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TECHNIQUE ET APPLICATIONS

FORMULAIRE POUR LA DÉTERMINATION DES


MODES PROPRES DE STRUCTURES SIMPLES
P.-O. MARTIN
A. BEYER

M
1. Introduction

C
Toute structure ayant une masse et pouvant se déformer élastiquement possède un ou

TI
plusieurs modes propres de vibration. Un mode propre est caractérisé par une défor-
C
mée et une période, pour lesquelles énergie cinétique et énergie potentielle peuvent
s’échanger cycliquement. L’énergie cinétique est associée à la vitesse de la matière et
é
elle a sa valeur maximale au cours du cycle quand la déformée s’annule. L’énergie po-
rv

tentielle correspond à l’énergie de déformation élastique, qui atteint sa valeur maximale


à vitesse nulle. Il est important de noter qu’un mode propre ainsi envisagé correspond
se

à une situation idéalisée dans laquelle l’amortissement est nul : il n’y a aucune perte
d’énergie au cours du cycle précédemment décrit par échauffement de la matière.

Les modes propres interviennent dans de nombreux problèmes qui se posent au


it

concepteur d’une structure : on peut citer en particulier le confort vibratoire des plan-
ro

chers, la résonnance des supports de machines tournantes, la résistance aux actions


sismiques, etc…
td

Cet article propose un ensemble de formules permettant de déterminer, pour des confi-
u

gurations simples et courantes en construction métallique, la période du mode fonda-


To

mental, sa déformée et si possible les périodes des modes de rang supérieur. Il compile
essentiellement des expressions disponibles par ailleurs dans la littérature, moyennant
parfois quelques adaptations. Les calculs permettant de retrouver ces expressions ont
été regroupés dans l’annexe en fin d’article.

2. Unités
Les équations présentées dans ce formulaire doivent être utilisées avec un système
d’unités cohérent.

Pour obtenir des périodes en seconde (s) (ou des fréquences en hertz (Hz)), les unités qui
doivent être considérées pour les autres grandeurs sont synthétisées dans le Tableau 1.

Pierre-Olivier MARTIN – Directeur de recherche, CTICM


André BEYER – Ingénieur de recherche, CTICM

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40 Formulaire pour la détermination des modes propres de structures simples

Tableau 1 : Système cohérent d’unités pour l’utilisation du formulaire

Temps Pression
Fréquence Masse Longueur Force
Période Contrainte
Unité seconde hertz kilogramme mètre newton pascal
Symbole s Hz kg m N Pa

3. Rappels de base
Le système masse-ressort constitue un oscillateur simple, qui est le système élémen-
taire pour l’étude des phénomènes oscillatoires. Un ressort linéaire de raideur k, sans
masse, relié à un point fixe à une extrémité et à une masse m indéformable à son autre

M
extrémité (cf. Figure 1) est considéré ici. Ce ressort ne possède qu’un seul degré de
liberté, repéré par le déplacement de la masse m sur l’axe x.

C
TI
k

C
m
é
0 x
rv
se

Figure 1 : Système masse-ressort


En supposant que la masse m est écartée de l’équilibre en une position x0, l’énergie
potentielle, c’est-à-dire l’énergie de déformation emmagasinée dans le ressort, s’écrit :
it

x0
ro

1
 k x dx = 2 k x 0
2
EP =
td

En admettant une forme harmonique pour les oscillations du système, la variation de


u

position de la masse m au cours du temps peut être décrite par la relation suivante, où
To

w est la pulsation (en rad/s) et x0 l’amplitude maximale :

x (t ) = x 0 sin ω t

La vitesse de la masse s’obtient comme la dérivée par rapport au temps t de la position


x, c’est-à-dire :
dx
v (t ) = = x 0 ω cos ω t
dt

La valeur maximale de la vitesse (v0 = x0 w) est obtenue quand cos w t = 1, c’est-à-dire


quand x(t) = 0. L’énergie cinétique est donc maximale quand l’énergie de déformation
est nulle. La valeur maximale de l’énergie cinétique peut s’exprimer de la manière sui-
vante :
1 2 1 2
EK = m v 0 = m x 0 ω2
2 2

Comme le système n’est soumis à aucune action extérieure, son énergie totale est

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constante et on peut écrire que l’énergie de déformation maximale, obtenue pour


x = ± x0, est égale à l’énergie cinétique maximale, atteinte pour x = 0. On a donc EP = EK
et la résolution de cette équation donne la relation de base, reliant la pulsation w aux
paramètres du système, c’est-à-dire la masse m et la raideur k :
k
ω= (1)
m
La fréquence propre et la période propre de l’oscillateur peuvent alors être détermi-
nées :
ω 1 k
f = =  (2)
2π 2π m

1 m
et T = =2π (3)
f k

M
C
4. Poutres droites avec masse concentrée

TI
C
4.1 Modes propres
é
rv

On considère dans ce chapitre les configurations suivantes :


se

- Poutres sans masse (mb = 0), de longueur l, d’inertie constante Ib ;


- Une masse ponctuelle M, considérée comme un corps rigide (aucune défor-


mation possible) ;
it
ro

- Oscillations dans la direction perpendiculaire à l’axe de la poutre.


td

Chacune des configurations envisagées peut être traitée comme un oscillateur simple
avec un seul degré de liberté (déplacement de la masse M) et l’équation (3) peut s’appli-
u

quer directement pour le calcul de la période propre. L’annexe 10.1 fournit les rigidités
To

k à prendre en compte. Le Tableau 2 fournit la période du (seul) mode propre de ces


configurations.

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42 Formulaire pour la détermination des modes propres de structures simples

Tableau 2 : Périodes propres pour des configurations de


masses concentrées supportées par des poutres sans masse
Configurations Périodes propres

Poutre console
M 3
Masse concentrée T1 = 2 π (4)
à l’extrémité libre 3 E Ib
 M
M
Poutre sur deux appuis
π M 3
Masse concentrée T1 = (5)
à mi-portée
2 3 E Ib
 /2  /2
M

M
Poutre sur deux appuis
M a2 b2
Masse concentrée T1 = 2 π (6)

C
position quelconque
3 E I b (a + b )
a b

TI
l=a+b

Poutre bi-encastrée
M
C π M 3
(7)
é
Masse concentrée T1 =
à mi-portée
4 3 E Ib
rv

 /2  /2
se

M
Poutre bi-encastrée
a3 b3

M
Masse concentrée T1 = 2 π (8)
position quelconque
3 E I b (a + b ) 3
a b
it

l=a+b
ro

M
Poutre encastrée-
td

appuyée π 7 M 3
T1 = (9)
Masse concentrée 8 3 E Ib
u

à mi-portée
 /2  /2
To

4.2 Relation entre la période propre et la flèche


Si la flèche sous poids propre de la masse concentrée M est notée dg, on peut établir la
relation suivante entre la période T1 du mode fondamental et dg, valable pour toutes les
configurations du Tableau 2 :

δg
T1 = 2 π ≈ 2 δ g (10)
g
(Attention : dg est exprimé en m dans cette relation).

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5. Poutres droites avec masse uniformément répartie


Une poutre possédant une masse uniformément répartie et la capacité de se déformer
élastiquement est susceptible de connaitre des phénomènes vibratoires. Pour détermi-
ner les caractéristiques modales de configurations simples de poutres, on se place ici
dans le cadre des hypothèses suivantes :

- poutre droite de longueur l, avec au plus deux appuis ;

- poutre de section uniforme sur toute sa longueur ;

- section de poutre bi-symétrique (pas d’excentrement du centre de torsion) ;

- déformation dans un plan de flexion de la poutre et oscillations libres ;

- poutre sans chargement axial ;

M
- poutre conforme à la théorie des poutres, en particulier dans ses dimensions

C
et respectant l’hypothèse de Navier Bernoulli selon laquelle les sections planes

TI
restent planes après déformation ;

C
- poutre constituée d’un matériau élastique, linéaire, symétrique et isotrope.
é
rv

5.1 Cas général


se

En considérant dans le cas général que les déformations dues à l’effort tranchant sont

négligeables devant celles dues à la flexion, l’équation différentielle permettant de dé-


terminer les modes propres d’une poutre droite considérée ici est la suivante (cf. 10.2) :
it

d 4Y
− β 4 Y = 0 (11)
ro

dx 4
td

avec Y : fonction de déformée modale de la poutre (ne dépendant que de l’abs-
cisse x) ;
u

coefficient donné par la relation suivante :


b :
To

β4 = ω 2 (12)
µ

EI

E : module d’Young ;

I : inertie de flexion de la poutre ;

m : masse linéique de la poutre ;

w : pulsation propre.

La solution générale de cette équation est la suivante :

Y ( x ) = C1 sin β x + C 2 cos β x + C 3 sinh β x + C 4 cosh β x (13)

dans laquelle C1, C2, C3 et C4 sont des coefficients d’intégration.

