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ASSEMBLAGES PAR BRIDES CIRCULAIRES

BOULONNÉES SOUMIS À UN MOMENT FLÉCHISSANT


ET UN EFFORT NORMAL

par M. COUCHAUX, M. HJIAJ, I. RYAN

M
C
TI
RÉSUMÉ
C
Un grand nombre d’assemblages par brides circulaires boulonnées sont soumis à un moment dominant comme dans les pylônes de
é
remontées mécaniques, de télécommunications (monotubes)… Les méthodologies utilisées pour évaluer les efforts transmis dans les
parties tendues et comprimées de l’assemblage sont généralement basées sur la théorie des poutres qui n’est pas forcément adéquate
rv

pour l’analyse d’un assemblage. L’objet de cet article est de proposer une méthode de calcul de la résistance d’assemblages par
se

brides circulaires boulonnées soumis à un effort de normal et à un moment fléchissant en considérant notamment l’influence de la
ductilité de l’assemblage. Par ailleurs, l’Eurocode 3 introduit le concept de semi-rigidité des assemblages qui est liée au calcul de
leur rigidité flexionnelle. Une méthode de calcul est proposée afin d’évaluer la rigidité relative des parties tendues et comprimées de

l’assemblage et donc sa rigidité flexionnelle. Les résultats obtenus par ces modèles analytiques sont comparés à ceux d’essais et de
simulations numériques.
t
oi
dr

ABSTRACT
A great number of bolted circular flange joints are subjected to a dominant bending moment such as pylon of sky-lift, telecommunica-
ut

tion mats... The usual methodologies to determine the forces applied in the tension and compression parts of the joint are generally
based on the beam theory which is not adequate to analyse a joint. The aim of this paper is to propose a method of calculation of
To

the resistance of bolted circular flange joints subjected to the combination of a bending moment and an axial force considering the
influence of the ductility of the joint. Besides, Eurocode 3 introduces the concept of semi-rigidity of the joints which is related to the
rotational stiffness. A method is proposed to determine the rigidity of tensile and compressive parts of the joint and thus its rotational
stiffness. The results obtained via analytical models are compared to those of experimental tests and numerical simulations.

Maël COUCHAUX – chargé de recherche, CTICM


Mohammed HJIAJ – Professeur Insa de Rennes
Ivor RYAN – chargé de recherche, CTICM (jusqu'au 31-12-2011)

Revue Construction Métallique, n° 2-2012


40 Assemblages par brides circulaires boulonnées soumis à un moment fléchissant et un effort normal

1. INTRODUCTION
Nj,Ed

Les assemblages par brides utilisés dans les pylônes Mj,Ed


de remontées mécaniques, télécommunication
(monotubes) et d’éoliennes sont généralement
soumis à un moment dominant et les boulons sont Mj,Ed
sollicités en traction. La plupart des méthodes
de calcul des assemblages par brides circulaires
Mj,Rd
boulonnées permettent d’évaluer leur résistance à la
traction ([1], [2] et [3]) ou la résistance de la partie
tendue de l’assemblage Bride
par le modèle des tronçons 2Mj,Rd/3

en L ([4], [5]). Lors de l’application d’un moment


fléchissant, la répartition des efforts est souvent
déterminée [11] en supposant qu’ils se répartissent
comme les contraintes calculées dans un tube fléchi
à partir de la théorie des poutres. Le phénomène est Sj,ini
Nj,Ed

M
en fait un peu plus complexe car les zones tendues et
comprimées ayant une rigidité différente les efforts

C
Mj,Ed
maximums sont plus importants dans la zone la plus

TI
rigide qui est généralement la partie comprimée.

Par ailleurs, lorsque l’assemblage est suffisamment


C Mj,Ed
é
ductile, il est possible de former un moment plastique,
rv

les composants de l’assemblage atteignent leur Mj,Rd


résistance plastique. Un modèle analytique est donc
se

proposé dans le présent article afin de déterminer


la résistance d’assemblages par brides circulaires 2Mj,Rd/3

boulonnées soumis à la combinaison d’un moment


fléchissant et d’un effort normal en tenant compte
t
oi

de la ductilité de l’assemblage et de la possibilité


d’obtenir une répartition des efforts élastique ou
dr

plastique.
Sj,ini
ut

j
De plus, l’EN 1993-1-8 introduit le concept de semi-
To

rigidité des assemblages dans l’analyse globale de


Figure 1 : Assemblage de continuité par brides circulaires
la structure. L’interaction entre l’assemblage et les
éléments attachés peut être modélisée en introduisant
un ressort flexionnel au niveau de l’assemblage qui L’article se décompose donc en quatre parties :
peut influencer ainsi la déformation et la répartition •L
 a présentation de l’essai de flexion et l’interprétation
des efforts dans la structure. Un modèle analytique des résultats obtenus (paragraphe 2),
est donc proposé afin d’évaluer la rigidité flexionnelle
d’assemblages par brides circulaires boulonnés • L’étude numérique de l’essai à l’aide du
en se basant sur la méthode des composants. La code de calcul par éléments finis ANSYS
rigidité globale de l’assemblage dépend ainsi de la et la confrontation des résultats obtenus
rigidité relative des parties tendues et comprimées (paragraphe 3). Cette analyse est complétée
de l’assemblage et de la combinaison d’efforts par l’étude de 16 assemblages soumis à la
appliqués. combinaison d’un moment fléchissant et d’un
effort normal de traction ou de compression,
Un essai de flexion a été effectué afin de tester les • Le développement d’un modèle analytique
résultats de ces modèles analytiques et a été complété permettant d’évaluer la résistance d’assemblages
par une étude paramétrique basée sur le code de par brides soumis à la combinaison d’un moment
calcul par éléments finis ANSYS. fléchissant et d’un effort normal dans le
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M. COUCHAUX, M. HJIAJ, I. RYAN 41

paragraphe 4. Ce modèle prend en compte


le fait que la répartition des efforts peut être
élasto-plastique ou plastique selon la capacité
de déformation de l’assemblage. Les résultats
obtenus sont comparés à ceux des essais et de
l’étude paramétrique.

• La mise en place d’un modèle analytique


permettant de déterminer la rigidité flexionnelle
de ces assemblages soumis à la combinaison d’un
moment fléchissant et d’un effort normal, dans
le paragraphe 5. La courbe moment-rotation de
l’assemblage est ainsi définie à partir de la rigidité  762
flexionnelle initiale et du moment résistant de

l’assemblage.

M
C
 26
 734

TI
2. ÉTUDE EXPÉRIMENTALE

C  845 
 896
é
Bride
2.1. Présentation de l’essai
rv

Figure 2 : Spécimen d’essai et dimensions nominales


se

L’objectif de cet essai a été de caractériser le L’assemblage a tout d’abord été soumis à trois cycles

comportement élasto-plastique d’un assemblage par de charge/décharge pour des niveaux de serrage
brides circulaires forgées boulonnées, soumis à un différents (serrage nominal, mi précontrainte de pose,
t

moment de flexion. L’essai a été effectué dans le précontrainte de pose). La précontrainte de pose
oi

laboratoire de Mécanique des Structures et Mécanique est conforme à celle précisée par la NF EN 1090-2
dr

Appliquée de l’INSA de Rennes (LGCGM). Le [18]. Ces trois niveaux de chargement sont tels que
spécimen d’essai a été fourni par l’entreprise POMA, l’assemblage fonctionne dans le domaine élastique.
ut

constructeur de pylônes de remontées mécaniques. L’objet de ces phases a été d’étudier l’impact du
serrage des boulons sur la variation des contraintes
To

au droit de deux détails de fatigue qui sont ici les


L’assemblage testé est composé de deux brides boulons tendus et le cordon de soudure à la jonction
forgées de 40 mm d’épaisseur, soudées sur un tube entre la bride et le tube.
de 762×6mm, et boulonnées entre elles à l’aide de
24 boulons HR M24 de classe 10.9. La nuance de Après les trois cycles de charge/décharge, les boulons
l’acier constituant les brides et le tube est S355. Les sont desserrés jusqu’à obtenir un serrage nominal.
dimensions nominales principales sont rappelées à la L’assemblage est alors soumis progressivement à
Figure 2. un moment fléchissant jusqu’à la ruine d’un de ses
Tableau 1 : Caractéristiques mécaniques moyennes des éprouvettes de traction provenant
de la bride et la paroi du tube
Épaisseur/ Module Limite Résistance
Allongement Striction
Éléments Longueur d’Young d’élasticité traction

mm MPa MPa MPa % %


Tube 6 215717 351 492 16,2 60
Bride 40 214419 328 529 16 73
Boulons 120 212792 1110 1156 21 59

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42 Assemblages par brides circulaires boulonnées soumis à un moment fléchissant et un effort normal

éléments. L’objectif de cette phase est de caractériser par un vérin, Fvérin, par la distance entre le vérin et
le comportement élasto-plastique de l’assemblage. l’appui le plus proche, Le (soit 2,5 m), ce qui donne :
M j  Fvérin Le (1)

2.2. Caractéristiques mécaniques des aciers
2.3.2. Mesures et instrumentations
Le Tableau 1 présente les valeurs moyennes des
caractéristiques mécaniques de l’acier constitutif des Plusieurs types de mesures (voir Figure 4) ont été
brides, tubes et boulons. effectués au cours de l’essai :

La bride et le tube sont composés d’un acier S355 • Déformation sur bride et tube à partir de jauges
dont la limite d’élasticité nominale est égale à 355 rosettes ou simples,
MPa. Les limites d’élasticité moyennes des aciers
constitutifs de la bride et du tube sont inférieures à la • Déformation axiale de 13 boulons. Les boulons ont
limite d’élasticité d’un acier S355. été positionnés sur un côté de l’assemblage afin de
définir la répartition des efforts dans les boulons en
fonction de leur position par rapport au plan moyen
2.3. Réalisation de l’essai
du tube. Les boulons instrumentés sont numérotés

M
de B1 à B13 (voir Figure 4). Les boulons B1 et
2.3.1. Dispositif d’essai

C
B13 sont respectivement situés dans la zone la

TI
L’essai a été réalisé sur la plateforme du laboratoire. plus tendue et la plus comprimée de l’assemblage.
Le corps d’épreuve est composé de deux tronçons de L’effort de traction dans le boulon est obtenu en
3,75 m de long assemblés par deux brides circulaires C
divisant la microdéformation mesurée par son
boulonnées. Son extrémité repose sur deux appuis facteur de calibration [8]. Le facteur de calibration
é
roulants (voir Figure 3). La structure est mise en est le rapport de la microdéformation mesurée à
rv

charge par l’intermédiaire de deux vérins QUIRI l’effort appliqué au boulon (exprimé en kN).
se

d’une capacité de 1500 kN, positionnés chacun à


1,25 m de l’assemblage à tester. Le pilotage du vérin • La flèche de la structure en 24 points de mesures

est associé à un capteur de force et un capteur de comme indiqué à la Figure 3.


