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Quaternaire, 18, (2), 2007, p.

111-128

LE PRÉLUDE AU QUATERNAIRE :
LES MODALITÉS D’ENTRÉE EN GLACIATION (65 Ma - 2,2 Ma)


Brigitte VAN VLIET-LANOË

RÉSUMÉ

Le Cénozoïque enregistre une englaciation croissante par étapes, d’abord dans l’hémisphère sud puis, depuis le début du Néogène, dans
l’hémisphère nord. Cette évolution est en relation surtout avec le rifting et la tectonique des plaques qui ouvrent ou ferment des détroits. La création
de reliefs de collision ou de reliefs de décharge isostatique par érosion crustale ou superficielle, après le Crétacé, favorise l’englaciation.
L’extension du plancher océanique et le stockage croissant de glace amènent une baisse eustatique importante. Les modifications des circulations
océaniques et atmosphériques, que les reliefs entraînent, accentuent le refroidissement par le biais de la consommation du CO2 atmosphérique. La
Terre passe d’un régime d’englaciation unipolaire à un régime bipolaire à partir du Néogène, d’une circulation océanique zonale à la circulation
thermohaline que nous connaissons aujourd’hui. À partir de 3 Ma, en relation avec la configuration particulière des océans et des continents, le ré-
gime glaciaire est mondial, contrôlé préférentiellement par l’intensité de l’insolation, avec également un retour de la convergence intertropicale en
position équatoriale. L’augmentation de l’aridité a influencé la biodiversité et la production de poussières. À la veille du Pléistocène, l’ère glaciaire
est largement commencée : l’Antarctique passe par un maximum d’englacement au Miocène alors qu’il faut attendre le Pliocène pour voir de vraies
calottes s’installer dans l’hémisphère nord.

Mots-clés : glaciation, Cénozoïque, tectonique, circulation thermohaline, aridité.

ABSTRACT

THE DAWN OF QUATERNARY: CAUSES OF THE ENTRANCE IN THE ICE AGE (65 Ma-2,2 Ma)
The Cainozoic era records a step-like glacierization, first on the southern hemisphere and since the onset of Neogene on the northern hemi-
sphere. This evolution is linked to the rifting and to plate tectonic that opened or closed several straits. Since the Cretaceous, the creation of collisional
or isostatic deloading reliefs thanks to underplating or superficial erosion favoured the glacierization. Sea floor spreading and ice storage induced an
important sea-level drop. Modifications of the marine and atmospheric circulations induced by the new-born reliefs intensified the cooling trend. The
Earth shifted from an unipolar glaciation to a bipolar one from the Neogene, from a zonal oceanic circulation to the present thermohaline circulation
throughout CO2 consumption. From 3 Ma, in relation with the land masses and oceans configuration, the glacierization is global with a strong control
by insolation strength, and an equatorial positioning of the Intertropical convergence zone (ITCZ). The increasing aridity influenced the biodiversity
and dust production at least since the Oligocene. At the onset of the Pleistocene, the glacierization is mostly completed : the Antarctic ice maximum
occurred during the Miocene, although true ice sheets only developed from the Pliocene in the northern hemisphere.

Key-words : glacierization, Cainozoic, tectonics, conveyor belt, aridity.

1 - INTRODUCTION préalable de reliefs montagneux, jeunes et vigoureux,


conséquence de la tectonique des plaques et des colli-
Dans l’esprit de beaucoup de gens, l’époque gla- sions continentales (par ex. Eyles, 1993 ; Hay, 1996).
ciaire du Cénozoïque s’est limitée au Quaternaire alors En fin d’orogène, les masses continentales forment
que le Quaternaire ne représente en réalité qu’une de vastes étendues favorables à la création de grands
petite partie de cette ère. En fait, l’évolution est beau- anticyclones (fort indice de continentalité). Ce phéno-
coup plus complexe, et nous permet de comprendre pro mène sera d’autant plus marqué que ces masses conti-
parte certaines des glaciations anciennes. Au cours de nentales seront près des pôles (Laurasie par ex.). Les
l’histoire de la Terre, les grandes glaciations sont appa- ères glaciaires dans une grande majorité sont souli-
rues assez précocement dès 2,3 Ga puis, à la fin des gnées par une régression marine et par une diminution
grands cycles orogéniques archéen, panafricain, calé- de température de la surface du globe associées à l’ac-
donien, hercynien et alpin. Une des conditions néces- cumulation de masses de glace continentales. Le climat
saires à l’installation d’une glaciation est la création est plutôt sec en raison de la baisse eustatique qui limite

UMR PBDS 8110 CNRS, SN5, UFR Sc. de la Terre Université de Lille 1, 59655 Villeneuve d’Ascq cedex, France.
E-mail : Brigitte.van-vliet-lanoe@univ-lille1.fr

