécanique et/ou chimique) permettant de reconstituer une
couverture végétale herbacée et durable.

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De façon générale le fauchage est préconisé tandis que l’arrachage est anecdotique. Les coûts
humain et financier sont trop importants pour préconiser l’arrachage sur l’ensemble du réseau. Les
traitements chimiques restent les principaux moyens très largement utilisés. De plus les moyens
mécaniques permettent une vitesse d’avancement de 1 à 2km /h contre 15 à 20 km/h pour les
traitements chimiques.

3.3.2.2. LES PÉRIMÈTRES PROTÉGÉS

Des périmètres de protection existent. Ils sont définis par arrêtés préfectoraux afin de préserver
des risques de pollution les ressources en eau potables, les zones naturelles d’intérêt écologique,
faunistique ou floristique… Les possibilités de traitements chimiques sont restreintes, voire
interdites à la traversée de ces périmètres. Des méthodes alternatives sont donc indispensables.

En plus de ces périmètres protégés, il existe des contraintes réglementaires en vigueur en France et
en Europe entourant l’usage des phytosanitaires. Les prescriptions découlant du Grenelle de
l’environnement, déclinées par le plan Ecophyto 2018, imposent une réduction de 50% des
traitements chimiques réalisés sur le réseau d’ici 2018.

3.3.2.3. LES PRINCIPAUX MODES DE GESTION

Il existe plusieurs méthodes de gestion des plantes invasives. Comme cité plus haut, seules deux
sont largement utilisées les autres restent plus anecdotiques. Cependant certaines, plus rares, sont
tout de même préconisées suivant des cas particulier (zones protégées, zones dépourvues de trafics
ferroviaires…). Voici la liste des principaux moyens de luttes de pour la gestion des espèces
invasives :

- Le fauchage est utilisé de façon pluriannuelle pour généralement épuiser la plante. Il est
préconisé de préférence durant les périodes de faiblesses mais aussi avant la fructification
pour limiter la propagation de l’espèce. Certaines espèces comme la renouée du Japon
doivent cependant faire état de préconisation particulière : il est impératif de recueillir tous
les déchets dans des sacs étanches et de les incinérer systématiquement (en raison de la
multiplication de la plante très efficace par les rhizomes et tiges) ;
- Le traitement chimique est également utilisé de façon pluriannuelle, de façon curative,
préventive ou mixte. Il est souvent effectué après une fauche car ses effets sont décuplés.
- L’arrachage est, la plupart du temps, beaucoup plus efficace que le fauchage. Cependant il
nécessite un coup humain et financier beaucoup plus grand ainsi que davantage de temps. Il
est rarement utilisé, sauf par les associations d’insertion dans les zones dépourvues de
trafics.
- Les plantes concurrentielles sont utilisées principalement par les associations d’insertion
afin d’entretenir et de valoriser les zones infestées. Certaines espèces (comme la renouée
du Japon) ne présentent pas ou peu d’espèces concurrentielles tandis que d’autres à
l’inverse (comme le chardon des champs ou le robinier faux-acacia) les craignent.

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- Les géotextiles  sont des matériaux à l’étude. Il s’agit de tissus généralement synthétiques,
biodégradables ou écologiques, plus ou moins imperméables. Ils sont posés au sol et
permettent de contrôler la végétalisation en limitant l’exposition lumineuse ainsi que le
développement des jeunes pousses de façon plus ou moins sélectives (via la présence
d’ouvertures dont le diamètre est variable). Couplés à un traitement mécanique ou
chimique, ils seraient capables de réduire de façon conséquente le développement de la
végétation sur les zones traitées. Les zones sensibles pourraient également être entretenues
durablement et par conséquent les coûts diminués.

Contrairement à ce que l’on pourrait penser l’utilisation de brûleur n’est jamais préconisé car cela
endommage l’infrastructure souterraine.

