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Chapitre 3

STRUCTURE DES MATÉRIAUX SOLIDES

1- Arrangement des atomes dans les solides cristallins


Un cristal parfait est caractérisé par un arrangement régulier et périodique des
atomes liés entre eux par les forces de cohésion. Par exemple le carbone se
cristallise dans deux structures : Le diamant et le graphite qui sont caractérisés
par des propriétés mécaniques et physiques très différentes. Le diamant est le
matériau le plus dur et sa principale application industrielle se situe au niveau des
abrasifs alors que le graphite est un lubrifiant solide. Cet exemple nous montre la
relation étroite entre la structure cristalline et le comportement macroscopique
des matériaux.

Les matériaux cristallisent sous une forme monocristalline ou polycristalline


(figure suivante)

Les matériaux métalliques couramment utilisés ont une structure polycristalline


qui est formée d’une multitude de microcristaux (grains) relis entre eux par des
joints de grains. Chaque grain d’un matériau métallique est un monocristal.

2- Description de l’état cristallin


2.1 Structure cristalline
Le cristal représente l’état de la matière le plus fréquemment rencontré dans les
matériaux. Pour cette raison nous allons étudier de façon plus approfondie
certains concepts liés à cette structure.
La cristallographie décrit l’architecture des cristaux, c’est-à-dire la répartition
des atomes dans l’espace et les lois géométriques qui en fixent la position. Les
solides cristallins sont donc caractérisés par un ensemble d’atomes arrangés
périodiquement suivant les trois directions de l’espace dans un ordre strict qui
définit la structure cristalline.

Deux concepts fondamentaux sont à la base de la description de la structure


cristalline : le réseau et le motif.

• Un réseau spatial est constitué par un ensemble de points appelés nœuds, de


dimension infinie, obtenu par translation dans l’espace de trois vecteurs non
coplanaires, a, b et c, qui déterminent les directions et les distances entre les
nœuds du réseau. Dans le cristal, chaque nœud du réseau possède un
environnement identique pour une direction donnée.
• Le motif constitue l’élément de base dont la répétition suivant le réseau
spatial engendre le cristal. Le motif peut être un atome ou un groupe d’atomes
ayant une orientation et une géométrie bien déterminées.

La structure cristalline est engendrée par translation dans l’espace du motif qui
vient occuper les nœuds du réseau spatial. La structure cristalline est donc
déterminée à la fois par son motif et par son réseau spatial.
Le cristal est engendré par la juxtaposition des mailles parallélépipédiques
identiques de côtés a, b, et c. La maille contient le motif d’atomes qui se répète.
Les mailles ont un volume de forme géométrique simple (cube, parallélépipède)
dont la répartition dans l’espace engendre le réseau et le cristal. Le module des
trois vecteurs a, b et c qui forment les arrêtes de la maille sont appelés
paramètres de la maille.

Soient deux vecteurs a et b non colinéaires ayant la même origine. On peut


construire un réseau bidimensionnel par translation de ces vecteurs dans le plan
qui engendrent.
r r
La figure montre que le choix des vecteurs a et b n’est pas unique. Comme dans
le cas spatial, le réseau à deux dimensions peut également être engendré par la
r r
juxtaposition de mailles identiques en forme de parallélogramme de côté a et b .
r r r
Suivant les valeurs des 6 paramètres ( a , b , c , α , β et γ ), on obtient
7 systèmes cristallins qui se caractérisent par leurs symétries respectives,
résultat des transformations de réflexion, rotation, inversion et rotation-inversion
de la maille élémentaire. Ces symétries ont une incidence sur la forme réelle des
cristaux que l’on peut observer dans la nature.
En 1848 Bravais a montré que les sept mailles élémentaires qui définissent les
sept systèmes cristallins forment 14 réseaux cristallins existant dans la nature,
appelés les réseaux de Bravais.

On appelle un plan réticulaire est tout plan passant par trois nœuds du réseau.
Toute droite passant par deux nœuds du réseau constitue une rangée
réticulaire.

2.2 Plan réticulaires et indices de Miller


La position d’un nœud dans l’espace est spécifiée en indiquant sa position par
rapport à un nœud du réseau choisi arbitrairement comme origine et en exprimant
les coordonnées à l’aide des trois vecteurs a,b et c, qui définissent le réseau pris
comme unité. Par exemple, pour la maille cubique de la figure suivante,
les points A, B et C ont respectivement comme coordonnées 100, 010 et 001, les
points D, E, F, 110, 011, 101 et le point G, 111. Dans le réseau cubique centré,
1 1 1
l’atome situé au centre du cube a comme coordonnée , ,
2 2 2
Pour indexer les plans du cristal, on utilise généralement les indices de Miller .
Dans un cristal qui a pour maille a,b et c, considérons un plan réticulaire
quelconque (figure)
Celui-ci coupe les axes de référence de la maille en deux points (X,Y,Z) dont les
coordonnées sont respectivement égales à Aa, Bb, et Cc.
Les indices de Miller h,k et l s’obtiennent en prenant les inverse de A, B et C et en
les multipliant par n de manière à ce que h, k et l soient entiers et le plus petit
possible :
n n n
h = ,k = ,l =
A B C
Le plan réticulaire est noté : (h k l)
Les indices de Miller sont identiques pour une famille de plans parallèles (figure
suivante)

Les plans réticulaires peuvent évidemment rencontrer un des axes dans sa partie
négative. Dans ce cas l’indice de Miller correspond est négatif. Les plans
parallèles sont placés (figure suivante) de façon à ce que les axes de référence x
et y soient disposés de part et d’autre du plan passant par l’origine.

