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Les secrets de la magie sexuelle d'Isis

La magie ne peut exister sans « l’énergie sexuelle »

La puissance de l’énergie sexuelle a longtemps été utilisée par les Anciens, cette énergie que
nous avons laissé falsifier est en réalité de la même nature que ce que la science appelle
« l’énergie sombre » de l’univers….

Les grands Secrets de « l’Œuvre à Deux »


Un grand ésotériste français, Valentin Bresle, nous dit :

« Le Grand Œuvre Secret d'Isis est un acte sacré qui réalise sur tous les plans de l’être, à
tous les degrés d’âme, du tellurique au céleste, du métallique au psychique, ce que les
mystiques comme les alchimistes nomment mariage divin. »

On peut dire, fort justement, que le plus grand secret hermétique, le couronnement même du
Grand Œuvre d'Isis, est bien celui des « Noces Magique », c’est-à-dire de la fusion des deux
natures antagonistes mais complémentaires.

Qu’il s’agisse de la fusion énergétique et magique ou du mariage mystique, des parties


masculine et féminine de notre être incorporel.

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Mais cela ne jouerait-il pas aussi au niveau de l'initiation aux mystères d'Isis ?

En vertu de la grande loi traditionnelle si bien systématisée dans la Table d’Émeraude : « Ce


qui est en haut est comme ce qui est en bas » (et vice versa), un tel fait n’aurait rien
d’étonnant.

Reportons-nous en effet à la biographie des plus célèbres alchimistes : nous nous apercevrons
qu’à côté des adeptes ayant œuvré solitaires dans leur quête aux mystères d'Isis, il en est
d’autres qui ont œuvré avec un partenaire sexuel, le cas le plus célèbre étant l’union
alchimique de Cléopâtre et Ptolémée.

D’autre part, interrogeons-nous sur la raison d’être d’une règle très impérativement suivie tant
par les instructeurs tantriques orientaux que par les adeptes occidentaux de la secrète magie
d'Isis : pour accomplir le Grand Œuvre d'Isis, il faut être un homme ou une femme
normalement constitués ; l’homosexuel, de naissance ou occasionnel (voyez le lamentable
échec de la grande aventure tantrique d’Arthur Rimbaud), ne pourra le réaliser non pour des
raisons d’interdit moral, mais parce que sa polarité sexuelle est inversée, donc aberrante, par
rapport aux normes de départ.

Sans l’énergie sexuelle, la magie en général, et la magie tantrique tout spécialement,


serait en fait impossible.

Écoutons Paul Grégor, initié aux pratiques de la macumba brésilienne : En y pensant certains
mots s’imposent à mon esprit. Tels que : sang, sacrifice, horreur maîtrisée.

Car la magie n’est ni noire, ni blanche. La couleur de la magie est rouge. Avec quelques
lueurs argentines. Reflet des étoiles. Pressentiment d’une libération cosmique. Le même
auteur n’hésitant pas à nous mettre devant l’équation : La magie = Sexualité + Volonté +
Symbolisme fascinant.

Laissons encore la parole à Grégor :

« Les Archétypes de Jung sont des symboles communs à l’humanité et qui proviennent d’un
passé immémorial (…). Il s’agit d’images quasiment magiques et qui remuent des couches
profondes du subconscient. Leur influence libère des forces d’âme exceptionnelles. »

Mais, chez l’homme ordinaire, aussi bien la sexualité que l’imagination (ces deux puissances
si intimement liées) se disperse, « coulent » anarchiquement. Le problème, pour les êtres
d’exception capables de s’engager sur une voie périlleuse à l’extrême, étant le suivant :
comment, donc, réussir à libérer d’une manière coordonnée, positive les si prodigieuses
énergies magiques qui sont en l’être humain ?

C’est un tel but que se propose l’ensemble de techniques secrètes désignées sous le nom de
magie tantrique, et qui ne sont pas seulement propres à certaines catégories d’hindouisme ou
de bouddhisme puisqu’on en retrouve des formes bien caractéristiques dans les traditions
spirituelles de l’Occident, ainsi que dans l'initiation aux mystères d'Isis.

Le mot sanscrit Tantra signifie « Livre » ou « Système », mais il a un sens plus précis et
significatif sans doute, qui est « trame » : le tantrika, c’est l’être qui – par les secrets qui lui
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ont été transmis par son instructeur (gourou) – devient d’échapper à la « trame » même des
apparences sensibles, car il en connaît dès lors tous les secrets véritables.

Ainsi se conquiert l’illumination libératrice et caractérisée par Paul Grégor en ces termes :

« dans ses perspectives le passé ne s’évanouit pas tout à fait, et l’avenir n’est pus entièrement
inconnu. »

Ces deux temps coexistent, en quelque sorte, dans un présent magique.

L’illumination tantrique fera donc accéder les élus à la conscience de ce qui est au-delà
des apparences : l’éternel présent, la conscience même de la divinité Isis.

Citons les toutes dernières lignes du splendide roman initiatique de Gustav Meyrink, Le
Visage Vert. Elles précisent : Comme la tête de Janus, Haaberisser (le héros du livre) pouvait
plonger ses regards à la fois dans l’au-delà et dans le monde terrestre, et en distinguer
nettement les détails et les choses. Il était un Vivant – ici-bas et dans l’au-delà.

On trouve, ramassés dans cette formule, deux points capitaux. D’une part, le fait que
l’illumination tantrique permet à l’initié (en attendant sa définitive libération des phantasmes
de la Mâyâ) de vivre sur deux plans ; de l’autre, le fait qu’elle marque (c’est d’ailleurs la
même chose) l’accession définitive d’un être humain à l’état d’éveil (il serait sans doute plus
exact de dire : de réveil).

Un autre passage du même roman initiatique nous dit : Ceux qui s’imaginent que la vie
commence à la naissance et se termine à la mort, évidemment ne voient pas le cercle ;
comment pourraient-ils le briser ? Tel est, en effet, le but du tantrisme : atteindre l’unité
dynamique et pouvoir ainsi briser l’Illusion (Mâyâ), ce qui entraînera pour l’adepte la sortie
de la chaîne indéfinie des renaissances corporelles.

On remarquera que l’ésotérisme tantrique est une voie « homéopathique » en quelque sorte :
loin de chercher à engendrer chez l’initié l’oubli ou l’ignorance de l’incessante fantasmagorie
des apparences, elle lui procurera la connaissance totale du mécanisme même de son
déroulement, de manière à le rendre inoffensif, alors que l’homme ordinaire s’y perd comme
Narcisse dans son reflet.

Comme le dit une formule traditionnelle reprise par Julius Evola (et titre de l’un de ses livres),
il s’agit de parvenir à « chevaucher le tigre ».

C’est d’ailleurs ce que précise fort bien Boris Mouravieff : Si nous savions ce qu’est
l’Illusion, nous saurions- par opposition ce qu’est la Vérité. Et la Vérité nous affranchirait
(Jean, VIII, 32). Et ce n’est pas, mais pas du tout, le prodigieux accroissement du savoir
scientifique et technique qui changera quelque chose au grand problème de la sortie du cercle
clos, d’une libération hors de la fantasmagorie des apparences. Mouravieff le remarque fort
bien : Que l’homme meure dans son lit ou à bord d’une frégate interplanétaire, la condition
humaine n’en est point changée.

Mais essayons de mieux cerner ce qu’est le tantrisme. Celui-ci constitue une voie libératrice
spéciale, mais qui, répétons-le, s’est développée au sein des diverses Traditions spirituelles.
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C’est d’ailleurs un trait constant de tout système ésotérique que de se développer ainsi —
mais avec tous les chemins se rejoignant finalement au sommet – conformément aux
impératifs temporels (humains et historiques) : la Tradition, certes, est une, mais il est
nécessaire que sa polarisation (c’est exactement cela) soit diversifié.

Le tantrisme ne se présentera donc pas seulement sous des formes orientales. Nous nous
bornerons à un exemple bien significatif : l’ouvrage de R. Swinburne Clymer, The Fraternitas
Rosae Crucis, comporte un frontispice symbolique tout à fait révélateur : on y voit représentée
une femme qui tient une coupe dans la main droite, un morceau de pain dans la main gauche ;
chacun de ses seins porte une rose blanche ; d’un coude à l’autre, en passant derrière elle, se
déroule une draperie. Le bras ascendant réunit d’une Croix symbolique le Feu (représenté à
l’emplacement du sexe) au « troisième œil » (celui de l’illumination) figuré sur le front de la
femme.

Mais qu’est-ce donc que le tantrisme, en faisant abstraction des différences dans sa
formulation traditionnelle ?

Il s’agira d’une voie magique axée sur la totale maîtrise de l’Énergie divine, représentée
comme l’« Épouse » (en sanskrit Shakti) du Principe divin, celui-ci étant conçu comme fixe,
statique, Immuable alors que le Principe féminin – la Mère divine – sera sa grande Force de
manifestation, qui, se transformant sans lin, produit tous les phénomènes existant sur les
divers plans de réalité.

Mais la voie tantrique sera pour ses adeptes une réintégration : il y a eu chute originelle,
« emprisonnement » (si l’on veut) des âmes dans les corps, dans les apparences physiques.

Pour parvenir à cette réintégration, le tantrika utilisera donc le moteur même qui ne
cesse d’engendrer toutes les formes d’Illusion : il utilisera un Feu qui n’est autre que la
sexualité – ou plus exactement (nous allons nous en rendre compte) son autre face – aux
pouvoirs bien plus étendus.

Que fait, en effet, le tantrika par ses exercices spéciaux ?

Il fait monter en lui ce qu’il appelle la force Koundalini (féminin du mot sanskrit Koundali,
qui signifie « lové »). Ainsi se nomme l’énergie divine qui, chez l’homme ordinaire, se trouve
assoupie au bas de l’épine dorsale, c’est-à-dire au niveau des organes sexuels. De même que
pour construire un édifice, il faut commencer par les fondations et non par le toit, de même
pour passer de l’homme actuel (l’homme déchu) au surhomme (c’est-à-dire l’homme régénéré
ayant retrouvé l’état glorieux d’Adam avant la chute), il faut commencer par œuvrer au niveau
du sexe.

S’il ne commence pas par éveiller son centre sexuel, l’initié tantrique ne pourra espérer l’éveil
final du centre psychique supérieur, sis au milieu du crâne et qui commande la perception
directe de l’univers dynamique ; de la même manière que dans l’alchimie de laboratoire, il
faut bien consentir à commencer par se salir les mains avant de parvenir à préparer la pierre
philosophale. Le postulat de départ du yoga tantrique est bien celui-ci : l’homme possède
tapie au fond de lui-même et (quand elle n’est pas assoupie) se gaspillant à tort et à travers
chez l’individu ordinaire, une énergie vibratoire colossale – celle-là même de la Mère divine
Isis, matrice de toutes choses.
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Le tantrika, faisant monter en lui l’énergie Koundalini, éveillera successivement les centres
subtils appelés en sanskrit Chakras, c’est-à-dire « roues » ou, plus exactement peut-être, «
disques de rotation ». Ces centres subtils permettront à l’initié tantrique d’avoir peu à peu, s’il
réussit, la maîtrise totale de l’univers dynamique – et (précision importante) aussi bien dans
son propre corps que dans le cosmos (en raison du parallélisme total entre le macrocosme et le
microcosme).

Dans son éveil, le « Feu-Serpent », l’énergie Koundalini suivra un cours en spirale


comparable aux anneaux d’un serpent (d’où la raison d’être des figures tantriques où la
Koundalini est figurée sous forme d’un serpent), Que fera le tantrika grâce à ce Feu vibratoire
éveillé en lui ? Tout d’abord, il conquerra l’illumination totale ; puis (mais c’est là la destinée
d’un nombre infime d’adeptes, choisis par les Puissances Supérieures pour une mission
exceptionnelle) il pourra se voir Intimer l’ordre de préparer l’élixir de longue vie et peut-être
même finira-t-il par atteindre l’immortalité céleste, c’est-à-dire celle en corps glorieux…

Mais que devient le problème du couple ?

II est indéniable qu’il est une forme de tantrisme qui se pratique à deux. Les peintures ou
statues tantriques qui représentent un couple dans la posture dite Yab-Youm (« père-mère »),
celle où l’homme prend la femme assise sur ses genoux ou ses hanches et le regardant dans
les yeux, ne sont pas seulement symboliques. Pour pouvoir « nager jusqu’à l’autre rive »,
nécessité d’avoir une compagne de route : telle est, effectivement, l’une des formes
traditionnelles du tantrisme. Est-ce à dire qu’il s’agisse d’une voie facile à l’extrême, puisque
n’importe quel couple humain normalement constitué n’aurait donc qu’à s’unir dans la
posture « père-mère » ou dans les autres positions tantriques pour conquérir l’illumination,
voire l’immortalité ?

Absolument pas. La voie tantrique à deux est bel et bien une ascèse, pas du tout (nous parlons
évidemment de ses formes authentiques, et non de certaines écoles qui n’ont de « tantrique »
que le nom) quelque chose de « facile » à l’extrême. Espérer que les divertissements érotiques
ordinaires peuvent se transformer en « tantrisme » est aussi absurde que de croire qu’une
chansonnette à la mode pourrait – si on l’exécutait avec beaucoup de bruit et de variations –
se transformer en une symphonie de Beethoven.

Mais, cela dit, il existe bien une forme de tantrisme (celle dite « de gauche ») où il y a
contacts physiques avec une compagne de chair. Voici ce que précise le texte de base du
Hathayogapradipika :

43 – Quand même le liquide spermatique serait descendu, lorsque son organe est déjà dans le
sexe de la femme, il est capable de le retirer vers le haut et de lier la « yonimudra » (le sceau
du vagin).

42 – Comme, tant qu’il y a du bois, le feu (brûle), tant qu’il y a de l’huile et la mèche, la
lampe (éclaire)… On touche ici un point très important : le maithuna (union sexuelle)
tantrique poursuit des buts radicalement distincts de la destinée habituelle (la procréation) des
rapports conjugaux.

C’est un autre roman de Gustave Meyrink, Le Dominicain blanc, fait allusion à l’existence de
« chaînes » tantriques d’initiés avec transmission héréditaire des secrets ; mais c’est là
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quelque chose d’exceptionnel. De toute manière, les rares époux tantriques qui reçoivent
l’ordre d’engendrer un enfant pour perpétuer la chaîne le font par une étreinte courante.

Paul Grégor précise fort bien d’après sa propre expérience capitale ce qu’est le caractère non
procréateur du maithuna tantrique : Tout indique que l’organisme absorbe au cours de ces
transports toujours renouvelés une grande partie de ses propres sécrétions, encore assez
mystérieuses sur le plan scientifique.

D’autre part, la durée du dénouement final est à son tour si absurdement longue, si peu
imprégnée de l’angoisse commune de la « petite mort » qui est le sobriquet de l’acte
accompli, qu’on sent des effluves de sa propre passion, d’un magnétisme presque sensible,
refluer vers son propre cœur, vers son propre cerveau, les plongeant dans un sommeil d’une
profondeur inconcevable.

Le but des étreintes tantriques est de réaliser l’intériorisation (nous ne disons pas l’inversion,
la nuance est importante) de l’énergie sexuelle.

Le couple qui pratique les exercices du tantrisme dit « de gauche » effectue une véritable
descente dans le monde souterrain, préparatoire à sa remontée dans la lumière irradiante. Le
maithuna (union sexuelle) correspondant, dans le symbolisme initiatique, à la caverne, à
l’antre des mystères qui contient l’œuf primordial d’où est sorti l’androgyne (nous verrons
tout à l’heure l’importance de ce symbolisme). À ce propos et pour faire une parenthèse, nous
rappellerons le fascinant passage où Plutarque relate l’initiation souterraine de Thespesius :
demeurant trois jours en état de léthargie (on trouve l’équivalent, plus bref ou plus long, dans
certaines initiations tantriques), il remonte au jour ; après avoir invoqué Bacchus et Sémélé, il
découvrira dans le ciel le Triangle divin. Et alors lui apparaîtra un ange androgyne.

Détenant, comme l’alchimie, toutes les clefs de la Vie sur tous les plans, l’initié tantrique
pourra conquérir (reconquérir plutôt, puisqu’il s’agit d’une perspective de régénération), les
pouvoirs surhumains de l’Adam glorieux : il pourra, à volonté, vaincre la maladie, la
vieillesse et la mort.

Le surhomme tantrique est bien redevenu l’être antérieur à la chute, et donc réinvesti de
toutes ses prérogatives glorieuses.

Assurément, une telle reconquête démiurgique des pouvoirs ne sera licite que si elle s’insère
dans l’accomplissement d’une mission divine très précise en relation avec les mystères d'Isis.

En principe, rien ne viendrait limiter l’étendue des pouvoirs du magicien tantrique, devenant
capable de réaliser tous les rêves démiurgiques.

Laissons encore la parole à Paul Grégor :

Les corps étendus des médiums formaient une chaîne trépidante d’électricité animale. Je me
sentais baigner dans l’aura de leur jeune sensibilité qui se propageait autour de moi, visible,
luisante comme un arc-en-ciel phosphorescent. Soudain, un léger tintement se révéla à mon
ouïe et voilà… oh miracle, au-dessus de ma tête, au milieu d’un éclat cristallin évoquant une
coupe précieuse, je vis apparaître une silhouette et un visage d’enfant net et, beau (…) il
s’agissait, cette fois-ci bel et bien du rêve matérialisé de tous les mages, de l’« homunculus »
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des alchimistes moyenâgeux, de la plus glorieuse et plus puissante matérialisation des esprits
créateurs.

On touche d’ailleurs là à l’un des secrets majeurs de la magie : l’évocation des entités
angéliques sans lesquelles l’accomplissement des opérations serait – et ce, sur les divers plans
(matériels et subtils) – impossible.

Il faut bien remarquer que l’accomplissement effectif du maithuna (union sexuelle) sur
ce plan-ci n’est que l’une des formes de tantrisme.

En fait, il en est deux autres :

– d’une part, la voie de l’ascèse solitaire, dans laquelle le tantrika (homme ou femme) s’unit à
une épiphanie divine, à une polarisation particularisée de la Grande Ame ;

– de l’autre, la voie où il y a bien deux amants tantriques (tous deux un homme et une femme
concrets) mais dans laquelle l’union ne se fera sur les plans subtils par les chemins secret de la
masturbation magique.

(les contacts pouvant être réels et visuels, ceci même entre partenaires séparés par de longues
distances géographiques).

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LA FEMME TANTRIQUE

Le Tantra éveille la femme à la spiritualité à travers sa conscience sensuelle et sexuelle.

Elle contient le féminin sacré, ce qui veut dire que sa nature divine est présente au quotidien.

La voie du Tantra autorise la femme à trouver un axe intérieur pour vivre différemment sa
sexualité, la relation à soi, à l’autre et au monde.

Plusieurs étapes ou initiations pour aller vers cet axe, dont trois importantes :

La première est de reconnecter le lien à la mère mais dans son altérité et sa différence. Ce qui
lui permet de s’inscrire dans sa lignée de femmes et se sentir reliée à toutes les femmes du
monde.

Ainsi, elle reconnaît elle-même le lien ontologique de sa nature femelle : naître et être de sexe
féminin avec la vision et la préhension du monde qui en découlent. Ce qui n’est pas une «
mince affaire » car cela signifie se différencier du modèle masculin. On voit que dans
beaucoup de traditions ou religions, la femme n’a pas d’autre choix que de suivre ce qui est
proposé par l’homme ou par un « Dieu » masculin…

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La deuxième, être capable de ressentir la femme sauvage qui est en elle, pour distinguer de
l’intérieur, la différence entre puissance et violence. Ce qui lui permet d’accepter le masculin
de l’homme dans son expression et non plus en le castrant ou en devenant victime.

S’approprier la puissance de la femme car, seule, la puissance de la mère est reconnue comme
légitime. Ainsi, elle sort des rôles de mère ou de fille dans la relation de couple. Elle
s’affranchit de la « domination émotionnelle » dans laquelle elle est enfermée.

La troisième étape est de s’initier à une très bonne connaissance de son corps. La femme
tantrique sait connecter son sexe (yoni*) de l’intérieur pour le sentir vivant et existant.

Petit à petit, elle s’enseigne le savoir sensuel inhérent à sa nature féminine. Cet auto
apprentissage, la femme le reçoit dans l’être et le non faire, comme nous l’avons un peu
expérimenté dans l’atelier au festival du féminin.

Dans le Tantra, la personne souffrante laisse place à la divinité en soi. Le beau, la sensualité et
l’amour émergent alors, de la femme-déesse. La femme tantrique se découvre à ne plus « faire
simplement l’amour » mais vivre l’amour en énergie, donner et recevoir, sans but ni recherche
particulière que celle d’être dans le présent, dans le plaisir et de ce qui va se créer entre soi et
l’autre. La sexualité est vécue dans ce cheminement comme une voie spirituelle qui passe par
le respect, la joie, la tendresse et le plaisir !

A l’intérieur de soi, le masculin sacré se pose à côté du féminin sacré et vice-versa.

La sexualité féminine est un univers à découvrir, dont nous savons peu. La femme ayant le
plus souvent orientée sa sexualité en « réponse, en écho » à la sexualité masculine.

Hors le féminin ne s’épanouit que dans un contexte sécure : il doit se sentir parfaitement
accueilli, sans intention ni projet d’être possédé. Dans cet état d’être et d’esprit, le féminin
fleurit. Il crée du bonheur autour de lui, le masculin est alors transcendé et trouve
naturellement sa légitimité. Il n’y a plus de lutte de place et de résultat pour les partenaires.
Dans ces moments, les 2 personnes savent « d’instinct » se créer des espaces sacrés pour
prendre le temps de s’aimer. Alors la part divinisée, féminine et masculine de chacun, éclos et
ouvre le chemin d’une sensualité et d’une sexualité sans fin. Nulle menace ne doit venir
troubler ce qui s’ouvre. Sinon tel le nénuphar qui se referme, le féminin sacré s’en va, et la
magie est partie. Revient alors une sexualité connue. Cette magie du Tantra est souvent
reconnue par les pratiquants.

Nous comprenons ici, comment les hommes et les femmes doivent progresser ensemble,
s’entraider, aller vers une confiance mutuelle. Ce qui s’exprime à l’extérieur, la relation
pacifiée, s’exprime à l’intérieur par un épanouissement à soi et à la vie, plus heureux.

Dans le tantrisme ou Tantra, il est reconnu que la femme est pure et sacrée par essence. Il
s’agit de ses cellules, de son énergie comme un fait ontologique, et non pas comme quelque
chose à acquérir ou à atteindre. Cela change tout. C’est la découverte de la force et du
caractère pleinement sacré d’être femme.

Dans le Tantra, la femme (Shakti**) vit et pratique non seulement sur un plan d’égalité avec
les hommes (Shivas***) la poursuite d’une transformation spirituelle mais dans beaucoup de
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cas montre même le chemin, elle en est l’initiatrice. Pour les hommes pratiquants tantriques,
le féminin doit alors être honoré et vénéré comme la valeur qui apporte l’éveil au monde. Le
féminin chez la femme mais aussi à l’intérieur de lui.

L’enjeu de la femme tantrique est d’affirmer ces valeurs, et les maintenir dans sa vie, face à
une société pas toujours prête à les recevoir. Il est possible d’imaginer que si la vision
féminine du monde s’exprime totalement, soutenue par les hommes, les choses changeront.
Elle ne doit pas être vue comme complémentarité à celle de l’homme mais comme légitime à
part entière.

Beaucoup de peurs sont présentes dans la sexualité aussi bien pour les hommes que pour les
femmes. Des traumatismes anciens tels que viols, incestes, abus, des relations sexuelles qui se
sont mal passées, freinent l’évolution de la sexualité et rendent les rapports sexuels maladroits
et infantiles Sans parler des interdits culturels, des tabous familiaux, de la pornographie etc.

C’est pourquoi, le chemin de la femme vers une sexualité sacrée assumée est source de
transcendance et de changement. Changement pour soi, comme écrit plus haut, mais aussi par
résonance, changement pour les femmes, les jeunes filles, les filles autour de soi. La femme
qui met au monde sa sexualité de femme sacrée est un être humain libre.

* Yoni (sanskrit), dans l’hindouisme, désigne la vulve, le sexe féminin. Souvent traduit au
masculin, je l’emploie volontairement au féminin : la yoni.

** Shakti représente l’énergie féminine, et dans la pratique tantrique la femme, la déesse.

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Nudité Rituelle : " Vous me célébrerez, vêtu des seuls nuages"

Origine et interprétation de la nudité rituelle dans la Wicca et le


Paganisme :

Dans la charge de la Déesse, de Doreen Valiente, il est écrit : "Et vous me célébrerez vêtus
des seuls nuages… ". De plus dans Aradia the gospel of the witches, Leland mentionne les
Sorcières italiennes étaient nues pour célebrer Aradia durant les sabbats. Dernier point
Gardner était membre d'un des premiers clubs naturistes anglais, avec toute la philosophie du
naturisme derrière, retour à la nature, vie saine, sport etc… Voilà pour l'aspect historique.

La nudité rituelle, permet de se dépouiller symboliquement de sa peau d'homme ou de femme


moderne en se mettant en osmose avec la nature, en chassant plus facilement le mur du
conscient et surtout en mettant nos Chakras à l’air libre afin de diffuser notre énergie
magique. Ce qui est important pour ce point c'est d'être "différent" de sa vie profane.

Le point de l'égalité est: "que l'on soit riche ou pauvre, devant la Déesse on est nu, point".

Autre chose, la nudité rituel demande et implique un sentiment de confiance et d'intimité, on


montre ce que l'on est, tel que l'on est né, on ne se cache pas derrière le fard ou les parures,
que l'on soit beau ou laid, par ce geste de "dépouillement" on montre que l'on est ouvert aux
regards des autres et vice versa. C'est pourquoi il est nécessaire d'être très exigeant dans le
choix des membres d'un partenaire de rituel… Il faut qu'il y ait un fort sentiment d'amitié, de
complicité, de partage et d’osmose, car sinon tout n’est qu’artificiel et folklorique.

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La Wicca est aussi une religion de fertilité, avec une forte symbolique sexuelle et sensuelle,
même si tout le monde n'est pas prêt à l'entendre et à le comprendre, particulièrement dans la
façon dont la Wicca est présentée aujourd'hui… C'est aussi pour cela que la nudité rituelle est
un point important, c'est une religion qui célèbre la fertilité et les cycles de la vie. La sexualité
y est sacralisée, sublimée, symbolisée par le Grand Rite. Peu de gens sont capables de
comprendre ce concept essentiel de la magie et de la sorcellerie.

Dans la Wicca, on fait appel dans la haute magie blanche, aux forces intérieures de la
sexualité. Une sublimation de l'énergie du " désir ", de l'élan vital, ce qui est la force intérieure
la plus puissante et la plus difficile à maîtriser. En ce sens la nudité rituelle prend une autre
dimension, elle est la claire acceptation de l'utilisation dans le cadre " affectif " des partenaires
de cette énergie sous forme réelle ou symbolique. C'est l'affirmation que la nudité n'est pas
coupée de la sexualité, mais sacralisée et sublimée dans une optique de dépassement de soi,
pour atteindre au Sacré, au Divin. Comme on peut s'en douter cela demande vraiment entre
les partenaires rituel, une parfaite complicité et une parfaite confiance, stricto-sensu. Cela
dépasse le cadre de la plupart des Covens (hélas…) qui se contentent de l'aspect quasi
exotérique, où le rituel est presque vide de sens, la magie utilisée pour des choses profanes et
l'animalité ou l'ensauvagement absents… C'est très difficile, et très dur émotionnellement à
certains moments, car il faut retrouver la notion du "don de soi", de la véritable ouverture aux
autres. Montrer ce que l'on est réellement, et s'aider de l'amitié / amour des autres pour mieux
se connaître encore.

Dernier point, plus anecdotique, la nudité rituelle apprend à aimer ce que l'on est, accepter son
corps et l'aimer, car il est le chef d’orchestre de nos outils magiques… N’oublier jamais que
dans le cercle magique, nous sommes tous beaux !

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Le manuscrit secret de Marie Madeleine

Les alchimies d'Horus et la magie sexuelle d'Isis

(Initiation à la Magie sexuelle d’Isis)

UN

« J’ai été élevée dans une famille pour qui la magie était familière. Mon père venait de
Mésopotamie et ma mère était égyptienne. Avant ma naissance, elle avait adressé des prières
à Isis pour avoir un enfant. Cet enfant, c’est moi. On me connaissait sous le nom de Marie
Madeline.

Lorsque j’ai eu douze ans, on m’a envoyée étudier dans une communauté secrète d’initiés
protégés par Isis. J’ai reçu les enseignements secrets de l’Egypte, les alchimies d’Horus et la
magie sexuelle du culte d’Isis. Lorsque j’ai rencontré celui que vous appelez Yeshua, j’avais
déjà reçu toutes les initiations. Je m’étais préparée à faire sa rencontre au puits. Les Evangiles
font de moi une prostituée, car tous les initiés de mon ordre portaient un bracelet en or
représentant un serpent ; cela signifiait que nous pratiquions la magie sexuelle, par
conséquent, aux yeux des Hébreux nous étions des prostituées.

Lorsque j’ai vu Yeshua et que nos regards se sont rencontrés, j’ai su que nous étions destinés
l’un à l’autre. Ce que je m’apprête à vous dire n’est connu que de ceux qui étaient avec moi.
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Bien des légendes ont couru concernant ce qui est arrivé. Mais pour moi c’est l’histoire d’un
très grand amour. Que Yeshua ait eu une vision du monde, cela ne me concerne pas. Mon
histoire est une histoire d’amour. Beaucoup de gens ont suivi Yeshua. Et les occasions que
nous avons eues d’être ensemble n’ont pas été nombreuses. Les Evangiles n’évoquent pas ces
faits, car seuls ceux qui étaient avec nous le savaient. Avant que Yeshua se rendre au jardin de
Gethsémani, nous avons conçu un enfant, dont le nom devait être Sarh.

DEUX

L’histoire que je m’apprête à vous raconter va paraître fantastique. Je me souviens des


roseaux de Saintes-Maries-de-la-Mer, bien qu’évidemment l’endroit ne portait pas ce nom à
l’époque. C’est là que notre bateau a approché du rivage. Sar’h était encore très jeune. Elle
n’avait pas un an. J’étais déchirée entre le chagrin et l’ébahissement le plus total. J’étais
présente quand Yeshua a été crucifié. Avec sa mère, nous l’avons accompagné jusqu’à sa
tombe et nous l’avons enveloppé. Je me souviendrai toujours de l’odeur de la myrrhe. C’est
l’un des onguents que nous avons utilisés. Yeshua m’est apparu dans son corps de lumière. Je
ne pouvais en croire mes yeux ; voilà pourquoi j’ai touché ses blessures. Les disciples étaient
jaloux du fait qu’il soit venu à moi en premier.

C’est très bizarre d’un côté, mon bien-aimé était transporté dans une autre dimension, un autre
monde, de l’autre côté, moi et notre fille traversions la Méditerranée seules, sans lui. Nous
n’étions plus en sécurité et nous avions dû quitter l’Egypte où nous nous étions réfugiées.
Lorsque nous avons fait la traversée et sommes arrivées sur les rives de ce qui allait devenir la
France, tout était encore sauvage. Ce sont les prêtresses du culte d’Isis qui nous accueillirent,
et nous nous sommes mises en chemin en direction du nord pour nous placer sous la
protection des druides, car Isis les avait avertis ; ils avaient entendu son appel qui leur
demandait de protéger sa fille, Sar’h. C’est ainsi que nous avons cheminé jusqu’à une autre
vaste étendue d’eau, que nous avons traversée pour nous retrouver dans ce qui est aujourd’hui
l’Angleterre. Et là, on nous a mises au secret dans le saint des saints des druides, au Tor et à
Glastonbury. Nous étions moins en danger ici qu’en Israël ou en Egypte, mais l’influence de
Rome s’étendait jusqu’en Angleterre et nous avons dû nous cacher.

Nous avons vécu là pendant des années, et c’est à cet endroit que Sar’h a épousé un homme
dont les descendants sont les chevaliers du Temple. Pour ma part, je suis allée vers le nord au
Pays de Galles, là où j’ai vécu jusqu’à la fin de mes jours. Je dois dire que pendant ces années
où j’ai vécu seule au bord de la mer. Yeshua m’a souvent rendu visite. Bien entendu, pas
comme avant, car son était constitué davantage d’énergie et de lumière que de chair, mais
c’était tout de même extraordinaire de me trouver de nouveau avec lui. A ma mort, il était là
et m’a emportée vers ce que certains appellent le paradis qui, en vérité, est simplement un
espace dans l’âme.

TROIS

Je commence mon récit par la rencontre à la margelle du puits, car par bien des côtés, c’est ici
que ma vie a commencé vraiment. Toutes les années auparavant n’ont été qu’une préparation
à cette rencontre. Ce matin-là, je sentais que quelque chose se préparait. Il y avait en moi un
sentiment d’excitation –une sorte de tremblement des bras et des jambes – même avant notre
rencontre. J’étais déjà au puits avant qu’il arrive. J’avais déjà descendu mon seau dans le
puits, et il est venu me prêter main-forte. Certains des disciples, voyant le bracelet en serpent
14
d’or, ont pris pour acquis que j’étais une prostituée et furent consternés que leur maître vienne
en aide à une personne comme moi. Mais cela ne me toucha point. J’étais dans un autre
monde, transportée par les yeux de Yeshua. Nos regards se rencontrèrent, et ce fut comme si
je contemplais l’éternité entière. A ce moment-là, je sus que c’était pour lui qu’on m’avait
préparée – et lui aussi le savait.

