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RADIOPROTECTION Radioprotection : secteur recherche FR 11

Appareils électriques
émettant des rayons X
L’ensemble de cette collection a été réalisé par un groupe de travail (cf. composition page 144)
auquel ont participé notamment :
l’ASN (Autorité de sûreté nucléaire),
la DGT (Direction générale du travail),
l’IRSN (Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire),
et l’INRS (Institut national de recherche et de sécurité).

Cette fiche, qui fait partie d’une collection réalisée par type d’activité dans le secteur de
la recherche, concerne l’usage des appareils électriques émettant des rayons X, à champs
continus ou pulsés (dénommés générateurs de rayons X dans la suite de la fiche). Elle
est destinée aux personnes impliquées dans la radioprotection des travailleurs : salariés
compétents pour la protection et la prévention des risques professionnels, assistants
ou conseillers de prévention, conseillers en radioprotection, médecins du travail/de
prévention 1 et responsables (employeurs…). Elle s’adresse aussi aux utilisateurs de ces
techniques (chercheurs, ingénieurs, techniciens…).
Chaque fiche présente les différentes procédures, les types de dangers spécifiques, l’analyse des risques et
leur évaluation, ainsi que les méthodes de prévention.

1. Dans la suite de
la fiche, le terme
générique médecin
1DÉFINITION DES La figure n° 1 présente la structure
du tube radiogène et de la gaine
et sont soumis aux mêmes prin-
cipes de prévention et démarches
du travail sera
retenu. APPAREILS ET TYPES DE protectrice d’un dispositif d’émis- d’évaluation.
TECHNIQUES CONCERNÉS sion de RX. Liste (non exhaustive) des utilisa-
La fiche traitera des générateurs Les accélérateurs de particules fe- tions rencontrées :
de rayons X (RX) composés a mini- ront l’objet d’une fiche spécifique. Q analyse par diffraction X (ana-
ma des éléments suivants : Les appareils électriques émettant lyse spectrale et structurale, carac-
Q tube radiogène ; de façon non désirée des rayons térisation des matériaux, étude
Q gaine protectrice ; X (sources ou implanteurs d’ions, des nanomatériaux…) ;
Q générateur haute tension ; klystrons…) présentent des risques Q analyse par fluorescence X (ca-
Q système de commande. similaires aux générateurs de RX ractérisation des matériaux…) ;

Gaine Vide
Enveloppe

Faisceau d’électrons
Filament

+ –
Cathode
Anode
Cupule de concentration

Cible
(tungstène…) Collimateur

Fenêtre
Rayons X utiles

Figure 1 : Tube radiogène et gaine protectrice d’un dispositif d’émission de RX.

JUIN 2019 — RÉFÉRENCES EN SANTÉ AU TRAVAIL — N° 158 135


RADIOPROTECTION

Q irradiation (mécanismes de can- sont formalisées dans un plan de ments comprenant une installation
cérogénèse radio-induite, aplasie, prévention, quelle que soit la durée nucléaire de base (INB), bénéficiant
étalonnage et calibration d’appa- de cette intervention. du temps et des moyens nécessaires
reils de mesure…) ; à ses (leurs) missions et sur lequel
Q radiographie (imagerie en re- (lesquels) il s’appuiera pour :
cherche préclinique, imagerie par
scanner à rayons X éventuellement
combiné à une gamma-caméra ou
3DÉROULEMENT Q analyser en amont les phases
d’utilisation (réglage, préchauffage,
fonctionnement/émission, main-
un tomographe par émission de DES PROCÉDURES tenance) afin d’établir l’évaluation
positons, imagerie par technique Préalablement à l’acquisition d’un individuelle des risques, le pro-
de la radiographie éclair…) ; générateur de RX et au démarrage gramme des vérifications (type et
Q… des activités, l’employeur devra, périodicité) ainsi que les procédures
avec l’aide du salarié compétent en cas d’urgence ;
ou du conseiller en radiopro- Q définir les autorisations d’accès

2PERSONNEL CONCERNÉ tection, réaliser l’évaluation des


risques. Pour ce faire, il devra :
Q obtenir les informations tech-
aux locaux concernés.
Le lecteur pourra se reporter au pa-
ragraphe 6 « Stratégie de maîtrise
PAR LE RISQUE niques spécifiques à l’appareil de risque ».
Q Toute personne utilisant des auprès du fournisseur 3 ;
générateurs de RX : chercheurs, Q identifier ses modalités d’utili-
techniciens, ingénieurs, docto-
rants, postdoctorants, étudiants
stagiaires…
sation ;
Q vérifier le régime administratif
selon le type d’appareil et en te-
4
DANGERS ET
Q Toute autre personne amenée à nant compte des modalités d’utili- IDENTIFICATION DU
intervenir sur des générateurs de sation (« exemption », déclaration, RISQUE RAYONNEMENT
RX ou dans les locaux où ceux-ci enregistrement ou autorisation) 4 IONISANT
sont installés : acteurs de préven- et s’assurer du respect des exi-
2. Il est interdit tion, services techniques, entre- gences associées ; 4.1. Danger
d’employer des prises extérieures (personnel de Q s’assurer de l’adéquation entre Émission de RX : faisceau direct
travailleurs tempo- maintenance, de contrôle et/ou de la conception de l’installation et (utile), rayonnement diffusé (causé
raires ou en contrat
à durée détermi- vérification…)… les caractéristiques de l’appareil. par les éléments positionnés dans le
née à des travaux faisceau), rayonnement de fuite (au
accomplis dans L’ensemble des dispositions ci-après, Suite à l’évaluation préalable des niveau de la gaine, de l’enceinte)…
une zone où la dose
efficace susceptible à mettre en œuvre par l’employeur risques, l’employeur devra mettre
d’être reçue, inté- ou son représentant, s’applique aux en place une organisation de la 4.2. Risque
grée sur 1 heure, est agents et salariés, y compris tem- radioprotection prévue par le Code Exposition externe : en fonction
égale ou supérieure
à 2 mSv (article poraires 2, de l’établissement, aux du travail dès lors qu’il met en des caractéristiques de l’émission
D. 4154-1 du Code salariés d’entreprises extérieures, œuvre une des mesures suivantes : (énergie, débit de dose) et de la du-
du travail). aux stagiaires, ainsi qu’à toute per- Q classement des travailleurs ; rée d’exposition.
3.Tension nomi- sonne placée à quelque titre que ce Q délimitation de zones en fonction Aucun risque d’exposition aux RX si
nale, intensité, fré- soit sous l’autorité de l’employeur. des niveaux d’exposition auxquels le dispositif émetteur n’est pas mis
quence d’émission Elles s’appliquent également aux les travailleurs sont susceptibles sous tension.
pour les rayon-
nements pulsés, travailleurs indépendants et aux d’être soumis (articles R.4451-22 et
caractéristiques de employeurs. suivants du Code du travail) ;