Pour résoudre complètement le problème, il faut prendre en compte les conditions aux
limites. Trois types d’extrémités de poutre sont envisagés dans les configurations trai-
tées ici, se traduisant par les relations indiquées dans le Tableau 3. La prise en compte de

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44 Formulaire pour la détermination des modes propres de structures simples

ces conditions aux limites permet de déterminer l’équation caractéristique, de laquelle


on pourra déterminer les solutions modales : pour chaque mode propre de rang i, la
pulsation wi et les coefficients d’intégration Cij.
Tableau 3 : Conditions aux limites en fonction du type d’extrémité
Type d’extrémité
Conditions
en x = xe
Appui simple Y(xe) = 0 et Y’’(xe) = 0
Encastrement Y(xe) = 0 et Y’(xe) = 0
Y’’(xe) = 0 et Y’’’(xe) = 0
Extrémité libre
(car M et V nuls)

Les calculs détaillés sont donnés en annexe 10.2. Le Tableau 4 synthétise pour les quatre
configurations envisagées les périodes propres des modes fondamentaux uniquement.
Les Tableaux 5 à 9 détaillent pour chacune de ces configurations les périodes propres et

M
déformées des différents modes propres.

C
Tableau 4 : Synthèse des périodes propres pour les modes fondamentaux

TI
Configurations de poutres droites avec masse uniformément répartie
Paramètres
l : longueur
C
é
mb : masse linéique
rv

mb : masse totale ; mb = mb l


se

Ib : inertie de flexion dans le plan étudié


E : module d’Young du matériau constituant la poutre

Période du mode
Configurations
fondamental
it

mb
ro

2 mb  3
Poutre appuyée-appuyée T1 = (14)
E Ib
td

π

u

mb
3
8 mb 
To

Poutre encastrée-encastrée T1 = (15)


9 π E Ib

mb
Poutre console 128 mb  3
T1 = π (16)
(encastrée-libre) 225 E Ib

mb
32 mb  3
Poutre encastrée-appuyée T1 = (17)
25 π E I b

Application numérique : une poutre IPE220 d’une portée de 5 m repose sur deux ap-
puis simples. La masse répartie totale qu’elle supporte, incluant son poids propre et les
charges d’exploitation, est de 947,4 kg/m, soit une masse totale de 4 737 kg. La formule
(14) du Tableau 4 s’applique pour ce cas, ce qui donne la période propre suivante :

2 4737 * 5 3
T1 = = 0,245 s
π 210000 * 1940 * 10 − 2

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Pierre-Olivier MARTIN, André BEYER 45

Tableau 5 : Poutre avec masse répartie, sur deux appuis


Poutre appuyée-appuyée
Masse répartie

Paramètres Mode fondamental

l : longueur
mb : masse linéique 2 mb  3
mb T1 =
π E Ib
mb : masse totale
m b = mb l π E Ib
 f1 =
Ib : Inertie de flexion dans 2 mb  3
le plan étudié

Modes propres (cf. Annexe 10.2.1 pour les calculs détaillés)

M
C
Équation caractéristique : sin l = 0, avec l = b l

TI
λi 2 EI E Ib
Solution pour le mode de rang i : li = i p et ω i = = ( i π) 2
C 
mb  3
2 µ µb 4
é
2
Période du mode de rang i : Ti =
2 E Ib
rv

i π
se

Déformées modales

Paramètres de la déformée modale : C1 = 1 ; C2 = C3 = C4 = 0

1,00
it
ro
td

Mode 2
u

0,50
To

Mode 1
Mode 3
Mode 4
x/
0,00
0,0 0,25 0,5 0,75 1,0

-0,50

-1,00

Déformées modales normalisées des quatre premiers modes

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46 Formulaire pour la détermination des modes propres de structures simples

Tableau 6 : Poutre avec masse répartie, bi encastrée


Poutre encastrée-encastrée
Masse répartie
Paramètres Mode fondamental

l : longueur
8 mb  3
mb mb : masse linéique T1 =
9π E Ib
mb : masse totale
m b = mb l 9π E Ib
 f1 =
Ib : Inertie de flexion dans 8 mb  3
le plan étudié

Modes propres (cf. Annexe pour les calculs détaillés)

M
C
Équation caractéristique : cos λ cosh λ = 1 , avec l = b l

TI
Pas de solution analytique exacte pour cette équation, d’où une recherche des valeurs
propres par dichotomie. Une très bonne approximation de la solution peut être obtenue par la
formulation analytique suivante, pour le mode de rang i :
λi 2 EI
C π2 E Ib
= (2 i + 1)2
π
λ i = (2 i + 1)
é
et ωi =
2  2 µ 4 µb  4
rv
se

Déformées modales

sinh λ i − sin λ i
Paramètres de la déformée modale : C1 = – C3 = 1 et C 2 = −C 4 = −

cosh λ i − cos λ i
it

1,00
ro

Mode 2
u td

0,50
To

Mode 1
Mode 3

x/
0,00
0,0 0,25 0,5 0,75 1,0

-0,50

Mode 4

-1,00

Déformées modales normalisées des quatre premiers modes

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Pierre-Olivier MARTIN, André BEYER 47

Tableau 7 : Poutre console avec masse répartie


Poutre console (encastrée-libre)
Masse répartie

Paramètres Mode fondamental

l : longueur
128 mb  3
mb mb : masse linéique T1 = π
225 E Ib
mb : masse totale
m b = mb l 225 E Ib
 f1 =
Ib : Inertie de flexion dans 128 π mb  3
le plan étudié

Modes propres

M
Équation caractéristique : cos λ cosh λ = −1

C
Pas de solution analytique exacte pour cette équation, d’où une recherche des valeurs
propres par dichotomie. Une très bonne approximation de la solution peut être obtenue par la

TI
formulation analytique suivante, pour le mode de rang i > 2 :
λ 2 EI π2
λ i = (2 i − 1)
π
2
et ω i = i
 2 µ
= (2 i − 1) 2
4
E Ib
µb 4
C
é
cf. Annexe pour les calculs détaillés
rv

Déformées modales
se

cosh λ i + cos λ i
Paramètres de la déformée modale : C1 = – C3 = 1 et C 2 = −C 4 = −

sinh λ i − sin λ i
1,00
it
ro

Mode 1
td

Mode 2
Mode 3
u

0,50
To

x/ 
0,00
0,0 0,3 0,5 0,8 1,0

Mode 4
-0,50

-1,00

Déformées modales normalisées des quatre premiers modes.

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48 Formulaire pour la détermination des modes propres de structures simples

Tableau 8 : Poutre avec masse répartie, encastrée-appuyée

Poutre encastrée-appuyée - Masse répartie

Paramètres Mode fondamental

l : longueur
32 mb  3
mb mb : masse linéique T1 =
25 π E Ib
mb : masse totale
m b = mb l 25 π E Ib
 f1 =
Ib : Inertie de flexion dans 32 mb  3
le plan étudié

Modes propres

M
Équation caractéristique : tan λ = tanh λ

C
Pas de solution analytique exacte pour cette équation, d’où une recherche des valeurs
propres par dichotomie. Une très bonne approximation de la solution peut être obtenue par la

TI
formulation analytique suivante, pour le mode de rang i :
λ 2 EI π2 E Ib
λi =

4
+ (i − 1) π et ω i = i
 2 µ
= ( 4 i + 1) 2 C
16 µ b  4
é
cf. Annexe pour les calculs détaillés
rv

Déformées modales
se

sinh λ i − sin λ i

Paramètres de la déformée modale : C1 = – C3 = 1 et C 2 = −C 4 = −


cosh λ i − cos λ i
1,00
it
ro
td

Mode 2
u

0,50
To

Mode 1
Mode 3
x/
0,00
0,0 0,3 0,5 0,8 1,0

-0,50

Mode 4

-1,00

Déformées modales des quatre premiers modes, normalisées.

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Pierre-Olivier MARTIN, André BEYER 49

5.2 Relation entre la période - flèche


En considérant dg la flèche maximale sous poids propre de la poutre avec masse unifor-
mément répartie, exprimée en m, les relations données dans le Tableau 9 peuvent être
établies entre dg et T1 la période du mode fondamental.
Tableau 9 : Relation entre la flèche et la période du mode fondamental
Configurations de poutres droites avec masses uniformément réparties
Paramètres
l : longueur de la poutre droite à inertie constante
dg : flèche maximale sous poids propre de la poutre, exprimée en m
Configurations Période du mode fondamental
mb
Poutre appuyée- 16 6
(18)

M
T1 = δ g ≈ 1,781 δ g
appuyée π 5g

C
TI
mb
Poutre encastrée- 8 384
T1 = δ g ≈ 1,770 (19)
encastrée

C 9π g
δg
é
mb
rv

Poutre console 128 8


T1 = δ g ≈ 1,614 (20)
se

π δg
(encastrée-libre) 225 g

mb
Poutre encastrée- 32 185
it

T1 = δ g ≈ 1,769 δg (21)
appuyée 25 π g
ro


u td

5.3 Influence de l’effort tranchant : cas particulier des poutres treillis


To

Les formulations pour le calcul des périodes propres dans le cas général (cf. 5.1) ont
été déterminées en ne considérant pour la déformation que le seul effet de la flexion.
Elles ne peuvent donc s’appliquer que dans le cadre de la théorie des poutres, pour des
poutres à âme pleine, pour lesquelles la déformation à l’effort tranchant peut être négli-
gée (l’influence de la déformée à l’effort tranchant dans ce cas est inférieure à 1% sur le
calcul de la pulsation – cf 10.6).

