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Université de Cergy-Pontoise

Physique quantique II
S6 - P/PS 2011-2012
C. Pinettes

Transformées de Fourier
« Fonction » δ de Dirac

Ce document rappelle les définitions et résultats utilisés dans le cours de Physique Quantique
concernant les transformées de Fourier et la « fonction » δ de Dirac.

1 Transformées de Fourier
1.1 Définitions
Soit f (x) une fonction à variables complexes définie sur R. On définit la transformée de Fourier
de f (x), g(k), par la relation :
Z +∞
1
g(k) = √ e−ikx f (x) dx
2π −∞
On montrera au § 2.4 que l’on a alors la transformation de Fourier inverse :
Z +∞
1
f (x) = √ eikx g(k) dk
2π −∞

En physique, x désigne une position et k un vecteur d’onde (homogène à l’inverse d’une longueur).
Evidemment, nous supposons que ces intégrales existent, c’est à dire que les fonctions f (x) et g(k)
sont « suffisamment » régulières, ce qui sera le cas en général en physique.
Remarque : Les conventions utilisées pour définir les transformées de Fourier ne sont pas univer-
selles. On peut, par exemple, définir les transformées de Fourier par les relations :
Z Z
1
f (x) = ikx
e g(k)dk g(k) = e−ikx f (x)dx

mais on préférera la définition précédente, plus symétrique et donc plus facile à mémoriser.
D’autre part, on pourra noter que les intégrales de Fourier peuvent être vues comme limites de
séries de Fourier (voir par exemple l’appendice I du Cohen-Tannoudji).

1
1.2 Les transformées de Fourier en mécanique quantique
En mécanique quantique, on s’intéresse aux fonctions d’ondes ψ(x) (à une dimension), x étant la
position et à leurs transformées de Fourier ψ̄(p), p étant la quantité de mouvement :

Z +∞
1
ψ̄(p) = √ e−ipx/~ ψ(x) dx (1)
2π~ −∞

Z +∞
1
ψ(x) = √ eipx/~ ψ̄(p) dp (2)
2π~ −∞

Pour obtenir ces relations, on a fait le changement de variable p = ~k et pris : ψ̄(p) = √1 g(k) =
~
√1 g(p/~), convention qui permet de garder des relations symétriques.
~

1.3 Propriétés des TF


• Théorème de Parseval-Plancherel

Z +∞ Z +∞

ϕ (x) ψ(x) dx = ϕ̄∗ (p) ψ̄(p) dp (3)
−∞ −∞

et en particulier :
Z +∞ Z +∞
2
|ψ(x)| dx = |ψ̄(p)|2 dp
−∞ −∞

⇒ la T.F. conserve la norme.

Démonstration :
Z +∞ Z +∞ Z +∞
∗ 1 ∗
dx ϕ (x) ψ(x) = dx ϕ (x) √ dp eipx/~ ψ̄(p)
−∞ −∞ 2π~ −∞
Z +∞ Z +∞
1
= dp ψ̄(p) √ dx eipx/~ ϕ∗ (x)
−∞ 2π~ −∞
Z +∞
= dp ψ̄(p) ϕ̄∗ (p)
−∞

• Relation d’incertitude

Si ψ(x) est une fonction d’onde normalisée, alors d’après Parseval-Plancherel, sa TF ψ̄(p) l’est
aussi : |ψ(x)|2 et |ψ̄(p)|2 décrivent alors des lois de probabilité et on peut définir les valeurs
moyennes :
Z +∞ Z +∞
2
< x >= x |ψ(x)| dx < p >= p |ψ̄(p)|2 dp
−∞ −∞

2
et les écarts-types de ces lois de probabilité :
√ p
∆x = < x2 > − < x >2 ∆p = < p2 > − < p >2

On peut alors montrer (on l’admettra) que les écarts-types ∆x et ∆p des lois de probabilités
|ψ(x)|2 et |ψ̄(p)|2 vérifient l’inégalité suivante :

~
∆x ∆p ≥ (4)
2

C’est la relation d’incertitude, bien connue en mécanique quantique. Donc, si la fonction |ψ(x)|2
est piquée (∆x faible), alors sa transformée de Fourier |ψ̄(p)|2 est étalée (∆p grand) et vice-versa.
Remarque : On verra au § suivant que si |ψ(x)|2 est une gaussienne, on a l’égalité : ∆x ∆p = ~2 .
On peut montrer que l’on n’a l’égalité que pour les distributions gaussiennes.