5ÉVALUATIONS DU RISQUE
l’anode, type de fil- Dans le cas d’intervention d’entre- Q vérification des équipements et
trations, dispositifs
de signalisation prises extérieures, ces dispositions installations.
et de sécurité au imposent une coordination des Dans ce cas, il devra désigner un ou
niveau de l’appa- mesures de radioprotection pour les plusieurs conseiller(s) en radiopro- RADIOLOGIQUE ET
reil, protections
radiologiques, différents intervenants entre le chef tection (personne(s) compétente(s) DÉTERMINATION DES
débits de dose… de l’entreprise utilisatrice et celui de en radioprotection [PCR] et/ou orga- NIVEAUX D’EXPOSITION
l’entreprise extérieure. Cette coor- nisme compétent en radioprotec-
4. Relève du res-
ponsable de l’acti- dination est assurée par le chef de tion [OCR]) ou constituer un pôle La collaboration entre le médecin
vité nucléaire. l’entreprise utilisatrice. Ces mesures de compétences dans les établisse- du travail et la PCR est essentielle.

136 N° 158 — RÉFÉRENCES EN SANTÉ AU TRAVAIL — JUIN 2019


Local de travail sans enceinte

5.1. Éléments d'évaluation ceau peut résulter de la concep-


du risque tion de l’appareil ou être le fait de
La première approche de l’évalua- l’utilisateur. Le lecteur se reportera
tion du risque est documentaire à la figure n° 2 pour des exemples.
(données issues du constructeur
ou de la littérature portant sur des Exemples, non exhaustifs, de si-
expérimentations similaires). tuations d’accessibilité, ou non, du
Les éléments à rassembler sont a faisceau de RX :
minima : Q diffraction X, appareil contenu Enceinte, sans possibilité d’accès corps entier
Q les caractéristiques du générateur dans une enceinte :
de RX (réglage des paramètres : haute qlors des phases de réglages
tension, intensité, durée d’émission, manuels, enceinte et obturateur
fréquence d’impulsion…) ; ouverts, la zone dans laquelle se
Q l’analyse des différentes phases trouve le faisceau est accessible ;
et configurations d’utilisation afin qlors du changement d’échantil-
d’identifier celles comportant un lon, obturateur fermé, la zone dans
risque d’exposition aux RX. Elle laquelle se trouve le faisceau est
prendra en compte l’accessibilité inaccessible ;
au faisceau de RX pour déterminer qlors de la mesure, enceinte
la possibilité d’exposition globale fermée, la zone dans laquelle se
ou partielle ; trouve le faisceau est inaccessible.
Q les équipements de protection Q fluorescence X : Enceinte, avec possibilité d’accès corps entier
collective (blindage du générateur qappareil contenu dans une en-
de RX et le cas échéant de son en- ceinte par conception :
ceinte, paravents plombés) ; - en phase de mesure, la zone
Q l’estimation des expositions par dans laquelle se trouve le fais-
démonstration théorique (simula- ceau est inaccessible ;
tion, calcul…), retours d’expérience - lors du changement d’échan-
(REX) sur des installations simi- tillon, le faisceau est obturé ou
laires ; le tube radiogène n’est plus ali-
Q les critères d’exemption de pro- menté en haute tension ;
cédures d’autorisation, d’enregis- qappareil porté par l’opérateur
trement ou de déclaration pour la pendant l’émission de RX (de type
détention, l’utilisation et la fabri- pistolet) : la zone dans laquelle se
cation de générateurs de RX : trouve le faisceau est accessible Figure 2 : Exemples d’accessibilité
qfonctionnement sous une dif- en l’absence de couplage à une en fonction des locaux de travail.
férence de potentiel inférieure ou enceinte.
égale à 5 kilovolts (kV) ; Q irradiation : qla présence d’un opérateur dans
qdébit d’équivalent de dose infé- la zone dans laquelle se trouve le le local pendant l’émission de RX
rieur à 1 +sievert/h à 0,1 m de la faisceau est inaccessible soit par doit être indispensable et justifiée.
surface accessible et fonctionne- verrouillage de l’enceinte en émis- L’opérateur est susceptible d’être
ment sous une différence de po- sion, soit par rupture d’émission à exposé au rayonnement diffusé
tentiel inférieure ou égale à 30 kV. l’ouverture de l’enceinte. pour le corps entier et au faisceau
Q radiographie : primaire au niveau des extrémités
On entend par surface accessible qcas général : pas de présence en fonction des tâches effectuées
toute zone accessible par tout ou d’opérateur dans le local ou l’en- (radiologie interventionnelle pré-
partie d’une personne (corps entier, ceinte pendant l’émission de RX ; clinique…).
mains, doigts…), volontairement ou qdans une enceinte fermée dans
non, sans démontage ou modifica- laquelle la présence d’une per- Les résultats de l’évaluation préa-
tion physique de l’appareil ou de sonne (corps entier) n’est matériel- lable des risques doivent être consi-
ses accessoires. lement pas possible, la zone dans gnés dans le document unique
Dans le cas d’un générateur de RX, laquelle se trouve le faisceau n’est d’évaluation des risques profes-
le caractère inaccessible du fais- pas accessible ; sionnels.