Manuscrit reçu le 10/07/2006, accepté le 07/03/2007


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l’évaporation et de la présence de glace qui abaisse la l’évaporation. Ainsi, la teneur en vapeur d’eau dans
tension de vapeur atmosphérique. La présence d’une l’atmosphère baisse, réduisant l’effet de serre naturel
calotte glaciaire peut entraîner une circulation océa- (70 % ; Philipona et al., 2005) tout en favorisant le déve-
nique active et profonde, en augmentant le gradient loppement de zones arides, ce qui implique une rétroac-
thermique interzonal et en perturbant la salinité des tion positive sur l’albédo planétaire (Kroener, 1980 ;
eaux, l’équivalent partiel de notre circulation thermo- Ruddiman & McIntyre, 1981). En impliquant des
haline actuelle ou « Conveyor belt ». précipitations élevées plus que des températures très
Les glaciations mondiales sont liées à une diminu- froides, la construction des calottes se produit généra-
tion importante du taux d’expansion océanique et à une lement en début de période glaciaire, période pendant
faible production de gaz carbonique dans l’atmosphère laquelle le gradient thermique interzonal est le plus
(dégazage magmatique et fixation « biologique »). Les marqué (effet de l’obliquité ; Williams, 1993) et le
glaciations du Protérozoïque supérieur et du Céno- niveau marin encore élevé, et aboutit à une baisse
zoïque sont généralement caractérisées par des rap- glacio-eustatique rapide (Van Vliet-Lanoë, 2005) :
ports isotopiques 87Sr/86Sr élevés liés à une faible 400 000 km3 de glace équivalent à une baisse eusta-
activité volcanique, alors que celles de la fin de l’Ordo- tique globale de 1 mètre. Actuellement, le volume total
vicien et du Permo-Carbonifère voient une activité de la glace est estimé à environ 25 à 30 millions km3
intense au niveau de la croûte océanique (rifting) (Tar- pour environ de 70 à 80 km3 lors du Dernier Maximum
dy, 1986). Le stockage du carbone sous forme de char- Glaciaire (LGM, environ –120m) (Clark & Mix, 2000).
bon ou de carbonates, la diminution de la production du Pendant le « maximum » glaciaire, du fait de l’abaisse-
CO2 émis par les rifts et le stockage de l’oxygène sous ment eustatique et de la tension de vapeur d’eau au
la forme d’hydroxydes ou de silicates (Moore & Wors- contact de la glace ou de la neige, les conditions étaient
ley, 1994) limitent l’efficacité de la respiration végétale généralement trop arides pour permettre l’extension
et, par conséquent, l’effet de serre. Cependant, l’inter- des calottes et les glaciers reculaient par sublimation,
relation entre ces différents paramètres n’est pas tou- faute d’une alimentation suffisante. La baisse eusta-
jours simple. A côté de ceux-ci, des interactions tique enregistrée est donc la somme de préambules tec-
nettement plus anodines peuvent avoir servi de toniques, de la contraction thermique de l’océan
catalyseur et permis de basculer tantôt vers le froid, superficiel et du stockage de glace au niveau des mas-
tantôt vers le chaud. ses glaciaires et du pergélisol.
L’installation des calottes polaires est engendrée par Enfin, les épisodes d’expansion océanique sont égale-
un déficit énergétique lié à l’obliquité de l’axe de ment favorables à la mise en place sur le continent de
rotation de la Terre sur l’écliptique (Ruddimann & grands bassins évaporitiques (lagunes salines). L’épi-
McIntyre, 1981 ; Mangerud & Svendsen, 1992), sode évaporitique de la crise du Messinien, entre 5,9 Ma
comme pour l’Arctique quaternaire. L’obliquité est et 5,3 Ma (Clauzon et al., 1996), est responsable d’une
également invoquée pour certaines glaciations ancien- accumulation de 1000 m de sel en Méditerranée et en
nes. Pour des raisons pas entièrement claires, mais Mer Rouge via un assèchement partiel contrôlé par la
apparemment connectées aux changements cycliques fermeture partielle du détroit de Gibraltar. En remon-
de l’orbite terrestre et au basculement de l’axe de rota- tant par conséquent la température de congélation de
tion, les grandes calottes sont caractérisées par une l’eau océanique désalinisée, hypothèse émise par Hsü
croissance lente suivie d’une fonte rapide, souvent et al. (1978), puis confortée par Krijgsman et al.
associée à des événements de crue glaciaire (Bond et (1999), cet épisode est probablement un des facteurs de
al., 1993 ; Boulton & Payne, 1994). Il en va de même déclenchement des glaciations « en série » au Céno-
pour les ères glaciaires (Van Vliet-Lanoë, 2005 ; Van zoïque, en parallèle avec le forçage orbital (Clauzon et
Vliet-Lanoë, in press). Des perturbations allocycli- al., 1996). Cet évènement est une conséquence indi-
ques, induites cette fois par l’activité du soleil, par les recte de la tectonique et de la modification des circula-
poussières cosmogéniques ou tout simplement par le tions océaniques et atmosphériques qui en résulte.
chaos, peuvent interférer avec les paramètres orbitaux Les chartes eustatiques (Haq et al., 1988 ; Hardenbol
de la Terre. et al., 1998) sont de bons outils qui permettent surtout
Les ères glaciaires sont liées à une puissante baisse d’appréhender les mécanismes responsables des phé-
eustatique contrôlée au préalable par une expansion du nomènes observés. Les fluctuations eustatiques de pre-
plancher océanique et la configuration des plaques mier ordre (100 Ma) sont contrôlées par la tectonique
continentales (fig. 1 ; Eyles, 1993 ; Plint et al., 1992). mondiale (fig. 2), celles de second ordre (10 Ma) par
Le niveau marin suit, mais décalé dans le temps en les épisodes orogéniques couplées à l’effet de serre,
fonction de la rapidité du stockage en glace, même si celles de troisième ordre (1 Ma) sont contrôlées par les
quelques anomalies régionales existent, contrôlées forçages orbitaux et non orbitaux. L’importance des
notamment par des déformations isostatiques du fluctuations de troisième ordre sera d’autant plus
géoïde. Avec un abaissement de la température, l’océan marquée que la masse d’eau stockée sous forme de
superficiel (500 m) se contracte rapidement. Ce phéno- glace sera importante, selon Abreu & Anderson
mène est associé à une réduction de la surface marine (1998), augmentant le contraste thermique entre les
exposée au rayonnement solaire et, de ce fait, à événements.
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Fig. 1 : Évolution des masses continentales et des courants océaniques principaux lors de la fragmentation du dernier supercontinent (Pangée)
(d’après Strahler & Strahler, 1987).
Fig. 1 : Evolution of continental landmasses and main sea currents after the Pangea breakup (from Strahler & Strahler, 1987).

2 - LA TECTONIQUE AU CÉNOZOÏQUE Jurassique. Comme nous le verrons pas à pas, la tecto-


nique des plaques, l’extension du bassin océanique
L’ère cénozoïque est une ère très active pour la tecto- pacifique (Xu et al., 2006) et l’ouverture de différents
nique, en relation avec le cycle orogénique alpin. Le détroits tout au long du Cénozoïque vont gérer la for-
démantèlement de la Pangée, commencé au Jurassique mation d’eau profonde dans les bassins polaires et leur
(Yilmaz et al., 1996), a bloqué progressivement la cir- pénétration dans les bassins océaniques atlantiques et
culation équatoriale de la Téthys, très active au Créta- pacifiques. La modification de la circulation océanique
cé, notamment par la collision Inde-Asie, il y a 35 Ma, qui en résulte (fig. 3) permet d’expliquer une part
et par la fermeture du détroit de Panama, il y a seule- importante des phénomènes et le refroidissement céno-
ment 5 Ma (fig. 1). Elle a également permis la migra- zoïque, bien enregistré par le δ18O dans les sédiments
tion de continents en position polaire à partir du marins du Pacifique (Shackleton & Opdyke, 1973).
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Fig. 2 : L’englaciation cénozoïque en relation avec la tectonique, le volcanisme et les impacts météoritiques, l’eustatisme, la morphologie des val-
lées. Les événements volcaniques sont en noir, les épisodes tectoniques en hachuré (Van Vliet-Lanoë, 2005).
Fig. 2 : Cainozoic glacierization related to tectonism, volcanism, meteoritic impacts, global eustatism and valley morphology.Volcanic events are in
black, tectonism in hached (Van Vliet-Lanoë, 2005).

Le rifting, très actif au Crétacé (15 cm/an), se ralentit tectonique à l’origine de la crise messinienne), une part
vers 45 Ma (Géli, 1993). Au début du Tertiaire, il ne de la baisse eustatique et la quasi-absence de grands
semble pas y avoir la moindre trace de glaciers en zo- bassins continentaux pléistocènes.
nes polaires (Frakes & Kemp, 1972), sauf très locale- Actuellement, le minimum de la grande régression
ment en Antarctique dès le Maastrichtien, avant marine du Cénozoïque n’est pas encore passé, comme
l’impact d’un astéroïde (Miller et al., 1987 ; Dingle & le laisse présager la poursuite du rifting, de la surrec-
Lavelle, 1998 ; Alley & Frakes, 2003). Aucune trace de tion alpine et de la migration des plaques. La migration
glaciation n’est connue dans l’hémisphère nord avant vers le nord de l’Eurasie et la fermeture partielle du
20 Ma. Les échanges entre l’Arctique et la Téthys se bassin arctique pourraient nous amener d’ici quelques
font probablement sur la plate-forme eurasienne par la dizaines de millions d’années à une glaciation presque
passe de Turgaï, à l’est de l’Oural (fig. 3). D’une ma- généralisée, comme la glaciation Varangienne (600 Ma).
nière générale, le rifting atlantique s’accélère aussi de- C’est ce que suggèrent les modélisations produites par
puis 10 Ma (Géli, 1993), avec des épisodes de blocage, Scotese (2002). Étant donné que la durée des grandes
ce qui explique, à l’échelle du globe, le synchronisme ères glaciaires excède 2 à 300 Ma, ce scénario a toutes
de la tectonique pulsée observée (par ex. l’épisode les chances de s’appliquer.
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activité volcanique sur la côte est du Groenland (Tho-


mas & Bralower, 2005) perturbe ce refroidissement à la
limite Paléoéocène-Éocène (fig. 2 et 4), entre 53 et
50 Ma. La température de l’océan est montée d’environ
8oC pendant une période de quelques milliers d’années.

