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STING 2012

STING 2012

ULLMANN Coralie
Burkina Faso

Rapport Stage Ingénieur

Alimentation en eau potable des populations en milieu rural

Contamination des eaux souterraines par l’arsenic

Dates du stage : du 9/05/2012 au 17/08/2012

Entreprise : ANTEA Burkina Fao

Maître de stage : Jean-Christophe KI

Accompagnateur ECN : Xavier TAUZIA


J’ai réalisé mon stage ingénieur entre mai et août 2012 chez ANTEA Burkina Faso, à
Ouagadougou. Ma mission consistait à ,d’une part, comprendre la problématique de
l’approvisionnement en eau potable des populations en milieu rural au Burkina Faso et,
d’autre part, mener une étude sur la contamination des eaux souterraines destinées à la
boisson au Burkina Faso.

Remerciements
Je tiens à remercier mon tuteur et directeur d’ANTEA Burkina Faso Monsieur Jean-
Christophe KI pour son aide, sa clairvoyance et la confiance qu’il m’a accordée.

Je remercie toute l’équipe qui m’a accueillie et intégrée au sein du bureau d’études et m’a
aidée à y voir plus clair dans ma mission. Ils m’ont tous apporté un point de vue enrichissant
et pertinent.

Je tiens à remercier également toute l’équipe d’Antea France à la Direction Internationale


pour leur accueil à Paris et la préparation dont ils m’ont fait bénéficier avant mon départ.

Enfin, merci à tous les collaborateurs que j’ai pu rencontrer, avec qui j’ai pu échanger sur le
problème de la contamination des eaux par l’arsenic. Ce fut passionnant.

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Glossaire
AEA : Autorisation d’Exploitation Aurifère

AEPS : Adduction d’Eau Potable Simplifiée

BRGM : Bureau des Recherches Géologiques et Minières

CNEau : Conseil National de l’Eau

CSPS : Centre de Santé et de Promotion Sociale

CTE : Comité Technique de l’Eau

DEIE : Direction des Etudes et de l’Information sur l’Eau

DGCM : Direction Générale du Cadastre Minier

DGRE : Direction Générale des Ressources en Eau

DRAH : Direction Régionale de l’Agriculture et de l’Hydraulique

GIRE : Gestion Intégrée des Ressources en Eau

INOH : Inventaire National des Ouvrages Hydrauliques

BRGM : Bureau de Recherches Géologiques et Minières

MAH : Ministère de l’Agriculture et de l’Hydraulique

MAHRH : Ministère de l’Agriculture, de l’Hydraulique et des Ressources Halieutiques

OMD : Objectifs du Millénaire pour le Développement

ONEA : Office National de l’Eau et de l’Assainissement

ONU : Organisation des Nations Unies

PEM : Point d’Eau Moderne (forage équipé de pompe manuelle ou bien puits moderne
permanent)

PEEN : Programme Eau et Environnement du Nord

PMH : Pompe à Motricité Humaine

PN-AEPA : Programme National d’Approvisionnement en Eau Potable et Assainissement

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Sommaire
1. Présentation de l’entreprise ................................................................................ 6
a. Un groupe international ..................................................................................................... 6
b. Expertise en France ............................................................................................................. 7
c. Implantation au Burkina Faso ............................................................................................. 8
d. Systèmes de réponse aux appels d’offres......................................................................... 10

2. Burkina Faso et gestion de l’eau ...................................................................... 11


a. Présentation du pays ........................................................................................................ 11
b. Caractéristiques naturelles : climat, géologie, ressources en eau ................................... 12
c. Gestion de l’eau au Burkina Faso ...................................................................................... 13

3. Apporter l’eau au village...................................................................................... 16


a. Potentiel de succès des forages ........................................................................................ 16
b. La prospection géophysique ............................................................................................. 18
c. Résultats ............................................................................................................................ 20

4. L’arsenic : de la roche à la santé ...................................................................... 23


a. De l’Arsenic dans les roches .............................................................................................. 23
b. De l’arsenic dans l’eau ...................................................................................................... 25
c. Impact sanitaire ................................................................................................................ 26

5. Mission de dépistage de forages contaminés dans la région du


Poni ........................................................................................................................................ 29
a. Choix des PEM ................................................................................................................... 30
b. Déroulement de la mission ............................................................................................... 32
c. Résultats et discussion ...................................................................................................... 33

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6. Bilan ................................................................................................................................ 39
a. Bilan scientifique : Conclusion et recommandation ......................................................... 39
b. Bilan personnel ................................................................................................................. 43

Bibliographie ..................................................................................................................... 45

Liste des contacts ............................................................................................................ 46

Annexes................................................................................................................................ 47

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1. Présentation de l’entreprise
a. Un groupe international

Antea Group est une société internationale d’ingénierie et conseil en environnement qui
propose des solutions globales dans les domaines de l’Environnement, des Infrastructures,
de l’Aménagement du Territoire, et de l’Eau.

Antea Group, dont le chiffre d’affaire 2010 s’élève à 300 M€, travaille sur une cinquantaine
de pays différents. Son effectif global est de l’ordre de 3 000 personnes présentes sur le
continent européen (Pays Bas, Belgique et France) et sur le continent américain (USA,
Colombie).

Antea Group est partenaire du réseau mondial Inogen.

Inogen est une alliance environnementale internationale :


 Un réseau de 15 entreprises associées
 Plus de 144 bureaux d’Associés dans 31 pays
 Plus de 4.300 employés chez les Associés
 Travail réalisé dans 120 pays
 Une ressource d’experts, les membres de “Global Net EHS”

CARTE DES IMPLANTATIONS INTERNATIONALES D’ANTEA GROUP ET INOGEN

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Selon le précepte «Understandig today, improving tomorrow», Antea Group assure pour
ses clients des prestations de : conseil, étude, pré-étude, audit et diagnostic, expertise,
assistance à maîtrise d’ouvrage, maîtrise d’œuvre de conception, maîtrise d’œuvre de
réalisation, gestion de l’image et communication.

Antea Group est avant tout une ingénierie appliquée, proche du terrain, qui valorise la
mesure et l’instrumentation pour apporter un service sur mesure et adapté.

b. Expertise en France

Antea France a été créé sous le nom ANTEA en 1994 par filialisation d’une part des activités
du Bureau de Recherches Géologiques et Minières (BRGM). Elle a repris, en France et à
l'international, les activités d'ingénierie et de conseil dans les domaines de l'Eau,
l’Environnement, les Déchets, les Infrastructures et les Risques Industriels. En 2009, Antea
France devient une filiale du Groupe Oranjewoud dont l’ensemble des sociétés filiales se
sont regroupées sous la marque Antea Group en janvier 2011.

Antea France dispose d’une vingtaine de bureaux en France et de quatre bureaux dans les
départements d'outre-mer (Guadeloupe, Martinique, Guyane, Ile de la Réunion). Ils
comptent 500 experts, consultants et collaborateurs.

De plus, avec un réseau de plus de 100 représentants internationaux et une dizaine de


représentations permanentes en Afrique, Antea France a acquis une expérience
considérable dans des projets en Afrique (50 à 60% des affaires internationales), en Outre-
mer et plus généralement à l’international.

Son chiffre de vente s’élève en 2011 à 63,4 M€ (+15,8% par rapport à 2010), dont
l’international représente 16%.

Ventes Secteur Clients


Risques
Industriel
s Déchets
7% 9%
Sites et Eau 16%
Sols 25%
Pollués
32% 26% 58%

Infrastruc
Industrie et BTP
tures
27% Collectivités locales

Services publics, Armée, Etat,


Coralie ULLMANN - STING 2012 -Régions,
ANTEA Burkina Faso
Départements 7
c. Implantation au Burkina Faso

Le bureau d’études ANTEA Burkina Faso a été créé en mai 1995. ANTEA a repris, à cette
date, la totalité du personnel national et des moyens matériels dont disposait le groupe
BRGM au Burkina Faso.

ANTEA Burkina Faso a bénéficié de la très grande expérience que lui a léguée le BRGM.
ANTEA Burkina Faso et son personnel à 100% burkinabé se sont vus confier la réalisation des
prestations dans le domaine du Développement Rural, de l’Eau, de la Sociologie pour de
nombreux projets exécutés au Burkina Faso et parfois dans la sous-région.

ANTEA Burkina Faso assure depuis plus d’une dizaine d’année de nombreuses missions
d’études et de maîtrises d’œuvre tant pour des clients publics que pour des clients privés.
Ses principaux clients au Burkina Faso sont : le Ministère de l’Agriculture, de l’Hydraulique et
des Ressources Halieutiques (DGRE, DRAHRH), le Ministère de l’Enseignement de Base et de
l’Alphabétisation, PLAN Burkina, les collectivités territoriales (gouvernorat et communes), les
ONG et les entreprises de forages.

L'équipe technique permanente, constituée de 10 ingénieurs, experts et techniciens


supérieurs a été formée sur le terrain à l'occasion de l'exécution des programmes
d'approvisionnement en eau (hydraulique rurale et urbaine) auxquels nous avons participé
depuis plus de 20 ans, mais aussi au cours de projets de recherche scientifique que nous
avons menés principalement sur le thème des ressources en eau des aquifères de socle.

Compte tenu de son activité et de sa position géographique en Afrique de l’Ouest, l’équipe


répond à des consultations nationales et internationales. Elle intervient sur de nombreux
projets tant au Burkina que dans les autres pays d’Afrique : Niger, Guinée, République
Centrafricaine, République de Côte d’Ivoire, Togo.

Dans ce cadre, elle est capable de mobiliser de nombreux techniciens qu’elle a formés au
Burkina (géophysique, contrôle de travaux, études socio-économiques) et dispose d’une
base de consultants nationaux experts dans leur domaine de prédilection, ce qui permet à
ANTEA de couvrir un large spectre d’activités : Géologie, Hydrogéologie, Hydrologie,
Hydraulique, Environnement, Génie civil, Sociologie, Socio-économie.

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Les activités d’ANTEA Burkina Faso dans le détail sont :

 Implantation de points d’eau en utilisant diverses méthodes


 Contrôle et suivi de travaux de forages et de construction de points d’eau
 Etudes de réhabilitation de point d’eau
 Etudes topographiques
 Génie civil
 Ingénierie sociale et études socio-économiques
 Sensibilisation et formation des populations
 Adductions d’eau pour les centres semi-urbains et contrôle des travaux
 Etudes environnementales, études d’impact.

La spécificité d’ANTEA Burkina Faso est d’intégrer dans sa prestation une composante
Information Formation Communication. ANTEA BF, ne se limitant pas au seul domaine
technique, assure également la maitrise d’œuvre de l’ensemble des activités d’ingénierie
sociale et de formation : conception, réalisation et évaluation. ANTEA BF dispose à ce titre,
d’une équipe de sociologues et de socio-économistes expérimentés, à même de mobiliser et
coordonner des équipes d’animation, à chacune des phases de réalisation du projet
(diagnostic, formation, évaluation…).

SEANCE DE FORMATION EN SALLE ATELIER DE SENSIBILISATION EN PLEIN AIR

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d. Systèmes de réponse aux appels d’offres

Les études sont confiées à par système d’appel d’offres. Un appel d’offres est une procédure
par laquelle un acheteur potentiel demande à différents offreurs de faire une proposition
commerciale chiffrée en réponse à la formulation détaillée : le cahier des charges de son
besoin (produit ou service). Les appels d’offres sont principalement utilisés pour le passage
des marchés publics. Il existe 4 types de marchés : les marchés de travaux, les marchés de
fourniture, les marchés de service et les marchés aménagés. Antea répond aux offres sur les
marchés de service. L’appel d’offres peut être ouvert ou restreint. Il est dit ouvert lorsque
tout opérateur économique peut remettre une offre. Il est dit restreint lorsque seuls certains
sont autorisés après sélection à répondre à l’appel.

Lorsqu’un émetteur émet un appel (en général, il s’agit de l’Etat ou bien d’une ONG), le
bureau Burkinabè le reçoit dans le cahier des appels d’offres. A partir du cahier des charges
et de ses compétences, l’entreprise rédige une expression d’intérêt qui contient les CV et
références qui répondent au mieux à l’appel afin de montrer en quoi elle est apte à mener
l’étude demander à bien. L’émetteur sélectionne alors les meilleures réponses pour donner
une présélection des différents offreurs. Ceux-ci apportent alors un devis répondant au
cahier des charges. Le choix du mettre d’œuvre se fait sur la base des réponses remises en
temps et en heure. La qualité du service proposé et le prix du devis orientent bien
évidemment le choix du maître d’ouvrage.