Je l’accompagnais, me tenant aux derniers rangs de ceux qui le suivaient, et le soir venu nous
nous éloignions ensemble ; pas tous les soirs cependant, car il était très recherché. Moi qui
avait été formée aux alchimies d’Horus et à la magie sexuelle d’Isis, et qui était considérée
comme une adepte avancée par mes maîtres, la première fois que je fus dans les bras de
Yeshua, je tremblais comme une feuille et je dus lutter pour retrouver dans mon désir le
chemin central qui mène au trône le plus élevé, chemin qui avait fait l’objet de ma formation.
En mariant les techniques que j’avais apprises et les méthodes qu’il avait assimilées en
Egypte, Yeshua et moi avons réussi à charger son corps ka, son corps énergétique d’une
lumière et d’une force plus importante, de façon à ce qu’il lui soit plus facile de travailler avec
ceux qui venaient le voir. Et voilà exactement ce qui est arrivé. Et ce n’est pas sans ironie que
les Evangiles rapportent que j’étais au puits lorsque Yeshua est arrivé. Mais, ces nombreuses
nuits où Yeshua et moi étions seuls, c’est lui qui vint à mon puits, pour s’abreuver par moi
aux puissances d’Isis se recharger et se renforcer.

QUATRE

Je m’arrête un instant pour contempler tout ce qui est arrivé ; on dirait un rêve, un rêve d’une
clarté extraordinaire encore aujourd’hui. A raconter cette histoire, mon cœur tremble comme
si c’était hier. Ma première nuit avec Yeshua se dessine dans mon esprit aussi clairement que
les cieux au-dessus de Jérusalem.

Après avoir réussi à vaincre mes désirs de femme et m’être élevée dans l’alchimie spirituelle à
laquelle j’étais formée, j’ai pu voir la forme spirituelle de Yeshua – déjà lumineuse, déjà
resplendissante de lumière. Une colombe se tenait au-dessus de sa tête, et des rayons dorés en
émanaient. Sa forme spirituelle reculait les sceaux de Salomon, Hator, Isis, Anubis et
Osiris, confirmant qu’il avait subi ces initiations. Il présentait aussi d’autres symboles que je
ne comprenais pas, car ils provenaient de cultures qui m’étaient inconnues ou sur lesquelles je
n’avais pas reçu d’enseignement ; mais à partir des sceaux égyptiens que je reconnaissais, je
conclus qu’il était sur le sentier du dieu suprême Horus. Il n’était toutefois pas encore passé
par son initiation à la mort, et je savais que c’était justement la raison pour laquelle j’avais été
attirée vers lui cette fois-ci – afin de consolider son âme grâce aux pouvoirs d’Isis et de la
Mère cosmique, de sorte qu’il puisse traverser le portail des ténèbres et atteindre Horus.

Cette nuit-là, après avoir fait l’amour et ainsi maniés nos corps spirituels et les avoir fusionné
l’un à l’autre, et l’alchimie ayant déclenché ses effets en nous, Yeshua se laissa gagner par le
sommeil. Tandis que je le tenais dans mes bras je sentis un changement s’amorcer en moi, un
désir de le protéger, l’espoir d’être toujours avec lui, et j’eus en même temps, conscience que
nous serions séparés par des forces plus puissantes que ma volonté.

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CINQ

L’Eglise prétend que j’étais une prostituée ; moi je vous dis que c’est l’Eglise qui est la
prostituée, car elle voudrait vous faire croire que la femme est un être impur et que la passion
sexuelle entre l’homme et la femme est mauvais.

Pourtant, c’est dans le magnétisme de la passion qu’est engendrée la matrice de l’ascension.

Le secret des secrets était connu de tous les initiés d’Isis, mais je n’avais pas imaginé que ce
pourrait être moi qui serais appelée à le réaliser pleinement avec un être tel que Yeshua. Pour
moi, c’est un cheminement de l’esprit et du cœur. Pour ceux qui aimeraient savoir quel a été
notre parcours physique cependant… Après la crucifixion de Yeshua, Marie, la mère de
Yeshua, Joseph d’Arimathie, Aaron, son fils, alors âgé de douze ans, deux autres jeunes
femmes et moi-même avons pris la route de l’Egypte du nord. Ironiquement, nous avons
d’abord été entraînés vers l’Est puis nous avons dû faire halte en chemin pour le
ravitaillement, car notre bateau était minuscule. Ensuite, notre périple passa d’abord par Malte
et la petite Ile d’Oudish, puis par la Sardaigne et la pointe de ce qu’on appelle aujourd’hui
Cinque Terra. Finalement, nous avons abouti à Saintes-Maries-de-la-Mer, cheminé vers le
nord de la France en passant par Rennes-le-Château, puis traversé la Manche pour se rendre
en Angleterre comme on l’appelle aujourd’hui. Pour finir, nous nous sommes installés à
Glastonbury pendant plusieurs années, jusqu’à ce que Sar’h ait douze ans.

Lorsqu’elle a eu douze ans, nous sommes retournées parmi les roseaux du bord de la
Méditerranée, là où nous avions accosté en provenance d’Egypte. C’était le point le plus
proche de l’Egypte qui soit aussi sans danger pour nous. Là, j’ai initié ma fille au culte
d’Isis, et l’ai fait prendre un bain dans les eaux de la Méditerranée, comme l’indiquent les
enseignements que j’avais reçus. Nous sommes ensuite retournées à Glastonbury, jusqu’à ce
que ma fille – et fille de Yeshua – ait l’âge de se marier, à 16 ans. Elle a épousé le fils d’une
famille bien connue, dont les descendants devaient donner naissance aux Templiers, bien
qu’à cette époque-là, les Chevaliers du Temple n’existaient pas. Le sang dont Sar’h est issue a
donc couru dans les veines des Templiers eux-mêmes. Une fois Sar’h mariée et installée dans
sa nouvelle vie, je suis partie vers le nord pour le Pays de Galles, où j’ai vécu le reste de mes
jours dans une petite maison en pierre près de la mer.

Derrière ma maison coulait un ruisseau qui jaillissait du flanc de la colline. Bien souvent, je
me suis assise auprès de ce ruisseau qui se divisait en deux. Sur une certaine distance, les
deux bras affluaient parallèlement, puis l’un obliquait vers la gauche et l’autre vers la droite.
Et je réfléchissais, assise entre les deux ruisseaux, au courant qui entraînait ma vie et à celui
qui avait emporté la vie de Yeshua, et au fait que, pendant un moment, les deux courants
avaient filé ensemble, puis s’étaient séparés.

SIX

Je me rappellerai toujours la première fois que Yeshua est venu à moi après sa résurrection.
C’était un soir de nouvelle lune, le ciel était limpide. Une légère brume flottait sur les
bruyères et tout était baigné de la lumière argentée de la lune et des étoiles. Je vis une forme
s’approcher sur le chemin venteux qui menait à ma maison. Par une ironie du sort, je venais
de sortie pour puiser de l’eau au puits, et c’est là qu’il se tenait. Il avait la même apparence,
mais il rayonnait –impossible de ne pas le reconnaître. Mes yeux se sont remplis de larmes,
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mon cœur tremblait. Je courus vers lui, mais je m’arrêtai net, me souvenant de ses paroles,
prononcées juste après la résurrection. « Ne me touche pas encore, avait-il dit alors, car je ne
suis pas encore monté jusqu’au Père ». O Combien l’initiée d’Isis en moi, pendant toutes ces
années, a désiré rétablir les faits ! Qu’a-t-il voulu dire par ces paroles ? car les chrétiens n’ont
reçu en héritage qu’une partie de la vérité. La part la plus importante est demeurée cachée au
milieu des mystères de la Grande Mère ; et comme l’Eglise a cherché à priver de ses droits
tout ce qui est féminin, la vérité est restée scellée et inaccessible.

Et cette vérité concerne le corps ka même - ce que les initiés nomment ; le double éthérique
ou le jumeau spirituel, car chargé d’une quantité suffisante de vitalité et d’énergie, il
ressemble au corps physique. Contrairement à celui-ci toutefois, le ka n’est pas constitué de
matière, mais d’énergie – d’énergie et de lumière.

Et lorsque Yeshua est venu à moi après sa résurrection, il est venu dans son ka. Cependant,
son ka n’avait pas encore été stabilisé, car Yeshua ne s’était pas élevé jusqu’au Père – c’est-à-
dire jusqu’à l’Esprit suprême de sa propre âme. Avant d’y parvenir, il devait passer par le
portail de la mort et parcourir son chemin dans l’inframonde de son propre être. Il faisait cela
pour deux raisons, d’après moi. Premièrement, en tant qu’âme maîtresse, c’était une façon
d’apporter un important afflux de pouvoir à son ka. En second lieu, il lui fallait ouvrir le
passage par la mort, afin que d’autres puissent le suivre et traverser les ténèbres plus
facilement en suivant son sillage de lumière. Ainsi, cette première nuit de nos retrouvailles,
mon cœur s’est rempli de la joie d’être de nouveau avec lui et je le ressens aujourd’hui aussi
clairement et fortement qu’alors. Il est venu un peu avant minuit pour repartir au point du
jour.

Pendant ces heures où nous étions étendus tous les deux, nos corps ka s’entremêlèrent une
fois de plus, nul besoin de parler. Nous communiquions par télépathie. Et sans l’acte sexuel
physique, le pouvoir serpentin en lui s’unissait au pouvoir serpentin en moi, et ils
montaient en suivant le trajet sacré le long de notre épine dorsale jusqu’au siège au sommet
du crâne (le coronal) ; cela me plongeait dans une extase de béatitude pure. C’est ainsi que
nous nous sommes rencontrés des années durant. Il venait me voir sous cette forme plusieurs
fois par année. Parfois, nous bavardions. La plupart du temps nous étions tout simplement en
union.

Je lui ai demandé où il allait quand il n’était pas avec moi. Il a répondu qu’il avait visité de
nombreux lieux sacrés sur la terre, et qu’il avait rencontré bien des gens différents. A son dire,
il traçait un chemin de lumière. Lors de l’un de ses visites, je lui ai demandé d’expliquer. Il
traça un cercle sur la terre battue de ma maison, et je reconnus les deux triangles du sceau de
Salomon, dont l’intersection forme l’étoile de David. Il me dit que plusieurs régions du
monde existaient dont nous nous n’avions pas connaissance dans notre région. Bon nombre
présentaient des points qui correspondaient aux points du sceau de Salomon. En se rendant
en ces lieux, il s’assurait que son œuvre s’enracinerait mieux dans le sol de ce monde.

SEPT

Parmi toutes les fois où Yeshua m’a rendu visite, celle dont le souvenir est le plus vif est la
fois où il est venu alors que Sar’h était chez moi. Elle venait de tomber enceinte de voulait
recevoir ma bénédiction. J’étais toute à ma joie de la retrouver et de recevoir ses compagnons
de voyage. Elle m’avait fait prévenir par les druides, mais la nouvelle de sa visite ne m’était
17
parvenue que la veille de son arrivée. Elle demeura avec moi trois jours, et Yeshua apparut le
second jour.

Pouvez-vous vous rendre compte à quel point la situation était particulière ? Sar’h n’avait
jamais rencontré son père, et Yeshua n’avait jamais connu sa fille. Et voilà qu’ils étaient l’un
face à l’autre. Le corps de son père était retourné à l’état d’éléments en un éclair de lumière au
moment de la résurrection. Donc, maintenant il avait la forme de son ka, qui émettait une
lumière unique. Tous deux étaient très émus. Sar’h jusqu’aux larmes, Yeshua jusqu’au pathos.
Ils ont passé une heure à marcher ensemble dehors. J’ignore de quoi ils ont discuté, mais du
début à la fin de leur conversation, le ciel était zébré d’étoiles filantes. Avant de partir ce
matin-là, juste avant l’aurore, Yeshua mit ses mains sur l’estomac de Sar’h et bénit l’enfant.
Sar’h repartit le lendemain, rayonnant d’une paix incomparable.

Tout est maintenant dit sur ce que je voulais établir à propos de ma vie de mère.
Subséquemment, je vais parler en tant qu’initiée aux secrets d’Isis, dans les alchimies
d’Horus.

HUIT

Je me tourne maintenant vers ma chère sœur, ma sœur en esprit, la mère de Yeshua, connue
aussi sous le nom de Marie. Marie était une initiée de haut rang dans le culte d’Isis. Elle avait
reçu sa formation en Egypte. C’est pourquoi Joseph et elle, fuyant la colère du roi en Israël,
prirent la fuite vers l’Egypte. Marie était en sûreté parmi les prêtresses et les prêtres d’Isis. Sa
formation avait été différente de la mienne, mais nous servions la même cause. Pour préciser
comment je comprends Marie, je dois révéler l’un des secrets les mieux dissimulés du culte
d’Isis.

Selon notre croyance, et la mienne, dans certaines conditions, la déesse elle-même s’incarne,
soit en naissant, soit par initiation spirituelle. Marie, la mère de Yeshua fut reconnue très
jeune pour sa pureté d’esprit par les prêtresses des temples d’Isis. Elle reçut la formation,
devint une initiée et atteint les niveaux les plus élevés. Mais plutôt que de devenir une
prêtresse, elle suivit l’entraînement pour devenir ce qu’on appelle une incarnation.

Pour devenir une incarnation, il faut être une âme très avancée, il faut un entraînement
spirituel et une discipline considérables. A l’initiation finale, Marie dépositaire d’un
courant énergétique provenant d’Isis elle-même. De ce point de vue, elle était donc une
incarnation de la Mère cosmique. Tout se passe comme s’il y avait deux Marie : Marie
l’humaine, pure d’esprit et de cœur, cachant par-devers elle un portail direct menant à la Mère
Suprême, créatrice de toute matière, du temps et de l’espace.

Les conditions étaient réunies pour la conception d’un être aux qualités remarquables, qui
allait devenir son fils Yeshua. Lors de ce que l’Eglise appelle l’Immaculée Conception,
Marie fut le témoin et le siège d’un processus d’insémination céleste et galactique, grâce
auquel le principe du Père, ou Esprit, tel que nous le concevons dans le culte d’Isis, transféra
son essence en Isis, la Mère recevant l’essence du Père, la matière recevant l’impulsion de
l’Esprit. Et c’est cette énergie spirituelle raffinée et puissante qui prit racine dans la matrice de
Marie et donna naissance à Yeshua.

18
NEUF

Marie parmi les disciples lorsqu’ils vinrent vers moi auprès du puits. Elle me reconnut
aussitôt comme initiée, du fait que je portais à mon bras le bracelet d’or en forme de serpent et
aussi en raison du sceau d’Isis qui étincelait dans mon corps ka, car Marie était tout à fait
clairvoyante et télépathe.

La personne dont j’ai d’abord croisé le regard fut Yeshua et comme je l’ai rapporté, sa
présence immense me transporta dans d’autres mondes. Par la suite, mon regard a rencontré
celui de Marie, sa mère. Dans ses yeux, j’au lu qu’elle reconnaissait mon statut de consoeur
initiée dans le culte d’Isis, et bien que sa formation n’ait pas été dans le domaine de la magie
sexuelle comme moi, elle comprit que j’avais été préparée pour Yeshua. Entre eux deux, je
me sentis soulevée sur les ailes transcendantes de l’amour. Mon esprit a pris son envol. Il est
ironique que j’aie ensuite rencontré les yeux de ceux qui furent ceux des disciples, et qui me
jugèrent et décidèrent que j’étais une prostituée ; cette opinion est perpétuée au fil de
générations de croyants.

Mais je déclare, aux yeux de Yeshua et de sa mère, je n’étais pas une prostituée, mais le vase
apportant les pouvoirs curatifs et nourrissants d’Isis elle-même. Dans la vie d’un homme,
qu’il soit humain ou divin, vient un temps où sa mère ne peut plus lui donner l’essentiel. Son
amour pour lui est toujours là, mais ce qu’il lui faut, c’est une nourriture d’une autre nature,
soit celle d’une autre femme. J’ai été cette femme. Marie m’a reconnue et a admis mon statut,
et m’a confié son fils en cet instant auprès du puits. Marie et moi avons passé beaucoup de
temps ensemble, à discuter des besoins de Yeshua et de sa place dans ma vie. Il était entendu
que j’étais la servante d’un pouvoir qui me dépassait. J’avais été formée pour ce rôle, mais je
dois vous avouer que cette reconnaissance m’émeut encore aujourd’hui. Lorsque je pense au
fait qu’il m’a reconnue, je frémis. Au fil de ces journées et ces nuits passées ensemble, Marie
et moi nous sommes consacrées à la tâche de subvenir aux besoins de Yeshua et de ses
disciples. A cette période, Marie et moi sommes devenues très proches car je l’aimais, et je
l’aime toujours pour sa grande beauté, pour sa pureté de cœur et d’esprit et pour la douceur
avec laquelle elle s’est occupée du monde.

Je puis affirmer, car c’est limpide dans mon esprit, que Marie, après avoir servi comme initiée
d’Isis incarnée, était un maître accompli. Son service, sa maîtrise et sa perfection – sa
perfection spirituelle – sont stupéfiants.

DIX

Marie habite dans les royaumes célestes. Sa compassion et son amour se répandent sur
l’ensemble de l’humanité. Chacun peut s’adresser à elle, quelles que soient ses croyances. Si
quelqu’un l’invoque, qu’il sache qu’il est entendu. Il faut maintenant que je clarifie ma
compréhension des choses. Je veux parler de la magie sexuelle du culte d’Isis et des alchimies
d’Horus. J’ai l’intention de révéler des secrets qu’un initié n’aurait jamais dévoilés, même
sous menace de mort. Mais les temps ont changé. Il ne reste plus beaucoup de temps, comme
vous le savez et j’ai reçu la permission de la déesse – en fait c’est la déesse elle-même qui m’a
demandé de vous révéler certains des secrets les mieux gardés de tous les temps. Ils vous sont
divulgués dans l’espoir de vous voir vous élever.

19
ONZE

Les alchimies d’Horus sont un corps de connaissance et de méthodes visant à modifier le


ka. Selon ces enseignements, si notre ka incorpore ou acquiert plus d’énergie ou de lumière, il
se produit une intensification de notre champ magnétique, qui permet au désir de l’initié de se
manifester plus rapidement. Toutefois, lorsque nous nous abandonnons à notre âme céleste,
ou Bâ, la poursuite de désirs personnels, sans être abandonnée, n’est plus le centre de notre
existence entière. Notre regard se tourne vers les hauteurs, pour ainsi dire, vers les capacités
supérieures de notre être, telles qu’elles sont justement perçues par le Bâ, ou âme céleste.

Cette âme céleste, ou bâ, existe à un niveau vibratoire beaucoup plus élevé que le corps
physique (le khat) ou le ka (le jumeau spirituel ou éthérique du corps physique). Au sien
du ka, il existe des conduits que l’on peut stimuler et ouvrir. L’activation de ces passages
secrets du ka lui confère un pouvoir très accru. Les alchimies d’Horus ont pour objet de les
consolider, et d’activer les pouvoirs latents et les talents de l’initié par ce qui est désigné par
le nom de Djed, les sept sceaux ascendants que les yogis et les yoginïs de l’Inde appellent les
chakras.

DOUZE

Dans l’école où j’ai reçu ma formation, nous avons appris à activer le pouvoir serpentin, la
kundalini, en faisant se mouvoir certains canaux de l’épine dorsale et en ouvrant certains
circuits dans le cerveau. Ce procédé engendre ce qu’on l’appelle l’uroeus.

L’uroeus est généralement un feu de couleur bleue qui se diffuse dans l’épine dorsale
horizontalement et verticalement ; il ondule suivant les altérations énergétiques dans ces
conduits. L’activation de l’uroeus accroît l’intelligence potentielle du cerveau, la créativité et
surtout la réceptivité, car la tâche de l’initié est de changer la qualité de son être même, de
façon à ce que l’entrée en résonance avec le ka, l’âme céleste, soit libre et non obstruée.

TREIZE

Lorsque j’ai rencontré Yeshua pour la première fois, au puits, sa simple présence a activé mes
alchimies internes. La kundalini est montée le long de l’épine dorsale, comme si je m’étais
livrée aux disciplines apprises.

La première nuit où nous nous sommes retrouvés seuls, dans les bras l’un de l’autre, étendus
côte à côte, nous avons pratiqué la magie sexuelle d’Isis. Cette forme spécifique de magie
charge le corps ka d’une extraordinaire force magnétique en utilisant le pouvoir de l’orgasme
physique, car lors d’un orgasme, il se produit une décharge considérable d’énergie
magnétique dans les cellules. Au moment où cette énergie se diffuse, elle dégage un potentiel
magnétique que l’on peut mettre à profit. Je désire exposer ce processus spécifique en détail,
mais pour ce faire, il faut d’abord expliquer un peu davantage certaines notions de base ayant
trait à la sexualité et la réalisation spirituelle, car ce secret a été dérobé par l’Eglise.

QUATORZE

Lorsque je me suis unie à Yeshua en tant qu’initiée d’Isis, il y avait des canaux particuliers
que je devais ouvrir en moi. Je fus pourtant stupéfaite de découvrir que ces conduits
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s’ouvraient spontanément en sa présence. Au début de mon récit, j’ai mentionné combien la
femme en moi tressaillait et devait lutter contre ses passions et ses désirs, car le sentier de
l’initié consiste à utiliser l’énergie de la passion d’une manière très précise et non pas de se
laisser simplement emporter par elle. L’alchimie exige que l’énergie, en vue d’être
transformée, soit d’abord maîtrisée.

Très rapidement, Yeshua et moi avons atteint l’état connu sous le nom des « quatre serpents
». Cet état est réalisé lorsque les deux partenaires ont maîtrisé les alchimies internes d’Horus
jusqu’à pouvoir activer les serpents solaire et lunaires dans leur épine dorsale.

Par clairvoyance, on aperçoit un canal central situé le long de l’épine dorsale. Du côté gauche,
il y a le circuit lunaire, et du côté droit, le circuit solaire, que les yogis et yogninïs appelle :
ida et pingala. Dans les alchimies d’Horus, il s’agit d’activer ces deux circuits au moyen de
champs magnétiques serpentins. Le serpent lunaire, du côté gauche, est d’un noir profond, la
couleur du vide ; et de fait, c’est le vide incarné lui-même, porteur de toutes les potentialités et
créateur de toutes choses. Le serpent solaire est doré. La tâche d’un initié est de faire en sorte
que ces deux serpents s’élèvent. Tandis qu’ils montent, ils transpercent les chakras et
s’entrecroisent.

Dans l’alchimie d’Horus, les deux serpents s’entrecroisent au cinquième sceau, celui de
la gorge, ainsi qu’à tous les autres chakras au-dessous.

Ils se font face approximativement là où se trouve la glande pinéale, c’est-à-dire au


centre de la tête. Il faut visualiser un calice contenant la glande pinéale tout au fond. Les
deux serpents sont vivants, à savoir, ils ne sont pas immobiles, ils vibrent, scintillent et sont
parcourus par des ondes énergétiques. Et quand leurs corps se contorsionnent dans le ka, le
potentiel magnétique s’intensifie. Il existe des pratiques spécifiques que j’aborderai plus loin.
Pour le moment, je souhaite élucider la pratique des quatre serpents.

QUINZE

Lorsque Yeshua et moi avons fait l’amour, comme vous dites, nos serpents se sont mis à
monter le long de nos épines dorsales, nos djeds. Nous l’avons fait simultanément, et au
moment de notre orgasme mutuel, la charge libérée par les premiers sceaux dans la zone
pelvienne de nos corps a été propulsée vers le haut, vers le trône du sommet de la tête (le
coronal), stimulant les centres les plus élevés du cerveau.

A ce moment d’extase sexuelle, nous avons fixé notre attention consciente sur nos corps ka,
car l’extase consolide le ka. Les états extatiques sont une nourriture, une source de force pour
le corps ka, et comme je l’ai déjà expliqué, chaque apport de puissance au ka le rend plus
magnétique, attirant ainsi ce que l’initié désire. La magie sexuelle d’Isis repose sur la capacité
innée chez l’être de sexe féminin de mettre à profit les énergies magnétiques, pour ouvrir des
niveaux de conscience profonds en s’abandonnant aux énergies sexuelles et aux vois qui
s’ouvrent ainsi.

Lorsqu’une femme se sent profondément aimée et appréciée, comme je l’étais par Yeshua,
quelque chose se libère au plus profond d’elle-même, qui fait qu’au moment de l‘orgasme,
elle sera secouée de spasmes incontrôlables. Si elle se sent en sécurité et qu’elle laisse libre

21
cours à ses tressaillements, si elle les laisse prendre possession d’elle, alors s’ouvre un vortex
magnétique d’une puissance considérable, vortex qui se centre dans sa matrice.

Deux initiés qui se livrent à la magie sexuelle d’Isis peuvent accroître leur puissance et
étendre leur conscience grâce au pouvoir de ce champ magnétique. Dans les pratiques les plus
avancées de la magie sexuelle d’Isis, l’initié fait monter ses deux serpents dans le ka de la
femme, et la femme fait monter ses deux serpents dans le ka de l’homme. La puissance
cataclysmique de cette pratique est comparable à l’énergie libérée par une arme nucléaire. Le
tsunami magnétique qui jaillit massivement insufflera au ka une puissance au-delà de ce tout
qui est concevable – ou l’anéantira, s’il est mal guidé. C’est à cette pratique avancée du ka
que Yeshua s’est livré la nuit précédent Gethsémani. L’extraordinaire intensification du
potentiel magnétique de son ka lui a donné la force nécessaire pour faire face aux souffrances
et à la tâche qui l’attendaient lors de son ultime initiation par le portail de la mort ; tant et si
bien que son corps physique s’est dissolu en éléments constitutifs par un embrasement de
lumière et de chaleur, ce que l’Eglise nomme résurrection. A vrai dire, ce n’était que le reflet
visible d’un effet beaucoup plus profond en lui. Le magnétisme de son ka est à l’origine de ce
résultat, car c’est par son ka potentialisé qu’il a pu franchir l’inframonde et la mort elle-même.

Lorsque Yeshua et moi nous sommes engagés dans les pratiques sexuelles d’Isis, nous
savions que c’était la raison d’être de notre relation. Pour lui, chaque union avec moi était un
moyen de consolider son ka. Voilà pourquoi j’ai expliqué plus haut qu’il vint à mon puits, car
le puits que l’initiée offre à l’homme est une inépuisable source de potentiel magnétique. Ce
puits ne s’ouvrira cependant que lorsque la femme se sent en sécurité et aimée. C’est la
condition préalable pour que les pratiques donnent des résultats.

Dépourvues de la substance nourricière de l’amour, ces pratiques ne sont que des techniques
qui ne donnent pas le résultat requis ou attendu. Quant à moi, j’étais à la fois femme et initiée.
J’avais été entraînée pendant des années et je savais quoi faire à propos des canaux, pourtant
j’ai eu la surprise de me retrouver transportée comme une simple femme. Je me suis surprise à
attendre avec anticipation un regard ou un geste de Yeshua, et je constate que le temps passé
ensemble fut le temps le plus précieux qu’il m’ait été donné de vivre. Quelque chose en lui,
son toucher, ses yeux, le sentiment qu’il m’inspirait, faisait que quelque chose en moi
s’ouvrait, je me retrouvais parfois presque en train de pleurer et de me moquer de moi-même.

Moi qui avais été formée aux pratiques les plus secrète de la magie sexuelle d’Isis te qui avais
été jugée par mes prêtresses comme très avancée, moi l’initiée, j’étais simple débutante en
présence de la femme. Car, sachez-le, dans le cœur et l’esprit et la sagesse corporelle de la
femme se trouvent quelques-uns des secrets les plus vitaux et certains des pouvoirs les plus
fabuleux. Et ils n’attendent que d’être révélés. Et il suffit du simple toucher d’un autre être
humain pour les dévoiler. Voilà pourquoi lorsque je parle de Yeshua mon amour et les
sentiments que j’ai pour lui, et qui ont résisté au temps me submergent.

SEIZE

La magie sexuelle d’Isis s’appuie sur le fait que le principe féminin détient en sa nature
même, en sa nature sexuelle une clé alchimique. Cette clé se révèle dans l’acte que vous
appelez l’acte d’amour, d’amour sexuel. Lorsqu’elle est suffisamment activée, les alchimies
d’Horus se manifestent spontanément. Dans la formation que j’ai reçue, il était entendu qu’il
y avait deux voies alchimies possibles menant au même but.
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Les alchimies d’Horus sont la fondation des deux alchimies, des deux pratiques alchimiques
puisqu’elles font appel aux mêmes conduits fondamentaux.

Pour ceux qui préfèrent ne pas s’engager dans une relation, les alchimies d’Horus
offrent un moyen de consolider et d’activer le ka jusqu’au niveau des plus hautes
initiations.

A ceux qui ont une relation amoureuse, la magie sexuelle d’Isis fournit des ailes grâce
auxquelles ils pratiquent l’ascension du djed et pénètrent jusqu’au trône de la plus haute
conscience. A mon sens, c’est une grande tragédie que l’Eglise – plus précisément, els pères
de l’Eglise – ait stigmatisé le caractère sacré et secret de notre identité comme étant le mal ; et
que, depuis quelque deux mille ans maintenant, le chemin vers la réalisation divine le plus
dynamique et l’un des plus rapides ait été faussé. Quelle ironie que l’Eglise en ait fait un
péché – et qu’elle ait par conséquent terrifié ceux qui auraient pu tomber dessus par hasard.

DIX-SEPT

La multitude perçoit comme extraordinaires les miracles de Yeshua, mais du point de vue
d’un initié, il s’agit simplement de l’expression naturelle du potentiel de la conscience. Ce
sont des signaux. Les miracles ont leurs raisons d’être, et je désir en discuter du point de vue
des connaissances initiatiques dont Yeshua et moi sommes détenteurs. A l’époque où j’ai
rencontré Yeshua, ces signes étaient déjà apparents. Son niveau de création était déjà élevé.
Ma tâche consistait à l’aider à consolider son ka en vue de l’initiation ultime par le portail de
la mort jusqu’au dieu suprême Horus ; cette mission s’accomplissait grâce à la magie sexuelle
d’Isis et aux alchimies d’Horus. De tous les miracles que j’ai vu accomplir par Yeshua, celui
de la multiplication des pains et des poissons me demeure le plus cher.

La journée avait été longue et torride. Les disciples, Marie et moi suivions le Maître comme
d’habitude. Un attroupement se forma pour l’écouter, pour s’abreuver à ses paroles. Nous
étions tous envoûtés par sa vision et sa façon de s’exprimer. C’était comme si, pendant
quelques heures, nous avions été transportés au paradis même, et je notai que le ka de Yeshua
s’était déployé jusqu’à inclure tout le monde – un autre signe.

A la fin de son enseignement, il était tard dans l’après-midi. Alors animé par la compassion
pour tous ces gens venus l’écouter parfois de loin, il demanda qu’on rassemble de la
nourriture pour qu’elle soit partagée. Donc, les disciples, Marie et moi, ainsi que quelques
autres venus parmi la foule, avons commencé à rassembler divers denrées. Mais une fois que
tout ce qui était disponible fut recueilli, il n’y avait que quelques poissons et quelques petits
pains. Ce n’était pas assez. C’est alors que je fus témoin d’un événement vraiment prodigieux.
Yeshua entra en lui-même et ferma les yeux. Je pressentais l’intention de sa prière, bien que je
n’entendisse pas ses paroles. Je perçus par clairvoyance un jaillissement de lumière qui,
partant du bas de son épine dorsale et parcourant tout le long de son djed jusqu’au coronal
montait de la couronne de sa tête vers son ka, son âme céleste. Une énergie descendit alors,
comme en réponse à sa requête ; puis il plaça ses mains sur les deux petits paniers et
commença à distribuer les pains et les poissons, les brisant en morceaux et servant lui-même à
chaque personne sa portion.

C’était quelque chose de tout à fait remarquable ; plus de mille personnes furent ainsi
rassasiées. Mais il restait encore des poissons et des pains. Une fois la foule repue, Yeshua
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donna des portions à ses disciples, ainsi qu’à Marie et à moi-même, et le pain avait un goût
sucré, le poisson, une merveilleuse saveur, comme je n’en ai jamais plus savourés. Des
miracles comme celui-ci sont chose naturelle pour un Maître du calibre de Yeshua ; et sur le
plan initiatique, de tels miracles sont à la portée de quiconque observe les pratiques
nécessaires.

DIX-HUIT

Yeshua utilisait fréquemment la formule suivante : « Moi et mon Père sommes Un ». Cette
formulation a entraîné bon nombre d’interprétations fallacieuses. Sur le plan initiatique, il
s’agit simplement d’un autre mot pour « Esprit ».

Par ces paroles, Yeshua indiquait qu’il s’unissait avec son Esprit, et c’est ainsi que les
miracles étaient accomplis. Ainsi, il alternait entre deux idées, dont ont témoigné les
évangélistes chacun à sa manière limitée. D’une part, Yeshua disait parfois : « Moi et mon
Père sommes Un ». Et d’autre part, il déclarait : « Sans mon Père, je ne peux rien ». Cette
ambivalence se produit dans le processus initiatique lorsque l’initié oscille entre sa foi
inébranlable dans la force de sa connexion avec l’Esprit-source, et l’autre état d’esprit, où il
réalise qu’il n’est rien et ne peut rien faire sans l’Esprit.

Dans le premier état, il éprouve l’omnipotence, tandis que dans l’autre, il est en proie à
l’impotence. Et l’initié doit surmonter ces deux états. Le fait que Yeshua ait utilisé ces
formules plusieurs fois m’indique qu’en tant qu’initié il était sujet à ce paradoxe. Et ce
paradoxe l’a tenaillé dans sa conscience jusqu’à Gethsémani, car c’est avant son entrée au
Jardin de Gethsémani, tel que narrée par ses disciples, qu’il est venu à moi et que nous avons
pratiqué les quatre serpents une dernière fois. Une intensité particulière marquait ces moments
ultimes passés ensemble, car nous étions conscients qu’il nous restait peu de temps.