1.4 Deux exemples : la fonction créneau et la gaussienne

• TF de la fonction créneau
Considérons la fonction créneau ψ(x) représentée ci-dessous et calculons sa TF.

ψ(x)
1/a

−a/2 0 a/2 x

On a :
Z +∞ Z a/2
1 −i px 1 1 −i px 1 1 h ~ −i px ia/2
ψ̄(p) = √ ψ(x) e ~ dx = √ e ~ dx = √ − e ~
2π~ −∞ 2π~ a −a/2 2π~ a ip −a/2

Soit : pa
1 sin 2~
ψ̄(p) = √ pa
2π~ 2~

On a donc :

1 1 pa
ψ(x) = si − a/2 ≤ x ≤ a/2 et 0 sinon ⇒ ψ̄(p) = √ sinc (5)
a 2π~ 2~

3
• TF d’une gaussienne
On veut montrer que :
- la TF d’une gaussienne est une gaussienne.
- si |ψ(x)|2 est une gaussienne normée, alors on a ∆x ∆p = ~2 .
On choisit la fonction d’onde ψ(x) telle que |ψ(x)|2 est une gaussienne normée :
x2 x2
e− 4σ2 2 e− 2σ2
ψ(x) = p√ ⇒ |ψ(x)| = √
2π σ 2π σ

|ψ(x)|2 est bien une gaussienne normée d’écart-type ∆x = σ (cf cours de méca. stat.).

On remarquera que ψ(x) est aussi une gaussienne (mais pas normée et d’écart-type 2σ).
La transformée de Fourier de ψ(x) s’écrit alors :
Z +∞
1 x2
ψ̄(p) = √ e−ipx/~ A e− 4σ2 dx
2π~ −∞
p√
avec A = 1/ 2πσ.
On peut calculer la TF de deux façons : en calculant directement l’intégrale de Fourier dans le
plan complexe ou en se ramenant à la résolution d’une équation différentielle.

Méthode 1 : Intégration dans le plan complexe


Pour calculer ψ̄(p), on commence par compléter le carré dans l’exponentielle :
Z +∞
A −p2 σ 2 /~2 x pσ 2
ψ̄(p) = √ e e−( 2σ +i ~ ) dx
2π~ −∞

x
Puis on fait le changement de variable u = 2σ
:
Z +∞
2Aσ −p2 σ2 /~2 pσ 2
ψ̄(p) = √ e e−(u+i ~ ) du
2π~ −∞

Considérons le contour rectangulaire Γ indiqué ci-dessous :

Γ3 pσ/h
Γ4 Γ2

−R 0 R x
Γ1

L’intégrale que l’on cherche à calculer est égale à :


Z +∞ Z +R Z
2 2
−(x+i pσ −(x+i pσ 2
e ~
)
dx = lim e ~
)
dx = − lim e−z dz
−∞ R→+∞ −R R→+∞ Γ3

car sur Γ3 , z = x + ipσ/~, avec x variant de R à −R.

4
Or, d’après le théorème des résidus :
I Z Z Z Z
−z 2
e dz = + + + =0
Γ Γ1 Γ2 Γ3 Γ4

Sur les côtés Γ2 et Γ4 , on a z = ±R + iy avec y ∈ [0, pσ/~].


Donc :
2 2 2 2 2 2
|e−z | = |e−(±R+iy) | = |e−(R −y ) e∓2iRy | = e−R ey −→ 0
R→+∞
2 R R
car ey est bornée pour y ∈ [0, pσ/~]. Donc −→ 0 et
Γ2 R→+∞ Γ4 R→+∞
−→ 0.
On a donc :
Z +∞ Z Z R Z +∞
2
−(x+i pσ −z 2 −x2 2
e ~
)
dx = lim e dz = lim e dx = e−x dx = I (6)
−∞ R→+∞ Γ1 R→+∞ −R −∞

On peut utiliser les tables des intégrales gaussiennes pour obtenir I, mais c’est une intégrale facile
à retrouver. L’astuce, c’est de calculer I 2 par les coordonnées polaires :
Z +∞ Z +∞ Z Z +∞ Z 2π Z +∞
−x2 −y 2 −x2 −y 2 2
2
I = e dx e dy = e dx dy = dθ dr r e−r = π
−∞ −∞ −∞ 0 0

donc :
Z +∞ √
2
I= e−x dx = π (7)
−∞

Finalement, on trouve :