Sur le marché, ANTEA Burkina Faso se positionne comme un collaborateur de confiance


grâce à son expertise et à sa longue expérience. Malgré cela, obtenir un contrat est chose
difficile car certains indépendants exercent une concurrence déloyale vis-à-vis du prix
proposé pour un résultat au final peu satisfaisant. Il n’est pas rare en effet, que certains
équipent des forages dont le débit est insuffisant ou bien ouvrent à la consommation des
forages dont les caractéristiques physico-chimiques de l’eau ne répondent pas aux normes
OMS… C’est regrettable.

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2. Burkina Faso et gestion de l’eau
a. Présentation du pays
Le Burkina Faso, littéralement « Pays des hommes intègres », est un pays d'Afrique de
l'Ouest sans accès à la mer, entouré du Mali au nord, du Niger à l’est, du Bénin au sud-est,
du Togo et du Ghana au sud et de la Côte d'Ivoire au sud-ouest. Le Burkina Faso est membre
de l’Union Africaine (UA) et de la Communauté Economique des États de l'Afrique de l'Ouest
(CEDEAO). C'est l'un des 10 pays les moins développés du monde (avec un indice de
développement humain de 0,331 en 2011, contre 0,884 pour la France (PNUD 2011)).Sa
superficie est de 274 000 km2. Ancienne colonie française, le pays est aujourd’hui une
république présidée par M. Blaise Compaoré, depuis son coup d’état le 15 octobre 1987. La
capitale est Ouagadougou, située au centre du pays, divisé en 45 provinces et 349
communes.

Ses habitants sont les Burkinabè (terminologie officielle, invariable en langue foulfouldé), ils
sont plus de 15 millions (INSD 2010). 77% vivent en milieu rural et 57% ont moins de 20 ans
(INSD 2010). La population est peu densément répartie (51,8 hab./km2), le taux de
croissance démographique est élevé (3,42%) et l’espérance de vie faible (56,7 ans) (INSD
2010). le Burkina Faso a pour langue officielle le français, c’est-à-dire que le français est la
principale langue des institutions, des instances administratives, politiques et juridiques, des
services publics, des textes et des communiqués de l’État, de la presse écrite, des écrivains.
Mais il existe plus de 60 langues, chacune propre à chaque ethnie.

CARTE SIMPLIFIEE DES GROUPES ETHNIQUES DU BURKINA FASO

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De par sa situation dans une zone intertropicale, le Burkina Faso est un espace privilégié
pour les diverses maladies liées à la présence d’eau stagnante comme par exemple le
paludisme ou les maladies diarrhéiques.

Le Burkina Faso connaît une croissance moyenne du Produit Intérieur Brut (PIB) de 4,2% en
2011 (Banque Mondiale). En 2011, le PIB du Burkina Faso était de 10,19 milliards de dollars
américains à prix courants soit l’équivalent de 467,01 euros par habitant (Banque Mondiale).
L’économie du pays repose essentiellement sur le secteur tertiaire puisque les activités
pastorales et forestières occupent 80% de la population.

b. Caractéristiques naturelles : climat, géologie, ressources en


eau
Le pays appartient à ce que l'on appelle communément la zone soudanaise de type tropical,
à part le Nord qui est une zone sahélienne. Deux saisons distinctes : la saison sèche, qui dure
environ 8 mois, et la saison des pluies ou hivernage, qui dure de mi-juin à mi-octobre et
atteint son maximum en août. Les mois les plus chauds sont mars, avril et mai, où la
température dépasse en permanence les 40°C.
De novembre à février souffle un vent du nord, froid et desséchant : l'harmattan. Il peut
aussi, souvent vers la mi-février, prendre la forme d'un vent très violent qui apporte les
sables du Sahara et soulève la poussière des routes, au point de cacher le soleil parfois
pendant plusieurs jours.
En zone sahélienne, les précipitations en juillet et août peuvent être extrêmement violentes.
Sur le plan géomorphologique, le Burkina est un pays relativement plat avec quelques
plateaux gréseux, l’altitude moyenne étant comprise entre 250 m et 300 m. L’hydrogéologie
fait apparaître deux socles aquifères :
 Le socle cristallin de formation précambrienne qui occupe la majorité du pays et qui
permet la recharge des aquifères par ses fissures, fractures et altérations. Les débits y
sont généralement très faibles (0,5 m3/h à 20 m3/h).
 Les zones sédimentaires qui sont minoritaires mais qui peuvent fournir des débits
plus importants (100 m3/h). [1]

Le Burkina Faso est divisé en quatre bassins versants principaux : le bassin de la Comoé, le
bassin du Mouhoun, le bassin de Nakanbé, et le bassin du Niger. Le bassin du Banifing est
juste à la frontière du Mali.

Un bassin versant est un territoire géographique spatial qui concoure à l'alimentation d'un cours
d'eau. Chaque goutte d'eau tombant sur ce territoire rejoindra la même vallée. Le bassin versant
est délimité par des lignes de partage des eaux. (Actu-Environnement)

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CARTE DES BASSINS VERSANTS DU BURKINA FASO

Les ressources en eau sont majoritairement tributaires des eaux pluviales qui permettent la
recharge des nappes souterraines et le remplissage des lacs de surface. Annuellement, le
pays reçoit en moyenne 755 mm d’eau. L’écoulement de surface représente 4,16% de ce
volume, l’infiltration 15,66% et l’évaporation 80,18% (BAfD/OCDE, 2008). Ces précipitations
sont inégalement réparties spatialement mais aussi temporairement (la saison des pluies
étant de Juin à Septembre).
La ressource en eau renouvelable est évaluée à 852 m3/an/hab. ce qui place le Burkina en
dessous du seuil de pénurie qui est de 1000 m3/ab/hab. (seuil défini par le rapport du
Ministère de l’Environnement et de l’Eau, 2001). Ces chiffres montrent que la situation est
déficitaire en eau et qu’il est donc nécessaire de mettre en place une gestion durable de la
ressource.

c. Gestion de l’eau au Burkina Faso


La demande totale en eau au Burkina est évaluée à 2 500 million de m3 par an dont 80%
serviront pour la production d’électricité. La consommation d’eau domestique est quant à
elle estimée à 106 million de m3 par an (soit 21L/J/hab.) ce qui représente 4% de la
demande totale en eau (Ministère de l’Environnement et de l’Eau, 2001).
En 2005, le taux d’accès à l’eau potable et à l’assainissement était en milieu urbain de 74%
et 14% respectivement et en milieu rural de 60% et 10% respectivement.
Les infrastructures majoritaires pour l’alimentation en eau des populations urbaines
(population supérieure à 10 000 habitants) sont les branchements domestiques ou la

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distribution par poste public et pour les populations rurales, ce sont les Adductions d’Eau
Potable Simplifiées (AEPS) ou les Pompes à Motricité Humaine (PMH).

La gestion de l’eau au Burkina Faso a été rattachée en Juillet 2002 au Ministère de


l’Agriculture, de l’Hydraulique et des Ressources Halieutiques (MAHRH), récemment
renommé Ministère de l’Agriculture et de l’Hydraulique (MAH). L’administration centrale du
secteur de l’eau est représentée par la Direction Générale des Ressources en Eau (DGRE) et
la Direction Générale du Génie Rurale. L’administration locale est intégrée dans les
Directions Régionales de l’Agriculture et de l’Hydraulique (DRAH) qui sont au nombre de 13.
Le Comité Technique de l’Eau (CTE) et le Conseil National de l’Eau (CNEau) font aussi partie
des instances importantes du secteur de l’eau. Le rôle du CTE est la coordination
administrative et l’harmonisation des politiques de l’eau des différents départements
ministériels. Quant au CNEau, son rôle est de rassembler et d’organiser la concertation
nationale lors de grands projets ayant une incidence sur la ressource en eau (Réseau
décentralisation Burkina, 2008).
L’approvisionnement en eau potable et assainissement des milieux urbains est assuré par
l’Office National de l’Eau et de l’Assainissement (ONEA), société d’état, et pour les milieux
ruraux, cette fonction est déléguée aux communes.

La politique de l’eau au Burkina repose sur la loi relative à la gestion de l’eau adoptée par
l’Assemblée Nationale le 8 Février 2001 et fondée sur le développement de la Gestion
Intégrée des Ressources en Eau (GIRE) (WSP, 2010). La principale réglementation relative à
l’adduction en eau potable est celle concernant la réforme du système de gestion des
infrastructures hydrauliques en milieu rural, adopté en 2000 (Décret n°2000-
514/PRES/PM/MEE du 3 novembre 2000).
Le Programme National d’Approvisionne en Eau Potable et Assainissement (PN-AEPA) a été
adopté en 2006 sous l’égide du MAH et devrait se prolonger jusqu’en 2015. L’objectif de ce
programme est de réduire de moitié d’ici 2015 la proportion de personnes n’ayant pas un
accès adéquat à l’eau potable et à l’assainissement, objectif qui fait partie d’un des
Objectifs du Millénaire pour le Développement (OMD) adopté par l’Organisation des
Nations-Unies (ONU) en 2000 et devant être atteint avant 2015 (Nations Unies, 2000).
Les différentes activités entreprises lors de ce programme (construction, réhabilitation de
points d’eau et d’assainissement, etc.) ont pour but d’atteindre d’ici 2015 une couverture
pour l’alimentation en eau potable et assainissement en milieu urbain de 87% et 57%
respectivement et une couverture en milieux rural de 80% et 54% respectivement.
Le critère défini par l’ONU pour caractériser un accès considéré comme étant adéquat est le
type de source utilisé principalement par les habitants pour leur consommation domestique
journalière (consommation, hygiène et préparation culinaire inclus)). Les types de sources
considérés comme adéquat sont : les branchements domestiques, les branchements
domestiques partagés dans la cour, les bornes fontaines, les forages, les puits protégés
(protégés des écoulements de surface), les rivières protégées (protégées des écoulements
de surface, animaux et autres sources de contamination), les bouteilles d’eau (si la seconde

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source utilisée pour les besoins d’hygiène et culinaire est aussi une source considérée
comme adéquat) et l’eau de pluie (WHO/UNICEF, 2006).
La limite minimum fixée par le PN-AEPA pour considérer l’accès à l’eau comme étant
adéquat est une PMH partagée par 300 habitants ou une PMH pour un village administratif
de moins de 300 habitants (MAHR, DGRE, 2006). La PMH étant considérée comme un accès
à l’eau adéquat par l’ONU, les critères de l’ONU et du PN-AEPA sont comparables et l’objectif
est donc identique.

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3. Apporter l’eau au village
Les eaux de surface ont une qualité physico-chimique et bactériologique douteuse et
nécessitent des traitements souvent très onéreux. C’est pourquoi l’approvisionnement en
eau potable en milieu rural est orienté vers la recherche des eaux souterraines profondes
dont la qualité répond généralement aux normes internationales de l’OMS.
Malheureusement, le territoire national est constitué à 82% de socle cristallin où les débits
d’écoulement sont très faibles. La recherche des eaux souterraines pour en milieu de socle
repose donc essentiellement sur le repérage des fractures qui sont les témoins des
déformations tectoniques et les lieux privilégiés pour les écoulements souterrains. Ainsi un
forage qui ne traverse aucune fracture ne peut produire de l’eau.

a. Potentiel de succès des forages


Tout d’abord, plusieurs critères sont définis pour choisir un bon environnement. On peut
définir un potentiel global pour la prospection hydrogéologique en milieu cristallin et
métamorphique par analyse spatial. Par un système de classification, on pourra quantifier le
potentiel des points spatiaux sélectionnés. On suivra alors quatre critères.

 Le potentiel d’infiltration
Il permet de quantifier la frange d’eau qui va effectivement alimenter les aquifères.
Autrement dit, c’est l’eau disponible à la recharge des nappes. Elle est issue des
précipitations auxquelles on a soustrait l’évapotranspiration et l’écoulement de surface. On
peut y associer un indice de productivité à partir du bilan hydrologique de la zone.

 Le potentiel de fracturation
Certaines images satellites permettent de mettre en évidence les structures linéaires. Elles
permettent de préciser celles répertoriées sur les cartes géologiques et topographiques. On
quantifiera un réseau de fractures en fonction du nombre de fractures qui le composent, de
leur longueur, de leur densité et de leur orientation. Au Burkina, on connaît bien la direction
appelée Birrimienne par exemple (N40°) qui est favorables aux fractures. On pourra obtenir
un indice de productivité à partir de la longueur cumulée des linéaments.

