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REPUBLIQUE DU BENIN

MINISTERE DE L’ENSEIGNEMENT SUPERIEUR ET DE LA


RECHERCHE SCIENTIFIQUE
UNIVERSITE D’ABOMEY-CALAVI
ECOLE POLYTECHNIQUE D’ABOMEY-CALAVI
DEPARTEMENT DE GENIE CIVIL

OPTION : Bâtiments et Travaux Publics

Mémoire de fin de formation en vue de l’obtention du diplôme


d’ingénieur de conception

THEME :

PREDICTION NUMERIQUE DES PROPRIETES ELASTIQUES DU


COMPOSITE TERRE DE BARRE-PAILLES DE RIZ

Présenté par :

Kassir Adjao O. BOUSSARI

Soutenu publiquement le 22 février 2019 devant le jury composé de :

Président : Pr TOUKOUROU CHAKIROU A., Enseignant à l’EPAC/UAC


Membres : 1) Pr GIBIGAYE Mohamed, Maitre de mémoire
2) Dr DOKO K. Valéry, Enseignant à l’EPAC/UAC
3) Dr SAVY Mathias, Collaborateur de l’EPAC

11ème Promotion
Année académique 2017-2018
DEDICACES

DEDICACES

A mon cher père Aliyou BOUSSARI, et ma très chère mère Mina-Ouratou, pour
m’avoir donné une éducation de qualité, pour l’amour du travail qu’ils ont su m’inculquer et
pour leur affection, leur encouragement et leur attachement exceptionnel au sens de la
responsabilité parentale.
A mes chers frères et sœurs pour leurs soutiens.
A Toute ma famille sans exception.

Je dédie ce mémoire

Prédiction numérique des propriétés élastiques du composite terre de barre-paille de riz


i
REMERCIEMENT

REMERCIEMENT

Le remerciement infini avant tout est à Allah le plus puissant qui m’a comblé des
bienfaits de l’Islam et de la Science.
Ce document a été réalisé grâce à l’appui, à l’engagement, au soutien et à la collaboration
de nombreuses personnes physiques et morales à qui je formule ici mes sincères remerciements
et ma profonde gratitude :
Au Professeur Mohamed SOUMANOU, Directeur honoraire de l’Ecole
Polytechnique d’Abomey-Calavi, pour le cadre et les moyens mobilisés pour notre
formation ;
Au Professeur Guy Alain ALITONOU, Directeur de l’Ecole Polytechnique
d’Abomey-Calavi
Au Professeur Clément AHOUANOU, Directeur adjoint honoraire de l’Ecole
Polytechnique d’Abomey Calavi ;
Au Professeur François-Xavier FIFATIN, Directeur adjoint de l’Ecole
Polytechnique d’Abomey Calavi ;
Au Docteur Gossou Jean HOUINOU, Enseignant à l’Université d’Abomey-Calavi,
Chef du Département de Génie Civil de l’Ecole Polytechnique d’Abomey-Calavi ;
Au Professeur Mohamed GIBIGAYE, notre maître de mémoire. Tout au long de
notre formation, nous avons admiré votre immense culture scientifique. Nous avons
toujours été fascinés par vos qualités humaines, votre faculté de mettre de l’ordre
dans les choses et votre simplicité. Grande est notre appréciation de travailler avec
vous et nous souhaitons que le futur soit marqué par de nombreuses collaborations.
Encore <<Merci !>> ;
A l’Ing Christian ADADJA, mon co-maître de mémoire pour tous les conseils, pour sa
contribution, sa disponibilité permanente, son esprit d’ouverture et pour ses fructueuses
discussions.
Dr Ing Clément A. LABINTAN, nous avons toujours admiré votre courtoisie,
votre simplicité, votre contribution, votre disponibilité à travailler avec nous malgré
vos multiples occupations. Pour votre implication personnelle, veuillez recevoir
l’expression déférente de notre profonde reconnaissance.
L’ensemble des membres de mon jury pour avoir accepté de contribuer à l’évaluation

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REMERCIEMENT

de mes travaux de recherche et le professeur A. C. TOUKOUROU d’en avoir accepté


la présidence.
Dr Ing Crespin Prudence YABI, nous tenons à vous remercier pour votre
implication personnelle et vos interminables et fructueuses discussions très
constructives
À l’Ing. Gildas GODONOU, nous tenons à vous remercier aussi pour votre
implication personnelle, vos conseils que vous nous prodigués et vos interminables et
fructueuses discussions très constructives.
A toute l’équipe de recherche je veux nommer les Ingénieurs, Mariette ADAGBE,
Joël KOTI, Reine KATE, Ghildas SEKLOKA pour avoir été un creuset d’échanges,
de critiques scientifiques et de solidarité pour une bonne évolution des travaux. Que
le Seigneur vous accorde ses grâces et vous bénisse.
A tout le corps enseignant du département de Génie Civil de l’Ecole Polytechnique
d’Abomey-Calavi pour leur dévouement et la qualité de leur enseignement. Je veux
citer :
 Professeur Edmond ADJOVI, Professeur Titulaire des Universités ;
 Professeur Victor S. GBAGUIDI, Maître de Conférences des Universités ;
 Professeur Aïssè Gérard GBAGUIDI, Maître de Conférences des
Universités ;
 Professeur Adolphe TCHEHOUALI, Maître de Conférences des Universités ;
 Professeur François de Paule CODO, Maître de Conférences des Universités
;
 Professeur Martin AÏNA, Maître de Conférences des Universités ;
 Professeur Emmanuel OLODO, Maître de Conférences des Universités ;
 Docteur Ezéchiel ALLOBA, Maître Assistant des Universités ;
 Docteur Crépin ZEVOUNOU, Maître Assistant des Universités ;
 Dr Ing Valery DOKO, Maître assistant des Universités du CAMES ;
 Docteur Léopold DEGBEGNON, Maître Assistant des Universités ;
 Docteur SAVY Mathias, ancien Enseignant retraité à l’EPAC ;
 Docteur Agapi HOUANOU, Enseignant à l’EPAC ;
 Docteur Agathe HOUINOU, Enseignante à l’EPAC ;
 Docteur Codjo Luc ZINSOU, Enseignant à l’EPAC ;

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iii
REMERCIEMENT

 Docteur Taofic BACHAROU, Maître Assistant des Universités ;


 Docteur Epiphane T. S. WANKPO, Enseignant à l’EPAC ;
 Docteur Architecte Noël DIOGO, Enseignant à l’EPAC ;
 Docteur Gédéon CHAFFA, Enseignant à l’EPAC.
A la fondation Vallet de France et à tout le personnel du Conseil des Activités
Educatives du Bénin (CAEB) pour le financement de mes études.
A tout le personnel de l’entreprise « DIC-BTP » ;
A mon groupe de recherche dont les remarques, les suggestions et la solidarité ont
amélioré le travail. Merci à Emmanuel BANKOLE et à Ismailou YESSOUFOU ;
A tous mes camarades de la 11ème promotion avec qui nous avons passé cinq (5)
mémorables années de notre vie et pour les nostalgiques moments d’entraide, de
solidarité et de joie, plus particulièrement Yacine ABIBOU, Princia ASSOGBA,
Charlotte DJOTEHINKPON, Imelda DOVONOU, Damien HOUNDJA, Josky
KOMAGBE-DJIFFA, Zouroukanéri SERO, Djawad SIKIROU, Yvette TCHODO.
Je voudrais enfin porter une mention toute spéciale sur toute ma famille. Ainsi je pense
tout particulièrement :
 A mon père Aliyou BOUSSARI, pour m’avoir inculqué l’amour de la science, et pour
les mots de courage et de persévérance sans cesse renouvelés à mon égard.
 A ma mère Mina-Ouratou da-SILVA pour son amour, son affection et son soutien.
 A tous mes frères et sœurs Mouinath, Youssouf, Moukaram, Farid ; puisse le Seigneur
renforcer notre lien fraternel.
J’adresse aussi mes sentiments de profonde reconnaissance à tous ceux qui, de près
ou de loin m’ont aidé d’une manière ou d’une autre tout au long de ma formation et
pendant la rédaction de ce document à noter mon ami Saobane ADECHINAN.

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iv
HOMMAGES

HOMMAGES

A nos maîtres de mémoire,


Professeur Mohamed GIBIGAYE
Vous êtes un exemple qui témoigne de la rigueur scientifique au travail. Vos qualités
de grand enseignant m’ont motivé à travailler avec vous. Ce document n’aurait pas eu son
achèvement sans vos précieux conseils, votre grand esprit d’écoute, votre courtoisie et votre
soutien intellectuel et matériel.
Trouvez dans cet hommage l’expression de notre profonde gratitude
Hommages respectueux

Doctorant Ir. Christian ADADJA


Recevez l’expression de ma gratitude et de ma profonde reconnaissance pour avoir
guidé mes premiers pas dans la recherche. Merci pour votre soutien indéfectible, ce mémoire
n’est que la conséquence de vos conseils, de votre suivi et de la valeur que vous avez su
accorder à ce travail.
Hommages respectueux

Dr Clément LABINTAN
Recevez l’expression de ma reconnaissance pour m’avoir beaucoup aidé dans cette
recherche.
Hommages respectueux

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v
HOMMAGES

A nos juges,
Monsieur le président du jury, Prof TOUUKOUROU AKANHO CHAKIROU. Nous
sommes très sensibles à l’honneur que vous nous avez fait, en acceptant de présider notre
jury de soutenance.
Messieurs les membres du jury, à savoir Pr Mohamed GIBIGAYE, Dr SAVY
Mathias et Dr DOKO Valéry. Vous nous avez fait un grand honneur en acceptant de juger ce
travail. Nous sommes persuadés que vos remarques et critiques ont contribué à l’amélioration
de la qualité scientifique de ce travail.

Profonde gratitude

Prédiction numérique des propriétés élastiques du composite terre de barre-paille de riz

vi
RESUME

RESUME

L’objectif principal de ce travail est la prédiction du comportement macroscopique


élastique d’un matériau hétérogène qu’est le banco. Le banco est un matériau hétérogène
composé d’une matrice qu’est la terre de barre et des inclusions de paille. C’est dans le but de
valoriser les matériaux locaux afin de réduire les nombreux problèmes causés par la
surexploitation des ressources naturelles due à la production des granulats conventionnels pour
les constructions modernes que ce matériau a été proposé. Pour cette prédiction du
comportement élastique de ce matériau, deux méthodes peuvent être utilisées. Une méthode
analytique basée sur les bornes et les modèles analytiques et une méthode numérique basée sur
l’utilisation d’un outil numérique. Parmi ces deux approches, nous avons choisi la méthode
numérique du fait de son optimisation des résultats en utilisant un logiciel d’homogénéisation
dont un module utilise pour cela deux méthodes semi-analytiques principales : Mori-Tanaka et
Interpolative double inclusion (Modèle Lielens) et un autre module qui utilise la méthode des
éléments finis (MEF) pour l’analyse de la structure du Volume Elémentaire Représentatif
(VER). Toutes ces techniques d’homogénéisation numérique qui présentent de nos jours
l’avantage d’être moins couteuses nécessitent d’une part la connaissance des caractéristiques
mécaniques des différentes phases en jeu et d’autre part des informations sur la proportion, la
morphologie et l’orientation des inclusions. Il ressort de cette étude que le module d’élasticité
de notre composite à partir du module MF de notre logiciel d’homogénéisation est de
114,18MPa et la valeur du module FE obtenue vaut 124,027MPa. En ce qui concerne le
coefficient de Poisson, la valeur donnée par module MF vaut 0,283 et celle donnée par le
module FE vaut 0,289. Toutes ces valeurs ayant été déterminées pour une fraction volumique
de 25%, un rapport de forme de 2,9 avec une orientation aléatoire isotrope des pailles. On
retient également que le module d’élasticité du composite diminue avec l’augmentation de la
fraction des pailles.
Mots-clés : Homogénéisation- propriétés mécaniques- banco- volume élémentaire
représentatif

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vii
ABSTRACT

ABSTRACT

The main objective of this work is the prediction of the elastic macroscopic behavior
of a heterogeneous material, banco. Banco is a heterogeneous material composed of a matrix
that is bar earth and inclusions of straw. It is in order to valorize local materials to reduce the
many problems caused by the overexploitation of natural resources due to the production of
conventional aggregates for modern constructions that this material has been proposed. For this
prediction of the elastic behavior of this material, two methods can be used. An analytical
method based on bounds and analytical models and a numerical method based on the use of a
numerical tool. Among these two approaches, we chose the numerical method because of its
optimization of the results, using a homogenization software whose module uses two main
semi-analytical methods: Mori-Tanaka and Interpolative double inclusion (Lielens model) and
another module that uses the method. Finite Elements (MEF) for the analysis of the Structure
of the Representative Elementary Volume (REV). All these techniques of numerical
homogenization which present today the advantage of being less expensive require on the one
hand the knowledge of the mechanical characteristics of the various phases involved and on
the other hand information on the proportion, the morphology and the orientation of inclusions.
It emerges from this study that the modulus of elasticity of our composite from the MF module
of our homogenization software is 114.18 MPa and the value of the obtained FE module is
124.027 MPa. With regard to the Poisson's ratio, the value given per MF module is 0.283 and
that given by the FE module is 0.289. All these values having been determined for a volume
fraction of 25%, a form ratio of 2.9 with an isotropic random orientation of the straws. It is also
noted that the modulus of elasticity of the composite decreases with the increase of the fraction
of the straws.
Keywords: Homogenization- mechanical properties- banco - representative elementary
volume

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viii
LISTE DES SIGLES ET ABREVIATIONS

LISTE DES SIGLES ET ABREVIATIONS

AC : Auto-Cohérent
Dr : Docteur
EF : Eléments Finis
FE : module de Finite Elements
GPa : Giga Pascal
HS : Hashin Strikman
KN : Kilo Newton
MPa : Méga Pascals
MT : modèle de Mori-Tanaka
MF : module de Mean Field
NF : Norme Française
Pr : Professeur
Rc : Résistance en compression
TEO : Teneur en Eau Optimale
UD : Unidirectionnel
VER : Volume Elémentaire Représentatif

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ix
LISTE DES NOTATIONS

LISTE DES NOTATIONS

a2 : Tenseurs d’orientation d’ordre 2


a4 : Tenseurs d’orientation d’ordre 4
A : Tenseurs de concentration des déformations
̂
𝑨 : Tenseurs de concentration des déformations
B : Tenseur de concentration des contraintes
C : Tenseur des rigidités (ordre 4)
Di : Longueur correspondante au petit axe de l’ellipse
E : Module de Young
E : Tenseur d’Eshelby
K : Module de compressibilité
Li : Longueur correspondante au grand axe de l’ellipse
n : Vecteur normal unitaire
p : Vecteur unitaire décrivant l’orientation d’une particule
r : Rapport de forme de la particule
S : Tenseur des souplesses (ordre 4)
tr : Trace du tenseur E
υ : Coefficient de Poisson
v : Fraction volumique
V : Volume
σ : Tenseur des contraintes
ℇ : Tenseur des déformations
Σ : Tenseur des contraintes macroscopiques
E : Tenseur des déformations macroscopiques
σmax : Résistance en compression
«:» : Produit doublement contracté entre 2 tenseurs
Ψ(p) : Fonction de distribution d’orientation
δ : Tenseur unitaire
µ : Module de cisaillement
ρ : Masse volumique

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x
LISTE DES NOTATIONS

φi : Angle de l’orientation du grand axe de l’ellipse par rapport à un axe de


référence

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LISTE DES ANNEXES

LISTE DES ANNEXES

Annexe 1 : Tenseurs des élasticités ..................................................................................... xxiii


Annexe 2 : Analyse de la géométrie des particules de pailles de riz .................................... xxiv
Annexe 3 : Quelques autres images sur l’homogénéisation numérique ..............................xxvii
Annexe 4 : La tomographie................................................................................................ xxviii

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xii
LISTES DES FIGURES

LISTES DES FIGURES

Figure 1 : Exemple des matériaux hétérogènes multiphasiques obtenus par tomographie, Ding
(2012) ......................................................................................................................................... 4
Figure 2 : Composites hétérogènes de renforts : (a) fibres et (b) particules .............................. 5
Figure 3 :Matériaux de génie civil : (a) roche et (b) béton, Escoda (2012) .............................. 5
Figure 4 : Matériaux hétérogènes poreux : (a) milieu poreux à l’échelle microscopique
(CNRS Photothèque/ISM), (b) une mousse métallique réelle et (c) une mousse simulée ........ 5
Figure 5 : Classification schématique des différents types de composites ................................ 6
Figure 6 : Différents types de renforts ....................................................................................... 7
Figure 7 : Différentes familles des matrices .............................................................................. 7
Figure 8 : La paille de riz hachée ............................................................................................. 15
Figure 9 : Courbe contrainte-déformation en traction directe de la paille de riz (Zinvié)[9] .. 16
Figure 10 : Néré : de l’arbre à la décoction ............................................................................. 18
Figure 11 : Variation du poids volumique sec en fonction de la teneur en eau lors d'une
opération de compactage.......................................................................................................... 18
Figure 12 : Exemple des VERs d’une microstructure hétérogène, Gitman et al. (2007)[3] .... 34
Figure 13 : Illustration du VER ............................................................................................... 35
Figure 14 : Microstructures aléatoires 2D : (a) schéma Booléen et (b) schéma de sphères
dures ......................................................................................................................................... 37
Figure 15 : Les différentes possibilités pour positionner deux particules voisines dans une
matrice...................................................................................................................................... 37
Figure 16 : Mosaïque de Voronoï généré par le processus de Poisson : (a) microstructure avec
8000 grain et (b) maillage de la microstructure, Kari et al. (2003) ......................................... 38
Figure 17 : Microstructure virtuelle d’un élastomère chargé de particules, générée par le
processus de Poisson et son maillage, Jean (2009) .................................................................. 38
Figure 18 : Les deux formes géométriques d’une particule ellipsoïdale ................................. 38
Figure 19 : Coordonnées du système et les angles principaux pour la simulation avec le
processus de Poisson. ............................................................................................................... 39
Figure 20 : Organigramme de la méthode de Poisson. ............................................................ 39
Figure 21 : Simulation par Poisson d’un schéma Booléen et de son complémentaire de N
particules distribuées aléatoirement dans l’espace. (Ahmed MOUMEN) ............................... 40
Figure 22 : Simulation par Poisson d’un schéma de sphères dures et de son complémentaire
de N particules distribuées aléatoirement dans l’espace avec a > 0. (Ahmed MOUMEN) ..... 40
Figure 23 : Définition de facteur de forme d’un cylindre ........................................................ 41
Figure 24 : Intersection entre deux disques ............................................................................. 41

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xiii
LISTES DES FIGURES

Figure 25 : Intersection entre deux cylindres. Les points pt1 et pt2 définissent l’axe réalisant
la distance entre les axes des cylindres .................................................................................... 42
Figure 26 : Microstructure générée par RSA : (a) image virtuelle, (b) maillage des particules
et (c) maillage total du composite, Kari et al. (2007b). ........................................................... 43
Figure 27 : Exemple de génération avec la méthode MD (Sophie LEMAITRE) .................... 44
Figure 28 : Longueurs et largeurs analysées[29] ..................................................................... 44
Figure 29 : Etapes successives de l’analyse d’images ............................................................. 45
Figure 30 : Coordonnées et dimensions d’une particule .......................................................... 45
Figure 31 : Description de l’orientation d’une particule .......................................................... 47
Figure 32 : Exemples d'orientation : (a) orientation aléatoire en 3D, isotrope ; (b) orientation
aléatoire en 2D ; (c) orientation alignée ................................................................................... 48
Figure 33 : Principe d’homogénéisation d’une microstructure hétérogène ............................. 50
Figure 34 : Problème de l’inclusion d’Eshelby........................................................................ 57
Figure 35 : Problème de l’inclusion équivalente d’Eshelby .................................................... 58
Figure 36 : Illustration du principe de la borne de Voigt ......................................................... 61
Figure 37 : Illustration du principe de la borne de Reus .......................................................... 62
Figure 38 : Diagramme récapitulatif pour l’estimation des propriétés mécaniques (bornes de
Hashin-Strikman) ..................................................................................................................... 64
Figure 39 : Diagramme récapitulatif pour l’estimation des propriétés mécaniques (approche
de Mori-Tanaka) ...................................................................................................................... 65
Figure 40 : Algorithme de l’approche auto-cohérente pour estimer des propriétés mécaniques
.................................................................................................................................................. 65
Figure 41 : Comparaison entre les différentes approches d’homogénéisation analytique,
Dirrenberger (2012). ................................................................................................................ 66
Figure 42 : Maillage 2D et 3D de la géométrie d’une microstructure ..................................... 68
Figure 43 : Exemple d’échantillon numérique : périodique avec le maillage régulier (a) et
aléatoire avec le maillage libre (b) (Pham T.H.) ...................................................................... 69
Figure 44 : Maillage de microstructures hétérogènes : (a) schéma de sphères dures, (b)
complémentaire de schéma, (c) composite et (d) le maillage associé. .................................... 69
Figure 45 : Variation des modules avec les conditions aux limites imposées en fonction du
volume : (a) Nguyen et al. et (b) EL Houdaigui et al. (2007) .................................................. 72
Figure 46 : Courbe contrainte-déformation issue de la compression sur la terre de barre ...... 74
Figure 47 : Photos des images traitées et analysées ................................................................. 77
Figure 48 : Procédure pour déterminer l'orientation et la forme des particules du banco ....... 77
Figure 49 : Chargement considéré dans Digimat MF .............................................................. 81
Figure 50 : Résultat d’analyse de contrainte-déformation par Digimat MF ............................ 82

Prédiction numérique des propriétés élastiques du composite terre de barre-paille de riz

xiv
LISTES DES FIGURES

Figure 51 : Matrice de rigidité du composite donnée par Digimat MF ................................... 82


Figure 52 : Valeurs des constantes d’ingénieurs du composite banco..................................... 82
Figure 53 : VER généré par le module Digimat FE................................................................. 83
Figure 54 : Maillage créé par Digimat FE ............................................................................... 84
Figure 55 : Microstructure obtenue après chargement ............................................................ 85
Figure 56 : Variation du module E en fonction du nombre des EF pour les différentes grilles
de maillage. .............................................................................................................................. 86
Figure 57 : Courbe contrainte-déformation donnée par Digimat FE ....................................... 86
Figure 58 : Influence de la teneur en paille sur le module de Young ...................................... 88
Figure 59 : Valeurs des constantes d’ingénieurs pour 20% de paille ...................................... 89
Figure 60 : Valeurs des constantes d’ingénieurs pour 30% de paille ...................................... 89
Figure 61 : Valeurs des constantes d’ingénieurs pour 35% de paille ...................................... 89
Figure 62 : Valeurs des constantes d’ingénieurs pour 40% de paille ...................................... 89
Figure 63 : Valeurs des constantes d’ingénieurs pour 45% de paille ...................................... 90
Figure 64 : Valeurs des constantes d’ingénieurs pour 50% de paille ...................................... 90
Figure 65 : Méthodologie de l’utilisation de l’approche numérique ...................................xxvii
Figure 66 : Etape de préparation d’une microstructure réelle pour la simulation. ..............xxvii
Figure 67 : Schéma de la procédure de traitement d’une microstructure réelle pour la
simulation.............................................................................................................................xxvii
Figure 68 : Image du tomographe ...................................................................................... xxviii

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xv
LISTE DES TABLEAUX

LISTE DES TABLEAUX

Tableau 1 : Les minéraux lourds présents dans la terre de barre ............................................. 12

Tableau 2 : Relations entre les coefficients d’élasticité d’un matériau isotrope...................... 33

Tableau 3 : Données issues d’analyse d’image........................................................................ 45

Tableau 4 : Données issues de l’analyse d’image .................................................................... 78

Tableau 5 : Rapports de forme et composantes du tenseur a2.................................................. 78

Tableau 6 : Calcul de la masse volumique du banco ............................................................... 79

Tableau 7 :Paramètres des phases du matériau ........................................................................ 81

Tableau 8 : Modules de Young du banco obtenus expérimentalement ................................... 87

Prédiction numérique des propriétés élastiques du composite terre de barre-paille de riz

xvi
INTRODUCTION

INTRODUCTION

Introduction

La production mondiale de granulats conventionnels pour la construction augmente


régulièrement. La surexploitation de ces ressources naturelles est la cause de nombreux
problèmes environnementaux tels que l’épuisement des sols et des granulats conventionnels,
la modification de la morphologie des sols et du paysage. La prise en compte de l’impact
environnemental des constructions conduit alors à s’interroger sur des procédés et des
matériaux alternatifs. Cette prise en compte de l’impact environnemental, nécessite la
valorisation des matériaux localement disponibles ; ce qui permettra également de réduire de
façon considérable le coût de la construction qui ne fait qu’augmenter de façon exponentielle
au niveau des constructions modernes du fait de la cherté de ces matériaux modernes et de la
distance de transport qui est trop grande. Parmi ces matériaux locaux, nous avons la terre de
barre qui est un matériau de base de nombreuses habitations traditionnelles de l'Afrique. Ce
matériau a l'avantage d'être facilement disponible : il suffit de creuser dans la terre. Il a
également le mérite d'être un bon isolant thermique. Afin d’améliorer les caractéristiques et les
propriétés de ce matériau terre, certains chercheurs béninois ont pensé incorporer à cette
matrice terre des fibres de paille de riz. On obtient ainsi un nouveau matériau composite qu’est
le banco. En outre, la promotion de matériaux de construction dits « locaux » comme le banco
et des techniques appropriées peut être intéressante dans le cas du Bénin pour les raisons
suivantes : lutter contre la pauvreté par la création d’emplois ; répondre à la demande d’habitat
par la production des matériaux à base de ressources naturelles et enfin lutter contre la précarité
de l’habitat par le renforcement des compétences et l’amélioration des produits. C’est dans
cette optique que plusieurs études ont été réalisées sur ce matériau qu’est le banco en vue d’être
utilisé comme un matériau pouvant remplacer le mortier de ciment ou aussi le béton. Parmi ces
études qui ont été réalisées sur le banco, d’autres se sont focalisées sur la détermination de ses
caractéristiques mécaniques. On note à cet effet les travaux d’AMBARKA en 2010 qui conclut
que la fraction massique optimale de paille qu’il faut pour une bonne résistance à la
compression est de 2% et que plus la proportion massique augmente, plus la résistance à la
traction augmente. Toujours dans les mêmes travaux, il trouve pour une fraction massique de
2% de paille de riz, une valeur optimale de coefficient de POISSON de 0,37.