4 - LE DÉBUT DE L’ENGLACEMENT
(40 à 25 - 22 Ma)

D’après les données ODP, bien enregistrée par le


δ18O dans les sédiments marins du Pacifique (Shackle-
ton & Opdyke, 1973), l’installation de la glaciation
antarctique a commencé à la fin de l’Éocène (fig. 3),
vers 40 Ma, sous la forme de glaciers de montagne en
Antarctique oriental et sur la chaîne transantarctique
(fig. 3), mais elle s’effectue surtout à partir du Rupélien
(Oligocène), suite à l’isolement océanique croissant de
l’Antarctique (Frakes, 1986 ; Robin & De, 1988 ; Mac-
phail et al., 1993 ; Ingolfsson, 2004).
Cet événement est lié à l’épisode alpin, qui met en
place l’essentiel des chaînes de montagnes actuelles,
mais également à la formation du rift nord atlantique.
Le passage de Fram au nord du Groenland s’ouvre pro-
gressivement depuis environ 50 Ma (Kristoffersen,
1990), ce qui permet très progressivement la pénétra-
tion superficielle des eaux arctiques dans le bassin
atlantique. Cependant, la circulation thermohaline,
notamment l’eau profonde nord Atlantique, ne peut pas
encore passer le seuil islandais et le détroit reste trop
peu profond. L’ouverture progressive du détroit de
Drake, entre l’Amérique du Sud et l’Antarctique, à par-
tir de 40 Ma, aboutit à l’isolement thermique progressif
du continent antarctique. Cet isolement sera total vers
32 Ma, via une circulation océanique périphérique
Fig. 3 : Évolution de l’altitude moyenne des continents durant le Cé-
nozoïque ( : Passe de Turgaï) (modifié de Eyles, 1993). (Lawver & Gahagan, 1998, 2003 ; Scher & Martin,
Fig. 3 : Evolution of the mean altitude of continents during the Caino- 2006). Une étape marquée de l’englacement apparaît
zoic (modified from Eyles, 1993). vers 38 Ma (Bartonien), associée à une baisse d’envi-
ron 4-5oC de la température des eaux océaniques pro-
fondes (fig. 4) et d’environ 10oC de la température
moyenne des masses continentales antarctiques (Law-
3 - LE REFROIDISSEMENT DU DÉBUT ver & Gahagan, 1998, 2003). Il existe de vraies
DU CÉNOZOÏQUE (65 - 40 Ma) évidences de calotte sur l’Antarctique oriental dès
l’Oligocène (Denton et al., 1991 ; Hambrey et al.,
L’englaciation cénozoïque débute autour du pôle 1991). Les données stratigraphiques récentes des
Sud. Elle s’amorce juste après un épisode important Shetland du Sud démontrent par contre que l’englacia-
d’activité tectonique (orogenèse alpine) et de rifting tion de l’Antarctique de l’Ouest (péninsule antarc-
majeur (Crétacé moyen), associés à un effet de serre tique) débute à cette époque, mais, ne se développe
entretenu par un niveau marin élevé (maximum d’inon- bien qu’au tout début du Miocène, vers 22,9 Ma, avec
dation de la plate-forme continentale au Cénomanien, des glaciers vêlants dans un contexte morphologique
tension de vapeur atmosphérique élevée) et une biopro- qui va perdurer sans grand changement de 30 à 22 Ma
ductivité très importante (craies, altérites paléogènes) (Scheuer et al., 2006). L’augmentation de l’albédo liée
contrecarrant progressivement la pression partielle de à la formation d’une calotte sur l’Antarctique
CO2 élevée du Crétacé (Tardy, 1986). Les événements occidental et celle de la banquise a accéléré le
volcaniques et météoritiques de la transition Crétacé- processus (fig. 5).
Tertiaire ne sont apparemment pas les seuls responsa- A cette époque, un refroidissement analogue se
bles de la dégradation climatique progressive enre- marque sur le bassin arctique (Moran et al., 2006), sans
gistrée depuis 60 Ma. Un bref réchauffement (fig. 4) dû trace évidente de glaciations : les flores du nord du
à un dégazage de méthane (Dickens et al., 1995 ; Nor- Canada et du Groenland sont encore boréales à la fin de
ris & Röhl, 1999 ; Higgins & Schrag, 2006) ou à une l’Eocène (Spicer & Askin, 1995). Des traces de
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Fig. 4 : Courbe isotopique de l’oxygène ( 18O) et enregistrement des paléotempératures basées sur les foraminifères benthiques sur les derniers
70 Ma (les symboles caractérisent les différentes carottes ODP utilisées). Noter que les étapes de refroidissement sont associées à des évènements
tectoniques (modifié de Shackleton & Opdyke, 1973).
Fig. 4 : Global d18O curve and related paleotemperature shift based on benthic foraminiferas (modified from Shackleton & Opdyke, 1973). Undulated li-
nes : tectonic events.

banquise (fig. 5) apparaissent dans l’hémisphère nord 5 - L’EXTENSION GLACIAIRE DU NÉOGÈNE


et surtout le bassin arctique (Frakes & Kemp, 1972 ; (25 - 22 Ma à 11 Ma)
Dalland, 1977 ; Moran et al., 2006). Les affirmations
récentes de glaciation arctique à l’Eocène (Tripati et À la fin de l’Oligocène, les orogenèses reprennent en
al., 2005) s’expliquent parfaitement par une simple même temps qu’apparaît une régression importante,
dynamique de banquise (glacielle) compatible avec les celle du Chattien (de +200 à +100 m) (Abreu & Ander-
forêts boréales présentes le long du bassin arctique. son, 1998). C’est l’orogène save (« alpine »), associée
Une aridité importante se développe avec des répercus- un peu partout dans le monde aux grandes inversions
sions notables sur les flores et les faunes. La formation tectoniques de bassins.
d’évaporites dans les fossés européens et le bassin de La glaciation de l’hémisphère nord débute au début
Paris, sur les régions entourant la Téthys et à l’empla- du Miocène dans la chaîne d’Alaska (formation de
cement du futur plateau du Colorado signe cette aridité Yakatanga, 20 Ma ; Eyles & Lagoe, 1990), un peu après
et probablement aussi contribue à abaisser modestement l’orogenèse save, associée à une baisse eustatique par
la salinité de l’océan mondial. paliers (Abreu & Anderson, 1998). L’abaissement du
Jusqu’à la fin de l’Oligocène, nous sommes donc niveau de base accentue l’érosion.
dans un système de glaciation unipolaire (fig. 5). En Ce début d’englaciation sera également exacerbé par
raison du caractère non englacé de l’hémisphère nord à le déblaiement des altérites via l’érosion glaciaire et
l’aube du Néogène, la circulation atmosphérique est une érosion fluviale plus contrastée saisonnièrement en
perturbée et la zone de convergence intertropicale des raison de l’évolution du climat (Van Vliet-Lanoë,
vents (ITCZ), qui contrôle les précipitations tropicales, 2005). La décharge isostatique résultante contribuera,
se situe probablement vers 12-20o N, arrosant copieu- pour sa part, à la mise en relief des terres autour de
sement la zone méditerranéenne et maintenant un l’Atlantique Nord et contribuera à son englacement,
climat floridien sur la riviera bretonne. mais aussi à l’efficacité de l’érosion et au piégeage de
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Fig. 5 : Schéma de l’évolution globale du climat au cours du Cénozoïque.


