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Les nématodes

1. Introduction

Les nématodes ou filaires ou anguillules sont l'un des groupes les plus abondants du
monde animal, et bien qu’ils soient morphologiquement très simples, ils colonisent
presque tous les biotopes, des profondeurs de la mer jusqu'aux plus hauts sommets
y compris les invertébrés. La majorité des espèces de nématodes sont des habitants
du sol inoffensifs et utiles (bactériophages, fungivores, prédateurs et
entomopathogènes). Quelques espèces cependant provoquent de graves
dommages sur les végétaux, d'autres sont les parasites d'animaux ou des êtres
humains.
Les nématodes phytophages sont des parasites majeurs à l’échelle mondiale. Ces
organismes peuvent coloniser tous les types de sols et parasiter une large gamme
d’espèces végétales. Les pertes qu’ils occasionnent sont importantes et leur impact
sur l’économie agricole est considérable. Certaines espèces, comme les nématodes
à galles du genre Meloidogyne, et des tiges Ditylenchus dipsaci sont capables de se
développer aux dépend d’un grand nombre de cultures maraîchères pratiquées en
plein champ, sous serres ou même dans les oasis. La prolifération de ces
nématodes est plus accentuée dans les pays du Sud (régions méditerranéennes ou
sahéliennes) à cause de conditions climatiques très favorables.
L’importance et le rôle de ces ravageurs augmentent avec l’évolution de l’agriculture
moderne (intensification, et son industrialisation) favorisant son développement et
augmentent les dégâts des nématodes.
Il est difficile de chiffrer les pertes dues aux nématodes; celles-ci sont variables
selon:
• l’espèce en cause,
• la culture (sensibilité),
• la région (conditions climatiques et édaphiques)
• le temps (les années).
Elles peuvent être parfois considérables avec des taux d’abaissement de récolte
spectaculaire comme souvent le cas avec:
• les nématodes à kystes, nématodes dorée de la pomme de terre « Globodera
rostochiensis »
• le nématode à galles «Meloidogyne »
• les nématodes des tiges et du bulbe «Ditylenchus dipsaci ».

Le plus souvent l’absence de symptômes caractéristiques des attaques, font que


le diagnostic est généralement difficile, de ce fait les dommages provoqués par les
nématodes sont souvent ignorés (au pire négligés) et son souvent incorporés
à la « fatigue du sol ».

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2. Importance et caractères généraux de la classe des nématodes

Les nématodes (ou némathelminthes) sont de petits vers cylindriques et allongés


sans aucune segmentation interne parfois superficielle et sans tête bien distincte, à
symétrie bilatérale mesurant presque tous moins d'un millimètre de long.

En coupe transversale ils sont constitués de trois tubes. L'un constitue l'enveloppe
externe est forme la cuticule (exosquelette) très résistante, générer par
l’hypoderme et sous-tendue par un fourreau de muscle qui entoure le tube digestif
et les glandes génitales localisé dans la cavité (Pseudocoelum).

Le système digestif est simple; comprend la cavité buccale, un phar01ynx ou canal


œsophagien, un œsophage plus ou moins musculaire avec des glandes
œsophagiennes (03 glandes digestives) puis un long intestin débouchant
ventralement vers l’extrémité postérieure par l’anus.

Les nématodes parasites des plantes sont caractérisés par la présence en cette
partie (cavité buccale) d’un stylet perforant, aiguillon creux que l'animal enfonce
dans les tissus végétaux.

Le système reproducteur représenté par les gonades. La femelle peut avoir un ou


deux ovaires selon les espèces. Les mâles ne possèdent en général qu’un seul
testicule.

Chez quelques genres l’aspect de l’adulte devient différent, l’habitus anguilliforme


(forme fine élancée) disparaît et le nématode devient plus ou moins globuleux, en
particulier chez la femelle cas des Meloidogyne (voir schéma chap. II.3
Meloidogyne).

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3. Nature de parasitisme

Selon leur mode de parasitisme les nématodes sont classés en trois catégories les
ectoparasites, les endoparasites et les semi endoparasites chacune d'elles étant
subdivisée en deux groupes, Sédentaire et migrateur, notez quelques modes de vie
des nématodes phytoparasites.

Quelques exemples

Meloidogyne , Globodera (endoparasite sédentaire) des racines


Pratylenchus (endoparasite migrateurs) des racines
Xiphinema (ectoparasite migrateur) des racines

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4. Caractères particuliers des nématodes phytophages

Les nématodes phytophages ne sont représentés que dans les deux ordres
constituant la classe des nématodes : les Tylenchida et les Dorylaimida, qui sont très
éloignés l’un de l’autre sur le plan systématique.
Ces phytophages ont un caractère morphologique commun essentiel, la présence
d’un stylet buccal qui leur permet de perforer la paroi des cellules végétales et de
s’on nourrir. Ce caractère différencié les nématodes phytophages et non
phytophages. Il s’avère un caractère essentiel discriminant les taxons.
Les nématodes non phytophages qu’il soit bactériophages détritiphages ou
prédateurs, présente une cavité différente de ceux des phytophages (sans stylet).

