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BIJOUX

COMMENT CHOISIR ET PORTER DES BIJOUX QUAND ON EST UN HOMME ?

Temps de lecture : 20 minutes

Publié par Axel Yvon le 13 juin 201883

Mis à jour le 1 mars 2019

Ne vous est-il jamais arrivé de vous arrêter devant la vitrine d’une bijouterie et d’en admirer le
contenu ? Le travail d’orfèvre, la créativité, l’imaginaire que certaines pièces dégagent…

Pourtant, porter des bijoux, très peu pour vous !

Eh bien, cet article vise à vous faire changer d’avis. Vaste projet j’en conviens, mais je ferai de mon
mieux.

Et pour les initiés, vous trouverez sûrement dans ces quelques lignes, de l'inspiration ou des
informations qui pourront vous servir dans votre recherche du parfait accessoire.

NB : Je n’évoquerai pas les montres ici car de précédents articles y sont dédiés.
C'est beau, ça va avec tout et ça peut sauver votre style. Bon n'est pas Karl qui veut, c'est vrai !

Je vais vous faire une confidence : je suis moi-même un récent converti. Amateur d’expérimentations
vestimentaires, je l’étais moins s’agissant des accessoires. Dernièrement, et grâce à la gentillesse de
mes fabuleux camarades de chez BonneGueule (merci encore à vous), j’ai fait l’acquisition d’un
premier bracelet en argent. Frileux au début, j’ai commencé à le porter, à m’y habituer, à me laisser
séduire…

J’ai dès lors acheté de nouveaux bijoux : bracelets, bagues (bientôt collier ?), en me passionnant pour
leur design, les techniques de création, la symbolique qu’ils expriment. Car en effet, je crois que, plus
encore que les vêtements, les bijoux véhiculent une aura tout à fait unique à celui qui les porte.

DES BIJOUX ET DES HOMMES

Les bijoux pour hommes n’ont pas toujours été tabous. L’histoire témoigne d’un engouement certain
du sexe masculin pour les ornements et les parures, parfois même plus démonstratives que chez les
femmes.

Partout et de longue date, de l’Antiquité à la Renaissance, en passant par le Moyen-Âge, les hommes
portaient des bijoux - parfois très voyants - pour affirmer leur statut social auprès de leurs pairs.
Exemple de pectoral masculin en or porté en Égypte durant l'Antiquité.

Dans l’Égypte antique, tous les hommes portaient des bijoux. Les plus modestes se contentaient de
petites amulettes tandis que les plus riches arboraient des parures volumineuses sur la poitrine, des
bagues (parfois plusieurs à chaque doigt) ou des manchettes en or et pierreries diverses (des
turquoises du Sinaï, du lapis lazuli provenant d’Afghanistan).

Les romains, moins extravagants, avaient toutefois pour habitude de porter anneaux, plastrons et
colliers précieux. Certains bijoux pouvaient signifier d’une appartenance militaire.
Exemple de fermail du Moyen-Âge : véritable oeuvre d'orfèvre, cette épingle améliorée était d'usage
fréquent à cette époque.

Du Moyen-Âge à la Renaissance, chaque période fut marquée par une pratique particulière de
l’ornement, aussi bien chez les hommes que chez les femmes. L’influence byzantine eut pour effet de
populariser les parures les plus somptueuses pour ceux qui en avaient les moyens. On avait
cependant coutume de porter les bijoux sur les vêtements plutôt que sur soi. Cette période voit la
démocratisation de l’agrafe, aussi appelée fermail, sorte de broche servant à maintenir les deux pans
de la cape ou du manteau.

Suivant les époques, elles représentaient des fleurs, des animaux ou encore des devises ou armoiries.
Si les castes ecclésiastiques les plus puissantes eurent toujours pour habitude de porter des bijoux
(grosses croix en or, divers anneaux hiérarchiques), les laïques quant à eux suivaient la mode de
l’époque, souvent dictée par la royauté.

Certains souverains comme Louis IX (très pieux, aussi connu sous le nom de Saint Louis) étaient assez
réticents à toutes formes de fastes, tandis que d’autres rois, comme Charles VI furent beaucoup plus
friands de ce genre de frivolités.
Ornement de nez provenant d'Inde occidentale porté par un prince Indien, entre 1925 et 1950 : or,
diamants, perles et émeraudes. Alors, où situer la frontière entre féminin et masculin ? Photo
provenant de l'exposition "Des Grands Moghols aux Maharajahs" au Grand Palais.

L’Inde est un autre exemple frappant de culture ayant mis en avant le port de bijoux chez les
hommes. En effet, le secteur de la joaillerie y sera florissant dès le XIVème siècle, à l’époque des
Grands Moghols qui financent personnellement cette économie. Ces créations sont parmi les plus
abouties à l’époque, l’Inde jouissant d’un savoir-faire particulier en la matière ainsi que de gisements
propices à la production de bijoux luxueux.

Les empereurs et la noblesse locale se parent de décorations de turban, de bracelets, de colliers, de


bagues et autre ornements en or et pierres précieuses. Le XIXème et l’avènement du Raj Britannique
(la mise en place du régime colonial britannique) sera une seconde époque de grand faste de la
haute-joaillerie indienne.