A) positionnement de la zone de convergence intertropicale et des masses glaciaires ; B) positionnement des zones climatiques.
Fig. 5 : Sketch of the global evolution of the climate through out Cainozoic.
A) location of the ITCZ and glaciers ; B) Climate zones.

CO2 (Tardy, 1986). Un évènement particulier, celui de relation avec l’orogenèse de la chaîne côtière (forma-
la baie de Monterrey en Californie, ancien exutoire du tion de Yakantaga, 20 Ma ; Plafker, 1981 ; Eyles &
fleuve Sacramento (Vincent & Berger, 1985 ; Flower & Lagoe, 1990) (fig. 2 et 3). La mer du Groenland s’ouvre
Kennett, 1993), a d’ailleurs permis le stockage consé- aussi vers 25 Ma, en association avec une réorganisa-
cutif de quantités impressionnantes de matières organi- tion du rifting dans l’Atlantique Nord vers 27 Ma
ques corrélativement au soulèvement des cordillères (Saemundson, 1980 ; Wright & Miller, 1996). La cir-
côtières et de la Sierra Nevada. culation thermohaline est déjà fonctionnelle dans la
La surrection du plateau tibétain a débuté dès 25 Ma mer de Norvège depuis 23 Ma, mais l’ouverture du
(Harrison et al., 1992) comme l’atteste la sédimenta- détroit de Fram est toujours réduite. Au Miocène, entre
tion des Siwaliks inférieurs remontant au moins à 21 et 15 Ma, le climat est encore suffisamment chaud et
18 Ma (Johnson et al., 1982). Des glaciers alpins sur- humide pour permettre des altérations tropicales aux
montent le golfe d’Alaska dès le début du Miocène, en latitudes moyennes (par ex. Lecuyer et al., 1996).
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Mais les derniers apports d’eaux chaudes téthysien- âgés de plus de 8 Ma (Sugden et al., 1995). L’altitude
nes disparaissent entre 16 et 15 Ma (début du Serrava- (4500 m) de la calotte orientale (fig. 7) a dû permettre
lien ; Woodruff & Savin, 1989). Cette disparition est son auto-entretien pendant les périodes chaudes (Woo-
associée à un recul de la forêt tropicale et à une dessic- druff & Savin, 1989 ; Flower & Kennett, 1994). La cir-
cation du climat en Afrique de l’Ouest (Flower & Ken- culation océanique interzonale a été accélérée à cette
net, 1994 ; Griffin, 2002) et en Amérique du Sud. Une époque en raison de gradients thermiques beaucoup
cyclicité climatique à 100 ka devient évidente pendant plus marqués qu’à l’heure actuelle (fig. 5).
le Miocène (Beaufort, 1994), mais est déjà perçue dès A cette époque, le contraste thermique entre le froid
la fin de l’Eocène (Abreu & Anderson, 1998 ; Pälike et polaire et des latitudes moyennes encore chaudes a per-
al., 2001). mis d’accroître la force et la fréquence des tempêtes
À partir du Miocène moyen, le rifting s’accélère aux latitudes moyennes et également d’accentuer l’éro-
entre 14 et 10 Ma aussi bien dans le Pacifique que dans sion des sols. Cette hypothèse émise par Posamentier
l’Atlantique, les orogenèses reprennent sur une période et al. (1988) pour d’autres époques géologiques et
recouvrant le Serravalien et le début du Tortonien confirmée depuis pour l’Holocène (Dawson et al.,
(Rona, 1973 ; Vogt, 1979 ; Géli, 1993). Cette période 2004) permettrait de comprendre le façonnement des
induit une expansion très importante des fonds océani- strandflats et rasa péri-Atlantique au Tortonien, surfa-
ques (passage de 2,5 km2/ an à 3,5 km2/ an ; Cogné & ces majeures que l’on retrouve aussi bien sur la côte
Humler, 2004) et une baisse eustatique extrêmement ouest du Spitzberg, dans les Vesterålen (Norvège), en
marquée (base du Tortonien) (Haq et al., 1988). L’in- Gaspésie, en Manche (Van Vliet-Lanoë et al., 2002),
landsis est-antarctique croît pour atteindre son volume sur la côte nord et ouest de la péninsule Ibérique que
de « croisière » vers 14,8 Ma (fig. 7), avec une calotte dans les Iles Canaries (Schminke, 1982).
mince sur l’Antarctique occidental et une calotte puis- Les fronts glaciaires vêlants sont connus dès 14 Ma
sante sur l’Antarctique oriental, de dimensions voisi- en Atlantique Nord (Bleil, 1989 ; fig. 6) et le système
nes de sa taille actuelle, débordant sur la plateforme glaciaire devient progressivement bipolaire (Duncan &
continentale. Elle contribue, selon Abreu & Anderson Helgason, 1998), mais avec une ITCZ fortement
(1998), fortement à l’abaissement du niveau eustatique décalée vers l’hémisphère nord, encore peu englacé
mondial. La zone transantarctique se déglace et s’ari- (fig.5). L’hémisphère sud ne répond pas encore à la gla-
difie comme l’atteste la présence de téphras intacts ciation débutante de l’hémisphère nord.

Fig. 6 : Chronologie de l’apparition des délestages glaciels, ou « Ice Rafted Debris », dans l’Atlantique Nord (Bleil, 1989).
Fig. 6 : Upper Cainozoic Ice Rafted Debris (IRD) record from the Northern Atlantic (Bleil, 1989).
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6 - L’ACCÉLÉRATION DU TORTONIEN- de la Méditerranée), et probablement d’origine très


