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12èmes Journées Internationales de Thermique

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ETUDE DE L’EVAPORATION D’UN MINCE FILM


RUISSELANT LE LONG DES PAROIS ACTIVES
D'UN CANAL VERTICAL.

Amel Soukaina CHERIF (2), Belgacem DHIFAOUI (2), Sadok BEN JABRALLAH (1), Ali BELGHITH (2)
Laboratoire d’Energétique et des Transferts Thermiques et Massiques. Tunisie.
(1) Faculté des Sciences de Bizerte, Zarzouna 7021. Bizerte. Tunisie.
(2) Faculté des Sciences de Tunis. Campus universitaire. 1060 Tunis. Tunisie.
e-mail : sadok.jabrallah@fsb.rnu.tn

I. INTRODUCTION permet de lire et de stocker la valeur de la température


L’évaporation des films liquides est importante dans le mesurée.
domaine des transferts thermique et massique. Elle sert L'expérimentation consiste à faire varier les paramètres
dans différentes applications industrielles. opératoires du dispositif tel que la densité de flux de
Dans le domaine du dessalement le cas de l’évaporation chauffage.
des eaux saumâtres en vu de la production de l’eau douce Dans ce travail nous étudions l’influence de ce paramètre
est un sujet qui prête encore de considérables attentions. sur l’évolution de la température des films liquides en
Plusieurs études numérique et expérimentale ont été évaporation le long des parois chauffées. Nous explorons
menées afin d’étudier le phénomène de l’évaporation. en plus les profils thermiques dans le mélange air-vapeur
Dans les différentes configurations étudiées en milieux d’eau à différentes hauteurs du canal. Nous déterminons
confinés ou semi-confinés. L’influence de l’angle le débit d’eau évaporé du canal et nous calculons son
d’inclinaison de la paroi active [9], l’effet du flux de coefficient de transfert massique.
chaleur auquel elle est soumise ainsi que l’effet de Vapeur
l’épaisseur du film liquide ont été clarifiés [10]. Alimentation en eau
Dans un travail précédent qui a porté sur le
développement du dessalement solaire [2-5], nous avons
étudié la distillation dans une cavité. Les résultats obtenus
ont fait apparaître un rendement limité de ce procédé [5- Film d’eau
6]. En effet, dans une telle configuration, la compétition
entre les deux phénomènes antagonistes du point de vue
énergétique, s’oppose à l’amélioration de la production de
l’eau distillée. La séparation de ces deux phénomènes
Profondeur
semble apporter une solution du faible rendement des Densité de Densité de
distillateurs solaires. flux constante flux constante
Dans le présent travail, nous proposons une étude
expérimentale du fonctionnement d’un évaporateur d’eau
saumâtre. L’évaporateur est représenté par un canal
vertical, constitué de deux plaques planes parallèles et
symétriques. Ces plaques sont soumises à des densités de
flux de chauffage constantes et égales. Le liquide à
évaporer s’écoule en film sur les faces internes des parois Plaque A Plaque B
chauffées. Saumure
Une optimisation du fonctionnement de l’évaporateur,
permettra d’évaluer son rendement et de déterminer les Figure-1- Problème physique étudié
coefficients d’échanges. En effet, l’amélioration des
coefficients des transferts de masse et de chaleur influe III. RESULTATS
directement sur le rendement du dispositif.
1. Répartition de la température dans le film liquide
II. DISPOSITIF EXPERIMENTAL Les parois actives sont supposées suffisamment isolées.
Les systèmes de chauffage des deux plaques sont
Afin de conduire l'étude, nous avons réalisé un dispositif identiques. La figure-2- montre que pour la même densité
expérimental, figure-1-, complété par un système de de flux de chauffage qf nous obtenons un chauffage quasi
mesures qui permet l'acquisition automatique des symétrique des deux plaques verticales du canal.
températures relevées par les différents thermocouples
installés le long des parois.

