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Pourquoi lire Candide ?

(copier-coller d’internet)

Jessica Nelson. Mais parce que Voltaire, c’est une star ! Ses écrits, et surtout
Candide, sont totalement d’actualité. On n’a jamais autant parlé de liberté
d’expression, et le philosophe en était un farouche défenseur même si on lui a
attribué à tort la petite phrase « Je ne suis pas d’accord avec vos idées mais je
me battrai pour que vous ayez le droit de les exprimer » (voir l’excellent
ouvrage d’Emmanuel Pierrat « La liberté sans expression », Flammarion).

Candide n’a pas vieilli, les exhortations de Voltaire à plus de tolérance,


d’ouverture sur le monde et sur les autres cultures, ses avertissements contre
le fanatisme religieux et tout type d’obscurantisme, résonnent plus que
jamais… Comment ne pas dresser un parallèle entre les problématiques du 18 e

et notre nouveau millénaire chahuté ? Voltaire est un grand écrivain, aussi


lucide que visionnaire, que l’on doit continuer à lire, et à faire lire aux jeunes
générations.

L’optimisme, tel qu’il est décrit chez Voltaire, peut-il nous aider à
sortir de nos temps de crise ou la société a-t-elle trop changé ?

Candide est une réponse ironique et décomplexée de Voltaire au positivisme


(Le positivisme est un courant philosophique fondé au XIX siècle par Auguste Comte, à la fois
e

héritier et critique des Lumières du XVIII siècle. Le positivisme s'en tient aux relations entre les
e

phénomènes et ne cherche pas à connaître leur nature intrinsèque : il met l'accent sur les lois
scientifiques et refuse la notion de cause. Cf. wikipédia) en vogue à son époque. Au
départ, Voltaire est un intellectuel qui est plutôt optimiste, audacieux, jusqu’à
l’irrévérence, ce qui lui a valu un certain nombre d’exils ! Mais après la mort
d’Emilie du Châtelet (une ancienne maîtresse qui a beaucoup compté pour
lui), le déclenchement de la guerre de 7 ans, le tremblement de terre de
Lisbonne… c’est un homme de 65 ans qui a vécu, réfléchi, et qui veut mettre en
garde contre l’optimisme béat et confiant (religieux ?) prôné par un certain
nombre de ses contemporains. Ainsi, son héros naïf, Candide, va traverser
mille (més)aventures initiatiques, à travers le monde, pour se faire une
raison : non, la vie n’est ni simple ni merveilleuse. Cultiver son jardin n’est
pas si facile, alors autant s’y atteler tout de suite. L’optimisme tel qu’il est
décrit chez Voltaire est un encouragement à la lucidité, et la lucidité est un
instrument utile quel que soit le contexte…

Voltaire publie ce livre de façon anonyme : il fait croire que c’est la


traduction d’un auteur allemand, M. le Dr. Ralph, imprimé à Genève.
En quoi cette œuvre était-elle si scandaleuse et pourquoi le
philosophe a-t-il ainsi tenté d’échapper à la censure ?

Voltaire a déjà vu ses œuvres condamnées et même brûlées, comme ses Lettres
philosophiques parues une vingtaine d’années avant Candide, à son retour
d’Angleterre – il a été surpris et enthousiasmé par l’esprit libre de nos voisins.
Publier de façon anonyme, c’est à la fois contourner la censure, se protéger
même s’il sait que ses contemporains le reconnaissent, se dissocier du texte,
jouer à cache-cache : n’a-t-il pas envoyé des courriers pleins d’humour,
faussement indignés qu’on lui attribue la paternité de cette « plaisanterie
d’écolier » ?

Candide va à rebours de thèses admises alors, et Voltaire le sait. Il pourfend le


pouvoir, l’esclavagisme, le manque de libre-arbitre, la religion. Le conte est
décrié à Paris par l’avocat général au Parlement et condamné à Genève par le
doyen du Consistoire. Mais c’est aussi un succès. A la fin de la première année
sont parues vingt éditions françaises, quatre traductions anglaises, une
italienne.

Cette œuvre est-elle emblématique du « Siècle des lumières » ?

Totalement. Candide est un concentré de toutes les questions que se posaient


les intellectuels éclairés du Siècle des Lumières. Religion, libertés, tolérance…
C’est sans doute la raison pour laquelle ce conte philosophique est le plus
connu de l’histoire de la littérature.