déplacement permettant la conduite de l’essai soit en
t

« effort contrôlé », soit en « déplacement contrôlé ». 2.3.3. Protocole expérimental


oi
dr

Le moment fléchissant appliqué à l’assemblage, • Cycles de charge-décharge dans le domaine


noté Mj, est obtenu en multipliant la force appliquée élastique
ut
To

Portique
d’essai

Vérin
1500kN

Contreventement axial Appui linéaire


Fvérin Guidage des vérins
Fvérin par rouleaux
Assemblage testé
2500 2500 2500

1 24

1235
Appui 2
Appui 1
2 4 13 21
9 11 22

Appui à
565 625 625 565 1235 rouleaux
1214

Figure 3 : Dispositif d’essai

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B 13

B 12
PARTIE COMPRIMEE Tube 13 Tube 12
B 11 Tube 11

B 10
Tube 10

B9 Tube 9

Tube 8
B8

Plan moyen
Tube 7
B7

Tube 6

B6
Tube 5

B5
Tube 4

Tube 3
TR2 B4
TR1 L2 Tube 2
L1 Tube 1
B 24 PARTIE TENDUE
B3
BR1 BR2 B 2
B1

Figure 4 : Jauges rosettes, boulons instrumentés

M
L’assemblage a été étudié dans le domaine élastique la paroi du tube au pied du cordon de soudure (voir

C
pour trois niveaux de serrage des boulons pour Figure 5). Les trois boulons les plus tendus ont

TI
lesquels un cycle de charge/décharge est effectué. plastifié avant le voilement [8]. La déformation de
Lors des trois cycles notés, phase 1, phase 2 et phase la bride est très faible et elle n’a pas bombé comme
3 le serrage est appliqué afin d’obtenir respectivement C
cela a pu être observé lors des essais de traction
10%, 50% et 100% de la précontrainte ciblée lors effectués sur des assemblages par brides circulaires
é
de la pose selon l’EN 1090-2 [18]. Les efforts de boulonnées [1]. L’élongation des boulons n’a pas été
rv

précontrainte ciblés au début des différentes phases, suffisante pour qu’une déformation de la bride se
se

notés B0, sont présentés dans le Tableau 2. La développe.


calibration, entre la jauge des boulons instrumentés

et la précontrainte, a été utilisée pour établir la


condition souhaitée de pré-serrage et de précontrainte
t

de chaque boulon instrumenté. Les boulons non


oi

instrumentés ont été serrés au couple correspondant


dr

à la précontrainte recherchée.
ut

Tableau 2 : Efforts de serrage ciblés


B0 (kN)
To

Boulon
Phase 1 Phase 2 Phase 3
27 135 270 M24

• Essai à la ruine de l’assemblage (phase 4)

À l’issue de ces trois cycles de charge-décharge,


les boulons sont desserrés jusqu’à 20% de la valeur
ciblée selon l’EN1090-2. Un moment fléchissant
est ensuite appliqué progressivement au spécimen
jusqu’à la ruine d’un de ses éléments. La mise en
charge est effectuée sous « charge contrôlée »
jusqu’à l’atteinte d’un effort dans les vérins proche
de 200 kN, au-delà le chargement se poursuit en
« déplacement contrôlé ».

2.4. Courbes moment-rotation, résistance

La ruine de l’assemblage a été due au voilement de Figure 5 : Spécimen d’essai après voilement

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44 Assemblages par brides circulaires boulonnées soumis à un moment fléchissant et un effort normal

Le Tableau 3 récapitule pour le spécimen : reposant sur deux appuis et soumise à l’action des
vérins,
• Le moment plastique, noté Mj,pl, calculé selon
les recommandations de la CECM [17], L21 : Distance du capteur 21 à l’appui 2.

• Le moment ultime, noté Mj,u, correspondant au L’évolution du moment appliqué à l’assemblage,
moment maximal appliqué à l’assemblage, Mj, en fonction de la rotation obtenue à partir de
• La rotation ultime, noté θj,u et calculée à partir de la relation (2) est présentée à la Figure 7 lors de la
la relation (2), est la rotation lorsque le moment phase de ruine. La phase élastique est rapidement
ultime est atteint, suivie de l’atteinte d’un pic puis d’une diminution
du moment.
• Les éléments qui ont plastifié,
• Le mode de ruine.

Les moments plastique et ultime sont très proches


puisque l’écart relatif est égal à 1,7%. Par ailleurs, la
rotation ultime est égale à 3,8 mrad. Cette valeur est
faible, puisqu’un assemblage est considéré ductile

M
lorsque qu’il a une capacité de rotation supérieure ou

C
égale à 30 mrad.

TI
Mj Sj,ini/10
Mj,u

C Figure 7 : Courbe moment-rotation


é
Mj,pl
rv

2.5. Effort normal dans les boulons


se

L’évolution de l’effort dans le boulon le plus sollicité


(ou boulon n°1) au cours des quatre phases est


présentée à la Figure 8. Au cours des phases 1, 2 et 4,
t

Sj,ini la variation d’effort est quasi-linéaire contrairement


oi

j,u j
à ce qui se passe au cours de la phase 3. À la fin de la
dr

Figure 6 : Courbe Moment-rotation assemblage phase 4, le boulon n°1 plastifie. Le voilement local de
la paroi du tube est accompagné d’une plastification
ut

• Courbe moment-rotation du boulon le plus tendu.


To

La rotation de l’assemblage a été déterminée à partir


du déplacement mesuré par le capteur 21 (voir
Figure 3) :
 21,mesuré   21,théorique
 j,21  (2)
L21 
avec
δ21,mesuré : Déplacement relatif mesuré par le capteur
21 (voir Figure 3),
δ21,théorique : Déplacement théorique au droit du
capteur 21 obtenu en considérant une poutre Figure 8 : Evolution de l’effort dans le boulon n°1

Tableau 3 : Caractéristiques élasto-plastiques du spécimen d’essai


Moment
Moment ultime Rotation ultime Éléments plastifiés Mode de ruine
Spécimen plastique
kNm kNm mrad - -
INSA 909 925 3,8 Boulons/Tube Voilement

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M. COUCHAUX, M. HJIAJ, I. RYAN 45

La variation de l’effort dans les boulons est présentée • Dans la partie tendue de l’assemblage une
à la Figure 9 pour différentes valeurs du moment répartition triangulaire des efforts dans les
fléchissant, Mj, en fonction de leur position par boulons a été observée lors de la phase élastique
rapport au plan moyen du tube. et lors de l’atteinte du moment ultime. Une
répartition linéaire des efforts sera considérée
Zone tendue Zone comprimée dans le modèle analytique lorsque le mode de
ruine est peu ductile.

•L
 es brides sont peu sollicitées et ne bombent pas
comme cela a pu être observé en [1] pour des
assemblages soumis à un effort de traction. La
bride ne bombe pas beaucoup car l’élongation
des boulons est faible.
Phase 3

M
Zone tendue Zone comprimée
3. SIMULATIONS NUMÉRIQUES

C
TI
C
3.1. Présentation du modèle de calcul par éléments finis
é
rv

Un modèle de calcul par éléments finis, développé à


se

Phase 4
partir du logiciel ANSYS V.11, reprend les principes
de ceux mis en place pour les tronçons en L [5] et

Figure 9 : Variation d’effort dans les boulons et positions : assemblages par brides circulaires soumis à un effort
Phases 3 et 4
de traction [1]. Les éléments finis, le comportement
t
oi

de l’acier, les boulons sont modélisés d’une


Pour un moment suffisamment important, la manière similaire à ceux utilisés dans les modèles
dr

variation d’effort dans les boulons situés dans la précédemment cités. La seule différence provient de
zone tendue est relativement linéaire notamment à la géométrie de la structure étudiée et du chargement.
ut

la fin de la phase 4. Lors de la phase 3 cette linéarité


To

n’apparait pas à cause de l’effet de la précontrainte


sur la variation d’effort dans les boulons. En dernier
Ainsi, lorsqu’un assemblage par brides circulaires
lieu, on observe que la variation des efforts dans les
boulonnées est soumis à un moment fléchissant et un
boulons tendus est quasiment linéaire par rapport à
effort normal, seule une moitié de l’assemblage peut
l’axe z, même à l’atteinte du moment maximal. Cette
être étudiée du fait de la symétrie du chargement et
distribution peut être rapprochée de la répartition
de l’assemblage. Un plan de symétrie coupe donc la
triangulaire considérée dans certains cas dans
bride en deux qui n’est plus soumise qu’à la moitié
l’Eurocode 3 [9] pour le calcul du moment résistant
du chargement. Les efforts sont ici appliqués à
des assemblages de poutre sur poteau.
l’assemblage en deux étapes, l’effort normal puis une
rotation dirigée dans le sens du moment fléchissant.
2.6. Synthèse de l’essai Les sollicitations sont imposées à un nœud situé au
dessus du tube et relié de manière rigide à celui-
Les principales observations faites au cours de cet ci. Trois dispositions constructives de soudage ont
essai sont : été considérées. Ainsi le tube n’est plus seulement
• La ruine est due au voilement de la paroi du tube soudé pleine pénétration (mode PP) ou emboîté dans
au pied du cordon de soudure. Cette instabilité la bride et solidarisé par deux cordons de soudures
locale a eu lieu au même moment que la (dispositif TU) mais il peut également être soudé sur
plastification des trois boulons les plus tendus. une bride forgée (voir Figure 2).

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46 Assemblages par brides circulaires boulonnées soumis à un moment fléchissant et un effort normal

N N
Mj Mj
2
2 700 mm. Les calculs ont été effectués pour quatre
Contact entre un solide
et un plan rigide
« niveaux » de serrage des boulons :
Symétrie

• Phase NP : l’effort de précontrainte est nul et un


moment de 500 kNm est appliqué.
Plan rigide

• Phase 2 : la précontrainte est égale à la moitié


de la précontrainte de pose et un moment de 580
kNm est appliqué,

• Phase 3 : la précontrainte est égale à la totalité


de la précontrainte de pose et un moment de
Figure 10 : Symétries du modèle de calcul par éléments finis
360 kNm est appliqué à l’assemblage,

• Phase 4 : La précontrainte est égale à 20% de la

M
précontrainte de pose, le chargement est effectué
jusqu’à la ruine de l’assemblage.

C
TI
C
é
Zones potentielles de contact
rv
se

Contact entre solides


Bride Contact entre un solide


et un plan rigide
t
oi
dr

Figure.12 : Maillage du modèle de calcul par éléments finis


ut

Plan rigide
To

Figure 11 : Zones de contact potentielles • Courbes contrainte-déformation vraies

3.2. Comparaison à l’essai de l’INSA de Rennes L’allure des courbes contrainte-déformation vraies
considérée est identique à celles présentées dans les
3.2.1. Caractéristiques de l’assemblage analysé
références [1] et [5]. Il est nécessaire de définir au
Dans le  modèle de calcul par éléments finis, préalable les couples (fy, εy), (fy, εh), (fm, εm) et (fu, εu).
similaire à celui décrit dans le paragraphe 3.1, Le Tableau 4 récapitule les caractéristiques vraies
un demi-assemblage a été représenté, respectant des aciers constitutifs de la bride et de la paroi du
les caractéristiques géométriques présentées à la tube. Les courbes correspondantes sont présentées à
Figure   2. La longueur du tube a été prise égale à la Figure.13.

