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Francophonie
Pour l'amour de la langue française
Publié le : 23.03.2011 | 13h19

Festival de théâtre, concours de poésie, de diction et de nouvelles en


français figuraient au programme d'une manifestation culturelle
organisée par l'Académie régionale d'éducation et de formation de
Rabat.

Le 20 mars, Journée internationale de la francophonie, n'est


pas passé inaperçu à l'Académie régionale d'éducation et de
formation de Rabat-Salé-Zemmour-Zaers. Forte du succès
des éditions précédentes, l'AREF a renouvelé l'expérience
cette année en organisant, lundi dernier, une manifestation
culturelle grandiose à la hauteur de cette journée fêtée par
les francophones du monde entier. Au programme, de la
poésie, de la musique et du théâtre faisant apparaître la
langue de Molière dans toute sa magnificence dans la bouche La fête de la francophonie se déroule dans plusieurs
établissements de la capitale.
d'élèves marocains de l'enseignement public et privé.

«À l'Académie, la fête de la francophonie est devenue un


rendez-vous annuel très attendu. C'est l'occasion de
célébrer, avec 250 millions de francophones du monde, notre
appartenance à une communauté de peuples divers mais liés
par la langue française. C'est aussi l'occasion de promouvoir
la diversité culturelle et linguistique. Les élèves apprennent
par là à accepter l'autre dans sa différence », souligne Tijania
Fertat, directrice de l'AREF, dans une allocution d'ouverture.
Un événement attendu par l'Académie, mais aussi par les
élèves, leurs parents et leurs professeurs qui étaient
présents en masse pour connaître les noms des gagnants
des concours de poésie, de dictée et de théâtre organisés en
amont de la manifestation.
«Durant un mois, les établissements scolaires, y compris les
écoles primaires, les collèges et les lycées vivent aux
rythmes de la langue française : concours d'orthographe, de
scrabble, de nouvelles, de théâtre, le tout en langue
française. À travers toutes ces activités, l'AREF fait de la fête
de la francophonie un événement éducatif et culturel
important. Les élèves baignent dans les cultures des peuples
qui parlent le français et les moyens choisis sont le ludique
et l'artistique parce que notre devise c'est d'éduquer
autrement », ajoute Mme Fertat.

Comme lors des éditions précédentes, la célébration de la


Journée internationale de la francophonie a coïncidé avec la
clôture du Festival du théâtre francophone qui souffle cette
année sa 3e bougie. À cette occasion, les pièces de théâtre
ayant remporté les premiers prix du concours ont été jouées
devant un public tout yeux tout oreilles.

Le décor, les tenues vestimentaires et les scénarios, tout a


été préparé avec minutie pour ne rien laisser au hasard, sous
l'encadrement des professeurs et d'un metteur en scène,
Khaled Lamrini.
Tout en puisant dans le patrimoine culturel marocain (habits
traditionnels, espaces typiquement marocains), les pièces de
théâtre présentées étaient porteuses de valeurs universelles
telles que la cohésion familiale et l'amour du conjoint et des
enfants. Comédie, drame, romantisme, réalisme, toutes les
facettes de la nature humaine étaient présentes dans ces
pièces qui ont rivalisé de créativité.
La langue n'était pas en reste. C'est une langue simple, mais
expressive et très correcte qui a été employée par des
comédiens en herbe ayant déjà une diction irréprochable.

Autant d'atouts de nature à compliquer la tâche du jury. «Le


choix a été des plus difficiles, vu la variété des styles
présentés, esthétiquement et visuellement parlant. De
même, les prestations étaient très variées et, grosso modo,
les niveaux proches les unes des autres. C'est pour cela que
nous avons opté pour l'octroi de prix ex aequo », précise
Khaled Lamrini, président du jury. Ainsi, le premier prix a été
décerné ex aequo aux troupes de l'école primaire Jabir Ibn
Hayane de Tiflet, délégation de Khémisset, et du Groupe
scolaire scientifique de Témara-Skhirate pour leurs pièces
théâtrales intitulées respectivement «La gourmande» et
«Gourmandise royale».

Le deuxième prix a été remis à la troupe de l'école primaire


Chouhada de Rabat pour sa pièce intitulée «La souffrance
d'un gourmand». Apparemment, la gourmandise a été
choisie comme thème de cette troisième édition du Festival
du théâtre francophone.
«Nous fixons au préalable le thème des pièces à jouer, mais
nous laissons libre cours à l'imagination et à la créativité des
élèves pour les transposer sur scène. L'apport de cette
activité est inestimable, que ce soit au niveau linguistique,
communicationnel, culturel ou social. C'est l'occasion pour
les élèves de libérer leurs potentiels et d'exercer leurs talents
», indique Ahmed Fertat, président de l'Association
marocaine pour l'enseignement de la langue française et des
littératures d'expression française (AMALEF), partenaire de
l'Académie dans l'organisation de cet événement annuel.

Particularité marocaine

Selon les dernières estimations, la langue française serait la


8e langue parlée dans le monde. Elle est parlée dans 31 pays
du monde, dont la plupart sont africains. Elle compterait
environ 250 millions de locuteurs, dont la moitié qui
l'écrivent et la parlent. Au Maroc, la langue française a une
particularité, celle de cohabiter, côte à côte et sans aucunes
barrières, avec la langue dialectale, au point de faire corps
avec elle. Ce constat est relevé par Tijania Fertat : « Chaque
peuple s'approprie la langue française à partir de sa
différence et l'enveloppe d'un accent propre.
Au Maroc, la rencontre entre la langue française et la langue
maternelle (darija) revêt une particularité, comme c'est
peut-être le cas dans d'autres pays du Maghreb. Nous
parlons dans notre quotidien en mélangeant les deux
langues d'une façon spontanée».

Par Meriem Rkiouak | LE MATIN