Ce n’est pas le cas des poutres treillis, ni celui des poutres cellulaires, pour lesquelles la
déformation à l’effort tranchant ne doit pas être négligée.

Dans le cas d’une poutre treillis sur deux appuis, dont tous les panneaux sont iden-
tiques, les sections des barres homologues restant constantes, il demeure cependant
possible d’appliquer la formule (14) du Tableau 4 pour déterminer la période du mode
fondamental, en utilisant l’inertie équivalente donnée par la relation (22). La démonstra-
tion de cette méthode simplifiée est proposée en 10.6.
2
Am d m
I eq = kV (22)
2

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50 Formulaire pour la détermination des modes propres de structures simples

où : Am : aire de section d’une membrure de la poutre treillis (membrures iden-
tiques)

dm : entraxe des membrures de la poutre treillis

kV : coefficient permettant de prendre en compte la déformation d’effort


tranchant, donné par l’expression suivante :
1
kV = (23)
2 Am d m 2
1 + π (1 + ν )
Aa  2

n : coefficient de Poisson (n = 0,3 pour l’acier)

l : longueur de la poutre

M
Aa : aire de la section d’âme fictive pleine qui aurait même déformation à
l’effort tranchant, que l’on peut calculer par les formules de l’Annexe

C
13.942 des Règles CM66. Pour les deux cas les plus courants, on a :

TI
- triangulation en V symétrique (cf. Figure 2) :

Aa = 1,3 Ad
2
dm  m
3 
C (24)
é
d
lm : longueur entre deux nœuds consécutifs d’une même membrure
rv


se

ld : longueur d’une diagonale

Ad : aire d’une section de diagonale



it
ro

d
td

dm
u

Ad
To

m
Am

Figure 2 : Triangulation en V symétrique

- triangulation en N (cf. Figure 3) :


m
Aa = 2,6 3
 (25)
dm d
+
At Ad d m 2

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Pierre-Olivier MARTIN, André BEYER 51

d
At
dm

Ad

m
Am

Figure 3 : Triangulation en N

Application numérique : on considère ici une poutre treillis de 45,6 m de portée, suppor-

M
tant la toiture d’un bâtiment industriel. Les dimensions et les sections des membrures
sont indiquées sur la Figure 4.

C
TI
C
é
rv
se

it

Figure 4 : Exemple de poutre treillis


ro

Pour le calcul de la période propre, on ne prend en compte ici que la seule masse propre
td

de la poutre, qui s’élève à 9490 kg, tous calculs faits (hors montants d’extrémités).

Il faut dans un premier temps calculer la section Aa de l’âme fictive pleine équivalente.
u

La triangulation de la poutre étant de type N, c’est la formule (25) qui s’applique, avec
To

les paramètres suivants :

- Hauteur du treillis : dm = 3,8 m

- Aire de section d’une membrure : Am = 62,6 cm2

- Aire de section d’un diagonale : Ad = 86,04 cm2

- Aire de section d’un montant : At = 19,2 cm2

- Longueur entre deux nœuds consécutifs de membrure : lm = 3,8 m

- Longueur d’une diagonale : ld = 5,4 m

- Longueur de la poutre : l = 45,6 m


3,8
D’où : Aa = 2,6 = 30,6 cm2
3,8 (5,4) 3
+
19,2 86,04 * (3,8) 2

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52 Formulaire pour la détermination des modes propres de structures simples

Le calcul du coefficient kv, à l’aide de la formule (23), donne alors le résultat suivant :
1
kv = = 0,846
2 62,6 (3,8) 2
1 + π * (1 + 0,3) * *
30,6 ( 45,6) 2

Et finalement, l’inertie équivalente de la poutre treillis, déterminée à l’aide de la relation


(22), a pour valeur :

62,6 * 10 −4 * 3,80 2
I eq = 0,846 * = 0,03837 m4
2
La période propre de la poutre peut alors se calculer à l’aide de la formule (14) du
Tableau 4 :

2 9490 * ( 45,6)3
T1 = = 0,213 s

M
π 210000 * 10 6 * 0,03837

C
Un calcul de la période propre du mode fondamental de cette poutre à l’aide d’un logi-

TI
ciel par éléments finis donne pour résultat une période de 0,218 s, soit un écart de
moins de 3%.
C
é
rv

6. Poutres droites avec masse répartie


se

et masse concentrée
Le Tableau 10 ci-dessous donne les formules permettant de déterminer de manière ap-

prochée la période propre du mode fondamental pour des poutres droites avec masse
répartie supportant en outre une masse concentrée. Ces expressions ont été détermi-
it

nées (cf. Annexe 10.4) dans le cadre des hypothèses et des simplifications suivantes :
ro

- les poutres droites sont conformes aux hypothèses définies en 5 ;


td

- la déformée d’effort tranchant est négligée (les formules du Tableau 10 ne


u

s’appliquent pas dans le cas de poutres treillis, ni dans celui des poutres cel-
To

lulaires) ;

- la masse concentrée M est importante devant la masse m de la poutre.

La dernière hypothèse permet de considérer que la déformée modale est quasiment la


même que la déformée pour une charge statique appliquée transversalement au droit
de la masse concentrée. Les formulaires généralistes de résistance des matériaux (cf.
[4] par exemple) permettent de déterminer aisément les expressions de ces déformées.
Dès lors, par rapport au chapitre 4 précédent, avec des poutres droites sans masse
propre et une masse concentrée, la masse de la poutre influe uniquement sur le terme
de l’énergie cinétique, le terme d’énergie de déformation restant inchangé (puisque la
déformée modale est la même). Le calcul de ce supplément d’énergie cinétique permet
de définir une masse concentrée kM M qui aurait même énergie cinétique que le sys-
tème, et donc in fine la même période propre. Les formules du Tableau 2 peuvent donc
être utilisées, en remplaçant la masse M par le terme kM M.

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Pierre-Olivier MARTIN, André BEYER 53

Tableau 10 : Poutres droites avec masse répartie


et supportant une masse concentrée
Typologies Périodes propres

m M 3
T1 = 2 π k M
Poutre console – 3 E Ib
(26)
masse concentrée 33 m
 M k M = 1+
140 M

Poutre sur deux


M π M 3
m T1 = kM
appuis – 2 3 E Ib
(27)
Masse concentrée 17 m
à mi-portée kM = 1+
 /2  /2 35 M

M
M a2 b2

C
T1 = 2 π k M
3 E I b (a + b ) (28)

TI
m
M kM = 1 + ( α + β)
M
Poutre sur deux
appuis –
m C
 (2 b + a )2 a (2 b + a) a 2 
é
Masse concentrée a
a b  
rv
α= − +
2
b  12 10 28 
se

b  (2 a + b ) 2 b (2 a + b ) b 2 
β=  − + 
 a 2  12 10 28 

Poutre
M π M 3
T1 = kM
it

bi encastrée – m 4 3 E Ib
(29)
ro

Masse concentrée 13 m
à mi-portée k M = 1+
 /2
td

 /2 35 M
u
To

7. Influence de l’effort axial sur les vibrations d’une


poutre droite
Quand une poutre conforme aux hypothèses du chapitre 5, dont les déformations à
l’effort tranchant sont négligeables, est soumise à un effort normal constant sur toute
sa longueur, l’équation différentielle régissant les modes propres de cette poutre est la
suivante (cf. 10.5) :
d 4Y d 2Y
EI −N − µ ω 2 Y = 0 (30)
dx 4 dx 2

Dans cette équation, N représente l’effort normal, considéré dans cet article positif pour
la traction et négatif pour la compression. Quand cet effort normal est nul, on retrouve
bien entendu l’équation (11).

