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Chapitre I – Evaluation des actifs corporels & incorporels

Section I : Règles générales d’évaluation des actifs et des passifs


I.1. Bases légales
Les règles d’évaluation des actifs et passifs sont organisées par les
dispositions combinées des articles 35 à 64 de l’acte uniforme portant
organisation et harmonisation des comptabilités des entreprises
(Syscohada).

I.2. Les méthodes d’évaluation prévues par le Syscohada

Le Syscohada a consacré un chapitre entier aux règles d’évaluation des


actifs et passifs. Il précise que qu’à leur date d’entrée dans le patrimoine,
biens acquis à titre onéreux sont comptabilisés à leur coût d’acquisition, l
biens produits sont comptabilisés à leur cout de production, la valeur
d’apport pour ceux apportés par l’Etat ou les associés, la valeur actuelle
pour ceux acquis à titre gratuit ou, en cas d’échange, par la valeur de cel
des deux éléments dont l’estimation est la plus sûre.

Section II : Evaluation des immobilisations corporelles et


incorporelles
II-1) Entrée dans le patrimoine
A) Cas des immobilisations corporelles
Une immobilisation corporelle est définie comme un élément corporel
destiné à servir de façon durable à l’activité de l’entreprise.

A-1) Coût d’acquisition


Le coût d’acquisition d’une immobilisation est constitué (article 37 du
règlement) :
- de son prix définitif d’achat facturé par le fournisseur
- des charges accessoires rattachables directement à l’opération d’ach
- des charges d’installation qui sont nécessaires pour mettre le bien en
d’utilisation.

* Le prix d’achat définitif est le prix mentionné sur la facture déduction


faite de toutes remises, rabais et ristournes commerciaux. Par contre, les
réductions financières (escomptes de règlement) n'ont aucune incidence
le prix d'achat. Elles doivent être inscrites dans le compte 773 Escomptes
obtenus.

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Les taxes non récupérables font partie de la valeur bien. En tout état de
cause, le compte 645 ne doit être utilisé.

* Les charges accessoires :


- externes c'est-à-dire de celles qui sont directement liées à
l’acquisition et à la mise en état d’utilisation du bien dans la mesure où el
ont accru sa valeur vénale. Il s’agit notamment des frais de transport, dro
de douane, frais d’installation et de montage, des taxes non récupérables
préparation du site, les commissions et honoraires (d’architecte,
d’ingénierie…).
- internes c'est-à-dire toutes les charges internes liées directement
l’achat : du coût des transports par les véhicules de l’entreprise (salaires,
fournitures extérieures, assurances, amortissements, etc.), des charges d
personnel (personnel affecté aux achats, et non personnel administratif
"réparti"), du coût de réception, manutention, mise en stock (mais non de
stockage).

Exemple : Le coût d’acquisition d’un terrain inclut les frais destinés à


rendre le terrain libre et nu. Ces frais peuvent être des frais de démolition
de l’immeuble qui y était construit, l’indemnité d’éviction payée en vue de
rendre le terrain libre, le droit au bail des locaux etc.
Sont exclus des coûts d’acquisition les dépenses effectuées au titre des f
d’acquisition des immobilisations (droits de mutation, commissions
versées, frais d’actes, honoraires notaire). Ces frais sont enregistrés au
préalable dans les comptes de charges par nature mais peuvent être
transférés en charges immobilisées compte 2022. Ces charges sont amo
sur une durée n’excédant pas 5 ans.

Illustrations
1) La société ZYX a fait l’acquisition erau
mars
1 N d’un matériel industriel et a effectué les
dépenses suivantes :
- Prix d’achat brut du matériel : 50.000
- Remise accordée par le fournisseur : 2.500
- Escompte attribué par le fournisseur : 475
- Droits de douane :
6.000
- TVA récupérable :
10.393
- Frais d’installation nécessaires à la mise en utilisation du bien(dont Tva 588) :
3.588
- Frais de transport postérieurs à la mise en utilisation (dont Tva : 392)
2.392

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Solution :
Coût d’entrée : 50.000 – 2.500 – 475 + 6.000 + 3.000 = 56.025