Diverses formes de cavité

5. Biologie des nématodes

Le cycle de vie de la plupart des nématodes parasites est simple et directe. Au cours
de leur développement les nématodes passent par cinq stades séparés par quatre
mues. La femelle pond des œufs de ces derniers sortent des larves minuscules et
filiformes appelées larves infestantes (se sont eux qui vont envahir les plantes et se
développer). Chez les nématodes souvent la 1ère mue se déroule dans l’œuf avant
l’éclosion. (Cas des Tylenchida). Il peut y avoir des exceptions ou la première mue
se déroule hors de l’œuf (après éclosion) cas de certaines espèces de Dorylaimida
(Xiphinema index).

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La mue chez les nématodes se produit après chaque stade larvaire et concerne
aussi les différentes ouvertures ; ouverture orale (cavité buccale), le pore excréteur
et le pore anal. La différenciation sexuelle se fait à partir de la 3ème et 4ème mue,
puis la larve devient un adulte mature reproducteur. La femelle continue à se nourrir
pour la ponte des œufs alors que les mâles de certaines espèces cessent de
s’alimenter dès qu’ils atteignent le stade adulte, ceci et fonction du mode de
reproduction. La durée du cycle de développement dépend de certains conditions
tels que ; la température, l’humidité, la texture du sol et la plante hôte.

II.1. Le nématode des tiges et du bulbe : Ditylenchus dipsaci


Filipjev (Tylenchida: Tylenchidae)
1. Introduction
L’anguillule des tiges, ou anguillule des tiges et des bulbes (Ditylenchus dipsaci) est
présente dans bien des régions du monde. Elle est particulièrement destructrice pour
les légumes cultivés sous des climats tempérés.
Les cultures infestées par l’anguillule des tiges comprennent l’oignon, l’ail, le poireau,
la ciboulette, l’échalote, les pois, la betterave, la carotte, le céleri, la tomate, le
concombre (Hooper; 1972)

2. Position systématique

Règne : Animalia
Sous règne : Métazoa
Embranchement : Nemathelmintha

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Classe : Nematoda
Sous classe : Secernentae
Ordre : Tylenchida
Famille : Tylenchidae
Sous famille : Tylenchinae
Genre : Ditylenchus

Noms communs: stem nematode, stem and bulb eelworm, onion bloat (anglais)
Nématode des tiges (bulbes) (français).

3. Morphologie 

Les nématodes du genre Ditylenchus sont de taille moyenne entre 0,8 et 1,33 mm.
Le stylet buccal est court et fin, mesure en moyenne 9 à 11 u. La glande
œsophagienne ne recouvre pas l’intestin. La queue est effilée, la tête aplatie avec
des lèvres marquées. Chez la femelle la vulve est postérieure avec un gros ovaire.

4. Bio écologie

4.1. Biologie
Ces nématodes se développent sur les parties aériennes (tiges et feuilles) d’où leur
nom commun « Anguillules des tiges ». La pénétration de ce nématode se fait par les

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stomates, son développement puis sa multiplication se déroule dans les espaces
intercellulaires des parenchymes.
La femelle fécondée pond plusieurs centaines d’œufs dans la plante. Le
développement passe par 4 stades larvaires séparés par des mues. La 1ère
s’effectue dans l’œuf. L’étude du cycle de vie à 15°C. à montré qu’après la ponte il
faut 5 jours pour que la larve du 2ème stade émerge de l’œuf, ce stade dure de (2 à
3 j), le 3ème stade (3j), le 4ème stade (4 à5 j), les adultes apparaissent de 9 à 11 j
après éclosions des œufs. La femelle peut pondre en moyenne de 200 à 500 œufs.
Plusieurs générations se succèdent dans les tissus de la plante et se chevauchent
rapidement.
Les sexes sont séparés et la fécondation est obligatoire.

4.2. Écologie
Ditylenchus dipsaci, espèce polyphytophage, ces plantes hôtes sont les
graminées, les cultures maraîchères, les légumineuses, les liliacées, les plantes
spontanées et ornementale.
Ces nématodes peuvent se conserver dans le sol pendant plusieurs années et
résistantes aux conditions défavorables. Ils peuvent survivre jusqu’à une année dans
le sol en absence de la plante hôte. Sous forme d’agrégats qui sont des masses de
larves retenues serrées entre elles pour survivre plusieurs années à des conditions
défavorables.