 Le potentiel pétrographique
La carte de nature des roches de la région couplée à celle des fractures donne une carte
géologique qui met en évidence l’ampleur des accidents tectoniques dans chaque faciès
géologique. Ainsi, ce croisement d’information permet de faire une classification des
formations géologiques en fonction de leur degré de fracturation. Les formations sont
identifiées selon leur période de genèse. L’indice de productivité correspondant pourra être
attribué selon le degré de fracturation du faciès considéré.

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 Le potentiel morphologique
Cette composante correspond principalement aux variations des composantes de relief. Sur
un même bassin versant, ou sous-bassin versant, on distingue en effet : les sommets, les
plateaux, les plaines, les vallées, les versants… Tous ces éléments influencent l’écoulement
des eaux qui tombent sur une unité géographique. Une région put présenter différents
niveaux de pente. Les sommets et les plateaux sont les domaines de pentes abruptes, donc
à écoulement superficiel dominant. L’infiltration y est très fine. On y observe généralement
les empreintes d’une érosion intensive. Les charnière entre les domaines de pentes et les
bas-fonds sont favorables à l’infiltration et sont de ce fait indiquées pour l’implantation des
forages. Les bas-fonds étant les lieux de plus basses altitudes, ils constituent les points
d’accumulation de l’eau de ruissellement. L’indice de productivité sera donc associé au
niveau de la pente. Cette notion, très intuitive d’infiltration grâce à la morphologie du site,
constitue en fait le premier critère à évaluer lors de l’implantation d’un forage.

En cumulant les différents indices de productivités issus des divers facteurs


environnementaux étudiés, on obtient l’expression numérique du potentiel de productivité
ou potentiel de succès des forages au point considéré. On retient qu’au Burkina Faso, la
direction Birrimienne (N40°) et les directions qui lui sont proches sont considérées comme
favorables et celles qui lui sont perpendiculaires sont fermées ; les failles sont plus
fréquentes dans les roches foliées et les schistes et les fractures empruntent les plans de
foliation. Au cours de l’implantation, un mauvais positionnement du forage par rapport à la
fracture identifiée peut conduire à l’échec (absence d’eau ou débit très faible). Dans ce cas,
l’échec est lié à la mauvaise implantation et non à une potentialité en eau faible. Pour une
meilleure précision de la localisation de la fracture, il faut associer à cette méthode la
prospection géophysique. [2]

La foliation est une structure présentée par les roches dont les minéraux sont arrangés ou
aplatis selon des plans parallèles. On applique ce terme à la description des roches
métamorphiques où, à la schistosité, s’ajoute une différenciation pétrographique entre les
lits ; il en résulte une formation en feuillets qui donnent, en section, un aspect rubané.
Le schiste est une roche à texture qui se délite en feuilles plus ou moins épaisses, ondulées ou
régulières (ex. : ardoise).

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b. La prospection géophysique
Les méthodes de prospections géophysiques, nombreuses, sont caractérisées par l’étude des
variations dans l’espace d’un paramètre physique des roches ou des sols. Parmi elles, celles
qui sont le plus fréquemment utilisées pour les études hydrogéologiques sont la prospection
électrique ou des résistivités et la prospection sismique réfraction. On s’intéressera à la
méthode électrique, utilisée par Antea BURKINA FASO.

Ces méthodes de prospection géophysique étudient les variations des courants de


polarisation du sol et du sous-sol. Les méthodes de prospection électrique étudient les
variations du champ électrique ou électromagnétique lorsque l’on fait passer un courant
électrique dans le sol. Deux méthodes sont utilisées : la prospection des résistivités et la
prospection électromagnétique. La première est couramment utilisée pour les études
hydrogéologiques et la deuxième pour la prospection des minerais conducteurs.

La méthode électrique, ou des résistivités, convient aux faibles profondeurs d’investigation


exigées par les études des eaux souterraines et aux caractéristiques hydrogéologiques
recherchées sur le terrain. Elle permet de déterminer la nature, la morphologie et la
profondeur du substratum et la lithologie des couches aquifères. Elle repose sur l’étude des
variations d’un paramètre physique des roches : leur aptitude plus ou moins grande à
conduire le courant électrique, la conductivité électrique. Pour plus de commodité, on
utilise en général la résistance qui est l’inverse de la conductivité. La conductivité des roches
est de types électrolyte, le courant se propageant sous forme d’ions. Elle est donc fonction
de la teneur en eau des roches. C’est pourquoi la méthode des résistivités est
particulièrement bien adaptée aux prospections hydrogéologiques. L’unité de résistivité est
l’ohm.mètre (Ω.m). C’est la résistivité d’un prisme de roche d’un mètre de hauteur et d’un
mètre carré de section (Ω.m2/m). La résistivité des roches est en général élevée, de l’ordre
de 10 000 fois plus grande que celle des métaux purs. La résistivité des roches dépend donc
essentiellement de leur teneur en eau et de la composition chimique de cette eau.

Le dispositif de mesure le plus couramment utilisé est le type Schlumberger, dit encore
quadripôle. Une ligne d’émission permet entre deux électrodes A et B, plantées dans le sol,
de faire passer un courant d’intensité I. On mesure la différence de potentiel ΔV entre deux
électrodes M et N qui constituent la ligne de réception. Les électrodes A et B, M et N sont
disposées symétriquement par rapport au centre O du dispositif. L’emploi du courant
alternatif permettrait d’éliminer l’influence des courants naturels du sol et de supprimer
ainsi la polarisation des électrodes. La mesure de l’intensité I et de la différence de potentiel
ΔV sont effectuées avec un potentiomètre. Le courant s’écoule de A vers B, à travers le
terrain sous-jacent par une série de filets de courant contigus. La résistivité ρ du terrain,
affecté par le champ électrique ainsi créé, est donnée par loi d’Ohm. [3]

Le substratum est un socle rocheux sain de surface, recouvert d’une épaisseur variable de
sédiment ou d’altérite.

Coralie ULLMANN - STING 2012 - ANTEA Burkina Faso 18


SCHEMA DU DISPOSITIF DE SCHLUMBERGER

On réalise alors une première mesure dite profil des résistivités. On conserve une longueur
de ligne constante, donc une profondeur d’investigation constante et on déplace le centre O
du dispositif selon un profil topographique, on obtient la valeur des résistivités à une
profondeur constante dite résistivités apparentes. Si l’on reporte sur un graphe, les
résistivités en ordonnée et les emplacements des différentes mesures en abscisse, on
obtient un profil des résistivités (cf. exemple en annexe). Il s’agit de pointer sur ce profil les
irrégularités qui dénoncent les accidents géologiques ou fractures potentiellement lieux
d’infiltration ou d’écoulement de l’eau. Afin de les repérer plus facilement, on oriente le
profil topographique perpendiculairement aux fractures déjà connues.

On procède ensuite au sondage électrique : on sondera en profondeur (et non plus en


longueur) sous les emplacements des irrégularités repérées. Si l’on garde l’emplacement du
point O fixe, on peut en effet augmenter la profondeur d’investigation, à la verticale de O, en
écartant progressivement les électrodes A et B, symétriquement par rapport à O. Ces
mesures mettent en évidence la présence de l’ensemble fracture/arène grenue et sa
profondeur présumée, soit la « profondeur de désespoir » jusqu’à laquelle les foreurs
pourront creuser en espérant trouver de l’eau (cf. exemple en annexe).

Coralie ULLMANN - STING 2012 - ANTEA Burkina Faso 19


c. Résultats
Une fois l’emplacement sélectionné ont lieu les travaux de forage selon le processus ci-
dessous.

Roches affleurantes
?

Non
Oui
→ Rotary à l'air

Eboulement ou
mauvaise remontée
Marteau fin de trou
des coupes
géologiques ?

Oui
→ Rotary à la Non
mousse et/ou à la →Rotary à l'air
boue

Marteau fin de trou Marteau fin de trou

PROCESSUS DE FORAGE

Le rotary est une méthode de forage par rotation et broyage. Les déblais sont entraînés vers
la surface par ma circulation d’un fluide adapté au terrain traversé (densité, viscosité). Cette
technique est utilisée pour les terrains meubles et friables (argiles, sable gravier) qui nous
concernent ici et les formations dures (calcaire).
Le marteau fin de trou brise la roche en laissant régulièrement tomber un trépan. Il est
utilisé sur les formations dures.
Parallèlement à l’activité de creusement, on applique un tubage à l’avancement qui
correspond à la mise en place d’un tubage des parois du trou au fur et à mesure du forage et
on peut additionner un air lift qui est une injection d’air dans la canalisation pour la
nettoyer.
Les venues d’eau les plus fortes se trouvent en général entre 20m et 30m de profondeur
pour un débit de 9m3/h pour des profondeurs forées entre 70 et 90m.

Coralie ULLMANN - STING 2012 - ANTEA Burkina Faso 20


PHOTOS DES TRAVAUX DE FORAGE

Si le forage donne un débit suffisant, c’est-à-dire supérieur à 5 m3/h, on peut équiper le


forage. Ainsi le forage sur la photo de gauche sera équipé tandis que celui sur la photo de
droite ne le sera pas. L’équipement consiste en un sabot surmonté d’un tuyau en PVC, puis
un massif filtrant jusqu’au toit des crépines (sur 5m environ), un bouchon d’argile (sur 2m) et
enfin du remblai et du ciment pour éviter toute infiltration, donc risque de contamination
aux abords du forage.

L’eau extraite est ensuite soumise à


analyse physico-chimique, si elle répond
aux critères dictés par les normes OMS, le
forage sera ouvert à la consommation.
L’analyse physico-chimique comprend en
général les colloïdes, les cations et anions
principaux (présents dans le diagramme de
Piper) et des paramètres tels que le pH, la
turbidité, la conductivité…
Cf. tableau des normes OMS en annexe 3

EXEMPLE DE DIAGRAMME DE PIPER POUR


ANALYSE DE L’EAU

Coralie ULLMANN - STING 2012 - ANTEA Burkina Faso 21


Ciment
et remblai

Tube en PVC
+ crépine

Massif filtrant

Roche altérée

Socle

SCHEMA D’UN FORAGE HYDRAULIQUE EQUIPE

Bien sûr, aux méthodes très théoriques de choix des points de forage, s’ajoutent la pratique
et l’expérience du bureau d’études. Car, si l’on regroupe les données de forage des diverses
campagnes d’hydraulique villageoise par localité, on connaît le taux de succès réel des
implantations. Une bonne connaissance du terrain et des taux de succès habituels aidera
donc d’autant plus à faire une offre d’intervention lors d’un appel d’offre. Par exemple, sur
certaine localité, on peut supposer que quatre implantations sont nécessaires pour trois
forages productifs.

Et enfin, en plus de toutes ces données scientifiques, la recherche d’eau souterraine en


hydraulique villageoise est soumise à un certain nombre de contraintes sociologiques. Par
exemple, la proximité aux habitations, le respect des lieux sacrés donnent un cadre assez
restreint pour la prospection. Car le but est que les populations abandonnent les sources à
risques (tels que les marigots, les rivières, etc.) pour adopter ce nouveau point d’eau qu’est
le forage sans risque de maladies appelées hydriques, malgré des habitudes bien ancrées.