La force impétueuse libérée pendant notre pratique insuffla au ka chez Yeshua une puissance
et une assurance éblouissantes, qui l’accompagnèrent jusqu’aux heures de la fin, lui accordant
les forces nécessaires au voyage dans la mort. Au cours des heures précédant son passage
néanmoins, il fut tourmenté par une sorte de remise en cause personnelle, je cherche les mots
exacts. Ceux qui suivaient Yeshua et qui se disent des chrétiens aiment à croire qu’il savait
parfaitement où il allait, qu’il avait une idée claire de son but et de sa mission, et qu’il n’a
jamais hésité. Mais, moi qui ai passé des nuits avec lui, je suis d’un autre avis. Ce n’est pas
parce qu’un être a atteint un certain niveau de maîtrise qu’il n’est pas touché par l’incertitude.

Yeshua sentait la pression exercée sur lui par son Ame céleste, mais c’est une chose étrange
que d’être un initié. Car on demeure humain avec tout ce que ça comporte, tout en étant de
plus en plus uni à son Ame céleste, assimilé à elle. C’est le ka, l’Ame céleste, qui est la voix
de Dieu lorsqu’il s’exprime.

L’initié de haut rang agit comme par réflexe à la parole de Dieu, mais ce n’est pas parce que
l’Ame céleste perçoit tout clairement que l’être humain en est aussi capable. Yeshua voyait en
tous et en chacun le potentiel de la réalisation de Dieu, et il l’a évoqué plusieurs reprises.
Dans les Evangiles, il dit, par exemple ; « Vous ferez de plus grandes choses que moi ».

Car pour lui les miracles étaient une expression naturelle de la conscience, et lorsque la
conscience humaine s’élèverait, les miracles deviendraient courants. Par ailleurs, il était
24
conscient des limites de ceux qui l’entouraient. Il était très au fait de leur attachement à la
haine, l’ignorance, la bigoterie, et cela le troublait profondément. Nous avons passé plusieurs
soirées à en discuter. Et jusqu’à quelques jours avant Gethsémani, il n’était pas certains d’être
en mesure d’atteindre ce qui était requis pour réussir l’initiation finale. J’ignore ce qui
provoqua le changement en lui, mais peu avant Gethsémani et notre dernière pratique
initiatique des quatre serpents, une profonde quiétude s’installa en lui et il montra une
certitude que je ne lui connaissais pas encore.

DIX NEUF

Je me fixe sur cette image deux mille ans après la crucifixion, et j’en tremble encore. C’était
vraiment étrange d’être à la fois initiée et femme. En tant qu’initiée, je me tenais auprès de
Yeshua pendant la crucifixion, maintenant mon ka dans une prière fervent – autrement dit,
j’avais la ferme intention de me tenir prête pour l’aider à passer dans la mort. C’était
cependant une action initiatique qui exigeait un détachement que je n’avais pas. En tant
qu’initiée entraînée, la tâche était facile, mais en tant que femme amoureuse de l’homme
Yeshua, mon cœur était déchiré. Et j’étais là, au Golgotha, vacillant entre ma force d’initiée et
mon chagrin de femme amoureuse qui voit son bien-aimé souffrir. A ce moment-là,
l’initiation n’avait plus de valeur pour moi. Peu m’importait que Yeshua soit en train de
laisser une trace de lumière à travers les royaumes de la mort, au bénéfice de tous ceux qui le
suivraient. Je me mis même à hurler à l’endroit d’Isis : « comment oses-tu ? »

Mon tourment atteignit son paroxysme, et Marie, tendant le bras vers moi, posa sa main sur la
mienne. J’étais seule dans mon chagrin et je n’avais pas remarqué Marie. Nos yeux se
rencontrèrent, s’emplirent de larmes, et nous avons sangloté toutes les deux dans les bras
l’une de l’autre. Elle pour son fils, moi pour mon bien-aimé. Les Evangiles rapportent qu’il y
eut un tremblement de terre après la mort de Yeshua ; c’est vrai, je vous le confirme. C’était
comme si toute la nature subissait les souffrances d’un accouchement ; et la terre trembla avec
colère et rage qu’un Maître de cette stature, qu’un tel être puisse souffrir de la main de ses
frères humains. Mais c’est là le paradoxe de la vie sur terre. Une violente tempête souffla sur
la ville – des vents comme je n’en avais jamais vu. Le ciel se remplir de nuage noirs et
d’éclairs, le tonnerre retentit partout secouant toutes choses. Ce spectacle effrayant sembla
durer une éternité, mais je pense qu’il dura une heure à peu près. A la tombe, Marie et moi
avons lavé le corps selon la tradition et le rituel juif, nous l’avons enveloppé, mais nous avons
quitté les lieux. Tout cela se déroula en silence, le seul son étant celui de nos larmes étouffées.
Je songeai qu’il était inexplicable de la part de Yeshua d’avoir ressuscité Lazare des morts,
mais de n’avoir rien fait pour lui-même. Je ne comprenais pas ce qu’il faisait ;

Après la Résurrection néanmoins, lorsque je l’aperçu dans son ka, plus radieux et splendide
que jamais, je compris. Sur le plan initiatique, devenir le dieu suprême Horus signifie qu’on a
activé les plus hauts potentiels de conscience inhérents à la forme humaine.
Traditionnellement, cela s’accomplissait toutefois pour soi seul. Yeshua, lui, l’a réalisé pour
l’humanité entière. Voilà l’héritage qu’il nous a laissé. Pourtant, je vous le dis, cela n’a rien à
voir avec la religion ! Il s’agit purement de physique et d’alchimie. L’enseignement tout
simple de Yeshua était que nous sommes tous dieux – que nous avons tous en nous le pouvoir
d’aimer et de guérir – et il l’a démontré du mieux qu’il le put. Aux premiers temps de
l’Eglise, c’est-à-dire au sein de la communauté qui se forma pour mettre en pratique les
enseignements de Yeshua, émergea un rituel particulièrement sublime.

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Ceux qui souhaitent continuer à baigner dans son énergie et sa présence prirent l’habitude de
partager le pain et le vin. C’était parfois les hommes qui effectuaient le rituel du partage,
quelque fois c’était les femmes. Cet acte simple de partager entre eux était conforme aux
intentions de Yeshua, et pourtant la simplicité de ce partage se perdit avec le temps, et seuls
ceux qui avaient reçu l’ordination furent autorisés à donner la communion. Voilà une
déviation que Yeshua trouverait particulièrement déplaisante. Je l’ai bien connu, et je suis
sûre de ce que j’affirme. La vérité et la force des enseignements de Yeshua ont été perverties
par l’Eglise ; et l’Eglise a dérobé les secrets de l’élévation de la conscience au moyen de la
sexualité sacrée, telle que Yeshua et moi l’avions pratiquée. Je me rends compte que seule une
poignée de gens saisira ce que je dis ici ; malgré tout, c’est suffisant.

VINGT

Je désire maintenant révéler certains secrets appartenant à la magie sexuelle d’Isis.


Comme je l’ai mentionné, il est possible de gravir les hauteurs de la conscience seul et sans
partenaire ; les alchimies d’Horus ont été conçues de manière à seconder l’initié. Cependant,
la magie sexuelle d’Isis a été révélée à l’intention de ceux qui sont partenaires dans une
relation sacrée. Je désire discuter de plusieurs aspects.

Le premier est l’assertion selon laquelle au moment de l’orgasme des champs magnétiques
sont générés. En fait, ces champs sont produits pendant les préliminaires amoureux en
stimulant les sens par le toucher. Cette stimulation sensorielle déclenche le processus
d’édification des champs magnétiques ; elle est cruciale pour la pratique alchimique de la
magie sexuelle. Il existe plusieurs méthodes à la disposition des initiés. J’ai l’intention d’en
explorer quelques-unes, mais une chose est essentielle à leur pratique ; il faut saisir la nature
de l’interaction entre les deux éléments alchimiques propres l’un à l’homme, l’autre à la
femme.

Du point de vue de la pratique, la semence de l’homme porte l’information génétique de son


ascendance pour la transmettre à l’enfant ; au moment où le sperme entre en contact avec
l’ovule, une vie est créée ; la vie est un entrelacs complexe de champs magnétiques. L’enfant
qui grandit dans la matrice développe des organes et des systèmes, sur le plan des forces
magnétiques, en revanche, ces organes et ces systèmes ne sont que des interconnexions de
champs magnétiques vibratoires. Et finalement, sur le plan de la pratique, l’acte sexuel ne fait
qu’engendrer de nouveaux schémas magnétiques. Les initiés qui ont bénéficié d’une
formation alchimique utilisent eux aussi l’énergie sexuelle pour générer des champs
magnétiques. La différence, c’est que ces champs ne deviendront pas un nouvel être, un
enfant ; ils s’incorporent au ka de chacun des deux initiés, qu’ils renforcent et élèvent. Voilà
le premier point essentiel sur lequel tout repose.

Dans ce système, au sujet duquel Yeshua et moi avons reçu la formation, la tâche de l’initié
est de consolider le ka jusqu’à ce qu’il se déploie au-delà de la forme physique, le khat.

Le deuxième point à saisir concerne le diapason émotionnel de l’initiée, car sa réceptivité


dépend de son état émotif. C’est dans sa nature et il faut en tenir compte si l’on veut que les
techniques fonctionnent. L’initiée a impérativement besoin d’éprouver un sentiment
authentique de sécurité et d’amour, ou à tout le moins le sentiment d’être appréciée à sa
juste valeur. S’ils sont présents, quelque chose se libère dans son être qui permet à l’alchimie
d’opérer.
26
L’alchimie naît de l’union entre le ka de l’initié et celui de l’initiée. Au moment où ils font
l’amour, leurs corps ka s’entremêlent et cette interconnexion provoque l’ouverture du
plancher magnétique chez la femme. Etrange expression, qui provient du langage utilisé dans
les temples d’Isis. Le plancher est la fondation sur laquelle on se tien debout. Pour qu’une
chose repose solidement, nous la plaçons sur le plancher. Voilà pourquoi le mot « plancher »
était utilisé communément dans les temples pour désigner l’assise fondamentale que l’on
cherche à obtenir. Tandis que les deux initiés continuent à faire l’amour et que la passion de
leur coalescence augmente, de puissantes substances chimiques sont libérées dans le cerveau
et dans le corps. Ces substances transportent les initiés dans un espace étranger à celui de leur
être normal, espace qui ouvre les champs magnétiques et génère une augmentation d’intensité
magnétique.

Deux possibilités se présentent à l’initié au moment de l’orgasme. Il peut éjaculer ou


conserver sa semence. S’il éjacule, et si les autres conditions sont remplies, il se produit
instantanément une réaction dans la matrice de l’initiée. Au moment où l’essence énergétique
du sperme gicle sur les parois du sanctuaire intérieur survient une explosion d’énergie
magnétique – des univers à l’intérieur d’autres univers qui tourbillonnent tous. Et dans la
mesure où les deux initiés sont d’un même niveau élevé, la puissance magnétique que dégage
un tel contact entre les fluides sexuels est prodigieuse. Il faut donc savoir que ce procédé est
susceptible de générer des intensités magnétiques complexes, que l’homme comme la femme
peuvent intégrer dans leurs corps.

Un autre phénomène peut se produire chez l’initiée : elle est agitée de tremblements
incontrôlables. Depuis le centre de son tressaillement, qui est la matrice elle-même, s’élève un
vortex de champs magnétiques, accompagné d’un ondoiement du bassin. Cette action crée,
elle aussi, des champs magnétiques complexes, que les initiés, hommes et femmes, peuvent
intégrer dans leur corps ka. Voilà l’enseignement de base. Les initiés peuvent faire en sorte
que les pouvoirs serpentins montent à l’intérieur de l’épine dorsale pendant l’acte sexuel, et
que, là où les deux serpents se croisent, ils magnétisent le chakra correspondant et ses
propriétés et pouvoirs. Je ne suis pas autorisée à en dévoiler davantage à ce stade, car la
réalisation de ces pratiques est susceptible d’augmenter considérablement les pouvoirs. Je
m’en remets aux lecteurs pour qu’ils lisent entre les lignes. Si vous êtes prêts pour cette
pratique, vous saurez comment on s’y consacre.

VINGT ET UN

Dans la formation des deux écoles, la magie sexuelle d’Isis et les alchimies d’Horus, les
initiés étaient entraînés aux exercices de base des deux serpents. Au cours de cette pratique,
l’initié solitaire génère de l’énergie par le pouvoir de ra, à savoir, le feu interne, en vue de
produire une élévation de conscience, c’est-à-dire d’éveiller des champs magnétiques
complexes à l’intérieur du corps physique et les amener ensuite dans son corps ka.

Je souhaite partager cette méthode ; c’est la pratique de base, aussi bien pour ceux qui
préfèrent travailler en solitaire que pour ceux qui veulent s’y exercer avec un partenaire.

La pratique fondamentale exige que l’initié s’asseye le dos droit, en respirant calmement et
d’une manière cadencée. L’initié prend conscience de la base de son épine dorsale et, au
rythme de sa respiration, il fait monter le serpent noir du côté gauche et le serpent doré du
côté droit le long de l’épine dorsale. A mesure que les deux serpents pénètrent successivement
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les chakras, ils s’entrecroisent pour monter jusqu’au coronal. Dans cette pratique, les deux
serpents sont amenés jusqu’au centre de la tête, dans la région de la glande pinéale.

En utilisant le pouvoir de la respiration, l’initié envoie alors l’énergie de l’inspiration dans les
serpents, puis il fait pénétrer l’énergie de l’expiration plus profondément encore dans les
corps serpentins, leur insufflant la vie en quelque sorte. A la longue, ils se contorsionneront,
ils bougeront, par le pouvoir du souffle et de l’intention. A ce stage, il faut imaginer une
coupe reposant à l’intérieur de la tête ; les deux serpents se font face sur le pourtour et la
glande pinéale se trouve au fond de la coupe.

La phase suivante consiste à attirer l’énergie du ra vers le haut. L’initié imagine une boule de
feu vivante, semblable au soleil, au plexus solaire, et à chaque expiration il répète en silence
le son ra. Ceci a pour effet d’activer la lumière ou le feu du ra interne qui, spontanément, se
met alors à s’élever. Au cours de leur ascension, cette lumière et cette chaleur passent par le
centre du calice entre les deux serpents jusqu’au coronal. A partir de là, un phénomène
absolument remarquable se produit. Du côté gauche du coronal, une énergie de nature liquide
se met à descendre. Elle est dite « gouttes serpentines rouges ». Du côté droit du coronal,
une autre énergie fluide se déverse dans le calice. Ce sont les « gouttes serpentines blanches
».

La chaleur et la lumière du ra interne déclenchant la sécrétion de ces substances par le


coronal. Les gouttes serpentines rouges sont liées à la mère biologique de l’initié. Les gouttes
serpentines blanches proviennent du père de l’initié. Plusieurs choses sont possibles au
moment où les deux se mélangent. Il peut y avoir la sensation d’un goût très doux à l’arrière
de la gorge ; c’est ce que les yogis et les yoginïs nomment amrita. Le culte d’Isis y réfère
toutefois par les « eaux de source », puisqu’elles semblent venir d’une source à l’intérieur de
la tête.

C’est parfois la première démonstration, et si l’initié se concentre sur les eaux de source, il
ressentira une sorte d’extase. Parfois, l’initié pressentira de la lumière dans sa tête. S’il se
concentre sur cette lumière, là aussi une félicité survient. Lorsque les gouttes serpentines
rouges et blanches se mélangent, l’extase survient quelquefois spontanément. Cette extase,
quelle qu’en soit la cause, est cruciale dans cette alchimie, car elle nourrit le corps ka.

La félicité ainsi produite a tendance à demeurer dans les centres supérieurs, puisque c’est là
qu’elle prend naissance dans cette approche ; mais, dans la méthode en question, lorsque
l’extase surgit pour la première fois, l’initié doit rapporter son attention à l’ensemble de son
corps ka. Ainsi, le ravissement envahit son corps physique, le khat, pour s’absorber ensuite
dans le ka, et lui apporter force et vitalité. Voilà la pratique de base fondamentale.

Chez ceux qui ont un partenaire pour pratiquer la magie sexuelle d’Isis, l’état extatique
est spontané.

Chez ceux qui ont une pratique solitaire, il faut qu’ils le génèrent eux-mêmes.

Dans les deux cas néanmoins, l’initié doit prendre conscience de son ka pendant les moments
d’extase, de façon à ce que le ka bénéficie des sublimes champs magnétiques qu’engendre une
telle béatitude.

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VINGT DEUX

Dans la pratique de la magie sexuelle d’Isis, c’est initié qui fait face aux défis les plus
imposants, car au premier abord cette méthode exige qu’il aille contre sa propre nature.
Essentiellement, sur le plan alchimique, l’homme est électrique, tandis que la femme est
magnétique. L’électricité a pour propriété d’être en mouvement et d’agir, le caractère du
magnétisme est de se lover, d’enlacer. La pratique alchimique vise à consolider le ka en
incorporant des champs magnétiques libérés par l’acte sexuel. Immédiatement après
l’orgasme, les champs magnétiques générés par l’initiée commencent à décélérer, tant en
restant en mouvement et en continuant à circuler. C’est l’occasion de se reposer, de se lover
dans le nid des magnétismes, mais par nature, les hommes ont tendance soit à se lever pour
faire autre chose, soit à s’endormir.

L’initié mâle doit donc s’entraîner à se reposer dans ce nid, afin de permettre aux
magnétismes engendrés de s’élever en spirale dans son ka et son corps. C’est contraire à ce
qui se passe d’habitude, car chez l’homme, l’orgasme est confiné à la zone pelvienne, et il ne
se diffuse que dans certains cas.

Chez l’initiée, particulièrement celle qui a su s’abandonner à l’expérience, l’orgasme se


propage dans le corps tout entier et fluctue entre différents niveaux d’intensité pendant
plusieurs heures. Certains initiés masculins pourraient s’inquiéter du fait que en modifiant leur
tendance naturelle et en se reposant au nid, ils perdent de leur masculinité, mais je peux leur
assurer qu’il n’en est rien. Car ce qui se passe véritablement, lorsque l’initié se love dans les
magnétismes, c’est que son énergie sexuelle devient plus puissante.

L’une des tâches de l’initié consiste à devenir réceptif à de nouveaux degrés de sensation, de
façon à pouvoir incorporer les champs magnétiques libérés par le sexe dans son propre corps
et dans son ka. Pour préciser cette notion de « reposer dans le nid », cela ne signifie pas que le
membre de l’homme doive nécessairement rester à l’intérieur de sa partenaire, mais plutôt que
l’homme doit rester tout proche d’elle, par le toucher, par les caresses, et participer aux
sensations physiques et aux émotions consécutives à l’orgasme.

C’est par ce portail du repos au nid que l’initié devient capable d’entrer dans les mystères
féminins de la création. L’initié doit être conscient d’un autre aspect ; ce qu’on appelle
l’adoration du bien-aimé. Si l’alchimie et la magie sexuelle atteignent une certaine intensité,
certains signes se manifestent. L’un de ces signes est que le bien-aimé devient un objet
d’adoration.

Cette adoration se produit aussi bien chez l’initié que chez l’initiée. Lorsque l’adoration du
bien-aimé s’éveille dans les deux partenaires, l’alchimie et la magie sexuelle atteignent une
intensité maximale, car les harmoniques et les magnétismes créés par ces émotions sont très
bénéfiques à la magie.

VINGT-TROIS

Je voudrais maintenant élucider le mot « magie ». On utilise ce terme parce qu’il s’agit de la
transformation d’un humain en un dieu. Cela relève proprement de la magie ; cette
transformation est symbolisée par le dieu Horus, homme à tête de faucon.

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Par les pratiques alchimiques, l’être humain peut être élevé au statut de dieu suprême Horus,
c’est à dire aux états de conscience les plus élevés. La magie sexuelle d’Isis est donc très
précisément une méthode pour élever la conscience, une forme de magie à laquelle on se livre
en exploitant les énergies et les extases que la sexualité engendre. L’autre raison pour laquelle
le mot « magie » est utilisé, c’est qu’il y a des méthodes qui, une fois que le ka a acquis de la
puissance, peuvent servir pour influer sur la réalité de manières très directes qui semblent
surnaturelles.

Prenez par exemple les pratiques de base des alchimies d’Horus – la montée des serpents noir
et doré le long de l’épine dorsale, la création du calice, l’activation du feu intérieur de ra et
l’union des gouttes serpentines rouges et blanches ; tous ces procédés sont des pratiques
magiques, des actes intentionnels de volonté personnelle et spirituelle. Voilà pourquoi on
parle de magie.

Pour revenir au paradoxe auquel se heurte l’initié de sexe masculin, dans les méthodes comme
la magie sexuelle, sa nature agit quelque peu contre lui. Car, une fois que le ka de l’initié est
chargé, il veut agir, c’est sa nature, il veut faire quelque chose. Pourtant, s’il arrive à se
discipliner et à s’habituer à rester allongé auprès de sa bien-aimée, s’il peut accepter de
reposer dans le nid avec elle et se lover dans les riches magnétismes engendrés par leur amour
et leur sexe, il pourra insuffler à son ka une puissance accrue.

VINGT QUATRE

L’initié est confronté à encore un autre aspect de ce processus ; il s’agit de ce qu’on appelle
dans les temps les « obstacles à l’envol », que vous désignez dans votre langage par «
problèmes psychologiques ». L’expression « obstacles à l’envol » fait référence à tout ce qui
entrave le déploiement de l’essentialité d’Horus en chacun, à savoir, ce qui en nous, tend à
s’envoler vers des états élevés de conscience. Il s’agit d’attitudes, de croyances, d’habitudes
émotives qui empêchent l’envol, ou l’élévation de la conscience, ce sont proprement des
obstacles à l’envol. Pour l’initié masculin, c’est ici qu’intervient l’un des passages les plus
complexes, et qui demande beaucoup d’habileté.

Enfant, le bébé de sexe masculin est porté par sa mère dans la matrice, il est protégé et élevé
par elle pendant son enfance, jusqu’au stade où, ayant acquis une certaine autonomie, il peut
agit par lui-même. A ce moment-là, le petit mâle repousse sa mère pour ainsi dire, afin de
faire face au monde, seul. C’est à ce stade de son développement qu’il est susceptible de se
sentir captif et contraint par sa mère, et qu’un conflit de volonté peut surgir. Et il est possible
qu’une fois parvenu à l’âge adulte, l’initié porte encore en lui ces tendances affectives. Si tel
est le cas, il lui sera difficile de se reposer et de se lover dans les champs magnétiques, du fait
que sur le plan psychologique, cela revient à se soumettre au féminin. Si l’initié a connu des
problèmes avec sa mère dans son enfance, il rejouera peut-être le scénario consciemment ou
inconsciemment avec sa partenaire.

VINGT CINQ

Il est important que les deux initiés qui entreprennent l’apprentissage de la magie sexuelle
d’Isis comprennent clairement que le voyage sera long et que le processus est un processus
alchimique ; le but de l’alchimie est de transformer une substance en une autre. Elle y parvient

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en consumant les impuretés ou la négativité d’une substance, de sorte que seule demeure ou
soit créée la substance pure.

Dans le processus de la magie sexuelle d’Isis, les substances transformées sont les fluides
sexuels, les hormones, les neurotransmetteurs, ainsi que d’autres substances que vote science
n’a pas encore découvertes. Néanmoins, elle implique aussi une transformation psychologique
personnelle. Essentiellement, la magie sexuelle d’Isis intensifie le processus alchimique. La
température augmente, pourrait-on dire, les impuretés viennent à la surface, ce qui a besoin
d‘être purifié devient douloureusement évident. Si l’on ne comprend pas que c’est là une
conséquence du processus alchimique, on sera perturbé par l’apparition de difficultés
psychologiques. En vérité, elles en sont le résultat, car la pression interne, découlant de
l’intense alchimie générée par la magie sexuelle d’Isis, incite le ka à se purifier et à expulser
hors de lui toutes les impuretés pour faire disparaître les obstacles à l’envol.

Chez ceux qui pratiquent seuls, sans partenaire, les alchimies d’Horus entraînent aussi une
pression interne et l’expulsion d’impuretés, mais la tâche s’avère plus ardue, dans la mesure
où l’énergie requise provient uniquement des efforts propres de l’individu, et il ne peut
profiter du reflet provenant d’un partenaire. Quoi qu’il en soit, il est possible d’y parvenir.

VINGT SIX

Telles sont donc les connaissances requises en vue de la pratique de la magie sexuelle d’Isis.
Au cours des pages précédentes, je vous ai révélé les secrets des âges, les secrets les mieux
gardés dans les temples d’Isis. La compréhension de ces méthodes était réservée aux disciples
les plus avancés. Qu’on emprunte en solitaire le sentier des alchimies d’Horus, ou qu’on
emprunte celui de la relation sacrée dans la magie sexuelle d’Isis, on s’engage sur la route de
la divinité.

La clef du voyage, c’est la consolidation du ka grâce aux états de conscience extatiques ;


peu importe qu’il soit auto-généré ou engendré par l’extase sexuelle, le ka sera rassasié et
exalté en puissance par les états extatiques, peu importe leur source.

Au contraire, la honte est un poison pour le corps ka, un élément toxique qui atténue sa
vitalité et sa puissance. En tant qu’initiée d’Isis, il m’apparait comme une tragédie que
l’Eglise ait fait porter le blâme et la honte aux femmes et aux hommes en raison de leur nature
d’être sexués, et qu’elle ait barré la voie à l’un des sentiers les plus directs vers la réalisation
de Dieu.

Quoi que vous fassiez sur ce sentier, mon conseil est de vous libérer de tout honte. Fouillez
les catacombes de votre mental et de votre cœur, cherchez dans les coins les plus sombres de
vous-mêmes où se terre cette honte et faites-la disparaître ; emparez-vous de chaque occasion
de faire naître l’extase, car elle déploie et augmente la puissance du ka. Puissent les obstacles
à votre envol être rares et les bénédictions abonder.

VINGT SEPT

Je veux maintenant me penser sur divers points de la pratique alchimique et de la magie


sexuelle, que j’examine en vrac. L’initié doit impérativement comprendre que ce sont les
champs magnétiques, d’abord générés par le toucher et les caresses prodiguées à l’initiée, sa
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bien-aimée, qui déclenche le vortex de champs magnétiques culminant dans l’intensité de
l’orgasme. Il est important que l’initié s’entraîne à se lover dans ces champs magnétiques.

Il est capital que les deux partenaires fixent leur attention sur le ka pendant les états
extatiques de conscience générés quand ils font l’amour, car cela renforce le ka et lui confère
de la puissance ce fut indispensable dans le type d’alchimie que Yeshua et moi avons
accomplie ensemble.

Au moment de l’orgasme physique, l’irruption magnétique a tendance à s’échapper soit vers


le haut par le sommet de la tête, soit par le bas au travers de la plante des pieds – dans l’un ou
l’autre de ces cas, le champ magnétique sort du corps et se dissipe ; il est important pendant
l’orgasme de contenir cette irruption magnétique.

Idéalement, l’initié devrait tourner son attention vers les centres supérieurs du cerveau, vers le
coronal, ce qui aura pour effet de faire surgir l’orgasme dans la tête et de diffuser son énergie
dans le cerveau même et dans le ka.

VINGT HUIT

Il peut arriver que l’initié désire conserver sa semence. Dans la magie sexuelle d’Isis, les
initiés assimilent une technique spécifique à cet effet qui se nomme : stopper le Nil inférieur.
Selon les connaissances initiatiques de l’Egypte ancienne, le Nil existait à l’extérieur et à
l’intérieur, le Nil extérieur étant le fleuve, et le Nil intérieur, le djed et sa circulation dans les
sept sceaux, les chakras.

Au moment de l’orgasme physique, quand l’homme éjacule, les puissances créatrices qui sont
descendues du Nil supérieur dans le Nil inférieur son libérées. La semence recèle un
remarquable potentiel créateur de champs magnétiques, qui se traduira par une nouvelle vie
ou une réaction alchimique dans la matrice de l’initiée, comme nous l’avons vu. Il arrive
toutefois qu’un initié désir conserver sa semence, parce que l’éjaculation peut saper son
énergie, tout dépendant de sa vitalité. Voilà pourquoi la technique qui consiste à stopper le Nil
inférieur a été mise au point.

L’homme pose un doigt juste devant sa prostate, en sorte que, au moment de l’éjaculation, le
sperme revient au lieu de sortir ; ainsi, les champs magnétiques de son essence sexuelle sont
recyclés dans son corps et dans son ka. Même dans ces conditions, toutefois, son ka générera
tout de même des champs magnétiques qui interagiront avec ceux de l’initiée, les partenaires
pourront ainsi se reposer au sein de ces interactions.

VINGT NEUF

Et maintenant, j’aimerais aborder une forme relativement rare d’alliance que l’on retrouve
parmi les initiés d’Isis. Vous diriez, partenaires de même sexe.

Les relations entre personnes de même sexe sont également susceptibles de produire
l’édification des champs magnétiques, le repos dans ces champs, les états extatiques, mais il
n’y a pas d’interaction entre la semence et la matrice, et par conséquent cet aspect de
l’alchimie est impossible. En revanche, toutes les autres formes de l’alchimie et de la magie
sexuelle demeurent possibles.
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TRENTE

Et pour finir, je souhaiterais me pencher sur le terme « initié », que j’ai beaucoup utilisé au
cours de cette transmission. Ce terme désigne la personne qui a décidé de vivre d’une manière
qui édifie sa conscience, elle a résolu de laisser derrière elle l’existence de ce monde et de se
lancer dans l’aventure de la conscience. Généralement, un rituel d’initiation marque le fait de
passer de la vie ordinaire à l’existence sacrée. Dans les traditions de jadis, le candidat était
initié par un prêtre ou une prêtresse, ces derniers détenant le pouvoir de transmettre à ce
candidat le pouvoir relatif de la lignée à laquelle ils appartenaient. Certains types de transition
réclament un initiateur externe. Toutefois, pour les phases du début, il est possible pour un
individu de s’initier lui-même, car la véritable essence de l’initiation est de marquer un seuil,
seuil par lequel on passe de la vie terrestre à la vie sacrée.

A ceux qui se sentent attirés par les alchimies d’Horus et qui désirent signifier leur
engagement à mener une vie sacrée, j’offre ce rituel tout simple. Je vous en fais don, parce
qu’il y a une grave pénurie de personnes habilitées à diriger ces initiations aux anciennes
traditions d’Egypte.

Pour ce rituel, il faudra se munir d’une bougie et de deux verres ou deux tasses. On remplit
l’un des tasses d’eau, tandis que l’autre reste vide. Si on le désire, on peut ajouter des fleurs et
de l’encens pour donner à ce rituel une note esthétique, mais fondamentalement l’auto-
initiation est un acte intentionnel marquant une volonté personne et spirituelle. Le rituel est
simplement la manifestation externe d’un événement intérieur profond. Et, de fait, le choix
effectué intérieurement n’a nul besoin du rituel externe, car un rituel sans décision intérieure
est sans valeur.

Pour ce rituel, on allume la bougie, puis l’on prononce ces paroles :

« Esprit de tout ce qui vit, je te prends maintenant à témoin. Pour l’amour de ma propre
évolution et de l’évolution de tout ce qui vit, je m’efforcerai de ne jamais me nuire à
moi-même, ni de nuire à qui que ce soit ».

Ensuite, on tient le verre ou le récipient plein d‘eau dans la main droite, et l’on verse
l’eau dans le verre ou le récipient qui se trouve dans la main gauche, scellez cette action
en prononçant ces paroles :

« Je verse cette eau, et par ce geste je signifie que je transfère mes eaux sacrées du
monde terrestre au monde sacré. Esprit de tout ce qui vit, tu n’es témoin de ce transfert.
Amen, Amen, Amen. »

TRENTE ET UN

Je désire terminer mon histoire par quelques pensées à propos de mon bien-aimé, Yeshua. En
tant qu’initiée d’Isis, j’ai été entraînée pour ma rencontre avec lui, et dès l’instant où nos yeux
se sont rencontrés, j’ai été transportée dans d’autres univers. Si j’ai compris les enseignements
les plus cryptiques, si j’ai compris les secrets les plus hermétiques d’Isis, c’est parce qu’Isis
me les a révélés, non par les écritures sacrées, mais par la présence vivante de Yeshua et mon
amour pour lui. A mesure que l’interaction alchimique entre nous s’intensifiait, j’en suis
venue à l’adorer et lui aussi en est venu à m’adorer. Ce fut très difficile pour lui de se séparer
33
de moi. Il éprouvait des élans vers moi, et il avait plus envie d’être avec moi que de faire face
à l’initiation d’Horus à sa mort ; et pourtant en tant qu’âme maîtresse, il avait à travers un
sillage de lumière dans les royaumes de la mort. Il l’a fait pour lui-même et par amour pour
l’humanité. Nombreux sont ceux qui ne comprennent pas ses actes et ses motifs.

D’aucuns pensent qu’il suffit de croire ne lui, ils estiment qu’aucun effort particulier de leur
part n’est nécessaire. Mais cela est très loin de ce que Yeshua a voulu faire entendre. Il est
venu en ce monde pour y apporter des flots de lumière, et pour être un phare d’amour à une
époque où ce monde vivait encore dans l’ombre d’un dieu jaloux. Pour enseigner l’amour à
une époque pareille, Yeshua, en tant qu’âme maîtresse, a fait montre d’une force et d’un
courage incomparables. Pour moi, à la fois initiée et femme amoureuse, c’était
particulièrement étrange, car ma mission, telle que je la comprenais, était de l’aider à
consolider son ka de façon à pouvoir affronter les royaumes de la mort avec un pouvoir accru.
En tant qu’initiée, j’ai entrepris de parachever ma tâche, et dans une certaine mesure j’ai saisi
la vision de Yeshua. Mais, en tant que femme amoureuse, j’ai été emportée par mes
sentiments pour mon bien-aimé. Et si je me tourne un instant vers le passé, vers ce que fut
notre vie ensemble, je dirais qu’il m’a laissé un goût doux amer. La douceur de la présence de
Yeshua me soutiendra et me comblera à jamais, comme pendant toutes ces années.