Prédiction numérique des propriétés élastiques du composite terre de barre-paille de riz


1
INTRODUCTION

Dans le but de fournir aux spécialistes de calcul des structures une loi de comportement
homogénéisé représentant la réponse réelle d’un élément de volume de ce matériau d’une part
et pour la prévision de tenue en service des structures d’autre part, il est essentiel d’évaluer les
contraintes, les déformations et les déplacements locaux en chaque point de la structure.
L’évaluation de ces contraintes, déformations et déplacements en chaque point de la structure
passe nécessairement par la résolution des systèmes d’équations de la mécanique des solides
déformables tout en tenant compte des conditions aux limites de ces structures. Les solutions
de ces systèmes d’équations dépendent des constantes dites de Lamé (λ et µ) qui elles-mêmes
sont fonction des constantes d’ingénieur qui sont le module de Young E et le coefficient de
Poisson υ. Des tables de valeurs existent pour ces constantes pour différents matériaux de base.
Quant aux matériaux composites il faudrait faire des essais afin de déterminer ces coefficients ;
lesquels dépendront des constantes de chaque constituant. Et comme le banco est un matériau
composite, alors ses caractéristiques dépendent de celles de ses constituants. Ainsi, il s’avère
très fastidieux, voire pénible de procéder à des essais afin de déterminer les caractéristiques de
ce matériau particulièrement les constantes d’ingénieur pour de diverses formulations. D’où
l’importance de faire recours à des méthodes théoriques (numériques) de modélisation
notamment celles de l’homogénéisation qui permettent de prédire (de façon optimale) les
propriétés dudit matériau pour une microstructure bien définie et en considérant les pailles
comme les inclusions noyées dans la matrice qu’est la terre de barre. Notre étude permettra de
prédire les caractéristiques mécaniques que sont les constantes d’ingénieurs : le module de
YOUNG et le coefficient de POISSON du composite argile-paille par une méthode numérique
d’homogénéisation à partir des caractéristiques de l’argile et des pailles ; de leur proportion
respective ainsi que leur orientation afin de comparer les résultats trouvés aux résultats
expérimentaux trouvés par les quelques études qui s’y sont intéressées. Ainsi, ce travail
permettra en outre d’étudier l’évolution des caractéristiques mécaniques (module de Young et
coefficient de Poisson) du composite en fonction de différentes fractions volumiques des
pailles.

Prédiction numérique des propriétés élastiques du composite terre de barre-paille de riz


2
INTRODUCTION

Objectifs

- Objectif général

L’objectif de ce travail est de développer des formulations plus performantes du


composite banco en prédisant ses caractéristiques mécaniques à savoir le module de Young et
le coefficient de Poisson à l’aide d’une méthode numérique d’homogénéisation.

- Objectifs spécifiques

Pour atteindre cet objectif général, il s’agira de manière spécifique de :

 Prédire le module de Young et le coefficient de Poisson du matériau composite


homogénéisé terre de barre-paille de riz.
 Faire une étude comparative avec les résultats expérimentaux.
 Etudier l’évolution des caractéristiques mécaniques à savoir le module de Young
et le coefficient de Poisson déterminées en fonction de la fraction volumique des
pailles de riz.

- Plan de l’étude

Le présent travail s’articulera essentiellement en quatre chapitres.

 Le premier sera consacré aux généralités et à la revue de littérature sur les propriétés
thermiques et mécaniques des constituants du banco et du banco proprement dit.
 Le deuxième s’intéressera à la présentation des techniques de génération du VER pour
la modélisation de la microstructure du composite et de détermination des autres
paramètres de l’homogénéisation numérique.
 Dans le troisième chapitre, il s’agira d’exposer la théorie de l’homogénéisation ; c’est-
à-dire la présentation des différents modèles d’homogénéisation analytique et
numérique.
 Au quatrième chapitre nous utiliserons les approches numériques pour déterminer le
module d’élasticité et le coefficient de poisson du matériau composite banco et aussi
investiguer le rôle de la fraction volumique des inclusions végétales sur le module
d’élasticité et le coefficient de POISSON du composite

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3
1. Généralités et revue de littérature

1. Généralités et revue de littérature

1.1. Les matériaux composites


1.1.1. Généralité sur les matériaux composites
Dans de nombreux domaines tels que le génie civil, l’aéronautique, l’armement,
l’automobile, les transports, la médecine, etc., l’utilisation des matériaux composites est en
constante progression. Cet engouement n’est pas un hasard mais un développement judicieux
soutenu par des intérêts techniques et économiques [1].
Un composite est un matériau au sein duquel sont associés des matériaux élémentaires
aux caractéristiques complémentaires, en vue de lui conférer, à l’échelle macroscopique et au
moins dans certaines directions, un ensemble de propriétés que les constituants pris isolement
ne permettent pas d’atteindre. Le concept clé des composites est l'union de deux ou plusieurs
matériaux, qui seuls n'ont pas de bonnes qualités mais qui, une fois unis, ont d'excellentes
propriétés : l'union fait la force. Il nécessite l’association intime d’au moins deux composants
non miscibles : le renfort et la matrice, qui doivent être compatibles entre eux et se
solidariser[2]. On peut alors dire que les matériaux composites ou matériaux hétérogènes sont
des matériaux qui possèdent deux (biphasées) ou plusieurs phases (multiphasiques).
L’avantage essentiel de ce type de matériau est les propriétés structurales importantes que leurs
constituants élémentaires ne possèdent pas individuellement[3]. Pratiquement tous les
matériaux hétérogènes ou composites sont constitués d’éléments discontinus appelés
hétérogénéités ou renforts, noyés dans une phase continue appelée matrice.

Figure 1 : Exemple des matériaux hétérogènes multiphasiques obtenus par


tomographie, Ding (2012)

D’après les définitions précédentes, on peut citer plusieurs exemples de matériaux


hétérogènes. Par exemple les composites fibreux où les renforts sont des fibres ; les composites
particulaires où les renforts sont des particules. Les matériaux poreux qui sont des matériaux
hétérogènes biphasés constitués d’une phase solide et d’une phase de vide nommée "pore". Les

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4
1. Généralités et revue de littérature

matériaux granulaires, les mousses métalliques ou céramiques qui sont des matériaux poreux
dont la porosité est très élevée (70- 95% de vide) Les matériaux de construction en génie civil
comme le béton, les roches et les matériaux vivants[3].

Figure 2 : Composites hétérogènes de renforts : (a) fibres et (b) particules

Figure 3 :Matériaux de génie civil : (a) roche et (b) béton, Escoda (2012)

Figure 4 : Matériaux hétérogènes poreux : (a) milieu poreux à l’échelle microscopique


(CNRS Photothèque/ISM), (b) une mousse métallique réelle et (c) une mousse simulée

Comme dit précédemment, les matériaux composites peuvent se présenter sous


différentes formes généralement dépendantes de la géométrie du renfort (particules, fibres
longues ou courtes introduites dans la matrice…). Les composites qui nous préoccupent dans
notre étude font partie de la famille des composites fibreux. Ces matériaux sont hétérogènes à
l’échelle microscopique mais sont considérés macroscopiquement comme homogènes.
Le domaine des matériaux est large et ceux-ci peuvent être divisés en trois types. La
figure ci-après présente une classification schématique plus ou moins générale des matériaux
composites. Nous y distinguons trois catégories principales : les composites renforcés par des

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5
1. Généralités et revue de littérature

particules, les composites renforcés par des fibres et les composites structuraux. Chacune de
ces catégories se divise en au moins deux sous catégories.

Figure 5 : Classification schématique des différents types de composites

1.1.2. Les différentes phases d’un matériau composite


Contrairement aux matières premières classiques dont on connaît à l’avance les
caractéristiques mécaniques, celles des composites ne sont réellement connues qu’après
fabrication, car on réalise, en même temps, le matériau et le produit. Un matériau composite
est constitué d'une :

- Ossature appelée renfort, présentant diverses architectures, qui assure la résistance


mécanique ;
- Protection appelée matrice, assurant la cohésion de la structure et la retransmission des
efforts vers le renfort. Cette matrice peut être la terre de barre (qui est la matrice dans
notre cas), le mortier ou la pâte de ciment.
Ces deux constituants principaux reçoivent des additifs ou charges nécessaires pour assurer
une adhérence suffisante entre le renfort et la matrice (c’est le cas de la décoction de néré dans
le banco). Ils permettent également de modifier l’aspect ou les caractéristiques de la matière à
laquelle ils sont ajoutés : pigments de coloration, agents anti-UV, charges ignifugeantes,
isolation thermique ou acoustique.
1.1.2.1. Les renforts
Les renforts constituent l’armature ou le squelette d’un matériau composite ; ils
contribuent à l’amélioration de la résistance mécanique et de la rigidité des matériaux
composites. Ils se présentent sous forme de particules, de fibres de forme courte ou allongée
qui donne au matériau un effet directif. Ils sont caractérisés par :

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6
1. Généralités et revue de littérature

- la nature de la fibre ou des particules : minérale ou organique ;


- l’architecture du renfort, Unidirectionnel (UD) ou Tissu.

Figure 6 : Différents types de renforts

1.1.2.2. La matrice
La matrice permet de lier les fibres de renforts, de répartir les contraintes, d’apporter
la tenue chimique de la structure et de donner la forme désirée au produit final. Les différentes
familles de matrice sont présentées par l’organigramme de la figure suivante.

Figure 7 : Différentes familles des matrices

1.1.3. Avantages de l’utilisation des matériaux composites


Les matériaux composites disposent d'atouts importants par rapport aux matériaux
traditionnels. Ils apportent de nombreux avantages fonctionnels : légèreté, résistance
mécanique et chimique, maintenance réduite, liberté de formes. Ils permettent d'augmenter la
durée de vie de certains équipements grâce à leurs propriétés mécaniques et chimiques. Ils
contribuent au renforcement de la sécurité grâce à une meilleure tenue aux chocs et au feu. Ils
offrent une meilleure isolation thermique ou phonique et, pour certains d'entre eux, une bonne
isolation électrique. Ils enrichissent aussi les possibilités de conception en permettant d'alléger
des structures et de réaliser des formes complexes, aptes à remplir plusieurs fonctions.
Au regard du contexte environnemental actuel, les recherches aujourd’hui sont plus
portées sur l’élaboration de matériaux composites prenant en compte l’aspect développement

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7
1. Généralités et revue de littérature

durable. C’est ainsi que la valorisation des déchets et des matériaux locaux trouvent un regain
d’intérêt désormais à travers la mise au point de nouveaux matériaux dits composites dont
l’analyse de leurs propriétés mécaniques et la modélisation de leur comportement constitue des
sujets de recherches.
1.2. Généralités sur le banco
La mise en valeur des déchets agricoles et la protection de l’environnement au Bénin
ont amené certains chercheurs à associer des tiges de riz et de l’infusion de néré à la terre de
barre ou à l’argile de termitière pour avoir le matériau banco. La qualité sur la détermination
des caractéristiques de notre matériau composite dépend du matériel utilisé et des différentes
méthodes employées. Il serait question dans ce paragraphe de dire ce qu’est le matériau
composite banco, de donner ses différents constituants ainsi que quelques de ses
caractéristiques aussi bien physiques, mécaniques que thermiques de chacun de ces
constituants.
1.2.1. Définition
L’adobe (ou banco) est la brique de terre crue, séchée à l’air et utilisée comme matériau
de construction. Ces briques sont obtenues à partir d'un mélange d'argile, d'eau et
éventuellement d'une charge utilisée en petite quantité : de la paille hachée par exemple. Le
tout malaxé traditionnellement avec les pieds ou mécaniquement jusqu’à atteindre une bonne
plasticité. Il est mis en œuvre sous différentes formes selon le pays ou la localité considéré. Il
s'agit d'un des premiers matériaux de construction : les premières villes connues étaient
construites en briques de terre crue.
Les structures montées en adobe peuvent inclure des renforts de bois, qui peuvent
également servir d'amélioration de l'isolation. La plus grande structure construite en adobe était
l'Argé- Bam, la citadelle de Bam en Iran, qui a subi d'importants dommages lors du
tremblement de terre du 26 décembre 2003. D'autres constructions de grande taille sont
présentes par exemple au Pérou : la Huaca de Sol avec 100 millions de briques, et Chan Chan.
Plusieurs mosquées d'Afrique occidentale sont réalisées en adobe ; par exemple à Tombouctou
et la Grande mosquée de Djenné au Mali[4].
1.2.2. Composantes du matériau Banco
Le banco est un matériau composite dont les principales composantes sont l’argile (terre
de barre) et la paille végétale.

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8
1. Généralités et revue de littérature

1.2.2.1. Le sol argileux ou terre de barre


L’argile ou terre de barre est le principal matériau du composite banco. Il est mélangé à de
l’eau jusqu'à obtenir une consistance souple, manipulée à la main ou aux pieds. Il était
traditionnellement malaxé avec un peu de paille. La stabilisation n’est pas une obligation mais
elle peut être utile. Elle peut offrir une amélioration de la résistance du matériau. L’extrait de
néré par exemple est l’un des produits utilisés comme stabilisant. La terre est utilisée par de
nombreuses espèces animales pour construire des nids, galeries, opercules de nids, etc., parfois
mélangée à de la salive ou à des excrétats la solidifiant. C'est le cas de certaines abeilles
solitaires qui construisent leur loge en terre, ou les osmies (abeilles maçonnes) qui utilisent la
terre pour boucher leurs galeries de pontes. Les termites font partie des grands constructeurs.
Seules certaines espèces utilisent la terre pour construire les termitières. En construction, les
termes que l'usage ou la culture a consacrés pour désigner le sol argileux ou la terre de barre
sont multiples, mais ils désignent finalement tous un matériau de base très semblable, constitué
par une pâte ou une boue contenant essentiellement d'argile. Plusieurs chercheurs ont adopté
diverses définitions à ce matériau qu’est la terre de barre. Parmi ces maintes définitions, nous
avons :

- Guilchers (1959) est l’un des premiers à étudier la terre de barre ; il définit la terre de
barre qui recouvre le plateau, en arrière du complexe côtier, comme une formation
meuble, rouge foncé, de texture argilo-sableuse. La terminologie terre de barre est héritée
du portugais « barral » qui signifie argile. Les analyses granulométriques,
morphoscopiques et l’étude des minéraux argileux indiquent que la terre de barre est
formée d’un matériau hétérométrique, mis en place sous des conditions subaériennes
tropicales, avec des consolidations sporadiques. En 1959, il conclut que ce matériel forme
le couronnement de la série sédimentaire du bassin côtier du Bénin.
- Selon Furon (1964), le continental terminal du Dahomey est caractérisé par des
formations argilo-sableuse connues sous le nom de « terre de barre ». Elles peuvent
atteindre une centaine de mètre de puissance et contenir à la base des niveaux ligniteux.
- Fauck (1972) attribue, lui le terme de « terre de barre » aux sols rouges développés sur
les roches-mères que représente le continental terminal du Bénin.
- Slansky (1959) décrivant les plateaux du bassin sédimentaire qualifie de sol la terre de
barre ; ses caractéristiques essentielles sont ; mélange meuble de sable et d’argile, de
couleur brun rouge. La proportion d’argile ferrugineuse et de sable est très variable. Il
pense qu’il s’agit simplement de l’évolution latéritique des niveaux sous-jacents.

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9
1. Généralités et revue de littérature

Quant au mot “argile”, il englobe deux connotations, l’une liée à la taille des grains et l’autre
à la minéralogie. Sa définition dépend de la discipline concernée : en mécanique des sols, les
argiles sont définies comme des particules d’une taille inférieure à 2μm alors qu’en géologie,
elles sont caractérisées par leur composition minéralogique. Plus loin, les argiles sont
assimilées à un minéral qui domine dans la fraction fine inférieure à 2 μm des roches et des
sols. En s’intéressant à leur microstructure, les argiles regroupent tous les minéraux
phyllosilicatés sans aucune connotation de taille et pour éviter des confusions, on se propose
d’utiliser le terme de “physis”. Le terme « argile » a un double sens : il désigne à la fois les
minéraux argileux eux-mêmes puis les sols et roches contenant une quantité assez grande de
particules argileuses. Ainsi un matériau est lui-même qualifié d’argile s’il contient plus de 50%
de minéraux argileux et une faible quantité de matières organiques (GAOMBALET, 2004) [4].
Pour comprendre l’ensemble de la théorie des argiles nous allons nous concentrer sur l’aspect
géologique qui explique leur formation, sur l’aspect minéralogique et la structure de leurs
particules.
 Formation des argiles
Les minéraux argileux résultent soit de l’altération physique c’est-à-dire de la
désagrégation mécanique et chimique d’une roche préexistante (minéraux primaires) sous
l’effet des variations de température ; soit de l’altération chimique (minéraux secondaires) au
contact de l’eau qui permet la dégradation en de particules très fines. Dans ce cas, ils sont
formés par transformation d’un minéral ou par précipitation à partir d’une solution (minéraux
néoformés). Les conditions dans lesquelles cette dégradation a lieu, ainsi que l’état
d’avancement de cette dégradation peuvent expliquer la grande diversité des argiles. Ces
processus de dissolution et de recristallisation conduisent à la formation ou à la transformation
des minéraux argileux. En fait la proportion d’eau par rapport au solide détermine le degré, le
type de réaction chimique et finalement le type de minéral formé.
 Structure des argiles
Les travaux de (LEPRUN, et al. 1976) montrent que les argiles sont des silicates d’alumine
plus ou moins hydratés (n SiO2A12O3 n’ H2O) de taille inférieure à 2 microns, présentant une
structure cristalline dont l’écartement des plans est caractéristique des différents types d’argile.
On distingue deux grands types de structures composées de deux types de feuillets. Ceux-ci
sont constitués de tétraèdres de silice (feuillet te) ou d’octaèdres d’aluminium ou de magnésium
(feuillet oc).
 Les structures phylliteuses parmi lesquelles on peut distinguer :

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10
1. Généralités et revue de littérature

 La kaolinite de formule Si2O5Al2(OH)4 est blanchâtre, pâteuse et grasse ; on l'utilise en


céramique et pas seulement dans la fabrication de la porcelaine.
 La montmorillonite, qui a pour formule Si4O10A5/3 Mg1/3Na1/3(OH)2, est connue sous
l'appellation de terre de Sommière utilisée comme détachant ou comme bentonite
employée en génie civil en raison de ses propriétés colloïdales (plastifiant dans les
mortiers). Plusieurs couches d’eau peuvent prendre place entre deux feuillets de
montmorillonite.
 L'illite, de formule KAl2(AlSi3O10)(OH)2 est la plus répandue, c'est elle qui sert à la
fabrication des objets en terre cuite. La structure des illites est proche de celle des micas
mais en diffère par le degré de substitution Si/Al (inférieur dans l’illite), la présence de
potassium (inférieure dans l’illite) et pour un certain degré de désordre dans
l’empilement des feuillets.
 Les structures fibreuses qui comprennent les attapulgites, à structure te-oc-te
dont les octaèdres renferment du magnésium.
Les propriétés des argiles sont donc différentes suivant les types ci- dessus. Ceux à
écartement constant des feuillets ne pourront fixer ni eau, ni cations métalliques, dans leur
intervalle. La capacité d’échanges de ces ions sera donc faible (kaolinite, illite S.S.). Les argiles
à épaisseur variable des feuillets peuvent fixer l’eau et les cations. Leur capacité d’échanges
est forte. Ce sont les argiles gonflantes (montmorillonite, vermiculite) (LEPRUN, et al., 1976).
1.2.2.1.1. Composition de la terre de barre
La terre de barre du sud Bénin décrite par WILLIAME et VOLKOFF en 1966 présente les
caractéristiques physiques et chimiques suivantes : 15,3% d'Argile; 5,4% de limon; 77,3% de
sable et 0,05% d'Azote total; la teneur en matières organiques est de 2,64%. La fraction liquide
est constituée d'eau et de corps organiques et minéraux dissous dans cette eau. La fraction
gazeuse est constituée d'azote, d'oxygène, de gaz carbonique, ainsi que de gaz issus de la vie
présente dans la terre (hydrogène, méthane, etc.). Les fractions liquides et gazeuses subissant
des modifications très rapides, on caractérise traditionnellement un sol par sa fraction solide,
ce qui se traduit par l'étude de sa granulométrie. Lors de l'utilisation de la terre crue pour réaliser
un ouvrage, la fraction liquide est à prendre en compte avec autant d'attention que la fraction
solide : c'est l'état hydrique de la terre. Les limites entre les principaux états hydriques (solide,
plastique, liquide) sont déterminées par le test dit des limites d'Atterberg : en présence de très
peu d'eau, la terre peut être compactée dans des coffrages (technique du pisé). Lorsqu’on en
rajoute progressivement, on passe à un matériau plastique et malléable (moulage dans des petits

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11
1. Généralités et revue de littérature

coffrages en bois pour façonner des briques), puis à une terre visqueuse (utilisée comme un
mortier de terre ou comme enduit) et enfin devient liquide (mélangée sous forme de barbotine
à des fibres comme de la paille ou des copeaux de bois). En outre, L’analyse minéralogique a
permis de distinguer deux catégories de matériaux par leur densité :

- les minéraux légers : constitués essentiellement de quartz et quelques paillettes de micas ;


- les minéraux lourds : constitués de zircon, tourmaline, rutile, disthène, épidote (clinozoïte,
pistachite, staurotide et sphène) dont les caractéristiques sont résumées dans le tableau
suivant :
Tableau 1 : Les minéraux lourds présents dans la terre de barre[5]

Types Caractéristiques

Zircon Rose ou incolore, très roulé ou avec sa


forme cristalline nette.

Tourmaline Brune, noire ou verte, se présente sous des


formes très diverses.

Rutile Rouge, rouge-jaune, rarement bien usé.

Disthène Grands cristaux allongés et aplaties,


généralement anguleux, cassure irrégulière
en marche d’escalier

Staurotide Brun jaune, toujours non usé, grain en


général irrégulier à cassure en dents de
scies.

Sphène Fragment de cristaux ou en grain


irréguliers, plus ou moins usés, de couleur
marron à gris

Clinozoïte Transparent, presque incolore, avec des


clivages parallèles à l'allongement du

Epidote grain, cassures irrégulières.


Pistachite

Pistachite Couleur jaune sous forme cristalline.

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12
1. Généralités et revue de littérature

1.2.2.1.2. Caractéristiques de la matrice terre


 Masse volumique
La masse volumique est liée à la quantité de matière gazeuse présente dans la terre. Elle
s'étale de 1200 kg/m3 à 1600 kg/m3 pour de la terre foisonnée (dans un tas de terre par
exemple). Cette valeur augmente à la suite d'une mise en œuvre par compactage (pisé par
exemple). On obtient alors idéalement une masse volumique de 2000 kg/m3[6].
 Résistance mécanique
La terre crue est un matériau qui s’apparente aux bétons. Du point de vue résistance
mécanique, elle fonctionne comme ces derniers mais seulement en compression car les valeurs
de la résistance à la traction, de la résistance à la flexion et de la résistance au cisaillement sont
très faibles. En effet, la terre mise en œuvre de manière monolithique (pisé, bauge) a
généralement une résistance à la compression d'environ 2 MPa) [7]. Par ailleurs, les éléments
de maçonnerie (adobes) ont des résistances à la compression pouvant aller jusqu’à 2 MPa et
même à 5 MPa[8].
Quant à la résistance à la traction de la terre, de rares mesures montrent que la terre a une
résistance en traction de l'ordre de 0,1 à 0,5 MPa. Ces mesures sont rares car il n'y a en général
pas d'exigence réglementaire concernant la résistance à la traction de la terre, puisqu'on la
considère trop faible pour être prise en compte dans les calculs de dimensionnement. Seule la
Nouvelle Zélande impose que la plus faible des résistances à la flexion mesurées sur 5
échantillons soit supérieure à 0,25 MPa[9].
Le module de Young de la terre est difficile à mesurer à partir d'un essai de compression,
et nécessite une mesure de la déformation locale suffisamment précise. Il est donc très difficile
de trouver des valeurs fiables du module élastique de la terre dans la littérature. D'après
différentes techniques de mesure sur différentes terres, le module de Young de la terre crue se
situe entre 1 et 6 GPa. Il est d'autant plus élevé que la porosité et la teneur en eau sont faibles,
la teneur en argiles et la surface spécifique sont élevées[9]. Toutefois les liens entre la
composition de la terre, sa microstructure et son module élastique ne sont pas clairement
établis. Les valeurs de module recommandées par les normes sont variables et dans l'ensemble
plutôt faibles, en- dessous du GPa. Ce module souffre d'un manque de définition clair :
comment le mesurer ? Est-ce le module de Young qui intéresse les bâtisseurs, ou un module
apparent dans certaines conditions de sollicitations ? Beaucoup d'auteurs considèrent que le
module élastique correspond à la pente de la courbe contrainte- déformation obtenue en
chargement monotone, mais ne font pas des mesures suffisamment précises de la déformation

Prédiction numérique des propriétés élastiques du composite terre de barre-paille de riz


13
1. Généralités et revue de littérature

pour détecter le réel domaine élastique initial, dans lequel il n'y a pas encore de déformation
plastique. Ils déterminent alors un module tangent. Et tel que défini par Bui et Kouakou[10],
[11]. Il s'agit d'un module apparent, élastoplastique, et entaché d'erreurs du fait que la
déformation est mesurée de manière globale entre les plateaux. On trouve dans la littérature
des valeurs Et du module de YOUNG de la terre comprises entre 60 et 450MPa, mais qu'il est
impossible de comparer entre elles à cause du manque de fiabilité des mesures de déformation.
 Quelques caractéristiques thermiques
En opposition aux idées reçues, la terre n'est pas un matériau isolant. En revanche, elle
possède une excellente inertie thermique. Ceci se traduit par une régulation des différences de
températures intérieures (pour l'été : plus frais le jour car le mur se rafraîchit la nuit, rendant
cette fraîcheur le jour). Voici quelques valeurs, pour une terre à 1 500 kg/m3 :

- conductivité thermique : 0,75 W/m.°C ;


- chaleur spécifique : 900 J/kg.°C ;
- capacité thermique : 1350 kJ/m3.C ;
- effusivité thermique : 1,00 J/ (racine carrée de la capacité thermique).m².°C.
Soit, pour du pisé à 2000 kg/m3, une capacité thermique de 1800 kJ/m3.°C [12].
1.2.2.2. La paille
La paille, qui est la tige ligneuse des plantes céréalières, constitue un déchet
agricole, car elle a une mauvaise qualité alimentaire, même pour des ruminants. Les premières
civilisations agricoles ont toutefois trouvé d'autres moyens de la valoriser : comme litière pour
les animaux, pour la vannerie, par exemple pour les tatamis, réalisés en paille de riz, et comme
matériau de construction, notamment mélangée à la terre crue pour réaliser des briques en
banco ou du torchis, ou employée en couverture pour former des toits en chaume.
L'industrialisation de l'agriculture à partir de la fin du XIXe siècle a ajouté une nouvelle mise
en œuvre à ces techniques millénaires. Les fermiers du Nebraska ont vite compris que les bottes
de paille fabriquées par les premières botteleuses mécaniques pouvaient être utilisées comme
des grosses briques pour construire des maisons. Aux Etats-Unis existaient ainsi plusieurs
maisons en paille. Les murs sont ainsi réalisés en bottes de paille enduite à la chaux ou à la
terre, avec des renforts structurels en bois pour les points singuliers, dont les ouvertures. Les
pailles sont reconnues pour leur performance en isolation thermique et en affaiblissement
acoustique. Elles sont utilisées en renfort à la terre crue pour en améliorer les caractéristiques
physiques, mécaniques et thermiques. L’utilisation des matières d’origine végétale se
développe de façon croissante dans des applications du génie civil, et notamment pour la

Prédiction numérique des propriétés élastiques du composite terre de barre-paille de riz


14
1. Généralités et revue de littérature

construction. Ce développement est évidemment à relier à la pénurie de matières premières


mais également aux besoins de répondre à des préoccupations environnementales et de
développement durable. Ainsi on trouve en Afrique un grand nombre de fibres végétales soit à
l’état naturel soit sous la forme de déchets végétaux consécutifs à l’extraction industrielle de
substances alimentaires (riz, sucre…), pouvant offrir une grande diversité d’applications dans
le domaine du génie civil. Nous trouvons des mélanges fibres et argiles pour fabriquer le banco.
En effet l’ajout des fibres à la terre pour la construction offre des avantages en améliorant les
propriétés physiques, mécaniques et thermiques du matériau terre crue. L'ajout de paille
augmente d'une part la résistance du matériau et d'autre part confère aux terres une certaine
plasticité. Cet ajout permet aussi à conférer aux terres une ductilité au stade de la rupture[13].
La paille empêche aussi les fissures, allège le matériau et accélère son séchage. Des travaux
ont révélé que la paille ne joue un rôle améliorant que quand le mélange ne contient pas trop
d’argile ; mais elle se rend indispensable de par sa capacité d’empêcher les fissures permettant
ainsi de confectionner des briques de grandes dimensions[14]. L’incorporation de la paille dans
le béton de terre est intéressante en ce sens que les briques d’adobe paillé sont plus légères,
offrent une excellente isolation thermique et acoustique puis ont une résistance mécanique
améliorée[9].