Propos reccueillis par Sandra Freeman

Candide ou l'Optimisme est un conte philosophique de Voltaire paru à Genève en janvier 1759.
Il a été réédité vingt fois du vivant de l’auteur, ce qui en fait l'un des plus grands succès littéraires
français.
Prétendument traduit du docteur Ralph (qui, en réalité, n'est que le pseudonyme utilisé par
Voltaire), cette œuvre, ironique dès les premières lignes, ne laisse aucun doute sur l’origine de
l’auteur, qui ne pouvait qu'être du parti des philosophes.
Candide est également un récit de formation, récit d'un voyage qui transformera son héros
éponyme en philosophe.

Cet ouvrage s'inscrit dans un débat important du XVIII siècle sur le fatalisme et l'existence du Mal.
e

Depuis longtemps déjà, Voltaire est farouchement opposé aux idées du philosophe Leibniz au
sujet de Dieu, du « principe de raison suffisante » et son idée d'« harmonie préétablie ». Il est
d'autant plus véhément que sa maîtresse, pour laquelle il éprouvait beaucoup d'admiration,
Émilie du Châtelet (morte dix ans plus tôt, en 1749), était une leibnizienne convaincue . 2

Pour Leibniz, Dieu est parfait, le monde ne peut pas l'être mais Dieu l'a créé le meilleur possible.
Le mal existe ponctuellement, mais il est compensé ailleurs par un bien infiniment grand. De plus,
selon Leibniz, rien n'arrive sans qu'il n'y ait à cela une cause nécessaire . Cette croyance est ce
4

que l'on appelle l'optimisme leibnizien.

Voltaire voit dans cette philosophie un encouragement au fatalisme. Il oppose à cet optimisme
qu'il juge béat, une vision lucide sur le monde et ses imperfections et il affiche, notamment dans
ses lettres philosophiques une confiance envers l'homme qui est capable d'améliorer sa
condition. C'est le sens de la conclusion de Candide : « Il faut cultiver notre jardin . » 6

Dans Candide ou l'Optimisme, il s'attaque ouvertement à l'optimisme leibnizien et fait de


Pangloss un défenseur ridicule de cette philosophie. La critique de l'optimisme est le principal
thème du conte : chacune des aventures du héros tend à prouver que l'on a tort de croire que
notre monde est le meilleur des mondes possibles. C'est ainsi que les épisodes s'achèvent
souvent par une réflexion de Candide à propos de la théorie de Pangloss.

Cet ouvrage s'inscrit dans un débat important du XVIII siècle sur le fatalisme et l'existence du Mal.
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Depuis longtemps déjà, Voltaire est farouchement opposé aux idées du philosophe Leibniz au
sujet de Dieu, du « principe de raison suffisante » et son idée d'« harmonie préétablie ». Il est
d'autant plus véhément que sa maîtresse, pour laquelle il éprouvait beaucoup d'admiration,
Émilie du Châtelet (morte dix ans plus tôt, en 1749), était une leibnizienne convaincue . 2

Pour Leibniz, Dieu est parfait, le monde ne peut pas l'être mais Dieu l'a créé le meilleur possible.
Le mal existe ponctuellement, mais il est compensé ailleurs par un bien infiniment grand . De 3

plus, selon Leibniz, rien n'arrive sans qu'il n'y ait à cela une cause nécessaire . Cette croyance
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est ce que l'on appelle l'optimisme leibnizien.

Voltaire voit dans cette philosophie un encouragement au fatalisme. Il oppose à cet optimisme
qu'il juge béat, une vision lucide sur le monde et ses imperfections et il affiche, notamment dans
ses lettres philosophiques une confiance envers l'homme qui est capable d'améliorer sa
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condition. C'est le sens de la conclusion de Candide : « Il faut cultiver notre jardin . » 6

Dans Candide ou l'Optimisme, il s'attaque ouvertement à l'optimisme leibnizien et fait de


Pangloss un défenseur ridicule de cette philosophie. La critique de l'optimisme est le principal
thème du conte : chacune des aventures du héros tend à prouver que l'on a tort de croire que
notre monde est le meilleur des mondes possibles. C'est ainsi que les épisodes s'achèvent
souvent par une réflexion de Candide à propos de la théorie de Pangloss.