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4. L’arsenic : de la roche à la santé
Notre environnement naturel est constitué de roches très variées. La banalité de cette
évidence est telle que nous finissons par oublier totalement que ces mêmes roches,
modèlent nos paysages et définissent notre cadre de vie. Souvent masquée par une
couverture végétale, l’omniprésence de cette géologie se révèle parfois de manière brutale
et inattendue, mais également de manière insidieuse en introduisant dans notre
environnement des “contaminations naturelles” qu’il est parfois très difficile de distinguer
des pollutions accidentelles.
Les minéraux, aux compositions très variées, offrent des caractéristiques physico-chimiques
bien précises qui peuvent influer directement sur notre cadre de vie et notre santé. Pour
exister, ces minéraux doivent être en équilibre avec leur milieu. Une modification de cet
équilibre peut entraîner leur transformation en de nouveaux minéraux, accompagnée de la
libération d’une partie (ou parfois de la totalité) des éléments chimiques qui les constituent.
Par exemple, le sel de cuisine (cristaux de halite), parfaitement stable dans l’air sec, se
dissout rapidement dans l’eau douce en libérant le sodium et le chlore qui le constituent.
Heureusement, la quasi-totalité des minéraux présentent une grande stabilité et ne sont pas
sensibles aux modifications “mineures” de notre environnement.
A l’échelle humaine, la libération du contenu chimique de la grande majorité des minéraux
ne peut s’opérer que par des procédés industriels, particulièrement bien illustrés par
l’activité métallurgique. Toutefois, à l’échelle des temps géologiques et soumis aux
conditions de la surface, les minéraux les plus résistants finissent par s’altérer sous l’action
combinée du climat et de la biosphère. Certains minéraux relativement abondants, comme
les sulfures, sont particulièrement instables dans un environnement superficiel. Cette classe
minéralogique, dont les espèces constituent une des principales sources de métaux
exploités, est à l’origine des principales pollutions par les éléments métalliques en trace,
qu’elles soient anthropiques ou naturelles. Sous l’action combinée de l’eau et de l’oxygène
de l’air, mais également sous celle de l’activité bactérienne, les sulfures s’oxydent
rapidement pour se transformer en encroûtements de sulfates, d’oxydes et hydroxydes de
fer. Ce processus, qui peut opérer sur des temps très courts, de quelques mois à quelques
années, provoque un départ du soufre sous forme d’acide sulfurique plus ou moins dilué,
ainsi que celui des autres éléments contenus, comme les métaux de base (Cu, Pb, Zn), les
métaux lourds (Cd, Co, Ni, Hg,...), ou les métalloïdes (As, Se, ...) dans les eaux
environnantes.[4]

a. De l’Arsenic dans les roches


La fin du XXe siècle a vu émerger la conscience environnementale, et avec elle la
préoccupation associée à la nocivité des éléments trace métalliques sur la santé humaine.
Longtemps considérées comme résultant exclusivement de l’activité industrielle, les
pollutions par le mercure, le cadmium, le plomb, le chrome, etc. ont été recherchées dans
l’environnement immédiat des installations associées à leur extraction, leur élaboration ou
leur utilisation ; l’extrême rareté des concentrations minérales qui les contiennent ne
pouvant que confirmer cette intuition. Malheureusement, un métalloïde particulièrement
toxique, l’arsenic, fait exception à cette règle. Cet élément s’avère très banal dans l’écorce

Coralie ULLMANN - STING 2012 - ANTEA Burkina Faso 23


terrestre, et de très nombreuses roches cristallines, volcaniques ou sédimentaires peuvent
renfermer des proportions importantes d’arsenic sous forme de sulfures, dont l’espèce la
plus commune est l’arsénopyrite ou mispickel. Les concentrations d’arsénopyrite ont été
particulièrement étudiées à partir des années 60 dans le monde, lorsque l’étroite relation
entre ce minéral et les concentrations aurifères avait été clairement établie par la géochimie
d’exploration minière. Les concentrations arsenicales dans les roches se trouvent
typiquement entre 1 et 20 mg/kg. Les concentrations les plus élevées tendent à être
détectées dans des sédiments à grain fin (argiles, schistes), reflétant les proportions
généralement plus élevées d’oxydes de fer, des sulfures et des minéraux d’argile. Associé au
métal précieux de manière quasi-systématique, tout en étant bien plus largement distribué,
ce métalloïde est l’un des traceurs les plus utilisés pour repérer les gisements d’or, mais
également d’étain et de tungstène.

Source : minresco.com
ARSENOPYRITE FeAsS OU « OR DU PAUVRE »

Ce minéral s’est établi dans des fractures ou des coupoles intrusives, et a imprégné des
formations géologiques sur plusieurs dizaines de km. L’arsenic, initialement contenu dans les
roches et les minerais, se retrouve piégé sous différentes formes chimiques dans les sols et
les sédiments qui résultent de leur altération chimique par oxydation. Lors de ce transfert,
son support minéralogique change et passe du sulfure, à l’équilibre avec la roche non
altérée, à celui d’arséniates, de phosphates, de sulfates ou d’oxydes et hydroxydes de fer en
équilibre (parfois réversible) avec les conditions de la surface.
Ce changement d’état se produit dans un espace restreint, ce qui suppose un déplacement
peu important de l’élément chimique. Ainsi, une roche riche en arsenic développe par
altération une auréole géochimique riche en arsenic dans les sols qui se forment au-dessus,
et l’érosion disperse à son tour une anomalie dans les sédiments fins du réseau
hydrographique qui les draine. Il est intéressant de noter, que, bien que les teneurs
enregistrées dans les sols ou les sédiments soient parfois élevées (les teneurs de plusieurs
centaines de grammes par tonne sont communes), les eaux de surface restent généralement
libres de la présence d’arsenic, ce dernier restant piégé dans des phases minérales, surtout
oxydes et hydroxydes, en équilibre avec l’environnement. [4]

Coralie ULLMANN - STING 2012 - ANTEA Burkina Faso 24


b. De l’arsenic dans l’eau
Dans un milieu en équilibre ayant atteint sa maturité, l’arsenic se trouve généralement piégé
dans des minéraux. En fait, sa présence dans les eaux superficielles correspond bien souvent
à une activité humaine ayant perturbé l’équilibre du milieu, et cette activité peut être très
éloignée d’une activité industrielle associée classiquement à cet élément. Ainsi, la réalisation
de travaux publics, comme l’ouverture d’une route ou le foncement d’un tunnel, s’ils
s’effectuent dans des roches imprégnées d’arsénopyrite, provoquera inéluctablement une
déstabilisation de ce sulfure et libérera de l’arsenic dans les eaux de ruissellement. Cette
contamination s’exprime particulièrement dans les captages d’eau souterraine. La présence
d’arsenic dans les nappes phréatiques est un processus dont le détail peut s’avérer
particulièrement complexe. Cependant, un phénomène fort simple est à l’origine de ce
processus. La nappe phréatique subit des battements correspondant aux diverses
variations d’origine naturelle : influence saisonnière, variations de la pluviométrie, etc. On
peut cependant considérer, qu’à l’échelle des temps géologiques, ce battement de la nappe
s’effectue dans un milieu déjà oxydé, où les sulfures ont déjà disparu depuis longtemps et où
une bonne partie de l’arsenic libéré a été piégée par les oxydes et hydroxydes de fer. Lors
d’un pompage, le rabattement de la nappe peut aboutir à la mise « hors d’eau » d’une
zone ayant maintenu jusque là l’équilibre nécessaire à la stabilité des sulfures. Le
déséquilibre produit par cette mise hors d’eau va rapidement provoquer l’oxydation de
ces sulfures et la libération de l’arsenic contenu principalement dans l’arsénopyrite. Il est
important de noter que ce processus prendra un certain temps, et que la contamination ne
sera effective que quelque temps après le début du pompage. La cinétique de cette réaction
dépendra de très nombreux facteurs : nature des roches, porosité, association de sulfures,
proximité de la surface, activité bactérienne, ... L’origine de la contamination de l’eau d’un
forage n’est donc pas obligatoirement à associer à un épandage superficiel accidentel ou à
une percolation de l’arsenic naturellement contenu dans les sols (si ceux-ci ont atteint leur
équilibre). Cependant, on note une excellente corrélation spatiale entre les anomalies
naturelles des sols, lieux privilégiés pour les forages au Burkina, et la contamination en
arsenic des captages d’eau. Cette corrélation traduit surtout la relation qui existe entre
l’anomalie du sol et la nature des roches sous-jacentes, phénomène qui est le fondement de
la géochimie d’exploration.[4] La présence d’arsenic dans les eaux souterraines subit une
grande variabilité spatiale. La moyenne internationale de concentration en arsenic dans les
eaux souterraines est inférieure à 1 µg/L, cependant cette concentration peut atteindre 1g/L
en certaines zones de géologie remarquable.

On pourra appliquer le modèle de contamination par marnage aux systèmes


d’approvisionnement en eau en milieu rural au Burkina Faso. Lors de l’installation de PMH
ou AEPS, on creuse en effet en profondeur afin de capter l’eau des nappes. Lors de chaque
pompage, on réalisera un marnage qui brisera l’équilibre jusqu’alors établi : oxydation des
sulfures et libération de l’arsenic hypothétiquement présent. Un prélèvement pour analyse
lors de l’ouverture du point d’eau sera alors insuffisant puisque la concentration en arsenic
est susceptible d’évoluer au cours du temps.
De plus, une activité minière aurifère artisanale ou bien industrielle, toutes deux en plein
essor au Burkina Faso, pourra avoir un impact sur les nappes phréatiques environnantes. En
effet, à la manière d’un foncement pour un tunnel, elle modifiera l’équilibre souterrain en
creusant pour dégager la roche. Qui plus est, la première étape dans le procédé est de
broyer le minerai extrait. Ainsi réduit en poudre, l’arsenic initialement présent sera plus

Coralie ULLMANN - STING 2012 - ANTEA Burkina Faso 25


facilement dissout et emporté si les conditions de stockage des déchets miniers ne sont pas
suffisantes, c’est-à-dire perméables. On note que pour 1g d’or extrait, 1kg d’arsenic se
trouve libéré, d’où l’importance de pouvoir compter sur des miniers scrupuleux.

c. Impact sanitaire
La découverte de nappes phréatiques contaminées par de l’arsenic en Argentine, au Chili, en
Chine, aux Etats-Unis, en Inde, au Mexique, en Chine (province de Taïwan), en Thaïlande et
au Bangladesh illustre bien le fait qu’il s’agit là d’un problème mondial. La contamination
des nappes phréatiques par l’arsenic au Bangladesh est à ce jour la plus grande intoxication
d’une population recensée au cours de l’histoire, des millions de personnes ayant été
exposées à l’arsenic. Au début des années 70, on a installé des forages dans un souci
d’amélioration pour la santé publique. En 1998, une enquête réalisée par la British
Geological Survey portant sur 41 districts a permis de recueillir 2022 échantillons d’eau –
dont 35 % se sont avérés posséder des concentrations d’arsenic supérieures à 50 mg/l (la
concentration maximum autorisée au Bangladesh) et 8,4 % des concentrations supérieures à
300 mg/l. Compte tenu de la densité de la population dans ce pays en 1998, la British
Geological Survey a estimé que le nombre de personnes exposées à des concentrations
d’arsenic supérieures à 50 mg/l était d’environ 21 millions. Il faudrait multiplier ce nombre à
peu près par deux si l’on adoptait la concentration maximum recommandée par l’OMS, qui
est de 10 mg/l. Les effets sur la santé de l’ingestion d’eau contaminée par l’arsenic se
manifestent lentement. Pour cette raison, il est difficile d’évaluer précisément le nombre de
victimes de cette intoxication, en plus de ceux qui souffrent actuellement des maladies dues
à l’arsenic. La période de latence pour les lésions cutanées provoquées par l’arsenic (c’est-à-
dire le temps qui s’écoule entre la première exposition et la manifestation de la maladie), en
particulier pour les kératoses, est habituellement de l’ordre de 10 ans. Le temps de latence
pour les cancers cutanés et internes est de plus de 20 ans après la première exposition. Les
études effectuées dans d’autres pays où la population a été exposée à long terme à de
l’arsenic contenu dans les nappes phréatiques indiquent qu’une personne sur 10 qui boit de
l’eau contenant 500 mg/l d’arsenic peut finalement décéder d’un des cancers provoqués
par cette substance, notamment d’un cancer du poumon, de la vessie ou de la peau. [6]
Jusqu’en 1950, la norme OMS était fixée à 200 µg/L, suite aux avancées dans les domaines
technologiques et médicales, elle fut abaissée à 50 µg/L en 1963. Puis, constatant que les
teneurs étaient très faibles dans les eaux de boisson du monde, l’OMS baissa une nouvelle
fois la norme à 10 µg/L. Il est important de remarquer qu’aucune étude ne permet d’affirmer
que la consommation d’une eau de boisson avec une concentration entre 10 µg/l et 50 µg/L
en arsenic a un impact néfaste quelconque sur la santé. C’est pourquoi le Bengladesh a
choisi de garder cette norme de 50 µg/L pour certaines régions.

En effet l’exposition à long terme aboutit à l’intoxication à l’arsenic ou « arsenicisme ». Ainsi,


une large variété d’effets sur la santé humaine, ont été associés à l’exposition chronique à
l’arsenic avec des effets toxiques plus évidents dans des régions où les teneurs d’arsenic

Coralie ULLMANN - STING 2012 - ANTEA Burkina Faso 26


dans les eaux souterraines sont à un niveau élevé. [5] La plupart des organes affectés sont
ceux impliqués dans l’absorption, l’accumulation et ou l’excrétion d’arsenic. Ces organes
sont la peau, les systèmes respiratoire, cardio-vasculaire, immunitaire, génital, reproductif,
gastro-intestinal et nerveux. Les signes d’intoxication chroniques incluent des lésions
dermatologiques (hyperpigmentation, hyperkératoses, desquamation et perte de cheveux),
des neuropathies périphériques, des cancers et des vasculopathies périphériques. Ces signes
ont été les plus fréquemment observés au sein de populations consommant l’eau
contaminée par l’arsenic. Parmi ces symptômes, les lésions dermatologiques étaient les plus
dominants (mélanose et kératose des mains et des pieds) et survenant généralement au
bout d’une période d’exposition plus courte que les autres. La peau est une zone de
localisation et de stockage privilégiée de l’arsenic à cause de sa richesse en kératines dans
lesquels se trouvent les groupements sulfhydriles facilement liables par l’arsenic. Enfin,
l’affaiblissement du système immunitaire fait du malade une cible privilégiée pour toutes
autres maladies telles que les infections virales ou bactériennes courantes au Burkina Faso.
Qui plus est, le Centre International de Recherche sur le Cancer a choisi en 1987 de classer
l’arsenic dans l’eau de boisson comme carcinogène de groupe I (ce qui signifie qu’il est
scientifiquement prouvé que l’arsenic est carcinogène).