Les princes indiens, dépouillés de tout pouvoir, continueront d’affirmer leur influence à travers des
ornements toujours plus somptueux, mixant tradition indienne et influence occidentale.
Extrait du film "La Parure" tiré de la nouvelle éponyme de Maupassant, racontant l'histoire d'un
couple s'endettant à vie après avoir perdu une rivière de diamant empruntée à l'occasion d'une
soirée mondaine.

Au temps de la révolution industrielle, les bijoux disparaîtront progressivement des attributs


masculins. Comble du machisme, on préfère offrir à sa femme de luxueuses pièces de joaillerie pour
exposer alors sa réussite et sa fortune en société.

Synonymes de richesse et donc de pouvoir, les bijoux ont toujours eu une valeur sociale forte. Plus
encore, ils étaient considérés comme des objets mystiques, associés pour la plupart à des pouvoirs
magiques ou à de supposées propriétés ésotériques. Qu’il s’agisse de culture du symbole ou de
pouvoir des pierres, les croyances liées aux bijoux sont nombreuses…
LE BIJOU POUR TOUS

Curieux de vraiment comprendre pourquoi les hommes portaient si peu de bijoux, j’ai entrepris une
petite enquête dans mon entourage. Bien sûr, celle-ci n’a pas valeur d’échantillon représentatif de la
population mais peut tout de même apporter quelques éléments de réponses.

À la question « pourquoi ne portes-tu pas de bijoux ? » on me rétorquait souvent : trop connotés,


trop féminins, tape-à-l’œil ou pire, « pas pour moi ». Simple mais lapidaire comme réponse. Cela
voudrait-il dire que certains hommes sont nés pour porter des bijoux et d’autres non ?

Finalement, et comme toujours, le bijou est associé à des considérations sociales bien ancrées dans
nos têtes, à une imagerie aussi vieille que dépassée.

Symbole de pouvoir et de richesse, le bijou est excluant. Presque banni du vestiaire des hommes
pendant plus de deux siècles (et réservé aux femmes), il est féminin et donc sexuellement connoté.

Port du bijou ne veut pas forcément dire perte de votre virilité, à l'exemple ici de Johnny Depp.

Pourtant aujourd’hui, ces barrières psychologiques tendent à disparaître. Un regain d’intérêt


croissant des hommes pour les bijoux s’opère et, tandis que les considérations liées au genre
s’effondrent, de nombreux créateurs se lancent sur le marché florissant de la bijouterie/joaillerie
pour homme. Et croyez moi, cette tendance n’en est qu’à ses débuts !

LES DIFFÉRENTS BIJOUX POUR HOMME

"Mais alors, me direz-vous, comment porter des bijoux quand on est un homme ?" J’y viens !

Sachez tout d’abord que, s’agissant des bijoux, l’unique règle c’est en fait qu’il n’y en a pas… ou
presque !
Non... ça n'est définitivement pas le résultat que l'on recherche ici.

Bien sûr, certaines indications seront éventuellement à respecter pour éviter de se transformer en
véritable sapin de Noël ou en triste réplique de Puff Daddy…

Les bijoux sont des accessoires d'aucune utilité pratique. Leur seul intérêt réside donc dans ce qu’ils
disent de vous, de votre personnalité. Porter des bijoux, c’est choisir d’exprimer quelque chose de
particulier, de profond.

Il n’existe d’ailleurs pas vraiment de mode du bijou. Quand il y a quelques courants, le plus souvent,
ils s’épuisent pour devenir rapidement anachroniques voire ringards.
Comme ici, les bijoux habillent certaines parties du corps. Ils attirent le regard vers ces zones, les
subliment.

Voici quelques questions de base auxquelles je réponds pour vous permettre de sereinement faire
vos premiers pas dans le monde merveilleux du bijou. C'est parti !

PEUT-ON PORTER PLUSIEURS BIJOUX À LA FOIS ?

Too much ? Question de point de vue.

Bien sûr que oui ! Une bague, un bracelet, un collier… pourquoi ne pas tout mixer ? Tout dépend de
votre style. Un homme amateur de bijoux, au style assumé aura plus de facilités à empiler les
bracelets à son poignet ou à porter plusieurs bagues à chaque main. Faites seulement attention à ne
jamais trop en faire, au risque que l’on ne distingue plus aucun de vos beaux accessoires tant ceux-ci
seraient nombreux.

OR OU ARGENT ?

Selon la croyance populaire, l’or irait davantage aux peaux halées et l’argent aux peaux pâles. Oui et
non. Là encore, faites attention à ne pas vous restreindre, il faut surtout que le bijou vous plaise. S’il
est vrai que l’or a une connotation plus « bling bling », tout dépend de la façon de le porter. Croyez-
moi, si votre accessoire est de mauvais goût, votre entourage vous le fera sûrement savoir.

COMMENT RECONNAÎTRE UN VRAI BIJOU EN OR OU EN ARGENT ?

En bijouterie et joaillerie, nombreux sont les faussaires qui proposent des pièces en supposé  "or" ou
"argent". Combien se sont retrouvés déçus de voir leur superbe bague en "argent massif"
commencer à rouiller en seulement quelques semaines...

