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Les Présocratiques

ÉDITION ÉTABLIE PAR JEAN-PAUL OUMONT


AVEC LA COLLABORATION DE DANIEL DELATTRE
ET DE JEAN-LOUIS POIRIER

GALLIMARD
Tous droits de traduélion, de reproduélion et d'adaptation
réservés pour tous les pays.
© Éditions Gallimard, 1988.
CE VOLUME CONTIENT:

Préface par Jean-Paul Dumont


Note sur la présente édition

LES MILÉSIENS
Thalès, Anaximandre, Anaximène
Textes traduits, présentés et annotés par Jean-Paul Dumont

PYTHAGORE
LES PYTHAGORICIENS ANCIENS
Cercops, Pétron, Brontin, Hippase,
Calliphon et Démocédès, Parméniscos
Textes traduits, présentés et annotés par Daniel De/aitre

XÉNOPHANE
HÉRACLITE
ÉPICHARME
Textes ti-aduits, présentés et annotés pai- Jean-Paul Dumont

LES PYTHAGORICIENS MOYENS


Alcméon, Iccos, Paron, Aminias
Textes ti-aduits, présentés et annotés par Daniel Delatti-e

PARMÉNIDE
ZÉNON D'ÉLÉE
MÉLISSOS
EMPÉDOCLE
Textes ti-aduits, présentés et annotés par Jean-Paul Dumont

LES PYTHAGORICIENS RÉCENTS


Ménestor, Xouthos, Boïdas, Thrasyalcès, Ion de Chio,
Damon le Musicien, Hippon, Phaléas et Hippodamos,
Polyclète, Œnopide, Hippocrate de Chio et Eschyle, Théodore,
Philolaos, Eurytos, Archippos, Lysis et Opsimos, Archytas,
Occelos, Timée de Locres, Hicétas, Ecphantos, Xénophile,
Dioclès, Échécrate, Polymnastos, Phanton et Arion,
Proros, Amyclas et Clinias, Damon et Phintias,
Simos, Myonide et Euphranor, Lycon, École pythagoricienne
Textes traduits, présentés et annotés par Daniel De/atlre
ANAXAGORE

APRÈS ANAXAGORE ET HÉRACLITE


Archélaos, Métrodore de Lampsaque, Clidèmos, Idaios,
Diogène d'Apollonie, Cratyle, Antisthène l'Héraclitéen

LES ABDÉRITAINS
Leucippe, Démocrite, Nessas, Métrodore de Chio,
Diogène de Smyrne, Anaxarque, Hécatée d'Abdère,
Apollodore de Cyzique,
Nausiphane, Diotime, Bion d'Abdère, Bolos
Textes tr'aduits, p,-ésentés et annotés pa,- Jean-Paul Dumont
LES SOPHISTES
La sophistique ancienne, Protagoras, Xéniade, Gorgias,
Lycophron, Prodicos, Thrasymaque, Hippias,
Antiphon, Critias, Anonyme de Jamblique, Doubles dits
Textes tr'aduits, p,-ésentés et annotés pa,- Jean-Louis Poi,-ier

Notices et notes
Indications bibliographiques
Carte
Catalogue des auteurs
Table alphabétique des auteurs
Ano1!Jme de Jamblique

Page I IfJ .

1. Le Fogg Art Museum de l'université de Harvard possède un


cothon dont une reproduélion figure au tome V de l'édition des
Deipnosophilles d' Athénée par C. B. Gulick (Londres-Cambridge­
Massachussets, 1963, colleaion Loeb).
z. L'adjeélif {ycurgien ne renvoie pas à Lycurgue, comme Je
grammairien pourrait le croire, mais à la Lycie, et signifie : fabriqué
en Lycie.

Page I I !f.

1. Voir Antiphon, B I, p. 1096.

Page I If O,

1 . Nous adoptons ici le texte des manuscrits qui donne &.pe:-.&v


parfois corrigé en èpw-.oov (des amours) .
(des vertus) ,
z. Voir A XIX, p. u 34.

Page IIfl•

1. Aristide parle de Xénophon et commente le début de son


Banque_t.
z. A propos du Banquet de Xénophon, I, IV.

Page I I J8.

1 . Le fleuve Mélès, près de Smyrne, dans l'eau duquel sa mère


s'était baignée, cc qui conférait à Homère une origine divine.

Page I I f9•

1 . Les fragments B LIII à B LXXIII, qui Sont d'attribution dou­


teuse, ont été placés sous le titre Conflitulion des Athéniens. (Voir
p. u 48.) Sous Je numéro LXXIV, Diels renvoie à la colleélion gréco­
syriaque de Ryssel, en précisant que ces sentences n'ont pas d'in­
térêt pour comprendre les sophi:§1:es.
z. Il s'agit sans doute de Thrasymaque.

