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1- L’OBJET DU DROIT CONSTITUTIONNEL

- Il est défini comme le droit du pouvoir et de la liberté.


- Son étude s’oriente vers l’analyse du pouvoir politique ou souverain, dans son lieu ou cadre
géographique d’émanation et de manifestation, les règles juridiques qui le conditionnent, les
modalités de sa transmission et de son application.
- C’est un pouvoir que seuls détiennent les gouvernants dans la société, et se distingue de tout
autre pouvoir existant, par son caractère en principe illimité.
- Il n’a pour seules limites que le droit généré par la volonté des populations de la société et les
limites territoriales ou frontières de la société.

2- L’OBJECTIF DU DROIT CONSTITUTIONNEL

Il faut attendre des « managers » dans le cadre de cet enseignement, qu’ils parviennent à la maitrise des
éléments spécifiques relatifs à :
- A l’origine du pouvoir dans la société, la nécessité de le confier à un ou plusieurs représentants
l’exerçant au nom du peuple,

- Les organes ou institutions politiques qui incarnent l’exercice du pouvoir politique, ceci dans le but de
connaitre vers qui se diriger ou s’adresser en cas préoccupations relatives à la gestion des structures,

- L’identification de l’Etat comme l’institution politique suprême dans la société et lui reconnaitre la
charge de garantir le bien-être social en tant que détenteur du pouvoir politique. La définition du concept
de l’Etat à travers ses composantes et ses qualificatifs juridiques, ainsi que ses différentes formes,

- L’identification et la signification de ses fonctions sociales, tant juridiques, qu’extra juridiques,

- La détermination des règles régissant les modes de gouvernement et les modes de répartition du
pouvoir politiques entre les institutions assurant la représentation des citoyens,

- La maitrise des différents droits et libertés garantis aux citoyens dans la société, ainsi les mécanismes
adéquats conduisant à leur exercice et les limites à celles-ci.

3- LE DROIT CONSTITUTIONNEL COMME LE DROIT DE L’ETAT


Donner au droit constitutionnel la signification de droit de l’Etat revient à l’identifier comme
l’ensemble des règles juridiques qui régissent l’Etat en général. Il s’agit de manière détaillée, des règles
applicables à son existence en tant qu’institution sociale, son organisation et son fonctionnement, ainsi
qu’au mode ou au type d’exercice et de répartition du pouvoir politique qu’il adopte.

SECTION 1 : LA DEFINITION DE L’ETAT


De manière pragmatique le manager a besoin de savoir que la définition de l’Etat repose sur deux
conceptions en droit constitutionnel. L’une tient compte de sa composition (I) et l’autre tient compte de
sa qualification (II).

I I- LA DEFINITION DE L’ETAT AU REGARD DE SA COMPOSITION

A- LA COMPOSITION PAR LA POPULATION

- Le pouvoir n’a de sens que dans un rapport social entre êtres vivants. A ceci dit, il s’exerce dans
l’Etat par rapport à des individus.
- La population de l’Etat est donc l’ensemble des individus qui à un moment donné se trouvent
dans un Etat. Elle se caractérise essentiellement en droit constitutionnel par sa composition assez
particulière, qui permet d’identifier : les nationaux, les étrangers et les apatrides.
- Les nationaux sont constitués des individus qui détiennent la nationalité de l’Etat. Ce dernier
leur octroi ainsi un titre juridique justifiant de leur appartenance à la patrie ou à la nation : c’est
le titre de nationalité ou carte nationale d’identité. Seul un national peut s’en prévaloir dès l’âge
de sa majorité et bénéficier de tous les droits et obligations qui s’en suivent.
- On constate dans les Etats que les nationaux sont appelés à formés une entité homogène et
composite appelée la nation. Il s’agit là d’un corps qui permet d’identifier l’Etat dans l’ensemble
des individus qui composent sa population, conduisant alors à envisager tout Etat comme une
nation ou Etat-nation. Celle-ci s’entend aujourd’hui en droit constitutionnel, comme un
ensemble d’individu qui partage le vouloir collectif dans un Etat (c’est la conception française
ou volontariste). Cette conception se distingue donc de la conception allemande ou matérielle
(aujourd’hui abandonnée), selon laquelle la nation est un ensemble d’individu qui partage
ensemble la même race, ou la même langue. On peut constater par exemple que la plupart des
Etats occidentaux sont aujourd’hui des véritables nations consolidées au fil du temps ; c’est tout
le contraire avec les Etats africains dans lesquels le processus de construction ou surtout
d’affirmation d’une identité nationale n’est pas encore effectif. Ici, les populations ne semblent
pas partager ce vouloir vivre collectif, se limitant dans cette perspective par des barrières tribales,
ethniques, étant très souvent à l’origine des coups d’Etat. L’Etat ne s’identifie pas directement
dans ce cas par sa nation, mais plutôt par l’autorité du dirigeant qui l’incarne.
- Ceci permet de tirer la conclusion selon laquelle les Etats africains se sont formés
précipitamment sans le souci de consolider l’identité nationale. Mais, comme dans tous les Etats
leur population est également composée des étrangers.
- On entend par étrangers, les individus qui se trouvent dans un Etat sans pour autant avoir la
nationalité de celui-ci. Selon les législations de certains Etats, il est permis à certains individus
d’avoir en même temps la nationalité du pays dans lequel ils se trouvent, mais également celle
d’un ou d’autres pays différents : ce sont alors des Etats reconnaissant la double nationalité. (N.B
: l’Etat camerounais depuis son code de la nationalité régi par la loi du 11 juin 1968 ne reconnait
pas la double nationalité, d’où l’obtention d’une nationalité étrangère entraine automatiquement
la perte de la nationalité camerounaise).