S'il reste difficile pour un profane de distinguer le vrai du faux, voici quelques conseils qui pourraient
vous être utiles pour éviter ce genre de déconvenue.

POUR L'ARGENT...

Mais qu'entend-t-on par argent massif ? Il s'agit en fait d'un matériau constitué d'au moins 80%
d'argent pur. On y rajoute souvent un autre métal, généralement du cuivre, afin de garantir la
solidité de la pièce, car l'argent seul serait trop souple et risquerait de vite s'abîmer.

Les types d'argent les plus connus sont le 800 (selon la proportion d'argent contenue, ici 80%), le 950
(95%) et, le plus courant, l'argent 925 (92,5%) ou argent sterling. Les pièces en argent comportent le
plus souvent un poinçon attestant de leur authenticité (caché dans un recoin invisible du bijou
comme l'intérieur d'une bague ou le fermoir d'un bracelet ou d'un collier).

Sachez également qu'à taille égale, un bijou en argent sera plus lourd qu'un autre alliage. Méfiez-
vous aussi des bijoux trop brillants. Habituellement l'argent à un aspect gris légèrement terne qui,
avec le temps aura tendance à s'assombrir en s'oxydant. C'est plutôt bon signe.
Démonstration du test de l'aimant pour l'argent. En effet, et comme pour l'or, il ne s'agit pas d'un
métal magnétique. Il n'est donc pas censé bouger.

Pour les plus méfiants, d'autres vérifications peuvent être effectuées. Munissez-vous d'un aimant et
testez-le sur votre pièce. L'argent ne devrait pas bouger tandis que d'autres alliages composés en
majorité de fer ou d'acier par exemple viendront tout de suite s'y coller.

Vous pouvez aussi tenter la méthode de l'acide. Il faut frotter le bijou avec une pierre dite de touche
puis y déposer une goutte d'une solution acide. Si celle-ci devient grisâtre ou blanche, il s'agit bien
d'argent. Si elle noircit ou prend une couleur verdâtre, c'est qu'il s'agit d'un alliage pauvre. Au risque
de voir votre joli bijou devenir importable si il est en toc.

POUR L'OR...

L'or est un métal précieux, dont le grammage est défini par les carats. On considère qu'une pièce est
en or si celle-ci affiche un grammage égal ou supérieur à 10 carats (et pouvant aller jusqu'à 24, à
hauteur de 99,9% d'or pur). Le 18 carats est le meilleur compromis.

Là encore, il est très difficile de reconnaître un vrai bijou en or. Mais comme pour l'argent, les pièces
authentiques comportent un poinçon et, n'étant pas magnétique, ne sera pas attiré si vous le collez à
un aimant. De même, l'or véritable ne se décolore pas avec le temps (contrairement au simple
plaqué or).

Bien sûr, et parce que nous n'avons pas tous chez nous l'attirail du parfait petit chimiste, privilégiez
les achats sûrs en allant vous fournir directement dans de vraies bijouteries ou chez des créateurs.
Vous saurez tout de suite ce que vous achetez, le pourcentage d'or, d'argent et autre métal présent
dans la composition de l'alliage. Et souvent, vous en ressortirez avec une attestation d'authenticité,
vous garantissant une sécurité supplémentaire.
Voici le tableau récapitulatif des différents poinçons officiels usités en France, garantissant qu'il s'agit
bien de métaux précieux (source : douanes françaises)

PIERRE OU PAS PIERRE ?

« Diamonds are a girl’s best friend » chantait Marilyn. Ne pourrait-il pas en être de même pour les
hommes ? Alors bien sûr, je ne vous enjoins pas à vous ramener dès demain, rivière de diamants
pendue au cou. Cependant, quelques pierres précieuses ou semi-précieuses peuvent
considérablement augmenter le cachet de votre bijou.
Les bijoux d'inspiration amérindienne (ou authentiques amérindiens) peuvent parfaitement convenir
à qui cherche à mixer originalité et masculinité comme Alois Bruno sur cette photo. Crédits : Alois
Bruno.

On distingue quatre types de pierres utilisées en joaillerie ou bijouterie.

 Les pierres précieuses : nous parlons ici des minéraux les plus rares et les plus purs. Il s'agit
du diamant, du saphir, du rubis et de l'émeraude.

 Les pierres fines : il s'agit de toutes les autres pierres ornementales moins nobles utilisées en
bijouterie. Parmi les dizaines d'exemples, on retient la turquoise, la malachite, la tanzanite, la
mélanite, la microcline, la morganite, l’œil de tigre, l’olioclase, l’onyx, l’opale, l’agate ou
l'aigue-marine.

 Les gemmes organiques : il ne s'agit pas de minéraux à proprement parler mais de matériaux
organiques résistants pouvant être utilisés dans la création de bijoux. Il s'agit notamment de
l'ambre, du corail, de l'ormeau, de la perle ou du jais.

Vu la profusion de pierres existantes, chacun choisira simplement la pierre qui lui plaît le plus.
Certaines d'entres elles, comme la labradorite ont la caractéristique de légèrement changer de
couleur après une exposition au soleil. Comme expliqué plus haut, certaines pierres seraient aussi
susceptibles de porter chance, protection ou bonne santé.