ANONYME DE JAMBLIQ!JE

NOTIC:ë

Reste à parler des autres textes de tradition sophistique qui, pour


des raisons contingentes, ne peuvent être attribués à des auteurs
précis.
1 5 68 Ano,ryme de Jamb/iq11e
Diels a placé à la fin de son recueil !'Anonyme de Jamblique et les
Doubles dits. Nous ne donnons ni l' Anot!Jme mr les lois ni l' Ano­
f!Yme sur la musique que M. Untersteiner présente da11s son édition
des sophistes (Softfli, teflimonianze e frammenti, III, Firenze, 1 954,
p. 1 9 2 et 208). L'intérêt de ces deux derniers textes, d'ailleurs brefs,
est limité et leur authenticité contestée. Le Sur les lois découvert
par M. Pohlenz, est extrait de Démosthène (XXV, 1 5 -3 5 ; 86-91 ;
93-96) et le Sur la musique provient d'un papyrus ( The Hibeh Papyri,
I, 1 906, N. 1 3, éd. Grenfell-Hunt, p. 45-48).
L'Anof!)lme de Jamblique est extrait du Prolreptique de Jam­
blique. Bien des attributions seraient évidemment possibles pour
ce texte, mais, en l'absence de critères sérieux, il vaut mieux s'en
tenir à un anonyme.
Dans son ensemble ce texte est un éloge de la loi, de l'éducation
et de la société. Il développe donc des thèmes sophistiques positifs
et définit une philosophie politique plus articulée à la notion de
culture qu'à celle de tromperie. Le fragment VI 1 est particulièrement
intéressant : on y démontre la puissance de la loi par une sorte de
mythe. L'anonyme émet l'hypothèse d'un homme tout-puissant,
mais hors la loi. Cet homme sera finalement le plus faible (on pense
à Rousseau : « Le plus fort n'est j amais assez fort pour être tou­
j ours le maître, s'il ne transforme sa force en droit [ ... ] » [Du contrat
social, I, ni]). L'analyse est fondée sur une idée fondamentalement
sophistique : la seule force est la force sociale, celle qui réside dans
l'union des hommes sous des lois, et la force physique n'est pas
vraiment une force. Si ce surhomme est finalement vaincu par les
autres, c'est parce que, au moyen des lois et de la culture, œuvres
de la société, les faibles l'emportent sur le fort (voir le mythe de Pro­
tagoras•), mais aussi parce que la force d� s1;1 rhomme, naturelle,
demeure inchangée, alors que les autres, qui vivent selon la ju stice
et dans les cités des hommes, augmentent leurs forces : le sur­
homme l'emporte peut-être au début, mais pas à la fin. Il y a là une
théorie du progrès : il est du côté de la civilisation. (Voir ].-P. Du­
mont, « Jamblique, leéteur des sophistes », Le Néoplatonùme,
Royaumont, CNRS, 1 97 1 .)

NOTES

Page z z 64.
1 . L'image de l'homme de diamant (ou ada111antin) apparaît dans
La République de Platon (II, 360 b, fable de l'anneau de Gygès).
Mais l'image d'invincibilité remplit W1e fonétion inversée : elle
illustre la vertu et non la force.

1 . Voir p. n63.
2. Voir Protagoras, C 1, p. 1003.
Doubles dits
2 . Il(cr,:-L,;, Thème tout à fait sophistique dans la mesure où il
prend tout son sens dans un ordre de phénomènes (ici, la société
et les échanges économiques) défini par la loi, par opposition à la
nature.

Page IIOJ.
1. Nous suivons le texte des manuscrits (7J8&w,;). Diels le corrige
en &.8e:w,; (sans crainte) .

Page zz66.
1 . M. Unter§teiner (ouvr. cité, III, p. 1 40) rapporte également à
! 'Anonyme de Jamblique le chapitre LXXXIV du Livre III de la
Guerre du Péloponnèse de Thucydide.

DOUBLES DITS

NOTICE

Les Doubles dits li. (crcroi Myo i, encore appelés ll.Lcû.i/;e:Lc; (par
H. Estienne') sont traditionnellement situés en appendice à la fin des
œuvres de Sextus Empiricus. Ils sont rédigés en dorien. Comme
pour l' Ano,rymc de Jamblique, leur attribution à un auteur connu est
délicate. On peut penser tantôt à Gorgias, tantôt à Hippias selon les
thèses défendues, puisque le principe de con!ltruél:ion de l'ouvrage
e§t l'opposition de deux raisonnements ou discours sur un même
thème, pour soutenir les opposés : exercice typiquement sophistique.
On sera sensible pourtant, à travers des litanies qui ne sont pas
toutes des lieux communs, à travers la rigidité formelle de ces oppo­
sitions, à un climat habité par une inquiétude sourde : qu'e!lt-ce que
la vérité si l'on peut tout dire ? Le formalisme même de l'exercice e§t
ici ju!ltifié : il s'agit de montrer que l'on peut dire tout et le contraire
de tout. C'e!lt un discours (ou plutôt deux discours), qui, de ce fait,
se refuse lui-même à nous intéresser, mais qui, en même temps
vise à faire apparaitre ce qui ne se peut dire en aucun des deux
discours, à savoir que la vérité, s'il y en a une, échappe à l'ordre du
discours. Ces antithèses récitatives sont aussi des vanités : entre
ces argumentations qui se réfutent, quelque chose, ou plutôt une
sorte de vide, e§t rendu visible. (Sur ce dernier texte, on se repor­
tera utilement à Eugène Dupréel, Les Sophifles, Neuchâtel, 1 948,
p. 89, 1 90 et 206.)

x. Celui-ci les avait publiés à la fin de son édition des Œuvres de Sextus
Empiricus, parce qne la tradition manuscrite Je5 associait au scepticisme
ancien.