Figure 8 : La paille de riz hachée

1.2.2.2.1. Propriétés physiques de la paille


La paille de riz est abondante dans les régions du nord et du sud Bénin où des rizeries
sont installées. Dans la thèse de LABINTAN, la longueur initiale des pailles qu’il a utilisées
variait entre 5 et 60 cm. On compte 5 à 6 nœuds sur la plante à maturité dont les entre-nœuds
représentent environ 50% de la masse de la paille[9]. Dans ce même travail, il trouve une masse
volumique apparente de la paille de 90 Kg/m3, l’absorption en eau de 252%. Il trouve aussi que
le diamètre des pailles est environ 3mm et la longueur est entre 20 et 40mm[9].

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15
1. Généralités et revue de littérature

1.2.2.2.2. Propriétés mécaniques de la paille


Plusieurs travaux ont été réalisés pour déterminer les propriétés des fibres végétales.
Les travaux de O’Dogerthy et al. sur six variétés de paille de blé donnent un ordre de grandeur
des performances mécaniques de ces fibres. La résistance à la traction est comprise entre 21,2
et 31,2 MPa et la résistance au cisaillement est comprise entre 4,91 et 7,26 MPa. Le module de
rigidité est compris entre 267 et 547 MPa. Par ailleurs, H. Tavakoli et al. ont déterminé les
propriétés mécaniques de la paille de riz. La résistance à la flexion donne des valeurs comprises
entre 8,93 et 7,46 MPa. Le module d’Young varie de 0,35 à 1,25 GPa. Toujours dans la thèse
de LABINTAN, après une série d’essais de traction sur la paille, il trouve que la zone
d’élasticité se termine lorsque la contrainte est comprise entre 4 MPa et 6 MPa soit pour une
déformation relative comprise entre 0,1 et 0,2%. Il trouve ainsi comme module de Young
longitudinal moyen 3,15GPa avec 5,8% d’écart-type.

Figure 9 : Courbe contrainte-déformation en traction directe de la paille de riz


(Zinvié)[9]

1.2.2.2.3. Propriétés thermiques de la paille


Les pailles sont reconnues pour leur performance en isolation thermique. Dans son
travail intitulé « LA CONTRUCTION EN BOTTE DE PAILLE, Etude de faisabilité »,
Lausanne affirme que la botte de paille est un matériau isolant thermique satisfaisant, la
conductivité thermique s’élève à 0,07 W/ (m.K)[15]. Par ailleurs, en 2014, le CEBTP, la FFB
et l’ADEDEME ont publié un rapport sur l’utilisation de la paille en parois de maisons
individuelles à ossature bois. Basé sur des tests en laboratoire et des mesures sur une maison
modèle, le rapport confirme les qualités thermiques (U = 0,25 W/m2.K)[16].

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16
1. Généralités et revue de littérature

1.2.2.3. La décoction de néré


La décoction de néré est la substance issue de la préparation des grains de néré. En plus
de ses vertus médicamenteuses, la décoction de néré trouve également son application dans le
génie civil. Ainsi, afin d’améliorer les propriétés du matériau composite argile – paille,
certaines gens ont proposé d’incorporer au composite des proportions données de la décoction
de néré comme nous l’avons souligné plus haut.
Le néré “Parkia Biglobosa’’ est une espèce d’arbre de la famille des Mimoscaceae ou
des Fabaceae selon la classification phylogénétique. L’arbre est haut de 10 mètres à 20 mètres ;
son tronc est recouvert d’une écorce grisâtre et striée. Les fruits du Néré sont des gousses
longues de 25 centimètres et large de 15 millimètres à 20 millimètres aplaties de couleur brun
foncé, contenant des grains noirs aplatis semblables à des grosses lentilles. Traditionnellement,
la décoction à base de gousses de néré est utilisée pour couvrir les murs de terre crue d’enduit.
Son caractère imperméabilisant est utilisé pour protéger ces murs de l’érosion et des
dégradations de l’eau. L’extrait (décoction des grains de néré) peut être obtenu en préparant les
grains de néré avec de l’eau jusqu’à la cuisson de ces dernières ; ou encore simplement en
triturant les graines et en y ajoutant de l’eau selon la concentration voulue ; et dans ce dernier
cas, on extrait le jus 48 heures après (Figure 10). En plus du rôle qu’elle joue dans
l’imperméabilisation en tant qu’enduit, la décoction de néré améliore les caractéristiques
mécaniques du matériau. Le banco devient plus résistant en compression lorsqu’on y ajoute la
décoction de néré. En effet la décoction de néré permet de renforcer des matériaux à base de
terre et de graveleux latéritiques, qui avec le temps deviennent des matériaux aussi dur qu’un
béton par réaction photo-catalytique[17]–[18].
La caractérisation de la décoction des gousses de néré par IR et HPLC a montré qu’elle
est riche en tanins, notamment en acide gallique, épicatéchine et épigallocatéchine gallate[19].
La comparaison des valeurs associées aux nuances Ce1 (adobe sans décoction de néré) et Cn1
(adobe avec décoction de néré) indique un effet rigidifiant induit par l’ajout de la décoction
(augmentation du module d’élasticité, E). L’augmentation de la rigidité, serait due aux tanins,
qui participent à maintenir une densité, de contacts plus grands entre les grains[9].

Prédiction numérique des propriétés élastiques du composite terre de barre-paille de riz


17
1. Généralités et revue de littérature

Figure 10 : Néré : de l’arbre à la décoction

1.3. Caractéristiques du banco


1.3.1. Densité sèche
La densité sèche du sol est le rapport entre sa masse et son volume mesuré à l'état sec
(après la cuisson au four à 105 °C) (NF P 94-093). La densité d'un sol de terre comprimée
dépend de plusieurs variables physiques : la densité des particules de sol, la granularité, la
teneur en eau, la méthode de compactage et la contrainte de compactage. Cependant, les
propriétés de la terre comprimée sont plus influencées par la teneur en eau que par tout autre
paramètre[20]. Presque tous les sols présentent une relation similaire entre la teneur en eau et
la densité sèche lorsqu'ils sont soumis à une contrainte de compactage donnée.

Figure 11 : Variation du poids volumique sec en fonction de la teneur en eau lors d'une
opération de compactage

La compacité maximale d’un sol est atteinte lorsque son indice des vides est au
minimum, cet état est atteint pour une teneur en eau du sol dite optimale. Un sol 'trop sec' sera
le siège de frottements importants entre les grains de sol. Un sol trop humide, cependant sera
moins susceptible d'être compacté car une partie importante de l'énergie de compactage sera
absorbée par l'eau (incompressible) et ne sera donc pas communiquée aux grains de sol. La
détermination de la teneur en eau optimale TEO est faite en laboratoire. En géotechnique
routière, la recherche de la TEO est obtenue à l’aide de l’essai de Proctor, qui applique un

Prédiction numérique des propriétés élastiques du composite terre de barre-paille de riz


18
1. Généralités et revue de littérature

compactage dynamique est mieux adapté aux sols pulvérulents. Cet essai ne serait pas conseillé
pour les sols argileux, car il entraine une saturation localisée de l’éprouvette au droit de la dame
de compactage. Il en résulte une éprouvette hétérogène en terme de densité[21].
Des études montrent qu’un compactage statique est mieux adapté aux sols argileux. De
ce fait, l’essai Proctor s'est avéré peu utilisable et non représentatif des conditions de fabrication
des blocs d’adobe. En effet, il est à peu près impossible de fabriquer des éprouvettes à partir
du moule Proctor, mais surtout, il semble ne pas exister de relation entre l’énergie Proctor et
celle d’un compactage statique utilisé dans la fabrication des blocs de terre en adobe[22].
1.3.2. Résistance à la compression
1.3.2.1. Paramètres d’influence
La résistance à la compression unie axiale de la terre est très importante pour le
dimensionnement des ouvrages. Plus la résistance est élevée, plus l'épaisseur des murs ou
d’autres éléments porteurs pourra être faible pour une hauteur de bâtiment donnée. C'est
d'ailleurs la seule propriété mécanique faisant l'objet d'exigences réglementaires fortes.
Dans plusieurs études, il a été démontré que pour une terre donnée, plus la masse
volumique augmente, plus la résistance à la compression augmente[10]. C'est ce qui justifie de
plus la nécessité de l'essai de Proctor dans lequel on recherche la quantité d'eau optimale qui
conduit à la plus grande densité de la terre compactée, car cela correspond également à un
optimum de résistance. Cependant l'effet de la densité sur la résistance n'est pas flagrant quand
on compare des matériaux différents. Hall et Allinson montrent en 2004 qu'avec des mesures
faites sur des terres reconstituées à partir des mêmes constituants élémentaires utilisés dans des
proportions différentes, les éprouvettes plus denses ne sont pas systématiquement plus
résistantes. La densité n'est donc pas un paramètre suffisant pour déterminer la résistance en
compression d'une terre.
La nature des argiles présentes dans le matériau joue un rôle important sur la résistance.
Ainsi, les densités sèches des matériaux étudiés par Myriam Olivier à base de montmorillonite
sont beaucoup plus faibles qu'avec le kaolin, pour des résistances pourtant beaucoup plus
élevées. Cela a été confirmé dans le projet Terra : cette étude montre que le ratio
montmorillonite/kaolinite a une grande influence sur la résistance. Cela est sans doute à mettre
en regard de la grande surface spécifique qui favorise le développement des forces capillaires.
La montmorillonite renforce également les forces électrochimiques et électrostatiques. Ces
observations sont généralisables à d'autres argiles : une surface spécifique et une capacité
d'échange cationique élevées améliorent la cohésion de la terre, et donc sa résistance à la

Prédiction numérique des propriétés élastiques du composite terre de barre-paille de riz


19
1. Généralités et revue de littérature

compression.
Plusieurs auteurs ont caractérisé l'influence de l'humidité relative ou de la teneur en eau
sur la résistance à la compression : ils ont observé des résistances plus faibles pour une
hygrométrie ou une teneur en eau plus élevée (V. Mollion en 2009). Cela est attribué à la
diminution de la succion quand la teneur en eau augmente, phénomène bien étudié en
mécanique des sols (D. Ciancio, P. Jaquin, and P. Walker en 2013), mais également au fait que
l'eau lubrifie les points de contact entre les grains de l'empilement : le coefficient de frottement
interne du matériau diminue quand la teneur en eau augmente.
La teneur en eau a une influence sur la succion donc sur les forces capillaires (hypothèse
de Heath et coll.), mais également sur les frottements entre les grains de l'empilement. Elle
modifie sans doute également l'intensité des liaisons physico-chimiques entre plaquettes
argileuses. Une meilleure compréhension des mécanismes à l'origine de la cohésion de la terre,
et de leurs influences respectives, est nécessaire pour aller plus loin.
On retient en somme que les paramètres suivants améliorent la résistance à la
compression : une densité élevée, une faible teneur en eau, une teneur élevée en argile et en
limon, une grande surface spécifique des argiles, une bonne homogénéité, de petits grains.
1.3.2.1. Quelques mesures et valeurs recensées
La principale propriété mécanique de la terre qui intéresse les constructeurs est sa résistance
à la compression simple. Pour la mesurer, il existe de nombreuses procédures de test
disponibles qui ne conduisent malheureusement pas aux mêmes résultats pour les mêmes types
de matériaux (L. Fontaine). Dans la plupart des cas, les conditions expérimentales influencent
les résultats et ce n'est pas la résistance intrinsèque à la compression du matériau qui est
mesurée. Ainsi, ces valeurs ne peuvent pas être utilisées de manière comparative. À ce jour, il
existe un manque flagrant de directives techniques formelles concernant les essais en
laboratoire sur les adobes. La terre non cuite est exclue des clauses des normes utilisées
internationalement se rapportant aux matériaux de maçonnerie. Il existe des méthodes d'essai
normalisées pour évaluer la résistance à la compression non confinée des sols cohérents et elles
ont été utilisées pour étudier la réponse des composites à base d'argile renforcée par des fibres
(par exemple [23],[14]). De telles procédures, cependant, examinent les matériaux en terre dans
le cadre de la géo-mécanique, plutôt que dans le contexte d'applications de construction
communes. Des recommandations utiles peuvent être trouvées dans les documents de
directives nationales élaborés par certains pays et États. Ces documents comprennent des
références spécifiques aux méthodologies de test et prescrivent des valeurs de résistance

Prédiction numérique des propriétés élastiques du composite terre de barre-paille de riz


20
1. Généralités et revue de littérature

admissibles. Malheureusement, il y a peu de consensus parmi les procédures décrites et les


limites fixées. En outre, leur généralisation est discutable, en raison de l'hétérogénéité des
matériaux en terre, et des différentes techniques de production rencontrées dans chaque région.
Dans l’idée de ce qui précède, l'essai de résistance à la compression des adobes s’est largement
reposé sur des procédures développées pour d'autres types d'unités de maçonnerie, dont la
majorité a des propriétés et une microstructure significativement différente. Les précautions
suivantes doivent être prises afin de mesurer correctement la résistance à la compression de la
terre[21]:

- Choisir des dimensions d'échantillon supérieures à 5 fois la taille maximale des particules.
- Choisir un format d'image compris entre 1,5 et 2.
- Obtenir des échantillons homogènes.
- Laisser les échantillons se stabiliser dans les conditions hygrothermiques souhaitées.
- Enduire les échantillons d'un matériau aussi rigide que la terre (un mortier de terre fine,
par exemple) afin d'obtenir des surfaces lisses et parallèles.
- Utilisez une rotule au-dessus de la plaque supérieure de la presse si les surfaces ne sont
pas parfaitement parallèles.
- Lubrifier le contact entre l'échantillon et les plaques de presse pour réduire la friction.
Pour mesurer la loi de comportement et le module d'élasticité des éprouvettes, il faut prendre
soin de mesurer la déformation au milieu des échantillons (à l'aide de jauges de contrainte par
exemple) pour éviter les effets de bord et la déformation causée par un système antifriction.
Les échantillons sont généralement testés dans la direction dans laquelle ils seront posés
pendant la construction. La charge de compression est imposée suivant une procédure de
charge[24] ou de déplacement[25]. La résistance à la compression (fbc) est estimée pour les
éprouvettes prismatiques comme (suivant la norme NF EN 13286-41) :
𝑃
𝑓𝑏𝑐 =
𝐴
où P est la charge maximale exercée et A, la section transversale de l'échantillon.
Les données obtenues des cylindres sont traitées conformément à la norme ASTM D2166- 06
𝑃 𝐴
𝑓𝑏𝑐 = 𝐴𝑐 =
𝐴𝑐 1 − ℇ𝑐
La section transversale (Ac) utilisée dans l'estimation de la contrainte de compression à
une étape de déformation est corrigée. Dans cette équation, A est la section d'origine de
l'échantillon et ℇc est la déformation axiale à l'étape de déformation. La correction tient compte

Prédiction numérique des propriétés élastiques du composite terre de barre-paille de riz


21
1. Généralités et revue de littérature

des importantes déformations latérales générées par le chargement.


La grande variété de formes et de tailles d'échantillons testées conduit à s'interroger sur
les effets de la géométrie sur les résultats obtenus. Cependant, dans la pratique, les effets de
retenue sont généralement négligés et la résistance moyenne à la compression est simplement
exprimée après une analyse statistique des résultats. Par conséquent, la comparaison directe
des résultats obtenus par différents chercheurs n'est pas toujours possible. On constate
également des différences considérables dans le traitement des échantillons avant le test. Les
échantillons peuvent être stockés dans des conditions thermo- hygrométriques stables pendant
un certain temps[24] [25] [26], séchés au four à une certaine température jusqu'à un poids
constant, ou placés à l'extérieur, exposés au soleil ou à l'ombre, afin de reproduire les conditions
de production traditionnelles[11]. Le durcissement des éprouvettes dans des sacs de jute
humides et la mise en œuvre d'essais après 28, 72 et 96 jours de coulée ont également été
relevés[27]. Les résultats des essais de compression rapportés dans la littérature varient de
0,6 à 8,3 MPa, les valeurs les plus courantes étant comprises entre 0,8 et 3,5 MPa avec une
moyenne de 1,5MPa pour le pisé[21]. Les limites de résistance les plus faibles fixées dans les
documents de la directive nationale vont de 1,2 à 2,1 MPa. En outre, on cite I. AMBARKA
qui, en 2010 trouve d’après ses travaux, pour une fraction massique optimale de 2% de paille
une résistance en compression de 3,340 MPa pour le banco. En 2014, M. ADAGBE trouve
toujours pour le même matériau une résistance maximale en compression de 4,948 MPa.
1.3.3. Résistance à la traction
La résistance à la traction du banco est très faible, donc les ouvrages en banco sont
généralement dimensionnés de sorte que le matériau ne subisse que des contraintes de
compression. Elle est mesurée, par des essais indirects comme le fendage ou la flexion 3 points.
Parfois, la résistance à la traction est mesurée pour déterminer de manière indirecte la résistance
à la compression, à partir d'un ratio plus ou moins fiable entre ces deux résistances. L'intérêt
est qu'il est beaucoup plus simple de mettre en place sur le terrain, avec un matériel limité, des
essais de fendage ou de flexion que des essais de compression[9]. En l'absence d'essais,
plusieurs normes comme par exemple la norme australienne, considèrent une résistance à la
traction nulle pour la terre. En Nouvelle Zélande, la norme propose de prendre une valeur de
0,1 MPa pour la résistance caractéristique à la flexion en l'absence d'essai, ou de l'estimer
comme étant le dixième de la résistance caractéristique à la compression. En 2010, dans ses
travaux, AMBARKA trouve que pour des fractions massiques variant de 1,5 à 3% la résistance
en traction du banco varie de 0,487 à 0,788 MPa. Il conclut que plus le pourcentage de pailles

Prédiction numérique des propriétés élastiques du composite terre de barre-paille de riz


22
1. Généralités et revue de littérature

augmente dans le matériau, plus sa résistance en traction augmente.


1.4. Synthèse bibliographique
La terre renforcée par des ajouts végétaux a fait l’objet de beaucoup d’investigations
par plusieurs chercheurs de par le monde. La revue de littérature nous a permis de faire le point
des maintes réflexions déjà menées dans le sens de la caractérisation et de l’utilisation de la
terre renforcée par des fibres végétales comme matériau de construction. De nombreux travaux
ont été réalisés dans ce sens, vu les opportunités qu’offre ce matériau de construction.
En 1987 Myriam Olivier dans son article sur « La restauration des structures en terre
crue en fonction de leur technologie de construction » a su montrer les caractéristiques propres
à la terre crue qui la différencient du béton. Il a aussi apporté une justification à l’utilisation
des débris végétaux dans le banco. En effet, c’est parfois pour pallier au problème de retrait
élevé, donc la fissuration, qui peut se produire dans les blocs lors du séchage, que des fibres
végétales ou animales choisies imputrescibles sont utilisées pour renforcer la terre. Son travail
révèle aussi que la densité sèche de la terre est assez faible de l’ordre de 1,5 Kg/L à 1,9 Kg/L
(soit 15 KN/m3 à 19 KN/m3) et que son volume des vides est très important (30 à 40%) ; la
terre étant constituée de pores ouverts, d’un diamètre compris entre 10 et 100 µm, Laurent
(1986). Ainsi, en cas de venue d’eau, l’existence d’une succion importante dans le matériau
sec crée une migration de cette eau libre vers l’intérieur de la structure. Le sol va alors se saturer
à nouveau et la baisse des forces de succion va fortement diminuer la cohésion interne de la
terre. En fait quand la teneur en eau s’accroit à l’intérieur du matériau, les forces de succion
ainsi que la résistance du matériau diminuent fortement puisque le module d’élasticité de la
terre varie de 300 à 1000 Mpa pour les matériaux secs mais descend jusqu’à 50 Mpa s’ils sont
humidifiés, Olivier et Mesbah (1991). Ainsi lorsque le banco est fortement humidifié, il
redevient comme aux premiers jours de sa confection (incapable de supporter des charges).
Dans son mémoire intitulé « Caractéristiques physico-mécaniques du matériau banco
et vérification de la résistance portante mécanique des greniers en terre dans le nord du Bénin
», AMBARKA[28], en 2010 indique que le sol argileux tout seul ne fournit pas de bonnes
caractéristiques mécaniques. Les résultats des résistances en compression sur éprouvettes
cylindriques comme prismatiques montrent que ces résistances se sont accrues lorsqu’on passe
d’un taux de 1,5% de paille à 2%. A 2,5%, ces résistances ont chuté et encore plus à 3%. Les
résultats des résistances en traction par fendage comme en traction par flexion montrent que
ces résistances s’accroissent pratiquement de façon linéaire avec le pourcentage de paille. Il
conclut alors que l’utilisation de la paille dans les constructions traditionnelles joue le même

Prédiction numérique des propriétés élastiques du composite terre de barre-paille de riz


23
1. Généralités et revue de littérature

rôle que l’utilisation des armatures dans les constructions en béton. Le pourcentage maximum
de paille sera obtenu par la contrainte de compression minimale qu’on désire avoir car au-delà
de 2% de paille ; plus il y a la paille moins grande est la résistance en compression.
Dans ce même ordre d’idées, MEKHERMECHE, en 2012 s’est intéressé à « l’étude
des propriétés mécaniques et thermiques des briques en terre en vue de leur utilisation dans la
restauration des Ksars sahariennes ». Il remarque que l’augmentation de fibre permet
d'améliorer les performances mécaniques. À titre d’exemple avec 3% de fibre il a obtenu un
gain de résistance de : Rc 3% fibr = 2.36 x Rc 0% fibr, plus que deux fois et R f 3% fibr =
3.71xRf0% plus que trois fois. En effet, les fibres augmentent la résistance aux fissurations et
à la propagation de celles-ci, ce qui augmente la résistance mécanique. De point de vue
isolation, l’augmentation du % de fibre augmente les volumes de vide dans la brique entraînant
une amélioration considérable de l’isolation phonique et surtout thermique.
En 2014, ADAGBE Mariette[5] s’est penchée sur la caractérisation physique et
mécanique puis thermique du banco en vue de son utilisation dans les blocs de construction et
a pu justifier l’utilisation des entrevous en banco comme des entrevous semi résistants dans les
planchers à corps creux et à poutrelles ; et aussi a-t- elle prouvé l’amélioration de la
conductivité du banco par l’apport des tiges de riz.
Mais on constate que toutes ces études ont été conduites suivant des approches
expérimentales selon une démarche soit empirique ou soit structurée. L’approche théorique qui
fait l’objet de notre étude a été utilisée par d’autres auteurs pour prédire le comportement
mécanique d’autres composites tels que le béton de chanvre, le béton de coques de noix de
palmistes, les céramiques poreuses, les composites renforcés par des fibres de lin, les
composites verre- époxy etc…
Dans sa thèse, Thanh Hùng PHAM[29] a conclu que le module d’élasticité diminue
avec une augmentation de la concentration volumique de chènevotte puis a retenu que
l'approche auto- cohérente avec une orientation isotrope des particules donne des résultats
moins éloignés de ceux obtenus avec les mesures expérimentales.
Par ailleurs, Yang KE, dans ses travaux, a conclu que les caractéristiques mécaniques
des bétons de granulats légers dépendent fortement des propriétés et proportions de granulats
présents dans la formulation notamment le module d’Young qui dépend fortement de la fraction
volumique des granulats et des propriétés physiques de ceux-ci. Cependant, l’influence de la
fraction volumique des granulats sur la résistance en compression est moins prononcée pour
des pourcentages de granulats supérieurs à 37.5%. Il note également une disparité entre les

Prédiction numérique des propriétés élastiques du composite terre de barre-paille de riz


24
1. Généralités et revue de littérature

différentes approches d’homogénéisation utilisées surtout lorsque la fraction volumique des


granulats devient supérieure à 40%.
Mélanie SHINK quant à elle, affirme dans sa thèse que le module élastique des bétons
légers varie linéairement en fonction de la masse volumique du matériau durci et que les
propriétés homogénéisées des bétons légers dépendent des paramètres que sont : les propriétés
mécaniques de la matrice et des granulats et la proportion volumique des granulats. Elle conclut
que la résistance effective des granulats augmente en fonction de la résistance en compression
de la matrice et du rapport de module élastique entre les granulats et la matrice (Eg=Em).
R. NOURI et al. ont conclu que pour le composite verre- époxy, l’augmentation de la
fraction volumique des fibres de verre dans la matrice époxy améliore les propriétés
mécaniques du composite : le module d'Young par exemple augmente de 129 % lorsque la
fraction volumique de fibre passe de 10 % à 50% pour le schéma de Mori-Tanaka.
Jean-Sébastien Dupuy[1] a conclu dans sa thèse que les caractéristiques mécaniques du
composite sont sensibles à des paramètres tels que la fraction volumique des charges, la taille
et la géométrie des inclusions, et notamment l’adhésion inter faciale.
Par rapport aux méthodes numériques, plusieurs études ont été dirigées dans ce sens.
En exemple, en 2008, dans sa thèse intitulée « Approche micromécanique pour la modélisation
du comportement élastoplastique des composites : application aux mortiers de résine », H.
Nguyen[30] a exploité et adopté les principes d’homogénéisation afin de simuler le
comportement mécanique des mortiers de résine. Après avoir présenté et utilisé les différentes
méthodes d’homogénéisation analytique, il les a comparées numériquement afin de prédire les
comportements équivalents des matériaux hétérogènes dans deux cas : renforts moins rigides
que la matrice (béton léger) et renforts plus rigides que la matrice (mortier de résine). Il trouve
que le module d’Young, la limite d’élasticité et le module plastique augmentent quand la
fraction volumique des particules augmente pour le mortier de résine. Le comportement
élastoplastique dépend de l’allongement du renfort, surtout dans la phase non linéaire : plus le
renfort est élancé plus les modules plastiques et seuils de plasticité augmentent. Les modules
d’Young équivalents augmentent avec l’augmentation du module d’Young des renforts. Quand
le module d’Young des renforts est identique à celui de la matrice, les modules d’Young et
seuils d’élasticité initiaux sont les mêmes. Par contre, le module plastique est supérieur à celui
de la matrice seule. Quand le module d’Young des renforts est plus petit que celui de la matrice,
tous les paramètres élastoplastiques équivalents du composite sont bien entendu plus faibles.