À titre d'exemple, voici les gemmes que je préfère :

LA LABRADORITE

Histoire ?

Nom dérivé de la région du Labrador au Canada où les missionnaires venus évangéliser les Inuits en
trouvèrent pour la première fois au XVIIIème siècle. Les légendes Inuits voudraient que cette pierre
soit en fait une aurore boréale qui aurait gelé avec le froid. Une autre version raconte qu'au
contraire, un guerrier aurait frappé une énorme labradorite de sa lance et que s'en serait échappé les
aurores boréales.

Où la trouve-t-on ?

On trouve des gisements dans les régions nordiques au Canada, en Finlande, Norvège, Russie,
Ukraine mais aussi quelques gisements en France.

Vertus supposées ? 

On lui prête des vertus médicinales, s'agissant notamment des problèmes de circulation sanguine et
de digestion. Elle aurait également des pouvoirs de purification et de régénération de l'âme.

Comment je la porte ? 

Afin d'avoir un rendu vraiment beau et de souligner toute la personnalité d'une vraie labradorite, je
pense plutôt la porter sertie sur une chevalière en argent assez simple. De cette façon, elle est mise
en avant et partie intégrante d'un bijou très personnel que je me verrais bien porter tous les jours.

Deux modèles de la marque Tant d'Avenir que vous découvrirez plus en détails en bas d'article.

LA TURQUOISE

Histoire ?

Utilisée il y a plus de 2000 ans par les peuples antiques d'Égypte et de Perse, la turquoise était
extraite de gisements en Iran ou dans la région du Sinaï. Elle était souvent considérée comme une
pierre représentative des dieux, symbolisant les cieux et servant de protection.

On l'utilisait aussi bien pour créer de petites amulettes que de grandes parures, voire même en
architecture pour réaliser des marqueteries dans les plus grands palais perses. De l'autre côté du
monde, les cultures précolombiennes l'utilisèrent notamment dans la création d'objets rituels.

Où la trouve-t-on ?
On trouve de nombreux gisements de turquoises au Moyen-Orient (Turquie, Iran, Israël) mais aussi
au Mexique et aux État-Unis.

Vertus supposées ?

Elle apaiserait les douleurs musculaires diverses et aurait un effet non négligeable sur l'état de santé
général du porteur.

Comment je la porte ?

Je la porterai davantage sur un bracelet type manchette en complément d'autre pierres avec
lesquelles elle se marierait bien telle que le corail rouge.

Un exemple de bracelet avec turquoises de chez Harpo.

L'AMBRE

Histoire ?

Contrairement aux deux précédentes, l'ambre n'est pas un minéral mais une gemme organique
provenant de la fossilisation de résine d'arbre, datant de plusieurs millions d'années. Certains
morceaux d'ambre comportent des inclusions de végétaux, d'insectes ou d'animaux emprisonnés.
L'ambre est utilisé dans la plupart des cultures antiques nordiques, grecques et romaines.

Où le trouve-t-on ?
L'ambre est assez répandu. On en trouve en France, dans les pays bordant la mer baltique mais aussi
au Canada, en République dominicaine ou au Mexique.

Vertus supposées ?

Symbole de jeunesse, de beauté et d'amour, l'ambre est une gemme plutôt féminine. Elle est aussi
considérée dans plusieurs cultures comme symbole de larmes solidifiée d'un dieu ou d'une déesse.
C'est une gemme qui aurait donc un effet sur le vieillissement.

Comment je le porte ?

Je n'ai pas encore trouvé la pièce parfaite que j'ai en tête. Idéalement je voudrais trouver un collier
de type sautoir avec un pendentif en ambre dans lequel serait piégé une petite bestiole quelconque
âgée de quelques centaines voire milliers d'années. J'ai une peur bleue des insectes, du coup ça
serait pour moi une véritable thérapie ! Sinon porté sous forme de petites perles sur un bracelet très
simple.

Se balader avec scolopendre fossilisé au cou ? Quoi de plus cool ?

GROS OU PAS GROS ?

Qu’on se le dise, quand on est un mec, on a tendance à toujours penser « gros ». Entendez par là :
voyant, visible, signifiant quoi ! Eh bien en matière de bijoux ça n’est pas un bon réflexe.

Évitez de choisir des modèles vraiment trop massifs qui, en plus de ne pas forcément être très
distingués, pourraient alourdir votre silhouette. Pour ce qui est des bagues, les personnes ayant des
doigts fins éviteront les grosses montures et autres énormes cailloux.
Se pose la question des allergies, rares malgré tout. L'or, l'argent le cuivre, l'acier, le laiton sont
considérés comme hypoallergéniques. Dans des cas très rares, l'or et l'argent peuvent provoquer des
allergies et vous obligeront à éviter de porter des bijoux. Le véritable problème provient souvent du
nickel. Présent dans de nombreux alliages, c'est ce matériau qui peut provoquer. Il est d'autant plus
important de redoubler de vigilance lors de votre achat car beaucoup de bijoux peu chers
contiennent en réalité un pourcentage non négligeable de nickel.

