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Anass El Wardi

Grand écrit – Capstone Project

Partie 1- Le rapport du parcours civique


A. Domaines et thèmes liés à l’engagement sur le terrain

« Si l’on s’y attarde plus qu’il ne faut, c’est la ruine qui nous attend », voilà comment le
sophiste Athénien Calliclès avertie des dangers de la philosophie (comprise dans l’Antiquité
comme une démarche de réflexion critique questionnement sur le monde) quand il s’adresse à
Platon dans le Gorgias. Il estime qu’un surplus de philosophie fait qu’« on n’entend rien aux
lois de l’État et au langage qu’il faut tenir pour traiter avec les hommes dans les rapports
privées et publics »1. En effet, des siècles plus tard, on a encore cette image du philosophe
noyé dans ses pensées systémiques, en confinement dans son bureau à l’image d’un
Montaigne reclus dans son château à Bordeaux qui deviendrais au fil des années une tour
d’ivoire, déconnecté des réalités de la majorité. Et si dans ces mêmes bureaux, se préparent
les idées qui révolutionnerons demain comme l’a souligné l’économiste John Maynard
Keynes, en expliquant que les réalités politiques de demain sont les thèses d’académicien
d’aujourd’hui2, ces réalités sont aujourd’hui remises en cause dans la « société de la
défiance »3: Inégalités grandissantes (Piketty, 2014), rejet des valeurs substantive de
démocratie (Inglehart, 2018) populisme, pamphlet contre la centralisation des décisions4. Le
mot d’ordre réunissant conceptuellement toute ces bannières étant le rejet des élites, qu’elles
soient politiques, intellectuel ou économique. L’utilité du penseur ou du théoricien est donc
aux cœurs de cette controverse et c’est à partir de cette réflexion là que j’ai construit mon
projet civique.

En effet, je fais partie de cette catégorie décriée : Sciences pistes privilégié, féru d’histoire de
la pensée, avec cette volonté qui m’habite, si particulière et inhérente à la philosophie, d’avoir
une compréhension globale de la réalité politique grâce à des systèmes née sous la plume de
penseurs brillants. Mais est-ce la bonne approche pour comprendre la Cité ? En reprenant le

1
Platon (trad. Monique Canto-Sperber), « Gorgias », dans Œuvres complètes, Éditions
Flammarion, 2008 (1re éd. 2006), 2204 p
2
“The Future of the Public Intellectual: A Forum” (2001), The Nation, February 12,
3
« La société de défiance, comment le modèle français s’autodétruit », Algan Yann, Cahuc Pierre (2007).
4
Le pouvoir au commune : Décentraliser par le principe de  « subsidiarité ascendante », Raul Magni, Nelly
Darbois, Livia Stahl (2020)
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titre d’un fameux ouvrage de Hölderlin, Pourquoi des poètes ? Jean François Revel explique
en 1971 dans Pourquoi des philosophes ? qu’au fond les philosophes font rarement autre
chose que discuter de ceux qui les ont précédés, éloigné donc des sciences et recroquevillé
dans de l’histoire des idées. Une continuité de l’analyse de Condillac qui déjà dans Traité sur
les systèmes note astucieusement que c’est la logique même de la pensée d’essayer de
construire un système mais c’est ce qui prouve en même temps qu’elle a tort. La création d’un
système qui se veut exhaustif sur la réalité de l’Homme est une preuve de son incompétence
dans la mesure ou aucune pensée globale ne peux saisir cette ineffable qu’est la nature
humaine dans son entièreté sans avoir pris des postulats erronés au départ. Il y’aurais donc
une tension essentialiste entre l’exercice de la pensée et la réalité du terrain5. C’est ce
paradoxe même que j’ai tenté de creuser au cours de mes trois années de parcours civique à
Sciences Po, comment puis-je lier mes enseignements théoriques et ma fascination pour les
systèmes de pensée avec la réalité empirique et pratique du terrain de la Cité. Trouverais-je
une résonnance entre mes analyses accumulées au fil de mes lectures de Nietzche dans la
bibliothèque luxueuse du Collège Jésuite et la vie réelle de Michel le tenancier du bar St
Maurice en face, comme Sartre avait en 1943 pu trouver un écho entre un garçon de café et
son concept de « mauvaise foi »6 développé dans l’Être et le Néant ?

C’est en lisant les aventures du philosophe et professeur à Sciences Po Gaspard Koenig, qui
est précisément habité par cette question, que j’ai eu l’idée de mes stages civiques7. Dans une
bonne partie de ses ouvrages, il fait justement le lien entre la volonté de système et la
nécessité d’aller voir très concrètement comment les choses se passent en pratique, sur le
terrain de la cité8. J’ai donc pu entrevoir un renouveau de l’utilité de l’exercice de la pensée
quand il est appliqué au réel et j’ai voulu donc profiter de l’opportunité du projet civique de
Sciences Po pour m’essayer à ce lien. Heurter mon système de pensée à des expériences
diverses et en tirer des conclusions sur sa pertinence.

Mon système de pensée étant dans la lignée de la pensée libéral ; qui est par définition un
système mettant l’individu au centre de tout raisonnement, je me suis alors naturellement

5
https://www.franceculture.fr/emissions/les-chemins-de-la-philosophie/profession-philosophe-4674-gaspard-
koenig-philosophe-des-libertes
6
Jean Paul Sartre, L'Être et le néant, p. 107-109
7
Voyages d'un philosophe aux pays des libertés, Koenig Gaspard, Éditions de l'Observatoire, 2018
8
Time to Philo, Larousse, 2017
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demandé si cette hypothèse de base du libéralisme était fondé empiriquement, si l’individu est
l’unité la plus à même à faire les meilleurs choix pour elle-même. Je suis donc parti à la
recherche de deux domaines où l’on pourrait tester ce postulat libéral et observer ses
modalités concrètes d’application. D’abord d’un point de vue économique, j’ai décidé de
creuser la question du micro-crédit (à défaut d’un accès à un organisme expérimentant le
revenu universel) comme alternative au système d’aides étatiques pour interroger le concept
de responsabilisation de l’individu. J’ai donc passé un mois dans la filiale à but non-lucratif
Attawfiq Microfinance de la Banque Populaire du Maroc à Casablanca ou mon quotidien était
rythmé par la rencontre de personnages d’horizons divers en quête d’une solution de sortie de
la pauvreté, à défaut du système de couverture social qui au Maroc a montré ses limites.
L’idée étant de voir si la réception d’une somme incitative sans condition et personnalisé
allait donner une allocation optimale des ressources et une solution durable pour l’individu
réceptacle. Autrement dit, s’il était à même à faire les meilleur choix possible, éclairé par la
seule volonté de se sortir de sa condition (les débiteurs du micro-crédit étant essentiellement
analphabète). Ensuite d’un point de vue sociale, j’ai pris le pendant inversé de la médaille en
voyant cette fois non pas la capacité de l’individu à faire les meilleurs choix pour lui-même
mais l’obstination de l’Etat, le groupe, l’association à vouloir lui dicter ce qui est meilleur
pour lui, parfois sans réel compréhension des réalités de terrain. C’est dans ce cadre que j’ai
passé 1 an à régulièrement animer des activités musicales dans un camp de réfugié à Reims ou
j’ai peu entendu les histoires, les envies de chaqu’un, et l’inadéquation de ces dernières face à
l’activité civique musicale censé promouvoir l’intégration que je proposais avec mon groupe.
Mon propre échec personnel a donc été une victoire pour ma pensée.