L’indexation de la famille des plans parallèles de la fig ci-dessus se note (120 ) ou


(120 ) . On remarque en passant que les indices de Miller (hkl) et (hkl) se rapport
à la même famille de plans. L’accolade est également utilisée pour désigner les
familles de plans équivalents du système cristallin cubique. Ainsi les plans (100),
(010), (001), (100 ), (010 ); (001) sont équivalents et désignés par la notation {100}

2.3 Direction cristalline


L’indexation des directions cristallines est plus directe que celle des plans.
ur
Considérons (figure suivante) un vecteur R d’origine O et d’extrémité R :
ur r r r
R = Aa + Bb + Cc
La notation de la direction pourra se faire par les indices u,v et w obtenus en
divisant les coordonnées de R (OA, OB, OC) par un nombre n choisi de telle
manière que u,v et w soient entiers et le plus petit possible. La notation de la
direction est donnée par les indices entre crochets [uvw]. On notera que la
direction  uvw  est de sens opposé à [uvw]. Dans le système cubique les

directions [111] , 111 , 111 , 111 , 111 , 111 , 111 , 111 sont
cristallographiquement équivalentes. Par analogie avec les notations utilisées
pour les plans équivalents, on représente l’ensemble des directions équivalentes
dans le cube par la notation <111>.
La figure suivante illustre la manière de déterminer les indices u,v et w.

La valeur de l’indice u est égale au nombre de nœuds dans la direction x. Les


indices v et w s’obtiennent de manière analogue. Comme les directions sont
définies dans le plan de la page, l’indice w est nul.

3- Structure des principaux matériaux

3.1 Structure compact des métaux


La liaison métallique est une liaison forte non orientée et les atomes des métaux
ont tendance à adopter l’arrangement le plus compact possible donnant à la
formation de structures cristallines simples et de haute densité. On assimile les
atomes à des sphères dures. La figure a) montre un arrangement compact
maximum pour des sphères (atomes) de même diamètre ou un empilement de
couches d’atomes. Chaque atome est en contact avec six voisins qui occupent
les sommets d’un hexagonal régulier. L’introduction d’une deuxième couche à
entassement maximal s’obtient en plaçant les atomes dans les creux formés par
chaque groupe de trois atomes de la première couche. On observe à la figure b)
que seulement 50% des creux de la première couche sont occupés par les
atomes de la deuxième couche. Cette dernière couche fait apparaître l’existence
de deux espèces de creux désignés à la figure b) par les sigles a et c .

Il existe donc deux possibilités de placer les atomes de la troisième couche. On


peut mettre ceux-ci dans les creux de type a situé au dessus des atomes de la
première couche. On obtient une structure hexagonale compacte (hc) qui se
caractérise par une alternance de couches composées de sphères en position
ABABABAB….

Il existe une seconde configuration aussi compacte qui s’obtient en plaçant les
sphères de la troisième couche dans les creux c situés au-dessus des creux non
occupés de la première couche figure b). On obtient alors un empilement à trois
couches ABC superposées, avec décalage successif et différent avant la reprise
de la couche A. Cet empilement est donc caractérisé par la séquence
ABCABCABC… Il correspond à une structure cubique à faces centrées (cfc).

Pour chacune de ces deux structures compactes hc et cfc, le nombre d’atomes


premiers voisins d’un atome considéré est égal à 12. On définit dans les deux cas
un nombre de coordination NC=12.
Il existe une troisième structure cristalline fréquemment observée dans les
métaux : c’est la structure cubique centrée (cc) qui est moins compacte que la
structure (hc) ou (cfc). Un atome situé au centre est en contact avec chacun des
huit atomes situés au sommets du cube, le nombre de coordination est égal à
NC=8.
Tous les métaux à liaison métallique prononcée cristallisent suivant un des trois
systèmes cfc, hc ou cc.

Exemple :
(CFC) : Al, Cu, Ni, Fe γ (Fer gamma γ )
(C.C) : Fer (alpha α ) Cr : (cc)
Hexagonal Compact (HC) : Mg ; Zn
3.2. Sites interstitiels

Dans les réseaux cristallins, les espaces vides situés entre les atomes sphériques
constituent les sites interstitiels. Dans certains alliages, ces sites servent de
logement pour des atomes de petit diamètre. Il existe deux types de sites
interstitiels : les sites octaédriques et les sites tétraédriques.

Les sites octaédriques sont formés par six sphères disposées suivant les
sommets d’un octaèdre (coordinence 6).
Les sites tétraédriques sont formés par empilement compact de quatre sphères
dont les centres constituent les sommets d’un tétraèdre (coordinence 4).

Les sites octaédriques dans la structure CFC sont au centre de la maille et au milieu des
arêtes (a)  2 Ro + 2 Rat = a
Les sites tétraédriques dans la structure CFC sont au centre du petit cube, huitième de la
a 3
maille (b)  2 RT + 2 Rat =
2

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