Voyons maintenant les spécificités de chaque type de bijou que vous pourriez être amené à porter.

LES BRACELETS

Le bracelet est souvent le premier type de bijou vers lequel les hommes se tournent lorsqu'ils
décident de franchir le pas. Moins connoté que le collier, moins symbolique que la bague et plus
usuel que les boutons de manchette, il sera plus simple pour un novice de se l’approprier. D’autant
qu’un bracelet se cachera aisément sous une manche de veste ou de chemise, si vous voulez le faire
discret.
 Commencez par des bracelets tissés ou en cuir avec des fermoirs discrets et un design sobre.
 Explorez progressivement les différents styles que vous appréciez en évitant les modèles trop
massifs.

 Préférez une multitudes de bracelets différents qui habilleront votre poignet plutôt qu’un
seul modèle trop gros.

 Dans le cas où vous portez plusieurs bracelets, essayez d’équilibrer sur les deux bras.

 Ne portez pas de bracelets avec une montre au risque de ne pas la mettre en valeur.

A quel prix ?

Pour des bracelets simples, en corde ou en cuir, avec quelques perles ou certaines breloques vous
trouverez de beaux modèles à partir de 15 ou 20 euros. Pour des modèles plus travaillés, en cuir
noble ou en métal, avec la présence d'un fermoir, les prix monteront à 40 ou 60 euros. Pour des
modèles tout en argent, les prix débuteront le plus souvent à 70 euros.

LES COLLIERS

Comme pour les bracelets, les colliers sont faciles à dissimuler sous un haut, devenant alors un bijou
plus personnel que destiné à être vu. Rien de vous empêche pour autant de l’arborer fièrement à
votre cou et de l’exhiber au monde.

Il est possible de porter des colliers de tailles fines à moyennes, plus ou moins voyants. Les
inspirations baroudeur et hippie ajoute une touche d'inattendu à une tenue très simple de prime
abord.

 Comme pour les bracelets, choisissez des modèles de taille raisonnable. Pas la peine de
porter une enclume autour du cou, ça n’est pas flatteur. Et en plus ça pourrait être
dangereux.

 À l’inverse des bracelets, on évite d’empiler ses dizaines de colliers. Le résultat risquerait
vraiment de faire trop lourd. On peut se poser la limite de trois pièces maximum.
 Pour un style bohème privilégiez les colliers bi-matières avec un fil de cuir et un médaillon en
métal, une pièce par exemple ou un grigri quelconque. Les chaînes peuvent être du meilleur
effet pour un rendu plus brut, plus rock.

A quel prix ?

Les premiers modèles, comme pour les bracelets, seront disponibles à des prix raisonnables, à partir
de 30 euros. Selon la composition, la présence d'un médaillon, le design et la marque, les prix
peuvent s'envoler. Mais vous pourrez trouver de très belles pièces à partir de 60 ou 70 euros.

LES BAGUES

De tous les bijoux, la bague est probablement, sous bien des sens, le plus engageant… Fantasmée,
présente dans les plus grandes fictions (du Seigneur des Anneaux aux comics Green Lantern), la
bague représente du pouvoir, de l’amour, de la tradition.

D’après moi, et contrairement à ce que l’on pourrait croire, la bague est surement le bijou le plus
difficile à assumer. Toujours très connotée, elle renvoie à un imaginaire soit plutôt féminin, soit très
particulier, comme le milieu du rock, le bling bling ou les fans de SF…

Du simple anneau texturé à la monture en tête de samouraï, vous trouverez nombreuses


déclinaisons de bagues existantes. Ici deux modèles de la marque Marc Deloche.

 Équilibrez le nombre de bagues sur chaque main.

 Évitez de mixer or et argent surtout une même main.

 Faites attention aux proportions en évitant les bagues trop grosses pour les doigts trop fins et
inversement.

 Allez-y progressivement, ne passez pas d’un simple anneau à une énorme monture à tête de
loup.

 Évitez de porter trop de bagues sur la main dont vous vous servez le plus. Aussi solide soit-
elle, une bague s’abîme - lentement mais sûrement - avec les frottements.
 Niveau style, mixez quelques bagues en argent avec une veste en denim brut ou un perfecto
pour vous donner l’allure d’un rockeur. Pour un style plus roots, choisissez des modèles sertis
de gemmes comme la turquoise, la labradorite, le corail, l’opale ou l’oeil de tigre.

A quel prix  ?

Encore une fois, les gammes de prix peuvent être très différentes selon les modèles. L'argent bien
sûr, reste moins cher que l'or ou le platine. Vous trouverez des modèles simples à partir de 50 euros.
Pour les modèles plus travaillés les prix peuvent facilement atteindre 200 ou 300 euros. Bien sûr,
s'agissant de l'or ou du platine, comptez quelques centaines d'euros.

CHOISIR SA BONNE TAILLE DE BAGUE

Comme pour le vêtement, connaître sa taille de bague est primordial. La première solution :
demander conseil à un bijoutier professionnel. C'est rapide et tu seras sûr de ne pas faire d'erreur.

Autrement il faut que tu mesures toi-même la circonférence de ton doigt. Pour les moins matheux
d'entre vous, pas de panique, aucune équation à double inconnue à l'horizon. Munis-toi seulement
d'un mètre ruban et enroule le autour de ton doigt.

