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CHAPITRE 2 :

REPRESENTATION DES RESEAUX DE PETRI

1. Représentation matricielle
1.1 Matrices d’incidence
La matrice d’incidence avant ou de précédence ou encore d’entrée, notée Pré, est définie
par :


Pré = Pré ij 
1i  n
j1 m
où Pré ij = Pré(Pi , t j ).

La matrice d’incidence arrière ou de succesion ou encore de sortie, notée Post, est définie
par :


Post = Post ij 
1i  n
j1 m
où Post ij = Post (Pi , t j ).

La matrice d’incidence C d’un réseau est définie par :

C = Post − Pré .
1.2 Equation fondamentale

Soit S une séquence franchissable, pour un marquage M, telle que M(S  M' , alors l'équation d'état

s’écrit :

M' = M + C.S
S désigne le vecteur caractéristique de la séquence S dont chaque composante S j est

définie par le nombre d’occurrence de tj dans la séquence S.

2. Représentation par un système de règles


Un réseau de Pétri peut être décrit comme un système de production de connaissances,
appelé encore système de règles, basé sur la réécriture de mots, tableau 2. Les places ne
sont plus indicées mais désignées par des identificateurs d’un vocabulaire.

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Tableau 2 : Grammaire associée à un réseau.

Mots
▪ Soit l’application :
P1
 : IN n → P *
M  (M )
t2 t1
Pour chaque marque dans Pi  P , est associée une
occurrence de l’identificateur correspondant du P2

vocabulaire. La concaténation de toutes les (R1)


occurrences permet d’obtenir le mot (M ) .

Grammaire
▪ La grammaire S=<P ; Q> associée à un réseau R est S =<P ; Q> associée à R1 :
définie par :
- son vocabulaire P qui est l’ensemble des
identificateurs des places,
- l’ensemble Q des règles de réécriture :
t j : (Pré(., t j ) → (Post(., t j ) .

▪ Pour un marquage initial M du réseau, il


correspond un axiome A=  (M) de la grammaire.

3. Langage d’un réseau


L’ensemble des séquences de franchissements d’un réseau marqué <R ; M> forme le
langage :
𝐿(𝑅; 𝑀) = {𝑠𝜖𝑇 ∗ /𝑀(𝑠 >}C’est un langage formé par préfixe où le symbole * signifie
l’éventuelle répétition d’un mot.

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CHAPITRE 3 :
ANALYSE STRUCTURELLE

1. Invariants de places
Les vecteurs 𝐹 𝑇 = [𝑓1 , 𝑓2 , … , 𝑓𝑛 ] > 0, 𝑓𝑖 ∈ 𝐼𝑁 (𝑖 = 1, … , 𝑛), 𝑞𝑢𝑖 𝑣é𝑟𝑖𝑓𝑖𝑒𝑛𝑡 𝐹 𝑇 𝐶 = 0 𝑠ont
appelés P-invariants.
𝐹 𝑇 𝑀 est un invariant de marquage.

1.1 Support d’un P-invariant


L’ensemble des places qui correspondent aux composantes non nulles d’un P-invariant F
est appelé support du P-invariant ou composante conservative. Il est noté ‖𝐹‖.

1.2 P-invariant minimal


C’est un P-invariant F tel qu’il n’existe aucun autre P-invariant ayant toutes ses
composantes inférieures ou égales aux composantes de F.

1.3 P-invariant total


C’est un P-invariant 𝐹 𝑇 = [𝑓1 , 𝑓2 , … , 𝑓𝑛 ] > 0, 𝑡𝑒𝑙 𝑞𝑢𝑒 𝑓𝑖 ∈ 𝐼𝑁 ∗ ∀𝑖 ∈ {1, … , 𝑛}.

1.4 Propriétés
Soient F1 et F2 deux P-invariants :
P1/Si  et  sont deux entiers positifs ou nuls alors F1+F2 est un P-invariant. Si  et 
sont strictement positifs alors :
‖𝛼𝐹1 + 𝛽𝐹2‖=……………………….
P1/Si F1-F2>0 alors F1-F2 est un P-invariant.

1.5 Illustration 1
Considérons le réseau R1 de la figure 1 :

Figure 1

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Questions :
a) Expliciter les P-invariants.
b) Donner le P-invariant minimal total F puis décomposer le en deux P-invariants
élémentaires F1 et F2.
c) Donner les supports de F, F1 et F2.
d) Donner l’invariant de marquage correspondant à F.
e) Retrouver le résultat de la question b) à partir du graphe R1 (figure 1).