B. Principaux acquis des expériences sur le terrain

Au fil de mes expériences, j’ai pu acquérir de nouvelles capacités autant d’un point de vue
purement technique mais aussi conceptuel, pour nourrir ma réflexion élaborée plus haut.
D’abord d’un point de vue technique, mes deux stages ont été une véritable introduction à
deux mondes, le monde de la PME d’une part et celui de l’associatif de l’autre. Lors de mon
stage dans la fondation de microfinance le travail en groupe et l’entraide dans une boite en
open space qui tient dans un petit immeuble est essentiel. On travaille tous sur le même
dossier, chaqu’un dans son aire d’expertise et la complémentarité est la clef de la réussite.
Cela a donc été un mois essentiel pour ma formation au travail en groupe, à l’oral pour faire
passer mes idées efficacement. J’ai également en passant pu apprendre les rudiments des
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matières du « business » comme le marketing et la comptabilité qui manquait à ma formation


de Sciences Po. Dans le camp de migrant, j’ai appris à comprendre le fonctionnement si
particulier d’une association à but non-lucratif et leur combat du quotidien pour informer,
enrôler et organiser des bénévoles pour des actions du quotidien. Ensuite d’un point de vue
conceptuel, les témoignages recueilli grâce à l’innombrable nombre de personnes que j’ai pu
rencontrer au travers de ces expériences m’ont ouvert les yeux sur des réalités que je n’aurais
jamais cru entendre et ont parfois conforté mais aussi bouleversé mes préconceptions. Par
exemple, pour le cas de l’agence du micro-crédit, tous les jeudis nous allions directement chez
les bénéficiaires des crédits pour s’enquérir de l’avancement de leur projet, de l’allocation de
leur fond et pour répondre à leur éventuelle question. J’ai été étonné de voir et surtout
d’entendre les raisonnements de personnes sous le seuil de pauvreté qui ont des projet
extrêmement précis et bien documenté pour se sortir de leur situation. C’est surtout une
femme d’un quartier populaire à l’Est de Casablanca qui m’inspire ces lignes en ce que
l’exposé de son entreprise de tapis en devenir n’avais rien à envier aux stratégies marketing
que j’avais pu voir chez PwC la société de conseil parisienne un été auparavant. Ce fut donc
une belle leçon d’humilité pour moi, qui je l’avoue aisément aujourd’hui, avait de sérieux
doutes sur le sérieux et la capacité de gérer un budget de personnes pauvres souvent
analphabète. Cette expérience restera à jamais graver dans ma façon d’approcher le monde
alentour et d’autant plus si j’envisage un jour de créer de la politique publique, il
m’incombera alors de ne jamais tomber dans l’écueil de l’infantilisation dont souffre certain
système d’aide français (RSA caractérisé par une surveillance intrusive et constante des
dépenses, un stigmate de pauvreté au sens de Goffman9 etc.). J’ai pu donc voir que de façon
contre-intuitive plus on donne de liberté à un individu plus il se responsabilise et l’utilise de
façon organisée, raisonné. C’est presque à en tomber dans la théorie de l’ordre spontané de
Hayek10.

C. Liens construits entre enseignement et engagement sur le terrain

Mes enseignements s’articulant principalement autour de l’économie d’une part et du droit de


l’autre, ils sont tous deux en adéquation total avec ma problématique du projet civique qui est

9
Stigmate. Les usages sociaux des handicaps, 1963 ; traduit de l'anglais par Alain Kihm, Goffman Ervin, Éditions
de Minuit, coll. « Le Sens Commun », 1975
10
Hayek, F.A. The Road to Serfdom (La route de la servitude), Ch. 9
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de questionner dans une perspective libéral le rôle prépondérant de l’Etat dans la vie
quotidienne. En effet que ça soit l’une ou l’autre ces matières sont caractérisées par un fort
interventionnisme étatique. Le premier de facto depuis sa conceptualisation par le penseur
écossais Adam Smith, qui estimait déjà dans De La Richesse Des Nations en 1775 que
certaines sphères de l’économie comme l’investissement dans des biens publics (non-rivaux et
non-exclusif) devait être confié à l’Etat régalien en ce que l’homo economicus rationnel ne
verrais aucun intérêt à créer des bibliothèques, des bancs et des beaux parcs s’il n’était pas le
seul à en profiter. Une acception de l’intervention étatique dans l’économie qui s’est depuis
largement étendu à toutes les sphères de l’économie, créant même le champ de recherche
l’économie publique au XXème siècle (Jacques Drèze). Et le second, de jure par son essence
même, le droit étant communément admis par l’école positiviste comme un phénomène social
destiné à établir des règles obligatoires, supposant logiquement l’existence de moyen de
contraindre que l’on trouve dans selon le sociologue allemand Max Weber « monopole de la
violence légitime » détenu par l’Etat11. La question de l’Etat et de son rôle est donc inhérente
à ces disciplines il était donc intéressant pour moi de voir si l’État peut et s’il devrait lui
incomber la tache de régler la majorité des problèmes de la Cité au vu de mes matières de
prédilection. Cet intérêt de comparaison entre mon expérience pratique et ma formation
théorique s’est matérialisé de deux façons. D’abord pendant mes cours d’économies ou l’on
abordait souvent la question de la pauvreté et de ses solutions économiques, mon expérience
pratiques m’as rendu plus critique à la pléthore des théoriciens chaqu’un prétendant avoir
l’équation miracle ou les leviers budgétaires idéaux pour régler un problème aussi
fondamentalement humain donc complexe. Plusieurs hypothèses qui étaient mise en place
dans ses modèles ne résisterais pas à un simple trajet entre le bureau de l’académicien en
question et le rayon de supermarché d’en face. Cette observation se faisait aussi en droit ou
mes professeurs n’hésitait pas à critiquer la manie d’inflation législative française, prétendant
de tout régler par texte, décret qui sont souvent des solutions faciles pour masquer des
problèmes de fond beaucoup plus structurelle et multidimensionnel. De plus, ces expériences
pratiques m’ont permis d’avoir de bons exemples pour étayer mes argumentations en
dissertation, j’ai notamment eu la chance pendant mon cours de « business and society » de
toucher de très près les questions du mythe de rationalité, de responsabilisation, d’Etat et de
migrations. Autant de sujet ou j’ai pu éviter l’écueil si commun à Sciences Po d’overdose

11
Politiks als Beruf, 1917,  in  Le Savant et le politique, Plon 1959, traduction Julien Freund et
introduction  Raymond Aron
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d’appareil de notes complexe pour masquer le manque de matière et le remplacer par des
anecdotes beaucoup plus parlantes qui m’ont aidé maintes fois à titiller l’intérêt des
correcteurs. En somme, cette expérience m’a permis de me doter pour les cours d’un esprit
critique renouvelé et aguerrie ainsi qu’un bagage d’exemple. Mais la deuxième façon inverse
le lien de causalité, en ce que mes enseignements m’ont également permis d’aborder mes
projets civiques avec sérénité et précision. Les modalités d’étude de terrain développé lors de
mes cours de sociologie, les techniques d’interview, de recueil de témoignage etc. m’ont été
plus qu’utile lors de mes stages qui était au plus près des populations concernées dont la
parole est si rare et précieuse. De plus, mes capacités de synthèse développée notamment
pendant mes conférences de méthodes ont été un terreau fertile pour mes associations d’idées
entre théorie et la réalité que je vivais.