B- LA COMPOSITION PAR LE TERRITOIRE

- De manière générale, le pouvoir n’a de sens que dans un espace donné. Ainsi, le territoire de
l’Etat apparait donc comme l’assise géographique sur laquelle s’étend le pouvoir politique de
l’Etat. Cette assise peut être identifiée à partir des différentes composantes du territoire : le
territoire terrestre, le territoire aérien et le territoire maritime.
- Le territoire terrestre est la parcelle ou superficie de terre sur laquelle l’autorité de l’Etat se
manifeste. Il est vrai, on peut cependant avoir dans un Etat des parcelles de terres qui sont
soustraites au contrôle de l’Etat, sans pour autant être écartées du territoire de l’Etat. C’est par
exemple le cas avec les terrains cédés par un Etat pour la construire d’une ambassade d’un autre
Etat ; c’est aussi le cas dans les Etats où règne des guerres internes entre les forces républicaines
et les factions rebelles (ici, on constate qu’il y’a souvent une partie du territoire contrôlée par les
rebelles, qui échappe au contrôle de l’autorité de l’Etat : voir les cas de la Cote d’Ivoire, le
Congo). Il pourrait également en être ainsi du territoire maritime.
- Le territoire maritime est l’ensemble des eaux sur lesquelles l’Etat exerce sa souveraineté. Il
s’agit essentielle des eaux internes c'est-à-dire fermées sur le territoire, mais aussi des ouvertes
sur le mode international.
- Le territoire aérien est tout l’espace aérien tant au-dessus du sol qu’au-dessus des eaux sur lequel
l’Etat exerce sa souveraineté.
C- LA COMPOSITION PAR LE GOUVERNEMENT

- Il n’existe pas d’Etat qui ne détient pas un centre d’où partent ses décisions, et surtout son
pouvoir. L’existence d’un gouvernement effectif est donc nécessaire, dès lors qu’il s’agit là de
l’organe qui incarne l’autorité de l’Etat. Celui-ci doit être réellement présent sur le territoire de
l’Etat, mais doit également satisfaire à l’impératif principal de la souveraineté. Ainsi, le
gouvernement de l’Etat ne doit dépendre d’aucun autre Etat dans le monde, il ne répond que
devant sa population.
- Cependant, l’effectivité du gouvernement de l’Etat peut poser certains problèmes comme on le
constate dans certains Etats africains. Ces derniers offrent des exemples dans lesquels l’autorité
de l’Etat n’est pas effective sur toute l’étendue du territoire. Ici le gouvernement en place ne
contrôle qu’une frange du territoire, tandis que l’autre part fait face très souvent au contrôle de
la rébellion (voir l’exemple du Congo Brazzaville ; Congo démocratique ; la Cote d’ivoire ;
même en Amérique latine avec la Colombie où les FARC ont pris le contrôle de la jungle).
NB : A l’insuffisance de la composition de l’Etat, la définition en droit constitutionnel n’est
complète qu’en ajoutant la qualification juridique de l’Etat.

I II- LA DEFINTION DE L’ETAT AU REGARD DE SA QUALIFICATION

Cette opération permettant d’accomplir la définition de l’Etat en droit constitutionnel, consiste à assigner
à celui des attributs qui le distinguent de l’être humain, mais aussi de toute entité ou institution existant
dans la société en général. Sur cette base, l’Etat doit être assimilé à une personne morale souveraine.
A- LA QUALIFICATION PAR LA SOUVERAINETE

- La souveraineté comme un pouvoir illimité.

- La souveraineté comme l’aptitude à déterminer soi-même ses propres limites (l’Etat n’est alors limité
que par sa le droit institué par la volonté générale de ses citoyens, et par la circonscription de ses
frontières au-delà desquelles s’identifie le commencement de la souveraineté d’un autre Etat), d’où la
nécessité de la distinguer au plan interne et au plan international.
- La souveraineté comme l’aptitude de faire soi-même ses lois, en général son droit constitué de
l’ensemble de toutes les normes juridiques et de les appliquer soi-même. C’est pourquoi selon le juriste
Hans Kelsen, l’Etat se définit comme « un ordre juridique », c'est-à-dire un ensemble de règles
juridiques présentées dans une hiérarchie ayant au sommet une règle de droit suprême qu’on appelle la
constitution.

B- LA QUALIFICATION PAR LA PERSONNALITE JURIDIQUE

- La personnification juridique de l’Etat consiste à reconnaitre à celui-ci les attributs d’une personne en
droit.

- La personne est définie par la science juridique comme un titulaire de droit et d’obligation. On
distingue deux types de personnes en droit, une personne physique (l’individu) et une personne morale
(les entités, les organisations, les structures).
- L’Etat est une personne morale. Il a des droits et des obligations qui se traduisent par l’exercice de ses
différentes compétences et ses fonctions.