MÉSSINIEN (11 - 3,3 Ma) profonde est généralisé entre 6,3 et 4,8 Ma tant dans
l’hémisphère nord que dans l’hémisphère sud, (Yama-
À la fin du Miocène moyen, une décélération du rif- moto & Kawakami, 2005 ; Duggen et al., 2003 ;
ting apparaît entre 11 et 7 Ma en association avec une Browne & Slatt , 2002 ; Kirby et al., 2002 ; Reiners et
sédimentation marine faible (Rona, 1973 ; Géli, 1993). al., 2002 ; Cox & Engebretson, 1985). Il augmente
L’activité de la faille transformante de De Geer, ou considérablement les reliefs et, corrélativement, les
zone faillée du Spitzberg, la subsidence du plateau des apports sédimentaires terrigènes. Le détroit de Balboa
Féroé et l’abaissement du seuil entre l’océan Arctique se ferme progressivement, permettant la construction
et l’Atlantique Nord ont permis une pénétration d’eau de l’isthme de Panama (Bartoli et al., 2005 ; Haug &
froide profonde (NADW) en quantité croissante, Tiedemann, 1998). L’émersion de l’isthme a été récem-
notamment le long de la côte est du Groenland (Talwani ment établie à partir de 6,6 et 6 Ma (Billups, 2002).
& Edholm, 1977). Néanmoins, la profondeur du détroit L’arc indonésien se resserre en fermant les passages
de Fram ne devient suffisante qu’après 5 - 7 Ma (Lawler profonds entre le Pacifique et l’océan Indien (Cane &
& Scotese, 1990). La surrection du plateau tibétain et Molnar, 2001) : les derniers cheminements des eaux
celle du Colorado entre 10 - 8 Ma (Ruddiman & Ray- chaudes téthysiennes sont fermés. Une accélération de
mo, 1988 ; Molnar et al., 1993 ; Sahagian et al., 2002) rifting apparaît aussi vers 6 - 7 Ma en Islande. Elle est
ont, en plus d’un effet positif sur l’albédo, également préparée par le gonflement de tous les points chauds de
modifié la trajectoire des jets streams et permis une l’Atlantique, souvent associé à un accroissement de
descente plus méridionale de l’air froid (ondes de l’apport terrigène dans les bassins épicontinentaux
Rossby) (Ruddiman & Kutzbach, 1988). Il en est de (Géli, 1993 ; Duggen et al., 2003). La mer Méditer-
même pour l’Altiplano sud-américain (Gregory-Wod- ranée ne s’est vraiment individualisée qu’à partir du
zicki, 2000 ; Ghosh et al., 2006). Miocène moyen, vers 14,5 Ma à la suite du poinçonne-
A la veille du Tortonien, vers 11 Ma, lors d’une des ment de l’Asie par la sous-plaque arabique qui a défini-
plus longues régressions apparentes et majeures du tivement interrompu les communications avec l’Océan
Cénozoïque, les premiers indices sérieux de glaciation Indo-Pacifique (fig. 3). A partir de 7,8 Ma, des épiso-
apparaissent en haut Arctique (Mudie et al., 1990). des évaporitiques parfois importants se sont dévelop-
L’émersion des plates-formes, notamment aux latitu- pés dans des bassins périphériques, comme la Mer
des polaires, a favorisé le refroidissement arctique au Rouge, le bassin mésopotamien, mais la Méditerranée
Miocène supérieur en augmentant l’albédo régional. est encore marine vers 7 Ma pour se fermer ensuite
La décharge des masses continentales liée à la baisse pour des causes tectoniques (Weijermars, 1988 ; Dug-
eustatique de la base du Tortonien a dû accentuer leur gen et al., 2003).
soulèvement. Les indices d’englacement sont enregis- L’enregistrement des IRD (Ice Rafted Debris), ou
trés sur les plates-formes de Barents, de Baffin et en blocs glaciels délestés par les icebergs, au sein de la
Alaska White River à partir de 10 Ma et dans le bassin sédimentation du plateau de Vøring (à la latitude de
arctique (Plafker & Berg, 1994 ; Schaeffer & Spiegler, Trondheim, Norvège), est significatif du refroidisse-
1986 ; Henrich et al., 1989 ; Moran et al., 2006). Ce ment du Miocène supérieur en Atlantique Nord : un
phénomène a favorisé, à partir de 9,5 Ma, la croissance premier pic apparaît vers 11 Ma (fig. 7 ; Bleil, 1989),
de la calotte du Groenland (Larsen et al., 1994), et de la un second pic plus complexe et marqué apparaît pen-
plate-forme est-canadienne (Ellesmere). Les premières dant le Messinien (7,1 - 5,2 Ma), lorsque la profondeur
évidences de tills interstratifiés dans les cinérites du détroit de Fram, au nord-est du Groenland, devient
apparaissent vers 6,5 Ma en Islande (Geirsdottir & suffisante. La circulation thermohaline a permis, par
Eiriksson, 1994). son fonctionnement, l’arrivée en direct d’air chaud et
La surrection accélérée du plateau du Tibet (Molnar humide du golfe du Mexique sur l’Est canadien et le
et al., 1993) renforce également l’intensité de la sédi- Groenland, c’est-à-dire les zones les plus froides de
mentation dans le golfe du Bengale et celle de la mous- l’hémisphère nord. Les analyses effectuées pour la der-
son avec la formation d’un upwelling dans le nord- nière glaciation montrent que c’est toujours dans ce
ouest de l’océan Indien (Prell & Kutzbach, 1992 ; An et secteur NE de l’Amérique du Nord que la glaciation
al., 2001). L’apport sédimentaire a interféré avec la s’amorce (Shackleton et al., 1984). Les modélisations
productivité sur la plateforme et limité l’effet de serre : climatiques le montrent également (Berger & Pestiaux,
la matière organique autochtone des grands fonds est 1984).
essentiellement formée par des dinocystes (Holeman A la fin du Miocène, au Messinien, l’Antarctique
& Heinrich, 1994), alors que le gros apport sédimen- passe par un second maximum d’englacement de 6,5 à
taire est d’origine continentale surtout à partir de 6 Ma, 5,9 Ma (fig. 5). Le Tibet atteint déjà 3000 m d’altitude
en association avec des décharges d’icebergs importan- (Harrison et al., 1992), accentuant le refroidissement et
tes (fig. 6) en Atlantique Nord (Bleil, 1989) ou la sur- l’aridification. La mousson se déplace sur l’Est de
rection des plateaux (Molnar et al., 1993 ; Sahagian et l’Afrique (Griffin, 2002) au détriment de l’Asie avec
al., 2002). formation du désert du Taklamakan (Sun & Liu, 2006).
A la fin du Miocène, un épisode tectonique, contem- La région du détroit de Béring s’est refroidie autour
porain de l’évènement Messinien (fermeture partielle de 5 - 6 Ma jusqu’à des températures voisines de
120

Fig. 7 : Profil actuel et miocène (20 Ma) de la calotte antarctique (modifié de Campbell & Claridge, 1987).
Fig. 7 : Present and Miocene section of the Antarctic icesheet (modified from Campbell & Claridge, 1987).