D. Bilan critique de l’ensemble du projet

Le bilan de ce projet civique est en demi-teinte. J’ai d’abord ressenti beaucoup de frustration
quant à la préparation et à la réalisation de ce projet. D’abord pour la préparation du premier
stage, excité à l’idée de pouvoir mettre en application ma lettre d’engagement sur le thème du
libéralisme qui m’est cher j’ai eu beaucoup de mal à trouver un stage qui corresponde à ma
première thématique de recherche qui était la responsabilisation économique de l’individu.
Mon idée de base s’articulait autour d’une expérimentation de la revenue universelle, or ce
dernier est appliqué de façon très incomplète et éparse dans les régions qui me sont accessible
en Europe (Finlande) et ne peux s’observer dans sa réalité que dans des régions très précise
que la barrière de la langue et de la distance m’empêche d’accéder (Le Kerala en Inde ou
certaines zones du Pérou en sont des exemples). J’ai donc dû me rabattre sur le micro-crédit
qui n’offre pas une analyse complète de ma première thématique ce qui a été un obstacle au
déroulement limpide de ma réflexion. Ensuite, durant la réalisation du deuxième stage, dans
le camp de refugié, j’y était d’abord parti pour explorer la thématique cosmopolite du
libéralisme, la possibilité d’une abolition des frontières et d’une libre-circulation totale
confronté au quotidien de ceux qui vivent le passage d’une culture, d’un monde à l’autre.
Néanmoins, la réalité m’a l’a aussi rattrapé en ce que j’ai réalisé au bout de quelques semaines
avec mon équipe, que notre intervention musicale hebdomadaire venant pourtant d’un bon
sentiment d’intégration par la musique, de mise en place d’un aspect de rencontre entre
différentes classes sociales etc… était en inadéquation totale avec les attentes de ces réfugiés
la et plus encore cette intervention les gênait dans leur volonté de tranquillité, et de temps seul
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le samedi soir. Ce fut une expérience difficile que d’être confronté régulièrement à sa propre
impuissance de compréhension des attentes de l’autre, de sa réalité et de ses ses désirs. Et
malgré nos changements de formules, d’horaires et de date fréquent cette conclusion était sans
appel. Au final j’y vois aujourd’hui une certaine cohérence (que j’ai pu exposer en partie A.)
avec le premier thème de responsabilisation en tant que revers de la médaille analysant la
faillite d’un groupe en contraste avec le succès de l’individu que j’ai observé à Casablanca.
Mais ce lien était loin d’être une évidence au cours de ma 2ème année d’autant plus que
l’Armée du Salut, organisation qui chapotait notre intervention, était-elle-même incapable de
voir l’inutilité de notre action et au contraire n’était pas en manque de mot pour complimenter
cette dernière. Malgré ces difficultés j’ai beaucoup appris grâce à ces expériences uniques
autant pour nourrir ma thématique et ma réflexion, que d’un point de vue plus humain, et je
trouve d’autant plus intéressant que certains des apprentissages que j’ai pu glaner n’ont été
possible que grâce à des échecs.

Partie 2- La note orientée vers l’« action publique »


A. Executive Summary
Dans le cadre de mes expériences de terrain susvisée et à l’aune mes études d’économie et de
sociologie j’ai pu observer une tendance de long terme celle du manque de compréhension et
la défiance qui en découle entre les gouvernants et les gouvernés et j’en suis arrivé à un
constat, la notion d’état central tout particulièrement dans sa déclinaison française n’est peux
être pas adapté à la production de politiques publiques adaptés, notamment dans les domaines
que j’ai pu observer durant mes stages civiques. Et les conséquences se font ressentir dans le
manque de confiance dans la vie publique des français qui se manifeste par une montée record
de l’abstention signalant le désengagement démocratique et une société de la défiance
constante ce qui paralyse la concertation et donc l’efficacité de la gestion publique. Mais faire
le constat n’est que la moitié de ce travail, il me tient à cœur d’adresser également par la
présente note des propositions qui permettrons d’aiguiller sur la voie d’une potentiel
résolution de ce problème. Ces propositions s’articulent autour d’un thème qui m’est chère,
celui de la décentralisation. En effet, cela semble être la réponse privilégiée à cette
déconnexion entre les politiques publiques et leur récipient en ce qu’une incitative de la sorte
permettrais de rapprocher le lieu de décision des principaux concerné et d’ainsi d’être à
l’écoute de leur besoin pour y apporter une réponse personnalisée et pertinente. En effet, les
élues les plus proche géographiquement de nous ont paradoxalement le moins de pouvoir de
décision, c’est ce paradoxe même qui est au cœur des problématique de défiance et de remise
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en cause de l’état évoqué plus haut. Cette piste à bien entendu déjà été envisagé par les
gouvernements successifs, l’idée que la France est trop centralisée n’étant, au-delà du
problème de défiance que cela sous-tend, pas nouvelle. Néanmoins, dans la présente note elle
prend une toute autre forme plus radicale. Il a trop longtemps été question de décentraliser les
compétences secondaire dans une volonté d’apaisement politique ou les transférer des
compétences mal défendu au niveau nationale (non-stratégique) dans une logique de
simplification, sans prendre en compte les réalités unique de chaque collectivités ainsi que
leur volonté propre : Il s’agirais de renouer avec l’esprit girondin et retourner complétement la
logique de transfert, en donnant le pouvoir au collectivités de décider elle-même de
l’attribution de leur compétences en fonction de leur connaissance du terrain. En d’autres
termes établir une répartition des compétences par le bas. Cela passerait par la modification de
l’article L.1111-8-1 du Code général des collectivités territoriales, une réforme qui nous
mettrais enfin en cohésion avec l’esprit des modifications constitutionnels du 28 mars 2003
qui annonçais un fort degré de décentralisation. Simple modification législative qui nous
permettrait d’intéresser le citoyen au bien public, d’augmenter l’efficacité des politiques
publiques, et d’ainsi réconcilier la fracture entre l’État et ses citoyens.

B. Développement
I) Introduction
II) L’État central : Une notion dépassée ?
III) La décentralisation : Avantages et difficultés historiques
IV) Les propositions d’action : Principe de subsidiarité ascendante et réforme
législative

Au fil de ces expériences susvisées une question fondamentale s’est posée comme le fil rouge
pour l’analyse de l’action et de la politique publique : L’État centrale, dans la conception
moderne du terme,12 est-il le plus à même à faire le bien de l’Individu ? J’ai pu voir avec
tristesse lors de mon projet civique de 2ème année l’incapacité d’une action de groupe à saisir
les volontés et les revendications propres à chaque refugié d’un camp et j’ai pu me réjouir de
l’initiative du micro-crédit qui prouve que l’individu peux par lui-même s’il a accès au bon
outil faire les meilleurs choix pour lui sans l’aide d’une institution au sens de Douglas North13.
12
Par Etat, j’entends l’Etat moderne qui n’est pas cantonné à ses prérogatives régaliennes, mais qui régule
volontiers une pluralité d’aspect de la vie quotidienne de ces citoyens.
13
North, Douglass Cecil. Transaction costs, institutions, and economic performance. San Francisco, CA: ICS
Press, 1992.
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Par cette problématique, on s’interroge donc sur la pertinence de l’État centrale pour régler les
revendications multiples de notre époque. L’Etat tel qu’on le connait aujourd’hui en France
avec sa genèse remontant à la fin du 18ème est-il la meilleure institution pour permettre le bon
fonctionnement de la société du XXIème siècle ?