La valeur trouvée correspond tout simplement à ta taille de bague. 50 millimètres équivaut par
exemple à une taille 50. Un jeu d'enfant... en France et en Europe du moins. Car cette règle n'est pas
valable partout. Alors pour ceux qui jetteront leur dévolu sur une pièce provenant des États-Unis, du
Royaume-Uni ou du Japon, vous n'avez qu'à vous référer au tableau suivant.

Parmi les différents types de bagues, deux se distinguent de part leur symbolique et leur histoire.

L’ALLIANCE

Ah le mariage ! Cette journée chargée d’émotion dont vous vous rappellerez toute votre vie. De cette
blague lourde qu’a fait votre oncle après avoir abusé du champagne, de cet horrible chapeau couleur
pêche que portait votre futur belle-mère (que vous vous devrez de complimenter), du regard de
tueur que votre beau père vous a lancé lorsqu’il vous a donné la main de sa fille/de son fils, la lecture
des voeux que vous espérez à la hauteur et enfin du moment clé de l’échange des alliances, qui scelle
votre engagement pour la vie. Oui, mieux vaut ne pas se tromper sur la marchandise.
Les mariages sont plus que jamais à la mode ces temps-ci. Ici Harry et Meghan, qui se sont dit oui le
19 mai 2018.

Pour commencer, sachez qu’une alliance se choisie avec son ou sa promis(e). En effet, lors de la
préparation du mariage, c’est à deux que l’on détermine les anneaux que l’on échangera lors du
consentement des époux. Et c’est bien normal ! Quitte à arborer un bijou pour le restant de votre vie
(enfin à ce qu’on raconte…) autant que celui-ci vous plaise non ?

Comme toujours, c’est en fonction de votre degré d’appétence pour les bijoux que vous choisirez
votre alliance. Il n’en demeure pas moins que, s’agissant d’une bague que vous porterez au
quotidien, mieux vaut que celle-ci reste relativement sobre et classique, qui plus est si vous souhaitez
l’accorder à d’autres bijoux.

L'exemple d'une parfaite alliance : le modèle Love de chez Cartier en or gris.


Pour ce qui est de la matière, là encore tout est affaire de goût. Pour un bijou aussi important que
celui-ci, il est nécessaire de s’orienter vers des métaux résistants et nobles, que le temps n’érodera
pas. À l’image de votre amour hum ! Je pense donc à l’or et ses différentes variantes (jaune plus
classique, blanc plus passe-partout ou rose plus décalé), au platine résistant et précieux voire même
à l’argent.

Les tailles pour les alliances restent les mêmes que pour les bagues classiques. Mais pour ce qui est
de la largeur, faites simple ! Pas plus de 4 millimètres pour les doigts les plus épais. En moyenne,
misez plutôt sur une alliance faisant 2,5/3 millimètres.

LA CHEVALIÈRE

Depuis la Rome Antique, la chevalière est un bijou sur lequel sont gravées les armoiries de famille.
Elle est synonyme d’appartenance et de noblesse.

Pour les plus traditionalistes d’entre vous, sachez que le port de la chevalière répond à certains
usages. L’ainé de la famille portera la chevalière à l’annulaire gauche avec leur alliance. Pour les plus
english d’entre vous, l’usage veut que la chevalière se porte sur l’auriculaire gauche…
Le Prince Charles et son sens incontesté de l'élégance, portant sa chevalière à l'auriculaire gauche.

De même, à moins d’avoir hérité d’un bijou de famille, choisissez une chevalière en métal précieux
ou simplement recouvert de métal précieux comme l’or ou le platine. Et profitez-en pour choisir ou
faire graver une armoirie qui vous inspire. Peut-être celle de votre futur dynastie ?

LES BOUCLES D’OREILLES ET LES PIERCINGS

Il s’agit là d’une catégorie toute particulière, nécessitant un engagement physique non négligeable. Il
existe des modèles très intéressants de boucles d’oreilles ou de piercings (parfois de vraies oeuvres).

À gauche l'exemple d'un anneau simple accroché au nez et d'une discrète pierre portée à l'oreille. À
droite, un anneau métallique et simple porté à chaque oreille.

 Adaptez le port de vos piercings à votre environnement professionnel.

 Choisissez des modèles en argent ou argent brossé pour un rendu plus masculin.

 Évitez certains endroits moins distingués : arcade, nombril, philtrum (la partie entre votre nez
et votre bouche).

 Si l'on choisit de porter des boucles d'oreilles, je trouve plus élégant d'en porter au deux
oreilles.

 Étant plus difficile à assumer privilégiez les modèles simples si vous n’êtes pas sûrs de votre
choix : le simple anneau métallique sera suffisamment voyant.

OÙ DÉNICHER LA PERLE RARE ?


Pour ceux qui seraient prêts, après lecture de cet article, à dégainer leur carte de crédit, voici une
petite sélection de marques intéressantes ou aller piocher :

Orner : Des pièces de qualité au design bien pensé. Les prix affichés restent raisonnables.

Marc Deloche : Une marque née à Toulouse, qui propose finesse et qualité pour des prix cohérents.