Prédiction numérique des propriétés élastiques du composite terre de barre-paille de riz


25
1. Généralités et revue de littérature

En 2014, Ahmed MOUMEN a travaillé sur la prédiction du comportement


macroscopique élastique et thermique d’un matériau hétérogène. Pour cela, il a utilisé deux
approches d’homogénéisation. Une approche analytique basée sur les bornes et les modèles
analytiques et une approche numérique basée sur la méthode des éléments finis. Pour les
méthodes numériques, il a choisi la méthode des éléments finis basée sur la notion du volume
élémentaire représentatif. Il a aussi proposé un modèle d’homogénéisation à base de calcul
numérique. Son étude a aussi permis de mettre en évidence la nécessité d’utiliser le traitement
d’image et le calcul par éléments finis pour visualiser, analyser et pour représenter la
microstructure, ainsi que les lois de la morphologie mathématique afin d’optimiser la taille de
la microstructure hétérogène.
En 2016, HOANG, quant à lui, dans sa thèse, s’est centré sur l’homogénéisation non
linéaire des matériaux élastoplastiques et viscoplastiques, et sur le calcul de structures
composées de ces matériaux non linéaires hétérogènes en se basant sur une méthode incluant
des calculs numériques.
En 2016, W. KADDOURI a fait l’étude de l’influence de la morphologie des pores sur
les propriétés mécaniques élastiques et thermiques des matériaux poreux en utilisant
l’homogénéisation numérique.
En 2017, Sophie LEMAITRE a développé dans sa thèse des outils de modélisation et
de calcul numérique des propriétés effectives des matériaux composites. De par cela, elle a
répondu parallèlement à des demandes directes des entreprises.
Il serait donc intéressant que ces nombreuses techniques d’obtention de ces résultats
obtenus par ces auteurs pour ces composites soient aussi appliquées au composite banco tout
en prenant en compte les spécificités de la terre argileuse qui est la matrice et des pailles qui
sont les inclusions. Nous allons donc dans la suite procéder à l’estimation des propriétés
élastiques du matériau banco en utilisant les techniques d’homogénéisation qui constituent des
approches théoriques.

Prédiction numérique des propriétés élastiques du composite terre de barre-paille de riz


26
1. Généralités et revue de littérature

CHAPITRE 2 : TECHNIQUES DE DETERMINATION DES

PARAMETRES D’HOMOGENEISATION

Prédiction numérique des propriétés élastiques du composite terre de barre-paille de riz


27
Techniques de détermination des paramètres d’homogénéisation

2. Techniques de détermination des paramètres d’homogénéisation

2.1. Détermination des paramètres d’homogénéisation


Il s’agit ici d’expliquer les procédures de détermination de la taille du VER, des
paramètres de proportion, de forme et d’orientation des inclusions dans la matrice ; lesquels
sont les principaux paramètres utilisés dans la procédure d’homogénéisation numérique.
2.1.1. Quelques rappels sur la théorie d’élasticité et la microstructure
La mécanique des milieux continus considère généralement, le comportement de la
matière solide en supposant qu'il n'y a pas des vides, des discontinuités ou des différences de
phase à l'intérieur. Les analyses portent sur le comportement macroscopique d’un solide, peu
importe ce qui se passe à des niveaux qui peuvent être identifiés comme microscopiques. A
l'échelle macroscopique se développent par exemple, le comportement élastique ou élasto-
plastique et le processus de la rupture avec l'apparition de fissures visibles. Depuis plus de deux
siècles, cette approche a permis de modéliser et d'analyser la réponse des matériaux en
ingénierie.
La théorie de l'élasticité s'insère dans la mécanique des milieux continus (MMC) dans
laquelle la configuration d'un solide est décrite par un modèle mathématique qui associe chaque
point matériel du solide à un point géométrique défini par ses coordonnées. Ainsi, le matériau
est constitué de l’ensemble de points matériels et leurs contours. En même temps, la mécanique
des milieux continus suppose que la distribution des matériaux, contraintes et déformations
dans un milieu (voisinage) infinitésimale de particules typique (macro-éléments) peut être
considérée comme uniforme. En micro-échelle, cependant, ce voisinage des matériaux
(particules) infinitésimales n’est généralement pas uniforme, puisque il composé de plusieurs
micro-hétérogénéité. Par conséquent, les champs de contraintes et de déformations dans les
macroéléments ne sont pas uniformes au niveau des micro-échelles. Le but principal de la
micromécanique est d’exprimer en une quantité continue de manière systématique et
rigoureuse associée à un matériel voisinage infinitésimal en fonction des paramètres qui
caractérisent la microstructure et les propriétés des micro-constituants du voisinage du
matériau[31].
Dans cette analyse, une révision des concepts basiques de la théorie de l’élasticité et
certains théorèmes de la micromécanique est faite.

Prédiction numérique des propriétés élastiques du composite terre de barre-paille de riz


28
Techniques de détermination des paramètres d’homogénéisation

2.1.1.1. Ecriture d’un tenseur d’élasticité


3
Soit (e1, e2, e3) une base orthonormée de . Pour exprimer les 9 composantes
indépendantes d’un tenseur d’ordre 2 quelconque, la base canonique induite (ei⊗ej) est la plus
naturelle. Mais pour le cas des tenseurs symétriques comme le tenseur des contraintes σ ou des
déformations ε, 6 composantes indépendantes permettent de décrire chacun de ces tenseurs. La
base canonique n’est pas adaptée. Pour exprimer de tels tenseurs symétriques, nous rencontrons
très souvent la notation de Voigt dans laquelle les composantes de σ et de ε dont données par
σ et ε :
     
 1   1 
    11       11 
 2     2   
    22  et      22 
   3     33 
   
   3    33 
     

   2 23 
   23   4  
 4       2 31 

    31 

 5   2 12 
 5   12    
    6 
 6 

Cette notation, bien qu’elle soit très utilisée a deux inconvénients : elle n’est pas
symétrique et elle ne conserve pas la structure tensorielle. Le produit doublement contracté de
σ et ℇ est bien conservé mais la norme euclidienne de σ ou de ℇ ne l’est pas ; c’est-à-dire avec
la convention de Einstein[32] :
σℇ = σ𝑖𝑗 ℇ𝑖𝑗

= σ11 ℇ11 + σ22 ℇ22 + σ33 ℇ33 + 2σ23 ℇ23 + 2σ31 ℇ31 + 2σ12 ℇ12

   ij ji

   112   22 2   332  2 232  2 312  2 12 2

   ij ji
  112   22 2   332  2 232  2 312  212 2

Or :
             
 I  I   1 1   2  2   3  3   4  4   5  5   6  6
 
 I  I   1111   22 22   33 33  2 23 23  2 31 31  2 1212

Prédiction numérique des propriétés élastiques du composite terre de barre-paille de riz


29
Techniques de détermination des paramètres d’homogénéisation

   2  2  2  2  2  2
 I  I  1   2   3   4   5   6
 
 I  I   112   22 2   332   232   312   12 2
   2  2  2  2  2  2
 I  I  1   2   3   4   5   6
 
 I  I  112   22 2   332  4 232  4 312  412 2

Donc :
     
   I  I mais   I I et   I I

Pour pallier à cela, des auteurs construisent une base orthonormée (BI) de tenseurs
symétriques d’ordre 2 proposée en 1926 par Bechterew :
B1  e1  e1
B2  e2  e2
B3  e3  e3
1
B4   e2  e3  e3  e2 
2
1
B5   e3  e1  e1  e3 
2
1
B6   e1  e2  e2  e1 
2
Cette base est belle et bien orthonormée (BI : BJ = δIJ). Les composantes des tenseurs
̂ et ℇ̂ respectivement comme suit :
des contraintes σ et des déformations ℇ sont notées σ

 1   11 
 σˆ 1    11    
σˆ     22 
 22  2   
 2     
 σˆ    33   3   33 
σˆ   3     et    
2 23   2 23 
σˆ 4    4  
 σˆ 5    
2 31     2 31 
    5  
 σˆ 6   2 12   6   212 
 
Dans cette base (BI), nous pouvons vérifier que la structure tensorielle est conservée :

  σ̂   ;   σˆ I σˆ I et    I I
3
Par ailleurs, en considérant toujours (e1, e2, e3) une base orthonormée de , pour
exprimer les 81 composantes indépendantes d’un tenseur d’ordre 4 quelconque, la base

Prédiction numérique des propriétés élastiques du composite terre de barre-paille de riz


30
Techniques de détermination des paramètres d’homogénéisation

canonique (ei⊗ej⊗ek⊗el) est la base naturelle.


Les champs des déformations et des contraintes dans un milieu sont liés par des lois
appelées « lois de comportement » caractérisant le comportement mécanique du milieu. Ces
lois sont décrites par des axiomes qui permettent de rendre compte au mieux les phénomènes
observés. L’expérience montre que de nombreux milieux solides déformables ont, pour une
température donnée, un comportement linéaire.
Toutefois, en élasticité linéaire, la loi de Hooke relie le tenseur des contraintes σ et le
tenseur des déformations ℇ de façon linéaire au moyen de deux tenseurs symétriques d’ordre
4, en rigidité et en souplesse :
σ= ℇ
σ𝑖𝑗 = 𝐶𝑖𝑗𝑘𝑙 ℇ𝑘𝑙 en notation indicielle

ℇ= σ
ℇ𝑖𝑗 = 𝑆𝑖𝑗𝑘𝑙 σ𝑘𝑙 en notation indicielle

La loi de Hooke et les symétries des tenseurs de contraintes et de déformation induisent


pour les composantes du tenseur : 𝐶𝑖𝑗𝑘𝑙 = 𝐶𝑗𝑖𝑘𝑙 ; 𝐶𝑖𝑗𝑘𝑙 = 𝐶𝑗𝑖𝑙𝑘 (dites petites symétries). Le
point de vue énergétique de la loi de Hooke implique une troisième symétrie : 𝐶𝑖𝑗𝑘𝑙 = 𝐶𝑘𝑙𝑖𝑗
(dite grande symétrie). Ainsi, il ne reste plus que 21 composantes indépendantes décrivant ce
tenseur . On a les mêmes résultats pour le tenseur de souplesse. La base canonique induite
n’est pas adaptée à ce type de tenseur.
A nouveau pour exprimer un tel tenseur symétrique, nous rencontrons très souvent la
notation de Voigt dans laquelle les composantes de C sont données sous forme d’une matrice
de taille 6 × 6, notée C̅ :

 C1111 C1122 C1133 C1123 C1131 C1112 


C C2222 C2233 C2223 C2231 C2212 
 2211
C C3322 C3333 C3323 C3331 C3312 
C   3311 
C2311 C2322 C2333 C2323 C2331 C2312 
C3111 C3122 C3133 C3123 C3131 C3112 
 
 C1211 C1222 C1233 C1223 C1231 C1212 

Les notations de Voigt pour σ, ℇ et traduisent bien la loi de Hooke en rigidité.


Autrement dit, l’écriture avec les notations de Voigt (qui convertissent les 2-uplets i, j en un 1-
̅ = 𝐶̅ ̅
uplet k : 11=1, 22=2, 33=3, 23=4, 31=5 et 12=6) σ ℇ est fidèle à : σ𝑖𝑗 = 𝐶𝑖𝑗𝑘𝑙 ℇ𝑘𝑙 . On a
par suite ce qui suit :

Prédiction numérique des propriétés élastiques du composite terre de barre-paille de riz


31
Techniques de détermination des paramètres d’homogénéisation

 1   C11 C12 C13 C14 C15 C16   1 


  C C22 C23 C24 C25 C26    2 
 2   21
 3  C31 C32 C33 C34 C35 C36    3  (2-1)
  . 
 4  C41 C42 C43 C44 C45 C46   2 4 
 5  C51 C52 C53 C54 C55 C56   2 5 
     
 6  C61 C62 C63 C64 C65 C66   2 6 

2.1.1.2. Cas particulier d’un tenseur d’élasticité isotrope


Un matériau est isotrope si ses propriétés sont indépendantes du choix des axes de
référence. Il n’existe alors pas de direction privilégiée, et donc la matrice de rigidité (ou de
souplesse) doit être invariante dans tout changement de bases orthonormées. L’application de
cette propriété aux matériaux unidirectionnels conduit aux relations :
1
𝐶11 = 𝐶22 = 𝐶33 ; 𝐶12 = 𝐶23 = 𝐶31 ; 𝐶44 = 𝐶55 = 𝐶66 = 2 (𝐶11 − 𝐶12 ) ;(2-2) les autres

composantes sont égales à 0.


Le nombre de constantes d’élasticité indépendantes est donc réduit à 2, et conduit à la
matrice de rigidité :
 C11 C12 C12 0 0 0 
C 
 12 C11 C12 0 0 0 
C12 C12 C11 0 0 0  (2-3)
 
 0 1 

0 0  C11  C12  0 0

2
 1 
 0 0 0 0  C11  C12  0 
 2 
 1 
 0 0 0 0 0  C11  C12 
 2 

Généralement, les constantes de rigidité sont exprimées en introduisant les coefficients


de Lamé λ et µ :
1
𝐶12 = λ ; 2 (𝐶11 − 𝐶12 ) = µ (2-4)

Ainsi 𝐶11 = λ + 2µ
La matrice de rigidité d’un matériau isotrope se présente alors sous la forme :

  2   0 0 0
    2  0 0 0 

     2 0 0 0
  (2-5)
 0 0 0  0 0
 0 0 0 0  0
 
 0 0 0 0 0 
𝐸𝜐 𝐸
Avec : λ = (1+𝜐)(1−2𝜐) et µ = 2(1+𝜐) (2-6)

Prédiction numérique des propriétés élastiques du composite terre de barre-paille de riz


32
Techniques de détermination des paramètres d’homogénéisation

Les coefficients de Lamé λ et µ sont déterminés à partir du module de Young E et du


coefficient de Poisson 𝜐. Ainsi, la constitution des tenseurs de rigidité pour les matériaux
isotropes requiert la connaissance du module de Young E et du coefficient de Poisson 𝜐 des
dits matériaux.
Tableau 2 : Relations entre les coefficients d’élasticité d’un matériau isotrope

𝐸 et 𝜐 λ et µ 𝐸 et G

λ 𝐸𝜐 λ G(𝐸 − 2G)
(1 + 𝜐)(1 − 2𝜐) 3𝐺 − 𝐸

µ 𝐸 µ 𝐸
2(1 + 𝜐)

𝐸 𝐸 µ(3λ + 2µ) 𝐸
λ+µ

𝜐 𝜐 λ G𝐸
2(λ + µ) 3(3𝐺 − 𝐸)

𝑘 𝐸 2 𝐺𝐸
λ+ µ
3(1 − 2𝜐) 3 3(3𝐺 − 𝐸)

2.1.2. Détermination de la dimension du VER


La description d’un matériau doit être suffisamment riche et réaliste pour estimer
correctement les comportements macroscopiques. Pour cela, on cherche la taille et la
description géométrique suffisantes de la microstructure représentative pour la propriété que
l’on souhaite estimer. Il s’agit ici du Volume Elémentaire Représentatif (VER) par lequel le
comportement des matériaux hétérogènes est souvent décrit. Le VER joue un rôle important
pour l’estimation de la réponse globale dans un matériau hétérogène. La connaissance de la
taille du VER représente un élément incontournable pour la détermination des propriétés
effectives. Cette taille dépend de la nature et des constituants du matériau. Avant de répondre
à la question de la taille VER, il serait nécessaire de bien définir cette notion de VER.
Plusieurs définitions ont été proposées pour le concept VER. Par exemple la taille du
VER se doit d’être beaucoup plus grande que la plus grosse des hétérogénéités et négligeable
aussi devant la taille de la microstructure. Il faut noter ici que l’utilisation des méthodes
d’homogénéisation nécessite la connaissance de la taille du VER. La figure ci-contre montre

Prédiction numérique des propriétés élastiques du composite terre de barre-paille de riz


33
Techniques de détermination des paramètres d’homogénéisation

des exemples des VERs dans une microstructure bi phasique étudiée par Gitman et al. (2007).
Dans la même microstructure on peut distinguer plusieurs situations, dites réalisations, pour
représenter la taille d’un VER. La différence entre ces réalisations est le nombre des
hétérogénéités entouré par le volume, sa forme, leur disposition et finalement la distribution et
la nature.

Figure 12 : Exemple des VERs d’une microstructure hétérogène, Gitman et al. (2007)[3]

Voici quelques définitions proposées dans la littérature par certains auteurs :


 Sab (1992) : c’est un volume suffisamment grand pour que la détermination des
propriétés effectives à partir de ce volume ne dépende pas du type de conditions aux
limites utilisées.
 Terada and Kikuchi (1998) : c’est un volume cubique suffisamment grand par rapport
à la microstructure et suffisamment petit par rapport à l’échelle macroscopique.
 Evesque (2000) : le VER doit être assez grand par rapport à la taille des grains afin de
définir les quantités globales telles que la contrainte ou la déformation, mais cette
dimension devrait être également assez petite pour ne pas cacher l’hétérogénéité
macroscopique.
 Kanit et al. (2003) ont donné une définition purement statistique et numérique qui est
l’objet de notre étude. Ils disent que la taille est liée aux paramètres morphologiques,
mécaniques et statistiques de la microstructure ; comme la fraction volumique, le
contraste, les propriétés mécaniques (élasticités et plasticités) et l’erreur absolue.
D’autres auteurs ont donné d’autres définitions semblables :
 Un VER est le volume de matière minimale, contenant suffisamment de mécanismes
de déformation. L'augmentation de ce volume ne devrait conduire ni à des changements
d'équations d'évolution pour les différents champs de valeurs, ni à des changements de
description de ces mécanismes.
 Le VER est un échantillon de matière à utiliser pour déterminer les propriétés effectives
du modèle macroscopique homogénéisé. Le VER doit être suffisamment grand pour
contenir suffisamment d'informations sur la microstructure afin d'être représentatif,
mais il doit être beaucoup plus petit que le corps macroscopique.

Prédiction numérique des propriétés élastiques du composite terre de barre-paille de riz


34
Techniques de détermination des paramètres d’homogénéisation

 Le VER doit être choisi suffisamment grand par rapport à la taille de la microstructure,
mais il est le plus petit élément de volume du matériau composite à partir duquel le
module macroscopique représentatif reste constant. Il est un modèle suffisamment
précis pour représenter la réponse moyenne du comportement du matériau.
 Le VER est défini comme le volume minimal de l'échantillon à l'échelle du laboratoire,
de telle sorte que les résultats obtenus avec ce modèle peuvent encore être considérés
comme représentatifs de la structure in-situ.
De toutes ces définitions, il ressort qu’il est à noter que le VER est un paramètre qui est d’une
importance primordiale pour l’étude numérique des matériaux hétérogènes. Il est de nature
élémentaire parce qu’il est considéré comme un point matériel du matériel du milieu équivalent
et représentatif parce qu’il est possible de déterminer un seul comportement macroscopique
unique pour ce volume. Pour être représentatif, ce VER doit contenir le maximum des
hétérogénéités, et pour être élémentaire, le volume doit être petit devant la structure. Deux
conditions doivent ainsi guider et piloter le choix de l’échelle et les dimensions de VER :

- ne pas descendre à un niveau plus fin ;


- ne pas monter jusqu’à l’échelle macroscopique.
On retient alors que le choix du VER est validé si les trois longueurs caractéristiques (taille
maximale de l’inclusion « d », taille du VER « l », taille de la macrostructure « L ») sont
satisfaites à la double condition suivante : 𝑑 ≪ 𝑙 ≪ 𝐿. (2-7) La première condition 𝑑 ≪ 𝑙 est
nécessaire pour que l’on puisse caractériser le comportement du volume élémentaire
représentatif par une loi homogène. La deuxième condition 𝑙 ≪ 𝐿 est une condition classique
qui permet de traiter la structure comme un milieu continu.

Figure 13 : Illustration du VER

La détermination de la taille du VER peut se faire expérimentalement comme


numériquement. Les méthodes expérimentales se fondent sur des approximations. En exemple,
Joanna Wiacek et al. ont conclu que la taille du VER doit être cinq fois plus grande que celle
des inclusions. Dame Keindé, quant à lui a supposé après plusieurs travaux que pour l’étude de

Prédiction numérique des propriétés élastiques du composite terre de barre-paille de riz


35
Techniques de détermination des paramètres d’homogénéisation

l’influence de l’auréole de transition et du contact matrice/granulat sur le comportement du


béton en compression, on retient un VER avec un rapport l/d = 3,3 et sur le comportement du
béton en traction, un rapport l/d=6,6. Avec l : la taille du VER et d : le plus grand diamètre des
granulats.
Quant à la génération de la taille du VER par les méthodes numériques qui est l’objet
de notre étude, elles se basent sur certains logiciels de simulations tels que Digimat (qu’on
utilisera pour notre homogénéisation), aussi le logiciel Abaqus et d’autres.
En effet, une génération des microstructures 3D se fait par le processus aléatoire de
Poisson. Ce processus est bien adapté aux microstructures aléatoires et isotropes. Il est la base
de la plupart des modèles probabilistes. Ce processus a été utilisé par Kanit et al. (2003) pour
la génération des microstructures aléatoires des mosaiques, puis par Jean (2009) pour la
génération des microstructures des élastomères renforcés par le noir de carbone. L’intérêt des
modèles aléatoires est de permettre facilement la création de nouveaux matériaux virtuels sans
passer par les morphologies réelles des microscopes ou de la tomographie. La distribution des
particules dans le volume de la microstructure est générée de la façon suivante : les centres Mi
des inclusions sont générés aléatoirement dans l’espace selon un processus de Poisson.
Cependant, pour les microstructures sans contact ni interpénétration des particules, nous
imposons une distance de répulsion a afin d’empêcher le contact. Si la position Mi de
l’inclusion ne satisfait pas la distance minimale de répulsion, elle est remplacée de nouveau
jusqu’à ce que la condition soit vérifiée dans une autre position du volume. Des nouvelles
inclusions sont rajoutées par la même façon jusqu’à ce qu’on obtient la fraction volumique
souhaitée par la même distance a. Il faut noter que ce type de microstructures est connu sous le
nom du schéma de sphères dures. Que ce soit dans le cas des inclusions sphériques ou
ellipsoïdales, quatre configurations de positionnement de deux inclusions voisines dans une
matrice sont possibles. La figure 15 ci-dessous montre les différentes possibilités. On rappelle
que, pour une microstructure à base du schéma de sphères dures, la seule configuration possible
est celle présentée sur la deuxième image de la figure 15. Au contraire, les quatre configurations
sont possibles dans le cas des microstructures à base d’un schéma Booléen. On rappelle que le
schéma Booléen est l’union des particules dans une matrice. Ce schéma, introduit par Matheron
(1975), est bien adapté à la description d’une microstructure aléatoire avec une interconnexion
des inclusions. Pour les microstructures virtuelles, nous présentons dans la figure 15 des
exemples de morphologies générées à base de schéma Booléen et d’autres à base de schéma de
sphères dures.

Prédiction numérique des propriétés élastiques du composite terre de barre-paille de riz


36
Techniques de détermination des paramètres d’homogénéisation

Figure 14 : Microstructures aléatoires 2D : (a) schéma Booléen et (b) schéma de sphères


dures

Il apparait que dans le modèle Booléen, il peut y avoir trois configurations différentes
: (i) un contact des inclusions, (ii) une interpénétration des inclusions ou (iii) parfois aucun
contact. À la différence d’un schéma de sphères dures dont lequel l’implantation des inclusions
est contrôlée par une distance de répulsion entre deux centres voisins, le schéma Booléen est
généré sans aucune distance de répulsion.

Figure 15 : Les différentes possibilités pour positionner deux particules voisines dans
une matrice

Il est clair qu’il est difficile de générer des fractions volumiques supérieures à 30% en
imposant une distance de répulsion. Lorsqu’on souhaite simuler des microstructures ayant une
densité de particules supérieure, il faut implanter les sphères dans un ordre cristallographique
(empilement cristallin). Par exemple, une distribution de type cubique face centrée permet
d’atteindre une fraction volumique de 74% environ, mais cette microstructure ne reste plus
purement aléatoire. Une deuxième méthode pour générer les microstructures ayant des
fractions volumiques plus importantes est d’utiliser des algorithmes plus sophistiqués comme
l’algorithme SA (Simulated Annealing).

Prédiction numérique des propriétés élastiques du composite terre de barre-paille de riz


37
Techniques de détermination des paramètres d’homogénéisation

Figure 16 : Mosaïque de Voronoï généré par le processus de Poisson : (a)


microstructure avec 8000 grain et (b) maillage de la microstructure, Kari et al. (2003)

Figure 17 : Microstructure virtuelle d’un élastomère chargé de particules, générée par


le processus de Poisson et son maillage, Jean (2009)

Pour des inclusions ellipsoïdales, on distingue deux types de particules : une ellipse de
forme aplatie et une ellipse de forme allongée. Cette dernière est préférée pour la modélisation
à cause de sa forte anisotropie géométrique[3].

Figure 18 : Les deux formes géométriques d’une particule ellipsoïdale

Pour illustration, les paramètres morphologiques qui pilotent la génération d’une


particule ellipsoïdale par un processus de Poisson sont présentés sur la figure ci-après. On note
que les positions Mi et les angles principaux 𝛼𝑖 , 𝛽𝑖 , 𝛾𝑖 sont choisis de manière aléatoire par le
processus de Poisson.

Prédiction numérique des propriétés élastiques du composite terre de barre-paille de riz


38
Techniques de détermination des paramètres d’homogénéisation

Figure 19 : Coordonnées du système et les angles principaux pour la simulation avec le


processus de Poisson.