- On distingue deux catégories de fonctions accomplies par l’Etat ; les fonctions juridiques (celles qu’il
exerce en créant ou en appliquant la règle de droit : les fonctions législatives, exécutives et
juridictionnelles), et les fonctions extra-juridique (celles qu’il exerce en vue de son bien-être social et
celui de sa population : fonctions économique et monétaire, politique et diplomatique, culturelle…).

- Le rôle du manager doit être ici celui d’aider l’Etat dans l’accomplissement de ses différentes fonctions.
En tant que personne morale, l’Etat se sert des personnes physiques à l’instar des manager pour marquer
sa présence dans la réalisation des missions.

SECTION 2 : LES FORMES D’ORGANISATION DE L’ETAT


On entend par formes de l’Etat, les différentes configurations, structures ou présentations que peut
adopter un Etat dans son existence. Il est alors possible de constater que celui-ci peut, soit se présenter
sous la forme d’une entité complexe intégrant plusieurs Etats pour ne former qu’un bloc particulier
d’Etat, soit ne constituer qu’une entité simple renvoyant à un ensemble d’individus organisés sur un
territoire et soumis à une autorité souveraine.
En droit constitutionnel, le pouvoir politique au sein de l’Etat peut être organisé selon deux formes
alternatives : la forme simple ou unitaire d’une part, et la forme complexe ou composée d’autre part.

I I- L’ORGANISATION DE L’ETAT SOUS LA FORME SIMPLE OU UNITAIRE

La forme simple d’organisation de l’Etat suppose que le pouvoir politique détenu par les dirigeants
s’exerce à partir d’un centre unique d’où partent toutes les décisions (exécutives, législatives et même
judiciaires). Ce centre se trouve généralement à la capitale, c'est-à-dire au niveau du siège des
institutions de l’Etat. La forme unitaire d’organisée connait deux variantes dans sa mise en œuvre. Il
s’agit de la centralisation et de la décentralisation.

A- LA FORME UNITAIRE CENTRALISEE

La centralisation comme forme d’organisation de l’Etat unitaire conduit au monopole par les dirigeants
de l’ensemble de l’initiative des décisions (exécutives, législatives et judiciaires) au centre. Aucune
initiative de prise des décisions n’est alors prévues en dehors du centre, ‘est à dire dans les périphéries.
Ces dernières n’existent que comme de simples exécutant ou représentants du pouvoir central.
C’est au moyen de la concentration administrative et de la déconcentration administrative, que
l’aménagement du pouvoir centralisée au sein de l’Etat unitaire peut être fait. Seules les compétences
administratives sont alors allégées en termes de répartition entre le centre et la périphérie, sans toutefois
admettre d’autonomie par l’initiative de décisions à celle-ci. C’est d’ailleurs pour cette raison qu’il
maintient sur toutes les autorités administratives qu’il met en place, un contrôle hiérarchique permanent.
1- Les modalités d’aménagement du pouvoir administratif centralisé
Ce n’est pas tout le pouvoir politique qui est ici concerné par l’aménagement devant être effectué, il ne
s’agit que du seul pouvoir administratif.
a- La concentrative administrative consiste ici pour le pouvoir central à créer une ou plusieurs structures
non spécialisées au centre de l’Etat, auxquelles il reconnait directement le monopole de l’exercice d’une
multitude de compétences administratives sous son impulsion et son contrôle permanent. Il en est ainsi
de la Présidence de la République, de la Primature qui sont des services compétent dans plusieurs
domaines administratifs, sans pour autant être autonomes.

b- La déconcentration administrative consiste pour le pouvoir central à effectuer, soit un découpage de


compétence administrative reconnues chacune à des services spécialisés qu’il contrôle directement (on
parle ici de déconcentration des services ou fonctionnelle ou encore technique : voir le cas des
Départements ministériels par exemple), soit un découpage administratif du territoire en plusieurs unités
d’action administrative ou des circonscriptions administratives (c’est la déconcentration géographique
ou territoriale : Le décret du 12 novembre 2008 organise ce découpage au Cameroun. voir les cas des
régions, des départements et des arrondissements).

2- Le contrôle hiérarchique exercé sur les structures administratives centralisées

NB : Qu’ils s’agissent des structures administratives concentrées ou des structures administratives