Tableau 4 : Caractéristiques mécaniques retenues pour la bride, le tube et les boulons
Épaisseur/ E fy εh fm εm fu εu
Éléments
Diamètre MPa MPa % MPa % MPa %
tube 6 215717 352 2,00 578 16,1 940 90,9
Bride 40 214419 329 1,33 621 16,0 1230 130,9
Boulon 24 210154 1122 0,56 1264 4,40 1402 89

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[17]. La concordance entre résultats numériques et


expérimentaux est bonne aussi bien pour le moment
plastique qu’ultime puisque l’écart relatif reste
inférieur à 6%.

• Courbes moment-rotation : Phase 4

La rotation de l’assemblage est calculée de la façon


suivante :
M j L1

j,Ass Tube  (3)
EI Tube
Figure.13 : Courbes contrainte-déformation vraies 
(bride, tube et boulon)

où ITube est l’inertie flexionnelle du tube.


3.2.2. Courbes moment-rotation, résistances

• Mode de ruine, résistances

M
Tube

C
La ruine de l’assemblage obtenue numériquement
D

TI
est due au voilement de la paroi comprimée du tube
tt
à la jonction avec la bride forgée. Ce mode est donc L1

tout à fait similaire à celui obtenu expérimentalement C


comme le montre la Figure 14. Par ailleurs les
é
Bride

boulons les plus tendus ont plastifié (voir paragraphe


rv

3.2.3) avant le voilement. La bride a fonctionné dans


se

le domaine élastique. Ces résultats sont en accord


avec ceux de l’essai. Figure 15 : Mode de calcul de la rotation de l’assemblage θj,Ass

Les moments plastique et ultime obtenus


t

numériquement et expérimentalement sont présentés Les courbes moment-rotation assemblage calculées


oi

dans le Tableau 5. Le moment plastique est numériquement à partir de la relation (3) et


dr

calculé à partir de la courbe moment-rotation de expérimentalement lors de la phase 4 sont présentées


l’assemblage en considérant la méthode de la CECM à la Figure 16.
ut
To

Essai Modèle numérique


Figure 14 : Voilement de la paroi du tube comprimée

Tableau 5 : Moments plastique et ultime


Expérimental Numérique Comparaisons
Spécimen Mj,pl,exp Mj,u,exp Mj,pl,num Mj,u,num Mj,pl,exp/Mj,pl,num Mj,u,exp/Mj,u,num
kNm kNm kNm kNm - -
INSA 909 925 855 911 1,06 1,01

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48 Assemblages par brides circulaires boulonnées soumis à un moment fléchissant et un effort normal

précontraints. L’effort dans le boulon évolue peu tant


que le contact entre les brides adjacentes est maintenu
sous la tête du boulon (voir Figure 18 pour Mj=50
kNm). Cette augmentation devient plus rapide après le
soulèvement même partiel, des brides adjacentes sous
la tête des boulons (voir Figure 18 pour Mj=358 kNm).

Figure 16 : Courbes moment-rotation assemblage lors de la


phase de ruine

3.2.3. Evolution de l’effort dans les boulons Phase 2 : Mj=50 kNm

M
• Evolution générale

C
TI
L’évolution de l’effort dans les boulons n°1 à n°9 est
présentée à la Figure 17 lors des phases 2, 3 et 4.
C
Lors de la phase 4, l’évolution de l’effort dans les
é
différents boulons est linéaire jusqu’à l’atteinte du
rv

moment plastique voisin de 850 kNm. Lors des phases 2


se

et 3, l’effort dans les boulons évolue moins vite au début


Phase 2 : Mj=358 kNm
qu’à la fin du chargement. L’accroissement d’effort

augmente au cours du chargement. Ce résultat va dans


le sens de ceux obtenus pour des brides circulaires Figure 18 : Pressions de contact (en MPa)
t

ou des tronçons en L tendus dont les boulons sont dans la zone la plus tendue
oi
dr
ut
To

Phase 2 Phase 3

Phase 4

Figure 17 : Évolution des efforts dans les boulons

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M. COUCHAUX, M. HJIAJ, I. RYAN 49

3.2.4. Synthèse
• Effort dans le boulon n°1

Les principales remarques déduites de ces analyses sont :


Le boulon n°1 est le plus tendu de l’assemblage.
•L
 es zones de plastifications et les modes de ruine
L’évolution de l’effort dans le boulon n°1 obtenue
obtenus par le modèle et les essais sont identiques.
numériquement et expérimentalement est présentée à
Les moments plastiques et ultimes obtenus sont
la Figure 19 lors des phases 2, 3 et 4. L’accroissement
proches puisque l’écart relatif n’excède pas 6%,
d’effort dans le boulon est plus rapide avec les essais
qu’avec le modèle de calcul par éléments finis. Il est • L’évolution des efforts dans les boulons est
possible que cette différence soit due aux défauts correctement évaluée surtout lorsque le soulèvement
de planéité initiaux qui amènent les bords libres des des brides adjacentes a eu lieu sous la tête des
brides adjacentes en contact et favorisent donc le boulons. Ce soulèvement se produit plus vite lors
développement de l’effet de levier. Le soulèvement des essais, du fait des défauts de planéité initiaux
des brides adjacentes sous la tête du boulon est qui favorisent la mise en contact des bords libres des
donc plus rapide. Ce résultat rejoint celui obtenu par brides adjacentes et donc le développement d’un
Jakubowski [12]. effet de levier. Ce type de défaut doit donc être évité
autant que possible car l’effet de la précontrainte

M
peut être fortement atténué.

C
Le modèle de calcul par éléments finis développé

TI
dans ce chapitre est globalement satisfaisant, il
devrait fournir une bonne estimation de la résistance
C
de l’assemblage et de l’évolution de l’effort dans
les boulons lorsque les défauts de planéité sont
é
inexistants ou faibles.
rv
se

3.3. Etude Paramétrique


3.3.1. Présentation des assemblages


Une étude paramétrique a été effectuée sur 20
t

assemblages par brides circulaires creuses et deux


oi

brides pleines (assemblages M15 et M16), soumis à


dr

un moment fléchissant simple ou à la combinaison


d’un moment fléchissant et d’un effort normal (de
ut

traction ou de compression). Les boulons ne sont


pas précontraints. Les 22 assemblages sont générés à
To

Figure 19 : Evolution de l’effort dans le boulon n°1 partir de 16 géométries présentées dans le Tableau 6.
Tableau 6 : Géométrie des assemblages
Rf Rb tf R tt L1 Boulon nb
Désignation
mm -
M1 459 423 40 375 12,5 700 24
M2 526 463 40 377 16 1500 24
M3 526 463 40 377 16 1500 24
M4 459 423 40 378 6 600 24
M5 448 423 40 372 6 900 24
M6 448 423 40 372 6 900 24
M7 448 423 40 372 6 900 24
24
M8 395 350 15 303 5 900 20
M9 395 350 10 303 5 900 20
M10 395 350 40 303 5 900 20
M11 395 350 25 303 5 900 20
M12 620 560 30 508 12 1000 30
M13 620 560 20 508 12 1000 30
M14 620 560 40 508 12 1000 30
M15 155 132 20 53,15 4,5 250 16
6
M16 155 132 10 53,15 6,3 250 16

Revue Construction Métallique, n° 2-2012


50 Assemblages par brides circulaires boulonnées soumis à un moment fléchissant et un effort normal

Tableau 7 : Caractéristiques mécaniques des aciers


Bride Tube Boulon
Désignation fy,f fu,f εu,f fy,t fu,t εu,t fy,b fu,b εu,b
MPa MPa % MPa MPa % MPa MPa %
M1 335 630 335 630 1000 1150
M2 235 360 235 360 1000 1150
M3 235 360 235 360 640 800
M4 355 630 21 400 500 21 900 1100
M5 335 550 335 550 900 1150 10
M6 335 550 400 550 900 1150
M7 335 550 400 550 640 900
M8-M14 355 550 475 550 1000 1150
M15-M16 235 360 15 235 360 15 240 400

La courbe contrainte-déformation vraies de l’acier 3.3.2. Principaux résultats


constitutif des éléments est bilinéaire (voir Figure
20). Les caractéristiques mécaniques sont présentées Le mode de ruine, les moments plastique et ultime
dans le Tableau 7. ainsi que le rapport de ces deux moments sont
 (MPa) présentés pour chaque spécimen dans le Tableau 8.

M
fu
Lorsque les boulons ou la bride plastifient, une

C
charnière plastique se forme dans la paroi tendue du

TI
tube à la jonction avec la bride. Deux modes de ruine
fy sont observés (voir Figure 21) :
C
• La rupture d’un boulon tendu,
é
rv

• Le voilement de la partie comprimée de


l’assemblage avant la rupture d’un boulon. Le
se

voilement est local et se produit juste au dessus


 (%)
de la bride ou du cordon de soudure comme cela

y u u+1
a été observé lors de l’essai effectué à l’INSA de
Figure 20 : Comportement bilinéaire de l’acier Rennes.
t
oi

Tableau 8 : Caractéristiques élasto-plastiques des assemblages


dr

N Mj,pl Mj,u Mj,u/Mj,pl Éléments


Désignation Ruine
kN kNm kNm - plastifiés
ut

M1 0 1211 1550 1,28 B/T Voilement


M2 1970 1382 1527 1,10 B/T Voilement
To

M3 0 1043 1403 1,35 B/T Boulon


M4 0 1016 1077 1,06 B/T Voilement
M5 0 789 863 1,09 B/T Voilement
M6 0 873 960 1,10 B/T Voilement
M7 0 809 900 1,11 B/T Voilement
M8 0 399 508 1,27 B/F/T Voilement
M9 0 244 375 1,54 B/F Boulon
M10 0 635 719 1,13 B/T Voilement
M11 0 609 679 1,11 B/T Voilement
M11-2- -2000 279 432 1,55 B Boulon
M12 0 2898 3624 1,25 B/F Boulon
M11-1- -1000 467 612 1,31 B Boulon
M11-1+ 1000 582 594 1,02 B/T Voilement
M11-2+ 2000 437 455 1,04 T Voilement
M11-3+ 3000 286 307 1,07 T Voilement
M13 0 2185 3308 1,51 B/F/T Voilement
M14 0 3190 3827 1,20 B Boulon
M14-2- -2000 2506 3125 1,24 B Boulon
M15 0 20 28 1,4 B Boulon
M16 0 14,7 19 1,29 B/F Boulon
Note : Pour les éléments plastifiés la signification des symboles B, F et T est :
• B : Plastification d’un ou de plusieurs boulons tendus,
• F : Plastification de la bride fléchie au droit des boulons,
• T : Voilement élasto-plastique de la paroi du tube au dessus de la bride.