2) La société S réalise l’acquisitionerauavril


1 N d’un ensemble immobilier
à rénover et effectue les suivantes :
- Prix d’achat du terrain 36.000
- Prix d’achat de la construction 164.000
- Droits d’enregistrement 9.600
- Frais d’acte 700
- Honoraires notaire (dont Tva : 490) 2.990
- Commissions (dont Tva 980) 5.980
- Frais d’architectes (dont Tva : 784) 4.784
- Grosses réparations (dont Tva : 8.624) 52.624
- Charges financières exposées pour l’acquisition du terrain et de la construction (pério
allant de la signature de l’acte à la mise en service) 1.000

Solution :
Coût d’entrée du terrain : 36.000 + (1.000* 36.000/(164.000+36.000)) =
36.180
Coût d’entrée de la construction : 164.000 + (1.000*
164.000/(164.000+36.000)) +4.000 + 44.000 = 212.820

A-2) Coût de production


Les biens produits par l’entreprise sont comptabilisés à leur coût de
production correspondant au coût d’acquisition des matières et fourniture
consommées auquel s’ajoutent les charges directes de production qu’elle
soient externes (services extérieurs)ou internes (salaires, amortissement

Les charges indirectes sont également prises en considération dans la


mesure où elles peuvent être raisonnablement rattachées à la production
biens.

Le coût d’une construction produite par l’entreprise comprend


notamment les honoraires d’architectes, ceux versés aux surveillants de
travaux (bureaux d’études), le prix d’achat d’un immeuble à détruire en vu
de la reconstruction, les frais de démolition.

Le coût de production des biens produits ou réalisés par l’entreprise pour


elle-même comprend les agios sur découverts ou les intérêts sur emprun
contractés pour le financement de leur fabrication, à la double condition

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que cela soit justifié par des circonstances spécifiques de l’exploitation et
qu’il s’agisse du seul montant des intérêts se rapportant à la période de
fabrication.
Le coût de production peut inclure aussi les pertes, rebuts et déchets qui
sont inévitables et normaux.

N’entrent pas dans le coût de production des biens :


- les charges commerciales et les charges d’administration générale qui
ne rentrent pas dans le processus de production ;
- le coût de stockage du produit fini ;
- la quote part de charges correspondant à la sous activité ;
- les pertes et les gaspillages de caractère accidentel ou anormal.

A-3) Biens acquis à titre gratuit


Les immobilisations transférées gratuitement à l’entreprise ou sous forme
de subvention sont enregistrées en comptabilité pour leur valeur actuelle
jour du
transfert de propriété.
L’opération est constatée par le truchement du compte 14 Subventions
d’investissement.
S’il s’agit d’une entreprise individuelle, le bien acquis à titre gratuit doit êt
inscrit dans les comptes d’immobilisations par le biais du compte 104
Compte de l’exploitant. La dotation aux amortissements de ce bien n’est
déductible fiscalement.
A-4) Biens transférés à l’entreprise à titre d’apport en nature
Les biens reçus à titre d’apport en nature sont enregistrés en comptabilit
aux valeurs pour lesquelles ils figurent dans l’acte d’apport.

A-5) Biens acquis par voie d’échange

Une immobilisation est acquise par échange, pour tout ou partie, avec un
autre actif, elle doit être comptabilisée à sa valeur actuelle ou à la valeur
nette comptable de l’actif échangé, compte tenu de tout règlement ou
encaissement supplémentaire ou autre contrepartie (soulte). A cette fin, la
valeur peut être déterminée par référence soit à l’actif donné en échange
soit à l’actif acquis, suivant celle des deux valeurs qui parait la plus sûre.

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A-6) Cas particuliers

A-6-1) Bien acquis avec clause de révision de prix

Lorsqu'un bien est acquis avec une clause de révision de prix, le prix d’a
définitif est celui qui tient compte de toutes les modifications de prix
consécutives à la clause de révision. Dans ce cas, la valeur d’entrée des
immobilisations sera modifiée en tenant compte des variations de prix.
Illustration
Le 30 Juin 2002, l’entreprise DIOP achète une machine à FCFA 100 000 à crédit sur 2 ans. Le co
clause de révision de prix à la fin de chaque année de crédit sur la base du cours dollars :
- 30 juin 2002 .................................................................................. cours1 $ = 500 F
- 30 juin 2003 ..................................................................................
1 $ = 600 FCFA
La valeur immobilisée se présente ainsi :
a) 30 juin 2002, montant immobilisé = 100.000 FCFA
b) 30 juin 2003, le montant de l’immobilisation doit être modifié en tenant compte du cours du do
Montant immobilisé au 30 juin 2002 = 100.000
Révision du prix 200 (600 - 500) = 20.000