déconcentrées, aucune ne bénéficient dans son organisation et son fonctionnement d’une autonomie
quelconque. Il s’agit des structures centralisées, donc rattachées directement au centre de l’Etat et
dépendantes de lui. C’est ce qui justifie toute la raison d’être du contrôle hiérarchique appliqué en la
matière. Il s’exerce par le supérieur hiérarchique, avant toute action du subordonné : c’est donc un
principe un contrôle a priori. Il n’a pas besoin d’être instauré par un texte quelconque, mais se présume
ou se déduit de plein droit dès qu’il y’a un rapport entre un supérieur et un subordonné. Davantage
l’agent subordonné ne peut pas s’opposer à l’ordre de son supérieur.
a- Le contrôle hiérarchique comme un contrôle permanent du pouvoir central sur les personnes : il
se traduit par le pouvoir reconnu à tout supérieur hiérarchique de décider de la carrière de ses
subordonnés. Celui peut alors agir par la nomination, la révocation, l’affectation des personnes qui sont
sous son contrôle. C’est un pouvoir disciplinaire puisque la latitude est laissée au supérieur hiérarchique
d’agir par des sanctions sur ses subordonnés.
b- Le contrôle hiérarchique comme un contrôle permanent du pouvoir central sur les actes : il consiste
ici pour un supérieur hiérarchique de porter un jugement sur tous les actes adoptés par les autorités
administratives subordonnées. Sa manifestation se présente par l’instruction (le supérieur donne des
ordres généraux ou particuliers à son subordonné), l’approbation, l’annulation, la reformation, la
substitution, des actes du subordonné par le supérieur. Il peut intervenir pour des motifs d’illégalité ou
d’opportunité.
La concentration administrative et la déconcentration administrative dans le cadre de la centralisation,
consolident l’uniformité du pouvoir central et de ses différents moyens d’actions sur l’ensemble du
territoire de l’Etat. Celui s’assure ainsi du contrôle et de la maitrise de toutes les décisions adoptées,
puisque le supérieur hiérarchique doit être toujours consulté avant toute action de ses subordonnés.
Toutefois, ce mode d’aménagement du pouvoir administratif peut poser des problèmes s’il est
exercé de manière exclusive : le blocage des services publics et des institutions en l’absence de
l’autorisation d’agir donnée par le pouvoir central ; la sous administration des périphéries, dès
lors que les intérêts les plus valorisés sont très souvent ceux du centre de l’Etat ; l’assimilation des
préoccupations et intérêts du centre aux préoccupations et intérêts national de l’Etat, au
détriment des intérêts locaux des différentes périphéries. C’est pour ces raisons qu’il est important
d’ajouter à ce mode de fonctionnement de l’Administration, déjà indispensables, un autre encore
plus efficace : la décentralisation.

B- LA FORME UNITAIRE DECENTRALISEE

La décentralisation comme modalité d’organisation et de fonctionnement du pouvoir centralisé, conduit


au monopole des compétences administratives de l’Etat unitaire par le centre, tout en reconnaissant la
nécessité de créer des institutions bénéficiant d’une autonomie administrative et financière, ainsi d’une
personnalité morale de droit public.
1- Les variantes de la décentralisation administrative :

La mise en œuvre de la décentralisation administrative peut se faire au moyen de la création :


- soit des services autonomes en matière administrative et financière, pour accomplir au mieux
certaines missions administratives d’intérêt général (c’est la décentralisation des services ou
fonctionnelle ou technique : voir le cas des Universités ou tous autres Etablissements publics
administratifs),
- soit des localités autonomes en matières administratives et financières, érigées en collectivités
territoriales et dotées de la personnalité juridique (c’est la décentralisation géographique ou
territoriale : voir le cas des régions et des communes créées par l’article 55 de la loi n°96/06 du 18
janvier 1996 portant révision de la constitution du 02 juin 1972 ; également les lois en matière de
décentralisation administrative adoptées et promulguées le 22 juillet 2004).
2- Le contrôle du pouvoir central sur les structures administratives décentralisées :
L’autonomie n’est pas synonyme d’indépendance, c’est pourquoi le pouvoir central doit s’assurer du
contrôle des structures administratives décentralisées. Davantage, le caractère unitaire de l’Etat
nécessite en permanence la présence d’une seule autorité suprême, malgré la décentralisation des
compétences par la création des administrations autonomes. C’est le contrôle de tutelle exercé par le
pouvoir central sur les structures décentralisées, qui marque effectivement le caractère unitaire et
surtout, l’existence d’un seul centre d’où partent les décisions de l’Etat.
- Le contrôle de tutelle comme un contrôle exercé par le pouvoir central sur les structures
décentralisées en vue de sauvegarder le but d’intérêt général contre les propres excès des autorités
décentralisées

- Le contrôle de tutelle comme un contrôle exercé par le pouvoir central sur les actes des structures
décentralisées : s’il est reconnu la capacité aux structures administratives décentralisées, d’agir de
manière autonome, certains de leurs actes n’acquièrent cependant la force obligatoire et exécutoire
qu’après leur approbation par l’autorité de tutelle. Voir CS/CA, jugement du 29 novembre 1979, S.A
Brasseries du Cameroun c/ Etat du Cameroun.

- Le contrôle de tutelle comme un contrôle exercé en fonction d’un texte précis : il n’y’a pas de tutelle
sans texte, encore moins au-delà du texte. Le contrôle de tutelle est un contrôle exceptionnel et pour
qu’il soit mis en œuvre, il faut qu’un texte particulier puisse le prévoir.

- Le contrôle de tutelle comme un contrôle exercé sous le contrôle du juge administratif : la collectivité
territoriale décentralisée peut contester la légalité d’une mesure devant le juge administratif. Voir
CS/CA, jugement Commune d’Angossas c/ Etat du Cameroun en 2004.