L’Etat, sa genèse, son rôle et ses limites ont depuis l’aube de la philosophie et des sciences
sociales intéressé au plus près les théoriciens tant cette création de l’Homme semblent être
l’aboutissement de sa capacité d’abstraction qui lui a permis de se hisser au sommet de la
chaine alimentaire. Si le mot trouve ses racines chez les Romains il faudra attendre le XVIe
siècle avec la publication du Prince par le penseur florentin Nicolas Machiavel pour avoir la
première utilisation moderne de ce mot comme « unité politique d’un peuple qui le double et
peut survivre aux allées et venues non seulement des gouvernements mais aussi des formes de
gouvernement ». A partir de là, les justifications de l’importance de cette notion fusent, autant
d’un point de vue philosophique avec le concept de contrat social que politique avec les
mouvements romantiques qui ont marqué l’histoire du XIXe siècle. Mais force est de
constater que ces notions et concepts sont aujourd’hui remise en cause par les sciences dure
qui plus que jamais par leur avancée nous remet en question sur nos préconceptions de la
nature humaine. Plus encore, le concept d’Etat est aujourd’hui attaqué de toute part même si
on n’érige pas encore ces mouvements comme négation conceptuel de ce dernier. En effet,
que ça soit la remise en cause de la centralisation des pouvoirs partout dans le monde,
notamment en France avec les récents mouvements de gilet jaunes qui est parti d’un ral le bol
fiscal mais s’est transformé en crise de la représentation politique; de l’opacité de l’Etat au
Liban ou la pertinence des élites technocrates des gouvernements successifs est sous un fort
scrutin par la population qui n’en voit pas les bénéfices ; et des velléités d’infantilisation de la
population aujourd’hui remise en cause en Algérie notamment ou les manifestant militent
pour une libertés réel au sens marxiste du terme plutôt qu’un semblant d’aide social financé
par le pétrole. Quelles solutions s’imposent donc face à ces problèmes que tout Etat centralisé
connait ? Nous nous intéresserons dans cette note au cas français tout particulièrement.

Je vais donc au grès de ce développement puiser dans mes connaissances en politique


économique et en sociologie qui constitue les deux disciplines principales ma majeur à
Sciences Po pour créer une réflexion en trois temps sur la pertinence de l’Etat pour résoudre
les problèmes de la Cité ainsi que les solutions concrète de décentralisation qui pourrais régler
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les potentiels défauts. Je vais d’abord m’interroger sur les limites de l’État central dans son
acception moderne pour ensuite envisager deux solutions : La société sans état et la
décentralisation, pour ensuite m’attarder sur cette dernière et les raisons de son avancée
timide. Enfin, j’envisagerai une voie d’action publique en réponse aux lacunes évoquées, de
l’État et des efforts de décentralisation précèdent en présentant la décentralisation par le
principe de subsidiarité inspiré de l’UE, à la fois son utilité et ses modalités concrète d’actions
pour le cas français.

II) L’État central : Une notion dépassée ?

D’abord il nous serait utile de définir la notion d’Etat et son acception tout au long de cette
réflexion. Selon Hannah Arendt l’étymologie du mot Etat viendrait du latin status rei
publicae c’est-à-dire l’état de la chose publique. Dans ce sens, l’Etat signifierais donc la
conjoncture d’un groupe de personne à un instant t. Bien loi donc de ce que nous percevons
quand nous entendons ce mot aujourd’hui. En effet, c’est le libéralisme qui à créer l’Etat
moderne, le sociologue Français Émile Durkheim rappelle d’ailleurs que tout au long du
XIXe siècle libéralisme et étatisme allait main dans la main, l’Etat garant des libertés étant
née avec l’idée de liberté. Ce qui a été rappelé d’ailleurs par Foucault dans son dernier cours
au Collège de France en 1979. Mais pour les besoins de ce développement nous allons retenir
une autre définition de l’Etat et c’est justement celle que donne Michel Foucault. Pour le
philosophe français dans Naissance de la biopolitique, l’Etat est devenu aujourd’hui une
notion composite il n’a plus d’essence propre comme institution. Ainsi pour le saisir dans son
entièreté le théoricien politique devrait examiner les changements dans les pratiques même du
gouvernement pour comprendre les changements de nature dans les propriétés de l’Etat. C’est
donc dans la pratique plutôt que dans le concept que nous allons définir l’Etat. Ainsi chaque
Etat dans les différents pays à une définition propre. Qu’est-ce-qui définis alors l’Etat
Français ? Pour Gaspard Koenig, l’Etat moderne français avec son appareil actuel trouve sa
source dans le Régime de Vichy. Par essence centralisée avec une puissance toute particulière
donnée à l’administratif du fait de l’organisation bureaucratique. Dès lors, il nous incombe de
revenir à la raison-d ’être de cette conception de l’Etat pour évaluer son cheminement, son
utilité et ses limites.

Ces questions semblent déjà résolues eu égard d’un des fondements majeurs de de la pensée
politique moderne. En effet si on se base sur ce qu’Emmanuel Kant à appeler « fiction
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régulatrice » du contrat social14, la création de l’Etat y est définis comme la solution Pareto-
optimale. Ainsi, que ça soit dans le Léviathan de Hobbes ou chez Grotius, la création de l’Etat
apparait comme la solution évidente à une société ou des individus laissé seul à eux même est
dans des conditions sous-optimale, vivant chez l’un dans la peur constante étant chaqu’un un
loup prédateur15 et étant incapable de fonctionner sans unité de groupe, d’abord familiale
ensuite étatique chez l’autre. L’aliénation des libertés individuelles pour la sécurité et le
confort d’un Etat semble être alors la progression logique de l’humanité depuis les premières
sociétés 16 et donc le système souhaitable. La question est toutefois beaucoup plus complexe
que cela et encore une fois, la théorie s’effrite quelques peu à l’épreuve d’un examen de
terrain. En effet, les études archéologiques montrent que notre espèce Homo Sapiens par
essence ne vit qu’en groupe et il y a très peu de chance qu’on l’on ait une situation avec des
Sapiens lupus comme chez Hobbes ou des Sapiens en isolation comme chez Locke. L’état de
nature comme concept théorique ne résiste pas aux fouilles du passé : En effet, on lit dans le
livre de l’historien israélien Yuval Noah Harari que les particularité de notre espèce font que
la vie seul est impossible, l’augmentation de la taille de notre cerveau ayant causé une
atrophie des muscles nous empêche de pouvoir se défendre seul contre les forces animal de la
nature, la réduction de la taille des hanches des femmes pour supporter la position debout à
réduit le temps de gestation faisant de nous l’une des rare espèce enfantant des bébé qui ne
peuvent fonctionner seul que de longue année après leur naissances17. Dès lors, la fiction de
l’homme seul réuni par la création de l’Etat dans une situation plus confortable est remise en
cause au profit d’une conception plus aristotélicienne de l’homme comme « animal
politique » par essence. Mais plus encore, l’anthropologie moderne par le biais de Pierre
Clastes notamment nous enseigne qu’au contraire l’histoire de l’humanité est plutôt celle de
l’émancipation du groupe par l’individu qui se construit en tant qu’unité propre, au-delà de sa
qualité de membre de la tribu. La révolution ça a été d’arriver à se sortir de l’homogénéité du
groupe symbolisé par le tatouage, le rite initiatique pour crée la notion d’individu. C’est donc
le processus inverse au fameux contrat social qui est de mise : L’individu n’est pas le point de
départ mais la finalité du processus.