Revue Construction Métallique, n° 2-2012


M. COUCHAUX, M. HJIAJ, I. RYAN 51

Voilement de la paroi du tube Rupture du boulon le plus tendu

Figure 21 : Modes de ruine observés

Dans la majorité des cas, lorsque la ruine est due au La rupture de la bride plastifiée n’a jamais été
voilement du tube, la phase élastique est rapidement observée. Ce résultat semble s’expliquer par le fait

M
suivie de l’atteinte du moment maximal puis de la que lorsque la bride plastifie, la partie tendue devient

C
décroissance de la courbe (voir Figure 22.a). Cette très souple par rapport à la partie comprimée. Les

TI
décroissance n’est plus observée lorsque la ruine efforts sont plus concentrés dans la partie comprimée
est due à la rupture d’un boulon tendu (voir Figure qui est plus rigide. La ruine dans la partie comprimée
22.b). Il existe bien entendu des cas intermédiaires C
par voilement est ainsi favorisée.
pour lesquels la partie tendue plastifie et favorise la
é
rotation de l’assemblage puis la partie comprimée 3.3.3. Influence de l’épaisseur de la bride
rv

voile et une décroissance est observée. Le spécimen


se

M8 rentre dans ce cas. Les caractéristiques des spécimens M8, M9, M10
et M11 sont quasiment identiques, sauf l’épaisseur

de la bride qui est respectivement de 15, 10, 40 et


25 mm. Les courbes moment-rotation tube obtenues
t

sont présentées à la Figure 23. La ruine du spécimen


oi

M9 est due à la rupture du boulon le plus tendu, pour


dr

les trois autres assemblages elle est due au voilement


de la paroi du tube au dessus de la bride.
ut
To

(a). Voilement de la paroi du tube (M10)

Figure 23 : Courbes moment-rotation tube : Spécimens M8


à M11

L’augmentation de l’épaisseur de la bride entraîne


(b). Rupture d’un boulon tendu (M12) une augmentation des moments ultime et plastique.
Figure 22 : Courbes Moment-rotation Toutefois ces valeurs sont limitées par le voilement
de la partie comprimée de l’assemblage. Enfin,
Note : θTube et θj correspondent respectivement à la l’augmentation de l’épaisseur de la bride entraîne un
rotation appliquée au tube et à l’assemblage. accroissement de la raideur de l’assemblage et une

Revue Construction Métallique, n° 2-2012


52 Assemblages par brides circulaires boulonnées soumis à un moment fléchissant et un effort normal

baisse de la ductilité de l’assemblage. moment ultime, les efforts dans les boulons n°1 à
n°7 sont proches. Sur la totalité de l’assemblage, 14
3.3.4. Influence de l’effort normal boulons ont pu être mobilisés jusqu’à leur résistance
plastique soit plus de la moitié des boulons. Il
L’influence de l’effort normal sur les moments apparait donc nécessaire, lors du calcul théorique du
plastique et ultime a été étudiée pour deux moment ultime des assemblages par brides de tenir
assemblages M11 et M14 (voir Tableau 8). compte du fait qu’un assemblage puisse mobiliser ou
L’assemblage M11 a été soumis à des efforts de non toutes les rangées de boulons tendus.
traction et compression égaux à 1, 2 et 3 MN. Les
courbes moment-rotation tube ainsi obtenues sont
présentées à la Figure 24. Pour des efforts de tractions
égaux à 1 et 2 MN, la ruine est due à la rupture d’un
boulon tendu. Dans les autres cas, la ruine est due
au voilement de la paroi du tube à la jonction avec
la bride. L’application d’un effort de compression
à l’assemblage permet bien entendu d’augmenter
sa rigidité initiale. Au contraire, l’application d’un

M
effort de traction diminue la rigidité de l’assemblage.

C
La zone comprimée de l’assemblage constitue en fait

TI
un point dur, en augmentant sa surface, la rigidité de
celui-ci est accrue.
C
é
Figure 25 : Efforts dans les boulons : Assemblage M14, N=0
rv
se

4. MODELE ANALYTIQUE : RÉSISTANCE


t ré

4.1. Introduction
oi

Dans ce paragraphe, un modèle est proposé afin


dr

d’évaluer le moment limite d’assemblages par brides


circulaires boulonnées soumis à un effort normal (de
ut

Figure 24 : Courbes moment-rotation Tube : Spécimen M11


traction ou compression). Ce moment sera calculé
To

3.3.5. Distribution des efforts dans les boulons à la ruine en supposant la formation d’un moment plastique
ou élasto-plastique. Les résultats obtenus seront
confrontés à ceux des résultats d’essais et d’études
Au cours de l’essai effectué à l’INSA de Rennes (voir
numériques.
paragraphe 2.6), il a été montré que, lors de l’atteinte
du moment ultime, la répartition des efforts dans les
boulons est quasiment linéaire dans la zone tendue de 4.2. Hypothèses générales
l’assemblage. Ainsi, le voilement de la paroi du tube
est intervenu juste après la plastification des trois Deux types de modèles ont été développés afin de
premiers boulons tendus empêchant la plastification déterminer la résistance d’assemblages par brides
des autres boulons. Certains assemblages étudiés circulaires soumis à la combinaison d’un moment
dans cette étude paramétrique ont pu développer fléchissant et d’un effort normal:
une capacité de rotation assez importante et la quasi- • Les modèles basés sur l’analyse élastique
totalité des boulons tendus ont plastifié. C’est ainsi ([4], [11] et [16]) : l’état limite correspond à
le cas de l’assemblage M14 qu’il soit soumis à un l’atteinte de la résistance d’un des composants de
effort de traction ou non. L’évolution de l’effort l’assemblage (comprimé ou tendu). Ce critère ne
dans les boulons n°1 (boulon le plus tendu) à n°10, reflète cependant pas ce qui se passe lors d’essais
obtenue dans l’assemblage M14 est présentée à la à la ruine puisque les composants plus proches
Figure  25. À l’atteinte du moment maximum, dit de l’axe neutre peuvent atteindre leur résistance
Revue Construction Métallique, n° 2-2012
M. COUCHAUX, M. HJIAJ, I. RYAN 53

plastique. Néanmoins, dans le cas d’un manque résistance de tous les composants est atteinte (voir
de ductilité de certains composants (voilement Figure 26-a), on a :
de la paroi du tube, rupture des boulons tendus),
cette hypothèse est assez proche des résultats
d’essais ou d’études numériques.  f c,pl , pour 0    

f ( )   (4)
• Un modèle basé sur l’analyse plastique :  f t,pl , pour      

Stamatopoulos & Ermopoulos [10] ont développé
un modèle basé sur l’analyse limite ou tous les
composants atteignent leur résistance à l’état avec 
limite ultime. Ainsi, la ductilité du composant le
plus tendu doit être suffisante afin de permettre
la mobilisation des autres composants tendus de fc,pl : Résistance à la compression de la paroi du
l’assemblage plus proches de l’axe neutre. En tube par unité de longueur,
dernier lieu, ce modèle n’est pas directement
applicable car il nécessite de calculer la position
de l’axe neutre itérativement. ft,pl : Résistance à la traction par unité de longueur
de l’assemblage,

M
D’après les observations numériques et

C
expérimentales, un diagramme triangulaire devrait α : Angle définissant la position de l’axe neutre.

TI
être considéré lorsque toutes les rangées tendues ne
fonctionnent pas au maximum de leur capacité. Nous
avons pu observer au travers des études numériques C
Dans le cas d’un mode de ruine élasto-plastique,
présentées dans le paragraphe 3.3.5 que dans certains
é
puisque la résistance des composants les plus
cas, la quasi-totalité des boulons tendus sont plastifiés
rv

sollicités est atteinte (voir Figure 26-b), on a dans le


lorsque le moment ultime est atteint. Il semble donc cas d’un moment dominant:
se

nécessaire de prendre en compte les deux modes de


ruine (dits « plastique » et « élasto-plastique ») dans
cos   cos 

l’évaluation du moment ultime des assemblages par 


brides circulaires boulonnées. Le choix du mode  f c,pl 1  cos  , pour 0    
f ( )   (5)
t

final dépendra de la ductilité de l’assemblage, à  f cos   cos  , pour     


oi

savoir la capacité qu’aura la zone la plus sollicitée 


t,pl
cos   1

dr

de l’assemblage à se déformer suffisamment pour


permettre la mobilisation complète de l’assemblage.
ut

Le comportement de l’assemblage à l’état limite Dans les deux cas de figure, la position de l’axe
To

ultime va donc être analysé en considérant la neutre, définie par l’angle α, va être déterminée par
possibilité d’obtenir un mode de ruine plastique ou l’équation d’équilibre en effort normal :
élasto-plastique. La façon d’identifier ces modes est
présentée dans le paragraphe 4.5. Le type de mode Fc,pl,tot N  Ft,pl,tot (6)
de ruine dépend ainsi de la ductilité des différents 
composants de l’assemblage :
• Un mode de « ruine plastique » (voir Figure 26-
a) : la résistance est atteinte au niveau de tous les avec
composants de l’assemblage,
• Un mode de «  ruine élasto-plastique  » (voir Fc,pl,tot : 
Effort résultant de la partie
Figure 26-b) : la résistance est atteinte dans les comprimée,
composants les plus sollicités.

Ft,pl,tot : Effort résultant de la partie tendue,


Un effort par unité de longueur, f(q), est appliqué par
la paroi du tube sur la bride (voir Figure 26).
N : 
Effort normal appliqué à
Dans le cas d’un mode de ruine plastique, puisque la l’assemblage.
Revue Construction Métallique, n° 2-2012
54 Assemblages par brides circulaires boulonnées soumis à un moment fléchissant et un effort normal

y
Axe neutre • Résistance de la partie tendue (par unité de
longueur)
L’état limite est atteint dans la partie tendue lorsque
la bride ou les boulons plastifient. La résistance par
  R unité de longueur de la partie tendue de l’assemblage,
Rb
z ft,pl, est obtenue à partir de la résistance à la traction
Rf de l’assemblage :
N T,pl
f t,pl  (8)
2 R 
avec
Mj,pl
N NT,pl Résistance à la traction de l’assemblage.
ft,pl

La résistance à la traction de l’assemblage peut être


fc,pl
obtenue à partir du modèle des tronçons en L ([4],

M
[5]) ou d’un modèle prenant en compte la géométrie
Partie comprimée Partie tendue
circulaire de l’assemblage ([1], [2]). C’est ce dernier

C
(a) Mode plastique modèle qui a été retenu pour l’analyse.