C- LA FORME UNITAIRE REGIONALISEE


En général, c’est une forme de l’Etat qui se présente comme une synthèse entre l’Etat fédéral et l’Etat
unitaire. Elle présente :
- une décentralisation très poussée dans l’évolution de son processus, en confiant à des régions une large
autonomie et surtout un pouvoir législatif qui les distingue clairement des Etas unitaires décentralisés.

- Toutefois, les Etats régionaux ou autonomiques demeurent des Etats unitaires puisque l’ordre juridique
reste unique, contrairement aux Etats fédéraux où coexistent l’ordre juridique fédéral et les ordres
juridiques des Etats fédérés.

- Le bicamérisme n’exprime pas vraiment ici le principe de participation qui, dans le domaine de la
législation de l’Etat, est des plus restreintes ; les collectivités régionales partagent quand même le
pouvoir législatif avec l’Etat central, c’est un pouvoir législatif autonome qui leur est reconnu, mais qui
reste sévèrement encadré, et les distingue alors de la simple décentralisation.
- Il n’existe pas des constitutions dans les régions autonomes, comme on peut voir dans l’Etat fédéral
chaque Etat fédéré avec sa constitution. Ici, il n’en existe qu’une seule, c’est la constitution de l’Etat
unitaire.

- Exemple : L’Italie (avec ses régions à statut spécial et celles à statut ordinaire : Sicile, Sardaigne,
Trentin-Haut Adige, Frioul-Vénétie Julienne et Val d’Aoste) et l’Espagne (qui permet aux composantes
de l’Etat que sont les communes, les provinces, les nationalités de s’ériger volontairement, mais au
terme d’une procédure assez complexe, en communautés autonomes. Certaines de ces communautés
sont à compétences limitées, les autres à compétences larges notamment la Catalogne, le Pays basque,
la Galice). On peut lire : dans la constitution italienne de 1947 en son article 5 que « la République une
et indivisible reconnait et favorise les autonomies locales ; elle effectue dans les services qui dépendent
de l’Etat la plus large décentralisation administrative, elle harmonise les principes et les méthodes de
sa législation avec les exigences de l’autonomie et de la décentralisation ». La constitution espagnole
de 1978, en son article 2 « reconnait et garantit le droit à l’autonomie des nationalités et des régions ».

I II- L’ORGANISATION DE L’ETAT SOUS LA FORME COMPOSEE OU COMPLEXE

A- LA FORME COMPOSEE PAR LA FEDERATION


Encore appelé fédération d’Etats, l’Etat fédéral est également retenu en droit constitutionnel comme une
union d’Etats. Cependant, la particularité réside ici dans le fait que ces différents Etats abandonnent tous
leurs souverainetés respectives au profit d’une seule souveraineté, celle de l’Etat fédéral. Il s’agit donc
d’une union au sens du droit constitutionnel, et non du droit international comme il en est ainsi avec la
confédération d’Etats.
La fédération d’Etats s’organise et fonctionne sur la base de différents principes qui prennent le nom
de principes de la fédération. Il s’agit des principes de superposition, de participation et d’autonomie.
C’est ce qu’on peut observer par exemple aux Etats unis d’Amérique, en République fédérale
d’Allemagne, au Nigéria.
Selon la superposition, il ressort ici que c’est l’Etat fédéral qui est supérieur aux différents Etats
fédérés qui composent la fédération. Il faut comprendre par-là que c’est l’Etat fédéral qui incarne seul
la souveraineté au sein de la fédération et non les ces Etats fédérés. C’est la raison pour laquelle sur le
plan du droit international, il exerce toutes les compétences reconnues à tout Etat souverain (Exemple :
c’est l’Etat fédéral qui signe et ratifie les traités internationaux au nom de tous les Etats fédérés).
Selon la règle de la participation, les Etats fédérés contribuent tous ensemble à l’organisation et au
fonctionnement de la fédération. En d’autres termes, ils concourent à la vie de celle-ci se mobilisant que
se soit lors des élections présidentielle, législatives, ou alors lors de la désignation des membres de
l’Administration fédérale et de la mise en place du budget de la fédération. C’est pour dire qu’en fait
l’Etat fédéral n’existe pas indépendamment des entités fédérées qui le composent, il n’existe que par le
fait de l’union de celles-ci (par exemple, il faut convenir au fait que la population de l’Etat fédéral n’est
rien d’autre que les différentes populations de ses différentes entités fédérées).
Selon la règle de l’autonomie, les Etats fédérés membres de la fédération ne sont certes pas
souverains, mais bénéficie d’une autonomie interne d’organisation et de fonctionnement, pourvu que
celle-ci ne fasse pas obstacle à la fédération. C’est ainsi que les Etats fédérés ont la possibilité de se
doter d’une constitution, d’un organe exécutif avec un chef, d’un organe judiciaire, d’un organe
parlementaire, sans les lois votées par ce dernier ne se heurte aux lois fédérales qui leurs sont supérieures
en vertu de la superposition.

B- LA FORME COMPOSEE PAR LA CONFEDERATION

Il s’agit ici d’une forme moderne d’union d’Etats, au préalable souverains, dans laquelle chacun d’eux
conserve sa souveraineté et décident ensemble de s’assembler pour coopérer sur des questions d’intérêts
communs. Cette union est donc fondée sur la base d’un acte juridique de droit international, qui prend
la désignation de traité de confédération ou pacte de confédéral, et non d’une constitution.
Dans son fonctionnement, la prise des décisions de la confédération d’Etats se fait sur la base du principe
de l’unanimité, et non de la majorité. Exemple : les organisations internationales et communautaires
(ONU, Union Européenne, Union Africaine…).