La figure 20 illustre l’organigramme qui regroupe l’ensemble des étapes de génération


d’une fraction volumique p souhaitées, pour N particules avec ou sans distance de répulsion a.
Il faut noter que les paramètres morphologiques principaux d’une microstructure 3D qui
pilotent la génération d’une fraction volumique p sont :
 Le volume total du matériau V.
 Le nombre des particules N dans la matrice.
 Le rayon des particules R ou leur volume Vs.
 La valeur de la distance de répulsion a.
La relation permettant de lier les différents paramètres morphologiques est donnée par
l’équation suivante :
4
𝑉 𝜋𝑅 3
𝑝 = 𝑁 𝑉𝑠 = 𝑁 3 𝐿3 (2-8)

Avec L la longueur du volume.

Figure 20 : Organigramme de la méthode de Poisson.

Pour illustration, la figure 21 montre des exemples de microstructures virtuelles


contenant N particules sphériques distribuées aléatoirement dans l’espace selon le
processus de Poisson. Les microstructures obtenues sont de type schéma Booléen,

Prédiction numérique des propriétés élastiques du composite terre de barre-paille de riz


39
Techniques de détermination des paramètres d’homogénéisation

particules interconnectées, avec leurs complémentaires (phase matrice). Dans le cas


d’une distribution aléatoire à base de schéma de sphères dures, sans contact, des
exemples de microstructures obtenues et leurs schémas complémentaires pour les
différentes formes des particules, sont données sur la figure 22.

Figure 21 : Simulation par Poisson d’un schéma Booléen et de son complémentaire de N


particules distribuées aléatoirement dans l’espace. (Ahmed MOUMEN)

Figure 22 : Simulation par Poisson d’un schéma de sphères dures et de son


complémentaire de N particules distribuées aléatoirement dans l’espace avec a > 0.
(Ahmed MOUMEN)

Intéressons-nous à présent aux inclusions cylindriques. On notera un cylindre C, défini

Prédiction numérique des propriétés élastiques du composite terre de barre-paille de riz


40
Techniques de détermination des paramètres d’homogénéisation

par son centre pC, son demi-axe lc et le rayon de la base rc. Le facteur de forme ou rapport
lc l
d’aspect qu’on verra un peu plus bas est défini par : a  2 c (2-9)
rc dc

Figure 23 : Définition de facteur de forme d’un cylindre

Si les différents cas d’intersections de deux inclusions sphériques ou ellipsoïdales


(comme nous les avons détaillés plus haut) sont triviaux, les cas impliquant des inclusions
cylindriques ne le sont pas et nécessitent de différencier différents types d’intersection. En
considérant deux cylindres définis respectivement par leur centre, leur demi-axe et le rayon de
leurs bases circulaires (pc1, rd1, l1) et (pc2, rd2, l2). Pour étudier l’intersection de deux cylindres
on étudie séparément les intersections entres les bases circulaires, puis entre une base circulaire
et la surface cylindrique et enfin entre les deux surfaces cylindriques.
Pour le cas de deux disques, nous définissons, s’il existe, L l’axe défini par
l’intersection des deux plans contenant les disques. Soit pt la projection des centres pd1 et pd2
des disques sur cet axe, si la distance de ce point au centre des disques est inférieure au rayon
des disques, il y a intersections des disques, voir la Figure 25.

Figure 24 : Intersection entre deux disques

Pour l’intersection entre un disque et la surface cylindrique, nous considérons le point


d’intersection entre l’axe du cylindre et le plan du disque. On regarde alors si le point
d’intersection est dans le disque ou non.
Enfin pour le cas de deux surfaces cylindriques (sans les bases circulaires). Définissons

Prédiction numérique des propriétés élastiques du composite terre de barre-paille de riz


41
Techniques de détermination des paramètres d’homogénéisation

l1  l2
le vecteur n  (2-10). Ce vecteur nous permet de calculer la distance entre les deux
l1  l2
axes des cylindres
l = |(pc1 − pc2).n| (2-11). Si l > r1 +r2, l’intersection est vide. Nous définissons des points pt1 et
pt2 minimisant u v pour tout 𝑢 ∈ 𝑙1 𝑒𝑡 𝑣 ∈ 𝑙2 , 𝑜ù 𝑙1 𝑒𝑡 𝑙2 désignent les axes de révolution
des cylindres. La droite passant par pt1 et pt2 réalise la distance entre les axes des cylindres,
voir la Figure 25. En définissant les distances d1  pt1  pc1 et d2  pt2  pc 2 , il y a une

intersection non vide (de type cc1) si d1  l1 et d 2  l2 . Sinon, on regarde s’il n’y a pas
une intersection entre les cylindres et les disques, puis entre les disques. Pour chaque cas, le
type d’intersection est alors déterminé.

Figure 25 : Intersection entre deux cylindres. Les points pt1 et pt2 définissent l’axe
réalisant la distance entre les axes des cylindres

Parmi les algorithmes les plus utilisés pour la génération et pour la simulation des
matériaux hétérogènes on trouve aussi, Random Sequential Adsorption (RSA). Celui-ci
consiste à générer de façon aléatoire des particules sphériques et identiques d’une manière
séquentielle. Parmi les travaux qui se basent sur cet algorithme on trouve par exemple,
Segurado and Llorca (2002), Kari et al. (2007a) et Kari et al. (2007b) pour les particules
sphériques, puis Pierard et al. (2007) pour le cas des ellipses. Son principe repose sur la
génération des inclusions les unes après les autres en vérifiant à chaque nouvelle inclusion
générée sa non intersection avec les inclusions déjà générées et fixées. Si une intersection se
révèle non vide, l’inclusion générée est alors rejetée et une nouvelle inclusion est générée. A
nouveau, cette inclusion est testée quant à son intersection éventuelle avec les autres et ce
jusqu’à ce que le nombre total d’inclusions devant être générées soit atteint en même temps
que la fraction volumique ciblée[32]. On note que la méthode RSA se révèle efficace pour des
VER avec un taux de fraction volumique d’inclusions inférieure à 30% et pour des aspects
inférieurs à a = 20. La figure 26 montre des exemples de microstructures hétérogènes virtuelles
générées par l’algorithme RSA.

Prédiction numérique des propriétés élastiques du composite terre de barre-paille de riz


42
Techniques de détermination des paramètres d’homogénéisation

Figure 26 : Microstructure générée par RSA : (a) image virtuelle, (b) maillage des
particules et (c) maillage total du composite, Kari et al. (2007b).

Une autre méthode de génération du VER est la méthode MD (Molecular Dynamic).


C’est une méthode alternative à la méthode RSA ; c'est-à-dire générer des inclusions et les
conserver si la condition d’intersection vide entre les inclusions est satisfaite, consiste à générer
les inclusions de façon aléatoire puis de les déplacer s’il y a des intersections non vides. Ce
principe simple n’est toutefois pas facile à définir de façon pratique. Une possibilité est de
s’inspirer de la dynamique moléculaire (Molecular Dynamics) : dans les cas d’intersections
non vides, on applique des forces sur les inclusions qui y régissent comme des solides rigides.
Ces forces doivent avoir pour effet de séparer les inclusions. Il s’agit alors de définir un système
dynamique modélisant ces forces et calculant les déplacements des inclusions jusqu’à obtenir
des inclusions sans intersections. La dynamique moléculaire est à l’origine une méthode
développée à la fin des années cinquante par des chercheurs de physique théorique dont l’idée
était de développer des méthodes de calcul appliquées aux systèmes physiques et notamment
au mouvement des atomes et des molécules. L’efficacité de la méthode réside sur le choix de
certaines constantes thermodynamiques liées à la dynamique moléculaire pour déplacer
l’ensemble des inclusions formant ainsi un système dynamique. Cette étape est la relaxation du
système. Elle aboutit à un état d’équilibre dans lequel les inclusions se sont déplacées jusqu’à
être toutes disjointes par rapport à leur position initiale issue de la génération aléatoire.
L’approche MD a l’avantage de repousser les limites de la méthode RSA en permettant la
génération aléatoire de VER périodiques avec un taux de remplissage plus élevé en général.
De plus, les résultats obtenus avec la méthode MD mettent en évidence des temps de génération
des VER inférieurs à ceux de la méthode RSA.

Prédiction numérique des propriétés élastiques du composite terre de barre-paille de riz


43
Techniques de détermination des paramètres d’homogénéisation

Figure 27 : Exemple de génération avec la méthode MD (Sophie LEMAITRE)

2.1.3. Méthode d’obtention de la fraction volumique, du rapport de forme et des


composantes du tenseur d’orientation.
Dans le but de mieux caractériser les propriétés du composite argile-paille, il faut à
priori déterminer la distribution d’orientation et de formes des fibres de paille qui le composent.
Pour y arriver, nous allons procéder par analyse d’images des différentes faces d’un échantillon
du matériau. L’acquisition d’une image numérique de l’intérieur de l’échantillon est réalisée à
l’aide d’un appareil appelé le tomographe. L’analyse requiert une image binarisée où le
seuillage de l’image numérique est réalisé par le logiciel ImageJ®.
Sur une section de particule détectée, son aire et son périmètre sont mesurés directement
et enregistrés. La longueur et la largeur des particules détectées peuvent être définies selon
différentes méthodes. (e.g. la longueur et la largeur peuvent être définies comme le diamètre
maximal et le diamètre minimal de Feret).

Figure 28 : Longueurs et largeurs analysées[29]

Afin de déterminer la longueur, la largeur et l’orientation de l’objet détecté, des formes


géométriques de base (rectangle, ellipse, polygone,…) peuvent être ajustées. Dans le cas de
l’aire projetée d’une particule de paille de riz, une ellipse est utilisée. Son centre correspond au
barycentre de l’objet et son aire est égale à celle de l’objet. Les longueurs et largeurs de la
section de la particule sont alors définies respectivement selon les grands et petits rayons des

Prédiction numérique des propriétés élastiques du composite terre de barre-paille de riz


44
Techniques de détermination des paramètres d’homogénéisation

ellipses ajustées.
Pour étudier l’orientation des particules et déterminer la fraction volumique des pailles,
le logiciel ImageJ® est utilisé pour traiter et analyser les images obtenues. Les étapes
successives de l’analyse d’images sont présentes sur la Figure 29 ci-dessous :

Figure 29 : Etapes successives de l’analyse d’images

Ce processus fournit les informations sur la distribution de taille et d’orientation des


particules sous forme de listing.
Tableau 3 : Données issues d’analyse d’image

Dans le tableau 2.1, Ai, représente l’aire de la particule i, Xi et Yi sont les coordonnées
du barycentre, Li et Di sont les longueurs correspondantes au grand et au petit axe de l’ellipse.
Enfin, φi est l’angle de l’orientation du grand axe de l’ellipse par rapport à un axe de référence
(voir figure 30).

Figure 30 : Coordonnées et dimensions d’une particule

A partir des données fournies par la procédure d’analyse d’images, les composantes du
tenseur d’orientation a2, le rapport de forme moyen rmoyen et la fraction volumique des pailles
de riz Vc sont déterminés par les équations suivantes.
Les composantes du tenseur d’orientation a2 sont définies par :

Prédiction numérique des propriétés élastiques du composite terre de barre-paille de riz


45
Techniques de détermination des paramètres d’homogénéisation

N
1
aij 
N
pi 1
k
i p kj (2-12)

Où N est le nombre de particules, pi et pj sont les composantes du vecteur unitaire p


𝜋
déterminées par le système d’équations suivant avec 𝜃 = pour cette en 2D car il s’agit faces
2

qui sont des projections sur le plan.


p1  sin  cos 
p2  sin  sin 
p3  cos 

Le rapport de forme moyen est donné par :


N
Li
A
i 1
i
Di
rmoyen  (2-13)
N

A
i 1
i

Quant à la fraction volumique des particules, on peut la déterminer en fonction de la fraction


massique des inclusions dans le composite (qui est fonction de la formulation) et de leur
densité.

En effet, pour un volume unitaire de matériau, on a : mi  i . fvi  comp . f mass (214)

comp . f mass
Ainsi donc on obtient : f v  (2-15)
i
i

Avec 𝑓𝑣𝑖 ∶ la fraction volumique de l’inclusion

𝑓𝑚𝑎𝑠𝑠 : la fraction massique de l’inclusion


𝜌𝑐𝑜𝑚𝑝 ∶ la masse volumique du composite à une fraction massique 𝑓𝑚𝑎𝑠𝑠 de l’inclusion

𝜌𝑖 ∶ la masse volumique absolue de l’inclusion


2.2. Description de l’état d’orientation d’une population de particules
Une particule peut être modélisée par un ellipsoïde (Figure 2-8) dont l’équation
cartésienne est donnée par :

x12 x22 x32


  1 (2-16)
a12 a22 a32

Où a1, a2 et a3 sont des particules donnés strictement positifs, égaux aux longueurs des demi-
axes de l'objet. En supposant que les pailles sont des ellipsoïdes de résolution, on a alors 𝑎1 =
𝑎2 < 𝑎3 .

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46
Techniques de détermination des paramètres d’homogénéisation

2.2.1. Orientation d’une particule


L’orientation d’une particule de paille peut être décrite dans un repère sphérique par un
vecteur unitaire p qui est dirigé parallèlement à son axe de révolution ou bien par deux angles
θ et φ (comme donné plus haut).

Figure 31 : Description de l’orientation d’une particule

2.2.2. Fonction de distribution d’orientation


Une description générale pour décrire l’état d’orientation d'une population de particules
est la fonction de distribution d’orientation  (θ, φ) proposée par Advani et Tucker[33]. Cette
fonction donne la probabilité P de trouver une particule entre les angles θ1 et (θ1+dθ) et φ1 et
(φ1+dφ) :
P(1    1  d ,1    1  d )   (1 ,1 )sin 1d d (2-17)

La fonction  doit satisfaire à certaines conditions physiques :

- une particule orientée selon les angles (θ, φ) est indissociable d’une particule orientée
selon les angles (π-θ, φ+ π). La fonction de distribution doit alors être périodique :
 ( ,  )   (   ,    ), ou ( P)   ( P) (2-18)

- à un point matériel donné, la somme des probabilités de toutes les orientations possibles
des particules doit être égale à 1, c'est pour cela que la fonction  est normée :
2 2

   ( ,  ) sin  d d   ( P)dp  1
0 0
1 (2-19)

2.2.3. Tenseurs d’orientation


Les tenseurs d’orientation donnent une description globale de l’état d'orientation d'une
population de particules. Les tenseurs du deuxième et du quatrième ordre s'écrivent[34] :

a2   p  p ( p)dp  ( p  p)
(2-20)
a4   p  p  p  p ( p)dp  ( p  p  p  p)

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47
Techniques de détermination des paramètres d’homogénéisation

Figure 32 : Exemples d'orientation : (a) orientation aléatoire en 3D, isotrope ; (b)


orientation aléatoire en 2D ; (c) orientation alignée

Ces tenseurs sont complètement symétriques puisque aij=aji ; aijkl=ajikl akijl=akli


De plus, grâce à la condition de normalité de la fonction de distribution d'orientation (I- 12), la
3
trace de a2 est unitaire :  aij  1 .
i 1

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48
Techniques de détermination des paramètres d’homogénéisation

CHAPITRE 3 : THEORIE D’HOMOGENEISATION

Prédiction numérique des propriétés élastiques du composite terre de barre-paille de riz


49
Théorie d’homogénéisation

3. Théorie d’homogénéisation

L’homogénéisation est une technique de modélisation qui assimile un matériau hétérogène


à un matériau homogène fictif équivalent, dont on doit déterminer les caractéristiques. Ce
matériau homogène doit avoir le même comportement mécanique global, répondre aux mêmes
conditions aux limites que le milieu hétérogène et respecter le principe de conservation de
l’énergie entre le milieu hétérogène et le milieu homogénéisé[35].
Elle regroupe l’ensemble des opérations de moyenne et de détermination du comportement
effectif équivalent du matériau hétérogène. Elle consiste à déterminer le comportement d’un
matériau hétérogène à partir des comportements de ses différents constituants élémentaires.
Cette opération est connue sous le nom du passage Micro-Macro. La figure ci-dessous montre
la description de l’approche d’homogénéisation et les éléments nécessaires pour le passage
Micro-Macro et pour l’analyse multi-échelle. On note bien que la méthode d’homogénéisation
consiste à substituer un matériau hétérogène par un matériau homogène, dit matériau homogène
équivalent (MHE), qui répond globalement à un chargement quelconque de la même façon.
Bien sûr, ces méthodes s’appliquent à de nombreux problèmes de la physique tels que la
conduction thermique, l’élasticité linéaire, la plasticité, la viscoplasticité, l’électromagnétisme,
etc.

Figure 33 : Principe d’homogénéisation d’une microstructure hétérogène

3.1. Différentes approches d’homogénéisation des matériaux hétérogènes


Selon Bornet et al. (2001), on distingue deux approches pour décrire, modéliser et
caractériser la microstructure d’un matériau hétérogène. Ces approches ont généralement pour
but de déduire le comportement macroscopique lors de l’application des différentes
sollicitations mécaniques, thermiques, magnétiques, etc. On distingue :
 L’approche phénoménologique qui consiste à effectuer des expériences sur des
échantillons du matériau, puis déterminer une forme mathématique de la loi de

Prédiction numérique des propriétés élastiques du composite terre de barre-paille de riz


50
Théorie d’homogénéisation

comportement qui reproduit au mieux les résultats expérimentaux. Cette démarche


n’est pas toujours simple, surtout dans la détermination de la forme mathématique
associée au comportement macroscopique. Cette méthode de caractérisation
expérimentale nécessite plusieurs essais, donc coûteuse. Ce type d’approches
expérimentales est introduit en premier lieu par Georges Green (1793-1841), qui
propose un concept purement phénoménologique pour déterminer le comportement
d’objets élastiques. Selon cette théorie, on ne voit le problème qu’à une seule échelle
qui est celle de l’objet macroscopique.
 La seconde approche qui est une alternative à l’approche phénoménologique est
l’utilisation des techniques d’homogénéisation. Avec cette méthode, on ne cherche pas
à masquer la morphologie microscopique des matériaux mais, on cherche à tirer parti
d’une connaissance microscopique et de profiter du caractère multi-échelle dont l’usage
est de comprendre le comportement macroscopique. Cette approche a pour but de
réduire la taille de la microstructure à un élément de volume représentatif, connu sous
le nom du VER dont nous avons développé dans le chapitre précédent. En effet, pour
tous les matériaux, il existe une échelle à partie de laquelle le matériau est hétérogène.
Cependant, aux échelles plus hautes où le calcul de structure se réalise, si toutes les
hétérogénéités sont prises en compte, le calcul numérique deviendra trop long et trop
coûteux. Par conséquent, l’homogénéisation multi-échelle est née dans le but de fournir
une approche des matériaux hétérogènes par un modèle homogène équivalent qui
diminue significativement le calcul numérique.
3.2. Les étapes de l’homogénéisation
L’homogénéisation a pour but de remplacer un matériau ou une structure hétérogène par un
milieu homogène de comportement équivalent. Afin d’atteindre cet objectif, la plupart des
modélisations micromécaniques suivent trois étapes d’après Bornet M. et P. en 2010 :

- la représentation : définition des phases, description de leur répartition spatiale et de leur


comportement mécanique ;
- la localisation : modélisation mécanique et détermination des relations entre les grandeurs
microscopiques locales et les grandeurs macroscopiques ;
- l’homogénéisation : opération de moyenne et détermination du comportement équivalent
du matériau hétérogène.

Prédiction numérique des propriétés élastiques du composite terre de barre-paille de riz


51
Théorie d’homogénéisation

3.2.1. Représentation
Cette étape vise à décrire le milieu considéré à l’échelle microscopique. Pour le faire,
il faut recenser le nombre de phases et déterminer la nature des paramètres permettant la
description des phases correspondantes. Ensuite, on caractérise le comportement mécanique de
chaque phase, qui est prise comme un milieu homogène et continu (les coefficients d'élasticité,
les directions d'anisotropie, la nature des interactions entre phases…). Il faut enfin décrire la
géométrie de chacun de ces phases (la forme, la manière de distribution spatiale…). C’est à
cette étape que se pose la problématique de la représentativité de l’échelle de description
choisie. La notion de Volume Elémentaire Représentatif (VER) introduit la notion de taille
caractéristique de l’hétérogénéité et de la structure. A cet effet l’hypothèse de séparation des
échelles postule l’existence d’une dimension caractéristique de la microstructure, grande
devant la taille de l’hétérogénéité et petite devant celle de la structure : c’est la dimension du
VER. La description géométrique la plus simple ne considère que la proportion volumique des
phases. Ce type de description donne accès à ce que l’on appelle communément la loi des
mélanges. Toutefois, cette donnée est insuffisante si l’on souhaite rendre compte de
l’anisotropie induite par la répartition spatiale des phases par exemple, il faudra alors ajouter
une information de forme, voire de répartition. Le développement des moyens de calculs et
d’imagerie porte la tendance actuelle à l’usage direct d’images 2D OU 3D (tomographie ou
autre) comme représentation du milieu[36].
3.2.2. Localisation
L’étape de localisation correspond au calcul des champs locaux en fonction du
chargement imposé à la structure. Elle permet de faire la modélisation mécanique et de
déterminer les relations entre les quantités définies à l'échelle microscopique (σ, ε…) et les
quantités macroscopiques équivalentes (Σ, E…). L’objectif est de traduire le chargement
macroscopique en un chargement imposé au bord du VER, puis d’en déduire le champ de
contrainte local. Cela permet d’établir le lien entre contrainte macroscopique et contrainte
locale ainsi qu’entre déformation macroscopique et déformation locale. Le VER considéré
correspondant au point macroscopique, à son échelle, les champs doivent être homogènes, il
en découle que les champs imposés aux bords du VER ne peuvent être qu’homogènes. On
démontre alors que les champs aux bords du VER sont égaux à la valeur moyenne spatiale des
champs macroscopiques[37]. Une fois les champs de déformations et de contraintes aux bords
du VER identifiés, reste à les lier aux champs locaux. Pour cela, la connaissance du
comportement en chaque point du VER est nécessaire. Dans la grande majorité des cas, cette

Prédiction numérique des propriétés élastiques du composite terre de barre-paille de riz


52
Théorie d’homogénéisation

connaissance n’étant pas acquise, on procède alors par borne pour encadrer les champs locaux.
C’est à ce niveau que le déploiement des méthodes numériques prend toute sa mesure. En effet,
la possibilité de simuler une multitude de formes et de distributions spatiales des phases en
présence permet, moyennant une information statistique sur leur forme et répartition réelles,
d’affiner considérablement la détermination des champs locaux.
3.2.3. Homogénéisation
Enfin, la troisième étape appelée homogénéisation, permet d’identifier le comportement
macroscopique grâce à des opérations moyennes sur les solutions de l’étape de la localisation.
Cette étape consiste à déduire le comportement macroscopique de la connaissance des relations
de localisation (lien entre grandeurs macroscopiques et locales d’un même champ) et du
comportement local (lien entre deux champs locaux). Cette étape, loin d’être évidente, repose
toute entière sur le lemme de Hill qui lie la moyenne du produit des champs et le produit des
champs moyens
 Lemme de Hill
Soit σ et ℇ deux champs respectivement de contraintes équilibrées et de déformations
compatibles, non nécessairement associés. Alors, si σ vérifie des conditions de contraintes
homogènes aux bords ou si ℇ vérifie des conditions de déformations homogènes sur les
bords, on a :
<σ:ε>=<σ>:<ε>=Σ:E (3-1)
Où σ et ε sont respectivement les tenseurs des contraintes et des déformations locales ; Σ et E
sont respectivement les tenseurs des contraintes et des déformations macroscopiques.
Cette condition assure l’égalité entre le travail macroscopique (Σ : E) et la moyenne
spatiale du travail microscopique (σ : ε). Cette étape permet de remonter à l’échelle
macroscopique par le fait que la moyenne spatiale des contraintes et déformations locales sont
égales aux contraintes et déformations mais à l’échelle macroscopique. Il est aussi intéressant
de noter que le lemme de Hill est vérifié indépendamment du fait que les champs soient
associés. De ce fait, les résultats d’homogénéisation obtenus dépendent à priori des conditions
aux limites imposées. Il n’y a donc aucune raison pour qu’une résolution avec un champ de
déformation imposé donne le résultat conjugué de celui obtenu en imposant le champ de
contrainte macroscopique associé. C’est la condition de séparation des échelles, et notamment
la dimension des hétérogénéités considérées par rapport à la taille du VER adopté, qui permet
de tendre vers la dualité classique déformation / contrainte.

Prédiction numérique des propriétés élastiques du composite terre de barre-paille de riz


53
Théorie d’homogénéisation

3.3. Présentation du comportement homogénéisé des composites biphasés


La procédure d’homogénéisation en mécanique des matériaux consiste à substituer un
matériau fortement hétérogène à un matériau homogène qui répond globalement à une
sollicitation donnée de la même façon. Elle se formalise mathématiquement par l’écriture d’une
relation de comportement homogène à une échelle dite macroscopique en fonction des
propriétés des différentes phases du matériau à une échelle dite microscopique. Ainsi pour le
matériau banco, l’échelle microscopique peut être l’échelle où l’on distingue la matrice de terre
et les pailles de riz, alors que l’échelle macroscopique est celle à laquelle le banco peut être
considéré comme homogène, c’est-à-dire l’échelle de la structure (mur, dalle en banco par
exemple). La technique d’homogénéisation consiste alors dans ce cas à définir le comportement
homogène équivalent du banco à partir des caractéristiques de la matrice de terre et des fibres.
Suivant les méthodes d’homogénéisation et leur précision, les modèles prédictifs intègrent les
caractéristiques mécaniques des constituants, leurs proportions, ainsi que leurs propriétés
morphologiques et topologiques. On choisit de classer ces méthodes en deux grandes familles :
les méthodes d’homogénéisation analytiques et les méthodes d’homogénéisation numériques.
3.4. Techniques d’homogénéisation
Les techniques d’homogénéisation sont classées en deux grandes catégories : les
méthodes numériques et les méthodes numériques.
3.4.1. Homogénéisation analytique[38]
Parmi les nombreuses méthodes analytiques, on peut citer les premières théories
mathématiques de l’homogénéisation qui utilisent des développements asymptotiques des
grandeurs mécaniques telles que la contrainte et la déformation [Beran, 1968], [Sanchez-
Palencia, 1974], [Bensoussen and Papanicolaou, 1978].
Il existe également un ensemble de bornes et estimations largement utilisé par les
mécaniciens et les physiciens. Les bornes (supérieure et inférieure) encadrent les propriétés
d’un matériau hétérogène. Il existe plusieurs types de bornes qui se différencient par la finesse
de description des échelles. En effet, les bornes inférieure et supérieure sont d’autant plus
resserrées que la connaissance de la microstructure est fine.
Enfin, les estimations théoriques permettent, sous certaines hypothèses spécifiques,
d’évaluer les propriétés effectives d’un matériau hétérogène. Elles présentent l’avantage
d’approcher avec plus de précision le comportement du matériau hétérogène contrairement aux
bornes qui fournissent un encadrement. On peut écrire une estimation à partir d’une approche
micromécanique comme dans le cas du modèle auto-cohérent [Berveiller and Zaoui, 1979], ou

Prédiction numérique des propriétés élastiques du composite terre de barre-paille de riz


54
Théorie d’homogénéisation

à partir de principes variationnels [Ponte Castaneda, 1989].