2. Invariants de transitions
Les vecteurs 𝐺 𝑇 = [𝑔1 , 𝑔2 , … , 𝑔𝑚 ] > 0, 𝑔𝑗 ∈ 𝐼𝑁 (𝑗 = 1, … , 𝑚), 𝑞𝑢𝑖 𝑣é𝑟𝑖𝑓𝑖𝑒𝑛𝑡 𝐶. 𝐺 = 0 𝑠ont
appelés T-invariants.

2.1 Composante répétitive stationnaire


L’ensemble des transitions qui correspondent aux composantes non nulles d’un T-
invariant G est appelé composante répétitive stationnaire ou encore support du T-
invariant. Il est noté ‖𝐺‖.

2.2 Composante répétitive croissante


L’ensemble des transitions qui correspondent aux composantes non nulles de G tel que
CG>0 est appelé composante répétitive croissante.

2.3 T-invariant minimal


C’est un T-invariant G tel qu’il n’existe aucun autre T-invariant ayant toutes ses
composantes inférieures ou égales aux composantes de G.

2.4 T-invariant total


C’est un invariant 𝐺 𝑇 = [𝑔1 , 𝑔2 , … , 𝑔𝑚 ] > 0, 𝑔𝑗 ∈ 𝐼𝑁 ∗ (𝑗 = 1, … , 𝑚)

2.5 Propriétés
Même propriétés que pour les P-invariants (Paragraphe 1.4).

2.6 Illustration 2
Considérons le réseau R1 de la figure 1.
a) Expliciter les T-invariants.
b) Donner le T-invariant minimal total G. Interpréter le résultat obtenu.
c) Donner le support de G.

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3. Propriétés structurelles

3.1 Etude des propriétés structurelles par les techniques algébriques

Théorème 1
Soient R= <P,T; Pré, Post> un RDP, n= card(P), m=card(T) et C la matrice d'incidence.
Soient F et G des vecteurs colonnes tels que F  IN n et G  IN m , on a :
a) R est structurellement borné si et seulement si :

a.1)  F  0 ( i, F i   N ) , F .C  0
* T

ou de manière équivalente :
a.2)  G  0, C.G  0
b) R est conservatif si et seulement si :

b.1)  F  0 ( i, F i   N ) , F .C = 0
* T

ou de manière équivalente :
b.2)  G, C.G  0
c) R est répétitif si et seulement si :
c.1)  G  0 ( j , G  j   N * ) , C.G  0

ou de manière équivalente :
c.2)  F  0, F T .C  0
d) R est consistant si et seulement si :
d.1)  G  0 ( j , G  j   N * ) , C.G = 0

ou de manière équivalente :
d.2)  F , F T C  0

3.2 Propriétés structurelles & Propriétés comportementales

Vivacité structurelle
Un réseau de Pétri R est structurellement vivant s’il existe un marquage initial M0 tel que
le réseau marqué N=<R ; M0> est vivant.

Bornitude structurelle
Un réseau de Pétri R est structurellement borné s’il est borné quel que soit le marquage
initial M0.

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Théorème 2 :
a) Un réseau de Pétri R structurellement borné et structurellement vivant est conservatif
et consistant.

b) Un réseau de Pétri N = <R; Mo> vivant et borné est consistant. Il n'est pas
nécessairement conservatif ou structurellement borné.

Théorème 3 :
Un réseau de Pétri N = <R; Mo> vivant est répétitif. Si, de plus, il possède des états
d'accueil, alors il est consistant.

Théorème 4 :
Soit R un réseau de Pétri non consistant.

a) Si  F  0, tel que F T .C  0 alors le RdP N=<R; M0> est non vivant quelque soit M0.

b) Si  F  0, tel que F T .C  0 alors le RdP N=<R; M0> est non borné s'il est vivant.

Théorème 5 :
Soit R un réseau de Pétri non conservatif.

c) Si  G  0, tel que C.G  0 et si R est structurellement borné, alors le réseau de Pétri

N=<R; M0> est non vivant quelque soit M0.

d) Si  G  0, tel que C.G  0 alors R n'est pas structurellement borné.

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