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Flash Economie La finance mondiale toujours de très grande taille par

rapport à l’économie réelle : des crises de plus en


24 juillet 2018 - 849
plus graves sont inévitables

La taille de la finance mondiale continue à rester très élevée par


rapport à l’économie réelle du Monde. Ce gonflement de la taille de la
finance conduit nécessairement à des crises graves :

les chocs financiers ont des effets très importants de


déstabilisation de l’économie réelle ;

et la déstabilisation de l’économie réelle, dégradant les


fondamentaux des actifs financiers, renforce les chocs financiers.

Cet enchaînement s’est déjà produit avec la crise des subprimes en


2008-2009, et il sera encore plus violent dans les crises du futur. Ceci
pose la question de la nécessaire stabilisation de la taille de la
finance, qui passe essentiellement par le retour à des politiques
monétaires normalement restrictives.

Patrick Artus
Tel. (33 1) 58 55 15 00
patrick.artus@natixis.com
@PatrickArtus

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Flash Economie

La taille de la finance mondiale


Nous calculons la taille de la finance mondiale comme la somme :

- de l’encours de crédit (graphique 1a) ;

- de l’encours total d’obligations (graphique 1b) ;

- de la capitalisation boursière (graphique 1c) ;

- de l’encours de produits dérivés (graphique 1d).

Graphique 1a Graphique 1b
120 Monde : encours de crédit (en % du PIB valeur) 120 Monde : encours total d'obligations
(en % du PIB valeur)
150 150
115 115
140 140
110 110
130 130
105 105
120 120
100 100
110 110
95 95
100 100

90 90 90 90
Sources : Datastream, NATIXIS
Sources : Datastream, BIS, NATIXIS

85 85 80 80
90 92 94 96 98 00 02 04 06 08 10 12 14 16 18 90 92 94 96 98 00 02 04 06 08 10 12 14 16 18

Graphique 1c Graphique 1d
Monde : capitalisation boursière Monde : encours total des produits dérivés* de gré
(en % du PIB valaleur) à gré (en % du PIB valeur)
110 110 1200 1200
100 100 (*) Global OTC derivatives

90 90 1000 1000

80 80
800 800
70 70
60 60
600 600
50 50
40 40 400 400
30 Sources : Datastream, NATIXIS 30 Sources : BIS, NATIXIS

20 20 200 200
90 92 94 96 98 00 02 04 06 08 10 12 14 16 18 98 00 02 04 06 08 10 12 14 16 18

Il ne faut pas commettre l’erreur d’ajouter le crédit et la masse monétaire, qui sont les deux
côtés du bilan des banques (graphique 1e).

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Graphique 1e
Monde : encours de crédit et masse monétaire M2
(en % du PIB valeur)
120 Encours de crédit 120

Masse monétaire M2
110 110

100 100

90 90

80 80

70 70
Sources : Datastream, NATIXIS
60 60
90 92 94 96 98 00 02 04 06 08 10 12 14 16 18

Le graphique 2 montre alors la taille de la finance du Monde par rapport au PIB du Monde.

Graphique 2
Monde : taille de la finance* (en % du PIB valeur)
1600 1600
(*) Crédit + obligations +
capitalisation boursière + dérivés
1400 1400

1200 1200

1000 1000

800 800

600 600
Sources : Datastream, BIS, NATIXIS
400 400
90 92 94 96 98 00 02 04 06 08 10 12 14 16 18

On voit que sa taille reste très élevée par rapport à l’économie réelle ; son recul est dû à
celui des produits dérivés.

Pourquoi une taille forte de la finance par rapport à l’économie


réelle conduit à des crises graves
Si la taille de la finance par rapport à l’économie réelle est grande, les crises sont graves,
comme on l’a vu en 2008-2009.