Si l’on peut relativement simplement atténuer l’exposition à l’arsenic en fournissant de


l’eau exempte d’arsenic, la situation au Bangladesh, tout comme au Burkina Faso, est plus
complexe du fait de la faiblesse de l’économie et de la nécessité de compter
essentiellement sur l’aide extérieure pour résoudre les problèmes de santé publique. Il
existe également des difficultés importantes au niveau des communications et du
transport qui constituent des obstacles pour les programmes d’intervention et d’éducation
communautaires. Néanmoins, contrairement à des maladies comme le paludisme, le choléra
et la tuberculose, qui exigent des réponses de santé publique plus complexes, la réponse à
une contamination de l’eau des puits tubés est claire et nette – fournir de l’eau exempte
d’arsenic. L’éducation et la participation des communautés sont indispensables pour que les
interventions soient couronnées de succès et doivent être associées à un suivi des
opérations pour confirmer que l’exposition a cessé. [6]

De nombreuses études ont été menées sur l’impact sanitaire de la présence de l’arsenic
dans les eaux de consommation journalière au Burkina Faso, en particulier dans la région du
Nord où le problème fut découvert. Certaines ont montré que l’accumulation de l’arsenic
dans les végétaux était moindre et que l’eau de boisson était la première et principale cause
de la contamination. En 2003, dans le cadre du Programme Eau et Environnement dans la
région Nord mis en œuvre par Danida, la coopération Danoise, des analyses de la qualité de
l’eau sont réalisées dans la zone. Des concentrations élevées en arsenic sont alors détectées
dans certains villages. Les forages concernés sont fermés. La même année, des villageois
signalent l’apparition de taches noires sur leur peau et ont la certitude que ces taches sont
liées à la consommation de l’eau du forage. Des analyses d’eau réalisées dans le cadre du
programme en 2004 donnent en effet des concentrations en arsenic excessivement élevées :

Coralie ULLMANN - STING 2012 - ANTEA Burkina Faso 27


10 des 12 forages analysés ont une teneur en arsenic supérieure à la norme OMS de 10 µg/L.
Les forages sont également fermés. Suite à ces résultats, plusieurs études sont menées.
Celles-ci ont permis d’obtenir un ordre de grandeur de la contamination à l’échelle du
territoire. Ainsi, il semble raisonnable de considérer qu’à l’échelle du territoire, environ 2 à
3% des forages présentent une teneur en arsenic supérieure à 10 µg/L. Dans les formations
de type volcano-sédimentaire qui sont les zones à risque, il semble que l’étendue de la
contamination soit de l’ordre d’environ 15-20% des forages ayant une concentration
supérieure à 10 µg/L et 3-6% des forages ayant une concentration supérieure à 50 µg/L.

Coralie ULLMANN - STING 2012 - ANTEA Burkina Faso 28


5. Mission de dépistage de forages
contaminés dans la région du Poni
Objectifs de la mission
 Déterminer le degré de sensibilisation au problème de la contamination des eaux
souterraines par l’arsenic dans la région du sud-ouest (population locale, mairie,
Centre de Santé et de Promotion Sociale (CSPS))

 Tester une dizaine de forages dans la région quant à leur teneur en arsenic en
fonction de différents critères : proximité orpaillage, géologie connue, profondeur et
distance entre les différents Points d’Eau Modernes (PEM)

Introduction
La politique d’accès à l’eau potable en milieu rural a conduit le Burkina Faso à privilégier les
forages d’eau. En effet, ces points d’eau souterraine donnent en général une eau plus propre
et exempte de germes ou autre source de maladie. L’eau est alors consommable sans
traitement préalable. Depuis les années 1980, de grandes campagnes de forages ont été
conduites dans tout le pays pour améliorer l’accès à l’eau en milieu rural, avec succès.
Cependant, en 2003, le Programme Eau et Environnement du Nord (PEEN) a mis en
évidence la présence d’arsenic en concentration inquiétante en termes de conséquences
sanitaires pour les consommateurs dans certains villages. C’est ce premier évènement qui a
amené les responsables scientifiques et politiques à prendre conscience de la contamination
des eaux souterraines par l’arsenic.

Depuis, de nombreuses études ont été réalisées dans la région Nord du pays, car
l’investigation a été initiée là-bas mais les études dans les autres régions sont insuffisantes,
notamment dans le Sud Ouest. La seule carte de zone à risque existant à ce jour fut établie
en 1993 vraisemblablement à partir des données géologiques de l’époque. Elle ne tient donc
pas compte des mises à jour établies depuis. Elle ne prend d’ailleurs pas en compte le sud-
ouest. Or, la contamination est d’origine géologique. Elle résulte en fait d’interactions entre
l’eau et les roches qui constituent le sous-sol environnant durant l’écoulement. Et la carte
géologique du Burkina Faso nous indique que la nature des roches dans le Nord est
semblable à celle dans le sud-ouest. Il s’agit des roches issues du socle volcano-
sédimentaire. Nous savons aussi que l’arsenic est naturellement lié à l’or dans le sol. Et il se
trouve que l’activité aurifère tend à se développer dans le sud-ouest. La région détient
aujourd’hui 14% des Autorisation d’Exploitation Aurifère (AEA). D’où le but de la mission ici
présentée : déterminer si l’arsenic est présent dans les eaux souterraines du sud-ouest.

Coralie ULLMANN - STING 2012 - ANTEA Burkina Faso 29


a. Choix des PEM
La contamination des eaux souterraines par l’arsenic est d’origine naturelle, et non
anthropique, pour les zones étudiées. Dans les formations géologiques, on trouve que
l’arsenic est souvent lié au même type de faciès géologique que l’or. Si tel est le cas, on
pourrait donc repérer l’or par la présence d’arsenic et vice-versa.

A partir d’une étude géo localisée (traitement mapinfo des données), nous avons pu choisir
les PEM du Poni les plus proches des AEA en privilégiant ceux se trouvant directement dans
le périmètre d’exploitation. Les données sur les PEM sont les données INOH (Inventaire
National des Ouvrages Hydrauliques) fournies par la Direction Générale des Ressources en
Eau (DGRE) à Ouagadougou et celles sur les AEA sont fournies par la Direction Générale du
Cadastre Minier (DGCM) par la direction des mines artisanales et semi-mécanisées.

Il a fallu faire un choix sur les 1405 PEM répertoriés dans le Poni par les données INOH. Pour
cette étude de repérage, nous avons modestement sélectionné 12 PEM, dont 11 pour
prélèvement et 1 pour visite car il s’agissait d’un forage abandonné.

LEGENDE
CARTE DES PEM SELECTIONNES

Coralie ULLMANN - STING 2012 - ANTEA Burkina Faso 30


Longitude Latitude
Commune Village Quartier Type PEM (W) (N)
Kampti Dinkabra Dinkarifa Forage équipé pompe -3,34625 10,23058

Kampti Dinkabra Forage équipé de pompe -3,346111 10,23056

Pérignan Périgban Timpouro Forage équipé de pompe -3,348472 10,22736

Pérignan Périgban Périgban Puits moderne permanent -3,350194 10,22497

Pérignan Périgban Forage équipé de pompe -3,351222 10,22386

Pérignan Périgban Forage équipé de pompe -3,351861 10,22708

Pérignan Périgban Périgban Forage abandonné -3,347694 10,22628

Loropéni Filandé Goola Forage équipé de pompe -3,673694 10,51714

Loropéni Tiéfindougou Boussaba Forage équipé de pompe -3,678083 10,54711


Gongombili-
Gaoua Paboulona Forage équipé de pompe -3,207028 10,20322
Koul-
Gaoua Kampement Koulinka Forage équipé de pompe -3,246167 10,26281

Nako Sangol Koukourédjou Forage équipé de pompe -3,008278 10,55194

TABLEAU DES PEM SELECTIONNES INITIALEMENT

Forage initialement sélectionné prélevé Puits initialement sélectionné prélevé


Forage abandonné visité Forage non trouvé

Coralie ULLMANN - STING 2012 - ANTEA Burkina Faso 31


b. Déroulement de la mission
Dès l’arrivée à Gaoua, nous avons rencontré M. Konaté Lassa de la Direction des Ressources
en Eau de la Direction Régionale de l’Agriculture et de l’Hydraulique Sud Ouest (DRAH SO).
Nous avons expliqué à M. Konaté le but de notre démarche et de notre mission en lui
détaillant les PEM choisis. Il a alors pu prévenir tous les maires concernés de notre arrivée.

Celui-ci a bien conscience du problème de la contamination des eaux par l’arsenic. Il


conseille les tests de teneur à la réalisation des forages, sans pouvoir d’obligation. Aucun
fichier global de collecte de données n’est mis en place, cependant M. Konaté essaye de
capitaliser les données qui lui sont retournées. Il nous a transmis les rapports d’analyse
physico-chimique des eaux de 10 forages incluant l’arsenic. Nous ne pouvons que regretter
que les PEM ne soient pas géo référencés. De plus, la teneur en arsenic de 0 µg/L obtenue
pour les analyses des 10 forages met en doute la fiabilité des résultats. En considérant que la
teneur soit très faible pour tous, il est plus scientifique de reporter <0,1 µg/L par exemple.
Dans ce genre de situation une contre analyse s’impose avant de prendre une décision quant
à la présence ou non d’arsenic.

Pour chaque commune, la première étape était de rencontrer M. le maire et la personne


responsable des problèmes d’approvisionnement en eau potable afin de leur expliquer notre
étude et de les sensibiliser au problème ; en leur montrant par exemple les photos des
hyperkératoses rencontrées dans le Nord (cf. photos en annexe). Ensuite, à l’aide de cette
personne, nous nous rendions sur les PEM sélectionnés. Il y avait toujours quelques locaux
présents. Après avoir posé des questions sur l’utilisation et la qualité du PEM et sur
l’activité d’orpaillage environnante (cf. questionnaire en annexe), nous procédions au
prélèvement selon le protocole suivant.

Les pompes étant la plupart du temps déjà en activité, il n’était pas nécessaire de pomper
avant les prélèvements pour aller chercher les eaux souterraines.

 Remplir un sceau de l’eau de forage pour y tester la conductivité

 Laver le flacon 3 fois à la pompe, laver les bouchons dans le sceau

 Remplir le flacon et faire sortir les bulles d’air


Finir de remplir à ras bord avec la seringue

 Ajouter 2 mL d’acide nitrique concentré dans le flacon avec la seringue (en portant
des gants, l’acide étant hautement corrosif)

 Fermer le flacon avec le bouchon hermétique en veillant à introduire le moins d’air


possible puis avec le bouchon irréversible

 Veiller à ce qu’il ne reste pas de trace d’acide nitrique concentré dans


l’environnement

Coralie ULLMANN - STING 2012 - ANTEA Burkina Faso 32


Le laboratoire du BUMIGEB a effectué toutes les analyses par la méthode de l’absorption
atomique après génération d’hydrures. C’est le laboratoire qui avait fourni les matériels et
consommables nécessaires (flacons, acide, seringue…).

Nous regrettons qu’il ait fourni un flacon d’acide concentré avec un bouchon censé être
hermétique mais défectueux.

c. Résultats et discussion

PEM
Il ressort en brousse que le forage est souvent le seul point d’approvisionnement des
populations rurales qui ont délaissé les marigots, désormais réservés aux animaux. Dans les
gros villages, on trouve pratiquement un PEM par quartier. Les consommateurs ne se sont
pas plaints de problème lié à l’eau (maladie, panne de pompe…). Seule l’eau du forage de
Paboulona serait source de démangeaison, maux de ventre, peut-être à cause de petits vers
présents dans l’eau (présence non constatée). Une panne est survenue sur le forage de
Yefara, depuis la réparation, aucun nouveau problème n’est apparu.