Lorsque s’est achevé mon séjour terrestre, Yeshua est venu encore une fois à moi dans son
corps ka, comme il l’avait fait pendant toutes ces années. Il était avec moi lorsque j’ai rendu
mon dernier souffle ; et il a guidé mon ka à travers les royaumes de la mort, en suivant le
sillage de lumière qu’il avait lui-même tracé par son intention. Il m’a conduite vers ce que
vous appelez le paradis, qui en vérité est un espace de l’âme. Je demeure dans cet espace en sa
présence pour l’éternité.

TRENTE DEUX

J’étais parfaitement heureuse de demeurer dans ce paradis auprès de son essence, que je porte
en mon cœur et mon esprit, mais Isis elle-même est venue à moi pour me signifier qu’il était
temps que je raconte mon histoire ; que les mensonges des derniers 2000 ans doivent cesser,
que le féminin est en voie de retrouver un équilibre vis-à-vis du masculin ; que la Mère
cosmique se révèle à l’aube de la fin des temps. C’est pourquoi je dévoile l’un des secrets
oubliés depuis des âges :

L’Esprit, le principe masculin, pour retourner à lui-même après sa traversée de la


matière, a besoin pour y parvenir des secours du principe féminin, qui est l’intelligence
de la matière même.

Cependant, du point de vue du principe masculin, imbu de lumière solaire, le principe féminin
révèle un abysse sombre, humide et dangereux. Le principe solaire se sent menacé par les
ténèbres de l’aspect lunaire. Pourtant, c’est lorsque le soleil et la lune s’allient que peut être
atteinte l’illumination authentique, lorsque les principes masculin et féminin s’unissent, au
sein de l’équilibre de leurs énergies respectives.

Avant Gethsémani, lorsque Yeshua s’est préparé avec moi pour son supplice, j’étais la
personnification d’Isis. J’étais la déesse elle-même. Il n’y avait aucune différence entre elle et
moi. J’avais été entraînée aux pratiques qui permettraient cette identification. Ainsi, Yeshua,

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principe solaire manifesté dans le royaume de la matière, le soleil lui-même, s’est uni à moi,
la lune.

C’est avec Isis elle-même qu’il s’est uni ; son élévation n’aurait pas pu se faire sans elle. Elle
est la Mère cosmique. Si d’autres cultures la désignent par un autre nom, c’est toujours d’elle
qu’il s’agit. Dans la mesure o ù l’initié est capable de reposer et de se lover dans les champs
magnétiques avec sa bien-aimée, et d’attirer à lui les énergies vibratoires de ces magnétismes,
c’est avec Isis elle-même qu’il entre en contact, avec la Mère cosmique, créatrice du temps et
de l’espace.

Et dans la mesure où l’initiée est capable de s’abandonner à ces magnétismes et à sa


propre nature, elle devient Isis elle-même.

Si ces deux phénomènes se produisent sur le plan cosmologique, l’initié entrera en résonance
énergétique avec Osiris et l’initiée entrera en résonance avec Isis, et Horus naît alors de
l’entrelacs et de l’interconnexion des champs magnétiques.

La seule différence est qu’Horus ne naît pas sous la forme d’un enfant. Il prend forme et
s’envole avec le corps ka des initiés.

Ils s’élèvent d’une manière très réelle. Ils prennent leur essor à l’intérieur des sphères célestes
de leur propre être.

Osiris ne peut s’élever sans Isis, ni Isis sans Osiris. Le dieu suprême Horus naît des
magnétismes mis en œuvre lors de leur union. L’initié étant de nature électrique, a
l’impression qu’il peut y arriver seul, mais c’est impossible. Isis attend qu’il s’en rende
compte, mais il ne s’en aperçoit pas. Elle attend depuis des siècles, mais aujourd’hui nous
voici à l’aube de la fin des temps, et le temps presse. Voilà l’une des raisons pour lesquelles je
suis apparue.

Voici un message pour les initiés masculins capables de trouver en eux-mêmes le chemin
pour se soumettre aux pouvoirs d’Isis, dans la nature de leurs bien-aimées ou dans la leur :
s’ils pratiquent le sentier en solitaire, sachez que vous ne faites pas ceci pour vous seuls, mais
pour toute l’humanité.

S’engager dans la magie sexuelle d’Isis ne peut se faire que pour soi, car les pratiques élèvent
rapidement l’initié au niveau d’un mythe vivant. En effet, comme nous l’avons vu
précédemment, dans la forme la plus élevée de cette magie, l’initié devient Osiris lui-même,
et l’initiée, Isis ... et Horus naît de leurs magnétismes.

Ceux qui se consacrent à la pratique solitaire de l’alchimie savent que le phénomène


s’accomplit grâce aux magnétismes des circuits lunaire et solaire. En se rendant maître de la
pratique de base expliquée avant, le serpent noir lunaire, détenteur de l’essence du vide, se
met à s’agiter et à vibrer à l’intérieur du ka de l’initié de la même manière que l’initiée
tressaille et vibre dans les bras de l’homme lorsqu’ils pratiquent la magie sexuelle. Chez
l’initié qui pratique en solitaire, le serpent doré solaire rejoint le serpent noir lunaire au centre
de la tête ; des champs magnétiques issus de leur mixtion, et des réactions énergétiques que
produit leur intersection dans les chakras, naît le dieu Horus. Ainsi, que la pratique se fasse en

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solitaire ou avec quelqu’un ne change essentiellement rien ; néanmoins, les deux voies sont
censées produire le même résultat.

Le soleil et la lune doivent atteindre un équilibre, et alors l’illumination, que nous


appelons Horus, survient.

TRENTE TROIS

Je vous ai offert mon histoire et les enseignements que j’ai reçus, dans l’espoir que vous
trouviez votre chemin personnel vers votre propre stature, car c’est ce dont notre monde a
besoin maintenant plus que jamais.

J’espère que les aperçus que j’ai partagés avec vous vous ennobliront et que, comme je l’ai été
moi-même, vous serez inspirés par cet être magnifique que vous nommez Yeshua et que
j’appelle mon bien-aimé. A ceux qui auront le courage de pratiquer les alchimies d’Horus, et à
ceux qui choisissent de vivre la relation sacrée à l’intérieur d’eux-mêmes ou avec un
partenaire, j’accorde ma bénédiction.

Puissent les grâces de la Mère cosmique vous accompagner tout au long de votre
cheminement jusqu’à vous-même. Puisse le sentier entre le soleil et la lune vous être révélé.
Esprit de tout ce qui vit, je te prends à témoin. Amen.

Marie Madeleine.

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Maithuna, l’art du sexe sacré

Vous êtes Aphrodite et Adonis car la chair douce danse sans fin sur la chair parmi les fleurs
éclatantes du Mont Olympe. Vous êtes les vagues et le roulement de l’univers dans le
mouvement perpétuel de la création. Vous êtes le mastodonte en rut, mais vous êtes aussi un
point de lumière au-delà de la manifestation. Ce point explose en un million de fragments
comme des feux d’artifice dans l’éternité cosmique. Les deux en vous sont un mais même le
un se fond dans le néant. Finalement, au-delà de la pensée, du concept ou même du sentiment
du tout, est l’extase indescriptible alors que votre personnalité meurt. Il y a seulement la
conscience divine dans toutes les directions et en tout temps, qui a lieu hors du temps, pour
toujours.

Et ceci est la maithuna, la méditation du sexe.

Maithuna est le mot Sanskrit pour union. La maithuna est l’union sexuelle yogique. Cela
signifie l’acte d’unir deux ou plusieurs choses dans un état d’être ou une union spirituelle afin
de provoquer l’harmonie. Ceci est l’unité qui créé un à partir de deux, une évasion du système
de dualité dans lequel nous vivons. Encerclé par une société qui nous enseigne des platitudes
alambiquées et des attitudes de feuilletons TV et de publicités, dans une sorte d’adolescence
de l’esprit, nous désapprenons l’extase sexuelle qui est notre droit de naissance.
Le voyage sexuel devrait nous emmener dans des promenades vers des espaces incroyables de
conscience et d’union avec de nombreux niveaux d’une réalité infinie, mais cela demande de
désapprendre la plupart des choses que la religion a promulguées et que nos parents, dans leur
ignorance, nous ont transmises.

Faire l’amour est un moyen de se défoncer, peut-être finalement le seul moyen. Nous faisons
l’amour quand nous marchons dans la rue et sourions à une vieille personne ; nous faisons
l’amour quand nous bichonnons un animal. Dans toutes nos relations de tous les jours avec les
gens et avec toutes choses, nous créons soit plus d’amour, ou nous brisons l’amour qui existe.
Le rapport sexuel est une façon de faire l’amour.

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(Les instructions suivantes utilisent une terminologie hétérosexuelle, leur contenu, cependant,
est valide pour l’orgasme simultané du yin et du yang, s’il se manifeste.) Malheureusement,
bon nombre d’entre-nous sont tellement séparé de leur corps qu’ils portent des vêtements
inconfortables, mangent trop, fume du tabac et utilise le « missionnaire » comme position
pendant les rapports sexuels. Cette position dans laquelle l’homme est au-dessus de la femme,
rend la chose très difficile pour qu'elle réponde correctement.

Comme le corps de la femme est plus lent à s'exciter que celui de l’homme (il est dit qu’il lui
faut au moins quatre-vingt minutes avant que la vraie union puisse commencer), il est
nécessaire pour la femme d’influencer le timing pendant le rapport si les partenaires doivent
devenir un avec chacun. Ceci nécessite une vraie perte d’ego des deux partenaires car notre
société nous enseigne que l’homme dirige et que la femme doit être passive. Le mythe que
l’orgasme est le sommet de l’expérience sexuelle est une chose encore plus dérangeante dans
une vie sexuelle consciente spirituellement. La maithuna peut conduire à des expériences qui
fait que l’orgasme peut sembler pâle en comparaison, dans le lieu de la création originelle où
la terre émerge, les cellules se multiplient, la vie évolue sous ses nombreuses facettes. Le
sentiment que l’orgasme est nécessaire peut être une ancre immobilisant la personnalité. Si
l’homme n’arrive pas au dénouement, sa réaction émotionnelle peut rendre difficile le fait
qu’il laisse aller sa personnalité. D’un autre coté, si la femme utilise les fantasmes ou si elle
joue pour stimuler son corps et obtenir une réponse rapide, elle perd le lien avec son
partenaire. Ce n’est pas « mal » de faire cela. Mais des moments prolongés d’une telle
séparation rendent les niveaux de sexualité les plus extatiques impossibles à atteindre.

Donc la « règle » numéro un : il est de la première importance que l’orgasme ne soit pas la
fin la plus importante qui termine cette union. Quelqu’un à dit, peut être Alan Watts, que
l’orgasme est une ponctuation délicieuse dans l’acte d’amour.

La seconde « règle » : la femme doit être principalement responsable du timing de l’acte


sexuel. Elle devra ralentir les choses si elle sent que c’est trop rapide, et suggérer le prochain
mouvement, physiquement ou verbalement. Pour faire cela, elle a besoin de perdre son ego,
pour être très consciente, au moins au début, de son propre corps et de quelle réponse il lui
donne.

La communication télépathique se développe en disant la vérité.

Règle trois : les deux partenaires doivent être d’accord pour dire la vérité à l’autre tout le
temps. La vérité dans ce cas, est ce que vous ressentez, vers quoi vos pensées se dirigent.
Restez centré chacun sur l’autre.

L’étoile de David est un diagramme de la position sexuelle de la maithuna. Les partenaires


sont face à face, l’homme assis avec les jambes croisées, la femme assise sur lui avec ses
jambes autour de lui. Dans cette position, il n’y a personne au-dessus ou en dessous, pas de
premier ni second, pas de début ni de fin. La maithuna est parfois appelée kerraza ou dianisme
en occident ou yab-yum au Tibet, prenez votre temps, c’est une véritable méditation. Alors
choisissez une journée calme, ou une soirée. Pour toucher aux aeons, prenez un sentiment de
loisir sans retenue.

Commencez doucement. Prenez un bain ensemble. Jetez des pétales de roses dans l’eau du
bain ; allumez des bougies et de l’encens pour que votre lieu de baignade devienne lui-même
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un autel. Regardez-vous profondément dans les yeux jusqu'à ce que les visages se décalent, et
que les pensées se fanent. Dites-vous combien vous tenez l’un à l’autre. Maintenant c’est le
bon moment pour lâcher des choses retenues, tous les mensonges, les peurs, les équivoques.
Touchez-vous avec douceur le visage, les épaules, les cheveux. Après voter bain, séchez-vous
l’un l’autre avec des serviettes douces et massez-vous avec des senteurs sacrées, par exemple
avec de l’ambre dans de l’huile. Allongez-vous devant un feu ou sur un lit avec des
couvertures douces, et massez-vous l’un l’autre avec de longs mouvements lents des mains et
des bras. Pressez vos mains à quelques centimètres de chaque coté de la colonne vertébrale,
du sacro-iliaque, espace sacré de l’énergie, jusqu'à la base du cou ou nous accumulons les
tensions durant nos déambulations journalières. Respirez profondément. Alors que vous vous
massez l’un l’autre, soyez conscient de l’instant présent. Votre monde en ce moment est cet
endroit où vos doigts rencontrent le corps de l’autre. Concentrez-vous là-dessus. Là où la
chair touche la chair, vous êtes déjà en train de pénétrer ensemble dans un espace sacré.

Quand vous êtes prêts, asseyez-vous confortablement face à face. Vos jambes peuvent être
croisées si vous êtes à l’aise de cette manière, ou vous pouvez vous appuyer contre des
oreillers, ou même sur une très grande chaise. Si vous utilisez des sacrements pour
l’expansion de conscience, c’est le bon moment pour les partager. Respirez profondément,
regardez-vous de nouveau dans les yeux, et voyez-vous divin. Voyez le dieu et la déesse qui
existent au-delà de vos corps, et également en eux, au-delà de vos personnalités, mais agissant
à travers elles. Soyez conscient. Alors que vous contemplez le visage de votre partenaire peut
se décaler et changer, s’éteindre et devenir brillant. Comme dans un portrait de Picasso, vous
pouvez voir plusieurs visages simultanément, l’un imprimé sur l’autre. Approfondissez votre
méditation alors que vous vous regardez chacun de troisième œil à troisième œil, il se peut
que vous voyiez vraiment ce troisième œil se manifester sur la chair, juste au-dessus des
sourcils. Si vous avez besoin d’écarter votre attention, arrêtez et discutez de ce besoin, dites
ce à quoi vous pensez et pourquoi. Dans votre sensibilité télépathique grandissante, il ne faut
avoir honte de rien, et tout est à partager. Votre noyau intérieur a attendu si longtemps, une
vie peut-être, pour ce moment d’intimité. Cette méditation sur l’œil est si puissante que vous
pouvez juste vouloir réaliser cette pratique yogique pendant plusieurs jours sans avoir d’union
à un autre niveau. Plus vous la pratiquez, plus vous serez proches, et plus l’union sexuelle sera
forte quand vous arriverez finalement à cela.

La maithuna est l’art du sexe vibratoire, plutôt que du sexe frictionnel. Vous pouvez entrer
dans cette grande danse, mais pas avant que vos corps vous disent qu’il est temps. Jusqu'à ce
moment, restez assis silencieusement et regardez-vous dans les yeux. N’attendez rien. Ne
demandez rien. Comme des ondes sonores qui vibrent ensemble en résonance ou en
dissonance, si les vibrations ne sont pas intégrées et en harmonie entre vous et votre
partenaire, la véritable union n’est pas encore possible à atteindre. Utilisez une lumière douce
; vous ne voulez pas faire l’amour dans le noir mais pour amplifier les sens, pour dilater
chaque vision, son, odeur, avec la merveille de chacun. C’est une méditation dans la
concentration. C’est une visualisation, pas dans l’esprit, mais dans la chair. La déesse ou le
dieu est assis devant vous aussi vulnérable et ouvert à aimer que vous l’êtes. Il revêt le visage
et la forme de l’être aimé. Prenez tout le temps dont vous avez besoin pour apprécier et
vraiment ressentir l’autre en temps que déité. Ce cadeau et merveille est donné à ceux qui
désirent vraiment trouver l’amour cosmique qui irradie tout sur tous les niveaux de réalité.

Après un moment, qui peut cependant être long ou court, il est possible que vous ayez envie
de vous toucher, pour ressentir la chaleur de la chair. Les doigts bougent doucement à
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l’unisson, dansent ensemble dans les airs en une caresse prolongée qui ne mène pas, et n’est
pas menée non plus, mais qui est une simple connaissance de l’autre. Vous touchez les
épaules, le visage, les seins. Vous pouvez perdre conscience et ne plus savoir à qui sont les
doigts, et à qui est la peau qui reçoit alors que vos deux corps deviennent lentement un seul
corps qui se caresse lui-même.

Ne cherchez pas à attendre pour rien. Grimpez et chutez sur des niveaux de conscience variés.
Vous pouvez ressentir de l’humour, de la joie, de la peine ou même voyager au-delà de tout
ressentis, perdu dans la danse de la chair douce touchant la chair.

Eventuellement, vous pouvez avoir envie d’être plus proche. Cela pourrait être des heures ou
sembler des jours, mais puisque vous voyagez à l’intérieur et hors du temps sans destination
dans l’esprit, cela n’a pas vraiment d’importance. Enfin le besoin de contact plus étroit se
développe. Et alors, Shakti, l’énergie féminine divine, s’assoit sur les jambes croisées de
l’homme. Les corps deviennent plus proche l’un de l’autre dans une douce brillance de soma.
Intuitive. Sachant presque sans mots où et comment bouger, mais utilisant de gentils mots
quand ils viennent. Sensible. Devenir Un pendant que les siècles défilent et que le temps
s’effondre sur lui-même.

Si vous vous séparez par moment et devenez deux à nouveau, c’est bien. Recommencez à
vous regarder dans les yeux. Quand vous savez qu’il est temps, vos corps deviendront encore
plus intimes. Shakti mettra ses jambes autour de la taille de l’homme, et son pénis la
pénétrera.

Gardez vos corps calmes. Il n’y a pas besoin de quoi que se soit de plus, pas d’intention. Juste
une pulsation très lente d’énergie. Vous êtes en sécurité ensemble.

Votre vision devient plus psychédélique. Vous êtes les déités tibétaines verrouillées dans une
étreinte qui met fin à la dualité. Eventuellement il y a seulement la floraison des sexes, les
frontières disparaissant, plus de pénis ni de vagin. Il y a seulement le point ardent de la
création. Il peut y avoir l’histoire du monde, le glissement lent de la boue limpide, des orages
qui font rages sur des paysages désolés, des dinosaures qui hurlent dans la liberté sauvage. Ou
des nébuleuses roulantes dans de grands cieux. Ou une déesse s’avançant vers vous pour vous
caresser avec la bénédiction du courage. Cela peut devenir le silence avant la création qui
construit d’étranges planètes ou de la tendre douceur.

Le mouvement commence ; cette énergie magnifique qui se tend et se détend, se sent, connaît
l’extase. Bien que vous fusionniez, vous êtes vous-même également, et la femme sait quand il
faut se détendre. L’homme sait quand se retirer un moment.

Ceci est la méditation du contrôle de soi dont le but est de se perdre soi-même et de se
retrouver de nouveau, le jeu cosmique de cache-cache auquel nous jouons tous avec nos
propres chemins. Il est possible d’arrêter et de recommencer de nombreuse fois. Vous pouvez
même avoir envie de vous séparer, vous alimenter l’un l’autre, parler, et revenir une fois de
plus à l’union sexuelle. Vous pouvez rester assis, fondu dans une étreinte, pendant des heures,
en faisant l’expérience des niveaux de l’être presque infini.

Quand le temps est venu, il n’y a plus deux personnes. Il y a seulement une conscience
partagée de ce mouvement de molécules, d’être soi-même dans le corps de la Source, d’être la
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Source elle-même. Parfois une explosion imprègne chaque atome de votre conscience jusqu'à
ce qu’il n’y ait plus rien de vous.

Ensemble, vous êtes devenus l’univers dans le noyau très profond de vos êtres.

Ceci est le récapitulatif de la maithuna, parfois appelée sexe tantrique. Ceci est l’expérience
qui fait que l’orgasme ressemble à « la petite mort » comme il est souvent appelé. Ceci est la
Grande Mort, une mort accablante, une mort qui vibre dans son animation, une mort joyeuse,
une aventure emplie de merveilles à travers le temps et l’espace. C’est un abandon de la
personnalité et de l’individualité à cette essence qui est à la source et emplit chaque chose et
non-chose.

Reposez-vous dans la sérénité, en sachant que vous êtes beau et que votre bien-aimé(e) est
beau (/belle) et que toute la création est très belle.

Ne soyez pas déçu si tout cela


n’arrive pas la première fois que
vous essayez. Soyez patient avec
vous-même et avec votre amant(e).
C’est la patience et l’abandon de ce
que vous désirez qui vous aidera à
grandir, comprendre et réussir. Etre à
l’aise avec le contrôle de soi en
matière de sexe peut prendre du
temps. C’est le cas pour la plupart
des pratiques yogiques. En Inde, la
où les réincarnations sont une réalité,
l’âme séparées, qui est le monad,
apprend et grandit d’une incarnation
à la suivante, le temps a peu
d’importance. Pour expérimenter les
états vraiment extatiques de la
maithuna, le temps doit être votre
serviteur.

Bon voyage. Que cette petite méditation puisse vous aider vous et tous les êtres sensibles.

41
Rituel de Magie Sexuelle version Enochienne

Nous allons vous proposer ici un rituel simple de Magie Sexuelle basé sur le système
Enochien.

Ce qui va suivre est fortement influencé par le travail de deux occultistes anglo-saxons
travaillant principalement l’Enochien : Lon Milo DuQuette et Christopher Hyatt, dont
l’ouvrage « Enochian Sex Magick » peut aider ceux qui pénètrent depuis peu les mystères de
ce système qui, encore aujourd’hui, fait couler beaucoup d’encre.

Remarques préliminaires

Dans un premier temps, ce rituel ne se pratique que dans le cadre de l’exploration des 30
Aethyrs, il requiert deux participants entièrement conscients du travail à effectuer et de ses
implications - nous nommerons ces deux personnes le Magicien et l’Assistant. Ici, le
Magicien est censé être l’homme, celui qui récite les Appels et reçoit les visions, alors que
l’Assistante est une femme qui enregistre les visions. Toutefois, les deux participants peuvent
décider de changer les rôles. Ensuite, il faut absolument que les deux participants pratiquent
librement sans contrainte et libres de tout préjugé.

42
Travail

Le Magicien doit exprimer sa Volonté d’explorer le 30ème Aethyr à son Assistant et celui-ci
doit exprimer sa Volonté de participer à ce travail.

Les deux participants se baignent alors ensemble dans une eau préparée et revêtent des robes
blanches simples et soyeuses. Ils allument l’encens et les bougies et peuvent mettre de la
musique douce afin d’en améliorer l’atmosphère. De petites quantités d’alcool peuvent
également être absorbées.

Les participants prépareront alors la pièce où le rituel va se dérouler en y plaçant la Tablette


correspondant à l’Aethyr à explorer, ici ce sera donc la Tablette Eau, ainsi que les sigils des
Gouverneurs.

La cérémonie se poursuit alors par le Rituel de Bannissement Mineur du Pentagramme que


nous donnons ci-après.

Rituel Mineur de Bannissement du Pentagramme Enochien (dans ce cas, celui de l’Air)

Croix du Calvaire :

1- Touchez le front et dites : GEH (Tu es) [prononcez Ge-ha]

2- Toucher le sexe et dites : LONDOH (Royaume) [prononcez Lo-nu-do-he]

3- Touchez l’épaule droite et dites : MICAOLZ (Puissance) [prononcez Mi-ca-ol-zod]

4- Touchez l’épaule gauche et dites : BUSDA (Gloire) [prononcez Bu-sa-da]

5- Croisez vos bras sur la poitrine et dites : GOHED (A Jamais) [prononcez Go-hada]

Formulation du Pentagramme :

1- Faites face à l’Est, tracez le pentagramme de bannissement. Touchez-en le centre avec


votre épée et dites : EXARP [prononcez Ex-ar-pe]

2- Tournez-vous vers le Sud, tracez le pentagramme comme auparavant et dites : BITOM


[prononcez Bi-to-em]

3- Tournez-vous vers l’Ouest, tracez le pentagramme et dites : HCOMA [prononcez He-Ko-


Ma]
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4- Tournez-vous vers le Nord, tracez le pentagramme et dites : NANTA [prononcez Na-en-ta]

Invocation des Forces :

1- Au centre, faisant face à l’Est, tenez-vous les pieds écartés, les épaules droites et les bras le
long du corps et dites :

2- RAAS I RAPHAEL (A l’Ouest est Raphael) [Ra-asa i Raph-a-el]

3- SOBOL I GABRIEL (A l’Ouest est Gabriel) [So-bo-el i Ga-bri-el]

4- BABAGE I MICHAEL (Au Sud est Michael) [Ba-ba-ge i Mi-cha-el]

5- OD LUCAL I URIEL (Et au Nord est Ouriel) [O Lu-ca-el i U-ri-el]

6- MICMA UNAL IALPOR OIVEAE DST BIAH ASPT TA (Regardez ces Etoiles
Flamboyantes qui se tiennent devant Vous) [Mi-ca-ma Un-al I-al-po-re O-i-ve-ae Da-Sa-Ta
Bi-a-he A-se-pe-ta Ta]

Croix du Calvaire :

1- Touchez le front et dites : GEH (Tu es) [prononcez Ge-ha]

2- Toucher le sexe et dites : LONDOH (Royaume) [prononcez Lo-nu-do-he]

3- Touchez l’épaule droite et dites : MICAOLZ (Puissance) [prononcez Mi-ca-ol-zod]

4- Touchez l’épaule gauche et dites : BUSDA (Gloire) [prononcez Bu-sa-da]

5- Croisez vos bras sur la poitrine et dites : GOHED (A Jamais) [prononcez Go-hada]

Le Magicien récite alors l’Appel du 30ème Aethyr (nous conseillons au lecteur prudence
avant de lire le texte qui suit et d’en vérifier la prononciation avant de le pratiquer) :

« Madariatza das perifa TEX cahisa micaolazoda saanire caosago od fifisa balzodizodarasa
Iaida. Nonuca gohulime : Micama adoianu MADA faoda beliorebe, soba ooaona cahisa
luciftias peripesol, das aberaasasa nonusafe netaaibe caosaji od tilabe adapehaheta
damepelozoda, tooata nonusafe jimicalazodoma larasada tofejilo marebe yareryo IDOIGO
od torezodulape yaodafe gohola, Caosaga, tabaoreda saanire, od caharisateosa yorepoila
tiobela busadire, tilabe noalanu paida oresaba, od dodaremeni zodayolana. Elazodape tilaba
pare-meji peripesatza, od ta qurelesata booapisa. Lanibame oucaho syomepe, od
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caharisateosa ajitolrenu, mireca qo tiolbela lela. Tonu paomebeda dizodalamo asa pianu, od
caharisateosa aji-la-tore-torenu paracahe a sayomepe. Coredazodizoda ddapala od
fifalazoda, lasa manada, od faregita bamesa omaoasa. Conisabera od auauotza tonuji oresa ;
catabela noasami tabejesa leuitahemonuji. Vanucahi ome-petilabe oresa ! Bagile ? Moooabe
OL coredazodizoda. El capimao itzomatzipe, od cacocasabe gosaa. Bajilenu pii tianuta a
babalanuda, od faoregita teloca uo uime. Madariiatza, torezodu !!! Oadariatza orocaha
aboaperi ! Tabaori periazoda aretabasa ! Adarepanu coresata dobitza ! Yolacame periazodi
arecoazodiore, od quasabe qotinuji ! Ripire paaotzata sagacore ! Umela od peredazodare
cacareji Aoiveae coremepeta ! Torezodu ! Zodacare od Zodameranu, asapeta sibesi
butamona das surezodasa Tia balatanu. Odo cicale Qaa, od Ozodazodama pelapeli
IADANAMADA ! »

Pendant cette lecture, l’Assistant se relaxe et médite sur les vibrations de l’Appel.

Lorsqu’il a terminé sa récitation, le Magicien vibre doucement les noms des


Gouverneurs :

TAONGLA

GEMNIMB

ADVORPT

DOZINAL

Ensuite, le Magicien et son Assistant doivent se relaxer et prendre le temps de profiter de la


présence l’un de l’autre. Ils doivent arriver à un état de grande excitation et faire tout ce qui en
leur pouvoir pour prolonger l’acte d’amour. L’idée est d’être empli de Joie et d’Extase à en
être totalement épuisé. Ensuite, au moment de l’orgasme, le Magicien doit se souvenir du but
de l’opération (explorer l’Aethyr) et il doit répéter la première ligne de l’Appel : « Madariatza
das perifa TEX cahisa micaolazoda saanire caosago od fifisa balzodizodarasa Iaida. » Ceci
peut être fait en parole ou mentalement. Le mieux étant de mémoriser le texte afin d’en être
imprégné.

Le Magicien devrait alors être totalement épuisé et la tentation de dormir devrait être
irrépressible mais, il doit se laisser envahir, sans s’endormir - et ici l’aide de l’Assistant est
nécessaire, par les images qui lui viennent à l’esprit.

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Ensuite, si le Magicien ne relate pas ses visions, l’Assistant doit faire tout ce qu’il peut afin
que le Magicien les lui communique. Il faut que ceci soit fait avec beaucoup de tact et de
savoir faire car il ne faut pas heurter le Magicien tout en l’empêchant de sombrer dans un état
d’inconscience trop profond.

Ici, il nous faut donner les avertissements suivants : si des anges ou tout autre être devaient
apparaître lors des visions, ils doivent être testés selon les Noms des Gouverneurs un à un. Si
l’entité montre quelque désagrément à l’annonce du nom d’un Gouverneur alors renvoyez-la.
Gardez toujours une attitude tolérante et ouverte, même si les visions des entités vous
semblent monstrueuses ou terrifiantes. Gardez à l’esprit que : « Le Peur est échec et
annonciatrice d’échec. »

Lorsqu’il est visible que le Magicien est arrivé au bout de ses limites, l’opération doit être
arrêtée par l’Assistant. Il est important que le Magicien soit retiré de ses visions car c’est lui
qui doit opérer le bannissement et fermer le Temple. S’il ne peut réaliser ces opérations, alors
c’est du devoir de l’Assistant de veiller à ramener le Magicien à son devoir. Pour cela, il peut
allumer les lumières, lui parler à voix forte et même lui jeter de l’eau à la figure afin de le
ramener.

Lorsque le Magicien a repris ses esprits, il peut alors pratiquer le Rituel Mineur du
Bannissement du Pentagramme.

46
La fontaine des chakras par le massage Tantrique

Le massage du Lingam (pour les hommes)

Le mot Sanskrit pour l’organe sexuel


masculin est Lingam et il est pauvrement
traduit par « Baguette de Lumière ». En
Tantra, ou sexualité sacrée, le Lingam est
vu et honoré avec respect, comme une «
Baguette de Lumière » qui canalise
l’énergie créative et le plaisir.

L’orgasme est le but du massage du


Lingam bien qu’il puisse être agréable et
être un effet secondaire bienvenu.

Le but est de masser le Lingam, de


manière externe, en incluant également
les testicules, le périnée et le point sacré
le sommet du sexe, et en permettant à
l’homme de se laisser aller à une forme
de plaisir à laquelle, il peut ne pas être
habitué. Sous cet angle, celui qui reçoit et
celle qui donne, tout deux, se relaxent à
travers le massage.

L’homme a besoin d’apprendre à se relaxer et à recevoir. L’homme, traditionnellement, est


conditionné sexuellement à agir et à obtenir des résultats. Le massage du Lingam permet à
l’homme d’expérimenter son côté plus doux, plus réceptif et d’expérimenter le plaisir sous
une perspective non-traditionnelle.
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Début du Massage

Celui qui reçoit le massage s’allonge sur le dos, un oreiller placé sous sa tête afin qu’il puisse
admirer sa partenaire (celle qui donne). Placez un oreiller, recouvert d’une serviette, sous ses
hanches. Ses jambes doivent être étendues et écartées, genoux légèrement pliés (des oreillers
ou coussins sous les genoux seront une bonne aide) et ses organes génitaux clairement
exposés pour le massage. Avant de toucher le corps, commencez en respirant profondément,
de manière relaxante. Massez doucement les jambes, l’abdomen, les cuisses, la poitrine, les
tétons, etc., pour détendre celui qui reçoit. Rappelez, à celui qui reçoit, de respirer
profondément et de glisser plus profondément dans la relaxation.

Versez une petite quantité d’huile sur le corps du Lingam et les testicules. Commencez
doucement à masser les testicules, en prenant soin de ne pas causer de douleur sur cette zone
sensible.