Nouvelle valeur immobilisation = 120.000


La valeur brute de l’immobilisation comptabilisée au 30 juin 2002 doit être modifiée de la variation
20 000. En conséquence, la dotation aux amortissements du 30 juin au 31 décembre 2002 doit ê
décembre 2003 pour tenir compte de l’incidence de la révision du prix par le biais du compte 68 D
amortissements.
La dotation de l’exercice du 1er janvier au 31 décembre 2003 doit être calculée sur la nouvelle va
000.

A-6-2) Biens dont la valeur est exprimée en monnaie étrangère


Lorsque le coût des immobilisations entrées dans le patrimoine est exprim
monnaie étrangère, le coût de ces immobilisations est converti en unité
monétaire légale au cours du jour de l’acquisition quel que soit le mode d
paiement.
Si un crédit a été consenti par le fournisseur d’immobilisations, les
différences de change constatées lors du règlement sont inscrites dans le
compte 676 Pertes de change ou 776 Gains de change.

A-6-3) Biens acquis avec clause de réserve de propriété


Selon le Système Comptable OHADA, la clause dite de réserve de
propriété est une clause par laquelle le transfert de la propriété est
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suspendu, jusqu’à l’exécution intégrale de la prestation due en contrepar
Ainsi en vertu de cette clause suspensive et protectrice du vendeur, le
transfert de propriété du bien est différé jusqu’à la date de paiement du
dernier franc, nonobstant la livraison antérieure du bien de l’acheteur.

A-6-4) Biens acquis en nu-propriété et en usufruit


Les biens acquis en nu-propriété sont inscrits au bilan pour leur valeur
d'apport et sont, le cas échéant, amortissables sur cette base sur la duré
d'utilisation ou de vie du bien.
Les frais engagés pour satisfaire les obligations du nu-propriétaire ou de
l'usufruit sont des charges à inscrire dans les comptes de charges par na
En revanche, le Système Comptable OHADA est muet pour un bien reçu
usufruit. En principe, il ne doit pas être inscrit dans les comptes d'actifs
immobilisés corporels en ce sens que l'entreprise n'est pas propriétaire,
mais elle dispose d'un droit de jouissance.
A-6-5) Biens acquis contre versement de rentes viagères :
Ces biens sont comptabilisés pour le montant stipulé dans le contrat ou,
défaut, la valeur actuelle à la date du contrat. La contrepartie est portée p
la même valeur au passif du Bilan dans le compte 1681 Rentes viagères
capitalisées.
Le décès prématuré du crédirentier, ou sa survie, conduit à l'enregistreme
du gain correspondant en produits financiers 7781 Gains sur rentes viagè
ou de la perte 6781 Pertes sur rentes viagères.

Illustration
er
La société B. a acquisjanvier
le 1 N contre une rente viagère de 6.000 KF Cfa p
(payable en fin d’année) un ensemble immobilier (dont un terrain est estim

Un versement initial a fait l’objet d’un chèque de 30.000 KF er


remis
janvier
au créd
N.

L’espérance de vie du crédirentier est estimée à 20 ans et le taux d’actua


fixé à 9%.

Solution

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En l’absence de stipulation de prix dans le contrat, le prix de l’ensemble
-
+ 1 - 1,09 20
estimé 30
à :.000 6.000* = 84.800 d’où valeur de la construction
0,09
84.000-20.000 = 64.8000
Ecriture comptable

21 Terrain 20.000

22 Constructions 64.800

521 Banque 30.000

1681 Rentes viagères 54.800

B) Cas des immobilisations incorporelles


B-1) Règles d’évaluation des immobilisations incorporelles
Les immobilisations incorporelles sont constituées par les éléments
autres que corporels, devant servir de façon durable à l’activité de
l’entreprise et susceptible de générer des avantages futurs.

Les coûts d’entrée se déterminent de manière semblable aux coûts d’ent


des immobilisations corporelles.