4. Nuisibilité

En général, ce nématode provoque des gonflements et des déformations des parties


aériennes des plantes ainsi que la nécrose ou la pourriture des bulbes, tubercules et
rhizomes
Les symptômes d’une infestation par l’anguillule des tiges varient suivant la culture et
la densité de population du ravageur. Chez l’oignon, les jeunes plants se renflent à la
base et les feuilles se tordent, se déforment et sont parfois marquées de petites
cloques.
Les attaques de Ditylenchus dipsaci sur liliacées, entraînant des symptômes
typiques de, torsion, gonflement ou malformation des feuilles et des tiges.
Sur plante ornementale hortensia, nous observons les dégâts ci-dessous :

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II.2.Les nématodes des grandes cultures « Pomme de terre »
(Globodera rostochiensis)
1. Introduction
La culture de la pomme de terre est sujette à plusieurs maladies et ravageurs, dont
les nématodes du genre Globodera. Ce genre de nématodes, appelé communément
nématode doré de la pomme de terre, compte deux espèces : Globodera
rostochiensis et Globodera pallida et sont inscrits dans la quasi-totalité des pays du
monde sur la liste des parasites de quarantaine dont la lutte est obligatoire.

2. Position systématique
Règne : Animalia
Sous règne : Métazoa
Embranchement : Nemathelmintha
Classe : Nematoda
Sous classe : Secernentae
Ordre : Tylenchida
Famille : Heteroderidae.
Sous famille :Heteroderinae
Genre : Globodera

Noms communs: golden nematode, yellow potato cyst nematode (anglais);


nématode à kyste ; nématode doré de la pomme de terre (français)

3. Morphologie

Longtemps considéré comme une seule espèce, le nématode doré ou Globodera


rostochiensis, est en fait constitué de 2 espèces distinctes rapportées au
genre Globodera : G. rostochiensis et G. pallida, sont des endoparasites sédentaires
des racines, caractérisés par un dimorphisme sexuel des adultes. Les mâles sont
filiformes, mobiles et atteignent 1 mm de long. Les femelles se transforment après
fécondation en sacs sphériques, résistants, de couleur brune rouge, remplis d’oeufs
(jusqu’à 500), appelés kystes, de diamètre 0,3 à 0,9 mm

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4. Biologie
Ce sont des nématodes dont la reproduction est sexuée. Le kyste, stade de repos
protégé de ce groupe de parasites, contient des oeufs dont l’éclosion est stimulée
par une substance secrétée par les racines de la plante hôte (exsudats racinaire).
Après l’éclosion, les larves du stade L2 (stade infectieux) perforent la cuticule des
radicelles de la plante hôte, pénètrent dans les tissus racinaires et deviennent
sédentaires. Elles subissent ensuite deux autres stades larvaires, L3 et L4 (stade de
maturation).
Les femelles prennent la forme d’un sac et ont la partie postérieure saillante; ce sont
de petites sphères blanches enchâssées le long des racines de l’hôte. Les mâles
adultes migrent vers le sol puis se déplacent pour fertiliser les femelles fixées aux
racines de l’hôte par la tête.
Après la copulation, les mâles meurent. Les femelles commencent à gonfler au fur et
à mesure que les œufs grossissent dans leur corps. Quand les femelles meurent,
leur corps durcit, prennent une couleur foncée et forment une membrane protectrice
autour des œufs ; c’est le kyste.
Les kystes se détachent alors et tombent dans le sol ; un kyste peut contenir jusqu’à
500 œufs et persister dans le sol pendant plus de vingt ans. Le cycle complet dure
huit à dix semaines en fonction des conditions de température, humidité, nature du
sol et la plante hôte.

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En Algérie où l’on pratique souvent deux cultures de pomme de terre la même
année, il y a formation de deux générations (une génération correspond à une
culture de plante hôte).

5. Répartition géographique en Algérie


Ce nématode a été découvert pour la première fois en 1953 suite à l’introduction de
semences de pomme de terre d’origine britannique à la fin de la Deuxième Guerre
mondiale. Une année après, il a été signalé dans le littoral algérois. En 1961, les
surfaces contaminées se sont étendues très rapidement touchant 33 communes aux
environs d’Alger. Après, il a été disséminé dans plusieurs wilayas du pays dont les
plus importantes sont Aïn Defla, Tipaza, Chlef, Mascara et Sétif.