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RADIOPROTECTION

5.2. Identification et position réglementaires s’appli- des expositions sur l’ensemble des
signalisation des zones quant aux extrémités et à la peau. postes de travail occupés par le tra-
contrôlées et surveillées Lorsque les conditions d’utilisa- vailleur. Elle comporte des informa-
La démarche concerne les zones où tion le permettent, une zone inter- tions relatives à la dose efficace et
les travailleurs sont susceptibles mittente peut être définie le cas aux doses équivalentes que le tra-
d’être exposés à des doses supé- échéant. vailleur est susceptible de recevoir
rieures à 0,08 millisievert (mSv)/ Pour les appareils mobiles ou sur les 12 mois consécutifs à venir.
mois pour le corps entier ou à 4 portables, lorsque la dose efficace Elle intègre l’ensemble des tâches
mSv/mois pour les extrémités ou évaluée à 1 m de la source est supé- réalisées, extrapolées sur une an-
la peau. Dans le cas des appareils rieure à 25 microsieverts intégrée née, en tenant compte de la varia-
autoprotégés où l’accès au fais- sur une heure, une zone d’opéra- bilité des pratiques individuelles,
ceau est impossible et dont la taille tion est délimitée telle qu’à sa pé- des expositions potentielles et des
d’enceinte rend matériellement riphérie, la dose efficace demeure incidents raisonnablement prévi-
impossible la présence d’une per- inférieure à 25 microsieverts inté- sibles 6. Elle doit également prendre
sonne, il n’y a pas lieu d’identifier grée sur une heure. Cette disposi- en compte les EPC et les EPI utilisés,
de zone délimitée. La signalisation tion ne s’applique pas en cas d’uti- et l’ergonomie des postes de tra-
de la source d’émission de RX est lisation d'un appareil mobile ou vail. Ses résultats doivent pouvoir
obligatoire. portable à poste fixe ou couram- être consultés pendant au moins
La définition des zones est fixée ment dans le même local. 10 ans. Chaque travailleur a accès à
par la réglementation et traduit la l’évaluation le concernant.
gradation du risque. La délimita- La délimitation des zones est
tion de ces zones est mise en œuvre consignée dans le document À la première mise en œuvre, cha-
par l’employeur ou son représen- unique d’évaluation des risques cune des étapes du protocole donne
tant, sur proposition du conseiller professionnels. lieu à des mesures de débit de dose
en radioprotection, sur la base de (en différents points représenta-
l’évaluation préalable des risques tifs) et du temps d’exposition, ou à
radiologiques. 5.3. Évaluation des mesures de dose intégrée pour
Le zonage se définit à partir des individuelle de l’exposition évaluer l’exposition individuelle.
niveaux d’exposition potentiels, aux postes de travail Toute modification significative du
qu’ils concernent le corps entier et/ protocole et/ou des conditions de
ou les extrémités et/ou la peau : 5.3.1. Évaluation individuelle travail nécessitera une actualisa-
Q dans les situations représenta- préalable de l’exposition aux tion de l’évaluation des risques par
tives des conditions d’utilisation ; postes de travail l’employeur.
Q en considérant le lieu de travail L’évaluation individuelle de l’expo- L’entreprise utilisatrice doit com-
occupé de manière permanente sition doit être réalisée préalable- muniquer à l’entreprise de travail
5. Instruction DGT/ (170 heures/mois) 5 ; ment à l’affectation au poste. Elle temporaire l’évaluation indivi-
ASN/2018/229 du 2 Q en incluant les incidents raison- s’applique à tous les travailleurs duelle du risque lié à la mission
octobre 2018.
nablement prévisibles 6 inhérents accédant en zone délimitée, qu’ils confiée avant la mise à disposition
6. Défaillance au procédé de travail ou au travail soient classés ou non. Elle est com- du travailleur.
potentielle du effectué ; muniquée au médecin du travail
premier moyen de
Q en tenant compte des équipe- lorsque l’employeur propose un L’évaluation individuelle de l’expo-
prévention (pre-
miers systèmes de ments de protection collective classement. Le médecin du travail sition a pour objet de définir les
verrouillage de sé- (EPC), comme l’enceinte. ou l’équipe pluridisciplinaire du mesures de prévention et fonde
curité, non-respect
En revanche, les équipements de service de santé au travail interen- notamment le classement des tra-
d’une consigne de
sécurité)… protection individuelle (EPI) ne treprises sont informés des résul- vailleurs en référence aux niveaux
sont pas pris en compte. tats de l’évaluation individuelle de de dose retenus pour le classement.
l’exposition si l’employeur ne pro-
La zone est délimitée de façon pose pas de classer les travailleurs. L’employeur définit préalablement
continue, visible et permanente. L’évaluation individuelle préa- des contraintes de dose indivi-
Une zone d’extrémités est définie lable prend en compte la nature duelles pour toute activité réalisée
lorsque le zonage corps entier ne du travail, les caractéristiques des en zone contrôlée, en zone d’extré-
permet pas de maîtriser l’exposi- RX, l’existence d’autres sources de mités ou en zone d’opération.
tion des extrémités ni de garantir rayonnements ionisants, sur la Par la suite, les niveaux d’expo-
le respect des valeurs limites d’ex- base de la fréquence et de la durée sition et les contraintes de dose