B-2) Cas particuliers


B-2-1) Frais de recherche et développement
Les dépenses engagées dans la recherche sont susceptibles d’être
capitalisées à condition de remplir les critères suivants :
- ne pas être de dépenses de recherche fondamentale,
- ne pas être de dépenses relatives aux exercices antérieurs,
- être engagées dans des projets identifiés et pouvant être mesurées d
façon fiable,
- engagées dans des projets dont la réussite technique peut être
démontrée,
- engagées dans des projets pour lesquels il existe un marché potentie
faisant espérer une bonne rentabilité commerciale,

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- engagées dans des projets qui peuvent être menés à terme par
l’entreprise.
Si les conditions ci-dessus sont remplies, les charges correspondantes s
enregistrées au débit du compte 211 Frais de recherche et de
développement par le crédit du compte 721 Production immobilisée
incorporelle.
Les frais de recherche et de développement doivent comprendre tous les
coûts qui sont directement imputables aux activités de recherche et de
développement ou qui peuvent être affectés de façon raisonnable à de te
activités.
Ils comprennent :
- les salaires, appointements et autres coûts annexes du personnel enga
dans les activités de recherches ;
- les coûts de matières premières et de services utilisés dans les activités
recherche et de développement ;
- l’amortissement du matériel et des constructions, dans la mesure où ils
utilisés pour les activités de recherche et de développement;
- les coûts indirects, autres que les frais administratifs d’ordre général liés
activités de recherche et de développement. Ces coûts sont imputés su
bases analogues à celles retenues pour l’affectation des coûts indirects
stocks ;
- les autres coûts, tels que l’amortissement des brevets et licences dans
mesure où ces actifs sont utilisés pour la recherche et le développemen
- les frais financiers imputables directement à la recherche et au
développement.
Les coûts commerciaux ne sont pas compris dans les frais de recherche
développement.

Les frais capitalisés doivent être amortis sur une durée maximale de cinq
ans avec toutefois une possibilité d’une durée plus longue si cela était
justifié (information à fournir en annexe).

B-2-2) Logiciels
Les logiciels peuvent être

- Acquis
- Créés par l’entreprise.

* Logiciels acquis : Deux cas :


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a) Logiciels non dissociables du matériel acheté par l’entreprise.
Dans ce cas, la valeur du programme fera partie de celle du matériel et il
sera pas effectué un enregistrement propre au programme.
b) Logiciel dissociable et disposant donc d’une existence distincte
de celle du matériel, il sera comptabilisé à part. La valeur retenue est cell
facturée par le fournisseur en tenant compte éventuellement des frais
nécessaires à son installation.

* Logiciels créés par l’entreprise


Les programmes informatiques créés par l’entreprise ont un traitement à
peu près similaire à celui des frais de recherche et développement.

II-2) Evaluation postérieure à la date d’entrée : Amortissements &


dépréciation

A) Principes généraux

Al’inventaire, l’entreprise doit procéder au recensement et à l’évaluation d


ses biens, créances et dettes, à la valeur effective du moment, dite valeu
actuelle. La valeur actuelle s’apprécie en fonction du marché et de l’utilité
du bien pour l’entreprise (article 42 AU-OHCE).

A la clôture de l’exercice, lavaleur d’inventaire est égale à lavaleur actuel


(article 43 AU-OHCE).

A la date de clôture :
- la valeur brute des biens correspond à la valeur d’entrée dans le
patrimoine, sauf dans le cas des immobilisations réévaluées.
- la valeur nette comptable correspond à la valeur brute diminuée des
amortissements cumulés et des dépréciations.
- la valeur brute des éléments d’actif et de passif est comparée à la valeur
d’inventaire à la même date. La plus-value constatée entre la valeur actuelle
d’un actif et sa valeur d’entrée n’est pas comptabilisée ; ce serait contraire à
convention de prudence. En revanche, les moins-values sont constatées en
comptabilité.

- les moins-values constatées par différence entre la valeur brute et la valeur


actuelle, sont prises en compte dans les conditions suivantes :
- Pour les biens dont l’usage est limité dans le temps pour des raisons
physiques, techniques ou juridiques, l’entreprise établit un plan

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d’amortissement qui permet de calculer la valeur nette comptable de ces
biens.
- pour les biens dont la valeur actuelle est significativement inférieure, soi
la valeur nette comptable, soit à la valeur brute. La comparaison entre la
valeur actuelle et la valeur brute ou la valeur nette comptable est effectu
élément par élément.