Harpo : La référence en matière de bijoux amérindiens.

Philippe Audibert : Bonne marque pour un premier achat. Attention toutefois, les modèles ne sont
pas en argent.

Double U frenk : Une bonne marque d'entrée de gamme pour qui veut s'essayer à des bijoux un peu
plus street et bruts.

Madlords : Un multimarque de référence proposant des bijoux de créateurs.

Ursul : Une marque dont les jonc sont réussis et originaux.

Casteld : Ici, on trouve de tout. Malgré tout un peu cher pour le rendu.

Corpus Christi : Des modèles travaillés dans un style rock et pour des prix rarement en dessous des
150 €.

Louis Abel : Un design minimaliste pour des prix raisonnables sur des bijoux en argent de qualité. Les
modèles en or sont quant à eux, plus chers.

Gas bijoux, l’Homme solaire : Une collection de modèles variés et d'entrée de gamme de qualité.

Bleu nomade : Une marque d'accessoires proposant quelques modèles de bijoux en argent assez
simples.

René Talmon L’armée : Maison berlinoise, spécialiste du sur-mesure avec intégration de


pierres précieuses. Les design sont très contemporains. Les prix en conséquence.

Brut Clothing : Une petite selection de bijoux vintage.

Henson : Marque de créateur assez haut-de-gamme intégrant souvent des diamants noirs à ses
modèles.

Anonyme Paris : Une marque d'accessoires haut-de-gamme faisant des bijoux mixtes. On aime
particulièrement les bracelets de force en cuirs exotiques.

Le Gramme : Un précédent article avait été rédigé par Benoît. Vous y trouverez un avis détaillé sur la
marque. Le Gramme est un label émergent proposant des bijoux au design épuré, avec un véritable
sens du détail. Les prix sont, en revanche, assez élevés avec des modèles de bracelets à partir de 250
€.

Cette liste n'est évidemment pas exhaustive. Vous pouvez également aller faire un tour sur les
plateformes telles que Etsy où de nombreuses boutiques en ligne propose quelques pièces très
intéressantes. Ceci étant, il faudra vous armer de patience.

LE MOT DE LA FIN…

En définitive les règles pour porter un bijou quand on est un homme ne sont pas nombreuses.
Comme je vous l'ai expliqué tout au long de l'article, si vous voulez effectuer un achat intelligent,
concentrez-vous sur la qualité du produit et à son design afin de ne pas vous en lasser trop vite.
Vous ferez attention à choisir la bonne taille et à respecter les proportions.

Enfin, pour ceux qui seraient encore réticents à porter des bijoux, je vous conseille de tenter d’aller
en magasin accompagné d’une personne franche et directe pour essayer colliers, bracelets, bagues
et autre accessoires. Vous vous rendrez compte qu’on s’habitue vite et qu’on prend rapidement
plaisir à chercher, à imaginer des compositions. Et si vraiment ça n’est toujours pas « pour vous » eh
bien votre chaperon sera là pour votre le dire… Alors sautez le pas et faites vous plaisir !

RENCONTRE AVEC QUENTIN PONTONNIER, BIJOUTIER-CRÉATEUR

Je vous le disais plus haut, depuis quelque temps je suis obsédé par la recherche de bijoux à ajouter à
ma - maigre - collection. Je cherchais notamment une bague surmontée d’une tête de Médusa (la
femme serpent qui, selon le mythe, pétrifiait tous ceux qui croisait son regard).

Dans ce cadre, j’ai découvert la marque de bijoux Tant d’Avenir. En parcourant le e-shop, je


découvrais des modèles de bagues et de colliers assez captivants, aux inspirations variées - du rock à
la Grèce antique - et au design sobre mais travaillé. Et tandis que je cherchais des informations pour
mon article, je décidais de contacter Quentin Pontonnier pour lui demander de me parler création,
technique et passion pour le bijou.
Quentin, en train de travailler sur l'une de ces pièces uniques.

On a donc convenu d’un rendez-vous chez lui dans le 20ème arrondissement de Paris. Chaussette
(son chat) et lui, m’accueillent dans l'appartement. Quentin c’est un surfeur, un rockeur (au moins
dans l’âme), un baroudeur, un artiste (il peint, dessine, fait des collages, un peu de photo). Mais ce
qu’il fait de mieux c’est définitivement des bijoux !

Retranscription d’une discussion inspirante :

Raconte-moi un peu ton histoire, comment à seulement 24 ans, tu as fait pour être déjà un
créateur de bijoux connu à Paris avec une première boutique qui vient d’ouvrir ?

C’est une histoire assez marrante. En fait, ça a commencé sur un coup de chance ! Au collège je
préférais le skate et le dessin aux cours. Du coup après la 3e je me suis plutôt dirigé vers une
formation en arts appliqués. L’école Boule proposait une formation spécialisée dans le bijou sur
concours. J’ai fini sur liste d’attente. Mais, le jour de la rentrée, la directrice m’a appelé en me disant
que je pouvais intégrer l'école en raison d'un désistement.
Quentin devant sa boutique au 46 Rue Godefroy Cavaignac dans le 11ème arrondissement de Paris.