3.4.LES CONVENTIONS D’ENTRETIEN

Les talus ferroviaires sont des zones à valoriser de part la végétalisation importante. De fait,
certaines communes souhaitent mettre en avant des talus non entretenues pour des questions
esthétiques comme sociétales (découverte de la biodiversité, mise en place de jardins collectifs…).
Ces terrains appartenant à RFF il est nécessaire que la commune signe une convention d’entretien
des talus ferroviaires visés afin qu’en soit délégué la gestion.

Cependant, avant que RFF ne soit créé la SNCF était l’unique propriétaire du réseau ferré national. Il
m’a donc été demandé de prendre contact avec différentes communes afin de vérifier l’état des
conventions d’entretien pour les actualiser.

J’ai ainsi pu constater et vivre l’organisation complexe de l’administration. En effet, j’ai appris à
faire preuve de patience, de diplomatie ainsi que de ténacité dans cette longue et fastidieuse
recherche d’informations. J’ai également pu constater qu’il est primordial d’entretenir de bonnes
relations avec toutes les échelles hiérarchiques pour mener à bien les missions.

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CONCLUSION

Ce stage a été l’opportunité pour moi de découvrir comment sont appliquées les notions
d’environnement et de développement durable au sein d’une entreprise. Au-delà des missions, j’ai
compris l’intérêt d’une bonne organisation qui se révèle être indispensable. La rigueur, le
dynamisme et l’investissement le sont tout autant. De plus chaque mission a été un enrichissement
complémentaire des autres.

Tout d’abord la réalisation du Bilan Carbone® m’a permis de me confronter à de nombreuses


reprises aux idées préconçues : « A quoi ca sert ? », « La priorité n’est pas là », « Je n’ai pas le temps
pour ça ». Les notions de développement durable et d’environnement me sont apparues clairement
secondaires. J’ai ainsi compris l’importance de la ténacité et de l’investissement pour la conception
d’un projet « vert » même dans une grande structure comme RFF. J’ai aussi constaté l’importance
de la communication et de l’information entre les collaborateurs et les services au sein d’une
entreprise, probablement davantage encore pour les questions environnementales.

Ensuite la réalisation du cahier des charges ainsi que la compilation des données des inventaires de
la petite ceinture ferroviaire parisienne m’ont permis de découvrir un aspect plus rédactionnel. En
effet, les investigations ne correspondent qu’à une petite partie du travail effectué. La
retranscription et l’analyse des études sont aussi importantes et méticuleuses. De plus cela m’a
permis d’aborder l’aspect bureaucratique des documents (le vocabulaire, les tournures de phrases,
le style d’écriture…) particulier au monde du travail.

La recherche bibliographique concernant les plantes invasives ainsi que leurs méthodes de gestion
m’ont permis de réaliser l’intérêt des noms latins. Ceux-ci sont réellement indispensables pour la
documentation comme pour l’échange d’informations. L’utilisation adéquate du vocabulaire,
notamment botanique, est très avantageuse et permet un gain de temps non négligeable. J’ai
également appris durant cette mission la difficulté qu’est d’inclure toutes les contraintes existantes
dans un plan d’action.

Néanmoins ce sont les diverses investigations sur le terrain qui ont été pour moi les moments les
plus intéressants du stage. C’est durant les sorties que j’ai réellement mis en application les notions
abordées durant mon cursus universitaire tant sur la faune que sur la flore. Je me suis également
découvert un intérêt particulier pour l’étude des végétaux, notamment durant l’inventaire
floristique du talus Francis Auffray (à Stains). Accompagné de la chargée de mission du CBNBP j’ai
observé et en appris davantage sur la biodiversité florale.

Finalement c’est au cours de ce stage que je me suis rendu compte que cette voie me correspond.
Néanmoins j’ai réalisé que c’est le contact direct avec les milieux, la faune et la flore qui me
passionne. Le travail en extérieur est surement plus fatigant, mais à mes yeux passionnant.

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