TI
y

• Résistance de la partie comprimée (par unité de


C
longueur)
é
rv

 
L’état limite est atteint dans la partie comprimée
z lorsque la paroi du tube voile ou plastifie. La
se

résistance à la compression par unité de longueur de


la partie comprimée, fc,pl, est donc ici associée à la

résistance à la compression du tube :


Nc,pl
t

f c,pl   x,Rk tt
oi

 (9)
2 R 
dr

N
Mj,pl ft,pl

avec
ut

Nc,pl Résistance à la compression du tube,


To

fc,pl
tt Epaisseur de la paroi du tube,
Partie comprimée Partie tendue
σx,Rk Contrainte caractéristique calculée selon le
(b) Mode élasto-plastique (moment dominant) §8.5.2(3) de l’EN 1993-1-6 [7].
Figure 26 : Répartition des efforts
pour les deux modes de ruine 4.3. Mode de ruine plastique

De plus, le moment limite est : Dans le cas d’un mode de ruine plastique, les efforts
M j,pl  M j,t,pl  M j,c,pl  NR cos (7) résultants des parties tendue et comprimée sont
 d’après la relation  (4) :

avec 
Fc,pl,tot 2
 f c,pl Rd 2 R f c,pl
 (10)
Mj,c,pl Moment résultant de la partie comprimée 0

calculé au droit de l’axe neutre, 

Mj,t,pl Moment résultant de la partie tendue calculé  2 f t,pl Rd


Ft,pl,tot   2(   ) R f t,pl (11)
au droit de l’axe neutre.  
Revue Construction Métallique, n° 2-2012
M. COUCHAUX, M. HJIAJ, I. RYAN 55

En introduisant les efforts résultants (10) et (11) avec 


dans l’équation d’équilibre en effort axial et en NT,pl R  Nc,pl R
considérant les relations (8) et (9), on obtient l’angle M j,pl,D  .

a définissant la position de l’axe neutre :
 N  N T,pl L’angle α dépendant de l’effort normal N appliqué à
 (12) l’assemblage, le moment plastique est également lié
 N c,pl  NT,pl
 à cet effort. Le moment fléchissant Mj,pl,D correspond
au moment maximal qui peut être atteint en appliquant
Cet angle dépend donc de l’effort normal appliqué un effort normal compris entre Nc,pl et –NT,pl. Le
et des résistances à la compression du tube et à la rapport du moment plastique de l’assemblage au
traction de l’assemblage. Lorsque l’effort normal N moment plastique du tube, Mc,pl, est représenté à la
est égal à la résistance à la traction (soit -NT,pl d’après Figure 27 en fonction de l’effort normal appliqué à
les conventions de signe), l’angle α est égal à 0, ce l’assemblage divisé par la résistance à la compression
qui correspond bien à un assemblage complètement du tube pour différents rapports βct (= Nc,pl/ NT,pl). Le
tendu (voir Figure 26-a). Lorsque l’effort normal N tube est de classe 1 ou 2 selon l’EN 1993-1-1 [21].
est égal à la résistance à la compression du tube (soit
Nc,pl), l’angle α est égal à π, ce qui correspond bien à

M
un assemblage complètement comprimé.

C
TI
Le moment résultant de la partie tendue a pour
expression :

M j,t,pl  2 f ( )d t ( ) Rd
C

é

rv

avec
se

dt : distance entre l’axe neutre et le point d’application


Figure 27 : Diagramme M-N : mode de ruine ductile
de l’effort par unité de longueur f(θ) telle que :

dt ( ) R(cos  cos ).

t

4.4. Mode de ruine élasto-plastique


oi

Ce qui donne d’après la relation (4) :


sin(   )  (   )cos(   )
dr

M j,t,pl  NT,pl R 4.4.1. Cas 1: Moment dominant


 (13)

ut

Dans le cas d’un mode de ruine élasto-plastique, les


De même, le moment résultant de la partie comprimée efforts résultants des parties tendue et comprimée
To

a pour expression : sont d’après la relation  (5) :


 
Nc,pl sin    cos 
M j,c,pl  2 f ( )dc ( ) Rd Fc,pl,tot 2
f ( ) Rd
 (16)
 
0
 1  cos 
0 
avec 
NT,pl sin   (   )cos 
Ft,pl,tot 2
 f ( ) Rd
 (17)
dc : distance entre l’axe neutre et le point d’application 
 1  cos 

de l’effort par unité de longueur f(θ) telle que :
dc ( ) R(cos  cos ).
 En introduisant les efforts résultants (16) et (17) dans
l’équation d’équilibre en effort axial et en considérant
Soit d’après (4) : les relations (8) et (9), on obtient une équation de
l’angle α définissant la position de l’axe neutre :
sin    cos 
M j,c,pl  Nc,pl R Nc,pl 1 sin    cos  1 sin   (   )cos 
   (14) N

NT,pl NT,pl  1  cos   1  cos 
Au final, en introduisant les relations (13) et (14)  (18)
dans (7), on obtient : N Nc,pl 1 sin    cos  1 sin   (   )cos 
 
M j,pl  M j,pl,D sin  N NT,pl  1  cos   1  cos 
(15) T,pl
Revue Construction Métallique, n° 2-2012
56 Assemblages par brides circulaires boulonnées soumis à un moment fléchissant et un effort normal

Une formulation explicite de α ne peut être obtenue 


NT,pl R     cos  sin 
à partir de l’équation précédente comme c’est le  M j,t,pl 2 f ( )d t ( ) Rd
  Ft,pl,tot R
2 1  cos 
cas lorsque l’on est en présence d’un mode de ruine  (22)
plastique. L’équation (18) peut prendre la forme
suivante :

NT,pl R     cos  sin 
 M j,t,pl 2 f ( )d t ( ) Rd
  Ft,pl,tot R cos 
   g ( )  r ( ) (19) 2 1  cos 
Nt ct  

avec Au final, en introduisant les relations (21) et (22)


N Nc,pl 1 sin    cos  dans (7), on obtient :
 Nt  , ct  , g ( ) ,
NT,pl NT,pl  1  cos 
R cos  N NT,pl Nc,pl
M j,pl 
  R(1  cos  )(   )  R(1  cos 
1 sin   (   )cos  2 2  2
r ( )  . (23)
 1  cos 
R cos  N NT,pl Nc,pl
La relation entre Mlej,pl rapport
 
de l’effort R(1  cos  )(   ) 
normal R(1  cos  )
2 2
appliqué à la résistance à la traction, β , et le rapport 2

M
Nt
de la résistance à la compression sur la résistance à

C
la traction, βct, est linéaire. Puisque l’on suppose un La formulation précédente ne peut pas être utilisée

TI
mode de ruine élasto-plastique, ces deux rapports pour toute valeur de l’effort normal N. Ainsi l’angle
sont bornés de la façon suivante : α étant compris entre 0 et π, on montre d’après (23)
0,5   Nt  0,6 et 0  ct  1,2  (20)
C
que la valeur absolue de l’effort normal N doit être
inférieure à 2Mj,pl/R et comprise entre Nc,pl/2 et –
é
NT,pl/2. Au-delà de ce domaine l’effort normal est
rv

On en déduit l’abaque présenté à la Figure 28. dominant.


se

Les moments résultants des parties tendue et


4.4.2. Cas 2: Effort normal dominant (traction/compression)


comprimée ont respectivement pour expression :

Nc,pl R   cos  sin 
M j,c,pl 2 f ( )dc ( ) Rd R cos  l’effort normal est dominant, l’assemblage
t

   Fc,pl,tot
Lorsque
oi

2 1  cos 
0 (21) est soit complètement tendu (α = 0) soit complètement
dr

comprimé (α = π). L’état limite est donc atteint



Nc,pl R   cos  sin 
2
 f ( )dc ( ) Rd  Fc,pl,tot R cos  lorsque la zone la plus sollicitée de l’assemblage
2 1  cos 
ut

0 atteint sa capacité maximale.


To

Figure 28 : Coefficient βNt en fonction de l’angle a et du rapport βct

Revue Construction Métallique, n° 2-2012


M. COUCHAUX, M. HJIAJ, I. RYAN 57

Le moment limite devient donc : les observations expérimentales et numériques, il a


été retenu que le moment plastique d’un assemblage
 N c,pl R  N  ne peut pas être atteint lorsque l’on vérifie l’une des
 1   , si N c,pl 2  N  N c,pl conditions suivantes :
 2  N c,pl 
M j,pl  (24) •L
 e tube est de classe 3 ou 4 selon l’EN 1993-1-
 N T,pl R  N 
 2 1  N  , si  N T,pl  N   N T,pl 2 1 [21] et la résistance à la compression du tube
  
T,pl 
n’est pas 20% plus importante que la résistance à
 la traction de l’assemblage,

4.4.3. Diagramme moment-effort normal  a résistance à la traction de l’assemblage, NT,pl,


•L
est plus importante que 95% de la somme des
Le rapport du moment limite de l’assemblage résistances des boulons tendus,
au moment plastique du tube est représenté à la •L
 es cordons de soudures ne sont pas pleine
Figure 29 en fonction de l’effort normal appliqué à résistance.
l’assemblage divisé par la résistance à la compression
du tube pour différents rapports βct. Le diagramme
est divisé en quatre parties : deux parties linéaires 4.6. Méthode de calcul simplifiée

M
et deux parties non linéaires. Pour chaque valeur

C
du rapport βct le moment limite reste inférieur au L’évaluation du moment élasto-plastique n’est pas

TI
moment suivant : directe et fait appel à l’utilisation d’un abaque. Nous
NT,pl R  Nc,pl R proposons donc de calculer ce moment limite en

M j,pl,ND 
4
C
considérant directement un diagramme triangulaire.
é
Lorsqu’un effort de compression (N ≥ 0) est appliqué
rv

à l’assemblage, le moment limite est obtenu à partir


se

de la relation suivante :
 N 

M j,pl M j,pl,ND 1 
  (25)
 Nc,pl 
 
t
oi

avec
NT,pl R  Nc,pl R
dr

M j,pl,ND  .
4
ut

Figure 29 : Diagramme M-N


Lorsqu’un effort de traction (N ≤ 0) est appliqué à
To

l’assemblage, le moment limite est :


4.5. Identification du mode de ruine
 N 
M j,pl M j,pl,ND 1 
  (26)
 NT,pl 
Chaque composant de l’assemblage atteindra  
sa résistance si le composant le plus sollicité est
suffisamment ductile dans les parties tendue et L’identification du mode de ruine et le calcul du
comprimée. Les éléments les plus sollicités devront moment limite de l’assemblage correspondant à un
être capable de se déformer afin de permettre la mode de ruine plastique sont effectués de la même
mobilisation de la résistance des éléments plus proches façon que dans le modèle analytique.
de l’axe neutre. Il est clair que la partie tendue de
l’assemblage est non ductile si sa ruine correspond à la Le rapport du moment plastique de l’assemblage
rupture des boulons tendus sans effet de levier car elle au moment plastique du tube est représenté à la
aura une capacité de déformation faible. De la même Figure 30 en fonction de l’effort normal appliqué à
façon, la partie comprimée sera ductile si le tube est de l’assemblage divisé par la résistance à la compression
classe 1 ou 2. Néanmoins, si le tube est de classe 3 ou du tube pour différents rappports βct. On suppose ici
4, la partie tendue pourra atteindre sa pleine résistance que le tube est de classe 3 et que la résistance à la
si sa résistance est suffisamment faible vis-à-vis de la traction de l’assemblage est inférieure à 95% de la
résistance de la partie comprimée. Au final, d’après somme des résistances des boulons tendus.

