Vous êtes sur la page 1sur 14

Endommagement et ductilité

en mise en forme

par Frank MONTHEILLET


Ingénieur Civil des Mines, Docteur ès Sciences
Directeur de Recherche au CNRS
Directeur de l’URA 1884, Plasticité, Endommagement et Corrosion des Matériaux
École des Mines de Saint-Étienne, Centre Science des Matériaux et des Structures
et Laurent BRIOTTET
Ingénieur Civil des Mines, Docteur en Science et Génie des Matériaux
Ingénieur au Centre d’Études Nucléaires de Grenoble, CEREM

1. Généralités.................................................................................................. M 601 − 2
2. Caractérisations expérimentales.......................................................... — 3
2.1 Observations directes de l’endommagement............................................ — 3
2.2 Mesures indirectes de l’endommagement ................................................ — 3
2.3 Caractérisations de la ductilité .................................................................... — 4
3. Amorçage de l’endommagement ......................................................... — 5
4. Croissance de l’endommagement........................................................ — 6
5. Interactions entre endommagement et comportement ................ — 7
5.1 Variable d’endommagement macroscopique............................................ — 8
5.2 Comportement des matériaux poreux ....................................................... — 8
6. Critères de rupture ductile..................................................................... — 9
7. Ductilité et fragilité à haute température ......................................... — 11

Pour en savoir plus ........................................................................................... Doc. M 601

n nomme ductilité l’aptitude d’un matériau à subir une déformation irréver-


O sible sans se rompre. Ainsi, dans le contexte de la mise en forme des
métaux, la ductilité est un paramètre qu’il est très important de connaître, de
contrôler et éventuellement de modifier. Dans la plupart des cas, comme par
exemple en traction uniaxiale, la ductilité est limitée par deux facteurs pouvant
combiner leurs effets : l’instabilité et l’endommagement.
Le premier d’entre eux, qui peut revêtir des formes très diverses suivant la
géométrie de l’échantillon et la sollicitation imposée (par exemple, striction dif-
fuse ou localisée, bandes de cisaillement), joue un rôle prédominant dans le cas
des produits plats (emboutissage des tôles). En revanche, l’endommagement
est le principal facteur limitant la ductilité dans les produits massifs.

Toute reproduction sans autorisation du Centre français d’exploitation du droit de copie est strictement interdite.
© Techniques de l’Ingénieur, traité Matériaux métalliques M 601 − 1
ENDOMMAGEMENT ET DUCTILITÉ EN MISE EN FORME ________________________________________________________________________________________

1. Généralités

Au sens où nous l’entendons dans cet article, l’endommagement


désigne la formation (ou amorçage) de microcavités, puis la crois-
sance et la coalescence de celles-ci au cours de la déformation plas-
tique, ce processus conduisant à la rupture ductile du matériau. Les
faciès de rupture correspondants sont caractérisés par la présence
de cupules (figure 1). L’observation fréquente d’inclusions ou de
fragments d’inclusions au fond des cupules indique que l’amorçage
de l’endommagement est essentiellement lié à la présence d’hétéro-
généités dans le matériau.

■ En pratique, l’apparition de défauts au cours d’une opération de


mise en forme revêt des aspects variables en fonction du chemin de
déformation imposé (cf. article Métallurgie en mise en forme M 600,
§ 2.13), de la température et de la microstructure du matériau.

Exemples : la figure 2 a montre les microcavités formées par


décohésion des inclusions au cours du laminage d’une tôle d’alumi-
nium.
Figure 1 – Fractographie d’un acier inoxydable austénitique
À l’échelle macroscopique, la rupture d’une tôle soumise à un essai montrant des cupules de rupture ductile. Noter l’existence
de traction biaxiale destiné à simuler une opération d’emboutissage de particules au fond des cupules [29]
(expansion) est illustrée par la figure 2 b.

a endommagement dans une tôle laminée d'alliage d'aluminium : b rupture d'une tôle soumise à un essai de traction biaxiale [34]
les cavités (en noir) sont associées aux particules de seconde
phase intermétallique [33]

c défaut "en tronc de palmier " dans une barre d'alliage d'aluminium d défaut "en chevron" dans une barre d'acier extrudée à froid [36]
filée à chaud [35]

Figure 2 – Divers types de défauts apparus au cours d’opérations de mise en forme

Toute reproduction sans autorisation du Centre français d’exploitation du droit de copie est strictement interdite.
M 601 − 2 © Techniques de l’Ingénieur, traité Matériaux métalliques
________________________________________________________________________________________ ENDOMMAGEMENT ET DUCTILITÉ EN MISE EN FORME

En filage à chaud des alliages d’aluminium « durs », une vitesse de ● Examen d’éprouvettes préalablement polies, puis déformées.
déformation trop élevée peut produire un échauffement à l’origine du Les zones observées ont donc été soumises à un état de contraintes
défaut « en tronc de palmier » (figure 2 c ). planes (surface libre) qui diffère de celui subi par la masse du maté-
Dans des barres d’acier extrudées à froid, des décohésions peuvent riau. À l’échelle microscopique, les surfaces libres sont également
au contraire apparaître à cœur et ne pas déboucher en surface, produi- connues pour leur capacité d’éliminer des dislocations au cours de
sant des défauts « en chevron » (figure 2 d ). la déformation plastique. Pour ces deux raisons, l’endommagement
observé en surface peut ne pas être représentatif de l’état global du
Comme on le voit à travers ces illustrations, la diversité phénomé- matériau. En revanche, cette méthode permet de répéter l’observa-
nologique des défauts rencontrés en mise en forme est très grande. tion d’une même plage à différents stades de déformation de
L’un des objectifs de cet article sera donc de recenser les mécanis- l’échantillon et de suivre ainsi l’évolution de l’endommagement
mes d’endommagement qui leur sont communs, ainsi que les para- d’une même zone.
mètres mécaniques qui les régissent.
Comme la surface étudiée, initialement plane, acquiert un certain
■ Comme le montrera l’étude des lois d’amorçage (§ 3) et de crois- relief au cours des déformations successives, il est préférable de
sance (§ 4) de l’endommagement, les risques d’apparition de mettre à profit la grande profondeur de champ du microscope élec-
défauts sont d’autant plus grands que l’état des contraintes, tronique à balayage pour effectuer de telles observations.
caractérisé par la triaxialité ζ, est plus dépressif (§ 2.3). Il est donc ● Examen d’éprouvettes préalablement déformées, puis décou-
possible de classer de manière qualitative les principaux procédés pées et polies. Cette seconde méthode permet d’observer l’endom-
de mise en forme du plus compressif au plus dépressif, dans l’ordre magement réellement développé dans la masse de l’échantillon. La
suivant : filage, forgeage, laminage, étirage, tréfilage, emboutis- principale difficulté réside ici dans la préparation de la surface en
sage. Il faut bien souligner toutefois qu’un tel classement n’est que vue de l’examen métallographique : les opérations de découpage et
très approximatif, car il ne concerne que l’état global (ou moyen) de polissage tendent soit à reboucher les microcavités (procédures
des contraintes, alors que l’endommagement dépend étroitement mécaniques), soit au contraire à les agrandir (procédures électroly-
de la valeur locale de la triaxialité. Celle-ci peut présenter un carac- tiques).
tère dépressif (ζ > 0), et donc favorable à l’endommagement, même
dans un procédé globalement compressif. C’est ainsi que le lami- Le polissage ionique permet de pallier ces inconvénients, mais
nage d’un produit épais est susceptible d’engendrer des contraintes son adaptation à chaque cas particulier demeure délicate.
de traction à cœur. De même, le forgeage d’un lopin entre tas plats ● Examen des faciès de rupture. Il s’effectue par microscopie
provoque généralement la formation d’un bombé à la surface du électronique à balayage. Cette méthode apporte des renseigne-
produit, lui-même associé à l’apparition de contraintes superficielles ments sur le processus d’endommagement (figure 1). Dans le cas
de traction. d’échantillons rompus en régime ductile, les observations sont limi-
tées à sa phase finale (coalescence), mais dans certains cas (aciers)
■ Dans cet article, nous examinerons successivement les méthodes les éprouvettes peuvent être prédéformées dans le domaine ductile,
d’étude de l’endommagement, puis les deux premières étapes – puis rompues en régime fragile à basse température, ce qui permet
l’amorçage (§ 3) et la croissance (§ 4) – de ce processus. Un paragra- d’observer l’endommagement à un stade quelconque de son déve-
phe sera consacré à l’étude du comportement mécanique (§ 5) des loppement.
matériaux endommagés, donc poreux et par suite compressibles,
puis sera traitée l’étape finale de la rupture ductile (§ 6). Enfin, un ■ De nombreux paramètres peuvent être utilisés pour caractériser
dernier paragraphe (§ 7) sera consacré à quelques caractéristiques l’endommagement de manière quantitative à partir des observa-
spécifiques de la ductilité des métaux à haute température (cf. arti- tions micrographiques.
cle Essais d’aptitude à la mise en forme [M125]).
Les plus employés sont les fraction linéique ( L L ) , fraction surfa-
cique ( A A ) et fraction volumique ( V V ) moyennes de cavités.
En fait, on peut montrer que ces trois grandeurs sans dimension
2. Caractérisations sont égales pour un échantillon donné, quelles que soient la forme
et la distribution des cavités [2].
expérimentales
On distinguera les observations «directes » effectuées par métal-
2.2 Mesures indirectes
lographie, qui permettent de caractériser la taille, la forme et la dis- de l’endommagement
tribution des microcavités considérées individuellement ou
collectivement (analyse quantitative d’image), et les mesures de
paramètres physiques permettant de caractériser l’endommage- Toutes les procédures de ce type consistent à déterminer l’évolu-
ment de manière globale. tion d’un paramètre physique X du matériau, dont les variations au
cours de la déformation plastique sont dues essentiellement à
l’endommagement. Il est alors possible de quantifier l’endommage-
ment par la variable D, comprise entre 0 et 1, définie par la relation
2.1 Observations directes (cf. § 5.1) :
de l’endommagement X0 Ð X
D = ------------------
- (1)
X0 Ð Xf
L’examen métallographique de microcavités (ou microfissures)
présente de nombreuses difficultés pratiques. De plus, la distribu- avec X0 : valeur de X dans l’état initial (généralement non
tion des cavités étant très hétérogène, de nombreuses plages doi- endommagé),
vent être observées afin d’établir une description statistique de l’état Xf : valeur de X à l’état rompu
du matériau endommagé.
Les mesures indirectes présentent l’avantage de caractériser l’état
■ Les méthodes utilisées ont été présentées en détail et illustrées moyen d’endommagement du matériau et sont beaucoup moins
de nombreux exemples dans [1]. Elles peuvent être regroupées sensibles que les observations directes aux problèmes d’échan-
dans les trois catégories suivantes. tillonnage. En revanche, les variations des paramètres considérés