6. Symptômes
La visibilité des dommages causés par Globodera rostochiensis dépend de la
population présente dans le sol.
Les premiers symptômes sont des retards de croissance et une végétation faible et
rabougrie qui se manifestent sous forme de taches au milieu d’une culture
d’apparence normale

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En cas de forte attaque, le feuillage de la base se fane et se propage le long de la
tige, les feuilles supérieures s’enroulent, se décolorent (palissent) et présentent des
taches brunes en bordure des folioles.
Si l’on arrache une plante, on constate que les racines brunissent, se ramifient
anormalement et prennent un aspect buissonnant. Les tubercules sont petits, peu
nombreux. La récolte est faible, parfois inférieure au poids des semences utilisées.

7. Lutte

L’analyse nématologique du sol pour rechercher le nématode à l’état de kyste est


une opération primordiale avant plantation.
Aussi, il est conseillé d’utiliser des semences saines et de détruire les débris des
plantes. La production de semences doit se faire sur des parcelles saines et non
contaminées par les outils de travail du sol ou par l’irrigation.
Ces nématodes ont un nombre limité de plantes hôtes (pomme de terre, tomate,
aubergine). La lutte chimique, vu son coût, est inapplicable en grande culture. Elle
peut l’être sur de petites superficies, mais les décontaminations sont très rapides.
Ainsi, il est plus judicieux de combiner un traitement chimique avec une rotation de
plantes qui n'abritent pas les nématodes, comme les céréales et les fourrages.

II.3. Les nématodes des cultures maraîchères(Meloidogyne)

1. Introduction

Les nématodes à galles du genre Meloidogyne sont des endoparasites. Ils


occasionnent d’importants dégâts aux cultures et sont responsables de 5% des
pertes agricoles mondiales. Ces nématodes s'attaquent aux racines.  les
Meloidogyne ont un aspect morphologique très simple les males et les larves sont
filiformes mobiles alors que les femelles sont globuleuses immobiles.

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2. Position systématique

Règne : Animalia
Sous règne : Métazoa
Embranchement : Nemathelmintha
Classe : Nematoda
Sous classe : Secernentae
Ordre : Tylenchida
Famille : Meloidogynidae.
Sous famille :Meloidogynae
Genre : Meloidogyne

Noms communs: Root-knot nematode (anglais)


Nématode à galles ; nématode des racines noueuses (français)

3. Biologie

Le cycle de développement de ces nématodes est relativement rapide, de trois


semaines à trois mois. Les seuls stades libres dans le sol sont les œufs et les larves
de second stade (L2), celles-ci représentant le stade infestant. Elles sont libérées
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dans le sol, où chacune d'elles va coloniser d'autres racines, pour atteindre
le cylindre central (phloème) et s'y fixer. La larve y installe un site nourricier
permanent, constitué de 5 à 7 cellules géantes dans lesquelles elle pourra se
nourrir au moyen de son stylet.
La L2 va alors grossir et réaliser trois mues successives (L3, L4, puis adultes). La
différentiation sexuelle s'effectue à l'issue de ces mues, et aboutit à l'apparition de
femelles renflées sédentaires qui s'alimentent à partir du site nourricier, et parfois à
des mâles filiformes et mobiles qui quittent les tissus de l'hôte. La reproduction est
généralement asexuée (parthénogénétique) , les mâles n'apparaissant qu'en
conditions défavorables et permettent ainsi une régulation des populations. Ils ne
servent pas à la reproduction.

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4. Répartition géographique et plante hôtes

Les Meloidogyne est un genre cosmopolite. Il existe dans les tropiques, les régions
tempérées, en Europe et les pays méditerranéens. Il se trouve dans les pays
producteurs de cultures maraîchères. En Algérie, il abondance zones littorales et
du sud.
Les Meloidogyne s’attaquent aux cultures maraîchères en particulier les solanacées
et certaines cucurbitacées. ils se développent sur les arbres fruitiers et forestiers,
ainsi que les plantes ornementales. Ce genre de nématode à galles a été observé
aussi sur les céréales, la canne à sucre, le tabac et le coton.

5. Symptômes

Le genre Meloidogyne les symptômes essentiels de leurs attaques se traduisent par


la formation de galles sur les racines. Ces dernières peuvent être de petites tailles
visibles sur les radicelles ou grosses envahissant tout le système racinaire. Les
Meloidogyne provoquent des lésions du système vasculaires et prédisposent les
plants infestées aux attaques par les champignons (fusarium et le verticillium)

6. Lutte.

Etre vigilant sur les approvisionnements en pépinière (observer les racines).


- Ecarter les sources de contamination.
- Privilégier les porte-greffes résistants.

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- Si des traitements sont nécessaires, compte tenu de leur toxicité, respecter les
précautions environnementales. Dfdsssssss02

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