l’actuelle (Wolfe, 1994). C’est aussi à cette époque, l’Antarctique s’accroît par l’ouverture du détroit de
que nous voyons apparaître les premières évidences de Bransfield entre l’Antarctique et les Shetland du Sud à
banquise aux latitudes moyennes, notamment en cette époque (Jeffers et al., 1991). Vers 3 Ma, le rifting
Armorique (Van Vliet-Lanoë et al., 2002), récemment nord-atlantique redémarre (Géli, 1993), celui du Paci-
datées à 6,7 Ma par résonance paramagnétique électro- fique s’accélère. On assiste à nouveau à une surrection
nique (RPE). L’extension du pergélisol sibérien est accélérée des hauts plateaux, Afrique comprise. L’alti-
vraisemblable dès cette époque. tude du plateau tibétain, voisine de l’actuelle, a dû être
La crise de salinité du Messinien (5,96 et 5,33 Ma) a atteinte vers 3 - 2,5 Ma (Armijo et al., 1989 ; Fort,
amené une baisse de salinité océanique (6 à 4 %) et a 1989, 1996). Cette dernière surrection induit régiona-
ainsi probablement contribué aux changements clima- lement une augmentation brutale de l’aridité (fig. 8)
tiques globaux (Gautier et al., 1994 ; Clauzon et al., marquée par l’apparition des premiers lœss vers 2,5 Ma
1996 ; Krijgsman et al., 2002). Elle a vraisemblable- en Chine (Liu et al., 1985 ; Kukla & An, 1989 ;
ment induit une extension supplémentaire de la ban- Hongbo et al., 2003 ; Guo et al., 2004), au Népal
quise sur l’Arctique, en relevant la température de (Gardner & Rendell, 1994 ; Agrawal et al., 1989) et
congélation de l’eau de mer (Hsü et al., 1978 ; Hoddel indirectement, en Europe (Pecsi, 1988 ; Pastre et al.,
et al., 1986), contribuant au refroidissement et la baisse 1994). L’activité volcanique reprend en Islande vers
eustatique corrélative (Mangerud et al., 1996). Néan- 2,5 Ma (Saemundson, 1980). Les premières traces de
moins, cette crise apparaît plutôt après le maximum du glaciation apparaissent à basse latitude à cette époque
refroidissement. dans les collines du Kashmir (formations de Karewa et
D’un point de vue biologique, de grandes modifica- Siwalik supérieur), en Californie (Deadman Pass)
tions des faunes et des flores sont observées : leur com- (Hambrey & Harland, 1981), en Bolivie, mais égale-
position se rapproche de l’actuelle. ment en Patagonie (Mercer, 1973). Le détroit de Béring
s’ouvre également à cette époque (3 Ma) (Marincovich
& Gladenkov, 1999). En Mer de Barents, sur la pénin-
7 - LE DÉMARRAGE VÉRITABLE : VERS 3,3 Ma sule de Kola et en Terre François Josef, des tillites plio-
cènes (circa 3 Ma) ont été observées sur la plate-forme
De 5,2 Ma à 4 Ma, au début du Pliocène, le climat est (Vorren et al., 1991). Les calottes groenlandaises et
relativement doux, probablement en relation avec de islandaises se développent à cette époque (Bergreen &
très faibles fluctuations des paramètres de l’orbite ter- Schnitker, 1983).
restre vers 4,4 Ma et avec un rifting ralenti. Le volca- Vers 2,8 Ma, une première glaciation importante se
nisme est actif un peu partout, comme dans le Massif manifeste par des décharges d’icebergs très abondantes
central, autour du bassin pannonnien, dans les Caraïbes en Atlantique Nord, apparemment contrôlée par le for-
ou en Nouvelle-Zélande, permettant un petit effet de çage orbital (Maslin et al., 1998). Néanmoins, cet épi-
serre, peut-être également lié à un dégazage d’hydrates sode est, comme les autres, contemporain de l’orogène
sur les plates-formes continentales. C’est le réchauffe- valaque, très bien enregistrée autour du bassin méditer-
ment du début Zancléen (Pliocène inférieur) associé à ranéen et signée par une aridité remarquable (encroûte-
une réduction du volume mondial de glace. Le gel est ments calcaires villafranchiens ; Quade et al., 1995).
absent des basses terres de la Mer du Nord (Zagwijn, Elle est associée, en Europe, à une crise érosive
1989). La zone de convergence intertropicale des vents majeure des sols probablement associée à une réduc-
(ITCZ, fig. 5) se localise encore au nord de l’équateur, tion importante du couvert végétal (crise rhexista-
mais migre vers le sud vers 4,4 - 4,3 Ma (Rea & sique ; Van Vliet-Lanoë et al., 2002). Après ces crises
Bloomstine, 1986 ; Gussone et al., 2004). orogéniques généralisées, à partir de 2,8 - 2,4 Ma, de
À partir de 3,7 Ma, le climat se refroidit nettement petits inlandsis croissent dans l’hémisphère nord corré-
plus, avec pour conséquence des évolutions importan- lable au Pré-Tiglien (Zagwijn, 1989) des latitudes
tes des flores et des faunes. L’isolement thermique de moyennes. La cyclicité est alors rapide, voisine de
121

41 ka, ce qui correspond à la fréquence d’oscillation de glaciers devaient être à base tempérée sur les hémis-
l’axe de rotation de la Terre (obliquité), donc à un phères (Van Vliet-Lanoë, 2005). Porter (1989) estime
déclenchement polaire des glaciations. Ce phénomène que le creusement des fjords (fig. 4) s’est effectué pen-
est également reflété par l’évolution des grandes fau- dant cette période. Ces phénomènes vont être régiona-
nes continentales qui subissent des fluctuations plutôt lement modulés par les déformations à grande
que de grands changements (Bonifay, 1995). L’enregis- longueur d’onde liées aux orogènes miocènes. Le
trement des IRD transportés par les icebergs (fig. 6 ; réseau fluviatile actuel de l’Europe de l’Ouest dérive
Bleil, 1989) atteste une glaciation de plateau (fona) pour l’essentiel de celui du Miocène moyen, incisé jus-
persistante sur la Scandinavie entre 2,5 et 1 Ma, qu’en position de la moyenne terrasse vers 11 Ma ou
associée avec une accentuation dramatique de l’érosion vers 2,4 Ma (Van Vliet-Lanoë et al., 2002) en relation
glaciaire et des interglaciaires frais. avec des déformations tectoniques à grande longueur
L’extension maximale des calottes nord-américaines d’onde (bombements) ou la subsidence de grabens,
et scandinave ainsi que celle des Alpes est enregistrée à induisant localement des captures. Ce proto-réseau a
2,2 Ma (Andersen & Born, 1994), en relation avec un été ensuite recolmaté lors de la relaxation tectonique du
niveau marin encore élevé et un Gulf Stream fonction- Miocène supérieur et du Piacenzien, pour être ré-évidé
nel. Ceci est démontré par le caractère souvent encore par paliers au Plio-Pléistocène dans les secteurs en sou-
tempéré de la Scandinavie (Funnel, 1996), dont le lèvement (Van Vliet-Lanoë et al., 2002). Il en est de
maximum d’englacement est beaucoup plus tardif dans même pour l’Amérique du Nord. Par contre le bassin
le sud (Mangerud et al., 1996). Entre 2,2 et 1,2 Ma, il amazonien voit sa direction d’écoulement inversée par
n’y a cependant pas de grandes calottes, pendant cette la formation des Andes.
période incluant notamment l’Éburonien. Cette L’aridification croissante est aussi enregistrée aux
période est réputée, à tort en Europe moyenne, pour son latitudes comprises ente 65 et 30oN par l’évolution pro-
activité « périglaciaire », activité qui est manifeste- gressive de fleuves puissants, lents et méandrants à
ment d’origine tectonique. L’analyse palynologique l’Éocène, en des fleuves beaucoup plus irréguliers, en
des glaciaires de cette époque montre que ceux-ci tresse ou anastomosés, à pente relativement plus forte
n’étaient pas plus froids qu’à l’Holocène (Combou- et à comportement d’oued (Griffin, 2002), notamment
rieu-Nebout et al., 2000) ! lors des épisodes boréaux de la fin du Messinien ou du
Gélasien : les épisodes glaciaires sont encore peu mar-
qués à nos latitudes, mais les précipitations restent
8 - CONSÉQUENCES DE L’ENGLACIATION encore relativement élevées, malgré une extension
SUR LE MILIEU PHYSIQUE énorme des calottes à base tempérée vers 2,2 Ma dans
l’hémisphère nord, Scandinavie exceptée.
La baisse du niveau marin au Cénozoïque va entraî- La baisse eustatique cénozoïque va contrôler égale-
ner une reprise d’érosion importante de toutes les zones ment l’érosion des sols notamment aux périodes de tran -
proches du trait de côte (< 500 km). Au Néogène, les sition climatique (Van Vliet-Lanoë & Guillocheau, 1995)