Toute reproduction sans autorisation du Centre français d’exploitation du droit de copie est strictement interdite.
© Techniques de l’Ingénieur, traité Matériaux métalliques M 601 − 3
ENDOMMAGEMENT ET DUCTILITÉ EN MISE EN FORME ________________________________________________________________________________________

peuvent refléter certaines modifications physiques du matériau qu’il


est difficile de séparer de l’endommagement. –∆ d /d (en 10– 4)

Nous ne mentionnerons ici que les deux méthodes les plus utili-
sées. 15

■ Mesure de densité. L’apparition de microcavités au cours de la


déformation d’un matériau se manifeste par une très faible diminu- 10
tion de sa densité d, qui peut donc jouer le rôle du paramètre X de la II cuivre contenant
relation (1). Toutefois, les variations relatives de d dues à l’endom- des particules d'oxyde
magement sont très faibles (quelques 10−4 ou moins). Leur détermi- 5
nation exige donc l’usage de balances de haute précision en milieu I cuivre désoxydé
parfaitement thermostaté, associées à des techniques de pesée
sophistiquées. D’autre part, l’augmentation de la densité de défauts
cristallins induite par la déformation plastique (phénomène 0 0,1 0,2 0,3 0,4 0,5 0,6 ε
d’écrouissage, cf. article Métallurgie en mise en forme, M 600 §2.22)
contribue également à la diminution de densité. ∆d / d (∆
Figure 3 – Variation relative de densité −∆ ∆d < 0) d’échantillons
Une technique utilisée pour séparer ces deux effets consiste à de cuivre de deux puretés différentes en fonction de la déformation
effectuer un recuit de restauration sur l’échantillon déformé, afin équivalente ε [30]
d’éliminer la plus grande partie des défauts cristallins, sans modifier
l’état des microcavités. La différence résiduelle de densité entre
l’état initial et l’état restauré peut alors être attribuée au seul effet de
vitesse de croissance de l’endommagement augmente fortement
l’endommagement.
avec la triaxialité des contraintes, définie par :
Signalons enfin que la densité critique df à la rupture est très dif-
ficile à déterminer, ce qui exclut pratiquement l’utilisation de la σm
relation (1) dans ce cas. Les mesures de densité sont cependant fré- ζ = -------
- (3)
σ0
quemment utilisées pour caractériser l’endommagement des maté-
riaux de manière comparative (figure 3).
avec σ0 : contrainte d’écoulement du matériau,
■ Mesure du module d’Young. La présence de microcavités σm : contrainte moyenne, égale au tiers de la trace
induit également une diminution du module d’Young E du matériau. du tenseur des contraintes :
En effet, la section efficace moyenne de matière résistant à un effort σm = (σ11 + σ22 + σ33)/3
F appliqué à l’échantillon est réduite par la présence des cavités. Il
en résulte que la déformation élastique εe associée à une contrainte (σm = − p, où p désigne la pression hydrostatique).
macroscopique σ donnée est augmentée, ce qui revient à dire que le
module d’Young du matériau, soit E = σ /εe , est diminué par ● Pour une éprouvette lisse : ζ = 1/3.
l’endommagement. L’évolution du module d’Young au cours de la ●Dans le cas d’une éprouvette cylindrique entaillée, la triaxialité
déformation plastique peut être étudiée au moyen d’une série de est maximale sur l’axe de symétrie et dans le plan de section mini-
déchargements successifs, opérés à divers taux de déformation. male, où elle a pour expression approchée [3] :
La relation (1) peut alors être utilisée sous la forme :
ζ = --- + ln  1 + -------
1 a
(4)
E 3 2R
D = 1 Ð ------ (2)
E0
avec a : rayon de la section minimale de l’éprouvette,
avec E0 : module d’Young du matériau non endommagé, en utilisant R : rayon à fond d’entaille
le fait qu’à la rupture :
De tels échantillons permettent d’atteindre des triaxialités voisi-
E = Ef = 0. nes de 1,3.
Toutefois, comme dans le cas de la densité d, l’écrouissage parti- ■ La ductilité est souvent caractérisée globalement par l’allonge-
cipe également à la décroissance du module d’Young, ce qui ment à la rupture de l’éprouvette :
entraîne les mêmes réserves que précédemment (§ 2.2). Il faut ajou-
ter que la texture cristallographique induite par la déformation plas- e = ∆L / L0 (exprimé en pour-cent).
tique produit aussi une variation de E (positive ou négative),
susceptible de perturber les mesures d’endommagement. Toutefois cette quantité inclut à la fois l’allongement de la partie
homogène et celui de la zone de striction, dans laquelle la déforma-
■ Nous ne ferons que citer d’autres méthodes également utili- tion est hétérogène. De plus, elle dépend simultanément de la stabi-
sées pour caractériser l’endommagement : l’émission acoustique, lité de l’élongation et de la cinétique de l’endommagement.
les mesures de résistance électrique, l’absorption d’hydrogène, les
mesures directes de variation de volume par jauges de déformation Il est donc préférable d’utiliser la réduction d’aire à la rupture :
et, pour finir, la diffusion aux petites angles des rayons X (SAXS,
Small Angle X-ray Scattering) ou des neutrons (SANS, Small Angle S0 Ð S
Z = ---------------
- (5)
Neutron Scattering). Ces techniques sont décrites en détail dans [1]. S0

avec S0 : aire de la section utile initiale de l’éprouvette,


2.3 Caractérisations de la ductilité S : aire de rupture
Cette réduction d’aire est nulle pour un matériau fragile (S = S0) et
augmente avec la ductilité du matériau.
■ La ductilité d’un métal est généralement mesurée à l’aide
d’essais de traction uniaxiale d’éprouvettes axisymétriques lis- De manière équivalente, la ductilité pourra être caractérisée par la
ses ou entaillées. Comme on le verra dans le paragraphe 4, la déformation à la rupture ε R mesurée au niveau de la surface de