Lors de la parution, Voltaire vit dans la propriété des Délices à Genève, véritable « palais d’un
philosophe avec les jardins d’Épicure » . Deux événements l’ont récemment bouleversé : le
7

tremblement de terre de Lisbonne du 1er novembre 1755 et le début de la guerre de Sept Ans
(1756) qui lui inspirent cette réflexion : « Presque toute l’histoire est une suite d’atrocités inutiles »
(Essai sur l’histoire générale, 1756)
Personnages
Candide
Enfant supposé de la sœur de monsieur le baron de Thunder-ten-tronckh, c'est le personnage
principal du livre. La citation qui fait allusion à sa bâtardise se situe au chapitre premier de
l'ouvrage : « Les anciens domestiques soupçonnaient que [Candide] était fils de la sœur de Monsieur le
Baron et d'un bon et honnête gentilhomme du voisinage, que cette demoiselle ne voulut jamais épouser
parce qu'il n'avait pu prouver que soixante et onze quartiers, et que le reste de son arbre généalogique avait
été perdu par l'injure du temps . »
10,n 2

On perçoit immédiatement, dans la fin du premier paragraphe de l'œuvre, le sarcasme moquant


le conservatisme social de la noblesse arrogante, certes tel que Molière un siècle plus tôt le
pratiquait aux dépens de la petite aristocratie provinciale, mais surtout annonçant le Figaro de
Beaumarchais : « Si le Ciel l'eût voulu, je serais fils d'un prince . »
11

Voltaire nous donne une brève description du personnage : « Sa physionomie annonçait son âme »
(chap. I). Candide est représenté principalement sous forme d'un caractère qu'il incarne. Ce
caractère fait de lui l'homme qu'il est jusqu'à lui donner son nom : « Il avait le jugement assez
droit, avec l'esprit le plus simple : c'est je crois, pour cette raison qu'on le nommait Candide »
(chap. I).
L'onomastique (étude des noms), en matière d'interprétation des textes voltairiens, se révèle
souvent féconde. Le mot « candide » vient du latin « candidus » qui signifie « blanc » et a pour
second sens « de bonne foi, avec candeur, simplement ». Le choix d'un tel nom indiquerait
l’innocence du héros, voire sa naïveté. Cire vierge sur laquelle on marque en apparence tout, il
s'étonnera de ce qu'il observera au fil de ses tribulations, à la façon apparemment enfantine de
Socrate dans les dialogues platoniciens, personnifiant ainsi l'ironie selon l'étymologie du mot,
« εἰρωνεία » (eirôneía) : « ignorance feinte ».
Cunégonde
Cunégonde est la fille du baron Thunder-ten-tronckh, cousine et amoureuse de Candide. Elle est
peut-être imaginée à partir des deux maîtresses de Voltaire : sa nièce Marie-Louise Mignot-Denis
et la scientifique, Émilie du Châtelet

Pangloss
Grand philosophe et professeur de métaphysico-théologo-cosmolo-nigologie, c'est le précepteur
de Candide et de Cunégonde. Satire du philosophe polymathe allemand Gottfried Wilhelm
Leibniz, il est peut-être imaginé à partir de la duchesse de Saxe-Gotha, Louisa Dorothea von
Meiningen, une leibnizienne avec qui Voltaire a beaucoup correspondu.[réf. nécessaire] Il est le modèle
de Candide durant la première partie du livre. C'est à la fin du livre que Candide s'attaquera à lui
en « cultivant son jardin » (phrase emblématique des Lumières). Pangloss enseigne la
métaphysico-théologo-cosmolonigologie. Il est le représentant de la philosophie de l'optimisme.
Le terme « Nigologie » nous amène déjà à penser que Pangloss est un nigaud. Cette philosophie
semble absurde. À travers ce personnage, Voltaire se moque de la science. Sa philosophie, qui
peut se résumer à une phrase : « Tout est au mieux dans le meilleur des mondes possibles », est
une satire de celle de Leibniz, qui elle ne saurait se résumer de la sorte.
Martin
Compagnon de voyage de Candide, qui se dit manichéen, Martin apparaît au chapitre XIX . Ce 12

philosophe est l’opposé de Pangloss, il est plutôt pessimiste . Il professe que l'Homme est né
13

pour souffrir, travailler sans raisonner. Ce personnage est créé pour donner à Candide une
philosophie totalement différente de celle de Pangloss, cela va apporter à Candide une
connaissance totale, pour qu'ensuite, il crée une philosophie qui prend en compte un savoir et
une vision du monde très étendue. Certains critiques[Lesquels ?] pensent que Martin est traité avec
sympathie, ce qui signifierait que la philosophie idéale de Candide est pessimiste, ce que
d’autres[Lesquels ?] contestent en citant la description négative de Voltaire des principes de Martin et
la fin de l’histoire où Martin devient passif.

Autres personnages

 Cacambo, valet de Candide.