Revue Construction Métallique, n° 2-2012


58 Assemblages par brides circulaires boulonnées soumis à un moment fléchissant et un effort normal

4.7. Comparaison aux résultats d’essais et de l’étude


paramétrique

• Comparaison aux résultats d’essais

Jakubowski [12] a testé quatre assemblages par


brides circulaires creuses soudées à un tube de
1016×8 dont les défauts de planéité sont variables.
Les moments ultimes de ces assemblages étaient
proches quelques soient le défaut de planéité,
Figure 30 : Diagrammes M-N : méthode de calcul c’est pourquoi seul un assemblage a été étudié ici.
Les boulons sont des M20 de classe 10.9. L’acier
De même, le diagramme M-N obtenu à partir du constitutif des brides et tubes étant de nuance S235,
modèle analytique et la méthode de calcul pour le les caractéristiques nominales de ces aciers ont été
même type d’assemblage est représenté à la Figure retenues à défaut de tests de caractérisation. La
31 lorsque le rapport βct est égal à 1,2. Le moment géométrie de ces assemblages et les caractéristiques
élasto-plastique est toujours sous-estimé à partir de matériaux sont présentées respectivement dans le

M
la méthode de calcul lorsqu’un effort de compression Tableau 9 et le Tableau 10.

C
est appliqué à l’assemblage. Ce n’est pas toujours

TI
le cas en présence d’un effort de traction. Cette Yamaguchi [13] a testé 12 assemblages par brides
surestimation intervient surtout quand l’effort circulaires pleines soudées sur des tubes de 216
normal de traction est dominant. La répartition C
et 267 mm de diamètre. Un effort de traction a été
triangulaire des efforts semble alors moins pertinente appliqué à certains de ces assemblages en plus du
é
car l’assemblage est tendu. moment fléchissant. La géométrie des assemblages
rv

étudiés est présentée dans le Tableau 9. La limite


se

d’élasticité des aciers constitutifs de la bride et du


tube est donnée en [13], mais pas leur résistance

ultime à la traction. Une résistance ultime à la traction


de 500 ou 510 MPa a été postulée.
t
oi

La limite d’élasticité et la résistance à la traction


dr

des boulons n’ont par ailleurs pas été fournies. Les


boulons étant des F10T (soit l’équivalent selon
ut

les normes japonaises de la classe 10.9), la limite


d’élasticité et la résistance à la traction ont donc été
To

Figure 31 : Confrontation de la méthode supposées respectivement égales à 900 et 1100 MPa.
de calcul et du modèle analytique Les moments plastiques, le rapport du moment obtenu

Tableau 9 : Géométrie des assemblages testés en [12] et [13]


Rf Rb tf D tt Boulon nb
Référence Désignation
mm Désignation -
[12] J1 598 543 35 1016 8 32
BL-L-TH12 12
BL-L-TH19 225 185 19 267 6
BL-L-TH25 25
BL-S-TH6 6
BL-S-TH10 10
BL-S-TH16 16 M20
[13] 16
CL-S-TH10-P00
CL-S-TH10-P10 200 160 10 216 4,5
CL-S-TH10-P17
CL-S-TH22-P00
CL-S-TH22-P10 22
CL-S-TH22-P17

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M. COUCHAUX, M. HJIAJ, I. RYAN 59
Tableau 10 : Caractéristiques mécaniques des aciers
Bride Tube Boulon
Désignation fy,f fu,f fy,t fu,t fyb fub

MPa
J1 235 360 235 360 1000
BL-L-TH12
BL-L-TH19 500 372
BL-L-TH25
323
BL-S-TH6
BL-S-TH10 510 377
BL-S-TH16 900
500 1100
CL-S-TH10-P00
CL-S-TH10-P10 257
CL-S-TH10-P17
500 419
CL-S-TH22-P00
CL-S-TH22-P10 253

M
CL-S-TH22-P17

C
TI
expérimentalement sur celui calculé théoriquement à la formation d’une charnière dans la bride au droit
sont présentés dans le Tableau 11. des boulons (mode 1).
C
Le moment plastique calculé à l’aide du modèle •C
 omparaison aux résultats de l’étude
é
analytique est toujours inférieur à celui obtenu paramétrique
rv

expérimentalement. Pour des épaisseurs de brides


se

faibles (inférieures à 12 mm), le moment calculé Les moments plastiques calculés à partir du modèle
analytiquement est beaucoup plus faible que analytique et de la méthode de calcul sont comparés

celui obtenu expérimentalement. Ce résultat est à ceux obtenus numériquement lors de l’étude
logique puisque le modèle analytique sous-estime paramétrique présentée dans le paragraphe 3.3. Les
t

généralement la résistance à la traction correspondant moments plastiques, le rapport du moment obtenu


oi
dr

Tableau 11 : Moments plastiques : Essais présentés en [12] et [13]


ut

  Expérimental Analytique Méthode de calcul


To

N Mj,pl,Exp Mj,pl,Ana Exp/Ana Mj,pl,Méth Exp/Méth


Désignation

kN kNm kNm - kNm -

J1 0 1800 1597 1,13 1585 1,14


BL-L-TH12 0 84 68 1,23 60 1,41
BL-L-TH19 0 150 130 1,15 121 1,24
BL-L-TH25 0 155 146 1,06 118 1,31
BL-S-TH6 0 20 14 1,36 11 1,75
BL-S-TH10 0 48 34 1,40 29 1,64
BL-S-TH16 0 65 65 1,00 60 1,09
CL-S-TH10-P00 0 42 28 1,50 24 1,77
CL-S-TH22-P00 0 65 65 1,00 62 1,05
CL-S-TH22-P10 -285 68 57 1,18 48 1,42
CL-S-TH22-P17 -484 53 47 1,13 38 1,41
INSA 0 909 757 1,20 759 1,20

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60 Assemblages par brides circulaires boulonnées soumis à un moment fléchissant et un effort normal

Tableau 12 : Moments plastiques : Étude paramétrique


Numérique Analytique Méthode de calcul
Désignation N Mj,pl,Num Mj,pl,Ana Num/Ana Mj,pl,Méth Num/Méth
kN kNm kNm - kNm -
M1 0 1211 1291 0,94 1210 1,00
M2 1970 1382 1371 1,01 1331 1,04
M3 0 1043 1004 1,04 939 1,11
M4 0 1016 1046 0,97 1034 0,98
M5 0 789 825 0,96 812 0,97
M6 0 873 875 1,00 857 1,02
M7 0 809 751 1,08 727 1,11
M8 0 399 335 1,19 278 1,44
M9 0 244 197 1,24 130 1,87
M10 0 635 537 1,18 544 1,17
M11 0 610 632 0,97 611 1,00
M11 -2000 279 263 1,06 219 1,28
M12 0 2898 3070 0,94 2567 1,13
M11 -1000 467 501 0,93 467 1,00

M
M11 1000 582 626 0,93 617 0,94
M11 2000 437 480 0,91 480 0,91

C
M11 3000 286 233 1,23 233 1,23

TI
M13 0 2185 1826 1,20 1238 1,76
M14 0 3190 3298 0,97 3186 1,00
M14
M15
-2000
0
2506
20
2656
15
C 0,94
1,31
2519
15
0,99
1,31
é
M16 0 14,7 11 1,35 11 1,30
rv
se

numériquement à celui calculé théoriquement sont La rigidité flexionnelle initiale sera évaluée dans
présentés dans le Tableau 12. le paragraphe 5.2, lorsque le moment ou l’effort

normal sont dominants, et sera basée sur la méthode


Le moment plastique calculé à partir du modèle des composants de l’Eurocode 3. La rigidité des
t

analytique est proche de celui obtenu numériquement. composants comprimé et tendu sera évaluée dans les
oi

Dans 10 cas, ce moment est surestimé par le modèle paragraphes 5.3 et 5.4 respectivement.
dr

analytique mais l’écart relatif reste inférieur à 9%.


Lorsque l’épaisseur de la bride est faible (de l’ordre
ut

de 10 ou 15 mm), le modèle analytique sous-estime


5.2. Modèle de calcul de la rigidité flexionnelle initiale
le moment plastique. Ce résultat rejoint celui obtenu
To

pour le calcul de la résistance plastique à la traction


de brides de faibles épaisseurs qui est généralement
5.2.1. Hypothèses générales
sous-estimée [1].

La section située à la jonction entre le tube et la


5. MODÈLE ANALYTIQUE : bride est supposée rester plane après la mise en
COURBE MOMENT ROTATION charge (voir Figure 32). Cette section effectue
une rotation θj. L’interaction de la bride avec cette
section est modélisée par l’intermédiaire de ressorts,
5.1. Introduction
répartis sur la circonférence du tube, dont la raideur
L’objet du présent paragraphe est de fournir les est différente dans la zone comprimée et la zone
éléments permettant d’établir une courbe moment- tendue. L’évolution des efforts répartis est donc
rotation d’assemblages par brides circulaires linéaire dans les zones comprimée et tendue. Cette
boulonnées qui sera construite à partir du moment analyse est identique à celle d’un anneau infiniment
résistant (voir paragraphe 4) et de la rigidité rigide reposant sur des fondations élastiques (dont la
flexionnelle initiale. Cette courbe moment rotation raideur est différente dans la zone tendue et la zone
peut ainsi être utilisée dans une analyse globale pour comprimée) et soumis à un moment fléchissant et un
prendre en compte le comportement des assemblages. effort normal.

Revue Construction Métallique, n° 2-2012


M. COUCHAUX, M. HJIAJ, I. RYAN 61

y
N
Mj

kt  
 R
Rb
z
z kc
Rf

Zone comprimée Zone tendue


Déformation de la bride à la jonction avec le tube

Figure 32 : Modélisation de l’interaction entre la bride Mj


N
ft
t
et le tube j

c

fc
Du fait de l’hypothèse des sections planes, le
déplacement de la bride à la jonction avec la paroi du Zone comprimée Zone tendue

tube (voir Figure 33) a pour expression : Figure 33 : Déformation de l’assemblage sous moment
dominant
 cos  cos 
 c pour 0    

M

 1  cos 
 ( )   (27) Donc d’après les relations (28) à (30), on a :
 cos   cos pour     

C
f t kt 1  cos  1  cos 
 t cos   1   mk (31)

TI
  f k 1  cos  1  cos  
c c

C
avec L’effort appliqué par le tube à l’assemblage varie
é
linéairement:
rv

δc : Déplacement maximal dans la zone comprimée


 cos  cos 
f pour 0    
se

(θ = 0), 
 c 1  cos 
f ( )   (32)
 f cos   cos  pour     

α : Angle définissant la position de l’axe neutre,


t

 cos   1 
δt : Déplacement maximal dans la zone tendue
t
oi

(θ = π).
L’approche proposée est ainsi proche de celle
dr

adoptée par Bourrier et Lefeuvre [14] pour l’étude


Les déplacements δt et δc peuvent être exprimés des ancrages de cheminées, puisque la répartition
ut

en fonction de la rotation θj appliquée à des efforts appliqués à l’assemblage est linéaire.


l’assemblage (voir Figure 33) :
To

Dans notre cas, le rapport des rigidités de la bride


 t R (1  cos ) j
 (28) tendue et comprimée est considéré au lieu du rapport
 des modules d’Young du béton et de l’acier. Il reste
encore à définir les ressorts par unité de longueur
 c R (1  cos ) j
 (29)
 dans les parties tendue et comprimée respectivement
notés kt et kc.
En supposant une relation linéaire entre l’effort par
unité de longueur et le déplacement on a : En dernier lieu, il existe deux modes de
fonctionnement de l’assemblage :
f ( )  k ( )  (30)
• Le moment fléchissant est dominant, l’assemblage
comporte une partie comprimée et une partie
où k est le coefficient de rigidité par unité de longueur tendue. Il est donc nécessaire de déterminer
qui est égal à : la position de l’axe neutre qui dépend des
sollicitations et de la rigidité relative des parties
kt : Coefficient de rigidité de la partie tendue de
tendue et comprimée de l’assemblage.
l’assemblage,
• L’effort normal est dominant et l’assemblage est
kc : Coefficient de rigidité de la partie comprimée soit complètement comprimé soit complètement
de l’assemblage. tendu.
Revue Construction Métallique, n° 2-2012
62 Assemblages par brides circulaires boulonnées soumis à un moment fléchissant et un effort normal

5.2.2. Position de l’axe neutre


avec
Lorsque le moment fléchissant est dominant, NR
l’assemblage comporte une zone tendue et une zone  .
2M j
comprimée comme indiqué à la Figure 33.