14
Obrest, Michael (2015). "Kant on Universals". History of Philosophy Quarterly. 32 (4): 335–52.
15
Titus Maccius Plautus. "Asinaria". The Latin Library. Retrieved 02 May 2020.
16
Jean Terrel, Les théories du pacte social : droit naturel, souveraineté et contrat de Bodin à Rousseau, Paris,
Seuil, coll. « Points essais », 2001.
17
Sapiens : Une brève histoire de l’humanité [« Sapiens: a Brief History of Humankind »] (trad. de
l'anglais par Pierre-Emmanuel Dauzat), Paris, éd. Albin Michel, 2015, 
Anass El Wardi

De ce fait, d’un point de vue conceptuel aussi bien que pratique la délégation à État n’est pas
le nec plus ultra du développement de nos société. Plus encore, dans un monde de plus en
plus complexe avec des sociétés de grande taille il semble encore plus difficile de rendre
compte des situations personnelle de chaque individu et l’Etat deviens donc un frein plutôt
qu’une avancée. Des travaux académiques ont déjà pu creuser ce problème, Pierre
Rosanvallon dans la deuxième partie de La crise de l’État-providence après avoir établi le
cout financier majeur de ce dernier s’intéresse à son efficacité l’Etat providence étant devenu
une machine de plus en plus opaque et bureaucratique et les principes de solidarité et de
redistribution qui la commande n’apparaissant plus clairement aux yeux de tous18. Des
travaux dans le domaine de l’artistique cette fois, qui fixent et décrivent l’état de la société à
un instant donnée, s’emparent aussi de ce problème de société : Lors de ma première année à
Sciences Po le train entre Reims et Paris grouillait de personnes ayant entre les mains une
copie du livre Vernon Subutex de Virginie Despentes toujours en tête d’affiche des magasins
Relay de gare entre la dernière édition de Gala et les pains au chocolat, donc accessible à tous.
Dans le premier volume de ce Roman, l’autrice décris la longue descente à l’enfer de la
parfaite victime de notre temps, Vernon Subutex, un disquaire ruiné par l’irruption du
numérique et délaissé par bon nombre de prestation sociale en cause de sa qualité
d’entrepreneur indépendant. Il se retrouve au RSA avant de le perdre un jour, parce qu’au
hasard d’une conversation avec sa conseillère CAF il à laisser échapper qu’il n’était pas en
recherche d’emploi et même au grand damne de cette dernière, qu’il utilisait parfois cet argent
pour aller voir des performances artistiques (ce qui nous rappelle d’ailleurs la controverse du
Surfer de Malibu de John Rawls19). Despentes souligne ainsi l’absurdité de ces démarches de
solidarité étatiques pourtant intrusives, conditionné et qui rate totalement leur but en
méconnaissant les réalités particulières de tout un chaqu’un. Un autre exemple, dans un autre
pays, la palme d’Or du festival de Cannes en 2016 : le film britannique I, Daniel Blake écrit
par Ken Loch aborde un cauchemar kafkaïen20 moderne de la traversé de la bureaucratie par
une famille ayant besoin d’aide social. Traité comme des enfants, humilié, stigmatisé avant
d’arriver à leur droit. Dès lors si les poètes de notre temps traite de ce sujet c’est qu’il est
éminemment actuel et d’une importance capitale pour la compréhension de notre réalité
politique au XXIème siècle, nous allons donc nous plonger maintenant dans les limites de

18
« Réinventer la démocratie » [archive], Cahier du « Monde » no 19987, 29 avril 2009, 8 pp.
19
https://bibliobs.nouvelobs.com/idees/20170102.OBS3284/les-surfers-de-malibu-meritent-ils-le-revenu-
universel.html
20
Le Procès, Kafka Frantz (1925) « Die Schmiede », Berlin
Anass El Wardi

cette notion d’État dans le cas français pour sous-tendre la nécessité d’un processus de
décentralisation radicale pour renouer le lien politique.

1. Les limites de l’Etat en France :


Il y’a déjà deux siècle, Alexis de Tocqueville dénonce l’émergence d’un despotisme
démocratique voyant grandir un pouvoir à la fois bénévolant, bienveillant « immense et
tutélaire »21 qui cherche à faire le bien des gens y compris contre leur propre volonté et qui
deviens d’autant plus difficile de contester eu égard de sa bonne volonté. Néanmoins on est
aujourd’hui face à la limite de ce système ; 2/3 des français considèrent qu’il y a trop
d’interdit et de surveillance, ¾ considèrent que de graves atteintes au libertés individuelles ont
été actés dans les dernières années mais en même temps une majorité n’est pas satisfaite de la
performance de l’état dans ses prérogatives de providence. On ajoutera donc à l’analyse de
Tocqueville que l’état à des tendances despotiques mais qu’il est aussi aujourd’hui impuissant
puisque l’inflation législative des dernières années ne résout pas les problèmes de fond du
pays. Trois caractères de l’Etat moderne peuvent être soulevé pour expliquer cette
impuissance.

i. Le caractère infantilisant
Une anecdote sur la législation qui entoure l’interdiction de la cigarette électronique dans
l’espace publique est très révélatrice de cet écueil d’infantilisation. Le législateur ayant
regorgé d’inventivité pour interdire cette pratique hors de toute considérations scientifiques
puisqu’aucune recherche médicale ne prouve pour l’instant la possibilité d’un tabagisme
passif avec la cigarette électronique, le produit étant potentiellement dangereux uniquement
pour son utilisateur mais pas son environnement. Dès lors, pour acter l’interdit en dehors de
toutes considérations médicales (et alors même que cette cigarette est remboursée par la
sécurité sociale britannique parce qu’elle constitue une porte de sortie de la cigarette
classique) le législateur nous explique que le geste de la cigarette électronique rappelle le
geste de fumer et donc pouvais devenir un point d’entrée vers le tabagisme. Il y’a donc une
vraie volonté d’interdire, de protéger l’individu contre lui-même au-delà de toute
considération logique ou documenté. Cette volonté est aujourd’hui assumée, le Conseil d’Etat
dans un arrêt de 1975 à consacré que la police générale n’a pas pour seul objet de protéger les
tiers mais elle a aussi légalement pour but de protéger celui qui est son propre objet,