Toute reproduction sans autorisation du Centre français d’exploitation du droit de copie est strictement interdite.
M 601 − 4 © Techniques de l’Ingénieur, traité Matériaux métalliques
________________________________________________________________________________________ ENDOMMAGEMENT ET DUCTILITÉ EN MISE EN FORME

rupture. Il s’agit de la déformation équivalente de von Mises (cf.


article Métallurgie en mise en forme, M 600 § 2.11) définie par : εR
5
S0
ε R = ln ------ = Ð ln ( 1 Ð Z ) (6) 15 % Cr
S 4 Aciers
inoxydables
On notera toutefois qu’il n’existe pas de paramètre universel per- 18 % Cr
mettant de caractériser la ductilité d’un matériau de manière totale- 3
ment intrinsèque, c’est-à-dire indépendante du mode de
sollicitation. 19-1
2 Aciers
■ Du point de vue macroscopique et pour un matériau donné, la au carbone
ductilité est surtout fonction de la triaxialité des contraintes : 1 19-3
— une triaxialité négative (états globalement compressifs)
retarde l’amorçage et ralentit la croissance de l’endommagement
(§ 4) ; elle a donc pour effet d’augmenter la déformation à rupture, 0 50 100 150 200 250
comme l’illustre la figure 4 [4] ; p (en 107 Pa)
— à l’inverse, une triaxialité positive (états dépressifs) favorise
l’endommagement au détriment de la ductilité. C’est le cas dans les Figure 4 – Influence de la pression hydrostatique (p = − σm)
éprouvettes entaillées, de même que dans la zone de striction appa- sur la ductilité de divers aciers [4]
raissant au cours de la traction d’une éprouvette initialement lisse
(cf. Forge à froid de l’acier, M 625 § 3.3).

3. Amorçage
de l’endommagement
Dans la très grande majorité des cas, les sites d’amorçage de
l’endommagement sont les inclusions ou les particules de seconde
phase présentes dans le matériau. Il faut noter à ce sujet que les
métaux, même « de haute pureté », contiennent toujours une den-
sité élevée d’inclusions.
Exemple : un cuivre de teneur 99,99 % Cu et contenant 100 µg/g
de plomb sous la forme de nodules sphériques de rayon 1 µm, ren-
ferme environ 2 × 104 inclusions par mm3, ce qui correspond à des
inclusions espacées en moyenne de 38 µm.
D’une manière générale, les espacements interinclusionnaires 5 µm
correspondent bien aux distances entre cupules observées sur les
faciès de rupture ductile. Figure 5 – Endommagement par fragmentation d’une inclusion
Les inclusions peuvent être plus dures que la matrice environ- de sulfure de manganèse dans un acier inoxydable austénitique [26]
nante (par exemple, oxydes), moins dures que celle-ci (plomb), ou
encore de dureté comparable (par exemple, sulfures de manganèse
dans les aciers). Il existe trois modes de formation d’une cavité liée
à la présence d’une inclusion :
— la fragmentation de l’inclusion (figure 5) ;
— la décohésion de l’interface inclusion-matrice (figure 6) ;
— plus rarement, l’amorçage dans la matrice située au voisinage
de l’inclusion, sous l’effet des concentrations de déformation et de
contraintes engendrées par la présence de l’hétérogénéité.
Divers critères établis à partir de modèles théoriques ont été pro-
posés pour prévoir la déformation ou l’état de contrainte macrosco-
pique correspondant à l’amorçage de l’endommagement. On peut
les classer en deux catégories, fondées soit sur une condition éner-
gétique, soit sur une condition de contrainte critique.
■ Condition énergétique. La création de surface libre nécessaire
à la formation d’une cavité doit être énergétiquement favorable. À
titre d’exemple, le critère de Tanaka et al. [5] s’applique au cas d’une
inclusion déformée élastiquement dans une matrice plastique et
s’exprime sous la forme :
1 µm
S γ M + γ I Ð γ IM
εa = A ---- --------------------------------- (7)
V EM Figure 6 – Endommagement par décohésion entre une inclusion
d’alumine et la matrice d’un acier biphasé à haute limite
avec εa : déformation à l’amorçage (traction uniaxiale), d’élasticité [26]

Toute reproduction sans autorisation du Centre français d’exploitation du droit de copie est strictement interdite.
© Techniques de l’Ingénieur, traité Matériaux métalliques M 601 − 5
ENDOMMAGEMENT ET DUCTILITÉ EN MISE EN FORME ________________________________________________________________________________________

S, V : surface et volume de l’inclusion,


4. Croissance
γ M, γ I : énergies de surface de la matrice et de
l’inclusion,
de l’endommagement
γ IM : énergie de l’interface inclusion-matrice
De nombreux modèles mécaniques ont été élaborés dans le but
W = γ M + γ I - γ IM est l’énergie d’adhésion de Dupré des deux de prévoir la cinétique de croissance de l’endommagement. Ils diffè-
matériaux. rent entre eux par la forme des cavités considérées et la loi de com-
portement du matériau, mais ne tiennent pas compte de la présence
A est une fonction complexe des constantes élastiques des deux d’une inclusion à l’intérieur de la cavité.
milieux et de la forme de l’inclusion.
■ Le modèle de Budiansky et al. [9] traite le cas d’une cavité
Dans le cas d’une sphère : sphérique dans une matrice pseudoplastique. Dans ce cas, la con-
trainte d’écoulement est une fonction puissance de la vitesse de
A = 4EM / E I, déformation équivalente (cf. article Métallurgie en mise en forme,
M 600, § 3.52) :
où EM et E I désignent les modules d’Young de la matrice et de
l’inclusion. σ 0 = kεú m

La relation (7) prévoit que l’amorçage se produira pour une Cette cavité est soumise à un chargement axisymétrique. En
déformation d’autant plus faible que la taille de l’inclusion est appliquant une méthode variationnelle (borne supérieure) à un
plus grande. Ainsi, pour une inclusion de rayon suffisamment champ d’essai à sept degrés de liberté, ces auteurs [9] ont obtenu
grand, l’amorçage d’une microcavité est toujours énergétique- les résultats synthétisés sur la figure 7. À haute triaxialité (ζ > 0,9),
ment favorable. Il est très difficile d’évaluer le rayon critique cor- ces courbes de vitesse de croissance peuvent être décrites par la
respondant, que l’on situe généralement entre 0,1 et 1 µm. relation approchée :
Il résulte aussi de la relation (7) que l’endommagement doit
χ 3m 1⁄m
s’amorcer au niveau des inclusions les plus grosses. Rú
------- = --- --------- ζ + ( 1 Ð m ) ( 1 + 0,418 m + 0,014 χm ) (9)
εú R 2 2
■ Condition de contrainte critique. L’amorçage de l’endommage- avec R rayon de la cavité sphérique,
ment par fragmentation de l’inclusion se produit lorsque la plus
grande des contraintes principales à l’intérieur de celle-ci atteint une Rú dérivée du rayon par rapport au temps,
c
valeur critique σ I ; de manière analogue, la décohésion de l’inter-
εú vitesse de déformation axiale,
face inclusion-matrice se produit lorsque la contrainte normale exer-
c
cée sur l’interface excède une valeur σ n . Plusieurs critères ζ triaxialité, de signe défini par χ = ± 1,
d’amorçage correspondant à ces conditions ont été proposés sous
la forme générale [6] [7] [8] : m coefficient de sensibilité à la vitesse de
déformation du matériau, définie ci-dessus
a c c
K σ ∞ + σ m = inf ( σ I , σ n ) (8) ■ La vitesse de croissance s’exprime également par le rapport
Vú ⁄ εú V , porté aussi sur la figure 7, où V désigne le volume de la
avec σ∞
a
: contrainte d’écoulement à l’amorçage dans la cavité et Vú sa dérivée par rapport au temps.
matrice loin de l’inclusion,