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6
seront affinés par : plus pénalisante. Il est apprécié 7. Cf. Guide de l’ASN
n° 11 : Événement
Q les résultats des mesures (am- au préalable avec le conseiller en significatif dans
biance, fuite) lors des vérifications radioprotection selon l’analyse de STRATÉGIE DE MAÎTRISE le domaine de la
périodiques ; l’ensemble des expositions poten- DE RISQUES radioprotection
(hors INB et trans-
Q les résultats de la surveillance tielles aux rayonnements ionisants ports de matières
dosimétrique individuelle ; de chaque travailleur. Un travail- 6.1. Principes de radioactives) :
Q le REX d’utilisation ; leur peut être classé en A ou en B prévention des risques déclaration et
codification des
Q les événements significatifs pour du seul fait de sa dose aux extrémi- La maîtrise des risques au poste de critères. Version
la radioprotection (ESR) 7 (incidents, tés. travail repose sur les principes de du 7 octobre 2009,
accidents…). radioprotection (justification, opti- mise à jour juillet
2015.
misation, limitation) et sur l’appli-
5.3.2. Classement 5.4. Choix de la surveillance cation des principes généraux de
du personnel dosimétrique prévention :
Le classement s’applique à tout Une surveillance dosimétrique Q suppression ou limitation du
travailleur susceptible de dépasser, individuelle adaptée aux caracté- risque ;
dans le cadre de son activité profes- ristiques des rayonnements ioni- Q réduction du niveau d’exposition
sionnelle, l’une des limites de dose sants est mise en place sur la base externe (organisation du travail,
fixées pour un travailleur non clas- des évaluations individuelles préa- agencement des locaux et postes de
sé, dans les conditions habituelles lables d’exposition, du classement travail, collimation du faisceau, fil-
de réalisation des opérations, des travailleurs et de l’identifica- tration, paramétrages, temps, écran,
incluant les incidents raisonnable- tion des zones délimitées : distance…) ;
ment prévisibles et les expositions Q pour l’exposition externe corps Q vérifications initiales et pério-
potentielles qui en découlent. Les entier : port de dosimètre à lecture diques des installations, des généra-
limites de dose pour un travailleur différée (passif) ; teurs de RX, des appareils de mesure
non classé et les valeurs limites Q en cas d’exposition externe des et des dispositifs de protection et
d’exposition professionnelle (VLEP) extrémités et du cristallin : par d’alarme. Les résultats de ces vérifi-
sont définies respectivement aux exemple port de bague pour les cations font l’objet d’un enregistre-
articles R.4451-57 et R.4451-6 du extrémités, dosimètre cristallin. ment systématique, toute anomalie
Code du travail. Elles sont présen- Le port d’un dosimètre opération- doit être analysée, traitée et tracée ;
tées dans le tableau I. nel est obligatoire, pour les tra- Q connaissance par chaque travail-
vailleurs classés intervenant en leur des risques et des règles de
Le classement est défini par l’em- zone contrôlée, d’extrémités ou en radioprotection lors de la mise en
ployeur, après avis du médecin du zone d’opération, et pour toute per- œuvre des générateurs de RX ;
travail, à partir de l’exposition la sonne, même non classée, accédant Q ...
en zone contrôlée verte ou jaune.

> TABLEAU I : VALEURS LIMITES D’EXPOSITION PROFESSIONNELLE ET LIMITES DE DOSE


DÉFINISSANT LES CATÉGORIES DE TRAVAILLEURS
NATURE DU RAYONNEMENT DOSES EFFICACES ET DOSES ÉQUIVALENTES
(EN mSv SUR 12 MOIS CONSÉCUTIFS)
Organisme entier Extrémités et
Cristallin **
(dose efficace) peau *
Travailleur non classé 1 50 15
VLEP (sauf travailleuses enceintes et
20 500 20
travailleurs de moins de 18 ans)
Travailleurs, catégorie B 6 150  15
Travailleurs, catégorie A *6 *150 –

* Pour la peau : dose moyenne sur toute surface de 1 cm2, quelle que soit la surface exposée.
** Il n’y a pas de classement en catégorie A uniquement au titre de l’exposition du cristallin. La VLEP pour le cristallin est de 20 mSv sur
12 mois consécutifs à compter du 1er juillet 2023. Du 1er juillet 2018 au 30 juin 2023, la valeur limite de la dose cumulée (sur ces 5 années)
est de 100 mSv, pour autant que la dose reçue au cours d’une année ne dépasse pas 50 mSv.