B) Notion d’amortissement

B-1. Définitions
- Unactif amortissable est un actif dont l’utilisation par l’entreprise est
déterminable, c'est-à-dire qu’elle est limitée dans le temps.
La limitation de l’utilisation dans le temps peut résulter de critères
physiques (l’usure), techniques (obsolescence qui résulte de l’évolution d
techniques) ou juridiques (période de protection légale).

- L’amortissement est la constatation comptable obligatoire de


l’amoindrissement de la valeur des immobilisations qui se déprécient de
façon certaine et irréversible avec le temps, l’usage ou en raison du
changement des techniques, de l’évolution des marchés ou de toute autr
cause (Alinéa 1 article 45 AU-OHCE).

Il consiste à répartir le coût du bien sur sa durée probable d’utilisation


selon un plan prédéfini. Ce plan est appelé « plan d’amortissement ».

Même en cas d’absence ou d’insuffisance de bénéfice, il est procédé aux


amortissements (et dépréciations) nécessaires ». L’entreprise qui omettra
sciemment de constater des amortissements serait passible des sanction
pénales frappant le délit de « présentation de comptes annuels ne donna
pas une image fidèle de l’entreprise.»

B-2. Le plan d’amortissement


Le plan d’amortissement désigne le tableau prévisionnel où l’on inscrit les
montants respectifs répartis sur chacun des exercices comptables couve
par la durée probable du bien.

Le plan d’amortissement est établi dés l’entrée du bien dans le patrimoine


de l’entité et toute modification doit être justifiée.
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Le plan d’amortissement est établi en fonction :

- dumontant amortissable d’un actif est sa valeur brute sous déduction de


valeur résiduelle.

La valeur résiduelle est le montant, net des couts de sortie prévus, qu’un
entreprise obtiendrait en cédant le bien en fin d’utilisation, comte tenu de
sa vétusté. La valeur résiduelle est déterminée aux conditions actuelles d
marché. Elle n’est prise en compte pour déterminer le montant
amortissable que lorsqu’elle est significative et mesurable.

- de ladurée probable d’utilisation (DPU) qui correspond :


. soit à la période à laquelle l’entreprise s’entend à utiliser un actif
amortissable ;
. soit le nombre d’unités de production ou d’unités similaires que
l’entreprise s’attend à obtenir.
Dans la pratique, la plupart des entreprises retiennent la durée d’usage
fiscale pour déterminer le plan d’amortissement comptable.
- del’annuité : c’est la valeur de la dépréciation du bien en une année
correspondant à sa valeur d’origine divisée par la DPU.
- dutaux d’amortissement correspond au taux qui, appliqué à la base
amortissable, donne le montant de l’annuité.
- de la date de mise en service correspond à la date à laquelle
l’immobilisation commence à être amortie. Elle ne coïncide pas
nécessairement avec la date d’entrée dans le patrimoine.
- dela valeur nette comptable (VNC) est la différence entre la valeur d’orig
et les annuités cumulées à une date donnée.

B-3. Méthodes et taux d’amortissement


En principe, il faut retenir la méthode qui reflète le mieux le rythme
d’utilisation du bien amortissable. Cette méthode est appliquée de maniè
constante pour tous les actifs de même nature ayant des conditions
d’utilisation similaires.

Trois méthodes d’amortissement sont préconisées par les dispositions de


l’AU-OHCE. Il s’agit :

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B-3-1) Amortissement linéaire
Ce mode est appliqué à défaut de mode mieux adapté.
* L’annuité est obtenue soit :
- en faisant le rapport entre le montant amortissable et la durée probab
d’utilisation,
- en appliquant au montant amortissable le taux d’amortissement.

* Le taux d’amortissement est égal au quotient suivant : 100 / durée


d’utilisation prévue.

* La première annuité doit être réduite proportionnellement au temps


écoulé entre la date de mise en service et la date de clôture.