σm : contrainte moyenne,
30 90
K : fonction de la forme de l’inclusion et du rapport
de dureté inclusion/matrice R V
εR εV
Dans le cas d’une inclusion sphérique indéformable dans une m=0
matrice en traction uniaxiale, on obtient [1] :
20 60
a c c
σ ∞ ≈ 0,5 inf ( σ I , σ n )

c c
Malheureusement, les contraintes critiques σ I et σ n sont très dif-
ficiles à déterminer, ce qui restreint l’emploi de tels critères.
10 30
Contrairement à la relation (7), la condition d’amorçage (8) ne 0,2
dépend pas du rayon de l’inclusion.
0,5
Il en résulte que pour une inclusion de rayon suffisamment
1
faible, la condition de contrainte critique sera atteinte avant la 0
condition énergétique, alors que l’inverse se produira dans le 0 1 2 3
cas d’une inclusion suffisamment grosse. Si l’on admet que les ζ
deux conditions doivent être simultanément remplies pour que
Figure 7 – Influence de la triaxialité ζ et de la sensibilité m
l’amorçage se produise, celui-ci sera donc déterminé par le cri-
à la vitesse de déformation sur la vitesse de croissance Rú ⁄ εú R
tère en énergie pour les petites inclusions et par le critère en
ou Vú ⁄ εú V d’une cavité sphérique soumise à une déformation
contrainte pour les grosses.
axisymétrique [31]

Toute reproduction sans autorisation du Centre français d’exploitation du droit de copie est strictement interdite.
M 601 − 6 © Techniques de l’Ingénieur, traité Matériaux métalliques
________________________________________________________________________________________ ENDOMMAGEMENT ET DUCTILITÉ EN MISE EN FORME

V /V ln [ln(R /R0 )/ ε ]
0
1,3 4
ε = 102 s–1

104 s–1
1,2 106 s–1

1,1 –2
0
2.1
=
f0 –3
0
5.1
2 =
1,0 f0
0,0 0,1 0,2 0,3 0,4 0,5
ε
Figure 8 – Influence de la vitesse de déformation axiale εú
sur la croissance du volume V / V0 d’une cavité initialement
sphérique, située dans une matrice de comportement linéaire 1
avec seuil sous traction uniaxiale (d’après [11]), V0 désignant
le volume initial de la cavité et ε la déformation axiale du matériau Relation [10]

ey
ac
Lorsque m = 1 (matériau viscoplastique linéaire), la relation (9) Tr
0 a nd
restitue la solution exacte du problème : ce
Ri
Rú 3 ζ
------- = ----------- - 0,5
εú R 4 0 0,5 1 1,5 2,0
ζ
Lorsque m → 0 (matériau parfaitement plastique), elle se simpli-
fie pour donner une relation obtenue antérieurement par Rice et Tra- Points expérimentaux [32]
cey [10] :
Figure 9 – Influence de la fraction volumique initiale f0 d’inclusions
et de la triaxialité sur la croissance des cavités de rayon initial R0.

------- = 0,28 χ exp  --- ζ 
3
(10) Les rectangles définissent le domaine d’incertitude des mesures
εú R 2 

■ Des travaux plus récents ont permis d’étudier l’influence de la Vú


forme allongée ou aplatie de la cavité sur sa vitesse de croissance, ---- ( 0 ) vitesse de croissance dans le matériau non
V endommagé
ainsi que de la loi de comportement de la matrice [11], [12]. À titre
d’exemple, la figure 8 montre qu’une augmentation de la vitesse de Pour m = 0,33 et f = 10−3, la vitesse de croissance de la cavité est
déformation diminue la vitesse de croissance d’une cavité dans un augmentée de 30 % par la présence de la porosité environnante.
matériau de comportement viscoplastique linéaire avec seuil
( σ 0 = σ 1 + βεú , cf. article Métallurgie en mise en forme, M600,
§ 2.12). Il ressort de l’ensemble de ces résultats que le principal para-
mètre affectant la croissance des microcavités est la triaxialité
À l’inverse, la porosité de la matrice résultant des cavités voisines des contraintes ζ. Pour un matériau viscoplastique linéaire, la
de la cavité considérée a pour effet d’accélérer la croissance [12]. Cet vitesse de croissance logarithmique normalisée Rú ⁄ εú R croît
effet est illustré sur la figure 9 : les résultats expérimentaux de linéairement avec ζ ; pour un matériau pseudoplastique, c’est
Marini et al. [32], obtenus sur un matériau constitué d’une matrice une fonction puissance de ζ [relation (9)], tandis que pour une
d’acier contenant des particules sphériques d’Al2O3, sont comparés matrice parfaitement plastique, la dépendance est exponentielle
au résultat théorique proposé par Rice et Tracey [relation (10)]. Si la [relation (10)].
dépendance exponentielle est bien observée, la croissance est sous- La vitesse de croissance est également très dépendante du
estimée car le modèle ne tient pas compte des interactions entre comportement de la matrice : dans un matériau pseudoplasti-
cavités. que, elle diminue lorsque m augmente.
D’autre part, on a pu montrer que l’écrouissage ralentissait
■ De plus, certaines études ont montré que la croissance de petites également la croissance de l’endommagement [14].
cavités est favorisée par le voisinage d’une cavité de plus grande
taille [13]. Dans le cas du chargement purement hydrostatique
(ζ → ∞) d’un matériau pseudoplastique contenant une faible fraction
volumique f de cavités, on obtient :
5. Interactions
Vú Vú fm
---- ( f ) = ---- ( 0 )  1 + -------  (11) entre endommagement
V V  m
avec f fraction volumique de cavités, rapport du volume
et comportement
de cavités au volume total de matériau,
m coefficient de sensibilité à la vitesse de L’apparition de l’endommagement a pour effet de rendre le maté-
déformation, riau poreux, et donc compressible. Deux approches sont possibles

Toute reproduction sans autorisation du Centre français d’exploitation du droit de copie est strictement interdite.
© Techniques de l’Ingénieur, traité Matériaux métalliques M 601 − 7
ENDOMMAGEMENT ET DUCTILITÉ EN MISE EN FORME ________________________________________________________________________________________

pour prendre en compte les modifications de son comportement auteurs au moyen d’essais mécaniques menés sur des échantillons
mécanique : de cuivre frittés, conduisant aux expressions :
— l’introduction d’une variable d’endommagement macro-
( 1 + f ) 0,514
scopique ; α = ------------------------------
— l’utilisation de critères de plasticité spécifiques. 2,49 f 0,514

1
et β = -------------------------
( 1 + f ) 2,5
5.1 Variable d’endommagement
macroscopique [15] ■ À partir de l’analyse du comportement mécanique d’une sphère
de matériau rigide parfaitement plastique contenant une cavité
sphérique, Gurson a établi le critère de plasticité suivant [17] :
La contrainte exercée sur une surface S soumise à une force per- 3 σ m
σ 2
 -----
pendiculaire F s’exprime par la relation : - + 2 f cosh  ----------- Ð (1 + f 2) = 0 (14)
σ   2σ 
0 0
σ = F / S.
Dans un matériau endommagé, tout se passe comme si la section où f, σ , σ0 et σm ont la même signification que précédemment.
effectivement résistante, ou section effective S÷ , était plus faible Pour f = 0, on retrouve le critère de von Mises.
que S à cause de la réduction géométrique de la surface résultant de
la présence des cavités, mais aussi des concentrations de contrain- ■ Afin de prendre en compte les interactions locales entre cavités,
tes au voisinage de celles-ci. On pose donc : Tvergaard a introduit trois paramètres supplémentaires dans ce
critère [18] :
S÷ = S ( 1 Ð D ) (12) 3 q 2 σ m
σ 2
 -----
- + 2 q 1 f cosh  -----------------
- Ð ( 1 + q3 f 2 ) = 0 (15)
où D désigne la variable macroscopique d’endommagement. σ   2σ 
0 0
D = 0 correspond au matériau initial non endommagé et D = 1 à la
rupture. Les valeurs numériques de ces derniers ont été déterminées à
l’aide de calculs par éléments finis :
La contrainte effective est alors définie par :
q 1 = 1,5 ; q 2 = 1 et q 3 = (q 1)2.
σ÷ = F ⁄ S÷ = σ ⁄ ( 1 Ð D ) .
Au-delà d’une fraction volumique critique de cavités, l’importance
Elle tend vers l’infini au moment de la rupture du matériau. On des interactions locales amène, de plus, certains auteurs à intro-
suppose alors que le comportement mécanique du matériau duire dans ce même critère une porosité « équivalente » f * crois-
endommagé est semblable à celui du matériau vierge, à condition sant plus rapidement que f [19].
de remplacer σ par σ÷ . À titre d’exemple, le comportement élastique
en traction uniaxiale est décrit de manière équivalente par les deux À partir de chacun des critères de plasticité (13), (14) et (15) on
relations : peut obtenir la loi d’écoulement du matériau en appliquant le prin-
cipe de normalité et en déduire la vitesse de croissance de la poro-
σ = Eεe et σ÷ = E 0 ε e sité (cf. Métallurgie en mise en forme, M600 § 2.11). À titre
d’exemple, la loi d’écoulement associée au critère de Shima et
εe désignant la déformation élastique, E 0 le module d’Young du Oyane (13) permet d’écrire la vitesse de variation du volume sous la
matériau vierge et E le module du matériau endommagé. forme :
Il résulte des relations précédentes que [relation (2)] : ζ
εú v = εú 11 + εú 22 + εú 33 = ----------------- εú (16)
E = E 0 (1 − D ). α 2 β 1,6
Dans cette relation, εú est la vitesse de déformation équivalente du
milieu poreux. La variation du volume étant supposée due à la seule
5.2 Comportement des matériaux poreux croissance des cavités :