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54 Formulaire pour la détermination des modes propres de structures simples

7.1 Cas général


Dans le cas général d’une poutre droite soumise à un effort normal N non nul et constant
et dont la rigidité flexionnelle EI ne peut être négligée, l’équation (30) peut se réécrire de
la manière suivante :
d 4Y d 2Y
± α2 − β 4 Y = 0 (31)
4 2
dx dx
avec : b : coefficient défini par la relation (12) ;

a : coefficient défini par la relation suivante :


N
α 2 = (32)
EI
Pour une poutre sur deux appuis simples, il est possible de démontrer (cf. 10.5.3) que

M
la fréquence propre du mode fondamental est obtenue par la relation suivante :

C
π E Ib
f1 = k N (33)
2 mb  3

TI
et la période propre par la relation suivante :

T1 =
1 2 mb  3
(34)
C
é
kN π E Ib
rv

avec : kN : coefficient prenant en compte l’influence de l’effort normal, défini par :
se

N
k N = 1 + (35)
N cr

Ncr : effort normal défini par la relation :


it

2 E Ib
N cr = π (36)
ro

2
Il est intéressant de noter que lorsque la poutre est comprimée et que l’effort normal N
td

tend vers Ncr, la valeur de kN tend vers 0 et donc aussi la fréquence propre. En effet, pour
une valeur de l’effort de compression proche de Ncr qui correspond à l’effort critique de
u

flambement élastique de la poutre considérée, l’équilibre rectiligne de la poutre devient


To

instable, ce qui provoque le flambement de la barre.

7.2 Cas particulier : câble tendu


Dans le cas particulier où la rigidité flexionnelle de la poutre est négligeable (E I ≈ 0), le
système étudié est assimilable à un câble tendu et l’équation (30) devient :
d 2Y
+ α2 Y = 0  (37)
dx 2
avec : a : coefficient défini par :
µ ω2
α2 = (38)
N

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Pierre-Olivier MARTIN, André BEYER 55

La résolution de cette équation, en prenant en compte les conditions aux limites


(Y(0) = 0 et Y(l) = 0), permet de déterminer les propriétés suivantes, pour le mode de rang i :

i N
fréquence propre : fi = (39)
2 µ 2

2 µ 2
période propre : Ti = (40)
i N

déformée modale : Y ( x ) = C1 sin (α x ) (41)

8. Portiques simples

M
On considère ici le cas d’un portique simple (cf. Figure 5), constitué par deux poteaux

C
identiques de hauteur h et d’une traverse de longueur l. Poteaux et traverse ont une sec-
tion constante sur leur longueur, avec pour inertie de flexion dans le plan du portique I1

TI
pour les poteaux et I2 pour la traverse. La masse associée à un poteau est notée m1 et
C
celle associée à la traverse m2 (cf. Tableau 11). La masse totale associée au portique vaut
donc 2 m1 + m2. On admet en outre que les sections des poutres sont bi-symétriques
é
et que la déformée due à l’effort tranchant peut être négligée pour les configurations
rv

envisagées dans ce chapitre.


se

I2

I1 I1
h m2
m1 m1
it
ro


td

Figure 5 : Configuration de portique


u

Tableau 11 : Paramètres du portique


To

Poteaux Traverse
Hauteur h Portée l
Inertie I1 Inertie I2
Masse m1 Masse m2

Les coefficients suivants sont définis à partir des paramètres du portique :


I h
k= 2  (42)
I1 
et n = m1 / m2(43)

Pour déterminer les formulations des périodes propres du portique dans la direction
horizontale (cf. Figure 6), la méthode de Rayleigh simplifiée est utilisée, ainsi que les
expressions des déformations de portiques en [1]. Les vibrations dans la direction verti-
cale ne sont pas traitées ici. La formule de base permettant ainsi la détermination de la
période propre dans la direction horizontale est la suivante :

T0 = 2 π (44)
ah

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56 Formulaire pour la détermination des modes propres de structures simples

où D est la déformation horizontale en tête de poteau quand le portique est placé dans
un champ d’accélération uniforme horizontal ah (c’est-à-dire que chaque portion de por-
tique subit une force latérale proportionnelle à sa masse).

Figure 6 : Déformée modale dans la direction horizontale

À l’issue de ces calculs, l’expression générale établie pour la période propre du mode
fondamental est la suivante :
m2 h 3
(45)

M
T1 = 2 π k h
24 E I1
Pour un portique avec pieds de poteaux articulés, le coefficient kh se calcule avec la

C
relation suivante :

TI
2+5 k   1+ 2 k 
kh = n  +2   (46)
 k   k  C
Pour un portique avec pieds de poteaux encastrés, le coefficient kh est obtenu de la
é
manière suivante :
rv

3+6 k  2+3 k 
k h = n   + 2   (47)
se

 1+ 6 k   1+ 6 k 
Application numérique : on considère un portique de 23 m de portée, avec des poteaux

de 8 m de hauteur. La masse d’un poteau m1 vaut 393 kg et son inertie de flexion dans
le plan du portique I1 est de 11 770 cm4. La masse d’une traverse est m2 = 1 313 kg et son
inertie de flexion dans le plan du portique est I2 = 16 270 cm4.
it
ro

On calcule tout de suite les coefficients k et n (relations (42) et (43)) :


td

16270 8
k= * = 0,481
11770 23
u

393
n= = 0,299
To

1313
En considérant des pieds de poteaux articulés, le calcul de la période propre se fait à
l’aide des relations (45) et (46) :
 2 + 5 * 0,481   1 + 2 * 0,481 
k h = 0,299 *  +2*  = 10,896
 0,481   0,481 
1313 * (8) 3
T1 = 2 π 10,896 * = 0,698 s
24 * 210000 * 11770 * 10 − 2

La détermination de la période à l’aide d’un logiciel de calcul par éléments finis donne
le résultat suivant : T0 = 0,676 s, soit une différence d’environ 3%.

En considérant maintenant que les pieds de poteaux sont encastrés, on utilise les rela-
tions (45) et (47) :

kh = 2,226

T1 = 0,316 s

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Pierre-Olivier MARTIN, André BEYER 57

Un calcul de validation à l’aide d’un logiciel par éléments finis donne comme résultat
0,311 s, soit un écart d’environ 2%.

9. Références
[1] 
R. DAUSSY – Guide pratique de charpente métallique – Société de diffusion des
techniques du bâtiment et des travaux publics, Paris - 1965

[2] S. TIMOSHENKO – Vibration problems in engineering – Van Nostrand Company,


New York 1937

[3] 
RD. BLEVINS – Formulas for natural frequency and mode shape – Krieger Publishing,
Malabar, 2001

M
[4] USINOR – Recueil technique, Paris, 1967

C
TI
[5] R. DELESQUES – Flèches et contreflèches des poutres à treillis – Revue Construction
Métallique, n°1 – 1972, CTICM
C
[6] J. L. HUMAR – Dynamics of structures – Prentice-Hall Inc. – Englewood Cliffs - 1990
é
rv
se

it
ro
u td
To

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58 Formulaire pour la détermination des modes propres de structures simples

10. Annexes

10.1 Période propre d'une poutre droite avec masse concentrée


Une poutre droite avec masse concentrée peut être considérée comme un oscillateur
simple, avec un seul degré de liberté (la position de la masse M). La période du seul
mode propre s’écrit alors :
M
T =2π
k
Reste donc seulement à déterminer la rigidité k pour chacune des configurations envi-
sagées. Les formulations suivantes sont reprises du Lorraine Escaut [4] pour les diffé-
rentes configurations :

M
3EI
Poutre en console : k=
3

C
TI
48 E I
Poutre bi-appuyée, masse centrée : k=
3
C
Poutre bi-appuyée, masse position quelconque :
3E I 
é
k=
a2 b2
rv

192 E I
se

Poutre bi-encastrée, masse centrée : k=


3

3 E I 3
Poutre bi-encastrée, masse position quelconque : k=
a3 b3
it
ro

768 E I
Poutre encastrée-appuyée, masse centrée : k=
7 3
td

Poutre encastrée-appuyée, masse position 12 E I  3


u

k=
quelconque : a 2 b 3 (4 a + 3 b)
To

10.2 Formulation générale des modes propres


d’une poutre droite avec masse répartie

y V+dV
M N q
M+dM
N+dN
x dx
V

N=0
Figure 7 : Équilibre d’un tronçon de poutre

On considère ici une poutre droite conforme aux hypothèses posées en 5. Lorsque cette
poutre subit une déformation en flexion, les principes de base de la résistance des ma-

Revue Construction Métallique, n° 3-2011

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Pierre-Olivier MARTIN, André BEYER 59

tériaux permettent d’écrire l’équation suivante pour un tronçon dx de la poutre, soumis


au moment fléchissant M :
d2 y
EI = M (48)
dx 2
où : y est le déplacement transversal de l’axe de la poutre ;

E I est la rigidité flexionnelle de la poutre (constante sur toute la longueur l)

En dérivant une première fois cette équation, on obtient (en notant V l’effort tranchant) :
d3 y dM
EI
3
= = −V
dx dx
Et en dérivant une seconde fois, il vient la relation suivante, dans laquelle q représente
la charge répartie agissant sur le tronçon dx :
d4 y dV

M
EI = −q
=−
4 dx
dx

C
Dans le cas des oscillations libres de la poutre, la charge uniformément répartie q à
considérer est la force d’inertie agissant sur dx, soit :

TI
d2 y
q=ρA
dt 2 C
Où r est la masse volumique du matériau constituant la poutre et A l’aire de la section
é
droite. Le produit r A est aussi égal à la masse linéique m de la poutre.
rv

Finalement, l’équation de base pour les oscillations propres de la poutre est la suivante :
se

d4 y d2 y
EI = −ρ A

dx 4 dt 2
Ce qui peut encore s’écrire de la manière suivante :
it

d4 y µ d2 y
= 0 (49)
ro

+
dx 4 E I dt 2
td

Pour les modes propres, on recherche des solutions harmoniques pour lesquelles les
variables de temps et de position peuvent être séparées de la manière suivante :
u

y(x,t) = Y(x) (A cos w t + B sin w t)(50)


To

Dans cette fonction, A et B sont des constantes, w est la pulsation du mode propre
considéré et Y est la fonction de déformée modale, ne dépendant que de la position x.