21
Keslassy, Éric. « Tocqueville, ou la proposition d'un nouvel Etat », L'Économie politique, vol. no 11, no. 3,
2001, pp. 99-106.
Anass El Wardi

autrement dit protéger l’individu contre lui-même 22. Le cas d’espèce étant deux citoyen
Bouvier et Delamaisoneuve qui ont fait un recours en excès de pouvoir en expliquant qu’ils
étaient libres de ne pas mettre leur ceinture de sécurité parce qu’ils ne nuisaient qu’a eu même
en cas d’accident. Recours auxquelles le conseil d’Etat a d’abord répondu par l’absurde dans
la même veine que la cigarette électronique, soulignant le risque pour ces personnes de
devenir des projectiles dangereux pendant l’accident, avant de retenir le raisonnement susvisé.
Enfin, un pas de plus dans cette direction est de considérer que l’Etat peux définir mieux que
vous votre propre dignité, et donc vous protéger moralement en plus de physiquement. En
dénote le fameux arrêt de Morsan sur Orge interdisant le lancer de nain pour la dignité de ces
derniers mais lui-même combattu par ces mêmes nains qui voient leurs salaires, et
opportunités sociales s’envoler à cause de cette décision23.

Les exemples se multiplient et cette infantilisation bloque parfois le progrès, les nains lancés
se voient au nom de la moralité et la dignité humaine, concept purement crée (Voir Nietzche
sur la Généalogie de la morale) spolié de bien-être social et d’un potentiel revenue
émancipateur. Rappelons cette citation de Rousseau « L’argent que l’on possède est
l’instrument de la liberté, celui qu’on essaye d’obtenir est l’instrument de notre esclave »24, on
oblige donc ces nains à essayer d’obtenir par d’autre moyen ce qu’ils avaient déjà. Leur
liberté réel au-delà de toute considération des grands textes comme la DDHC s’en trouve
réduite. Leurs capabilités, pour reprendre une expression de l’économiste Indien Amartya
Sen, c’est-à-dire la capacité d’appliquer réellement cette liberté formellement donnée est de
facto réduite. Un exemple plus concret qui souligne le manque à gagner de cette politique
infantilisante de l’Etat est celui du RSA : La procédure du RSA est tellement infantilisante
tant par ces procédures interminables ex ante qui stigmatise comme pauvre et demande des
informations très personnels, que par la surveillance hautement intrusive ex post (En plus de
l’impossibilité de faire des petits boulots en parallèle). La logique étant que l’Etat se doit
d’avoir un maximum d’information pour nous aider à nous connaitre mieux nous même, pour
pouvoir réguler nos comportements facétieux qui serait la cause de notre pauvreté. Il est
même des anecdotes en recours pour indu du RSA ou l’on va jusqu’à vérifier le nombre de
brosse à dents présente dans des toilettes pour vérifier la qualité de couple des demandeurs.

22
https://www.legifrance.gouv.fr/affichJuriAdmin.do?idTexte=CETATEXT000007647682

23
https://www.legifrance.gouv.fr/affichJuriAdmin.do?idTexte=CETATEXT000007877723
24
Rousseau, Jean-Jacques (1987). Rousseau: Confessions. Cambridge Université Press. pp. 9
Anass El Wardi

C’est tous ces facteurs réunis qui font que près d’1/3 des personnes qui pourrait avoir accès à
cette prestation n’en font tout simplement pas la demande du fait du caractère extrêmement
contraignant et infantilisant de cette dernière. De plus, Ainsi, l’Etat par sa présence trop
marquée, condamne une prestation sociale qui de prime abord semble une idée plutôt
intéressante pour lutter contre la pauvreté. C’est pour ça que certains comme le philosophe
Belge Phillip Von Pjaris, dans la lignée de penseur libéraux comme Milton Friedman, plaident
pour un revenu universel qui contrairement à ce RSA serait inconditionnel, et directement
versé sans aucun besoin de procédures25. Tout au contraire de l’infantilisation on
responsabiliserait alors l’individu en lui donnant un filet de sécurité sur lesquels il pourra
s’appuyer pour faire ses choix. Et cela peut sembler contre-intuitif mais plus on donne la
liberté aux individus de disposer comme il leur semble de leur mouvement, leur finance etc.
plus ils en font un usage rationné, réfléchi. C’est ce qu’a en tout cas démontré les expériences
du revenu universel dans les régions les plus démunis, mais dans un tout autre domaine aussi,
celui du transport : En effet, une expérience de « route nues » (Naked Roads) a vue le jour au
Royaume-Uni, le concept est très simple mais hautement symbolique. Abandonner toute trace
de signalisation routières contraignante (feu, rond-point tracé, marquage au sol, limitation de
vitesse, priorités) et observer comment l’individu se comporte avec autant de liberté. Il se
trouve que face à cette absence de règle, la plupart des conducteurs se responsabilise et
adoptent une posture aux aguets en faisant très attention à leur conduite. L’organisation de soi
par soi donne des rues moins chaotiques que la délégation à une autorité tierce26. C’est encore
une preuve supplémentaire des bénéfices de la responsabilisation en lieu et place de
l’infantilisation couteuse et inefficace.

ii. Le caractère centralisateur (Jacobinisme)


Quand on lit Raymond Aron, on réalise à quel point il est logique que le libéralisme ait vite
été perdu au profit d’un autre schisme idéologique en France du fait de la volonté
centralisatrice, jacobine, de l’Etat français depuis 178927. Il est effectivement passé de la
Terreur, à Vichy en passant par des empire et monarchie. L’ADN centralisateur français n’est
donc pas un mystère, mais il pose toutefois quelques problèmes. Le principal que nous
aborderons ici est celui du sentiment de manque de représentation. Il est en effet au cœur des

25
Van Parijs, Philippe (ed.). "Arguing for Basic Income: Ethical Foundations for a Radical Reform", London:
Verso, 1992
26
https://thecityfix.com/blog/naked-streets-without-traffic-lights-improve-flow-and-safety/
27
Démocratie et totalitarisme, Aron Raymond, Galimard (1965), Paris.
Anass El Wardi

tensions françaises aujourd’hui que ça soit par le mouvement des gilets jaune récemment qui
ne se sentent absolument pas représenté par une élite à Paris ou par le taux d’abstention
grandissant depuis des années. Contrairement à une démocratie locale comme en Suisse par
exemple, ou les décisions étant prises directement par le peuple sur des sujets qui leur
importe, de leurs vies quotidiennes dont ils peuvent comprendre les enjeux ; le français lui est
noyé dans une politique qui ne correspond pas à ses réalités, Cette tension crée des problèmes
majeurs de confiance, et on le voit bien les indices de valeur et de foi en le caractère substantif
de la démocratie chutent, notamment chez les plus jeunes. Un deuxième problème qui se pose
de façon inhérente à la centralisation est celui de l’efficacité, comment peux ont administrer
un territoire immense depuis Paris en prétendant connaitre les réalités de chaque régions et
imposant donc par exemple, un programme scolaire unique au nom du principe d’égalité
inscrit dans le droit administratif. On tombe dans l’écueil de Tocqueville souligné dans De la
démocratie en Amérique de « tyrannie de la majorité » sans prise en compte des réalités
diverses, multiple et minoritaire du terrain.