Ainsi, pour estimer les propriétés mécaniques effectives d’un matériau hétérogène, il
existe beaucoup de méthodes d’homogénéisation dans la bibliographie. On propose ici de
présenter les expressions de quelques bornes et modèles analytiques utilisés pour la
modélisation analytique. Ici, l’étude se limite au cas d’un matériau biphasé renforcé par des
inclusions de comportement linéaire discontinu et de fraction volumique dispersées dans une
matrice homogène, linéaire et continue.
On considère un milieu élastique, composé d’une matrice isotrope de module de Young
Em, de coefficient de poisson υm, de module de compression km et de module de cisaillement
µm renforcée par une distribution aléatoire des inclusions de module de Young Ei, de coefficient
de poisson υi, de module de compression ki et de module de cisaillement µi .
3.4.1.1. Estimations analytiques
3.4.1.1.1. Einstein
La première et la plus simple des estimations évoquées ici est celle d’Einstein
([Einstein, 1906] et [Einstein, 1911]) qui estima les propriétés d’un fluide visqueux de type
plasma contenant des particules sphériques incompressibles et isolées en suspension par :
µ𝐸𝑖𝑛𝑠𝑡𝑒𝑖𝑛 = µ𝑚 (1 + 2,5𝑃𝑖 ) (3-2)
3.4.1.1.2. Smallwood
Smallwood [Smallwood, 1944] utilisa la même approche qu’Einstein pour décrire le
module d’Young en petites déformations d’un matériau solide renforcé par des particules
sphériques rigides. Cette estimation ne reste valable que pour de faibles fractions volumiques
de particules.
𝐸𝑆𝑚𝑎𝑙𝑙𝑤𝑜𝑜𝑑 = 𝐸𝑚 (1 + 2,5𝑃𝑖 ) (3-3)
3.4.1.1.3. Guth-Gold
Guth et Gold [Guth and Gold, 1938], contrairement aux estimations d’Einstein et de
Smallwood, proposèrent de prendre en compte les phénomènes d’interaction entre particules
et pour de plus fortes fractions volumiques ils ajoutent un terme quadratique à l’équation
précédente
𝐸𝐺𝑢𝑡ℎ−𝐺𝑜𝑙𝑑 = 𝐸𝑚 (1 + 2,5𝑃𝑖 + 14,1𝑃𝑖 2 ) (3-4)
3.4.1.1.4. Budiansky
Une estimation auto-cohérente du module de Young a été développée par Budiansky
[Budiansky, 1965] qui s’applique dans le cas de particules rigides dans une matrice

Prédiction numérique des propriétés élastiques du composite terre de barre-paille de riz


55
Théorie d’homogénéisation

incompressible :
𝑚 𝐸
𝐸𝐵𝑢𝑑𝑖𝑎𝑛𝑠𝑘𝑦 = (1−2,5𝑃 (3-5)
) 𝑖

3.4.1.2. Modèles analytiques de changement d’échelles


Cette section est consacrée à la présentation des modèles théoriques de changement
d’échelles, destinés à l’estimation des propriétés effectives d’un matériau hétérogène, dérivés
de la solution du problème de l’inclusion hétérogène d’Eshelby. Nous commençons par la
présentation de la solution du problème de l’inclusion hétérogène d’Eshelby, suivie des
différents modèles qui en sont dérivés, à citer : la solution diluée, la méthode Auto-cohérente
et le modèle de Mori-Tanaka. Mais avant de commencer, il serait préférable de rappeler
quelques préliminaires.
En élasticité linéaire, les relations entre contrainte σ et déformation ε et inversement sont
données par :
σ=C:ε σij = Cijkl : εkl
ε=S:σ ou εij = Sijkl : σkl (3-5)
Où C est le tenseur des rigidités élastiques (ordre 4) et S est le tenseur des souplesses élastiques
(ordre 4). Ainsi les lois de Hooke de l’inclusion et de la matrice s'écrivent respectivement :
σi = Ci : εi (3-6)
σm = C m : ε m (3-7)
Si l'on considère un volume V suffisamment grand pour contenir de nombreuses inclusions, la
contrainte et la déformation moyennes s'obtiennent par :
1 1
  x d v   x d v
v v v v
 v
 et  v
 (3-8)

Où x représente le vecteur position, σ (x) et ε (x) étant respectivement la contrainte et la


déformation à cette position. Les équations sont aussi valables pour les phases inclusion ou
matrice du composite. Ainsi, la contrainte moyenne  et la déformation moyenne 
Vi Vi
des inclusions sont :
1 1
  x d v   x d v
v v v v
  et   (3-9)
Vi Vi
i i
i i

Et celle de la matrice  et  s’expriment par :


vm vm

Prédiction numérique des propriétés élastiques du composite terre de barre-paille de riz


56
Théorie d’homogénéisation

1 1
     x d v et      x d v (3-10)
vm v v vm v v
m m
m m

Où Vi et Vm sont respectivement les volumes des inclusions et de la matrice. Il s'en suit que V
= Vi + Vm.
Les équations (3-6), (3-7) et (3-8) conduisent à :
1
  x d V =
1 1 V  Vm 
 
V V V    x d V  V    x d V = V
i

Vi V vm
(3-11)
Vi Vm

Ou bien encore :

  vi   vm  (3-12)
Vi vm

Avec v  VV
i
i
, la fraction volumique des inclusions et v m
 V
V
m
, la fraction volumique de

la matrice. De façon similaire, la déformation moyenne s’obtient par :


  vi   vm  (3-13)
Vi vm

En appliquant les relations de l'élasticité linéaire pour les contraintes et les déformations
moyennes, on montre que :

  C:  ou   S:  (3-14)

Avec S = C-1 le tenseur de souplesse du composite (3-15)


3.4.1.2.1. Problème de l’inclusion d’Eshelby

Figure 34 : Problème de l’inclusion d’Eshelby

Eshelby a étudié le problème d’une inclusion ellipsoïdale élastique dans une matrice
infinie élastique. Il considère d’abord un milieu homogène infini de rigidité Cm à l'intérieur
duquel se trouve une inclusion (Figure 35 a). Si l'inclusion est libre de contrainte, elle subit une
transformation de déformation homogène et uniforme ℇT (Figure 35 b). Finalement, l’intensité
de déformation de l’inclusion au sein de la matrice vaut ℇC(x) (Figure 35 c).
Ainsi, la contrainte dans la matrice σm(x) est donnée par :

Prédiction numérique des propriétés élastiques du composite terre de barre-paille de riz


57
Théorie d’homogénéisation

  X  C :  X (3-16)
C
m m

et celle de l'inclusion ellipsoïdale  i


par :

 i
 Cm :  C

T
 (3-17)

 
C T
Eshelby a montré que la relation entre et s'écrit :

   : (3-18)
C T

Où E est le tenseur d’Eshelby qui dépend du rapport de forme de l’inclusion et des constants
élastiques de la matrice.

Figure 35 : Problème de l’inclusion équivalente d’Eshelby

Eshelby a également démontré une équivalence entre une inclusion hétérogène et une
inclusion homogène, de mêmes formes et entourées par la même matrice infinie (Figure 36).
La contrainte dans une inclusion ellipsoïdale σi après avoir appliqué une déformation
ajoutée ℇA est :

 Ci m
:   A + C

T
 (3-19)

La contrainte dans une inclusion ellipsoïdale σi sans ℇT mais avec le tenseur des rigidités
Cm remplacé par Ci est :

  C :    (3-20)
A C
i i

La combinaison de ces équations donne :

 Cm  Ci  Cm  :   :   Ci  Cm  :  (3-21)


T A

Certains modèles comme Mori-Tanaka, auto-cohérent et Hashin-Strikman sont construits en


utilisant les résultats du modèle d’Eshelby.

Prédiction numérique des propriétés élastiques du composite terre de barre-paille de riz


58
Théorie d’homogénéisation

3.4.1.2.2. Modèle dilué d’Eshelby


Dans cette solution, chaque inclusion est considérée comme une seule entité noyée dans
une matrice infinie. La solution diluée est valable si les inclusions sont suffisamment éloignées
les unes des autres, donc, aucune interaction entre les inclusions n’est considérée. Par
conséquent, elle s’applique seulement aux matériaux hétérogènes contenant une faible fraction
volumique P. La déformation moyenne d’un composite est identique à la déformation

 
A
appliquée et la déformation des inclusions est uniforme et est donnée par

     . En utilisant les équations (3-18) et (3-16) puis en éliminant ℇT, ℇA et ℇC, on


C

Vi

obtient entre  et  :
Vi
(3-22)
δ  
 :S : C  C   : 
m i m
Vi
 

En comparant les deux équations (3-21) et (3-22) on en déduit que le tenseur de


concentration des déformations pour l’inclusion équivalente d’Eshelby est :

:  Ci  Cm  
1
(3-23)
δ  

Eshelby
A :S m 

La plupart des méthodes (sauf les bornes de Voigt et Reuss) utilisent le tenseur
d’Eshelby.
3.4.1.2.3. Modèle auto-cohérant (AC)
Cette méthode est fondée sur le modèle d’inclusion sphérique d’Eshelby, qui est
généralement attribuée par Hill et Budiansky pour tenir compte de la fraction volumique finie
de fibres. Originellement, cette théorie traitait le cas de particules sphériques puis a évolué vers
des configurations où les fibres sont alignées. L’application pour des composites à fibres
longues a été réalisée par Laws et McLaughlin et à des fibres courtes par Chou et al. (Chou et
al., 1980). Une version auto-cohérente est créée à partir de l'équation (3-23) en remplaçant le
tenseur de rigidité C et le tenseur de souplesse S de la matrice par les tenseurs correspondants
du composite. Ceci conduit au tenseur de concentration des déformations du modèle auto-
cohérent :

A AC    E : S : (Ci  C ) 
1
(3-24)

Le tenseur de rigidité homogénéisé unidirectionnelles (UD) du modèle auto- cohérente


est donné par :
AC
CUD  Cm  i (Ci  Cm ) : AAC (3-25)

Prédiction numérique des propriétés élastiques du composite terre de barre-paille de riz


59
Théorie d’homogénéisation

Les tenseurs S et C de la matrice entourant les inclusions ne sont pas connus. Pour
résoudre ce problème, on peut utiliser une méthode itérative. Pour la première itération, un
choix possible pour C celui obtenu par la méthode d’Eshelby. Ce processus se répète en
utilisant les nouvelles estimations de C jusqu’à la convergence qui aboutit à la solution auto-
cohérente AAC. Il est à noter que le tenseur d’Eshelby doit être recalculé à chaque itération. Le
temps de calcul est plus élevé puisqu'il faut recalculer ces expressions à chaque itération.
3.4.1.2.4. Mori-Tanaka
Le schéma de Mori et Tanaka[39],[40] s’applique à des milieux hétérogènes constitués
d’inclusions noyées dans une matrice. Les inclusions sont réparties de manière isotrope et se
comportent en moyenne comme des inclusions isolées dans une matrice infinie, soumise, à
l’infini à la déformation moyenne de la matrice εm (une inconnue du problème). La déformation
de chaque inclusion est alors reliée à la déformation moyenne de la matrice par des « pseudo-
tenseurs de localisation ». La relation entre la déformation de l’inclusion et celle du composite
est :

 A
Eshelby
:  (3-26)
vi
L’hypothèse de Mori-Tanaka stipule que le matériau contient de nombreuses inclusions
qui ont les mêmes propriétés que la matrice et préconise que les estimations sont possibles pour
des fractions volumiques d’inclusions élevées (jusqu’à 20 à 30%). Ainsi, la déformation
moyenne des inclusions est donnée par :

 A
Eshelby
:  (3-27)
vi vm
MT
A
Eshelby
On a : Â (3-28)

Le tenseur de concentration des déformations du modèle de Mori-Tanaka est :


Eshelby 1
A : 1  v i  δ  v iA 
MT Eshelby
A  
(3-29)

Le tenseur de rigidité homogénéisé unidirectionnelles (UD) de Mori- Tanaka est donné par :
MT
CUD  Cm  i (Ci  Cm ) : AMT (3-30)

3.4.1.3. Encadrement analytique


Nous allons à présent nous concentrer sur les bornes rigoureuses qui peuvent être
définies en se basant sur les principes variationnels et les informations statistiques sur la

Prédiction numérique des propriétés élastiques du composite terre de barre-paille de riz


60
Théorie d’homogénéisation

morphologie du matériau. Les propriétés effectives sont comprises entre deux de ces limites.
Une limite analytique est considérée comme optimale si sa définition utilise toutes les données
statistiques disponibles. Nous allons examiner les matériaux à n phases, bien que chaque borne
soit spécialisée pour les matériaux à deux phases.
3.4.1.3.1. Bornes d’ordre zéro
En considérant un matériau hétérogène multiphasique, sa propriété équivalente ZH est
bornée entre la propriété Zd de la phase la plus dure et la propriété Zt de la phase la plus tendre
tel que :
𝑍𝑡 ≤ 𝑍 𝐻 ≤ 𝑍𝑑 (3-31)
Pour les modules de compressibilité k, de cisaillement µ, de Young E et le coefficient de
poisson υ, on aura :
𝑘𝑡 ≤ 𝑘 𝐻 ≤ 𝑘𝑑
µ𝑡 ≤ µ𝐻 ≤ µ𝑑
𝐸𝑡 ≤ 𝐸 𝐻 ≤ 𝐸𝑑
𝜐𝑡 ≤ 𝜐 𝐻 ≤ 𝜐𝑑
Ces bornes sont les plus simples, car elles ne prennent en considération aucune information
concernant la microstructure.
3.4.1.3.2. Bornes de Voigt et Reuss (bornes du premier ordre)

- Borne supérieure de Voigt (Voigt, 1889)


La borne de Voigt résulte d’une approche en déformation qui suppose que la déformation est
constante dans toutes les phases et égale à la déformation macroscopique imposée Εij.
L’hypothèse de l’approximation de Voigt est alors que les inclusions et le matrice subissent la
même déformation uniforme (problème mécanique) ou le même gradient uniforme (problème
thermique).

Figure 36 : Illustration du principe de la borne de Voigt

On a :   ij ( x)  Eij (3-32)

Prédiction numérique des propriétés élastiques du composite terre de barre-paille de riz


61
Théorie d’homogénéisation

Le tenseur de localisation de la déformation est alors réduit partout au tenseur unité :

Aijkl ( x)  I ijkl (3-33)

Donc, l’expression du tenseur des rigidités équivalent sera :


N
Voigt
Cijkl  P
ph 1
ph (cijkl ) ph (3-34)

La borne de Voigt [Voigt, 1889] correspond au modèle en série du composite pour lequel on
considère les déformations uniformes dans le matériau. On obtient pour un matériau biphasé
de type matrice-inclusion, le tenseur de rigidité élastique de Voigt :

CVoigt  Cm  i (Ci  Cm )   i Ci  mCm (3-35)

- Borne inférieure de Reuss (1929)


La borne de Reuss [Reuss, 1929] est l’approche en contrainte qui considère que celle-ci est
constante dans toutes les phases et est égale à la contrainte macroscopique imposée Σij.
L’approximation de Reuss suppose alors que les inclusions et la matrice subissent la même
contrainte uniforme (problème mécanique) ou le même flux uniforme (problème thermique).

Figure 37 : Illustration du principe de la borne de Reus

On a :   ij ( x)  ij (3-36)

Le tenseur de localisation de contrainte est réduit partout au tenseur unité :

Bijkl ( x)  I ijkl (3-37)

Donc, l’expression du tenseur des souplesses équivalent sera :


N
Re uss
Sijkl  P
ph 1
ph (cijkl ) 1 ph (3-38)

La borne de Reuss correspond au modèle en parallèle du composite pour lequel on


considère les contraintes uniformes dans le matériau. On obtient pour un matériau biphasé de
type matrice-inclusion, le tenseur de souplesse élastique de Reuss :

S Re uss  Sm  i (Si  Sm )   i Si  m Sm (3-39)

Prédiction numérique des propriétés élastiques du composite terre de barre-paille de riz


62
Théorie d’homogénéisation

Dans les équations (3-35) et (3-39), Ci et Cm représentent respectivement les tenseurs


des rigidités élastiques de l’inclusion et de la matrice ; Si et Sm sont respectivement les tenseurs
de souplesses de l’inclusion et de la matrice.
3.4.1.3.3. Bornes de Hashin-Strikman (bornes du second ordre)
Plus précis que les approximations de Voigt et Reuss, d’autres encadrements ou
estimations du comportement élastique des matériaux composites ont été obtenus, en retenant
des informations microstructurales afin d’évaluer au mieux les contraintes et les déformations
au sein d’une phase donnée. Nous pouvons évoquer le modèle de Hashin-Strikman (Hashin
and Shtrikman, 1963) que nous détaillons à présent.
Hashin et Strikman utilisent la solution du problème d’Eshelby en considérant un
matériau homogène équivalent entourant les inclusions par les différents constituants du
composite (matériau de référence). Si le matériau de référence est le plus rigide des
constituants, l’estimation donne une borne supérieure (HS+). Par contre, si le matériau de
référence est le souple des constituants, on obtient la borne inférieure (HS-). Ces bornes sont
plus précises que les bornes de Voigt et Reuss. Les bornes de Hashin et Strikman (HS) peuvent
s’écrire sous la forme :

C HS   Chom
HS
 C HS  (3-40)

Avec la borne inférieure :


1
C HS    mCm :(Cmin
*
 Cm )1  iCi :(Cmin
*
 Ci )1  :  m (Cmin
*
 Cm )1  (Cmin
*
 Ci )1  (3-41)

Et la borne supérieure :
1
C HS    mCm :(Cmax
*
 Cm )1  iCi :(Cmax
*
 Ci )1  :  m (Cmax
*
 Cm )1  (Cmax
*
 Ci )1  (3-42)

Dans les équations (3-41) et (3-42), on a :


*
Cmax 1
 Emax : Cmax  Cmax avec Cmax  max(Cm , Ci ) (3-43)
1
*
Cmin  Emin : Cmin  Cmin avec Cmin  min(Cm , Ci ) (3-44)

Pour chaque approche utilisée, la procédure d’estimation des propriétés mécaniques comprend
deux étapes :

- Estimation des propriétés mécaniques unidirectionnelles (UD) : les trois approches HS,
MT et AC sont utilisées pour prédire le cas où les particules sont alignées.
- Prise en compte de l’orientation des particules : l’estimation des propriétés mécaniques
est réalisée à l’aide des tenseurs d’orientation d’ordre 2 et 4 (a2 et a4). Il est à noter que le

Prédiction numérique des propriétés élastiques du composite terre de barre-paille de riz


63
Théorie d’homogénéisation

tenseur d'ordre quatre a4 est déterminé à partir du tenseur d'ordre deux a2.
Les étapes pour prédire les propriétés mécaniques du béton de CNP par les approches utilisées
sont expliquées sur les figures ci-après :

et

et

Figure 38 : Diagramme récapitulatif pour l’estimation des propriétés mécaniques


(bornes de Hashin-Strikman)

Prédiction numérique des propriétés élastiques du composite terre de barre-paille de riz


64
Théorie d’homogénéisation

Figure 39 : Diagramme récapitulatif pour l’estimation des propriétés mécaniques


(approche de Mori-Tanaka)

Figure 40 : Algorithme de l’approche auto-cohérente pour estimer des propriétés


mécaniques

3.4.1.4. Comparaison entre les modèles et les bornes analytiques


Dans cette partie, nous comparons les résultats issus des différentes méthodes
d’homogénéisation présentées dans le cas d’un matériau hétérogène constituée de deux phases.
On présente sur la figure 42 un exemple de variation de coefficient de compression k, en
fonction de la fraction volumique des inclusions. A partir des résultats, on remarque que les
bornes d’ordre 0 et 1 n’estiment pas les propriétés mais encadrent les modules élastiques. En

Prédiction numérique des propriétés élastiques du composite terre de barre-paille de riz


65
Théorie d’homogénéisation

effet, ces bornes fournissent une valeur maximale et une autre minimale des propriétés
effectives.

Figure 41 : Comparaison entre les différentes approches d’homogénéisation analytique,


Dirrenberger (2012).

Il faut noter aussi que le choix de tel ou tel modèle dépend des propriétés du milieu et
de la morphologie de la microstructure. Comme l’expliquent Gilormini et Bréchet (1998) dans
leur travail "Which material for which model? Which model for which material?", le choix
d’un modèle est gouverné par plusieurs conditions comme par exemple la géométrie du milieu,
le contraste entre les propriétés, la fraction volumique, la distribution et l’orientation des
inclusions et le comportement de chaque phase.
Dans tous les modèles et les bornes analytiques, les estimations proposées sont données
pour divers matériaux hétérogènes et pour des formes d’inclusions bien spécifiques, et peuvent
donc être notées comme des estimations asymptotiques. L’intérêt est donc d’utiliser des
solutions analytiques tant que la géométrie reste simple. Pour les fractions volumiques assez
importantes, on observe souvent une divergence entre les modèles analytiques. Cette
divergence serait liée à l’augmentation des interactions entre les inclusions à cause de la
diminution de leurs espacements. Ils ne sont donc pas adaptés au cas des configurations plus
complexes avec des fractions volumiques plus élevées. De ce point de vue, les approches
numériques basées sur la notion du VER constituent une alternative du fait de l’important
développement des outils de calculs.
3.4.2. Homogénéisation numérique
La mécanique des matériaux hétérogènes s’est longtemps limitée aux approches
analytiques. Les progrès considérables des moyens de calcul ont favorisé l’utilisation de la
simulation numérique.

Prédiction numérique des propriétés élastiques du composite terre de barre-paille de riz


66
Théorie d’homogénéisation

3.4.2.1. Classes des méthodes numériques[38]


Les méthodes numériques sont connues sous deux grandes classes, les méthodes
intégrées et les méthodes séquencées.
3.4.2.1.1. Méthodes intégrées
Les méthodes intégrées consistent à prendre en compte simultanément les deux
échelles, microscopique et macroscopique, dans le calcul par éléments finis. La méthode FE2
[Feyel and Chaboche, 2000] est la méthode la plus citée dans la littérature. C’est une méthode
qui présente plusieurs niveaux de calculs par éléments finis caractérisant différentes échelles
physiques.
3.4.2.1.2. Méthodes séquencées
Pour les méthodes séquencées, on cherche à estimer les propriétés macroscopiques d’un
matériau en effectuant un ou plusieurs calculs d’une description pertinente de la microscopique
correspondante. La plupart des travaux ont été menés sur des cas bidimensionnels, par exemple
le cas de fibres de carbone dans une matrice polymère [Zeman and Sejnoha, 2001]. Essayant
de s’approcher avec plus de précision de la morphologie réelle de la microstructure, dans le
domaine des poly-cristaux, une modélisation tridimensionnelle utilisant les polygones de
Voronoï est utilisée. Pour estimer correctement les propriétés macroscopiques, la description
de la microstructure doit être suffisamment riche et réaliste. Les propriétés effectives d’un
matériau hétérogène sont déterminées en moyennant les champs locaux sur le Volume
Elémentaire Représentatif (V.E.R) caractérisé par la taille et une description géométrique
suffisante de la microstructure comme détaillé dans le chapitre précédent. Pour le calcul par
éléments finis de microstructures, on impose des conditions aux limites qui sont propres à
l’homogénéisation.
3.4.2.2. Maillage des microstructures
Le maillage des microstructures est l’une des étapes nécessaires pour une
homogénéisation numérique. Pour une homogénéisation numérique, trois étapes sont
nécessaires, à savoir : la génération des images (génération du VER), le maillage des images
et les calculs numériques[3].
On dit donc que le choix des méthodes numériques pour résoudre le problème de
microstructure nécessite la génération d’un maillage discrétisant la géométrie. La
méthodologie pour créer et mailler un volume de matériau hétérogène s’articule principalement
autour de trois étapes :
 représentation surfacique de matériau ;

Prédiction numérique des propriétés élastiques du composite terre de barre-paille de riz


67
Théorie d’homogénéisation

 maillage surfacique ;
 maillage volumique (passage de surface vers le volume).
La figure 43a représente un exemple du maillage surfacique obtenu par MOUMEN. Ce
maillage contient 30 EF en longueur et 30 EF en largeur. Au total, on a une facette entourée
par 900 éléments carrés. Ensuite ce maillage 2D de 43a a été transformé en maillage volumique
3D. La figure 43b présente les géométries volumiques finales avec une discrétisation. Cette
géométrie contient 30x30x30 EF, au total on a 27000 EF quadratique.

Figure 42 : Maillage 2D et 3D de la géométrie d’une microstructure

Il existe plusieurs types de maillage pour le cas des microstructures, parmi ces types,
on cite : le maillage régulier et le maillage adaptatif[31].
3.4.2.2.1. Maillage régulier
Il s'agit de construire un maillage simple régulier de surface 2D ou de volume 3D de
l'échantillon et d'attribuer aux éléments finis les caractéristiques de la phase dans laquelle ils
sont situés. Il est également possible d'utiliser des éléments "multiphasés" où l'attribution des
propriétés de chaque phase se fait sur les points d'intégration des éléments selon la phase dans
laquelle ils sont situés. La méthode des éléments multiphasés a été mise en place par Lippmann
et al. (1997). Elle consiste à superposer un maillage régulier sur une image réelle ou virtuelle
de la microstructure. Dans cette méthode, le comportement mécanique ou thermique associé
aux phases est attribué à chaque point d’intégration de chaque élément. On trouvera plus de
détails sur les éléments multiphasés, ainsi que des exemples d'utilisation dans les références
(Steinkopff et Sautter, 1995a,b ; Lippmann et al., 1997 ; Kanit et al., 2003 ; Khdir, 2013 ; El
moumen 2014).
3.4.2.2.2. Maillage adaptatif
Une autre méthode consiste à utiliser un maillage initial quelconque (libre ou régulier),
suffisamment fin, et à déplacer certains nœuds du maillage pour les faire coïncider avec les
interfaces. La méthode permet de conserver la topologie des interfaces de la microstructure.

Prédiction numérique des propriétés élastiques du composite terre de barre-paille de riz


68
Théorie d’homogénéisation

(Steinkopff et Sautter, 1995a,b) proposent une méthode d'adaptation du maillage en identifiant


les nœuds les plus proches des frontières et en imposant des déplacements de ces nœuds dans
les directions normales aux frontières. L'algorithme d'adaptation est détaillé dans la référence
(Steinkopff, 1993).

Figure 43 : Exemple d’échantillon numérique : périodique avec le maillage régulier (a)


et aléatoire avec le maillage libre (b) (Pham T.H.)

Figure 44 : Maillage de microstructures hétérogènes : (a) schéma de sphères dures, (b)


complémentaire de schéma, (c) composite et (d) le maillage associé.