En effet :

- les chocs financiers (correction du prix d’un actif, en 2008 des prix de l’immobilier,
graphique 3) conduisent à une forte déstabilisation de l’économie réelle, avec le recul
du crédit (graphique 4a), le recul de la valeur des actifs financiers et de la richesse
(graphique 4b, graphique 1c) ;

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Graphique 3
Monde : prix des maisons (100 en 1990:1)
400 400

350 350

300 300

250 250

200 200

150 150
Sources : Datastream, BIS, NATIXIS
100 100
90 92 94 96 98 00 02 04 06 08 10 12 14 16 18

Graphique 4a Graphique 4b
Monde : crédit (GA en %) Monde : indice boursier (100 en 1990:1)
18 18 450 450

400 400
16 16
350 350
14 14
300 300
12 12
250 250
10 10
200 200
8 8
150 150

6 Sources : Datastream, NATIXIS


6 100 100
Sources : Datastream, NATIXIS
4 4 50 50
90 92 94 96 98 00 02 04 06 08 10 12 14 16 18 90 92 94 96 98 00 02 04 06 08 10 12 14 16 18

- le recul de l’activité réelle due au choc financier (graphique 5a) dégrade les
fondamentaux des actifs financiers (comme les profits des entreprises, graphique 5b) ;
et fait encre plus reculer les marchés financiers.

Graphique 5a Graphique 5b
Monde : croissance du PIB en volume (GA en %) Monde : profits après taxes, intérêts et dividendes
(en % du PIB valeur)
8 8 17 17

16 16
6 6

15 15
4 4
14 14
2 2
13 13

0 0
12 12
Sources : Datastream, NATIXIS Sources : Datastream, NATIXIS
-2 -2 11 11
90 92 94 96 98 00 02 04 06 08 10 12 14 16 18 90 92 94 96 98 00 02 04 06 08 10 12 14 16 18

L’interaction entre les chocs financiers, de grande taille, et l’économie réelle conduit
donc à des crises graves.

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Synthèse : stabiliser ou même faire reculer la taille de la


finance
Plus la finance est de grande taille par rapport à l’économie réelle, plus, on l’a vu, les crises
sont graves.

Il faudrait donc faire reculer la taille de la finance.

On peut bien sûr utiliser les règlementations (la règlementation plus sévère des banques a fait
reculer le crédit dans les pays de l’OCDE, graphique 6, l’évaluation plus sévère des actifs
financiers a fait reculer l’encours de produits construits à partir de produits dérivés, graphique
1d, l’encours de produits financiers complexes, graphique 7).

Graphique 6 Graphique 7
OCDE* : crédit (en % du PIB valeur) Encours d'ABS
130 130 Etats-Unis (en Mds de $)
5000 5000
(*) Etats-Unis + Royaume-Uni Zone euro (en Mds d'€)
125
+ Zone euro + Japon
125 4500 4500
4000 4000
120 120
3500 3500
115 115 3000 3000
2500 Sources : Datastream, FoF, 2500
110 110 SIFMA, AFME, NATIXIS
2000 2000
105 105 1500 1500
1000 1000
100 100
Sources : Datastream, NATIXIS 500 500
95 95 0 0
90 92 94 96 98 00 02 04 06 08 10 12 14 16 18 90 92 94 96 98 00 02 04 06 08 10 12 14 16 18

Mais pour éviter la poursuite de la hausse de la taille de la dette, de la hausse de la valeur des
actifs, la seule évolution durablement efficace serait le passage à une politique monétaire
normalement restrictive, alors qu’elle est aujourd’hui encore anormalement expansionniste
(graphique 8).

Graphique 8
Monde : PIB valeur, taux d'intervention des
Banques Centrales et taux d'intérêt à 10 ans sur les
emprunts d'Etat
PIB valeur (GA en %)
30 Taux d'intervention des Banques Centrales (en %) 30
Taux 10 ans Gov. (en %)
25 25

20 20

15 15

10 10

5 5

0 0
Sources : Datastream, NATIXIS
-5 -5
90 92 94 96 98 00 02 04 06 08 10 12 14 16 18

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