Après ma formation, je suis allé voir la mairie de mon arrondissement, dans le 13ème, en expliquant
que, du haut de mes dix-huit ans, en sortant de l’École Boule, je voulais monter ma boîte. Une
conseillère m’a renvoyée vers un organisme, la BGE ADIL qui propose aux jeunes de moins de vingt-
six ans d’être suivis par un conseiller, qui nous explique comment faire un business plan, de quelles
aides bénéficier.

Suite à cette formation j’ai obtenu un micro-crédit à la banque qui m’a permis d’acheter mon
premier établi et c’était parti. C’était il y a quatre ans. Et aujourd’hui je viens d’ouvrir ma boutique,
au 46 Rue Godefroy Cavaignac, dans le 11ème arrondissement de Paris.

Tu sais que nous on aime conseiller un public large, des mecs les plus novices en matière de mode
aux plus pointus. Tu conseillerais quoi aux hommes qui sont un peu réticents en matière de
bijoux ?

D’essayer tout simplement. Quand on commence à porter des bijoux, on se rend vite compte que ça
change complètement l'esthétique de ta tenue. Moi j'appelle ça le détail qui tue. Regarde, à Paris,
tout le monde s'habille en noir. Ajoute une ou deux bagues et quelques bracelets voire une chaîne ou
un collier et ça fonctionne !

J’ai beaucoup de mecs qui viennent me voir en m’expliquant qu’ils ne sont pas habitués. Alors je les
oriente vers des modèles discrets et plus sobres avec des motifs élégants, comme une Marianne. Au
final, beaucoup d’entre eux finissent pas revenir, acheter un deuxième puis un troisième bijou. C’est
assez marrant ! Vraiment il faut avoir la démarche de venir essayer en boutique.

L'intérieur de la boutique Tant d'Avenir.

Quelle est ta relation avec tes clients, en boutique notamment ?


Je prends le temps ! J’adore me poser avec des gens qui viennent, qui veulent connaitre l’histoire
d’un bijou, qui posent plein de questions. C’est quelque chose d’important pour un créateur de
partager, d’expliquer sa démarche ! Des mecs peuvent parfois rester une heure en boutique.
D’ailleurs j’ai aménager l’endroit pour qu’il soit accueillant, qu’on s’y sente bien. C’est un endroit qui
me ressemble, comme un cabinet de curiosité. On est loin des boutiques froides de l’avenue
Montaigne dans lesquelles on ose tout juste rentrer.

Ton esthétique et les symboles que tu utilises sont originaux. Ce qui m’a le plus intrigué c’est les
bijoux pièces de monnaie. D’où te viens ton inspiration ?
À gauche, le fameux modèle inspiré de la Médusa grecque. À droite, deux chevalières serties d'une
pierre semi-précieuse. Marque Tant d'Avenir.

Je me suis approprié certains symboles de la Grèce Antique comme la méduse ou les colonnes. Je
trouve ça très cool de les réinventer, les proposer selon mon propre design. Les pièces, c’est une
pratique qui date de la Rome Antique. On faisait déjà des bijoux à base de pièces de monnaie.

Ce que j'aime beaucoup ce sont les voyages ! L'une de mes plus belles expériences ça a été un road
trip à moto dans les sommets de l'Himalaya en Inde. En altitude, dans cette région du monde, il y a
de grandes quantité de différentes pierres utilisées en bijouterie. C'est là-bas que j'ai constaté leur
vraie influence, presque magnétique. Alors certes à échelle d'une bague c'est très peu, du placebo,
mais ça reste une réalité.

Et puis, quand je crée je pense d’abord à ce que j’aimerais porter, puis j’élargis l’offre bien sûr, pour
que tout le monde trouve quelque chose qui lui plait. En revanche, je ne pense pas business ! Tu vois,
je ne me dis jamais que parce que les têtes de mort se vendent bien je vais faire plein de têtes de
mort. La seule que j’ai c’est une vanité double face du 17ème siècle que j’ai fait à partir d’un tableau
que j’ai fait.

Quelle est la suite de Tant d'Avenir ?


J’exclue de faire de la grosse série. Je préfère rester sur des productions raisonnables et travaillées
pour conserver mon niveau d’exigence et de qualité. Éventuellement je pourrais délocaliser la
production dans un plus grand atelier et prendre une équipe de cinq ou six personnes.

Et surtout je continuerai de produire en France et localement, c’est quelque chose d’important pour
moi. Là je vais prendre un apprenti pour m’aider, mais pour le moment je me concentre sur ma
première boutique. C’est déjà un gros challenge.

Comment t’es-tu finalement fait connaitre ? C’est super difficile au milieu de plein d’autres
marques non ?
Eh bien, par Instagram et surtout en allant à la rencontre des gens. Bien sûr, j’ai fait des salons, des
marchés dédiés au bijou mais c’est en sortant, en vivant au rythme des soirées que la marque a
vraiment pris de l’ampleur.

Aujourd’hui certains grands magazine comme Vogue ou d'autres publications plus petites mais très
éclectiques me demandent des bijoux pour les intégrer à leur shooting photo. C'est incroyable car ces
magazines emploient souvent des photographes de renommée mondiale.

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