JUIN 2019 — RÉFÉRENCES EN SANTÉ AU TRAVAIL — N° 158 139


RADIOPROTECTION

6.2. Mesures techniques le programme et les modalités des Q vérifier périodiquement les dis-
concernant l’installation vérifications. positifs de protection, de signalisa-
En complément des dispositions tion et d’alarme.
prévues pour la prévention des 6.2.2.1 Vérifications initiales
autres, il convient de respecter Les vérifications initiales sont prati- 6.4. Mesures techniques
vis-à-vis du risque radiologique les quées par des organismes accrédi- concernant l’utilisation
dispositions suivantes. tés ou par l’IRSN. Elles doivent être des générateurs de RX
réalisées lors d’une mise en service
6.2.1. Conception ou d’une modification importante 6.4.1. Vérifications des
de l’installation des méthodes ou des conditions générateurs de RX
Les prescriptions réglementaires de travail susceptible d’affecter la
sur les mesures d’organisation santé et la sécurité des travailleurs. 6.4.1.1 Vérifications initiales
et les conditions d’utilisation des Une mesure d'ambiance « initiale » Les vérifications initiales sont prati-
équipements de travail doivent (avant mise en service du généra- quées par des organismes accrédi-
être mises en œuvre concernant : teur de RX) doit être réalisée. tés ou par l’IRSN. Elles doivent être
Q le risque électrique ; réalisées lors d’une mise en service
Q les passages et allées de circula- 6.2.2.2 Vérifications périodiques ou d’une modification importante
tion (déplacements, apport ou éva- Les vérifications périodiques des susceptible d’affecter la santé et la
cuation de substances…), l’état des niveaux d’exposition (ambiance) sécurité des travailleurs.
sols ; comprennent les mesures de dé- Les vérifications initiales doivent
Q la stabilité des équipements ; bits de dose ou de doses intégrées. être renouvelées à intervalle régu-
8. Arrêté du
2 septembre 1991 Q l’ergonomie des postes de travail Elles peuvent être réalisées périodi- lier si les équipements présentent
déterminant les (incluant les opérations de mainte- quement et/ou, le cas échéant, en un « risque particulier » au sens de
prescriptions tech- nance) ; continu. Elles sont mises en œuvre la réglementation 12.
niques auxquelles
doivent satisfaire Q les circuits d’évacuation des per- par le conseiller en radioprotection
les générateurs sonnes ; ou sous sa supervision. 6.4.1.2 Vérifications périodiques
électriques de Q ... Les vérifications périodiques rela- Les vérifications périodiques com-
rayons X utilisés en
radiologie indus- tives aux EPC doivent être égale- portent, notamment, la vérifica-
trielle. Les règles de base de conception de ment effectuées. tion du bon fonctionnement du
locaux pour une utilisation donnée Les vérifications sont réitérées lors générateur, de ses accessoires, des
9. Arrêté du 29
septembre 2017 doivent être respectées, privilé- de modifications de protocole ou systèmes de sécurité et de signa-
portant homologa- giant les EPC. de la mise en œuvre d’une nouvelle lisation. Elles ont pour but la mise
tion de la décision Les générateurs de RX doivent expérimentation. en évidence en temps utile de
n° 2017-DC-0591 de
l’Autorité de sûreté répondre à des exigences quant En cas d’anomalies et incidents, ces toute détérioration susceptible de
nucléaire du 13 à la conception d’une part des vérifications sont éventuellement créer un danger. Elles sont réalisées
juin 2017 fixant les appareils 8, et d’autre part des ins- à compléter. périodiquement et lors de la remise
règles techniques
minimales de tallations 9 dans lesquelles ils sont en service après toute opération de
conception aux- utilisés. maintenance. Elles sont mises en
quelles doivent Il convient de dédier des espaces de 6.3. Mesures œuvre par le conseiller en radiopro-
répondre les locaux
dans lesquels sont travail à l’emploi des générateurs techniques concernant tection ou sous sa supervision.
utilisés des appa- de RX. l’instrumentation et
reils électriques Il est recommandé que les activités les systèmes de protection 6.4.2. Utilisation des
émettant des
rayonnements X. de bureau soient réalisées dans des et d’alarme générateurs de RX
locaux distincts des activités d’ex- Il faut : Q En amont de l’utilisation de gé-
10. Des disposi- périmentation. Q s’assurer de l’adéquation des nérateurs de RX :
tions transitoires
sont applicables types de détecteurs (y compris qplanifier son travail ;
jusqu’au 1er juillet 6.2.2. Vérifications de les dosimètres opérationnels) à la qréduire la fréquence de l’utilisa-
2021. Le lecteur l’installation 10 nature et à l’énergie du rayonne- tion des générateurs de RX au strict
peut se reporter à
l’instruction DGT/ L’installation fait l’objet d’un exa- ment, au type de champ (pulsé ou nécessaire ;
ASN/2018/229 du 2 men de réception défini à l’article continu), ainsi que de la pertinence qprivilégier le couplage des gé-
octobre 2018. R.1333-139 du Code de la santé pu- de leur emplacement ; nérateurs de RX à faisceau acces-
11. Arrêté prévu par blique. Q s’assurer du fonctionnement des sible avec une enceinte lorsque les
l’article R.4451-51 Sur les conseils du conseiller en ra- instruments de mesure de radio- conditions matérielles de l’expéri-
du Code du travail. dioprotection, l’employeur définit protection ; mentation le permettent.