L’équation différentielle décrivant le mode propre s’écrit alors :


d 4Y µ ω 2
= Y
dx 4 EI
µ ω2
En posant : β 4 = , on obtient l’équation différentielle de base pour la détermina-
EI
tion des modes propres de flexion des poutres étudiées :
d 4Y 4
− β Y = 0 (51)
dx 4
La solution générale de cette équation différentielle a pour expression :

Y ( x ) = C1 sin β x + C 2 cos β x + C 3 sinh β x + C 4 cosh β x  (52)

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60 Formulaire pour la détermination des modes propres de structures simples

On recherche tout de suite les dérivées d’ordre 1 à 3 de cette fonction, qui serviront par
la suite :
Y ' ( x ) = β [C1 cos β x − C 2 sin β x + C 3 cosh β x + C 4 sinh β x ]

Y ' ' ( x ) = β 2 [− C1 sin β x − C 2 cos β x + C 3 sinh β x + C 4 cosh β x ] (53)

Y ' ' ' ( x ) = β 3 [− C1 cos β x + C 2 sin β x + C 3 cosh β x + C 4 sinh β x ]


Les valeurs des constantes d’intégration Ci et du paramètre b sont déterminées en fonc-
tion des conditions aux limites (voir les chapitres ci-après – détermination de l’équation
caractéristique).

Une fois déterminée la valeur de b, les propriétés modales sont calculées de la manière
suivante :

M
EI
ω = β2

C
µ

TI
β2 EI
et : f =


µ
C
é
µ
T =
2 EI
rv

β
Le Tableau 3 indique les relations à considérer comme conditions aux limites en fonc-
se

tion du type d’extrémité de la poutre.


Les chapitres ci-après indiquent les solutions pour les configurations de poutres droites
traitées dans le formulaire. Dans tous les cas, les paramètres suivants sont considérés
it

pour la poutre :
ro

l : Longueur de la poutre


td

Ab : Aire d’une section droite


u

Ib : Inertie de flexion dans le plan étudié


To

mb : Masse totale de la poutre (uniformément répartie)

mb : Masse linéique : mb = mb / l = r Ab

10.2.1 Poutre sur deux appuis


mb


Figure 8 : Poutre sur deux appuis

Pour une poutre reposant sur des appuis simples à ses deux extrémités, les quatre
conditions suivantes sont à considérer :

Y(0) = 0

Y ’’(0) = 0

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Pierre-Olivier MARTIN, André BEYER 61

Y(l) = 0
Y ’’(l) = 0

À partir des expressions de la solution générale (52) et de ses dérivées (53), on a pour
les deux premières équations :

Y(0) = C2 + C4 = 0

Y ’’(0) = b2 (-C2 + C4) = 0

Ces deux premières équations se traduisent par C2 = C4 = 0, et les deux équations sui-
vantes se simplifient de la manière suivante :

Y(l) = C1 sin b l + C3 sinh b l = 0

Y ’’(l) = -C1 sin b l + C3 sinh b l = 0

M
Pour que la solution évidente C1 = C3 = 0 ne soit pas imposée, il faut que le déterminant

C
du système soit nul, ce qui se traduit par l’équation caractéristique suivante :

TI
2 sin l sinh l = 0 avec l = b l
C
Comme la fonction sinus hyperbolique sinh ne s’annule qu’en 0, l’équation précédente
é
peut se simplifier en :
rv

sin l = 0 (54)
se

D’où l’on tire les solutions :


l = b l = i p avec i entier supérieur ou égal à 1

C3 = 0 et C1 = 1 (ou n’importe quelle autre constante)


it
ro

La période du mode propre de rang i a donc pour expression :


td

2 µb  4
T = (55)
i 2 π E Ib
u

Et la déformée modale de la poutre a pour expression, pour ce même mode de rang i :
To

 x 
Y ( x ) = C1 sin i π  (56)
  

10.2.2 Poutre encastrée - encastrée


mb


Figure 9 : Poutre encastrée - encastrée

Quand la poutre est encastrée à ses deux extrémités, les conditions aux limites se tra-
duisent par les relations suivantes :

Y(0) = 0

Y ’(0) = 0

Y(l) = 0

Y ’(l) = 0

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62 Formulaire pour la détermination des modes propres de structures simples

À partir des expressions de la solution générale (52) et de ses dérivées (53), on a pour
les deux premières équations :

Y(0) = C2 + C4 = 0

Y ’(0) = b (C1 + C3) = 0

Ce qui se traduit par C4 = - C2 et C3 = -C1.

Les deux dernières équations traduisant les conditions aux limites peuvent alors
s’écrire :

Y(l) = C1 (sin b l – sinh b l) + C2 (cos b l – cosh b l) = 0

Y ’(l) = k [C1 (cos b l – cosh b l) - C2 (sin b l + sinh b l)] = 0

On ne peut éviter la solution évidente C1 = C2 = 0 qu’à la seule condition que le détermi-

M
nant du système soit nul, c’est-à-dire :

C
- (sin b l + sinh b l) (sin b l – sinh b l) - (cos b l – cosh b l)2 = 0

TI
Après développement, on a :
C
sin2 b l – sinh2 b l + cos2 b l + cosh2 b l – 2 cos b l cosh b l = 0
é
D’où finalement, l’équation caractéristique suivante :
rv

cos l cosh l = 1 avec l = b l (57)


se

Il n’y a pas de solutions analytiques directes pour cette équation.


Une recherche de solutions par dichotomie donne les solutions suivantes (erreur infé-
it

rieure à 0,1 %) :


ro

Tableau 12 : Solutions de l’équation caractéristique par dichotomie, pour les


quatre premiers modes. Poutre encastrée - encastrée
td

Mode de rang i Solution


u

1 l1 = b1 l = 4,730
To

2 l2 = b2 l = 7,853
3 l3 = b3 l = 10,996
4 l4 = b4 l = 14,137

Compte tenu du fait que le cosinus hyperbolique tend rapidement vers l’infini, on peut
cependant obtenir une très bonne approximation des valeurs de l en écrivant :

cos l = 1 / cosh l ≈ 0

D’où les solutions approchées suivantes :


π π
λ i = βi  = + i π = (2 i + 1)
2 2

Cette formulation donne des valeurs avec une erreur inférieure à 0,4 % dans le cas le
plus défavorable (mode de rang 1).

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Pierre-Olivier MARTIN, André BEYER 63

La période du mode propre de rang i a donc pour expression la relation suivante :

8 µb 4
T = (58)
(2i + 1) 2 π E I b

Et donc, pour le mode fondamental (rang i = 1)

8 µb 4
T = (59)
9 π E Ib
En posant C1 = 1, les paramètres de la déformée modale ont pour expression :
C1 = -C3 = 1
sinh λ i − sin λ i
C 2 = −C 4 = −
cosh λ i − cos λ i

M
10.2.3 Poutre console (encastrée – libre)

C
TI
mb


C
é
Figure 10 : Poutre console
rv

Pour une poutre encastrée à l’appui gauche (x=0) et libre à l’appui droit (x=l), les condi-
se

tions suivantes doivent être considérées :

Y(0) = 0

Y ’(0) = 0
it

Y ’’(l) = 0
ro

Y ’’’(l) = 0
td

À partir des expressions de la solution générale (52) et de ses dérivées (53), on a pour
u

les deux premières équations :


To

Y(0) = C2 + C4 = 0

Y ’(0) = b (C1 + C3) = 0

Ce qui se traduit par C4 = - C2 et C3 = -C1.