Néanmoins malgré le défaut énoncé et la protestation populaire qui n’a peux être pas le nom
d’une protestation anti-centralisation mais en à toutes les revendications, la centralisation ne
semble pas fléchir et c’est au contraire une tendance qui a bien l’air de continuer à se mettre
en place. Il y’a eu 10,234 milliards de dollars de baisse de la dotation générale de
fonctionnement aux collectivités territoriales entre 2012 et 2018.

iii. Le caractère opaque


Cette dernière caractéristique va de pair avec les deux autres, on ne comprend plus l’Etat. Si
l’adage latin disposait que nemo censetur ignorare lege (nul n’est censé ignorer le droit),
aujourd’hui l’inflation législative et le caractère tentaculaire de l’administration fait que le
citoyen se perd totalement dans les rouages de la bureaucratie à la manière du personnage
principal dans Brazil de Terry Gilliam. Dès lors, si l’on ne comprend pas ce que l’Etat fait
pour nous, il devient un « ils » et pas un « nous », alors même qu’il est censé nous représenter
et c’est un paradoxe qui est le terreau fertile par excellence des bouleversements politique
propre à notre époque. Pire encore, il offre une excuse parfaite pour le complot dans la société
de la défiance, qui va prêter à l’Etat des intentions spécifiques pour combler son manque de
clarté. Des dangers que l’on voit particulièrement apparaitre en ces temps de crises sanitaires.

2. Vers la fin de l’Etat ?


Anass El Wardi

Au vu de ces limites conséquentes, d’aucun prônerait la fin pure et simple de l’Etat une notion
qui serait révolu à l’ère post-moderne. C’est le constat des libertariens aux États-Unis allant
même jusqu’à refuser l’utilisation de la monnaie fédérale lui préférant le bitcoin crée de façon
décentralisée par le biais de la blockchain qui concurrence l’Etat au cœur même
de sa souveraineté ; mais aussi d’une nouvelle faction de l’extrême droite (même française
sous l’égide d’Alain Soral28) qui se plait à imaginer un futur de petite communauté de bunker
autogéré dans un environnement quasi-hobbesien tout droit sorti d’un film post-apocalyptique
de George Miller.29 Nous ne nous aventurerons pas dans ces eaux la durant ce développement,
d’abord parce que l’annonce des fin n’a pas bonne réputation dans le milieu de la pensée
politique, on pense notamment à la prématuré Fin de l’histoire et du dernier homme du
chercheur en sciences politique américain Francis Fukuyama. Ensuite, parce que le propre de
cet exercice est de proposer une ou des actions qui pourrait corriger les limites susnommées.
Ainsi une « troisième voie »30 serait possible pour adresser les limites tout en conservant les
avantages certains d’une organisation étatique : Celle de la décentralisation autant du point de
vue administratif en créant des unités plus petites, donc une démocratie locale plus à même de
comprendre ces habitants et leur problématique. Mais aussi du point de vue politique, en
déléguant à l’individu le maximum de liberté et en replaçant l’état dans le rôle de garant de
ces dernières.

III) La décentralisation : Avantage et difficultés historiques

1. La décentralisation comme solution logique au manque de confiance

Face à ces limites la notion de de décentralisation semble logique : Pendant la crise du


coronavirus que nous vivons actuellement, la question de la décentralisation est au cœur du
débat. Les comparaisons entre la « république une et invisible » 31de France et la fédération de
länder Allemand dans leur gestion et résultats de la crise nous font remettre en question notre
modèle de centralisation. Si au début l’État a vite été sceptique de la délégation du contrôle

28
https://www.lindependant.fr/2019/08/20/ce-camp-survivaliste-de-lultra-droite-qui-inquiete-le-
vallespir,8368884.php
29
Mad Max, James Mcausland, Byron Kennedy (1979), American International Pictures, Sydney
30
Macmillan, Harold (1938). The Middle Way: A Study of the Problem of Economic and Social Progress in
a Free and Democratic Society. London: Random House
31
"Constitution". Journal Officiel de la République Française : 9151–9173. 5 October 1958. 
Anass El Wardi

dans le cadre du virus, la décision du Conseil d’État du 17 avril 2020 annulant la décision de
l’obligation du port du masque dans la commune de sceau ayant donner la note de la position
française ; un revirement semble être en train de s’opérer pour la phase du déconfinement, le
premier ministre Édouard Philipe annonçant plus de pouvoir pour les élus locaux en matière
de gestion de ce dernier. Ainsi, la décentralisation présente de nombreux sérieux avantage
dans le contexte de crise actuel mais aussi de manière générale en réponse aux problématiques
de l’Etat en France. D’abord on peut grâce à lui rétablir la relation aujourd’hui cassé entre
gouvernant et gouverné, en effet c’est Tocqueville lui-même qui nous explique que c’est « en
chargeant les citoyens de l’administration des petites affaires, bien plus qu’en leur livrant le
gouvernement des grandes, qu’on les intéresse au bien public et qu’on leur fait voir le besoin
qu’ils ont sans cesse les uns des autres pour le produire ». Ainsi, on a non seulement des
administrateurs qui sont plus à même à comprendre les réalités du terrain, des ambitions et
volonté de leur administrés mais on a aussi la deuxième partie de la citation qui est
primordiale et qui nous rapproche donc d’un modèle à la suisse cantonale ou le citoyen
n’utilisent plus le « ils » pour désigner les actions du gouvernement mais le « nous » tant il se
sent impliqué dans la vie et les décisions de la Cité. Cela règle donc une grande partie des
problèmes liées au système représentatif, à la méfiance des élites et au rejet de la démocratie
qui ponctue l’actualité des manifestations en France. Rappelons que 71% des Français font
confiances à leur maire contre 39% quand il s’agit du gouvernement.

Ensuite, à côté de l’attrait pour la satisfaction et la confiance. Il y’a un attrait pour l’efficience
des politiques. C’est en tout cas la thèse de Wallace Oates qui explique que l’efficacité accrue
liée à la décentralisation vient d’une source majeure : La proximité entre les acteurs32. La
proximité réduit les risques de corruption, d’évasion fiscale puisque le bénéfice du passage
par l’impôt est directement visible par le contribuable et augmente la réactivité du corps
politique et administratif qui est plus à même de suivre les vicissitudes de leur voisinages
proches et ainsi optimiser l’allocation social des ressources. On pourrait également prendre un
vieux postulat de l’économie et faire l’argumentaire que la concurrence accrue entre des
petites unités territoriales en compétition obligent ces derniers à rester attractif, investir,
augmenter leur productivité33. Enfin la décentralisation pourrait régler un paradoxe au cœur de

32
Wallace E. OATES, Fiscal federalism, New York, Harcourt Brace Jovanovich, coll.« The Harbrace series in
business and economics », 1972.
33
Ronald A. EDWARDS, « The structure of authority, federalism, commitment and economic growth »,
Economic Theory, n°25, 2005, p. 629-648.
Anass El Wardi

la construction politique française, en effet d’un côté la constitution dispose dans son article
1er que la France est un état unitaire et dans son article 34 que la loi détermine les
compétences des collectivités soulignant ainsi le coté centralisateur, mais à la manière du
macronisme ajoute un en même temps dans le même article 1er entérinant la
« décentralisation » et met en avant un article 72 largement favorable à la prise de décision
par des unités plus petites. Dès lors, le choix d’une voie claire au lieu de deux souhaits
contradictoire et irréconciliable apportera une clarté bienvenue à la société française. Mais
comment arriver à ce résultat de manière concrète ? C’est tout le sujet de notre dernier point.
2. La difficulté de décentraliser : Mise en perspective historique