Exemple de plan d’amortissement :


Acquisition le 13-04-97 d’une machine industrielle pour un montant F 6
500 000 et mise en serviceerle–05-97.
1
Durée d’utilisation prévue : 8ans - Valeur résiduelle : 500 000
Années Valeur d’entrée Annuité Amortis. VNC Observation
d’amort. cumulé

1997 6 500 000 500 000 500 000 6 000 000 (6.500.000 - 500.000) 12,5 x 8
1.200

1998 6 500 000 750 000 1 250 000 5 250 000


(6.500.000 - 500.000)12,5
1999 6 500 000 750 000 2 000 000 4 500 000
100
2000 6 500 000 750 000 2 750 000 3 750 000
2001 6 500 000 750 000 3 500 000 3 000 000
2002 6 500 000 750 000 4 250 000 2 250 000
(6.500.000 - 500.000) x 12,5 x
2003 6 500 000 750 000 5 000 000 1 500 000
1.200
2004 6 500 000 750 000 5 750 000 750 000
2005 6 500 000 250 000 6 000 000 500 000

6 000 000

Taux = 100 = 100 = 12, 5 PR 2005 :


N 8

B-3-2). Amortissement accéléré

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L’amortissement est purement fiscal, car ne correspondant pas à l’objet
normal d’un amortissement. Par conséquent, il est régi par les disposition
fiscales de chaque Etat – Partie de l’espace Ohada.
Cette méthode obéit aux règles applicables à l’amortissement linéaire.
Toutefois, on ajoute à la première annuité régulièrement calculée, une
annuité complète.
En conséquence, l’immobilisation est amortie plus rapidement car
l’entreprise a gagné un an d’amortissement supplémentaire.

Exemple de plan d’amortissement selon la méthode de l’amortissement


accéléré.
Acquisition le 13-04-97 d’une machine industrielle pour un montant F 6
500 000 et mise en serviceerle–05-97.
1
Durée d’utilisation prévue : 8ans - Valeur résiduelle : 500 000
Années Valeur Annuité Amortis. VNC Observation
d’entrée d’amort. cumulé

1997 6 500 000 1.250 000 1.250 000 6 000 000 (6.500.000 - 500.000) 12,5 x 8 + 750.000
1.200

1998 6 500 000 750 000 1 250 000 5 250 000 (6.500.000- 500.000)12,5
1999 6 500 000 750 000 2 000 000 4 500 000 100
2000 6 500 000 750 000 2 750 000 3 750 000
2001 6 500 000 750 000 3 500 000 3 000 000
2002 6 500 000 750 000 4 250 000 2 250 000
(6.500.000- 500.000) x12,5x4
2003 6 500 000 750 000 5 000 000 1 500 000
1.200
2004 6 500 000 750 000 5 750 000 750 000
2005 6 500 000 250 000 6 000 000 500 000

6 000 000

B-3-3). Amortissement dégressif


L’amortissement dégressif peut être utilisé pour les biens d’équipement
neufs autres que les immeubles d’habitation, les chantiers et les locaux
er
servant à l’exploitation de la profession, acquis ou fabriqués depuis
- le 1
01-1987 par les entreprises industrielles.
1ere annuité = VO * taux dégressif
Autres annuités :
Amortissement dégressif = VNC x taux dégressif

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Taux dégressif = taux constant x coefficient

Il n’existe que deux coefficients : 2 et 2, 5


Coefficient = 2 si durée d’utilisation prévue = 5 ans
Coefficient = 2, 5 si durée d’utilisation prévue > 5 ans

Principe: On applique un taux dégressif sur la VNC pour obtenir l’annuité


d’amortissement.
La première annuité est calculée à partir erdu
jour
1 du mois d’acquisition.
er
Ainsi une machine acquise le 17 mars sera amortie à partir mars.
du 1
Exemple d’illustration :
Acquisition d’un matériel le 23-04-98 : 6 000 000.
Durée d’utilisation prévue : 5 ans
Calculons le taux dégressif
Taux dégressif = taux constant x coefficient.
T = 100 x 2 = 20 x 2 = 40 T= 40%
5

Taux Base Annuités Amort. VNC Observation


constant d’amort. cumulé
20 % 6 000 000 1 800 000 1 800 000 4 200 000 6 000 000 x40% x 9/12
25 % 4 200 000 1 680 000 3 480 000 2 520 000 4 200 000 x 40 %
33, 3 % 2 520 000 1 008 000 4 488 000 1 512 000 2 520 000 x 40 %
50 % 1 512 000 756 000 5 244 000 756 000 1 512 000 x 50%
50 % 1 512 000 756 000 6 000 000 0
6 000 000

B-4). Comptabilisation
B-4-1) Amortissement des biens d’exploitation
* Schémas comptables Immobilisations
: incorporelles et corporelles

Comptabilité approfondie – iface – 2009 / CAK 14


6812/3 Dotat° aux amort. immob. Incorp X
(6812) corpor. (6813)

282. Comptes amort. Immob Incorp & X


corpor.