εú v = fú ⁄ ( 1 Ð f )
Bien que la distribution des cavités dans le matériau endommagé où fú désigne la dérivée de f par rapport au temps. Ainsi (16) permet
ne soit pas uniforme, les modèles mentionnés ci-dessous considè- d’exprimer fú en fonction de f.
rent celui-ci comme un milieu homogène caractérisé par sa porosité
moyenne f. Lorsque ζ et εú sont fixés, on en déduit f en fonction de la déforma-
tion équivalente ε .
■ Une modification empirique du critère de von Mises a été propo- Il est intéressant de comparer la vitesse de croissance ainsi obte-
sée par Shima et Oyane [16] : nue à l’aide d’un modèle macroscopique à celle déduite de la rela-
σ 2 + ( σ m ⁄ α ) 2 = ( βσ 0 ) 2 (13) tion (10). Pour une triaxialité positive (χ = 1), celle-ci permet
d’exprimer la vitesse de croissance volumique d’une cavité isolée :
avec
Vú ⁄ V = 3 Rú ⁄ R
2 σ 2 = ( σ 22 Ð σ 33 ) 2 + ( σ 33 Ð σ 11 ) 2 + ( σ 11 Ð σ 22 ) 2 + 6 σ 23
2 + 6σ2 + 6σ2 ,
13 12
En supposant la porosité faible (f << 1), la vitesse de variation du
σ contrainte équivalente de von Mises, volume est alors donnée par :
σm contrainte moyenne,
εú v = f Vú ⁄ V (17)
σ0 contrainte d’écoulement du matériau vierge
α et β sont deux paramètres fonctions de la porosité, caractérisée La figure 10 compare les dépendances vis-à-vis de la porosité des
quantitativement par la fraction volumique f de cavités contenues vitesses de croissance volumique du matériau données par les deux
dans le matériau. Ils ont été déterminés expérimentalement par les approches dans le cas d’une traction uniaxiale (ζ = 1/3). Les deux

Toute reproduction sans autorisation du Centre français d’exploitation du droit de copie est strictement interdite.
M 601 − 8 © Techniques de l’Ingénieur, traité Matériaux métalliques
________________________________________________________________________________________ ENDOMMAGEMENT ET DUCTILITÉ EN MISE EN FORME

V/V ε σ /σ 0
0,30 1
Tvergaard
[relation 15]
0,8
0,25
Autocohérent
0,6
0,20 Shima et Oyane
(relation [13])
0,4 Shima-Oyane
0,15 [relation 13]

Rice et Tracey 0,2


Gurson
0,10 (relation [10]) [relation 14]
0
0 0,5 1 1,5 2 2,5 3
0,05
σm /σ 0

Figure 11 – Comparaison des frontières d’écoulement de matériaux


0,00
0,00 0,05 0,10 0,15 0,20 parfaitement plastiques endommagés par la présence d’une fraction
f volumique f = 0,05 de cavités sphériques

Figure 10 – Influence de la fraction volumique de cavités f


sur la vitesse de croissance Vú ⁄ εú V du volume du matériau.
Comparaison des modèles macroscopique de Shima et Oyane [16] riaux linéaires, comme par exemple le modèle autocohérent « à
et microscopique de Rice et Tracey [10] deux phases » [22]. On obtient ainsi :
8 1 Ð f 1 Ð 2f
κ = --- ----------- ------------------ (20)
9 f 1Ðf⁄3
évaluations sont dans ce cas très voisines, bien que la relation (10)
ne puisse être employée en toute rigueur que pour des triaxialités 2 1 Ð 2f
élevées. et µ = --- ------------------
3 1Ðf⁄3
■ Une méthode générale a été récemment proposée pour déduire Nota : ces deux expressions sont obtenues en supposant le module de cisaillement µ0
de la matrice linéaire non endommagée égal à 2/3, ce qui simplifie les calculs, sans limiter
le comportement mécanique d’un matériau pseudoplastique la généralité du résultat obtenu pour le matériau non linéaire étudié.
hétérogène, par exemple endommagé, à partir du comportement
d’un milieu viscoplastique linéaire, dit « de référence », possédant Les relations (18) et (19) permettent alors de déterminer le poten-
tiel et donc la loi d’écoulement du matériau pseudoplastique
la même structure hétérogène [20] [21]. En notant G L ( εú ij ) le poten-
endommagé. La figure 11 compare les résultats donnés par cette
tiel des vitesses de déformation de ce dernier (cf. Métallurgie en extension du modèle autocohérent, appliquée au cas d’un matériau
mise en forme, M600, §3.5), c’est-à-dire la fonction telle que : parfaitement plastique (m = 0) endommagé, aux critères de plasti-
cité de Shima et Oyane (13), Gurson (14) et Tvergaard (15). Dans le
σ ij = ∂ G L ⁄ ∂ εú ij cas d’un chargement à triaxialité élevée, les écarts entre les diverses
prévisions demeurent très grands. On notera que malgré l’origine
expérimentale des paramètres α et β, le modèle de Shima et Oyane
le potentiel correspondant du matériau endommagé s’écrit : ne peut pas être considéré comme approchant au mieux le compor-
tement réel, car ces fonctions ont été déterminées dans des condi-
k tions de triaxialité négative ou faiblement positive.
G ≈ --------------- [ G L ] ( 1 + m ) ⁄ 2 ( 1 Ð f ) ( 1 Ð m ) ⁄ 2 (18)
m+1
En résumé, on notera que l’endommagement peut diminuer
avec k, m paramètres de la loi de comportement du la résistance du matériau de manière significative, même pour
matériau pseudoplastique non endommagé des fractions volumiques faibles de cavités (f < 0,05).
( σ 0 = kεú m ) , Il peut aussi induire une anisotropie du comportement d’ori-
gine morphologique, liée à la forme non équiaxe des cavités,
f fraction volumique de cavités comme l’illustre la figure 12. Lorsque les cavités sont sphéri-
ques, le matériau reste isotrope (α = 1). Dans les autres cas, une
On citera comme exemple d’application le cas d’un matériau iso- anisotropie, pouvant être importante même pour de faibles
trope constitué d’une matrice incompressible contenant des micro- porosités, apparaît [12].
cavités. Le potentiel des vitesses du matériau linéaire de référence
s’écrit [12] :

1
G L = --- ( κθ 2 + 3 µεú 2 )
2
(19) 6. Critères de rupture ductile
avec κ, µ modules de compressibilité et de cisaillement du
L’étude du stade final de l’endommagement, c’est-à-dire la coales-
matériau linéaire endommagé,
cence des cavités, qui conduit rapidement à la rupture ductile du
θ trace du tenseur des vitesses de déformation matériau, est particulièrement complexe pour plusieurs raisons.
Tout d’abord, la distribution de cavités à l’issue du stade de crois-
Les coefficients κ et µ peuvent être déterminés à l’aide de différen- sance est très hétérogène, alors que la plupart des modèles considè-
tes techniques d’homogénéisation, bien connues pour les maté- rent la fraction volumique moyenne f des cavités. Certains auteurs