140 N° 158 — RÉFÉRENCES EN SANTÉ AU TRAVAIL — JUIN 2019


Q Pendant le fonctionnement des de prévention le cas échéant. 6.5.3. Évaluation individuelle
générateurs de RX : QFormation spécifique à la radio- de l’exposition aux
qrespecter les protocoles établis ; protection pour les travailleurs rayonnements ionisants
qprivilégier les EPC (écrans en classés : Le lecteur se reportera au para-
plomb d’épaisseur adaptée à l’éner- qadaptée au poste de travail oc- graphe 5.3.1 Évaluation individuelle
gie des RX) ; cupé ; de l’exposition aux postes de travail.
qcompléter avec des EPI si néces- qadaptée à l’utilisation des géné-
saire (cf. paragraphe 6.5.1 « Mesures rateurs de RX ; 6.5.4. Mise en œuvre de la
techniques individuelles »). qrenouvelée en cas de change- dosimétrie
ment de poste, création de poste, Avant toute demande de dosi-
6.5. Mesures concernant reprise après un arrêt de travail mètre chaque travailleur est
les travailleurs d’au moins 21 jours 12, et au moins inscrit par son employeur dans 12. Information
Tout travailleur accédant à une tous les 3 ans ; le Système d’information et de et formation sur
la sécurité, à la
zone doit y être préalablement et qsensibilisation des femmes sur surveillance de l’exposition aux demande du
individuellement autorisé par l’em- les risques pour l’enfant à naître et rayonnements ionisants (SISERI) médecin du travail.
ployeur. Le classement vaut autori- sur l’importance de la déclaration par l’intermédiaire du Corres-
sation. précoce des grossesses. pondant de l’employeur pour
Les travailleurs non classés QInformation : SISERI (CES). La gestion de SISERI
peuvent accéder en zones surveil- qpour les travailleurs non clas- est assurée par l’IRSN.
lées, contrôlées vertes et contrôlées sés dûment autorisés à accéder en
jaunes sous certaines conditions zone délimitée, renforcée en cas 6.5.4.1 Dosimétrie à lecture
(évaluation de l’exposition indivi- d’accès en zone contrôlée jaune ; différée (passive)
duelle, exposition demeurant infé- qdans certains cas particuliers : QObligatoire pour les travailleurs
rieure aux niveaux de dose retenus retours d’expérience, sensibilisa- classés.
pour le classement, information tion des femmes sur les risques QMise en place :
adaptée, voire renforcée, port de pour l’enfant à naître et sur l’im- qchaque employeur (y compris le
dosimètre opérationnel…). portance de la déclaration précoce chef d’entreprise extérieure ou de
des grossesses. travail temporaire) est responsable
6.5.1. Mesures techniques QPour les travailleurs des entre- de la mise en œuvre de la dosimé-
individuelles prises extérieures : information trie à lecture différée des salariés
QVérifier le bon état des EPI. adaptée, rattachée au plan de pré- qu’il emploie ; à ce titre, il est tenu
QPorter les EPI nécessaires et appro- vention. de leur fournir les dosimètres
priés au regard des risques radiolo- adaptés ;
giques et conformément aux infor- 6.5.2.2 Affichage et autres qstagiaire : la dosimétrie à
mations données par le fabriquant. consignes lecture différée est assurée par
QAffichage des consignes géné- l’employeur de la personne sous
6.5.2. Formation et rales d’hygiène et sécurité. l’autorité de laquelle il est placé ; la
information QSignalisation des zones délimi- convention de stage peut préciser
Une information ciblée et, le cas tées au niveau des accès du local. des modalités spécifiques.
échéant, une formation adaptée QSignalisation spécifique et QCommunication des résultats :
doivent être délivrées aux travail- appropriée de chaque source de qle médecin du travail commu-
leurs concernés par le risque (cf. rayonnements ionisants. nique et commente les résultats
paragraphe 2). QAffichage des consignes de tra- dosimétriques individuels au tra-
vail adaptées et de la conduite à vailleur ;
6.5.2.1 Formation et information tenir en cas d’accident du travail qle conseiller en radioprotection
des travailleurs et/ou radiologique. a accès aux résultats de la dose effi-
QFormation et information sont QAffichage des noms et coordon- cace et des doses équivalentes sur
organisées et délivrées avec le nées du conseiller en radioprotec- la durée du contrat de travail du tra-
concours du conseiller en radio- tion, du médecin du travail (service vailleur. Ces résultats peuvent être
protection qui exerce ses missions de santé au travail) et de l’agent de consultés sur 24 mois glissants via
en lien avec le médecin du travail contrôle de l’inspection du travail. SISERI.
et le salarié compétent pour la QMise à disposition des notices de
prévention des risques profession- fonctionnement des appareils de 6.5.4.2 Dosimétrie opérationnelle
nels, ou l’assistant (ou conseiller) mesure et consignes d’utilisation. L’utilisation de la dosimétrie opéra-

JUIN 2019 — RÉFÉRENCES EN SANTÉ AU TRAVAIL — N° 158 141


RADIOPROTECTION

tionnelle s’inscrit dans le cadre de tion des travailleurs non classés l’employeur de s’assurer que les tra-
la gestion de la contrainte de doses accédant à des zones délimitées vailleurs bénéficient des examens
définies par l’employeur. Le dosi- demeure inférieure aux niveaux de prévus en santé au travail.
mètre opérationnel se positionne dose retenus pour le classement.
comme un outil de pilotage des Le suivi individuel renforcé com-
mesures de prévention. 6.5.5. Spécificités concernant prend un examen médical d’apti-
Q Obligatoire en cas d’entrée en le personnel de recherche tude, effectué par le médecin du
zone contrôlée. extérieur au laboratoire travail préalablement à l’affecta-
Q Mise en place : Avant qu’une personne extérieure tion sur le poste. Cet examen d’ap-
qil appartient à chaque em- n’utilise un générateur de RX sou- titude a notamment pour objet
ployeur de fournir les dosimètres mis à autorisation, le responsable de s’assurer de la compatibilité du
opérationnels aux salariés qu’il de la structure d’accueil vérifie que poste avec l’état de santé du travail-
emploie ; la personne extérieure a bien une leur avant qu’il n’y soit affecté, afin
qentreprise extérieure : des ac- connaissance des règles de sécurité de prévenir tout risque grave d’at-
cords peuvent être conclus entre et des obligations réglementaires teinte à sa santé ou à sa sécurité, à
le chef de l’entreprise utilisatrice concernant les rayonnements ioni- celles de ses collègues ou des tiers
et celui de l’entreprise extérieure sants, adaptée au type d’appareil évoluant dans l’environnement
pour la fourniture des dosimètres utilisé. Un plan de prévention écrit immédiat de travail.
opérationnels ; précise, notamment, les phases Les travailleurs classés en catégorie
qentreprise de travail tempo- d’activité dangereuses et les A bénéficient d’un suivi de leur état
raire : la dosimétrie opérationnelle moyens de prévention spécifiques de santé au moins une fois par an
est à la charge de l’entreprise uti- correspondants, les instructions à par le médecin du travail, lequel dé-
lisatrice ; donner aux travailleurs extérieurs, livre un avis d’aptitude à l’issue de
qstagiaire : la dosimétrie opé- l’organisation mise en place pour chaque visite. Pour les travailleurs
rationnelle est assurée par l’em- assurer les premiers secours en cas classés en catégorie B, la périodicité
ployeur de la personne sous l’au- d’urgence. des examens d’aptitude est déter-
torité de laquelle il est placé ; la Dans tous les cas, le conseiller en minée par le médecin du travail et
convention de stage peut préciser radioprotection du laboratoire doit ne peut être supérieure à quatre
des modalités spécifiques. définir les modalités d’intervention ans pour les travailleurs du régime
Q Paramétrage : (accès en zones délimitées, suivi général. Une visite intermédiaire
Les dosimètres opérationnels sont dosimétrique, formation, informa- est effectuée par un profession-
paramétrés par le conseiller en ra- tion…) en liaison étroite avec son nel de santé au plus tard deux ans
dioprotection qui définit des seuils homologue. après la visite avec le médecin du
d’alarme. Il est en effet essentiel que les travail et donne lieu à la délivrance
Q Communication des résultats : conseillers en radioprotection par- d’une attestation de suivi.
Le conseiller en radioprotection tagent les informations en leur
communique les résultats aux in- possession. 7.2. Orientation du suivi
téressés, à l’employeur, éventuelle- L’application de ces procédures doit médical
ment au médecin du travail. Dans être contrôlée avec une vigilance Le suivi médical s’appuie notam-
les établissements comprenant particulière. ment sur les données de l’évalua-
une installation nucléaire de base, tion individuelle d’exposition. Il
l’employeur transmet périodi- comprend un examen clinique et
quement les niveaux d’exposition
mesurés à SISERI. En cas de mise à
disposition de dosimètres opéra-
7SUIVI MÉDICAL EN SANTÉ des examens complémentaires
dont la nature et la fréquence sont
déterminées par le médecin du tra-
tionnels par l’entreprise utilisatrice, AU TRAVAIL vail. Il intègre la surveillance des
le conseiller en radioprotection de autres risques identifiés (§ 9).
l’entreprise utilisatrice commu- 7.1. Suivi individuel Q Examen clinique :
nique ces résultats au conseiller renforcé Dépistage des diverses pathologies
en radioprotection de l’entreprise Tout travailleur classé bénéficie susceptibles d’être déclenchées ou
extérieure. d’un suivi individuel renforcé (ré- aggravées, entre autres, par l’expo-
gime général) ou d’une surveillance sition aux rayonnements ionisants
L’employeur doit s’assurer par des médicale particulière (fonction pu- (examen ophtalmologique, cuta-
moyens appropriés que l’exposi- blique). Il est de la responsabilité de né…).