CHAPITRE II : LE POUVOIR DANS L’ETAT

SECTION 1 : LA SOUVERAINETE, CARACTERE DU POUVOIR

Poser la souveraineté comme le caractère du pouvoir est une particularité propre au pouvoir
étatique. Il n’y a que ce seul pouvoir qui est souverain, c’est qui a l’aptitude de s’affirmer sans la
moindre limite dans le cadre interne de l’Etat, si ce n’est celle que lui impose le peuple souverain lui-
même.

Ne s’exerçant aujourd’hui plus que par le seul procédé de la représentation, ce qui a d’ailleurs
valu une affirmation par la doctrine, selon laquelle, toute souveraineté n’est que représentative ; la
souveraineté au sein de l’Etat suit deux principe technique de mise en œuvre, telle que la
représentation par le mandat (I), et la participation par l’élection (II).

I- LA REPRESENTATION PAR LE MANDAT


Détenteur originaire de la souveraineté (le pouvoir), le peuple de l’Etat l’exerce par
l’intermédiaire de représentants qui agissent en son nom. Pour ce faire, ceux-ci reçoivent de sa part un
mandat qui les lie juridiquement à celui-ci. (En droit général, le mandat se défini comme l’acte par
lequel une personne est chargée d’en représenter une autre pour l’accomplissement d’un ou plusieurs
actes juridiques), il se trouve alors que le mandataire représente valablement le mandant, en faisant
exactement ce qu’il lui a été recommandé, comme si c’est le mandant lui-même qui agissait.

Cependant, le droit constitutionnel offre une reconversion de théorie du mandat, dans la mesure
où, le mandat confié par le peuple de l’Etat à des représentants, ne fonctionne selon ces critères
généraux. Il convient en cela de distinguer ici la souveraineté nationale (A) et la souveraineté
populaire (B), pour se rendre à l’évidence.

A- LA SOUVERAINETE NATIONALE

Tirant son fondement de la révolution de 1789 en France (à la suite des travaux de l’ABBE DE
SIEYES), la théorie de la souveraineté nationale met en place un mode d’exercice de la représentation.
Le détenteur de la souveraineté est ici la nation (ce corps invisible et indivisible que constitue
l’ensemble du peuple de l’Etat qui aspire à un vouloir vivre collectif), et la confie à des représentants
qu’il prend soin de désigner tout en leur recommandant des exigences.

L’une des principales conséquences qui peut être tirée de cette théorie est, qu’une fois désignés
les dits représentants ne sont plus obligatoirement tenus par les exigences de la nation. N’appartenant
qu’à ce corps indivisible et non à des individus pris distinctement, personne ne peut donc se porter
garant pour revendiquer quoi que soit. C’est ce qui conduit à dire que le mandat confié par la nation
aux représentants, est un mandat représentatif. Il n’implique aucune obligation de leur part (seule leur
bonne foi doit être prise en compte), puisque le peuple qui les a désigner n’a fait qu’exercer une
fonction et non un droit, d’où la théorie de l’électorat-fonction qui s’impose ici. La nation souveraine
ne dispose comme seul moyen d’action, que de la possibilité de ne plus reconduire le mandat des
représentants qui n’auront pas agis conformément aux exigences de départ, lorsque viendra à nouveau
le processus électoral.

Cette situation change lorsqu’on a à faire à la souveraineté populaire.

B- LA SOUVERAINETE POPULAIRE

De son fondement établi à la suite des travaux de Jean Jacques ROUSSEAU dans son ouvrage
intitulé Du contrat social, la théorie de la souveraineté populaire conduit à identifier la souveraineté
dans la personne de chaque individu de l’Etat. Elle se décompose alors comme le véritable pouvoir
diffus dont peut se prévaloir chaque citoyen de l’Etat, pour contribuer à la marge des affaires publics.
ROUSSEAU le mentionnait d’ailleurs dans les termes suivant : « la souveraineté d’un peuple est
l’addition des différentes fractions de souveraineté qui appartient à chaque individu » dans la
société.

Une telle analyse de la souveraineté suppose dont que les individus de l’Etat doivent être pris
de manière distincte dans l’exercice de la souveraineté, et non confondu dans l’esprit global que
constitue la nation. Ceci implique alors que chacun d’eux exerce véritablement son droit dans la
désignation des représentants, qui ont alors l’obligation d’accomplir pendant leur mandat, les
différentes exigences du peuple. C’est la théorie de l’électorat-droit qui s’impose ici, ainsi que celle du
mandat impératif, posant des astreintes aux représentants qui ne peuvent s’en dérober, dès lors qu’ils
peuvent être déposés à tout moment par le peuple souverain.

II- LA PARTICIPATION PAR L’ELECTION

La souveraineté s’exerce au sein de l’Etat par la participation des citoyens au processus


électoral, pour la désignation des éventuels représentants. L’élection est donc l’opération par laquelle,
ceux-ci opèrent un choix pour la direction des affaires du pays.