2Aσ 2 2 2
 2σ 2 1/4 2 2 2
ψ̄(p) = √ I e−p σ /~ = 2
e−p σ /~
2π~ π~

Méthode 2 : Equation différentielle

On remarquera d’abord que ψ(x) vérifie l’équation différentielle : ψ 0 (x) + x


2σ 2
ψ(x) = 0.
On va donc chercher une équation du même type en calculant ψ̄ 0 (p) :
Z +∞
i/~ x2
0
ψ̄ (p) = − √ x e−ipx/~ A e− 4σ2 dx
2π~ −∞

que l’on peut calculer par intégration par parties :


Z +∞ i+∞ 2 i p σ 2 Z +∞
x2 x2 x2
h
−ipx/~ − 4σ −ipx/~ − 4σ
xe e 2
dx 2
= −2 σ e e 2
− e−ipx/~ e− 4σ2 dx
−∞ −∞ ~ −∞
2 Z +∞
2ipσ x 2
=− e−ipx/~ e− 4σ2 dx
~ −∞

5
On obtient donc :
+∞
2 p σ2 2 p σ2
Z
1 x2
0
ψ̄ (p) = − 2
√ e−ipx/~ A e− 4σ2 dx = − ψ̄(p)
~ 2π~ −∞ ~2

ψ̄(p) vérifie donc l’équation différentielle suivante :

2 p σ2
ψ̄ 0 (p) = − ψ̄(p)
~2
2 σ 2 /~2
Equation différentielle que l’on résout sans difficulté : ψ̄(p) = ψ̄(0) e−p .
Reste à calculer ψ̄(0). Un changement de variable évident donne :
Z +∞ Z +∞
A 2
− x2 2Aσ 2 2Aσ
ψ̄(0) = √ e 4σ dx = √ e−u du = √ I
2π~ −∞ 2π~ −∞ 2π~

Or, d’après (7) : I = π, donc :
 2σ 2 1/4  2σ 2 1/4 2 2 2
ψ̄(0) = ⇒ ψ̄(p) = e−p σ /~
π~2 π~ 2

Conclusion :

x2
e− 4σ2  2σ 2 1/4 2 2 2
ψ(x) = p√ ⇒ ψ̄(p) = 2
e−p σ /~ (8)
2π σ π~

? ψ̄(p) est bien une gaussienne : la TF d’une gaussienne est donc une gaussienne.
? On peut vérifier sans difficulté que |ψ̄(p)|2 est bien normée (Parseval-Plancherel).
? Et on vérifie bien la relation d’incertitude (4) puisque |ψ(x)|2 est une gaussienne d’écart-type
∆x = σ et |ψ̄(p)|2 une gaussienne d’écart-type ∆p = ~/(2σ)
⇒ ∆x∆p = ~/2.
⇒ si le pic de |ψ(x)|2 est étroit, le pic de |ψ̄(p)|2 est large et vice-versa.

Attention : √
ψ(x)
√ est une gaussienne d’écart-type ∆x = 2σ et ψ̄(p) une gaussienne d’écart-type ∆p =
~/( R 2σ) ⇒ ∆x∆p =R~ 6= ~/2. Cela vient de ce que ψ(x) et ψ̄(p) ne sont pas des lois de probabilités
car ψ(x)dx 6= 1 et ψ̄(p)dp 6= 1.

On peut aussi calculer de la même façon la TF d’une gaussienne normée et on obtient sans
difficulté :
x2
e− 2σ2 1 p2 σ 2
ψ(x) = √ ⇒ ψ̄(p) = √ e− 2~2 (9)
2π σ 2π~

6
1.5 Généralisation à 3 dimensions
Les définitions des TF se généralisent sans difficulté à 3d :

Z
1
ψ(~r) = ei~p.~r/~ ψ̄(~p) d3 p (10)
(2π~)3/2 R3

Z
1
ψ̄(~p) = e−i~p.~r/~ ψ(~r) d3 r (11)
(2π~)3/2 R3

Parseval-Plancherel :

Z Z

ϕ (~r) ψ(~r) d r = 3
ϕ̄∗ (~p) ψ̄(~p) d3 p (12)
R3 R3

Relations d’incertitude :