3.4.2.3. Conditions aux limites et moyenne des champs locaux


Pour calculer les propriétés effectives du matériau homogène équivalent (MHE) et
étudier la convergence des propriétés apparentes, plusieurs conditions aux limites peuvent être
appliquées. Les plus classiquement proposées dans la littérature ([Zaoui, 2000] ; [Bornert M.
and P., 2010]) sont : les conditions homogènes sur le contour en déformation (KUBC), les
conditions homogènes sur le contour en contraintes (SUBC) et les conditions périodiques

Prédiction numérique des propriétés élastiques du composite terre de barre-paille de riz


69
Théorie d’homogénéisation

(PBC).
En considérant une microstructure de volume V, pour déterminer les propriétés
effectives de ce volume, on impose des conditions aux limites sur sa frontière notée V . On
présente dans ce qui suit les trois types de conditions aux limites utilisées dans les calculs par
éléments finis pour la détermination des propriétés effectives.
3.4.2.3.1. Conditions homogènes sur le contour en déformation (KUBC)

Dans ces conditions, on applique sur tous les nœuds de la surface extérieure V du
volume V un déplacement ui qui s’écrit à partir du tenseur des déformations homogénéisées Eij
correspondant à la moyenne des déformations locales dans le volume par :

ui  Eij .x j

 1 x  V (3-45)
 Eij   ij  V   ij dV
 V

Le tenseur des contraintes macroscopiques est alors obtenu par la moyenne des
contraintes locales dans tout le volume V :

1
V V
ij   ij   ij dV (3-46)

3.4.2.3.2. Conditions homogènes sur le contour en contraintes (SUBC)


Dans ce cas, on applique sur la surface extérieure ∂V du volume V un effort volumique
σ.n qui s’écrit à partir du tenseur des contraintes homogénéisées Σij correspondant à la moyenne
des contraintes locales dans le volume par :

 ij .n  ij .n
 x  V
 1 (3-47)
ij   ij  V   ij dV
 V

Le tenseur des déformations macroscopiques est alors obtenu par la moyenne des
déformations locales dans tout le volume V :

1
V V
Eij   ij   ij dV (3-48)

3.4.2.3.3. Conditions aux limites périodiques (PBC)


Dans ce cas on applique sur tous les nœuds de la surface extérieure ∂V du volume V un
déplacement u qui s’écrit à partir du tenseur des déformations homogénéisées E et d’une
fluctuation périodique vi par :

Prédiction numérique des propriétés élastiques du composite terre de barre-paille de riz


70
Théorie d’homogénéisation

ui  Eij .x j  vi

 1 x  V (3-49)
 Eij   ij  V   ij dV
 V

La fluctuation v est périodique car elle prend la même valeur en deux points
homologues de faces opposées. De même, les efforts σ.n en deux points homologues sont
opposés.
3.4.2.3.4. Comparaison entre les différentes conditions aux limites
La comparaison entre les différentes conditions a été présentée dans plusieurs travaux,
spécialement dans Huet (1990) et Hazanov and Huet (1994), où ils ont montré que les variations
des propriétés estimées par les CLM (conditions mixtes) sont entre les résultats de KUBC et
SUBC.
Pour les microstructures aléatoires, Kanit et al. (2003) puis EL Houdaigui et al. (2007)
et Nguyen et al. (2011) ont étudié l’influence de KUBC, SUBC et PBC sur les propriétés
effectives des matériaux fortement hétérogènes. Les résultats de la simulation sont présentés
sur la figure 46a. On remarque que pour les petits volumes, les résultats obtenus par SUBC
convergent vers la borne analytique de Reuss, et ceux obtenus par KUBC convergent vers la
borne analytique de Voigt. Ils ont montré aussi qu’entre les deux conditions, on trouve les
résultats de PBC qui convergent rapidement. Il apparaît que dans un volume contenant un grand
nombre des hétérogénéités (un VER), les trois conditions aux limites donnent la même valeur
de la propriété effective.
De la même façon, la figure 46b montre les variations des propriétés effectives en
fonction de la taille de la microstructure pour le coefficient de cisaillement µ. Elle présente
aussi une comparaison entre les valeurs obtenues par les différentes conditions aux limites. Des
résultats similaires ont été obtenus par Jean (2009) dans le cas de calcul de la conductivité
thermique sur des microstructures réelles et virtuelles.
D’après les auteurs, les volumes indiqués sur l’axe des abscisses sont équivalents à un
nombre d’hétérogénéité (grains, pores, sphères, fibres). Les conditions périodiques donnent
une bonne estimation dès quelques grains (environ 40 grains), mais à condition de prendre
plusieurs réalisations (1000 réalisations environ). Pour les autres conditions (KUBC et SUBC),
il faut considérer une taille de volume 250 fois plus grande que celui des PBC pour atteindre
la même convergence. Pour le cas de EL Houdaigui et al. (2007), la convergence des propriétés
est assurée par des volumes contenant à peu près 100 grains avec PBC, et un volume d’environ
2000 grains pour les KUBC et SUBC. D’après ces résultats, on peut déduire aussi que la taille

Prédiction numérique des propriétés élastiques du composite terre de barre-paille de riz


71
Théorie d’homogénéisation

du VER dépend de la propriété, de la nature du matériau et du contraste des phases.

Figure 45 : Variation des modules avec les conditions aux limites imposées en fonction
du volume : (a) Nguyen et al. et (b) EL Houdaigui et al. (2007)

Prédiction numérique des propriétés élastiques du composite terre de barre-paille de riz


72
Théorie d’homogénéisation

CHAPITRE 4 : ETUDE DE CAS : ESTIMATION DES

PROPRIETES ELASTIQUES DU BANCO A PARTIR DES

TECHNIQUES D’HOMOGENEISATION NUMERIQUE

Prédiction numérique des propriétés élastiques du composite terre de barre-paille de riz


73
Etude de cas : estimation des propriétés élastiques du banco à partir des
techniques d’homogénéisation numérique

4. Etude de cas : estimation des propriétés élastiques du banco à partir des techniques

d’homogénéisation numérique

4.1. Paramètres de base


4.1.1. Module de YOUNG et coefficient de poisson des inclusions de paille de riz
La paille a un module pseudo-élastique très faible (de 0,3 à 0,8 MPa), fonction de sa
densité, mais aussi d’autres paramètres tels que le type de paille, le mode de fabrication de la
botte, la teneur en eau…[41]. Par contre, une valeur expérimentale a été donnée (Epaille = 17
MPa) par Q. Piattoni et E. Quagliarini dans leur article intitulé : « Analyse expérimentale et
modélisation du comportement mécanique des briques de terre »[42]. On va se limiter à cette
valeur dans notre homogénéisation.
Par ailleurs, peu d'auteurs ont mesuré le coefficient de Poisson de la paille. Leurs
résultats, assez concordants, donnent une valeur de υ de l'ordre de 0,3[41].
Ainsi, pour notre homogénéisation, on retient pour la paille un module de Young de 17
MPa et un coefficient de poisson de 0,3.
4.1.2. Module de YOUNG et coefficient de poisson de la matrice terre
Par rapport à la matrice terre de barre, les modules de « pseudo-élasticité » c’est-à-dire
les valeurs du module de Young varient de 100 à 1000 MPa.
Pour avoir une valeur plus fiable du module de Young de la terre barre, il a été réalisé
l’essai de compression sur une éprouvette prismatique de dimensions 4x4x16 cm3 au cours
duquel des mesures des déformations et des contraintes ont été prises. Les résultats des
écrasements sont présentés sur la courbe contrainte-déformation ci-dessous.

Figure 46 : Courbe contrainte-déformation issue de la compression sur la terre de barre

Prédiction numérique des propriétés élastiques du composite terre de barre-paille de riz


74
Etude de cas : estimation des propriétés élastiques du banco à partir des
techniques d’homogénéisation numérique

Après analyse de la courbe, on constate que la pente de la tangente de la partie linéaire


de la courbe vaut 175. Cette valeur représente la valeur du module d’élasticité.
Par ailleurs, LABINTAN trouve une valeur de 0,3 pour le coefficient de Poisson de la
terre de barre[9].
Ainsi, pour notre homogénéisation, on retient pour la matrice terre de barre, un module
de Young de 175 MPa et un coefficient de poisson de 0,3.
4.1.3. Elaboration de la matrice de rigidité des deux phases
La procédure d’élaboration des matrices de rigidité des matériaux isotropes étant
détaillée au chapitre 2, nous obtenons à partir de cette procédure les matrices de rigidité des
inclusions de paille de riz et de la matrice de terre en supposant que ces deux phases sont
isotropes. La forme générale de la matrice de rigidité pour les matrices isotropes se présente
comme suit :

  2   0 0 0
    2  0 0 0 

     2 0 0 0
 
 0 0 0  0 0
 0 0 0 0  0
 
 0 0 0 0 0 

*Calcul des coefficients de Lamé λ et µ des paille et de la terre de barre


L’indice i représente les pailles et l’indice m représente la terre de barre.
𝑬𝝊
𝛌 = (𝟏+𝝊)(𝟏−𝟐𝝊) (4-1)

𝟏𝟕
𝛌𝒊 =
(𝟏 + 𝟎, 𝟑)(𝟏 − 𝟐 ∗ 𝟎, 𝟑)
𝛌𝒊 = 𝟑𝟐, 𝟔𝟗𝟐𝟑 𝑴𝑷𝒂
𝟏𝟕𝟓
𝛌𝒎 =
(𝟏 + 𝟎. 𝟑)(𝟏 − 𝟐 ∗ 𝟎, 𝟑)
𝛌𝒎 = 𝟑𝟑𝟔, 𝟓𝟑𝟖𝟓 𝑴𝑷𝒂
𝑬
µ = 𝟐(𝟏+𝝊)(4-2)

𝟏𝟕
µ𝒊 =
𝟐(𝟏 + 𝟎. 𝟑)
µ𝒊 = 𝟔, 𝟓𝟑𝟖𝟓 𝑴𝑷𝒂

Prédiction numérique des propriétés élastiques du composite terre de barre-paille de riz


75
Etude de cas : estimation des propriétés élastiques du banco à partir des
techniques d’homogénéisation numérique

𝟏𝟕𝟓
µ𝒎 =
𝟐(𝟏 + 𝟎. 𝟑)
µ𝒎 = 𝟔𝟕, 𝟑𝟎𝟕𝟕 𝑴𝑷𝒂
Par suite, les matrices de rigidité isotropes des deux phases se présentent comme suit :
 Pour les inclusions de pailles de riz :
 45, 7693 32, 6923 32, 6923 0 0 0 
32, 6923 45, 7693 32, 6923 0 0 0 
 
32, 6923 32, 6923 45, 7693 0 0 0  (MPa)
Ci   
 0 0 0 6,5385 0 0 
 0 0 0 0 6,5385 0 
 
 0 0 0 0 0 6,5385

 Pour la matrice terre de barre :


 471,1539 336,5385 336,5385 0 0 0 
336,5385 471,1539 336,5385 0 0 0 
 
336,5385 336,5385 471,1539 0 0 0  (MPa)
Cm   
 0 0 0 67,3077 0 0 
 0 0 0 0 67,3077 0 
 
 0 0 0 0 0 67,3077 

4.1.4. Détermination de l’orientation des proportions des inclusions de paille de riz


dans la matrice terre de barre.
Le but de cette partie est de déterminer l’orientation et la forme des particules et évaluer
leur fraction volumique. Le travail préliminaire de cette partie est la confection d’éprouvettes
de dimensions 4x4x16 cm3. Ensuite il a été obtenu par tomographie différentes images
montrant la microstructure de notre matériau. Cette opération d’obtention d’images par
tomographie a été réalisée en France dans le Laboratoire d’Etude des Microstructures et de
Mécanique des Matériaux (LEM3) de l’université de LORRAINE. De ces images nous en
avons choisi six (06) que nous avons traitées et analysées avec le logiciel ImageJ®. De cette
analyse d’images, nous obtenons pour chaque particule de paille de riz, Ai qui représente l’aire
de la particule i, Xi et Yi qui sont les coordonnées du barycentre, Li et Di qui sont les longueurs
correspondantes au grand et au petit axe de l’ellipse. Enfin φ qui est l’angle de l’orientation
i

du grand axe de l’ellipse par rapport à un axe de référence.

Prédiction numérique des propriétés élastiques du composite terre de barre-paille de riz


76
Etude de cas : estimation des propriétés élastiques du banco à partir des
techniques d’homogénéisation numérique

N°1 N°2 N°3

N°4 N°5 N°6

Figure 47 : Photos des images traitées et analysées

La procédure d’analyse d’image étant déjà bien explicitée au chapitre 2, nous allons
l’appliquer aux images que nous avons obtenues. La figure 48 montre les étapes successives
de l’analyse de l’image N°1. L’analyse des autres sera présentée dans l’Annexe. Ce processus
fournit les informations sur la distribution de taille et de l’orientation des particules sous forme
de listing (tableau 4).

Figure 48 : Procédure pour déterminer l'orientation et la forme des particules du banco

Prédiction numérique des propriétés élastiques du composite terre de barre-paille de riz


77
Etude de cas : estimation des propriétés élastiques du banco à partir des
techniques d’homogénéisation numérique

Tableau 4 : Données issues de l’analyse d’image

Particule Area Ai Xi Yi Major(Li) Minor(Di)


Angle φ i

1 0,375 11,608 0,295 0,836 0,571 45


2 50,495 28,099 20,086 14,82 4,338 81,911
3 3,375 28,695 8,452 2,547 1,687 140,806
4 0,625 3,924 13,894 1,112 0,716 108,435
5 2,375 15,509 15,342 2,788 1,084 142,276
6 0,375 16,911 32,231 0,836 0,571 135
7 0,875 15,631 33,409 1,091 1,021 90

Le tableau 4 présente les résultats issus de l’analyse d’image N°1. Les résultats de
l’analyse des autres images étant présentés en annexe.
Les valeurs du rapport de forme moyen et des composantes du tenseur d’orientation a2
que nous avons calculées pour une distribution aléatoire en 2D pour chacune des images
analysées sont récapitulées dans le tableau 5 ci-dessous.
Tableau 5 : Rapports de forme et composantes du tenseur a2

Composantes du tenseur d’orientation a2

image N° r a11 a12=a21 a22

1 3,192 0,335 -0,162 0,665

2 2,226 0,525 -0,041 0,476

3 2,538 0,608 -0,021 0,392

4 2,923 0,329 0,053 0,671

5 2,856 0,459 0,041 0,541

6 3,655 0,613 -0,005 0,387

moyenne 2,9 0,478 -0,022 0,522

La comparaison de ces composantes (aij) avec les composantes du tenseur a2 pour le cas
d’une orientation aléatoire en 2D (Figure 33) montre une différence relativement faible de
l’ordre de 4,4%. Cela confirme que les coupes des particules apparaissant sur les différentes

Prédiction numérique des propriétés élastiques du composite terre de barre-paille de riz


78
Etude de cas : estimation des propriétés élastiques du banco à partir des
techniques d’homogénéisation numérique

images ne montrent pas d’orientation particulière. La distribution peut être considérée comme
aléatoire en 2D sur chacune des images qui sont des représentations planes et par extension
isotrope dans le volume. Ces résultats montrent que le composite peut être considéré, à l’échelle
du VER, comme un milieu homogène isotrope au vu de l’orientation des particules.
De même, les rapports de formes des pailles de riz diffèrent légèrement d’une image à
une autre avec un écart type respectif de 0,5. Dans la procédure d’homogénéisation nous allons
utiliser la valeur moyenne et des rapports de formes des pailles de riz obtenues sur les images
du VER.
Par rapport à la fraction volumique, en procédant par la technique qu’on a montrée dans
le chapitre 2, on trouve pour une formulation donnant une fraction massique de 2% de paille,
une fraction volumique d’environ 25%.
En effet, pour pouvoir obtenir cette valeur de la fraction volumique, nous avons
déterminé la masse volumique du matériau composite à partir des éprouvettes dont la
formulation est faite de 2% massique de pailles de riz. Pour le faire, nous avons confectionné
des éprouvettes cylindriques 5 : 10, soit un volume V=196,25 cm3. Nous avons choisi un
échantillon de six éprouvettes que nous avons ensuite pesées pour avoir leurs masses sèches.
Les résultats trouvés sont présentés dans le tableau 6 ci-après.
Tableau 6 : Calcul de la masse volumique du banco

𝑀𝑠 3)
N° Masse sèche Ms (g) Masse volumique ρ= (Kg/m
𝑉
éprouvette

1 332 1693.88

2 352 1795.92

3 331 1688.78

4 342 1744.90

5 335 1709.18

6 350 1785.71

Moyenne 340.33 1736.39

D’après la littérature, la masse volumique de la paille peut être prise égale à


140Kg/m3[41]. Par suite, pour la fraction massique de 2%, la fraction volumique se calcule :

Prédiction numérique des propriétés élastiques du composite terre de barre-paille de riz


79
Etude de cas : estimation des propriétés élastiques du banco à partir des
techniques d’homogénéisation numérique

1736.4
ρ c

140
*0.02  0.248  24.8%

Soit ρc = 25%
Par ailleurs, dans la littérature on trouve que la fraction volumique des inclusions paille
varie de 25 à 33% ; ce qui confirme notre valeur. Pour notre étude, on se limitera donc à une
fraction volumique de 25% de paille.
4.2. Application de technique d’homogénéisation numérique pour la détermination
des constantes d’ingénieur du banco
Pour estimer les propriétés élastiques d’un matériau hétérogène, il existe deux grandes
catégories de méthodes d’homogénéisation : les méthodes d’homogénéisation analytiques et
les méthodes d’homogénéisation numérique. Dans notre travail, nous avons prédit ses
caractéristiques élastiques à l’aide de méthodes numériques d’homogénéisation. Afin d’y
arriver, nous avons utilisé un outil numérique qu’est le logiciel Digimat.
4.2.1. Présentation des résultats
DIGIMAT est une plateforme de logiciels pour la simulation prédictive des matériaux
composites. Cet outil est utilisé dans de nombreuses applications industrielles pour modéliser
le comportement des composites en tenant compte de l’orientation locale des fibres et du
processus de fabrication. Il peut être aussi appliqué aux matériaux cimentaires. Cela justifie
notre choix pour ce logiciel d’homogénéisation numérique. DIGIMAT présente quatre
modules : Digimat MF, Digimat FE, Digimat MX et Digimat CAE. Pour notre étude,
uniquement les deux premiers modules (Digimat MF, Digimat FE) ont été utilisés.
4.2.1.1. Digimat MF
4.2.1.1.1. Description
Digimat-MF est un logiciel d’homogénéisation par champs moyens utilisé pour prédire
le comportement non-linéaire des matériaux multiphasiques. Il utilise pour cela deux méthodes
semi-analytiques principales : Mori-Tanaka et Interpolative double inclusion (Modèle Lielens).
Le nombre de phases de l’inclusion peut être supérieur à un. Les inclusions peuvent avoir une
forme ellipsoïde, de cavités, d’inclusions enrobées et d’inclusions rigides ou quasi-rigides.
Dans notre cas nous avons considéré que nos inclusions ont une forme cylindrique. Digimat-
MF peut modéliser des matériaux thermoélastiques linéaires, thermo-élasto-plastique,
plasticité cyclique, viscoélasticité linéaire, élasto-viscoplastique et hyper-élastique. Les
chargements appliqués peuvent être : thermomécaniques, en contraintes ou en déformations
multi-axiales, monotones ou cycliques, imposés ou provenant d’une analyse par éléments finis.

Prédiction numérique des propriétés élastiques du composite terre de barre-paille de riz


80
Etude de cas : estimation des propriétés élastiques du banco à partir des
techniques d’homogénéisation numérique

Les modèles de rupture sont : contrainte maximale, déformation maximale, Tsai-Hill 2D et 3D,
Azzi-Tsai-Hill 2D, TTsai-Wu 2D et 3D, Hashin-Rotem 2D, Hashin 2D et 3D. L’interface de
Digimat MF est facile à utiliser avec un arbre de données semblable à celui d’Abaqus.
4.2.1.1.2. Application du module MF à notre matériau composite
Le matériau composite étudié est une matrice de terre de barre remplie de fraction
volumique 25% de fibres de paille de riz qu’on a supposé être de forme cylindrique. La matrice
est définie comme un matériau élastique, de même que les fibres de pailles de riz qui sont
modélisées par le comportement élastique. Les paramètres des deux matériaux sont donnés
dans le tableau 7.
Tableau 7 : Paramètres des phases du matériau

Paramètres Matrice Fibres

Module d’Young E (MPa) 175 17

Coefficient de Poisson υ 0.3 0.3

Les inclusions de pailles de riz sont caractérisées par :


 Rapport de forme : 2,9
 Orientation : Aléatoire 3D

Figure 49 : Chargement considéré dans Digimat MF

La méthode Mori-Tanaka est utilisée dans cette homogénéisation car notre composite
n’a que deux phases (une phase matricielle et les inclusions).
Le chargement est de type de déformation uniaxiale suivant la direction 1 dans le repère
local comme le montre la figure 49.
Le résultat de cette homogénéisation est la partie élastique (linéaire) de la courbe
contrainte-déformation donnée par la figure 50 suivante.

Prédiction numérique des propriétés élastiques du composite terre de barre-paille de riz


81
Etude de cas : estimation des propriétés élastiques du banco à partir des
techniques d’homogénéisation numérique

Figure 50 : Résultat d’analyse de contrainte-déformation par Digimat MF

Le module MF nous donne aussi la matrice de rigidité du composite homogénéisé.

Figure 51 : Matrice de rigidité du composite donnée par Digimat MF

D’après cette matrice de rigidité le module MF donne aussi les valeurs des constantes
d’ingénieur que sont : le module de Young (en MPa) et le coefficient de Poisson.

Figure 52 : Valeurs des constantes d’ingénieurs du composite banco

4.2.1.2. Digimat FE
4.2.1.2.1. Description
Digimat-FE est un logiciel d’homogénéisation du comportement non linéaire de
Volume Elémentaire Représentatif (VER) de microstructure de matériaux complexes. Ce
module utilise la méthode des éléments finis (MEF) pour l’analyse de la structure de VER.
Digimat-FE utilise Abaqus/CAE pour générer le maillage d’une microstructure via un script
Python. Il utilise le même arbre de données que Digimat MF. Il sert entre autre de confronter
les résultats de la méthode MEF (Digimat FE) avec ceux de la méthode semi-analytique

Prédiction numérique des propriétés élastiques du composite terre de barre-paille de riz


82
Etude de cas : estimation des propriétés élastiques du banco à partir des
techniques d’homogénéisation numérique

(Digimat MF).
4.2.1.2.2. Application du module FE à notre matériau composite
Dans cet exemple d’application, on étudie le module de Young et le coefficient de Poisson
de notre composite à l’échelle d’un VER. Ce VER cubique est composé d’une matrice de terre
remplie de fraction volumique de 25% des fibres de pailles de riz (inclusions) dont les
caractéristiques ont été données dans la partie du module MF développée plus haut. La
première étape de cette homogénéisation consiste à la génération du VER puis la définition de
la géométrie globale du matériau et finalement vient le maillage et la simulation numérique du
comportement
 Génération du VER
Comme nous l’avons détaillé au chapitre 2, il existe plusieurs algorithmes de génération de
la microstructure du VER parmi lesquels nous avons : le processus de Poisson, l’algorithme
SA (Simulated Annealing), l’algorithme RSA (Random Sequential Adorption), la méthode MD
(Molecular Dynamic)…. Tous ces algorithmes ont été explicités dans le chapitre 2.
Dans notre étude, les microstructures ont été générées par le processus aléatoire de Poisson.
Ce processus est bien adapté aux microstructures aléatoires et isotropes. De plus notre matériau
composite a une fraction volumique d’inclusions n’excédant pas 30%. Ainsi, un VER est créé
par Digimat FE comme le montre la figure ci-après.

Figure 53 : VER généré par le module Digimat FE

 Maillage réalisé
Après la génération du VER, Digimat FE fait importer ce modèle de VER dans Abaqus
CAE pour effectuer le maillage comme le montre la figure ci-contre. La méthodologie pour
créer et mailler un volume de matériau hétérogène s’articule principalement autour de trois
étapes comme nous l’avions rappelé plus haut : la représentation surfacique de matériau, le

Prédiction numérique des propriétés élastiques du composite terre de barre-paille de riz


83
Etude de cas : estimation des propriétés élastiques du banco à partir des
techniques d’homogénéisation numérique

maillage surfacique et le maillage volumique.


Parmi les types de maillage qui existent, nous avons le maillage régulier et le maillage
adaptatif ou maillage libre que nous avons détaillés dans le chapitre 3. Dans notre travail, le
maillage régulier a été utilisé. Le choix de cette méthode dans le cadre de ce travail vient du
fait que dans les travaux précédents, une comparaison entre cette méthode et d’autres types de
maillage a été effectuée (le cas par exemple de Forest (2006)). Selon les résultats finaux, on
note que les valeurs des grandeurs macroscopiques sont identiques dans les deux cas du
maillage, sachant que le nombre des éléments finis (EFs) utilisé dans le cas d’un maillage
multiphasique est inférieur au cas du maillage libre. Cette différence au niveau du nombre des
EFs influence le temps de compilation ainsi que la mémoire des machines demandée. Il est à
noter que la méthode des éléments multiphasés nécessite peu de mémoire et peu du temps de
convergence par rapport à la méthode de maillage libre. On retient alors que l'avantage majeur
de cette méthode réside dans la simplicité et la rapidité avec laquelle est créé le milieu
hétérogène. De plus, la méthode est applicable à tout type de milieu hétérogène.
Donc le maillage éléments finis (EFs) associé pour notre microstructure est obtenu à l’aide
de la méthode des éléments multiphasés. Ce maillage créé par le module FE est présenté dans
la figure suivante. On rappelle que la microstructure (VER) est générée selon une distribution
poisonnienne.

Figure 54 : Maillage créé par Digimat FE

 Conditions aux limites


Comme tous les problèmes de modélisation, il est nécessaire de définir des conditions aux
limites afin de résoudre les équations constitutives dans le cas de l’élasticité. On distingue :
les conditions homogènes sur le contour en déformation (KUBC), les conditions homogènes
sur le contour en contraintes (SUBC) et les conditions périodiques (PBC). Selon l’étude
bibliographique présentée dans le chapitre 3 sur les conditions aux limites, on remarque que

Prédiction numérique des propriétés élastiques du composite terre de barre-paille de riz


84
Etude de cas : estimation des propriétés élastiques du banco à partir des
techniques d’homogénéisation numérique

les conditions périodiques (PBC) sont préférables pour les calculs éléments finis (EF). De plus,
les conditions aux limites PBC sont utilisées pour tous les calculs éléments sur les différentes
tailles du volume, à cause de sa convergence rapide. Pour cela, dans notre travail, nous avons
choisi ces conditions aux limites de type périodique (PBC). D’après les conditions aux limites
de type périodique, deux points homologues de faces opposées ont même caractéristique. De
même, les efforts σ.n en deux points homologues sont opposés.
 Chargement
Le chargement ici est uniaxial (suivant l’axe 1-1). Après génération du maillage, on sollicite
notre microstructure en compression axiale. Ensuite le module FE après calculs, (en se basant
sur les caractéristiques de chaque phase) donne la contrainte et la déformation suivant chaque
axe du VER et par suite il donne aussi la courbe contrainte-déformation issue du chargement.
Le rapport entre la contrainte suivant l’axe 1-1 et la déformation de l’axe nous donne la valeur
du module de Young. Quant à la valeur du coefficient de poisson, elle est l’opposé du rapport
entre la déformation suivant l’axe 2-2 et la déformation suivant 1-1.