Massez le scrotum doucement, ce qui va déclencher la relaxation. Massez la zone située au-
dessus du Lingam, sur l’os pubien. Massez le Périnée, la zone qui se situe entre les testicules
et l’anus. Prenez votre temps lorsque vous vous massez le corps du Lingam. Variez la rapidité
et la pression. Pressez doucement le lingam à la base avec votre main droite, tirez vers le haut
et repoussez, puis alternez avec votre main gauche. Prenez votre temps pour faire cela, droite,
gauche, droite, gauche, etc. Puis, changez la direction en commençant à exercer une pression
sur la tête du Lingam et ensuite en glissant vers le bas et le haut. A nouveau, alternez main
droite et main gauche.

Massez la tête du Lingam comme si vous utilisiez un presse agrume. Massez tout autour de la
tête et du corps du lingam. Dans le Tantra, il y a beaucoup de terminaisons nerveuses qui
correspondent à d’autres parties du corps. On croyait que nombreux de maux pouvaient être
guéris par un bon massage du Lingam. Le Lingam peut ou non mollir tandis que vous
exécuter cette technique. Ne vous inquiétez pas s’il ne redurcit pas. Vous découvrirez
probablement qu’il sera dur, puis qu’il ramollira et qu’il durcira à nouveau, etc., ce qui est
fortement souhaité dans l’expérience tantrique, c’est comme surfer sur une vague, décoller au-
dessus de celle-ci puis plonger. La fermeté et la mollesse sont les deux extrémités de
l’éventail du plaisir.

S’il apparaît que celui qui reçoit va éjaculer, temporisez, ce qui permettra au Lingam de
ramollir un peu avant de reprendre le massage. Faites cela plusieurs fois, en approchant de
l’éjaculation, puis temporisez. Les hommes peuvent apprendre l’art de la maîtrise et le
contrôle de l’éjaculation en s’approchant de celle-ci puis en freinant sur la stimulation.
Ensuite, quand le nombre de limites deviennent trop dur à supporter à cause de la puissance
de l'excitation, vous pouvez poursuivre les massages jusqu'a l'orgasme !

Fin du Massage

Lorsqu’on sent que le massage est complet, doucement retirez vos mains, couvrez-le et gardez
le au chaud. Et le plus important : permettez-lui de se reposer tranquillement pendant au
moins cinq à dix minutes.

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Le massage du Yoni (pour les femmes)
Yoni (prononcer YO-NI) est le mot Sanskrit pour vagin qui est généralement traduit par «
espace sacré » ou « temple sacré ». Son sens et son utilisation est une alternative différente de
la perspective de la vision occidentale du sexe de la
femme (c'est-à-dire, la chatte, le con, etc., des mots
qui peuvent, ou non, être un compliment selon
l’intention de leur usage). En tantra, le yoni est vu
sous une perspective d’amour et de respect. Ceci
est particulièrement utile pour l’apprentissage des
hommes.

Le but du massage du yoni est de créer un espace


pour la femme (le receveur) pour se relaxer, et
entrer dans un état de haute excitation, et éprouver
plus de plaisir de son yoni. Son partenaire (le
donneur) éprouve la joie d’être au service, et le
témoin, d’un moment spécial. Le massage du yoni
peut également être utilisé comme une technique de
safe-sex (quand on n’a plus de capotes) et est une
activité excellente pour construire confiance et intimité. Certains masseurs et sexologues
l’utilisent pour aider les femmes à dépasser des blocages sexuels ou des traumas.

Le but de ce massage est d'arriver à "l'orgasme cosmique", par les chemins du plaisir et du
massage du yoni/vagin. De ce point de vue, à la fois le receveur et le donneur peuvent se
détendre et se laissez aller... Quand l’orgasme arrive, il est généralement plus étendu, plus
intense et plus satisfaisant. Parfois l’orgasme n'arrive pas, ce qui n'est pas trop grave, car dans
ce cas là, l'important c'est d'évoluer sur ce chemin tout en se rapprochant au maximum de
"l'orgasme cosmique".

Cela peut également être utile pour le donner et ne pas attendre quoi que se soit en retour.
Juste permettre au receveur d’apprécier le massage et de se détendre pour la suite. Cette
perspective créera une plus grande intimité, une plus grande confiance et une plus grande
complicité, ce qui étendra grandement vos horizons sexuels.

Préparation

Un endroit calme est souhaitable, avec une musique agréable, des bougies, de l'encens, des
oreillers, etc., ou tout ce qui peut faire que les participants soient détendus et se sentent en
sécurité. Donnez-vous assez de temps pour ne pas vous précipiter pendant le processus.
Connectez-vous à votre partenaire en vous massant mutuellement, en vous regardant yeux
dans les yeux pendant longtemps, ou n’importe quoi d’autre qui vous amène à un état de
sécurité et de détente...

Procédure

Demandez au receveur de s’allonger sur le dos avec des oreillers sous sa tête afin qu’elle
puisse voir son sexe et son partenaire (le donneur). Placez un oreiller, recouvert d'une

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serviette, sous ses hanches. Ses jambes doivent être étendues des chaque coté, avec les genoux
légèrement pliés (des oreillers ou des coussins sous les genoux peuvent également aider) et le
sexe clairement exposé pour le massage.

Le donneur s’assoit jambes croisées entre les jambes du receveur. Le donneur peut avoir envie
de s’asseoir sur un oreiller ou un coussin. Cette position permet d’accéder complètement au
yoni et aux autres parties du corps.

Avant de toucher le corps, commencez par une respiration profonde et relaxante. A la fois le
donneur et le receveur devraient se souvenir de garder une respiration lente, profonde et
détendue, durant tout le processus. Le donneur devrait rappeler gentiment au receveur de
recommencer à respirer si le receveur s’arrête ou respire peu profondément. Une respiration
profonde, et non une hyperventilation est très importante ici.

Massez doucement les jambes, le ventre, les fesses, les seins, etc., pour détendre le receveur et
vous préparer à toucher le yoni.

Versez une petite quantité d’huile de bonne qualité sur le mont du yoni. Versez-en juste assez
pour que cela coule sur les lèvres extérieures et que cela couvre l’extérieur du yoni.

Commencez doucement à masser le mont et les lèvres extérieures du yoni. Prenez du temps et
ne vous précipitez pas. Détendez-vous, et appréciez de donner le massage. Serrez doucement
les lèvres extérieures entre le pouce et l’index, et glissez de haut en bas sur toute la longueur
de chaque lèvre. Faites la même chose avec les lèvres extérieures du yoni/vagin. Prenez votre
temps.

Le receveur peut masser sa propre poitrine, ou peut juste se détendre et continuer à respirer
profondément. Il est bon pour le donneur et le receveur de se regarder dans les yeux autant
que possible. Le receveur peut dire au donneur si la pression, la vitesse, la profondeur, etc.,
ont besoin d’être augmentées ou diminuées. Limitez vos paroles et concentrez-vous sur le
plaisir.

Caressez doucement le clitoris en formant des cercles dans le sens (ou le sens inverse) des
aiguilles d’une montre. Serrez-le doucement entre le pouce et l’index. Le receveur sera excité,
sans aucun doute, mais continuez à l’encourager à se relaxer et respirer.

Doucement, et avec grands soins, insérez le majeur de votre main dans le yoni. Très
doucement, explorez et massez l’intérieur du yoni/vagin avec votre doigt. Prenez votre temps,
soyez doux, touchez en haut, en bas et sur les côtés. Variez la profondeur et la pression.
Souvenez-vous qu’il s’agit d’un massage, que vous faites éclore et que vous détendez le yoni.

Avec votre paume vers le haut, et le majeur à l’intérieur du yoni, déplacez votre majeur dans
un geste de « viens par ici ». Vous touchez une zone de tissus flasques juste sous l’os pubien,
derrière le clitoris. C’est le point-G ou en tantra, le point sacré (il y a de très nombreux livres
excellents qui entrent dans les détails au sujet de cette zone). De nouveau, variez la pression,
la vitesse, la façon de bouger. Vous pouvez toucher de droite à gauche, d’avant en arrière, ou
en faisant des cercles avec votre majeur. Vous pouvez également insérer l’annulaire. Vérifiez
d’abord avec votre partenaire avant de lui insérer deux doigts. Pour la plupart des femmes,
cela ne posera pas de problème et elle appréciera la stimulation augmentée avec deux doigts.
50
Prenez votre temps, soyez très doux. Vous pouvez utiliser le pouce de la main droite pour
stimuler également le clitoris.

Donc, que fait votre main gauche pendant ce temps ? Vous pouvez l’utiliser pour masser la
poitrine, le ventre et le clitoris. Si vous massez le clitoris, c’est habituellement préférable
d’utiliser votre pouce dans des mouvements de bas en haut, avec le reste de votre main qui
repose sur le mont du pubis en le massant. La double stimulation des mains droite et gauche
procurera plus de plaisir au receveur. Souvenez-vous que c’est un massage pour son plaisir, et
la plus grande partie du plaisir vient de la stimulation physique, mais également de l’intention.

Continuez de masser, essayez différentes vitesses,


pressions et mouvements. Continuez de respirer et
regardez-vous dans les yeux. Elle peut ressentir des
émotions puissantes et peut pleurer. Continuez juste
de respirer et soyez doux. Si elle a un orgasme, faites
la respirer et continuez de la masser si elle le veut.
Plus les orgasmes se produisent, plus ils gagnent en
intensité. En tantra, on appelle ceci « chevaucher la
vague ». De nombreuses femmes peuvent apprendre
comment devenir multi-orgasmiques avec le massage
du yoni avec un partenaire très patient.

Continuez de masser jusqu'à ce qu’elle vous


demande d’arrêter. Très lentement, doucement, avec
respect, enlevez vos mains. Laissez-la se reposer,
profitant des rémanences du massage du yoni.

51
Mantras, "j'accepte ma sexualité..."

Voici quatre mantras très puissants et qui développeront vos énergies sexuelles, il vous suffira
de les réciter en vous chaque soir au moment de vous coucher...

« Je jouis pleinement de la vie et je l'exprime à tout instant. J'accepte ma sexualité et


reconnais qu'elle peut constituer l'ancrage physique de l'Amour Divin qu'il m'est possible de
manifester dans toute Sa Pureté, par ce corps qui peut en être le Sanctuaire sur cette Terre. »

« J’aime et j’accepte toutes les parties de mon corps également et je me donne le droit
d’exprimer ma sexualité selon mes désirs... »

« J'accepte avec amour et joie ma sexualité et son expression. J'accepte les pensées qui me
soutiennent et me rendent heureux. »

« J'accepte avec amour et joie ma sexualité et son expression. J'accepte seulement les pensées
qui me soutiennent sur ce chemin et me rendent heureuse. »

52
Sex Magic : la femme sauvage et le sacrement de la Déesse

Avant d'être une sorcière, j'étais un animal, et j'en étais un vigoureux. L'exploration de ma
sexualité, don de la Déesse, a épanoui ma créativité, qui est elle-même un don de la fertilité.
Par la loi naturelle du monde animal et végétal, vivre est créer, et procréer.

Comme beaucoup de païens, je suis une survivante du dualisme puritain. J'ai grandi en
croyant que mon esprit était pur et saint, pendant que mon corps devait être craint, et même
ignoré, comme un inconvénient déplaisant. La séparation du corps et de l'esprit promue par
diverses religions patriarcales était persuasive. Pourtant, à la puberté, je brûlais de désir,
m'exclamant a ma mère : " Je veux faire l'amour bientôt !" Elle avait compris mes besoins et
53
me suggéra la masturbation. Mais je me masturbais très peu - par honte d'avoir un corps si
incontrôlable, et par inexpérience. Je déversai donc tous mes désirs d'adolescente dans les
livres et le travail scolaire, le monde du plaisir des mots. Mon initiation sexuelle, comme celle
d'une américaine typique, se passa à l'arrière d'une voiture après un bal de lycée. Une
nouveauté, mais pas vraiment de plaisir.

Ce n'est qu'après être entré à l'université que j'ai appris que mon corps était capable de jouir,
grâce aux conseils d'une amie et a un peu de gel K-Y. En apprenant à me masturber, j'ai appris
à avoir de la patience et a me toucher lentement, longuement. Mon corps frissonnait dans un
vaste vide sensoriel, au delà des mots, au delà des symboles. Je me suis retrouvée chantant
avec plaisir, m'étalant nue sur mes draps froissés. Je parlais avec exubérance de cette nouvelle
découverte à mes amis, me vantant sans pudeur de pouvoir avoir six orgasmes en un après-
midi.

Alors, je commençais à m'ouvrir a la sauvagerie chevelue de la nature. Des souvenirs enfouis


du désir d'animaux et d'arbres germaient dans mon corps tels un enfant. Je me souvenais
regardant un ami caresser tendrement un arbre vénérable dans les bois derrière ma maison, et
l'expérience de la sensation du frottement du labrador retriever de ma grand-mère sur mes
jambes, haletant et bavant. Le souvenir de ces événements réchauffa mes cuisses, et je devins
attirée par les gens poilus.

Pour moi, les cheveux et les poils incarnent le pouvoir de notre nature sexuelle et animale -
notre aspect animal. Quelques années auparavant, je me sentais prisonnière de ma chevelure
de princesse de contes de fées, je l'avais donc coupée. D'abord jusqu'a mes oreilles, puis
complètement. J'étais chauve comme un œuf ! C'est alors que j'appris que les prêtresses et les
sorcières avaient longtemps pratiqué leur magie avec leurs cheveux libres pour accroitre leur
pouvoir. Barbara Walker dans "The Women's Encyclopedia of Myths and Secrets" rapporte
que dans l'Europe médiévale (et ailleurs) les sages-femmes croyaient que les cheveux des
femmes en couche devaient être libres, comme une méthode de magie sympathique pour
assurer un accouchement facile. Et même a l'époque contemporaine, les cheveux sont associés
au sauvage et à la magie, comme cela est mis en évidence par la culture des années 60, ou
hommes et femmes portaient les cheveux longs et par la comédie musicale Hair, qui a relié les
longues boucles libres avec le sauvage, la liberté sexuelle et le pouvoir féminin.

J'aime croire que mes cheveux détiennent un tel pouvoir. Comme la Déesse elle-même, mes
cheveux se sont régénérés; poussant d'abord par à coups, mais retombant maintenant tels le
lierre. Mes cheveux sont une manifestation dynamique de moi-même, comme un chat, un
animal, une sorcière.

Alors que mon corps commençait à prendre feu, je commençai à dessiner spontanément pour
la première fois. Mes doigts frénétiques agrippant craie, crayon, stylo, créaient des femmes
nues aux longs cheveux flottants, dans des poses épanouies : femmes émergeant d'un bloc de
pierre, femmes jaillissant d'une fleur, femmes dansant dans les vagues irradiées par leur vagin.
Entourée par les images de ces femmes orgasmiques, organiques, j'en devins une. Mes
orgasmes m'inspiraient à créer; mes créations m'inspiraient à l'orgasme.
Ma créativité trouva une autre facette, et je commençai à exprimer ma voix de guerrière
féministe. Travaillant dans un centre local pour les victimes de viol, j'appris que combattre la
"culture du viol" n'était pas suffisant - nous avions besoin de créer une culture énergisante de
nous même. J'appris qu'une femme aimant le sexe et connaissant son propre corps est plus
54
puissante et difficile à dominer qu'une ne connaissant que des mythes de femmes sans pouvoir
enlevées par des hommes abusifs.

Nous pouvons créer de nouvelles histoires ou le sexe est sacré, et les femmes des initiatrices.
Depuis des millénaires, les femmes dans diverses cultures avaient le rôle de prostituées
sacrées, gardant ouverte la porte des mystères de la Déesse par l'énergie sexuelle. En Inde, et
au Népal le yoga tantrique aide toujours les femmes et les hommes à canaliser l'énergie
sexuelle par leur centres énergétiques, appelés chakras. Au Moyen-Orient et en Crète, dans les
temps anciens, les femmes entrainées aux mystères sexuels faisaient l'amour en tant que
prêtresses de la Déesse elle-même, pas de manière abusive ou oppressive, comme c'est
souvent le cas dans ce que l'on appelle " l'industrie du sexe " aujourd'hui, mais comme des
femmes puissantes ayant une relation sexuelle dans un espace sacré.

La création des mythes autour du monde ont souvent des thèmes sexuels. Dans la mythologie
hindoue, par exemple, Shakti et Shiva créent le monde en faisant l'amour, le mouvement de
leurs corps donnant existence aux plantes et aux animaux.

Les femmes d'aujourd'hui peuvent récupérer leur espace sexuel sacré en renouant avec les
contes érotiques du début et de la fin du monde.

" Avant que le monde que nous appelons maintenant univers exista, il y avait le corps de la
terre. Voluptueuse et sensuelle, elle était magnifique. Elle adorait se caresser, frottant et
léchant son clitoris, caressant son vagin. Au moment ou son corps se tordait d'extase, elle
gémit, un long son onduleux du plus profond d'elle-même. C'était le tout premier mot. Avec
ce mot, le corps de la terre donna la vie. De sa bouche et de son utérus se déversaient plantes
et animaux, croissant, s'épanouissant et mourant. La nouvelle vie naissait continuellement,
alors que le corps de la terre était toujours vigoureux. Les arbres, les fleurs et les bêtes de
toutes sortes, pleins de semence fertile, l'inspirèrent et éveillèrent son désir. Et la vie fût."

La Déesse nous offre le désir sexuel comme une porte vers la création. Avec lui, les créations
comme les enfants, la nourriture, l'art et la beauté nourrissent notre corps et notre âme.
L'amour de la création elle-même est aussi érotique. La psychologue Jean Shinoda Bolen
décrit l'histoire d'amour entre l'artiste et son œuvre comme "la conscience d'Aphrodite", une
chaleur érotique qui infuse tant dans le créateur que dans le créé. Dans "The Art of Sexual
Magic", Margot Anand insiste sur le fait que toute vie est reliée par un champ d'énergie
érotique. Si nous comprenons que les plantes, les animaux, les pierres, tous les êtres, ne sont
pas seulement sacrés, mais sexuels, l'engagement entre nous-mêmes, les humains et le reste de
la toile cosmique se renforce.

L'énergie sexuelle peut être canalisée consciemment dans des buts magiques; s'il vous plaît
utilisez seulement ce qui vous semble naturel et sûr. C'est mieux d'essayer la magie sexuelle
de manière solitaire ou alors avec un partenaire en qui en a confiance.

55
Le rituel sexuel

Soyez sûr d'être dans un espace ou vous pouvez bouger, avec un endroit confortable pour
vous allonger, et d'avoir toute l'intimité dont vous avez besoin. La musique qui invoque la
sensualité et les vêtements qui vous rendent attirante sont des aides utiles. Vous pouvez
commencer par former un cercle et/ou invoquer les quatre éléments.

Commencez par invoquer la Déesse du sexe de votre choix. J'appelle Freya, la Déesse
nordique du sexe et des chats. Je l'invoque avec les mots suivants.

Je t’appelle, Freya
Déesse du délice sensuel et de l'abondance
montre-moi la beauté de mon corps
aide-moi à écouter ta beauté
sentir ta beauté
goûter ta beauté
ressentir ta beauté
de mes orteils a ma tête
Montre-moi les merveilles de ton monde
aide-moi a grandir dans la beauté
et manifester mon désir
de la terre jusqu'au ciel

Dansez un peu sur la musique; imaginez que vous êtes un arbre, vos membres remués par le
vent, sentant la terre sur vos orteils. Faites courir vos doigts dans vos cheveux, sur votre torse,
vos fesses et vos jambes, jusqu'à vos organes sexuels les plus intimes. Jouez comme un
bouleau dans le vent.

Ou, essayez une bénédiction de vous-même ou de votre partenaire concentrée sur votre
chevelure et vos poils. Touchez votre tête, vos aisselles, votre pubis, vos jambes, partout ou
poussent vos poils, et chantez :

Douce comme l'eau, libre comme l'air


Luisante comme les feuilles, ma toison sacrée.
La toison sacrée qui me recouvre
est pleine de magie, attachée ou libre

Ou vous pouvez essayer de ramper à quatre pattes, comme un ours, une chèvre, ou un autre
animal qui représente quelque chose pour vous.

Imaginez-vous comme la bête que vous êtes; reniflez votre partenaire ou vous-même; faites le
son que vous vous imagineriez faire pendant le rut. Laissez-vous aller !

Si votre rituel comprend aussi la masturbation ou des rapports, essayez d'utiliser votre
orgasme comme un outil magique. Durant l'orgasme, imaginez-vous être la personne que vous
voulez être, réussir le style de vie que vous souhaitez, ou transformer votre environnement.
L'énergie que vous relâchez au travers de vos sensations corporelles est maintenant libre
d'aller dans le corps de la terre et d'accomplir les changements désirés.

56
Quand vous vous sentez satisfaite, avec ou sans orgasme, restez allongée sur le sol. Respirez
profondément et sentez votre sang courir dans vos membres. Relevez-vous lentement et
remerciez la Déesse. J'aime dire :

Mon plaisir est pouvoir,


Mon corps une coupe,
Oh, Grande Déesse,
Tu m'emplis !

Vous pouvez remercier les éléments et fermer le cercle.

Invoquer une déesse du sexe charge votre travail magique. Tardivement, j'ai invoqué Freya
lors de mes séances de masturbation avec des résultats intéressants. Les familiers de Freya
sont les chats, et j'ai découvert que je suis comme un chat dans ma sexualité aussi ! Par
exemple, j'aime être caressée, mais je suis frivole et ai souvent besoin de ma solitude. Quand
la lune est pleine et que la marée monte, je me précipite ! Freya est aussi imitée a une fête
d'Asgard faisant l'amour avec des boucs et des cochons - une femme après mes propres
fantaisies !

La Déesse a consacré mon initiation dans la magie sexuelle ; par ma peau, mes muscles, et
mes cheveux. Elle m'a aidée à laisser partir mes inhibitions, ma peur de ce que les autres
pourraient penser, mes soucis et ma douleur. Si vous vous laissez aller dans votre côté animal,
vous ne savez jamais ce qui pourrait arriver. Vous pourriez tomber amoureuse de la texture et
de l'odeur de vos cheveux ; vous pourriez commencer a manger joyeusement et
gloutonnement, ou aboyer d'une voix rauque sous la pluie. Ou vous pourriez ressentir un désir
soudain pour cet érable dans votre jardin. Ou vous pourriez simplement jouir du sexe comme
la Grande Mère l'a voulu : comme une célébration de la création. Dans tous les
commencements, Elle est présente. Puissent les orgasmes de la Déesse s'écouler en vous
comme une pluie d'arc-en-ciel.

Kathy Larson est une sorcière verte qui se souvient du pouvoir guérisseur de la connexion
avec les esprits de la nature. Elle tisse des toiles de chants et d'histoires pour se soigner, elle
et les autres, dans sa maison sur la côte pacifique Nord-Ouest (ndlt : des Etats-Unis).

57
La Jeune Fille en Fleurs

Nouvelle lune et vendredi...


J'ai choisi ce jour pour me célébrer, moi, la Jeune Fille.
Tout d'abord, j'ai été voir la nouvelle lune, m'inonder de son absence de lumière.
J'ai pensé au Nord, en me mettant pieds nus contre la terre.
J'ai pensé au Sud, en me réchauffant de mes mains.
J'ai pensé à l'Est, en sentant le vent souffler le long de mon corps.
J'ai pensé à l'Ouest, en m'humectant les lèvres.
Puis je suis rentrée, en prenant une fleur de chrysanthème et une fleur d'onagre. Jaunes
toutes les deux.
J'ai fait couler un bain chaud, dans lequel j'ai mis du lait et de l'huile essentielle de romarin.
J'ai ajouté les pétales des trois fleurs que j'avais cueillies.
J'ai allumé trois bougies blanches, trois bougies violettes, et ma bougie rouge.
Dans le bain, j'ai ajouté une pierre de soleil, une turquoise brute, et un galet de verre. J'ai ces
trois objets depuis un certain temps avec moi.
J'ai senti l'eau bienfaisante me réchauffer, et j'ai dit
58
"Eau, mon amie, eau bienfaisante, puisses-tu faire de moi une Jeune Fille en Fleurs"
Trois fois.
Je suis restée un certain temps dans l'eau.
Avant de sortir de la baignoire, j'ai éteint les bougies avec mes doigts, sauf la rouge.
Je me suis essuyée, et j'ai vidé la baignoire.
Je suis alors retournée dans ma chambre, toujours nue. Et j'ai pris place sur mon cercle à
moi, un simple drap que j'ai depuis l'enfance, et qui m'a toujours procuré un bien-être
immense.
Mon chat était allongé dessus, ne voulant pas en partir. Je l'ai laissé. Il m'a regardée
longuement, puis s'est mis à ronronner.
J'ai alors pris le ruban et la clochette de mon amie. Je les ai trempés dans de l'eau coupée de
mon sang, celui de mes règles.
J'ai fermé les yeux, et j'ai murmuré
"Toi, l'amitié"
J'ai alors glissé le bout du ruban dans l'anneau de la clochette. Pour le fermer, j'ai fait trois
nœuds simples. Et je l'ai accrochée à mon cou.
Après une courte méditation, j'ai rallumé une des bougies blanches que j'ai posée dans ma
Tasse fétiche près de mon lit.
J'ai défait les Cercles, j'ai levé mes mains vers le Ciel, puis vers la Terre. J'ai remercié, et
conclu par "Ainsi soit-il"
Je me suis habillée en blanc.
Et j'ai éteint ma bougie Rouge.
Je n'ai prié aucune divinité sinon la mienne, ma sorcière qui a un Nom.
Nous verrons bien si mon souhait s'exaucera, n'est-ce pas ?
En tout cas, je suis apaisée, reposée, et pleine d'une Energie bienfaisante, la Jeune Fille en
Fleurs est devenue Femme.

59
Exercice pratique: La Masturbéditation :

Cet exercice doit être fait quand vous êtes seul. Placez-vous dans un endroit sacré où vous ne
serez pas dérangé pendant au moins 30 minutes. Votre chambre est un endroit parfait pour
cette méditation. Allumez des bougies et de l’encens pour vous rappeler que ceci est un acte
sacré.

Allongez-vous sur votre lit, nu. Relaxez chaque muscle de votre corps ; devenez mou comme
une poupée de chiffons. Commencez la respiration pranayama. Concentrez-vous sur ici et
maintenant.

En faisant un effort physique léger, commencez à vous masturber. Relaxez-vous et sentez


seulement la sensation de votre main sur votre sexe. Ne tombez pas dans vos fantasmes
habituels et n’essayez pas d’imaginer que vous êtes avec une autre personne dans la pièce.
Sentez juste votre propre main vous donner du plaisir et dites vous « ceci est une expérience
de masturbation ».

Quand vous vous sentez devenir excité, gardez à l’esprit que vous devez être relaxé, laissez
tous vos muscles être mous. L’énergie générée au niveau de votre sexe sera diffusée dans tout
votre corps si vous restez relaxé. Maintenez aussi le pranayama. Quand vous vous sentez être
distrait, concentrez-vous sur une petite partie de votre sexe et ramenez-vous dans l’exercice.
Relaxation et concentration sont les noms de ce jeu.

Relaxez-vous et respirez tandis que votre désir se développe. Si vous sentez que vous êtes au
bord de l’orgasme, arrêtez de bouger votre main et respirez profondément. Essayez de rester
60
excité, mais n’ayez pas d’orgasme, restez sur le bord de la falaise pendant au moins 28
minutes. Une stratégie qui fonctionne est de développer et de faire reculer votre désir à
plusieurs reprises pendant 28 minutes. Une autre stratégie que je recommande est de mettre
une horloge dans à un endroit où vous ne pouvez pas la voir autrement qu’en vous levant. De
cette manière vous savez que vous avez prolongé la méditation aussi longtemps que possible.

Si vous avez un orgasme avant les 28 minutes cibles, laissez votre énergie se propulser dans
votre imagination aussi longtemps que possible. Ceci est un bon entraînement pour le voyage
astral.

Si vous arrivez à dépasser cette fenêtre des 28 minutes, votre corps changera et l’orgasme ne
sera plus un problème. Vous-vous trouverez en train de flotter d’une étrange façon qui ne peut
être décrite ici. Mais ce flottement est utile pour recevoir des informations psychiques et
d’autres choses importantes. Ne soyez pas pressé de revenir (pour une explication sur le seuil
des 28 minutes, voir l’essai précédent).

Une fois que vous aurez l’habitude d’être "ici et maintenant" quand vous vous masturbez,
vous serez capable de faire la même chose avec un amant. Souvent, nous avons peur que notre
amant ne nous sente pas nous tendre et nous élancer quand il/elle nous caresse ainsi, nous
avons peur que notre amant ne reçoive pas le message que ce qu’il fait est plaisant. Quand
vous utilisez cette méthode en couple, c’est plus facile de verbaliser ce que vous voulez. Vous
vous rendez compte que l’énergie veut sortir par des « oooh » et des « ahh » plutôt que d’une
autre manière.

Cette méditation demande de la pratique et de la patience. Je ne connais pas grand monde qui
ait réussi à tenir 28 minutes en moins de 3 fois. Personnellement cela m’a pris 5 fois. Alors
soyez patient. Ca en vaut la peine…

61
Sexualité essentielle et sexualité sacrée

La sexualité est une manifestation naturelle, saine et joyeuse de


notre force de vie
Résumé: La sexualité est une manifestation naturelle, saine et joyeuse de notre
force de vie. Or bien souvent son expression est entravée ou détournée par des
sentiments ou des idées reçues tels que honte, culpabilité, interdiction du plaisir,
vide affectif, ressentiments et préjugés vis-à-vis du sexe opposé. Nous pouvons
évoluer vers une sexualité épanouie en prenant conscience que ces sentiments sont
issus de notre passé et peuvent être remplacés par le lâcher-prise, l'humour,
l'attention aux sensations présentes, la légèreté et la joie. Vivre une sexualité
connectée à notre moi véritable, c'est savourer la pratique sexuelle avec naturel,
simplicité, innocence et émerveillement. Des indications pratiques sur les
préliminaires, la maitrise de l'éjaculation, la respiration, sont suggérées. Dans une
relation durable dans l'amour et la confiance, des phénomènes énergétiques subtils
se déclenchent au moment de l'orgasme, favorables à la santé physique et mentale
des deux partenaires. Au delà du plaisir réciproque, l'acte sexuel est un chemin
d'accès à l'éveil spirituel qui a été reconnu et enseigné chez de nombreux peuples
anciens, puis occulté et diabolisé. Nous sommes en train de le redécouvrir.

Cette synthèse à vocation éducative sur


l'énergie sexuelle ne se limite pas à vous
guider pour vivre votre sexualité de façon
agréable et satisfaisante. Ce serait déjà
excellent, mais nous irons plus loin. Nous
toucherons la nature même de notre être. Nous
nous interrogerons: Quelle est la place, la
fonction de la sexualité pour nous réaliser
dans notre aspect le plus magnifique?
Comment participe-t-elle au déploiement de
tous nos potentiels? Comment nous relie-t-elle
à nos profondeurs et à l'univers?

Par ce questionnement, cette étude rejoint mes


autres études sur la réalisation de soi, telles
que L'enfant intérieur, La spiritualité ou Le
pouvoir des émotions. De même que dans ces
dernières, j'ai reformulé le langage
habituellement employé, réadapté les
informations, je les ai synthétisées, parfois
réinterprétées, pour qu'elles deviennent des
pistes de réflexion suffisamment
compréhensibles par le plus grand nombre. Je
les ai voulues consistantes et ancrées dans la
vie pour qu'elles ne restent pas des pensées
mortes encombrant le mental, mais ouvrent des perspectives exaltantes pour
l'épanouissement de toutes et de tous dans un monde que nous réinventons.
62
"Sexualité", "sexe", qu'est-ce que ces mots vous évoquent?

Pour nous engager dans cette exploration, je vous propose de porter un moment votre
attention sur ce qui se passe en vous lorsque nous évoquons la sexualité et le sexe. Observez
comment votre tête, votre corps, réagissent. Observez sans aucun jugement, sans chercher à
savoir si c'est bien ou si ça devrait être autrement. Observez honnêtement, avec bienveillance
envers vous-même. Vos réactions vous indiqueront où vous en êtes, par exemple si vous êtes
à l'aise ou non. Il est primordial que vous vous acceptiez tel que vous êtes avec ces réactions,
tout en sachant que vous pouvez décider d'évoluer vers une sexualité plus épanouie, si vous le
souhaitez bien sûr, en vous laissant guider par ce que nous développons dans ce texte.

Pour vous aider à percevoir vos réactions, voici quelques questions et suggestions:

▪ A la pensée du sexe et de l'activité sexuelle, éprouvez-vous de la curiosité, de l'envie,


de l'excitation, de la joie, de l'indifférence, de la répulsion, du mépris, de la
répugnance, de la peur, de l'angoisse? Il est possible que cela vous évoque des
expériences malheureuses, honteuses, humiliantes ou traumatisantes.
▪ Si l'on vous demande de parler de votre sexualité, de vos désirs, d'exprimer votre
opinion à ce propos, éprouvez-vous de la gêne ? Vous réagissez peut-être par le
silence, par un rire nerveux ou par une blague qui vous permet d'esquiver.
▪ Vous sentez-vous serein ou sereine vis à vis de votre sexualité? Ou bien, vous êtes
peut-être dans l'un des cas suivants.
▪ Vous connaissez bien le sujet, vous avez suffisamment lu, mais vous n'êtes pas à l'aise.
Il ne suffit pas de savoir, il y a certaines choses à creuser en vous sur votre
personnalité et cet article vous donnera des pistes.
▪ Il y a des aspects de la sexualité que vous connaissez mal et que vous aimeriez
explorer.
▪ Vous estimez que vous avez déjà beaucoup de connaissances intellectuelles et
théoriques, mais il vous est difficile de faire le lien entre ces connaissances et votre
vécu personnel. Dans ce cas, il serait indiqué que vous puissiez avoir des explications
pratiques et vivantes supplémentaires. Cet article vous parle de vous, de ce que vous
êtes, non de théorie.
▪ Vous êtes attiré(e) par la sexualité, mais en même temps, vous avez des difficultés
avec le plaisir, quelque chose en vous le repousse.
▪ Vous avez des difficultés sexuelles avec votre ou vos partenaires et vous vous
demandez pourquoi. Cet article vous proposera des pistes de réflexion approfondies et
parfois originales.
▪ Vous avez une pratique sexuelle satisfaisante,
mais elle ne correspond pas à ce qu'on voit couramment
dans les films. Cela vous rend perplexe, et peut-être
même frustré(e). Nous verrons que les films exposent
une version déformée de la sexualité, ce sont des
clichés.