 La vieille, bienfaitrice de Cunégonde, évocation des marraines des contes traditionnels. Elle
est pessimiste comme Martin ayant eu un très douloureux passé (violée, une fesse
coupée...). Elle est en désaccord avec la vision optimiste de Candide et contribuera à sa
« rééducation » de la vision du monde. La vieille apparaît au chapitre VII. Elle occupe une
place quelque peu importante. Les chapitres XI et XII lui sont consacrés en entier : ils relatent
l'histoire de la vieille. Le sens de ce personnage, outre qu'il contribue, comme plusieurs
autres, à constituer un démenti vivant aux élucubrations de Pangloss, occupe une autre
fonction, plus importante : la vieille dépeint par avance ce que sera Cunégonde une fois
atteint le troisième âge. En effet, ce n'est pas pour rien que Voltaire lui a attribué une
naissance noble et une vie aventureuse. La belle Cunégonde, dont Candide demeurera si
longtemps l'amoureux transi, est une « vieille-en-devenir ».
 Le baron Thunder-ten-tronckh, un gentilhomme campagnard westphalien. L'allitération en
[t] ridiculise ce personnage.
 La baronne Thunder-ten-tronckh, sa femme, très considérée pour les « trois cent cinquante
livres » qu’elle pèse.
 Le fils du baron Thunder-ten-tronckh, jésuite entiché de sa noblesse.
 Paquette, femme de chambre de la baronne Thunder-ten-tronckh et bénéficiaire accessoire
des « leçons de physique expérimentale » du savant Dr Pangloss.
 Jacques l’anabaptiste, bienfaiteur hollandais de Candide et de Pangloss au début du conte
jusqu’à sa noyade après avoir sauvé un autre homme.
 Vanderdendur, négociant escroc.
 Pococurante, Ce seigneur est très riche mais ne s’intéresse plus à rien (de l'italien « poco » :
« peu » ; « curante » : « ayant soin »). L’oisiveté est la cause de son ennui.

https://la-philosophie.com/candide-voltaire-analyse

Candide est l’œuvre de Voltaire, philosophe français, la plus lue et


commentée du siècle des Lumières à travers le monde. En quoi donc Candide
est paradigmatique de la philosophie des Lumières ?

Candide est une œuvre vaste, qui couvre tous les sujets philosophiques du
temps de Voltaire : la religion et le fanatisme, la liberté politique et la
tyrannie, la connaissance et l’obscurantisme, le bonheur et la fatalité, la
liberté et l’esclavage.

Mais le thème sous-jacent de Candide est le bonheur “ici et maintenant” (hic


et nunc en latin), objectif ultime des Lumières, les autres thèmes
(connaissance, liberté, déisme, …) servant de moyens pour servir cet objectif.
Contre les philosophes de la Renaissance, qui promettaient le bonheur après
la mort, dans une tradition classique chrétienne, le travail des Lumières vise à
fournir aux hommes de leur temps les conditions de possibilité d’un bonheur
immédiat : les Lumières ont développé le concept de droit au bonheur.

C’est finalement cette quête du bonheur que relatent les aventures de


Candide. Quête car le bonheur se construit contre les aléas du destin, la
folie des hommes et la déraison générale.

Voltaire et l’Optimisme
Voltaire déteste l’optimisme et son créateur, le philosophe allemand Leibniz,
qui est incarné et parodié au travers du personnage de Pangloss. L’optimisme
de Pangloss est une position philosophique que l’on peut résumer comme
ceci :
– Dieu est parfait

– Dieu a créé le monde

– Un être parfait créerait un monde parfait, donc le monde est parfait.

En outre, un être parfait créerait tout ce qui pourrait être créé, par
conséquent tout ce qui pourrait exister existe en fait.
Par conséquent, ce monde est le meilleur des mondes possibles et tout est
pour le mieux.

Voltaire montre le chemin intellectuel de Candide, qui est celui d’une


désillusion : l’optimisme, dit Candide, c’est la manie de dire que les choses
sont bien quand on est en enfer. En effet, Candide apprend que la quantité de
bien est bien inférieure à celle du mal.

C’est le fameux tremblement de terre de Lisbonne, en 1755, qui semble être à


l’origine de refus de l’optimisme chez Voltaire. Voltaire se demande si Dieu
est vraiment bon, ou bien s’il est vraiment tout-puissant. Candide sera la
traduction de ce questionnement religieux et métaphysique.

Le Déisme dans Candide


La religion de Candide, et celle de Voltaire, est le déisme, fondé sur la
croyance en un Dieu créateur de l’univers. Mais ce Dieu n’intervient pas dans
les affaires du monde, il agit comme un horloger, un architecte qui crée mais
laisse vivre sa création. C’est donc aux hommes de prendre en main leur
destin et de créer le bien, ou le mal : en tout cas, les hommes sont
responsables de leur monde.