D’après la relation (32), les efforts normaux résultants Notons que, du fait que l’angle α est compris entre
des parties tendue et comprimée de l’assemblage ont 0 et π, la relation (39) n’est valable que lorsque la
pour expression : valeur absolue de μ est inférieure à 1. Pour d’autres
sin   (   )cos  valeurs de μ, la bride est soit complètement tendue
Ft,tot  2 Rf t (33) (μ ≤ -1), soit complètement comprimée (μ ≥ 1) et
1  cos  
l’effort normal est dit dominant. L’abaque présenté
sin    cos 
Fc,tot  2 Rf c (34) en annexe permet de déterminer l’angle α connaissant
1  cos   les valeurs de μ et K (avec K=100×mk).

L’équilibre en effort normal est : 5.2.3. Rigidité flexionnelle initiale

Fc,tot N  Ft,tot (35)


 La rigidité flexionnelle initiale de l’assemblage, Sj,ini,

M
est définie comme étant le rapport du moment appliqué

C
Les moments résultants de la partie comprimée et à l’assemblage sur la rotation correspondante, ce qui

TI
tendue de l’assemblage ont pour expression : donne :
2R 2 fc    cos  sin   Mj


M j,c
1  cos   2   R cos  Fc,tot (36)
 
C S j,ini 
j

(41)
é
2 R 2 f t      cos  sin  
rv

M j,t
1  cos   2   R cos  Ft,tot (37) Cette rigidité va être évaluée lorsque le moment
 
se

fléchissant ou l’effort normal sont dominants.


Le moment fléchissant appliqué à l’assemblage, Mj,

a pour expression : • Moment fléchissant dominant


M j  M j,t  M j,c  NR cos (38)
t

 Lorsque le moment fléchissant est dominant, soit


oi

avec pour -1≤ μ ≤ 1, on a d’après (28) à (32) :


dr

 f t kt R (1  cos  ) j (42)
Mj,t : Moment résultant de la partie tendue calculé 
au droit de l’axe neutre, fc kc R (1  cos  ) j
ut

 (43)

Mj,c  : Moment résultant de la partie comprimée
To

calculé au droit de l’axe neutre. On montre dans la référence [6] à partir des relations
(35), (39), (42) et (43) que le moment appliqué à
Il est montré dans la référence [6] que le moment l’assemblage est lié à la rotation correspondante :
fléchissant peut s’écrire sous la forme suivante :   sin 2  
M j  j R 3 ( k t  k c )      kt  (44)
R cos  N   2  
Mj    R 2  f c (1  cos  )  f t (1  cos  )(   )
2  (39)
cos  N Ce qui donne la rigidité flexionnelle initiale de
 R 2  f c (1  cos  )  f t (1  cos  )(   )
2 l’assemblage :
L’expression précédente dépend de l’angle, α,   sin 2  
 R3 (kt  kc ) 
S j,ini     kt  (45)
qui peut être déterminé [6] à partir de l’équation
  2  
suivante :
1 sin  2   mk (   )
 cos   La formulation précédente est applicable lorsque
 sin    cos   mk  sinl’angle
  ( α, )cos   l’équation (40), est compris
vérifiant
 (40)
entre 0 et π. Dans le cas contraire l’effort normal est
1 sin  2   mk (   )
 cos  
 dominant, l’assemblage est soit complètement tendu
 sin    cos   mk  sin   (   )cos   soit complètement comprimé.

Revue Construction Métallique, n° 2-2012


M. COUCHAUX, M. HJIAJ, I. RYAN 63

• Effort normal dominant La rigidité flexionnelle initiale divisée par la rigidité


flexionnelle obtenue sous un effort de compression
Lorsque l’effort normal est dominant, la raideur est dominant, notée Sj,c, est présentée à la Figure 35
identique sur la circonférence de l’assemblage et est en fonction de μ pour différentes valeurs de K. Les
égale à kt ou kc. La rotation est directement liée aux valeurs de K ont été choisies afin de couvrir la gamme
déplacements dus au moment fléchissant. d’assemblages présentée dans le paragraphe 3.3.
y La rigidité flexionnelle est maximale lorsque μ est
supérieur à 1 (pour un effort N de compression) et
minimale lorsque μ est inférieur à -1 (pour un effort N
de traction).
 R
z

Déformation de la bride à la jonction avec le tube

Mj f

Traction Moment Compression

M
j
dominante dominant dominante

C
f 

TI
Figure 34 : Déformation de l’assemblage due
au moment fléchissant
C
Figure 35 : Evolution de la rigidité flexionnelle initiale
Du fait de l’hypothèse des sections planes, le
é
déplacement δ dû au moment fléchissant a pour
rv

expression (voir Figure 34) : 5.3. Rigidité de la partie comprimée


se

 ( ) 
 j d ( )  j R cos (46)
 Le coefficient de rigidité de la partie comprimée, kc,

lie l’effort de compression par unité de longueur fc


Donc d’après les relations (30) et (46), le moment appliqué à la bride au déplacement pris au milieu
t

de la paroi du tube à la jonction avec la bride. Dans


oi

fléchissant a pour expression :


 /2 l’EN 1993-1-8 [9], ce coefficient est considéré infini
dr

 M j 4 f ( )d ( ) Rd kR3 j  (47) dans les assemblages de continuité. Par contre, dans
0  le cas des assemblages de continuité des brides
ut

boulonnées, il ne peut être considéré infini car la


bride devient alors entièrement tendue. Kozlowski
To

La rigidité flexionnelle initiale est donnée par la


relation suivante : et Wojnar [19] ont proposé une formulation, basée
sur une étude paramétrique, pour trois dispositions
S j,ini  kR3 (48) constructives des soudures. Le point faible d’une

étude paramétrique est qu’elle est limitée à son
• Récapitulatif domaine propre, c’est pourquoi une formulation
basée sur une analyse théorique est préférable et va
Au final quelque soit le moment Mj et l’effort normal
être proposée pour les soudures pleines pénétration
N, la rigidité flexionnelle initiale a pour expression :
(voir Figure 36).
Pour   1
  sin 2  
 R3 (kt  kc ) 
S j,ini     kt  
  2  

Pour   1
S j,ini  kR3
(a) Soudure pleine pénétration (b) Tube emboité
On note que cette rigidité est donnée pour la rotation
de la moitié de l'assemblage. Figure 36 : Configurations de soudage

Revue Construction Métallique, n° 2-2012


64 Assemblages par brides circulaires boulonnées soumis à un moment fléchissant et un effort normal

• Soudure pleine pénétration  : analyse d’un avec


tronçon en L comprimé
ν : Coefficient de Poisson pris égal à 0,3,
Afin de modéliser le comportement de brides en M(x) : Moment fléchissant dans la bride (par unité
contact soumises à une compression transmise par la de longueur),
paroi du tube, il est proposé de considérer le modèle
w0(x) : Déplacement transversal pour z=0 tel que :
analytique développé dans la référence [23] pour rendre
tf 3
compte du comportement d’une poutre en contact w0 ( x) 
 13 p1  3 pt   M ( x)
avec une fondation infiniment rigide. Stamatopoulos 32 E 2 Etf
et Ermopoulos [10] ont étudié le comportement de
tronçons en L soumis à un effort normal de compression La raideur étant par définition le rapport de l’effort
lorsque la limite d’élasticité est atteinte dans le tube. appliqué, fc, sur le déplacement δc, on obtient :
L’allure de la pression de contact agissant sur la bride a
fc  (2t  1)
été considérée ayant la forme suivante :  kc  E t (49)
w(0, tf / 2) 2t  1/ 2 
p( x) p1 pour  tt 2  x  tt 2
ξc  tt 2 - x avec
p( x) p1 pour tt 2  x  ξc  tt 2

M
ξc tt
t  .
tf

C
TI
Cette allure de la pression de contact va être retenue
car elle permet de fortement simplifier les expressions
• Tube emboîté dans la bride
C
analytiques. Par ailleurs, il est montré [6] que ξc est
proche de tf.
é
fc
L’application du modèle précédent aux soudures d’un
rv

tube emboité (voir Figure 36.b) n’est pas envisageable


puisque l’effort de compression est transmis par les
se

deux cordons de soudure et non plus directement


de la paroi du tube à la bride. Une formulation de la

tt rigidité dépendant du paramètre λt est proposée. Ce


paramètre est utilisé dans la formulation obtenue pour
t
oi

les soudures pleines pénétrations. La raideur de la


z partie comprimée a pour expression :
dr

pt
c kc 100ln t  6 (50)

ut

w x tf
To

u Les coefficients de rigidité, calculés à partir de la


relation (50) pour les tronçons étudiés par Kozlowski
et Wojnar [19], sont comparés à ceux obtenus
p1
numériquement dans le cas d’un tube emboité.
c

Figure 37 : Tronçon en L comprimé

Ainsi, en supposant que la bride en contact avec


le support infiniment rigide est modélisée par le
modèle mécanique, présenté dans la référence [23],
le déplacement transversal w a pour expression :
1 z2 z 4  ( pt  p1 ) pt z 6 M ( x) z 2
w( x, z )  2 z  3  2 3     w0 ( x)
4 tf tf  E E Etf3

 z2 z 4  ( pt  p1 ) pt z 6 M ( x) z 2
2 z  3  2 3     w0 ( x)
 tf tf  E E Etf3 Figure 38 : Coefficient de rigidité kc :
Soudures sur un tube emboité