Il est donc important d’étudier ici le droit de suffrage (A), les modes de scrutins (B), et le
référendum (C).

A- LE DROIT DE SUFFRAGE

Le droit de suffrage est la faculté que détient un individu, et précisément citoyen, de participer
aux opérations de vote au sein de l’Etat.

Ce droit n’a pas toujours été reconnu à tout individu au sein de l’Etat. Par le passé, il été
restreint en fonction des discriminations entre moins fortuné et plus fortunés, de telle sorte que pour y
avoir droit il fallait payer un « cens », d’où l’appellation du vote qui en était issu de vote censitaire
(voir aux Etats Unis). Par la suite, la restriction du droit de vote s’est en fonction du sexe, de telle sorte
que les femmes n’y avaient pas droit ; seule les hommes pouvaient s’en prévaloir. On peut également
mentionner la discrimination sur la race, selon laquelle pendant la période de la ségrégation raciale
aux Etats Unis, et celle de l’apartheid en Afrique du Sud, les noirs n’avaient pas droit au vote.

Mais aujourd’hui, il est important de constater que toutes ces discriminations ont pris fin dans
l’octroi du droit de vote. Seule sont présentes celles relatives à la minorité des individus (l’âge, car il
faut être majeur pour s’en prévaloir), et au milieu carcéral (les prisonniers privés de leur droit civiques
et politiques n’ont pas le droit de voter).
Dans les sociétés politiques contemporaines, le droit de suffrage est un droit universel, qui peut
s’exercer soit de manière directe, soit de manière indirecte selon les modes de scrutins.

B- LES MODES DE SCRUTINS

Le processus électoral dans un Etat connait différentes variantes en fonction du type de


dirigeant qui doit être désigné. Ceci permet donc de dire que le scrutin permettant de désigner le
détenteur du pouvoir exécutif qu’est le Président de la République, doit être de celui permettant de
désigner les parlementaires détenteurs du pouvoir législatif.

Le scrutin majoritaire est un mode de scrutin suivant lequel, est désigné vainqueur le candidat
qui a la majorité des voix exprimées. Il a la particularité de s’imposer dans le cadre du scrutin
uninominal, c'est-à-dire celui au cours duquel les partis politiques qui s’affrontent présent chacun un
seul candidat. Cependant, le scrutin majoritaire peut se dérouler en un seul tour, ou en deux tours,
selon les pratiques adoptées par les Etats. Lorsqu’il est à un seul tour, il conduit à désigner le
vainqueur, le candidat qui a eu la majorité des voix exprimées. Or, lorsqu’il se déroule en deux tours,
il conduit à désigner comme vainqueur au premier tour le candidat qui a obtenu la majorité absolue
des voies (c'est-à-dire 50% des voix exprimées plus une voix) ; en l’absence d’une telle majorité,
s’ouvre donc le second tour du scrutin, au cours duquel est désigné vainqueur celui qui la majorité tout
cours.

Le scrutin proportionnel selon lequel, les siègent à pourvoir sont répartis à différents candidats
ou partis politiques en proportion du nombre de suffrages ou de voies exprimées en leur faveur. Ce
type d’élection s’applique très souvent dans les scrutins de listes, c'est-à-dire des élections où chaque
parti politique présente une liste de plusieurs candidats.

C- LE REFERENDUM

Il s’agit d’un vote populaire au cours duquel chaque citoyen est appelé à se prononcer par un
oui ou par un non sur une question d’intérêt national. Bien entendu, on comprend alors que la question
d’intérêt national dont il s’agit est au préalable préparée par les représentants du peuple de l’Etat.

La manière dont le peuple de l’Etat détenteur originaire du pouvoir, donc de la souveraineté,