La Politique et l’esclavage dans Candide


Politiquement, Candide est modéré. Il fait la satire de tous les gouvernements
corrompus du monde, sauf l’Eldorado, sans prôner pour autant le
renversement de ces gouvernements. Voltaire n’est pas un révolutionnaire: il
croit en effet que toute révolution instaure un système politique pire que son
prédécesseur.

Le thème de l’esclavage est abordé via la rencontre avec l’esclave nègre dont
la jambe a été arrachée dans une fabrique de sucre : « C’est à ce prix que vous
mangez du sucre », dit le nègre à Candide. C’est cette rencontre qui marquera
Candide et lui fera comprendre que l’optimisme est une théorie illusoire.
Cependant, bien que Candide pleure sur le sort de l’esclave, il ne fait aucune
tentative pour libérer les esclaves.

L’eldorado et le bonheur
A travers l’eldorado, Voltaire dénonce l’utopie : un monde parfait n’existe pas.
C’est le réalisme qui doit prévaloir chez l’homme rationnel, et non la croyance
en une société harmonieuse, qui n’existe pas et ne peut pas exister.

Il faut cultiver notre jardin


La thématique du jardin est plurielle dans Candide : il y a plusieurs jardins
dans Candide dont le jardin  du baron de thunder-ten-tronckh en Westphalie,
dans le jardin de l’Eldorado, le jardin du vieux Turc, et le jardin de Candide à la
fin. Le jardin est le symbole de la culture, à la fois matérielle, pour la
nourriture qu’elle dispense, et intellectuelle, considérée comme une
métaphore de la nourriture spirituelle. Le jardin est aussi un éloge de
l’ordinaire, du chez-soi, de la normalité, car à défaut de construire un monde
parfait, il faut se contenter, selon Voltaire, du monde tel qu’il est.

Enfin, on peut analyser politiquement la thématique du jardin : Candide vit en


petite communauté, repliée sur elle-même, ce qui témoigne du fait que les
Etats sont corrompus, il faut donc les quitter pour mener une vie retirée,
fondée sur le travail.

Pourquoi Candide se marie-t-il avec Cunégonde ?

Candide se marie avec Cunégonde pour de nombreuses raisons :

1/ tout d’abord parce que ce mariage a été son rêve depuis le premier chapitre (le
degré le plus haut du bonheur, dit-il, est d’être baron de Thunder-ten-tronckh, titre qu’il
obtiendra s’il épouse Cunégonde), le but qu’il n’a cessé d’avoir à l’esprit tout au long du
roman, au point de quitter l’Eldorado pour aller la retrouver;

2/ ensuite, parce que le frère de Cunégonde, ne veut toujours pas de lui pour beau-
frère, estimant qu’il n’est pas un parti suffisamment digne de sa soeur, ce qui a le don de
piquer au vif Candide qui veut donc lui prouver le contraire, d’autant plus que la
situation, par rapport au premier chapitre, s’est inversée: c’est lui qui détient les
cordons de la bourse, qui achète les terres et qui a sauvé le frère des galères.

3/ La dernière raison, et c’est à mon avis la plus intéressante, c’est parce que Candide
s’est débarrassé de toutes ses illusions, à commencer par celle de l’amour: au premier
chapitre, et tout au long du livre, il ne savait rien de Cunégonde, il ne voit en elle que ce
que les romans d’amour ont dû lui inculquer, à savoir, une belle jeune fille,
“appétissante” dira le premier chapitre, innocente, noble, vertueuse, fidèle, amoureuse.
Or, le lecteur découvre à travers les différents chapitres qu’elle n’est rien de tout cela.
On apprend qu’elle n’est plus innocente ni même vertueuse, qu’elle sait également
profiter de ses charmes, qu’elle ne sait pas rester insensible à la douceur de la peau de
certains hommes et que, bien loin d’être restée sur le piédestal sur lequel Candide
l’avait placée, elle est laide, acariâtre et s’occupe du linge au moment où il la retrouve.
Mais c’est la vraie Cunégonde et Candide la voit enfin telle qu’elle est. Cet amour-là est
donc préférable (puisque plus lucide, plus solide, et donc plus apte à durer), à celui qu’il
lui vouait au début du roman et qui reposait uniquement sur des illusions. Moralité:
l’amour est souvent voué à l’échec parce que l’on projette sur l’être aimé une partie de
nos rêves, de nos idéaux et l’on tombe de bien haut lorsque l’on ouvre les yeux et que
l’on réalise la vérité. Candide se montre sage en cela puisqu’il va construire sa relation
en toute connaissance de cause, en sachant les défauts et les imperfections de sa bien-
aimée. C’est là une belle leçon de vie que nous donne Voltaire…