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Le corpus réunit quatre textes qui appartiennent à la même forme poétique 

: le poème en prose. Les


thèmes caractéristiques de cette forme sont le quotidien, comme dans « Les Fenêtres » de Baudelaire
et « le Bruit de la dynamo » de Delerm, et le rêve, tels dans « J’ai tant rêvé de toi » de Desnos et « Un
rêve » de Aloysius Bertrand. Pour chaque texte on retrouve les procédés d’une écriture poétique
comme la musicalité, les images et de nombreuses figures de styles. Dans le texte, Baudelaire crée un
jeu de lumière et d’ombre étroitement lié à la souffrance. Il utilise un paradoxe constant comme l,
3 »plus ténébreux, plus éblouissant «. Notons l’installation d’une opposition jour/nuit. L’auteur, au
travers de la description d’une vieille femme, évoque la souffrance, comme avec l’énumération l.6 »vit
la vie, rêve la vie, souffre la vie. ». On peut même constater qu’il est fier de vivre et souffrir. La vision
est un sens grandement mis à contribution dans le texte, notamment via la répétition de verbes de
vision l.1, 4 et 7 « regarde », « voir » et « apercevoir ».

L’emploi des sens est aussi évoqué dans le texte 4, mais ici, la souffrance de Baudelaire laisse place au
bonheur de Delerm. En effet, « Le Bruit de la dynamo » réveille de nombreux sens (l.3 ; 7 : la
musique, l.7 : la vue), mais l’ouïe est le plus mis en avant. On peut souligner l’importance des
allitérations en [f] et en [r] à la ligne 1 qui rappellent le bruit de la dynamo. Il est rappelé également à
la ligne 8  « frottement » «frr frr » ; Mais le bruit de la dynamo n’est qu’une excuse pour évoquer
l’enfance.

Le texte 3 partage aussi ce bonheur, bien qu’ici il soit plus charnel. En effet, les substantifs « ce corps
vivant » l.2 ; « cette bouche »  l.2 ; « ton corps » l.5 ou encore « ma poitrine » l.5 montre un désir
charnel du poète pour cette femme vue en rêve. Mais son amour tient plus que du désir, il tient aussi
de l’affection sincère, comme montrée dans les lignes 2(« baiser »), 4(« étreindre ») et 3(« qui m’est
chère »), bien que les manifestations soit physiques. Mais l »anaphore de « J’ai tant rêvé de toi » au
début de chaque paragraphe, bien que montrant l’attirance de l’auteur pour cette femme, rappelle
éternellement que ce n’est qu’un rêve, comme indiqué par le fait que le poète pense « qu’il n’est plus
temps sans doute qu[il s’] éveille. », ligne 9.

Cette dimension onirique se retrouve dans le texte 3. Mais là ou Robert Desnos montre le désir d’un
être inaccessible, Aloysius Bertrand dépeint un rêve glauque et sinistre. L’anaphore de « ce furent »
sur trois paragraphes montre un déroulement dans le récit du rêve ; le champ lexical de la morbidité
donne une atmosphère malsaine au poème, avec des termes tels que « grouillant » l.3 ; une répétition
de « funèbre » aux lignes 4 et 5, « des cris plaintifs et des rires féroces » l.6, « criminels » l.8et une
autre répétition de « bourreau » aux lignes 11 et 16. Heureusement, le poème se conclut sur le réveil,
permettant de sortir de ce monde glauque.

Maxime ANDRE 1ereS2