Le périmètre de protection est inexistant dans tous les cas. Parfois, l’espace est assez
préservé, le forage étant en retrait des activités domestiques et agricoles. Sinon, les animaux
et des cultures maraîchères se partagent l’espace autour du forage. Dans certains cas, des
déchets plastiques et autres sont laissés sur place.

L’hyper structure, parfois sans bordure, est en général en bon état et tenue propre (malgré
quelques fissures).

Les pompes rencontrées sont de marque Vergnet ou bien Volanta. Elles ne semblent pas
poser de problème de fonctionnement.

La mise à jour des données INOH est difficile et son importance n’est pas forcément bien
installée dans les consciences. Ainsi deux forages n’ont pas été trouvés : leur position semble
être indiquée de telle façon que les locaux ne les reconnaissent pas. Il s’agit des deux forages
de Kampti/Dinkabra, normalement proches de Périgban. De plus, à
Nako/Sangol/Koukourédjou, le forage est abandonné depuis environ huit ans (2004, le
forage datant de 1994) sans aucun retour vers la DGRE/DEIE ni savoir si la panne vient de la
pompe ou bien si la ressource est tarie. Il s’agissait d’une pompe Diafa. Les locaux se sont
donc tournés vers le puits du village.

Ainsi sur 12 PEM initialement choisis, 7 ont fait l’objet de prélèvement, les autres étant
introuvables ou en panne. 2 autres furent choisis sur place pour analyse.

Coralie ULLMANN - STING 2012 - ANTEA Burkina Faso 33


[As] Date et heure
N° Commune Village Quartier Longitude Latitude (µg/L) Type Consommation de visite

1 Loropeni Filande Goola -3,6738 10,517 2,45 Domestique 13/07/12 à 15h


13/07/12 à
2 Loropeni Tiefindougou Boussaba -3,678 10,547 6,43 Domestique 16h30
16/07/12 à
3 Périgban Périgban -3,3512 10,224 7,45 CSPS + Agriculture 10h30

4 Périgban Périgban -3,3502 10,225 7,64 Domestique + Dolo 16/07/12 à 11h


16/07/12 à
5 Périgban Périgban -3,3518 10,227 6,49 Domestique + Bétail 11h30
16/07/12 à
6 Périgban Périgban -3,3484 10,227 8,7 Domestique 12h15

Périgban Périgban Périgban --3,3477 10,226 Abandonné 16/07/12 matin


16/07/12 à
7 Gaoua Gongombili Yéfara -3,1817 10,208 8,66 Domestique 17h30

8 Gaoua Gongombili Paboulona -3,2027 10,207 6,23 Domestique 16/07/12 à 18h


Koul 17/07/12 à
9 Gaoua Campement Koulenka -3,2462 10,263 2,64 Domestique 8h15

10 Nako Sangol Koukourédjou -3,0083 10,552 Abandonné 17/07/12 matin


TABLEAU DES PEM REELLEMENT VISITES

Puits initialement choisi prélevé Forage abandonné visité


Forage initialement choisi prélevé Forage choisi sur place

CARTE DES PEM REELLEMENT VISITES LEGENDE

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Le problème de l’arsenic
Suite à la rencontre des maires ou de leur représentant ainsi que des responsables des
ressources en eaux, nous pouvons dire que les communes ont, pour la plupart, entendu
parler du problème de la contamination des eaux par l’arsenic dans le nord par les parutions
de presse et les médias. Cependant, elles n’ont pas conscience que leur commune peut
aussi être concernée et ne connaissent pas les répercutions sanitaires possibles. Les signes
physiques de l’intoxication chronique sont en effet méconnus.

Pour avoir rencontré un infirmier du CSPS de Loropéni, il n’y a apparemment dans la région
pas le type de maladie de peau habituellement provoqué par la contamination chronique
par l’arsenic dans l’eau. Les symptômes sont toutefois mal connus.

Les analyses de concentration ont été menées avec la méthode de l’absorption atomique par
génération d’hydrures au BUMIGEB. Les résultats donnent des teneurs inférieures à la
norme OMS (10 µg/L). Les concentrations sont néanmoins supérieures à la moyenne
internationale de présence dans la nature (<1 µg/L), ce qui montre qu’il faut rester vigilant
sur la question. En effet, on sait que les teneurs varient énormément en fonction de la
géographie et des saisons et on ne connaît pas l’influence de la durée d’exploitation du PEM.

Enfin, les résultats ne permettent pas de conclure sur l’influence des critères définis :
proximité orpaillage, profondeur et distance entre les différents PEM. En effet, aucune
tendance ne se dessine distinctement. On peut malgré tout confirmer la grande variabilité
spatiale de localisation de l’arsenic. Le résultat d’analyse du prélèvement n° 4 est
surprenant. L’idée selon laquelle les eaux moins profondes (non puisées dans le sous-sol)
sont moins concernées par la contamination par l’arsenic est commune. Or, il n’y a pas de
différence remarquable entre la teneur dans l’eau du puits et la teneur de l’eau de forage du
prélèvement n°3 situé à moins de 200m de là. Nous pouvons donc ici conclure que la nappe
altérée contient l’arsenic. Cette idée est certainement due au fait que l’arsenic se trouve
plus en profondeur de par sa densité de 5,7 par rapport à celle de l’eau qui est de 1.
Cependant les prélèvements ont été effectués en fin de matinée, la population avait donc eu
le temps de puiser l’eau avant, brassage qui empêche un susceptible équilibre selon lequel
les éléments s’arrangent en fonction de leur densité. Au lever du jour, les résultats auraient
probablement été différents.

Coralie ULLMANN - STING 2012 - ANTEA Burkina Faso 35


TENEUR EN ARSENIC DES EAUX DES 9 PEM PRELEVES

9
Indice du PEM prélevé

8
7
6
5
4
3
2
1
0 2 4 6 8 10
Teneur en arsenic (µg/L)
Teneur maximale généralement Norme OMS
rencontrée dans la nature

Contexte géologique
L’arsenic et l’or sont contenus dans les roches dites « roches vertes » et particulièrement
dans les zones de cisaillement. Cette appellation comprend toutes les roches volcaniques et
intrusives qui composent les ceintures Birrimiennes d’origine volcano-sédimentaire. Elles
datent du Précambrien C (2400 MA à 1300 MA) et recouvrent 26% du territoire national. Les
autres roches qui constituent le socle du Poni sont celles du socle cristallin comme les
granites ou tonalites. Ces roches du plutonisme éburnéen dont la composition est moins
complexe datent du Précambrien D (antérieur à 2500 MA). Elles recouvrent 55% du
territoire. La carte géologique du Burkina Faso aujourd’hui utilisée fut établie en 2003 par
le Bureau des Recherches Géologiques et Minières (BRGM) au 1/1 000 000 et au 1/2
000 000 pour certaines régions (Sud-ouest non concerné).

Il y aurait donc 26% du territoire susceptible d’être contaminé par l’arsenic. Toutefois,
comme nous pouvons le constater sur la figure 1, nous trouvons des AEA sur le socle
cristallin (en rose). Le but était aussi de voir sur le terrain si l’on trouvait effectivement de
l’or dans le granite ou bien si le sol correspondait au socle volcano-sédimentaire. L’AEA de
Périgban n’était pas en exploitation, nous n’avons donc pas de données de production
aurifère sur cette zone. De même pour l’AEA de Koulenka, d’où les orpailleurs avaient été
chassés. Malgré tout, les résultats d’analyse montrent que l’arsenic est présent dans le socle.
Ceci nous a amenés à nous intéresser de plus près à la géologie de la commune de Périgban,
entièrement installée sur du socle cristallin d’après la carte géologique. En recherchant dans
d’anciens rapports les coupes de forages faits sur la commune de Périgban, nous pouvons
trouver les fameuses « roches vertes ».

Coralie ULLMANN - STING 2012 - ANTEA Burkina Faso 36


CARTE GEOLOGIQUE SUR LA COMMUNE DE LEGENDE
PERIGBAN

Cette carte met bien en évidence la nécessité de mettre à jour et préciser la carte
géologique, car elle est elle-même la base de nombreuses études (principalement pour la
DGRE et la DGCM). Cette mise à jour est possible à partir de données déjà existantes comme
les coupes de forage, archivées dans les bureaux d’études d’hydrogéologie.

Activité d’orpaillage
Notre choix ayant été fait sur la base des autorisations d’exploitation aurifère artisanale et
semi-artisanale fournies par la DCM, nous ne pouvons que regretter le manque de retour
d’information quant à la production, en quantité et localisée par site. Ces informations
auraient été les plus pertinentes pour notre sélection de PEM, car nous ne pouvons pas
affirmer avec certitude qu’une autorisation d’exploitation indique l’or, alors que la
production si. Et nous ne pouvons qu’encourager les efforts entrepris pour mettre en place
une base de données de production aurifère géo localisée.

Les orpailleurs ne sont jamais des locaux, l’activité étant considérée comme maudite dans la
région. Ce sont principalement des Mossi qui viennent du nord du pays. Il y a très peu
d’échange entre les deux communautés, si bien que les locaux n’ont pas beaucoup
d’informations sur les activités ou bien la production (Tiéfindougou, Yéfara). Les orpailleurs
sont en général mal acceptés, exclus la plupart du temps, et même chassés (Gaoua/Koul
Campement/Koulenka).

Coralie ULLMANN - STING 2012 - ANTEA Burkina Faso 37


De plus sur certains sites, les orpailleurs sont partis, personne ne connait la raison de leur
départ (Filande). Souvent, le maire n’est même pas au courant de l’autorisation qui existe
sur sa commune (Loropéni, Périgban). Enfin, au-delà de l’hostilité exprimée par les locaux
envers les orpailleurs, certaines autorisations ne sont pas en cours d’exploitation sans que
l’on en connaisse la raison (Périgban).

En conclusion, on ne peut qu’encourager une meilleure communication entre les différents


acteurs : DCM, mairie, population locale et orpailleurs.

Conclusion de la mission
Durant la mission, nous avons pu apprécier la qualité des eaux de forage, l’accès à l’eau dans
certains villages et l’organisation entre les différentes institutions. Il en ressort que les
utilisateurs sont plutôt satisfaits du travail effectué pour leur apporter une eau de qualité.
La plupart subviennent à leurs besoins en termes de consommation domestique sans
problème.

Cependant, avec des exigences un peu plus poussées quant au fait de répertorier les PEM en
fonctionnement ou non, une meilleure communication entre les consommateurs locaux,
autorités communales, régionales et nationales est nécessaire. L’importance de tenir une
base de données géo référencées à jour des forages jugés positifs comme ceux jugés
négatifs puis des PEM en fonctionnement comme ceux en panne est primordiale. Seule une
telle base pourra permettre une gestion efficace et optimale du problème de l’accès à l’eau.

Coralie ULLMANN - STING 2012 - ANTEA Burkina Faso 38


6. Bilan
a. Bilan scientifique : Conclusion et recommandation
Evolution des concentrations dans le temps
Variation suivant les années
Nous ne connaissons pas l’influence de la durée d’exploitation sur les interactions roche
eau. Une étude statistique en fonction de l’âge du forage et de la concentration actuelle
connue ne donnerait pas de résultat fiable. En effet, la très forte variabilité spatiale du
problème ne permet pas de comparer différents PEM entre eux sur un autre critère que la
position.

Le rapport d’étude de Sakira Abdoul Karim aborde ce sujet. Il y compare des mesures
effectuées en 2006, 2009 et 2010 et n’arrive pas à une conclusion tranchée. L’aspect positif
de cette étude est d’avoir suivi les mêmes PEM sur une durée assez longue. Cependant, il
aurait fallu préciser le moment précis du prélèvement (i.e. année, mois, jour, heure) ainsi
que le laboratoire sollicité, sans quoi toute comparaison ou conclusion n’est pas
scientifiquement acceptable.

La démarche à suivre pour cette étude à long terme est de suivre deux PEM (un de teneur
entre 5 µg/L et 10 μg/L et l’autre > 50 µ/L) au rythme d’une analyse par mois en notant les
évènements extérieurs influant (température, pluviométrie, pH) sur une durée d’au moins
10 ans.

Cette étude permettra de savoir si une analyse à l’ouverture du forage est suffisante ou bien
si des analyses régulières sont nécessaires et dans quelle mesure.

Variation suivant les saisons


Selon les saisons, deux paramètres principaux peuvent influencer la qualité des eaux
souterraines. Le premier est la température, c’est en effet un facteur cinétique bien connu
qui aura donc son rôle à jouer quant au transfert des minéraux et autres de l’environnement
dans les nappes. Le deuxième est la pluviométrie. En fonction de la quantité d’eau présentes
dans les nappes souterraines profondes ou moins profondes. Ces deux paramètres modifient
aussi directement l’activité bactériologique. C’est ainsi que les paramètres physico-
chimiques et donc les conditions d’oxydoréduction varient en fonction des saisons : teneurs,
pH, température… Ceci donne une situation plus ou moins favorable à la dissolution de la
roche dans l’eau, et donc notamment la concentration en Arsenic.