Dotations de l’exercice

B-4-2. Cas particuliers :


B-4-2-1) Amortissements dérogatoires
Des textes de nature fiscale autorisent la comptabilisation d’ « amortissements
qui ne correspondent pas à l’objet normal d’un amortissement. On les appelle d
amortissements dérogatoires. C’est le cas pour l’amortissement accéléré de
l’annuité doublée.

851 Dotat° aux provisions réglementées X


151. Amortissements dérogatoires X

Partie de l’amortis. découlant des textes


fiscaux
a. La constatation d’un amortissement dérogatoire doit faire l’objet
d’une mention à l’état annexé.

b. A la sortie du bien faisant l’objet d’un amortissement d’un


amortissement dérogatoire :

o l’amortissement dérogatoire ne doit pas être utilisé pour la


détermination de la valeur comptable du bien,

o l’amortissement dérogatoire doit être repris par le biais du


compte « 861 – Reprises de provisions réglementées ».

B-4-2-2) Amortissements HAO


Le compte « 852 – Dotations aux amortissements HAO » est à utiliser da
les deux cas suivants :
o la dépréciation irréversible est due à une destruction
accidentelle ou à une restructuration d’entreprise,

o l’amortissement concerne des actifs immobilisés ne participant


pas au processus de production. Ex. terrains et bâtiments
inutiles à l’objet économique de l’entreprise, œuvres d’art sans
lien avec l’activité.

Comptabilité approfondie – iface – 2009 / CAK 15


Débit Crédit Libellé Débit Crédit
C. Les provisions
Seules les immobilisations non amortissables sont concernées par le rég
des dépréciations des immobilisations. Ce régime porte sur :
- les fonds commerciaux et autres immobilisations incorporelles
non amortissables ;

- les terrains et autres gisements.

Mais, le SYSCOHADA prévoit la constatation de provisions pour dépréciation


pour les immobilisations amortissables, lorsque la dépréciation n’est pas jugée
irréversible.

II-3) Evaluation postérieure à la sortie : Cession & Mise au rebut


La cession des immobilisations est à priori anormale car on ne vend pas
moyens de production. C’est ce qui explique que les comptes HAO sont
utilisés pour constater la cession des immobilisations aussi bien la valeur
nette que le prix de cession.

Cependant, s’il s’avère que la cession intervient dans le cadre d’une


opération récurrente et normale eu égard au secteur d’activité de
l’entreprise (une entreprise de location de véhicules qui cède
systématiquement les éléments de son parc après une période d’utilisatio
la cession revêtira un caractère normal et les comptes d’activités ordinair
seront utilisés.

Les éléments du patrimoine qui sont mis au rébus, détruits ou volés


doivent être soustraits de l’actif. La valeur résiduelle constituera une perte
pour l’entreprise à inscrire parmi les comptes HAO.

Exemple d’une cession d’immobilisation : valeur brute 2 000 000


FCFA, Amortissement antérieur 400 000 FCFA, dotation le jour de la
cession 200 000 FCFA ; Prix de cessions 1 500 000 FCFA.

Les écritures suivantes seront enregistrées :

Dotation complémentaire

Sortie d’actif du bien

Comptabilité approfondie – iface – 2009 / CAK 16


28 Amortissement 600 000
654 Valeur nette comptable AO 1 400 000
812 Ou valeur nette comptable
HAO
2 000 000
Bien

Cession au comptant

Débit Crédit Libellé Débit Crédit

51 Banque chèque reçu 1 500 000

754 ou Prix de cession AO 1 500 000


822 Ou prix de cession HAO

Comptabilité approfondie – iface – 2009 / CAK 17