▪ Vous craignez que votre comportement sexuel


spontané ne convienne pas à votre partenaire, ou ne conviendrait pas à un(e) futur(e)
partenaire quel qu'il ou elle soit. Pour être aimé(e) et apprécié(e), vous croyez que
vous devrez vous comporter d'une autre façon, selon des modèles qui ne vous plaisent
pas forcément, mais qui vous semblent nécessaires: les filles sont comme ceci et
63
réagissent comme ceci, et les garçons comme cela. Nous verrons qu'avoir des idées
préconçues sur les uns et les autres et sur la sexualité n'est pas une bonne façon de
procéder. Le dialogue entre partenaires est bien plus profitable.
▪ Vous pressentez que la sexualité est bien plus que l'obtention d'un plaisir à deux, mais
vous permet de toucher d'autres aspects profonds et inconnus de votre être et vous
aimeriez explorer cette réalité. Nous le ferons.

Dans ce texte initiatique nous examinerons la place du plaisir dans la relation


sexuelle, ce qui l'entrave et ce qui le favorise. L'acte sexuel est avant tout un
acte relationnel et à ce titre, il est porteur de toutes les difficultés et de toutes
les joies que l'on rencontre dans tous les domaines relationnels. Nous
montrerons qu'au delà du plaisir, l'acte sexuel est un chemin d'accès à l'éveil
spirituel.

Les représentations sociales de la sexualité nous laissent désorientés

Notre comportement sexuel est fortement influencé par ce qui nous a été
inconsciemment suggéré par notre environnement depuis notre enfance: parents, frères et
sœurs, copains, copines, enseignants, journaux, films, télé, radio, images publicitaires, et plus
récemment internet. Même si l'attitude de nos parents a été de ne pas vouloir aborder le sujet,
ils nous ont de toute façon transmis une attitude vis-à-vis du sexe par leur positionnement.

Nous sommes globalement conditionnés à adopter des comportements conventionnels par les
représentations sexuelles que notre société véhicule: images de la femme, de l'homme, de la
séduction et de la sexualité. Malgré des variantes personnelles, nous sommes imprégnés de
ces valeurs et de ces clichés. Hélas, ils ne nous mènent pas souvent vers le meilleur de nous-
mêmes. Ils sont essentiellement orientés vers la création de besoins artificiels qui nous
incitent à acheter et à consommer, à moins qu'ils n'aient comme but de nous distraire
superficiellement, de nous détourner de nous-mêmes pour nous empêcher de découvrir qui
nous sommes vraiment.

Avant les années 60, la sexualité était tabou. Il était malvenu d'en parler librement autour de
soi ou dans les médias. Depuis la situation a changé. Certains et certaines ont osé parler
64
librement, revendiquer leur droit au plaisir. Les femmes ont rejeté la contrainte de "devoir
conjugal" qu'on leur imposait, ont exprimé leurs sensations, leurs désirs et leur plaisir sexuel
dans leur spécificité féminine. On a découvert que les carcans religieux et patriarcaux
auxquels on s'efforçait d'obéir avec peine, drame et souffrance, bridaient l'épanouissement
sexuel et étaient fondés sur un pouvoir abusif. Les mœurs se sont décomplexées et les gens se
sont détendus. Il y a eu une évolution positive vers la reconnaissance du fait que la
sexualité est partie intégrante, essentielle et épanouissante de nous-mêmes.

Mais comme le balancier était allé trop loin du côté de l'interdit, il est revenu en force du côté
de la licence. Compte tenu de la répression antérieure, c'était inévitable. La licence s'est alors
manifestée comme un défoulement excessif, au point que la sexualité est devenue une
nouvelle obsession. Attention, je ne suis pas en train de suggérer une morale à suivre, loin de
là. Chacun se cherche selon sa propre voie. J'incite simplement à découvrir la voie d'une
sexualité qui nous procure un sentiment d'enrichissement et de plénitude, ce qui n'est
généralement pas le cas de la sexualité obsessionnelle et défoulante.

L'éducation sexuelle

Il est donc urgent qu'une véritable éducation sexuelle soit mise à la disposition de tous, en
commençant par l'école. Les quelques cours scolaires sur ce sujet n'abordent que la
physiologie et la biologie. Ils ne sont pas un apprentissage sur soi-même et sur l'autre. L'école
faillit lamentablement à dispenser une véritable éducation qui inclurait la connaissance et la
maitrise de nos émotions et des relations avec les autres. Elle préfère, à quelques nuances
près, bourrer notre crâne de savoirs intellectuels que l'on devra apprendre par cœur et ressortir
le jour de l'examen (rien ne change malgré de nombreux rapports et expériences positives à ce
sujet depuis les années 50 - voir le dossier Éducation).

Nos enfants, nos adolescents, et par conséquent nous-mêmes qui l'avons été, nous manquons
terriblement d'un apprentissage sur l'épanouissement de l'être et de sa sexualité. Il n'existe
pas d'enseignement sexuel orienté vers la réalisation de soi et la plénitude (voir des
développements dans l'article L'éducation sexuelle).

Notons toutefois que des exceptions peuvent être trouvées dans des initiatives privées, telles
que le site web Éducation sexuelle, ou encore la publication de très bons livres éducatifs
(certains sont indiqués en fin d'article). Ils ont l'immense mérite d'inciter au respect et à
l'amour de l'autre. Ils mettent l'accent sur l'écoute de soi et de son partenaire, la fantaisie,
l'agrément, le détachement du souci de la performance. Cependant ils restent peu diffusés,
particulièrement chez les adolescents qui préfèrent l'internet et la radio.

De plus, il est rare de les voir aborder le sujet du sens de l'acte sexuel: car l'acte sexuel est
bien plus que se donner du plaisir réciproque, c'est réunifier en soi ses énergies masculines et
féminines, c'est se découvrir dans toutes ses dimensions avec l’cosmique et en connexion
avec sa nature profonde.

65
La sexualité comme cheminement spirituel

Pour certains d'entre nous, la vie semble n'avoir aucun sens. Le monde environnant est froid,
dur, impitoyable et dépourvu de toute spiritualité originelle. Nous avons été conditionnés à
l'idée qu'il faut lutter pour obtenir de la considération et de quoi subsister. Chacun se trouve
donc seul face à lui-même. Ceux qui abordent le monde avec ce regard sont tentés de
s'engouffrer dans la sexualité stérile, comme dans un refuge contre la solitude et le désarroi,
dans l'espoir d'y trouver une niche de chaleur humaine.

D'autres vivent leur quotidien coincé par des charges et des devoirs plus ou moins stressants,
plus ou moins désagréables ou épuisants. Ils voient le temps défiler sans profiter de la vie.
L'orgasme constitue une exception, une parenthèse: ils sentent un courant de vie intense
couler dans leur corps. C'est comme un rappel que la vie existe.

D'autres encore se sentent seul(e)s et en manque affectif. La rencontre sexuelle occasionnelle


leur donne l'impression fugitive plus ou moins consciente de combler leur vide affectif. Ces
moments ne sont que des bouffées d'air qui permettent de supporter le reste. Ils ne règlent rien
sur le fond.

En prêtant attention à notre ressenti après l'acte sexuel, il est facile de nous rendre compte si la
rencontre sexuelle n'est qu'une compensation, un pis-aller, une illusion destinée à occulter un
besoin plus profond ou si elle résulte d'une attirance amoureuse et d'un échange authentique.
L'acte sexuel accompli dans le cadre d'une relation spirituelle et initiatique, créera un
sentiment d'assouvissement, de plénitude, de sérénité et de bonheur. On en ressortira
grandi et dilaté.

Au contraire, dans le cas d'une compensation illusoire de sentimentalité, une fois l'orgasme
passé on est à nouveau seul face à soi-même, et face à l'autre qui n'a été qu'un complice
passager. L'acte n'a pas étanché la soif de vivre. Il en reste un sentiment de manque, de
tristesse, de nostalgie, de vide. Alors, on en redemande pour retrouver cette brève sensation de
vie.

66
Ne vous laissez pas dominer par votre Ego

La honte et la sous-estime de soi sont des poisons qui sabotent votre vitalité et vous
détournent de la joie de vivre. Une façon de vous en libérer est d'abord de reconnaitre qu'ils
sont actifs en vous. Il est bon que vous puissiez en parler, si possible avec votre partenaire.
Échangez librement chacun à votre tour sans interrompre l'autre sauf peut-être pour lui
demander des précisions. C'est une excellente pratique pour approfondir votre relation et
intensifier votre amour. Parler de vos difficultés, de vos peurs, de vos désirs.

Les ombres de la personnalité embrouillent notre


sexualité

L'exemple précédent de la honte nous a familiarisés


avec le fait que certains traits négatifs inscrits dans
notre inconscient viennent s'interposer de façon
inattendue et intempestive dans notre vision et notre
pratique de la sexualité. La relation sexuelle peut
mettre à jour des accumulations émotionnelles et
des préjugés qui l'empêchent de se développer
librement, obscurcissant sa fonction originelle. Par
exemple on peut rencontrer: perte de sens, incapacité à
s'abandonner, culpabilité, interdiction du plaisir, peur
de déplaire, jugements négatifs sur le corps et la
sexualité...

S'évertuer à satisfaire le/la partenaire

Vouloir satisfaire sa/son partenaire est un autre objectif que l'on se donne fréquemment, mais
il est fondé sur quelques illusions.

Il est normal que vous souhaitiez que votre partenaire trouve de la joie et du bonheur dans la
relation sexuelle et qu'il/elle soit comblé(e). C'est la manifestation de votre amour. Vous lui
donnez votre amour, votre attention, votre écoute, votre disponibilité, votre présence. C'est un
immense cadeau. C'est votre don.

Mais il ne vous appartient pas d'en évaluer ou d'en garantir les effets. Vous avez apporté votre
part, le reste appartient à l'autre, cela dépend de son alchimie intérieure personnelle, de son
histoire, de ses pensées, de ses peurs, de ses désirs. Vous devez réaliser que vous n'avez pas
le pouvoir de l'amener à ce que vous souhaitez pour elle/lui.

Réfléchissez aux conséquences que cela entrainerait si vous en aviez le pouvoir. Cela
signifierait que vous pourriez façonner l'autre selon votre vouloir... pour son bien,
évidemment... du moins son bien tel que vous le concevez! Où est sa liberté?

Réciproquement, vous ne pouvez pas exiger de l'autre qu'il crée vos sentiments de bien-
être, car il n'en a pas le pouvoir. Il peut seulement y contribuer, mais en définitive, vous
seul pouvez créez votre état de bonheur (voir Le pouvoir des émotions).

67
La tendance à s'efforcer de satisfaire l'autre sexuellement est l'expression particulière de l'idée
erronée qu'on se fait couramment dans notre société occidentale d'une relation de couple.
Selon cet idéal, il reviendrait à chacun de combler les besoins de l'autre, son besoin le plus
impérieux étant celui d'être aimé et apprécié. Habituellement le couple est fondé sur
l'espoir illusoire d'étancher ce grand besoin.

Il est peut-être difficile de comprendre où se situe le défaut de cette conception, car il est clair
que le couple n'a de sens que si les partenaires s'échangent appréciation et amour. Le
défaut s'insinue dans le fait d'attendre de l'autre qu'il nous rende heureux. Nous sommes
dans la demande plus que dans le don. C'est comme si nous lui demandions de guérir notre
passé, nos vieilles blessures d'amour. Nous nous imaginons que l'autre a le pouvoir de faire
naitre nos sentiments de joie, alors que ce pouvoir existe en nous-mêmes. Par là, nous
remettons notre propre pouvoir à l'autre. En conséquence, lorsque notre attente n'est pas
satisfaite, nous sommes dans la frustration et le ressentiment, et nous en faisons le reproche à
l'autre. C'est tellement fréquent, vous connaissez? Or nous avons le pouvoir de guérir nous-
mêmes notre passé, ce qui nous permet de rencontrer l'autre sur des bases bien plus solides et
enrichissantes. (voir Hommes et Femmes)

Inversement, nous pensons être en mesure de créer un sentiment de joie chez l'autre, en être
responsable, alors qu'en réalité, c'est lui-même qui s'ouvre à la joie. En cas d'échec, cette
charge que vous vous donnez pourrait vous créer de la sous-estime ou de la culpabilité. Vous
n'êtes pas responsable des sensations de l'autre.

Par contre, vous avez le pouvoir et la responsabilité de vos propres pensées et sentiments.
Vous pouvez créer une atmosphère de respect, d'amour, de communication, d'échange
profond, de tendresse et de joie.

Accueil et dialogue

Si nous souhaitons avoir une sexualité joyeuse, simple et légère, il est essentiel de nous
dégager de ces sentiments dérangeants et de ces pensées enfermantes. Comment les gérer ?

La première chose est de prendre conscience de leur présence active et de les accueillir
sans aucun jugement. Ne les repoussez pas. Accueillez vos émotions et accueillez celles de
l'autre. Soyez-en témoin et restez dans la bienveillance et l'humour pour vous-même et pour
l'autre.

Si une réaction vous agace, vous perturbe ou vous choque, osez en parler avec votre
partenaire avec franchise, courage et sincérité. Vous évoluerez dans le dialogue. L'amour
est une évolution. La communication est nécessaire pour exprimer à l'autre qui vous êtes, ce
que vous souhaitez, ce que vous ressentez, comment vous réagissez. Dites ce que vous pouvez
accepter et ce que vous ne pouvez pas. Sinon vous risquez que l'autre ne s'en rende pas
compte.

Malheureusement, le plus souvent, on est loin d'une communication aisée et franche. La


communication authentique se heurte aussi à des peurs et des sentiments négatifs. Si c'est trop
difficile pour vous, ou si votre partenaire refuse d'engager une conversation, vous pouvez lui
proposer de lire cet article et d'en discuter. Vous pouvez en parler à quelqu'un d'autre qui sait
vous écouter sans jugement, ou aller consulter un thérapeute.
68
La sexualité essentielle

Si nous cherchons à vivre une sexualité qui nous remplisse, nous devons comprendre
comment elle fonctionne en nous et en l'autre. C'est une démarche de connaissance de soi sur
les plans physique, relationnel et spirituel. Cela commence par la prise de conscience que des
idées reçues et des sentiments négatifs s'agitent à l'intérieur de nous à notre insu et nous
détournent de notre Moi véritable.

En effet, pour la majorité d'entre nous, nous vivons dans la dualité. En nous, s'affrontent deux
parties, deux personnages, deux forces de natures inégales. L'une est notre âme (notre
Essence) et l'autre est une personnalité fabriquée de notre EGO par les circonstances, nos
vécus plus ou moins dramatiques, et l'éducation reçue tout au long de notre vie (voir article
L'enfant intérieur). Les traits négatifs de peur et de rigidité et les idées reçues sont inscrits
dans notre personnalité, non dans notre être véritable.

Nos dysfonctionnements, en particulier ceux de la sexualité, résultent d'une dichotomie entre


ces deux aspects de nous, et du fait que la personnalité se manifeste de façon intempestive et
voile le Moi véritable. Lorsque la personnalité reconnait la présence de l'Essence, se met à son
écoute et fonctionne de concert avec elle, tout s'harmonise et s'unifie. En cessant d'obéir à
notre personnalité, à ses jeux de pouvoir et ses complications, en étant attentifs au langage et
aux signaux de notre Essence, nous percevons ce qui est juste et bénéfique pour nous. Vivons
une sexualité qui soit l'expression de notre Essence, une sexualité essentielle.

Comment reconnaitre le langage de votre Essence? Il est vraiment simple et immédiatement


accessible à tous. Ce sont vos sentiments, que vous devez apprendre à percevoir dans la
finesse. Vous reconnaitrez que vous êtes en accord avec votre Essence chaque fois que
vous ressentirez de la joie, de l'humour et de la légèreté, que vous vous sentirez rempli et
en paix. Dans le cas contraire, vous êtes le jouet d'un quelconque sentiment négatif de la
personnalité qui veut se manifester, comme le ferait un enfant bougon et mal aimé.

Être dans la sexualité essentielle, c'est savourer la pratique sexuelle avec le même naturel, la
même simplicité, la même innocence, le même émerveillement que manifeste un enfant qui se
régale dans un bain. C'est vivre une relation joyeuse, ludique et légère, tout en restant
profonde et respectueuse. Elle est l'expression créative de ce que nous sommes
véritablement.

Pour vous aider à vous familiariser avec cet aspect de vous, voici d'abord quelques indications
de base, suivies de suggestions pratiques dans la section suivante.

Vivre la sensation du moment

Vivre la sexualité en connexion avec son Essence, c'est d'abord ne plus se préoccuper de son
passé ni de son futur. C'est vivre le moment présent. Pour l'homme, c'est peut-être sentir le
plaisir d'une érection sans avoir en vue de s'introduire immédiatement dans la femme, ou pour
la femme, sentir la douceur d'une caresse sans se préoccuper d'être prête pour l'homme.

Ne vous préoccupez pas de ce qui va se passer dans un quart d'heure, une minute ou quelques
secondes. Efforcez-vous d'être présent à ce que vous faites. Exercez une attention légère,

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flottante, sans tension ni crispation. Ne faites pas l'amour comme une compulsion, un acte
automatique. Vivez pleinement et consciemment vos sensations, savourez-les.

Vivre au présent, ici et maintenant, c'est être pleinement présent à ses sensations, à ses
actes. Retenu par un hier qu'on ressasse ou précipité dans un demain qu'on
appréhende, on ne profite pas de l'heure agréable qui passe et on ne vit pas la réalité,
souvent source de joie. Efforçons-nous donc de nous recentrer sur le présent, d'être tout
entiers à ce que nous ressentons, à ce que nous faisons. Écartons les concepts, les
interdits, la honte, la culpabilité, les blessures, les rôles, l'angoisse. Vivons l'instant,
vivons la sensation plénière. Soyons dans la pulpe de nos doigts, dans les papilles de
notre langue, dans les récepteurs de notre odorat, soyons dans notre sexe, soyons en
nous, soyons avec l'autre. Être dans la sensation consciente, c'est aussi se respecter,
respecter l'autre, respecter la merveilleuse nature qui nous offre ce bien-être. Et c'est le
moyen de trouver la félicité et un bon équilibre mental. (Dr Leleu, Sexualité, la voie
sacrée)

De cette façon, vous profiterez pleinement d'une caresse, d'un verre de jus de fruit dégusté
ensemble, du regard de l'autre.

Le plaisir, pour la majorité des gens, c'est une projection mentale. Il faut vraiment se
rendre compte, au niveau plaisir et douleur, qu'il est exceptionnel de sentir un plaisir
sans fantasmer dessus. Êtes-vous capable de ressentir une caresse sans faire d'histoire,
sans bâtir une histoire autour, sans vous demander de qui elle vient, ce qu'elle signifie,
etc ? La réceptivité sensorielle va très loin. Cette exploration fait partie de la démarche
tantrique. Voir à quel point ce qu'on croit être ressenti est, en fait, pensé. On ne ressent
pas: on pense le ressenti. (Éric Barret, Nouvelles Clés)

Vivre pleinement le moment présent ouvre des portes, et pas seulement dans la pratique
sexuelle. C'est nous découvrir dans notre véritable nature, c'est percevoir comment nous
fonctionnons, c'est découvrir toutes les dimensions de soi. Cela a été enseigné de longue date
dans différentes traditions, que ce soit dans l'enseignement amérindien, le tantra ou la
méditation Vipassana. Par exemple, Vipassana est un moyen de se transformer à travers
l'attention portée aux sensations physiques du corps.

Attention à l'autre et à soi-même

Toute expérience relationnelle orientée vers l'échange vrai nécessite une écoute accueillante,
attentionnée et compréhensive vis-à-vis de l'autre. Mais il est important de ne pas oublier
l'écoute bienveillante vis-à-vis de soi-même, de son enfant intérieur.

Lorsque vous écoutez l'autre, vous êtes avec lui/elle et votre attitude est adaptée à ce qui se
passe sur le moment, à ce qu'est l'autre dans sa particularité à ce moment. Soyez attentifs à ses
réactions et aux sensations qui vous parviennent.

Lorsque vous faites l'amour, plutôt que tenter de vous remémorer ce que les livres décrivent
sur les hommes et les femmes, ce qu'il est bon de faire, ce qu'ils/elles désirent, quelle
méthodologie il faut employer, plutôt que de vous faire une représentation dans votre tête,
écoutez l'autre, ce qu'il/elle vous dit par ses mots, son regard, son corps. Il se peut que ses

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réponses ne correspondent pas à ce qu'on vous en a dit dans les manuels, ni dans le présent
article.

Le lâcher-prise

Lâcher prise, c'est s'abandonner. C'est abandonner son envie ou son souci de contrôler ce qui
va se passer dans le futur immédiat ou plus lointain. C'est s'en remettre à la vie, se laisser
guider par les sollicitations de son enfant intérieur. C'est être attentif aux sollicitations de
l'autre qui peuvent se présenter, tout en conservant sa liberté de répondre oui ou non. Cela
demande de ne pas craindre d'être emmené dans le nouveau, dans l'imprévu.

Dans l'exercice de la sexualité, il ne s'agit donc pas de s'abandonner à la volonté de l'autre,


mais au flux de son propre SOI. C'est accueillir ses émotions, ses sensations et celles de l'autre
comme elles viennent. C'est se laisser porter par elles, c'est accueillir le plaisir dans son mode
d'expression particulier du moment, et savourer pleinement ses effets.

Vous trouverez votre chemin non en pensant, en sentant ou en faisant, mais en vous
abandonnant. (Deepak Chopra, Le chemin vers l'amour)

L'abandon à soi-même se cultive, s'approfondit dans la durée de la relation avec l'autre. Il


demande la sécurité et la paix de l'esprit. Si la relation se construit dans la confiance et dans
la complicité, il est possible de s'abandonner de plus en plus profondément à chaque fois. Le
lâcher-prise, c'est aussi la confiance en la vie, en soi et en l'autre.

Jeu, spontanéité et humour

Jouer, c'est inventer au fur et à mesure sans but défini, comme le font les enfants. On ne
cherche pas à reproduire quelque chose, ni à produire un résultat. On laisse venir ce qui vient
sans jugement et on crée le jeu comme une danse
spontanée. J'invente et je crée dans la liberté, en
réponse au geste de l'autre, tout en restant juste
avec moi-même. Je vis chaque rencontre, chaque
orgasme avec mon/ma partenaire comme s'ils
étaient nouveaux à chaque fois.

La créativité et la spontanéité viennent d'une liberté


intérieure, une liberté de l'esprit qui prend place
dès lors qu'on ne laisse plus de place aux sentiments
négatifs et à la personnalité avide. Attention
toutefois de ne pas exiger de vous d'être ce modèle
de liberté en tout temps, parce que vous
reconnaissez toutes les ombres dans lesquelles vous
vous débattez au quotidien. Il ne faut pas croire
qu'il faut avoir éliminé toutes nos pensées
perturbatrices une fois pour toutes pour pouvoir vivre des moments de liberté. Vous avez déjà
cette capacité de liberté intérieure.

Nous avons tous des moments de paix où nous sommes dans un état de liberté et
d’expansion: face au sourire d'un enfant, au moment où nous nous laissons aller à danser sur
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une musique, devant la beauté d'un paysage, dans la douce fraicheur d'un bain de mer par
temps chaud, ou en savourant les tendres caresses de l'aimé(e). Ayez confiance que vous avez
déjà vécu de tels moments et qu'ils font partie de vous. Acceptez de donner place à cet état.

Dans le jeu et la liberté, vous pouvez sentir l'énergie de vie dans votre corps. L'énergie de vie,
c'est ce qui se manifeste par la respiration, les battements du cœur, les mouvements, et aussi
l'expression sexuelle. Elle est l'expression physique de notre Moi véritable. Dès sa naissance,
le bébé prend plaisir à sentir son corps bouger, à toucher et à saisir. De même, la fonction
sexuelle est naturelle et saine. Elle nous procure de la joie lorsqu'elle est la pleine
expression de notre énergie de vie.

L'humour est l'une des expressions de cette liberté saine et joyeuse. Être en connexion
avec son Essence, c'est se détacher de tous les aspects de soi auxquels on tient à s'identifier.
On peut alors rire de soi, avec tendresse. On peut rire de tout car on se voit et on voit les
autres comme des acteurs sur une scène en train de jouer une comédie. On peut rire de soi y
compris dans la relation sexuelle. À d'autres moments, on préfèrera le silence,
l'émerveillement, le recueillement.

L'émerveillement

Le don d'émerveillement est cette faculté de recevoir les sensations, et particulièrement


la beauté de toutes choses, dans toute leur primeur, dans toute notre fraicheur, avec
étonnement et enthousiasme. Comme le fait l'enfant, comme on le fait dans des états
rénovés de conscience: l'état amoureux, la convalescence. Aussi décidons de nous
resituer dans la virginité de notre sensibilité et d'accueillir les sollicitations sensitives
comme si elles étaient nouvelles, comme si nous étions nouveaux. Autrement dit,
décidons de nous rendre disponibles, de sortir de la prison de la rationalité. (Dr Leleu,
Sexualité, la voie sacrée)

*********

Si nous récapitulons les qualités évoquées pour manifester notre essence, il est remarquable
de constater qu'elles sont identiques à celles que nous avons repéré pour le développement de
notre fonction spirituelle (voir Spiritualité et développement personnel): sincérité, humilité,
simplicité, patience, écoute, bienveillance et tendresse, non-jugement, accueil, confiance,
abandon, rire, conscience, responsabilité. Cela n'a rien de surprenant car la sexualité
essentielle est l'une des manifestations de la spiritualité.

Notons que ces qualités sont essentiellement de polarité féminine: accueillir le moment, être
dans le jeu, l'écoute, l'invention et non dans la performance. Hommes et femmes sont dotés de
ces qualités, mais les hommes auront souvent besoin d'une rééducation pour s'autoriser à les
exprimer. Que vous soyez femme ou homme toutefois, ne vous préoccupez pas de devenir
quelqu'un de parfait, avec une nouvelle sexualité. Il ne s'agit pas d'un nouveau modèle à
atteindre, répétons-le. Ne vous efforcez pas de changer brutalement vos habitudes. Laissez
simplement parler votre cœur en vous détachant de ce qui ne vous convient plus. Soyez
dans l'écoute et le dialogue et tout évoluera selon votre propre rythme et pour votre confort.

72
La danse sexuelle

Voici quelques suggestions pratiques pour vous guider dans une sexualité épanouie. J'insiste
sur le fait qu'il ne s'agit pas de règles à suivre, mais de suggestions pour sortir de
comportements «tout fait. Ce sont des propositions pour élargir le champ de votre expérience
et découvrir de nouvelles facettes de vous-même.

Préparatifs

Il est bon de préparer votre corps. Se laver, c'est offrir à l'autre le meilleur de soi. Mais c'est
aussi s'offrir du bien-être pour soi, se sentir le plus détendu possible. Une douche est aussi un
lavage psychique, pour vous débarrasser de l'énervement ou de l'activité mentale que vous
venez juste de quitter, au téléphone, dans un embouteillage, avec d'autres personnes. Plutôt
que d'amener avec vous ces tensions psychiques sur la scène du couple, quittez-les avant,
comme vous quittez vos habits. La douche, le bain, sont des sas pour entrer dans un autre
monde, celui de l'abandon à soi. Et aussi celui de la sensualité. La douche, le bain, pourquoi
pas à deux?

Vous pouvez préparer votre lieu, comme vous le préparez pour recevoir un être important.
Vous pouvez aménager la salle (qui n'est pas forcément votre chambre) pour qu'elle soit
agréable et confortable. Vous devez décider ensemble si vous l'éclairez pour pouvoir vous
regarder et découvrir vos corps respectifs, ou si vous préférez la pénombre parce qu'un
dévoilement trop direct vous intimide. Toute cause de gène doit être éliminée. Faites en sorte
de ne pas être dérangés.

Prévoyez un temps suffisamment long. Ne soyez pas préoccupé par un rendez-vous placé
juste après.

Les "préliminaires", un échange à part entière

On dit souvent, c'est bien connu, que la femme ne peut pas procéder à l'accouplement
immédiatement, car elle a besoin de préliminaires. Les préliminaires consistent à effectuer des
caresses pour laisser au désir de la femme le temps de monter. Cette indication a pour mérite
d'attirer l'attention sur les besoins de la femme et de reconnaitre sa spécificité sexuelle. Il a
pour inconvénient de ne pas la reconnaitre suffisamment en la décrivant selon une approche
masculine, comme on va le préciser.

En premier lieu, il ne s'agit pas de faire des préliminaires une règle de conduite, une méthode
obligatoire: J'ai appris comment une femme fonctionne, donc j'applique la leçon. Si on
transforme cette invitation en mode d'emploi, on reste dans sa tête et on passe à côté de
l'écoute et de la créativité du moment présent. Qui donc que la femme elle-même peut décider
de quoi elle a besoin ou envie? Il n'est nul besoin que lui ou elle se préoccupent de leçons
qu'on leur a dictées. Le questionnement sur les préliminaires s'efface dès qu'on est à l'écoute
de l'autre: on suit ce que les corps expriment, sans réfléchir à la phase suivante de la méthode.

Et les corps s'expriment selon le contexte. Si on vient de s'occuper des devoirs scolaires des
enfants avant qu'ils se couchent, il est probable que l'attention n'est pas orientée vers le corps
et qu'il est besoin d'un moment pour s'y connecter. Mais si on vient de se baigner, de
s'embrasser dans la cuisine ou dans la douche, les préliminaires peuvent déjà avoir eu lieu.
73
La séparation en deux phases, les "préliminaires" et la "pénétration", n'existe qu'en fonction
de la façon dont on envisage le déroulement de ces phases. La "pénétration" peut inclure des
préliminaires en étant très lente. Certains hommes caressent longuement la vulve avec leur
sexe, ce qui rend le passage de l'un à l'autre très progressif.

Venons-en au principal: le mot préliminaire en lui-même contient un relent d'orgasme


masculin. Il sous-entend préliminaire en vue d'autre chose. Donc le préliminaire n'est conçu
que pour la suite. Parler de préliminaires implique qu'en pensée on est déjà dans l'après-
préliminaire.

Or les préliminaires sont un échange à deux à part entière, qu'ils aient une suite ou non. Ils
se suffisent à eux-mêmes. Ils ne sont donc pas des préliminaires, mais un mode d'expression
particulier de l'échange amoureux de deux corps dans la tendresse. Il est possible que ce
mode dure des heures et qu'il ne se prolonge pas par un accouplement génital. Tout dépend du
moment et de la danse des corps qui nait à ce moment.

Les massages constituent une forme d'approche sexuelle très intéressante et très agréable. En
premier lieu, ils répondent au besoin fondamental du petit enfant d'être touché et caressé,
qui bien souvent n'a pas été satisfait. Cela crée donc une détente très favorable à l'expression
sexuelle, même si apparemment elle ne va pas dans le sens de l'excitation. Patience! En
deuxième lieu, ils permettent une expérience qu'on a rarement l'occasion de vivre: quand vous
êtes massé(e), vous recevez et vous n'avez pas à vous préoccuper de votre partenaire, de son
plaisir. Il/elle vous l'offre. Laissez-vous recevoir du bien-être et de l'amour comme un
bébé, sans avoir à le mériter et ni donner en retour. Pour une fois, c'est permis! Vous
donnerez ensuite, lorsque vous échangerez vos rôles.

Découverte des sensations corporelles

L'échange de tendres caresses pendant un long moment est également extrêmement


profitable à l'homme. S'il pense tout de suite à la pénétration, il se fige sur le plaisir qu'il a
déjà connu et qu'il cherche à retrouver. Il n'est pas ouvert au nouveau, à la surprise. Il passe à
côté de nouvelles sensations que son corps peut lui procurer par les caresses, les massages
érotiques, ou simplement une longue étreinte en silence.

Anatomie du clitoris

74
Contrairement à une idée répandue, le clitoris ne se limite pas à la pointe extérieure (en
haut sur l'image). C'est un corps long de 8 cm environ, qui se prolonge de part et d'autre de
l'urètre et du vagin jusqu'aux cuisses
(d'après Helen O'Connell)

Je touche l'autre, je le caresse, je le masse, sans chercher à obtenir une réaction de sa part.
Je me laisse toucher, caresser, masser, et je savoure. Je fais signe si quelque chose ne me
convient pas.

Vous pouvez aussi masser son sexe longuement. Avez-vous déjà eu l'occasion de sentir votre
sexe massé pour lui-même, non pour le préparer à une suite, mais pour la sensation et la
découverte de cette partie un peu étrange de vous. Massez le sexe de l'autre comme vous
masseriez son visage, avec amour et tendresse, un quart d'heure, ou bien plus, aussi longtemps
que vous voudrez et qu'il/elle voudra.

Vous pouvez vous offrir la lenteur.