Les deux dernières équations se simplifient alors de la manière suivante :

Y ’’(l) = b2 [-C1 (sin b l + sinh b l) - C2 (cos b l + cosh b l)] = 0

Y ’’’(l) = b3 [-C1 (cos b l + cosh b l) + C2 (sin b l – sinh b l)] = 0

D’où le système suivant à résoudre :

C1 (sin b l + sinh b l) + C2 (cos b l + cosh b l) = 0

-C1 (cos b l + cosh b l) + C2 (sin b l – sinh b l) = 0

On ne peut éviter la solution évidente C1 = C2 = 0 qu’à la seule condition que le détermi-


nant du système précédent soit nul, c’est-à-dire :

(sin b l + sinh b l) (sin b l – sinh b l) + (cos b l + cosh b l)2 = 0

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64 Formulaire pour la détermination des modes propres de structures simples

Après simplification, il vient l’équation caractéristique :

cos l cosh l + 1 = 0 avec l = b l (60)

Il n’y a pas de solutions analytiques simples pour cette équation.

Une recherche de solutions par dichotomie donne les solutions suivantes (erreur infé-
rieure à 0,1 %) :
Tableau 13 : Solutions de l’équation caractéristique par dichotomie, pour les
quatre premiers modes - Poutre console
Mode de rang i Solution
1 l1 = b1 l = 1,875
2 l2 = b2 l = 4,694
3 l3 = b3 l = 7,855

M
4 l4 = b4 l = 10,996

C
π
Pour i >2, une très bonne approximation est obtenue par l’équation λ i = (2 i − 1) (er-

TI
2
reur inférieure à 0,01 %).

Pour le mode fondamental, on obtient la période suivante : C


é
2π µb 4
T =
rv

λ 12 E Ib
se

2 128
dans laquelle on peut remplacer par (erreur inférieure à 0,1 %).
λ 12 225

La période du mode fondamental d’une poutre en console peut donc s’écrire :

µb 4
it

128
T1 = π (61)
ro

225 E Ib

En posant C1 = 1, les paramètres de la déformée modale ont pour expression :


td

C1 = -C3 = 1
u

cosh λ i + cos λ i
To

C 2 = −C 4 = −
sinh λ i − sin λ i

10.2.4 Poutre encastrée-appuyée


mb


Figure 11 : Poutre encastrée-appuyée

Pour une poutre encastrée à l’appui gauche (x=0) et appuyée à l’appui droit (x=l), les
conditions suivantes sont à prendre en compte :

Y(0) = 0

Y ’(0) = 0

Y(l) = 0

Y ’’(l) = 0

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Pierre-Olivier MARTIN, André BEYER 65

À partir des expressions de la solution générale (52) et de ses dérivées (53), on a pour
les deux premières équations :

Y(0) = C2 + C4 = 0

Y ’(0) = b (C1 + C3) = 0

Ce qui entraîne : C4 = - C2 et C3 = -C1.

Les deux dernières équations se simplifient alors de la manière suivante :

Y(l) = C1 (sin b l – sinh b l) + C2 (cos b l – cosh b l) = 0

Y ’’(l) = b2 [-C1 (sin b l + sinh b l) - C2 (cos b l + cosh b l)] = 0

La recherche des modes propres consiste donc à rechercher les valeurs de b l pour les-
quelles le déterminant du système précédent est nul, c’est-à-dire :

M
(sin b l - sinh b l) (cos b l + cosh b l) – (sin b l + sinh b l) (cos b l – cosh b l) = 0

C
TI
Après développement, on a :

2 sin b l cosh b l = 2 sinh b l cosh b l

D’où finalement l’équation caractéristique du système :


C
é
rv

tan l – tanh l = 0 avec l = b l (62)


se

Il n’y a pas de solutions analytiques simples pour cette équation.


Une recherche de solutions par dichotomie donne les solutions suivantes (erreur infé-
rieure à 0,1 %) :
it

Tableau 14 : Solutions de l’équation caractéristique par dichotomie,


ro

pour les quatre premiers modes - Poutre encastrée-appuyée


Mode de rang i Solution
td

1 l1 = b1 l = 3,927
u

2 l2 = b2 l = 7,069
To

3 l3 = b3 l = 10,210
4 l4 = b4 l = 13,352

On peut cependant obtenir une très bonne approximation des valeurs de li en écrivant :

tan l = 1 pour l > p /2

D’où les solutions approchées suivantes :



λ i = βi  =+ (i − 1) π
4
Cette formulation donne des valeurs avec une erreur inférieure à 0,1 %.

D’où l’expression de la période du mode propre de rang i :

32 µb 4
T =  (63)
( 4i + 1) 2 π E Ib

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66 Formulaire pour la détermination des modes propres de structures simples

Et pour le mode fondamental (rang i = 1) :


4
32 µ b 
T = (64)
25 π E I b

En posant C1 = 1, les paramètres de la déformée modale ont pour expression :

C1 = -C3 = 1

sinh λ i − sin λ i
C 2 = −C 4 = −
cosh λ i − cos λ i

10.3 Approche énergétique

M
On se propose dans ce chapitre de traiter le cas de la poutre droite sur deux appuis,

C
avec masse répartie, à l’aide de l’approche énergétique. On pose comme hypothèse

TI
de départ que la déformée modale du mode fondamental est une fonction sinusoïdale,
c’est-à-dire :

π x
Y ( x ) = Y0 sin 
C (65)
é
  

rv

Avec : Y0 : amplitude maximale


se

l : portée de la poutre


L’oscillation modale est régie par une loi spatio-temporelle du type :


it

π x
ro

Y ( x, t ) = Y0 sin  sin(ω t )
  
td

La dérivée de cette fonction donne la vitesse d’un point au cours de l’oscillation :


u

π x
To

Y ' ( x, t ) = Y0 ω sin  cos(ω t )


  

La vitesse maximale est obtenue pour |cos w t| = 1

L’énergie cinétique correspondante (pour la poutre complète) est donnée par :


 
1 1 2 πx
EK =
2 
µ Y ' 2 dx = µ Y0 2 ω 2
2  sin   dx
  
(66)
0 0

Où : m : masse linéique de la poutre, c’est-à-dire : m = m / l

 
x2 π 1 1  π x  
Or :
 sin 
   2 2

 dx =  − cos 2

  dx =
  2
 (67)
0 0

1 2
Donc : E K = µ  Y0 ω 2 (68)
4

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Pierre-Olivier MARTIN, André BEYER 67

L’énergie de déformation élastique maximale est obtenue quand |sin w t| = 1. Dans ce


cas, on a :

1 M2
EP =
20 EIdx (69)

Où : M est le moment fléchissant dans la poutre due à sa déformée sinusoïdale :

d 2Y π2 π x
M( x) = − E I = E I Y0 sin 
dx 2
 2
  

1 π4 2 πx
Donc : EP = EI
2 4
 sin   dx
  
0

M
E I Y0 2 π 4
Et : EP =  (70)
4 3

C
En écrivant l’égalité des énergies cinétique et potentielle (de déformation élastique), on

TI
obtient la vitesse de transfert entre ces énergies, c’est-à-dire la pulsation propre :

EP = EK C
é
E I Y02 π4 µ Y02 ω2 
rv

=
4 3 4
se

E I π4
D’où : ω2 =

µ 4
D’où, finalement, les fréquence et période propres :
it

π EI
ro

f = (71)
2 µ 4
td

2 µ 4
T = (72)
u

π EI
To

10.4 Périodes propres des poutres


avec masses concentrées et masses réparties
On considère ici une poutre ayant les caractéristiques suivantes (cf. Figure 12) :

Longueur : l

Inertie constante sur toute la longueur : Ib

Masse de la poutre : m

Masse répartie : m=m/l

Masse concentrée : M

Conditions aux limites : d’après le Tableau 3 pour les extré-


mités E1 et E2 de la poutre

On fait l’hypothèse ici que la masse M est notablement plus grande que celle de la
poutre : M >> m. Dans ce cas, l’hypothèse de Rayleigh est adoptée, qui consiste à assi-

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68 Formulaire pour la détermination des modes propres de structures simples

miler la déformée modale de la poutre avec la déformée de la poutre pour une charge
statique transversale appliquée au droit de la masse M.

m
E1 E2
Figure 12 : Poutre avec masse concentrée et masse répartie

10.4.1 Poutre console avec une charge concentrée à son extrémité libre
Si l’on note f le déplacement de la masse M au cours des oscillations, la déformée y
en n’importe quel point de la poutre, repéré par son abscisse x mesurée par rapport à
l’extrémité 1, s’écrit de la manière suivante [4] :

M
1 f 2
y= x (3  − x ) (73)

C
2 3
L’énergie cinétique maximale au cours des oscillations due à la masse M s’écrit simple-

TI
ment :

E K ,M =
1
M
 df 
 
2 C
é
2  dt 
rv

Pour déterminer l’énergie cinétique maximale au cours des oscillations due à la masse
m de la poutre, il convient d’effectuer une intégrale (sommation) sur sa longueur :
se