~ ~ ~
∆x ∆px ≥ ∆y ∆py ≥ ∆z ∆pz ≥ (13)
2 2 2

Les valeurs moyennes étant données par :


Z Z
< x >= x |ψ(~r)|2 d3 r < px >= px |ψ̄(~p)|2 d3 p
R3 R3

2 « Fonction » δ de Dirac
2.1 Définition
()
Considérons la fonction créneau δx0 (x) représentée ci-dessous, avec  > 0 :

(ε)
δx (x)
0

1/ ε

0 x−ε x0 x+ ε
0 /2 x
0 /2

Calculons l’intégrale suivante, ψ(x) étant une fonction d’onde quelconque (càd en pratique une
fonction complexe sur R de carré sommable) :
Z +∞ Z x0 +/2
1
δx()0 (x) ψ(x) dx = ψ(x) dx
−∞  x0 −/2

7
Dans la limite  → 0, on peut développer ψ(x) au voisinage de x0 dans l’intervalle [x0 − /2, x0 +
/2] :
Z +∞
1 x0 +/2
Z
lim ()
δx0 (x) ψ(x) dx = lim [ψ(x0 ) + (x − x0 )ψ 0 (x0 ) + ...] dx
→0 −∞ →0  x −/2
0

1
= lim [ψ(x0 ) + O(2 )] = lim [ψ(x0 ) + O()] = ψ(x0 )
→0  →0

On a donc :
Z +∞
lim δx()0 (x) ψ(x) dx = ψ(x0 ) (14)
→0 −∞

()
Bien que δx0 (x) diverge en x = x0 lorsque  → 0, l’intégrale (14) est bien définie.
On définit alors la « fonction » δ(x − x0 ) par la relation :

Z +∞
δ(x − x0 ) ψ(x) dx = ψ(x0 ) (15)
−∞

valable pour toute fonction ψ(x) définie en x0 .


Cette relation est une écriture symbolique et doit être vue comme résultant de la limite de
()
l’équation (14). On dira que la fonction δx0 (x) « tend » vers δ(x − x0 ) lorsque  → 0, dans le
sens que les intégrales (14) et (15) tendent vers la même valeur ψ(x0 ).
On verra plus loin que la relation (15) est très commode, car elle permet de faire des calculs
d’intégrales sans avoir à expliciter les limites.
En particulier, l’équation (15) donne pour la fonction ψ(x) = 1 partout :
Z +∞
δ(x − x0 ) dx = 1 (16)
−∞

et pour x0 = 0 :
Z +∞ Z +∞
δ(x) ψ(x) dx = ψ(0) δ(x) dx = 1 (17)
−∞ −∞

Remarque :
()
On remarquera que si δx0 (x) est bien une fonction, sa limite lorsque  → 0 n’est pas une fonction
(elle diverge !) : δ(x − x0 ) n’est donc pas elle-même une fonction mais une distribution et l’écriture
de l’équation (15) n’est pas rigoureuse du point de vue des mathématiques.
En fait, que δ(x − x0 ) ne soit pas une fonction n’est pas essentiel du point de vue de la physique :
la seule chose qui compte, c’est qu’elle permette de simplifier les calculs d’intégrales.
C’est pourquoi en physique, on manipulera δ(x − x0 ) comme une fonction (d’où son nom, « fonc-
() ()
tion » δ). On considérera que δ(x−x0 ) est la fonction créneau δx0 (x) (ou une autre fonction δx0 (x)
« tendant » vers δ) où  est aussi petit que l’on veut mais non nul. Cette approche, bien que non
rigoureuse mathématiquement, est suffisante en physique et, on le verra, très commode.

8
Remarque :
δ(x − x0 ) est une généralisation du symbole de Kronecker δn,n0 .
En particulier, les relations :
X X
δn,n0 ψn0 = ψn δn,n0 = 1
n0 n0

sont analogues aux équations (15) et (16).