Figure 55 : Microstructure obtenue après chargement

 Convergence globale
On tient à rappeler que pour étudier les fluctuations des propriétés macroscopiques,
plusieurs tailles du volume, nommées réalisations, ont été générées pour la microstructure.
Durant la construction, chaque taille de ces volumes contient un nombre spécifique
d’inclusions N. Par conséquent, l’augmentation de la taille du volume revient à augmenter
le nombre des inclusions N, tout en gardant la même fraction volumique des inclusions.
Pour chaque taille N, différentes réalisations n sont considérées. La fraction volumique de
nos inclusions limite N à 100.
La densité de maillage est définie comme le volume du matériau présenté par un EF. A
cet effet, des microstructures 3D de 100 inclusions spécifiques à ce genre de calculs ont été

Prédiction numérique des propriétés élastiques du composite terre de barre-paille de riz


85
Etude de cas : estimation des propriétés élastiques du banco à partir des
techniques d’homogénéisation numérique

construites. Le nombre des particules cylindriques et la géométrie des microstructures sont


inchangés, mais différentes résolutions du maillage sont utilisées. La figure 56 montre la
variation du module de Young en fonction du nombre des EF. Elle montre que le module
E diminue rapidement pour les petits maillages puis tend vers une convergence totale pour
le cas des grands volumes. Cette figure montre aussi que le nombre des EF qui assure la
convergence globale des propriétés effectives est autour de 350000 EF pour une
microstructure de 100 inclusions. Dans la suite de nos simulations, nous considérons cette
densité de maillage avec les conditions de périodicités.

Figure 56 : Variation du module E en fonction du nombre des EF pour les différentes


grilles de maillage.

Après le chargement, Digimat FE donne le résultat de la sollicitation en présentant la


partie linéaire de la courbe contrainte-déformation.

Figure 57 : Courbe contrainte-déformation donnée par Digimat FE

En plus de la courbe contrainte-déformation, pour être plus précis, le module FE donne


les valeurs de la contrainte et de la déformation suivant l’axe de la sollicitation (1-1) dans notre.

Prédiction numérique des propriétés élastiques du composite terre de barre-paille de riz


86
Etude de cas : estimation des propriétés élastiques du banco à partir des
techniques d’homogénéisation numérique

On lui demande aussi d’afficher la déformation suivant l’axe perpendiculaire à l’axe de


sollicitation. Il donne :
𝜎1−1 = 3,687573𝑀𝑃𝑎
ℇ1−1 = 2,973190. 10−2
ℇ2−2 = −8,588613. 10−3
On a par suite le module de Young qui vaut :
𝜎
𝐸 = ℇ1−1 (4-3)
1−1

3,687573
𝐸=
2,973190. 10−2
𝐸 = 124, 𝑂27 𝑀𝑃𝑎
Quant au coefficient de poisson, il vaut :

𝜐 = − ℇ2−2 (4-4)
1−1

−8,588613. 10−3
𝜐=−
2,973190. 10−2
𝜐 = 0,2889
En récapitulatif, pour cette application, le module de Young du matériau vaut : 𝐸 =
124, 𝑂27 𝑀𝑃𝑎 et le coefficient de poisson vaut 𝜐 = 0,2889.
4.2.2. Comparaison des résultats issus des deux modules utilisés
D’après les valeurs données par les deux modèles numériques, on constate que la valeur
du module de Young donnée par digimat FE est supérieure (d’une différence de 10MPa) à celle
donnée par MF. Par rapport au coefficient de poisson, les valeurs sont presque les mêmes.
4.3. Comparaison des résultats théoriques obtenus avec les résultats expérimentaux
Des valeurs expérimentales sont utilisées dans cette partie pour confronter et valider les
différentes approches de calcul. Nous allons comparer les modules de Young numériques
obtenus à ceux obtenus expérimentalement par d’autres auteurs.
Tableau 8 : Modules de Young du banco obtenus expérimentalement

Auteurs Module de Young Valeurs numériques obtenues (MPa)


E (MPa) Digimat MF Digimat FE

Q. Piattoni et al. 98 - 155[25]

E. Quagliarini et al 98 - 155[24] 114,18 124,027

Prédiction numérique des propriétés élastiques du composite terre de barre-paille de riz


87
Etude de cas : estimation des propriétés élastiques du banco à partir des
techniques d’homogénéisation numérique

Le tableau 8 présente les résultats du module de Young de notre composite argile-paille


obtenus par des auteurs ainsi que ceux que nous avons obtenus pour chacune des
approximations numériques. Nous allons confronter ces résultats expérimentaux aux
estimations que nous avons obtenues par les deux approches numériques utilisées (Digimat MF
et Digimat FE). D’un point de vu général, nous constatons que les valeurs numériques obtenues
ne sont pas trop éloignées des valeurs expérimentales. Nos deux résultats se trouvent dans la
page de valeurs expérimentales trouvées par Q. Piattoni et E. Quagliarini.
Nous retenons alors que les modèles numériques d’homogénéisation que nous avons
exploités nous ont fournis des valeurs de modules d’élasticité du composite banco comparables
avec celles déterminées expérimentalement.
4.4. Comparaison des résultats numériques obtenus avec les résultats analytiques
Cette prédiction des propriétés élastiques du banco a été aussi faite analytiquement ;
c’est-à-dire avec les modèles d’homogénéisation analytiques qu’on a détaillés dans le chapitre
3. Il s’agit entre autre du modèle de Mori-Tanaka, des bornes de Voigt et Reuss et de Hashin-
Strikman. Ainsi donc, toujours dans le but de valider nos prédictions numériques, on a eu à
confronter nos résultats numériques avec ceux donnés par l’analytique. La figure ci-contre
présente les courbes de variation du module de Young de notre composite en fonction de la
fraction volumique des pailles pour chaque modèle de prédiction.

Figure 58 : Influence de la teneur en paille sur le module de Young

Après analyse des courbes, on constate que les courbes traduisant les valeurs des deux
modèles numériques qu’on a utilisés appartiennent à l’intervalle de courbes formé par les deux
bornes de Voigt et Reuss. De plus, nos valeurs trouvées sont toutes comprises entre les

Prédiction numérique des propriétés élastiques du composite terre de barre-paille de riz


88
Etude de cas : estimation des propriétés élastiques du banco à partir des
techniques d’homogénéisation numérique

caractéristiques des deux phases et légèrement supérieures à la borne supérieure de Hashin-


Strikman. Elles ne sont pas également trop éloignées des résultats expérimentaux déjà réalisés
pour ces différentes fractions volumiques. Ces derniers sont représentés sur la figure par les
points, avec un écart type de 0,5%. De là, nous pouvons aussi dire que les modèles numériques
qu’on a utilisés sont valables.
4.5. Influence de la variation de la fraction volumique des pailles sur les
caractéristiques élastiques du banco
Dans cette partie nous nous sommes proposé de faire varier la fraction volumique des
pailles et de calculer à l’aide du module MF les caractéristiques du banco tout en maintenant
constants les autres paramètres. On obtient ainsi les résultats suivants en faisant varier la
fraction volumique des inclusions de paille de 20 à 50% :

Figure 59 : Valeurs des constantes d’ingénieurs pour 20% de paille

Figure 60 : Valeurs des constantes d’ingénieurs pour 30% de paille

Figure 61 : Valeurs des constantes d’ingénieurs pour 35% de paille

Figure 62 : Valeurs des constantes d’ingénieurs pour 40% de paille

Prédiction numérique des propriétés élastiques du composite terre de barre-paille de riz


89
Etude de cas : estimation des propriétés élastiques du banco à partir des
techniques d’homogénéisation numérique

Figure 63 : Valeurs des constantes d’ingénieurs pour 45% de paille

Figure 64 : Valeurs des constantes d’ingénieurs pour 50% de paille

D’après ces différentes valeurs du module de Young en fonction de la fraction


volumique des inclusions de pailles et aussi d’après les différentes courbes de la figure 58, on
constate que l’augmentation de la fraction volumique des pailles entraine une diminution du
module du module de Young du composite ; c’est-à-dire que le module de Young du banco
diminue avec l’augmentation de la fraction volumique des inclusions de pailles, et ce quel que
soit le module numérique utilisé. Cela est dû au fait que la rigidité des pailles est très inférieure
(environ 10 fois moindre) que celle de la matrice terre de barre. Cette même remarque a été
faite par Thanh Hùng PHẠM[29] sur le composite chaux-chanvre avec des concentrations
volumiques de chènevotte comprises entre 0 et 33 %, et aussi par H. Nguyen[30] avec les
mortiers de résine. Cette évolution du module de Young en fonction de la fraction volumique
des inclusions sera contraire (c’est-à-dire que le module de Young du composite augmentera
avec l’augmentation de la fraction volumique des inclusions) si la rigidité des inclusions est
supérieure à celle de la matrice. C’est le cas des bétons classiques pour lesquels le module de
Young des granulats est en effet plus fort que celui de la matrice[43].

Prédiction numérique des propriétés élastiques du composite terre de barre-paille de riz


90
Etude de cas : estimation des propriétés élastiques du banco à partir des
techniques d’homogénéisation numérique

CONCLUSION ET PERSPECTIVES

Prédiction numérique des propriétés élastiques du composite terre de barre-paille de riz


91
CONCLUSION ET PERSPECTIVES

CONCLUSION ET PERSPECTIVES

Conclusion
Les applications des matériaux composites concernent à peu près toutes les activités
humaines : transports (avions, trains, automobiles, bateaux, aérospatiale), sport, électricité et
électronique, médicale et surtout dans le bâtiment. Le composite que nous avons utilisé ici est
dans la catégorie des composites fibreux dont les caractéristiques mécaniques et physiques sont
intéressantes.
Ce travail s’est fortement intéressé à l’étude du matériau composite "terre de barre +
paille de riz" encore appelé "banco", d’un point de vue numérique qui consiste à l’élaboration
de volume élémentaire représentatif, l’application des méthodes d’homogénéisation… dans le
but de déterminer les caractéristiques élastiques du matériau banco à l’aide de techniques
d’homogénéisation numérique. Le banco étant un matériau composite constitué de deux phases
à savoir : la matrice qui est la terre de barre et les inclusions qui sont les pailles de riz, alors la
détermination de ses propriétés mécaniques par les techniques d’homogénéisation requiert la
connaissance des caractéristiques mécaniques de chacune de ces phases ainsi que d’autres
paramètres tels que la fraction volumique, le rapport de forme moyen et l’orientation des
particules des pailles. Nous avons ainsi, dans un premier temps déterminé ces paramètres après
avoir fait des analyses d’images. Ensuite, nous avons obtenu des valeurs du module de Young
et du coefficient de poisson suite à l’application de techniques d’homogénéisation numérique
à l’aide des modules MF et FE du logiciel Digimat sur le banco. Pour le module MF, on obtient
une valeur de 114,18MPa pour le module de Young et une valeur de 0,2830 pour le coefficient
de Poisson. Quant au module FE, on obtient une valeur de 124,027MPa pour le module de
Young et une valeur de 0,2889 pour le coefficient de poisson. Toutes ces valeurs ont été
déterminées pour une fraction volumique de 25% de paille et un rapport moyen de 2,9 avec
une orientation isotrope des inclusions.
Par ailleurs, une autre partie de notre travail s’est consacrée à la validation de nos
modèles numériques utilisés par comparaison des résultats obtenus à des résultats
expérimentaux tirés de la littérature, notamment les travaux de Q. Piattoni et al. 2011. Cette
comparaison a montré une bonne concordance entre nos résultats obtenus et les résultats
expérimentaux. Une deuxième comparaison des résultats des modules numériques utilisés aux
résultats issus de l’homogénéisation analytique (utilisation des modèles micromécaniques)
confirme la validité de nos modèles numériques.

Prédiction numérique des propriétés élastiques du composite terre de barre-paille de riz


92
CONCLUSION ET PERSPECTIVES

Enfin la dernière partie de notre travail est consacré à l’étude de l’influence de la


variation de la fraction volumique des pailles sur le module d’élasticité du composite. La
diminution du module d’élasticité avec l’augmentation de la concentration volumique des
pailles qu’on a constatée en faisant varier la fraction volumique de la paille pourrait être
expliquée par le fait que la rigidité des pailles est largement inférieure à celle de la matrice
qu’est la terre de barre. Ainsi les caractéristiques mécaniques du béton de CNP sont influencées
par la fraction volumique des inclusions de paille, leur morphologie et leur orientation.
Perspectives
Durant ce travail, on a étudié le comportement élastique du composite banco composée
d’une matrice de terre dans laquelle sont noyées les inclusions de pailles à l’aide de méthodes
numériques d’homogénéisation.
On peut envisager comme perspective la prise en compte de l’indice de vide lié à l’air
entrainé dans le composite lors de la mise en œuvre dans l’homogénéisation numérique de ses
propriétés élastiques.
On peut aussi envisager, de prédire d’autres propriétés mécaniques de ce matériau telles
que la résistance à la compression, la résistance à la traction à l’aide des techniques numériques
d’homogénéisation.
On peut également chercher à prédire les propriétés thermiques de ce matériau à l’aide
des techniques numériques d’homogénéisation.
Une dernière perspective que nous pensons serait de chercher à prédire numériquement
le comportement en fatigue du matériau composite banco.

Prédiction numérique des propriétés élastiques du composite terre de barre-paille de riz


93
CONCLUSION ET PERSPECTIVES

REFERENCES BIBLIOGRAPHIQUES

Prédiction numérique des propriétés élastiques du composite terre de barre-paille de riz


94
REFERENCES BIBLIOGRAPHIQUES

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Prédiction numérique des propriétés élastiques du composite terre de barre-palle de riz


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Prédiction numérique des propriétés élastiques du composite terre de barre-palle de riz


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REFERENCES BIBLIOGRAPHIQUES

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[43] M.A. Neville, “Propriétés des bétons [Ouvrage].”

Prédiction numérique des propriétés élastiques du composite terre de barre-palle de riz


xviii
TABLE DES MATIERES

TABLE DES MATIERES

DEDICACES .......................................................................................................................................... 1
REMERCIEMENT ................................................................................................................................. ii
HOMMAGES ......................................................................................................................................... v
RESUME .............................................................................................................................................. vii
ABSTRACT......................................................................................................................................... viii
LISTE DES SIGLES ET ABREVIATIONS ......................................................................................... ix
LISTE DES NOTATIONS ..................................................................................................................... x
LISTE DES ANNEXES ....................................................................................................................... xii
LISTES DES FIGURES ...................................................................................................................... xiii
LISTE DES TABLEAUX.................................................................................................................... xvi
INTRODUCTION .................................................................................................................................. 1
1. Généralités et revue de littérature ....................................................................................................... 4
1.1. Les matériaux composites ....................................................................................................... 4
1.1.1. Généralité sur les matériaux composites ......................................................................... 4
1.1.2. Les différentes phases d’un matériau composite ............................................................ 6
1.1.2.1. Les renforts ............................................................................................................. 6
1.1.2.2. La matrice ............................................................................................................... 7
1.1.3. Avantages de l’utilisation des matériaux composites ..................................................... 7
1.2. Généralités sur le banco .......................................................................................................... 8
1.2.1. Définition ........................................................................................................................ 8
1.2.2. Composantes du matériau Banco .................................................................................... 8
1.2.2.1. Le sol argileux ou terre de barre ............................................................................. 9
1.2.2.1.1. Composition de la terre de barre ........................................................................ 11
1.2.2.1.2. Caractéristiques de la matrice terre .................................................................... 13
1.2.2.2. La paille................................................................................................................. 14
1.2.2.2.1. Propriétés physiques de la paille ........................................................................ 15
1.2.2.2.2. Propriétés mécaniques de la paille ..................................................................... 16
1.2.2.2.3. Propriétés thermiques de la paille ...................................................................... 16
1.2.2.3. La décoction de néré ............................................................................................. 17
1.3. Caractéristiques du banco ..................................................................................................... 18
1.3.1. Densité sèche ................................................................................................................ 18
1.3.2. Résistance à la compression .......................................................................................... 19
1.3.2.1. Paramètres d’influence .......................................................................................... 19
1.3.2.1. Quelques mesures et valeurs recensées ................................................................. 20
1.3.3. Résistance à la traction .................................................................................................. 22

Prédiction numérique des propriétés élastiques du composite terre de barre-palle de riz


xix
TABLE DES MATIERES

1.4. Synthèse bibliographique ...................................................................................................... 23


2. Techniques de détermination des paramètres d’homogénéisation ................................................ 28
2.1. Détermination des paramètres d’homogénéisation ............................................................... 28
2.1.1. Quelques rappels sur la théorie d’élasticité et la microstructure ................................... 28
2.1.1.1. Ecriture d’un tenseur d’élasticité .......................................................................... 29
2.1.1.2. Cas particulier d’un tenseur d’élasticité isotrope .................................................. 32
2.1.2. Détermination de la dimension du VER ....................................................................... 33
2.1.3. Méthode d’obtention de la fraction volumique, du rapport de forme et des composantes
du tenseur d’orientation. ............................................................................................................... 44
2.2. Description de l’état d’orientation d’une population de particules ....................................... 46
2.2.1. Orientation d’une particule ........................................................................................... 47
2.2.2. Fonction de distribution d’orientation........................................................................... 47
2.2.3. Tenseurs d’orientation................................................................................................... 47
3. Théorie d’homogénéisation........................................................................................................... 50
3.1. Différentes approches d’homogénéisation des matériaux hétérogènes................................. 50
3.2. Les étapes de l’homogénéisation .......................................................................................... 51
3.2.1. Représentation............................................................................................................... 52
3.2.2. Localisation ................................................................................................................... 52
3.2.3. Homogénéisation .......................................................................................................... 53
3.3. Présentation du comportement homogénéisé des composites biphasés ................................ 54
3.4. Techniques d’homogénéisation............................................................................................. 54
3.4.1. Homogénéisation analytique[33] .................................................................................. 54
3.4.1.1. Estimations analytiques......................................................................................... 55
3.4.1.1.1. Einstein............................................................................................................... 55
3.4.1.1.2. Smallwood ......................................................................................................... 55
3.4.1.1.3. Guth-Gold .......................................................................................................... 55
3.4.1.1.4. Budiansky........................................................................................................... 55
3.4.1.2. Modèles analytiques de changement d’échelles.................................................... 56
3.4.1.2.1. Problème de l’inclusion d’Eshelby .................................................................... 57
3.4.1.2.2. Modèle dilué d’Eshelby ..................................................................................... 59
3.4.1.2.3. Modèle auto-cohérant (AC) ............................................................................... 59
3.4.1.2.4. Mori-Tanaka....................................................................................................... 60
3.4.1.3. Encadrement analytique ........................................................................................ 60
3.4.1.3.1. Bornes d’ordre zéro ............................................................................................ 61
3.4.1.3.2. Bornes de Voigt et Reuss (bornes du premier ordre) ......................................... 61
3.4.1.3.3. Bornes de Hashin-Strikman (bornes du second ordre)....................................... 63
3.4.1.4. Comparaison entre les modèles et les bornes analytiques..................................... 65
3.4.2. Homogénéisation numérique ........................................................................................ 66

Prédiction numérique des propriétés élastiques du composite terre de barre-palle de riz


xx
TABLE DES MATIERES

3.4.2.1. Classes des méthodes numériques[33] .................................................................. 67


3.4.2.1.1. Méthodes intégrées ............................................................................................ 67
3.4.2.1.2. Méthodes séquencées ......................................................................................... 67
3.4.2.2. Maillage des microstructures ................................................................................ 67
3.4.2.2.1. Maillage régulier ................................................................................................ 68
3.4.2.2.2. Maillage adaptatif .............................................................................................. 68
3.4.2.3. Conditions aux limites et moyenne des champs locaux ........................................ 69
3.4.2.3.1. Conditions homogènes sur le contour en déformation (KUBC) ........................ 70
3.4.2.3.2. Conditions homogènes sur le contour en contraintes (SUBC) ........................... 70
3.4.2.3.3. Conditions aux limites périodiques (PBC) ......................................................... 70
3.4.2.3.4. Comparaison entre les différentes conditions aux limites .................................. 71
4. Etude de cas : estimation des propriétés élastiques du banco à partir des techniques
d’homogénéisation numérique .............................................................................................................. 74
4.1. Paramètres de base ................................................................................................................ 74
4.1.1. Module de YOUNG et coefficient de poisson des inclusions de paille de riz .............. 74
4.1.2. Module de YOUNG et coefficient de poisson de la matrice terre ................................ 74
4.1.3. Elaboration de la matrice de rigidité des deux phases .................................................. 75
4.1.4. Détermination de l’orientation des proportions des inclusions de paille de riz dans la
matrice terre de barre. ................................................................................................................... 76
4.2. Application de technique d’homogénéisation numérique pour la détermination des
constantes d’ingénieur du banco ....................................................................................................... 80
4.2.1. Présentation des résultats .............................................................................................. 80
4.2.1.1. Digimat MF ........................................................................................................... 80
4.2.1.1.1. Description ......................................................................................................... 80
4.2.1.1.2. Application du module MF à notre matériau composite .................................... 81
4.2.1.2. Digimat FE ............................................................................................................ 82
4.2.1.2.1. Description ......................................................................................................... 82
4.2.1.2.2. Application du module FE à notre matériau composite ..................................... 83
4.2.2. Comparaison des résultats issus des deux modules utilisés .......................................... 87
4.3. Comparaison des résultats théoriques obtenus avec les résultats expérimentaux ................. 87
4.4. Comparaison des résultats numériques obtenus avec les résultats analytiques .................... 88
4.5. Influence de la variation de la fraction volumique des pailles sur les caractéristiques
élastiques du banco ........................................................................................................................... 89
CONCLUSION ET PERSPECTIVES .................................................................................................. 92
REFERENCES BIBLIOGRAPHIQUES ............................................................................................. xvi
TABLE DES MATIERES ................................................................................................................... xix
ANNEXES ......................................................................................................................................... xxiii

Prédiction numérique des propriétés élastiques du composite terre de barre-palle de riz


xxi
TABLE DES MATIERES

ANNEXES

Prédiction numérique des propriétés élastiques du composite terre de barre-palle de riz


xxii
ANNEXES

ANNEXES

Annexe 1 : Tenseurs des élasticités

Tenseur des rigidités d’élasticité


(21 composantes, écrites en notation contractée)
C11 C12 C13 C14 C15 C16 
 C22 C23 C24 C25 C26 

 C33 C34 C35 C36 
C    sym C44 C45 C46 


 C55 C56 
 
 C66 

Tenseur des rigidités d’un matériau isotrope transverse


(5 composantes indépendantes, écrites en notation contractée)
 C11 C12 C12 0 0 0 
C 0 
 12 C22 C23 0 0
C C C22 0 0 0 
C    012 023 0 C44 0 0 


 0 0 0 0 C55 0 
 
 0 0 0 0 0 C66 

Tenseur des rigidités d’un matériau isotrope


(2 composantes indépendantes, écrites en notation contractée)
 C11 C12 C12 0 0 0 
C 
 12 C11 C12 0 0 0 
C12 C12 C11 0 0 0 
 
 C11  C12 
C    0 0 0 2
0 0

 C11  C12 
 0 0 0 0 0 
 2 
 C11  C12 
 0 0 0 0 0 
 2 

Tenseur des souplesses d’un matériau isotrope transverse


(Ecrites en notation contractée)
 1  12  12 
 E 0 0 0 
E1 E1
 1 
  12 1  23 
 E 0 0 0 
E2 E2
 1 
  12  23 1 
 0 0 0 
E E2 E2
Sisotrope transverse  1 
 1   23 
 0 0 0 0 0 
 E2 
 1   12 
 0 0 0 0 0 
 E1 
 1   12 
 0 0 0 0 0 
 E1 

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xxiii
ANNEXES

Annexe 2 : Analyse de la géométrie des particules de pailles de riz

N° Image d’origine Image après seuillage Image obtenue après traitement Paramètres
d’image numérisée en couleur réalisée par ImageJ® (Carte étiquetée des Pailles de
riz identifiés)

01 Composantes du tenseur a2
a11= 0.335
a22= 0.665
a12=a21=-0.162
Elancement moyen : rmoy=3,192
02 Composantes du tenseur a2
a11= 0.525
a22= 0.476
a12=a21=-0.041
Elancement moyen
rmoy=2.226

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xxiv
ANNEXES

03 Composantes du tenseur a2
a11= 0.608
a22= 0.392
a12=a21=-0.021
Elancement moyen
rmoy=2.538

N° Image d’origine Image après seuillage Image obtenue après traitement Paramètres
d’image numérisée en couleur réalisée par ImageJ® (Carte étiquetée des pailles de
riz identifiées)

04 Composantes du tenseur a2
a11= 0.329
a22= 0.671
a12=a21=0.0531
Elancement moyen
rmoy=2.923

Prédiction numérique des propriétés élastiques du composite terre de barre-palle de riz


xxv
ANNEXES

05 Composantes du tenseur a2
a11= 0.459
a22= 0.541
a12=a21=0.041
Elancement moyen
rmoy=2.856

06 Composantes du tenseur a2
a11= 0.613
a22= 0.387
a12=a21=-0.005
Elancement moyen : rmoy=

Prédiction numérique des propriétés élastiques du composite terre de barre-palle de riz


xxvi
ANNEXES

Annexe 3 : Quelques autres images sur l’homogénéisation numérique

Figure 65 : Méthodologie de l’utilisation de l’approche numérique

Figure 66 : Etape de préparation d’une microstructure réelle pour la simulation.

Figure 67 : Schéma de la procédure de traitement d’une microstructure réelle pour la


simulation

Prédiction numérique des propriétés élastiques du composite terre de barre-palle de riz


xxvii
ANNEXES

Annexe 4 : La tomographie

La tomographie est une technique d’imagerie, très utilisée dans l’imagerie médicale,
ainsi qu’en géophysique, en astrophysique et en mécanique des matériaux. Cette technique
permet de reconstruire le volume d’un objet à partir d’une série de mesures effectuées par
tranche depuis l’extérieur de cet objet. Ces mesures peuvent être effectuées à la surface même
ou à une certaine distance. Le résultat est une reconstruction de certaines propriétés de
l’intérieur de l’objet, selon le type d’information que fournissent les captures.

Figure 68 : Image du tomographe

Prédiction numérique des propriétés élastiques du composite terre de barre-palle de riz


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