La "lenteur est chose divine" écrit Daniel Odier. Il est vrai que la rapidité est
incompatible avec la sensualité. La sensation n'apparait dans toute sa pureté, dans
toute sa splendeur que lorsque la conscience est retenue. Il faut donc prendre le temps
de vivre, le temps de jouir. Sortir de la compulsion et entrer dans la délectation. Quand
vous embrassez, embrassez longtemps, quand vous caressez, caressez longuement.
Faites les choses infiniment. Ce qui n'exclut pas les unions éclairs quand chacun, pris
par un irrésistible désir, se donne fougueusement à l'autre. (Dr Leleu, Sexualité, la voie
sacrée)

Pénétration et fusion

Lorsque le moment est venu de fusionner, les sexes viennent s'épouser. Il est habituel de
nommer pénétration cet "emboitement" parce que le sexe de l'homme pénètre dans la vulve
de la femme. Or ce n'est là qu'une façon parmi d'autres de considérer l'acte. C'est celle qui
laisse l'initiative à l'homme. C'est tout-à-fait possible. Mais il faut être conscient que le même
acte d'épousailles peut être réalisé avec une autre attitude d'esprit.

Pour comprendre cette subtilité, que vous soyez homme ou femme, imaginez que vous
introduisez votre doigt dans votre bouche. Placez d'abord votre attention dans votre doigt.
Sentez-le pénétrer dans votre bouche. Maintenant, changez votre point de vue en plaçant
votre attention dans votre bouche, c'est elle qui va aller embrasser le doigt, le sucer si vous
préférez. Sentez ce qui est différent et les sensations que cela procure.

De même, dans l'accouplement, on peut considérer que la "bouche" vaginale de la femme


(avec ses lèvres) vient embrasser le pénis, le "sucer", le masser doucement, l'avaler, ce qui
ne peut plus s'appeler pénétration. Remarquez que le même acte, l'emboitement des deux
sexes, prend un caractère différent selon que le mouvement est à l'initiative de l'un ou de
l'autre.

Cela démontre que le geste extérieur n'est pas important en soi. La qualité du geste se trouve
dans l'intention et les sentiments qui le sous-tendent. Vous pouvez imaginer, homme ou
femme, que votre sexe est comme une main qui touche et caresse, fait connaissance, dialogue
75
avec le corps de l'autre. Il n'y a plus de pouvoir de l'un sur l'autre, mais une rencontre dans
l'écoute et le respect. La rencontre peut prendre la forme d'une sorte de danse, selon l'état
physique et selon l'état d'âme, parfois dans la lenteur, parfois dans l'excitation, parfois dans
l'immobilité. L'un peut mener, ou c'est l'autre. Puis il y a synergie et personne ne mène plus
que l'autre, on est les deux en même temps, le doigt, la bouche, tout le corps, deux corps qui
n'en forment qu'un.

Les sécrétions de la femme

Lorsque le corps de la femme s'abandonne au plaisir, il s'ouvre et laisse émaner ses


substances vaginales. D'abord, le vagin se lubrifie. Mais d'autres sécrétions du vagin sont
émises ensuite, sorte de transpiration des muqueuses dont la composition est variable en
fonction de la stimulation sexuelle.

Orchidée. Merci à Laetitia Tixier

Certains hommes sont dérangés par ces sécrétions. Du coup les femmes elles aussi sont
gênées par crainte de déplaire. Le malaise des hommes peut venir en partie du fait qu'ils
associent les sécrétions à quelque chose de dégoutant. A cela on peut les renvoyer à la façon
dont leur sperme peut être reçu par les femmes. Le considèrent-elles comme dégoutant? Et
eux-mêmes? A bien y regarder, le dégout n'est peut-être que l'apparence d'un réflexe de recul
vis-à-vis d'un phénomène inconnu qui les dépasse et qu'ils ne peuvent maitriser. Le corps
féminin est tellement mystérieux!

Or, hommes et femmes, vous pouvez changer votre regard sur ce phénomène féminin. Prenez
en compte qu'il est à sa plus grande intensité au moment où la femme s'offre totalement à son
partenaire et à elle-même. Elle s'ouvre comme une fleur, elle libère et offre ses parfums, son
miel. C'est son don à la vie, au mystère.

Apprenez à accueillir les sécrétions avec un regard différent. Les sécrétions sont bien plus
qu'une lubrification et les règles bien plus que l'évacuation d'une muqueuse qui n'aura
servi à rien. Elles transportent, de même que le sperme, des qualités énergétiques tout-à-fait
intéressantes (voir Alchimie sexuelle).

76
Maitrise de l'éjaculation

Il est habituel de penser que l'orgasme de l'homme se produit à travers et grâce à l'éjaculation.
Or c'est faux. Des orgasmes de l'homme peuvent également advenir sans éjaculation. Cela
prouve qu'orgasme et éjaculation ne sont pas liés même si l'une peut entrainer l'autre. Mais
comment faire l'expérience d'orgasmes sans éjaculation et dans quel but le ferait-on?

L'éjaculation se produit habituellement par réflexe et l'homme subit les réactions de son corps.
Il ne peut faire l'expérience de l'orgasme sans éjaculation que s'il a appris à maitriser ce
réflexe, comme on maitrise un cheval fou. Il doit donc prendre conscience de la gamme de
sensations qui se déroulent au fur et à mesure que son désir monte, les apprivoiser, et retenir
son éjaculation lorsqu'il sent qu'elle est sur le point de se produire.

Les hommes habitués au sentiment d'exaltation que procure l'éjaculation peuvent être enclins
à penser qu'ils vont être privés de ce plaisir majeur et que c'est un sacrifice bien inutile. Ce
n'est pas un sacrifice et c'est utile. Ce n'est pas un sacrifice, comme en témoignent des
hommes (et leurs compagnes) qui ont expérimenté cette pratique. Ils affirment que la
rétention de l'éjaculation bien menée et bien comprise peut conduire à des plaisirs plus
grands encore, mais d'une autre nature. C'est utile parce que la relation sexuelle peut se
prolonger indéfiniment, elle n'est pas stoppée par la baisse de tonus et l'impossibilité d'une
érection consécutives à l'éjaculation.

L'homme qui as su contrôler son éjaculation découvre quantité de plaisirs nouveaux. Sa


première découverte, c'est la volupté extraordinaire qui nait à son lingam [pénis];
toujours croissante, elle deviendra une sensation exquisément majeure qui fondra son
lingam dans la yoni [vulve] et dissoudra son corps dans le corps de la femme. Sa
deuxième découverte, c'est le « pré-orgasme » : si l'orgasme explosif ne se produit pas,
en revanche l'homme ressent l'acmé de jouissance qui précède l'éjaculation retenue. Et
cette jouissance, il peut la renouveler tant qu'il veut puisque son désir et son érection
persistent; et elle sera de plus en plus forte. Sa troisième découverte est que cette
ascension continue de plaisirs va le mener à l'extase qui est plus qu'un plaisir suprême:
l'accès à un état de conscience supérieure. (Dr Leleu, Sexualité, la voie sacrée)

L'entrainement est progressif, au même titre qu'un entrainement sportif doux ou un yoga. Il est
très profitable de l'effectuer avec l'aide de la partenaire. Prendre conscience des muscles
pelviens, ceux qui sont à la base du bassin et qui sont mobilisés par les mouvements de
contraction de l'anus et du pénis, et s'entrainer à les contracter souvent indépendamment les
uns des autres et de plus en plus longtemps. Penser à respirer profondément en même
temps. Masser et caresser doucement le pénis pour faire monter le plaisir sexuel. S'entrainer à
contenir le réflexe d'éjaculation à des points d'excitation de plus en plus forts (voir des
conseils pratiques détaillés dans l'ouvrage de Barbara Keesling, L'orgasme multiple au
masculin).

77
Par cette pratique l'orgasme masculin se rapproche de l'orgasme féminin. L'homme peut
bénéficier d'orgasmes multiples. Les deux partenaires sont en phase. La femme elle aussi en
tire des bénéfices très appréciables.

Les bénéfices pour la femme sont évidents. D'une part la prolongation de l'union va lui
donner tout le temps qui lui est nécessaire pour élever son niveau d'excitation et
atteindre son paroxysme, qui est souvent plus lent à survenir. D'autre part, le contrôle
de l'éjaculation, en perpétuant le désir et l'érection de l'homme, va permettre à la
femme de connaitre plusieurs orgasmes, elle qui est capable de les renouveler sans
lassitude. Par ailleurs, le contact prolongé de sa yoni avec le lingam lui procure des
voluptés inouïes, de plus en plus ardentes, jusqu'à sentir son sexe fondre et se fusionner
avec le lingam et cette lave envahir son corps. Enfin l'accumulation de ses plaisirs va
propulser la femme dans l'extase, elle aussi. (Dr Leleu, Sexualité, la voie sacrée)

C'est en concertation que les amants décideront d'explorer cette pratique, car elle nécessite la
participation des deux. La femme doit accepter, au cours de l'apprentissage, que son
partenaire ait besoin de stopper l'excitation lorsqu'il s'approche du point critique.

La pratique occidentale actuelle de la rétention est issue des enseignements tantriques


orientaux, bien qu'elle ait été connue en Égypte, en Europe et en Amérique dans les temps
anciens. Diffusée en Occident, elle a été reprise, isolée de son contexte philosophique et
adaptée par des sexologues et des groupes de recherche en spiritualité ou en vie saine. L'une
de ces méthodes est la karezza, prônée par J.W Lloyd et A.B. Stockham, dans laquelle les
partenaires recherchent une tendre proximité, une union et un développement spirituel mutuel.

Certains couples pourront choisir cette pratique comme mode de vie. D'autres choisiront,
selon leur convenance du moment, de retenir ou non l'éjaculation. L'éjaculation apporte
aussi ses bénéfices. Outre la sensation d'ivresse connue par l'homme de se laisser traverser
par cette force puissante, la femme en ressent aussi les effets et la force. Selon J. Sion (Le
78
manuscrit de Marie-Madeleine), au moment où le sperme gicle sur les parois de son vagin, le
mouvement des fluides crée une puissance magnétique que l'homme et la femme reçoivent
dans leur corps, à condition d'être dans un état de lâcher-prise et d'élévation spirituelle.

Maitrise sexuelle du corps

En plus de la maitrise de l'éjaculation, il est très intéressant de développer une certaine


maitrise du corps pour recevoir plus de bénéfices de la pratique sexuelle. Lorsqu'un danseur
s'entraine pour élargir ses possibilités corporelles, il augmente la palette d'expression des
mouvements de son âme. De même, en ayant une connaissance plus fine et plus intime de
votre anatomie et en donnant plus de mobilité et de souplesse à votre bassin, vous
augmenterez la gamme de vos sensations sexuelles.

Il est recommandé de bien connaitre votre anatomie et celle de votre partenaire. Présentez
votre anatomie à l'autre, comme vous lui présenteriez un ami. Faites une connaissance intime
en massant soigneusement les organes sexuels de l'autre, qui pourra communiquer ce qu'il/elle
ressent et donner des indications sur ce qui lui plait ou non.

Muscle du périnée chez un homme


Muscles du périnée chez une femme (Wikipédia)
(Wikipédia)

Apprenez à faire bouger à volonté (contracter et décontracter) les différents muscles du


plancher pelvien (périnée). Selon le site Mon-Intimité, "le plancher pelvien est composé de
plusieurs muscles et fascia. On distingue 2 niveaux de muscles: 1° la partie superficielle,
appelée aussi diaphragme uro-génital, formée par le muscle urétro-vaginal issu du muscle
bulbo-caverneux, l’anus et le muscle transverse du périnée. 2° la partie profonde, appelée

79
aussi diaphragme pelvien, formée par le muscle releveur de l’anus." Le muscle pubo-
coccygien souvent cité est une partie du releveur de l'anus.

Aussi bien pour les hommes que les femmes, il est bon d'apprendre à contracter chaque partie
séparément, les muscles de l'avant, les muscles de l'arrière, les muscles de la couche
supérieure et les muscles du plancher. Un entrainement est nécessaire, car nous ne sommes
pas habitués à faire fonctionner volontairement ces muscles. Non seulement vous acquerrez
une meilleure maitrise sexuelle, mais vous stimulerez la circulation des fluides et des
courants énergétiques de cette zone souvent rigidifiée par des peurs, des traumatismes et des
interdits. Même si vous avez reçu l'injonction Ne remue pas les fesses quand tu marches, tu
ressembles à une putain, autorisez-vous à bouger les fesses et tout le reste avec souplesse et
joie.

La femme peut atteindre la maitrise du vagin par contraction - décontraction des muscles du
plancher pelvien et des muscles abdominaux. Certaines femmes utilisent un petit œuf vaginal
en pierre ou en plastique médical qu'elles sont capables de faire monter et descendre dans le
vagin. Dans des civilisations anciennes, les geishas, les femmes des empereurs chinois, les
femmes des harems utilisaient des boules ou œufs en pierres semi-précieuses pour tonifier
leurs muscles intimes et acquérir un contrôle des mouvements du vagin... Les plus douées
pratiquaient deux boules: elles faisaient descendre une boule et en même temps remonter la
deuxième, dans le but de les frapper l’une contre l’autre; parfois elles étaient même capables
de faire une rotation des boules! (site MonIntimite)

Pendant la pratique sexuelle, suivez votre respiration en conscience, au moins pendant


quelques instants. Cela vous permettra de voyager dans d'autres espaces. Que ce soit dans des
moments calmes ou d'excitation intense, essayez ceci: dirigez votre inspiration vers le ventre,
inspirez profondément; ralentissez consciemment la respiration. Et découvrez!

Échanges énergétiques

L'orgasme met en circulation un flot important d'énergie qui stimule les différentes parties du
corps et pas seulement la zone pelvienne. Il réagit par des manifestations spontanées variées
qu'il est bénéfique d'accueillir: spasmes, tremblements, émotions, rires, pleurs, sons vocaux,
cris, etc. Les pleurs, qui intriguent et parfois choquent certains et certaines, n'indiquent en
aucune façon un chagrin ou un drame, mais au contraire une libération intense d'énergie de
vie. Honorez-les.

D'autres manifestations énergétiques ont lieu sur des plans plus subtils. Nous dégageons en
permanence un champ bioénergétique qui est perçue par les autres. Réciproquement, nous
sommes réceptifs aux champs bioénergétiques des autres. Même si cela vous semble étrange,
vous pouvez réaliser que c'est une expérience habituelle et familière. Si quelqu'un est triste
par exemple, vous le ressentez facilement, vous le sentez habité d'une énergie lourde et cette
énergie lourde vous atteint. Ce phénomène est explicable par l'existence des corps
énergétiques et de l'aura (voir Chakras et corps subtils).

Contrôlez la qualité de l'énergie échangée

Dans un échange relationnel, l'énergie de l'autre s'infuse dans notre aura et


réciproquement. Si son énergie est lourde, et si nous nous laissons envahir par son émotion,
80
nous pouvons en être affectés et devenir tristes ou fatigués. Mais si nous savons rester dans la
confiance et la légèreté, si nous ne nous impliquons pas émotionnellement dans les émotions
de l'autre, si nous restons centrés sur la respiration, alors les énergies parasites de notre aura
sont dispersées. Tout reste en équilibre.

Faire l'amour, c'est aussi émettre ses énergies et recevoir celles de l'autre de façon
approfondie. Lorsque vous faites l'amour, vous vous confiez à l'autre dans votre plus grande
intimité et vos corps sont plus réceptifs. Si vous faites l'amour dans une intention de pouvoir
et de manipulation, vous contribuez à abaisser les énergies de l'autre. Inversement, si vous
faites l'amour dans le respect de l'autre et le don de vous, vous nourrissez son énergie
d'amour. Les énergies qui sont ainsi communiquées à un partenaire peuvent rester incrustées
dans ses corps énergétiques.

Inversement, un partenaire peut être encombré de vieilles énergies provenant de ses


anciennes relations, énergies encore présentes et influentes. Donc attention si elles sont
lourdes. N'en soyez pas effrayé pour autant, ne repoussez pas forcément cet être, mais soyez
conscient. Purifiez-vous si nécessaire discrètement après un échange amoureux parasité, ou
bien de vos anciennes relations. Utilisez des huiles essentielles en parfum ou en friction,
méditez, visualisez que vous restituez ces parasites à la lumière (voir Puissance de
l'imaginaire), pardonnez-vous et pardonnez à vos anciens partenaires, et surtout ressentez
votre amour profond pour vous-même et pour votre partenaire.

Élévation vibratoire

Lorsque le rapport sexuel est effectué véritablement dans l'amour de soi et de l'autre, le
rapport sexuel éveille des forces latentes puissantes, induit des flashs cosmiques et propulse
81
vers un autre état de conscience. Le rapport sexuel peut ouvrir d'autres portes, d'autres
royaumes et vous transporter dans des dimensions de plus en plus vastes.

L'union sexuelle peut être effectuée intentionnellement avec la pensée d'augmenter la


fréquence vibratoire de votre corps et d'échanger vos codes d'évolution vibratoires.
Ordinairement, l'énergie sexuelle reste au niveau génital et dans le ventre. Vous pouvez lui
ordonner de monter dans votre colonne vertébrale jusqu'au cœur et au-delà vers les
centres supérieurs du cerveau, vers le chakra coronal, ce qui aura pour effet de faire surgir
l'orgasme dans la tête (voir Alchimie sexuelle).

Lorsque vous vivez une relation profonde, faites toujours intervenir le facteur le plus
important, celui de la communion totale de vos corps, de vos âmes, et faites monter ces
énergies le plus haut possible. Cet acte sera merveilleux pour vous. Il ne s’arrêtera pas
au niveau de l'animalité humaine, il sera vraiment au niveau de l'homme de demain.
Nous ne vous avons pas dit de "jouer" à faire monter les énergies, nous vous avons
simplement dit ceci : que lorsque l'acte est très bien vécu, très bien mené en quelque
sorte, les énergies montent automatiquement et vont là où elles doivent aller. Nous
parlons simplement de ce que tout un chacun peut vivre au quotidien et qui n'est pas
dangereux si c'est fait dans la pureté et l'amour... Les [humains] qui commencent
vraiment à évoluer sur ce chemin de Lumière ont des relations intimes totalement
différentes, beaucoup plus profondes, beaucoup plus vécues au travers de l’âme qu'au
travers du corps, et ils s'en sortent grandis, avec une nouvelle force. (Monique Mathieu
- la sexualité)

La femme initiatrice

Les énergies féminines ont un rôle particulier que peu de femmes connaissent ou pressentent,
et que les hommes ignorent. Dans le cœur et la sagesse corporelle de la femme se trouvent
des pouvoirs fabuleux. L'humanité doit retrouver ces connaissances qui n'ont pas été perdues
mais restreintes à certains groupes de personnes aptes à les recevoir et les apprécier. Il existait
autrefois des enseignements à ce sujet, qui ont été bafoués et occultés. En fouillant dans les
traditions, on découvre vite que la maitrise de la sexualité a été largement enseignée de par le
monde à des classes de femmes initiées et chez les femmes chamanes. On en trouve des
exemples en Asie, parmi les prêtresses égyptiennes, chez les peuples autochtones (voir
Accouchement, sang menstruel et chamanisme). Il est dit que Marie-Madeleine a été initiée à
l'alchimie sexuelle en Égypte. L'initiation inclut la maitrise des muscles, des courants
énergétiques du corps et des états de conscience. Ces femmes étaient capables d'aider les
hommes et les femmes à accéder à leur maitrise et à développer leurs autres dimensions.

Marie-Madeleine,
une initiée maitresse de l'énergie de la Déesse

Les prêtres patriarcaux juifs et leurs femmes s'opposaient de plus en plus ouvertement à
l'adoration de la Mère divine, la Shékinah sacrée. En jouant le rôle d'intermédiaires entre le
chercheur et Dieu, les prêtres cherchaient à régir la capacité inhérente des individus d'avoir
une connaissance directe de Dieu à l'intérieur d'eux-mêmes. Ils se méfiaient, et souvent,
abhorraient les manières d'entrer en relation directe avec la Shékinah. Ils méprisaient Isis,
Inanna et les autres représentations de la Grande Mère, à défaut de pouvoir se servir de la
Déesse à leurs propres fins. Les femmes qui étaient solidement ancrées dans les vieilles
82
traditions matriarcales étaient perçues comme une menace parce qu'elles ne pouvaient être
dominées facilement et qu'elles détenaient des pouvoirs que la prêtrise convoitait pour elle-
même. Par conséquent, bien des hommes en position d'autorité religieuse regardaient ces
femmes de haut et les considéraient comme des tentatrices responsables de la chute du genre
humain et de la corruption de la chair. La plupart des maris traitaient leurs femmes et leurs
filles comme des possessions ignorantes et de virtuelles esclaves au service de leurs plaisirs
physiques et de leur besoin d'héritiers. On appliquait souvent aux femmes qui étaient
connues pour leur adoration de la Déesse les étiquettes de prostituées et de femmes aux
mœurs légères.

Anna, grand-mère de Jésus ; Claire Heartsong

Les femmes étaient porteuses d'une énergie créative et intuitive très forte qui ne devait pas
servir au simple plaisir sexuel. En réalité, Marie-Madeleine était maitresse de l'énergie
créative de la kundalini et fut capable de démontrer la fonction essentielle de cette énergie à
certains hommes. Cependant, les enseignements et pratiques qu'elle dirigeait furent mal
compris et elle fut traitée de prostituée.

Révélations d'Arcturus; Ramathis-Mam

Marie me reconnut comme initiée [au culte d'Isis], du fait que je portais à mon bras le bracelet
d'or en forme de serpent... Il est ironique que j'aie ensuite rencontré les yeux de ceux qui
furent des disciples [de Jésus], qui me jugèrent et décidèrent que j'étais une prostituée. Cette
opinion s'est perpétuée au fil de générations de croyants.

Le manuscrit de Marie-Madeleine, T. Kenyon et J. Sion

Le rayonnement magnétique féminin

Lorsque la femme peut s'abandonner complètement aux courants de vie, son corps s'ouvre
comme une fleur. Comme la fleur, elle émet ses parfums et effluves, chimiques,
physiologiques, biomagnétiques.

La femme ne peut s'abandonner complètement que si elle se sent en sécurité, sinon elle
conserve une tension due à un reste de vigilance. Elle se sent en sécurité complète si elle est
profondément aimée et estimée, sans aucun jugement sur son corps ou ses attitudes.

Dans ces conditions, l'ouverture du corps et les effluves magnétiques sont produites en
stimulant ses sens par le toucher et les caresses. Le champ magnétique culmine en
puissance au moment de l'orgasme.

Le champ magnétique persiste tant que la femme reste en état de grâce, y compris après
l'union dans un autre environnement. Dans ce cas, la femme est très attirante et magnétique.
Les hommes qui l'approchent en ressentent parfois des effets sexuels dans leur corps. Ils
doivent donc prendre conscience de ce qui se passe, savourer leurs sensations et respecter la
femme.

83
Le nid magnétique

Après l'orgasme, les vagues énergétiques de la femme oscillent longuement dans son corps et
il est recommandé de ne pas arrêter l'étreinte des corps juste à ce moment. Il serait dommage
que l'homme suive sa tendance à se lever ou s'endormir car c'est alors que l'homme et la
femme peuvent bénéficier du champ biomagnétique de la femme.

En restant en contact avec elle par ses caresses et le contact corporel, en s'abandonnant,
l'homme reçoit des courants énergétiques puissants dans ses corps subtils. Il se blottit contre
elle, se laisse enlacer. Il entre en contact avec l'essence féminine. Cette attitude n'a rien de
puéril, ni d'antiviril. Son énergie sexuelle est nourrie et devient plus puissante. (D’après Le
manuscrit de Marie-Madeleine, T. Kenyon et J. Sion)

L'alchimie féminine

Les femmes ont le plus souvent éprouvé de la répugnance pour leur sang menstruel,
plutôt que de le considérer comme la source de leur puissance... Depuis des éons, on
déclare aux femmes que leur sang est une malédiction, et elles sont devenues terrifiées
de leur propre sang. Elles ne comprennent pas qu'il est leur source et leur puissance.
(Terre, B. Marciniak - lire la suite dans Alchimie sexuelle)

Autrefois, les prêtresses qui avaient la connaissance de l'alchimie sexuelle la transmettaient au


cours de quelques initiations secrètes à des hommes qui avaient atteint un certain niveau de
service au divin, pour leur permettre d'accéder à une plus grande puissance spirituelle.

Sexualité sacrée

Le vécu extatique d'une relation sexuelle conduit les amants au-delà de leur condition
humaine ordinaire. Elle les emmène dans d'autres dimensions - au septième ciel. Dans ce cas,
il ne s'agit plus d'une fuite de soi-même ou d'une compensation, mais d'un véritable
bourgeonnement et d'une floraison de nos richesses intérieures. Accéder au divin qui est en
soi est le sens le plus élevé de la sexualité.

84
Mais il ne suffit pas de faire l'amour pour y accéder. Il faut choisir cette intention et s'y
préparer. Les fondements de cette préparation sont la communication authentique entre
amants, la confiance, l'abandon, la joie et l'extase. Elle inclut qu'on se déleste momentanément
de tous les soucis du passé et du futur, qu'on se laisse couler dans le moment présent.
L'extase divine survient par elle-même sans qu'on puisse volontairement la créer. On
prépare le terrain pour l'inviter. Elle n'exige rien d'autre que l'intention délibérée de l'inviter, la
détermination et la persévérance. Elle vient ou non.

L'extase

Le bouleversement de l'orgasme ne relève pas seulement du plaisir, il est aussi vécu


comme une transformation profonde. Les maitres spirituels nous disent que l'état
d'illumination qui est totalement libre, extatique, illimité, se rapproche beaucoup de
l'orgasme. Ou du moins que c'est une de ses possibilités. (D. Chopra, Le chemin vers
l'amour)

Célébrer la sexualité avec les cycles de la nature

Les amérindiens ont toujours observé la nature; c'est leur livre de la vie...

Ils n'ont pas seulement observé les cycles naturels; ils ont toujours compris que c'est le
mélange des énergies mâles et femelles qui crée la vie. Ils considèrent le sexe comme une
partie naturelle de la vie. Beaucoup de cultures amérindiennes, en fait, considèrent que faire
l'amour, c'est partager l'énergie ou fusionner l'énergie.

Les cérémonies primordiales de maintes tribus ont lieu durant le solstice d'hiver, l'époque de
l'Esprit Gardien Waboose. A cette époque, nous honorons le mélange des énergies mâles et
femelles parce que c'est l'union du Père Soleil et de la Terre Mère qui aura lieu au printemps,
qui produira la vie nouvelle. En honorant cette union du Soleil et de la Terre, c'est la sexualité
humaine que les amérindiens honorent, sur un plan symbolique.

Nous reconnaissons continuellement le fait qu'on doit être à deux, le mâle et la femelle, pour
recréer la vie sur tous les plans de l'existence. C'est cette reconnaissance, je pense, qui nous
empêche de devenir trop arrogants, de penser que nous n'avons besoin de personne d'autre
dans la vie. L'indépendance est une bonne chose, tant qu'elle ne va pas jusqu'à l'arrogance ou
l'extinction...

Honorer les énergies mâles et femelles est un thème constant qui parcourt toutes nos
cérémonies. Nous avons d'abord la cérémonie du Renouveau de la Terre; puis nous avons la
cérémonie de reconnaissance de la saison du printemps pour planter. A ce moment, nous
honorons la fertilité des femmes, et leur pouvoir de donner la vie. Lorsque nous plantons notre
jardin, nous construisons un cercle de cérémonie à l'intérieur et nos sœurs sortent pour faire
une bénédiction spéciale au terrain. Autrefois, les femmes enlevaient leurs vêtements et
marchaient nues autour du jardin. Elles trainaient leurs vêtements par terre derrière elles sur le
sol.

Sun Bear, with Wabun and Barry Weinstock, The path of power, Bear Tribe Publishing,
Spokane, USA, 1983. Traduction A. Boudet

85
L'extase n'est pas un simple orgasme, c'est plus et c'est autre chose. Il y a bien
jouissance mais elle dépasse le plaisir d'organe, elle est d'une autre nature, elle est
vibratoire, ravissante, élevante. C'est dans le corps entier un état de bien-être
océanique, bien-être qui déborde les limites du corps, les efface et baigne le partenaire
et tout l'environnement. Devenu sans limites, le corps "est" au monde. Et c'est comme si
on ne pouvait plus faire de distinctions entre le corps et l'âme, comme si on ne sentait
plus de différences entre l'un et l'autre. Des sentiments fabuleux nous habitent:
sentiments de joie totale, de félicité, sentiment de plénitude comme s'il ne manquait
plus rien, sentiment d'amour infini envers notre ami(e), envers le monde entier,
sentiment d'appartenance à tout ce qui vit, tout ce qui est, à l'univers... Cette mort de
l'égo fait disparaitre la dualité et nous fait atteindre l'unité: unité avec l'autre, unité
avec l'univers, unité avec la source des origines, l'engendrement de l'être et du cosmos.
Dans sa phase ultime, l'extase se fait illumination. (Dr. Leleu, Sexualité, la voie sacrée)

La sexualité, le chemin le plus direct vers le divin

La sexualité conduit vers le divin sans avoir recours aux prêtres, aux églises et aux écoles. Les
églises en ont fait un péché pour obliger la population à se soumettre à leurs jugements et les
éloigner de leurs expériences mystiques personnelles. Beaucoup d'écoles spirituelles ont
développé l'idée que la seule voie pour trouver leur être intérieur était l'abstinence.

[L'union sexuelle est] le chemin vers la réalisation divine le plus dynamique et l'un
des plus rapides. Quelle ironie que l'Église en ait fait un péché - et qu'elle ait par
conséquent terrifié ceux qui auraient pu tomber dessus par hasard. C'est une tragédie
que l'Église ait fait porter le blâme et la honte aux femmes et aux hommes en raison de
leur nature d'êtres sexués, et qu'elle ait barré la voie à l'un des sentiers les plus directs
vers la réalisation de Dieu. (T. Kenyon, Manuscrit de Marie-Madeleine)

Quand nous nous unissons par amour, nos corps physiques ainsi que tous nos chakras
fusionnent. L'acte sexuel est à nos yeux une union avec le Divin; tous nos chakras y
participent, en alignement avec le cœur, ce qui engendre une expérience sublime.
L'expression de notre sexualité exige que les flammes du cœur s'éveillent d'abord. (A.
Jones, Telos)

Apprenez à vivre la relation sexuelle avec la conscience de votre divinité. Dans la


relation sexuelle, appelez à vous toutes les énergies divines, transmutez ces énergies.
Ce sera non seulement profitable à votre évolution, mais aussi à l’évolution de votre
partenaire... Cela vous donnerait une force considérable qui vous permettrait d’avoir
accès à d’autres parties de vous-même et notamment à la force spirituelle considérable
qui est en vous. (M. Mathieu)

Lorsque vous avez une relation sexuelle, offrez-la au divin

Non dans l'intention d'obéir à un dogme religieux, mais pour retrouver votre beauté
intérieure et votre grandeur.

Accomplissez tous vos actes en les offrant à la vie, à la terre, à la lumière, au divin.

86
L'Orgasme : initiation à l'abandon

Impossible de parler de sexualité sans évoquer l’orgasme. Perçu comme le paroxysme du


plaisir, ses effets peuvent s’avérer surprenants.

L’orgasme, explosion intense de plaisir dans le corps, fruit de l’amplification du désir et de


l’excitation, est généralement considéré comme étant l’objectif à atteindre dans la sexualité. Il
en serait le « clou du spectacle », le bouquet final. Alors, cette jouissance hante nos psychés,
nos corps, tout autant que nos clips publicitaires. Nous le voulons. Toutefois, l’orgasme tel
qu’habituellement médiatisé ressemble parfois à une sorte d’arnaque du monde moderne.
Derrière cette jouissance présentée comme un big bang bling-bling, se cache un phénomène
notable et que nul ne sait réellement définir.

La médecine, par exemple, décrit ses manifestations les plus communes : contractions
musculaires du périnée et des organes sexuels, modification de charges électriques dans la
zone génitale, décharge de fluides chez la femme et éjaculation chez l’homme – bien que
facultatifs. Le tout serait épicé d’une production hormonale qui favoriserait la sensation de
plaisir et, bien sûr, de certains facteurs psychologiques. Cependant, la revue scientifique
Clinical Psychology Review liste 26 descriptions de cette apogée sexuel sans qu’aucun
consensus ne soit trouvé. « Pour l’instant, il n’y a pas de définition cohérente de l’orgasme »,
confirme le sexologue Jean-Claude Piquard, auteur de Les Deux Extases sexuelles. «
Finalement j’ai eu un orgasme. Mais mon docteur m’a dit que ce n’était pas le bon »,
plaisante Woody Allen. L’orgasme ne serait-il pas alors avant tout une expérience de lâcher-
prise que chacun expérimente à sa manière ?
C’est ce que pense Wilhelm Reich, médecin psychanalyste, auteur de La Fonction de
l’orgasme et précurseur des recherches sur ce phénomène mystérieux. Pour lui, l’orgasme se
produit lorsque la montée en puissance de l’énergie sexuelle dans le corps lâche d’un coup.
Cette « petite mort » marquerait le passage d’une tension quasi insoutenable à une relaxation
soudaine. Au-delà de ces symptômes variables, l’orgasme serait avant tout un abandon de soi.
Une expérience divinement jouissive. « Reich a défini la courbe de l’orgasme en montrant
comment au moment de l’acmé, le corps perd tout contrôle et décharge l’énergie accumulée,
provoquant tout un tas de réactions », détaille le Dr Michel Heller, psychologue et auteur de
Psychothérapies corporelles, Fondements et méthodes.