Toute reproduction sans autorisation du Centre français d’exploitation du droit de copie est strictement interdite.
© Techniques de l’Ingénieur, traité Matériaux métalliques M 601 − 9
ENDOMMAGEMENT ET DUCTILITÉ EN MISE EN FORME ________________________________________________________________________________________

m : coefficient de sensibilité à la vitesse de


α = E3 /E1 déformation,
1,1 (R / R 0)c : valeur du rapport R / R 0 à la rupture
λ=5
λ = 10
Pour R 0, on pourra prendre le rayon des inclusions à l’origine de
λ=2 l’endommagement. Toutefois, le rapport (R / R 0)c « moyen » consi-
1,0 déré ici n’a pas de signification physique.
λ=1
■ Critères de rupture macroscopiques. Les relations les plus
λ = 0,5 fréquemment utilisées s’expriment sous la forme de l’intégrale
0,9 d’une fonction du tenseur des contraintes par rapport à la déforma-
tion équivalente de von Mises.
● Le critère de Cockcroft et Latham s’écrit ainsi [23] :
0,8
λ = 0,2 εR

0,7 ∫
0
max ( σ I ,0 ) dε = C (22)

λ = 0,1 avec σI : la plus grande des contraintes principales,


0,6 εR : déformation à la rupture,
0,00 0,01 0,02 0,03 0,04 0,05
f C : constante caractéristique du matériau
x3 Cette relation repose sur l’hypothèse que l’endommagement est
provoqué par les contraintes de traction uniquement.
● Le critère d’Oyane fait intervenir explicitement la triaxialité des
contraintes ζ [24] :
εR


b λ = b /a
a ( 1 + αζ ) ε n dε = C ′ (23)
x1 0

avec α, n, C ′ constantes caractéristiques du matériau

Ces deux critères donnent des résultats raisonnables dans les


cas de triaxialité relativement faible (par exemple, compression
de cylindres).
Figure 12 – Influence de la forme des cavités (toutes alignées
parallèlement à l’axe de symétrie du chargement) sur le rapport
● Le critère de Norris, en revanche, s’applique plutôt aux cas de
des modules d’Young longitudinal et radial
triaxialité élevée [25] :
εR


ont noté dans la zone de matière séparant deux cavités dε
--------------------- = C ″ (24)
« primaires », l’apparition d’un endommagement « secondaire » 1 Ð βσ m
impliquant des cavités plus petites. La coalescence des cavités pri- 0
maires implique alors un phénomène d’instabilité mécanique, ana-
logue à une striction, et accéléré par la présence de l’endomma- avec σm : contrainte moyenne,
gement secondaire. β, C ′′ : constantes caractéristiques du matériau
● Les relations (22), (23) et (24) ne permettent pas de prendre en
Enfin, il est clair que les mécanismes de rupture ductile sont étroi-
compte des effets complexes tels que l’influence sur la déformation
tement dépendants du chemin de déformation et du type de charge-
à la rupture de chemins de déformation non monotones. Certaines
ment imposés, en particulier de la triaxialité ζ. Les modèles
prévisions peuvent cependant être faites à l’aide de modèles plus
permettant de prévoir la déformation à rupture sont soit fondés
sophistiqués. Un exemple de tels effets sur les courbes limites de
directement sur les lois de croissance des cavités présentées dans le
formage en emboutissage est montré sur la figure 13 [26], pour
paragraphe 4, soit de nature plus ou moins empirique. L’exemple de
trois types de chemin de déformation :
la figure 10 a permis de vérifier que ces lois de croissance sont voi-
sines. — expansion équibiaxiale suivie de traction uniaxiale (traits
discontinus) ;
■ Critères de rupture microscopiques. On suppose que la coa- — traction uniaxiale suivie d’expansion équibiaxiale (traits
lescence se produit lorsque le rapport R / R 0, entre le rayon actuel mixtes) ;
des cavités (supposées toutes identiques et sphériques) et leur — chemins linéaires (traits continus).
rayon initial, atteint une valeur critique. Le paramètre d’endommagement N est défini comme le rapport
de l’épaisseur initiale de la tôle et du diamètre des cavités (plus N est
La loi de vitesse de croissance (9) permet alors d’exprimer la
grand, plus les courbes sont élevées à f donné) ; f 0 désigne la frac-
déformation à la rupture ε R en traction :
tion volumique initiale de cavités, ε1 et ε2 les déformations suivant
deux directions orthogonales du plan de la tôle.
Ð1 / m
ln  ------
3 R
ε R = --- mζ + ( 1 Ð m ) ( 1 + 0,43 m ) R  c
(21) La figure 14 montre, à titre de comparaison, des résultats expéri-
2 0 mentaux obtenus en chargement linéaire sur une tôle d’acier [27]. Ils
sont en bon accord avec les prévisions théoriques correspondant à
avec ζ : triaxialité des contraintes (ζ > 0), un endommagement initial de l’ordre de 10−3.

Toute reproduction sans autorisation du Centre français d’exploitation du droit de copie est strictement interdite.
M 601 − 10 © Techniques de l’Ingénieur, traité Matériaux métalliques
________________________________________________________________________________________ ENDOMMAGEMENT ET DUCTILITÉ EN MISE EN FORME

7. Ductilité et fragilité
ε1
N = 350 à haute température
1,1

Nous nous limiterons ici, comme dans le reste de l’article, au cas


0,9 fo = 5.10-4
de la mise en forme, laissant de côté les problèmes spécifiques au
0,8 fo = 10–3 fluage. Dans le domaine des hautes températures, l’endommage-
ment dû à la présence d’inclusions est généralement limité par les
0,7 mécanismes de restauration ou de recristallisation dynamiques, qui
fo = 5.10–3 réduisent les concentrations de contraintes et peuvent même rebou-
0,6 cher des microcavités déjà formées. En revanche, aux faibles vites-
ses de déformation, rencontrées par exemple dans le procédé de
0,5 coulée continue (cintrage de la brame) ou dans certaines opérations
de matriçage, on observe souvent un endommagement aux joints
0,4 de grains. Ce phénomène est lié à la notion de température d’équi-
cohésion T e. Au-dessous de cette température, la déformation plas-
0,3 tique d’un agrégat polycristallin s’effectue essentiellement à
l’intérieur des grains. En revanche, au-dessus de T e, le glissement
0,2
intergranulaire est plus facile que la déformation des grains.
Comme la température d’équicohésion varie dans le même sens
0,1
que la vitesse de déformation, ce sont les procédés de mise en
forme à chaud impliquant de faibles vitesses qui risquent de donner
– 0,4 – 0,3 – 0,2 – 0,1 0 0,1 0,2 0,3 0,4 0,5 0,6 0,7 0,8 lieu à ce phénomène.
ε2
Des essais de traction à haute température effectués sur des
échantillons de fer dopés de manière contrôlée en soufre, alumi-
Figure 13 – Influence de la fraction volumique de cavités
nium et azote, ont permis de préciser les mécanismes d’endomma-
sur le niveau des courbes limites de formage pour trois types
de chemin de déformation [26] gement à chaud des aciers faiblement alliés calmés à l’aluminium
[28].

■ La figure 15 montre que la présence de soufre S diminue consi-


dérablement la réduction d’aire à la rupture Z du fer pur à la tempé-
rature de 950 oC, mais seulement à partir d’une teneur supérieure à
1,0
environ 25 µg/g. En revanche, dans un alliage contenant également
de l’aluminium et de l’azote, la réduction d’aire à la rupture est beau-
0,9
coup plus marquée, même pour des teneurs en soufre très faibles.
0,8
Les observations métallographiques confirment que la chute de
0,7 ductilité résulte de l’effet synergétique de deux mécanismes :

— d’une part, les atomes de soufre ségrégés aux joints de grains


0,6 austénitiques favorisent le glissement et la décohésion
intergranulaires ;
0,5
— d’autre part, la présence de précipités de nitrure d’aluminium
0,4 AIN aux joints de grains induit des concentrations de contraintes et
par suite provoque la formation de microcavités.
0,3

0,2 ■ Ce schéma est confirmé par l’étude des variations de ductilité


en fonction de la température (figure 16). Dans le cas d’alliages
0,1 ne contenant que des précipités d’AIN, on ne constate aucune varia-
tion de Z dans le domaine étudié ; le fer contenant 30 µg/g de soufre
(courbe FS30) présente une légère « poche » de ductilité tandis que
– 0,6 – 0,5 – 0,4 – 0,3 – 0,2 – 0,1 0 0,1 0,2 0,3 0,4 0,5 les trois alliages contenant simultanément des précipités et du sou-
ε2
Rupture parallèle au sens long Embouti semi industriel fre (courbes AINS) sont caractérisés par des valeurs très faibles de Z.
Rupture non parallèle au sens long Pour deux d’entre eux cependant, dont la teneur en aluminium est
modérée, la ductilité est complètement restaurée à la température la
Figure 14 – Courbe limite de formage à rupture d’une tôle plus élevée, ce qui peut être attribué à la mise en solution des préci-
d’acier [27] pités d’AIN.