2
1  dy 


E K ,m = µ  dx
2 0  dt 
it

2
1  df  1 µ 
   x 4 (3  − x ) 2 dx
ro

E K ,m =
2  dt  4  6 0
td

Ce qui donne, tous calculs faits :


u

2
 df  33
1
 
EK ,m = m (74)
To

 dt  140
2
Dans l’approche énergétique décrite précédemment, les deux énergies cinétiques doivent
se cumuler. L’effet de la masse m est donc équivalent à celui d’une masse concentrée
33/140 m additionnée à la masse M. La période propre s’obtient alors à partir de la formu-
lation pour une poutre en console avec masse concentrée à l’extrémité libre :

 33  3
M + m 
 140  (75)
T1 = 2 π
3 E Ib
On peut en outre retenir comme équation de la déformée modale l’expression suivante :
x
y= 3
3 2 − 4 x 2
( )

10.4.2 Poutre sur appuis simples – charge concentrée à mi-portée


Si l’on note f le déplacement de la masse M au cours des oscillations, la déformée y
en n’importe quel point de la poutre, repéré par son abscisse x mesurée par rapport à

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Pierre-Olivier MARTIN, André BEYER 69

l’extrémité 1, s’écrit de la manière suivante [4] :


f
y= 3
x 3 2 − 4 x 2
( ) (76)

L’énergie cinétique maximale au cours des oscillations due à la masse M s’écrit simple-
ment :
2
1  df 
E K ,M = M  
2  dt 
Pour déterminer l’énergie cinétique maximale au cours des oscillations due à la masse
m de la poutre, il convient d’effectuer une intégrale (sommation) sur sa longueur :
2
1   dy 
E K ,m =
2  µ  dx
0  dt 

M
2
1  df  µ 
E K ,m =    x 2 (3  2 − 4 x 2 ) 2 dx

C
2  dt   6 0

TI
Ce qui donne, tous calculs faits :

E K ,m =
1  df  17
 
2
m (77)
C
é
2  dt  35
rv

Dans l’approche énergétique décrite précédemment, les deux énergies cinétiques


se

doivent se cumuler. L’effet de la masse m est donc équivalent à celui d’une masse
concentrée 17/35 m additionnée à la masse M. La période propre s’obtient alors à partir

de la formulation pour une poutre avec masse concentrée à mi-portée :

 17  3
it

M + m 
ro

π  35 
T1 = (78)
2 3 E Ib
td

On peut en outre retenir comme équation de la déformée modale l’expression suivante :


x
u

y= 3 2 − 4 x 2
( )
3
To

10.4.3 Poutre encastrée-encastrée – charge concentrée à mi-portée


Si l’on note f le déplacement de la masse M au cours des oscillations, la déformée y
en n’importe quel point de la poutre, repéré par son abscisse x mesurée par rapport à
l’extrémité 1, s’écrit de la manière suivante [4] :
f 2
y =4 x (3  − 4 x ) (79)
3
L’énergie cinétique maximale au cours des oscillations due à la masse M s’écrit simple-
ment :
2
1  df 
E K ,M = M 
2  dt 
Pour déterminer l’énergie cinétique maximale au cours des oscillations due à la masse
m de la poutre, il convient d’effectuer une intégrale (sommation) sur sa longueur :
2
1   dy 
E K ,m =
2  µ  dx
0  dt 

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70 Formulaire pour la détermination des modes propres de structures simples

2
1  df  µ 
E K ,m =   6
2  dt   
0
16 x 4 (3  − 4 x ) 2 dx

Ce qui donne, tous calculs faits :

2
1  df  13
E K ,m =   m
2  dt  35

Dans l’approche énergétique décrite précédemment, les deux énergies cinétiques doivent
se cumuler. L’effet de la masse m est donc équivalent à celui d’une masse concentrée
13/35 m additionnée à la masse M. La période propre s’obtient alors à partir de la formu-
lation pour une poutre encastrée-encastrée avec masse concentrée à mi-portée :

 13  3
M + m 

M
π  35  (80)
T1 =
4 3 E Ib

C
On peut en outre retenir comme équation de la déformée modale l’expression suivante :

TI
x2
y=
3
(3  − 4 x ) C
é
rv

10.4.4 Poutre sur appuis simples – charge concentrée position quelconque


se

Si l’on note f le déplacement de la masse M au cours des oscillations, la déformée y en


n’importe quel point de la poutre s’écrit de la manière suivante [4] :


it

f
y= x 2 − b2 − x 2
( ) entre le premier appui et la masse M (x à partir du
ro

2 a2 b
premier appui)
td

f 2
y= x1  2 − a 2 − x1 entre le second appui et la masse M (x1 à partir du
( )
u

2 a b2
To

second appui)

L’énergie cinétique maximale au cours des oscillations due à la masse M s’écrit simplement :
2
1  df 
E K ,M = M 
2  dt 
Pour déterminer l’énergie cinétique maximale au cours des oscillations due à la masse
m de la poutre, il convient d’effectuer une intégrale (sommation) sur sa longueur :
2
1  dy 

E K ,m =
2  µ  dx
0  dt 
2
1  df   1 a 1 b 
0 x 2 ( 2 − b 2 − x 2 ) 2 dx +  x12 ( 2 − a 2 − x12 ) 2 dx1 
µ
EK,m =   
2   4 a b a2
dt 2 2
b2 0 

Ce qui donne, tous calculs faits :


2
1  df 
E K ,m =   ( α + β) m
2  dt 

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Pierre-Olivier MARTIN, André BEYER 71

a  (2 b + a )2 a (2 b + a ) a 2 
Avec : α =  − + 
 b2  12 10 28 

b  (2 a + b) 2 b (2 a + b) b 2 
β=  − + 
 a2  12 10 28 
Dans l’approche énergétique décrite précédemment, les deux énergies cinétiques
doivent se cumuler. L’effet de la masse m est donc équivalent à celui d’une masse
concentrée 17/35 m additionnée à la masse M. La période propre s’obtient alors à partir
de la formulation pour une poutre avec masse concentrée à mi-portée :

π (M + (α + β) m )  3
T1 = (81)
2 3 E Ib

M
10.5 Influence de l’effort normal

C
sur les vibrations d’une poutre droite avec masse répartie

TI
Pour tenir compte de la présence de l’effort normal dans la mise en équation des mou-
C
vements vibratoires de la poutre, il est nécessaire de considérer la déformation trans-
versale de cette dernière (cf. [6] par exemple). Pour le tronçon dx de poutre représenté
é
sur la Figure 13, la déformation transversale est quantifiée par la valeur dy.
rv
se

V+dV
M+dM

y N+dN
q
M N dy
it
ro

x dx
V
u td

Figure 13 : Equilibre d’un tronçon de poutre


To

L’équation d’équilibre en force projetée sur l’axe y conduit à la relation suivante :

dV d2 y
= −q = µ (82)
dx dt 2
L’équation d’équilibre en moment du tronçon par rapport à un point de référence sur le
bord droit conduit à la relation suivante (dans laquelle les membres au second ordre
ont été négligés) :

dy dM dy d3 y
V =N − =N − EI (83)
dx dx dx dx 3
En reportant cette dernière équation dans la relation (82), on obtient finalement la rela-
tion fondamentale pour le mouvement vibratoire de la poutre :

d4 y d2 y d2 y
EI −N +µ = 0 (84)
dx 4 dx 2 dt 2

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72 Formulaire pour la détermination des modes propres de structures simples

En séparant les composantes spatiales et temporelles de la fonction y(x,t) par une rela-
tion similaire à (50), l’équation différentielle suivante est obtenue, dans laquelle Y est la
fonction de déformée modale du mode propre étudié :

d 4Y d 2Y
EI −N − µ ω 2 Y = 0 (85)
4 2
dx dx

Les trois cas traités ci-après peuvent être envisagés.

10.5.1 Cas particulier : poutre droite sans effort normal


Dans le cas particulier où l’effort normal N est nul, on retrouve pour l’équation (85) la
relation (49) déjà traitée auparavant.