Revue Construction Métallique, n° 2-2012


M. COUCHAUX, M. HJIAJ, I. RYAN 65

5.4. Rigidité de la partie tendue


unité de longueur est :
Lorsque la bride est pleine, la rigidité du composant 1 1
tendu peut être évaluée en considérant un demi- kt  (52)
leff (  e1 )  2 (2  3e1 )
3
tronçon en T soumis à un effort normal de traction 
comme dans l’EN 1993-1-8 [9]. Lorsque la bride 3EI f 6 EI f

est creuse, la rigidité du composant tendu peut être avec
évaluée en considérant un tronçon en L soumis à un
effort normal de traction. La bride est modélisée par leff  : Longueur efficace du tronçon en L calculée
une poutre de Bernoulli et est, soit en contact avec selon l’EN 1993-1-8,
la bride adjacente sur une certaine longueur, e2-ξ, leff tf3 e n
soit repose sur son bord libre (voir Figure 39). Il a If  , = 1 .
12 n
été proposé dans les références [1] et [5] d’évaluer
directement la longueur de séparation ξ à partir de la
relation suivante : Au contraire lorsque la longueur de séparation ξ
 R,0 obtenue à partir de l’expression (51) est égale à e2,
 e2  e2 (51) la bride est appuyée sur son bord libre. Le coefficient
R
 de rigidité est donc :

M
1 1
kt  (53)

C
avec leff 2
Lb  e1  e12 (e1  e2 )
1   

TI
3
 e  As 2 R e2 e1  1 2 EAs  e2  3EI f
R 4  1   , pb  ,  R,0 , 
t L p
 f  b b nb (e2 e1 )3 C
é
Lb : Longueur du boulon soumis à l’allongement,
5.5. Courbes moment rotation
rv

calculée selon l’EN1993-1-8 [9] et prise égale à


l’épaisseur de serrage plus la demi-hauteur de la
se

tête du boulon et de l’écrou. Dans l’analyse globale élasto-plastique d’une


structure, il convient généralement de prendre en

nb : Nombre de boulons,


compte la courbe moment-rotation des assemblages
As : Section résistante d’un boulon. pour déterminer la distribution des sollicitations.
t
oi

La courbe moment rotation est définie dans l’EN


FT 1993-1-8 [9] par son moment résistant et sa rigidité
dr

e2 e1 flexionnelle initiale. La courbe moment-rotation va


être ici construite à partir du moment plastique et
ut

de la rigidité flexionnelle initiale qui peuvent être


To

déterminés respectivement à partir des paragraphes


4 et 5.2.3.
(a) Contact ponctuel,  = e2 La loi moment-rotation retenue a donc pour
formulation :
FT
 tf Dans la phase élastique, soit pour 0  M j  2M j,pl /3 :
M j  S j,ini j  (54)

Q n Avec pour rappel :


θj : Rotation de l’assemblage,
(b) Contact réparti,  ≤ e2
Sj,ini : Rigidité flexionnelle initiale de l’assemblage.
Figure 39 : Configurations retenues dans la méthode de calcul

Lorsque la longueur de séparation ξ obtenue à partir Dans la phase élasto-plastique, soit


pour 2M j,pl /3  M j  M j,pl :
de la relation (51) est inférieure à e2, le contact est
supposé être réparti. La bride est alors encastrée au 1

point de soulèvement et le coefficient de rigidité par M j   S j,ini j (2M j,pl 3)  1 (55)



Revue Construction Métallique, n° 2-2012
66 Assemblages par brides circulaires boulonnées soumis à un moment fléchissant et un effort normal

Mj 5.6. Comparaison aux résultats


d’essais et de l’étude paramétrique

Mj,pl Les courbes moment-rotation ont été calculées à


partir du modèle analytique pour les assemblages
2Mj,pl/3 étudiés numériquement dans le paragraphe 3.3
ainsi que pour celui testé à l’INSA de Rennes. Les
courbes moment-rotation obtenues analytiquement
Expérimentale/Numérique pour les assemblages M1, M8 M9 et INSA sont
Analytique confrontées à la Figure 41 aux courbes numériques
Sj,ini correspondantes.
j
Les courbes moment-rotation des autres assemblages
Figure 40 : Courbes moment-rotation sont fournies dans la référence [6]. La rigidité
expérimentale/numérique et analytique flexionnelle initiale est bien approchée par le modèle
analytique sauf pour l’assemblage M9. L’épaisseur
Dans l’EN 1993-1-8 [9], il est préconisé de prendre de la bride de cet assemblage est égale à 10 mm.
ψ égal à 2,7 pour des platines boulonnées. Les Le coefficient de rigidité de la zone tendue, kt, est

M
assemblages par brides circulaires boulonnées entrent évaluée dans le paragraphe 5.4 sans tenir compte de

C
dans cette catégorie donc cette valeur a été retenue. l’influence de la paroi du tube. Lorsque l’épaisseur de

TI
Néanmoins, cette formulation amène à une capacité la bride est faible, l’influence de la paroi du tube sur le
de rotation trop importante lorsque le mode de ruine comportement de la bride n’est plus négligeable. Par
de l’assemblage est élasto-plastique (voilement juste C
ailleurs, l’hypothèse des sections planes est moins
après la phase élastique), c’est pourquoi, une valeur pertinente lorsque la bride est souple par rapport au
é
de ψ égale à 1 a été retenue dans ces cas. tube ([6], [13]).
rv
se
t ré
oi
dr
ut
To

M1 M8

M9 INSA

Figure 41 : Courbes moment-rotation

Revue Construction Métallique, n° 2-2012


M. COUCHAUX, M. HJIAJ, I. RYAN 67

6. SYNTHÈSE par brides circulaires boulonnées, Thèse de


doctorat de l’INSA de Rennes, Novembre
2010.
Dans le présent article, un modèle analytique est
[7] NF EN 1993-1-6 : « Eurocode 3 : Calcul de
proposé afin de déterminer les caractéristiques structures en acier, Partie 1-6 : Résistance et
mécaniques d’un assemblage par bride soumis à un stabilité des structures en coque », AFNOR,
moment fléchissant et un effort normal (de traction 2005.
ou de compression), à savoir son moment résistant et [8] Couchaux M., Rapport d’essai: Essais de
sa rigidité flexionnelle. Ces deux méthodologies sont flexion sur des assemblages par brides
proches de la méthode des composants de l’EN 1993- circulaires boulonnées, Rapport CTICM :
1-8. Ainsi, des composants comprimé et tendu sont DRV/08-R-109/004-A, 2010.
considérés pour lesquels une résistance et une rigidité [9] NF EN 1993-1-8  : «  Eurocode 3  : Calcul de
par unité de longueur ont été associées. Les résultats structures en acier. Partie 1-8  : Calcul des
obtenus à partir de ces modèles ont été comparés à assemblages », AFNOR, 2005.
ceux des essais et des simulations numériques et ont [10] Stamatopoulos G., Ermopoulos J., Interaction
permis de montrer une assez bonne concordance. curve for non-preloaded bolted connections
in tubular members, Eurosteel 2008, 5th
conference on steel and composite structures,
L’approche précédente pourrait être adaptée

M
Graz, Austria, p657-662, 2008.
aux assemblages par brides de pieds de poteaux
[11] Petersen C., Stahlbau, Braunschweig: Vieweg-

C
notamment pour le calcul de la rigidité flexionnelle.
Verlag, 1988.

TI
Néanmoins, la prise en compte d’un mode de ruine [12] Jakubowski A., Schmidt H., Experimentelle
ductile correspondant à l’atteinte d’un moment Untersuchungen an vorgespannten
plastique doit être considérée avec prudence C
Ringflanschstössen mit Imperfektionen,
notamment du fait du manque d’essais et d’études Stahlbau, Vol72, N°3, p188-197, 2003.
é
numériques. [13] Yamaguchi T.E., Sugiura K., Mechanical
rv

behaviour of height strength bolted tube


se

flange joints subjected to bending and


7. RÉFÉRENCES tension, Proceedings of the 5th International

[1] Couchaux, M., Ryan, I., Hjiaj, M., Bureau colloquium on stability and ductility of steel
A., Résistance des assemblages par brides structures, Nagoya, Japan, Vol1, p29-31, 1997.
t

circulaires boulonnées soumis à un effort [14] Bourrier M., Lefeuvre M., Ancrage des
oi

normal de traction, Revue Construction cheminées, Revue Construction Métallique,


dr

Métallique, N°1, p19-50, 2012. N°3, p66-70, 1976.


[2] Wardenier J., Kurobane Y., Packer J.A., [15] Delesques R., Scellement d’une base de
Dutta D., Yeomans N., Design guide for colonne cylindrique, Revue Construction
ut

circular hollow section (CHS) joints under Métallique, N°4, p47-53, 1974.
To

predominantly static loading, CIDECT, 2008. [16] Kozlowski A., Wojnar A., Initial stiffness
[3] Igarashi S., Wakiyama K., Inoue K., of flange bolted joints and their influence on
Matsumoto T., Murase Y., Limit design of high the behaviour of steel chimneys, Eurosteel
strength bolted tube flange joints: Part 1. Joint 2008, 5th conference on steel and composite
without rib-plates and ring-stiffeners, Journal structures, Graz, Austria, p663-668, 2008.
of structural and construction engineering, [17] CECM, recommended testing procedures for
Transactions of AIJ, Vol354, p52-66, 1985, (en assessing the behavior of structural elements
japonais). under cyclic loads, European Convention
[4] Seidel M., Zur Bemesung geschraubter for Constructional Steelwork, Technical
Ringflanschverbindungen von Committee 1, TWG 13 – Seismic Design,
Windenergieanlangen Vom Fachbereich No45, 1986.
Bauingenieur-und Vermessungswesen zur [18] NF EN 1090-2  : Exécution des structures en
Erlangung des akademischen grades Doktor- acier et des structures en aluminium - Partie 2
Ingenieur genehmigte Dissertation, 2001. : exigences techniques pour les structures en
[5] Couchaux, M., Ryan, I., Hjiaj, M., Bureau A., acier, AFNOR, février 2009.
Comportement élasto-plastique de la partie [19] Kozlowski A., Wojnar A., Mechanical model
tendue d’assemblages par brides circulaires for assessment of the stiffness of bolted flange
boulonnées, Revue Construction Métallique, joint, Proceedings of the XIth International
N°1, p3-29, 2011. Conference on metal Structures, Rzeszow,
[6] Couchaux M., Comportement des assemblages Poland, 2006.
Revue Construction Métallique, n° 2-2012
68 Assemblages par brides circulaires boulonnées soumis à un moment fléchissant et un effort normal

[20] Wojnar A., Kozlowski A., Sleczka L., [22] 


Yamaguchi T., Fundamental study on high
Influence of the flange bolted joints stiffness strength bolted tensile joints, Dissertation of
on the behaviour of steel chimneys, The the Faculty of Engineering of Kyoto University,
Third International Conference on Structural 1996.
Engineering, Mechanics and Computation,
Cape Town, South Africa, 2007. [23] Couchaux M., Hjiaj M., Ryan I., Bureau
[21] NF EN 1993-1-1 : Eurocode 3 - « Calcul de A., “Analyse de l’effet de levier dans les
structures en acier – Règles générales et règles assemblages par brides ou platines, Partie
pour les bâtiments » – AFNOR – décembre I : Etude Théorique”, Revue Construction
2005. Métallique, No2, p3-24, 2009.

Annexe : Abaque de l’angle α dans le domaine élastique

M
C
TI
C
é
rv
se
t ré
oi
dr
ut
To

Figure 42 : Abaque de l’angle α en fonction de K et μ

Revue Construction Métallique, n° 2-2012

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