Tous les thermocouples sont reliés à une centrale de


thermocouples. Cet appareil est à affichage digital et
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Nous avons relevé la température du mélange gazeux air-
vapeur d'eau, en différents points situés entre les parois
ma=1l/h,Tamoy(A)=27,7°C, Tamoy(B)=28,25°C
verticales. La figure-4a- représente la variation de la
80 température du mélange gazeux en fonction de
l'écartement des deux parois, à différents niveaux de la
60
cavité et pour un flux de chauffage égal à 700 W/m².
Nous remarquons que la température décroît aux
Te(°C)

voisinages des deux parois verticales, et reste


PlaqueA_qf=600W/m²
40 pratiquement constante à l'intérieur du canal.
PlaqueB_qf=600W/m² Cette décroissance est forte et peut être expliquée par la
20
présence de couches limites thermiques aux voisinages
0 10 20 30 40 50
des plaques actives. Les différentes courbes des figures-
4a-4b sont décalées et s’élèvent pour les faibles valeurs
Profondeur en (cm) de y. Cela veut dire que la température de la phase
gazeuse augmente du bas vers le haut.
Le phénomène de la stratification thermique est observé
Figure-2- Evolution de la température du film liquide en
au milieu de la phase vapeur du canal.
fonction de la profondeur
Sur la figure-4b-, nous avons tracé les profils de
température à mi-hauteur du canal pour différentes
Pour mettre en évidence l’influence de la densité de flux
valeurs de la densité de flux de chauffage. Nous
imposé aux parois à la température du film liquide pour
constatons que l’augmentation de la densité de flux fourni
différentes valeurs de la densité de flux de chauffage
aux plaques chauffées n’affecte pas beaucoup la
figure-3-. Les courbes de cette figure montrent que
température de stratification entre les deux plaques.
l'augmentation de qf entraîne une élévation de la
température du liquide.

ma=1l/h, qf=700W/m², Tamoy(B)= 28.13°C,


Tamoy(A)=27.7°C
ma=1l/h, Tamoy=28,13°C, (plaqueB)
80
80 70 y=5cm
y=25cm
60
Te (°C)

y=45cm
60 50
Te(°C)

40
qf=600W/m²
40 30
qf=700W/m²
qf=800W/m² 20
0 1 2 3 4 5
20 x (cm)
0 10 20 30 40 50
(a)
Profondeur en (cm)
ma=1l/h,
Tamoy(A)=27.7°C,Tamoy(B)=28.13°C
Figure-3- Effet de la variation du flux de chauffage
imposé sur l’une des plaques du canal 65
60
qf=600W/m²
L’allure des courbes décrivant l’évolution de la 55
qf=700W/m²
Te(°C)

température du film liquide, figures-2-3-, fait apparaître 50


qf=800W/m²
deux zones : 45
- une zone d’échauffement du liquide, située en 40
haut du canal, où la température présente une 35
augmentation importante en fonction de la 30
profondeur. 0 1 2 x (cm) 3 4 5
- une zone qui s’étend sur le reste de la surface
mouillée, où la variation de la température est (b)
minime. Figures-4- Exploration du champ thermique dans la
L’augmentation de la température à la sortie du canal peut phase gazeuse : Influence de la densité de flux de
être expliquée par la diminution de l’évaporation du film chauffage. (a) à différentes hauteurs du canal ;
mince et la tendance à l’assèchement des plaques [10]. (b) à mi-hauteur du canal

2. Champ thermique dans la phase gazeuse


L'exploration du champ thermique à l'intérieur de la
cavité aide à la compréhension des phénomènes ayant lieu
dans la phase gazeuse.

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3. Evolution du débit évaporée en fonction de la Sur la figure -7-, nous avons représenté les débits
densité de flux de chauffage évaporés en fonction de la densité de flux de chauffage qf,
La figure-5- montre que débit évaporé augmente avec la dans le cas d'une cavité fermé[5] et dans le cas du canal.
densité de flux de chauffage. La comparaison des deux résultats obtenus montre que
Les débits évaporés au niveau des deux plaques sont dans les mêmes conditions opératoires le rendement
pratiquement identiques, ce qui prouve l’aspect obtenu dans le cas du canal est supérieur au double de
symétrique du problème. celui obtenus dans le cas de la cavité fermée.
En effet, le rendement limité de l'évaporation dans une
cavité peut s'expliquer par la compétition des deux
phénomènes antagonistes: l'évaporation et la
ma=1l/h, Tamoy(A)=27,7°C, Tamoy(B)=28,13°C
condensation. Le fait de les séparer à pour conséquence
0.6 d'améliorer le débit évaporé.