M
10.5.2 Cas particulier : câble tendu sans rigidité flexionnelle

C
Dans le cas particulier d’un câble tendu (N >0) pour lequel la rigidité flexionnelle est

TI
négligeable (EI ≈ 0), l’équation (85) devient :

N
d 2Y
+ µ ω2 Y = 0
C
dx 2
é
Soit encore :
rv
se

d 2Y
+ α 2 Y = 0 (86)
2
dx

µ ω2
avec : α2 =
N
it

La solution générale de cette équation différentielle a pour expression :


ro

Y ( x ) = C1 sin α x + C 2 cos α x (87)


td

En considérant les conditions aux limites suivantes pour le câble tendu (appuis simples
u

aux deux extrémités) :


To

Y(0) = 0

Y(l) = 0

on obtient C2 = 0 et l’équation caractéristique suivante :

sin a l = 0

Les solutions de cette dernière équation permettent de déterminer les pulsations des
modes propres :

N
ωi = i π
µ 2
D’où finalement l’expression pour la fréquence du mode de rang i :

i N
fi = (88)
2 µ 2

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Pierre-Olivier MARTIN, André BEYER 73

10.5.3 Cas général : poutre droite en présence d’un effort normal


En définissant les paramètres suivants :
N µ ω2
α2 = et β4 =
(89)
EI EI
l’équation (85) devient (signe + devant a2 en compression et signe – en traction) :

d 4Y d 2Y
± α2 − β 4 Y = 0 (90)
4 2
dx dx
La solution générale de cette équation différentielle a pour expression :

Y ( x ) = C1 sin δ x + C 2 cos δ x + C 3 sinh ε x + C 4 cosh ε x (91)

d et e sont les solutions de l’équation caractéristique issue de (90). Les expressions de


ces variables dépendent du signe de l’effort normal et sont données dans le Tableau 15.

M
Tableau 15 : Paramètres δ et e

C
TI
Traction Compression

δ δ=
α
2
κ −1 C δ=
α
2
κ +1
é
rv
α α
e ε= κ +1 ε= κ −1
2 2
se

β4

avec : κ = 1 + 4
α4
it

Dans le cas d’une poutre sur deux appuis simples, on reprend les mêmes conditions
ro

aux limites qu’en 10.2.1, ce qui conduit, après avoir constaté que C2 = C4 = 0, au système
td

simplifié suivant :

C1 sin δ  + C 3 sinh ε  = 0
u
To

− C1 δ 2 sin δ  + C 3 ε 2 sinh ε  = 0

Pour éviter la solution évidente C1 = C3 = 0, il faut que le déterminant de ce système soit


nul, ce qui donne, après calculs, l’équation caractéristique du mode propre :

(δ 2 + ε 2 ) sin δ  sinh ε  = 0 (92)

Les seules solutions de cette équation sont données par la relation suivante, où i est
l’indice du rang du mode considéré :

dl=ip

Après développement, on trouve l’expression suivante définissant la pulsation propre


du système, valable aussi bien en traction qu’en compression :
4 2
i π E I i π N
ωi 2 =   +  (93)
   µ    µ

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74 Formulaire pour la détermination des modes propres de structures simples

D’où il vient l’expression suivante de la fréquence propre :

i2 π EI N 2
fi = 1+ (94)
2 4 2 2
µ i π EI


En notant que :

- l’effort normal critique de la poutre sur deux appuis est donné par :
π2 E I
N cr =
2

- la fréquence propre de la poutre sur deux appuis sans effort normal est don-
i2 π E I
née par la relation : f i = (cf. 10.2.1),
2 µ 4

M
l’effet de l’effort normal sur la fréquence propre de la poutre peut être exprimé sous la

C
forme d’un coefficient de pondération défini par :

TI
1 N
kN = 1+
i 2 N cr C
é
rv

10.6 Influence de l’effort tranchant sur les vibrations


se

d’une poutre droite avec masse répartie


Pour prendre en compte l’influence de la déformée d’effort tranchant dans la réponse

modale d’une poutre droite à inertie constante, on considère un tronçon dx de la poutre


(cf. Figure 14). Outre la déformation angulaire θ due au moment de flexion, on consi-
it

dère aussi une déformation angulaire ϕ due à l’effort tranchant (cette dernière ayant été
ro

négligée dans le chapitre 10.2).


td

V+dV
u

y M+dM
To

q ϕ
M dy
θ
x dx
V

Figure 14 : Équilibre d’un tronçon de poutre


Prise en compte de la déformée d’effort tranchant

Les relations suivantes relient des déformations angulaires aux sollicitations agissant
sur le tronçon :
V = G Av ϕ
dθ (95)
M =EI
dx

Le terme Av représente l’aire de cisaillement de la poutre et le terme G le module de


cisaillement, défini par la relation suivante, où n est le coefficient de Poisson :
E
G= (96)
2 (1 + ν )

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Pierre-Olivier MARTIN, André BEYER 75

La déformation angulaire totale du tronçon s’écrit alors :


dy
=θ+ϕ (97)
dx


L’équation d’équilibre projetée sur l’axe y permet de déterminer la relation suivante :

dV d2 y
=µ (98)
dx dt 2


L’équation d’équilibre en moment donne l’équation suivante :


dM
= −V (99)
dx


M
De cette dernière relation, en prenant en compte (95), on obtient :

C
dM d 2θ
(100)

TI
= EI = −V
dx dx 2


Or :
C
é
dy dy V
rv

θ= −ϕ = −
dx dx G Av
se

Donc :

d2 y E I dV
M =EI −
2 G Av dx
dx
it

Et :
ro

dM d3 y E I d 2V d3 y E I d  d 2 y 
td

=EI =EI
dx 3 G Av dx  dt 2 
− − µ
dx dx 3 G Av dx 2
u

Ce qui reporté dans (100), en dérivant une fois et en prenant en compte (98), donne
To

l’expression suivante :

d 4y EI d2  d2 y  2
EI   = −µ d y
 dt 2 
− µ
dx 4 G Av dx 2   dt 2

Et finalement, l’équation fondamentale du mouvement vibratoire du tronçon de poutre


peut s’écrire de la manière suivante :

d 4y EI d2  d2 y  2
EI  +µd y =0 (101)
 dt 2 
− µ
dx 4 G Av dx 2   dt 2

En procédant comme en 10.2 à une séparation des variables spatiale et temporelle à
l’aide l’équation (50), on obtient alors l’équation différentielle définissant les modes
propres de la poutre :

d 4Y EI d 2Y
EI + µ ω2 − µ ω2 Y = 0 (102)
dx 4 G Av dx 2


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76 Formulaire pour la détermination des modes propres de structures simples

En posant :

µ ω2 µ ω2
α2 = et β4 =  (103)
G Av EI

cette équation devient :

d 4Y d 2Y
+ α2 − β4 Y = 0 (104)
dx 4 dx 2


Cette équation est, d'un point de vue formel, exactement identique à la relation (90)
établie ci-avant. La même solution (91) s’applique alors. Dans le cas d’une poutre sur
deux appuis simples, l’équation caractéristique (92) est encore valable. Ce qui donne
des solutions du type :

M
β4

C
α
d l = i p, où δ = κ + 1 et κ = 1 + 4
2 α4

TI
C
Après développements, on obtient l’expression suivante pour la pulsation propre de la
poutre :
é
  i π 2 E I 
rv

4
1    µ
=   1 +    (105)
ωi 2 i π E I     G Av 
se

  

Ce qui revient à dire que l’influence de la déformée d’effort tranchant peut être prise en
compte par l’intermédiaire de l’inertie équivalente suivante :
it

I I
ro

I eq = = (106)
2 I
i π E I 2
1 + 2 (i π) (1 + ν )
1+  
td

   G Av Av  2

u

Dans le cas d’une section en I ou en H, classique en construction métallique, l’inertie


To

équivalente ne varie pas de plus de 1% par rapport à l’inertie de flexion I de la poutre :


l’effet de la déformée de l’effort tranchant est donc bien négligeable.

Dans le cas d’une poutre en treillis, pour laquelle (cf. 5.2 pour les notations) :

Am d m 2
I = et Av = Aa (107)
2

l’inertie équivalente peut s’écrire :


I
I eq = (108)
2 Am d m 2
1 + (i π) (1 + ν )
Av  2


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Pierre-Olivier MARTIN, André BEYER 77

Et finalement, pour le mode fondamental, on retrouve la valeur du coefficient kv donné


en (23) :
1
kv = (109)
2 Am d m 2
1 + π (1 + ν )
Av  2


10.7 Limitations des fréquences propres


de vibration des planchers selon l’Eurocode 3
La clause 7.2.3 (1) de l’Annexe Nationale de l’EN 1993-1-1 spécifie les limites inférieures
suivantes pour les fréquences propres des planchers de bâtiments :

M
- Habitations, bureaux : f1 ≥ 2,6 Hz

C
- Gymnases, salles de danse : f1 ≥ 5 Hz

TI
En utilisant les relations entre période et flèche données dans cet article (cf. 4.2 et 5.2),
C
ces limitations sont respectées si les conditions suivantes sur la flèche dg sous poids
propre sont vérifiées :
é
rv

Poutre avec masse


se

Poutre avec masse répartie


concentrée
Type de bâtiment

mb
M
 /2  /2 
it

Habitations, bureaux
ro

dg ≤ 36 mm dg ≤ 47 mm
(f1 ≥ 2,6 Hz)
td

Gymnases, salles de danse


dg ≤ 10 mm dg ≤ 13 mm
(f1 ≥ 5,0 Hz)
u
To

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