142 N° 158 — RÉFÉRENCES EN SANTÉ AU TRAVAIL — JUIN 2019


Q Résultats de la surveillance dosi- du travail pour permettre la mise vail désormais compétent.
métrique individuelle. en place des mesures préventives Q Le travailleur a accès, à sa de-
Q Examens complémentaires : nécessaires. mande, aux informations conte- 13. Article L.1111-7
Une NFS (numération – formule L’aménagement du poste de travail nues dans son dossier médical 13. du Code de la Santé
publique.
sanguine) à l’embauche est préco- ou le changement d’affectation est Q L’attestation d’exposition profes-
nisée comme examen de référence, laissé à l’entière appréciation du sionnelle aux rayonnements ioni- 14. Pris en applica-
puis sa fréquence sera adaptée au médecin du travail après concerta- sants est établie par l’employeur tion de l’article
D.461-25 du Code de
suivi individuel, en fonction de tion avec l’intéressée, mais aucune et le médecin du travail, conformé-
la Sécurité sociale
l’analyse des risques au poste. femme enceinte ne peut être main- ment à l’arrêté du 28 février 1995 fixant le modèle
Q Les femmes en âge de procréer tenue à un poste impliquant un modifié 14. type d’attestation
d’exposition et
doivent être informées de l’impor- classement en catégorie A, et l’ex-
les modalités
tance de déclarer au plus tôt leur position de l’enfant à naître doit, d’examen dans
grossesse. dans tous les cas, rester inférieure
8
le cadre du suivi
post-professionnel
à 1 mSv entre la déclaration de la
des salariés ayant
7.3. Organisation du grossesse et l’accouchement. INCIDENTS ET été exposés à des
suivi individuel renforcé L’exposition à des RX émis par des DYSFONCTIONNEMENTS agents ou procédés
cancérogènes.
pour les travailleurs des générateurs électriques ne pré-
entreprises extérieures sente pas de risque de contamina- 8.1. Principes généraux
Q Cadre général : tion interne pour les femmes allai- Prendre immédiatement les dispo-
qle médecin du travail de l’entre- tant. sitions pour arrêter l’exposition des
prise utilisatrice assure, pour le personnes impliquées et, si néces-
compte de l’entreprise extérieure, 7.5. Dossier médical en saire, assurer en priorité leur prise
la réalisation des examens complé- santé au travail et suivi en charge médico-chirurgicale.
mentaires rendus nécessaires par post-professionnel Suivre les procédures d’urgence,
la nature et la durée des travaux Q Le dossier médical en santé au qui doivent être établies au préa-
effectués par les salariés de l’entre- travail comporte notamment : lable.
prise extérieure dans l’entreprise qles données de l’évaluation indi- Le conseiller en radioprotection, le
utilisatrice ; viduelle de l’exposition aux RI ; responsable du laboratoire, l’em-
qles résultats en sont commu- qle relevé dosimétrique avec les ployeur et le médecin du travail
niqués au médecin du travail de doses efficaces et les doses équiva- doivent être prévenus sans délais.
l’entreprise extérieure qui détermi- lentes ; Si nécessaire, contacter le disposi-
nera, le cas échéant, l’aptitude au qles expositions ayant conduit tif d’alerte de l’IRSN : 06 07 31 56 63
poste ; à un dépassement des valeurs li- pour une assistance (reconstitu-
qle chef de l’entreprise utilisa- mites et les doses reçues ; tion de la dose, prise en charge…).
trice doit faciliter l’accès du poste ql’ensemble des résultats des Le médecin du travail ou le conseil-
de travail au médecin du travail de examens cliniques et complémen- ler en radioprotection peuvent de-
l’entreprise extérieure. taires effectués. mander la lecture d’un dosimètre
Q Entreprise extérieure interve- Q Il est conservé jusqu’au moment en urgence.
nant de manière durable dans où le travailleur aurait atteint l’âge
une entreprise utilisatrice : accord de 75 ans, et, en tout état de cause, 8.2. Volet administratif
possible entre les entreprises et les pendant au moins 50 ans après la Q Prévenir les différents respon-
médecins du travail pour que les fin de la période d’exposition. sables concernés : l’employeur et/
examens périodiques soient assu- Q Ce dossier est communiqué au ou le responsable de l’activité nu-
rés par le médecin du travail de médecin inspecteur du travail sur cléaire, le conseiller en radioprotec-
l’entreprise utilisatrice. sa demande et peut être adressé, tion, le salarié compétent pour la
avec l’accord du travailleur, au mé- prévention des risques profession-
7.4. Femme enceinte decin choisi par celui-ci. nels, l’assistant (ou conseiller) de
ou allaitant Q Si l’établissement vient à dispa- prévention le cas échéant, ainsi que
De nombreuses substances uti- raître ou si le travailleur change le médecin du travail. 15. Site ASN :
lisées en recherche peuvent être d’établissement, l’ensemble du Q En cas d’événement significatif www.asn.fr,
toxiques pour la reproduction. dossier est transmis au médecin en radioprotection : prévenir l’ASN cheminement :
Professionnels/Les
Aussi, il est nécessaire que le per- inspecteur du travail, à charge pour et déclarer l’événement significa- guides de déclara-
sonnel féminin informe le plus tôt celui-ci de l’adresser, à la demande tif de radioprotecion (ESR) 15. Une tion des événe-
possible de sa grossesse le médecin de l’intéressé, au médecin du tra- copie est à adresser à l’IRSN. ments significatifs.