exerce ce pouvoir n’est plus une inconnue dans le champ du droit constitutionnel. On comprend que
ne pouvant directement prendre en charge la gestion des affaires de l’Etat, il passe par des
représentants, qui agissent en son nom propre, et qu’il aura au préalable désigné par la voie de
l’élection. Mais, le pouvoir confié à ces représentants doit être rationnalisé et contrôlé, de peur de
tomber dans la dictature : c’est pourquoi s’impose la séparation des pouvoirs.
CHAPITRE III : LE DROIT CONSTITUTIONNEL COMME ETAT DE DROIT
I. LA NOTION DE CONSTITUTION
A. LA CONSTITUTION AU SENS FORMEL
- La constitution est un texte adopté ou élaboré de manière solennelle lors d’une procédure stricte, rigide,
distincte de celle de l’adoption ou l’élaboration de la loi ordinaire. Ex la constitution du Cmr
B. LA CONSTITUTION AU SENS MATERIEL
- Ici, la constitution est un texte juridique dans lequel se retrouvent des règles relatives à l’organisation
et au fonctionnement des pouvoirs publics au sein de l’Etat, des règles relatives aux droits et libertés
fondamentaux des citoyens et sur les règles applicables au système politique en place dans un pays.
II. LES MANIFESTATIONS DE LA CONSTITUTION
A. SON ETABLISSEMENT
- La compétence chargée d’établir la constitution est le pouvoir constituant.
1. LE POUVOIR CONSTITUANT ORIGINAIRE ET LE POUVOIR CONSTITUANT DERIVE
- Le pouvoir constituant originaire intervient dans le cas de la création d’un Etat nouveau : soit à
l’occasion de l’institutionnalisation d’un pouvoir jusque-là personnel, soit dans le cas de l’accession à
l’indépendance, soit après une révolution ou un coup d’Etat ayant fait table rase du passé sur le plan
interne. Ex le cas de la France.
- Pouvoir limité car elle pose le problème du détenteur de ce pouvoir ou de son titulaire et de la légitimité
de celui-ci. En pratique, ce problème est résolu par la compétence que se confèrent les gouvernements
de fait, issue d’une révolution ou d’une guerre de libération.
- On parle de pouvoir constituant dérivé lorsque celui-ci intervient en vertu et dans le cadre d’une
constitution existante.
2. LES PROCEDES DETABLISSEMENT DES CONSTITUTIONS
- Les conventions ou assemblée constituante : utilisé dans le cadre d’un régime représentatif pur, dont
les représentants du peuple exercent en son nom le pouvoir constituant, aucune ratification populaire ne
devant ainsi intervenir. Son travail terminé, elle disparait pour laisser la place aux institutions prévues
par le nouveau texte constitutionnel qu’elle vient d’adopter.
- Le référendum constituant : permet au peuple lui-même d’exercer le pouvoir constituant qui émane
de sa souveraineté.
III. LES FORMES DE CONSTITUTION
1. La constitution écrite et la constitution coutumière
- Coutumière : Jusqu’au 17e siècle, les constitutions étaient sous forme de coutume. Aujourd’hui, cette
forme coexiste dans les Etats avec des textes constitutionnels écrits.
- Ecrite : Bien qu’écrite, elles ne peuvent pas tout prévoir. Elles contiennent des dispositions ambigües
qu’il convient d’interpréter et laisse place à des lacunes qu’il faut combler. Rôle pouvant revenir au juge
et au pouvoir public eux même.
2. La constitution souple et la constitution rigide
- Souple : celles qui sont écrites ou coutumières. Elles peuvent être modifiées selon les formes et
procédures de la loi ordinaire. Dans ces conditions, la supériorité de la loi constitutionnelle sur la loi
ordinaire n’a aucune conséquence pratique.
- Rigide : Ici, les constitutions écrites ou coutumières ne peuvent être modifiées que selon des
procédures et formes particulières, différentes de celles utilisées pour des lois ordinaires. Juridiquement,
la rigidité marque bien sa supériorité sur la loi et passe donc pour une condition de contrôle de
conformité de la seconde à la première.

IV. LA PROTECTION DE LA CONSTITUTION PAR LE CONTROLE JURIDICTIONNEL


DES LOIS
A. LE CONTROLE DE CONSTITUTIONNALITE DES LOIS
Le contrôle de constitutionnalité des lois a pour objet la protection de la suprématie de la constitution
et la protection de la démocratie et de l’Etat de droit.
1. LES MODALITES
a. Le modèle américain fonctionnant avec une cour suprême
- Trois procédés de déclenchement à savoir l’exception d’inconstitutionnalité, l’injonction, le
jugement déclaratoire
- Ce modèle fonde ses décisions essentiellement sur 04 clauses dont la violation justifie autant de
cas d’ouverture dudit contrôle. Ces cas d’ouverture sont : la violation de la clause « due process
of law », la violation de la « rule of reasonableness », la violation de la « clause des
contrats », la violation de la « clause d’égalité »
b. Le modèle européen de la cour constitutionnelle
- Contrôle plus radical des lois puisque « tuant » la loi dans l’œuf avant même qu’elle ait produit le
moindre effet juridique. Le juge constitutionnel se comporte comme un « législateur à l’envers » puisque
ses annulations entrainent les mêmes effets que l’abrogation et le retrait de la loi. Il n’est donc plus
simplement question d’un « gouvernement de juge » mais plutôt d’une « législation de juges »
- Les deux modèles s’opposent à deux égards :
• Le premier est né d’une pratique judiciaire (l’arrêt Marbury contre Madison) et le second d’une
construction théorique initié par Hans Kelsen
• Le premier est décentralisé à tous les tribunaux ordinaires par contre le second est centralisé en
un organe unique

LE PARTICULARISME CAMEROUNAIS SUR LE CONTROLE DE


CONSTITUTIONNALITE DES LOIS
- La compétence est attribuée au conseil constitutionnel qui a pour role d’assurer le contrôle de la
conformité des actes législatifs ou des lois votés par le parlement par rapport à la constitution.
En d’autres termes, il est question pour le juge constitutionnel de vérifier que les lois votées par
le parlement respectent effectivement les dispositions constitutionnelles et au cas contraire, il
doit les annuler. (Voir article 47 de la constitution du Cmr).
- La procédure en matière de contrôle de constitutionnalité des lois au Cmr se fait à priori c’est-à-
dire de manière directe devant le conseil constitutionnel, par le Président de la République, le
président de l’Assemblée Nationale, le PR. du Sénat, les présidents des exécutifs régionaux
lorsque leurs intérêts sont remis en cause.