Vous êtes sur la page 1sur 3

Controle Continu en droit Pénal des affaires

SLAOUI Driss

1- L'abus de biens sociaux est le délit commis par les dirigeants des sociétés commerciales
qui, de mauvaise foi, ont détourné les biens (meubles ou immeubles) ou les encaissement de
la société ou les pouvoirs sociaux dont ils sont investis pour en faire un usage contraire à
l’intérêt social ou à des fins personnelles ou favoriser une autre société dans laquelle ils sont
intéressés directement ou indirectement.

Le droit des affaires marocain, comme son homologue Français, a adopté la notion de l’abus
de biens sociaux, dans l’objectif de protéger le patrimoine propre de l’entreprise:

Répression du délit :
S’agissant de l’article 384 de la loi 17-95, les membres des organes d'administration, de
direction ou de gestion d'une société anonyme encourent une peine d’emprisonnement allant
de un à six mois et une amende de 100 000 à 1 000 000 de dirhams ou de l'une de ces deux
peines seulement.

L’article 384 de la loi 17-95 :

« Seront punis d'un emprisonnement de un à six mois et d'une amende de 100 000 à 1 000 000
de dirhams ou de l'une de ces deux peines seulement les membres des organes
d'administration, de direction ou de gestion d'une société anonyme :

1) qui, en l'absence d'inventaire ou au moyen d'inventaires frauduleux, auront, sciemment,


opéré entre les actionnaires la répartition de dividendes fictifs ;

2) qui, même en l'absence de toute distribution de dividendes, auront sciemment publié ou


présenté aux actionnaires, en vue de dissimuler la véritable situation de la société, des états de
synthèse annuels ne donnant pas, pour chaque exercice, une image fidèle du résultat des
opérations de l'exercice, de la situation financière et du patrimoine, à l'expiration de cette
période ;

3) qui, de mauvaise foi, auront fait, des biens ou du crédit de la société, un usage qu'ils
savaient contraire aux intérêts économiques de celle-ci à des fins personnelles ou pour
favoriser une autre société ou entreprise dans laquelle ils étaient intéressés directement ou
indirectement ;

4) qui, de mauvaise foi, auront fait des pouvoirs qu'ils possédaient et/ou des voix dont ils
disposaient, en cette qualité, un usage qu'ils savaient contraire aux intérêts économiques de la
société, à des fins personnelles ou pour favoriser une autre société ou entreprise dans laquelle
ils étaient intéressés directement ou indirectement. »

A rappeler que l’article 376 de la même loi stipulait que les dispositions pénales de la loi sur
les sociétés anonymes ne sont applicables que si les faitsqu’elles répriment ne peuvent pas
recevoir une qualification pénale plus grave en vertu des dispositions du code pénal.

Cette article qui posait le problème de la loi applicable en matière d’abus de bien sociaux de
sociétés anonymes a été abrogé par la Loi n° 20-05 modificative de la loi 17-95 promulguée
par le Dahir n° 1-08-18 du 17 joumada I 1429 (23 mai 2008).

A signaler que le délit d'abus de biens sociaux peut être commis également par les gérants et
toute personne qui, directement ou par personne interposée, a, en fait, exercé la gestion sous le
couvert ou au lieu et place de leurs représentants légaux dans la Société à responsabilité
limitée et par les autres formes juridique commerciale régie par la loi 5-96 tellequ’elle a été
modifiée et complétée par la loi 21-05.

L’article 107 de la loi 5-96

L’article énonce : « Seront punis d'un emprisonnement de un à six mois et d'une amende de
10 000 à 100 000 dirhams ou de l'une de ces deux peines seulement :

1. les gérants qui auront, sciemment, opéré entre les associés la répartition de dividendes
fictifs, en l'absence d'inventaire ou au moyen d'inventaire frauduleux ;

2. les gérants qui, même en l'absence de toute distribution de dividendes, auront sciemment
présenté aux associés des états de synthèse ne donnant pas, pour chaque exercice, une image
fidèle du résultat de l'exercice, de la situation financière et du patrimoine à l'expiration de
cette période en vue de dissimuler la véritable situation de la société ;

3. les gérants qui, de mauvaise foi, auront fait, des biens ou du crédit de la société, un usage
qu'ils savent contraire à l'intérêt économique de celle-ci, à des fins personnelles ou pour
favoriser une autre société ou entreprise dans laquelle ils sont intéressés directement ou
indirectement ;

4. les gérants qui, de mauvaise foi, auront fait, des pouvoirs qu'ils possèdent ou des voix dont
ils disposent, en cette qualité, un usage qu'ils savent contraire aux intérêts économiques de la
société, à des fins personnelles ou pour favoriser une autre société ou entreprise dans laquelle
ils sont
intéressés directement ou indirectement. »

Notez enfin que la plupart des poursuites pour abus de biens sociaux sont engagées sur
dénonciation de l’un des associés suite à l’encaissement d’un chèque de produit de vente dans
le compte personnel d’un autre associés, toutefois ladite dénonciation ne permet pas à
l’associé de constituer personnellement partie civile pour obtenir réparation du préjudice. En
revanche, il a la possibilité d'agir pour le compte de la société victime, dans le cadre de
l'action sociale.

On peut donc conclure que l'octroi du prêt obtenu par Madame Nadia, grâce à l’appui de son
mari, avec un taux d’intérêt avantageux de cette SA ou il est membre du conseil
d'administration est un abus de bien sociaux

2-.C'est à bon droit les cinq souscripteurs portugais ont été assignés en justice pour violation
du droit sociétés commerciales en ayant violé les termes du droit portugais interdisant tout
acte tendant à modifier les statuts des banques portugaises à l’étranger et en ayant commit un
délit de souscription frauduleux du capital social.

De plus La loi impose aux responsables sociaux d’être transparents dans la recherche de
capitaux pour la constitution des sociétés commerciales

Le contrôle des souscriptions et des versements du CS

La loi n° 17-95 relatives aux SA dispose dans son article 23 que : « les souscriptions et les
versements sont constatés par une déclaration des fondateurs dans un acte notarié ou sous
seing privé déposé au greffe du tribunal du lieu du siège social.

Le notaire ou le secrétaire-greffier pour les actes autres que notariés, sur présentation des
bulletins de souscription et d'un certificat de la banque dépositaire, vérifie la conformité de la
déclaration des fondateurs aux documents qui lui sont présentés.

A la déclaration sont annexés la liste des souscripteurs, l'état des versements effectués par
chacun d'eux et un exemplaire ou une expédition des statuts ».

Vous aimerez peut-être aussi