87
Revitalisés des pieds à la tête

Reich note aussi au passage que l’énergie libérée cherche à irriguer notre organisme. Allant
bien au-delà des parties génitales, ce grand lâcher-prise pourrait potentiellement nous
permettre d’être revitalisés de la tête aux pieds par un flux puissant d’énergie vitale. Ceci
aurait de multiples effets bénéfiques sur notre santé. Cependant, le psychanalyste fait le
constat de « cuirasses » qui agissent comme des barrages à cette circulation. Construites par
tout un chacun pour se protéger des difficultés de la vie, elles se trouveraient au niveau
physiologique (cuirasse musculaire) et psychologique (cuirasse caractérielle).
Le psychanalyste insiste alors sur la nécessité de les nettoyer en soulignant que l’orgasme en
serait à la fois un moyen et un résultat. Plus nous sommes libérés de nos tensions, plus
l’orgasme peut prendre de l’ampleur. Plus il prend de l’ampleur, plus l’énergie qu’il génère
nettoie les barrages qu’elle rencontre. « Reich considérait l’orgasme comme une sorte de
mécanisme de nettoyage de nos cuirasses. Il le voyait un peu comme un phénomène de
réinitialisation de nos paramètres », résume le Dr Gérard Guasch, médecin psychanalyste et
auteur de Wilhelm Reich : Biographie d’une passion.

Ouverture spirituelle

Que se passe-t-il alors lorsque nous acceptons de vivre pleinement cette initiation au lâcher-
prise ? Abandon à plus grand que soi dans un plaisir intense. Entrée dans des espace-temps où
les possibles sont surprenants. « Je crois que l’orgasme ouvre à la spiritualité car il nous
décharge, ne serait-ce qu’un petit moment, des repères habituels auxquels nous sommes
identifiés. Là, nous accédons à d’autres sources, dans lesquelles il semble indéniable qu’il y
ait une dimension spirituelle. Nous pouvons alors avoir une sensation de béatitude qui nous
fait nous sentir appartenir au cosmos », énonce Gérard Guasch, par ailleurs maitre du tao de
la tradition Longmen. De nombreuses traditions spirituelles ont ainsi développé des pratiques
permettant de faire de la sexualité un marchepied vers un élargissement de la conscience.

88
Les organes sexuels sont des centres d’énergie puissants

Certaines façons de faire l’amour aideraient non seulement à accroître notre force vitale, mais
aussi à conserver jeunesse et santé. Les explications du maître taoïste Mantak Chia.

Initié dès l’âge de 6 ans aux pratiques de méditation des moines bouddhistes, il a étudié le tai-
chi-chuan, l’aïkido et le Kundalini yoga, avant de recevoir du maître Yi Eng l’enseignement
taoïste qu’il transmet aujourd’hui. Il a créé le Tao Garden, centre d’enseignement du tao
universel, à Chang Maï, en Thaïlande.

Il y a plus de deux mille ans, dans la Chine antique, un groupe de chercheurs – parmi lesquels
un certain Lao Tseu – se mit à chercher la vérité sur l’ordre de l’univers. Rassemblé dans le
fameux “Tao Te King”, le livre sacré de la voie et de la vertu, leur savoir mi-médical, mi-
spirituel a donné lieu à un ensemble de pratiques dont l’Occident découvre depuis peu les
mérites (le tai-chi, le qi gong ou encore le feng shui). Ces pratiques reposent sur la croyance
en un principe vital fondateur, le « qi » (prononcer « tchi »), terme qui en chinois désigne
aussi la vapeur.

En Occident, ceux qui en reconnaissent l’existence parlent de « force bio-électro-magnétique


». Quoi qu’il en soit, selon le tao, le qi circule dans le corps mais aussi dans la nature et dans
l’univers. Il est le souffle qui permet de se relier aux forces cosmiques. Selon la médecine
chinoise, la maladie surgit lorsque le qi vient à manquer dans un organe. De longue date, elle
préconise un puissant remède qui ne lasse pas de surprendre les esprits les plus cartésiens :
faire l’amour. Les explications d’un maître taoïste, Mantak Chia.

Psychologies : Certaines disciplines chinoises, comme l’acupuncture, visent à favoriser la


circulation du qi dans l’organisme. Vous enseignez plus spécifiquement comment utiliser
l’énergie sexuelle pour augmenter la vitalité. Pourquoi ?

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Mantak Chia : La zone génitale est le centre d’énergie le plus puissant du corps humain. Dans
le tao, on distingue trois principaux centres d’énergie (ou « tan tien ») : le cerveau, le cœur et
les organes sexuels. Chacun de ces tan tien canalise l’énergie et la redistribue à l’ensemble de
l’organisme. Mais ils n’ont pas tous la même capacité de production et de stockage. Le
cerveau, par exemple, ne fait circuler le qi que lorsqu’il est sollicité – lorsqu’il s’instruit ou se
divertit. Le reste du temps, il en produit très peu. Or la plupart des gens apprennent à faire
fonctionner leur cerveau en négligeant leur cœur ou leur sexualité.

Pourtant, le cœur génère une énergie plus durable. Lorsqu’il éprouve de la joie, de la
compassion ou de l’amour, il démultiplie l’énergie qu’il reçoit et l’envoie à toutes les cellules
du corps. Etre heureux ou amoureux accroît ainsi nettement la vitalité. Quant à l’énergie
sexuelle, elle est si puissante et bénéfique que la médecine chinoise recommande depuis des
millénaires, pour guérir telle affection, de faire l’amour dans telle position et pendant tant de
temps, afin de guider la force vitale vers l’organe défaillant.

Pour être en bonne santé, il faudrait prendre soin à la fois de sa vie intellectuelle, de sa
vie affective et de sa sexualité ?

Exactement. Quand le cœur est heureux, les pensées sont plus gaies. Quand ces forces se
combinent, quand on éprouve l’amour et l’orgasme à la fois, l’énergie vitale est à son comble.
C’est ce processus qui permet le mieux aux cellules de se diviser pour en créer de nouvelles.

Quelles sont les principales clés du tao sexuel ?

Pour l’homme, la règle majeure est de retenir son éjaculation. Le tao considère en effet que le
sperme véhicule de l’énergie sexuelle. Le gros souci, c’est que cette énergie ne demande qu’à
s’échapper par les organes génitaux. Pour les hommes jeunes, cela n’est pas trop préoccupant,
dans la mesure où ils produisent suffisamment de sperme pour se permettre d’en dépenser une
partie. Mais passé un certain âge, cette déperdition devient plus problématique. L’éjaculation
laisse l’homme épuisé. Il a du mal à reconstituer ses forces entre deux rapports et manque de
vitalité. C’est pourquoi un homme de 20 ans ne devrait éjaculer qu’une fois tous les quatre
jours, un homme de 40 ans tous les dix jours, et plus du tout à partir de 60 ans. Il existe
différentes techniques pour retenir l’émission de sperme et rediriger l’énergie sexuelle (ou «
Kundalini ») via le coccyx, le sacrum et la colonne vertébrale vers le cerveau ou un organe en
particulier, afin de stimuler son fonctionnement.

Qu’en est-il du plaisir dans cette approche plutôt hygiéniste ?

Il n’est pas absent, car ces pratiques reposent sur la dissociation de l’éjaculation et de
l’orgasme. En Occident, les hommes n’apprennent pas à retenir leur plaisir. Les relations
sexuelles s’arrêtent bien souvent à la première éjaculation, quand les femmes ont à peine eu le
temps de sentir l’excitation monter. Dans le tao, non seulement il est vivement recommandé
de faire l’amour pour garder sa jeunesse, mais en plus il s’agit de multiplier les orgasmes au
cours d’un même rapport pour augmenter l’énergie sexuelle. A chaque fois que l’on
s’approche de l’orgasme, il faut le faire remonter vers le cerveau, et ce quatre, cinq, voire dix
fois au cours de l’échange. La jouissance est chaque fois plus intense, tandis que l’organisme

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est régénéré en profondeur. On peut alors enfin éjaculer ou conserver l’énergie accumulée
jusqu’au prochain rapport.

L’énergie sexuelle de la femme est-elle de même nature que celle de l’homme ?

Non. Nous croyons que l’énergie de l’homme est


yang tandis que celle de la femme est yin. Ces deux
énergies primordiales, masculines et féminines,
régissent l’univers dans son ensemble. Elles sont
toutes deux présentes chez l’homme et chez la
femme, mais l’homme a davantage de yang et la
femme, davantage de yin. Faire l’amour permet de
faire circuler les deux énergies entre l’homme et la
femme, pour parvenir à un meilleur équilibre du yin
et du yang chez chacun. Dans le tao, le plaisir des
deux partenaires a autant d’importance, et la
multiorgasmie leur permet d’atteindre un niveau
d’intimité de plus en plus élevé. Mais les techniques
qui permettent d’augmenter son énergie sexuelle
diffèrent pour chacun. Par exemple, alors que
l’homme doit conserver son sperme, la femme doit
au contraire éjaculer plusieurs fois pour augmenter
son yin qui, dans la médecine énergétique chinoise,
est une énergie d’eau. On le voit bien quand les
femmes éprouvent de l’excitation : elles transpirent
davantage que les hommes. En Occident, très peu de
gens savent que la femme peut éjaculer. Mais dans le tao, on préconise de stimuler son clitoris
et son point G (1), et de ne pas la pénétrer avant qu’elle ait émis de l’eau par trois fois.

1- Nommé d’après l’initiale patronymique du médecin Ernest Grafenberg qui l’a décrit dans
les années 1950, le point G se trouverait environ à quatre centimètres à l’intérieur du vagin,
sur la paroi antérieure, juste derrière l’os pubien.

91
L’énergie sexuelle est-elle disponible en
dehors des relations sexuelles ?

Absolument. Et elle se révèle très utile lorsque


l’on doit, par exemple, gérer un surcroît de
travail. Pour convoquer l’excitation sexuelle,
c’est très simple : il suffit de contempler une
belle femme ou un homme séduisant, dans la
réalité ou dans un magazine, ou encore de se
perdre dans ses fantasmes. Ensuite, on calme
son esprit et on s’attache à contenir
l’excitation pour la renvoyer au cerveau et
doper son activité. Beaucoup d’entreprises se
plaignent que leurs salariés consultent des
sites de charme sur Internet. Elles ont tort. Ce
qui passe d’abord pour une perte de temps et
d’argent augmente en réalité la capacité de
travail. L’Occident s’est longtemps offusqué
de l’intérêt porté par le tao à la sexualité. Il a
concentré ses efforts sur les productions de
l’esprit et nous avons beaucoup profité de ses
inventions technologiques. Peu à peu, il prend
conscience de la valeur de notre savoir, qui est
plus ésotérique. Je crois que l’on se porte mieux lorsque l’on peut profiter des deux.

Hommes : l’orgasme sans éjaculation

Le « kung-fu » sexuel (littéralement, la « pratique » sexuelle) enseigne comment entretenir sa


santé en devenant multi orgasmique. Pour les hommes, il s’agit de réprimer l’éjaculation pour
diffuser la sensation de plaisir de la zone génitale vers le cerveau puis vers l’organe fragilisé.
La réalisation nécessite un peu d’entraînement…

L’homme doit renforcer son muscle pubo-coccygien (PC), en le contractant plusieurs fois par
jour ou en essayant de soulever une serviette de toilette posée sur son pénis. Lors de la
relation sexuelle, la contraction de ce muscle lui permettra d’empêcher l’éjaculation. Il
s’attachera alors à faire remonter l’énergie sexuelle ainsi conservée vers le coccyx puis le
sacrum, jusqu’à la base et le sommet du crâne.

Comment ? Mentalement, en visualisant le flux d’énergie le long de la colonne vertébrale,


jusqu’à ressentir des picotements. Lorsque le canal arrière sera maîtrisé, il pourra tenter de
faire redescendre l’énergie par le canal avant, entre les sourcils, le long du nez et de la gorge,
vers le plexus solaire et l’organe défaillant.

Femmes : le plaisir démultiplié

Dans la Chine taoïste, on appelait « Tigresse blanche » la femme initiée aux pratiques
sexuelles qui lui permettraient d’atteindre l’immortalité. Mantak Chia recommande aux
femmes d’aujourd’hui de rechercher leur plaisir. Point fort : la (re)découverte de leur « carte
digitale orgastique », c’est-à-dire de leurs points sensibles, variables de l’une à l’autre.
92
Lors de la relation sexuelle, il leur conseille d’encourager leur partenaire à stimuler leur
clitoris (le pénis ne l’atteignant pas dans la pénétration) et de préférer les positions dans
lesquelles le pénis entre en contact avec leur point G (allongée sur le ventre ou assise sur
l’homme). Afin d’augmenter la fréquence et l’intensité des orgasmes et aspirer leur énergie
sexuelle du clitoris vers le coccyx, la colonne, le cerveau puis le reste du corps, elles
entraîneront leur muscle pubo-coccygien (PC).

Elles apprendront à produire des mouvements de contraction autour du sexe de leur partenaire
en introduisant un œuf de jade dans leur vagin et en le faisant monter et redescendre.
L’exercice ultime consiste en une « grande aspiration » à deux, homme et femme enlacés face
à face, contractant ensemble leur muscle PC pour échanger leur énergie sexuelle.

93
Comment pratiquer l'amour tantrique ?

Quand vous commencez à faire l'amour, portez


toute votre attention au brasier qui s'allume. Ne
relâchez pas cette attention et, ainsi, évitez les
braises de la fin. D'après le 'Vigyana bhairava
Tantra'.

Habituellement, quand nous commençons à


faire l'amour, nous avons un projet conscient
ou inconscient. Le jeu pur des énergies
amoureuses est pollué par des préoccupations
telles que : Je veux avoir le maximum de
plaisir, un ou des orgasmes. Je veux que mon
partenaire soit satisfait, sinon cela veut dire
que je ne suis pas un bon ou une bonne
amoureuse. En tant qu'homme, je peux avoir
peur de ne pas réussir à avoir une érection ou
d'éjaculer trop vite. En tant que femme, je peux
craindre que les choses se passent trop vite
sans avoir eu le temps de me sentir touchée par
mon partenaire, que je sois utilisée et non
aimée... Il est possible de dépasser tout ce fatras mental : Votre sexualité en deviendra bien
plus satisfaisante et elle sera une authentique méditation.

La présence

La clef en est la présence moment par moment. Ne vous laissez plus piéger par vos attentes ou
par celles de votre partenaire. Au contraire, portez votre attention sur ce qui arrive dans
l'instant. Mettez-vous à l'écoute de votre corps, de vos émotions, des pensées qui passent, le
plus finement possible sans vous juger. Comment le désir monte-t-il en vous ? Est-ce à cause
de la présence de votre bien-aimé(e) ou d'un fantasme érotique? Est-ce une sensation
physique dans votre sexe, votre poitrine, une émotion dans votre cour ou votre ventre ? Plus
vous êtes attentif, plus vous rendez compte que votre corps est semblable à un instrument de
musique merveilleusement sensible où sensations et émotions se manifestent en une véritable
symphonie. L'excitation monte, le mental s'apaise, le temps n'existe plus, vous êtes
complètement là avec votre amour.

La rose dans le brasier

Maintenant, vous brûlez de désir et d'excitation. Ne relâchez pas votre observation. Votre cour
bat à tout rompre, votre respiration devient plus profonde, plus rapide. Eprouvez l'impact de
chaque mot doux, d'un regard, d'un sourire, de la moindre caresse, d'un frôlement sexuel...
Laissez-vous émerveiller par tout ce que vous ressentez sans idée préconçue sur le moment
suivant. Au cours du brasier le témoin demeure, accueillant, immobile, serein...

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La transformation

Cette présence sans attente transforme totalement l'expérience de la sexualité. Il y a moins de


précipitation. Les sensations deviennent plus intenses tout en sortant de la sphère génitale. Le
ventre, le cœur et même la gorge et le visage prennent part au plaisir qui change
qualitativement. Vous n'êtes plus concerné par l'orgasme en tant que tel. Il vous arrivera de
faire l'expérience de relations totalement satisfaisantes sans qu'il y ait eu orgasme ou
éjaculation. Vous en sortirez avec une énergie toute fraîche et joyeuse, plein de
reconnaissance pour votre partenaire, pour l'amour, pour la vie. Même quand vous aurez un
orgasme, vous vous rendrez compte que les moments qui le suivent sont encore plus précieux
et vitaux que les moments d'excitation du début. C'est cela que signifie : évitez les braises de
la fin.

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Les 7 dons associés aux 7 Chakras en magie blanche

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Chakras Dons
Chakra 7 : (le Karma) Développe le don de se souvenir de ses vies
antérieures, de recevoir l’amour de la
Déesse et d’acquérir la conscience
cosmique.
Chakra 6 : (le troisième œil) Développe le don de prophétie et de
voyance.
Chakra 5 : (la gorge et la voix) Développe le don des incantations et des
paroles magiques.
Chakra 4 : (le cœur) Développe le don de la sagesse et de
guérison.
Chakra 3 : (le plexus solaire) Développe le don d’influencer le temps,
d’acquérir des pouvoirs magiques, de
communiquer avec les esprits de la nature et
le petit peuple.
Chakra 2 : (le nombril) Développe le don d’effectuer des voyages
astraux et de visiter des univers parallèles.
Chakra 1 : (le coccyx et les organes Développe le don de maitriser la magie des
génitaux) 4 éléments, et de pouvoir nourrir et
développer ses chakras par les énergies
telluriques et le feu secret du Dieu.

* Ouvrir et développer ses chakras développeront vos dons en magie blanche

La Puissante Magie Sexuelle


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"Une sorcière aimera son corps et ne sera jamais pudique vis-à-vis d'elle même ou des autres
sorciers et sorcières, car elle sait qu'en magie, la nudité et la sexualité ne sont pas
considérées comme quelque chose de "tabou" ou de "malsain", mais plutôt comme un
puissant arcane magique et énergétique naturel."

Au départ, toutes les magies sont sexuelles de façon directe ou indirecte, parce que toutes se
basent sur l’utilisation de la force vitale primordiale créatrice, sexuelle. Même les courants
magiques qui prônent la chasteté sont liés à la sexualité, car cette ascèse vise à sublimer,
transmuter les forces sexuelles pour les diriger dans les centres énergétiques supérieurs.

La sexualité EST la force vitale.

Nous pouvons distinguer trois expressions de la sexualité pour pouvoir catégoriser la magie.
Dans la première catégorie, la sexualité est sublimée par la continence et la chasteté aussi bien
mentale que physique. Dans la seconde catégorie la sexualité est implicite, elle n’est pas
rejetée mais symbolique dans les rites (tandis que l’adepte conduit sa vie intime comme il
l’entend). Cette seconde catégorie est la plus répandue. Enfin la troisième catégorie magique
est directement centrée sur l’intensification des désirs et des énergies qui seront projetés dans
le cadre d’acte magique clairement sexuel. C’est de cette catégorie dont nous parlerons dans
le cadre de la magie sexuelle.

Canaliser l’énergie primordiale

Une des formes les plus célèbres d’utilisation ésotérique de la sexualité se retrouvent en Inde.
Il s’agit bien sûr du tantrisme qui est en rapport avec une ascèse très austère. Le tantrisme
vise l’éveil spirituel avant tout, même si certains pouvoirs (siddhi) peuvent apparaitre en
conséquence de la montée progressive de la Kundalini.

Cependant il existe d’autres voies que celles du mysticisme érotisé. La magie sexuelle vise
directement l’acquisition de pouvoirs et la réalisation de certains souhaits.

L’adepte de la magie sexuelle consacrera un temps important à sa préparation. Il doit


apprendre à intensifier son désir, améliorer la circulation de ses énergies vitales et par la suite
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exercer un certain contrôle sur ses appétits sexuels devenus plus puissants. Il est nécessaire
que le magicien maitrise correctement son esprit et soit devenu talentueux dans les exercices
de base de la magie (visualisation, concentration, méditation, relaxation etc). Il doit bien sûr
avoir une parfaite connaissance de ses désirs et avoir dépassé certains complexes.

Pour canaliser la force quasi atomique de la sexualité au point d’en obtenir des pouvoirs
paranormaux, il convient de renforcer nos nerfs, notre organisme et notre esprit. Dans un
travail solitaire, le pratiquant apprendra des techniques issues du yoga et du taoïsme sexuel
pour contrôler son éjaculation (dans le cas d’un homme) et rediriger l’énergie sexuelle dans
tout son organisme.

Le muscle PC

Le muscle pubo-coccygien ou muscle du périnée entre le pubis et le coccyx doit être ressenti
et contrôlé. Pour le situer correctement : c’est le muscle qui est contracté lorsque nous
voulons interrompre le flux alors que nous urinons. L’adepte homme ou femme s’entrainera à
contracter et décontracter ce muscle en conservant les muscles du cou et des épaules bien
relâchés. Une agréable sensation d’énergie montante arrive finalement dans le crâne.

L’homme s’entrainera également en se masturbant et bloquera l’éjaculation avant qu’elle


n’arrive, par une puissante contraction du muscle PC. L’homme entrainé ainsi améliore la
qualité de son érection et son contrôle sur ses propres orgasmes. Une finalité taoïste consiste à
jouir sans émettre de semence.

Homme et femme stimuleront leur force vitale primordiale (Kundalini) et leur contrôle
d’eux même avec cet exercice qui stimule également la santé générale. Le même genre
d’exercice peut être fait avec les muscles de l’anus, dans le but de faire monter l’énergie vitale
vers les chakras supérieurs et de stimuler la Kundalini-shakti.

A l’écoute de la force vitale

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Il n’est pas bon de garder trop de contraction physique et mentale à cause des exercices de
sublimation. Voila pourquoi les adeptes de la magie sexuelle doivent être capables d’une
profonde relaxation physique et d’une écoute de leurs tensions, ainsi que d’être capable
d’arriver à un certain recul vis-à-vis du désir. Il faut savoir temporiser et différer la
jouissance, pour savourer le désir. Simplement être présent dans sa sensualité. Rester dans la
félicité de l’attente présente, sans tension.

Se souvenir que le désir est le moteur de toute chose, qu’il s’agisse du désir de « baiser » au
désir de s’unir à Dieu ou de conquérir le monde, tout est désir. Le principe de l’amour
courtois du chevalier consisté à choisir une Dame inaccessible (déjà prise par un seigneur) et
d’utiliser ce puissant moteur pour terrasser les ennemis, et surtout les ennemis intérieurs.

Diffusion de l’énergie sexuelle dans l’organisme : Sublimation

Sur l’inspiration le magicien (ou la magicienne) contracte le muscle PC. L’air est aspiré par le
nez de la même façon que pour humer un parfum. Sur l’expiration le muscle est détendu en
douceur. Il faut se focaliser sur cette douce respiration qui monte dans les parois nasales
jusqu’au front et ressentir des montées d’énergies qui diffusent la vitalité par vague dans
l’organisme. Le corps doit être détendu, cette respiration se pratique dans l’acte comme en
dehors de l’acte sexuel.

Une méthode plus dure consiste à ressentir notre désir envahir tout notre organisme, avant d’y
couper court à l’aide d’une contraction violente de tout le corps, pendant 5 à 10 secondes.
L’exercice est suivi par une profonde relaxation puis d’un retour à d’autres préoccupations.

Ces techniques solitaires sont une aide pour maitriser le désir et comprendre comment la
force sexuelle peut être sublimée dans le but d’ouvrir les chakras, d’intensifier le magnétisme,
d’obtenir des pouvoirs paranormaux et de renforcer la santé. Il n’est pas demandé d’être
totalement chaste ou de renoncer au plaisir. Bien au contraire ces techniques peuvent
intensifier le désir et le plaisir sans devenir frustré.

En Sorcellerie

Un sorcier ou une sorcière peuvent obtenir de puissant résultat d’envoutement ou de magies


diverses en canalisant leur énergie sexuelle pendant plusieurs jours. Par cette période de
transmutation et de sublimation, leur énergie devient intense et peut être projetée dans un acte
magique redoutable. Un élémental, un incube ou un succube peut être contacté ou vitalisé à
partir de ces principes d’accumulations de désir et de force.

Le sperme, le sang et les sécrétions vaginales sont de puissants condensateurs de force


vitale. Ils peuvent être utilisés pour charger des talismans, nourrir des entités invisibles,
préparer des élixirs etc.

Magie Sexuelle à Deux

En ce qui concerne l’acte sexuel magique, la destruction des tabous et des interdits sociaux ou
l’antinomisme de la Left-Hand-Path sont encore ici très présents dans la préparation du
sorcier ou de la sorcière qui veut utiliser la magie sexuelle. Cette destruction des tabous et des
règles morales permet de libérer encore plus d’énergie. Le paroxysme de ce principe se trouve
100
dans la Messe Noire ou la magie sexuelle de groupe ou tous les interdits sont balayés.
Généralement un opérateur central a la charge de canaliser les énergies sexuelles dégagées
par les participants à l’orgie rituelle. Certaines pratiques de magie noire existent également où
l’un des partenaires se nourrit de la force sexuelle de l’autre pendant l’acte, par le principe du
vampirisme psychique.

Mais nous allons plutôt parler de la magie sexuelle à deux. La plus puissante forme de magie
sexuelle, la plus sacrée. Homme et femme sont ici le Yang et le Yin, deux polarités
complémentaires qui peuvent dégager une énergie formidable au paroxysme de l’acte.

Le taoïsme utilise des actes sexuels contrôlés et prolongés pour soigner les maladies et ouvrir
les canaux d’énergies. A la différence du tantrisme, l’éveil n’est pas le but seul, mais il vient
après l’amélioration de la santé et du plaisir. En magie pure les buts peuvent être beaucoup
plus étendus.

Chargement de « volts », talismans et condensateurs fluidiques. Influence et envoutement sur


un partenaire ou une personne extérieure au couple. Guérison de maladie. Provocation de
visions surnaturelles. Possession sexuelle où la femme joue le rôle d’enveloppe corporelle
pour une entité qui s’unira ainsi au sorcier (force de pacte ou d’échange). Réalisation d’un
projet etc.

Le principe fondamental

Alors que le cerveau de l’homme est de polarité magnétique, celui de la femme est électrique.
Le sexe de l’homme est électrique, celui de la femme est magnétique. Comme l’intérieur de
l’anus est magnétique, l’acte magique fonctionnera également avec la sodomie, apportant
également une stimulation possible à la Kundalini de la femme. L’union des deux produit un
courant puissant. La Chine ancienne parlera plus simplement de l’union du Yin et du Yang.

101
Idéalement les amants seront préparés par une mise en condition romantique, sensuelle, dans
un esprit empreint de respect. L’acte sexuel magique est considéré comme une prière. Le but
doit être visualisé très clairement.

Le mieux serait que l’homme et la femme aspirent au même but, mais le souhait d’un seul des
deux dans le secret de son âme est suffisant pour se nourrir de la force de l’autre, bien que
cela soit moins puissant cela reste efficace.

Formulez d’avance l’objectif, et ne l’oubliez pas au moment de l’accouplement, pendant et


après.

Si l’acte d’amour est harmonieux et que les deux parviennent au plaisir, alors la prière
magique sera réalisée. Pascal Beverly Randolph affirme que si un homme désire une
puissance ou une force, il l’obtiendra en focalisant son esprit dessus pendant l’acte jusqu'à son
orgasme.

Les différentes étapes d'un acte magique sexuel

Préparation à la magie sexuelle

Assurez-vous d’être confortables, que vous avez réglé les détails de protection (condom,
pilule anti-contraceptive, etc.) qui conviennent à vous et votre (vos) partenaire (s), que chacun
a établi ses limites, que le téléphone est en mode « ne pas déranger », etc. Un rappel : il faut
respecter les limites de la personne la plus conservatrice : si votre partenaire préfère utiliser un
condom pour le sexe oral, faites-le, même si vous préférerez autrement. Il est important que
chacun se sente en sécurité. Cela devrait en être ici pour n’importe quelle situation sexuelle,
mais c’est d’autant plus important dans le contexte de la magie sexuelle. Vous souhaiterez
peut-être aussi purifier l’espace et créer un cercle. Enfin, attardez-vous aux détails qui
favorisent une ambiance sexy et magique : musique, parfum, types de vêtements?

Certains utilisent des drogues, herbes et autres aphrodisiaques pour rendre leur expérience
102
sexuelle plus efficace et pour être transportés à un autre état d’esprit. Les voies chamaniques à
travers le temps ont utilisé certaines de ces substances. Il existe, bien évidemment, une
différence entre utiliser une substance narcotique comme un outil sacré et y en être dépendant.
Ces substances qui altèrent notre état d’esprit, peuvent, comme le LSD, déclencher l’atteinte
d’un certain état de conscience qui peut être revisité par la suite, sans la drogue chimique ou
l’herbe en question. Je n’ai jamais utilisé de substances illégales en magie sexuelle, bien que,
selon mon expérience, l’hydromel (vin de miel) ajoute une touche très plaisante à une
célébration, qu’elle soit sexuelle ou autre.

Il n’y a aucune raison pour laquelle la magie sexuelle devrait inclure un homme et une
femme, ou un pénis et un vagin. L’énergie sexuelle se partage entre deux (ou plus) personne
par tout type de contact – ou pas, bien que ça soit plus facile par le contact.

Bien que la magie sexuelle doit être planifie et structurée un minimum, éviter de rendre la
chose trop sérieuse. Le sexe se veut un jeu! Il peut même déclencher des fous rires. Le rire et
les taquineries ne nuisent en rien à la levée de l’énergie. Au contraire, si vous vous prenez
trop au sérieux, vous serez submergés de peurs, inquiétudes, rigidité et autre, ce qui
influencerait le processus et les effets magiques.

Se fixer un but

Il est essentiel que le but et focs de l’intention soient le plus précis possible, sans toute fois
limiter les possibilités et en œuvrant pour la finalité de l’objectif.

Lorsque vous aurez établi précisément ce que vous voulez, il est important de se souvenir que
la magie est un art imparfait et que l’univers choisira toujours le chemin le moins résistant.

Vous penserez ensuite à simplifier votre objectif en un symbole ou un mot sur lequel vous
pourrez vous concentrer durant l’orgasme. Vous ne parviendrez pas à lire un texte ou penser à
quelque chose de trop complexe. Pour la plupart d’entre nous, penser à autre chose que le
plaisir ressenti durant l’orgasme tire de l’impossible. Vous pouvez créer un sigil en
superposant les lettres de votre déclaration d’intentions les unes sur les autres et visualiser la
forme résultante. Vous pouvez aussi dessiner ou visualise un simple symbole représentant
votre but. Vous pouvez créer un mantra – quelques mots ou une courte phrase – qui
comprendra votre intention. Enfin, vous pouvez aussi créer un charme ou une amulette qui
pourra être chargé ou oint durant l’acte magique.

Excitation et orgasme

Dans la majorité des traditions magiques sexuelles, l’orgasme cosmique est l’apogée du
travail magique, le moment clé où l’énergie est relâchée dans l’univers et dirigée vers
l’atteinte de l’objectif. Mais je ne veux pas sous-entendre que le sort ne fonctionnera pas si
vous ne jouissez pas. L’orgasme est un simple tremplin efficace et pratique. S’il est possible
d’accomplir un acte magique hors d’un contexte sexuel, l’orgasme n’est donc pas nécessaire.

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Il ne fait aucun doute que nous aimons tous jouir. C’est non seulement une expérience
spirituelle, l’orgasme favorise aussi l’atteinte d’états altérés
– avant, durant et après. Dans leur livre The New
Bottoming Book, Dossie Easton et Janet W. Hardy écrivent
: « Chaque orgasme cosmique est une expérience
spirituelle. Pensez à un moment où vous êtes en harmonie
totale, où votre conscience transcende les barrières entre
votre esprit et votre corps et rassemble toutes les parties de
votre être en une conscience extatique. Est-ce que cela vous
fait penser à quelque chose? » Atteindre cet état d’esprit est
l’objectif de toutes les religions, traditions mystiques et
disciplines spirituelles disparues, connues et à venir.

L’état serein et relaxe qui survient après l’orgasme peut


également être utilisé pour faire un acte magique ou pour
communier avec le divin.

Il existe plusieurs façons de lever l’énergie, mais il demeure


que plu vous prendrez du temps pour la lever, la plus puissante elle sera lorsque vous la
relâcherez. Il est important de prendre son temps, afin que le sexe soit bon, surtout lorsqu’on
s’adonner à la magie sexuelle. Si vous ou votre partenaire êtes sur une prescription
d’antidépresseurs, vous remarquerez peut-être que l’orgasme prendra plus de temps à se
forger. Cela peut être frustrant, mais cela comporte également des avantages : vous serez
moins concentrés sur l’orgasme et plus sur le « ici et maintenant ». Vous pouvez également
étirer le temps en étendant votre conscience à votre corps entier, au lieu de vous concentrez
sur les parties génitales. Et pensez à vous concentrez sur le plaisir de votre partenaire au lieu
du vôtre.

Si vous êtes des chanceux qui n’éprouvent pas de problème à jouir, vous devrez vous forcer à
ralentir. Si l’énergie ressentie est trop intense ou si vous êtes trop concentrés sur vos parties
génitales, ralentissez vos mouvements et stimulation, respirez profondément et détendez-vous.

Un état d’excitation prolongé peut déclencher un état altéré de conscience, qui à son tour, peut
favoriser les visions et la divination.

Dans les pratiques orientales, on croit que l’éjaculation masculine appauvrit l’essence de vie
masculine (yin, jing). C’est pourquoi on encourage les hommes à apprendre à jouir sans
éjaculer. La femme elle est encouragée à connaître plusieurs orgasmes, afin que son partenaire
puisse absorber l’énergie qu’elle génère.

Lorsque l’orgasme survient enfin, vous devez vous concentrer le plus possible sur votre
symbole, sigil ou mantra. Après l’orgasme, il est important de passer à autre chose et de ne
pas vous soucier de votre acte magique. Ceci permet à votre intention et votre volonté d’être
projetées dans l’univers. Si vous obsédez et y pensez constamment, il se peut que vous
transformiez les possibilités en ce que vous souhaitez éviter le plus possible. Si vous vous êtes
servis d’un charme ou d’une amulette, n’oubliez pas de le détruire.

Les enfants d'Isis

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