0.5
0.6
0.4 0.5 cavité
mev (l/h)

canal
0.4
0.3
mev(A)

mev (l/h)
0.3
0.2 mev(B)
0.2
0.1 0.1

0
0
500 600 700 800 900 1000 1100 1200 1300
500 700 900 1100 1300
qf (W/m²)
qf (W/m²)

Figure-6- comparaison de la production dans la cavité


Figure -5- Evolution du débit évaporé en fonction de la (ma=1.47l/h, Ta=°C) et dans le canal (ma=1l/h, Ta=°C)
densité de flux de chauffage
IV. DISCUSSION ET CONCLUSION
4. Evaluation du coefficient d’échange massique
En régime permanent nous pouvons exprimer le débit Nous avons effectué une étude expérimentale de
évaporé par : l’évaporation d’un film liquide en convection naturelle.
mev = hm (C sat (haut )−C sat (bas )) Ce film s’écoule identiquement sur les deux plaques du
Connaissant les valeurs de m ev , humidité en haut et canal qui sont symétriquement chauffée par une densité
l’humidité en bas, on déduit celle de hm. Sur la (figure-6-), de flux constante.
nous avons porté les valeurs calculées en fonction de la L’analyse de l’effet de la densité montre que
densité du flux de chauffage. l’augmentation de celle-ci augmente la température du
film liquide et maintien presque invariante les
ma=1l/h, Tamoy=28.13°C températures de stratification à mi hauteur du canal.
16 La température de ce film présente en fonction de la
14 profondeur deux zones: une zone d’échauffement et une
12 zone d’évaporation.
10-3 hm (m/s)

10 L'effet de cette densité affecte aussi le coefficient


8 d'échange massique: quand la valeur de qf double hm est
6 multiplié par un facteur de 4.5 fois.
4 L’exploration du champ thermique à l’intérieur du canal,
2
dans la phase gazeuse, montre qu’il y’a phénomène de
0
stratification thermique.
500 700 900 1100 1300
qf (W/m²) La comparaison entre une étude précédente effectuée dans
une cavité fermée et la présente étude effectuée sur un
Le coefficient d'échange massique augmente avec la canal montre que la production est nettement améliorée
densité du flux de chauffage. Il est multiplié par un quand on sépare l’évaporation de la condensation.
facteur de 4.5 fois lorsque q f passe de 600 à 1200 W/m².
V. SYMBOLES
Figure-6- Variation du coefficient d’échange massique en
fonction de la densité de flux de chauffage hm : Coefficient de transfert massique (m/s)
ma : Débit d’alimentation (l/h)
5. Comparaison de la production de la cavité à celle du mev : débit évaporé (l/h)
canal qf : Densité de flux de chauffage (W/m²)
Ta : Température d’alimentation (°C)
Te : Température du film liquide (°C)
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REFERENCES BIBLIOGRAPHIQUES

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[2] S. BEN JABRALLAH, A. BELGHITH, J.P.


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Transfer. Vol. 45, (2002). pp.891-904.

[3] Z. AIT HAMMOU, B. BENHAMMOU, N.


GLALANIS, J. ORFI,
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channel with evaporation or condensation at the wal »
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BELGHITH, R. BENELMIR.
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[5] S. BEN JABRALLAH, A. S. CHERIF, B.


DHIFAOUI, A. BELGHITH, J. P.CORRIOU.
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[6] B. BOUCHEKIMA, B. GROS, R. OUAHES, M.


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solaire à film capillaire » Inernational Journal of Thermal
Sciences. 39,442-459, 2000.

[7] S. BEN JABRALLAH, K. FAHEM, A.


BELGHITH
« Etude du rendement d’un distillateur solaire en fonction
de la température et du débit d’eau d’alimentation ».
Journées Internationales de Thermique (JITH, France,
1997).

[8] S. BEN JABRALLAH, J. ZINOUBI, A.


BELGHITH
« Etude expérimentale du rendement de la distillation
dans une cavité dont la paroi d’évaporation est soumise à
un flux de chaleur constant ». Journées Internationales de
Thermique (JITH, Belgique, 1999).

[9] M. MAMMOU, M. DAGUENET ET G. LE


PALEC.
« Numérical study of heat and mass transfer from an
inclined plate with wet and dry zones. » Int. J. Heat Mass
transfer 35(9) 2277-2287, 1992.

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