Fig. 8 : Enregistrement à long terme du dépôt de poussières dans les sédiments océaniques profonds en termes de taux d’accumulation et de taille
au Tertiaire, carottes du Pacifique Nord central, à hauteur du tropique du Cancer (d’après Rea, 1997).
Fig. 8 : Long term record of dust accumulation in the N Central Pacific (from Rea, 1997).
122

en augmentant de manière considérable pendant la Les glaciations de l’hémisphère nord ne sont pas
régression du Chattien (entre 28 et 23 Ma) et, surtout encore sensibles au Néogène dans le Pacifique Sud,
depuis 6 Ma, l’apport terrigène dans les bassins épicon- mais la réaccélération du rifting à 14 Ma coïncide avec
tinentaux (Géli, 1993). Alors que les périodes d’aridité une aridité croissante sur l’Australie et en Afrique ainsi
du Tertiaire sont caractérisées aux latitudes moyennes qu’avec le glissement vers le nord de la zone intertropi-
par des épisodes puissants de ruissellement en nappe et cale de convergence des vents (ITCZ). Apparemment,
par une activité éolienne intense, à partir du Néogène la zone de convergence a repris sa position actuelle vers
final, ce contexte aride glisse vers l’équateur, au sud de 2,5 Ma.
40o de latitude nord. Plus au nord, l’érosion reste prin- Cette aridification est enregistrée en mer avec l’ar-
cipalement le fait : 1) du déblaiement glaciaire des alté- rivée croissante de poussières éoliennes dans les sédi-
rites tertiaires, en mettant à profit les vallées incisées au ments marins (fig. 8) (Rea, 1994 ; Tiedemann et al.,
début du Tortonien, 2) de flashes érosifs très courts au 1994 ; Rea et al., 1998). Ce transport éolien, à partir de
début de l’installation d’un contexte périglaciaire ou l’Afrique du Nord dans l’Atlantique et de l’Asie dans le
glaciaire, et enfin 3) d’épisodes arides à activité bassin pacifique, s’effectue surtout au nord de la zone
éolienne marquée lors des refroidissements (Van Vliet- de convergence intertropicale des vents, vents alimen-
Lanoë, 2005). tés préférentiellement à partir des secteurs arides où
Cet apport alluvial fertilise la plate-forme continen- des écoulements pluviaux intermittents peuvent prépa-
tale et contribue vraisemblablement, de manière rer des sédiments fins. Les fractions éoliennes proches
importante, à réduire l’effet de serre carbonique et de 50 µm sont déposées à proximité de leur source
donc à accentuer l’englaciation. continentale, tandis que les silts (6-8 µm) sont exportés
par les jets streams et rejoignent le fonds d’aérosols
La baisse progressive du niveau marin va également
atmosphériques pour sédimenter dans les grands fonds
entraîner au cours du Cénozoïque une aridification
marins ou sur les calottes comme l’Antarctique. Le
croissante, plus particulièrement pendant les glaciai-
meilleur enregistrement actuellement connu dans le
res. Elle est contrôlée par la baisse de la tension de
Pacifique Nord est la carotte LL44-GPC3 (fig. 8), qui
vapeur atmosphérique, une diminution importante de
montre une teneur limitée en poussières éoliennes de
l’effet de serre, une réduction conséquente de l’activité
80 à 25 Ma (régression du Chattien), une augmentation
biologique, aboutissant à une accentuation du refroi-
progressive au Mio-Pliocène et une augmentation bru-
dissement. Ceci se marque notamment sur la végéta-
tale, avec un facteur d’ordre 10, à partir de 3,5 Ma (Rea,
tion (voir plus loin), avec l’extension des herbacées
1997). Ce phénomène avait déjà été noté par Tiede-
(ETP réduite) à partir de la fin de l’Éocène (Retalack,
mann et al. (1994) sur une série ODP plus courte.
2001). Avec le refroidissement progressif du climat au
Cependant un pic d’activité éolienne dès 7,5 Ma est
Cénozoïque et son aridification, l’altération biogéochi-
enregistré dans les Leg ODP 145 (Sites 885/886 :
mique diminue, libérant pendant les interglaciaires de
Snoeckx et al., 1995 ; Hovan, 1995), contemporain du
moins en moins de matériaux résiduels susceptibles
début de l’aridification du Sahara (Griffin, 2002), du
d’alimenter les bassins profonds.
Texas (Gustavson & Holliday, 1999) et de la forma-
À terre, aux latitudes tempérées actuelles, la pédoge- tion d’erg dans le Taklamakan (Sun & Liu, 2006). Ces
nèse évolue, passant de sols tropicaux, à latérite héma- deux dernières zones sont toujours les sources primai-
titique et à profils d’altération puissants au Paléocène res de poussières, même au Quaternaire. Les premiers
et à l’Éocène (Thiry, 1999), à des sols de type méditer- lœss apparaissent de manière presque continue de
ranéen à altération modérée au Miocène, avec notam- 22 Ma (début Miocène) à 6 Ma en Chine (Guo et al.,
ment formation de podzols géants comme les Sables de 2002). Mais ils apparaissent de manière plus généra-
Mol, en Belgique, et de cuirasses goethitiques à la tran- lisée surtout au début du Quaternaire, vers 2,4 Ma.
sition Messinien-Zancléen (Van Vliet-Lanoë et al., Ces dépôts sont le plus souvent associés à des hori-
2002), ou, à partir de la fin de l’Éocène et surtout au zons pétrocalciques puissants (croûtes calcaires à
Miocène, de silicifications continentales, comme les cyanobactéries), témoins de l’exacerbation de l’aridi-
grès ladères (Bretagne) ou les pierres de Stone (Nord té et fixant également beaucoup de gaz carbonique
de la France) (Thiry, 1999). (e.g. Quade et al., 1995 ; Rea et al., 1998). Le désert
À partir du Pliocène moyen, la pédogenèse est tou- d’Atacama se développe à cette époque avec le déve-
jours désilicifiante, mais perd en intensité et en profon- loppement de la circulation thermohaline moderne
deur, en raison de la baisse des températures et de celle (Hartley & Chong, 2002).
des précipitations. Les sols de nos régions deviennent En mer, cet apport de poussières terrigènes, donc
lessivés, acides et sont encore rubéfiés en période inter- riche en fer, notamment aux latitudes tropicales, a un
glaciaire. Cette rubéfaction est autant climatique que effet fertilisant sur la production planctonique océa-
liée à la diagenèse précoce. Les sols tempérés devien- nique (Goudie & Middleton, 2001) et contribue vrai-
dront brunâtres à la fin du Pléistocène. Les cherno- semblablement, de manière importante, à réduire
zems, ou sols noirs de prairie ou de steppe, l’effet de serre carbonique et donc à accentuer l’engla-
apparaissent dès 2,4 Ma en Eurasie et dans les plaines ciation, tout comme les apports fluviatiles sur la plate-
américaines (Retalack, 2001), suite à l’extension forme (« évènement de Monterrey » ; Vincent & Ber-
majeure des graminées. ger, 1985).
123