Toute reproduction sans autorisation du Centre français d’exploitation du droit de copie est strictement interdite.
© Techniques de l’Ingénieur, traité Matériaux métalliques M 601 − 11
ENDOMMAGEMENT ET DUCTILITÉ EN MISE EN FORME ________________________________________________________________________________________

Z (%) Z (%)

150, 300, 500 AlN


100 X

100 X
X
80 FS 30
T = 950 °C
X
80
60
150 AlNS 30
60 Fer pur contenant
du soufre 300 AlNS 30
40

40
Fer pur contenant X
à la fois des précipités 20
d'AlN et du soufre X X
X
20 X X
X X X X 1 000 AlNS 30
X
X
0
X 800 900 1 000 1 100 1 200
X Température (°C)
0
10 20 30 40 50 60 70 80 90 100
Cette figure met en évidence l'existence d'un creux de
S (ppm en masse) ductilité pour certaines températures.

Figure 15 – Variations de la réduction d’aire à la rupture en fonction Figure 16 – Variations de la réduction d’aire à la rupture en fonction
de la teneur en soufre à 950 oC [28] de la température pour différentes teneurs en aluminium [28]

Toute reproduction sans autorisation du Centre français d’exploitation du droit de copie est strictement interdite.
M 601 − 12 © Techniques de l’Ingénieur, traité Matériaux métalliques
P
O
U
Endommagement et ductilité R
en mise en forme
E
N
par Frank MONTHEILLET
Ingénieur Civil des Mines, Docteur ès Sciences
Directeur de Recherche au CNRS
S
Directeur de l’URA 1884, Plasticité, Endommagement et Corrosion des Matériaux
École des Mines de Saint-Étienne, Centre Science des Matériaux et des Structures A
et Laurent BRIOTTET
Ingénieur Civil des Mines, Docteur en Science et Génie des Matériaux V
Ingénieur au Centre d’Études Nucléaires de Grenoble, CEREM
O
Bibliographie
I
Références Archiwum Hutnictwa, 31, 1986, p. 143-161, nal of Mechanical Sciences, 18, 1976, p. 285-
[1] MONTHEILLET (F.) et MOUSSY (F.). – Phy-
sique et mécanique de l’endommagement. [9]
12 fig., bibl. (19 réf.).
BUDIANSKY (B.), HUTCHINSON (J. W.) et [17]
291, 8 fig., bibl. (10 réf.).
GURSON (A. L.). – Continuum theory of duc-
R
255 p., bibl. (251 réf.), 1986, Les Éditions de SLUTSKY (S.). – Void growth and collapse in tile rupture by void nucleation and growth,
Physique (F). viscous solids (Croissance et décroissance de Part I : Yield criteria and flow rules for porous
[2] DEHOFF (R. T.) et RHINES (F. N.). – Quantita- cavités dans des matériaux viscoplastiques); ductile media (Rupture ductile par germina-
tive Microscopy (Microscopie quantitative).
422 p., 1968, McGraw-Hill Series in Materials
in The R. Hill 60th Anniversary Volume, Hop-
kins H. G. et Sewell M. J. (éditeurs), 1982,
p. 13-44, 12 fig., bibl. (13 réf.), Pergamon
tion et croissance de cavités traitée par la
mécanique des milieux continus, Partie I :
Critères de plasticité et lois d’écoulement de
P
Science and Engineering, New York.
[3] BRIDGMAN (P. W.). – The stress distribution
at the neck of a tension specimen (Distribu- [10]
Press ltd. Oxford (U. K.).
RICE (J. R.) et TRACEY (D. M.). – On the duc-
milieux poreux ductiles). Journal of Enginee-
ring Materials and Technology, 99, 1977,
p. 2-15, 14 fig., bibl. (22 réf.).
L
tile enlargement of voids in triaxial stress
tion des contraintes dans la striction d’une
éprouvette de traction). Transactions of the
American Society of Metals, 32, 1943, p. 553-
fields (Sur la croissance ductile des cavités
dans un champ de contrainte triaxiale). Jour-
[18] TVERGAARD (V.). – Influence of voids on
shear bands instabilities under plane strain
conditions (Influence des cavités sur les ban-
U
nal of the Mechanics and Physics of Solids,

[4]
574, 6 fig.
BAQUE (P.), FELDER (E.), HYAFIL (J.) et
D’ESCATHA (Y.). – Mise en forme des [11]
17, 1969, p. 201-217, 4 fig., bibl. (14 réf.).
KLÖCKER (H.). – Analyse théorique de la
des de cisaillement en déformation plane).
International Journal of Fracture, 17, 1981,
p. 389-407, 15 fig., bibl. (23 réf.).
S
métaux. Calculs par la plasticité, tome 2, croissance d’une cavité dans un matériau vis-
coplastique. Thèse, 1991, École des Mines de [19] TVERGAARD (V.) et NEEDLEMAN (A.). – Ana-
p. 23, 1973, Dunod, Paris.
Saint-Étienne. lysis of the cup-cone fracture in a round ten-
[5] TANAKA (K.), MORI (T.) et NAKAMURA (T.). – sile bar (Analyse de la rupture en cuvette
Cavity formation at the interface of a spheri- [12] BRIOTTET (L.). – Étude théorique de l’évolu-
d’un barreau de section circulaire en trac-
cal inclusion in a plastically deformed matrix tion du comportement de matériaux visco-
tion). Acta Metallurgica, 32, 1984, p. 157-169,
(Formation de cavités à l’interface d’une plastiques endommagés. Thèse, 1994, École
13 fig., bibl. (38 réf.).
inclusion sphérique dans un matériau des Mines de Saint-Étienne.
[20] PONTE CASTAÑEDA (P.). – The effective
déformé plastiquement). Philosophical [13] PERRIN (G.) et LEBLOND (J.-B.). – Analytical
mechanical properties of nonlinear isotropic
Magazine, 21, 1970, p. 267-279, 5 fig., bibl. study of a hollow sphere made of plastic
composites (Propriétés mécaniques effecti-
(13 réf.). porous material and subjected to hydrostatic
ves de matériaux composites non linéaires
[6] ARGON (A. S.). – Formation of cavities from tension − application to some problems in
isotropes). Journal of the Mechanics and
nondeformable second-phase particles in ductile fracture of metals (Étude analytique
Physics of Solids, 39, 1991, p. 45-71, 5 fig.,
low temperature ductile fracture (Formation d’une sphère creuse constituée de matériaux
bibl. (26 réf.). Pergamon Press ltd., Oxford
de cavités à partir de particules indéforma- poreux et soumise à une traction hydrostati-
(U. K.).
bles de seconde phase pendant la rupture que - Application à quelques problèmes liés
à la rupture ductile des métaux). Internatio- [21] SUQUET (P.-M.). – Overall potentials and
ductile à faible température). Journal of Engi- extremal surfaces of power law or ideally
neering Materials and Technology, 98, 1976, nal Journal of Plasticity, 6, 1990, p. 677-699,
4 fig., bibl. (11 réf.). plastic composites (Potentiels macroscopi-
p. 60-68, 11 fig, bibl. (22 réf.). ques et surfaces limites de matériaux compo-
[7] BEREMIN (F. M.). – Cavity formation from [14] McCLINTOCK (F. A.). – A criterion for ductile sites pseudoplastiques ou parfaitement
inclusions in ductile fracture of A508 steel fracture by the growth of holes (Critère de plastiques). Journal of the Mechanics and
(Amorçage de cavités autour d’inclusions rupture ductile par croissance de cavités). Physics of Solids, 41, 1993, p. 981-1002, 6 fig.,
lors de la rupture ductile dans l’acier A508). Journal of Applied Mechanics, 35, 1968, bibl. (35 réf.). Pergamon Press ltd., Oxford
Metallurgical Transactions A, 12, 1981, p. 363-371, 14 fig., bibl. (25 réf.). (U. K.).
p. 723-731, 11 fig., bibl. (13 réf). [15] LEMAITRE (J.) et CHABOCHE (J.-L.). – Méca- [22] WALPOLE (L. J.). – On the overall elastic
[8] MONTHEILLET (F.) et GILORMINI (P.). – Hété- nique des matériaux solides. 596 p., 1985, moduli of composite materials (Modules
rogénéité de déformation et amorçage de Dunod, Paris. élastiques macroscopiques de matériaux
l’endommagement liés à la présence d’une [16] SHIMA (S.) et OYANE (M.). – Plasticity theory composites). Journal of the Mechanics and
inclusion en plasticité. 3e Colloque franco- for porous metals (Théorie de la plasticité Physics of Solids, 17, 1969, p. 235-251, bibl.
polonais de métallurgie, Krynica (1985), pour les métaux poreux). International Jour- (22 réf.). Pergamon Press ltd., Oxford (U. K.).