2.2 Fonctions « tendant » vers δ


()
On peut définir plusieurs fonctions δx0 (x) « tendant » vers δ(x−x0 ). Il suffit de choisir une fonction
()
δx0 (x) piquée autour de x0 et d’aire égale à 1, avec un pic, de largeur d’ordre  et de hauteur d’ordre
−1 . On a vu au paragraphe précédent que l’on peut prendre une fonction créneau, mais on peut
aussi prendre par exemple la gaussienne suivante :
1 2 2
δx()0 (x) = √ e−(x−x0 ) /(2 ) (18)
2π 

dont l’aire vaut bien 1 et avec un pic en x = x0 de hauteur 1/( 2π ) et de largeur 2 (cf cours
de méca. stat.).
On a alors :
Z +∞ Z +∞
1 2 2
lim ()
δx0 (x) ψ(x) dx = lim √ e−(x−x0 ) /(2 ) ψ(x) dx
→0 −∞ →0 2π  −∞
1
Z +∞
2 √
= lim √ e−u ψ(x0 + 2u) du
→0 π −∞
Z +∞
1 2
= ψ(x0 ) √ du e−u
π −∞
= ψ(x0 )
()
d’après (7). Lorsque  → 0, δx0 (x) « tend » bien vers δ(x − x0 ).
()
Il existe d’autres fonctions δx0 (x) « tendant » vers δ(x − x0 ) (voir par exemple l’appendice II du
Cohen-Tannoudji).

2.3 Propriétés de δ

• δ(x) = δ(−x)

Démonstration :

Z +∞ Z −∞ Z +∞
δ(−x) ψ(x) dx = − δ(x) ψ(−x) dx = δ(x) ψ(−x) dx = ψ(0), ∀ψ
−∞ +∞ −∞

9
• δ(x) = δ ∗ (x)

Démonstration :
Z +∞ hZ +∞ i∗

δ (x) ψ(x) dx = δ(x) ψ ∗ (x) dx = [ψ ∗ (0)]∗ = ψ(0), ∀ψ
−∞ −∞

Z +∞ Z +∞
1 1
• δ(x) = e ipx/~
dp = e−ipx/~ dp (19)
2π~ −∞ 2π~ −∞

Calculons l’intégrale suivante en remarquant qu’elle est égale à la limite d’une autre intégrale :
Z +∞ Z +∞
1 1 2 2 2
e ipx/~
dp = lim eipx/~ e−p  /(2~ ) dp
2π~ −∞ →0 2π~ −∞

En complétant le carré dans l’exponentielle, on a :


+∞ 2 2 Z +∞
e−x /(2 )
Z
1 ipx/~ −( √p −i √x )
2
e dp = lim e 2~ 2 dp
2π~ −∞ →0 2π~ −∞
√ Z +∞
2~/ −x2 /(22 ) −(u−i √x )
2
= lim e e 2 du
→0 2π~ −∞

En prenant un contour semblable à celui de l’intégrale (6), on obtient :


Z +∞ Z +∞
1 1 −x2 /(22 )
2 1 2 2
eipx/~
dp = lim √ e e−u du = lim √ e−x /(2 )
2π~ −∞ →0 2π −∞ →0 2π 

d’après (7), soit : Z +∞


1 ()
eipx/~ dp = lim δ0 (x) = δ(x)
2π~ −∞ →0

()
avec la fonction gaussienne δ0 (x) (18). On obtient bien la relation (19).
Plus généralement, on a donc :
Z +∞ Z +∞
1 1
δ(x − x0 ) = eip(x−x0 )/~
dp = e−ip(x−x0 )/~ dp (20)
2π~ −∞ 2π~ −∞

Attention, cette écriture n’est pas rigoureuse mathématiquement (l’intégrale diverge !). Cette re-
lation doit être utilisée à l’intérieur d’une intégrale sur x, comme par exemple :
Z +∞ Z +∞ Z +∞
1
dx ψ(x) δ(x − x0 ) = dx ψ(x) eip(x−x0 )/~ dp
−∞ −∞ 2π~ −∞

On verra que la relation (20), comme la relation (15), sont très commodes pour les calculs
d’intégrales (cf. § 2.4) .

10
Remarque :
On aurait pu utiliser directement les TF des fonctions créneau ou gaussienne du § 1.4 pour obtenir
()
la relation (19). Par exemple, en prenant la fonction créneau δx0 (x) du § 2.1 et en utilisant (5),
on a :
Z +∞ Z +∞
() 1 () i px 1 px p
δ0 (x) = √ dp δ̄0 (p) e ~ = dp ei ~ sinc
2π~ −∞ 2π~ −∞ 2~
Et on obtient directement la relation (19) :
Z +∞ Z +∞
() 1 i px
 p  1
δ(x) = lim δ0 (x) = dp e ~ lim sinc = eipx/~ dp
→0 2π~ −∞ →0 2~ 2π~ −∞

Remarque :
Il y a d’autres propriétés de la « fontion » δ que nous n’avons pas abordées ici (voir par exemple
appendice II du Cohen-Tannoudji).