9 - CONSÉQUENCES SUR L’ÉVOLUTION L’extension du couvert herbacé a progressivement


DES FLORES ET DES FAUNES limité l’érosion mécanique et permis le stockage de
carbone dans les sols (chernozem) en période intergla-
D’un point de vue biologique, le refroidissement du ciaire. La flore oligocène de Turgaï envahit l’Europe
Cénozoïque a permis le développement des végétaux subarctique au fur et à mesure de la disparition de la
résistants à la sécheresse et celui des mammifères à sang flore téthysienne.
chaud, susceptibles de s’adapter à des environnements Le Miocène voit le développement extensif des
rigoureux. Le développement des mammifères, appa- forêts de conifères en domaine arctique et celui de la
rus au Trias, s’est surtout effectué après l’extinction prairie en domaines tempérés et subarctiques. Cette
massive des dinosaures à la fin du Crétacé, avec une nouvelle flore apparue avec les glaciations du Miocène
diversification spécifique importante au Paléogène. La est surnommée arcto-tertiaire ou boréale. Pendant les
plupart des espèces de mammifères se sont dévelop- événements chauds du Miocène moyen, une flore
pées du Paléocène jusqu’au Miocène, notamment les méditerranéenne adaptée à la sécheresse remonte tem-
grandes espèces. Par la suite, la réduction des biotopes porairement sur l’Europe du Nord, pour céder ensuite
favorables a progressivement appauvri les faunes au le terrain à la flore boréale, lors du refroidissement du
fur et à mesure du refroidissement des climats, même si Miocène supérieur. Cette flore est enrichie en conifères
certaines espèces s’adaptaient par réduction de taille, et autres espèces à petites feuilles. L’apparition de la
évolution de la fourrure ou de la physiologie (Partridge steppe en Europe démarre vers 8 - 9 Ma, en même
et al., 1995 ; Agusti & Anton, 2002). temps que les steppes d’Asie et d’Amérique du Nord. À
Pour la végétation, les domaines boréaux et bérin- partir de la fin du Miocène, malgré un bref réchauffe-
giens des zones arctiques sont, à quelques nuances ment au Zancléen (Zagwijn, 1990), la flore boréale se
régionales près, un héritage du Cénomanien (fig. 9). Au différencie, avec l’apparition de la taïga et de la toundra
début de l’Éocène, les flores sub-tropicales s’étendent en zone arctique (Meyen, 1987 ; Spicer & Askin,
au-delà de 60o de latitude tandis que les latitudes très 1995). La formation de la toundra date d’environ 4 Ma,
élevées se couvrent de forêts de conifères. Elles sont vraisemblablement pour l’ensemble du domaine arc-
adaptées aux conditions d’ensoleillement et d’humidi- tique. La flore boréale s’observe dès les « glaciaires »
té présentes à cette époque. Déjà un certain nombre pliocènes aux latitudes moyennes.
d’espèces qui nous sont familières s’y retrouvent. La Les végétaux adaptent également leur métabolisme à
flore est mésophile, à affinité tempérée, avec des arbres l’aridification. Au début du Cénozoïque, la plupart des
à feuilles larges et des buissons. C’est le cas des plantes produisent essentiellement des sucres en C3. A
niveaux de charbon du Spitzberg ou d’Ellesmere, au l’aube du Néogène, certaines plantes modifient leur
NE du Canada (Meyen, 1987 ; Spicer & Askin, 1995). métabolisme pour produire des sucres en C4 (malates,
La fin de l’Éocène marque un changement rapide de aspartates) (Cerling, 1992). C’est le cas des graminées
la flore avec l’expansion de la forêt décidue vers les et des chénopodiacées qui voient leur extension se
basses latitudes en même temps qu’une diminution de diversifier avec le Miocène (Latorre et al., 1997 ; Reta-
la diversité qui s’accroîtra de nouveau à l’Oligocène. À lack, 2001). Dans ce dernier cas, la présence de sel et
la charnière Éocène-Oligocène, en raison du refroidis- les mécanismes osmotiques accentuent la dessiccation.
sement et de l’aridification croissante, la flore arctique Certaines plantes peuvent fonctionner selon les deux
subit un premier changement important avec l’appari- systèmes. C’est à cette époque que les grandes silicifi-
tion des prairies et la disparition d’une partie de la flore cations apparaissent dans les sols, probablement en
à feuilles larges. Le développement des graminées, relation avec l’abondance des phytolithes. Les plantes
apparues dès la fin du Crétacé, s’accélère à cette boréales et de toundra restent en C3, en relation avec
époque en relation avec une aridification croissante. l’humidité printanière liée à la fonte des neiges.

PALEOCENE OLIGOCENE MIOCENE FINAL


Flore « cénomanienne » Flore de Turgaï Flore boréale
(téthysienne)
Ginkgo, Magnolia, Ginkgo, Pinacea, Pinacea : Picea, Pinus, Abies,
Metasequoia, Metasequoia, Magnolia Larix, Tsuga

Alnus, Betula, Populus, Fagus, Alnus, Betula, Populus, Fagus,


Alnus, Betula, Populus Salix Salix

Quercus, Platanus, Thuja, Quercus, Acer, Platanus, Quercus, Acer, Platanus,


Taxodium, Juglans, Ulmus, Thuja, Taxodium, Juglans, Thuja, Fraxinus, Carpinus,
Corylus, Vitis, Viburnum Pt erocarya, Ulmus, Corylus, Ulmus, Taxodium, Juglans,
Vitis, Viburnum, Rhus Pt erocarya, Corylus, Vitis,
Viburnum, Rhus

Fig. 9 : Évolution des flores au cours du Cénozoïque (taxons subsistants aujourd’hui) (d’après Meyen, 1987).
Fig. 9 : Evolution of Cainozoic flora (inherited taxons) (from Meyen, 1987).
124

10 - CONCLUSION BARTOLI G., SARNTHEIN M., WEINELT M., ERLENKEUSER


H., GARBE-SCHÖNBERG D., & LEA D.W., 2005 - Final clo-
sure of Panama and the onset of northern hemisphere glaciation.
Le Cénozoïque enregistre donc une englaciation Earth and Planetary Science Letters, 237, 33-44.
croissante par étapes, d’abord dans l’hémisphère sud BEAUFORT L., 1994 - Climate importance of the modulations of
puis, depuis le Néogène, dans l’hémisphère nord, sur- the 100 kyr cycle inferred due to 16 m.y. long Miocene records.
Palaeoceanography, 9, 821-834.
tout en relation avec le rifting, la tectonique des pla-
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