JUIN 2019 — RÉFÉRENCES EN SANTÉ AU TRAVAIL — N° 158 143


RADIOPROTECTION

Q En cas de dépassement de l’une reproduction (CMR), anesthésiques L’employeur communique au CSE :


des valeurs limites réglemen- gazeux, nanoparticules... Q le résultat de l’évaluation des
taires : prévenir l’agent de contrôle Q Risque allergique : latex, pro- risques et des mesurages ;
de l’inspection du travail ou équiva- téines animales, détergents, désin- Q le bilan statistique des exposi-
lent, l’ASN, l’IRSN et le Comité social fectants… tions ;
et économique (CSE). Q Produits cryogéniques. Q le bilan des dysfonctionnements
Q Respecter les procédures de dé- Q Agents physiques : bruit, champs relevés ;
claration des accidents du travail : électromagnétiques, rayonnements Q le bilan des vérifications initiales
qsecteur privé : déclaration à la optiques artificiels… et périodiques des équipements de
CPAM ou inscription, pour les inci- Q Gestes répétitifs, manutention et travail et d’ambiance.
dents mineurs, sur le registre des postures contraignantes, chutes... Les résultats des différentes vérifi-
accidents du travail (dits bénins) ; Q Travail isolé. cations et l’évaluation individuelle
qsecteur public : déclaration à Q … préalable du niveau d’exposition
l’employeur (en général via les res- sont intégrés dans le document
sources humaines) et inscription unique d’évaluation des risques
de l'incident sur le registre d'hy-
giène et sécurité au travail.
Q Quelles que soient la nature et
10
ÉVALUATION DE LA
professionnels.

la gravité de l’ESR, il est obligatoire MAÎTRISE DES RISQUES Composition du


d’en analyser les causes en vue de
faire progresser la radioprotection Afin d’optimiser la radioprotection comité scientifique
sur le site et de partager le retour des travailleurs et de l’installation,
d’expérience. l’employeur établit l’ensemble des Autorité de sûreté nucléaire
bilans nécessaires à l’évaluation de (ASN), Paris
la maîtrise des risques. Les bilans - J. Fradin

9 font notamment état des dépas- - C. Andraud


sements des valeurs limites et des Institut de radioprotection
RISQUES ASSOCIÉS moyens mis en œuvre pour y remé- et de sûreté nucléaire (IRSN)
dier et les prévenir. - A. Cordelle
Q Risque radiologique lié à la mani- Le conseiller en radioprotection in- Ministère du Travail,
pulation de sources scellées (étalon- forme l’employeur en cas de risque Direction générale
nage), non scellées et d’échantillons de dépassement d’une contrainte du travail (DGT)
radioactifs, exposition au radon. de dose ou de l’évaluation indivi- - E. Dufaÿ
Q Risque électrique. duelle d’exposition. - P. Mathieu
Q Risque biologique : piqûre, cou- La consultation régulière de SISERI Institut national de recherche
pure, morsure, griffure et/ou pro- et des résultats de dosimétrie opé- et de sécurité (INRS)
jection (sang, urines, cellules tumo- rationnelle à des fins d’optimisa- - A. Bourdieu
rales d’origine humaine greffées tion et d’information par le méde- Experts
chez l’animal…), aérosols produits à cin du travail et par le conseiller - P. Frot, INSERM
l’occasion du nettoyage des cages… en radioprotection, ainsi que la - M.L. Gaab, INSERM/GIP CYCERON
Q Risque chimique : utilisation consultation des relevés annuels - J.M. Horodynski, CNRS/INP/iRSD
simultanée de solvants, cytosta- des doses individuelles, permettent - S. Rigaud, Institut de recherche
tiques, substances cancérogènes, d’apprécier l’évolution de l’exposi- Pierre Fabre
mutagènes ou toxiques pour la tion des travailleurs. - C. Thieffry, CNRS/IN2P3

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