Un rapport de l’UFR/SDS cite une étude menée au Nevada qui aurait rapporté des teneurs
stables pour 56% des puits étudiés, des variations à la hausse pour 22% en saison pluvieuse
et des variations à la baisse pour 21% en saison sèche. On peut supposer qu’un fort débit au
moment de la saison pluvieuse intensifie le processus de dilution car les interactions sont

Coralie ULLMANN - STING 2012 - ANTEA Burkina Faso 39


plus violentes. Ces résultats peuvent servir d’indicateurs mais en aucun cas de conclusions
applicables pour le Burkina Faso. Des paramètres fondamentaux diffèrent entre les deux
régions, ce qui empêche toute comparaison. Ce sont au moins : l’altitude (comprise entre
146 m et 4005 m avec une moyenne de 1675 m au Nevada, comprise entre 149 m et 749 m
avec une moyenne de 400 m au Burkina Faso) et la géologie (du Miocène : 23 Ma à 5 Ma
pour le Nevada, du Précambrien : 4560 Ma à 542 Ma au Burkina Faso).

Il sera par conséquent important de surveiller les concentrations dans les zones à risque en
effectuant plusieurs prélèvements dans l’année. Le sujet étant encore mal connu, il sera
intéressant de choisir deux PEM (un de teneur entre 5 µg/L et 10 μg/L et l’autre > 50 µ/L)
pour analyser régulièrement la teneur en Arsenic, tous les jours pendant un an, tout en
suivant les évènements extérieurs influant (température, pluviométrie, pH). On pourra
alors apporter plus de précisions et de résultats sur l’évolution de la concentration en
arsenic suivant les saisons.

Cette étude est d’une importance capitale, car elle permettra de connaître les ordres de
grandeur de variation. En effet, il se peut que l’eau de certains forages analysés comme
étant potable se trouve non potable à d’autres saisons, et inversement.

Variation suivant l’activité de la pompe


Un autre point d’ignorance sur la variation temporelle de la concentration en arsenic de
l’eau d’un même forage est celle selon l’activité de la pompe. Il se peut que, la nuit, de par
son inactivité, les éléments dissous dans l’eau trouvent une certaine position d’équilibre en
fonction de leur densité. Or, l’arsenic est très dense par rapport à l’eau : 5,7 contre 1, ce qui
l’amènerait à se placer en profondeur dans la nappe. Alors, les premiers prélèvements, à
l’aube, auront une concentration différente de ceux en fin d’activité journalière pour
laquelle l’eau de la nappe a été brassée des heures durant. Il en est de même pour une
pompe momentanément en panne qu’on remet en activité.

Cette question est difficile, d’autant plus qu’on connaît mal les temps et processus de
transfert dans les nappes car les niveaux piézométriques commencent à être surveillés au
Burkina Faso.

Variation spatiale et géologie


Le but ici est d’isoler les caractéristiques géologiques qui renvoient un risque de
contamination. Il est bien connu que l’arsenic est présent dans les roches dites « roches
vertes », issues de la ceinture Birrimienne qui sont en fait des andésites à affinité calco-
alcaline, basalte et dacite. Elles représentent environ 26% du territoire. Il sera intéressant
d’isoler les zones à risque de contamination en fonction des caractéristiques géologiques,
afin d’obtenir une carte de précaution, à la manière de ce qui a été fait dans le nord lors de
la phase II du Programme d’Appui au Développement du Secteur Eau et Assainissement
(PADSEA II).

Coralie ULLMANN - STING 2012 - ANTEA Burkina Faso 40


Dans cette optique, il sera important de mettre la carte géologique à jour et la préciser. En
effet, celle utilisée actuellement, dessinée par le Bureau des Recherches Géologiques
Minières (BRGM), date de 2003 et est au 1/1 000 000 pour le territoire national et au 2/1
000 000 pour certaines régions. Et certaines limites sont contestées. Par exemple lors de
notre mission dans le Poni, nous avons pu constater que la description géologique dans la
ville Périgban n’était pas appropriée. Pourquoi alors ne pas profiter de chaque nouveau
forage pour récolter les données de nature de roche en profondeur et créer une carte
précise et actualisée ?

CARTE DE L’EVOLUTION DES CONNAISSANCES EN TERMES DE GEOLOGIE

Coralie ULLMANN - STING 2012 - ANTEA Burkina Faso 41


Enfin, à la manière de l’or, l’arsenic semble disposé par filon. Le but ultime de toutes ces
recherches est de déterminer une carte de concentrations en Arsenic au Burkina, telles les
cartes qui existent dans le Nord. La seule carte nationale qui existe actuellement date de
1993 Cette carte rapporte une aire totale de zone à risques qui couvre 10% du territoire.
C’est d’ailleurs le chiffre couramment utilisé dans les rapports sur l’arsenic. Cette carte a
probablement été établie à partir des faciès géologiques. Or les connaissances en termes de
géologie ont largement évolué. Le Sud-ouest notamment est complètement ignoré alors que
les formations géologiques sont les mêmes que dans la région du Nord.

Enfin, un dernier travail sera de faire le lien avec les autres pays de la sous-région car l’on
entend bien que les limites géologiques et autres facteurs naturels ne s’arrêtent pas aux
frontières. Une certaine coopération pour étendre l’étude sera donc nécessaire.

Impact sanitaire
Au cours de nos enquêtes et rencontres, il est apparu que l’arsenic ne pouvait pas être la
seule cause des maladies repérées. En effet, selon les dire, sur une même population, une
même concentration d’arsenic n’a pas le même impact sur la santé. On peut alors se
demander quel autre paramètre lié ou non à l’arsenic donne de telles maladies de peau. De
plus, si ces maladies de peau ne permettent pas de repérer les PEM contaminées, le risque
de cancer existe toujours et est moins facilement identifié comme conséquence de la
consommation d’eau arséniée.

Coralie ULLMANN - STING 2012 - ANTEA Burkina Faso 42


Analyse
La difficulté de mener une étude sur l’arsenic dans les eaux de boisson en milieu rural est
surtout liée au manque de moyen pour l’analyse et le titrage.

Une première possibilité, celle que nous avons choisie, est d’effectuer les prélèvements aux
sources, de conserver en acidifiant et au froid, puis de faire le titrage par photo
spectrométrie de masse ou autre méthode nécessitant de lourdes installations. Dans ce cas,
il est nécessaire de faire appel à un laboratoire. Et l’attente des résultats peut durer une
semaine. De plus, la fiabilité des résultats est repose sur le professionnalisme et l’objectivité
du laboratoire. Même si un laboratoire est légitimé par l’état, les contrôles ne s’effectuant
pas régulièrement, on peut se poser la question de savoir si ses résultats sont pleinement
fiables.

L’autre possibilité est de faire les analyses sur place grâce à des kits de terrain type
Arsenator. Moins précis, certains lui font confiance pour obtenir un ordre de grandeur de la
concentration dans les eaux. Cependant des études menées par le BUMIGEB et Plan Burkina
Faso ont montré ses faiblesses et notamment la variabilité de la qualité des résultats. Après
un temps d’hésitation, nous avons renoncé à utiliser ce genre de kits. La base du problème
est que les consommables ne sont pas bien conservés et donc préservés.

Finalement, pour une étude approfondie sur une région, le coût sera très élevé. Pour un
traitement plus efficace, il faudrait pouvoir compter sur une agence indépendante qui
évaluerait la qualité des travaux des laboratoires.

Traitement
Etant données les conditions de développement difficile auxquelles le pays est soumis, le
meilleur traitement sera celui qui est facile à mettre en place et peu coûteux. C’est à ce titre
qu’au Bengladesh ont été développés les filtres à sable. De nombreux autres procédés
existent (cf. tableau en annexe).

La solution la moins couteuse à long terme est toutefois l’ouverture d’autres points d’eau. Il
faudra d’assurer bien sûr qu’eux-mêmes ne sont pas contaminés.

b. Bilan personnel
ANTEA Burkina Faso constitue une équipe pluridisciplinaire qui offre des points de vue divers
et experts. Mon intégration au sein de cette équipe de travail s’est très bien déroulée et
c’était chaque fois un plaisir de partager et d’échanger avec mes collègues de travail. C’est
avec intérêt que j’ai pu découvrir les occupations des socio-économistes, des ingénieurs et
des techniciens. Toutes ces compétences réunies ont rendu la problématique de
l’alimentation en eau potable des populations en milieu rural d’autant plus intéressante. Le
bureau d’études offre également un cadre passionnant car chaque sujet est différent et
nécessite divers savoir-faire.

Coralie ULLMANN - STING 2012 - ANTEA Burkina Faso 43


M. Ki, mon tuteur de stage et directeur du bureau d’études, m’a accompagnée tout le long
du stage. Toutefois il m’a laissé une grande autonomie et une grande liberté de travail. Il m’a
donc fallu rencontrer les responsables seules et prendre des initiatives pour mener à bien
mes recherches. Dès qu’un problème ou une interrogation se présentait, il était présent
pour m’aider à avancer et me réorienter.

Enfin, ce stage s’inscrit dans un projet professionnel en construction. Il a renforcé mon envie
de travailler dans le domaine de la potabilisation des eaux ou tout du moins
l’approvisionnement en eau de boisson améliorée. En effet, la problématique de l’eau est
passionnante de par tous les enjeux qui l’entourent. Rencontrer les acteurs qui s’y
rapportaient m’a aussi beaucoup plu. Et ces trois mois sur le territoire Burkinabè a intensifié
mon désir de contact avec le continent africain dans mon avenir professionnel.

Coralie ULLMANN - STING 2012 - ANTEA Burkina Faso 44


Bibliographie
[1]
Dakoure D., 2004
[2]
Hydrogeology Prospecting in Cystalline and Metamorphic Area by Spatial Analysis of
Productivity Potential de Konan Kouadio, Saane, Lasm et Biemi dans European Journal
Scientific Research en 2008
[3]
Méthodes de prospection – moyen d’exploration
[4]
« L’eau, facteur de libération de l’Arsenic naturel » de Michel Bonnemaison dans
Geosciences en septembre 2005
[5]
Contamination of drinking-water by arsenic in Bangladesh: a public health emergency de
Allan H. Smith,Elena O. Lingas & Mahfuzar Rahman
[6]
Arsenic drinking water exposure and urinary excretion among adults in the Yaqui Valley,
Sonora, Mexico de Meza MM., Kopplin M J., Jefferey L et al. Dans Environmental Research,
2004

Arsenic in groundwater from mineralised Proterozoic basement rocks of Burkina Faso de P.L.
Smedley, J. Knudsen, D. Maiga dans Applied Geochemistry en 2007

L’arsenic est sous contrôle des services techniques de SIDWAYA dans lefaso.net en 2006

Etude de l’impact sanitaire des eaux souterraines à teneur élevée en arsenic sur les
populations dans le nord du Burkina Faso de Abdoul Karim SAKIRA, thèse de l’UFR-SDS
Ouagadougou en 2010

La problématique de l’arsenic dans les eaux souterraines au Burkina Faso de Magalie VUILLET
A CILES, rapport de fin d’études en partenariat avec COWI en 2007

Coralie ULLMANN - STING 2012 - ANTEA Burkina Faso 45


Liste des contacts

Nom Fonction Contact


Jean-Christophe KI Directeur ANTEA Burkina anteabf@fasonet.bf
Faso
Patrick MOLIERE Ingénieur ANTEA Burkina anteareforme@fasonet.bf
Faso
Hervé LEVITE CCRE (CEDEAO) herve.levite@gmail.com
Anna TENGNAS annatengnas@gmail.com
Jean DIARRA ONEA djjcoa@yahoo.fr
Florence KABORE DGRE
Aline KABORE
Adama TAPSOBA DGRE Ouaga 2000 youreadam@yahoo.fr
Zourata KABORE DRAH Nord kaborezourata@yahoo.fr
M. SALABERE DR de la Santé zoungjean@yahoo.fr
Lassa KONATE DRAH SO thialss@yahoo.fr
Félix COULIBALY DGCM felix.coulibaly@gmail.com
Mathias SILGA BUMIGEB silgamathias@yahoo.fr
Franck LALANNE 2IE franck.lalanne@2ie-edu.org
Frédéric ZONGO UFR SVT gulb.zongo@yahoo.fr
Issa SOME UFR SDS tsome@ulb.ac.be
Christophe LEGER VERGNET Hydro c.leger@vergnet.fr
Stanislas BONGOUNGOU PLAN Burkina Faso Stanislas.Bonkoungo@plan-
international.org
Assita TRAORE sitrafrfr@yahoo.fr
Richard KAMBOU T. richard.kambou@plan-
international.org
Jean-Paul OUEDRAOGO UNICEF jpouedraogo@unicef.org