Toute reproduction sans autorisation du Centre français d’exploitation du droit de copie


est strictement interdite. − © Techniques de l’Ingénieur, traité Matériaux métalliques Doc. M 601 − 1
P ENDOMMAGEMENT ET DUCTILITÉ EN MISE EN FORME ________________________________________________________________________________________
O
U [23] COCKCROFT (M. G.) et LATHAM (D. J.). – [30] JALINIER (J.-M.). – Endommagement, insta- Livres

R Ductility and the workability of metals (Ducti-


lité et formabilité des métaux). Journal of the
Institute of Metals, 96, 1968, p. 33-39, 8 fig.,
bilité plastique et courbes limites de for-
mage. Thèse de Docteur-Ingénieur, 1978,
Institut National Polytechnique de Lorraine
Mise en forme des métaux et alliages. − édité par
B. BAUDELET, École d’été de Métallurgie Physique
bibl. (24 réf.). (Université de Metz). de Villars-sur-Ollon (Suisse), 448 p., 1976, Éditions
du CNRS, 15 quai Anatole-France, 75700 Paris.
[24] OYANE (M.). – Criteria of ductile fracture [31] GILORMINI (P.), LICHT (C.) et SUQUET (P.). –
strain (Critères de rupture ductile). Bulletin of Growth of voids in a ductile matrix : a review Physique et mécanique de la mise en forme des

E the Japan Society of Mechanical Engineers,


15, 1972, p. 1507-1513, 10 fig., bibl. (10 réf.).
(Croissance de cavités dans un matériau duc-
tile : synthèse bibliographique). Archives of
Mechanics, 40, 1988, p. 43-80, bibl. (25 réf.).
métaux. − édité par F. MOUSSY et P. FRANCIOSI,
École d’été d’Oléron, 645 p., 1990, Presses du
CNRS/IRSID, Paris.
[25] NORRIS (D. M.). – A plastic-strain, mean-
N stress criterion for ductile fracture (Critère de
rupture ductile tenant compte de la con-
[32] MARINI (B.), MUDRY (F.) et PINEAU (A.). –
Experimental study of cavity growth in duc-
FRANÇOIS (D.), PINEAU (A.) et ZAOUI (A.) −
Comportement mécanique des matériaux, II : Vis-
trainte moyenne et de la déformation plasti- tile rupture (Étude expérimentale de la crois- coplasticité, endommagement, mécanique de la
que). Journal of Engineering Materials and sance de cavités en rupture ductile). rupture, mécanique du contact. 494 p., 1993, Édi-
Technology, 100, 1978, p. 279-286, 15 fig., Engineering Fracture Mechanics, 22, 1985, tions Hermès, 14 rue Lantiez, 75017 Paris.
bibl. (28 réf.).
S [26] MOUSSY (F.) et FRANCIOSI (P.). – École d’été
d’Oléron - Physique et mécanique de la mise
[33]
p. 989-996, 7 fig., bibl. (18 réf.).
FAVIER (S.). – Contribution à l’étude de
l’endommagement de matériaux métalliques
LEMAÎTRE (F.) et CHABOCHE (J.-L.) − Mécanique
des matériaux solides, 556 p., 1985, Dunod, Paris.
en forme des métaux. − 645 p., 1990, Presses MONTHEILLET (F.) et MOUSSY (M.) − Physique
A [27]
du CNRS.
GRUMBACH (M.) et SANZ (G.). – Influence de
contenant des particules dures : application à
l’alliage d’aluminium 3004-H19. Thèse, 1995,
Institut National Polytechnique de Grenoble.
et mécanique de l’endommagement, 255 p., 1986,
Les Éditions de Physique, Les Ulis, France.

V quelques paramètres sur les courbes limites


d’emboutissage. Revue de Métallurgie, 69,
1972, p. 273-290, 19 fig., bibl. (18 réf.).
[34] ADDA (Y.), DUPOUY (J.-M.), PHILIBERT (J.) et
QUERE (Y.). – Éléments de métallurgie physi-
Revues
Acta Metallurgica et Materialia, mensuel. Perga-
que, vol. 5 : Déformation plastique. 451 p.,
O [28] TACIKOWSKI (M.), OSINKOLU (G. A.) et
KOBYLANSKI (A.). – The synergetic effect of
aluminium nitride precipitation and sulphur
bibl. (réf. dispersées), 1979, Commissariat
Énergie Atomique.
mon Press Ltd.
International Journal of Fracture, mensuel.
Noordhoff, Groningen.
I segregation on hot intergranular brittleness
of high purity iron alloys (Effet synergétique
de la précipitation de nitrure d’aluminium et
[35] MONTMITONNET (P.) et FELDER (E.). –
Approches scientifiques des procédés de
mise en forme des métaux, tome 2, 1994,
International Journal of Plasticity, mensuel. Else-
vier Science Inc.

R de la ségrégation de soufre sur la fragilité


intergranulaire à chaud d’alliages de fer de
haute pureté). Acta Metallurgica, 36, 1988,
[36]
CEMEF, École des Mines de Paris.
ZIMERMAN (Z.), DARLINGTON (H.) et KOTT-
Journal of Applied Mechanics, mensuel. Ameri-
can Society of Mechanical Engineers, New-York.
CAMP Jr. (E. H.). – Selection of operating
p. 995-1004, 21 fig., bibl. (36 réf.). Pergamon parameters to prevent central bursting Journal of the Mechanics and Physics of Solids,
Press ltd., Oxford (U. K.). defects during cold extrusion (Sélection des mensuel. Pergamon Press Ltd.
[29] FRANÇOIS (D.), PINEAU (A.) et ZAOUI (A.). – paramètres opératoires pour éviter les
P Comportement mécanique des matériaux. II
− Viscoplasticité, endommagement, mécani-
défauts à cœur en extrusion à froid). in Metal
forming. Interaction between theory and
Revue de Métallurgie/Science et Génie des
Matériaux, mensuel. Paris.
que de la rupture, mécanique du contact. practice, Hoffmanner (éditeur), 1971, 11 fig., Scripta Metallurgica et Materialia, mensuel. Per-
L 494 p., 1993, Éd. Hermès. bibl. (7 réf.). gamon Press Ltd.

U Organismes
S Liste non exhaustive de laboratoires spécialisés dans l’étude
de l’endommagement lors de la mise en forme des métaux
École des Mines de Paris, Centre de mise en forme des matériaux ( CEMEF ). École Normale Supérieure de Cachan, LMT.
École des Mines de Saint-Étienne, Centre Science des matériaux et des struc- École Centrale de Paris, Laboratoire de Mécanique.
tures. CEA , Centre d’Études de Bruyères-le-Châtel, Service Matériaux Avancés.
Université de Metz, ISGMP , LPMM . CEA , Centre d’Études de Vaujours-Moronvilliers.
Institut National Polytechnique de Grenoble, ENSPG. Université Paris-VI, Laboratoire de Mécanique Théorique.

Toute reproduction sans autorisation du Centre français d’exploitation du droit de copie


Doc. M 601 − 2 est strictement interdite. − © Techniques de l’Ingénieur, traité Matériaux métalliques