En effet, décentraliser est plus facile à dire qu’à faire. Dès les années 80 la volonté de
décentralisation s’est fait ressentir notamment pour répondre aux problématiques qui forment
le fil directeur de notre note de confiance, et proximité avec la politique. Les lois de
décentralisation du 7 et 22 juillet 1983 était ambitieuses en la matière et sont souvent cité
comme un bond en avant. Avec un système de bloc de compétences, l’État attribue aux
communes « dans la mesure du possible » ces dernières dans certains domaines. Si la volonté
de décentraliser est présente, elle va se heurter à plusieurs problématique ; en effet c’est
toujours l’état qui définis autoritairement ces blocs et les attribue à son bon vouloir sans
aucune contrainte. L’État centralise donc l’idée même de ce qui est dans l’intérêt d’une
collectivité en se donnant le droit de le définir. La réforme constitutionnelle de 2003 pose
également plusieurs soucis, d’abord, obiter dicta, par sa nature elle a engendré un grand
chantier difficilement réversible sur le court terme en ce qu’elle a modifié la constitution.
Ensuite, elle a consacré le principe de l’intérêt de l’État primant sur l’intérêt des collectivités
en ce que sa logique sous-jacente est de « décharger » l’État des certaines de ses compétences
propres. Là encore, cette répartition est dans l’intérêt de l’État, les compétences attribuées
n’étant pas défini comme primordiale ou d’intérêt par les collectivités territoriales. L’état en
profite donc pour donner des compétences qui ne lui sont pas stratégique ou couteuse en lieu
de réfléchir au véritable besoin et efficacité potentiel de la gestion des collectivités. Plusieurs
réformes plus récentes proposent de nouvelles solutions souvent de réforme constitutionnelle.
Or force est de constater que le problème n’est pas au niveau constitutionnel, cette dernière
accordant largement le principe de décentralisation et constituant un terreau fertile pour des
changements, mais bien au niveau des provisions la loi auxquelles la constitution se réfère.
Or, aucun projet de réforme ne s’intéresse à cette dernière. Ensuite, le problème majeur des
propositions précédente réside dans le fait qu’il n y a pas un renversement de la logique de
Anass El Wardi

transfert, en ce que c’est toujours l’État qui décide de l’attribution des compétences sans prise
en compte des réalités et envies locales ; c’est donc ces deux points que notre proposition
d’action va tacler en suggérant la modification d’un simple article du code général des
collectivités territoriales en s’inspirant du principe de subsidiarité ascendante européenne.

IV) Les propositions d’action : Principe de subsidiarité ascendante et modification de


la loi

C’est face donc au constat dual de remise en cause de la notion d’État centrale dans la théorie
et les échecs empirique d’une implémentation d’une décentralisation qui serait à même de
régler le problème posé qu’il faut envisager des proposition d’action concrète : Nous avons vu
plus haut que le problème majeur des efforts de décentralisation historique en France est celui
de la demi-mesure, de garder cette dynamique de transfert du haut vers le bas en donnant à
l’État centrale le moyen pour choisir quelles compétences délégué. De ce fait, les
compétences vont être délégués soit sous une injonction politicienne d’images, soit pour se
débarrasser de compétences non-stratégiques et couteuses pour l’État centrale. Il faut donc
renverser la logique de transfert, en accordant le droit au collective d’eux même choisir les
compétences dont elle se réserve la gestion et ainsi arriver à une répartition par le bas. En
d’autres termes passer d’une subsidiarité descendante, de l’État aux collectivités, à une
subsidiarité ascendante qui émane des collectivités de jure et donc de facto des citoyens plus
proche du nouveau centre de décision et donc plus à même de s’engager, et de renouer avec la
dimension collective de l’exercice politique démocratique. Dès lors, quelle proposition
législative faut-il faire pour arriver à renverser la logique de répartition, et autoriser les
autorités locales au plus proches de population à déterminer elles même leur compétence.
Nous proposons de s’inspirer d’un système proche de nous, celui de la subsidiarité
européenne. En effet, l’article 5 du traité de Lisbonne dispose qu’en dehors de la compétence
exclusive de l’Union attribué par les membres, les États membre sont mieux à même de
prendre leurs propres décisions et donc de décider de leur compétence. Pourquoi ne pas
s’inspirer de ce modèle pour la gestion de la France ? En effet, si la constitution énonce dans
plusieurs articles notamment les articles 72-1 et 2 que les collectivités territoriales disposent
d’un nombre important de liberté, dont la liberté théorie de lever les impôts (donc l’autonomie
fiscale), les conditions prévues par la loi sont-elles beaucoup plus restrictives et la tendance
des dernières années est à l’inverse contre une autonomie des collectivités. Ainsi,
constitutionnellement la France à un potentiel d’être décentralisé à grande échelle, ce sont les
Anass El Wardi

lois qui posent problème. Il n y a donc même pas besoin d’un grand chamboulement
institutionnel, ni d’une nouvelle République mais simplement d’une réécriture législatives des
dispositions ne permettant pas le principe de subsidiarité à l’européenne. C’est donc l’article
L-1111-8 du Code Général des Collectivités territoriales dans son alinéa 1er qui est en cause
ici puisqu’il dispose que « L’État peux déléguer par convention à une collectivité territorial
(…) qui en fait la demande de certaines de ses compétences ». Dans sa formulation, la
délégation des convention visées est une simple possibilité et l’État se réserve le droit de
décider de la validité ou non de la demande. Il faudrait alors simplement modifier la
possibilité en injonction, en obligeant l’État centrale à déléguer les compétences qui ne déroge
pas à ses compétences exclusives cité exhaustivement dans le reste de l’article. Cette
modification minime de possibilité en devoir, va aboutir à une décentralisation massive et
donc à tous les avantages pour redonner la confiance en l’efficacité de la politique publique et
ainsi résoudre la fracture entre État et individu. De plus la modification simple d’un article à
plusieurs avantages, d’abord elle peut se faire beaucoup plus facilement ne demandant pas les
conditions parlementaires d’une modification constitutionnelles. Deuxièmement, elle permet
de pouvoir facilement évaluer son impact et corriger au fur et à mesure de son application
concrète. Enfin, cette modification est par essence différente de ces prédécesseurs en ce
qu’elle laisse simplement la responsabilité du choix au collectivités, sans obligation
d’exercice ou d’association avec d’autre collectivités. Et cela va avoir des conséquences
concrètes majeur en ce que les collectivités pourraient choisir els compétences qu’elles
peuvent le mieux gérer et dans des domaines où elles sont particulièrement plus efficace pour
connaitre les revendications de leur citoyens : Université, patrimoine, emploi voir même
jusqu’à l’instauration d’une forme de démocratie local bien loin des référendum consultatif
des communes sous l’empire de la loi actuel. 

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