2.4 Transformée de Fourier inverse

La transformation de Fourier inverse (éq. (2)) se démontre simplement à l’aide de la « fonction » δ.


En remplaçant ψ̄(p) par sa définition (1) :
Z +∞ Z +∞ Z +∞
1 1 0
√ dp e ipx/~
ψ̄(p) = dp e ipx/~
dx0 e−ipx /~ ψ(x0 )
2π~ −∞ 2π~ −∞ −∞
Z +∞ Z +∞
1 0
= dx0 ψ(x0 ) dp eip(x−x )/~
−∞ 2π~ −∞
En utilisant (20) puis (15) :
Z +∞ Z +∞
1
√ dp e ipx/~
ψ̄(p) = dx0 ψ(x0 ) δ(x − x0 ) = ψ(x)
2π~ −∞ −∞

On retrouve bien la transformation de Fourier inverse (2).

2.5 Transformée de Fourier de δ

La transformée de Fourier δ̄x0 (p) de la « fonction » δ(x − x0 ) vaut, d’après la définition (1) :
Z +∞
1
δ̄x0 (p) = √ dx e−ipx/~ δ(x − x0 )
2π~ −∞
Donc d’après (15) :
1
δ̄x0 (p) = √ e−ipx0 /~
2π~
Et en particulier :
1
δ̄0 (p) = √
2π~

11
2.6 Généralisation à 3 dimensions

On peut généraliser sans difficulté la « fonction » δ à 3d en coordonnées cartésiennes, en posant :

δ(~r − ~r0 ) = δ(x − x0 ) δ(y − y0 ) δ(z − z0 )


On a alors :
Z
δ(~r − ~r0 ) ψ(~r) d3 r = ψ(~r0 ) (21)
R3

Z Z
1 r−~ 1
δ(~r − ~r0 ) = e i~
p.(~ r0 )/~ 3
d p= e−i~p.(~r−~r0 )/~ d3 p (22)
(2π~)3 R3 (2π~)3 R3

1
δ̄~r0 (~p) = e−i~p.~r0 /~ (23)
(2π~)3/2

2.7 La « fonction » δ en mécanique quantique


Pour une base discrète {|un i}, la relation d’orthonormalisation s’écrit :

hun |u0n i = δn,n0

Tout ket |ψi se développe alors dans cette base selon :


X
|ψi = cn |un i
n

avec cn = hun | ψi = composante du ket |ψi sur le ket de base |un i.


Pour une base continue {|~ri}, on écrira la relation d’orthonormalisation :

h~r |~r 0 i = δ(~r − ~r 0 )

Tout ket |ψi se développe alors dans la base {|~ri} suivant :


Z
|ψi = d3 r ψ(~r) |~ri
R3

avec ψ(~r) = composante du ket |ψi sur le ket de base |~ri : la fonction d’onde ψ(~r) est donc la
représentation {|~ri} du ket |ψi.
On a alors :
Z Z
3 0 0 0
h~r |ψi = d r ψ(~r )h~r |~r i = d3 r0 ψ(~r 0 ) δ(~r − ~r 0 ) = ψ(~r)
R3 R3

analogue à la relation hun | ψi = cn .

12
Par ailleurs, soit un autre ket |ϕi :
Z
|ϕi = d3 r ϕ(~r) |~ri
R3

Le produit scalaire entre les deux kets s’écrit alors :


Z Z Z Z
3 0 ∗ 0 0
hϕ|ψi = 3
dr d r ϕ (~r) ψ(~r ) h~r |~r i = 3
dr d3 r0 ϕ∗ (~r) ψ(~r 0 ) δ(~r − ~r 0 )
R3 R 3 3 3
ZR R

= d r ϕ∗ (~r) ψ(~r)
3
R3

On retrouve bien le produit scalaire de la mécanique quantique ondulatoire.


Ainsi, la « fonction » δ permet de définir un produit scalaire en mécanique quantique.

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