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Annexes
ANNEXE 1 : Exemple de profil des résistivités

ANNEXE 2 : Exemple de résultats de sondage électrique

ANNEXE 3 : Normes de l'OMS sur l'eau potable

ANNEXE 4 : Photos des conséquences sanitaires possibles de la consommation de l’eau


arséniée

ANNEXE 5 : Questionnaire Village _ Présence d’Arsenic dans les eaux souterraines

ANNEXE 6 : Techniques d’élimination de l’arsenic

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ANNEXE 1 : Exemple de profil des résistivités

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ANNEXE 2 : Exemple de résultats de sondage électrique

Coralie ULLMANN - STING 2012 - ANTEA Burkina Faso 49


ANNEXE 3 : Normes de l'OMS sur l'eau potable

Les lignes directrices de l'OMS en ce qui concerne la qualité de l'eau potable, mises à jour en 2006
sont la référence en ce qui concerne la sécurité en matière d'eau potable.
Elément/ Symbole/ Concentration normalement Lignes directrices fixées par l'OMS
substance formule trouvée dans l'eau de surface
Aluminium Al 0,2 mg/l
Ammonium NH4+ < 0,2 mg/l (peut aller jusqu'à Pas de contraintes
0,3mg/l dans une eau anaérobique)
Antimoine Sb < 4 μg/l 0.02 mg/l
Arsenic As 0,01 mg/l
Amiante Pas de valeur guide
Baryum Ba 0,7 mg/l
Béryllium Be < 1 μg/l Pas de valeur guide
Bore B < 1 mg/l 0.5mg/l
Cadmium Cd < 1 μg/l 0,003 mg/l
Chlore Cl Pas de valeur mais on peut noter un
goût à partir de 250 mg/l
Chrome Cr+3, Cr+6 < 2 μg/l chrome total : 0,05 mg/l
Couleur Pas de valeur guide
Cuivre Cu2+ 2 mg/l
Cyanure CN- 0,07 mg/l
oxygène dissous O2 Pas de valeur guide
Fluorure F- < 1,5 mg/l (up to 10) 1,5 mg/l
Dureté mg/l CaCO3 200 ppm
Sulfure H2S 0.05 à 1 mg/L
d'hydrogène
Fer Fe 0,5 - 50 mg/l Pas de valeur guide
Plomb Pb 0,01 mg/l
Manganèse Mn 0,4 mg/l
Mercure Hg < 0,5 μg/l inorganique : 0,006 mg/l
Molybdène Mb < 0,01 mg/l 0,07 mg/l
Nickel Ni < 0,02 mg/l 0,07 mg/l
Nitrate et nitrite NO3, NO2 50 et 3 mg/l (exposition à court terme)
0.2 mg/l (exposition à long terme)
Turbidité Non mentionnée
pH Pas de valeur guide mais un optimum
entre 6.5 et 9.5
Sélénium Se < < 0,01 mg/l 0,01 mg/l
Argent Ag 5 – 50 μg/l Pas de valeur guide
Sodium Na < 20 mg/l Pas de valeur guide
Sulfate SO4 500 mg/l
Etain inorganique Sn Pas de valeur guide : peu toxique
TDS Pas de valeur guide mais optimum en
dessous de 1000 mg/l
Uranium U 0.015 mg/l
Zinc Zn 3 mg/l

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Composés organiques

Groupe Substance Formule Lignes


directrices fixées
par l'OMS
Alcanes chlorés Tétrachlorométhane C Cl4 4 μg/l
Dichlorométhane C H2 Cl2 20 μg/l
1,1-Dichloroéthane C2 H4 Cl2 Pas de valeur
guide
1,2-Dichloroéthane Cl CH2 CH2 Cl 30 μg/l
1,1,1-Trichloroéthane CH3 C Cl3 Pas de valeur
guide
Alcènes chlorés 1,1-Dichloroéthène C2 H2 Cl2 Pas de valeur
guide
1,2-Dichloroéthène C2 H2 Cl2 50 μg/l
Trichloroéthène C2 H Cl3 20 μg/l
Tétrachloroéthène C2 Cl4 40 μg/l
Hydrocarbures Benzène C6 H6 10 μg/l
aromatiques Toluène C7 H8 700 μg/l
Xylènes C8 H10 500 μg/l
Ethylbenzène C8 H10 300 μg/l
Styrène C8 H8 20 μg/l
Hydrocarbures aromatiques polynucléaires C2 H3 N1 O5 P1 3 Non mentionné
Benzènes chlorés Monochlorobenzène (MCB) C6 H5 Cl Pas de valeur
guide
Dichlorobenzènes 1,2-Dichlorobenzène C6 H4 Cl2 1000 μg/l
(DCBs) (1,2-DCB)
1,3-Dichlorobenzène C6 H4 Cl2 Pas de valeur
(1,3-DCB) guide
1,4-Dichlorobenzène C6 H4 Cl2 300 μg/l
(1,4-DCB)
Trichlorobenzènes C6 H3 Cl3 Pas de valeur
guide
Constituants Adipate de dioctyle C22 H42 O4 Pas de valeur
organiques guide
micellaires phthalate de Di(2-ethylhexyle) C24 H38 O4 8 μg/l
Acrylamide C3 H5 N O 0.5 μg/l
Epichlorhydrine C3 H5 Cl O 0.4 μg/l
Hexachlorobutadiène C4 Cl6 0.6 μg/l
Acide éthylènediaminetétraacétique (EDTA) C10 H12 N2 O8 600 μg/l
Nitriloacétate (NTA) N(CH2COOH)3 200 μg/l
Organoétains Dialkylétains R2 Sn X2 Pas de valeur
guide
Oxyde de C24 H54 O Sn2 Pas de valeur
tributhylétains guide
(TBTO)

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Pesticides

Substance Formule Lignes directrices fixées


par l'OMS
Alachlore C14 H20 Cl N O2 20 μg/l
Aldicarbe C7 H14 N2 O4 S 10 μg/l
Aldrine and dièldrine C12 H8 Cl6/ 0.03 μg/l
C12 H8 Cl6 O
Atrazine C8 H14 Cl N5 2 μg/l
Bentazone C10 H12 N2 O3 S Pas de valeur guide
Carbofuran C12 H15 N O3 7 μg/l
Chlordane C10 H6 Cl8 0.2 μg/l
Chlorotoluron C10 H13 Cl N2 O 30 μg/l
DDT C14 H9 Cl5 1 μg/l
1,2-Dibromo-3-chloropropane C3 H5 Br2 Cl 1 μg/l
acide 2,4-Dichlorophenoxyacetique (2,4- C8 H6 Cl2 O3 30 μg/l
D)
1,2-Dichloropropane C3 H6 Cl2 40 μg/l
1,3-Dichloropropane C3 H6 Cl2 Pas de valeur guide
1,3-Dichloropropène CH3 CHClCH2 Cl 20 μg/l
dibromure d'éthylène (EDB) Br CH2 CH2 Br Non mentionné
Heptachlore and epoxide d'heptachlore C10 H5 Cl7
Hexachlorobenzène (HCB) C10 H5 Cl7 O
Isoproturon C12 H18 N2 O 9 μg/l
Lindane C6 H6 Cl6 2 μg/l
MCPA C9 H9 Cl O3 2 μg/l
Methoxychlore (C6H4OCH3)2CHCCl3 20 μg/l
Metolachlor C15 H22 Cl N O2 10 μg/l
Molinate C9 H17 N O S 6 μg/l
Pendimethalin C13 H19 O4 N3 20 μg/l
Pentachlorophenol (PCP) C6 H Cl5 O 9 μg/l
Perméthrine C21 H20 Cl2 O3 300 μg/l
Propanil C9 H9 Cl2 N O Pas de valeur guide

Pyridate C19H23ClN2O2S Pas de valeur guide

Simazine C7 H12 Cl N5 2 μg/l


Trifluraline C13 H16 F3 N3 O4 20 μg/l
Chlorophenoxy 2,4-DB C10 H10 Cl2 O3 90 μg/l
herbicides (excluding Dichlorprop C9 H8 Cl2 03 100 μg/l
2,4-D and MCPA) Fenoprop C9H7Cl3O3 9 μg/l
MCPB C11 H13 Cl O3 Pas de valeur guide
Mecoprop C10H11ClO3 10 μg/l
2,4,5-T C8 H5 Cl3 O3 9 μg/l

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Désinfectants et désinfectant par produits

Groupe Substance Formule Lignes directrices


fixées par l'OMS
Désinfectants Chloramines NHnCl(3-n), Non mentionné
where
n = 0,
1 or 2
Dichlore Cl2 5 mg/l
Dioxyde de chlore ClO2 Pas de valeur guide
Diode I2 Pas de valeur guide
Désinfectant par Bromate Br O3- 10 μg/l
produits Chlorate Cl O3- 70 μg/l
Chlorite Cl O2- 70 μg/l
Chlorophenols 2-Chlorophenol (2-CP) C6 H5 Cl O Pas de valeur guide
2,4-Dichlorophenol (2,4- C6 H4 Cl2 O Pas de valeur guide
DCP)
2,4,6-Trichlorophenol C6 H3 Cl3 O 200 μg/l
(2,4,6-TCP)
Formaldéhyde HCHO Pas de valeur guide

MX (3-Chloro-4-dichlorométhyl-5-hydroxy- C5 H3 Cl3 O3 Pas de valeur guide


2(5H)-furanone)
Trihalométhanes Bromoforme C H Br3 100 μg/l
Dibromochlorométhane CH Br2 Cl 100 μg/l
Bromodichlorométhane CH Br Cl2 60 μg/l
Chloroforme CH Cl3 300 μg/l
Acides acétiques Acide Monochloroacétique C2 H3 Cl O2 Pas de valeur guide
chlorés Acide Dichloroacétique C2 H2 Cl2 O2 50 μg/l
Acide Trichloroacétique C2 H Cl3 O2 20 μg/l
Hydrate de chloral (trichloroacétaldéhyde) C Pas de valeur guide
Cl3 CH(OH)2
Chloroacétones C3 H5 O Cl Pas de valeur guide
Halogènés Dichloroacétonitrile C2 H Cl2 N 20 μg/l
acétonitriles Dibromoacétonitrile C2 H Br2 N 70 μg/l
Bromochloroacétonitrile CH Cl2 CN Pas de contraintes
Trichloroacétonitrile C2 Cl3 N Pas de valeur guide
Chlorure de cyanogène Cl CN 70 μg/l
trichloronitrométhane C Cl3 NO2 Pas de valeur guide

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ANNEXE 4 : Photos des conséquences sanitaires possibles de la consommation de l’eau
arséniée

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ANNEXE 5 : Questionnaire Village _ Présence d’Arsenic dans les eaux souterraines

Ressources en eau

Combien de sources d’eau sont disponibles dans le village ?


De quel type ? Marigot Puits Forage Autre
Cette eau est-elle consommée toute l’année ou changez-vous de source
d’approvisionnement selon les saisons ?
Avez-vous des remarques particulières concernant la qualité de l’eau ?
Depuis combien de temps consommez-vous cette eau ?

Signe sanitaire symptomatique

Avez-vous remarqué des signes révélant la présence d’un produit nocif tel que l’Arsenic :
 taches noires sur la peau (macules hyper pigmentées) sur le tronc/les mains/les bras/les
pieds/les jambes,
 épaississement de la peau,
particulièrement des paumes ou plantes (hyperkératose, kératodermie palmo-plantaire),
 tumeur ulcéro-nécrotique,
 perte de sensibilité/mobilité du pied, zone froide, sombre et nécrosée (gangrène),
 autres anomalies (peau) ?

Activité aurifère

Avez-vous connaissance d’activités d’orpaillage dans les environs ?


Savez-vous si la production est bonne ?
Pouvez-vous estimer le nombre de personnes pratiquant cette activité ?

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ANNEXE 6 : Techniques d’élimination de l’arsenic

Les techniques d’élimination de l’arsenic sont résumées dans les deux tableaux ci-dessous
(CIRSEE, 2002, US EPA, 2000, US EPA, 2002 ). Des informations proviennent aussi d’un
rapport d’étude de SOGEST (Vieux Ferrette (68)).

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